Calcul intégral 201-SN3-RE (ancien 201-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : intégrale définie et intégrales impropres (201-SN3-RE, ancien 201-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés de calcul intégral 201-SN3-RE (ancien 201-NYB) sur l'intégrale définie et les intégrales impropres. La partie A construit l'objet : les sommes de Riemann d'abord à quatre rectangles puis poussées à la limite exacte, le théorème fondamental du calcul dans ses deux directions (évaluer une intégrale par une primitive, dériver une intégrale à borne variable), les techniques de calcul avec la substitution et l'intégration par parties, les applications géométriques, aire entre deux courbes qui se croisent, volume de révolution, et le piège de l'aire algébrique contre l'aire géométrique, puis la relation de Chasles, les inégalités et le théorème de la moyenne (exercice 4) et l'étude d'une primitive lue sur le graphe de la fonction (exercice 5). La partie B ouvre les bornes : intégrales impropres à l'infini et à borne singulière, le critère en p dans ses deux versions miroirs, la trompette de Gabriel qu'on peut remplir mais pas peindre, les critères de comparaison au niveau examen, une loi de probabilité sans moyenne (exercice 9) et les intégrales doublement impropres, où la symétrie ment (exercice 10).

L'exercice 0.1 ouvre la série par dix intégrales impropres à calculer directement, comme dans les listes des manuels : bornes infinies comme ∫2∞dxx3\int_{2}^{\infty}\frac{dx}{x^{3}}, ∫−∞0e3x dx\int_{-\infty}^{0}e^{3x}\,dx et ∫−∞∞dxx2+4\int_{-\infty}^{\infty}\frac{dx}{x^{2}+4}, asymptotes verticales à une borne comme ∫04dx4−x\int_{0}^{4}\frac{dx}{\sqrt{4-x}}, substitutions comme ∫e∞dxx(ln⁡x)2\int_{e}^{\infty}\frac{dx}{x(\ln x)^{2}}, deux intégrales divergentes et une singularité à l'intérieur de l'intervalle, chacune avec sa valeur à trouver ou sa divergence à établir, vérifiée en direct.

La partie C reprend les classiques : le théorème fondamental au travail sur des limites et des équations (exercice 11), la transformée de Laplace comme famille d'intégrales impropres à paramètre (exercice 12), le critère de comparaison par limite (exercice 13), la valeur actuelle d'une rente perpétuelle (exercice 14) et l'énergie dissipée pendant la décharge d'un condensateur (exercice 15).

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature (cours de calcul intégral 201-SN3-RE) comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de mathématiques : l'intégrale de Terminale s'y prolonge par les sommes de Riemann formalisées et les intégrales impropres, absentes du programme français mais centrales au cégep et préalables aux séries.

Le réflexe à garder tout du long : une intégrale impropre n'est JAMAIS un calcul direct, c'est toujours une limite. Écrire la borne infinie ou singulière sans passer par lim⁡b→∞\lim_{b\to\infty} ou lim⁡a→0+\lim_{a\to 0^{+}}, c'est l'erreur qui coûte le plus de points du chapitre, et c'est elle qui fait écrire des absurdités comme une aire négative sous une courbe positive (exercice 7).

Cette série existe aussi en anglais →

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Ce chapitre fait partie de Calcul intégral 201-SN3-RE (ancien 201-NYB)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (5 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Dérivées des fonctions trigonométriques, exponentielles et logarithmiques Calcul différentiel 201-SN2-RE (ancien 201-NYA)
  2. 2 Primitives et intégrale indéfinie
  3. 3 La décomposition des fractions rationnelles
  4. 4 Techniques d'intégration
  5. 5 L'Hôpital et formes indéterminées

Rappel de cours

  • • Somme de Riemann sur [a,b][a,b] avec nn rectangles : Δx=b−an\Delta x=\frac{b-a}{n}, ∑i=1nf(xi)Δx\sum_{i=1}^{n}f(x_{i})\Delta x. Pour ff croissante, la somme à gauche sous-estime et la somme à droite surestime : elles encadrent l'intégrale. Formules utiles : ∑i=n(n+1)2\sum i=\frac{n(n+1)}{2}, ∑i2=n(n+1)(2n+1)6\sum i^{2}=\frac{n(n+1)(2n+1)}{6}.
  • • Théorème fondamental, sens 1 : si F′=fF'=f, alors ∫abf(x) dx=F(b)−F(a)\int_{a}^{b}f(x)\,dx=F(b)-F(a). Sens 2 : ddx∫axf(t) dt=f(x)\frac{d}{dx}\int_{a}^{x}f(t)\,dt=f(x), et avec une borne composée ddx∫au(x)f(t) dt=f(u(x)) u′(x)\frac{d}{dx}\int_{a}^{u(x)}f(t)\,dt=f(u(x))\,u'(x).
  • • Propriétés qui évitent de calculer : fonction IMPAIRE sur [−a,a][-a,a] : intégrale nulle; paire : deux fois l'intégrale sur [0,a][0,a]. Valeur moyenne de ff sur [a,b][a,b] : fˉ=1b−a∫abf\bar{f}=\frac{1}{b-a}\int_{a}^{b}f.
  • • Aire entre deux courbes : ∫ab(fhaut−fbas) dx\int_{a}^{b}(f_{haut}-f_{bas})\,dx, en coupant l'intervalle à chaque croisement. Volume de révolution autour de l'axe des xx (disques) : V=π∫ab[f(x)]2dxV=\pi\int_{a}^{b}[f(x)]^{2}dx.
  • • Intégrale impropre : une LIMITE. Type I : ∫a∞f=lim⁡b→∞∫abf\int_{a}^{\infty}f=\lim_{b\to\infty}\int_{a}^{b}f. Type II (singularité en aa) : lim⁡c→a+∫cbf\lim_{c\to a^{+}}\int_{c}^{b}f. Critère en pp : ∫1∞dxxp\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x^{p}} converge si p>1p>1 ; ∫01dxxp\int_{0}^{1}\frac{dx}{x^{p}} converge si p<1p<1 : les deux critères sont miroirs.
  • • Comparaison (0≤f≤g0\le f\le g) : si ∫g\int g converge, ∫f\int f converge; si ∫f\int f diverge, ∫g\int g diverge. On compare au comportement dominant : polynômes par leur plus haut degré, et e−xe^{-x} écrase toute puissance.

Calculs : les intégrales impropres à calculer

Exercice 0.1 : Calculer une intégrale impropre ou établir sa divergence : dix calculs directs

Pour chaque intégrale impropre, remplacez la borne qui pose problème par une limite, calculez l'intégrale sur l'intervalle borné, puis passez à la limite : donnez la valeur si l'intégrale converge, ou dites comment elle diverge.

Trois gestes, toujours dans le même ordre : repérer la borne problématique, infinie ou là où la fonction n'est pas bornée, et couper l'intervalle en deux si elle est À L'INTÉRIEUR ; écrire la limite, lim⁡b→∞∫ab\lim\limits_{b\to\infty}\int_{a}^{b} ou lim⁡a→c+∫ad\lim\limits_{a\to c^{+}}\int_{a}^{d} ; trouver la primitive, puis calculer la limite. L'intégrale converge si et seulement si CHAQUE limite est finie.

  • a) ∫2∞dxx3\int_{2}^{\infty}\frac{dx}{x^{3}}
  • b) ∫−∞0e3x dx\int_{-\infty}^{0}e^{3x}\,dx
  • c) ∫01dxx3\int_{0}^{1}\frac{dx}{\sqrt[3]{x}}
  • d) ∫04dx4−x\int_{0}^{4}\frac{dx}{\sqrt{4-x}}
  • e) ∫23dx(x−2)2\int_{2}^{3}\frac{dx}{(x-2)^{2}}
  • f) ∫0∞xe−x2 dx\int_{0}^{\infty}xe^{-x^{2}}\,dx
  • g) ∫−∞∞dxx2+4\int_{-\infty}^{\infty}\frac{dx}{x^{2}+4}
  • h) ∫1∞ln⁡xx dx\int_{1}^{\infty}\frac{\ln x}{x}\,dx
  • i) ∫e∞dxx(ln⁡x)2\int_{e}^{\infty}\frac{dx}{x(\ln x)^{2}}
  • j) ∫−11dxx23\int_{-1}^{1}\frac{dx}{\sqrt[3]{x^{2}}}

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a)
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g)
h)
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Réponses

  • a) Converge : 18\frac{1}{8}
  • b) Converge : 13\frac{1}{3}
  • c) Converge : 32\frac{3}{2}
  • d) Converge : 44
  • e) Diverge vers +∞+\infty
  • f) Converge : 12\frac{1}{2}
  • g) Converge : π2≈1,571\frac{\pi}{2}\approx 1{,}571
  • h) Diverge vers +∞+\infty
  • i) Converge : 11
  • j) Converge : 3+3=63+3=6

Le geste qui décide de tout : écrire la LIMITE avant la primitive. Une borne infinie ou une asymptote verticale ne se remplace jamais par une valeur ; on intègre jusqu'à bb, puis on fait tendre bb. Et une singularité cachée à l'intérieur de l'intervalle oblige à couper.

a)

∫2∞dxx3=lim⁡b→∞[−12x2]2b=lim⁡b→∞(−12b2+18)=18\int_{2}^{\infty}\frac{dx}{x^{3}}=\lim\limits_{b\to\infty}\left[-\frac{1}{2x^{2}}\right]_{2}^{b}=\lim\limits_{b\to\infty}\left(-\frac{1}{2b^{2}}+\frac{1}{8}\right)=\frac{1}{8}. Converge, comme le prédit le critère en pp avec p=3>1p=3>1.

b)

∫−∞0e3x dx=lim⁡a→−∞[e3x3]a0=lim⁡a→−∞(13−e3a3)=13\int_{-\infty}^{0}e^{3x}\,dx=\lim\limits_{a\to-\infty}\left[\frac{e^{3x}}{3}\right]_{a}^{0}=\lim\limits_{a\to-\infty}\left(\frac{1}{3}-\frac{e^{3a}}{3}\right)=\frac{1}{3}, puisque e3a→0e^{3a}\to 0 quand a→−∞a\to-\infty. Piège : oublier le facteur 13\frac{1}{3} de la primitive.

c)

La fonction n'est pas bornée près de 00. ∫01x−1/3 dx=lim⁡a→0+[32x2/3]a1=32−lim⁡a→0+32a2/3=32\int_{0}^{1}x^{-1/3}\,dx=\lim\limits_{a\to 0^{+}}\left[\frac{3}{2}x^{2/3}\right]_{a}^{1}=\frac{3}{2}-\lim\limits_{a\to 0^{+}}\frac{3}{2}a^{2/3}=\frac{3}{2}. Converge : à la borne 00, p=13<1p=\frac{1}{3}<1. Piège : la primitive de x−1/3x^{-1/3} divise par 23\frac{2}{3}, donc multiplie par 32\frac{3}{2}.

d)

La singularité est à la borne 44. ∫04(4−x)−1/2 dx=lim⁡b→4−[−24−x]0b=lim⁡b→4−(−24−b)+24=0+4=4\int_{0}^{4}(4-x)^{-1/2}\,dx=\lim\limits_{b\to 4^{-}}\left[-2\sqrt{4-x}\right]_{0}^{b}=\lim\limits_{b\to 4^{-}}\left(-2\sqrt{4-b}\right)+2\sqrt{4}=0+4=4. Piège : le signe moins de la primitive, qui vient de la dérivée −1-1 de 4−x4-x.

e)

La singularité est à la borne 22. ∫23dx(x−2)2=lim⁡a→2+[−1x−2]a3=lim⁡a→2+(−1+1a−2)=+∞\int_{2}^{3}\frac{dx}{(x-2)^{2}}=\lim\limits_{a\to 2^{+}}\left[-\frac{1}{x-2}\right]_{a}^{3}=\lim\limits_{a\to 2^{+}}\left(-1+\frac{1}{a-2}\right)=+\infty : l'intégrale diverge vers +∞+\infty. C'est le critère en pp à une borne finie, avec p=2≥1p=2\ge 1. Piège : évaluer la primitive en 22 comme si de rien n'était.

