Calcul intégral 201-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : la décomposition des fractions rationnelles (201-NYB)
Voici la série d'exercices corrigés de calcul intégral 201-NYB sur la décomposition des fractions rationnelles en éléments simples. C'est le premier chapitre du complément québécois de Terminale en mathématiques, et c'est un chapitre d'algèbre pure : on n'y intègre rien, on prépare le terrain. La partie A installe les quatre gestes de base, la division euclidienne des polynômes, la lecture du dénominateur, l'identification terme à terme et l'astuce du cache. La partie B passe aux cas qui coûtent des points : le facteur répété, le trinôme irréductible, la forme donnée sans calcul, puis les deux applications qui justifient tout le chapitre, le calcul de primitives et le modèle logistique.
Le fil de la série, répété d'un exercice à l'autre : LE DÉNOMINATEUR COMMANDE. Sa factorisation décide seule du nombre de termes et de leur forme ; le numérateur ne fait ensuite que fixer des coefficients. De là découlent les trois réflexes du chapitre : diviser tant que le numérateur est trop gros, calculer le discriminant de tout trinôme AVANT d'écrire quoi que ce soit, et compter les inconnues, dont le nombre doit égaler le degré du dénominateur.
Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature qui abordent les techniques d'intégration, comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de mathématiques. La Terminale française ne rencontre les fractions rationnelles qu'au cas par cas ; le programme québécois en fait une méthode générale, et c'est ici qu'elle s'acquiert. Les six figures accompagnent la potence de la division, le graphe des deux pôles, l'arbre des formes, l'aire à calculer et le relevé de l'épidémie.
La partie C est un entraînement pur, écrit au format des feuilles d'exercices distribuées en classe : une consigne, une liste de fonctions à décomposer, et le corrigé complet en dessous. Les trente décompositions y sont classées par forme de dénominateur et couvrent tous les cas du chapitre, du dénominateur de degré 1 à celui de degré 7, avec toutes les combinaisons de degrés du numérateur. Un tableau ouvre l'exercice 11 et renvoie chaque forme de dénominateur vers l'exercice qui la travaille.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•DIVISION D'ABORD : si deg(A)≥deg(B), aucune décomposition n'existe sous la forme attendue. On divise, on obtient BA=Q+BR avec deg(R)<deg(B), et c'est BR que l'on décompose.
•LE DISCRIMINANT AVANT LA FORME : un trinôme au dénominateur ne donne un terme ax2+bx+cBx+C que si Δ<0. Si Δ≥0 il se factorise et donne un ou deux termes à numérateur constant.
•FACTEUR RÉPÉTÉ : (x−a)m ouvre m cases, x−aA1+⋯+(x−a)mAm. De même (ax2+bx+c)m irréductible ouvre m cases à numérateur de degré 1.
•COMPTE DES INCONNUES : le nombre total d'inconnues égale le DEGRÉ du dénominateur. C'est la vérification la plus rapide qu'une forme est correcte.
•L'ASTUCE DU CACHE : pour un pôle simple a, on cache (x−a) dans le dénominateur et on évalue le reste en a. Elle atteint aussi la puissance la plus haute d'un facteur répété, mais jamais les puissances intermédiaires ni un facteur irréductible.
•VALEURS PARTICULIÈRES : une fois les coefficients faciles obtenus, donner à x des valeurs simples (0, 1, −1) fournit les équations manquantes plus vite que l'identification complète.
•UNICITÉ : la décomposition existe et elle est unique. Deux formes différentes du même résultat sont donc la même, à une réécriture près, et une vérification numérique en un point bien choisi suffit à débusquer presque toutes les erreurs.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : La division euclidienne des polynômes
Le fil de toute la série tient en trois mots : LE DÉNOMINATEUR COMMANDE. Mais avant d'avoir le droit de le lire, il faut payer un péage, et ce péage est une division. Tant que le numérateur est de degré supérieur ou égal au dénominateur, la décomposition en éléments simples n'existe pas sous la forme attendue : il faut d'abord extraire la partie polynomiale.
a) Énoncez le théorème de la division euclidienne de A par B dans l'ensemble des polynômes, en précisant la condition sur le reste qui fait s'arrêter la division.
b) Posez la division de 2x+1 par x−3, puis écrivez x−32x+1 sous la forme Q(x)+x−3R(x).
c) La figure montre la division de 2x4+x−1 par x2−3. Lisez-y Q et R, justifiez la ligne « 6x2+x−1 », et écrivez x2−32x4+x−1 sous la forme Q(x)+B(x)R(x).
d) Faites de même pour x+2x2+3 et pour 2x−1x3.
e) Pour ces quatre fractions, le reste est-il nul ? Que signifierait un reste nul sur la divisibilité de A par B ?
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Réponses
a)A=BQ+R avec degR<degB
b)x−32x+1=2+x−37
c)2x2+6+x2−3x+17
d)x−2+x+27 ; 21x2+41x+81+8(2x−1)1
e)Restes non nuls ; reste nul : B divise A
a) Pour tout couple de polynômes A et B avec B non nul, il existe un UNIQUE couple (Q,R) tel que A(x)=B(x)×Q(x)+R(x) avec deg(R)<deg(B). C'est cette dernière inégalité, et elle seule, qui dit quand s'arrêter : on descend d'un degré à chaque étape, et on pose le crayon dès que le reste passe strictement sous le degré du diviseur. En divisant l'égalité par B(x) on obtient la forme utile ici : B(x)A(x)=Q(x)+B(x)R(x), où la seconde fraction a désormais un numérateur plus petit que son dénominateur.
b) On divise 2x+1 par x−3. Le terme de plus haut degré 2x vient de 2×x, donc le quotient commence par 2 ; on soustrait 2(x−3)=2x−6 et il reste 1−(−6)=7. Comme deg(7)=0<deg(x−3)=1, la division est finie : 2x+1=(x−3)×2+7, donc x−32x+1=2+x−37. C'est l'exemple fondateur du chapitre : à droite, tout est lisible, la constante 2 est la valeur limite en l'infini et le morceau x−37 porte à lui seul le pôle.
c) Sur la figure : 2x4=2x2×(x2−3) au premier terme près, on soustrait 2x4−6x2 et il reste 6x2+x−1, ce qui explique la ligne du milieu. Puis 6x2=6×(x2−3) au premier terme près, on soustrait 6x2−18 et il reste x+17. Comme deg(x+17)=1<deg(x2−3)=2, on s'arrête. Donc Q(x)=2x2+6, R(x)=x+17, et x2−32x4+x−1=2x2+6+x2−3x+17. Attention au piège de mise en page : le dividende n'a ni terme en x3 ni terme en x2, il faut laisser les colonnes vides plutôt que de décaler les monômes.
d) Pour x+2x2+3 : x2+3=(x+2)(x−2)+7, donc x+2x2+3=x−2+x+27. Pour 2x−1x3, le coefficient dominant du diviseur n'est pas 1, ce qui produit des fractions dans le quotient et fait renoncer beaucoup d'élèves : x3=(2x−1)(21x2+41x+81)+81, donc 2x−1x3=21x2+41x+81+8(2x−1)1. On vérifie en développant, ce qui coûte dix secondes et attrape toutes les erreurs de signe.
e) Aucun des quatre restes n'est nul : ils valent 7, x+17, 7 et 81. Un reste nul signifierait que B divise A, donc que la fraction rationnelle est en réalité un polynôme, et le chapitre s'arrêterait là : il n'y aurait rien à décomposer. Le cas R=0 est exactement celui qui rend le chapitre nécessaire, car c'est B(x)R(x), et lui seul, qui va être cassé en éléments simples.
Exercice 2 : Lire le dénominateur : la fraction est-elle déjà décomposée ?
Un élément simple est une fraction que l'on ne peut plus casser : un numérateur constant ou de degré 1 au-dessus d'une puissance de facteur du premier degré, ou au-dessus d'un trinôme sans racine réelle. Avant de calculer quoi que ce soit, on doit savoir reconnaître ce qui est déjà fini. C'est trois points d'examen gagnés en trente secondes, et surtout le seul moyen de ne pas décomposer une fraction qui n'a rien à donner.
a) Donnez l'ensemble de définition de 2x−53, de x2+92x, de 2x2−8x1 et de (x−3)22.
b) Parmi les huit fractions 2x−53, x−3x+3, x2+x+12, x2+x+12x−3, x2+92x, 2x2−8x1, (x−3)22 et 2x−1x3, lesquelles sont déjà décomposées en éléments simples ?
c) Pour chacune de celles qui ne le sont pas, dites ce qui bloque : un degré du numérateur trop grand, ou un dénominateur encore factorisable.
d) Décomposez 2x2−8x1.
e) Pourquoi (x−3)22 est-elle déjà décomposée alors que (x+1)23x+1 ne l'est pas ? Les deux dénominateurs sont pourtant des carrés.
