Calcul différentiel 201-SN2-RE (ancien 201-NYA) • Examen final de synthèse • Montréal
Examen final blanc corrigé de calcul différentiel (201-SN2-RE, ancien 201-NYA)
Voici un examen final blanc de calcul différentiel 201-SN2-RE (ancien 201-NYA), calibré sur le niveau réel des examens de fin de session au cégep. Les séries par chapitre vous entraînent sur une technique à la fois. Ici, c'est l'inverse : les douze exercices traversent tout le cours, et rien ne vous dit s'il faut une limite, la règle de chaîne, une dérivation implicite ou une étude de signe. Savoir choisir l'outil, c'est précisément ce que l'examen final évalue.
L'examen compte quatre parties de 25 points. La partie A porte sur les limites (exercice 1), la continuité et la dérivabilité d'une fonction définie par morceaux (exercice 2), et le trio existence, unicité et valeur d'une solution par le théorème des valeurs intermédiaires et la méthode de Newton (exercice 3). La partie B porte sur le calcul des dérivées : règle de chaîne et dérivation logarithmique (exercice 4), dérivation implicite sur une ellipse inclinée (exercice 5) et dérivée d'une fonction réciproque (exercice 6). La partie C porte sur l'étude complète d'une fonction à asymptote oblique (exercice 7), l'approximation linéaire et la différentielle appliquées à l'incertitude sur la période d'un pendule (exercice 8), et la lecture du graphique de f′ (exercice 9). La partie D réunit les problèmes appliqués : l'optimisation d'une gouttière pliée (exercice 10), les taux liés d'une auge qui se remplit (exercice 11), et un modèle logistique de diffusion d'une application sur un campus (exercice 12).
Les pièges sont ceux qui coûtent des points à l'examen final : la forme 1∞ prise pour 1 (exercice 1), un changement de concavité en un nombre hors du domaine pris pour un point d'inflexion (exercice 7), des questions sur f résolues sur la courbe de f′ (exercice 9), et une profondeur que l'auge n'atteint jamais (exercice 11).
Faites-le en conditions réelles : 3 heures chronométrées, calculatrice permise, sans formulaire. Rédigez chaque justification, parce qu'un résultat juste sans démarche vaut peu de points à l'examen final. Le corrigé détaille non seulement le calcul, mais la raison pour laquelle telle méthode s'impose.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Limites : formes indéterminées 00, ∞∞, ∞−∞, 1∞. Outils : factorisation, conjugué, mise en évidence du terme dominant, limu→0usinu=1, limx→∞(1+xk)x=ek, et la règle de L'Hôpital.
•Continuité et dérivabilité : f est continue en a si limx→af(x)=f(a) ; dérivable en a si limh→0hf(a+h)−f(a) existe. Dérivable ⇒ continue, jamais l'inverse.
•Applications : taux liés (dériver la relation par rapport à t), optimisation (une seule variable, un domaine réaliste, une justification du maximum), méthode de Newton xn+1=xn−g′(xn)g(xn).
Partie A : Limites, continuité et fondements (/25)
Exercice 1 : Cinq limites, cinq techniques différentes
Chacune de ces limites appelle une technique différente. Identifiez d'abord la forme indéterminée, choisissez ensuite l'outil, et justifiez le passage à la limite. La règle de L'Hôpital est permise, mais elle ne s'applique qu'aux formes 00 et ∞∞.
a) limx→3x−3x+1−2
b) limx→+∞(x2+6x−x)
c) limx→0tan(3x)sin(5x)
d) limx→2−∣x−2∣x2−4, puis dites si la limite en x=2 existe des deux côtés. Justifiez.
e) limx→+∞(1+x3)2x
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Réponses
a)41
b)3
c)35
d)−4 à gauche, 4 à droite : pas de limite
e)e6≈403,43
a)
Forme 00. On multiplie par le conjugué : x−3x+1−2⋅x+1+2x+1+2=(x−3)(x+1+2)(x+1)−4=x+1+21. En x=3 : 2+21=41.
b)
Forme ∞−∞. Conjugué encore : x2+6x+x(x2+6x)−x2=x2+6x+x6x. On divise haut et bas par x>0 : 1+6/x+16⟶1+16=3.
c)
Forme 00. On écrit tan3xsin5x=5xsin5x⋅tan3x3x⋅35. Les deux premiers facteurs tendent vers 1, d'où la limite 35.
