Calcul intégral 201-NYB • Série longue de 20 exercices • Montréal
Substitution, intégration par parties et fractions partielles : 20 exercices corrigés (201-NYB)
Voici une série longue de 20 exercices corrigés consacrée aux trois techniques qui font l'essentiel d'un cours de calcul intégral : le changement de variable, l'intégration par parties et la décomposition en fractions partielles. Les séries par chapitre les présentent; celle-ci les épuise, avec les cas que les manuels expédient en une ligne, comme la méthode de couverture, le quadratique irréductible répété, la méthode tabulaire ou le choix intelligent de la constante de v.
Elle se travaille en quatre séances d'environ 75 minutes, une par partie. Partie A, la substitution : les cinq formes où la dérivée est déjà présente, le cas où un x survit à la substitution, les substitutions rationalisantes qui transforment une exponentielle ou une racine en fraction rationnelle, le traitement des bornes dans une intégrale définie avec la condition de monotonie, et les trois situations où la substitution ne peut pas marcher. Partie B, l'intégration par parties : la règle LIATE et sa justification, les parties répétées avec la méthode tabulaire, le cas cyclique et sa formule générale, le terme de bord sur une intégrale définie, et le facteur 1 invisible au-delà du logarithme. Partie C, les fractions partielles : les quatre cas de décomposition, la méthode de couverture et ses limites précises, la division préalable des fractions impropres, le quadratique irréductible qui produit un logarithme et un arc tangente, et les trois contextes où la décomposition sert vraiment. Partie D, la stratégie.
Le fil conducteur de la série tient en une question, posée avant toute autre devant une intégrale inconnue : le facteur qui accompagne l'expression compliquée EST-IL sa dérivée ? Si oui, une substitution suffit. Sinon, il faut regarder s'il s'agit d'un produit de familles différentes, auquel cas ce sont les parties, ou d'un quotient de polynômes, auquel cas ce sont les fractions partielles. L'ordre dans lequel on pose ces questions vaut autant que les techniques elles-mêmes.
Rappel de cours
•Les cinq formes de substitution directe : ∫ff′=ln∣f∣; ∫f′fn=n+1fn+1; ∫f′ef=ef; ∫ff′=2f; ∫f′cosf=sinf. Le test : dérivez l'expression la plus compliquée et cherchez le résultat ailleurs dans l'intégrande.
•Substitution avec retour : si un x survit, exprimez-le en fonction de u. Substitutions rationalisantes : x=un devant nx, x=um avec m le PPCM devant plusieurs racines, u=ex devant une exponentielle. Dans une intégrale définie, la substitution doit être MONOTONE sur l'intervalle.
•Parties : ∫udv=uv−∫vdu, et sur une intégrale définie le terme de bord [uv]ab s'évalue aux DEUX bornes. Ordre de priorité pour u : LIATE, Logarithme, Inverse, Algébrique, Trigonométrique, Exponentielle. Méthode tabulaire dès qu'un facteur polynomial finit par s'annuler.
•Cas cyclique : ∫eaxsin(bx)dx=a2+b2eax(asinbx−bcosbx) et ∫eaxcos(bx)dx=a2+b2eax(acosbx+bsinbx). Il faut garder le MÊME choix de u aux deux tours, sinon le calcul revient à son point de départ.
•Fractions partielles : diviser si le numérateur atteint le degré du dénominateur, factoriser, puis un terme par facteur simple, autant de termes que la multiplicité pour un facteur répété, et un numérateur Bx+C pour chaque quadratique irréductible. Le nombre de constantes égale toujours le DEGRÉ du dénominateur.
•Méthode de couverture : pour le coefficient de x−a1, cacher (x−a) et évaluer le reste en a. Elle ne donne, sur un facteur répété, que la puissance la plus élevée, et rien du tout sur un quadratique irréductible. À retenir : ∫x2−a2dx=2a1lnx+ax−a, alors que ∫x2+a2dx=a1arctanax.
Partie A : La substitution sous toutes ses formes (/50)
Exercice 1 : Les cinq formes où la dérivée est déjà là
Une substitution ne s'invente pas : elle se REPÈRE. Dans presque tous les cas d'examen, l'intégrande contient déjà, à un facteur constant près, la dérivée de l'expression à substituer. Cinq formes reviennent sans cesse.
a) Calculez ∫x3+2x+13x2+2dx et ∫2+sinxcosxdx. Quelle forme reconnaissez-vous ?
b) Calculez ∫x(x2+1)5dx et ∫x(lnx)3dx.
c) Calculez ∫esinxcosxdx et ∫sec2xetanxdx.
d) Calculez ∫x2+4xdx et ∫x(1+x)2dx.
e) Énoncez les cinq formes sous leur écriture générale, puis dites en une phrase le test qui décide, en trois secondes, si une substitution directe va marcher.
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a) Forme ∫ff′, dont la primitive est ln∣f∣. Le numérateur 3x2+2 est exactement la dérivée de x3+2x+1 : la réponse est lnx3+2x+1+C. De même cosx est la dérivée de 2+sinx, d'où ln(2+sinx)+C, la valeur absolue étant inutile puisque 2+sinx reste positif.
b) Forme ∫f′fn, de primitive n+1fn+1. Ici x vaut la moitié de la dérivée de x2+1 : 21∫u5du=12(x2+1)6+C. Pour la seconde, x1 est la dérivée de lnx, d'où 4(lnx)4+C.
c) Forme ∫f′ef, de primitive ef. Comme cosx=(sinx)′ : esinx+C. Comme sec2x=(tanx)′ : etanx+C. Ces deux intégrales paraissent redoutables et se règlent sans écrire une seule ligne de substitution, à condition d'avoir la table des dérivées en tête.
d) Forme ∫ff′, de primitive 2f. Ici x=21(x2+4)′, d'où x2+4+C. Pour la seconde, 2x1 est la dérivée de 1+x : l'intégrale vaut 2∫u2du avec u=1+x, soit −1+x2+C.
e) Les cinq formes : ∫ff′=ln∣f∣; ∫f′fn=n+1fn+1 pour n=−1; ∫f′ef=ef; ∫ff′=2f; et ∫f′cosf=sinf, avec ses variantes trigonométriques. Le test tient en une question : DÉRIVEZ mentalement l'expression la plus compliquée de l'intégrande, celle qui est à l'intérieur d'une puissance, d'un logarithme, d'une exponentielle ou d'une racine, et regardez si le résultat apparaît ailleurs dans l'intégrande, au facteur constant près. Si oui, la substitution est immédiate; si non, aucune substitution directe ne marchera et il faut changer de technique.
Exercice 2 : Quand il reste un x debout
Parfois la substitution nettoie la partie difficile mais laisse un x isolé, que le du n'absorbe pas. La manœuvre est alors d'exprimer ce x EN FONCTION de u, ce que la relation de substitution permet toujours.
a) Calculez ∫xx+1dx.
b) Calculez ∫(x+2)3xdx.
c) Calculez ∫x3x2+1dx. En quoi le cas diffère-t-il des deux précédents ?
d) Calculez ∫1+xdx.
e) Comparez ∫xx+1dx et ∫xx2+1dx : pourquoi la seconde est-elle beaucoup plus rapide ?
