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Calcul différentiel 201-NYA • Complément québécois de Terminale et cégep

Exercices corrigés : l'optimisation appliquée (201-NYA)

Voici la série d'exercices corrigés de calcul différentiel 201-NYA sur l'optimisation appliquée, le type de problème le plus long et le plus lourdement pondéré de l'examen final. La partie A installe la méthode : identifier la contrainte et la fonction à optimiser, éliminer une variable, établir le domaine physique, dériver, et surtout JUSTIFIER que le point trouvé est bien un extremum, étape que la moitié des copies oublie. La partie B monte au niveau examen avec trois contextes différents : l'économie avec le coût marginal et le profit maximal, la géométrie du cylindre inscrit dans une sphère, et le problème du temps de parcours minimal qui redonne la loi de la réfraction de Snell-Descartes par le seul calcul différentiel.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature (cours de calcul différentiel 201-NYA) comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de mathématiques.

Les points se perdent rarement sur la dérivation, qui est mécanique, et presque toujours sur les trois étapes qui l'encadrent : traduire l'énoncé en équations, établir le bon domaine, et justifier la nature de l'extremum. Un problème d'optimisation dont la réponse n'est pas justifiée ne vaut qu'une fraction des points, même si le nombre final est exact.

Rappel de cours

  • Méthode en six étapes : 1) faire un SCHÉMA et nommer les variables; 2) écrire la fonction à OPTIMISER; 3) écrire la CONTRAINTE; 4) utiliser la contrainte pour éliminer une variable et n'en garder qu'UNE; 5) établir le DOMAINE physiquement admissible; 6) dériver, trouver les nombres critiques et JUSTIFIER l'extremum.
  • Sur un intervalle FERMÉ borné [a,b][a,b] : le maximum et le minimum absolus existent (théorème des valeurs extrêmes) et se trouvent en comparant ff aux nombres critiques ET aux deux bornes.
  • Sur un intervalle OUVERT : les bornes ne sont pas atteintes. Il faut justifier autrement, par le test de la dérivée première sur tout l'intervalle, par le test de la dérivée seconde, ou en montrant que ff tend vers l'infini (ou vers une valeur plus faible) aux extrémités.
  • S'il n'y a QU'UN seul nombre critique sur l'intervalle et que le test de la dérivée première y montre un maximum local, alors ce maximum est ABSOLU sur cet intervalle. C'est l'argument de justification le plus économique.
  • Économie : le coût marginal est C(x)C'(x), le revenu est R(x)=xp(x)R(x)=x\,p(x)pp est le prix unitaire, et le profit est P(x)=R(x)C(x)P(x)=R(x)-C(x). Le profit est maximal là où R(x)=C(x)R'(x)=C'(x), soit revenu marginal égal au coût marginal.
  • Vérifier toujours que la réponse a un SENS physique : une longueur négative, un rayon nul ou une quantité supérieure au stock disponible signalent une erreur de domaine ou de contrainte.
  • Ne pas confondre la variable à optimiser et la quantité demandée : l'énoncé demande souvent les DIMENSIONS, pas la valeur du maximum, ou l'inverse.

Partie A : La méthode et les problèmes géométriques (/50)

Exercice 1 : Contrainte, fonction objectif et domaine

Un fermier dispose de 200 mètres de clôture pour délimiter un enclos rectangulaire contre un mur de grange, qui n'a donc pas besoin d'être clôturé. On cherche l'aire maximale.

  • a) Faites le schéma, nommez les variables, puis écrivez la fonction à optimiser et la contrainte.
  • b) Ramenez le problème à une seule variable et établissez le domaine physiquement admissible.
  • c) Trouvez les dimensions qui maximisent l'aire, et JUSTIFIEZ qu'il s'agit bien d'un maximum absolu.
  • d) Que devient la réponse si l'enclos doit être clôturé sur ses quatre côtés ? Comparez les deux formes obtenues et commentez.
Voir la correction

a) Schéma : un rectangle dont un côté de longueur LL est le mur de grange, et dont les trois autres côtés sont clôturés, soit le côté LL opposé au mur et les deux côtés de largeur \ell. Fonction à OPTIMISER : l'aire A=LA=L\ell. CONTRAINTE : la clôture disponible est L+2=200L+2\ell=200. C'est la traduction de l'énoncé qui décide de tout : confondre les deux relations, ou clôturer quatre côtés alors que le mur en dispense d'un, fait tomber tout le reste du problème même si le calcul est ensuite impeccable.

b) De la contrainte on tire L=2002L=200-2\ell, que l'on reporte dans l'aire : A()=(2002)=20022A(\ell)=(200-2\ell)\ell=200\ell-2\ell^{2}. Domaine : il faut >0\ell>0 et L=2002>0L=200-2\ell>0, soit <100\ell<100. Le domaine admissible est donc ]0,100[\left]0,100\right[, ou [0,100]\left[0,100\right] si l'on accepte les cas dégénérés d'aire nulle. Prendre l'intervalle FERMÉ [0,100]\left[0,100\right] est ici commode, car il permet d'invoquer directement le théorème des valeurs extrêmes au point c).

c) A()=2004A'(\ell)=200-4\ell, qui s'annule pour =50\ell=50. Alors L=200100=100L=200-100=100 et l'aire vaut A=100×50=5000A=100\times 50=5000 m². Justification : sur l'intervalle fermé [0,100]\left[0,100\right], la fonction continue AA atteint son maximum absolu, et les candidats sont le nombre critique =50\ell=50 et les bornes. Or A(0)=0A(0)=0 et A(100)=0A(100)=0, tandis que A(50)=5000A(50)=5000 : le maximum absolu est bien atteint en =50\ell=50 ✓. On pouvait aussi conclure par A()=4<0A''(\ell)=-4<0, qui montre une parabole concave, donc un sommet qui est un maximum. Les dimensions optimales sont 100100 m parallèlement au mur et 5050 m perpendiculairement.

d) Avec quatre côtés clôturés, la contrainte devient 2L+2=2002L+2\ell=200, soit L+=100L+\ell=100 et L=100L=100-\ell. L'aire est A()=(100)A(\ell)=(100-\ell)\ell, dont la dérivée 1002100-2\ell s'annule en =50\ell=50, d'où L=50L=50 : on obtient un CARRÉ de 50 m de côté, d'aire 25002500 m². Comparaison : avec la même longueur de clôture, l'enclos adossé au mur atteint 50005000 m², soit exactement le DOUBLE. La forme optimale change aussi : un carré dans le second cas, un rectangle deux fois plus long que large dans le premier. L'explication tient en une phrase : le mur fournit gratuitement un côté, et l'optimum consiste toujours à répartir la clôture équitablement entre les deux DIRECTIONS, soit ici 100 m pour la direction parallèle au mur et 2×502\times 50 m pour la direction perpendiculaire. Ce principe d'équilibre entre directions se retrouve dans presque tous les problèmes d'optimisation géométrique.

