Calcul différentiel 201-NYA • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Fiche de révision : les dérivées des fonctions transcendantes (201-NYA)
Cette fiche ne réécrit pas la table des dérivées : vous l'avez déjà dans vos notes, et recopier une table ne fait perdre ni gagner de points. Elle traite ce qui les fait perdre vraiment, à savoir le facteur u′ qui disparaît dès qu'il y a deux étages, la règle de puissance appliquée à 2x, et le domaine du logarithme qu'on découvre après avoir dérivé.
Elle est écrite pour les étudiants de cégep en Sciences de la nature à Montréal et pour les élèves de Terminale des lycées français qui suivent le complément québécois de mathématiques. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.
Le fil du chapitre
Une dérivée transcendante ne se lit jamais telle quelle dans la table : il y a toujours un facteur u′ derrière, et un domaine à vérifier avant de dériver. Presque toutes les pertes de points de ce chapitre viennent de l'un ou de l'autre.
•Règle de lecture : les trois fonctions dont le nom commence par « co » portent le signe MOINS. Rien d'autre n'est à mémoriser sur les signes.
•Tout cela suppose l'argument en RADIANS. En degrés, (sinx)′=180πcosx, ce qui n'est jamais ce que l'énoncé veut.
Les trois dérivées en « co » se retrouvent aussi en dérivant la cofonction : cosx=sin(2π−x) produit le signe moins par la règle de chaîne, puisque la dérivée intérieure vaut −1.
Exponentielle et logarithme : la base change un FACTEUR, jamais la forme
•(ex)′=ex, et plus généralement (eu)′=u′eu.
•(ax)′=axlna : le facteur lna est la seule trace de la base.
•(lnx)′=x1 sur x>0, (lnu)′=uu′, et (ln∣x∣)′=x1 sur tout x=0.
•(logax)′=xlna1, qui n'est que (lnalnx)′ avec la constante lna1 devant.
La dérivée de 2x, en pointillés, est la même courbe multipliée par ln2, donc elle passe EN DESSOUS : seule la base e donne une courbe confondue avec sa dérivée.
Le nombre e se définit exactement par là : c'est l'unique base dont la tangente en 0 a pour pente 1, donc l'unique base pour laquelle le facteur lna vaut 1 et disparaît.
Le facteur u′ : un par étage, sans exception
•dxd[F(u(x))]=F′(u)⋅u′. La table donne F′; c'est vous qui écrivez u′.
•Trois étages donnent trois facteurs : (sin(e3x))′=cos(e3x)⋅e3x⋅3.
•Contrôle de compte : autant de facteurs multipliés que de fonctions emboîtées. Deux emboîtements et deux facteurs seulement, il en manque un.
•Le seul cas où u′=1 est u(x)=x : c'est la ligne de la table, et elle est rare dans un examen.
Réciproques et hyperboliques : les deux tables où le signe se joue
•(arcsinx)′=1−x21 et (arccosx)′=1−x2−1, toutes deux sur ∣x∣<1 STRICTEMENT.
•(arctanx)′=1+x21 sur R tout entier, sans condition.
•(sinhx)′=coshx et (coshx)′=sinhx, SANS signe moins, avec cosh2x−sinh2x=1.
•Conséquence à retenir : cos et sin vérifient y′′=−y et oscillent; cosh et sinh vérifient y′′=y et partent à l'infini.
Le domaine de la dérivée est l'INTÉRIEUR du domaine de la fonction. arcsin est définie en 1, sa dérivée ne l'est pas : la tangente y est verticale.
Les règles de calcul en tableau
Chaque ligne se lit de gauche à droite : les hypothèses, puis le résultat. Une case rouge n'est pas une réponse, c'est le constat que la forme ne décide rien et l'ordre de transformer l'écriture. Chaque cas est suivi d'un exemple chiffré.
