Calcul différentiel 201-NYA • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : L'Hôpital et les formes indéterminées (201-NYA)
Voici quinze exercices corrigés sur les formes indéterminées et la règle de L'Hôpital, tels que le cours de calcul différentiel 201-NYA les demande. Le chapitre arrive ici à sa place naturelle : les règles de dérivation viennent d'être établies, et la première chose qu'on en fait est de s'en servir pour calculer des limites que l'algèbre ne sait pas lever.
L'exercice 0.1 ouvre la série par douze limites à calculer directement par la règle de L'Hôpital, comme dans les listes des manuels : formes 00 algébriques, avec racine, trigonométriques, exponentielles et logarithmiques, deux dérivations successives pour 1−cos3xx2, formes ∞∞ entre exponentielle, puissance et logarithme, puis les formes 0⋅∞, ∞−∞, 1∞ avec (cosx)x21 et 00, chacune avec sa valeur à trouver et vérifiée en direct.
La partie A trie et outille : reconnaître une forme, énoncer la règle et ses hypothèses, ramener un produit ou une différence à un quotient, traiter les transcendantes, passer par le logarithme pour les formes exponentielles. La partie B met le tout au travail : croissances comparées, asymptotes obliques, prolongement dérivable, et un problème de physique où la limite sans frottement redonne la chute libre. La partie C prend les classiques : les trois modes d'échec de la règle, le développement de poche, l'ordre de contact, la chaînette et l'intérêt continu.
Le fil de la série : L'Hôpital n'est pas une règle de calcul des limites, c'est un remède à une pathologie précise. Deux gestes en découlent et reviennent d'un exercice à l'autre. Vérifier l'indétermination AVANT chaque dérivation, parce qu'appliquée à une limite saine la règle donne un résultat sans aucun rapport. Et se demander si la limite n'est pas, déguisée, une dérivée qu'on connaît déjà, auquel cas l'appliquer serait circulaire.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Formes indéterminées : 00, ∞∞, 0⋅∞, ∞−∞, 00, 1∞, ∞0. Tout le reste se conclut par substitution.
•Règle de L'Hôpital : si la forme est 00 ou ∞∞, si f et g sont dérivables près de a avec g′=0, et si limg′f′ EXISTE, alors limgf=limg′f′.
•On dérive haut et bas SÉPARÉMENT : ce n'est pas la règle du quotient. Et l'on revérifie la forme avant chaque nouveau tour.
•Produit 0⋅∞ : basculer au dénominateur le facteur dont la dérivée complique l'expression. Différence ∞−∞ : même dénominateur, factorisation ou conjugué.
•Formes exponentielles : poser y=fg, calculer limlny=glnf, puis conclure limy=eL. Ne jamais oublier la dernière étape.
•Un nombre dérivé déguisé, limx→ax−af(x)−f(a)=f′(a), se lit dans la table sans aucun calcul, et L'Hôpital y serait circulaire.
•Croissances comparées : lnx≪xp≪bx pour tous p>0 et b>1. Entre deux exponentielles, la plus grande base gagne.
•Asymptote oblique : a=limxf(x) puis b=lim(f(x)−ax), les deux limites étant presque toujours indéterminées.
•Trois modes d'échec : la règle boucle, le quotient dérivé n'a pas de limite, ou chaque tour empire. Parades : algèbre, encadrement, changement de variable.
•Ordre de contact : lim(x−a)nf−g=C=0 donne l'ordre n, qui est le premier rang où les dérivées cessent de coïncider.
Calculs : les limites à lever par L'Hôpital
Exercice 0.1 : Appliquer la règle de L'Hôpital : douze calculs directs
Pour chaque limite, nommez la forme indéterminée obtenue par substitution, appliquez la règle de L'Hôpital autant de fois que nécessaire, puis donnez la valeur de la limite.
Une seule méthode pour les douze lignes : substituer d'abord et nommer la forme ; si elle n'est pas 00 ou ∞∞, la ramener à un quotient (bascule d'un facteur pour 0⋅∞, même dénominateur pour ∞−∞, logarithme pour les formes exponentielles) ; dériver le numérateur et le dénominateur SÉPARÉMENT ; substituer de nouveau, et recommencer seulement si la forme est encore indéterminée.
a) limx→2x3−8x4−16.
b) limx→4x−42x+1−3.
c) limx→0sin5xtan2x.
d) limx→0sin2xe3x−e−x.
e) limx→1x2−1lnx.
f) limx→01−cos3xx2.
g) limx→+∞x2+4e3x.
h) limx→+∞3xlnx.
i) limx→1(1−x)tan(2πx).
j) limx→0(ex−11−x1).
k) limx→0(cosx)x21.
l) limx→0+x1+lnx3.