f)

Substitution u=x2u=x^{2}, du=2x dxdu=2x\,dx : une primitive est −12e−x2-\frac{1}{2}e^{-x^{2}}. ∫0∞xe−x2 dx=lim⁡b→∞[−12e−x2]0b=lim⁡b→∞(−12e−b2)+12=12\int_{0}^{\infty}xe^{-x^{2}}\,dx=\lim\limits_{b\to\infty}\left[-\frac{1}{2}e^{-x^{2}}\right]_{0}^{b}=\lim\limits_{b\to\infty}\left(-\frac{1}{2}e^{-b^{2}}\right)+\frac{1}{2}=\frac{1}{2}.

g)

Deux bornes infinies : on coupe en 00. Une primitive est 12arctan⁡x2\frac{1}{2}\arctan\frac{x}{2}. ∫0∞dxx2+4=lim⁡b→∞12arctan⁡b2=12⋅π2=π4\int_{0}^{\infty}\frac{dx}{x^{2}+4}=\lim\limits_{b\to\infty}\frac{1}{2}\arctan\frac{b}{2}=\frac{1}{2}\cdot\frac{\pi}{2}=\frac{\pi}{4}, et de même ∫−∞0dxx2+4=π4\int_{-\infty}^{0}\frac{dx}{x^{2}+4}=\frac{\pi}{4}. Les deux moitiés convergent, donc l'intégrale vaut π2≈1,571\frac{\pi}{2}\approx 1{,}571. Piège : la primitive arctan⁡x\arctan x, qui ne convient qu'à 1x2+1\frac{1}{x^{2}+1} et donnerait π\pi.

h)

Substitution u=ln⁡xu=\ln x : une primitive est (ln⁡x)22\frac{(\ln x)^{2}}{2}. ∫1∞ln⁡xx dx=lim⁡b→∞(ln⁡b)22=+∞\int_{1}^{\infty}\frac{\ln x}{x}\,dx=\lim\limits_{b\to\infty}\frac{(\ln b)^{2}}{2}=+\infty : l'intégrale diverge vers +∞+\infty. La comparaison le disait déjà : ln⁡xx≥1x\frac{\ln x}{x}\ge\frac{1}{x} dès x≥ex\ge e.

i)

Substitution u=ln⁡xu=\ln x, du=dxxdu=\frac{dx}{x} : ∫dxx(ln⁡x)2=−1ln⁡x\int\frac{dx}{x(\ln x)^{2}}=-\frac{1}{\ln x}. ∫e∞dxx(ln⁡x)2=lim⁡b→∞(−1ln⁡b)+1ln⁡e=0+1=1\int_{e}^{\infty}\frac{dx}{x(\ln x)^{2}}=\lim\limits_{b\to\infty}\left(-\frac{1}{\ln b}\right)+\frac{1}{\ln e}=0+1=1. Converge, alors que ∫e∞dxxln⁡x\int_{e}^{\infty}\frac{dx}{x\ln x} diverge : le carré change tout.

j)

La fonction n'est pas bornée en 00, À L'INTÉRIEUR de [−1 ;1][-1\,;1] : on coupe. Une primitive est 3x33\sqrt[3]{x}. ∫01=lim⁡a→0+(3−3a3)=3\int_{0}^{1}=\lim\limits_{a\to 0^{+}}\left(3-3\sqrt[3]{a}\right)=3 et ∫−10=lim⁡b→0−3b3−3−13=0+3=3\int_{-1}^{0}=\lim\limits_{b\to 0^{-}}3\sqrt[3]{b}-3\sqrt[3]{-1}=0+3=3. Les deux morceaux convergent, donc l'intégrale vaut 66. Piège : calculer [3x3]−11\left[3\sqrt[3]{x}\right]_{-1}^{1} sans couper ; ici le nombre tombe juste par chance, mais la même faute sur 1x2\frac{1}{x^{2}} donne une aire négative.

Contrôle : avant tout calcul, le critère en pp prédit la nature des lignes a), c), e) et j), et la comparaison celle de h). L'intégrale d'une fonction POSITIVE ne peut valoir qu'un nombre positif ou +∞+\infty : un résultat négatif signale toujours une singularité franchie sans limite.

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Partie A : L'intégrale définie (/50)

Exercice 1 : Les sommes de Riemann et le théorème fondamental

On étudie ∫04x2 dx\int_{0}^{4}x^{2}\,dx. La figure montre la parabole et les quatre rectangles de la somme de Riemann à droite.

1234246810121416
  • a) Calculez la somme de Riemann à droite de la figure (n=4n=4, Δx=1\Delta x=1), puis la somme à gauche. Montrez qu'elles encadrent l'intégrale et expliquez pourquoi.
  • b) Écrivez la somme de Riemann à droite pour nn rectangles quelconques et calculez sa limite quand n→∞n\to\infty à l'aide de ∑i2=n(n+1)(2n+1)6\sum i^{2}=\frac{n(n+1)(2n+1)}{6}.
  • c) Retrouvez le résultat en dix secondes avec le théorème fondamental du calcul, en énonçant précisément le théorème utilisé.
  • d) Second sens du théorème : dérivez g(x)=∫0xcos⁡(t2) dtg(x)=\int_{0}^{x}\cos(t^{2})\,dt puis h(x)=∫0x2cos⁡(t2) dth(x)=\int_{0}^{x^{2}}\cos(t^{2})\,dt. Pourquoi ce sens du théorème est-il précieux quand la primitive n'a pas de formule ?

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Réponses

  • a) Sd=30S_{d}=30, Sg=14S_{g}=14 : encadrement par croissance
  • b) Sn=646⋅(n+1)(2n+1)n2→643S_{n}=\frac{64}{6}\cdot\frac{(n+1)(2n+1)}{n^{2}}\to\frac{64}{3}
  • c) [x33]04=643\left[\frac{x^{3}}{3}\right]_{0}^{4}=\frac{64}{3}
  • d) g′(x)=cos⁡(x2)g'(x)=\cos(x^{2}), h′(x)=2xcos⁡(x4)h'(x)=2x\cos(x^{4})
a)

À droite, les hauteurs sont f(1),f(2),f(3),f(4)=1,4,9,16f(1),f(2),f(3),f(4)=1,4,9,16 : Sd=(1+4+9+16)(1)=30S_{d}=(1+4+9+16)(1)=30. À gauche : f(0),f(1),f(2),f(3)f(0),f(1),f(2),f(3) : Sg=(0+1+4+9)(1)=14S_{g}=(0+1+4+9)(1)=14. Comme x2x^{2} est CROISSANTE sur [0,4][0,4], chaque rectangle à gauche reste sous la courbe et chaque rectangle à droite la dépasse : 14≤∫04x2dx≤3014\le\int_{0}^{4}x^{2}dx\le 30. L'encadrement est grossier (Δx\Delta x trop grand), mais il est certain.

b)

Avec Δx=4n\Delta x=\frac{4}{n} et xi=4inx_{i}=\frac{4i}{n} : Sn=∑i=1n(4in)24n=64n3∑i=1ni2=64n3⋅n(n+1)(2n+1)6=646⋅(n+1)(2n+1)n2S_{n}=\sum_{i=1}^{n}\left(\frac{4i}{n}\right)^{2}\frac{4}{n}=\frac{64}{n^{3}}\sum_{i=1}^{n}i^{2}=\frac{64}{n^{3}}\cdot\frac{n(n+1)(2n+1)}{6}=\frac{64}{6}\cdot\frac{(n+1)(2n+1)}{n^{2}}. Quand n→∞n\to\infty, (n+1)(2n+1)n2→2\frac{(n+1)(2n+1)}{n^{2}}\to 2 : Sn→64×26=643≈21,33S_{n}\to\frac{64\times 2}{6}=\frac{64}{3}\approx 21{,}33. La valeur exacte tombe bien entre 14 et 30.

c)

Théorème fondamental (sens évaluation) : si F′=fF'=f sur [a,b][a,b], alors ∫abf=F(b)−F(a)\int_{a}^{b}f=F(b)-F(a). Ici F(x)=x33F(x)=\frac{x^{3}}{3} : ∫04x2dx=643−0=643\int_{0}^{4}x^{2}dx=\frac{64}{3}-0=\frac{64}{3}. Tout le travail de la limite de b) est encapsulé une fois pour toutes dans le théorème : c'est LE pont entre dérivée et aire, et la raison d'être des primitives.

d)

Second sens : g′(x)=cos⁡(x2)g'(x)=\cos(x^{2}), directement, sans chercher de primitive. Pour hh, la borne est composée : règle de chaîne, h′(x)=cos⁡((x2)2)⋅2x=2xcos⁡(x4)h'(x)=\cos((x^{2})^{2})\cdot 2x=2x\cos(x^{4}). Or cos⁡(t2)\cos(t^{2}) n'a AUCUNE primitive exprimable avec les fonctions usuelles (intégrale de Fresnel) : le théorème permet quand même de dériver, d'étudier les variations et de tracer gg. L'intégrale à borne variable FABRIQUE des fonctions nouvelles, et le théorème dit comment elles varient.

Exercice 2 : Calculs et propriétés : substitution, parties et symétrie

Quatre intégrales indépendantes, chacune choisie pour une technique ou une propriété.

  • a) Calculez ∫14(3x+1x2)dx\int_{1}^{4}\left(3\sqrt{x}+\frac{1}{x^{2}}\right)dx (primitives directes).
  • b) Calculez ∫02xex2dx\int_{0}^{2}xe^{x^{2}}dx par substitution, en transformant AUSSI les bornes.
  • c) Calculez ∫1exln⁡x dx\int_{1}^{e}x\ln x\,dx par intégration par parties, en justifiant le choix de uu et dvdv.
  • d) Sans calculer de primitive : évaluez ∫−22x3x2+1 dx\int_{-2}^{2}x^{3}\sqrt{x^{2}+1}\,dx, puis la valeur moyenne de sin⁡x\sin x sur [0,π][0,\pi]. Interprétez cette moyenne.