Les six dérivées trigonométriques
Trois lignes sans signe, trois lignes avec. La règle de lecture tient en un mot : les fonctions dont le nom commence par « co » portent le moins.
f(x)
Version composée
f′(x)
sinx
u′cosu
cosx
Exemple : (sin(3x))′=3cos(3x), qui vaut 3 en x=0 et non 1 : le facteur 3 est la moitié de la note.
cosx
−u′sinu
−sinx
Exemple : (cos(x2))′=−2xsin(x2), qui vaut environ −1,68 en x=1.
tanx
u′sec2u
sec2x=1+tan2x
Exemple : En x=4π, sec2x=2 : la pente de la tangente y est deux fois celle de y=x.
cotx
−u′csc2u
−csc2x
Exemple : En x=4π, la pente vaut −2, exactement l'opposée de celle de tan au même point.
secx
u′secutanu
secxtanx
Exemple : En x=3π, secx=2 et tanx=3, donc la pente vaut 23≈3,46.
cscx
−u′cscucotu
−cscxcotx
Exemple : En x=3π, la pente vaut −32⋅31≈−0,667.
Tout ce tableau suppose l'argument en RADIANS. En degrés, (sinx)′=180πcosx≈0,01745cosx, ce que la calculatrice affiche sans prévenir quand elle est restée en mode DEG.
Exponentielles, logarithmes, réciproques et hyperboliques
Quatre familles, une seule difficulté par ligne : le facteur que la base laisse derrière elle, et le domaine qui s'écrit AVANT de dériver.
f(x)
Domaine
f′(x)
ex
partout
ex
Exemple : (e3x)′=3e3x : le 3 vient de u′, il vaut 3 en x=0.
ax, a>0
partout
axlna
Exemple : (5x)′=5xln5, donc environ 8,05 en x=1. Le facteur lna est la seule trace de la base.
lnx
x>0
x1
Exemple : (ln(x2+1))′=x2+12x, qui vaut 1 en x=1 : le u′ est au numérateur, jamais ailleurs.
logax
x>0
xlna1
Exemple : (log10x)′=xln101, soit environ 0,0434 en x=10.
arcsinx
∣x∣<1 strictement
1−x21
Exemple : En x=0 la pente vaut 1; en x=0,8 elle vaut déjà 0,61≈1,67, et elle explose en ±1.
arccosx
∣x∣<1 strictement
−1−x21
Exemple : Même valeur absolue que arcsin, signe opposé : la somme arcsinx+arccosx vaut 2π pour tout x, donc sa dérivée est nulle.
arctanx
partout
1+x21
Exemple : En x=1, la pente vaut 0,5. Aucune condition de domaine, c'est la seule réciproque trigonométrique dans ce cas.
sinhx et coshx
partout
coshx et sinhx
Exemple : Aucun signe moins, contrairement au cercle : en x=1, sinh′(1)=cosh1≈1,543. Elles vérifient y′′=y, quand sin et cos vérifient y′′=−y.
Le domaine s'écrit avant la dérivation, pas après : (ln(x−3))′=x−31 est faux tant que x>3 n'a pas été posé, et l'examen compte cette ligne à part.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Le facteur u′ oublié dès qu'il y a deux étages
1 point à chaque occurrence, et souvent 4 ou 5 par copie
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (sin3x)′=cos3x »
Ce qu'il faut écrire
« (sin3x)′=3cos3x : la table donne la dérivée extérieure, la règle de chaîne ajoute u′=3. »
Pourquoi : C'est l'erreur la plus rentable à corriger de tout le chapitre, parce qu'elle se répète : une copie qui l'a faite une fois l'a faite partout. Le contrôle est mécanique, on compte les emboîtements et on compte les facteurs.
2.Dériver 2x avec la règle de puissance
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (2x)′=x2x−1 »
Ce qu'il faut écrire
« (2x)′=2xln2 : l'exposant est la VARIABLE, donc ce n'est pas une puissance mais une exponentielle. »
Pourquoi : La règle (xn)′=nxn−1 suppose l'exposant CONSTANT. Ici c'est la base qui est constante : les deux règles portent sur des objets différents, et seule la place du x permet de les distinguer.
3.Dériver le logarithme avant d'avoir écrit son domaine
2 points, plus la question de variations qui suit
Ce qu'il ne faut pas écrire
« f(x)=ln(x2−4) donc f′(x)=x2−42x, et f′(0)=0. »
Ce qu'il faut écrire
« f n'est définie que pour x2−4>0, c'est à dire ∣x∣>2. La formule f′(x)=x2−42x ne vaut que là, et f′(0) n'existe pas. »
Pourquoi : La formule de la dérivée reste calculable là où la fonction n'existe pas : elle ne proteste pas. C'est le seul chapitre où le domaine doit être écrit AVANT de dériver, et le correcteur cherche cette ligne.