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a) On pose u=x+1, donc x=u−1 et dx=du : ∫(u−1)udu=∫(u3/2−u1/2)du=52u5/2−32u3/2, soit 52(x+1)5/2−32(x+1)3/2+C. Le x restant a été remplacé par u−1 : c'est toute l'astuce.
b) u=x+2, x=u−2 : ∫u3u−2du=∫(u−2−2u−3)du=−u1+u21, soit −x+21+(x+2)21+C.
c) u=x2+1 donne du=2xdx : un facteur x est ABSORBÉ par le du, et il en reste x2=u−1, qui s'exprime sans racine. 21∫(u−1)udu=5u5/2−3u3/2, soit 5(x2+1)5/2−3(x2+1)3/2+C. La différence avec les deux premiers cas est que la puissance de x était IMPAIRE : un facteur part dans le du et le reste, de puissance paire, se convertit proprement. C'est exactement le mécanisme des puissances impaires de sinus.
d) u=x, donc x=u2 et dx=2udu : ∫1+u2udu=2∫(1−1+u1)du=2u−2ln∣1+u∣, soit 2x−2ln(1+x)+C. Notez la division effectuée au passage : dès qu'un quotient a des degrés comparables, il faut diviser avant d'intégrer.
e) Dans la seconde, la dérivée de l'intérieur est 2x : le facteur x présent devant la racine EST la dérivée cachée, la substitution absorbe tout et l'on obtient 3(x2+1)3/2+C en deux lignes. Dans la première, la dérivée de x+1 vaut 1 : le facteur x n'a rien à voir avec elle, il survit à la substitution et il faut le réexprimer, ce qui double la longueur du calcul. La règle générale est que le coût d'une substitution se mesure à ce qu'elle laisse debout.
Exercice 3 : Rationaliser : racines emboîtées et exponentielles
Une substitution bien choisie transforme une intégrale irrationnelle ou exponentielle en une simple FRACTION RATIONNELLE, que la partie C saura ensuite décomposer. C'est la fonction la plus sous-estimée de la substitution : elle ne calcule pas, elle change de famille.
a) Calculez ∫1+exdx en posant u=ex.
b) Calculez ∫1+exe2xdx.
c) Calculez ∫x+3xdx. Quel exposant faut-il choisir pour la substitution, et pourquoi ?
d) Calculez ∫ex+e−xdx.
e) Énoncez la règle de choix de la substitution rationalisante devant nx, devant ex et devant nax+b.
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a) u=ex donne du=exdx, donc dx=udu : ∫u(1+u)du. La décomposition u(1+u)1=u1−1+u1 donne ln∣u∣−ln∣1+u∣=ln1+uu, soit x−ln(1+ex)+C. Une intégrale exponentielle est devenue une fraction rationnelle en deux lignes.
b) u=ex et dx=udu : ∫1+uu2⋅udu=∫1+uudu=∫(1−1+u1)du=u−ln∣1+u∣, soit ex−ln(1+ex)+C.
c) Il faut une substitution qui rende ENTIERS les deux exposants à la fois : on pose x=u6, car 6 est le plus petit commun multiple de 2 et 3. Alors x=u3, 3x=u2 et dx=6u5du : ∫u3+u26u5du=∫u+16u3du. La division donne u+1u3=u2−u+1−u+11, d'où 2u3−3u2+6u−6ln∣u+1∣+C avec u=x1/6. Choisir un exposant plus petit laisserait une racine, et un plus grand alourdirait inutilement le polynôme.
d) On multiplie haut et bas par ex : ∫e2x+1exdx. Avec u=ex, c'est ∫u2+1du=arctanu, soit arctan(ex)+C. La multiplication préalable était indispensable : sans elle, aucune substitution ne donne un résultat propre. Remarquez au passage que ex+e−x1=2coshx1, ce qui explique la parenté de ce résultat avec les fonctions hyperboliques.
e) Devant nx, poser x=un. Devant plusieurs racines d'indices différents, poser x=um où m est le PPCM des indices. Devant ex, poser u=ex, ce qui donne toujours dx=udu et transforme toute fraction en ex en fraction rationnelle en u. Devant nax+b, poser u=nax+b, donc x=aun−b. Dans les quatre cas, l'objectif est le même : faire disparaître les exposants fractionnaires pour retomber sur une fraction rationnelle, seule famille que l'on sait intégrer systématiquement.
Exercice 4 : Substituer dans une intégrale définie
Dans une intégrale définie, deux stratégies sont correctes : transformer les bornes en même temps que la variable, ou revenir en x avant d'évaluer. La première est presque toujours plus courte, mais elle exige une vérification que la seconde n'impose pas.
a) Calculez ∫1exlnxdx en transformant les bornes.
b) Calculez ∫01x2+1xdx et ∫0ln21+e2xexdx.
c) Calculez ∫041+xdx.
d) Un étudiant calcule ∫−11x3(x4+1)2dx en posant u=x4+1 et trouve zéro parce que les deux bornes deviennent u=2. Sa réponse est-elle juste ? Son raisonnement l'est-il ?
e) Quelle condition une substitution doit-elle vérifier pour qu'on puisse se contenter de transformer les bornes ? Donnez un contre-exemple.
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a) u=lnx, du=xdx; x=1 donne u=0 et x=e donne u=1 : ∫01udu=21.
b) Pour la première, u=x2+1 va de 1 à 2 : 21∫12udu=2ln2≈0,3466. Pour la seconde, u=ex va de 1 à 2 : ∫121+u2du=arctan2−arctan1≈1,1071−0,7854≈0,3217.
c) u=x va de 0 à 2, avec dx=2udu : ∫021+u2udu=2∫02(1−1+u1)du=2[u−ln(1+u)]02=2(2−ln3)≈1,803.
d) Sa réponse est JUSTE, mais son raisonnement est faux, et c'est plus grave. L'intégrande x3(x4+1)2 est une fonction IMPAIRE intégrée sur un intervalle symétrique : elle vaut zéro pour cette raison-là. L'argument des bornes égales, lui, ne vaut rien ici : la substitution u=x4+1 n'est pas injective sur [−1;1], puisque x et −x y donnent le même u. Écrire ∫22 revient à replier l'intervalle sur lui-même en confondant deux morceaux qui se compensent effectivement ici, mais qui s'AJOUTERAIENT pour une fonction paire. Le même raisonnement appliqué à ∫−11x3(x4+1)2⋅xdx, intégrande pair et strictement positif, donnerait encore zéro, ce qui serait absurde.
e) La substitution doit être MONOTONE, donc injective, sur l'intervalle d'intégration : c'est ce qui garantit une correspondance sans repli entre les x et les u. Contre-exemple : sur [−1;1], la substitution u=x2 échoue, car elle envoie −1 et 1 sur le même u=1. Pour ∫−11x2dx, elle donnerait ∫11, donc zéro, alors que la vraie valeur est 32. Le remède est de couper l'intervalle en x=0, là où la substitution cesse d'être monotone, et de traiter les deux morceaux séparément.
Exercice 5 : Quand la substitution ne peut pas marcher
Savoir qu'une technique va échouer fait gagner autant de temps que savoir laquelle appliquer. Trois familles d'intégrandes résistent absolument à la substitution, et chacune signale une autre technique.
a) Comparez ∫xex2dx et ∫ex2dx. Que peut-on dire de la seconde ?
b) Comparez ∫xlnxdx et ∫lnxdx. Quelle technique la seconde réclame-t-elle ?
c) Comparez ∫1−x2xdx et ∫1−x2dx, puis ∫x2−1xdx et ∫x2−1dx.
d) Devant ∫x2−4x2+1dx, un étudiant cherche une substitution pendant dix minutes. Que fallait-il voir immédiatement ?
e) Rédigez la liste des signaux qui, dès la lecture, EXCLUENT la substitution et désignent la technique à employer.