d)
À gauche de 2, x−2<0 donc ∣x−2∣=2−x. Alors 2−x(x−2)(x+2)=−(x+2)⟶−4. À droite, ∣x−2∣=x−2 et l'expression vaut x+2⟶4. Les deux limites latérales diffèrent : la limite en 2 n'existe pas.
e)
Forme 1∞. On pose y=(1+x3)2x, donc lny=2xln(1+x3). Avec u=3/x→0 : lny=u6ln(1+u)→6 puisque uln(1+u)→1. Donc y→e6≈403,43.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Raccorder deux morceaux : continue, dérivable, et après ?
Soit la fonction f définie par morceaux : f(x)=ax2+bx si x≤1, et f(x)=lnx+3 si x>1, où a et b sont deux constantes réelles.
a) Écrivez la condition de continuité en x=1 sous forme d'une équation en a et b.
b) Écrivez la condition de dérivabilité en x=1 sous forme d'une seconde équation, puis résolvez le système et donnez a et b.
c) Avec ces valeurs, calculez f′′ à gauche et à droite de 1. La fonction f est-elle deux fois dérivable en 1 ? Que peut-on tout de même affirmer sur f′ en ce point ?
d) Justifiez que f atteint un maximum absolu et un minimum absolu sur [0,2], puis donnez-les.
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Réponses
a)a+b=3
b)a=−2, b=5
c)−4 et −1 : C1 mais pas deux fois dérivable
d)Minimum 0, maximum 3+ln2≈3,693
a)
À droite : limx→1+f(x)=ln1+3=3. À gauche et en 1 : f(1)=a+b. La continuité exige donc a+b=3.
b)
Les dérivées latérales : à gauche f′(x)=2ax+b donne 2a+b ; à droite f′(x)=x1 donne 1. La dérivabilité exige 2a+b=1. En soustrayant la première équation : a=1−3=−2, puis b=3−a=5. Donc a=−2, b=5, et f′(1)=1. (Noter que la dérivabilité n'a de sens ici qu'une fois la continuité assurée : sans elle, comparer les dérivées latérales ne prouve rien.)
c)
À gauche, f′(x)=−4x+5 donc f′′(x)=−4 : la limite à gauche de f′′ est −4. À droite, f′(x)=x1 donc f′′(x)=−x21, qui vaut −1 en 1. Les deux valeurs diffèrent : f′ n'est pas dérivable en 1, donc f n'est pas deux fois dérivable en ce point. En revanche f′ y est bien définie et continue (elle vaut 1 des deux côtés) : f est de classe C1 mais pas C2. Le graphe a une tangente unique en (1,3), mais sa courbure y saute.
d)
f est continue sur [0,2] (polynôme, puis logarithme, raccordés à la question a) et [0,2] est un intervalle fermé borné : par le théorème des bornes atteintes, f y atteint son maximum et son minimum. Sur [0,1], f(x)=−2x2+5x a son sommet en x=45>1, donc f y est croissante, de f(0)=0 à f(1)=3. Sur (1,2], lnx+3 est croissante, de 3 à f(2)=3+ln2≈3,693. Donc f est croissante sur tout [0,2] : minimum f(0)=0, maximum f(2)=3+ln2≈3,69.
Exercice 3 : Existence, unicité, puis la valeur : le trio complet
On étudie l'équation xex=2, qu'aucune manipulation algébrique élémentaire ne résout. On pose g(x)=xex−2. L'examen attend trois choses distinctes : prouver qu'une solution existe, prouver qu'il n'y en a qu'une, puis la calculer numériquement.
a) Montrez, en citant le théorème utilisé et en vérifiant ses hypothèses, que l'équation admet au moins une solution dans [0,1].
b) Montrez que cette solution est unique dans R. Attention : g′ n'est pas positive partout, votre argument doit traiter aussi les x<0.
c) Appliquez la méthode de Newton à partir de x0=1 et donnez x1 et x2 avec 5 décimales.
d) Sans calculer la solution exacte, estimez l'erreur ∣x2−r∣ par l'approximation linéaire ∣x2−r∣≈g′(x2)∣g(x2)∣, et concluez sur le nombre de décimales fiables.