Exercice 2 : La boîte sans couvercle et le domaine ouvert

Quand la contrainte porte sur le volume plutôt que sur une longueur, le domaine devient un intervalle OUVERT et la justification change complètement de nature.

  • a) On veut fabriquer une boîte à base carrée SANS couvercle, de volume 3200032\,000 cm³, en minimisant la surface de matériau. Posez le problème et ramenez-le à une variable.
  • b) Établissez le domaine. Pourquoi le théorème des valeurs extrêmes ne s'applique-t-il pas directement ici ?
  • c) Trouvez les dimensions optimales et justifiez le minimum par un argument valable sur un intervalle ouvert.
  • d) Comparez la proportion hauteur sur côté obtenue à celle qu'on obtiendrait AVEC un couvercle. Le résultat est-il intuitif ?
Voir la correction

a) Soit xx le côté de la base carrée et hh la hauteur. Volume (CONTRAINTE) : V=x2h=32000V=x^{2}h=32\,000, d'où h=32000x2h=\frac{32\,000}{x^{2}}. Surface à MINIMISER, sans couvercle donc une base et quatre parois : S=x2+4xhS=x^{2}+4xh. En substituant : S(x)=x2+4x32000x2=x2+128000xS(x)=x^{2}+4x\cdot\frac{32\,000}{x^{2}}=x^{2}+\frac{128\,000}{x}.

b) Domaine : x>0x>0 strictement, car x=0x=0 ne définit aucune boîte et rendrait hh infini. Il n'y a en revanche aucune borne supérieure : une base immense avec une hauteur minuscule reste géométriquement admissible. Le domaine est donc ]0,+[\left]0,+\infty\right[, un intervalle OUVERT et non borné. Le théorème des valeurs extrêmes ne s'applique pas, car il exige un intervalle fermé et borné : ici, il ne garantit donc l'existence d'aucun extremum, et la justification devra venir d'ailleurs. On observe d'ailleurs que S+S\to+\infty aux deux extrémités, quand x0+x\to 0^{+} à cause du terme 128000x\frac{128\,000}{x}, et quand x+x\to+\infty à cause de x2x^{2}.

c) S(x)=2x128000x2S'(x)=2x-\frac{128\,000}{x^{2}}. En annulant : 2x=128000x22x=\frac{128\,000}{x^{2}}, donc 2x3=1280002x^{3}=128\,000, soit x3=64000x^{3}=64\,000 et x=40x=40 cm. Alors h=320001600=20h=\frac{32\,000}{1600}=20 cm, et la surface vaut S=1600+12800040=1600+3200=4800S=1600+\frac{128\,000}{40}=1600+3200=4800 cm². Justification valable sur un intervalle ouvert : S(x)=2+256000x3>0S''(x)=2+\frac{256\,000}{x^{3}}>0 pour tout x>0x>0, donc SS est CONVEXE sur tout le domaine; un point critique d'une fonction convexe est nécessairement un minimum, et il est absolu. On pouvait aussi raisonner par le test de la dérivée première : S<0S'<0 pour x<40x<40 et S>0S'>0 pour x>40x>40, donc SS décroît puis croît, avec un unique nombre critique : le minimum en x=40x=40 est donc absolu. C'est l'argument attendu, et il remplace le recours aux bornes.

d) Sans couvercle on obtient h=20h=20 et x=40x=40, soit hx=12\frac{h}{x}=\frac{1}{2} : la boîte est deux fois plus large que haute. Avec couvercle, la surface serait S=2x2+4xh=2x2+128000xS=2x^{2}+4xh=2x^{2}+\frac{128\,000}{x}, de dérivée 4x128000x24x-\frac{128\,000}{x^{2}}, qui s'annule pour x3=32000x^{3}=32\,000, soit x31,75x\approx 31{,}75 cm et h=32000x231,75h=\frac{32\,000}{x^{2}}\approx 31{,}75 cm : on retrouve un CUBE, avec hx=1\frac{h}{x}=1. Le résultat est intuitif après coup : avec couvercle, toutes les directions jouent le même rôle et la forme la plus économique est le cube, l'analogue tridimensionnel du carré du problème précédent. Sans couvercle, le dessus est gratuit, donc il devient avantageux d'ÉTALER la boîte pour agrandir la face qui ne coûte rien, exactement comme le mur de grange rendait avantageux d'allonger l'enclos dans sa direction. Le même principe gouverne les deux problèmes : la dimension dont la surface n'est pas facturée doit être développée.

Exercice 3 : Le cylindre inscrit dans une sphère

Un problème géométrique classique d'examen, où la contrainte est le théorème de Pythagore et où la substitution demande un peu de soin.

  • a) Un cylindre droit est inscrit dans une sphère de rayon R=3R=3. En notant rr le rayon du cylindre et hh sa hauteur, écrivez la contrainte liant rr, hh et RR.
  • b) Exprimez le volume du cylindre en fonction de hh seule, et donnez le domaine.
  • c) Maximisez le volume et donnez les dimensions optimales ainsi que le volume obtenu.
  • d) Quelle fraction du volume de la sphère le cylindre optimal occupe-t-il ? Ce rapport dépend-il de RR ?
Voir la correction

a) Le cylindre étant inscrit et centré, son axe passe par le centre de la sphère et ses deux cercles de base sont à la distance h2\frac{h}{2} du centre. Un rayon de la sphère joignant le centre à un point du bord d'une base forme un triangle rectangle de côtés rr et h2\frac{h}{2} et d'hypoténuse RR. La contrainte est donc r2+(h2)2=R2r^{2}+\left(\frac{h}{2}\right)^{2}=R^{2}, soit ici r2+h24=9r^{2}+\frac{h^{2}}{4}=9.