4.Croire que ln(5x) et lnx ont des dérivées différentes
1 point
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (ln5x)′=5x1 »
Ce qu'il faut écrire
« (ln5x)′=5x5=x1, la même dérivée que lnx, ce qui se voit aussi sur ln5x=ln5+lnx. »
Pourquoi : Un facteur constant à l'intérieur d'un logarithme devient une constante ADDITIVE, donc il disparaît en dérivant. Simplifier le logarithme avant de dériver évite l'erreur et fait gagner du temps.
5.Appliquer une règle de puissance à xx, où base ET exposant varient
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (xx)′=x⋅xx−1=xx »
Ce qu'il faut écrire
« Aucune règle ne s'applique. On pose y=xx, donc lny=xlnx, on dérive : yy′=lnx+1, d'où y′=xx(lnx+1). »
Pourquoi : La règle de puissance fige l'exposant, la règle exponentielle fige la base : quand les deux bougent, il ne reste que la dérivation logarithmique. La réponse fausse xx se démasque en x=1, où elle donne 1 au lieu de 1... mais en x=e elle donne ee au lieu de 2ee.
6.Arrêter la dérivation logarithmique à yy′
2 points, la moitié de la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« yy′=x3+2x+11, donc y′=x3+2x+11. »
Ce qu'il faut écrire
« y′=y(x3+2x+11), où l'on remplace y par l'expression de départ. »
Pourquoi : yy′ est le taux de variation RELATIF, pas la dérivée. La dernière multiplication est l'étape que tout le monde saute parce que le calcul intéressant est déjà fini.
7.Le signe moins d'arccos, et celui de trop sur cosh
1 point chacun, et le sens de variation de toute l'étude
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (arccosx)′=1−x21 » et « (coshx)′=−sinhx »
Ce qu'il faut écrire
« (arccosx)′=1−x2−1, car arccos est DÉCROISSANTE » et « (coshx)′=+sinhx, il n'y a pas de signe moins chez les hyperboliques. »
arcsin monte et arccos descend : c'est là tout le signe moins. Aux deux bords x=±1 les tangentes sont verticales, donc la dérivée n'y existe pas.
Pourquoi : Le réflexe « co veut dire moins » vient de la trigonométrie circulaire et ne se transporte ni aux réciproques ni aux hyperboliques. Le contrôle est visuel : une fonction décroissante a une dérivée négative, une fonction croissante une dérivée positive.
8.Confondre le taux de variation absolu et le taux relatif
toute la question, le modèle étant faux dès la première ligne
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La population croît de 3% par an, donc P′=0,03. »
Ce qu'il faut écrire
« Un pourcentage est un taux RELATIF : PP′=0,03, donc P′=0,03P et P(t)=P0e0,03t. »
Pourquoi : P′=0,03 décrit une croissance LINÉAIRE de trois centièmes d'individu par an. Le mot « pourcentage » dans un énoncé désigne toujours PP′, et c'est ce qui produit l'exponentielle.
Quelle méthode choisir
Quelle règle selon la FORME de l'écriture
On regarde où se trouve le x, à la base ou à l'exposant, avant de regarder de quelle fonction il s'agit. C'est la place du x qui décide, pas le chapitre.
Trois courbes voisines et trois règles différentes : exposant constant, base constante, puis les deux variables. C'est la place du x dans l'écriture qui décide, jamais l'allure.
Si base variable, exposant CONSTANT, comme x5 ou x−1/2 → règle de puissance (xn)′=nxn−1
Exemple : (x7)′=7x6
Si base CONSTANTE, exposant variable, comme 2x ou e3x → règle exponentielle (au)′=aulna⋅u′
Exemple : (5x2)′=5x2ln5⋅2x
Avec a=e le facteur lna vaut 1, ce qui explique pourquoi e est la base de travail.