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Réponses

  • a) 594=14,75\frac{59}{4}=14{,}75
  • b) e4−12≈26,80\frac{e^{4}-1}{2}\approx 26{,}80
  • c) e2+14≈2,10\frac{e^{2}+1}{4}\approx 2{,}10
  • d) 00 par imparité ; moyenne 2π≈0,637\frac{2}{\pi}\approx 0{,}637
a)

Primitives : 3x=3x1/23\sqrt{x}=3x^{1/2} donne 2x3/22x^{3/2}, et 1x2=x−2\frac{1}{x^{2}}=x^{-2} donne −1x-\frac{1}{x}. Donc [2x3/2−1x]14=(16−14)−(2−1)=15,75−1=594=14,75\left[2x^{3/2}-\frac{1}{x}\right]_{1}^{4}=\left(16-\frac{1}{4}\right)-(2-1)=15{,}75-1=\frac{59}{4}=14{,}75.

b)

u=x2u=x^{2}, du=2x dxdu=2x\,dx : le x dxx\,dx du haut est exactement du2\frac{du}{2}. Bornes : x=0⇒u=0x=0\Rightarrow u=0, x=2⇒u=4x=2\Rightarrow u=4. ∫02xex2dx=12∫04eudu=e4−12≈26,80\int_{0}^{2}xe^{x^{2}}dx=\frac{1}{2}\int_{0}^{4}e^{u}du=\frac{e^{4}-1}{2}\approx 26{,}80. Changer les bornes en même temps que la variable évite le retour en xx : plus court et moins d'erreurs.

c)

Parties : ∫u dv=uv−∫v du\int u\,dv=uv-\int v\,du. On DÉRIVE ce qui se simplifie et on INTÈGRE ce qu'on sait intégrer : u=ln⁡xu=\ln x (sa dérivée 1x\frac{1}{x} tue le logarithme), dv=x dxdv=x\,dx, v=x22v=\frac{x^{2}}{2}. ∫1exln⁡x dx=[x22ln⁡x]1e−∫1ex2dx=e22−[x24]1e=e22−e2−14=e2+14≈2,10\int_{1}^{e}x\ln x\,dx=\left[\frac{x^{2}}{2}\ln x\right]_{1}^{e}-\int_{1}^{e}\frac{x}{2}dx=\frac{e^{2}}{2}-\left[\frac{x^{2}}{4}\right]_{1}^{e}=\frac{e^{2}}{2}-\frac{e^{2}-1}{4}=\frac{e^{2}+1}{4}\approx 2{,}10.

d)

x3x2+1x^{3}\sqrt{x^{2}+1} est IMPAIRE (produit d'une impaire par une paire) et l'intervalle [−2,2][-2,2] est symétrique : l'intégrale vaut 0, chaque aire à droite étant annulée par son opposée à gauche : aucun calcul, et la primitive aurait été pénible. Valeur moyenne : fˉ=1π∫0πsin⁡x dx=1π[−cos⁡x]0π=2π≈0,637\bar{f}=\frac{1}{\pi}\int_{0}^{\pi}\sin x\,dx=\frac{1}{\pi}[-\cos x]_{0}^{\pi}=\frac{2}{\pi}\approx 0{,}637. Interprétation : le rectangle de base π\pi et de hauteur 2π\frac{2}{\pi} a exactement la même aire que l'arche de sinus; c'est aussi pourquoi la tension « moyenne redressée » d'un signal sinusoïdal vaut 2π\frac{2}{\pi} de son amplitude.

Exercice 3 : Aires et volumes : la géométrie de l'intégrale

La figure montre la parabole y=x2y=x^{2} et la droite y=x+2y=x+2, qui délimitent une région fermée.

−2−1123−11234567y = x²y = x + 2
  • a) Trouvez les points d'intersection des deux courbes, puis calculez l'aire de la région comprise entre elles.
  • b) Calculez l'aire comprise entre y=sin⁡xy=\sin x et y=cos⁡xy=\cos x sur [0,π2][0,\frac{\pi}{2}]. Quelle précaution ce calcul exige-t-il ?
  • c) La région sous y=xy=\sqrt{x} sur [0,4][0,4] tourne autour de l'axe des xx. Calculez le volume du solide engendré par la méthode des disques.
  • d) Comparez ∫02πsin⁡x dx\int_{0}^{2\pi}\sin x\,dx et l'AIRE entre la courbe de sinus et l'axe sur [0,2π][0,2\pi]. Pourquoi les deux réponses diffèrent-elles, et laquelle un examen demande-t-il quand il dit « aire » ?

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Réponses

  • a) Intersections x=−1x=-1 et x=2x=2 ; aire 92\frac{9}{2}
  • b) Couper en π4\frac{\pi}{4} : 22−2≈0,832\sqrt{2}-2\approx 0{,}83
  • c) 8π8\pi
  • d) Intégrale 00, aire 44
a)

x2=x+2  ⟺  x2−x−2=0  ⟺  (x−2)(x+1)=0x^{2}=x+2\iff x^{2}-x-2=0\iff(x-2)(x+1)=0 : intersections en (−1,1)(-1,1) et (2,4)(2,4), comme sur la figure. Entre les deux, la droite est au-dessus : A=∫−12(x+2−x2)dx=[x22+2x−x33]−12=103−(−76)=276=92=4,5A=\int_{-1}^{2}(x+2-x^{2})dx=\left[\frac{x^{2}}{2}+2x-\frac{x^{3}}{3}\right]_{-1}^{2}=\frac{10}{3}-\left(-\frac{7}{6}\right)=\frac{27}{6}=\frac{9}{2}=4{,}5.

b)

Les courbes se CROISENT en x=π4x=\frac{\pi}{4} (où tan⁡x=1\tan x=1) : il faut couper là, sinon les deux morceaux se compensent. ∫0π/4(cos⁡x−sin⁡x)dx=[sin⁡x+cos⁡x]0π/4=2−1\int_{0}^{\pi/4}(\cos x-\sin x)dx=[\sin x+\cos x]_{0}^{\pi/4}=\sqrt{2}-1, et par symétrie le second morceau vaut aussi 2−1\sqrt{2}-1. Aire totale : 22−2≈0,832\sqrt{2}-2\approx 0{,}83. Réflexe : toujours chercher les croisements AVANT d'intégrer une différence.

c)

Chaque tranche perpendiculaire à l'axe est un disque de rayon x\sqrt{x} : V=π∫04(x)2dx=π∫04x dx=π⋅8=8π≈25,1V=\pi\int_{0}^{4}(\sqrt{x})^{2}dx=\pi\int_{0}^{4}x\,dx=\pi\cdot 8=8\pi\approx 25{,}1. Le carré du rayon fait disparaître la racine : les paraboloïdes sont les solides les plus dociles de la méthode des disques.

d)

∫02πsin⁡x dx=[−cos⁡x]02π=0\int_{0}^{2\pi}\sin x\,dx=[-\cos x]_{0}^{2\pi}=0 : l'arche positive et l'arche négative se compensent exactement, c'est l'aire ALGÉBRIQUE. L'aire GÉOMÉTRIQUE, elle, compte tout positivement : ∫02π∣sin⁡x∣dx=2∫0πsin⁡x dx=4\int_{0}^{2\pi}|\sin x|dx=2\int_{0}^{\pi}\sin x\,dx=4. Quand l'énoncé dit « aire de la région », c'est toujours la géométrique : on découpe aux zéros de la fonction et on additionne des valeurs absolues. Confondre les deux est l'erreur d'aire la plus fréquente du cours.

Exercice 4 : Encadrer sans calculer : Chasles, inégalités et théorème de la moyenne

L'intégrale définie est un OPÉRATEUR avant d'être un calcul : elle obéit à des règles de découpage et de comparaison qui donnent souvent la réponse sans qu'aucune primitive n'apparaisse. Encore faut-il connaître les règles qui existent, et celles qui n'existent pas.

  • a) On donne ∫03f=7\int_{0}^{3}f=7 et ∫05f=4\int_{0}^{5}f=4. Déduisez-en ∫35f\int_{3}^{5}f, ∫50f\int_{5}^{0}f et ∫33f\int_{3}^{3}f, puis ∫05(2f(x)+1)dx\int_{0}^{5}\left(2f(x)+1\right)dx. Justifiez chaque étape par la propriété utilisée.
  • b) Sans calculer l'intégrale, démontrez que 2≤∫021+x3 dx≤62\le\int_{0}^{2}\sqrt{1+x^{3}}\,dx\le 6. Sur quelle propriété l'encadrement repose-t-il, et pourquoi la fonction n'a-t-elle pas besoin d'avoir une primitive connue ?
  • c) Démontrez que ∣∫abf∣≤∫ab∣f∣\left|\int_{a}^{b}f\right|\le\int_{a}^{b}|f| à partir de l'encadrement −∣f∣≤f≤∣f∣-|f|\le f\le|f|, puis donnez un exemple où l'inégalité est STRICTE. Enfin, un étudiant écrit ∫01x⋅x dx=(∫01x dx)2\int_{0}^{1}x\cdot x\,dx=\left(\int_{0}^{1}x\,dx\right)^{2} : réfutez par le calcul.
  • d) Énoncez le théorème de la moyenne pour les intégrales, puis trouvez le cc explicite pour f(x)=x2f(x)=x^{2} sur [0,3][0,3]. Ce cc est-il le milieu de l'intervalle ? Montrez enfin que le théorème TOMBE si on retire la continuité, avec la fonction valant 0 sur [0,1[[0,1[ et 1 sur [1,2][1,2].

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) −3-3, −4-4, 00 et 1313
  • b) 1≤1+x3≤31\leq\sqrt{1+x^{3}}\leq 3 sur une largeur 22
  • c) 13≠14\frac{1}{3}\neq\frac{1}{4} : pas de règle du produit
  • d) c=3c=\sqrt{3}, pas le milieu ; la marche n'atteint pas 12\frac{1}{2}
a)

Relation de Chasles : ∫05=∫03+∫35\int_{0}^{5}=\int_{0}^{3}+\int_{3}^{5}, donc ∫35f=4−7=−3\int_{3}^{5}f=4-7=-3. Le signe négatif ne choque pas : sur [3,5][3,5] la fonction passe manifestement sous l'axe. Orientation : échanger les bornes change le signe, ∫50f=−∫05f=−4\int_{5}^{0}f=-\int_{0}^{5}f=-4. Bornes égales : ∫33f=0\int_{3}^{3}f=0, un intervalle de largeur nulle n'accumule rien. Linéarité : ∫05(2f+1)=2∫05f+∫051 dx=2(4)+5=13\int_{0}^{5}(2f+1)=2\int_{0}^{5}f+\int_{0}^{5}1\,dx=2(4)+5=13, le second terme étant l'aire du rectangle de hauteur 1 et de base 5.

b)

Propriété de monotonie : si m≤f≤Mm\le f\le M sur [a,b][a,b], alors m(b−a)≤∫abf≤M(b−a)m(b-a)\le\int_{a}^{b}f\le M(b-a), car intégrer préserve les inégalités. Sur [0,2][0,2], x3x^{3} va de 0 à 8, donc 1≤1+x3≤91\le 1+x^{3}\le 9, et la racine étant croissante, 1≤1+x3≤31\le\sqrt{1+x^{3}}\le 3. En multipliant par la largeur b−a=2b-a=2 : 2≤∫021+x3 dx≤62\le\int_{0}^{2}\sqrt{1+x^{3}}\,dx\le 6. La valeur réelle vaut environ 3,243{,}24 : l'encadrement est correct, quoique large. Rien n'a exigé de primitive, et c'est tout l'intérêt : 1+x3\sqrt{1+x^{3}} n'en possède aucune élémentaire, mais on sait déjà où tombe son intégrale.

c)

De −∣f∣≤f≤∣f∣-|f|\le f\le|f| et de la monotonie de l'intégrale : −∫ab∣f∣≤∫abf≤∫ab∣f∣-\int_{a}^{b}|f|\le\int_{a}^{b}f\le\int_{a}^{b}|f|, ce qui est exactement ∣∫f∣≤∫∣f∣\left|\int f\right|\le\int|f|. Cas strict : f=sin⁡f=\sin sur [0,2π][0,2\pi] donne ∣∫02πsin⁡x dx∣=0\left|\int_{0}^{2\pi}\sin x\,dx\right|=0 alors que ∫02π∣sin⁡x∣dx=4\int_{0}^{2\pi}|\sin x|dx=4. La compensation des signes est justement ce que la valeur absolue interdit : 0<40<4. Réfutation du produit : ∫01x2dx=13\int_{0}^{1}x^{2}dx=\frac{1}{3}, tandis que (∫01x dx)2=(12)2=14\left(\int_{0}^{1}x\,dx\right)^{2}=\left(\frac{1}{2}\right)^{2}=\frac{1}{4}. Comme 13≠14\frac{1}{3}\ne\frac{1}{4}, l'intégrale d'un produit n'est PAS le produit des intégrales. L'intégrale est linéaire, elle n'est pas multiplicative, et c'est précisément pour cela que l'intégration par parties existe.

d)

Théorème de la moyenne : si ff est CONTINUE sur [a,b][a,b], il existe c∈[a,b]c\in[a,b] tel que f(c)=1b−a∫abff(c)=\frac{1}{b-a}\int_{a}^{b}f ; autrement dit la fonction atteint sa propre valeur moyenne au moins une fois. Ici 13∫03x2dx=13⋅9=3\frac{1}{3}\int_{0}^{3}x^{2}dx=\frac{1}{3}\cdot 9=3, donc c2=3c^{2}=3 et c=3≈1,73c=\sqrt{3}\approx 1{,}73, bien dans [0,3][0,3]. Ce n'est PAS le milieu : f(1,5)=2,25≠3f(1{,}5)=2{,}25\ne 3. La moyenne d'une fonction convexe est tirée vers le haut par la croissance rapide de droite, donc cc se situe à droite du milieu. Sans continuité, tout s'effondre : la fonction en marche vaut 0 sur [0,1[[0,1[ et 1 sur [1,2][1,2], son intégrale sur [0,2][0,2] vaut 1 et sa moyenne 12\frac{1}{2}, mais elle ne prend QUE les valeurs 0 et 1, jamais 12\frac{1}{2}. C'est le théorème des valeurs intermédiaires qui alimente en secret le théorème de la moyenne : retirez la continuité, il n'y a plus rien.