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Réponses
a)g(0)=−2<0<g(1)≈0,718
b)Aucune racine pour x≤0 ; g croissante pour x>0
c)x1≈0,86788, x2≈0,85278
d)Erreur ≈1,78×10−4 : r≈0,853
a)
g est continue sur [0,1] (produit et somme de fonctions continues). g(0)=0⋅e0−2=−2<0 et g(1)=e−2≈0,718>0. Par le théorème des valeurs intermédiaires, il existe r∈]0,1[ tel que g(r)=0.
b)
g′(x)=ex+xex=ex(1+x), qui est négative pour x<−1 : g n'est donc pas monotone sur R et la stricte croissance ne suffit pas. On sépare : pour x≤0, on a xex≤0<2, donc g(x)<0 et aucune racine. Pour x>0, g′(x)=ex(1+x)>0 : g y est strictement croissante, donc elle s'annule au plus une fois. Combiné à a), la solution existe et est unique.
c)
Newton : xn+1=xn−exn(1+xn)xnexn−2. Depuis x0=1 : g(1)=0,71828, g′(1)=2e=5,43656, d'où x1=1−5,436560,71828=0,86788. Puis g(x1)=0,06716, g′(x1)=4,44902, d'où x2=0,86788−4,449020,06716=0,85278.
d)
g(x2)=7,73×10−4 et g′(x2)=e0,85278(1,85278)=4,3470. L'estimation donne ∣x2−r∣≈4,34707,73×10−4≈1,78×10−4. Trois décimales sont donc fiables : r≈0,853. (La valeur exacte, r=0,852606…, confirme une erreur de 1,78×10−4 : l'estimation linéaire est ici remarquablement juste, parce que g varie peu sur un intervalle aussi court.)
Partie B : Le calcul des dérivées (/25)
Exercice 4 : Quatre dérivées, quatre outils
Dérivez chaque fonction en indiquant la ou les règles employées. Simplifiez et factorisez le résultat autant que possible : une réponse non factorisée coûte des points à l'examen, parce qu'elle rend l'étude de signe impossible.
a) f(x)=(3x2−1)5(2x+7)3
b) g(x)=arctan(x), pour x>0
c) h(x)=xsinx, pour x>0 (indice : la base et l'exposant dépendent tous deux de x)
d) y=e2xcos(3x) : calculez y′ et y′′, puis montrez que y′′−4y′+13y=0.
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Réponses
a)6(3x2−1)4(2x+7)2(13x2+35x−1)
b)2x(1+x)1
c)xsinx(cosxlnx+xsinx)
d)y′′=e2x(−5cos3x−12sin3x) ; somme nulle
a)
Produit et chaîne : f′(x)=5(3x2−1)4(6x)(2x+7)3+(3x2−1)5⋅3(2x+7)2(2). On met en évidence (3x2−1)4(2x+7)2 : f′(x)=(3x2−1)4(2x+7)2[30x(2x+7)+6(3x2−1)]=(3x2−1)4(2x+7)2(78x2+210x−6), soit f′(x)=6(3x2−1)4(2x+7)2(13x2+35x−1).
b)
Chaîne avec arctan′(u)=1+u21 et u=x, u′=2x1 : g′(x)=1+(x)21⋅2x1=2x(1+x)1.
c)
Dérivation logarithmique. lnh=sinx⋅lnx, donc hh′=cosxlnx+xsinx, d'où h′(x)=xsinx(cosxlnx+xsinx). La règle de la puissance ne s'applique pas ici : l'exposant n'est pas constant.
d)
y′=2e2xcos3x−3e2xsin3x=e2x(2cos3x−3sin3x). Puis y′′=2e2x(2cos3x−3sin3x)+e2x(−6sin3x−9cos3x)=e2x(−5cos3x−12sin3x). Enfin y′′−4y′+13y=e2x[(−5−8+13)cos3x+(−12+12)sin3x]=0.
Exercice 5 : Une courbe qui n'est le graphe d'aucune fonction
On considère la courbe d'équation x2−xy+y2=7. C'est une ellipse inclinée : une verticale peut la couper en deux points, donc elle n'est le graphe d'aucune fonction y=f(x). La dérivation implicite donne pourtant la pente de sa tangente en chaque point.
a) Dérivez implicitement et exprimez dxdy en fonction de x et de y.
b) Vérifiez que le point (1,3) est sur la courbe, puis donnez l'équation de la tangente en ce point.
c) Trouvez les points où la tangente est horizontale. Donnez leurs coordonnées exactes.
d) Montrez que l'échange (x,y)↦(y,x) laisse l'équation inchangée, puis déduisez-en les points à tangente verticale sans refaire aucun calcul.