Si base ET exposant variables, comme xx ou (sinx)x → dérivation logarithmique, aucune autre règle n'existe
Exemple : y=xsinx, lny=sinxlnx
Si produit ou quotient d'au moins TROIS facteurs, avec des exposants ou des racines → dérivation logarithmique aussi, par confort : le logarithme transforme les produits en sommes
Exemple : y=(x2+1)4x32x+1, décortiqué plus bas
Le calcul direct est possible, mais il empile deux règles de quotient et une règle de produit : c'est là que naissent les erreurs de signe.
Si une transcendante appliquée à autre chose que x tout seul → la ligne de la table, multipliée par u′
Exemple : (ln(3x2+1))′=3x2+16x
Si aucune branche ne s'applique, c'est que l'expression est une somme : on dérive terme à terme et l'on retombe sur l'une des branches à chaque terme.
Quel modèle exponentiel selon la phrase de l'énoncé
Les problèmes de la partie B se ressemblent tous. C'est une expression précise de l'énoncé qui désigne l'équation différentielle, donc le modèle.
Si « croît de k pour cent par an », « se multiplie par deux tous les T », « demi-vie » → y′=ky, donc y=y0ekt, avec un taux RELATIF constant
Exemple : demi-vie T donne k=Tln2, au signe près
Si « tend vers la température ambiante », « se rapproche de la valeur a » → refroidissement de Newton y′=k(y−a), donc y=a+(y0−a)ekt
Exemple : un café à 80 degrés dans une pièce à 20 degrés
C'est l'ÉCART à a qui décroît exponentiellement, pas la température elle-même : poser u=y−a ramène au cas précédent.
Si « capacité limite », « plafond », « le milieu ne peut pas nourrir plus de K individus » → logistique y′=Kry(K−y), courbe en S
Exemple : vitesse maximale 4rK, atteinte quand y=2K
Si l'énoncé donne deux mesures et demande le taux → on ne devine pas le modèle, on l'identifie : deux points suffisent à trouver y0 et k dans y=y0ekt
Exemple : y(0)=1200 et y(10)=1620 donnent k=101ln12001620
Dans tous les cas, on écrit l'équation différentielle AVANT sa solution : c'est elle qui porte les points de modélisation, la résolution étant admise à ce niveau.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
La dérivation logarithmique, rédigée pour le correcteur
Quand l'utiliser : Base et exposant tous deux variables, ou produit et quotient d'au moins trois facteurs à exposants.
1Poser la fonction et annoncer la méthode : « Posons y=(x2+1)4x32x+1, définie et strictement positive pour x>0. »
2Prendre le logarithme des deux membres en justifiant qu'on en a le droit : « Sur x>0, y>0, donc lny existe. » Si le signe n'est pas garanti, écrire ln∣y∣, dont la dérivée est la même.
3Casser en somme AVANT de dériver, c'est là que la méthode paie : « lny=3lnx+21ln(2x+1)−4ln(x2+1). »
4Dériver les deux membres par rapport à x, en n'oubliant pas que le membre de gauche donne yy′ et non y′.
5Multiplier par y et remplacer y par son expression de départ : c'est l'étape qui conclut, et celle qu'on saute.
Phrase de conclusion
Pour tout x>0, y′=(x2+1)4x32x+1(x3+2x+11−x2+18x).
Le piège : Écrire lny=… puis dériver le membre de gauche en y1 au lieu de yy′. Le y est une fonction de x, donc la règle de chaîne s'applique aussi de ce côté du signe égal.
Barème : En général 1 point pour le passage au logarithme justifié, 2 points pour la décomposition en somme et sa dérivation, 1 point pour la multiplication finale par y.
Résoudre un problème de décroissance exponentielle
Quand l'utiliser : Demi-vie, datation au carbone 14, élimination d'un médicament, refroidissement : dès qu'une quantité décroît d'un pourcentage constant.
1Nommer la fonction et son unité : « Soit N(t) la masse restante, en grammes, après t années. »
2Écrire l'équation différentielle et la justifier par l'énoncé : « La désintégration est proportionnelle à la quantité présente, donc N′=−kN avec k>0. »
3Donner la solution générale N(t)=N0e−kt, puis utiliser la donnée de demi-vie pour trouver k : N(T)=2N0 donne e−kT=21, donc k=Tln2.
4Répondre à la question posée en isolant l'inconnue par un logarithme, jamais par tâtonnement à la calculatrice.