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Réponses
a)R∖{25}, R, R∖{0;4}, R∖{3}
b)Cinq : 2x−53, les deux sur x2+x+1, x2+92x, (x−3)22
c)Degré trop grand : x−3x+3, 2x−1x3 ; factorisable : 2x2−8x1
d)−8x1+8(x−4)1
e)Le numérateur de degré 1 ouvre la seconde case
a) On exclut les racines du dénominateur. 2x−5=0 donne x=25, donc le domaine est R∖{25}. x2+9 ne s'annule jamais sur R, donc le domaine est R tout entier : un dénominateur irréductible ne crée aucune valeur interdite, ce qui est le premier signe visible qu'il est irréductible. 2x2−8x=2x(x−4) s'annule en 0 et en 4, donc le domaine est R∖{0;4}. Enfin (x−3)2 s'annule en 3 seulement, domaine R∖{3}.
b) Sont déjà décomposées : 2x−53, car le dénominateur est de degré 1 et rien ne peut plus être cassé ; x2+x+12 et x2+x+12x−3, car Δ=1−4=−3<0 et le numérateur est de degré au plus 1 ; x2+92x, pour la même raison avec Δ=−36<0 ; et (x−3)22, car le numérateur est constant et le dénominateur une puissance d'un facteur du premier degré.
c) x−3x+3 bloque sur le degré : deg(A)=deg(B)=1, il faut diviser, et l'on obtient 1+x−36. 2x−1x3 bloque de la même façon, avec deg(A)=3>1 ; la division a été faite à l'exercice 1. 2x2−8x1 bloque sur la factorisation : Δ=64>0, le dénominateur se casse en 2x(x−4).
d) 2x2−8x1=2x(x−4)1=xA+x−4B. En réduisant au même dénominateur 2x(x−4), le numérateur devient 2A(x−4)+2Bx, qui doit valoir 1 pour tout x. En x=0 : −8A=1, donc A=−81. En x=4 : 8B=1, donc B=81. Ainsi 2x2−8x1=−8x1+8(x−4)1. Vérification en x=2 : à gauche 8−161=−81, à droite −161−161=−81.
e) La différence n'est pas dans le dénominateur mais dans le NUMÉRATEUR. Pour (x−3)22, le numérateur est constant : il n'y a rien à répartir, la fraction est un élément simple à elle seule. Pour (x+1)23x+1, le numérateur est de degré 1 et l'on peut le séparer en une part qui se simplifie avec un facteur (x+1) et une part qui ne se simplifie pas, d'où deux termes. C'est la règle générale du facteur répété, traitée à l'exercice 5 : un carré au dénominateur ouvre DEUX cases, et le degré du numérateur décide si la première est vide ou non.
Exercice 3 : Deux pôles simples : l'identification terme à terme
Voici le cas de base, celui qui revient dans presque tous les examens : le dénominateur est un trinôme à deux racines distinctes. La figure montre la courbe de y=x2−5x+63 : elle explose en deux endroits, et ces deux endroits sont exactement les deux facteurs du dénominateur. Décomposer, c'est écrire la fonction comme la somme de ce que fait chaque pôle séparément.
a) Factorisez x2−5x+6 et donnez le domaine de définition de x↦x2−5x+63.
b) Lisez sur la figure les deux valeurs interdites. Expliquez pourquoi la courbe possède exactement autant d'asymptotes verticales que le dénominateur a de racines.
c) Décomposez x2−5x+63 par identification : posez la forme, réduisez au même dénominateur, identifiez les coefficients de x et le terme constant, résolvez.
d) Décomposez x2−5x+63x−7 par la même méthode.
e) Vérifiez vos deux résultats en x=0, puis dites pourquoi cette vérification ne prouve pas tout à elle seule.
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Réponses
a)(x−2)(x−3), domaine R∖{2;3}
b)Deux racines, deux asymptotes : x=2 et x=3
c)x−2−3+x−33
d)x−21+x−32
e)21 et −67 ; un point ne prouve pas l'égalité
a) On cherche deux nombres de somme 5 et de produit 6 : ce sont 2 et 3, donc x2−5x+6=(x−2)(x−3). Le domaine est R∖{2;3}. On peut aussi passer par le discriminant, Δ=25−24=1, racines 25±1, mais la somme-produit va deux fois plus vite sur un trinôme unitaire à racines entières.
b) La figure montre deux asymptotes verticales, en x=2 et x=3, marquées en pointillés. Chaque racine du dénominateur annule celui-ci sans annuler le numérateur, donc la fraction tend vers l'infini en valeur absolue : une racine, une asymptote. C'est la traduction graphique du fil de la série, LE DÉNOMINATEUR COMMANDE. Remarquez la branche du milieu, entre 2 et 3 : elle reste sous −12, car (x−2)(x−3) y est négatif et de valeur absolue au plus 41.
c) On pose (x−2)(x−3)3=x−2A+x−3B. En réduisant : (x−2)(x−3)A(x−3)+B(x−2)=(x−2)(x−3)(A+B)x−3A−2B. Les deux fractions ont le même dénominateur et sont égales pour tout x du domaine, donc les numérateurs sont le même polynôme : A+B=0 et −3A−2B=3. De la première, A=−B, que l'on reporte : 3B−2B=3, donc B=3 et A=−3. Conclusion : x2−5x+63=x−2−3+x−33.
d) Même forme, numérateur différent : A(x−3)+B(x−2)=3x−7, donc A+B=3 et −3A−2B=−7. En multipliant la première par 2 et en ajoutant : −A=−7+6=−1, donc A=1 et B=2. Ainsi x2−5x+63x−7=x−21+x−32. À retenir : la FORME de la décomposition n'a pas bougé d'un iota entre c) et d), seuls les coefficients ont changé. Le numérateur ne décide jamais de la forme.
e) En x=0 pour la première : à gauche 63=21, à droite −2−3+−33=23−1=21. Pour la seconde : à gauche 6−7, à droite −21+−32=−21−32=−67. Cette vérification est excellente mais pas une preuve : deux fonctions peuvent coïncider en un point sans être égales. Elle devient une preuve si on la fait en autant de points qu'il y a d'inconnues, ici deux, car deux polynômes de degré au plus 1 qui coïncident en deux points sont égaux.
Exercice 4 : L'astuce du cache : multiplier puis substituer
L'identification marche toujours, mais elle coûte cher : avec trois pôles, c'est déjà un système de trois équations à trois inconnues, et avec cinq, personne ne finit dans le temps imparti. Il existe un raccourci qui donne chaque coefficient isolément, en une ligne : on cache le facteur dont on veut le coefficient et on évalue ce qui reste en sa racine.
a) On cherche (x−1)(x+2)(x−3)3=x−1A+x+2B+x−3C. Écrivez le système de trois équations que donne l'identification, sans le résoudre.
b) Multipliez l'égalité par (x−1), simplifiez, puis remplacez x par 1. Que deviennent les termes en B et en C ? Déduisez A.
c) Obtenez B et C par le même procédé, sans résoudre aucun système.
d) Vérifiez que le triplet trouvé satisfait les trois équations de a).
e) Décomposez k(k+1)1, puis calculez ∑k=1nk(k+1)1 et sa limite.