Exercice 5 : Lire l'aire accumulée : étudier une primitive à partir du graphe de la fonction

La figure donne le graphe d'une fonction ff, affine par morceaux, sur [0,8][0,8]. On pose F(x)=∫0xf(t) dtF(x)=\int_{0}^{x}f(t)\,dt : l'aire accumulée depuis 0, comptée positivement au-dessus de l'axe et négativement en dessous. Toute l'étude de FF se lit sur ce dessin, sans aucune formule pour ff.

12345678−3−2−112345y = f(x)+−
  • a) Calculez F(2)F(2), F(4)F(4), F(6)F(6) et F(8)F(8) par des aires géométriques élémentaires. Pourquoi F(8)<F(4)F(8)<F(4) alors que la fonction ff ne cesse pas d'exister après 4 ?
  • b) Déterminez les intervalles de croissance et de décroissance de FF, et localisez son maximum sur [0,8][0,8]. Un étudiant répond que FF est maximale là où ff est maximale, donc en x=2x=2 : corrigez et expliquez la confusion.
  • c) Étudiez la concavité de FF et donnez ses points d'inflexion. Attention : en x=4x=4 la pente de ff change de −2-2 à −1-1 ; y a-t-il un point d'inflexion là ?
  • d) On pose G(x)=∫2xf(t) dtG(x)=\int_{2}^{x}f(t)\,dt. Calculez G(0)G(0) et G(8)G(8), puis comparez les graphes de FF et de GG. Que dit cette comparaison sur la constante d'intégration, et pourquoi FF et GG ont-elles exactement les mêmes variations ?

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) F(2)=4F(2)=4, F(4)=8F(4)=8, F(6)=6F(6)=6, F(8)=4F(8)=4
  • b) FF croît sur [0;4][0;4], décroît sur [4;8][4;8] ; maximum 88 en x=4x=4
  • c) Inflexions en 22 et 66, pas en 44
  • d) G=F−4G=F-4 : G(0)=−4G(0)=-4, G(8)=0G(8)=0
a)

Chaque morceau est un triangle. Sur [0,2][0,2] : triangle de base 2 et de hauteur 4, aire 2×42=4\frac{2\times 4}{2}=4, donc F(2)=4F(2)=4. Sur [2,4][2,4] : même triangle renversé, aire 4, toujours au-dessus de l'axe, donc F(4)=4+4=8F(4)=4+4=8. Sur [4,6][4,6] : triangle SOUS l'axe, base 2, hauteur 2, aire 2 comptée négativement : F(6)=8−2=6F(6)=8-2=6. Sur [6,8][6,8] : encore −2-2, donc F(8)=4F(8)=4. On a bien F(8)<F(4)F(8)<F(4) parce que FF n'accumule pas de la quantité, elle accumule de l'aire ALGÉBRIQUE : après x=4x=4, ff est négative et chaque nouvelle tranche RETIRE de l'aire au total. Un compte dont le taux de dépôt devient négatif continue d'exister, il se vide.

b)

Le théorème fondamental donne F′=fF'=f : le signe de ff pilote les variations de FF. Or f>0f>0 sur ]0,4[]0,4[ et f<0f<0 sur ]4,8[]4,8[. Donc FF CROÎT sur [0,4][0,4] et DÉCROÎT sur [4,8][4,8], avec un maximum en x=4x=4, de valeur F(4)=8F(4)=8. La confusion de l'étudiant est de lire le graphe comme s'il s'agissait de FF : ce qui est dessiné est ff, c'est-à-dire la DÉRIVÉE de FF. En x=2x=2, ff atteint son maximum, ce qui signifie que FF croît le plus VITE, pas qu'elle est la plus haute. FF culmine là où sa dérivée s'annule en changeant de signe, donc en x=4x=4, exactement le moment où ff traverse l'axe du positif vers le négatif.

c)

F′′=f′F''=f', soit la PENTE du graphe donné. Les pentes valent successivement +2+2 sur [0,2][0,2], −2-2 sur [2,4][2,4], −1-1 sur [4,6][4,6], +1+1 sur [6,8][6,8]. Donc FF est convexe sur [0,2][0,2], concave sur [2,6][2,6], convexe sur [6,8][6,8]. Les points d'inflexion sont en x=2x=2 et x=6x=6, là où la pente de ff CHANGE DE SIGNE. En x=4x=4, la pente passe de −2-2 à −1-1 : elle change de valeur mais reste négative, donc F′′F'' reste négative et la concavité ne change pas. Aucun point d'inflexion en 4. Le piège est classique : c'est le signe de f′f' qui compte, jamais le simple fait qu'une pente change. Notez la répartition des rôles : les zéros de ff donnent les extremums de FF, les extremums de ff donnent les inflexions de FF.

d)

G(0)=∫20f=−∫02f=−4G(0)=\int_{2}^{0}f=-\int_{0}^{2}f=-4. G(8)=∫28f=F(8)−F(2)=4−4=0G(8)=\int_{2}^{8}f=F(8)-F(2)=4-4=0. En général G(x)=F(x)−F(2)=F(x)−4G(x)=F(x)-F(2)=F(x)-4 : les deux fonctions diffèrent d'une CONSTANTE, et leurs graphes sont translatés verticalement de 4 unités. C'est exactement le contenu de la constante d'intégration : changer la borne inférieure d'une intégrale à borne variable ne change que le niveau de référence, celui du point où l'accumulation est déclarée nulle. Comme G′=F′=fG'=F'=f, les deux fonctions ont les mêmes variations, la même concavité, le même maximum en x=4x=4 et les mêmes inflexions en 2 et 6. Une translation verticale ne déplace aucun point critique : c'est pourquoi une primitive quelconque suffit toujours à répondre à une question de variations.

Partie B : Les intégrales impropres (/50)

Exercice 6 : La borne infinie : deux courbes jumelles, deux destins

La figure montre y=1xy=\frac{1}{x} et y=1x2y=\frac{1}{x^{2}} pour x≥1x\ge 1 : deux courbes qui tendent toutes deux vers 0, presque indiscernables à l'œil. L'une délimite pourtant une aire infinie, l'autre une aire finie.

123456780,250,50,7511/x1/x²
  • a) Donnez la définition d'une intégrale impropre de type I, puis calculez ∫1∞dxx2\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x^{2}} et montrez que ∫1∞dxx\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x} diverge.
  • b) Démontrez le critère en pp : ∫1∞dxxp\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x^{p}} converge si et seulement si p>1p>1, et donnez alors sa valeur.
  • c) Calculez ∫0∞e−x/2dx\int_{0}^{\infty}e^{-x/2}dx. Dans un modèle d'élimination d'un médicament, que représenterait cette aire ?
  • d) La trompette de Gabriel est le solide engendré par y=1xy=\frac{1}{x} (x≥1x\ge 1) tournant autour de l'axe des xx. Calculez son volume, admettez que son aire latérale dépasse ∫1∞2πxdx\int_{1}^{\infty}\frac{2\pi}{x}dx, et énoncez le paradoxe.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) 11 ; ln⁡b→∞\ln b\to\infty
  • b) Converge si et seulement si p>1p>1, vers 1p−1\frac{1}{p-1}
  • c) 22
  • d) Volume π\pi, aire infinie
a)

Par définition, ∫1∞f=lim⁡b→∞∫1bf\int_{1}^{\infty}f=\lim_{b\to\infty}\int_{1}^{b}f : on intègre sur [1,b][1,b] FINI, puis on fait tendre bb vers l'infini; l'intégrale converge si la limite est finie. ∫1bdxx2=[−1x]1b=1−1b→1\int_{1}^{b}\frac{dx}{x^{2}}=\left[-\frac{1}{x}\right]_{1}^{b}=1-\frac{1}{b}\to 1 : convergente, de valeur 1. ∫1bdxx=ln⁡b→∞\int_{1}^{b}\frac{dx}{x}=\ln b\to\infty : divergente. Les deux courbes tendent vers 0, mais 1x\frac{1}{x} ne descend pas ASSEZ VITE : tendre vers zéro ne suffit jamais, c'est la vitesse qui décide.

b)

Pour p≠1p\ne 1 : ∫1bx−pdx=b1−p−11−p\int_{1}^{b}x^{-p}dx=\frac{b^{1-p}-1}{1-p}. Si p>1p>1, l'exposant 1−p1-p est négatif : b1−p→0b^{1-p}\to 0 et l'intégrale converge vers 1p−1\frac{1}{p-1}. Si p<1p<1, b1−p→∞b^{1-p}\to\infty : divergence. Si p=1p=1 : le logarithme de a), divergent. Frontière exacte : p=1p=1, du mauvais côté. Vérification : p=2p=2 donne 12−1=1\frac{1}{2-1}=1, la valeur de a).

c)

∫0be−x/2dx=[−2e−x/2]0b=2−2e−b/2→2\int_{0}^{b}e^{-x/2}dx=\left[-2e^{-x/2}\right]_{0}^{b}=2-2e^{-b/2}\to 2. L'exponentielle décroît si vite que l'aire infinie en largeur reste finie. Si e−x/2e^{-x/2} est la concentration résiduelle d'un médicament au temps xx, cette aire est l'EXPOSITION TOTALE de l'organisme (l'« aire sous la courbe » des pharmacologues, qui calibre les doses) : une quantité finie, bien que l'élimination ne se termine jamais.

d)

Volume par disques : V=π∫1∞dxx2=π×1=πV=\pi\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x^{2}}=\pi\times 1=\pi : FINI, environ 3,14 unités cubes. L'aire latérale, elle, dépasse 2π∫1∞dxx2\pi\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x}, qui diverge : aire INFINIE. Paradoxe de Gabriel : on peut remplir la trompette avec π\pi litres de peinture, mais aucune quantité finie ne suffit à peindre sa paroi. La résolution est dans le critère en pp : le volume intègre 1x2\frac{1}{x^{2}} (p=2p=2, converge), la surface intègre 1x\frac{1}{x} (p=1p=1, diverge) : les deux questions, qui semblent jumelles, vivent des deux côtés de la frontière.

Exercice 7 : La borne singulière : l'infini caché dans l'intervalle

Une intégrale peut aussi être impropre parce que la fonction EXPLOSE à une borne (asymptote verticale), même sur un intervalle borné. Le réflexe est le même : une limite, jamais un calcul direct.

  • a) Définissez l'intégrale impropre de type II et calculez ∫01dxx\int_{0}^{1}\frac{dx}{\sqrt{x}}.
  • b) Un étudiant écrit : ∫−11dxx2=[−1x]−11=−1−1=−2\int_{-1}^{1}\frac{dx}{x^{2}}=\left[-\frac{1}{x}\right]_{-1}^{1}=-1-1=-2. Expliquez pourquoi ce résultat est absurde AVANT tout calcul, trouvez la faute, et donnez la vraie nature de cette intégrale.
  • c) Énoncez et démontrez le critère en pp à la borne 0 : ∫01dxxp\int_{0}^{1}\frac{dx}{x^{p}} converge si et seulement si p<1p<1. Comparez au critère à l'infini.
  • d) Montrez que ∫01ln⁡x dx\int_{0}^{1}\ln x\,dx converge malgré l'asymptote verticale en 0, et donnez sa valeur (on admettra lim⁡x→0+xln⁡x=0\lim_{x\to 0^{+}}x\ln x=0). Que dit ce résultat sur la « taille » de l'infini du logarithme ?