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Réponses
a)34x en 2 ; 38≈2,667
b)2x+11 en 4 ; 31
c)5cos(5x)2sec2(2x) en 0 ; 52
d)2cos2x3e3x+e−x en 0 ; 2
e)2x21 en 1 ; 21
f)9cos3x2 en 0, après deux tours ; 92
g)29e3x, après deux tours ; +∞
h)3x3 ; 0
i)cot(2πx)1−x ; π2≈0,637
j)x(ex−1)x−ex+1, deux tours ; −21
k)lny→−21 ; e−21≈0,607
l)lny→3 ; e3≈20,086
Le geste qui décide de tout se fait AVANT de dériver : substituer et nommer la forme. Seules 00 et ∞∞ autorisent la règle ; les cinq autres formes se ramènent d'abord à un quotient, et la vérification se refait avant CHAQUE nouvelle dérivation.
a)
Forme 00. On dérive : 3x24x3=34x→38≈2,667.
b)
Forme 00. On dérive : 122x+12=2x+11→31≈0,333. Piège : oublier le facteur 2 de la dérivée intérieure, qui donne 61.
c)
Forme 00. On dérive : 5cos(5x)2sec2(2x)→52.
d)
Forme 01−1=00. On dérive : 2cos2x3e3x+e−x→23+1=2. Piège : (e−x)′=−e−x, et le moins de la différence le change en plus.
e)
Forme 00, puisque ln1=0. On dérive : 2xx1=2x21→21.
f)
Forme 00. On dérive : 3sin3x2x, encore 00 ; on redérive : 9cos3x2→92≈0,222. Piège : s'arrêter au premier tour, ou oublier le 3 à chaque dérivation du cosinus.
g)
Forme ∞∞. On dérive : 2x3e3x, encore ∞∞ ; on redérive : 29e3x→+∞. L'exponentielle l'emporte sur toute puissance.
h)
Forme ∞∞. On dérive : 31x−32x1=x313→0. Le logarithme perd contre toute puissance positive, même x31.
i)
Forme 0⋅∞. On bascule la tangente en cotangente : cot(2πx)1−x, de forme 00. On dérive : −2πcsc2(2πx)−1→π2≈0,637. Piège : le facteur 2π de la dérivée intérieure.
j)
Forme ∞−∞. Même dénominateur : x(ex−1)x−ex+1, de forme 00. On dérive : ex−1+xex1−ex, encore 00 ; on redérive : 2ex+xex−ex→−21.
k)
Forme 1∞. On pose y=(cosx)x21, donc lny=x2ln(cosx), de forme 00. On dérive : 2x−tanx, encore 00 ; on redérive : 2−sec2x→−21. Donc y→e−21≈0,607. Piège : répondre −21, la limite du logarithme et non celle de y.
l)
Forme 00, puisque lnx→−∞ rend l'exposant nul. On pose lny=1+lnx3lnx, de forme ∞∞. On dérive : x1x3=3. Donc y→e3≈20,086. Piège : croire qu'une forme 00 vaut toujours 1.
Contrôle : à la machine, on évalue l'expression de départ très près du point, par exemple en a+0,001, ou pour une grande valeur de x ; le nombre affiché doit s'approcher de la limite trouvée. Pour les formes exponentielles, la convergence est lente : on contrôle plutôt la limite de lny.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Indéterminée, déterminée, ou dérivée déguisée ?
Avant de dériver quoi que ce soit, il faut trier. Une limite peut être DÉTERMINÉE, et s'obtenir par simple substitution ; INDÉTERMINÉE, et demander un outil ; ou n'être qu'un NOMBRE DÉRIVÉ déguisé, c'est-à-dire la limite limx→ax−af(x)−f(a)=f′(a) écrite à l'envers.
Ce troisième cas est le plus intéressant du cours : on le reconnaît, on lit la réponse dans la table des dérivées, et on n'a rien à calculer.
a) Calculez limx→0x1+x−1 en la reconnaissant comme un nombre dérivé. Quelle fonction, en quel point ?
b) Faites de même pour limx→2x−2x5−32 et pour limh→0hsin(6π+h)−21.
c) Parmi ces quatre limites, lesquelles sont indéterminées ? limx→0x2+3x+1, limx→0+xlnx, limx→∞7x3−42x3+x, limx→0x1−cosx. Concluez pour celles qui ne le sont pas.
d) Calculez les deux qui restent, par la méthode qui convient.
e) Un étudiant écrit : « la limite est indéterminée, donc elle n'existe pas ». Réfutez, et proposez la formulation correcte.
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Réponses
a)21, nombre dérivé de 1+x en 0
b)80 et 23
c)Seules la troisième et la quatrième sont indéterminées
d)72 et 0
e)« Indéterminée » qualifie la FORME, pas la limite : elle dit qu'il faut travailler
a)
On reconnaît x−0f(x)−f(0) avec f(x)=1+x et f(0)=1. La limite vaut donc f′(0). Or f′(x)=21+x1, donc f′(0)=21. Aucune manipulation, aucune dérivation du quotient : la table des dérivées a déjà fait le travail.
b)
Première limite : x−2x5−25 est le taux de variation de f(x)=x5 entre 2 et x, donc la limite vaut f′(2)=5×24=80. Seconde : hsin(6π+h)−sin6π est le taux de variation du sinus en 6π, donc la limite vaut cos6π=23≈0,866. Le repère à retenir : un − suivi de la valeur de la fonction au point, divisé par l'écart au point, annonce presque toujours un nombre dérivé.
c)
x2+3x+1 en 0 vaut 31 par substitution : DÉTERMINÉE. xlnx en 0+ donne 0+−∞, ce qui n'est pas une forme indéterminée : la limite vaut −∞. Les deux autres le sont : ∞∞ pour la troisième, 00 pour la quatrième. Attention au piège de la deuxième : 00 est indéterminé, mais 0non nul ne l'est jamais.
d)
limx→∞7x3−42x3+x se règle par l'ALGÈBRE, en factorisant x3 en haut et en bas : la limite vaut 72. L'Hôpital donnerait le même résultat en trois dérivations, ce qui serait un gaspillage. limx→0x1−cosx est bien 00 ; en dérivant haut et bas, 1sinx→0. La limite vaut 0, et l'exemple montre qu'une forme indéterminée peut parfaitement avoir une limite finie, y compris nulle.
e)
La phrase confond la FORME et la LIMITE. « Indéterminé » qualifie l'écriture obtenue par substitution, pas le comportement de la fonction : cela signifie seulement que la substitution ne suffit pas à conclure, et qu'il faut un outil de plus. Les trois limites limx→0xx2=0, limx→0xx=1 et limx→0x3x=∞ sont toutes de la forme 00 et ont trois comportements différents : c'est précisément ce que le mot « indéterminé » décrit. Formulation correcte : « la substitution donne la forme indéterminée 00, il faut donc lever l'indétermination », puis on annonce le résultat. Une limite peut aussi ne pas exister, comme limx→0sinx1, mais ce n'est pas la même chose et cela se démontre.
