Calcul différentiel 201-NYA • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Fiche de révision : la dérivée et les règles de dérivation
Cette fiche ne réécrit pas le tableau des dérivées : vous l'avez dans vos notes, et le recopier ne fait perdre aucun point à personne. Elle traite ce qui décide réellement de la note au deuxième examen de 201-NYA : reconnaître la structure d'une expression avant de choisir une règle, ne pas perdre la dérivée intérieure, et rédiger une équation de tangente comme le correcteur l'attend.
Elle s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature à Montréal, et aux élèves de Terminale des lycées français qui suivent le complément québécois de mathématiques. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.
Le fil du chapitre
Avant de dériver, on lit la STRUCTURE de l'expression, jamais ses symboles : la règle à appliquer est décidée par la DERNIÈRE opération effectuée. Presque toutes les pertes de points de ce chapitre viennent d'avoir vu un sin ou un carré au lieu de voir un produit, un quotient ou un emboîtement.
•f′(a)=limh→0hf(a+h)−f(a), ou de façon équivalente limx→ax−af(x)−f(a).
•Le quotient est TOUJOURS de forme 00 : c'est pour cela qu'il faut transformer l'écriture, jamais substituer h=0.
•Interprétation : hf(a+h)−f(a) est la pente de la SÉCANTE; sa limite est la pente de la TANGENTE.
•f′ est une FONCTION, f′(a) est un NOMBRE. Cette distinction décide de la moitié des questions de tangente.
La sécante par (2;4) et (3;9) a pour pente 5; en rapprochant le second point du premier, elle bascule vers la tangente en (2;4), de pente 4. C'est ce basculement, et lui seul, que la limite calcule.
Quand l'énoncé dit « par la définition » ou « à partir de la limite », toute réponse obtenue par les règles vaut zéro, même juste.
Les règles, dans l'ordre où on les cherche
•Somme et multiple : (u±v)′=u′±v′ et (ku)′=ku′. Ce sont les SEULES règles qui se distribuent.
•Produit : (uv)′=u′v+uv′. Quotient : (vu)′=v2u′v−uv′, numérateur dans CET ordre.
•Chaîne : (f(g(x)))′=f′(g(x))⋅g′(x). Le second facteur est la dérivée intérieure.
•Transcendantes : (sinx)′=cosx, (cosx)′=−sinx, (tanx)′=sec2x, (ex)′=ex, (lnx)′=x1, toutes en RADIANS.
Le facteur u′ qui apparaît partout est la même chose : la dérivée intérieure. L'oublier est l'erreur la plus fréquente du chapitre.
Ce qui n'est PAS une règle
•(uv)′=u′v′ : le produit ne se dérive pas terme à terme.
•(vu)′=v′u′ : le quotient non plus.
•(xx)′=x⋅xx−1 : la règle de puissance suppose un exposant CONSTANT.
•(ax)′=axlna, et non xax−1 : base constante, exposant variable, c'est l'exponentielle.
•Continuité n'entraîne PAS dérivabilité; dérivabilité entraîne continuité. L'implication ne va que dans un sens.
Lire la non-dérivabilité sur un graphe d'examen
•La question ne demande pas une définition, elle demande un balayage : on parcourt la courbe de gauche à droite et on s'arrête partout où le crayon change brutalement de direction, se lève, ou part à la verticale.
•Une DISCONTINUITÉ suffit à conclure, sans calcul : non continue, donc non dérivable. Les coins et les tangentes verticales, eux, se produisent sur des morceaux parfaitement continus, et c'est ce qui les rend faciles à manquer.
•Un morceau CONSTANT n'est pas un point à dérivée nulle, c'est un INTERVALLE entier : répondre par une seule abscisse là où l'on attend f′=0 sur ]a,b[ coûte la question.
•Le signe de f′ ne se discute qu'aux points où f′ EXISTE. Annoncer que la dérivée est positive « en » un coin est une faute de logique, pas d'étourderie.
Un graphe d'examen ne trie pas les accidents : ici un coin en x=−3, un saut en x=0 et une tangente verticale en x=3, plus un morceau constant sur ]−6;−3[ où f′ est nulle partout et non en un point.