5Vérifier l'ordre de grandeur : si l'échantillon a perdu un peu moins de la moitié, l'âge doit être un peu inférieur à une demi-vie.
Phrase de conclusion
Avec T=5730 ans, k=5730ln2≈1,21×10−4 par an; l'échantillon contenant 72% du carbone 14 initial, son âge est t=k−ln0,72≈2716 ans.
Le piège : Oublier le signe moins dans N′=−kN puis trouver un âge négatif, et le rendre tel quel. Une quantité qui décroît a une dérivée négative : le signe se décide avant le calcul, pas après.
Barème : 1 point pour l'équation différentielle posée et justifiée, 1 point pour la détermination de k par la demi-vie, 1 point pour la réponse numérique avec son unité.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Faire recalculer la dérivée par la calculatrice, en un point
Sur TI, MATH puis nDeriv(f(x),x,a) donne la valeur numérique de f′(a); sur Casio, le menu RUN et la commande dxd. On compare avec la valeur que donne votre expression au même point.
Sur f(x)=sin3x en x=1, la calculatrice affiche −2,97; une réponse cos3x donnerait −0,99, exactement trois fois moins : c'est le facteur u′ manquant qui se voit.
Compter les facteurs avant de tourner la page
Compter les fonctions emboîtées dans l'énoncé, puis compter les facteurs multipliés dans votre réponse. Les deux nombres doivent coïncider.
sin(e3x) contient trois emboîtements, donc la dérivée doit contenir trois facteurs : cos(e3x)⋅e3x⋅3. Deux facteurs seulement signalent une ligne sautée.
Confronter le domaine de la dérivée à celui de la fonction
La dérivée ne peut pas exister là où la fonction n'existe pas. On relit le domaine écrit au début, et l'on vérifie que la formule trouvée n'est utilisée nulle part ailleurs.
x2−42x se calcule en x=0 alors que ln(x2−4) n'y est pas définie : le calcul ne proteste jamais, c'est à vous de le faire.
Contrôler le signe par le sens de variation
Une fonction croissante a une dérivée positive sur son domaine, une fonction décroissante une dérivée négative. On teste la formule en un point commode.
arccos décroît de π à 0, donc une dérivée trouvée positive est fausse; e−x décroît, donc −e−x est bien négative, tandis que +e−x trahit un signe perdu.
Vérifier le mode RADIAN avant toute dérivée trigonométrique
Toutes les formules du chapitre supposent l'argument en radians. Un contrôle en trois secondes : sin(0,01) doit afficher 0,00999…, pas 0,000174.
En mode degré, (sinx)′ vaut 180πcosx : une vérification numérique donnerait alors 0,0175 fois la valeur attendue, ce qui ressemble à une erreur de calcul et n'en est pas une.
L'exercice type décortiqué
Dériver un quotient à trois facteurs, puis évaluer la pente en x=1
Soit y=(x2+1)4x32x+1 pour x>0.
Calculer y′ par dérivation logarithmique, puis donner la pente de la tangente au point d'abscisse 1.
Étape 1
Sur x>0, on a 2x+1>0 et x3>0, donc y>0 et lny existe. On écrit lny=ln(x3)+ln(2x+1)−ln((x2+1)4).
Pourquoi
Justifier la positivité avant de prendre le logarithme est le premier point du barème : sans elle, l'écriture lny n'a pas de sens et le correcteur le relève.
Étape 2
Les exposants descendent devant : lny=3lnx+21ln(2x+1)−4ln(x2+1).
Pourquoi
C'est ici que la méthode gagne son temps : la racine devient un demi et la puissance quatrième un coefficient. Le calcul direct, lui, aurait gardé un quotient à dériver.
Étape 3
On dérive les deux membres : yy′=x3+21⋅2x+12−4⋅x2+12x=x3+2x+11−x2+18x.
Pourquoi
Le membre de gauche donne yy′ et non y1 : y est une fonction de x, donc la règle de chaîne s'applique des deux côtés du signe égal. Chaque terme de droite est un uu′.
Étape 4
On multiplie par y : y′=(x2+1)4x32x+1(x3+2x+11−x2+18x).
