Réponses
- a) F(2)=4, F(4)=8, F(6)=6, F(8)=4
- b) F croît sur [0;4], décroît sur [4;8] ; maximum 8 en x=4
- c) Inflexions en 2 et 6, pas en 4
- d) G=F−4 : G(0)=−4, G(8)=0
a) Chaque morceau est un triangle. Sur [0,2] : triangle de base 2 et de hauteur 4, aire 22×4=4, donc F(2)=4. Sur [2,4] : même triangle renversé, aire 4, toujours au-dessus de l'axe, donc F(4)=4+4=8. Sur [4,6] : triangle SOUS l'axe, base 2, hauteur 2, aire 2 comptée négativement : F(6)=8−2=6. Sur [6,8] : encore −2, donc F(8)=4. On a bien F(8)<F(4) parce que F n'accumule pas de la quantité, elle accumule de l'aire ALGÉBRIQUE : après x=4, f est négative et chaque nouvelle tranche RETIRE de l'aire au total. Un compte dont le taux de dépôt devient négatif continue d'exister, il se vide.
b) Le théorème fondamental donne F′=f : le signe de f pilote les variations de F. Or f>0 sur ]0,4[ et f<0 sur ]4,8[. Donc F CROÎT sur [0,4] et DÉCROÎT sur [4,8], avec un maximum en x=4, de valeur F(4)=8. La confusion de l'étudiant est de lire le graphe comme s'il s'agissait de F : ce qui est dessiné est f, c'est-à-dire la DÉRIVÉE de F. En x=2, f atteint son maximum, ce qui signifie que F croît le plus VITE, pas qu'elle est la plus haute. F culmine là où sa dérivée s'annule en changeant de signe, donc en x=4, exactement le moment où f traverse l'axe du positif vers le négatif.
c) F′′=f′, soit la PENTE du graphe donné. Les pentes valent successivement +2 sur [0,2], −2 sur [2,4], −1 sur [4,6], +1 sur [6,8]. Donc F est convexe sur [0,2], concave sur [2,6], convexe sur [6,8]. Les points d'inflexion sont en x=2 et x=6, là où la pente de f CHANGE DE SIGNE. En x=4, la pente passe de −2 à −1 : elle change de valeur mais reste négative, donc F′′ reste négative et la concavité ne change pas. Aucun point d'inflexion en 4. Le piège est classique : c'est le signe de f′ qui compte, jamais le simple fait qu'une pente change. Notez la répartition des rôles : les zéros de f donnent les extremums de F, les extremums de f donnent les inflexions de F.
d) G(0)=∫20f=−∫02f=−4. G(8)=∫28f=F(8)−F(2)=4−4=0. En général G(x)=F(x)−F(2)=F(x)−4 : les deux fonctions diffèrent d'une CONSTANTE, et leurs graphes sont translatés verticalement de 4 unités. C'est exactement le contenu de la constante d'intégration : changer la borne inférieure d'une intégrale à borne variable ne change que le niveau de référence, celui du point où l'accumulation est déclarée nulle. Comme G′=F′=f, les deux fonctions ont les mêmes variations, la même concavité, le même maximum en x=4 et les mêmes inflexions en 2 et 6. Une translation verticale ne déplace aucun point critique : c'est pourquoi une primitive quelconque suffit toujours à répondre à une question de variations.