Exercice 2 : La règle de L'Hôpital, ses hypothèses, et le cercle vicieux qu'elle cache
RÈGLE. Si limx→ag(x)f(x) présente la forme 00 ou ∞∞, si f et g sont dérivables au voisinage de a sauf peut-être en a, si g′ ne s'annule pas sur ce voisinage, et si limx→ag′(x)f′(x) existe, alors limx→ag(x)f(x)=limx→ag′(x)f′(x).
On dérive le NUMÉRATEUR et le DÉNOMINATEUR séparément. Ce n'est pas la règle du quotient.
a) Calculez limx→0x2e2x−1−2x en indiquant la forme obtenue AVANT chaque dérivation.
b) Un étudiant calcule limx→1x+1x2+3 par L'Hôpital et trouve 12x=2. Où est la faute, et que vaut vraiment cette limite ?
c) Un autre calcule limx→0xex−1 par la règle du QUOTIENT appliquée à l'expression. Expliquez la confusion.
d) Un troisième, pour limx→0xsin3x, applique L'Hôpital et obtient 3cos3x→3. Le résultat est juste. Pourquoi ce raisonnement est-il pourtant CIRCULAIRE ?
e) Énoncez la règle de conduite que ces trois cas imposent, en une phrase.
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Réponses
a)2, après deux dérivations
b)Aucune indétermination : la limite vaut 2 par substitution, le résultat de l'étudiant est juste PAR HASARD
c)La règle du quotient dérive l'EXPRESSION, L'Hôpital dérive haut et bas SÉPARÉMENT
d)La dérivée du sinus a été établie à partir de cette limite même
e)Vérifier l'indétermination avant CHAQUE dérivation, et se demander d'où vient la dérivée employée
a)
En x=0 : le numérateur vaut 1−1−0=0 et le dénominateur 0 : forme 00, la règle s'applique. On dérive : 2x2e2x−2, qui vaut encore 00 en 0 : on VÉRIFIE et on recommence. 24e2x→24=2. La limite vaut 2. Le geste à ne jamais sauter est la vérification intermédiaire : on peut réappliquer la règle autant de fois que l'indétermination PERSISTE, mais une fois seulement qu'on s'en est assuré.
b)
L'erreur est d'appliquer la règle sans vérifier l'indétermination. En x=1, le numérateur vaut 4 et le dénominateur 2 : la forme est 24, parfaitement déterminée, et la fonction étant continue en 1, la limite s'obtient par substitution : elle vaut 2. L'étudiant trouve 2 lui aussi, mais par un raisonnement faux : c'est une coïncidence, et le même procédé sur limx→1x+3x2+3 donnerait 12=2 au lieu de 1. Une méthode qui tombe juste par hasard vaut zéro point.
c)
La règle du quotient sert à DÉRIVER une fonction qui est un quotient ; L'Hôpital sert à calculer une LIMITE d'un quotient, et il demande de dériver le haut et le bas SÉPARÉMENT. Les deux n'ont ni le même but ni le même résultat : ici la règle du quotient donnerait x2xex−(ex−1), qui est la dérivée de la fonction, pas sa limite en 0. La confusion vient de ce que les deux énoncés parlent de « dériver un quotient » ; le remède est de se demander à chaque fois ce qu'on cherche, une fonction dérivée ou un nombre limite.
d)
Parce que la dérivée du sinus a été ÉTABLIE à partir de la limite limx→0xsinx=1, démontrée par le théorème du sandwich au chapitre des limites. Utiliser (sinu)′=cosu pour redémontrer une limite de cette famille, c'est supposer ce qu'on veut prouver. Le résultat, 3, est bel et bien exact ; c'est la DÉMONSTRATION qui est vicieuse. La bonne rédaction pose u=3x et invoque la limite remarquable : xsin3x=3⋅3xsin3x→3×1=3. Le même avertissement vaut pour limx→0xex−1 et limx→0xln(1+x), qui SONT les nombres dérivés ayant servi à construire la table.
e)
La règle de conduite tient en deux temps. D'abord : on VÉRIFIE l'indétermination avant chaque dérivation, jamais une seule fois au début. Ensuite : avant d'appliquer la règle, on se demande si la limite n'est pas elle-même le nombre dérivé qui a servi à établir la dérivée qu'on s'apprête à utiliser ; si c'est le cas, on conclut directement par la définition ou par la limite remarquable, sans passer par L'Hôpital.
Exercice 3 : Les formes 0⋅∞ et ∞−∞ : tout ramener à un quotient
La règle ne traite QUE les formes 00 et ∞∞. Les autres indéterminations se ramènent à celles-là par une réécriture.