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Réponses
a)dxdy=2y−xy−2x
b)y=5x+514
c)±(37;237)
d)±(237;37)
a)
On dérive chaque terme par rapport à x en traitant y comme une fonction de x : 2x−(y+xdxdy)+2ydxdy=0. On regroupe : dxdy(2y−x)=y−2x, donc dxdy=2y−xy−2x.
b)
12−(1)(3)+32=1−3+9=7 : le point est bien sur la courbe. La pente vaut 6−13−2=51, d'où la tangente y−3=51(x−1), soit y=5x+514.
c)
Tangente horizontale : dxdy=0, donc y=2x (avec 2y−x=0, ce qui est vérifié puisque 2y−x=3x=0). On reporte dans l'équation : x2−2x2+4x2=7, soit 3x2=7 et x=±7/3. Les points sont (37,237)≈(1,53;3,06) et son opposé (−37,−237).
d)
En échangeant x et y, l'équation devient y2−yx+x2=7, identique à l'originale : la courbe est symétrique par rapport à la droite y=x. Or cette symétrie échange les axes, donc elle transforme toute tangente horizontale en tangente verticale. Les points cherchés sont les symétriques de ceux de c), c'est-à-dire (237,37)≈(3,06;1,53) et son opposé. On peut le confirmer sur la formule : le dénominateur 2y−x s'annule quand x=2y.
Exercice 6 : La fonction réciproque et ses deux dérivées
Soit f(x)=x3+3x−2. On ne sait pas exprimer f−1 par une formule simple, et pourtant on peut calculer ses dérivées. C'est tout l'intérêt du théorème de la dérivée de la réciproque.
a) Montrez que f est une bijection de R sur R. Précisez ce qui assure la surjectivité.
b) Calculez f−1(2), puis (f−1)′(2).
c) Démontrez la formule (f−1)′(b)=f′(f−1(b))1 à partir de l'identité f(f−1(x))=x et de la règle de chaîne.
d) En dérivant une seconde fois cette identité, établissez une formule pour (f−1)′′(b), puis appliquez-la pour obtenir (f−1)′′(2).
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Réponses
a)f′≥3 et limites infinies : bijection
b)f−1(2)=1 ; (f−1)′(2)=61
c)f′(f−1(x))⋅(f−1)′(x)=1
d)(f−1)′′=−(f′)3f′′ : −361
a)
f′(x)=3x2+3≥3>0 pour tout x : f est strictement croissante sur R, donc injective. Elle est continue (polynôme) et limx→−∞f(x)=−∞, limx→+∞f(x)=+∞ : par le théorème des valeurs intermédiaires, tout réel est atteint, donc f est surjective. C'est bien une bijection de R sur R.
b)
On cherche a tel que f(a)=2 : a3+3a−2=2, soit a3+3a−4=0. La racine évidente a=1 convient (1+3−4=0), et elle est unique par la stricte croissance. Donc f−1(2)=1. Ensuite f′(1)=3+3=6, d'où (f−1)′(2)=61.
c)
Posons u(x)=f−1(x). L'identité f(u(x))=x est valable sur tout R. On dérive des deux côtés par la règle de chaîne : f′(u(x))⋅u′(x)=1. Comme f′ ne s'annule jamais, on isole : u′(x)=f′(u(x))1, c'est-à-dire (f−1)′(b)=f′(f−1(b))1.
d)
On dérive f′(u)u′=1 une fois de plus, avec la règle du produit et la règle de chaîne : f′′(u)(u′)2+f′(u)u′′=0, d'où u′′=−f′(u)f′′(u)(u′)2=−[f′(u)]3f′′(u) en remplaçant u′ par 1/f′(u). Ici f′′(x)=6x, donc avec u(2)=1 : (f−1)′′(2)=−[f′(1)]3f′′(1)=−636=−361. Le signe négatif dit que f−1 est concave au voisinage de 2, ce qui est cohérent : f est convexe au voisinage de 1.