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Réponses
a)A+B+C=0, −A−4B+C=0, −6A+3B−2C=3
b)A=−21
c)B=51, C=103
d)Les trois équations sont vérifiées
e)k1−k+11 ; somme n+1n, limite 1
a) En réduisant au même dénominateur, le numérateur de droite vaut A(x+2)(x−3)+B(x−1)(x−3)+C(x−1)(x+2). En développant et en regroupant : le coefficient de x2 est A+B+C, celui de x est −A−4B+C, et le terme constant est −6A+3B−2C. Comme ce polynôme doit être constant égal à 3, on obtient A+B+C=0, −A−4B+C=0 et −6A+3B−2C=3. Trois équations, trois inconnues, et beaucoup d'occasions de se tromper de signe.
b) On multiplie tout par (x−1) : à gauche il reste (x+2)(x−3)3, à droite A+x+2B(x−1)+x−3C(x−1). L'égalité vaut pour tout x différent de 1, 2 et 3, donc aussi par continuité en x=1. En x=1, les facteurs (x−1) des termes en B et C s'annulent et ces deux termes disparaissent : il reste A=(1+2)(1−3)3=−63=−21.
c) Le même geste avec (x+2) et x=−2 donne B=(−2−1)(−2−3)3=153=51. Avec (x−3) et x=3 : C=(3−1)(3+2)3=103. En pratique on ne réécrit rien : on CACHE avec le doigt le facteur voulu dans le dénominateur de départ et on évalue ce qui reste à la racine de ce facteur. D'où le nom. Conclusion : (x−1)(x+2)(x−3)3=−2(x−1)1+5(x+2)1+10(x−3)3.
d) A+B+C=−21+51+103=10−5+2+3=0. Ensuite −A−4B+C=21−54+103=105−8+3=0. Enfin −6A+3B−2C=3+53−53=3. Les trois équations sont satisfaites : le raccourci donne bien la solution du système, il ne l'approche pas. Limite du procédé, à connaître : il ne s'applique tel quel qu'aux pôles SIMPLES, et pour un facteur répété il ne livre que le coefficient de la puissance la plus haute.
e) k(k+1)1 a deux pôles simples, 0 et −1 : par le cache, le coefficient de k1 vaut 0+11=1 et celui de k+11 vaut −11=−1, donc k(k+1)1=k1−k+11. La somme se télescope : ∑k=1n(k1−k+11)=1−n+11=n+1n, car chaque −k+11 annule le k+11 du terme suivant. La limite vaut 1. C'est l'exemple type des séries télescopiques, et il montre que la décomposition sert bien au-delà du calcul de primitives.
Exercice 5 : Le facteur répété : pourquoi deux termes et pas un
Quand un facteur apparaît au carré ou au cube, la case unique ne suffit plus. C'est le point du chapitre où l'on perd le plus de points, parce que la forme paraît lourde et qu'on est tenté de l'alléger. Le raisonnement de la question a) montre qu'on n'a pas le choix : la forme allégée est fausse, et elle l'est pour une raison de degré.
a) Montrez qu'il est IMPOSSIBLE d'écrire (x+1)23x+1=(x+1)2A avec A constant.
b) Décomposez (x+1)23x+1 sous la forme x+1A+(x+1)2B.
c) Décomposez x3+3x2+3x+1x2+x+1 en posant u=x+1 après avoir reconnu le dénominateur.
d) Décomposez (x−1)(x2+4x+4)2x+1 : obtenez deux coefficients par l'astuce du cache, le troisième par une valeur particulière.
e) Expliquez pourquoi le cache ne donne pas directement le coefficient de x+21 en d).
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Réponses
a)3x+1=A constant : impossible
b)x+13−(x+1)22
c)x+11−(x+1)21+(x+1)31
d)3(x−1)1−3(x+2)1+(x+2)21
e)Le cache n'atteint que la puissance la plus haute
a) Si (x+1)23x+1=(x+1)2A, alors en multipliant par (x+1)2 on obtient 3x+1=A pour tout x du domaine, c'est-à-dire un polynôme de degré 1 égal à une constante : impossible. Le raisonnement est général et donne la règle : un facteur (x−a)m ouvre m cases, x−aA1+⋯+(x−a)mAm, et c'est le degré du numérateur qui décide lesquelles sont non nulles. Avec un numérateur constant, seule la dernière survit, ce qui explique le cas (x−3)22 de l'exercice 2.
b) 3x+1=A(x+1)+B. En x=−1 : −3+1=−2=B. Le coefficient de x donne A=3. Donc (x+1)23x+1=x+13−(x+1)22. Autre chemin, souvent plus rapide : écrire 3x+1=3(x+1)−2 puis diviser terme à terme par (x+1)2. C'est la même idée que la division euclidienne, appliquée au numérateur plutôt qu'à la fraction entière.
c) On reconnaît x3+3x2+3x+1=(x+1)3, une identité remarquable de degré 3. Le changement de variable u=x+1, donc x=u−1, donne au numérateur (u−1)2+(u−1)+1=u2−2u+1+u−1+1=u2−u+1. Ainsi (x+1)3x2+x+1=u3u2−u+1=u1−u21+u31, c'est-à-dire x+11−(x+1)21+(x+1)31. Le changement de variable évite entièrement le système : dès qu'il n'y a qu'un seul pôle répété, c'est la méthode à jouer.
d) x2+4x+4=(x+2)2, donc la forme est x−1A+x+2B+(x+2)2C. Le cache sur (x−1) en x=1 donne A=(1+2)22+1=93=31. Le cache sur (x+2)2 en x=−2 donne C=−2−12(−2)+1=−3−3=1. Pour B, on prend une valeur simple, x=0 : à gauche (−1)(4)1=−41 ; à droite −31+2B+41. D'où 2B=−41+31−41=−61 et B=−31. Conclusion : 3(x−1)1−3(x+2)1+(x+2)21.
e) Multiplier par (x+2) seulement ne suffit pas à nettoyer le dénominateur : il reste un (x+2) sous le terme en C, et l'expression explose en x=−2 au lieu de se simplifier. Multiplier par (x+2)2 nettoie tout, mais alors le terme en B est multiplié par (x+2) et s'annule en x=−2 : on récupère C, pas B. Autrement dit, le cache atteint toujours la puissance la PLUS HAUTE d'un facteur, jamais les puissances intermédiaires. Pour celles-ci il faut une valeur particulière, une dérivation, ou l'identification.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Le facteur quadratique irréductible et son numérateur de degré 1
Un trinôme de discriminant négatif ne se casse pas : il reste au dénominateur, entier. Mais alors le numérateur qu'on lui associe n'est plus une constante, c'est un polynôme de degré 1. Comprendre POURQUOI est plus utile que retenir la règle, car le même argument donne la forme de n'importe quel cas, y compris ceux qu'on n'a jamais vus.
a) Vérifiez que x3−1=(x−1)(x2+x+1), puis montrez que x2+x+1 n'a pas de racine réelle.
b) Pourquoi le terme associé à x2+x+1 s'écrit-il x2+x+1Bx+C et non x2+x+1B ? Comptez les inconnues et comparez au degré du dénominateur.
c) Décomposez (x−1)(x2+x+1)3x2+1 : trouvez A par le cache, puis B et C en donnant à x les valeurs 0 et −1.
d) Vérifiez le résultat en x=2.
e) Donnez, sans calculer les coefficients, la forme de la décomposition de (x2+4)(x2+x+1)x2+1 et le nombre d'inconnues.
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Réponses
a)Δ=−3<0 : irréductible
b)Degré 3, donc 3 inconnues : Bx+C au-dessus du trinôme
c)3(x−1)4+3(x2+x+1)5x+1
d)713 des deux côtés
e)x2+4Ax+B+x2+x+1Cx+D, 4 inconnues
a) On développe : (x−1)(x2+x+1)=x3+x2+x−x2−x−1=x3−1. Pour x2+x+1, le discriminant vaut Δ=1−4=−3<0, donc pas de racine réelle : le trinôme est irréductible sur R. Autre lecture, utile en examen : x2+x+1=(x+21)2+43, somme d'un carré et d'un nombre strictement positif, donc toujours au moins 43.
b) Le principe est un compte d'inconnues. Un dénominateur de degré n impose exactement n coefficients à déterminer, parce que le numérateur générique de la fraction initiale a n coefficients libres. Ici le dénominateur (x−1)(x2+x+1) est de degré 3 : il faut trois inconnues. Le facteur du premier degré en apporte une, A ; le facteur du second degré doit donc en apporter deux, d'où un numérateur Bx+C. Avec x2+x+1B on n'en aurait que deux au total, et le système serait en général insoluble.
c) Le cache sur (x−1) en x=1 donne A=1+1+13+1=34. Pour la suite on écrit (x−1)(x2+x+1)3x2+1=3(x−1)4+x2+x+1Bx+C et on choisit des valeurs simples. En x=0 : à gauche (−1)(1)1=−1, à droite −34+C, donc C=31. En x=−1 : à gauche (−2)(1)4=−2, à droite −32+(−B+C), donc −B=−2+32−31=−35 et B=35. Conclusion : 3(x−1)4+3(x2+x+1)5x+1.
d) En x=2 : à gauche (1)(4+2+1)3×4+1=713. À droite 34+3×711=34+2111=2128+11=2139=713. Les deux coïncident. Comme la décomposition compte trois inconnues, une vérification en trois points distincts constituerait une preuve complète ; en pratique un point bien choisi suffit à attraper l'immense majorité des erreurs de signe.
e) x2+4 a pour discriminant −16<0 et x2+x+1 a pour discriminant −3<0 : les deux facteurs sont irréductibles, aucun ne se casse. La forme est donc x2+4Ax+B+x2+x+1Cx+D, avec quatre inconnues, ce qui est bien le degré 4 du dénominateur. Notez qu'ici le cache ne sert à rien, faute de racine réelle : on passe par l'identification ou par des valeurs particulières.