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a)
b)
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Réponses

  • a) 22
  • b) Absurde (négatif) : singularité en 00, divergente
  • c) En 00 : converge si et seulement si p<1p<1
  • d) −1-1
a)

Si ff explose en aa : ∫abf=lim⁡c→a+∫cbf\int_{a}^{b}f=\lim_{c\to a^{+}}\int_{c}^{b}f. Ici : ∫c1x−1/2dx=[2x]c1=2−2c→2\int_{c}^{1}x^{-1/2}dx=\left[2\sqrt{x}\right]_{c}^{1}=2-2\sqrt{c}\to 2. Convergente, de valeur 2 : l'asymptote verticale de 1x\frac{1}{\sqrt{x}} en 0 enferme une aire finie.

b)

L'absurdité saute aux yeux : 1x2\frac{1}{x^{2}} est strictement POSITIVE, son intégrale ne peut pas être négative. La faute : appliquer le théorème fondamental à travers x=0x=0, où la fonction n'est même pas définie : le théorème exige la continuité sur TOUT l'intervalle. La vraie analyse coupe en 0 : ∫01dxx2=lim⁡c→0+(1c−1)=∞\int_{0}^{1}\frac{dx}{x^{2}}=\lim_{c\to 0^{+}}\left(\frac{1}{c}-1\right)=\infty : chaque moitié diverge, l'intégrale DIVERGE. La primitive appliquée en aveugle sur une singularité est le piège le plus dangereux du chapitre : le calcul « marche » et donne un nombre, mais ce nombre ne veut rien dire.

c)

Pour p≠1p\ne 1 : ∫c1x−pdx=1−c1−p1−p\int_{c}^{1}x^{-p}dx=\frac{1-c^{1-p}}{1-p}. Si p<1p<1 : 1−p>01-p>0, c1−p→0c^{1-p}\to 0, convergence vers 11−p\frac{1}{1-p} (pour p=12p=\frac{1}{2} : 2, la valeur de a)). Si p>1p>1 : c1−p→∞c^{1-p}\to\infty, divergence; p=1p=1 : −ln⁡c→∞-\ln c\to\infty, divergence. C'est le MIROIR exact du critère à l'infini : en 0 il faut p<1p<1, à l'infini p>1p>1, et p=1p=1 perd des deux côtés. Moyen mnémotechnique : la singularité douce est tolérée, la lente décroissance ne l'est pas.

d)

∫c1ln⁡x dx=[xln⁡x−x]c1=(0−1)−(cln⁡c−c)\int_{c}^{1}\ln x\,dx=[x\ln x-x]_{c}^{1}=(0-1)-(c\ln c-c). Avec cln⁡c→0c\ln c\to 0 : l'intégrale vaut −1-1. Convergente : l'aire (sous l'axe) entre la courbe du logarithme et l'axe sur ]0,1]]0,1] vaut exactement 1. Le logarithme explose donc « moins fort » que TOUTE puissance 1xp\frac{1}{x^{p}} : son infini est si lent qu'il n'enferme qu'une aire finie, alors même que 1x\frac{1}{x}, dont il est la primitive, diverge en 0. L'échelle des infinis, logarithme < puissances < exponentielle, gouverne tout le chapitre et resservira mot pour mot dans les séries.

Exercice 8 : La comparaison : conclure sans calculer

Beaucoup d'intégrales impropres n'ont pas de primitive exprimable : le critère de comparaison permet de conclure sans calculer, en encadrant par une intégrale de référence (pp ou exponentielle).

  • a) Énoncez le critère de comparaison pour des fonctions positives, puis déterminez la nature de ∫1∞dxx3+1\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x^{3}+1}.
  • b) Déterminez la nature de ∫1∞2+sin⁡xxdx\int_{1}^{\infty}\frac{2+\sin x}{x}dx.
  • c) Montrez que ∫0∞e−x2dx\int_{0}^{\infty}e^{-x^{2}}dx converge, en coupant l'intervalle en deux et en comparant à e−xe^{-x} sur [1,∞[[1,\infty[. Quelle est la valeur admise de cette intégrale, et où la retrouve-t-on ?
  • d) Niveau examen : déterminez la nature de ∫0∞dxx(1+x)\int_{0}^{\infty}\frac{dx}{\sqrt{x}(1+x)}, doublement impropre, puis calculez sa valeur exacte à l'aide de la primitive 2arctan⁡x2\arctan\sqrt{x}.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Convergente, comparée à 1x3\frac{1}{x^{3}}
  • b) Divergente, minorée par 1x\frac{1}{x}
  • c) Convergente ; valeur π2≈0,886\frac{\sqrt{\pi}}{2}\approx 0{,}886
  • d) Convergente ; valeur π\pi
a)

Pour 0≤f≤g0\le f\le g sur l'intervalle : si ∫g\int g converge, ∫f\int f converge (l'aire de ff est coincée sous une aire finie); si ∫f\int f diverge, ∫g\int g diverge. Ici 0≤1x3+1≤1x30\le\frac{1}{x^{3}+1}\le\frac{1}{x^{3}}, et ∫1∞dxx3\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x^{3}} converge (p=3>1p=3>1) : CONVERGENTE. Le +1+1 du dénominateur ne compte pas à l'infini : on compare toujours au comportement dominant.

b)

Encadrement par en dessous : sin⁡x≥−1\sin x\ge -1, donc 2+sin⁡xx≥1x>0\frac{2+\sin x}{x}\ge\frac{1}{x}>0. Or ∫1∞dxx\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x} diverge : DIVERGENTE. L'oscillation du sinus ne sauve rien : la fonction reste au-dessus d'une divergente. Réflexe : borner le sinus entre −1-1 et 1 transforme presque toujours l'intégrale oscillante en comparaison propre.

c)

Sur [0,1][0,1] : fonction continue et bornée, intégrale ordinaire, aucun problème. Sur [1,∞[[1,\infty[ : dès que x≥1x\ge 1, x2≥xx^{2}\ge x donc e−x2≤e−xe^{-x^{2}}\le e^{-x}, et ∫1∞e−xdx=e−1\int_{1}^{\infty}e^{-x}dx=e^{-1} converge : CONVERGENTE. La valeur admise est π2≈0,886\frac{\sqrt{\pi}}{2}\approx 0{,}886 : c'est la moitié de l'aire de la cloche de Gauss, le cœur de toute la statistique (loi normale), intégrale sans primitive élémentaire mais à la valeur exacte célèbre.

d)

Deux dangers : la singularité 1x\frac{1}{\sqrt{x}} en 0 et la queue infinie. En 0 : 1x(1+x)∼1x\frac{1}{\sqrt{x}(1+x)}\sim\frac{1}{\sqrt{x}}, p=12<1p=\frac{1}{2}<1 : converge. À l'infini : ∼1x3/2\sim\frac{1}{x^{3/2}}, p=32>1p=\frac{3}{2}>1 : converge. Donc convergente des deux côtés. Valeur : ddx(2arctan⁡x)=21+x⋅12x=1x(1+x)\frac{d}{dx}\left(2\arctan\sqrt{x}\right)=\frac{2}{1+x}\cdot\frac{1}{2\sqrt{x}}=\frac{1}{\sqrt{x}(1+x)}, la primitive annoncée. D'où lim⁡b→∞2arctan⁡b−lim⁡c→0+2arctan⁡c=2⋅π2−0=π\lim_{b\to\infty}2\arctan\sqrt{b}-\lim_{c\to 0^{+}}2\arctan\sqrt{c}=2\cdot\frac{\pi}{2}-0=\pi. Une aire exactement égale à π\pi, cachée entre deux infinis apprivoisés : la signature d'une belle question d'examen.

Exercice 9 : Une loi de probabilité sans moyenne

En probabilité continue, une densité est une fonction f≥0f\ge 0 dont l'intégrale sur tout le domaine vaut exactement 1, et la moyenne (espérance) est ∫x f(x) dx\int x\,f(x)\,dx. Ces deux intégrales sont impropres : rien ne garantit qu'elles convergent toutes les deux, et c'est là que le chapitre devient surprenant.

  • a) La durée de vie d'une ampoule suit la densité f(x)=λe−λxf(x)=\lambda e^{-\lambda x} sur [0,∞[[0,\infty[ avec λ=14\lambda=\frac{1}{4} (en milliers d'heures). Vérifiez que la masse totale vaut 1, calculez P(X>8)P(X>8), puis la durée de vie moyenne ∫0∞xλe−λxdx\int_{0}^{\infty}x\lambda e^{-\lambda x}dx par intégration par parties.
  • b) Démontrez par récurrence que ∫0∞xne−xdx=n!\int_{0}^{\infty}x^{n}e^{-x}dx=n! pour tout entier n≥0n\ge 0, en établissant d'abord la relation In=n In−1I_{n}=n\,I_{n-1}. Pourquoi les termes de bord disparaissent-ils à chaque étape ?
  • c) Soit g(x)=1x2g(x)=\frac{1}{x^{2}} sur [1,∞[[1,\infty[. Vérifiez que gg est bien une densité de probabilité et calculez P(X>10)P(X>10). Puis étudiez ∫1∞x g(x) dx\int_{1}^{\infty}x\,g(x)\,dx : que se passe-t-il, et quel sens concret donner à ce résultat ?
  • d) Niveau examen : soit h(x)=2x3h(x)=\frac{2}{x^{3}} sur [1,∞[[1,\infty[. Vérifiez que c'est une densité, calculez sa moyenne, puis ∫1∞x2h(x) dx\int_{1}^{\infty}x^{2}h(x)\,dx. Concluez sur la variance. Énoncez enfin la règle générale : pour une densité en Cxp\frac{C}{x^{p}} sur [1,∞[[1,\infty[, quels moments ∫xkh\int x^{k}h existent ?

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  • a) Masse 11 ; P(X>8)=e−2≈0,135P(X>8)=e^{-2}\approx 0{,}135 ; moyenne 40004000 h
  • b) In=nIn−1I_{n}=nI_{n-1}, donc n!n!
  • c) Densité, P(X>10)=110P(X>10)=\frac{1}{10}, moyenne infinie
  • d) Moyenne 22, variance infinie ; moments pour k<p−1k<p-1
a)

Masse : ∫0b14e−x/4dx=[−e−x/4]0b=1−e−b/4→1\int_{0}^{b}\frac{1}{4}e^{-x/4}dx=\left[-e^{-x/4}\right]_{0}^{b}=1-e^{-b/4}\to 1. C'est bien une densité. P(X>8)=∫8∞14e−x/4dx=lim⁡b→∞(e−2−e−b/4)=e−2≈0,135P(X>8)=\int_{8}^{\infty}\frac{1}{4}e^{-x/4}dx=\lim_{b\to\infty}\left(e^{-2}-e^{-b/4}\right)=e^{-2}\approx 0{,}135 : environ 13,5 pour cent des ampoules dépassent 8000 heures. Moyenne par parties, avec u=xu=x et dv=14e−x/4dxdv=\frac{1}{4}e^{-x/4}dx, donc v=−e−x/4v=-e^{-x/4} : ∫0b=[−xe−x/4]0b+∫0be−x/4dx\int_{0}^{b}=\left[-xe^{-x/4}\right]_{0}^{b}+\int_{0}^{b}e^{-x/4}dx. Le terme de bord −be−b/4→0-be^{-b/4}\to 0 car l'exponentielle écrase la puissance, et l'intégrale restante tend vers 4. Durée de vie moyenne : 1λ=4\frac{1}{\lambda}=4, soit 4000 heures. Notez qu'elle dépasse largement la médiane : la loi exponentielle a une longue queue à droite.

b)

