Calcul intégral 201-NYB • Examen final de synthèse
Examen final blanc corrigé de calcul intégral (201-NYB)
Voici un examen final blanc de calcul intégral 201-NYB, calibré sur le niveau réel des examens de fin de session au cégep. Le 201-NYB est le cours le plus long du programme : dix chapitres, des primitives aux équations différentielles. Les séries par chapitre vous entraînent sur une technique à la fois ; cet examen-ci vous met devant une intégrale nue, sans vous dire s'il faut une substitution, des parties, des fractions partielles ou une comparaison.
Faites-le en conditions réelles : 3 heures chronométrées, calculatrice permise, sans formulaire. En calcul intégral, la moitié du travail est un diagnostic : reconnaître la forme avant de commencer. Le corrigé explique donc à chaque fois pourquoi telle technique s'impose et pourquoi les autres échouent.
Rappel de cours
•Techniques : substitution, parties ∫udv=uv−∫vdu, fractions partielles après division, complétion du carré vers arctan, puissances trigonométriques (impaire on détache, paire on linéarise), substitutions trigonométriques.
•Théorème fondamental : dxd∫au(x)f(t)dt=f(u(x))u′(x) ; et ∫abf=F(b)−F(a).
•Impropres : ∫1∞xpdx converge si p>1 ; ∫01xpdx converge si p<1. Comparaison et comparaison par limite.
•Séries : terme général, Riemann ∑1/np, comparaison par limite, d'Alembert, Cauchy, test de l'intégrale, séries alternées avec ∣RN∣≤aN+1.
•Taylor : f(x)=∑n!f(n)(a)(x−a)n ; reste de Lagrange ∣Rn∣≤(n+1)!M∣x−a∣n+1.
•Équations différentielles : séparables g(y)dy=h(x)dx ; linéaires y′+P(x)y=Q(x) avec le facteur intégrant μ=e∫P.
Partie A : Primitives, intégrale définie et formes indéterminées (/25)
Exercice 1 : Quatre intégrales, quatre techniques
Aucune de ces quatre intégrales n'annonce sa technique. Commencez par un diagnostic écrit en une ligne (« produit d'un polynôme et d'un logarithme, donc parties », etc.), puis calculez. Une constante d'intégration oubliée coûte des points.
a) ∫x2lnxdx
b) ∫x2+4x+13dx
c) ∫(x−1)(x2+4)3x+5dx
d) ∫exdx
Voir la correction
a) Produit d'un polynôme et d'un logarithme : intégration par parties, avec u=lnx (qu'on ne sait pas intégrer) et dv=x2dx. Alors du=xdx et v=3x3 : ∫x2lnxdx=3x3lnx−∫3x3⋅xdx=3x3lnx−9x3+C.
b) Dénominateur quadratique irréductible (discriminant 16−52<0) : complétion du carré. x2+4x+13=(x+2)2+9. Avec u=x+2 : ∫u2+9du=31arctan3u+C=31arctan3x+2+C.
c) Fraction rationnelle propre avec un facteur linéaire et un facteur quadratique irréductible : fractions partielles. On pose (x−1)(x2+4)3x+5=x−1A+x2+4Bx+C, d'où A(x2+4)+(Bx+C)(x−1)=3x+5. En x=1 : 5A=8, donc A=58. Coefficient de x2 : A+B=0, donc B=−58. Terme constant : 4A−C=5, donc C=57. (Vérification sur le coefficient de x : −B+C=58+57=3.) L'intégrale vaut 58ln∣x−1∣−54ln(x2+4)+107arctan2x+C.
d) Une racine dans un exposant : substitution d'abord, parties ensuite. Avec u=x, on a x=u2 et dx=2udu : ∫exdx=2∫ueudu. Une intégration par parties (u contre eu) donne 2(u−1)eu+C, donc ∫exdx=2(x−1)ex+C.