b) Volume du cylindre : V=πr2hV=\pi r^{2}h. Comme la contrainte donne directement r2=9h24r^{2}=9-\frac{h^{2}}{4}, la substitution est immédiate et évite toute racine : V(h)=π(9h24)h=π(9hh34)V(h)=\pi\left(9-\frac{h^{2}}{4}\right)h=\pi\left(9h-\frac{h^{3}}{4}\right). Domaine : il faut h>0h>0 et r2>0r^{2}>0, soit h24<9\frac{h^{2}}{4}<9, soit h<6h<6. Le domaine est donc ]0,6[\left]0,6\right[, que l'on peut fermer en [0,6]\left[0,6\right] pour inclure les cas dégénérés de volume nul. Substituer r2r^{2} plutôt que rr est le geste technique de l'exercice : exprimer r=9h24r=\sqrt{9-\frac{h^{2}}{4}} et le reporter dans VV mènerait au même résultat, mais avec une dérivation nettement plus pénible.

c) V(h)=π(93h24)V'(h)=\pi\left(9-\frac{3h^{2}}{4}\right), qui s'annule quand 3h24=9\frac{3h^{2}}{4}=9, soit h2=12h^{2}=12 et h=233,464h=2\sqrt{3}\approx 3{,}464. Alors r2=9124=6r^{2}=9-\frac{12}{4}=6, donc r=62,449r=\sqrt{6}\approx 2{,}449. Volume : V=π623=123π65,30V=\pi\cdot 6\cdot 2\sqrt{3}=12\sqrt{3}\,\pi\approx 65{,}30. Justification : sur [0,6]\left[0,6\right], V(0)=V(6)=0V(0)=V(6)=0 et V(23)>0V\left(2\sqrt{3}\right)>0, donc le maximum absolu est bien au nombre critique ✓ (on peut aussi noter V(h)=3πh2<0V''(h)=-\frac{3\pi h}{2}<0 sur le domaine, donc concavité et maximum).

d) Volume de la sphère : VS=43πR3=43π(27)=36π113,10V_{S}=\frac{4}{3}\pi R^{3}=\frac{4}{3}\pi(27)=36\pi\approx 113{,}10. Rapport : 123π36π=33=130,577\frac{12\sqrt{3}\pi}{36\pi}=\frac{\sqrt{3}}{3}=\frac{1}{\sqrt{3}}\approx 0{,}577, soit environ 57,757{,}7 pour cent. Le rapport ne dépend PAS de RR, et on peut le voir sans refaire le calcul : le problème est invariant par changement d'échelle, puisque multiplier toutes les longueurs par un facteur kk multiplie tous les volumes par k3k^{3}, donc laisse leur rapport inchangé. En refaisant le calcul avec RR quelconque, on trouverait d'ailleurs h=2R3h=\frac{2R}{\sqrt{3}} et r2=2R23r^{2}=\frac{2R^{2}}{3}, d'où V=4πR333V=\frac{4\pi R^{3}}{3\sqrt{3}} et le rapport 13\frac{1}{\sqrt{3}} ✓. Cet argument d'homogénéité est très rentable à l'examen : il permet de prédire qu'un rapport sans dimension sera universel, et de vérifier au passage la cohérence du résultat.

Exercice 4 : La boîte découpée dans un carton

Le problème d'optimisation le plus classique de tous, et celui où le DOMAINE se déduit de la géométrie plutôt que de l'énoncé.

  • a) D'un carton carré de 30 cm de côté, on découpe un carré de côté xx à chaque coin, puis on relève les bords pour former une boîte ouverte. Exprimez le volume en fonction de xx.
  • b) Établissez le domaine admissible en justifiant chaque borne par la géométrie.
  • c) Déterminez xx qui maximise le volume, la valeur de ce volume, et justifiez qu'il s'agit bien d'un maximum absolu.
  • d) Le second nombre critique trouvé en résolvant V(x)=0V'(x)=0 a-t-il un sens ? Que représente-t-il géométriquement ?
Voir la correction

a) Après découpe et pliage, la hauteur de la boîte est xx (le carré relevé), et la base est un carré dont le côté a perdu xx de chaque côté, donc mesure 302x30-2x. Le volume vaut V(x)=x(302x)2V(x)=x(30-2x)^{2}.

b) Il faut x>0x>0 pour que la découpe existe, et 302x>030-2x>0 pour que la base subsiste, soit x<15x<15. Le domaine admissible est donc ]0,15[\left]0,15\right[, que l'on peut fermer en [0,15]\left[0,15\right] en acceptant les deux cas dégénérés de volume nul (aucune découpe, ou découpe consommant tout le carton). Fermer l'intervalle est ici commode, car cela permet d'invoquer le théorème des valeurs extrêmes.

c) Développons avant de dériver, c'est plus sûr : V(x)=x(900120x+4x2)=900x120x2+4x3V(x)=x\left(900-120x+4x^{2}\right)=900x-120x^{2}+4x^{3}, donc V(x)=900240x+12x2=12(x220x+75)=12(x5)(x15)V'(x)=900-240x+12x^{2}=12\left(x^{2}-20x+75\right)=12(x-5)(x-15). Les nombres critiques sont x=5x=5 et x=15x=15. Sur [0,15]\left[0,15\right], les candidats sont donc 00, 55 et 1515 : V(0)=0V(0)=0, V(15)=0V(15)=0 et V(5)=5(3010)2=5(400)=2000V(5)=5(30-10)^{2}=5(400)=2000 cm³. Le maximum absolu vaut donc 20002000 cm³, atteint pour une découpe de 55 cm ✓. On peut aussi factoriser directement V(x)=(302x)(306x)V'(x)=(30-2x)(30-6x), ce qui donne les racines sans développement.

d) Le second nombre critique x=15x=15 correspond à la borne du domaine : découper 15 cm à chaque coin d'un carton de 30 cm consomme toute la largeur, la base disparaît et le volume est nul. Il ne s'agit donc pas d'un maximum mais du cas dégénéré, mathématiquement valide (il annule bien la dérivée) et physiquement vide de sens. C'est un rappel utile : résoudre V(x)=0V'(x)=0 produit des CANDIDATS, et il faut toujours les confronter au domaine et au bon sens géométrique avant de conclure. Un étudiant qui annoncerait x=15x=15 sans évaluer VV obtiendrait une boîte de volume nul.