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a) La première contient le facteur x, moitié de la dérivée de x2 : substitution immédiate, 2ex2+C. La seconde ne l'a pas, et aucune substitution ne peut la traiter. Mieux : sa primitive n'est pas une fonction ÉLÉMENTAIRE, elle ne s'exprime avec aucune combinaison finie de fonctions usuelles. Ce n'est pas une limite de notre habileté mais un théorème, et la seule réponse acceptable est numérique, ou par une série entière.
b) La première est de la forme ∫f′f avec f=lnx : elle vaut 2(lnx)2+C. La seconde n'a aucun facteur x1 : elle réclame l'intégration par PARTIES, avec le facteur 1 invisible, et donne xlnx−x+C. La présence ou l'absence du x1 fait basculer d'une technique à l'autre.
c) Avec le facteur x : −1−x2+C par substitution, et 21lnx2−1+C de même. Sans lui : arcsinx+C, qui exige une substitution TRIGONOMÉTRIQUE, et 21lnx+1x−1+C, qui exige des FRACTIONS PARTIELLES. Un seul facteur x sépare donc quatre techniques différentes, et c'est le premier détail à regarder dans tout le chapitre.
d) Que le degré du numérateur ÉGALE celui du dénominateur : la fraction est impropre, et aucune substitution ne peut s'appliquer avant la division. x2−4x2+1=1+x2−45, et le reste se décompose en fractions partielles. La règle est absolue : dès qu'une fraction rationnelle a un numérateur de degré supérieur ou égal à celui du dénominateur, la DIVISION passe avant tout le reste.
e) Premier signal : l'intégrande est un PRODUIT de deux fonctions de familles différentes, un polynôme et une exponentielle, un polynôme et un logarithme, une fonction inverse et autre chose, sans que l'une soit la dérivée de l'intérieur de l'autre. C'est l'intégration par parties. Deuxième signal : l'intégrande est une FRACTION RATIONNELLE, un quotient de deux polynômes, sans que le numérateur soit proportionnel à la dérivée du dénominateur. Ce sont les fractions partielles, précédées d'une division si le degré du haut atteint celui du bas. Troisième signal : il reste une RACINE de la forme a2±x2 ou x2−a2, sans facteur x pour l'absorber. C'est la substitution trigonométrique. Et si aucun des trois ne s'applique et que la substitution échoue aussi, il faut envisager que la primitive n'existe tout simplement pas sous forme élémentaire.
Partie B : L'intégration par parties (/50)
Exercice 6 : Choisir u : la règle LIATE et sa justification
La formule ∫udv=uv−∫vdu ne dit pas quel facteur prendre pour u, et c'est pourtant tout le problème : un bon choix simplifie l'intégrale restante, un mauvais l'aggrave. Le sigle LIATE, pour Logarithme, fonction Inverse, Algébrique, Trigonométrique, Exponentielle, donne l'ordre de priorité pour u.
a) Calculez ∫xlnxdx en justifiant le choix de u par LIATE.
b) Calculez ∫xe−xdx et ∫xcosxdx.
c) Calculez ∫lnxdx. Pourquoi le choix dv=dx est-il ici obligatoire et non astucieux ?
d) Reprenez ∫xexdx avec le MAUVAIS choix, u=ex et dv=xdx. Écrivez la nouvelle intégrale et dites précisément en quoi la situation a empiré.
e) Justifiez l'ordre LIATE : quelle propriété commune ont les fonctions placées en tête, et laquelle ont celles placées en queue ?
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a) Le logarithme est en tête de LIATE : on prend u=lnx et dv=xdx, donc du=xdx et v=2x2. D'où 2x2lnx−∫2x2⋅xdx=2x2lnx−21∫xdx=2x2lnx−4x2+C. L'intégrale restante est devenue polynomiale : le logarithme a disparu, c'est exactement ce qu'on cherchait.
b) Ici A passe avant E : u=x et dv=e−xdx, donc v=−e−x. ∫xe−xdx=−xe−x+∫e−xdx=−xe−x−e−x=−(x+1)e−x+C. De même, u=x et dv=cosxdx donnent xsinx−∫sinxdx=xsinx+cosx+C. Dans les deux cas, dériver x le fait disparaître.
c) Il n'y a qu'un seul facteur : pour appliquer la formule, il FAUT en fabriquer un second, et le seul disponible est le facteur 1, invisible dans l'écriture. On pose donc u=lnx et dv=1⋅dx, d'où v=x : xlnx−∫x⋅xdx=xlnx−x+C. Ce n'est pas une astuce mais la seule voie possible, car aucune primitive du logarithme n'est connue au moment où l'on commence, ce qui interdit de le prendre comme dv.
d) Avec u=ex et dv=xdx : v=2x2 et du=exdx, donc ∫xexdx=2x2ex−21∫x2exdx. L'égalité reste parfaitement VRAIE, mais elle est inutile : le degré du polynôme est passé de 1 à 2, l'intégrale restante est plus difficile que celle de départ, et répéter l'opération ne ferait qu'aggraver le phénomène indéfiniment. Une intégration par parties n'est jamais fausse, elle est seulement stérile ou productive.
e) Les fonctions de tête, logarithmes et fonctions trigonométriques inverses, ont deux propriétés : leur DÉRIVÉE est algébrique, donc plus simple qu'elles, et on ne connaît pas leur primitive au départ. Ce sont donc les candidats évidents pour u, le rôle de celui qu'on dérive. Les fonctions de queue, exponentielles et trigonométriques, ont la propriété inverse : elles se reproduisent en s'intégrant, sans se compliquer, ce qui en fait des dv commodes. Les fonctions algébriques sont au milieu parce qu'elles perdent un degré à chaque dérivation : elles finissent par disparaître, à condition qu'on les dérive. LIATE n'est donc pas une recette arbitraire, c'est le classement des fonctions selon ce que la dérivation leur fait.
Exercice 7 : Parties répétées et méthode tabulaire
Quand le facteur algébrique est de degré n, il faut n intégrations par parties successives pour l'épuiser. La disposition en TABLEAU permet de les mener toutes d'un coup, en une seule ligne de calcul.
a) Calculez ∫x2exdx par deux intégrations par parties successives.
b) Décrivez la méthode tabulaire : deux colonnes, quelles opérations, quels signes, et quand s'arrête-t-on ?
c) Calculez ∫x3e2xdx par la méthode tabulaire.
d) Calculez ∫x2sin3xdx.
e) La méthode tabulaire s'applique-t-elle à ∫xlnxdx ? À ∫excosxdx ? Justifiez dans les deux cas.
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a) Premier tour : u=x2, dv=exdx, d'où x2ex−2∫xexdx. Second tour sur l'intégrale restante : ∫xexdx=xex−ex. Au total, x2ex−2xex+2ex+C=ex(x2−2x+2)+C. Le polynôme a perdu un degré à chaque tour, jusqu'à disparaître.
b) On dresse deux colonnes. À gauche, le facteur ALGÉBRIQUE, qu'on DÉRIVE de ligne en ligne jusqu'à obtenir zéro. À droite, l'autre facteur, qu'on INTÈGRE de ligne en ligne autant de fois. On multiplie ensuite en diagonale, chaque produit prenant un signe alterné +, −, +, −, en commençant par +. On s'arrête dès que la colonne de gauche atteint zéro, ce qui se produit après n+1 lignes pour un polynôme de degré n.
c) Colonne gauche : x3, 3x2, 6x, 6, 0. Colonne droite : e2x, 2e2x, 4e2x, 8e2x, 16e2x. Produits en diagonale, avec les signes alternés : +x32e2x−3x24e2x+6x8e2x−616e2x, soit e2x(2x3−43x2+43x−83)+C. Quatre intégrations par parties menées en trois lignes.
d) Colonne gauche : x2, 2x, 2, 0. Colonne droite : sin3x, −3cos3x, −9sin3x, 27cos3x. D'où −3x2cos3x+92xsin3x+272cos3x+C, en n'oubliant pas que le signe alterné du troisième terme, +, se combine au signe de la primitive.
e) Pour ∫xlnxdx, NON : la colonne à dériver devrait contenir le logarithme, qui ne s'annule jamais par dérivation, et la colonne à intégrer contiendrait x, ce qui ferait grossir le degré indéfiniment. La méthode tabulaire exige un facteur polynomial qui finisse par s'annuler. Pour ∫excosxdx, NON également, mais pour une autre raison : aucun des deux facteurs ne s'annule par dérivation, les deux colonnes tourneraient sans fin. C'est le cas CYCLIQUE, qui se résout autrement, comme l'exercice suivant le montre.