Exercice 2 : Le théorème fondamental dans les deux sens
Le théorème fondamental sert autant à calculer une intégrale par une primitive qu'à dériver une fonction définie par une intégrale. Les quatre questions alternent entre les deux sens de lecture.
a) Calculez dxd∫x2x3sin(t2)dt. Attention : les deux bornes dépendent de x.
b) Calculez ∫−22(x3cosx+x2)dx en exploitant la parité avant de primitiver.
c) Calculez ∫0π/2sin2xdx de deux façons : par linéarisation, puis par un argument de symétrie entre sin2 et cos2.
d) Soit F(x)=∫1xt2+1t2−4dt. Sans calculer F, donnez ses intervalles de croissance, ses extremums relatifs et la valeur F(1).
Voir la correction
a) On écrit ∫x2x3=∫0x3−∫0x2, puis on applique le théorème fondamental avec la règle de chaîne à chaque borne : dxd∫x2x3sin(t2)dt=3x2sin(x6)−2xsin(x4). L'erreur classique consiste à oublier le facteur venant de la borne inférieure, ou son signe moins.
b) x3cosx est impaire (impaire fois paire) et l'intervalle est symétrique, donc son intégrale est nulle. Il reste ∫−22x2dx=2∫02x2dx=2⋅38=316. Reconnaître la parité évite une intégration par parties inutile.
c) Linéarisation : sin2x=21−cos2x, donc ∫0π/2sin2xdx=[2x−4sin2x]0π/2=4π. Symétrie : la substitution x↦2π−x échange sin2 et cos2, donc les deux intégrales sont égales ; or leur somme vaut ∫0π/21dx=2π. Chacune vaut donc 4π.
d) Par le théorème fondamental, F′(x)=x2+1x2−4. Le dénominateur est toujours positif, donc le signe est celui de x2−4=(x−2)(x+2) : F croît sur ]−∞,−2[, décroît sur ]−2,2[, croît sur ]2,+∞[. Elle a donc un maximum relatif en x=−2 et un minimum relatif en x=2. Enfin F(1)=∫11=0 : une intégrale dont les deux bornes coïncident est nulle, quelle que soit la fonction.
Exercice 3 : Formes indéterminées, croissances comparées et une limite que L'Hôpital ne voit pas
Les trois premières limites se traitent par la règle de L'Hôpital ou par la hiérarchie des croissances. La quatrième est là pour vous rappeler que l'échec de la règle ne prouve jamais l'absence de limite.
a) limx→0x2ex−1−x
b) limx→+∞(x−2x+1)3x
c) limx→+∞x(lnx)4 : donnez la réponse par la hiérarchie des croissances, puis dites combien de fois il faudrait appliquer L'Hôpital pour l'obtenir.
d) limx→+∞x+32x+sinx : calculez-la, puis montrez que la règle de L'Hôpital ne permet pas de conclure. Qu'en déduisez-vous sur la portée de cette règle ?
Voir la correction
a) Forme 00. Une première application donne 2xex−1, encore 00 ; une seconde donne 2ex→21. (Le développement de Maclaurin ex=1+x+2x2+⋯ donne le résultat en une ligne.)
b) Forme 1∞ : on passe au logarithme. lny=3xln(x−2x+1)=3xln(1+x−23). Comme ln(1+u)∼u quand u→0, on a lny∼3x⋅x−23→9. Donc la limite vaut e9≈8103.
c) Hiérarchie : toute puissance du logarithme est négligeable devant toute puissance positive de x, donc la limite vaut 0. Par L'Hôpital, il faudrait quatre applications successives : chacune abaisse d'une unité l'exposant du logarithme, et au bout de quatre tours le numérateur n'a plus de logarithme du tout. La hiérarchie donne le résultat en une ligne, ce qui est exactement le but de l'exercice.
d) On divise haut et bas par x : 1+x32+xsinx. Comme xsinx≤x1→0 (théorème du sandwich), la limite vaut 12=2. En revanche, L'Hôpital transforme le quotient en 12+cosx, qui oscille entre 1 et 3 et n'a aucune limite. Conclusion : la règle de L'Hôpital est une implication à sens unique. Si le quotient des dérivées a une limite, alors le quotient initial l'a aussi ; mais si le quotient des dérivées n'en a pas, on ne peut rien conclure et il faut changer de méthode.