Exercice 5 : La fenêtre de Norman

Un rectangle surmonté d'un demi-disque, périmètre imposé, aire à maximiser. La contrainte mêle segments et arc, et le résultat final est d'une simplicité inattendue.

  • a) Une fenêtre est formée d'un rectangle surmonté d'un demi-disque. Son périmètre total vaut 8 m. En notant rr le rayon du demi-disque et hh la hauteur du rectangle, écrivez la contrainte et l'aire.
  • b) Ramenez l'aire à une fonction de rr seule et donnez le domaine.
  • c) Déterminez rr et hh qui maximisent l'aire, ainsi que l'aire maximale.
  • d) Montrez que la relation h=rh=r est EXACTE, et non le fruit d'un arrondi. Que signifie-t-elle pour la forme de la fenêtre ?
Voir la correction

a) La largeur du rectangle vaut 2r2r (le diamètre du demi-disque). Le périmètre comprend la base 2r2r, les deux côtés verticaux 2h2h, et l'arc du demi-cercle πr\pi r (la moitié de 2πr2\pi r) : la partie horizontale supérieure n'existe pas, puisque le demi-disque y est posé. CONTRAINTE : 2r+2h+πr=82r+2h+\pi r=8. AIRE : celle du rectangle plus celle du demi-disque, soit A=2rh+πr22\mathcal{A}=2rh+\frac{\pi r^{2}}{2}.

b) De la contrainte on tire 2h=82rπr2h=8-2r-\pi r, donc h=82rπr2h=\frac{8-2r-\pi r}{2}. En substituant : A(r)=2r82rπr2+πr22=r(82rπr)+πr22=8r2r2πr2+πr22=8r2r2πr22\mathcal{A}(r)=2r\cdot\frac{8-2r-\pi r}{2}+\frac{\pi r^{2}}{2}=r(8-2r-\pi r)+\frac{\pi r^{2}}{2}=8r-2r^{2}-\pi r^{2}+\frac{\pi r^{2}}{2}=8r-2r^{2}-\frac{\pi r^{2}}{2}. Domaine : r>0r>0, et h>0h>0 exige 82rπr>08-2r-\pi r>0, soit r<82+π1,556r<\frac{8}{2+\pi}\approx 1{,}556. Le domaine est donc ]0,82+π[\left]0,\frac{8}{2+\pi}\right[.

c) A(r)=84rπr=8r(4+π)\mathcal{A}'(r)=8-4r-\pi r=8-r(4+\pi), qui s'annule pour r=84+π1,1202r=\frac{8}{4+\pi}\approx 1{,}1202 m. C'est bien un maximum, car A(r)=(4+π)<0\mathcal{A}''(r)=-(4+\pi)<0 : la fonction est concave, son unique point critique est donc un maximum absolu. Hauteur correspondante : h=82(1,1202)π(1,1202)21,1202h=\frac{8-2(1{,}1202)-\pi(1{,}1202)}{2}\approx 1{,}1202 m. Aire maximale : A8(1,1202)2(1,2555)π(1,2555)28,9642,5111,9724,481\mathcal{A}\approx 8(1{,}1202)-2(1{,}2555)-\frac{\pi(1{,}2555)}{2}\approx 8{,}964-2{,}511-1{,}972\approx 4{,}481 m².

d) Démontrons-le exactement. On a r=84+πr=\frac{8}{4+\pi}, donc 8=r(4+π)8=r(4+\pi). En substituant dans l'expression de hh : h=82rπr2=r(4+π)2rπr2=4r+πr2rπr2=2r2=rh=\frac{8-2r-\pi r}{2}=\frac{r(4+\pi)-2r-\pi r}{2}=\frac{4r+\pi r-2r-\pi r}{2}=\frac{2r}{2}=r ✓. La relation est donc EXACTE, tous les termes en π\pi s'annulant. Signification géométrique : la hauteur du rectangle égale le rayon du demi-disque, donc elle vaut la MOITIÉ de la largeur 2r2r. Le rectangle optimal a ainsi une largeur double de sa hauteur, et la fenêtre entière s'inscrit exactement dans un demi-carré surmonté de son demi-disque. C'est le même type de proportion remarquable que le h=2rh=2r de la canette : les problèmes d'optimisation géométrique produisent presque toujours un rapport simple, indépendant des données numériques, et le vérifier symboliquement est le meilleur contrôle de la solution.

Partie B : Contextes physique et économique (/50)

Exercice 6 : Coût marginal, revenu et profit maximal

En économie, la dérivée porte le nom de « marginal ». Le vocabulaire change, le calcul différentiel reste exactement le même.

  • a) Une entreprise a pour coût total C(x)=2000+40x+0,05x2C(x)=2000+40x+0{,}05x^{2} dollars pour xx unités produites. Donnez le coût marginal et interprétez C(100)C'(100) concrètement.
  • b) Le prix unitaire suit p(x)=1200,15xp(x)=120-0{,}15x dollars. Écrivez le revenu R(x)R(x) et le profit P(x)P(x).
  • c) Déterminez la production qui maximise le profit, et vérifiez la règle « revenu marginal égal coût marginal ».
  • d) Le coût moyen est Cˉ(x)=C(x)x\bar{C}(x)=\frac{C(x)}{x}. Minimisez-le et montrez qu'au minimum, le coût moyen égale le coût marginal. Est-ce un hasard ?
Voir la correction

a) Coût marginal : C(x)=40+0,1xC'(x)=40+0{,}1x dollars par unité. En x=100x=100 : C(100)=40+10=50C'(100)=40+10=50 dollars. Interprétation concrète : produire la 101e101^{e} unité coûte environ 50 dollars de plus. Vérification directe : C(101)C(100)=(2000+4040+0,05×10201)(2000+4000+500)=6550,056500=50,05C(101)-C(100)=(2000+4040+0{,}05\times 10201)-(2000+4000+500)=6550{,}05-6500=50{,}05 dollars, ce qui confirme l'approximation à cinq centimes près. Le coût marginal est donc une différentielle déguisée : c'est dCdC pour dx=1dx=1, et l'écart de 5 centimes est exactement le terme quadratique négligé.