Exercice 8 : Le cas cyclique : quand l'intégrale revient
Si aucun des deux facteurs ne se simplifie par dérivation, deux intégrations par parties ramènent l'intégrale de départ. Loin d'être un échec, c'est une ÉQUATION dont l'intégrale est l'inconnue.
a) Calculez ∫excosxdx en menant deux intégrations par parties, puis en résolvant l'équation obtenue.
b) Pourquoi faut-il conserver le MÊME type de choix au second tour ? Que se passe-t-il si on inverse les rôles ?
c) Calculez ∫e2xsin3xdx.
d) Établissez la formule générale de ∫eaxsin(bx)dx et vérifiez qu'elle redonne le résultat du c).
e) Calculez ∫sin(lnx)dx. En quoi ce cas est-il cyclique lui aussi ?
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a) Posons I=∫excosxdx. Avec u=ex et dv=cosxdx : I=exsinx−∫exsinxdx. Sur cette dernière, même choix : ∫exsinxdx=−excosx+∫excosxdx=−excosx+I. En reportant : I=exsinx+excosx−I, donc 2I=ex(sinx+cosx) et I=2ex(sinx+cosx)+C.
b) Parce qu'inverser les rôles au second tour DÉFAIT exactement ce que le premier a fait : on retombe sur l'identité I=I, vraie mais vide, et le calcul tourne en rond au sens propre. Il faut donc décider une fois pour toutes, par exemple dériver systématiquement l'exponentielle, et s'y tenir jusqu'à ce que l'intégrale réapparaisse. C'est l'erreur la plus fréquente sur ce type d'exercice, et elle est frustrante parce que rien n'est faux : le calcul est simplement stationnaire.
c) Posons I=∫e2xsin3xdx. Avec u=e2x et dv=sin3xdx : I=−3e2xcos3x+32∫e2xcos3xdx. Puis ∫e2xcos3xdx=3e2xsin3x−32I. En reportant : I=−3e2xcos3x+92e2xsin3x−94I, donc 913I=e2x(92sin3x−3cos3x) et I=13e2x(2sin3x−3cos3x)+C.
d) Le même calcul mené en lettres donne ∫eaxsin(bx)dx=a2+b2eax(asinbx−bcosbx)+C, et symétriquement ∫eaxcos(bx)dx=a2+b2eax(acosbx+bsinbx)+C. Avec a=2 et b=3 : dénominateur 4+9=13 et numérateur e2x(2sin3x−3cos3x), exactement le c). Le dénominateur a2+b2 trahit d'ailleurs l'origine complexe du résultat : c'est le module au carré de a+ib, et l'intégrale se calcule en une ligne par ∫e(a+ib)xdx dont on prend la partie imaginaire.
e) Avec u=sin(lnx) et dv=dx, donc v=x : I=xsin(lnx)−∫cos(lnx)dx. Sur cette dernière, même choix : ∫cos(lnx)dx=xcos(lnx)+∫sin(lnx)dx=xcos(lnx)+I. D'où I=xsin(lnx)−xcos(lnx)−I, soit I=2x(sin(lnx)−cos(lnx))+C. Le cas est cyclique parce que dériver un sinus de logarithme redonne un cosinus de logarithme divisé par x, que le v=x vient précisément compenser : la structure se reproduit à l'identique, exactement comme avec l'exponentielle.
Exercice 9 : Parties sur une intégrale définie : le terme de bord
Sur une intégrale définie, la formule devient ∫abudv=[uv]ab−∫abvdu. Le crochet, appelé terme de bord, s'évalue AUX DEUX bornes, et l'oublier est l'erreur la plus coûteuse du chapitre.
a) Calculez ∫01xexdx.
b) Calculez ∫1elnxdx et interprétez géométriquement le résultat.
c) Calculez ∫0πxsinxdx.
d) Calculez ∫0+∞xe−xdx. Que devient le terme de bord, et pourquoi faut-il une limite ?
e) Un étudiant écrit ∫01xexdx=[xex]01−∫01exdx=e−ex. Relevez les deux fautes.
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a) u=x, dv=exdx : [xex]01−∫01exdx=(e−0)−[ex]01=e−(e−1)=1. Un résultat parfaitement rond, ce qui est bon signe.
b) u=lnx, dv=dx : [xlnx]1e−∫1edx=(e⋅1−1⋅0)−(e−1)=1. Géométriquement, l'aire sous la courbe du logarithme entre 1 et e vaut exactement 1. On peut le voir autrement : le rectangle [0;e]×[0;1] a pour aire e, et l'aire à gauche de la courbe, entre l'axe des ordonnées et le logarithme, vaut ∫01eydy=e−1; la différence est bien 1.
c) u=x, dv=sinxdx, v=−cosx : [−xcosx]0π+∫0πcosxdx=(π−0)+[sinx]0π=π+0=π.
d) L'intégrale est impropre, il faut donc écrire limb→+∞∫0bxe−xdx=limb→+∞([−xe−x]0b+∫0be−xdx). Le terme de bord vaut −be−b, qui tend vers ZÉRO par croissance comparée, l'exponentielle décroissante l'emportant sur le facteur linéaire. Il reste limb→+∞[−e−x]0b=1. La limite est indispensable : sans elle, on écrirait une expression contenant ∞×0, forme indéterminée dont la valeur ne se devine pas.
e) Première faute : le terme de bord [xex]01 n'a été évalué qu'à la borne supérieure. Il vaut 1⋅e−0⋅e0=e, ce qui est correct ici par chance, mais la borne inférieure a manifestement été ignorée dans l'écriture. Seconde faute, plus grave : l'intégrale restante ∫01exdx est DÉFINIE, elle doit produire un nombre, e−1, et non la fonction ex. Sa réponse finale, e−ex, contient encore la variable x, ce qui est impossible pour une intégrale définie : c'est le signal d'alarme à connaître, une intégrale entre bornes ne peut jamais dépendre de x.
Exercice 10 : Le facteur 1 invisible, au-delà du logarithme
Chaque fois qu'un intégrande est constitué d'un SEUL bloc dont on connaît la dérivée mais pas la primitive, la parties avec dv=dx règle la question. La famille est plus large qu'on ne croit.
a) Calculez ∫ln(x2+1)dx.
b) Calculez ∫(lnx)2dx.
c) Calculez ∫xln(x+1)dx, en soignant la division qui suit.
d) Calculez ∫ln(x+x2+1)dx.
e) Établissez la formule de réduction de ∫(lnx)ndx et déduisez-en ∫(lnx)3dx.
Voir la correction
a) u=ln(x2+1), dv=dx : xln(x2+1)−∫x2+12x2dx. Le degré du numérateur égale celui du dénominateur, donc on divise : x2+12x2=2−x2+12. D'où xln(x2+1)−2x+2arctanx+C.
b) u=(lnx)2, dv=dx : x(lnx)2−∫x⋅x2lnxdx=x(lnx)2−2∫lnxdx=x(lnx)2−2(xlnx−x), soit x(lnx)2−2xlnx+2x+C. Deux applications successives, la seconde étant l'intégrale du logarithme déjà connue.
c) u=ln(x+1), dv=xdx, v=2x2 : 2x2ln(x+1)−21∫x+1x2dx. La division donne x+1x2=x−1+x+11, dont l'intégrale vaut 2x2−x+ln∣x+1∣. Résultat : 2x2ln(x+1)−4x2+2x−21ln∣x+1∣+C. On pourrait aussi choisir v=2x2−1, primitive tout aussi valable de x, ce qui ferait apparaître x+1x2−1=x−1 et supprimerait le logarithme final : choisir intelligemment la CONSTANTE de v est une astuce méconnue.
d) u=ln(x+x2+1), dont la dérivée vaut x2+11, et dv=dx : xln(x+x2+1)−∫x2+1xdx=xln(x+x2+1)−x2+1+C, la dernière intégrale étant une substitution directe. Notez que cette fonction n'est autre que l'argument sinus hyperbolique, et qu'on retrouve donc la même structure que pour l'arc sinus.
e) En posant In=∫(lnx)ndx avec u=(lnx)n et dv=dx : In=x(lnx)n−n∫(lnx)n−1dx=x(lnx)n−nIn−1. Avec I0=x et I1=xlnx−x, on obtient I2=x(lnx)2−2I1=x(lnx)2−2xlnx+2x, conforme au b), puis I3=x(lnx)3−3I2=x(lnx)3−3x(lnx)2+6xlnx−6x+C. Les coefficients 1, 3, 6, 6 sont ceux des factorielles descendantes, ce qui n'est pas un hasard : la récurrence multiplie par n à chaque étape.