Exercice 7 : La forme avant les coefficients
Dans un examen, la question « donnez la forme de la décomposition » vaut souvent autant que le calcul complet, et elle coûte trente fois moins de temps. La figure résume la règle : chaque facteur du dénominateur commande ses propres termes, indépendamment des autres et indépendamment du numérateur. Un seul piège la fait rater, et il est toujours le même : un trinôme qu'on croit irréductible et qui ne l'est pas.
a) En vous appuyant sur la figure, expliquez en une phrase pourquoi un facteur répété ouvre plusieurs cases alors qu'un facteur simple n'en ouvre qu'une.
b) Donnez la forme de la décomposition de f(x)=(x2−4x+3)2(x2+x+1)5x+3. Examinez le premier trinôme avant tout.
c) Même consigne pour x(x+2)(x+5)2x2+x+1 et pour (x+2)2(x2−9)x3+x.
d) Même consigne pour x3(x−1)(x2+x+2)x4+1 et pour (x−5)(x2+5)2x3+3.
e) Pour chacune des cinq formes, comptez les inconnues et comparez au degré du dénominateur. Que constatez-vous ?
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Réponses
a)Une case par puissance simplifiable
b)x−1A+(x−1)2B+x−3C+(x−3)2D+x2+x+1Ex+F
c)3 pôles simples ; x+2A+(x+2)2B+x−3C+x+3D
d)6 inconnues ; 5 inconnues avec (x2+5)2
e)Inconnues = degré du dénominateur
a) Parce qu'un facteur (x−a)m peut se simplifier avec le numérateur à des ordres différents : une part du numérateur laisse (x−a)m entier au dénominateur, une autre en efface une puissance, et ainsi de suite. Il faut donc une case par puissance, de 1 à m, alors qu'un facteur simple n'offre qu'une seule possibilité de simplification.
b) Le piège est en tête : x2−4x+3 a pour discriminant 16−12=4>0, donc il n'est PAS irréductible et vaut (x−1)(x−3). Le dénominateur est donc (x−1)2(x−3)2(x2+x+1), de degré 6. Comme x2+x+1 a un discriminant −3<0, la forme est x−1A+(x−1)2B+x−3C+(x−3)2D+x2+x+1Ex+F. Écrire (x2−4x+3)2Ax+B serait l'erreur classique : on ne met un numérateur de degré 1 au-dessus d'un trinôme que si celui-ci est irréductible.
c) x(x+2)(x+5)2x2+x+1 : trois pôles simples, donc xA+x+2B+x+5C, trois inconnues. Pour (x+2)2(x2−9)x3+x, même piège qu'en b) : x2−9=(x−3)(x+3), une différence de carrés, pas un trinôme irréductible. La forme est donc x+2A+(x+2)2B+x−3C+x+3D, quatre inconnues. Dans les deux cas le numérateur est de degré strictement inférieur au dénominateur, donc aucune division préalable.
d) x3(x−1)(x2+x+2)x4+1 : le facteur x3 est un facteur répété d'ordre 3 avec a=0, et x2+x+2 a pour discriminant 1−8=−7<0. La forme est xA+x2B+x3C+x−1D+x2+x+2Ex+F, six inconnues. Pour (x−5)(x2+5)2x3+3 : x2+5 est irréductible et apparaît au carré, donc il ouvre deux cases, chacune avec un numérateur de degré 1. La forme est x−5A+x2+5Bx+C+(x2+5)2Dx+E, cinq inconnues.
e) Les comptes : b) six inconnues pour un dénominateur de degré 6 ; c) trois pour un degré 3, puis quatre pour un degré 4 ; d) six pour un degré 6, puis cinq pour un degré 5. Le nombre d'inconnues égale toujours le degré du dénominateur. C'est la meilleure vérification qui existe sur une forme : si les deux nombres diffèrent, la forme est fausse, presque toujours parce qu'un facteur répété n'a pas reçu toutes ses cases ou qu'un trinôme factorisable a été traité comme irréductible.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes a été entendue en séance, et chacune est fausse. Dites pourquoi, puis énoncez la version correcte. C'est l'exercice le plus rentable de la série : ces cinq erreurs représentent, à elles seules, la majorité des points perdus sur ce chapitre.
a) « x2+4 est irréductible sur R, donc x4+4 l'est aussi. »
b) « Pour décomposer x2−1x3+2, on écrit directement x−1A+x+1B. »
c) « x2−4x+3 est un trinôme du second degré, donc il apporte un terme x2−4x+3Bx+C. »
d) « Un facteur (x+1)2 au dénominateur apporte exactement un terme, (x+1)2B. »
e) « L'astuce du cache donne tous les coefficients d'une décomposition. »
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Réponses
a)Faux : x4+4=(x2+2x+2)(x2−2x+2)
b)Faux : diviser d'abord, x+2(x−1)3−2(x+1)1
c)Faux : Δ=4>0, deux termes
d)Faux : deux cases, x+1A+(x+1)2B
e)Faux : pôles simples et puissance la plus haute seulement
a) FAUX. x2+4 est bien irréductible, mais x4+4 se factorise : c'est l'identité de Sophie Germain, x4+4=(x2+2)2−(2x)2=(x2+2x+2)(x2−2x+2). Chacun des deux facteurs a pour discriminant 4−8=−4<0, donc ils sont irréductibles, et la décomposition de x4+41 comporte quatre inconnues, pas deux. La version correcte : sur R, tout polynôme de degré au moins 3 est factorisable ; seuls les degrés 1 et 2 peuvent être irréductibles.
b) FAUX, parce que deg(x3+2)=3≥2=deg(x2−1). Il faut d'abord diviser : x3+2=(x2−1)×x+(x+2), donc x2−1x3+2=x+x2−1x+2. C'est seulement ce reste qui se décompose, avec x2−1=(x−1)(x+1) : le cache donne 21+2=23 et −2−1+2=−21. Résultat complet : x+2(x−1)3−2(x+1)1. Sans la division, le système obtenu n'a tout simplement pas de solution.
c) FAUX. Le critère n'est pas le degré mais le DISCRIMINANT : Δ=16−12=4>0, donc x2−4x+3=(x−1)(x−3) et il apporte deux termes x−1A+x−3C. La règle correcte : un trinôme n'a droit à un numérateur Bx+C que si Δ<0. Réflexe à installer : devant tout trinôme au dénominateur, calculer le discriminant AVANT d'écrire la forme, jamais après.
d) FAUX en général. Le facteur (x+1)2 ouvre deux cases, x+1A+(x+1)2B, et le premier coefficient n'est nul que dans le cas particulier où le numérateur ne l'exige pas, par exemple (x+1)22. Dès que le numérateur est de degré 1, comme dans (x+1)23x+1=x+13−(x+1)22, les deux cases servent. Version correcte : (x−a)m ouvre m cases, certaines pouvant se révéler vides après calcul.
e) FAUX. Le cache atteint les pôles SIMPLES et, pour un facteur répété (x−a)m, uniquement le coefficient de (x−a)m1. Les puissances intermédiaires lui échappent, car multiplier par (x−a)m fait s'annuler leurs termes en x=a. Il ne donne rien non plus sur un facteur quadratique irréductible, faute de racine réelle où évaluer. Version correcte : le cache est un accélérateur partiel, à compléter par des valeurs particulières ou par l'identification.
Exercice 9 : À quoi sert la décomposition : primitives et aire
Le chapitre n'existe pas pour lui-même : il existe parce que personne ne sait primitiver x2−5x+63 directement, alors que tout le monde sait primitiver x−21. La décomposition transforme un problème impossible en une somme de problèmes connus. La figure montre l'aire que l'on va calculer, sous la branche droite de la courbe de l'exercice 3, entre x=4 et x=5.
a) À partir de la décomposition de l'exercice 3, donnez une primitive de x↦x2−5x+63 sur l'intervalle ]3;+∞[.
b) Calculez l'aire colorée de la figure, c'est-à-dire ∫45x2−5x+63dx. Donnez la valeur exacte, puis une valeur approchée à 10−3 près.
c) Décomposez complètement x2−32x4+x−1, sachant que les pôles sont ±3, puis donnez-en une primitive sur ]3;+∞[.
d) Montrez qu'on obtient plus vite le même résultat en séparant x2−3x+17=x2−3x+x2−317.
e) Traitez ∫x2+x+12dx. Le dénominateur étant irréductible, quelle fonction remplace le logarithme ?