Partie B : Intégrales impropres et applications (/25)
Exercice 4 : Convergence, divergence, et les deux tests de comparaison
Pour chaque intégrale, dites d'abord où est l'impropriété (borne infinie, singularité intérieure, les deux), puis étudiez la nature. Quand l'intégrale converge, donnez sa valeur exacte ; sinon, prouvez la divergence.
a) ∫1∞x2lnxdx
b) ∫01lnxdx
c) ∫3∞x2−4dx
d) Sans calculer, déterminez la nature de ∫1∞x+exdx et de ∫1∞x2+sinxdx. Nommez le test utilisé à chaque fois.
Voir la correction
a) Impropre par la borne infinie. Parties avec u=lnx, dv=x−2dx : une primitive est −xlnx+1. Quand x→∞, elle tend vers 0 (le logarithme perd contre x) ; en x=1 elle vaut −1. L'intégrale converge et vaut 0−(−1)=1.
b) Impropre par la singularité en 0, où lnx→−∞. Une primitive est xlnx−x, et xlnx→0 quand x→0+ (croissances comparées). L'intégrale converge et vaut (1⋅0−1)−(0−0)=−1. Une intégrale peut donc parfaitement converger vers une valeur négative alors que la fonction part vers −∞.
c) Impropre par la borne infinie seulement : le pôle x=2 est hors de l'intervalle. Fractions partielles : x2−41=41(x−21−x+21), dont une primitive est 41lnx+2x−2. Quand x→∞, le rapport tend vers 1 et le logarithme vers 0 ; en x=3 il vaut 41ln51. L'intégrale converge et vaut 41ln5≈0,402. Noter que chaque morceau pris séparément diverge : c'est leur différence qui converge, il faut donc primitiver avant de passer à la limite.
d) Première : pour x≥1, on a x+ex>ex, donc 0<x+ex1<e−x. Comme ∫1∞e−xdx=e−1 converge, le test de comparaison directe donne la convergence. Seconde : 2+sinx≥1 pour tout x, donc x2+sinx≥x1. Comme ∫1∞xdx diverge, la comparaison directe donne la divergence. L'oscillation du sinus ne change rien : elle est bornée loin de zéro.
Exercice 5 : Volumes de révolution : trois axes, une seule région
Soit R la région du premier quadrant bornée par les courbes y=x et y=x2. Elles se coupent en (0,0) et (1,1). À chaque rotation, choisissez la méthode qui évite de réécrire les courbes dans l'autre variable.
a) Calculez l'aire de la région R.
b) Calculez le volume engendré par la rotation de R autour de l'axe des x.
c) Calculez le volume engendré par la rotation de R autour de l'axe des y. Comparez avec b) et expliquez le résultat par une symétrie de la région.
d) Calculez le volume engendré par la rotation de R autour de la droite verticale x=2.
Voir la correction
a) Sur [0,1], x≥x2. L'aire vaut ∫01(x−x2)dx=[32x3/2−3x3]01=32−31=31.
b) Rotation autour de l'axe des x : rondelles, rayon extérieur x et rayon intérieur x2. Vx=π∫01(x−x4)dx=π(21−51)=103π. L'erreur fatale serait d'écrire π∫(x−x2)2 : c'est la différence des carrés qu'il faut, jamais le carré de la différence.
c) Autour de l'axe des y, les coquilles évitent de réécrire les courbes en fonction de y : rayon x, hauteur x−x2. Vy=2π∫01x(x−x2)dx=2π∫01(x3/2−x3)dx=2π(52−41)=103π. Les deux volumes sont égaux, et ce n'est pas un hasard : y=x et y=x2 sont réciproques l'une de l'autre, donc la région R est symétrique par rapport à la droite y=x. Or cette symétrie échange les deux axes, donc elle échange les deux solides de révolution, qui ont par conséquent le même volume.
d) Autour de x=2, toujours des coquilles, mais le rayon devient la distance à l'axe, soit 2−x (positive sur [0,1]) : V=2π∫01(2−x)(x−x2)dx=2π[2(32−31)−(52−41)]=2π(32−203)=3031π≈3,246.