« Où f n'est-elle pas dérivable ? » attend une LISTE d'abscisses ET une raison par abscisse. Citer les points sans nommer la cause vaut la moitié des points.
Les règles de calcul en tableau
Chaque ligne se lit de gauche à droite : les hypothèses, puis le résultat. Une case rouge n'est pas une réponse, c'est le constat que la forme ne décide rien et l'ordre de transformer l'écriture. Chaque cas est suivi d'un exemple chiffré.
Les dérivées usuelles
La table que l'examen suppose sue. Chaque ligne est donnée avec le nombre qu'elle produit en un point, parce qu'une dérivée fausse se repère plus vite sur une pente que sur une formule.
f(x)
Où c'est valable
f′(x)
k, une constante
partout
0
Exemple : (π2)′=0, et (2x3)′=32x2 : tout ce qui ne contient pas x est une constante.
xn, n constant
n réel quelconque
nxn−1
Exemple : (x5)′=5x4, donc la pente en x=2 vaut 80.
x
x>0 strictement
2x1
Exemple : En x=9, la pente vaut 61≈0,167. En x=0 elle n'existe pas, la tangente y est verticale.
x1
x=0
−x21
Exemple : En x=2, la pente vaut −0,25 : toujours négative, ce qui se voit sur les deux branches de l'hyperbole.
ex
partout
ex
Exemple : La seule fonction égale à sa dérivée. En x=0, la pente vaut 1, en x=1 elle vaut e≈2,718.
ax, a>0
partout
axlna
Exemple : (2x)′=2xln2, donc la pente en x=3 vaut 8ln2≈5,55, et non 3×22=12.
lnx
x>0
x1
Exemple : En x=4, la pente vaut 0,25. Avec ln∣x∣, la même dérivée x1 vaut sur tout x=0.
sinx
en radians
cosx
Exemple : En x=0, la pente vaut 1 : c'est exactement la limite xsinx→1 vue au chapitre précédent.
cosx
en radians
−sinx
Exemple : En x=2π, la pente vaut −1. Le signe moins est la seule chose à retenir de cette ligne.
tanx
x=2π+kπ
sec2x=1+tan2x
Exemple : En x=0, la pente vaut 1; en x=4π elle vaut déjà 2. Une dérivée qui ne s'annule jamais, donc une fonction strictement croissante sur chaque branche.
Chaque ligne se lit avec un u à la place du x, et un facteur u′ derrière : (eu)′=u′eu, (lnu)′=uu′, (un)′=nu′un−1. La table donne l'extérieur, c'est vous qui écrivez u′.
Les cinq opérations, et ce qu'elles produisent
On lit la DERNIÈRE opération de l'expression, celle qu'on effectuerait en dernier avec une calculatrice, et on prend la ligne correspondante.
Forme de f
Ce qu'on pose au brouillon
f′
u+v
rien, on dérive chaque morceau
u′+v′
Exemple : (x3+sinx)′=3x2+cosx, qui vaut 3+cos1≈3,540 en x=1.
ku, k constante
on sort k
ku′
Exemple : (5lnx)′=x5, donc la pente en x=5 vaut exactement 1.
uv
u, v, u′, v′
u′v+uv′
Exemple : (x2sinx)′=2xsinx+x2cosx, qui vaut −π2≈−9,87 en x=π. Avec u′v′ on trouverait 2πcosπ≈−6,28, une autre pente.
vu
u, v, u′, v′
v2u′v−uv′
Exemple : (x+1x)′=(x+1)21, donc 0,25 en x=1. Le numérateur se lit dans CET ordre, sinon la pente change de signe.
v(u(x))
u intérieure et u′
u′×v′(u(x))
Exemple : (x2+1)′=x2+1x, qui vaut 52≈0,894 en x=2.
un
u et u′
nu′un−1
Exemple : ((3x+1)4)′=12(3x+1)3, donc 768 en x=1. Développer d'abord donnerait le même nombre après beaucoup plus de lignes.