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Réponses
a)3ln(x−2x−3)
b)3ln34≈0,863
c)32x3+6x+6173+3ln(x−3)−6173−3ln(x+3)
d)21ln∣x2−3∣ plus la part en x2−317
e)34arctan(32x+1)+K
a) L'exercice 3 donne x2−5x+63=x−2−3+x−33. Sur ]3;+∞[, les deux quantités x−2 et x−3 sont strictement positives, donc une primitive est F(x)=−3ln(x−2)+3ln(x−3)=3ln(x−2x−3). Le regroupement en un seul logarithme n'est pas obligatoire mais il rend le calcul de b) immédiat. Sur un autre intervalle, il faudrait des valeurs absolues.
b) ∫45x2−5x+63dx=[3ln(x−2x−3)]45=3ln32−3ln21=3ln(32×2)=3ln34. Numériquement, 3ln34≈0,863. Le résultat est cohérent avec la figure : la région colorée est comprise entre x=4 et x=5, sa hauteur descend de 1,5 à 0,5, donc son aire vaut à peu près 0,9 unité d'aire.
c) L'exercice 1 a donné x2−32x4+x−1=2x2+6+x2−3x+17. Il reste à casser le morceau fractionnaire : x2−3=(x−3)(x+3), donc par le cache A=233+17=6173+3 et B=−23−3+17=−6173−3. Une primitive sur ]3;+∞[ est donc 32x3+6x+6173+3ln(x−3)−6173−3ln(x+3).
d) Le premier morceau a son numérateur proportionnel à la dérivée du dénominateur : x2−3x=21×x2−32x, dont une primitive est 21ln∣x2−3∣, sans aucune décomposition. Le second, x2−317, se décompose en 2317(x−31−x+31). On retrouve bien les coefficients de c), puisque 21+2317=63+173 et 21−2317=63−173. Réflexe à garder : avant de décomposer, retirer la part du numérateur qui est la dérivée du dénominateur, cela divise le travail par deux.
e) Ici Δ=−3<0 : pas de pôle réel, donc pas de logarithme. On complète le carré, x2+x+1=(x+21)2+43, et on reconnaît la forme de la dérivée de l'arc tangente. Avec u=32x+1, on obtient ∫x2+x+12dx=34arctan(32x+1)+K. Règle générale du chapitre suivant : un pôle réel donne un logarithme, un facteur irréductible donne un arc tangente, et une puissance donne une fraction.
Exercice 10 : Une épidémie dans un lycée : le modèle logistique
Une école de 1200 élèves voit apparaître une grippe. L'infirmerie relève chaque jour le nombre d'élèves malades, reporté sur la figure. Le nombre ne croît pas indéfiniment : il s'écrase contre la population totale. Le modèle qui décrit cela, dit logistique, se résout par une décomposition en éléments simples, et il n'existe aucun autre chemin élémentaire pour l'intégrer.
a) Le modèle s'écrit dtdP=MkP(M−P), où M est l'effectif total. Décomposez P(M−P)1 en éléments simples, la variable étant P.
b) Séparez les variables et intégrez pour montrer que ln(M−PP)=kt+C tant que 0<P<M.
c) Avec M=1200 et P(0)=20, montrez que P(t)=1+59e−kt1200.
d) Le relevé donne P(4)=200. Calculez k à 10−3 près, puis la prévision au jour 7. Comparez au point de la figure.
e) À quel instant la vitesse de propagation est-elle maximale, c'est-à-dire quand P atteint-il 2M=600 ?
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Réponses
a)M1(P1+M−P1)
b)ln(M−PP)=kt+C
c)P(t)=1+59e−kt1200
d)k≈0,617 ; P(7)≈672
e)t=kln59≈6,61 jours
a) Le dénominateur P(M−P) a deux pôles simples, P=0 et P=M. Par le cache : le coefficient de P1 vaut M−01=M1, et celui de M−P1 s'obtient en P=M, où il vaut M1 également. Donc P(M−P)1=M1(P1+M−P1). Vérification rapide en réduisant : M1×P(M−P)(M−P)+P=P(M−P)1. La symétrie des deux coefficients n'est pas un hasard : elle traduit le fait que malades et non-malades jouent le même rôle dans le modèle.
b) On sépare : P(M−P)dP=Mkdt. En intégrant à gauche avec a) : M1(lnP−ln(M−P)), le signe moins venant de la dérivée de M−P qui vaut −1. À droite : Mkt+constante. On multiplie par M et il reste ln(M−PP)=kt+C. Le quotient M−PP est le rapport des malades aux sains, et le modèle dit qu'il croît exponentiellement, ce qui est plus parlant que l'équation de départ.
c) En passant à l'exponentielle : M−PP=eCekt. En t=0 avec P=20 et M=1200 : 118020=591=eC. Donc 1200−PP=59ekt, d'où 59P=(1200−P)ekt, puis P(59+ekt)=1200ekt et P=59+ekt1200ekt. En divisant haut et bas par ekt : P(t)=1+59e−kt1200. On lit sur cette écriture les deux asymptotes du phénomène : P→0 quand t→−∞ et P→1200 quand t→+∞, la droite M=1200 tracée en pointillés sur la figure.
d) P(4)=200 donne 1000200=51=591e4k, donc e4k=559=11,8 et k=4ln11,8≈0,617 par jour. Prévision au jour 7 : P(7)=1+59e−4,3191200≈1,7851200≈672 élèves. Le relevé de la figure donne 672 au jour 7 : le modèle colle. Notez qu'un modèle exponentiel pur, calé sur les mêmes deux points, prédirait 20×107/4≈1125 malades au jour 7, puis 20×102=2000 au jour 8, plus que l'effectif de l'école : c'est l'impossibilité que la logistique corrige.
e) La vitesse dtdP=MkP(M−P) est un trinôme en P, maximal au milieu de ses racines, donc en P=2M=600. On résout 600600=1=591ekt, donc ekt=59 et t=kln59≈0,6174,078≈6,61 jours. C'est le point d'inflexion de la courbe en S : avant lui l'épidémie accélère, après lui elle ralentit, alors même que le nombre de malades continue d'augmenter. Confondre ces deux moments est l'erreur d'interprétation la plus fréquente sur ce modèle.
Partie C : la banque de décompositions (/60)
Exercice 11 : Un dénominateur du premier degré : le numérateur décide de tout
Les six exercices qui suivent sont du calcul en série, au format des feuilles distribuées en classe : une consigne, une liste de fonctions, et rien d'autre. Ils reprennent un par un tous les cas possibles de dénominateur, du plus simple au plus tordu. Le tableau donne la carte du terrain : chaque ligne est une forme de dénominateur, et chaque forme a son exercice.
On commence par le cas où le dénominateur est du premier degré. Il n'y a alors rien à factoriser et rien à répartir, donc toute la difficulté se déplace sur le numérateur : est-il assez petit ? Si deg(A)<deg(B) la fraction est déjà un élément simple et il n'y a rien à faire ; sinon on divise, et le quotient sort de la fraction pour de bon.
Dénominateur B(x)
Ce qu'il ouvre
Où on s'entraîne
deg(A)≥deg(B)
un quotient polynomial, puis on décompose le reste
Exercice 11
ax+b
ax+bA, une seule case
Exercice 11
(x−a)(x−b), a=b
x−aA+x−bB
Exercice 12
(x−a)m
m cases, de x−aA1 à (x−a)mAm
Exercice 13
ax2+bx+c avec Δ<0
ax2+bx+cBx+C, numérateur de degré 1
Exercice 14
(ax2+bx+c)m avec Δ<0
m cases à numérateur de degré 1
Exercice 14
dénominateur non factorisé
on factorise d'abord, puis une ligne ci-dessus
Exercice 15
a) Décomposer A(x)=3x+25 et B(x)=x+1x−4.
b) Décomposer C(x)=x−2x2−1 et D(x)=x+32x3.
c) Décomposer E(x)=2x−14x2+1.
d) Pour chacune des cinq fonctions, dire s'il y avait une division à faire, et pourquoi.
e) B(x) et C(x) ont un dénominateur de degré 1 tous les deux, et pourtant l'une sort une constante de la fraction et l'autre un polynôme de degré 1. Qu'est-ce qui commande le degré de ce quotient ?