Exercice 6 : Longueur, surface, travail et valeur moyenne
Quatre applications de l'intégrale, quatre formules à ne pas confondre. Dans chaque cas, posez l'intégrale avant de calculer : c'est la mise en équation qui est notée, pas seulement le résultat.
a) Calculez la longueur de l'arc de la courbe y=32x3/2 entre x=0 et x=3.
b) L'arc du cercle y=4−x2, pour 0≤x≤1, tourne autour de l'axe des x. Calculez l'aire de la surface engendrée, et commentez la forme du résultat.
c) Un câble de 20 m, de masse linéique 5 kg/m, pend le long d'un immeuble. Calculez le travail nécessaire pour le hisser entièrement (prenez g=9,8 m/s²).
d) Calculez la valeur moyenne de f(x)=1+x sur [0,3], et donnez le point de [0,3] où f atteint cette valeur moyenne.
Voir la correction
a) y′=x1/2, donc 1+(y′)2=1+x et L=∫031+xdx=[32(1+x)3/2]03=32(8−1)=314≈4,67.
b) y=4−x2 donne y′=4−x2−x, donc 1+(y′)2=4−x24 et 1+(y′)2=4−x22. La formule de l'aire donne S=2π∫01y1+(y′)2dx=2π∫014−x2⋅4−x22dx=4π∫01dx=4π. Le radical disparaît entièrement, et l'aire vaut 2πrh avec r=2 et h=1 : c'est le théorème d'Archimède, l'aire d'une zone sphérique ne dépend que de sa hauteur, pas de sa position sur la sphère.
c) Prenons y la longueur déjà remontée. Il reste 20−y mètres pendants, mais il est plus simple de sommer le travail par tranche de câble : la tranche située à la profondeur y doit monter de y mètres, et pèse 5dy kilogrammes. D'où W=∫020(5dy)(9,8)(y)=49∫020ydy=49⋅2400=9800J. Autrement dit, tout se passe comme si la masse totale de 100 kg montait de 10 m, la position du centre de masse du câble.
d) fˉ=3−01∫031+xdx=31⋅314=914≈1,556. Le théorème de la moyenne garantit un c∈[0,3] avec f(c)=914 : on résout 1+c=914, soit c=81196−1=81115≈1,42.
Partie C : Suites et séries (/25)
Exercice 7 : Cinq limites de suites
Chaque limite appelle un outil différent : somme de Riemann lue à l'envers, conjugué, forme exponentielle, encadrement, ou théorème du point fixe. Nommez l'outil avant de calculer.
a) un=n1∑k=1n1+nk1
b) vn=n(n2+1−n)
c) wn=(1+n2)3n
d) tn=nnn!
e) La suite définie par x0=0 et xn+1=2+xn : montrez qu'elle converge et donnez sa limite.
Voir la correction
a) C'est une somme de Riemann de f(x)=1+x1 sur [0,1] avec le découpage régulier et l'évaluation à droite. Donc un→∫011+xdx=ln2≈0,693.
b) Forme ∞⋅0. On multiplie par le conjugué : vn=n2+1+nn(n2+1−n2)=n2+1+nn. En divisant par n : 1+1/n2+11→21.
c) Forme 1∞ : lnwn=3nln(1+n2)∼3n⋅n2=6, donc wn→e6≈403,4.
d) Encadrement. On écrit tn=n1⋅n2⋅n3⋯nn. Tous les facteurs après le premier sont au plus 1, donc 0<tn≤n1. Par le théorème du sandwich, tn→0. (Le critère de d'Alembert donne le même résultat : le rapport tend vers 1/e<1.)
e) Récurrence xn+1=g(xn) avec g(x)=2+x. Par récurrence, 0≤xn≤2 : c'est vrai pour x0=0, et si 0≤xn≤2 alors 2≤xn+1≤2. La suite est croissante car xn+12−xn2=2+xn−xn2=(2−xn)(1+xn)≥0. Croissante et majorée, elle converge (théorème de la convergence monotone). Sa limite L vérifie L=2+L, donc L2−L−2=0 et L=2 (la racine −1 est rejetée car L≥0). Le point fixe est attractif : ∣g′(2)∣=241=41<1.