b) Revenu : R(x)=xp(x)=x(1200,15x)=120x0,15x2R(x)=x\,p(x)=x(120-0{,}15x)=120x-0{,}15x^{2}. Profit : P(x)=R(x)C(x)=120x0,15x2200040x0,05x2=0,2x2+80x2000P(x)=R(x)-C(x)=120x-0{,}15x^{2}-2000-40x-0{,}05x^{2}=-0{,}2x^{2}+80x-2000. Le profit est une parabole concave, ce qui garantit d'emblée l'existence d'un maximum unique.

c) P(x)=0,4x+80P'(x)=-0{,}4x+80, qui s'annule pour x=200x=200 unités. Comme P(x)=0,4<0P''(x)=-0{,}4<0, il s'agit bien d'un maximum, et il est absolu puisque la parabole est concave. Profit maximal : P(200)=0,2(40000)+160002000=8000+160002000=6000P(200)=-0{,}2(40\,000)+16\,000-2000=-8000+16\,000-2000=6000 dollars. Vérification de la règle : le revenu marginal est R(x)=1200,3xR'(x)=120-0{,}3x, soit R(200)=12060=60R'(200)=120-60=60 dollars; le coût marginal est C(200)=40+20=60C'(200)=40+20=60 dollars. Ils sont égaux ✓. La règle se démontre en une ligne : P=RCP'=R'-C', donc annuler PP' revient exactement à écrire R=CR'=C'. L'interprétation économique est limpide : tant que l'unité suivante rapporte plus qu'elle ne coûte, il faut produire; on s'arrête quand les deux s'égalisent.

d) Cˉ(x)=2000x+40+0,05x\bar{C}(x)=\frac{2000}{x}+40+0{,}05x. En dérivant : Cˉ(x)=2000x2+0,05\bar{C}'(x)=-\frac{2000}{x^{2}}+0{,}05, qui s'annule quand x2=40000x^{2}=40\,000, soit x=200x=200 unités. C'est un minimum, car Cˉ(x)=4000x3>0\bar{C}''(x)=\frac{4000}{x^{3}}>0. Valeur : Cˉ(200)=10+40+10=60\bar{C}(200)=10+40+10=60 dollars par unité, et le coût marginal C(200)=40+20=60C'(200)=40+20=60 dollars : les deux coïncident ✓. Ce n'est PAS un hasard, et la démonstration générale est courte : Cˉ(x)=C(x)x\bar{C}(x)=\frac{C(x)}{x} donne par la règle du quotient Cˉ(x)=C(x)xC(x)x2\bar{C}'(x)=\frac{C'(x)x-C(x)}{x^{2}}. Annuler cette dérivée revient à C(x)x=C(x)C'(x)x=C(x), soit C(x)=C(x)x=Cˉ(x)C'(x)=\frac{C(x)}{x}=\bar{C}(x). Au minimum du coût moyen, coût marginal et coût moyen sont donc toujours égaux, quelle que soit la fonction de coût. C'est un résultat standard de microéconomie, et il sort entièrement de la règle du quotient. Petite coïncidence propre à cet énoncé : la production qui minimise le coût moyen est ici la même que celle qui maximise le profit, ce qui n'est pas vrai en général et tient au choix des coefficients.

Exercice 7 : Le temps de parcours minimal et la loi de la réfraction

La figure montre le trajet d'un sauveteur qui court sur le sable puis nage : il part de A, entre dans l'eau au point xx, et rejoint B. Le même calcul gouverne la lumière traversant deux milieux.

20406080100204060x (m)temps (s)
  • a) Un sauveteur est à 40 m du rivage (sur le sable), la victime est à 30 m du rivage dans l'eau, et leurs projections sur le rivage sont distantes de 100 m. Il court à 8 m/s et nage à 2 m/s. Écrivez le temps total T(x)T(x)xx est la distance parcourue le long du rivage avant d'entrer dans l'eau.
  • b) Dérivez TT et écrivez l'équation qui donne le point d'entrée optimal. Interprétez chaque terme.
  • c) Résolvez numériquement et donnez le temps minimal. Vérifiez avec la figure.
  • d) Montrez que la condition d'optimalité s'écrit sinθ1v1=sinθ2v2\frac{\sin\theta_{1}}{v_{1}}=\frac{\sin\theta_{2}}{v_{2}} et reconnaissez la loi obtenue. Que dit ce résultat sur la lumière ?
Voir la correction

a) Le trajet sur le sable va du sauveteur au point d'entrée : sa longueur est 402+x2=1600+x2\sqrt{40^{2}+x^{2}}=\sqrt{1600+x^{2}}, parcourue à 8 m/s. Le trajet dans l'eau va du point d'entrée à la victime : sa longueur est 302+(100x)2=900+(100x)2\sqrt{30^{2}+(100-x)^{2}}=\sqrt{900+(100-x)^{2}}, parcourue à 2 m/s. Le temps total est donc T(x)=1600+x28+900+(100x)22T(x)=\frac{\sqrt{1600+x^{2}}}{8}+\frac{\sqrt{900+(100-x)^{2}}}{2}, sur le domaine [0,100]\left[0,100\right].

b) T(x)=x81600+x2100x2900+(100x)2T'(x)=\frac{x}{8\sqrt{1600+x^{2}}}-\frac{100-x}{2\sqrt{900+(100-x)^{2}}}. En annulant : x81600+x2=100x2900+(100x)2\frac{x}{8\sqrt{1600+x^{2}}}=\frac{100-x}{2\sqrt{900+(100-x)^{2}}}. Interprétation : dans chaque terme, le quotient x1600+x2\frac{x}{\sqrt{1600+x^{2}}} est le SINUS de l'angle que fait le trajet avec la normale au rivage, et le dénominateur restant est la vitesse. L'équation dit donc que le rapport « sinus sur vitesse » doit être le même des deux côtés, ce que le point d) formalise.