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Réponses
a)A déjà simple ; B(x)=1−x+15
b)C(x)=x+2+x−23 ; D(x)=2x2−6x+18−x+354
c)E(x)=2x+1+2x−12
d)Division pour B, C, D, E ; pas pour A
e)Degré du quotient =degA−degB
a) A(x)=3x+25 est déjà un élément simple : deg(A)=0<1=deg(B), le dénominateur est du premier degré, il n'y a rien à casser. L'écrire x+2/35/3 est licite mais ne décompose rien de plus. Pour B(x)=x+1x−4, les deux degrés sont égaux, donc division obligatoire : x−4=(x+1)−5, d'où B(x)=1−x+15. Vérification en x=3 : à gauche 4−1=−0,25, à droite 1−45=−0,25.
b) C(x)=x−2x2−1 : le numérateur est de degré 2, le dénominateur de degré 1, le quotient sera donc de degré 1. On pose la division, ou l'on force l'apparition de x−2 : x2−1=(x−2)(x+2)+3, car (x−2)(x+2)=x2−4 et il manque bien 3 pour arriver à x2−1. Donc C(x)=x+2+x−23. Pour D(x)=x+32x3, le quotient est de degré 2 : 2x3=(x+3)(2x2−6x+18)−54, ce que l'on vérifie en développant, (x+3)(2x2−6x+18)=2x3+54. Donc D(x)=2x2−6x+18−x+354. Vérification en x=1 : à gauche 42=0,5, à droite 2−6+18−454=14−13,5=0,5.
c) E(x)=2x−14x2+1 : le diviseur n'est pas unitaire, ce qui inquiète à tort. Ici 4 est divisible par 2, donc le quotient reste à coefficients entiers : 4x2+1=(2x−1)(2x+1)+2, car (2x−1)(2x+1)=4x2−1. Donc E(x)=2x+1+2x−12. Ce n'est pas toujours le cas : avec 2x−1x2+x le quotient vaudrait 2x+43, et des fractions dans le quotient ne sont pas une erreur.
d) A : aucune division, 0<1. B : division, les deux degrés valent 1 et l'égalité suffit à l'imposer. C : division, 2>1. D : division, 3>1. E : division, 2>1. La règle ne regarde jamais les coefficients, seulement les degrés : la division est obligatoire dès que deg(A)≥deg(B), et inutile sinon puisqu'elle ne donnerait qu'un quotient nul.
e) Le degré du quotient vaut deg(A)−deg(B), rien d'autre. Pour B : 1−1=0, le quotient est une constante, ici 1. Pour C : 2−1=1, le quotient est de degré 1, ici x+2. Pour D : 3−1=2, d'où les trois termes 2x2−6x+18. C'est la vérification la plus rapide sur une division : avant même de poser la potence, on sait combien de termes le quotient va compter, et un quotient de degré inattendu signale une erreur d'alignement. Le reste, lui, est toujours de degré strictement inférieur à celui du diviseur, donc ici toujours une constante.
Exercice 12 : Deux pôles simples, y compris quand le dénominateur n'est pas unitaire
Deux racines réelles distinctes, c'est le cas le plus fréquent en examen et le seul où l'astuce du cache donne les deux coefficients en deux lignes. Le piège de cette série n'est pas le calcul, il est dans la forme des facteurs : trois des cinq dénominateurs ont un coefficient dominant différent de 1, et beaucoup de copies le rendent unitaire de force en oubliant le facteur sorti au passage.
Rappel du geste du cache pour un facteur (x−a) : on cache ce facteur au dénominateur, on évalue tout le reste en x=a, et le nombre obtenu est le coefficient cherché. Pour un facteur (px+q), on évalue en sa racine x=−pq et l'on garde px+q tel quel au dénominateur du terme.
a) Décomposer A(x)=(x−1)(x+4)x+5 et B(x)=x2−163x.
b) Décomposer C(x)=3x2−5x−21.
c) Décomposer D(x)=x2−x7 et E(x)=2x2+x−65x−2.
d) Vérifier trois de ces décompositions en une valeur de x choisie hors des pôles.
e) Dans C(x), le facteur 3x+1 n'est pas unitaire. Écrire le terme correspondant sous les deux formes 3x+1B et x+31B′, puis donner le lien entre B et B′.
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Réponses
a)5(x−1)6−5(x+4)1 ; 2(x−4)3+2(x+4)3
b)7(x−2)1−7(3x+1)3
c)−x7+x−17 ; 7(2x−3)11+7(x+2)12
d)En x=1 : −0,2, −41, −1
e)B′=3B=−71
a) A(x)=x−1A1+x+4A2. Cache sur x−1, évalué en 1 : A1=1+41+5=56. Cache sur x+4, évalué en −4 : A2=−4−1−4+5=−51. Donc A(x)=5(x−1)6−5(x+4)1. Pour B, on factorise d'abord : x2−16=(x−4)(x+4), une différence de carrés, surtout pas un trinôme irréductible. Cache en 4 : 4+43×4=812=23. Cache en −4 : −8−12=23. Donc B(x)=2(x−4)3+2(x+4)3.
b) 3x2−5x−2 a pour discriminant 25+24=49, donc deux racines, 65±7, c'est-à-dire 2 et −31. La factorisation s'écrit 3(x−2)(x+31)=(x−2)(3x+1) : le 3 rentre dans le second facteur, il ne disparaît pas. Alors C(x)=x−2A1+3x+1A2. Cache en 2 : A1=3×2+11=71. Cache en −31 : A2=−31−21=−73. Donc C(x)=7(x−2)1−7(3x+1)3.
c) x2−x=x(x−1). Cache en 0 : 0−17=−7. Cache en 1 : 17=7. Donc D(x)=−x7+x−17. Pour E : 2x2+x−6 a pour discriminant 1+48=49, racines 4−1±7, soit 23 et −2, d'où 2x2+x−6=(2x−3)(x+2). Cache en −2 : 2(−2)−3−10−2=−7−12=712. Cache en 23 : 23+2215−2=27211=711. Donc E(x)=7(2x−3)11+7(x+2)12.
d) En x=1 pour B : à gauche −153=−0,2, à droite −21+103=−0,2. En x=1 pour C : à gauche 3−5−21=−41, à droite −71−283=28−4−3=−41. En x=1 pour E : à gauche 2+1−63=−1, à droite −711+74=−1. Cette vérification coûte dix secondes et attrape la quasi-totalité des erreurs de signe, qui sont l'erreur numéro un du chapitre.
e) 3x+1−3/7 et x+31B′ décrivent la même fonction si B′=3B=−71, puisque 3x+1=3(x+31). Les deux écritures sont correctes et la décomposition reste unique : elle l'est à la forme des facteurs près, forme que l'on a choisie au départ. Ce qui serait faux, c'est de passer de 3x+1B à x+1/3B sans diviser par 3, erreur qui multiplie le terme par 3 et fait échouer toute vérification numérique.
Exercice 13 : Facteurs répétés : combien de cases, et laquelle reste vide
Un facteur (x−a)m ouvre exactement m cases, et cela ne dépend pas du numérateur. Le numérateur, lui, décide seulement si certaines de ces cases reçoivent un zéro. C'est la source de la confusion la plus tenace du chapitre : on voit un carré au dénominateur et l'on ne sait plus s'il faut une case ou deux.
Deux méthodes coexistent ici, et il faut savoir passer de l'une à l'autre. Sur un facteur répété isolé, la réécriture du numérateur en puissances de (x−a) donne le résultat sans aucun système. Dès qu'un autre facteur accompagne le facteur répété, le cache donne les coefficients extrêmes et une valeur particulière de x finit le travail.
a) Décomposer A(x)=(x+2)24 et B(x)=(x+2)23x−1.
b) Décomposer C(x)=(x−1)3x2 en écrivant x2 en puissances de x−1.
c) Décomposer D(x)=x2(x+3)5.
d) Décomposer E(x)=x(x−4)22x2+3.
e) A(x) et B(x) ont le même dénominateur. Pourquoi la première est-elle déjà décomposée et pas la seconde ? Combien de cases la forme de A(x) compte-t-elle vraiment ?