Exercice 8 : La nature de cinq séries
Pour chaque série, nommez le test employé, vérifiez ses hypothèses et concluez. Une série peut être absolument convergente, semi-convergente ou divergente : la question d) demande de trancher entre les trois.
a) ∑n≥12n2+3n2
b) ∑n≥1nnn!
c) ∑n≥2nln2n1 (donnez aussi la valeur de l'intégrale correspondante)
a) Le terme général tend vers 21=0. Le test du terme général conclut immédiatement : la série diverge (grossièrement). C'est le premier réflexe, avant tout autre test.
b) Factorielles et puissances : critère de d'Alembert. anan+1=(n+1)n+1(n+1)!⋅n!nn=(n+1)nnn=(1+n1)n1→e1≈0,368<1. La série converge (absolument).
c) Test de l'intégrale : f(x)=xln2x1 est positive, continue et décroissante sur [2,∞[. Avec u=lnx, ∫2∞xln2xdx=∫ln2∞u2du=ln21≈1,443, qui est finie. La série converge. (Comparer avec ∑nlnn1, qui diverge : le carré au dénominateur fait toute la différence.)
d) Série alternée. La suite ln(n+1)1 est positive, décroissante et tend vers 0 : le critère des séries alternées donne la convergence. Mais la série des valeurs absolues, ∑ln(n+1)1, diverge, car ln(n+1)<n entraîne ln(n+1)1>n1 et la série harmonique diverge. La série est donc semi-convergente : elle converge, mais pas absolument.
e) Comparaison par limite avec la série harmonique : 1/nsin(1/n)→1, une limite finie et non nulle. Les deux séries sont donc de même nature, et comme ∑n1 diverge, ∑sinn1 diverge aussi. Le fait que sinn1→0 ne prouve rien : c'est la vitesse de la décroissance qui décide.
Exercice 9 : Une série entière et ses trois usages
On étudie la série entière f(x)=∑n≥1nxn. Une même série sert successivement à définir une fonction, à sommer une série numérique et à calculer une valeur approchée.
a) Déterminez le rayon de convergence, puis étudiez séparément les deux bornes. Donnez l'intervalle de convergence exact.
b) En dérivant terme à terme, identifiez f à une fonction usuelle. Justifiez le droit de dériver terme à terme.
c) Déduisez-en la somme de la série harmonique alternée ∑n≥1n(−1)n+1.
d) Déduisez-en aussi la valeur exacte de ∑n≥1n2n1.
Voir la correction
a) Critère de d'Alembert sur nxn : n+1∣x∣n+1⋅∣x∣nn=∣x∣n+1n→∣x∣. La série converge absolument pour ∣x∣<1 : le rayon est R=1. En x=1 on retrouve la série harmonique ∑n1, divergente. En x=−1 on retrouve la série harmonique alternée, convergente par le critère des séries alternées. L'intervalle de convergence est donc [−1,1[.
b) À l'intérieur de son disque de convergence, une série entière se dérive terme à terme, et la série dérivée a le même rayon. Ici f′(x)=∑n≥1xn−1=1−x1 pour ∣x∣<1 (série géométrique). Donc f(x)=−ln(1−x)+K, et f(0)=0 impose K=0 : f(x)=−ln(1−x),−1≤x<1.
c) On évalue en x=−1, ce qui est licite car la série y converge et la somme y est continue (théorème d'Abel) : ∑n≥1n(−1)n=f(−1)=−ln2,donc∑n≥1n(−1)n+1=ln2≈0,693.
d) On évalue en x=21, bien à l'intérieur de l'intervalle : ∑n≥1n2n1=f(21)=−ln(1−21)=ln2. Les deux sommes valent ln2, mais la seconde converge géométriquement vite (10 termes donnent déjà 4 décimales) alors que la première exige des centaines de milliers de termes. Même somme, deux vitesses sans commune mesure.
