Exercice 1 : Les taux liés : l'échelle et le cône
La figure montre l'échelle de la question a) : de longueur 5 m, appuyée contre un mur vertical, elle glisse en gardant . Le pied s'écarte à 0,6 m/s.
- a) Le pied de l'échelle s'écarte du mur à 0,6 m/s. À quelle vitesse le haut de l'échelle descend-il quand le pied est à 3 m du mur ? Détaillez les cinq étapes.
- b) Que devient cette vitesse quand le pied atteint 4,9 m ? Interprétez physiquement le résultat.
- c) De l'eau s'écoule dans un réservoir CONIQUE (pointe en bas) de rayon 3 m et de hauteur 6 m, au débit de m³/min. À quelle vitesse le niveau monte-t-il quand l'eau atteint 4 m de profondeur ? (Servez-vous des triangles semblables.)
- d) Un étudiant, à la question a), remplace par 3 dans la relation AVANT de dériver et obtient . Expliquez précisément son erreur et pourquoi elle est fatale dans tout problème de taux liés.
Voir la correction
a) Étape 1, dessin et variables : = distance du pied au mur, = hauteur du haut, toutes deux fonctions du temps. Étape 2, relation : par Pythagore, (constante, l'échelle est rigide). Étape 3, dérivation par rapport au temps : , donc . Étape 4, substitution maintenant : donne , et : m/s. Étape 5, conclusion : le haut descend à m/s, le signe négatif signalant une hauteur qui DIMINUE.
b) Avec : m, d'où m/s : plus de six fois plus rapide qu'en a). Interprétation : quand l'échelle est presque couchée, et le rapport explose : la vitesse de chute tend vers l'infini alors même que le pied avance toujours à 0,6 m/s. Le modèle atteint ici sa limite (une vraie échelle décollerait du mur), mais le message mathématique est juste : deux quantités liées par une relation NON linéaire ont des taux dont le rapport varie sans cesse.
c) Triangles semblables : à toute hauteur , le rayon de la surface vérifie , donc . Volume : : une seule variable, comme il le faut avant de dériver. Dérivation : . Substitution : , d'où m/min. Remarque : plus le cône se remplit, plus la surface est large et plus le niveau monte LENTEMENT, à débit constant.
d) En posant dans , il obtient , donc : une CONSTANTE. Dérivant ensuite une constante, il trouve évidemment . L'erreur est d'avoir figé une variable AVANT la dérivation : n'est pas une propriété de l'échelle, c'est un instantané, vrai à une seule seconde. En le substituant trop tôt, il transforme un mouvement en photographie, et une photographie n'a pas de vitesse. Règle absolue : on dérive d'abord la relation GÉNÉRALE, valable à tout instant, et on ne substitue les valeurs numériques qu'à la toute fin.