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Réponses
a)A déjà simple ; B(x)=x+23−(x+2)27
b)x−11+(x−1)22+(x−1)31
c)−9x5+3x25+9(x+3)5
d)16x3+16(x−4)29+4(x−4)235
e)Deux cases pour A, la première vide
a) A(x)=(x+2)24 est déjà un élément simple : numérateur constant au-dessus d'une puissance de facteur du premier degré, il n'y a rien à répartir. Pour B, le numérateur est de degré 1, on l'écrit en puissances de x+2 : 3x−1=3(x+2)−7. En divisant par (x+2)2 : B(x)=x+23−(x+2)27. Vérification en x=0 : à gauche −41, à droite 23−47=−41.
b) On pose x=(x−1)+1, donc x2=((x−1)+1)2=(x−1)2+2(x−1)+1. En divisant par (x−1)3 terme à terme : C(x)=x−11+(x−1)22+(x−1)31. Aucun système, aucune identification : quand le facteur répété est seul au dénominateur, cette réécriture est toujours la méthode la plus courte, et elle donne les trois coefficients d'un coup. Vérification en x=3 : à gauche 89=1,125, à droite 21+42+81=1,125.
c) x2 est un facteur répété d'ordre 2 avec a=0, donc D(x)=xA1+x2A2+x+3A3, trois inconnues pour un dénominateur de degré 3. Le cache atteint les deux puissances les plus hautes : sur x2, évalué en 0, A2=0+35=35 ; sur x+3, évalué en −3, A3=(−3)25=95. Reste A1, que le cache ne peut pas atteindre. On donne à x la valeur 1 : 1×45=45 doit valoir A1+35+9×45, soit A1=45−35−365=3645−60−5=−3620=−95. Donc D(x)=−9x5+3x25+9(x+3)5.
d) E(x)=xA1+x−4A2+(x−4)2A3. Cache sur x, en 0 : A1=(0−4)20+3=163. Cache sur (x−4)2, en 4 : A3=42×16+3=435. Pour A2, valeur particulière x=1 : 1×92+3=95 doit valoir 163+−3A2+4×935. On isole : −3A2=95−163−3635=14480−27−140=−14487=−4829, donc A2=1629. Donc E(x)=16x3+16(x−4)29+4(x−4)235. Vérification en x=1 : à gauche 95≈0,5556, à droite 163−4829+3635≈0,5556.
e) La différence tient au NUMÉRATEUR, pas au dénominateur. La forme générale de A est bien x+2A1+(x+2)2A2, deux cases, exactement comme pour B : le dénominateur commande, et il est le même. Simplement, en identifiant, A1(x+2)+A2=4 pour tout x donne A1=0 et A2=4. La première case existe, elle est vide. Écrire d'emblée que A est déjà décomposée est correct et fait gagner du temps ; croire que A n'a qu'une case parce que son numérateur est constant est un raisonnement faux, qui fera perdre des points dès que le numérateur cessera de l'être.
Exercice 14 : Trinômes irréductibles, seuls ou élevés au carré
Un trinôme de discriminant strictement négatif ne se casse pas sur R, et il impose au-dessus de lui un numérateur de degré 1, pas une constante. Le cache ne l'atteint jamais, faute de racine réelle où l'évaluer : il faut identifier, et le plus économique est de comparer le coefficient du degré le plus haut, puis le terme constant.
Le premier réflexe reste le calcul du discriminant. Un trinôme que l'on déclare irréductible sans avoir calculé Δ est un pari, et c'est le pari perdant dans la moitié des copies. Ici les cinq trinômes sont bien irréductibles, mais il faut le prouver à chaque fois.
a) Décomposer A(x)=x2+43x−1 et B(x)=(x+1)(x2+3)5.
b) Décomposer C(x)=(x2+2)2x3 en écrivant x3 à l'aide de x2+2.
c) Décomposer D(x)=x3+x2x+7.
d) Décomposer E(x)=x3−81, en commençant par factoriser.
e) Justifier le discriminant de chacun des trinômes rencontrés, et dire pourquoi C(x) compte quatre inconnues et non deux.
Voir la correction
Réponses
a)A déjà simple ; B(x)=4(x+1)5−4(x2+3)5(x−1)
b)x2+2x−(x2+2)22x
c)x7+x2+1−7x+2
d)12(x−2)1−12(x2+2x+4)x+4
e)Discriminants −16, −12, −8, −4, −12 ; C : 4 inconnues, 2 cases vides
a) x2+4 a pour discriminant 0−16=−16<0, il est irréductible, et le numérateur 3x−1 est de degré 1 : A(x) est déjà un élément simple, rien à faire. Pour B, la forme est x+1A1+x2+3A2x+A3, trois inconnues pour un dénominateur de degré 3, avec Δ=0−12=−12<0. Le cache sur x+1, évalué en −1, donne A1=(−1)2+35=45. On réduit ensuite : 5=A1(x2+3)+(A2x+A3)(x+1). Coefficient de x2 : 0=A1+A2, donc A2=−45. Terme constant : 5=3A1+A3=415+A3, donc A3=45. Donc B(x)=4(x+1)5−4(x2+3)5(x−1). Vérification en x=0 : à gauche 35, à droite 45+125=1215+5=35.
b) On fait apparaître x2+2 dans le numérateur : x3=x(x2+2)−2x. En divisant par (x2+2)2 : C(x)=x2+2x−(x2+2)22x. Là aussi, la réécriture remplace tout système. Vérification en x=1 : à gauche 91, à droite 31−92=91.
c) x3+x=x(x2+1), avec Δ=0−4=−4<0 pour x2+1. Forme : xA1+x2+1A2x+A3. Cache en 0 : A1=0+17=7. Puis 2x+7=A1(x2+1)+(A2x+A3)x. Coefficient de x2 : 0=7+A2, donc A2=−7. Coefficient de x : 2=A3. Donc D(x)=x7+x2+1−7x+2. Vérification en x=1 : à gauche 29=4,5, à droite 7+2−5=4,5.
d) x3−8=(x−2)(x2+2x+4), identité de la différence de cubes. Le trinôme a pour discriminant 4−16=−12<0, il est bien irréductible. Forme : x−2A1+x2+2x+4A2x+A3. Cache en 2 : A1=4+4+41=121. Puis 1=A1(x2+2x+4)+(A2x+A3)(x−2). Coefficient de x2 : 0=A1+A2, donc A2=−121. Terme constant : 1=4A1−2A3=31−2A3, donc A3=−31. Donc E(x)=12(x−2)1−12(x2+2x+4)x+4, puisque −12x−31=−12x+4. Vérification en x=1 : à gauche −71, à droite −121−845=84−7−5=−71.
e) Les discriminants : x2+4 donne −16, x2+3 donne −12, x2+2 donne −8, x2+1 donne −4, et x2+2x+4 donne −12. Tous négatifs, tous irréductibles. Pour C(x), le dénominateur (x2+2)2 est de degré 4, donc la forme générale compte quatre inconnues : x2+2A1x+A2+(x2+2)2A3x+A4. La réécriture a donné A1=1, A2=0, A3=−2, A4=0 : deux des quatre cases sont vides parce que le numérateur x3 est impair, mais elles existaient. Répondre deux inconnues parce que le résultat n'en montre que deux est exactement l'erreur que le compte des inconnues sert à éviter.
Exercice 15 : Le dénominateur qu'il faut factoriser avant tout
Jusqu'ici les dénominateurs arrivaient factorisés. Dans un examen ils ne le sont presque jamais, et la factorisation est la moitié du travail : tant qu'elle n'est pas faite, on ne sait même pas combien de termes la réponse comptera. Les cinq dénominateurs de cet exercice couvrent les cinq outils à connaître, la mise en facteur, la différence de carrés, le changement d'inconnue X=x2, la différence de cubes et l'identité de Sophie Germain.
Un piège guette dès la première question, et il n'a rien à voir avec la factorisation : une fois le dénominateur factorisé, il arrive que le numérateur se simplifie avec l'un des facteurs. Il faut simplifier AVANT de poser la forme, sous peine de traiter un pôle qui n'existe plus.
a) Décomposer A(x)=x3−4x2x. Attention à une simplification.
b) Décomposer B(x)=x4−161.
c) Décomposer C(x)=x4+x2−2x2+1 en posant X=x2.
d) Vérifier que x4+64=(x2+4x+8)(x2−4x+8), puis décomposer D(x)=x4+644x.
e) Décomposer E(x)=x3−1x3+1.