Pour un produit 0⋅∞, on bascule l'un des deux facteurs au dénominateur : uv=1/vu. Pour une différence ∞−∞, on met au même dénominateur, on factorise, ou l'on multiplie par le conjugué.
a) Calculez limx→0+xlnx. Deux réécritures sont possibles : essayez les deux et dites laquelle aboutit.
e) Résumez en une phrase le critère qui décide du sens de la bascule dans un produit.
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Réponses
a)0 ; seule la réécriture x−1/2lnx aboutit
b)1
c)21
d)2 ; le conjugué est plus rapide et plus sûr
e)On bascule le facteur dont la dérivée SIMPLIFIE l'expression
a)
Forme 0⋅(−∞). Première réécriture, 1/lnxx : la dérivée du dénominateur vaut −x(lnx)21, et le quotient dérivé devient −2xx(lnx)2, pire qu'au départ. Seconde réécriture, x−1/2lnx, de forme +∞−∞ : on dérive, −21x−3/21/x=−2x1/2→0. La limite vaut 0. Le logarithme SE SIMPLIFIE en se dérivant, la racine non : c'est lui qu'il faut laisser en haut.
b)
Forme ∞⋅0, puisque arctanx→2π. On bascule le facteur x : 1/x2π−arctanx, de forme 00. On dérive : −x21−1+x21=1+x2x2→1. La limite vaut 1, ce qui se lit aussi ainsi : l'écart entre arctanx et son asymptote décroît comme x1.
c)
Forme ∞−∞, les deux termes divergeant en 1. On met au même dénominateur : (x−1)lnx(x−1)−lnx, de forme 00. On dérive : lnx+xx−11−x1=xlnx+x−1x−1, encore 00. On redérive : lnx+1+11→21. La limite vaut 21. Le passage au même dénominateur est obligatoire : dériver chaque terme séparément n'a aucun sens, la règle porte sur un QUOTIENT.
d)
Forme ∞−∞. Le conjugué : x−x2−4x=x+x2−4xx2−(x2−4x)=x+x2−4x4x. En divisant haut et bas par x, le dénominateur tend vers 2 et la limite vaut 2. L'Hôpital serait le mauvais outil pour deux raisons : il faudrait d'abord réécrire la différence en quotient, ce qui est déjà le travail du conjugué ; et la dérivation d'une racine carrée redonne une racine carrée, si bien que l'expression ne se simplifie jamais et que la règle tourne en rond. Règle pratique : devant une différence de deux racines, ou d'une racine et d'un polynôme, on essaie TOUJOURS le conjugué en premier.
e)
Le critère : on bascule au dénominateur le facteur dont la dérivée COMPLIQUE l'expression, et l'on garde en haut celui dont la dérivée la simplifie. Un logarithme se simplifie en se dérivant, une puissance aussi ; une exponentielle et une racine, non. Quand on hésite, on essaie, et l'on abandonne dès que le quotient dérivé est plus lourd que l'original.
Exercice 4 : Les transcendantes au travail : exponentielle, logarithme et arctangente
Le chapitre précédent a donné les dérivées des fonctions transcendantes. Ces quatre limites les mettent toutes à contribution, et chacune demande de compter les tours avant de conclure.
a) Calculez limx→0x3arctanx−x.
b) Calculez limx→0x2ln(1+x)−x.
c) Calculez limx→∞x2(e1/x−1−x1).
d) Calculez limx→∞ln(x3+x)ln(x2+1).
e) Les trois premières limites sont négatives ou positives selon un signe précis. Que disent-elles du graphe de chaque fonction par rapport à sa tangente en 0 ?
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Réponses
a)−31
b)−21
c)21
d)32
e)Signe négatif : la courbe passe SOUS sa tangente. Signe positif : au-dessus
a)
Forme 00. On dérive : 3x21+x21−1=3x2(1+x2)−x2=3(1+x2)−1→−31. Le simplifier ALGÉBRIQUEMENT après la première dérivation évite deux tours de règle : on gagne toujours à regarder si le quotient dérivé se simplifie avant de redériver.
b)
Forme 00. On dérive : 2x1+x1−1=2x(1+x)−x=2(1+x)−1→−21. Même remarque : la simplification tombe toute seule.
c)
Forme ∞⋅0. On pose u=x1, qui tend vers 0+ : l'expression devient u2eu−1−u, de forme 00. On dérive : 2ueu−1, encore 00 ; on redérive : 2eu→21. Le changement de variable est ici plus sûr que la bascule directe, parce qu'il remplace une limite en l'infini par une limite en zéro, où les formes sont plus faciles à lire.
d)
Forme ∞∞. On dérive : x3+x3x2+1x2+12x=(x2+1)(3x2+1)2x(x3+x)=(x2+1)(3x2+1)2x2(x2+1)=3x2+12x2→32. On pouvait aussi conclure sans dériver : ln(x2+1)∼2lnx et ln(x3+x)∼3lnx, donc le quotient tend vers 32. Les deux chemins sont acceptés, le second est plus rapide et plus robuste.
e)
Chaque limite compare une fonction à son approximation affine en 0, c'est-à-dire à sa TANGENTE. Pour l'arctangente, arctanx−x≈−3x3 : l'écart est négatif pour x>0 et positif pour x<0, donc la courbe traverse sa tangente, signe d'un point d'INFLEXION en 0. Pour le logarithme, ln(1+x)−x≈−2x2 : l'écart est négatif des DEUX côtés, donc la courbe reste sous sa tangente, ce qui correspond à une concavité tournée vers le bas. Pour l'exponentielle, eu−1−u≈+2u2 : la courbe reste AU-DESSUS de sa tangente, concavité vers le haut. Une limite indéterminée de ce genre ne donne donc pas seulement un nombre : elle dit de quel côté de sa tangente passe la courbe, et à quelle vitesse elle s'en écarte. C'est exactement l'information qu'on utilisera au chapitre du tracé de courbes.