Pourquoi
L'étape sautée par la moitié des copies. Tant qu'on n'a pas multiplié par y, on tient le taux RELATIF, qui n'est pas la dérivée demandée.
Étape 5
En x=1 : y(1)=241⋅3=163 et la parenthèse vaut 3+31−4=−32, donc y′(1)=163⋅(−32)=−243.
Pourquoi
On évalue APRÈS avoir dérivé symboliquement. Substituer x=1 dès la troisième étape ferait perdre la formule générale, que la question suivante demande presque toujours.
Étape 6
Vérification : −243≈−0,0722, et la calculatrice donne nDeriv≈−0,0722. Le signe négatif est cohérent, la parenthèse étant négative et y positif.
Pourquoi
Une vérification numérique en un point attrape à la fois une erreur de signe et un terme oublié, pour le prix de dix secondes de calculatrice.
Conclusion rédigée
Pour tout x>0, y′=(x2+1)4x32x+1(x3+2x+11−x2+18x), et la tangente au point d'abscisse 1 a pour pente −243≈−0,072.
L'erreur classique sur cet exercice : Écrire lny=3lnx+21ln(2x+1)−4ln(x2+1) puis conclure y′=x3+2x+11−x2+18x : la multiplication finale par y manque, et le résultat vaudrait −32 au lieu de −243, soit neuf fois trop grand.
À savoir par cœur
•Les trois dérivées trigonométriques en « co » portent le signe MOINS, les trois autres non.
•(ax)′=axlna, et (xn)′=nxn−1 : c'est la place du x, base ou exposant, qui choisit la règle.
•(lnu)′=uu′, mais le DOMAINE u>0 s'écrit avant de dériver, pas après.
•Autant de facteurs dans la dérivée que de fonctions emboîtées dans l'énoncé.
•Dérivation logarithmique : ln, casser en somme, dériver, PUIS multiplier par y.
•(arcsinx)′=1−x21 et (arccosx)′=−1−x21, sur ∣x∣<1 strictement.
•(coshx)′=sinhx et (sinhx)′=coshx : aucun signe moins chez les hyperboliques.
•Un pourcentage dans un énoncé désigne yy′, le taux RELATIF, donc une exponentielle.
Questions fréquentes
Comment dériver une fonction du type deux puissance x ?
On n'utilise pas la règle de puissance : l'exposant est la variable, pas la base. La dérivée de deux puissance x est deux puissance x multiplié par le logarithme népérien de deux. Plus généralement, la dérivée de a puissance u vaut a puissance u, fois le logarithme népérien de a, fois la dérivée de u. Avec la base e, ce facteur vaut un et disparaît.
Quand faut-il utiliser la dérivation logarithmique ?
Dans deux cas. D'abord quand la base et l'exposant contiennent tous les deux la variable, comme x puissance x : aucune autre règle n'existe alors. Ensuite par confort, quand l'expression est un produit ou un quotient d'au moins trois facteurs avec des racines ou des puissances : le logarithme transforme ces produits en sommes, bien plus faciles à dériver.
Pourquoi la dérivée de arc cosinus est-elle négative ?
Parce que la fonction arc cosinus décroît : elle part de pi quand x vaut moins un et descend jusqu'à zéro quand x vaut un. Une fonction décroissante a une dérivée négative partout, d'où le signe moins devant un sur racine de un moins x au carré. Arc sinus, elle, croît, donc sa dérivée est positive.
Comment trouver le domaine de la dérivée d'un logarithme ?
On écrit d'abord le domaine de la fonction, en imposant que l'argument du logarithme soit strictement positif, puis on dérive. La formule obtenue reste souvent calculable en dehors de ce domaine, mais elle n'y a aucun sens. C'est le piège le plus coûteux du chapitre : le domaine s'écrit avant la dérivée, jamais après.
Que signifie un taux de croissance de trois pour cent par an ?
Cela veut dire que la dérivée divisée par la quantité vaut zéro virgule zéro trois, et non que la dérivée vaut zéro virgule zéro trois. C'est un taux relatif, qui conduit à une croissance exponentielle de la forme y égale y zéro fois e puissance zéro virgule zéro trois t. Un taux absolu, lui, donnerait une droite.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Les dérivées des fonctions transcendantes
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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