Voir la correction
Réponses
a)2(x−2)1−2(x+2)1, 0 reste exclu
b)32(x−2)1−32(x+2)1−8(x2+4)1
c)3(x−1)1−3(x+1)1+3(x2+2)1
d)2(x2−4x+8)1−2(x2+4x+8)1
e)1+3(x−1)2−3(x2+x+1)2(x+2)
a) x3−4x=x(x2−4)=x(x−2)(x+2), donc A(x)=x(x−2)(x+2)2x=(x−2)(x+2)2 pour tout x différent de 0, 2 et −2. Le facteur x part avec le numérateur, il ne reste que deux pôles. Cache en 2 : 2+22=21. Cache en −2 : −2−22=−21. Donc A(x)=2(x−2)1−2(x+2)1. Une précision qui vaut des points : la valeur 0 reste exclue du domaine de A, même si elle a disparu de l'écriture simplifiée. Si l'on refuse de simplifier et que l'on pose xA1+x−2A2+x+2A3, on trouve A1=0 et le même résultat, au prix d'un système inutile.
b) x4−16=(x2−4)(x2+4)=(x−2)(x+2)(x2+4), avec Δ=−16<0 pour le dernier facteur. Forme : x−2A1+x+2A2+x2+4A3x+A4, quatre inconnues pour un degré 4. Cache en 2 : A1=(2+2)(4+4)1=321. Cache en −2 : A2=(−4)(8)1=−321. Dans l'identité 1=A1(x+2)(x2+4)+A2(x−2)(x2+4)+(A3x+A4)(x2−4), le coefficient de x3 donne 0=A1+A2+A3, donc A3=0 ; le terme constant donne 1=8A1−8A2−4A4=41+41−4A4, donc A4=−81. Donc B(x)=32(x−2)1−32(x+2)1−8(x2+4)1.
c) Avec X=x2 : X2+X−2=(X+2)(X−1), donc x4+x2−2=(x2+2)(x2−1)=(x2+2)(x−1)(x+1). Le facteur x2+2 a pour discriminant −8<0. Forme : x−1A1+x+1A2+x2+2A3x+A4. Cache en 1 : A1=3×22=31. Cache en −1 : A2=3×(−2)2=−31. Coefficient de x3 : 0=A1+A2+A3, donc A3=0. Terme constant : 1=2A1−2A2−A4=32+32−A4, donc A4=31. Donc C(x)=3(x−1)1−3(x+1)1+3(x2+2)1. Vérification en x=0 : à gauche −21, à droite −31−31+61=−21.
d) On développe : (x2+4x+8)(x2−4x+8)=(x2+8)2−(4x)2=x4+16x2+64−16x2=x4+64. C'est l'identité de Sophie Germain, x4+4a4=(x2+2ax+2a2)(x2−2ax+2a2) avec a=2. Les deux trinômes ont pour discriminant 16−32=−16<0, tous deux irréductibles. Forme : x2−4x+8A1x+A2+x2+4x+8A3x+A4. En développant 4x=(A1x+A2)(x2+4x+8)+(A3x+A4)(x2−4x+8) : le coefficient de x3 donne A1+A3=0 ; le terme constant donne 8A2+8A4=0, donc A4=−A2 ; le coefficient de x2 donne 4A1+A2−4A3+A4=8A1=0, donc A1=A3=0 ; le coefficient de x donne 8A1+4A2+8A3−4A4=8A2=4, donc A2=21 et A4=−21. Donc D(x)=2(x2−4x+8)1−2(x2+4x+8)1. Vérification en x=1 : à gauche 654, à droite 101−261=13013−5=1308=654.
e) Les deux degrés sont égaux, donc on divise d'abord : x3+1=(x3−1)+2, d'où E(x)=1+x3−12. Puis x3−1=(x−1)(x2+x+1), avec Δ=1−4=−3<0. Cache en 1 : A1=1+1+12=32. Dans 2=A1(x2+x+1)+(A2x+A3)(x−1), le coefficient de x2 donne 0=A1+A2, donc A2=−32 ; le terme constant donne 2=A1−A3=32−A3, donc A3=−34. Donc E(x)=1+3(x−1)2−3(x2+x+1)2(x+2). Vérification en x=2 : à gauche 79, à droite 1+32−218=2121+14−8=2127=79.
Exercice 16 : Donner la forme sans calculer un seul coefficient
Même consigne que dans les feuilles où l'on demande la forme de la décomposition sans chercher les inconnues : on écrit les termes, pas les valeurs. La question vaut cher et se traite en une minute, à condition de ne rien croire sur parole. Chaque trinôme passe au discriminant, chaque couple de degrés est comparé, et le compte des inconnues sert de contrôle final.
Les six dénominateurs qui suivent contiennent chacun un piège différent : un faux trinôme irréductible, un numérateur trop gros, un carré de trinôme, un facteur non unitaire, un carré parfait déguisé en trinôme, et un empilement complet. C'est exactement l'échantillon que l'on retrouve dans une question de cours.
a) Donner la forme de la décomposition de (x2−9)2(x2+4)2x+1 et de (x−1)3(x+2)x5.
b) Même consigne pour x2(x2+x+1)23 et pour (2x−1)(x2+2x+5)x2−1.
c) Même consigne pour (x2−2x+1)(x2−2x+5)7x et pour x(x2−4)(x2+4)21.
d) Pour chacune des six, compter les inconnues et comparer au degré du dénominateur.
e) Nommer, pour chacune des six, le piège qui y est placé.
Voir la correction
Réponses
a)x−3A+(x−3)2B+x+3C+(x+3)2D+x2+4Ex+F ; ax+b puis 4 cases
d)6, 4 (+2 du quotient), 6, 3, 4, 7 : le degré du dénominateur
e)Différence de carrés, division, trinôme au carré, facteur non unitaire, carré parfait, empilement
a) x2−9=(x−3)(x+3), discriminant 36>0 : ce n'est pas un trinôme irréductible, et le dénominateur vaut (x−3)2(x+3)2(x2+4), de degré 6. Comme x2+4 a pour discriminant −16<0, la forme est x−3A+(x−3)2B+x+3C+(x+3)2D+x2+4Ex+F. Pour la seconde, le dénominateur est de degré 4 et le numérateur de degré 5 : il faut diviser d'abord. La forme est ax+b+x−1A+(x−1)2B+(x−1)3C+x+2D, avec un quotient de degré 5−4=1.
b) x2 est un facteur répété d'ordre 2, et x2+x+1 a pour discriminant 1−4=−3<0 : irréductible, élevé au carré, donc deux cases à numérateur de degré 1. Le dénominateur est de degré 6 et la forme est xA+x2B+x2+x+1Cx+D+(x2+x+1)2Ex+F. Pour la seconde, x2+2x+5 a pour discriminant 4−20=−16<0, et le facteur 2x−1 est du premier degré même s'il n'est pas unitaire. Degré 3, numérateur de degré 2, donc aucune division, et la forme est 2x−1A+x2+2x+5Bx+C.
c) x2−2x+1 a pour discriminant 4−4=0 : ce n'est pas un trinôme irréductible, c'est le carré parfait (x−1)2. Le second, x2−2x+5, a pour discriminant 4−20=−16<0 et reste irréductible. Degré 4, et la forme est x−1A+(x−1)2B+x2−2x+5Cx+D. Pour la dernière, x2−4=(x−2)(x+2) et x2+4 est irréductible avec Δ=−16<0, élevé au carré. Le dénominateur est de degré 1+2+4=7 et la forme est xA+x−2B+x+2C+x2+4Dx+E+(x2+4)2Fx+G.
d) En a) : six inconnues pour un degré 6, puis quatre inconnues plus les deux coefficients du quotient pour un degré 4. En b) : six pour un degré 6, puis trois pour un degré 3. En c) : quatre pour un degré 4, puis sept pour un degré 7. Hors quotient, le nombre d'inconnues égale toujours le degré du dénominateur. La seconde de a) est la seule où il faille distinguer les deux comptes : les coefficients du quotient ne font pas partie de la partie fractionnaire, et ce sont bien quatre inconnues qui restent au-dessus de (x−1)3(x+2).
e) Les six pièges : un trinôme que l'on croit irréductible et qui est une différence de carrés ; un numérateur de degré supérieur au dénominateur, qui impose une division que rien ne signale dans l'écriture ; un trinôme irréductible élevé au carré, qui ouvre deux cases et non une ; un facteur du premier degré non unitaire, que l'on est tenté de traiter comme un trinôme ; un carré parfait de discriminant nul, qui n'est ni irréductible ni un couple de racines distinctes ; et un empilement de trois natures de facteurs, où l'oubli porte presque toujours sur la seconde case du trinôme répété. Aucun de ces six pièges ne se voit sans calcul : le discriminant et la comparaison des degrés sont les deux seuls outils qui les révèlent.
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