Partie C : Les fractions partielles (/50)
Exercice 11 : Les quatre cas de décomposition
Toute fraction rationnelle PROPRE se décompose en une somme de termes simples, et il n'existe que quatre types de termes, dictés par la factorisation du dénominateur : facteur linéaire simple, facteur linéaire répété, facteur quadratique irréductible simple, facteur quadratique irréductible répété.
a) Décomposez et intégrez ∫(x−1)(x+3)5x−3dx : facteurs linéaires DISTINCTS.
b) Décomposez et intégrez ∫x(x−1)23x2−x+1dx : facteur linéaire RÉPÉTÉ. Combien de termes le facteur répété engendre-t-il, et pourquoi ?
c) Décomposez et intégrez ∫(x+1)(x2+1)3x2+xdx : facteur quadratique IRRÉDUCTIBLE. Quelle forme doit prendre son numérateur ?
d) Calculez ∫(x2+1)2dx, cas du quadratique RÉPÉTÉ.
e) Dressez le tableau des quatre cas : quel facteur du dénominateur engendre quels termes, et quelle fonction chacun produit après intégration.
Voir la correction
a) On écrit (x−1)(x+3)5x−3=x−1A+x+3B. En multipliant par (x−1) et en évaluant en x=1 : A=1+35−3=21. De même en x=−3 : B=−3−1−15−3=29. D'où ∫=21ln∣x−1∣+29ln∣x+3∣+C.
b) Un facteur (x−1)2 engendre DEUX termes, x−1B et (x−1)2C, car il faut autant de constantes que le degré total du facteur pour disposer d'assez de liberté. On écrit x(x−1)23x2−x+1=xA+x−1B+(x−1)2C. En x=0 : A=(−1)21=1. En x=1 : C=13−1+1=3. En comparant les coefficients de x2 : 3=A+B, donc B=2. D'où ∫=ln∣x∣+2ln∣x−1∣−x−13+C. Notez que le terme au carré donne une puissance, non un logarithme.
c) Un facteur quadratique irréductible exige un numérateur de degré 1, donc de la forme Bx+C et non une simple constante : sinon on n'aurait pas assez de paramètres pour représenter toutes les fractions possibles. On pose (x+1)(x2+1)3x2+x=x+1A+x2+1Bx+C. En x=−1 : A=1+13−1=1. En reportant, 3x2+x−(x2+1)=2x2+x−1=(Bx+C)(x+1), et comme 2x2+x−1=(2x−1)(x+1), il vient B=2 et C=−1. D'où ∫=ln∣x+1∣+∫x2+12x−1dx=ln∣x+1∣+ln(x2+1)−arctanx+C.
d) Ce cas ne se décompose pas davantage : (x2+1)2 est déjà un terme simple. On le traite par substitution trigonométrique, x=tanθ : ∫sec4θsec2θdθ=∫cos2θdθ=2θ+4sin2θ=2θ+2sinθcosθ. En revenant par le triangle : 21(arctanx+x2+1x)+C. C'est la raison pour laquelle les quadratiques répétés sont rares à l'examen : leur intégration sort du cadre des fractions partielles.
e) Facteur (x−a) : un terme x−aA, qui donne un LOGARITHME. Facteur (x−a)k : k termes x−aA1+⋯+(x−a)kAk, le premier donnant un logarithme et les autres des PUISSANCES négatives. Facteur (x2+bx+c) irréductible : un terme x2+bx+cBx+C, dont la partie proportionnelle à la dérivée donne un logarithme et le reste un ARC TANGENTE après complétion du carré. Facteur (x2+bx+c)k : k termes analogues, les puissances supérieures exigeant une substitution trigonométrique ou une formule de réduction. Le nombre total de constantes à déterminer égale toujours le DEGRÉ du dénominateur, ce qui fournit une vérification immédiate avant de se lancer.
Exercice 12 : La méthode de couverture, et quand elle ne suffit plus
Pour des facteurs linéaires distincts, il existe un raccourci qui donne chaque coefficient en une seconde, sans aucun système : la méthode de couverture, ou méthode de Heaviside. Elle a des limites précises, qu'il faut connaître aussi bien qu'elle.
a) Énoncez la méthode de couverture et justifiez pourquoi elle fonctionne.
b) Décomposez (x−1)(x+2)(x−3)2x+7 par cette méthode, puis intégrez.
c) Vérifiez votre décomposition en comparant les coefficients de x2. Que doit valoir la somme des trois constantes, et pourquoi ?
d) Appliquez la méthode à x(x−1)2x+2. Quels coefficients obtient-on directement, lesquels résistent, et comment les obtenir ?
e) Pourquoi la méthode échoue-t-elle totalement sur un facteur quadratique irréductible ? Quelles sont alors les deux stratégies disponibles ?
Voir la correction
a) Pour trouver le coefficient associé au facteur (x−a), on CACHE ce facteur dans le dénominateur de la fraction de départ et l'on évalue tout le reste en x=a. Cela fonctionne parce que multiplier l'identité par (x−a) élimine ce facteur du terme cherché tout en laissant un facteur (x−a) devant tous les autres : en évaluant ensuite en a, tous les autres termes s'annulent et il ne reste que le coefficient cherché. La méthode n'est donc rien d'autre que le calcul complet, mené mentalement.
b) Coefficient de x−11 : on cache (x−1) et on évalue en 1, soit (1+2)(1−3)2+7=−69=−23. Coefficient de x+21 : en −2, (−2−1)(−2−3)−4+7=153=51. Coefficient de x−31 : en 3, (3−1)(3+2)6+7=1013. D'où ∫=−23ln∣x−1∣+51ln∣x+2∣+1013ln∣x−3∣+C. Trois coefficients en trois évaluations, sans écrire un seul système.
c) En remettant tout au même dénominateur, le coefficient de x2 au numérateur vaut A+B+C. Or le numérateur de départ, 2x+7, n'a AUCUN terme en x2 : la somme doit donc être nulle. Vérification : −23+51+1013=−1,5+0,2+1,3=0. Cette vérification est gratuite et attrape la quasi-totalité des erreurs de signe; elle vaut chaque fois que le degré du numérateur est inférieur d'au moins deux au degré du dénominateur.
d) La couverture donne immédiatement le coefficient de x1, en évaluant (x−1)2x+2 en x=0, soit 2; et celui de (x−1)21, la puissance la PLUS ÉLEVÉE du facteur répété, en évaluant xx+2 en x=1, soit 3. En revanche le coefficient de x−11 RÉSISTE : la couverture ne l'atteint pas, car multiplier par (x−1) ne suffit pas à isoler ce terme. On l'obtient en comparant les coefficients de x2 : 0=A+B, donc B=−2. La décomposition est x2−x−12+(x−1)23, et l'intégrale vaut 2ln∣x∣−2ln∣x−1∣−x−13+C.
e) Parce qu'un facteur quadratique irréductible n'a AUCUNE racine réelle : il n'existe pas de valeur de x où l'évaluer pour annuler les autres termes, et la méthode perd son ressort. Deux stratégies restent. La première consiste à substituer des valeurs COMMODES de x, souvent 0, 1 et −1, autant de fois qu'il y a d'inconnues restantes, ce qui donne un petit système facile. La seconde consiste à développer et à IDENTIFIER les coefficients de chaque puissance de x, ce qui est systématique mais plus long. En pratique, on combine les trois outils : couverture pour les racines réelles, valeurs commodes pour aller vite, identification pour finir.