c) L'équation ne se résout pas algébriquement de façon simple (elle mène à un polynôme de degré 4), on la résout donc numériquement, par bissection ou par la méthode de Newton. Le nombre critique est x92,92x\approx 92{,}92 m, et le temps correspondant vaut T(92,92)=1600+86348+900+50,1212,65+15,4128,06T(92{,}92)=\frac{\sqrt{1600+8634}}{8}+\frac{\sqrt{900+50{,}1}}{2}\approx 12{,}65+15{,}41\approx 28{,}06 s. Justification : sur l'intervalle fermé [0,100]\left[0,100\right], on compare aux bornes, T(0)=5+52,20=57,20T(0)=5+52{,}20=57{,}20 s (entrer dans l'eau tout de suite) et T(100)=13,46+15=28,46T(100)=13{,}46+15=28{,}46 s (courir jusqu'à la perpendiculaire). Comme 28,06<28,46<57,2028{,}06<28{,}46<57{,}20, le MINIMUM absolu est bien au nombre critique ✓. La figure le confirme : la courbe descend fortement, atteint un creux peu avant x=100x=100, puis remonte légèrement. Le résultat est physiquement parlant : la nage étant quatre fois plus lente que la course, il faut courir presque toute la distance (92,992{,}9 m sur 100) avant d'entrer dans l'eau. Notez que le gain sur la solution naïve « courir jusqu'au bout » n'est que de 0,40{,}4 s : le creux est très plat, ce qui est typique des optimums et explique qu'une erreur de quelques mètres sur le point d'entrée ne coûte presque rien.

d) Notons θ1\theta_{1} l'angle entre le trajet sur le sable et la normale au rivage, et θ2\theta_{2} l'angle correspondant dans l'eau. Par définition du sinus dans chaque triangle rectangle : sinθ1=x1600+x2\sin\theta_{1}=\frac{x}{\sqrt{1600+x^{2}}} et sinθ2=100x900+(100x)2\sin\theta_{2}=\frac{100-x}{\sqrt{900+(100-x)^{2}}}. La condition T(x)=0T'(x)=0 du point b) s'écrit alors exactement sinθ18=sinθ22\frac{\sin\theta_{1}}{8}=\frac{\sin\theta_{2}}{2}, c'est-à-dire sinθ1v1=sinθ2v2\frac{\sin\theta_{1}}{v_{1}}=\frac{\sin\theta_{2}}{v_{2}} ✓. C'est la LOI DE SNELL-DESCARTES de la réfraction, obtenue ici sans aucune physique, par le seul calcul différentiel. Vérification numérique à l'optimum : sinθ1=0,9185\sin\theta_{1}=0{,}9185 et sinθ2=0,2296\sin\theta_{2}=0{,}2296, d'où 0,91858=0,11481\frac{0{,}9185}{8}=0{,}11481 et 0,22962=0,11481\frac{0{,}2296}{2}=0{,}11481 ✓, égalité parfaite. En posant n=cvn=\frac{c}{v} pour l'indice de réfraction, la relation prend sa forme habituelle n1sinθ1=n2sinθ2n_{1}\sin\theta_{1}=n_{2}\sin\theta_{2}. Ce que le résultat dit sur la lumière est le principe de Fermat : entre deux points, la lumière suit le trajet qui minimise le temps de parcours. Elle ne « choisit » évidemment rien, mais tout se passe comme si elle résolvait le problème du sauveteur. On retrouve au passage l'interprétation du milieu le plus réfringent : là où la vitesse est faible (l'eau, le verre), le trajet se raccourcit et le rayon se rapproche de la normale, exactement comme le sauveteur raccourcit sa portion de nage.

Exercice 8 : Distance minimale et transfert de puissance maximal

Deux applications où la quantité à optimiser se présente sous une forme désagréable : un radical dans un cas, un quotient dans l'autre. Un choix judicieux évite l'essentiel du calcul.

  • a) Trouvez le point de la parabole y=x2y=x^{2} le plus proche du point A(0,2)A(0,2).
  • b) Pourquoi est-il légitime, et nettement plus rapide, de minimiser d2d^{2} plutôt que dd ? Cette astuce marche-t-elle pour toute fonction croissante ?
  • c) Une pile de force électromotrice E=12E=12 V et de résistance interne r=2r=2 ohms alimente une résistance RR. La puissance reçue est P(R)=E2R(R+r)2P(R)=\frac{E^{2}R}{(R+r)^{2}}. Trouvez la valeur de RR qui maximise PP et calculez cette puissance.
  • d) Quel rendement (puissance utile sur puissance totale) obtient-on au maximum de puissance ? Commentez le compromis que cela impose à un ingénieur.
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a) Soit (x,x2)(x,x^{2}) un point quelconque de la parabole. La distance à A(0,2)A(0,2) vaut d=(x0)2+(x22)2d=\sqrt{(x-0)^{2}+(x^{2}-2)^{2}}. On minimise plutôt le carré : d2(x)=x2+(x22)2=x2+x44x2+4=x43x2+4d^{2}(x)=x^{2}+(x^{2}-2)^{2}=x^{2}+x^{4}-4x^{2}+4=x^{4}-3x^{2}+4. En dérivant : (d2)=4x36x=2x(2x23)\left(d^{2}\right)'=4x^{3}-6x=2x\left(2x^{2}-3\right), qui s'annule pour x=0x=0 et x2=32x^{2}=\frac{3}{2}, soit x=±1,5±1,2247x=\pm\sqrt{1{,}5}\approx\pm 1{,}2247. Valeurs : en x=0x=0, d2=4d^{2}=4 donc d=2d=2; en x2=1,5x^{2}=1{,}5, d2=2,254,5+4=1,75d^{2}=2{,}25-4{,}5+4=1{,}75 donc d=1,751,3229d=\sqrt{1{,}75}\approx 1{,}3229. Le minimum est donc atteint aux DEUX points (±1,2247,  1,5)\left(\pm 1{,}2247,\;1{,}5\right), à la distance 1,32\approx 1{,}32 de AA. La symétrie était prévisible, puisque AA est sur l'axe de la parabole. Le point x=0x=0, lui, est un maximum LOCAL de la distance restreint au voisinage : c'est le sommet de la parabole, plus éloigné de AA que ses voisins.