Partie C : Analyse de fonctions et approximation (/25)
Exercice 7 : Étude complète d'une fonction à asymptote oblique
Faites l'étude complète de f(x)=x−1x2+3. Une division vous simplifiera beaucoup la vie : commencez par elle.
a) Donnez le domaine, puis écrivez f sous la forme mx+p+x−1k. Déduisez-en l'asymptote verticale (avec les deux limites latérales) et l'asymptote oblique.
b) Calculez f′, étudiez son signe et dressez le tableau de variation. Donnez les extremums relatifs.
c) Calculez f′′, étudiez la concavité et dites si la courbe possède un point d'inflexion. Justifiez.
d) Le maximum relatif vaut −2 et le minimum relatif vaut 6. Expliquez comment un maximum peut être inférieur à un minimum, puis esquissez la courbe avec ses deux asymptotes.
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Réponses
a)f(x)=x+1+x−14 ; x=1 et y=x+1
b)Maximum −2 en −1, minimum 6 en 3
c)f′′=(x−1)38 : pas d'inflexion
d)Deux branches séparées par x=1
a)
Domaine : R∖{1}. Division : x2+3=(x+1)(x−1)+4, donc f(x)=x+1+x−14. Asymptote verticale x=1 : quand x→1+, x−14→+∞ donc f→+∞ ; quand x→1−, f→−∞. Asymptote oblique : f(x)−(x+1)=x−14→0 quand x→±∞, donc y=x+1 est asymptote oblique aux deux bouts. La courbe est au-dessus de l'asymptote pour x>1 et en dessous pour x<1.
b)
f′(x)=1−(x−1)24=(x−1)2(x−1)2−4=(x−1)2(x−3)(x+1). Le dénominateur est toujours positif, donc le signe est celui de (x−3)(x+1) : f′>0 sur ]−∞,−1[, f′<0 sur ]−1,1[ et ]1,3[, f′>0 sur ]3,+∞[. Donc f croît, atteint un maximum relatif en x=−1 avec f(−1)=−24=−2, décroît jusqu'à l'asymptote, redescend de +∞ après 1, atteint un minimum relatif en x=3 avec f(3)=212=6, puis croît.
c)
À partir de f′(x)=1−4(x−1)−2 : f′′(x)=8(x−1)−3=(x−1)38. Elle ne s'annule jamais. Pour x<1, f′′<0 : la courbe est concave vers le bas. Pour x>1, f′′>0 : concave vers le haut. Il y a bien un changement de concavité en x=1, mais x=1 n'appartient pas au domaine : il n'y a donc aucun point d'inflexion. C'est le piège classique, un changement de concavité ne suffit pas, il faut un point sur la courbe.
d)
Il n'y a pas de contradiction : maximum et minimum sont ici seulement relatifs, et ils appartiennent à deux branches séparées par l'asymptote verticale. Sur la branche de gauche, f ne dépasse jamais −2 ; sur celle de droite, elle ne descend jamais sous 6. Aucun théorème n'oblige un maximum local d'une branche à dépasser un minimum local d'une autre, précisément parce que la fonction n'est pas continue sur ]−∞,3]. Le croquis : deux branches d'hyperbole-oblique de part et d'autre de x=1, chacune collée à y=x+1 à l'infini, avec le sommet (−1,−2) à gauche et le creux (3,6) à droite.
Exercice 8 : Linéariser : une racine cubique et un pendule
L'approximation linéaire f(x)≈f(a)+f′(a)(x−a) sert à deux choses : estimer une valeur sans calculatrice, et propager une incertitude de mesure. Les deux usages sont ici.
a) Estimez 3124 par linéarisation autour de a=125. Donnez ensuite l'écart avec la valeur de la calculatrice.
b) La période d'un pendule simple est T=2πgL. Montrez, par la différentielle, que TdT=21LdL.
c) On mesure L=1,000 m avec une incertitude de ±5 mm, et on prend g=9,8 m/s². Donnez T, l'incertitude absolue dT et l'incertitude relative en pourcentage.
d) Quelle précision faut-il exiger sur L pour que l'incertitude relative sur T descende sous 0,1% ?