Aucune de ces lignes ne se distribue sauf les deux premières : (uv)′=u′v′ et (vu)′=v′u′. C'est l'erreur la plus fréquente du premier examen, et elle se détecte en comparant deux pentes numériques.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Dériver un produit terme à terme
2 points, et toute la question si la suite en dépend
Ce qu'il ne faut pas écrire
(x2sinx)′=2xcosx
Ce qu'il faut écrire
(x2sinx)′=2xsinx+x2cosx
Pourquoi : Un contre-exemple règle la question une fois pour toutes : avec u=v=x, le produit est x2 dont la dérivée est 2x, alors que u′v′=1. La règle du produit n'a pas deux termes par élégance, elle en a deux parce que chacun des deux facteurs varie.
2.Perdre la dérivée intérieure dans la règle de chaîne
1 point par occurrence, et elles sont nombreuses
Ce qu'il ne faut pas écrire
(sin(3x))′=cos(3x)
Ce qu'il faut écrire
(sin(3x))′=3cos(3x)
Pourquoi : Le facteur oublié vaut ici 3, donc la réponse est trois fois trop petite. Le contrôle en dix secondes : la dérivée de sin(3x) en 0 doit valoir la pente de la courbe à l'origine, visiblement plus raide que celle de sinx. Une réponse égale à 1 au lieu de 3 se repère sans calcul.
3.Inverser l'ordre au numérateur de la règle du quotient
toute la question, car le signe du résultat est inversé
Ce qu'il ne faut pas écrire
(vu)′=v2uv′−u′v
Ce qu'il faut écrire
(vu)′=v2u′v−uv′, le HAUT dérivé en premier
Pourquoi : Le résultat n'est pas approximatif, il est l'opposé du bon : un tableau de variations construit dessus est intégralement faux. Contrôle instantané sur x1, dont la dérivée doit être −x21, donc négative : la bonne formule donne x20⋅x−1⋅1=−x21 ✓, la mauvaise donne +x21.
4.Écrire la tangente avec la fonction dérivée au lieu du nombre dérivé
2 points, alors que la dérivée était juste
Ce qu'il ne faut pas écrire
« f′(x)=3x2, donc la tangente en x=2 est y=3x2(x−2)+8. »
Ce qu'il faut écrire
« f′(2)=12, donc la tangente est y=12(x−2)+8, soit y=12x−16. »
Pourquoi : Une tangente est une DROITE : son équation ne peut contenir aucun x2. On substitue a dans f′ avant d'écrire quoi que ce soit. Le contrôle est visuel : si l'équation finale n'est pas de la forme y=mx+p, c'est que la substitution n'a pas été faite.
5.Croire qu'une fonction continue est dérivable
toute la question de dérivabilité, souvent 3 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« f est continue en 0, donc f′(0) existe. »
Ce qu'il faut écrire
« f est continue en 0, mais les deux limites du taux d'accroissement diffèrent, donc f n'est pas dérivable en 0. »
Trois courbes continues, aucune dérivable au point marqué : le coin de ∣x∣ a deux pentes opposées, la pointe de x2/3 deux pentes infinies, x1/3 une seule pente, verticale.
Pourquoi : ∣x∣, x2/3 et 3x sont continues partout et pourtant non dérivables en 0, pour trois raisons différentes : un coin, un rebroussement, une tangente verticale. L'implication ne va que dans l'autre sens : dérivable entraîne continue, ce qui sert à montrer qu'une fonction discontinue n'est certainement pas dérivable.
6.Appliquer la règle de puissance à un exposant variable
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
(xx)′=x⋅xx−1=xx
Ce qu'il faut écrire
y=xx donne lny=xlnx, puis yy′=lnx+1, donc (xx)′=xx(lnx+1)
Pourquoi : La règle (xn)′=nxn−1 exige un exposant CONSTANT, et (ax)′=axlna exige une base constante. Quand les deux varient, aucune des deux ne s'applique et la dérivation logarithmique est la seule voie. Contrôle numérique en x=1 : la bonne formule donne 1⋅(0+1)=1, ce que confirme le taux d'accroissement.