Exercice 13 : Diviser d'abord : les fractions impropres
La décomposition en fractions partielles n'existe que pour une fraction PROPRE, dont le numérateur est de degré strictement inférieur au dénominateur. Sinon, la division euclidienne est un préalable obligatoire, et l'oublier rend la décomposition impossible.
a) Calculez ∫x2−1x3dx.
b) Calculez ∫x2−1x2+1dx.
c) Établissez la formule ∫x2−a2dx=2a1lnx+ax−a+C et comparez-la à ∫x2+a2dx.
d) Calculez ∫x2+1x3+2xdx.
e) Que se passe-t-il si l'on tente une décomposition en fractions partielles SANS diviser au préalable ? Illustrez sur le b).
Voir la correction
a) Le numérateur est de degré 3, le dénominateur de degré 2 : on divise. x2−1x3=x+x2−1x. Le premier morceau s'intègre en 2x2, le second est de la forme ff′ à un facteur 21 près : 21lnx2−1. Total : 2x2+21lnx2−1+C. Aucune décomposition n'a été nécessaire.
b) Degrés égaux, donc division encore : x2−1x2+1=1+x2−12. Le reste se décompose : (x−1)(x+1)2=x−11−x+11, par couverture. D'où ∫=x+ln∣x−1∣−ln∣x+1∣+C=x+lnx+1x−1+C.
c) Par couverture sur (x−a)(x+a)1 : le coefficient de x−a1 vaut 2a1 et celui de x+a1 vaut −2a1. D'où ∫x2−a2dx=2a1(ln∣x−a∣−ln∣x+a∣)=2a1lnx+ax−a+C. La comparaison est instructive : ∫x2+a2dx=a1arctanax donne un ARC TANGENTE, alors que le signe moins donne un LOGARITHME. Un seul signe sépare deux familles de fonctions sans aucun rapport, et c'est le détail le plus rentable de tout le chapitre.
d) Division : x2+1x3+2x=x+x2+1x, puisque x(x2+1)=x3+x et qu'il reste x. D'où ∫=2x2+21ln(x2+1)+C. Notez qu'ici le dénominateur est irréductible mais que la division suffit : il n'y a pas eu besoin de décomposer du tout.
e) On écrirait (x−1)(x+1)x2+1=x−1A+x+1B et l'on trouverait, par couverture, A=21+1=1 et B=−21+1=−1. Mais en recombinant, x−11−x+11=x2−12, qui n'est PAS la fraction de départ : il manque exactement le 1 de la division. L'identité proposée est donc fausse, et son intégration donnerait une réponse amputée du terme x. Le symptôme se repère avant tout calcul : si le degré du numérateur atteint celui du dénominateur, aucune somme de termes propres ne pourra jamais le reproduire, puisque toute somme de fractions propres est elle-même propre.
Exercice 14 : Le quadratique irréductible : logarithme plus arc tangente
Un terme x2+bx+cBx+C avec un dénominateur irréductible se scinde toujours en DEUX morceaux : celui qui est proportionnel à la dérivée du dénominateur, qui donne un logarithme, et le reste constant, qui donne un arc tangente après complétion du carré.
a) Calculez ∫x2+2x+52x+3dx en séparant les deux morceaux.
b) Calculez ∫x3+xdx.
c) Calculez ∫x3+x2x2+1dx.
d) Calculez ∫(x+1)(x2+4)xdx.
e) Énoncez la procédure complète, en cinq étapes, pour intégrer une fraction rationnelle quelconque.
Voir la correction
a) La dérivée du dénominateur vaut 2x+2. On écrit donc 2x+3=(2x+2)+1 : ∫x2+2x+52x+2dx+∫x2+2x+5dx. Le premier morceau est de la forme ff′ et vaut ln(x2+2x+5), sans valeur absolue puisque le trinôme est toujours positif. Le second exige la complétion du carré, x2+2x+5=(x+1)2+4, et vaut 21arctan2x+1. Total : ln(x2+2x+5)+21arctan2x+1+C.
b) On factorise d'abord : x3+x=x(x2+1), avec un facteur linéaire et un quadratique irréductible. x(x2+1)1=xA+x2+1Bx+C; la couverture en x=0 donne A=1, puis 1−(x2+1)=−x2=(Bx+C)x donne B=−1 et C=0. D'où ∫=ln∣x∣−21ln(x2+1)+C, qu'on peut écrire lnx2+1∣x∣+C.
c) x3+x2=x2(x+1) : facteur linéaire RÉPÉTÉ et facteur linéaire simple. x2(x+1)x2+1=xA+x2B+x+1C. Couverture : B=0+10+1=1 et C=11+1=2. Coefficients de x2 : 1=A+C, donc A=−1. D'où ∫=−ln∣x∣−x1+2ln∣x+1∣+C.
d) (x+1)(x2+4)x=x+1A+x2+4Bx+C. Couverture en x=−1 : A=1+4−1=−51. En reportant : x+51(x2+4)=(Bx+C)(x+1), soit 5x2+x+54=(Bx+C)(x+1). En comparant les termes de plus haut degré, B=51, et les termes constants, C=54. D'où ∫=−51ln∣x+1∣+101ln(x2+4)+52arctan2x+C, en décomposant 5(x2+4)x+4 en sa partie logarithmique et sa partie arc tangente.
e) Première étape : vérifier les DEGRÉS, et diviser si le numérateur atteint le dénominateur. Deuxième : FACTORISER complètement le dénominateur en facteurs linéaires et quadratiques irréductibles, ce qui est souvent la vraie difficulté. Troisième : écrire la forme de la décomposition, avec autant de constantes que le degré du dénominateur, un numérateur Bx+C pour chaque quadratique et autant de termes que la multiplicité pour chaque facteur répété. Quatrième : déterminer les constantes, par couverture pour les racines réelles, puis par valeurs commodes ou identification pour le reste. Cinquième : intégrer terme à terme, chaque logarithme se lisant directement, chaque puissance négative aussi, et chaque quadratique se scindant en une partie logarithmique et un arc tangente après complétion du carré.
Exercice 15 : Où les fractions partielles servent vraiment
La décomposition n'est pas un exercice d'algèbre gratuit : c'est l'outil qui débloque le modèle logistique, les séries télescopiques et le retour des transformées. Trois usages, trois chapitres différents.
a) Le modèle logistique conduit à ∫P(K−P)dP. Décomposez et intégrez.
b) Décomposez n(n+1)1 et calculez ∑n=1∞n(n+1)1.
c) Décomposez n(n+2)1 et calculez ∑n=1∞n(n+2)1. Pourquoi le résultat n'est-il plus 1 ?
d) Calculez ∫35x2−4dx et donnez une valeur décimale.
e) En quoi la décomposition en fractions partielles est-elle la MÊME opération dans ces trois contextes, malgré des apparences très différentes ?