Base : I0=∫0∞e−xdx=1=0!I_{0}=\int_{0}^{\infty}e^{-x}dx=1=0!. Récurrence : par parties avec u=xnu=x^{n} et dv=e−xdxdv=e^{-x}dx, In=[−xne−x]0∞+n∫0∞xn−1e−xdx=0+n In−1I_{n}=\left[-x^{n}e^{-x}\right]_{0}^{\infty}+n\int_{0}^{\infty}x^{n-1}e^{-x}dx=0+n\,I_{n-1}. Le terme de bord s'annule aux deux extrémités : en 0 parce que xn=0x^{n}=0 (pour n≥1n\ge 1), et à l'infini parce que lim⁡x→∞xne−x=0\lim_{x\to\infty}x^{n}e^{-x}=0, l'exponentielle l'emportant sur TOUTE puissance, ce qui est la même hiérarchie que celle des formes indéterminées traitées par la règle de L'Hôpital. En déroulant : In=n(n−1)⋯1⋅I0=n!I_{n}=n(n-1)\cdots 1\cdot I_{0}=n!. Vérification : I2=2I_{2}=2, I3=6I_{3}=6, I4=24I_{4}=24. Cette intégrale définit la fonction Gamma, qui prolonge la factorielle aux nombres non entiers.

c)

Densité : g≥0g\ge 0 et ∫1∞dxx2=1\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x^{2}}=1 par le critère en pp avec p=2>1p=2>1, de valeur 12−1=1\frac{1}{2-1}=1. La masse vaut donc exactement 1. P(X>10)=∫10∞dxx2=lim⁡b→∞(110−1b)=110P(X>10)=\int_{10}^{\infty}\frac{dx}{x^{2}}=\lim_{b\to\infty}\left(\frac{1}{10}-\frac{1}{b}\right)=\frac{1}{10}. Moyenne : ∫1∞x⋅1x2dx=∫1∞dxx=lim⁡b→∞ln⁡b=∞\int_{1}^{\infty}x\cdot\frac{1}{x^{2}}dx=\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x}=\lim_{b\to\infty}\ln b=\infty. Elle DIVERGE. Voilà une loi de probabilité parfaitement légitime, dont toutes les probabilités sont bien définies, mais qui n'a AUCUNE moyenne finie. Le sens concret : la queue en 1x2\frac{1}{x^{2}} est assez fine pour que la masse totale soit finie, mais les valeurs extrêmes sont si grandes, et pas assez rares, que leur contribution x⋅g(x)x\cdot g(x) ne s'éteint pas. Si vous simulez cette loi, la moyenne empirique de vos tirages ne se stabilise jamais : elle grimpe indéfiniment, poussée par des valeurs géantes de plus en plus rares. Ce comportement modélise les tailles de sinistres en assurance et certaines fluctuations de marché, où l'on parle de risque à queue lourde.

d)

Masse : ∫1∞2x3dx=2⋅13−1=1\int_{1}^{\infty}\frac{2}{x^{3}}dx=2\cdot\frac{1}{3-1}=1 : densité valide. Moyenne : ∫1∞x⋅2x3dx=∫1∞2x2dx=2⋅12−1=2\int_{1}^{\infty}x\cdot\frac{2}{x^{3}}dx=\int_{1}^{\infty}\frac{2}{x^{2}}dx=2\cdot\frac{1}{2-1}=2, cette fois FINIE. Moment d'ordre 2 : ∫1∞x2⋅2x3dx=∫1∞2xdx\int_{1}^{\infty}x^{2}\cdot\frac{2}{x^{3}}dx=\int_{1}^{\infty}\frac{2}{x}dx, divergente (p=1p=1). Comme la variance vaut E[X2]−(E[X])2E[X^{2}]-\left(E[X]\right)^{2} et que E[X2]E[X^{2}] est infinie, la VARIANCE est infinie : cette loi possède une moyenne mais pas d'écart-type. Toute barre d'erreur, tout intervalle de confiance usuel, tout théorème central limite classique devient inapplicable. Règle générale : ∫1∞xk⋅Cxpdx=C∫1∞dxxp−k\int_{1}^{\infty}x^{k}\cdot\frac{C}{x^{p}}dx=C\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x^{p-k}} converge si et seulement si p−k>1p-k>1, c'est-à-dire k<p−1k<p-1. Pour p=2p=2 : aucun moment, pas même la moyenne. Pour p=3p=3 : la moyenne (k=1k=1) passe, la variance (k=2k=2) non. Chaque unité gagnée sur l'exposant pp achète exactement un moment de plus, et tout le chapitre des intégrales impropres se résume ici à une seule inégalité.

Exercice 10 : Doublement impropre : la symétrie qui ment

Quand les DEUX bornes posent problème, la définition impose de couper l'intervalle et d'exiger la convergence de chaque morceau SÉPARÉMENT. Cette exigence paraît bureaucratique; elle est en réalité ce qui empêche l'intégrale de dépendre de la façon dont on part vers l'infini.

  • a) Énoncez la définition de ∫−∞∞f\int_{-\infty}^{\infty}f, puis calculez ∫−∞∞dx1+x2\int_{-\infty}^{\infty}\frac{dx}{1+x^{2}} en respectant la coupure.
  • b) Un étudiant affirme : « xx est impaire, donc ∫−∞∞x dx=0\int_{-\infty}^{\infty}x\,dx=0 ». Montrez que chaque moitié diverge, donc que l'intégrale diverge. Puis calculez ∫−RRx dx\int_{-R}^{R}x\,dx et ∫−R2Rx dx\int_{-R}^{2R}x\,dx quand R→∞R\to\infty : que révèle la comparaison des deux résultats ?
  • c) Déterminez la nature de ∫−∞∞x1+x2dx\int_{-\infty}^{\infty}\frac{x}{1+x^{2}}dx, puis celle de ∫−∞∞x1+x4dx\int_{-\infty}^{\infty}\frac{x}{1+x^{4}}dx. Les deux intégrandes sont impaires : formulez précisément la condition sous laquelle l'argument de symétrie est LÉGITIME.
  • d) Niveau examen : étudiez ∫0∞e−xxdx\int_{0}^{\infty}\frac{e^{-x}}{\sqrt{x}}dx, impropre aux deux bornes. Coupez en 1, justifiez la convergence de chaque morceau par un critère, puis calculez la valeur exacte par la substitution x=u2x=u^{2}, sachant que ∫0∞e−u2du=π2\int_{0}^{\infty}e^{-u^{2}}du=\frac{\sqrt{\pi}}{2}.

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b)
c)
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  • a) π\pi, chaque moitié valant π2\frac{\pi}{2}
  • b) Diverge : 00 et +∞+\infty selon les bornes
  • c) La première diverge ; la seconde vaut 00
  • d) π≈1,772\sqrt{\pi}\approx 1{,}772
a)

Définition : on choisit un point cc quelconque et ∫−∞∞f=∫−∞cf+∫c∞f\int_{-\infty}^{\infty}f=\int_{-\infty}^{c}f+\int_{c}^{\infty}f, l'intégrale convergeant si et seulement si les DEUX morceaux convergent, chacun avec sa propre limite indépendante. Avec c=0c=0 : ∫0bdx1+x2=arctan⁡b→π2\int_{0}^{b}\frac{dx}{1+x^{2}}=\arctan b\to\frac{\pi}{2}, et par parité le même calcul donne ∫−a0→π2\int_{-a}^{0}\to\frac{\pi}{2}. Les deux convergent, donc l'intégrale converge et vaut π2+π2=π\frac{\pi}{2}+\frac{\pi}{2}=\pi. Le choix de cc n'influence pas le total : déplacer la coupure retire d'un morceau exactement ce qu'elle ajoute à l'autre.

b)

∫0bx dx=b22→∞\int_{0}^{b}x\,dx=\frac{b^{2}}{2}\to\infty : la moitié droite diverge, ce qui suffit à conclure. La moitié gauche diverge de même vers −∞-\infty. L'intégrale DIVERGE, et l'argument de parité ne s'applique pas. La comparaison est spectaculaire : ∫−RRx dx=R22−R22=0\int_{-R}^{R}x\,dx=\frac{R^{2}}{2}-\frac{R^{2}}{2}=0 pour tout RR, donc une limite de 0; mais ∫−R2Rx dx=4R22−R22=3R22→+∞\int_{-R}^{2R}x\,dx=\frac{4R^{2}}{2}-\frac{R^{2}}{2}=\frac{3R^{2}}{2}\to+\infty. Deux façons tout aussi naturelles de faire tendre les bornes vers l'infini donnent 0 et +∞+\infty. Une quantité qui dépend de la manière dont on l'approche n'est pas définie : voilà POURQUOI la définition exige la convergence séparée. La limite symétrique lim⁡R→∞∫−RR\lim_{R\to\infty}\int_{-R}^{R} porte un nom, la valeur principale de Cauchy, mais ce n'est pas l'intégrale, et l'écrire sans le préciser est une faute d'examen.

c)

∫0bx1+x2dx=12ln⁡(1+b2)→∞\int_{0}^{b}\frac{x}{1+x^{2}}dx=\frac{1}{2}\ln(1+b^{2})\to\infty : divergente, exactement comme en b), car à l'infini x1+x2∼1x\frac{x}{1+x^{2}}\sim\frac{1}{x}, le cas frontière p=1p=1. La symétrie ne sauve rien. En revanche x1+x4∼1x3\frac{x}{1+x^{4}}\sim\frac{1}{x^{3}} à l'infini, avec p=3>1p=3>1 : chaque moitié converge (la substitution u=x2u=x^{2} donne ∫0∞x dx1+x4=12∫0∞du1+u2=π4\int_{0}^{\infty}\frac{x\,dx}{1+x^{4}}=\frac{1}{2}\int_{0}^{\infty}\frac{du}{1+u^{2}}=\frac{\pi}{4}), donc l'intégrale converge, et LÀ l'imparité donne bien un total nul : π4−π4=0\frac{\pi}{4}-\frac{\pi}{4}=0. Condition précise : l'argument de symétrie est un argument de CALCUL, jamais un argument de convergence. Il faut d'abord établir que chaque moitié converge; l'imparité fournit ensuite la valeur, gratuitement. Inverser l'ordre des deux étapes, c'est annuler deux infinis l'un par l'autre, ce qui n'a aucun sens.

d)

Deux problèmes distincts : en 0 l'intégrande explose, à l'infini l'intervalle est illimité. On coupe en 1. Près de 0 : e−x≤1e^{-x}\le 1, donc e−xx≤1x\frac{e^{-x}}{\sqrt{x}}\le\frac{1}{\sqrt{x}} sur ]0,1]]0,1], et ∫01dxx\int_{0}^{1}\frac{dx}{\sqrt{x}} converge par le critère en pp à la borne 0 avec p=12<1p=\frac{1}{2}<1 : premier morceau convergent. Sur [1,∞[[1,\infty[ : x≥1\sqrt{x}\ge 1 donc e−xx≤e−x\frac{e^{-x}}{\sqrt{x}}\le e^{-x}, et ∫1∞e−xdx=e−1\int_{1}^{\infty}e^{-x}dx=e^{-1} converge : second morceau convergent par comparaison. L'intégrale converge donc. Valeur : avec x=u2x=u^{2}, dx=2u dudx=2u\,du, x=u\sqrt{x}=u, et les bornes 0→00\to 0, ∞→∞\infty\to\infty : ∫0∞e−u2u2u du=2∫0∞e−u2du=2⋅π2=π≈1,772\int_{0}^{\infty}\frac{e^{-u^{2}}}{u}2u\,du=2\int_{0}^{\infty}e^{-u^{2}}du=2\cdot\frac{\sqrt{\pi}}{2}=\sqrt{\pi}\approx 1{,}772. La substitution a fait disparaître la singularité : le 2u du2u\,du du changement de variable annule exactement le 1u\frac{1}{u} qui explosait. C'est la valeur Γ(12)=π\Gamma\left(\frac{1}{2}\right)=\sqrt{\pi}, la factorielle de 12\frac{1}{2}, et le pont entre la fonction Gamma de l'exercice précédent et l'intégrale de Gauss vue plus haut.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Le théorème fondamental au travail : dériver, passer à la limite, retrouver

Le second sens du théorème fondamental, ddx∫axf(t) dt=f(x)\frac{d}{dx}\int_{a}^{x}f(t)\,dt=f(x) pour ff continue, ne sert pas qu'à dériver : il transforme des limites, des équations et des études de fonctions en calculs de dérivées.