Exercice 5 : Les trois formes exponentielles : passer par le logarithme
Une limite de la forme f(x)g(x) peut être indéterminée de trois façons : 00, 1∞ et ∞0. Aucune ne se traite directement.
La méthode est toujours la même, en trois temps. On pose y=f(x)g(x), on écrit lny=g(x)lnf(x), qui est une forme 0⋅∞ déjà connue ; on calcule limlny=L ; on conclut limy=eL.
a) Calculez limx→0+(tanx)x, en nommant la forme.
b) Calculez limx→∞(x−1x+2)x.
c) Calculez limx→0+(x1)sinx.
d) Un étudiant écrit : « la base tend vers 1, et 1 élevé à n'importe quelle puissance vaut 1, donc la limite de b) vaut 1. » Réfutez par le calcul.
e) Un autre trouve correctement limlny=0 en a) et répond 0. Que vaut la bonne réponse, et quelle étape a-t-il sautée ?
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Réponses
a)1, forme 00
b)e3≈20,09, forme 1∞
c)1, forme ∞0
d)La base tend vers 1 mais l'exposant vers l'infini : leur combat se tranche par le logarithme
e)La limite vaut e0=1 : il a oublié de repasser à l'exponentielle
a)
Forme 00, puisque tanx→0+ et x→0+. On pose y=(tanx)x, donc lny=xln(tanx), de forme 0⋅(−∞). On bascule : 1/xln(tanx), de forme +∞−∞. On dérive : −x21tanx1+tan2x=−tanxx2(1+tan2x). Comme tanx∼x près de 0, cela équivaut à −x→0. Donc lny→0 et y→e0=1.
b)
Forme 1∞, la base tendant vers 1 et l'exposant vers l'infini. On pose lny=xlnx−1x+2, de forme ∞⋅0. On bascule : 1/xln(x+2)−ln(x−1), de forme 00. On dérive : −x21x+21−x−11=−x21(x+2)(x−1)−3=(x+2)(x−1)3x2→3. Donc lny→3 et y→e3≈20,09.
c)
Forme ∞0, puisque x1→+∞ et sinx→0. On pose lny=sinx⋅lnx1=−sinxlnx. Comme sinx∼x, cela équivaut à −xlnx, dont la limite est 0. Donc y→e0=1. On pouvait aussi écrire 1/sinx−lnx et dériver, mais reconnaître sinx∼x raccourcit tout.
d)
Le raisonnement confond une base ÉGALE à 1 et une base qui TEND vers 1. Si la base valait exactement 1, la puissance vaudrait 1 quelle que soit l'exposant. Mais ici la base vaut 1+x−13, donc elle dépasse 1 d'un peu, et cet écart est élevé à la puissance x, qui tend vers l'infini. Deux tendances opposées s'affrontent, et leur issue dépend de leurs VITESSES : c'est exactement ce que le mot « indéterminé » décrit. Le calcul tranche : la limite vaut e3≈20,09, soit vingt fois la réponse annoncée. Contre-exemple immédiat pour s'en convaincre : (1+x1)x→e, et non 1.
e)
La bonne réponse est 1, et l'étape sautée est la dernière : la méthode calcule la limite du LOGARITHME de l'expression, pas celle de l'expression. Il faut donc repasser à l'exponentielle, y=elny→e0=1. L'erreur est d'autant plus facile à commettre que la variable auxiliaire y disparaît souvent de la copie ; le remède est de l'écrire explicitement à la première ligne, « posons y=… », et de terminer par « donc y→eL ». Un correcteur retire un à deux points pour cet oubli, qui transforme e3≈20 en 3 dans le cas b).
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Croissances comparées : la hiérarchie qui décide de la forme d'une courbe
À l'infini, toutes les fonctions qui divergent ne le font pas à la même vitesse. La hiérarchie s'établit une fois pour toutes par L'Hôpital, et elle sert ensuite sans recalcul.
La règle : le LOGARITHME est vaincu par toute puissance, et toute puissance est vaincue par toute exponentielle de base supérieure à 1.
a) Démontrez que limx→∞x(lnx)2=0.
b) Calculez limx→∞x3e−x et limx→∞2xx.
c) Classez par ordre de croissance à l'infini : lnx, x, xlnx, x2, 2x, ex. Justifiez les deux comparaisons les moins évidentes.
d) À partir de quelle valeur de x a-t-on ex>x3 ? Résolvez à 0,01 près.
e) Que disent les deux limites de b) sur l'allure des courbes de x3e−x et de 2xx ?