Partie D : Taylor et équations différentielles (/25)
Exercice 10 : Taylor : approcher, borner l'erreur, puis calculer
Un développement de Taylor ne vaut que si l'on sait dire à quelle distance de la vraie valeur on se trouve. Les quatre questions suivent cet ordre : le développement, la borne, la limite, puis l'intégrale impossible.
a) Écrivez le polynôme de Maclaurin de degré 3 de f(x)=ln(1+x), ainsi que le reste de Lagrange R3.
b) Approchez ln(1,2) par ce polynôme, puis majorez l'erreur par le reste de Lagrange. Comparez la borne à l'erreur réelle.
c) Utilisez le développement pour calculer limx→0x3ln(1+x)−x+2x2.
d) La fonction e−x2 n'a pas de primitive élémentaire. Calculez ∫00,5e−x2dx avec 5 termes de la série de Maclaurin, et bornez l'erreur.
Voir la correction
a) Les dérivées en 0 : f(0)=0, f′(x)=1+x1 donne f′(0)=1, f′′(x)=(1+x)2−1 donne f′′(0)=−1, f′′′(x)=(1+x)32 donne f′′′(0)=2. Donc P3(x)=x−2x2+3x3,R3(x)=4!f(4)(c)x4=(1+c)4−6⋅24x4 pour un c entre 0 et x.
b) P3(0,2)=0,2−0,02+30,008=0,1826667. Pour la borne : sur [0;0,2], f(4)(c)=(1+c)46 est maximale en c=0 et vaut 6. Donc ∣R3∣≤246(0,2)4=40,0016=4,0×10−4. La valeur exacte est ln(1,2)=0,1823216, donc l'erreur réelle vaut 3,45×10−4 : elle est bien inférieure à la borne, et du même ordre de grandeur, ce qui indique une majoration serrée.
c) On remplace ln(1+x) par son développement : ln(1+x)−x+2x2=(x−2x2+3x3−⋯)−x+2x2=3x3−4x4+⋯ En divisant par x3 : 31−4x+⋯→31. La règle de L'Hôpital donnerait le même résultat, mais en trois dérivations successives d'un quotient de plus en plus lourd.
d) On part de eu=∑n!un avec u=−x2, puis on intègre terme à terme (licite, le rayon est infini) : ∫0ae−x2dx=∑n≥0n!(2n+1)(−1)na2n+1. Pour a=0,5, les cinq premiers termes valent 0,5−0,0416667+0,0031250−0,0001860+0,0000090, dont la somme est 0,4612814. La série est alternée à termes décroissants, donc l'erreur est majorée par le premier terme négligé : 5!⋅110,511=3,7×10−7. On peut donc annoncer 0,461281 avec six décimales sûres (la valeur exacte est 0,4612810).
Exercice 11 : Trois équations différentielles et une solution qui explose
Trois équations, trois méthodes. La dernière question montre qu'une équation différentielle parfaitement inoffensive peut avoir une solution qui cesse d'exister au bout d'un temps fini.
a) Résolvez y′+x2y=x2cosx sur ]0,∞[ avec y(π)=0.
b) Résolvez dxdy=xe−y avec y(0)=0, et précisez le domaine de la solution.
c) Vérifiez vos deux solutions en les reportant dans leur équation. Expliquez pourquoi cette vérification n'est pas facultative.
d) Résolvez y′=y2 avec y(0)=1. Montrez que la solution n'existe pas au-delà d'un certain x, et donnez cet instant. Que devient la solution quand x s'en approche ?