b) C'est légitime parce que la fonction racine carrée est strictement CROISSANTE sur [0,+[\left[0,+\infty\right[ : si d2d^{2} atteint son minimum en x0x_{0}, alors d=d2d=\sqrt{d^{2}} l'atteint au même x0x_{0}. Minimiser le carré donne donc exactement le même point optimal, seule la VALEUR du minimum change (il faut prendre la racine à la fin si l'énoncé demande la distance). C'est nettement plus rapide car d2d^{2} est un polynôme, alors que dériver d=d=\sqrt{\ldots} exigerait la règle de chaîne et laisserait un radical au dénominateur à simplifier. L'astuce marche pour toute fonction strictement croissante appliquée à la quantité à optimiser : on peut minimiser lnf\ln f au lieu de ff (très utile pour les produits et les exponentielles), ou f3f^{3} au lieu de ff. Attention en revanche aux fonctions DÉCROISSANTES, qui échangent minimum et maximum, et aux fonctions non monotones, qui ne conservent rien.

c) P(R)=E2R(R+r)2P(R)=\frac{E^{2}R}{(R+r)^{2}}. Par la règle du quotient : P(R)=E2(R+r)2R2(R+r)(R+r)4=E2(R+r)2R(R+r)3=E2(rR)(R+r)3P'(R)=E^{2}\cdot\frac{(R+r)^{2}-R\cdot 2(R+r)}{(R+r)^{4}}=E^{2}\cdot\frac{(R+r)-2R}{(R+r)^{3}}=\frac{E^{2}(r-R)}{(R+r)^{3}}. Sur le domaine R>0R>0, le dénominateur est positif, donc le signe de PP' est celui de rRr-R : positif pour R<rR<r, négatif pour R>rR>r. La puissance croît puis décroît, et le maximum est atteint pour R=rR=r, ici R=2R=2 ohms. Puissance maximale : P(2)=144×2(4)2=28816=18P(2)=\frac{144\times 2}{(4)^{2}}=\frac{288}{16}=18 W. On peut aussi écrire la formule générale Pmax=E24r=1448=18P_{\max}=\frac{E^{2}}{4r}=\frac{144}{8}=18 W ✓. Ce résultat porte un nom en électricité, le théorème du transfert de puissance maximale, et il dit qu'une source délivre le plus de puissance quand la charge ÉGALE sa résistance interne.

d) Au maximum de puissance, la résistance externe et la résistance interne sont égales, donc le courant traverse deux résistances identiques et la puissance se répartit également entre elles. Calcul explicite : le courant vaut I=ER+r=124=3I=\frac{E}{R+r}=\frac{12}{4}=3 A, la puissance totale fournie par la pile est EI=36EI=36 W, dont 18 W dans la charge et 18 W dissipés dans la pile elle-même. Le rendement est donc de 50 pour cent exactement, et ce chiffre ne dépend ni de EE ni de rr. Le compromis pour l'ingénieur est réel : maximiser la PUISSANCE transférée impose de gaspiller la moitié de l'énergie en chaleur interne. C'est acceptable quand la puissance disponible compte plus que l'énergie consommée, par exemple pour un signal audio ou une antenne, où l'on parle d'adaptation d'impédance. C'est en revanche inacceptable pour un réseau de distribution électrique, où l'on cherche le RENDEMENT et où l'on impose donc RrR\gg r : on accepte alors de délivrer moins que la puissance maximale possible, en échange de pertes en ligne réduites. Maximiser la puissance et maximiser le rendement sont deux problèmes d'optimisation DIFFÉRENTS, et confondre les deux est l'erreur classique de ce sujet.

Exercice 9 : La quantité économique de commande

Un modèle de gestion des stocks où deux coûts s'opposent : commander souvent coûte en frais de commande, commander beaucoup coûte en stockage. L'optimum arbitre entre les deux, et son résultat est remarquable.

  • a) Une entreprise vend 10 000 unités par an. Chaque commande coûte 50 dollars de frais fixes, et stocker une unité pendant un an coûte 4 dollars. En notant qq la taille d'une commande, exprimez le coût annuel total.
  • b) Déterminez la taille de commande qui minimise ce coût, et justifiez qu'il s'agit d'un minimum absolu sur un domaine ouvert.
  • c) Calculez le coût minimal, puis séparément le coût de commande et le coût de stockage à l'optimum. Que remarquez-vous ?
  • d) Démontrez que cette égalité vaut TOUJOURS, quels que soient les paramètres. Quelle règle de gestion en tirer ?
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a) Si chaque commande porte sur qq unités et qu'il en faut 10 000 par an, le nombre de commandes annuelles est 10000q\frac{10\,000}{q}, d'où un coût de commande de 10000q×50=500000q\frac{10\,000}{q}\times 50=\frac{500\,000}{q} dollars. Le stock varie linéairement de qq à 0 entre deux livraisons, donc le stock MOYEN vaut q2\frac{q}{2}, d'où un coût de stockage de q2×4=2q\frac{q}{2}\times 4=2q dollars. Coût annuel total : C(q)=500000q+2qC(q)=\frac{500\,000}{q}+2q, sur le domaine q>0q>0.

b) C(q)=500000q2+2C'(q)=-\frac{500\,000}{q^{2}}+2, qui s'annule quand q2=250000q^{2}=250\,000, soit q=500q=500 unités (la racine négative est exclue du domaine). Le domaine ]0,+[\left]0,+\infty\right[ étant OUVERT, le théorème des valeurs extrêmes ne s'applique pas et il faut justifier autrement : C(q)=1000000q3>0C''(q)=\frac{1\,000\,000}{q^{3}}>0 pour tout q>0q>0, donc CC est CONVEXE sur tout le domaine, et son unique point critique est un minimum absolu ✓. On peut aussi observer que C<0C'<0 avant 500 et C>0C'>0 après, ou que C+C\to+\infty aux deux extrémités du domaine.

c) Coût minimal : C(500)=500000500+2(500)=1000+1000=2000C(500)=\frac{500\,000}{500}+2(500)=1000+1000=2000 dollars par an. Détail : le coût de COMMANDE vaut 1000 dollars et le coût de STOCKAGE vaut 1000 dollars également. Les deux composantes sont EXACTEMENT ÉGALES à l'optimum. Contrôle de voisinage : C(400)=1250+800=2050C(400)=1250+800=2050 et C(600)833+1200=2033C(600)\approx 833+1200=2033, tous deux supérieurs à 2000 ✓.