7.Oublier le facteur y′ en dérivation implicite
toute la question, l'équation obtenue ne contenant plus l'inconnue
Ce qu'il ne faut pas écrire
dxd(y2)=2y
Ce qu'il faut écrire
dxd(y2)=2yy′, parce que y est une fonction de x
Pourquoi : En dérivation implicite, chaque y est une fonction inconnue de x : dériver un y produit toujours un y′, exactement comme la règle de chaîne le prévoit. Le signal d'alarme est immédiat : si l'équation obtenue ne contient aucun y′, il n'y a plus rien à isoler et la copie s'arrête.
8.Dériver un sinus avec un argument en degrés
1 point, plus tous ceux qui dépendent de la valeur numérique
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La calculatrice est en degrés, donc (sinx)′=cosx marche quand même. »
Ce qu'il faut écrire
« Toutes les formules trigonométriques de dérivation supposent des RADIANS; en degrés, (sinx)′=180πcosx. »
Pourquoi : La formule vient de limh→0hsinh=1, qui vaut 180π≈0,01745 en degrés. Une pente qui sort cinquante-sept fois trop petite, ou l'apparition du nombre 0,01745 à l'écran, sont les deux signaux de ce réglage.
9.Dériver une constante parce qu'elle contient un symbole
1 à 2 points, sur la question réputée facile de l'examen
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Dans f(x)=5x4+2x3−π2, le terme −π2 se dérive en −2π. »
Ce qu'il faut écrire
« π est un NOMBRE, donc π2 est une constante et sa dérivée vaut 0; 2 est un coefficient, donc (2x3)′=32x2. Au total f′(x)=20x3+32x2. »
Pourquoi : La règle est sans exception : tout ce qui ne contient pas la variable est une constante, quelle que soit sa complication apparente. Le même réflexe fait buter sur 38x4, qu'il suffit de réécrire 2x4/3 pour retomber sur la règle de puissance et obtenir 38x1/3. Avant de dériver, entourez ce qui contient x : le reste est un nombre.
10.Croire qu'une tangente ne touche la courbe qu'en un seul point
toute la question quand l'énoncé demande où la tangente recoupe la courbe
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Cette droite recoupe la courbe plus loin, donc ce n'est pas la tangente. »
Ce qu'il faut écrire
« Tangente est une propriété LOCALE, qui décrit le contact en un point. La tangente à f(x)=x3−29x2−12x+2 en (0,2) est y=−12x+2, et elle recoupe la courbe en (4,5;−52). »
Pourquoi : Résoudre f(x)=−12x+2 donne x2(x−29)=0 : la racine DOUBLE en 0 est la signature du contact tangentiel, la racine simple en 29 est une intersection ordinaire. C'est la multiplicité de la racine qui distingue toucher de couper, jamais le nombre de points d'intersection. Le raisonnement fonctionne dans les deux sens et sert à retrouver un point de tangence quand l'énoncé donne la droite au lieu du point.
Quelle méthode choisir
Quelle règle, selon la dernière opération de l'expression
On ne regarde pas les symboles présents, on cherche la DERNIÈRE opération qu'on effectuerait pour évaluer l'expression en un nombre. C'est elle qui nomme la règle.
Si la dernière opération est une addition ou une soustraction → dériver terme à terme, c'est la seule règle qui se distribue
Exemple : (x3+sinx)′=3x2+cosx
Si la dernière opération est une multiplication de deux facteurs qui dépendent tous deux de x → règle du produit u′v+uv′
Exemple : (x2ex)′=2xex+x2ex=xex(x+2)
Si l'un des facteurs est une CONSTANTE, ce n'est pas un produit au sens de la règle : la constante sort simplement.
Si la dernière opération est une division → règle du quotient v2u′v−uv′, ou réécriture en puissance négative quand le dénominateur est un monôme
Exemple : x23=3x−2 se dérive en −6x−3, sans la règle du quotient
Si la dernière opération est l'application d'une fonction à une expression, autrement dit un emboîtement → règle de chaîne : dériver l'extérieur en gardant l'intérieur, puis multiplier par la dérivée intérieure
Exemple : (x2+1)′=2x2+12x=x2+1x
Si l'exposant contient la variable → dérivation logarithmique : prendre le logarithme des deux membres, dériver, puis multiplier par y
Exemple : y=(sinx)x donne lny=xlnsinx
Si l'équation n'est pas résolue en y → dérivation implicite : dériver les deux membres par rapport à x, chaque y produisant un y′, puis isoler y′
Exemple : x2+y2=25 donne 2x+2yy′=0, donc y′=−yx
Un emboîtement de trois couches se dérive de l'extérieur vers l'intérieur, une couche à la fois, et le résultat est un PRODUIT de trois facteurs. Compter les couches avant de commencer évite d'en oublier une.