  • a) Pour x>1x>1, on pose F(x)=∫xx2ln⁡t dtF(x)=\int_{x}^{x^{2}}\ln t\,dt. Calculez F′(x)F'(x) sans calculer l'intégrale, puis F′(2)F'(2).
  • b) Calculez lim⁡x→01x3∫0xsin⁡(t2) dt\lim_{x\to 0}\frac{1}{x^{3}}\int_{0}^{x}\sin(t^{2})\,dt.
  • c) Trouvez une fonction ff et un nombre a>0a>0 tels que 6+∫axf(t)t2 dt=2x6+\int_{a}^{x}\frac{f(t)}{t^{2}}\,dt=2\sqrt{x} pour tout x>0x>0.
  • d) On pose G(x)=∫0x(t2−4)e−t2 dtG(x)=\int_{0}^{x}(t^{2}-4)e^{-t^{2}}\,dt pour x≥0x\geq 0. Étudiez les variations de GG et donnez l'abscisse de son minimum.
  • e) On pose H(x)=∫1x1+t3 dtH(x)=\int_{1}^{x}\sqrt{1+t^{3}}\,dt. Écrivez l'équation de la tangente à la courbe de HH en x=1x=1, puis estimez H(1,1)H(1{,}1).

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  • a) F′(x)=(4x−1)ln⁡xF'(x)=(4x-1)\ln x ; F′(2)≈4,852F'(2)\approx 4{,}852
  • b) 13\frac{1}{3}
  • c) f(x)=x3/2f(x)=x^{3/2}, a=9a=9
  • d) Minimum en x=2x=2
  • e) y=2(x−1)y=\sqrt{2}(x-1) ; H(1,1)≈0,141H(1{,}1)\approx 0{,}141
a)

Si Φ\Phi est une primitive de ln⁡\ln, F(x)=Φ(x2)−Φ(x)F(x)=\Phi(x^{2})-\Phi(x), donc F′(x)=ln⁡(x2)⋅2x−ln⁡x=4xln⁡x−ln⁡x=(4x−1)ln⁡xF'(x)=\ln(x^{2})\cdot 2x-\ln x=4x\ln x-\ln x=(4x-1)\ln x. La borne supérieure x2x^{2} apporte la règle de chaîne, la borne inférieure un signe moins. F′(2)=7ln⁡2≈4,852F'(2)=7\ln 2\approx 4{,}852.

b)

Forme 00\frac{0}{0}. Par L'Hôpital et le théorème fondamental : lim⁡x→0sin⁡(x2)3x2=13\lim_{x\to 0}\frac{\sin(x^{2})}{3x^{2}}=\frac{1}{3}, puisque sin⁡uu→1\frac{\sin u}{u}\to 1. Le numérateur n'a aucune primitive élémentaire, et on n'en a pas eu besoin.

c)

En dérivant les deux membres : f(x)x2=1x\frac{f(x)}{x^{2}}=\frac{1}{\sqrt{x}}, donc f(x)=x3/2f(x)=x^{3/2}. En x=ax=a, l'intégrale est nulle : 6=2a6=2\sqrt{a}, d'où a=9a=9. Contrôle : 6+∫9xt−1/2dt=6+2x−6=2x6+\int_{9}^{x}t^{-1/2}dt=6+2\sqrt{x}-6=2\sqrt{x} ✓.

d)

G′(x)=(x2−4)e−x2G'(x)=(x^{2}-4)e^{-x^{2}}, du signe de x2−4x^{2}-4 puisque l'exponentielle est positive : GG décroît sur [0;2][0;2] et croît sur [2;+∞[[2;+\infty[. Le minimum est atteint en x=2x=2. On ne connaît aucune formule de GG, mais sa dérivée suffit à tout dire de ses variations.

e)

H(1)=0H(1)=0 et H′(1)=1+1=2H'(1)=\sqrt{1+1}=\sqrt{2} : la tangente a pour équation y=2(x−1)y=\sqrt{2}(x-1). D'où H(1,1)≈0,12≈0,141H(1{,}1)\approx 0{,}1\sqrt{2}\approx 0{,}141. La valeur exacte, obtenue numériquement, vaut environ 0,1470{,}147 : la tangente sous-estime, car H′′(x)=3x221+x3>0H''(x)=\frac{3x^{2}}{2\sqrt{1+x^{3}}}>0 rend HH convexe.

Exercice 12 : La transformée de Laplace : quatre intégrales impropres à paramètre

Pour une fonction ff définie sur [0;+∞[[0;+\infty[, on pose L{f}(s)=∫0∞e−stf(t) dt\mathcal{L}\{f\}(s)=\int_{0}^{\infty}e^{-st}f(t)\,dt, lorsque cette intégrale impropre converge. Cet outil transforme les équations différentielles en équations algébriques ; ici, on le calcule.

  • a) Calculez L{1}(s)\mathcal{L}\{1\}(s) en précisant pour quelles valeurs de ss l'intégrale converge. Donnez sa valeur pour s=4s=4.
  • b) Calculez L{t}(s)\mathcal{L}\{t\}(s) pour s>0s>0 par intégration par parties, en justifiant la disparition du terme de bord. Valeur pour s=4s=4 ?
  • c) Calculez L{eat}(s)\mathcal{L}\{e^{at}\}(s) et la condition de convergence. Valeur pour a=3a=3 et s=5s=5 ?
  • d) Calculez L{sin⁡t}(s)\mathcal{L}\{\sin t\}(s) pour s>0s>0 par deux intégrations par parties. Valeur pour s=2s=2 ?
  • e) Existe-t-il une valeur de ss pour laquelle L{et2}(s)\mathcal{L}\{e^{t^{2}}\}(s) converge ? Justifiez.

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  • a) 1s\frac{1}{s} pour s>0s>0 ; 0,250{,}25
  • b) 1s2\frac{1}{s^{2}} ; 0,06250{,}0625
  • c) 1s−a\frac{1}{s-a} pour s>as>a ; 0,50{,}5
  • d) 1s2+1\frac{1}{s^{2}+1} ; 0,20{,}2
  • e) Aucune : et2e^{t^{2}} bat toute exponentielle
a)

∫0be−stdt=1−e−sbs\int_{0}^{b}e^{-st}dt=\frac{1-e^{-sb}}{s} pour s≠0s\neq 0. Si s>0s>0, e−sb→0e^{-sb}\to 0 et l'intégrale converge vers 1s\frac{1}{s}. Si s<0s<0, e−sb→+∞e^{-sb}\to+\infty : divergence ; si s=0s=0, ∫0b1 dt=b→∞\int_{0}^{b}1\,dt=b\to\infty. Donc L{1}(s)=1s\mathcal{L}\{1\}(s)=\frac{1}{s} pour s>0s>0, et 14=0,25\frac{1}{4}=0{,}25 pour s=4s=4.

b)

u=tu=t, dv=e−stdtdv=e^{-st}dt, v=−e−stsv=-\frac{e^{-st}}{s} : ∫0bte−stdt=[−te−sts]0b+1s∫0be−stdt\int_{0}^{b}te^{-st}dt=\left[-\frac{te^{-st}}{s}\right]_{0}^{b}+\frac{1}{s}\int_{0}^{b}e^{-st}dt. Le terme de bord vaut −be−sbs→0-\frac{be^{-sb}}{s}\to 0 : l'exponentielle décroissante l'emporte sur le facteur bb. Il reste 1s⋅1s=1s2\frac{1}{s}\cdot\frac{1}{s}=\frac{1}{s^{2}}, soit 116=0,0625\frac{1}{16}=0{,}0625 pour s=4s=4.

c)

∫0be(a−s)tdt=e(a−s)b−1a−s\int_{0}^{b}e^{(a-s)t}dt=\frac{e^{(a-s)b}-1}{a-s}. L'intégrale converge si et seulement si a−s<0a-s<0, c'est-à-dire s>as>a, et vaut alors 1s−a\frac{1}{s-a}. Pour a=3a=3 et s=5s=5 : 12=0,5\frac{1}{2}=0{,}5. On retrouve a) avec a=0a=0.

d)

Notons I=∫0∞e−stsin⁡t dtI=\int_{0}^{\infty}e^{-st}\sin t\,dt. Premier tour, u=sin⁡tu=\sin t, dv=e−stdtdv=e^{-st}dt : I=[−e−stsin⁡ts]0∞+1s∫0∞e−stcos⁡t dt=1s∫0∞e−stcos⁡t dtI=\left[-\frac{e^{-st}\sin t}{s}\right]_{0}^{\infty}+\frac{1}{s}\int_{0}^{\infty}e^{-st}\cos t\,dt=\frac{1}{s}\int_{0}^{\infty}e^{-st}\cos t\,dt. Second tour, u=cos⁡tu=\cos t : ∫0∞e−stcos⁡t dt=[−e−stcos⁡ts]0∞−1sI=1s−1sI\int_{0}^{\infty}e^{-st}\cos t\,dt=\left[-\frac{e^{-st}\cos t}{s}\right]_{0}^{\infty}-\frac{1}{s}I=\frac{1}{s}-\frac{1}{s}I. Donc I=1s2−Is2I=\frac{1}{s^{2}}-\frac{I}{s^{2}}, soit I=1s2+1I=\frac{1}{s^{2}+1}. Pour s=2s=2 : 15=0,2\frac{1}{5}=0{,}2.

e)

Non. e−stet2=et2−st=et(t−s)e^{-st}e^{t^{2}}=e^{t^{2}-st}=e^{t(t-s)}, et pour tout ss fixé, t(t−s)→+∞t(t-s)\to+\infty quand t→+∞t\to+\infty : l'intégrande tend vers l'infini, l'intégrale diverge. Le facteur e−ste^{-st} ne peut compenser qu'une croissance au plus exponentielle ; et2e^{t^{2}} croît plus vite que toute exponentielle este^{st}.

Exercice 13 : La comparaison par limite : l'équivalent décide

Pour deux fonctions strictement positives ff et gg au voisinage de la borne problématique, si fg\frac{f}{g} tend vers une limite LL finie et non nulle, les intégrales impropres de ff et de gg ont la même nature. On compare alors à une intégrale de référence 1xp\frac{1}{x^{p}}.