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Réponses
a)0, après deux applications de la règle
b)0 dans les deux cas
c)lnx<x<xlnx<x2<2x<ex
d)Pour x>4,54 environ
e)Les deux courbes montent, passent par un maximum, puis redescendent vers l'axe
a)
Forme ∞∞. On dérive : 12lnx⋅x1=x2lnx, encore ∞∞. On redérive : 12/x=x2→0. La limite vaut 0. Le mécanisme est clair : chaque dérivation abaisse la puissance du logarithme d'un cran sans toucher au x du bas, donc le logarithme finit toujours par s'épuiser. Le même raisonnement donne limxp(lnx)n=0 pour tous n et p>0.
b)
x3e−x=exx3, forme ∞∞. Trois dérivations successives donnent ex3x2, puis ex6x, puis ex6→0. Chaque tour abaisse le degré du polynôme d'une unité pendant que l'exponentielle reste elle-même : elle gagne toujours. Pour 2xx : 2x=exln2, dont la dérivée vaut 2xln2, donc le quotient dérivé est 2xln21→0. La base 2 est plus petite que e, mais cela ne change rien : toute exponentielle de base supérieure à 1 bat toute puissance.
c)
Dans l'ordre : lnx<x<xlnx<x2<2x<ex. Les deux comparaisons les moins évidentes sont les suivantes. D'abord x contre xlnx : le quotient vaut xlnxx=xlnx1→0, donc xlnx l'emporte, même si le logarithme y figure, parce qu'il est multiplié par x tout entier. Ensuite 2x contre ex : ex2x=(e2)x avec e2≈0,736<1, donc ce quotient tend vers 0 : entre deux exponentielles, c'est la plus grande base qui gagne, et aucun calcul de dérivée n'est nécessaire.
d)
On cherche où ex=x3, c'est-à-dire, en prenant le logarithme, où x=3lnx. La fonction h(x)=x−3lnx vaut h(4)=4−4,159=−0,159 et h(5)=5−4,828=+0,172 : il y a une racine entre 4 et 5. En affinant, h(4,53)=−0,0067 et h(4,54)=+0,0033 : la racine vaut environ 4,54. Au-delà, l'exponentielle l'emporte définitivement. Contrôle : e4,54=93,7 et 4,543=93,6, presque égaux. Ce chiffre mérite d'être retenu : la victoire de l'exponentielle sur le cube ne commence pas à l'infini, elle commence avant 5.
e)
Les deux fonctions valent 0 en 0, sont positives ensuite, et tendent vers 0 à l'infini d'après b). Une fonction continue positive qui part de zéro et y revient doit atteindre un MAXIMUM quelque part : les deux courbes montent, culminent, puis redescendent en s'écrasant sur l'axe des abscisses, qui est asymptote horizontale. La dérivée localise le sommet : pour x3e−x, elle vaut x2e−x(3−x), donc le maximum est en x=3, où la fonction vaut 27e−3≈1,34. C'est ainsi que la comparaison des croissances se paie en information graphique : sans elle, on ne saurait pas si la courbe redescend vers l'axe ou file vers l'infini.
Exercice 7 : Les asymptotes obliques des fonctions transcendantes
Une courbe admet l'asymptote oblique y=ax+b en +∞ lorsque a=limx→∞xf(x) existe et est finie et non nulle, et que b=limx→∞(f(x)−ax) existe et est finie.
Les deux limites sont presque toujours indéterminées : c'est l'usage le plus courant de L'Hôpital dans une étude de fonction.
a) Pour f(x)=xe1/x, calculez a=limx→∞xf(x).
b) Calculez b=limx→∞(xe1/x−x), puis donnez l'asymptote.
c) Pour g(x)=xarctanx, déterminez l'asymptote oblique en +∞.
d) Déterminez celle en −∞. Les deux réponses ont-elles la même ordonnée à l'origine ?
e) La courbe de f passe-t-elle au-dessus ou en dessous de son asymptote en +∞ ? Justifiez en poussant le calcul d'un cran.
Voir la correction
Réponses
a)a=1
b)b=1, donc y=x+1
c)y=2πx−1
d)y=−2πx−1 : oui, même ordonnée à l'origine −1
e)Au-dessus : l'écart vaut environ 2x1, positif
a)
xf(x)=e1/x, et x1→0, donc a=e0=1. Aucune indétermination ici : il faut toujours essayer la substitution avant de sortir la règle.
b)
f(x)−x=x(e1/x−1), de forme ∞⋅0. On pose u=x1→0+ : l'expression devient ueu−1, de forme 00, dont la limite est 1, soit par L'Hôpital, soit en reconnaissant le nombre dérivé de l'exponentielle en 0. Donc b=1 et l'asymptote est y=x+1. Remarquez qu'ici la reconnaissance du nombre dérivé, vue à l'exercice 1, dispense de toute dérivation.
c)
xg(x)=arctanx→2π, donc a=2π. Ensuite g(x)−2πx=x(arctanx−2π), de forme ∞⋅0. C'est l'opposé de la limite calculée à l'exercice 3b, qui valait 1 : donc b=−1 et l'asymptote en +∞ est y=2πx−1.
d)
En −∞, arctanx→−2π, donc a=−2π. Puis g(x)+2πx=x(arctanx+2π) : en basculant, 1/xarctanx+2π, de forme 00, dont la dérivation donne −x211+x21=−1+x2x2→−1. L'asymptote est donc y=−2πx−1. Les deux ordonnées à l'origine valent −1 : c'est normal, puisque g est PAIRE, et que la symétrie par rapport à l'axe des ordonnées échange les deux asymptotes. Un contrôle gratuit : quand une fonction est paire, les deux asymptotes obliques sont symétriques, donc de pentes opposées et de même ordonnée à l'origine.
e)
On calcule l'écart f(x)−(x+1)=x(e1/x−1)−1. Avec u=x1, cela s'écrit ueu−1−u, qui tend vers 0, ce qui confirme l'asymptote. Pour connaître le SIGNE de cet écart, on pousse d'un cran : on sait par l'exercice 4c que u2eu−1−u→21, donc eu−1−u≈2u2 et l'écart vaut environ 2u=2x1, POSITIF pour x>0. La courbe passe donc AU-DESSUS de son asymptote et s'en approche par le haut, l'écart valant encore 0,005 pour x=100. C'est l'information qui manque à la plupart des copies : trouver l'asymptote ne dit pas de quel côté la courbe l'aborde, et un tracé qui se trompe de côté perd un point.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq phrases suivantes a été entendue en séance. Dites ce qu'elle a de faux, puis écrivez la version correcte. Nommer la règle violée fait la moitié des points.