Faut-il simplifier avant de dériver
Une minute de réécriture économise souvent cinq minutes de calcul et supprime la moitié des erreurs de signe.
Si le dénominateur est un monôme → réécrire en puissances négatives et dériver terme à terme
Exemple : x2x3+2x=x+2x−1, de dérivée 1−2x−2
Si l'expression est un produit de racines ou de puissances de la même base → regrouper les exposants avant de dériver
Exemple : x⋅x2=x5/2, de dérivée 25x3/2
Si l'expression contient un logarithme de produit, de quotient ou de puissance → développer avec les propriétés du logarithme avant de dériver
Exemple : lnx−3x2x+1=2lnx+21ln(x+1)−ln(x−3)
Si aucune de ces formes → dériver directement, et simplifier seulement à la fin si la question le demande
Attention toutefois : la simplification peut changer le DOMAINE. x−2x2−4 vaut x+2 sauf en 2, où la fonction initiale n'est pas définie et n'a donc pas de dérivée.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
L'équation d'une tangente, rédigée pour le correcteur
Quand l'utiliser : Dès que l'énoncé demande la tangente, la normale, ou l'approximation linéaire en un point.
1Calculer f(a) et l'écrire : « f(2)=8, donc le point de contact est A(2;8). »
2Calculer la FONCTION dérivée f′(x), en nommant la règle utilisée.
3Substituer : « f′(2)=12 », un NOMBRE, qui est la pente.
4Écrire l'équation sous la forme point-pente y−f(a)=f′(a)(x−a), puis développer.
5Vérifier que le point de contact satisfait l'équation trouvée.
Phrase de conclusion
La tangente à la courbe de f au point d'abscisse 2 a pour équation y=12(x−2)+8, soit y=12x−16.
Le piège : Laisser un x dans la pente. Une tangente est une droite : si l'équation finale contient un x2 ou un sinx, la substitution de a dans f′ a été oubliée.
Barème : En général 1 point pour f(a), 1 point pour f′(x), 1 point pour f′(a), 1 point pour l'équation finale mise sous forme réduite.
La dérivée par la définition, quand l'énoncé l'exige
Quand l'utiliser : L'énoncé dit « par la définition », « à partir de la limite » ou « sans utiliser les règles ». Toute réponse obtenue autrement vaut zéro.
1Écrire la limite complète, avec le limh→0, avant tout calcul.
2Développer f(a+h) sans simplifier trop vite, et poser la différence f(a+h)−f(a).
3Constater la forme 00 et transformer : factoriser h, ou multiplier par le conjugué si une racine apparaît.
4Simplifier le h en disant explicitement que h=0, puisque h TEND vers zéro sans l'atteindre.
5Passer à la limite et conclure par une phrase.
Phrase de conclusion
Le quotient d'accroissement vaut 2a+h pour tout h=0, donc f′(a)=limh→0(2a+h)=2a.
Le piège : Substituer h=0 avant d'avoir simplifié, ce qui donne 00 et bloque la copie. La forme indéterminée n'est pas un obstacle, c'est l'ordre de transformer l'écriture.
Barème : La limite écrite au départ vaut souvent autant que le calcul lui-même : elle prouve qu'on a compris ce qu'on calcule.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Contrôler la dérivée par un taux d'accroissement numérique
Choisir un a simple, puis calculer 0,002f(a+0,001)−f(a−0,001) à la calculatrice. Le résultat doit coïncider avec f′(a) à deux ou trois décimales près.
Sur f(x)=x2sinx en a=1 : la formule donne 2sin1+cos1≈2,223, et le taux numérique affiche 2,223 ✓. La dérivée fausse 2cos1≈1,081 est éliminée en dix secondes.