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Réponses
a)≈4,986667, écart 3,6×10−5
b)TdT=21LdL
c)T≈2,0071 s ; dT≈0,0050 s ; 0,25 %
d)dL<2 mm
a)
f(x)=x1/3, f′(x)=31x−2/3. En a=125 : f(125)=5 et f′(125)=3⋅251=751. Donc 3124≈5+75124−125=5−751≈4,986667. La calculatrice donne 4,986631 : l'écart vaut 3,6×10−5, soit environ sept millionièmes en relatif. La linéarisation est excellente parce que 124 est très proche de 125 et que f′′ y est minuscule.
b)
On prend le logarithme avant de différentier : lnT=ln(2π)+21lnL−21lng. En différentiant, TdT=21LdL (le terme en g disparaît, g étant constant). Autrement dit, une erreur relative sur la longueur ne se transmet qu'à moitié sur la période : la racine carrée amortit l'erreur.
c)
T=2π9,81,000=2,0071 s. Erreur relative : TdT=21⋅1,0000,005=0,0025=0,25%. Erreur absolue : dT=0,0025×2,0071=0,0050 s. (Le calcul exact donne T(1,005)−T(1,000)=0,00501 s : la différentielle est fidèle à trois chiffres.)
d)
On veut TdT<0,001, donc 21LdL<0,001, soit LdL<0,002 et dL<0,002×1,000=0,002 m. Il faut mesurer la longueur à ±2 mm, soit deux fois et demie plus précisément qu'avec les 5 mm de départ.
Exercice 9 : Remonter du graphique de la dérivée à la fonction
Le graphique ci-dessous est celui de f′, la dérivée d'une fonction f dérivable sur R, dont l'expression n'est pas donnée. On sait seulement que f(0)=1. Attention : toutes les questions portent sur f, pas sur la courbe dessinée.
a) Lisez sur le graphique les zéros de f′, puis donnez les intervalles de croissance et de décroissance de f et la nature de chaque extremum relatif.
b) Repérez les extremums de f′ et déduisez-en les intervalles de concavité de f ainsi que les abscisses de ses points d'inflexion.
c) Le graphique suggère que f′ est impaire. En admettant que f′(−x)=−f′(x) pour tout x, démontrez que f est paire. Indice : dérivez x↦f(x)−f(−x).
d) Comparez les deux minimums relatifs de f. Lequel est le plus bas ? Justifiez sans calculer f.
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Réponses
a)Minimums en ±3, maximum en 0
b)Inflexions en x=±1
c)φ′=0, φ(0)=0 : f paire
d)Les deux minimums sont égaux
a)
f′ s'annule en x=−3≈−1,73, x=0 et x=3≈1,73. Signe lu sur la courbe : f′<0 sur ]−∞,−3[, f′>0 sur ]−3,0[, f′<0 sur ]0,3[, f′>0 sur ]3,+∞[. Donc f décroît, croît, décroît, croît : minimum relatif en −3, maximum relatif en 0 (valeur f(0)=1), minimum relatif en 3.
b)
f′ atteint un maximum en (−1,2) et un minimum en (1,−2). Or f′′ est la dérivée de f′ : f′′>0 là où f′ croît, c'est-à-dire sur ]−∞,−1[ et ]1,+∞[ (concavité vers le haut), et f′′<0 sur ]−1,1[ (concavité vers le bas). Les points d'inflexion de f sont donc en x=−1 et x=1, là où f′ change de sens de variation.
c)
Posons φ(x)=f(x)−f(−x). Par la règle de chaîne, φ′(x)=f′(x)+f′(−x)=f′(x)−f′(x)=0 pour tout x. Une fonction de dérivée nulle sur R est constante (conséquence du théorème des accroissements finis). Or φ(0)=f(0)−f(0)=0, donc la constante est nulle : f(x)=f(−x) pour tout x, et f est paire.
d)
Puisque f est paire, f(−3)=f(3) : les deux minimums relatifs sont exactement égaux, aucun n'est plus bas que l'autre. Ce sont d'ailleurs les minimums absolus de f, car f décroît vers eux depuis ±∞ et remonte ensuite.