a) « La forme est indéterminée, donc la limite n'existe pas. »
b) « L'Hôpital consiste à dériver le quotient, puis à substituer. »
c) « Une fois qu'on a appliqué la règle, on peut la réappliquer autant de fois qu'on veut. »
d) « limx→0xsinx=1 se démontre par L'Hôpital en une ligne. »
e) « limx→∞(1+x2)x=1, parce que la base tend vers 1. »
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Réponses
a)Faux : « indéterminée » qualifie la forme, pas la limite
b)Faux : on dérive le haut et le bas SÉPARÉMENT
c)Faux : seulement tant que l'indétermination PERSISTE, ce qu'on vérifie à chaque tour
d)Faux : c'est circulaire, la dérivée du sinus vient de cette limite
e)Faux : la limite vaut e2≈7,39
a)
FAUX. « Indéterminée » qualifie la FORME obtenue par substitution, pas le comportement de la fonction. Les limites xx2, xx et x3x en 0 sont toutes de la forme 00 et valent respectivement 0, 1 et +∞ : c'est précisément pour cela que la forme ne détermine rien. Version correcte : « la substitution donne une forme indéterminée, il faut donc lever l'indétermination ».
b)
FAUX, et c'est la confusion la plus coûteuse du chapitre. La règle du quotient sert à dériver une FONCTION qui est un quotient ; L'Hôpital sert à calculer une LIMITE, et il demande de dériver le numérateur et le dénominateur SÉPARÉMENT, ce qui ne produit pas du tout la même expression. Version correcte : « on remplace gf par g′f′, jamais par g2f′g−fg′ ».
c)
FAUX. On peut réappliquer la règle tant que l'indétermination PERSISTE, et il faut le vérifier avant chaque tour. Appliquée à une forme déterminée, elle donne un résultat sans aucun rapport : sur limx→0x2+2x+1, qui vaut 21, un tour de règle donnerait 2x1→∞. Version correcte : « on vérifie la forme à chaque étape, et l'on s'arrête dès qu'elle cesse d'être indéterminée ».
d)
FAUX, et l'erreur est logique plutôt que calculatoire. Le résultat est juste, mais la démonstration suppose connue la dérivée du sinus, laquelle a été établie À PARTIR de cette limite même, par le théorème du sandwich. On ne peut pas démontrer un énoncé en s'appuyant sur une conséquence de cet énoncé. Version correcte : « cette limite se démontre par encadrement géométrique ; L'Hôpital la retrouve, mais ne la démontre pas ».
e)
FAUX. La base tend vers 1 mais l'exposant tend vers l'infini : c'est la forme indéterminée 1∞, et les deux tendances s'affrontent. Le calcul par logarithme donne lny=xln(1+x2), dont la limite est 2, donc la limite cherchée vaut e2≈7,39. Version correcte : « une base qui TEND vers 1 n'est pas une base ÉGALE à 1 ; la forme 1∞ se traite par le logarithme ». C'est la même erreur que de croire qu'un nombre très proche de 1 élevé à une puissance énorme reste proche de 1, alors qu'un taux d'intérêt de deux pour cent composé cent fois multiplie le capital par plus de sept.
Exercice 9 : Prolonger par continuité, puis dériver le prolongement
Une fonction non définie en a mais dont la limite en a existe se PROLONGE par continuité : on pose f(a)=limx→af(x). La question suivante, qui est celle du calcul différentiel, est de savoir si le prolongement est DÉRIVABLE en a, et cela se décide par une seconde limite indéterminée, celle du taux de variation.
a) Prolongez f(x)=xex−1 en 0.
b) Le prolongement est-il dérivable en 0 ? Calculez f′(0) par la définition.
c) Faites de même pour g(x)=xsinx : valeur en 0, puis g′(0).
d) La fonction h(x)=xlnx, prolongée par h(0)=0, est-elle dérivable en 0 ? Concluez.
e) Vérifiez numériquement le résultat de b) en comparant f(0,1) à 1+20,1.
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Réponses
a)f(0)=1
b)Oui, f′(0)=21
c)g(0)=1 et g′(0)=0
d)Non : le taux de variation vaut lnx, qui tend vers −∞
e)f(0,1)=1,0517 contre 1,05 : l'écart vaut 1,7×10−3
a)
La limite limx→0xex−1 est de forme 00 ; c'est le nombre dérivé de ex en 0, donc elle vaut 1. On pose f(0)=1, et la fonction ainsi prolongée est continue sur R tout entier.
b)
Par définition, f′(0)=limx→0x−0f(x)−f(0)=limx→0xxex−1−1=limx→0x2ex−1−x. Cette limite est de forme 00 ; on dérive : 2xex−1, encore 00 ; on redérive : 2ex→21. Le prolongement est donc DÉRIVABLE en 0, avec f′(0)=21. Remarquez qu'on ne peut PAS obtenir ce résultat en dérivant l'expression xex−1 puis en substituant 0 : cette dérivée n'est pas définie en 0. Seule la définition fonctionne au point de recollement.