Voir la correction
a) P(K−P)1=PA+K−PB; la couverture en P=0 donne A=K1, et en P=K donne B=K1. D'où ∫P(K−P)dP=K1(ln∣P∣−ln∣K−P∣)=K1lnK−PP+C. C'est cette primitive qui, une fois inversée, produit la courbe en S de la logistique : sans la décomposition, l'équation différentielle resterait bloquée à l'étape de la séparation des variables.
b) n(n+1)1=n1−n+11, par couverture. La somme partielle TÉLESCOPE : SN=(1−21)+(21−31)+⋯+(N1−N+11)=1−N+11, dont la limite est 1. La série vaut donc exactement 1.
c) n(n+2)1=21(n1−n+21). Le télescopage est cette fois DÉCALÉ de deux rangs : SN=21(1+21−N+11−N+21), dont la limite vaut 21⋅23=43. Le résultat n'est plus 1 parce que DEUX termes survivent au début au lieu d'un seul : plus le décalage est grand, plus il reste de termes non compensés, et la somme d'une série télescopique se lit toujours sur ce qui subsiste aux deux extrémités.
d) ∫x2−4dx=41lnx+2x−2, d'après la formule établie plus haut avec a=2. Entre 3 et 5 : 41(ln73−ln51)=41ln715≈40,7621≈0,1905.
e) Dans les trois cas, il s'agit d'ÉCLATER un objet compliqué en une somme d'objets élémentaires dont on sait tout. Pour l'intégrale, les objets élémentaires sont x−a1, dont la primitive est un logarithme. Pour la série, ce sont n1 et n+k1, dont les sommes partielles se compensent. Pour une transformée inverse, ce seraient des termes dont on connaît l'original. L'opération algébrique est rigoureusement la même, seule change la table dans laquelle on lit le résultat une fois la décomposition faite. C'est pourquoi il vaut la peine de maîtriser la décomposition pour elle-même : elle se réutilise dans trois chapitres qui, en apparence, n'ont rien à voir.
Partie D : Stratégie, combinaisons et synthèse (/50)
Exercice 16 : Les couples qui se ressemblent
Rien ne fait perdre plus de temps que d'appliquer la bonne technique à la mauvaise intégrale. Voici quatre couples dont les membres ne diffèrent que par un détail, et dont les techniques n'ont rien à voir.
a) Calculez ∫xex2dx et ∫xexdx.
b) Calculez ∫x2+1xdx et ∫x+1xdx.
c) Calculez ∫xlnxdx et ∫lnxdx.
d) Calculez ∫xx2+1dx et ∫xx+1dx.
e) Pour chacun des quatre couples, dites en une phrase quel DÉTAIL fait basculer d'une technique à l'autre.
Voir la correction
a) Dans la première, x est la moitié de la dérivée de x2 : SUBSTITUTION, et l'on obtient 2ex2+C. Dans la seconde, x n'est la dérivée de rien d'utile, l'exposant étant déjà x : PARTIES, avec u=x, et l'on obtient (x−1)ex+C.
b) La première est de la forme ff′ au facteur 21 près : 21ln(x2+1)+C. La seconde est une fraction rationnelle IMPROPRE, degrés égaux : division d'abord, x+1x=1−x+11, d'où x−ln∣x+1∣+C.
c) La première contient x1, dérivée de lnx : substitution, 2(lnx)2+C. La seconde n'a qu'un bloc : parties avec le facteur 1 invisible, xlnx−x+C.
d) La première a le facteur x que réclame la dérivée de x2+1 : substitution, 3(x2+1)3/2+C. La seconde a bien un x, mais la dérivée de x+1 vaut 1 : le x survit à la substitution et il faut le réexprimer en u−1, d'où 52(x+1)5/2−32(x+1)3/2+C.
e) Couple a : l'exposant de e est-il un CARRÉ, dont x serait la dérivée, ou x lui-même ? Couple b : le dénominateur est-il de degré 2, ce qui fait du numérateur sa dérivée, ou de degré 1, ce qui rend la fraction impropre et impose une division ? Couple c : le facteur x1, dérivée du logarithme, est-il présent ou absent ? Couple d : la dérivée de ce qui est sous la racine contient-elle un x, auquel cas le facteur extérieur est absorbé, ou vaut-elle 1, auquel cas il survit ? Les quatre questions n'en font qu'une : le facteur extérieur EST-IL la dérivée de l'intérieur ?
Exercice 17 : Combiner : substituer d'abord, intégrer par parties ensuite
Beaucoup d'intégrales ne cèdent à aucune technique isolée mais tombent en deux temps : une substitution nettoie la structure, puis une intégration par parties finit le travail. Reconnaître qu'il faut DEUX étapes est la difficulté.
a) Calculez ∫exdx.
b) Calculez ∫cosxdx.
c) Calculez ∫x3ex2dx.
d) Calculez ∫xln(lnx)dx.
e) Quel indice, dans l'écriture d'un intégrande, annonce qu'une substitution seule ne suffira pas ?
Voir la correction
a) On pose u=x, donc x=u2 et dx=2udu : ∫eu⋅2udu=2∫ueudu. C'est maintenant un produit polynôme-exponentielle, donc parties : 2(ueu−eu)=2(u−1)eu, soit 2(x−1)ex+C. La substitution n'a pas calculé l'intégrale, elle l'a rendue traitable.
b) Même substitution : 2∫ucosudu=2(usinu+cosu), soit 2(xsinx+cosx)+C.
c) On pose u=x2, donc du=2xdx et x2=u : ∫x2⋅ex2⋅xdx=21∫ueudu=21(u−1)eu, soit 2(x2−1)ex2+C. Un facteur x est parti dans le du, et le x2 restant est devenu le u du produit : la puissance impaire a rendu les deux services à la fois.
d) On pose u=lnx, donc du=xdx : ∫lnudu=ulnu−u, soit lnx⋅ln(lnx)−lnx+C. La substitution a fait disparaître le x1 et transformé une composée double en l'intégrale la plus connue du chapitre.
e) L'indice est la présence d'une COMPOSÉE dont la dérivée intérieure est bien là, mais accompagnée d'un facteur supplémentaire qui ne disparaîtra pas. Dans ex, la dérivée de x est 2x1, qui n'apparaît nulle part : la substitution laissera donc un u debout, et ce u multiplié par une exponentielle appelle des parties. Autrement dit, dès que la substitution est structurellement indiquée mais que le compte des facteurs ne tombe pas juste, il faut prévoir une seconde étape. Le réflexe utile est de mener la substitution jusqu'au bout SANS se décourager de voir survivre un facteur, puis de regarder ce qui reste avec un œil neuf.
Exercice 18 : Les fractions rationnelles déguisées
Beaucoup d'intégrales qui n'ont l'air de rien deviennent des fractions rationnelles après une substitution bien choisie. C'est le point de rencontre des trois parties précédentes, et l'une des situations les plus fréquentes à l'examen.
a) Calculez ∫sin2x+3sinx+2cosxdx.
b) Calculez ∫x(x4+1)dx.
c) Calculez ∫e2x−1exdx.
d) Calculez ∫x(1+x)dx.
e) Quel est le point commun aux quatre substitutions employées ? Formulez la règle en une phrase.
Voir la correction
a) u=sinx donne du=cosxdx : ∫u2+3u+2du=∫(u+1)(u+2)du. Par couverture, u+11−u+21, d'où lnu+2u+1, soit lnsinx+2sinx+1+C. Une intégrale trigonométrique traitée entièrement par fractions partielles.
b) On multiplie haut et bas par x3 pour faire apparaître la dérivée de x4 : ∫x4(x4+1)x3dx. Avec u=x4 et du=4x3dx : 41∫u(u+1)du=41(ln∣u∣−ln∣u+1∣), soit 41lnx4+1x4+C. La multiplication préalable est le geste décisif.
c) u=ex donne du=exdx : ∫u2−1du=21lnu+1u−1, d'après la formule de la partie C avec a=1. Résultat : 21lnex+1ex−1+C.
d) u=x donne x=u2 et dx=2udu : ∫u(1+u2)2udu=2∫1+u2du=2arctanu, soit 2arctanx+C. Le u du numérateur et celui du dénominateur se simplifient, ce qui est précisément l'effet recherché.
e) Dans les quatre cas, la substitution remplace une fonction TRANSCENDANTE, sinus, puissance quatrième, exponentielle ou racine, par une variable muette, transformant l'intégrande en un quotient de POLYNÔMES. La règle : dès qu'un intégrande est une fraction dont le numérateur et le dénominateur ne dépendent de x qu'à travers une même fonction g(x), et que g′(x) est présent ou fabricable au numérateur, posez u=g(x) et vous obtiendrez une fraction rationnelle, que la partie C sait toujours intégrer. C'est la raison profonde pour laquelle les fractions partielles méritent d'être maîtrisées : elles sont l'aboutissement d'un très grand nombre de calculs qui n'en avaient pas l'air.