Compter les termes attendus
Un produit de deux facteurs donne DEUX termes, un quotient donne deux termes au numérateur, une chaîne à trois couches donne un produit de TROIS facteurs. Un résultat qui n'a pas la bonne forme signale une règle sautée.
Une dérivée de x2ex qui tient en un seul terme est forcément fausse; une dérivée de sin(x2+1) qui n'a que deux facteurs a perdu une couche.
Vérifier le signe sur un point où le sens de variation est évident
Prendre un point où la fonction monte visiblement et contrôler que la dérivée y est positive, et inversement. C'est ce qui attrape l'inversion du numérateur dans la règle du quotient.
x1 décroît sur ]0,+∞[, donc sa dérivée doit être négative : un +x21 trahit la formule inversée.
Tester la formule sur un cas particulier connu
Substituer une valeur qui ramène l'expression à un cas déjà connu, et comparer.
La formule (un)′=nun−1u′ avec u=x doit redonner nxn−1, puisque u′=1. Si ce n'est pas le cas, la formule mémorisée est fausse.
Relire le verbe de l'énoncé
« Dériver », « calculer f′(2) », « donner l'équation de la tangente » et « montrer que f est dérivable » demandent quatre réponses de natures différentes : une fonction, un nombre, une équation de droite, une comparaison de deux limites.
Une dérivée impeccable en réponse à « montrer que f est dérivable en 0 » ne rapporte rien : la question portait sur l'existence de la limite du taux d'accroissement.
L'exercice type décortiqué
Tangente à une courbe définie implicitement, comme à l'examen
La courbe d'équation x2+xy+y2=7 passe par le point A(1;2).
Déterminer l'équation de la tangente à cette courbe au point A.
À une même abscisse, l'ellipse x2+xy+y2=7 associe DEUX ordonnées : aucune fonction y=f(x) ne la décrit en entier, d'où la dérivation implicite.
Étape 1
Vérification préalable : 12+1×2+22=1+2+4=7 ✓, le point A appartient bien à la courbe.
Pourquoi
Dix secondes qui évitent de résoudre un faux problème. Un point hors de la courbe rend la suite entièrement vaine, et le correcteur commence toujours par là.
Étape 2
On dérive les deux membres par rapport à x, en traitant y comme une fonction inconnue de x : dxd(x2)=2x, dxd(y2)=2yy′, et dxd(xy)=1⋅y+x⋅y′ par la règle du produit. Le membre de droite est constant, sa dérivée est nulle. D'où 2x+y+xy′+2yy′=0.
Pourquoi
C'est l'étape qui porte tout le chapitre : chaque y dérivé produit un y′ par la règle de chaîne, et le terme croisé xy est un vrai produit de deux fonctions de x. Une copie qui écrit 2x+y+2yy′=0 a traité xy comme une constante fois y.
Étape 3
On regroupe les termes en y′ : y′(x+2y)=−(2x+y), d'où y′=−x+2y2x+y.
Pourquoi
Isoler y′ AVANT de substituer donne une formule valable en tout point de la courbe, réutilisable si l'énoncé demande une seconde tangente. Substituer d'abord obligerait à tout recommencer.
Étape 4
On substitue les coordonnées de A : y′(1;2)=−1+2(2)2(1)+2=−54.
Pourquoi
En dérivation implicite, la pente dépend des DEUX coordonnées, pas seulement de l'abscisse. C'est la traduction algébrique du fait qu'une même abscisse porte deux points de la courbe, avec deux tangentes différentes.
Étape 5
Forme point-pente : y−2=−54(x−1), soit y=−54x+54+2=−54x+514.
Pourquoi
On développe pour livrer une équation réduite, ce que le barème demande presque toujours, mais la forme point-pente est écrite d'abord parce qu'elle est la moins risquée : elle contient le point et la pente, visibles au premier coup d'œil.
Étape 6
Vérification : en x=1, la tangente donne −54+514=510=2 ✓, l'ordonnée de A. Et la pente est négative, ce que confirme le dessin : au point A, la courbe descend.
Pourquoi
Deux contrôles indépendants, l'un algébrique et l'autre graphique. Ils attrapent aussi bien une erreur de signe qu'une erreur d'arithmétique dans le développement.