  • a) Déterminez la nature de ∫1∞x+1x3+2 dx\int_{1}^{\infty}\frac{x+1}{x^{3}+2}\,dx.
  • b) Déterminez la nature de ∫1∞dxx2+x\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{\sqrt{x^{2}+x}}.
  • c) Déterminez la nature de ∫01dxx+x2\int_{0}^{1}\frac{dx}{\sqrt{x}+x^{2}}.
  • d) Comparez les natures de ∫1∞sin⁡1x dx\int_{1}^{\infty}\sin\frac{1}{x}\,dx et de ∫1∞sin⁡21x dx\int_{1}^{\infty}\sin^{2}\frac{1}{x}\,dx.
  • e) Pour quelles valeurs de pp l'intégrale ∫011−cos⁡xxp dx\int_{0}^{1}\frac{1-\cos x}{x^{p}}\,dx converge-t-elle ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Convergente : ∼1x2\sim\frac{1}{x^{2}}
  • b) Divergente : ∼1x\sim\frac{1}{x}
  • c) Convergente : ∼1x\sim\frac{1}{\sqrt{x}} en 00
  • d) La première diverge, la seconde converge
  • e) p<3p<3
a)

À l'infini, x+1x3+2∼xx3=1x2\frac{x+1}{x^{3}+2}\sim\frac{x}{x^{3}}=\frac{1}{x^{2}} : le quotient (x+1)/(x3+2)1/x2=x3+x2x3+2→1\frac{(x+1)/(x^{3}+2)}{1/x^{2}}=\frac{x^{3}+x^{2}}{x^{3}+2}\to 1. Comme ∫1∞dxx2\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x^{2}} converge (p=2>1p=2>1), l'intégrale CONVERGE. Une comparaison directe aurait exigé une inégalité, moins évidente ici à cause du +1+1 au numérateur.

b)

x2+x∼x\sqrt{x^{2}+x}\sim x, donc l'intégrande est équivalent à 1x\frac{1}{x} : le quotient vaut xx2+x=11+1/x→1\frac{x}{\sqrt{x^{2}+x}}=\frac{1}{\sqrt{1+1/x}}\to 1. Comme ∫1∞dxx\int_{1}^{\infty}\frac{dx}{x} diverge, l'intégrale DIVERGE.

c)

La seule borne problématique est 00. Près de 00, x2x^{2} est négligeable devant x\sqrt{x} : 1x+x2∼1x\frac{1}{\sqrt{x}+x^{2}}\sim\frac{1}{\sqrt{x}}, le quotient xx+x2=11+x3/2→1\frac{\sqrt{x}}{\sqrt{x}+x^{2}}=\frac{1}{1+x^{3/2}}\to 1. Comme ∫01dxx\int_{0}^{1}\frac{dx}{\sqrt{x}} converge (p=12<1p=\frac{1}{2}<1), l'intégrale CONVERGE. Attention au sens du critère en 00 : ce sont les petites puissances qui l'emportent.

d)

Quand x→∞x\to\infty, u=1x→0u=\frac{1}{x}\to 0 et sin⁡u∼u\sin u\sim u : sin⁡1x∼1x\sin\frac{1}{x}\sim\frac{1}{x}, positive sur [1;∞[[1;\infty[. La première DIVERGE, comme ∫dxx\int\frac{dx}{x}. Mais sin⁡21x∼1x2\sin^{2}\frac{1}{x}\sim\frac{1}{x^{2}} : la seconde CONVERGE. Élever au carré a fait passer l'intégrande du mauvais côté de la frontière p=1p=1 au bon.

e)

Près de 00, 1−cos⁡x∼x221-\cos x\sim\frac{x^{2}}{2}, donc 1−cos⁡xxp∼12xp−2\frac{1-\cos x}{x^{p}}\sim\frac{1}{2x^{p-2}}. L'intégrale converge si et seulement si p−2<1p-2<1, soit p<3p<3. Pour p=2p=2, l'intégrande tend même vers 12\frac{1}{2} : aucune singularité. La plus grande valeur entière admissible est p=2p=2 ; pour p=3p=3, l'intégrande se comporte comme 12x\frac{1}{2x} et l'intégrale diverge. La figure du corrigé compare sin⁡1x\sin\frac{1}{x} et 1x\frac{1}{x}.

123456789100,20,40,60,811,2sin(1/x) et 1/xsin²(1/x)

Exercice 14 : Problème : la valeur actuelle d'une rente et l'infini financier

Un fonds verse un revenu en flux continu de RR dollars par année. Avec un taux d'actualisation continu rr, un dollar reçu dans tt années vaut aujourd'hui e−rte^{-rt} dollar, et la valeur actuelle des versements sur TT années est VA(T)=∫0TRe−rt dtVA(T)=\int_{0}^{T}Re^{-rt}\,dt.

  • a) Calculez VA(T)VA(T), puis la valeur actuelle d'une rente perpétuelle, lim⁡T→∞VA(T)\lim_{T\to\infty}VA(T).
  • b) Avec R=12 000R=12\,000 dollars par an et r=4r=4 pour cent, calculez la valeur actuelle sur 3030 ans et celle de la rente perpétuelle.
  • c) Le revenu croît désormais avec l'inflation : R(t)=12 000 e0,02tR(t)=12\,000\,e^{0{,}02t}. Calculez la valeur actuelle perpétuelle.
  • d) Que se passe-t-il si le revenu croît au taux g=rg=r ou plus vite ? Interprétez.
  • e) Pour le revenu constant du b), combien d'années faut-il pour atteindre 9090 pour cent de la valeur perpétuelle ?

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a)
b)
c)
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e)
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Réponses

  • a) Rr(1−e−rT)\frac{R}{r}(1-e^{-rT}), limite Rr\frac{R}{r}
  • b) ≈209 642\approx 209\,642 dollars ; 300 000300\,000 dollars
  • c) 12 0000,02=600 000\frac{12\,000}{0{,}02}=600\,000 dollars
  • d) Divergence : valeur infinie si g≥rg\geq r
  • e) T=ln⁡100,04≈57,6T=\frac{\ln 10}{0{,}04}\approx 57{,}6 ans
a)

VA(T)=R[−e−rtr]0T=Rr(1−e−rT)VA(T)=R\left[-\frac{e^{-rt}}{r}\right]_{0}^{T}=\frac{R}{r}\left(1-e^{-rT}\right). Quand T→∞T\to\infty, e−rT→0e^{-rT}\to 0 : l'intégrale impropre converge vers Rr\frac{R}{r}. Une infinité de versements ne vaut qu'une somme finie, parce que les versements lointains, actualisés, ne valent presque plus rien.

b)

Rr=12 0000,04=300 000\frac{R}{r}=\frac{12\,000}{0{,}04}=300\,000 dollars pour la rente perpétuelle. Sur 3030 ans : 300 000(1−e−1,2)≈300 000×0,6988≈209 642300\,000\left(1-e^{-1{,}2}\right)\approx 300\,000\times 0{,}6988\approx 209\,642 dollars. Les 3030 premières années portent déjà près de 7070 pour cent de la valeur de l'éternité.

c)

∫0∞12 000 e0,02te−0,04tdt=12 000∫0∞e−0,02tdt=12 0000,02=600 000\int_{0}^{\infty}12\,000\,e^{0{,}02t}e^{-0{,}04t}dt=12\,000\int_{0}^{\infty}e^{-0{,}02t}dt=\frac{12\,000}{0{,}02}=600\,000 dollars. Une croissance de 22 pour cent double la valeur, car tout se passe comme si le taux d'actualisation n'était plus que r−g=2r-g=2 pour cent.

d)

L'intégrande devient Re(g−r)tRe^{(g-r)t} avec g−r≥0g-r\geq 0 : il ne tend pas vers 00, l'intégrale DIVERGE et la valeur actuelle est infinie. Aucun prix fini ne serait raisonnable pour un tel actif : c'est la condition r>gr>g qui rend les formules d'évaluation des rentes utilisables, et les modèles qui la frôlent donnent des valeurs explosives.

e)

1−e−0,04T=0,91-e^{-0{,}04T}=0{,}9 donne e−0,04T=0,1e^{-0{,}04T}=0{,}1, soit T=ln⁡100,04≈57,6T=\frac{\ln 10}{0{,}04}\approx 57{,}6 ans. La figure du corrigé trace VA(T)VA(T) et son asymptote : la courbe monte vite, puis s'écrase lentement contre les 300 000300\,000 dollars.

2040608010012050100150200250300350rente perpétuelle : 30030 ans : 209,690 % en 57,6 ansVA (milliers de dollars)

Exercice 15 : Problème : l'énergie dissipée pendant la décharge d'un condensateur

Un condensateur de capacité CC, chargé sous la tension V0V_{0}, se décharge dans une résistance RR. Le courant vaut i(t)=V0Re−t/τi(t)=\frac{V_{0}}{R}e^{-t/\tau} avec τ=RC\tau=RC, et la puissance dissipée dans la résistance est P(t)=Ri(t)2P(t)=Ri(t)^{2}.

  • a) Montrez que l'énergie totale dissipée, E=∫0∞P(t) dtE=\int_{0}^{\infty}P(t)\,dt, vaut 12CV02\frac{1}{2}CV_{0}^{2}.
  • b) Avec C=100C=100 microfarads, V0=12V_{0}=12 V et R=1R=1 kilohm, calculez τ\tau et EE en millijoules.
  • c) Quelle fraction de l'énergie totale est dissipée pendant la première constante de temps τ\tau ?
  • d) Au bout de combien de temps 9999 pour cent de l'énergie ont-ils été dissipés ?
  • e) La résistance RR n'apparaît pas dans EE. Pourquoi ? Calculez aussi la charge totale Q=∫0∞i(t) dtQ=\int_{0}^{\infty}i(t)\,dt qui a traversé le circuit.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) E=V02R⋅τ2=12CV02E=\frac{V_{0}^{2}}{R}\cdot\frac{\tau}{2}=\frac{1}{2}CV_{0}^{2}
  • b) τ=0,1\tau=0{,}1 s, E=7,2E=7{,}2 mJ
  • c) 1−e−2≈86,51-e^{-2}\approx 86{,}5 %
  • d) τ2ln⁡100≈0,230\frac{\tau}{2}\ln 100\approx 0{,}230 s
  • e) Effets de RR compensés ; Q=CV0=1,2Q=CV_{0}=1{,}2 mC
a)

P(t)=RV02R2e−2t/τ=V02Re−2t/τP(t)=R\frac{V_{0}^{2}}{R^{2}}e^{-2t/\tau}=\frac{V_{0}^{2}}{R}e^{-2t/\tau}. ∫0be−2t/τdt=τ2(1−e−2b/τ)→τ2\int_{0}^{b}e^{-2t/\tau}dt=\frac{\tau}{2}\left(1-e^{-2b/\tau}\right)\to\frac{\tau}{2}. Donc E=V02R⋅RC2=12CV02E=\frac{V_{0}^{2}}{R}\cdot\frac{RC}{2}=\frac{1}{2}CV_{0}^{2} : exactement l'énergie qui était stockée dans le condensateur. L'intégrale impropre confirme la conservation de l'énergie.

b)

τ=RC=1000×100×10−6=0,1\tau=RC=1000\times 100\times 10^{-6}=0{,}1 s. E=12×10−4×144=7,2×10−3E=\frac{1}{2}\times 10^{-4}\times 144=7{,}2\times 10^{-3} J, soit 7,27{,}2 mJ.

c)

∫0τP dt=E(1−e−2)\int_{0}^{\tau}P\,dt=E\left(1-e^{-2}\right) : la fraction vaut 1−e−2≈0,8651-e^{-2}\approx 0{,}865, soit 86,586{,}5 pour cent. La puissance décroît deux fois plus vite que le courant, puisqu'elle en est le carré.

d)

1−e−2t/τ=0,991-e^{-2t/\tau}=0{,}99 donne e−2t/τ=0,01e^{-2t/\tau}=0{,}01, soit t=τ2ln⁡100≈0,05×4,605≈0,230t=\frac{\tau}{2}\ln 100\approx 0{,}05\times 4{,}605\approx 0{,}230 s. Mathématiquement la décharge ne finit jamais ; physiquement, elle est terminée en un quart de seconde.

e)

Une résistance plus grande réduit le courant, donc la puissance, mais allonge d'autant la décharge : τ\tau est proportionnel à RR et PP à 1R\frac{1}{R}, les deux effets se compensent dans l'intégrale. Charge totale : Q=V0R∫0∞e−t/τdt=V0Rτ=CV0=1,2×10−3Q=\frac{V_{0}}{R}\int_{0}^{\infty}e^{-t/\tau}dt=\frac{V_{0}}{R}\tau=CV_{0}=1{,}2\times 10^{-3} C, soit 1,21{,}2 mC, la charge initiale du condensateur. La figure du corrigé trace P(t)P(t) en watts.

0,050,10,150,20,250,30,350,40,020,040,060,080,10,120,140,16t = τ : 86,5 % dissipésP(t) en W
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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/nyb-integrale-definie-impropre. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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