Exercice 19 : Vérifier son résultat : trois contrôles gratuits
Une primitive se vérifie toujours, et en quelques secondes. Aucune autre partie du programme n'offre un contrôle aussi immédiat, et pourtant c'est celle où l'on rend le plus de réponses fausses.
a) Un étudiant propose ∫x2+4dx=arctan2x+C. Vérifiez par dérivation et corrigez.
b) Un autre propose ∫xx+1dx=2x2⋅32(x+1)3/2+C. Réfutez en une ligne, sans dériver.
c) Un troisième propose ∫01x−2dx=[ln∣x−2∣]01=ln1−ln2=−ln2. Le résultat est-il juste ? Le signe était-il prévisible ?
d) Un quatrième propose ∫−11x2dx=[−x1]−11=−1−1=−2. Où est la faute, et quel contrôle l'aurait révélée ?
e) Énoncez les trois contrôles à faire systématiquement avant de rendre une réponse.
Voir la correction
a) (arctan2x)′=1+4x21⋅21=4+x24⋅21=x2+42, soit le DOUBLE de l'intégrande. La réponse correcte est donc 21arctan2x+C. C'est l'erreur la plus fréquente de tout le chapitre : le facteur a1 de la formule de l'arc tangente s'oublie parce qu'il ne se devine pas sur l'écriture de l'intégrande.
b) Sans dériver, il suffit de remarquer qu'il a intégré SÉPARÉMENT les deux facteurs, comme si l'intégrale d'un produit était le produit des intégrales. Cette règle n'existe pas, et un contre-exemple immédiat le confirme : ∫x⋅xdx=3x3, alors que le produit des intégrales donnerait 2x2⋅2x2=4x4. La bonne réponse est celle de la partie A, obtenue par substitution avec u=x+1.
c) Le résultat est JUSTE, et son signe était entièrement prévisible : sur [0;1], la quantité x−2 reste négative, donc l'intégrande x−21 est négatif partout, et l'intégrale d'une fonction négative ne peut qu'être négative. Le calcul est légitime car l'intervalle [0;1] ne contient pas la singularité x=2 : la fonction y est continue, et la valeur absolue du logarithme gère correctement le signe.
d) L'intégrande x21 n'est pas définie en x=0, qui est INTÉRIEUR à l'intervalle : l'intégrale est impropre et le théorème fondamental ne s'applique pas. Il faut la couper en deux, et chacun des morceaux DIVERGE, donc l'intégrale n'existe pas. Le contrôle qui l'aurait révélée est le plus simple de tous : x21 est strictement POSITIVE partout où elle est définie, donc aucune intégrale ne peut en être négative. Un résultat de −2 est absurde avant même toute analyse, et ce seul regard suffisait.
e) Premier contrôle, le plus sûr : DÉRIVER la primitive proposée et vérifier qu'on retombe sur l'intégrande. Il est infaillible et prend dix secondes; il n'y a aucune excuse pour l'omettre sur une intégrale indéfinie. Deuxième contrôle, pour une intégrale définie : le SIGNE et l'ordre de grandeur. Une fonction positive donne une intégrale positive; une fonction comprise entre 1 et 2 sur un intervalle de longueur 3 donne une intégrale entre 3 et 6. Troisième contrôle : le DOMAINE. L'intégrande est-elle définie et continue sur tout l'intervalle ? Y a-t-il une singularité intérieure ? La primitive proposée est-elle valable sur tout l'intervalle, ou seulement sur une branche ? Ces trois contrôles attrapent la quasi-totalité des erreurs et ne coûtent presque rien.
Exercice 20 : Problème de synthèse : douze intégrales, un arbre de décision
Douze intégrales mélangées, sans indication de méthode. Comme à l'examen, la difficulté n'est pas le calcul mais le DIAGNOSTIC. Traitez-les dans l'ordre et notez, pour chacune, la question qui a décidé de la technique.
a) Calculez ∫x2+x+72x+1dx, ∫x2+x−6dx et ∫x−2x2dx.
b) Calculez ∫x2lnxdx, ∫x3lnxdx et ∫e3xsin2xdx.
c) Calculez ∫xlnxdx, ∫ex+1e2xdx et ∫1+3xdx.
d) Calculez ∫4−x2dx, ∫4−x2xdx et ∫x2−6x+13dx.
e) Rédigez l'arbre de décision complet de la série : quelles questions poser, dans quel ordre, devant une intégrale inconnue ?
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a) La première a un numérateur exactement égal à la dérivée du dénominateur : forme ff′, donc ln(x2+x+7)+C. La deuxième a un dénominateur FACTORISABLE, (x+3)(x−2) : fractions partielles, avec par couverture x+3−1/5+x−21/5, d'où 51lnx+3x−2+C. La troisième est impropre : division d'abord, x−2x2=x+2+x−24, d'où 2x2+2x+4ln∣x−2∣+C.
b) Produit polynôme-logarithme : parties avec u=lnx. ∫x2lnxdx=3x3lnx−9x3+C. Même chose avec dv=x−3dx : ∫x3lnxdx=−2x2lnx−4x21+C. La troisième est le cas cyclique : ∫e3xsin2xdx=13e3x(3sin2x−2cos2x)+C.
c) La première contient x1, dérivée de lnx : substitution, ln∣lnx∣+C. La deuxième devient rationnelle par u=ex, avec dx=udu : ∫u+1udu=u−ln∣u+1∣, soit ex−ln(ex+1)+C. La troisième se rationalise par x=u3 : ∫1+u3u2du=3∫(u−1+1+u1)du=23u2−3u+3ln∣1+u∣ avec u=3x.
d) Racine a2−x2 sans facteur x : forme de base, arcsin2x+C. Avec le facteur x : substitution algébrique, −4−x2+C. La troisième a un dénominateur quadratique IRRÉDUCTIBLE, son discriminant valant 36−52<0 : complétion du carré, (x−3)2+4, d'où 21arctan2x−3+C.
e) Question 1 : l'intégrande est-il une forme de la TABLE, directement ou après réécriture élémentaire ? Question 2 : y a-t-il, au numérateur ou en facteur, la DÉRIVÉE de quelque chose qui apparaît ailleurs ? Si oui, substitution, et l'affaire est close. Question 3 : est-ce un PRODUIT de deux familles différentes, polynôme et exponentielle, polynôme et logarithme, exponentielle et trigonométrique, ou une fonction seule dont on ne connaît que la dérivée ? Si oui, intégration par parties, en dérivant selon LIATE. Question 4 : est-ce une FRACTION RATIONNELLE ? Si oui, comparer les degrés, diviser si besoin, factoriser le dénominateur et décomposer. Question 5 : peut-on la RENDRE rationnelle par une substitution, en posant u égal à l'exponentielle, à la racine ou à la fonction trigonométrique qui revient partout ? Question 6, et seulement alors : reste-t-il une racine du type a2±x2 ou x2−a2, sans facteur pour l'absorber ? Substitution trigonométrique. Et si les six questions échouent, il faut envisager que la primitive ne soit pas élémentaire, ou qu'une astuce de symétrie soit attendue. L'ordre importe autant que la liste : les techniques coûteuses viennent en dernier.
Vous bloquez sur le choix de la technique d'intégration à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. On travaille l'arbre de décision plutôt que les recettes : reconnaître en trente secondes si une intégrale appelle une substitution, des parties ou une décomposition, et savoir pourquoi.