Voir la correction
a) Équation linéaire du premier ordre, avec P(x)=x2. Facteur intégrant : μ=e∫2dx/x=e2lnx=x2. En multipliant : x2y′+2xy=cosx, c'est-à-dire (x2y)′=cosx. Donc x2y=sinx+C. La condition y(π)=0 donne 0=sinπ+C=C, d'où y=x2sinx.
b) Équation séparable : eydy=xdx, donc ey=2x2+C. La condition y(0)=0 donne e0=1=C, d'où ey=1+2x2 et y=ln(1+2x2). L'argument du logarithme vaut au moins 1, donc la solution est définie sur tout R.
c) Pour a) : y′=x4x2cosx−2xsinx=x2cosx−x32sinx, et x2y=x32sinx : la somme vaut bien x2cosx. Pour b) : y′=1+x2/2x et xe−y=1+x2/2x : identiques. La vérification n'est pas facultative parce que la résolution passe par des opérations qui peuvent introduire ou perdre des solutions (division par une expression pouvant s'annuler, exponentielle d'une constante d'intégration, choix d'une branche du logarithme). Reporter dans l'équation est le seul contrôle qui ne dépend pas de ces manipulations.
d) Séparable : y2dy=dx, donc −y1=x+C. Avec y(0)=1 : −1=C, d'où −y1=x−1 et y=1−x1. La solution est définie sur ]−∞,1[ et y→+∞ quand x→1− : elle explose en temps fini, à x=1. Rien dans l'équation ne l'annonçait, y′=y2 étant définie et lisse partout. La morale : l'existence d'une solution d'équation différentielle est en général locale, et le domaine de validité fait partie de la réponse.
Exercice 12 : Problème de synthèse : trois façons de calculer pi, et une seule qui est raisonnable
Ce problème enchaîne quatre chapitres du cours sur un même objet : une intégrale définie très simple, dont on tire une série entière, puis une série numérique, puis une méthode numérique. La question finale compare honnêtement leurs coûts.
a) Calculez ∫011+x2dx de façon exacte.
b) Écrivez le développement en série entière de 1+x21 et donnez son rayon de convergence. Intégrez terme à terme pour obtenir la série de arctanx.
c) Déduisez-en la formule de Leibniz 4π=∑n≥02n+1(−1)n, puis déterminez, par la borne des séries alternées, combien de termes il faut pour obtenir π avec 4 décimales exactes.
d) Appliquez la méthode de Simpson avec n=4 à l'intégrale de a), multipliez par 4, et comparez l'erreur obtenue au nombre de termes trouvé en c). Que concluez-vous ?
Voir la correction
a) Une primitive est arctanx, donc ∫011+x2dx=arctan1−arctan0=4π≈0,7853982.
b) C'est une série géométrique de raison −x2 : 1+x21=∑n≥0(−1)nx2n,∣x∣<1, de rayon R=1. En intégrant terme à terme de 0 à x (licite à l'intérieur du disque de convergence) : arctanx=∑n≥02n+1(−1)nx2n+1.
c) En x=1, la série ∑2n+1(−1)n converge par le critère des séries alternées, et le théorème d'Abel autorise le passage à la limite : 4π=∑n≥02n+1(−1)n. Pour la précision : après N termes, l'erreur sur 4π est majorée par le premier terme négligé, 2N+11, donc l'erreur sur π est majorée par 2N+14. Quatre décimales exactes exigent 2N+14<5×10−5, soit 2N+1>80000 et N≥40000 termes.
d) Simpson avec n=4 et h=0,25 sur f(x)=1+x21 : f(0)=1, f(0,25)=0,9411765, f(0,5)=0,8, f(0,75)=0,64, f(1)=0,5. S=3h[f0+4f1+2f2+4f3+f4]=30,25(9,4247059)=0,7853922. Donc 4S=3,1415686, à comparer à π=3,1415927 : l'erreur vaut 2,4×10−5, soit déjà mieux que les 4 décimales, avec cinq évaluations de la fonction. Conclusion : la série de Leibniz est magnifique et pédagogiquement décisive, mais catastrophique en pratique, parce qu'elle converge en N1 ; Simpson converge en n41 et bat 40 000 termes avec 5 points. Une identité exacte et un algorithme efficace sont deux choses différentes.
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