d) Écrivons le modèle général avec DD la demande annuelle, KK le coût par commande et hh le coût de stockage unitaire : C(q)=DKq+hq2C(q)=\frac{DK}{q}+\frac{hq}{2}. Alors C(q)=DKq2+h2=0C'(q)=-\frac{DK}{q^{2}}+\frac{h}{2}=0 donne q=2DKhq^{*}=\sqrt{\frac{2DK}{h}}, la formule dite de Wilson. À cet optimum, le coût de commande vaut DKq\frac{DK}{q^{*}} et le coût de stockage hq2\frac{hq^{*}}{2}; or la condition C(q)=0C'(q^{*})=0 s'écrit précisément DK(q)2=h2\frac{DK}{\left(q^{*}\right)^{2}}=\frac{h}{2}, soit en multipliant les deux membres par qq^{*} : DKq=hq2\frac{DK}{q^{*}}=\frac{hq^{*}}{2} ✓. Les deux coûts sont donc toujours égaux à l'optimum, quels que soient DD, KK et hh. RÈGLE DE GESTION : un gestionnaire n'a pas besoin de dériver quoi que ce soit; il lui suffit de comparer ses deux postes de coût. S'il dépense plus en frais de commande qu'en stockage, il commande trop souvent et doit augmenter la taille des lots, et réciproquement. L'égalité des deux postes est le signal de l'optimum, et c'est un critère observable directement dans la comptabilité.

Exercice 10 : Problème : le câble sous-marin

Relier une île à une station côtière au moindre coût, sachant que poser un câble sous l'eau coûte plus cher que sur la terre ferme. La condition d'optimalité vous rappellera quelque chose.

  • a) Une île est à 5 km au large, et la station est à 13 km le long de la côte à partir du point le plus proche de l'île. Poser le câble coûte 5000 dollars par kilomètre sous l'eau et 3000 dollars par kilomètre sur terre. Le câble va de l'île à un point situé à xx km sur la côte, puis longe la côte. Exprimez le coût total.
  • b) Déterminez xx qui minimise le coût, en donnant sa valeur EXACTE.
  • c) Calculez le coût minimal et comparez-le aux deux stratégies naïves : tout droit vers la station, ou au plus court vers la côte puis le long de la côte.
  • d) Montrez que la condition d'optimalité s'écrit sinθ=30005000\sin\theta=\frac{3000}{5000}, où θ\theta est l'angle entre le câble sous-marin et la perpendiculaire à la côte. Quel résultat déjà rencontré retrouve-t-on ?
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a) La portion SOUS-MARINE joint l'île au point de côte choisi : par Pythagore, sa longueur vaut 25+x2\sqrt{25+x^{2}} km. La portion TERRESTRE longe la côte du point choisi jusqu'à la station, sur 13x13-x km. Coût total : C(x)=500025+x2+3000(13x)C(x)=5000\sqrt{25+x^{2}}+3000(13-x), sur le domaine [0,13]\left[0,13\right].

b) C(x)=5000x25+x23000C'(x)=5000\cdot\frac{x}{\sqrt{25+x^{2}}}-3000. En annulant : 5000x25+x2=3000\frac{5000x}{\sqrt{25+x^{2}}}=3000, soit 5x=325+x25x=3\sqrt{25+x^{2}}. En élevant au carré : 25x2=9(25+x2)=225+9x225x^{2}=9\left(25+x^{2}\right)=225+9x^{2}, donc 16x2=22516x^{2}=225, x2=22516x^{2}=\frac{225}{16} et x=154=3,75x=\frac{15}{4}=3{,}75 km exactement. La valeur est rationnelle, ce qui confirme que l'énoncé a été construit avec des nombres compatibles (le triangle 3453{-}4{-}5 se cache derrière).

c) C(3,75)=500025+14,0625+3000(9,25)=500039,0625+27750=5000(6,25)+27750=31250+27750=59000C(3{,}75)=5000\sqrt{25+14{,}0625}+3000(9{,}25)=5000\sqrt{39{,}0625}+27\,750=5000(6{,}25)+27\,750=31\,250+27\,750=59\,000 dollars. Stratégies naïves. Au plus court vers la côte puis le long (x=0x=0) : C(0)=5000(5)+3000(13)=25000+39000=64000C(0)=5000(5)+3000(13)=25\,000+39\,000=64\,000 dollars. Tout droit vers la station (x=13x=13) : C(13)=500025+169=500019469642C(13)=5000\sqrt{25+169}=5000\sqrt{194}\approx 69\,642 dollars. L'optimum économise donc 5000 dollars sur la première stratégie et près de 10 642 dollars sur la seconde. Justification du minimum : sur l'intervalle FERMÉ [0,13]\left[0,13\right], les trois candidats sont x=0x=0, x=3,75x=3{,}75 et x=13x=13, et c'est bien le point critique qui donne la plus petite valeur ✓.

d) Soit θ\theta l'angle entre le câble sous-marin et la perpendiculaire à la côte issue de l'île. Dans le triangle rectangle correspondant, le côté opposé à θ\theta est xx et l'hypoténuse est 25+x2\sqrt{25+x^{2}}, donc sinθ=x25+x2\sin\theta=\frac{x}{\sqrt{25+x^{2}}}. Or la condition C(x)=0C'(x)=0 s'écrivait 5000x25+x2=30005000\cdot\frac{x}{\sqrt{25+x^{2}}}=3000, c'est-à-dire exactement 5000sinθ=30005000\sin\theta=3000, soit sinθ=30005000=0,6\sin\theta=\frac{3000}{5000}=0{,}6 ✓ (et l'on vérifie que 3,756,25=0,6\frac{3{,}75}{6{,}25}=0{,}6). On retrouve la LOI DE SNELL-DESCARTES, déjà obtenue avec le sauveteur qui court puis nage. La structure est identique : sinθ1v1=sinθ2v2\frac{\sin\theta_{1}}{v_{1}}=\frac{\sin\theta_{2}}{v_{2}} devenait ici c1sinθ1=c2sinθ2c_{1}\sin\theta_{1}=c_{2}\sin\theta_{2} avec des coûts au lieu de vitesses, le second angle valant 9090^{\circ} puisque le câble terrestre longe la côte. Le fait remarquable est que la lumière traversant deux milieux, un sauveteur courant puis nageant, et un câble sous-marin obéissent tous à la même condition : dès qu'une grandeur additive (temps, coût) se minimise sur un trajet en deux milieux de « résistances » différentes, c'est le rapport des sinus qui règle l'affaire.

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