Partie D : Problèmes appliqués (/25)
Exercice 10 : La gouttière pliée : le meilleur angle
Une feuille de métal de 30 cm de large et de 4 m de long est pliée en trois bandes égales de 10 cm pour former une gouttière : la bande centrale reste horizontale et les deux bandes latérales sont relevées du même angle θ par rapport à l'horizontale. On cherche l'angle qui maximise le débit, c'est-à-dire l'aire de la section transversale.
a) Montrez que l'aire de la section transversale vaut A(θ)=100sinθ(1+cosθ) pour θ∈]0,2π]. Décomposez la section en un rectangle et deux triangles.
b) Calculez A′(θ) et montrez qu'elle se factorise en A′(θ)=100(2cosθ−1)(cosθ+1).
c) Trouvez le point critique dans l'intervalle et justifiez, par le signe de A′, qu'il s'agit bien d'un maximum.
d) Donnez l'aire maximale sous forme exacte puis approchée. Comparez-la à celle de la gouttière rectangulaire (θ=2π) et donnez le gain en pourcentage.
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Réponses
a)A(θ)=100sinθ(1+cosθ)
b)A′(θ)=100(2cosθ−1)(cosθ+1)
c)θ=60° : maximum
d)753≈129,9 cm², gain ≈29,9 %
a)
Chaque bande latérale, de longueur 10, monte d'une hauteur 10sinθ et s'écarte horizontalement de 10cosθ. La section est un trapèze : petite base 10 (le fond), grande base 10+2(10cosθ), hauteur 10sinθ. Décomposée, c'est un rectangle 10×10sinθ plus deux triangles rectangles de base 10cosθ et de hauteur 10sinθ : A=10(10sinθ)+2⋅21(10cosθ)(10sinθ)=100sinθ+100sinθcosθ=100sinθ(1+cosθ). La longueur de 4 m n'intervient pas : elle multiplie le volume, pas la section.
b)
A′(θ)=100[cosθ(1+cosθ)+sinθ(−sinθ)]=100[cosθ+cos2θ−sin2θ]. Avec sin2θ=1−cos2θ : A′(θ)=100(2cos2θ+cosθ−1)=100(2cosθ−1)(cosθ+1).
c)
Sur ]0,2π], le facteur cosθ+1 est strictement positif, donc le signe de A′ est celui de 2cosθ−1. Il s'annule pour cosθ=21, soit θ=3π=60∘. Pour θ<60∘, cosθ>21 et A′>0 ; pour θ>60∘, A′<0. La dérivée change de + à − : θ=60∘ donne bien un maximum, et il est absolu sur l'intervalle.
d)
A(3π)=100⋅23⋅(1+21)=753≈129,9 cm². La gouttière rectangulaire (θ=90∘) donne A=100⋅1⋅(1+0)=100 cm². Le gain est de 100129,9−100≈29,9% : incliner les parois de 60° augmente le débit de près de 30 % sans utiliser un centimètre de métal de plus.
Exercice 11 : L'auge qui se remplit de plus en plus lentement
Une auge de 3 m de long a une section transversale en triangle isocèle, pointe vers le bas : elle mesure 1 m de large au sommet pour 0,5 m de profondeur. On y verse de l'eau à un débit constant de 0,02 m³/min. On note h la profondeur de l'eau et w la largeur de la surface libre.
a) Montrez que w=2h, puis que le volume d'eau vaut V=3h2.
b) Calculez la vitesse de montée du niveau, dtdh, à l'instant où h=0,30 m.
c) À ce même instant, à quelle vitesse la surface libre s'élargit-elle ?
d) À quelle profondeur le niveau monte-t-il deux fois moins vite qu'en b) ? Interprétez votre réponse dans le contexte, puis donnez le temps total de remplissage.
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Réponses
a)w=2h, V=3h2
b)901≈0,0111 m/min
c)≈0,0222 m/min
d)Jamais : il faudrait h=0,60 m ; remplissage en 37,5 min
a)
La section est un triangle semblable à celui de l'auge pleine : la largeur croît proportionnellement à la profondeur, avec le rapport 0,51=2, donc w=2h. L'aire mouillée vaut 21wh=21(2h)h=h2, et en multipliant par la longueur 3 m : V=3h2.
b)
On dérive par rapport au temps : dtdV=6hdtdh. Avec dtdV=0,02 et h=0,30 : 0,02=6(0,30)dtdh=1,8dtdh, donc dtdh=1,80,02=901≈0,0111 m/min, soit environ 1,1 cm par minute.
c)
Puisque w=2h, on dérive : dtdw=2dtdh=902≈0,0222 m/min, soit environ 2,2 cm par minute.
d)
En général dtdh=6h0,02 : le niveau monte d'autant plus lentement que l'auge est large en surface. Il monterait deux fois moins vite qu'en b) lorsque h double, soit h=0,60 m. Or l'auge ne fait que 0,50 m de profondeur : cette situation ne se produit jamais. La vitesse la plus faible atteinte est celle du bord, en h=0,50 : 30,02≈0,0067 m/min, encore supérieure à la moitié de 0,0111. Temps de remplissage : V(0,50)=3(0,25)=0,75 m³, donc t=0,020,75=37,5 min.