Conclusion rédigée
La tangente à la courbe x2+xy+y2=7 au point A(1;2) a pour équation y=−54x+514.
L'erreur classique sur cet exercice : Écrire dxd(xy)=y′ en oubliant la règle du produit, ce qui donne 2x+xy′+2yy′=0 puis une pente de −52. Le terme croisé xy est le seul endroit du calcul où deux règles se combinent, produit ET chaîne, et c'est là que se joue la question.
À savoir par cœur
•f′(a)=limh→0hf(a+h)−f(a), toujours de forme 00 : on transforme, on ne substitue pas.
•(uv)′=u′v+uv′ et (vu)′=v2u′v−uv′, le numérateur du quotient dans CET ordre.
•Chaîne : (f(g(x)))′=f′(g(x))g′(x). Le second facteur, la dérivée intérieure, est ce qu'on oublie.
•(eu)′=u′eu, (lnu)′=uu′, (un)′=nun−1u′ : le même u′ partout.
•Exposant variable : dérivation logarithmique. (ax)′=axlna, jamais xax−1.
•Dérivation implicite : chaque y dérivé donne un y′; sans y′ dans l'équation, il n'y a rien à isoler.
•Tangente : y=f′(a)(x−a)+f(a), où f′(a) est un NOMBRE. Aucune tangente ne contient de x2.
•Dérivable entraîne continue; la réciproque est fausse, comme le montre ∣x∣ en 0.
•Trois façons de ne pas être dérivable : point anguleux (les deux côtés diffèrent), tangente verticale (les deux côtés s'accordent sur l'infini), discontinuité. Dans les deux premiers cas, la fonction est pourtant continue.
•Tout ce qui ne contient pas la variable est une constante : (π2)′=0 et (2x3)′=32x2.
Questions fréquentes
Comment savoir quelle règle de dérivation utiliser ?
On repère la dernière opération qu'on effectuerait pour évaluer l'expression. Une addition se dérive terme à terme, une multiplication appelle la règle du produit, une division la règle du quotient, et une fonction appliquée à une expression appelle la règle de chaîne. C'est la structure de l'expression qui décide, jamais les symboles qui y figurent.
Pourquoi faut-il multiplier par la dérivée intérieure ?
Parce que la variation de l'expression intérieure est amplifiée ou réduite avant d'entrer dans la fonction extérieure. Si l'intérieur varie trois fois plus vite, la composée varie trois fois plus vite aussi. C'est exactement ce que dit la règle de chaîne, et l'oublier donne une réponse fausse d'un facteur constant.
Quelle est la différence entre f prime de x et f prime de a ?
La première est une fonction, qui donne la pente en chaque point. La seconde est un nombre, la pente au point d'abscisse a précisément. Une équation de tangente utilise le nombre, jamais la fonction, et c'est pourquoi une tangente est toujours une droite dont l'équation ne contient aucun carré ni aucun sinus.
Une fonction continue est-elle toujours dérivable ?
Non, et c'est une erreur classique. La valeur absolue est continue partout mais présente un coin à l'origine, où les pentes à gauche et à droite valent moins un et plus un. L'implication ne fonctionne que dans l'autre sens : une fonction dérivable en un point y est nécessairement continue.
Comment dériver quand y n'est pas isolé dans l'équation ?
On utilise la dérivation implicite. On dérive les deux membres par rapport à x en traitant y comme une fonction de x, ce qui fait apparaître un facteur y prime chaque fois qu'un y est dérivé, puis on regroupe et on isole y prime. La pente obtenue dépend alors des deux coordonnées du point.
Comment dériver x puissance x ?
Ni la règle de puissance ni celle de l'exponentielle ne s'appliquent, car la base et l'exposant varient tous les deux. On passe par la dérivation logarithmique : on prend le logarithme des deux membres, on dérive, puis on multiplie par y. Le résultat est x puissance x multiplié par le logarithme de x plus un.
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Exercices corrigés : La dérivée et ses règles
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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Contactez-moi pour une première séance. On reprend les gestes qui coûtent des points à l'examen de calcul différentiel, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel des évaluations de cégep.