Exercice 12 : Problème de synthèse : la diffusion d'une application sur un campus
Un campus compte 500 étudiants. Le nombre d'entre eux qui utilisent une nouvelle application, t semaines après son lancement, est modélisé par N(t)=1+9e−0,4t500 pour t≥0. Ce problème mobilise à la fois les limites, la règle du quotient, la règle de chaîne et l'étude de la concavité.
a) Calculez N(0) et limt→+∞N(t). Interprétez chacune des deux valeurs dans le contexte.
b) Calculez N′(t) et montrez qu'elle est strictement positive pour tout t≥0. Que dit ce signe ?
c) Vérifiez que N satisfait la relation N′=0,4N(1−500N), et expliquez ce que cette écriture révèle sur le mécanisme de diffusion.
d) À quel moment la diffusion est-elle la plus rapide ? Donnez cet instant, le nombre d'utilisateurs à ce moment-là et la vitesse de diffusion correspondante. Justifiez par la concavité.
e) Au bout de combien de semaines 90 % du campus utilise-t-il l'application ?
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Réponses
a)N(0)=50 ; limite 500
b)N′=(1+9e−0,4t)21800e−0,4t>0
c)N′=0,4N(1−500N)
d)t≈5,49 semaines, N=250, 50 par semaine
e)t≈10,99 semaines
a)
N(0)=1+9500=50 : l'application démarre avec 50 utilisateurs. Quand t→+∞, e−0,4t→0 donc N(t)→1500=500 : à long terme, tout le campus l'adopte, sans jamais dépasser 500 (la droite N=500 est une asymptote horizontale, et c'est la taille de la population).
b)
Avec u(t)=1+9e−0,4t, on a u′(t)=−3,6e−0,4t et N=500u−1, donc N′=−500u−2u′=(1+9e−0,4t)21800e−0,4t. Le numérateur et le dénominateur sont strictement positifs pour tout t, donc N′>0 : le nombre d'utilisateurs croît sans jamais redescendre.
c)
On pose u=9e−0,4t. Alors N=1+u500 et 1−500N=1−1+u1=1+uu. Le membre de droite vaut donc 0,4⋅1+u500⋅1+uu=(1+u)2200u. Le membre de gauche vaut N′=(1+u)21800e−0,4t=(1+u)2200u puisque 1800e−0,4t=200u. Les deux coïncident. Lecture : la vitesse de diffusion est proportionnelle au produit du nombre d'utilisateurs (ceux qui peuvent parler de l'application) par la proportion de non-utilisateurs (ceux qui restent à convaincre). Elle est donc faible au début faute de porteurs, et faible à la fin faute de cibles.
d)
La diffusion est la plus rapide quand N′ atteint son maximum, c'est-à-dire là où N′′=0 en changeant de signe, soit au point d'inflexion. En dérivant la relation de c) : N′′=0,4N′(1−5002N), qui s'annule pour N=250, la moitié de la population. On résout 1+9e−0,4t500=250, soit 9e−0,4t=1, donc t=0,4ln9≈5,49 semaines. La vitesse y vaut N′=0,4(250)(1−500250)=0,4(250)(0,5)=50 utilisateurs par semaine. Avant ce point N′′>0 (la croissance s'accélère), après N′′<0 (elle s'essouffle) : c'est bien un maximum de N′.
e)
90 % de 500 vaut 450. On résout 1+9e−0,4t500=450, d'où 1+9e−0,4t=910, puis 9e−0,4t=91 et e−0,4t=811. Donc t=0,4ln81≈10,99 semaines, soit environ 11 semaines. Noter la symétrie : 10 % du campus à t=0 et 90 % à t≈10,99, de part et d'autre de l'instant 5,49 où la diffusion est la plus rapide, exactement à mi-chemin. C'est la courbe en S qu'annonçait la lecture de c).
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