c)
limx→0xsinx=1, donc g(0)=1. Puis g′(0)=limx→0xxsinx−1=limx→0x2sinx−x. Forme 00 ; on dérive : 2xcosx−1, encore 00 ; on redérive : 2−sinx→0. Donc g′(0)=0 : la fonction sinus cardinal a une tangente HORIZONTALE en 0, ce que sa parité laissait d'ailleurs prévoir, une fonction paire dérivable ayant toujours une dérivée nulle en 0.
d)
limx→0+xlnx=0, calculée à l'exercice 3, donc le prolongement h(0)=0 est continu. Mais le taux de variation vaut x−0h(x)−h(0)=xxlnx=lnx, qui tend vers −∞ : la fonction N'EST PAS dérivable en 0. Sa courbe y présente une tangente VERTICALE, et elle y plonge à pic. La leçon est importante : la continuité du prolongement ne garantit jamais sa dérivabilité, et il faut faire le second calcul. Ici le taux de variation n'est même pas une forme indéterminée, il se lit directement.
e)
f(0,1)=0,1e0,1−1=0,10,105171=1,05171. L'approximation affine donnée par b) vaut f(0)+f′(0)×0,1=1+0,05=1,05. L'écart est de 1,7×10−3, soit 0,16% : l'accord confirme que f′(0)=21 et non, par exemple, 1 ou 41, qui donneraient respectivement 1,10 et 1,025. Cette vérification numérique coûte trente secondes et attrape la plupart des erreurs de dérivation : quand on annonce un nombre dérivé, on peut toujours le tester sur un x petit.
Exercice 10 : Problème : la chute avec frottement, et la limite sans frottement
Un parachutiste de masse m en chute libre freinée par un frottement proportionnel à la vitesse atteint, après un temps t, la vitesse v(t)=kmg(1−e−kt/m), où k est le coefficient de frottement, en kg/s.
Données : m=80 kg, g=9,81 m/s², k=12 kg/s.
a) Calculez la vitesse limite, atteinte quand t→∞, en m/s.
b) Calculez la vitesse après 3,0 s, en m/s, et comparez à la chute libre gt.
c) Sans frottement, on attend v=gt. Montrez que limk→0+v(t)=gt à t fixé. Quelle forme obtient-on ?
d) Poussez le calcul d'un cran pour obtenir l'approximation v(t)≈gt(1−2mkt) aux petits temps.
e) Appliquez d) à t=0,50 s et comparez à la valeur exacte. Jusqu'à quel instant l'approximation de chute libre reste-t-elle bonne à 5% ?
Voir la correction
Réponses
a)65,4 m/s, soit 235 km/h
b)23,7 m/s contre 29,4 m/s : 80,5% de la chute libre
c)Forme 00 en la variable k ; la limite vaut bien gt
d)En dérivant deux fois par rapport à k
e)4,72 m/s contre 4,73 ; la chute libre reste bonne à 5% jusqu'à environ 0,68 s
a)
Quand t→∞, e−kt/m→0 et v→kmg=1280×9,81=65,4 m/s, soit 235 km/h. C'est la vitesse limite, celle où le frottement équilibre exactement le poids : aucune indétermination ici, mais elle donne l'échelle de tout le problème.
b)
mkt=8012×3,0=0,45, donc v(3,0)=65,4(1−e−0,45)=65,4×0,3624=23,7 m/s. La chute libre donnerait gt=9,81×3,0=29,4 m/s : le parachutiste va 20% moins vite que ne le prédit le modèle sans frottement, au bout de trois secondes seulement.
c)
À t fixé, on fait tendre k vers 0+. Le facteur kmg diverge et la parenthèse tend vers 0 : forme ∞⋅0. On la réécrit en quotient EN LA VARIABLE k : v=kmg(1−e−kt/m), de forme 00. On dérive par rapport à k, le numérateur donnant mg⋅mte−kt/m=gte−kt/m et le dénominateur 1 : le quotient tend vers gte0=gt. Le modèle avec frottement redonne donc bien la chute libre quand le frottement disparaît, ce qui est le premier contrôle à faire sur toute formule physique. Le point de méthode : la variable de dérivation est k, pas t ; confondre les deux est l'erreur classique de ce genre d'exercice.
d)
On reprend 1gte−kt/m obtenu en c) et l'on développe l'écart à la limite. En posant u=mkt, v=kmg(1−e−u)=gt⋅u1−e−u. Or l'exercice 4 a établi que u2eu−1−u→21, ce qui donne ici u1−e−u≈1−2u. D'où v(t)≈gt(1−2u)=gt(1−2mkt). La correction relative vaut donc 2mkt : elle est proportionnelle au temps, et d'autant plus faible que le corps est lourd.
e)
À t=0,50 s : 2mkt=16012×0,50=0,0375, donc v≈9,81×0,50×0,9625=4,72 m/s. La valeur exacte vaut 65,4(1−e−0,075)=4,726 m/s : l'accord est au millième près. Pour que la chute libre seule, sans correction, reste bonne à 5%, il faut 2mkt<0,05, c'est-à-dire t<122×80×0,05=0,67 s. Le contrôle exact donne 0,68 s. Autrement dit, la formule de chute libre du secondaire n'est utilisable que pendant les deux tiers de la première seconde : au-delà, l'air compte. C'est le genre de conclusion qu'une limite indéterminée permet de chiffrer, et qu'aucune intuition ne donne.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Quand L'Hôpital tourne en rond, refuse de répondre, ou empire les choses
La règle n'est pas universelle. Elle connaît trois modes d'échec, tous reconnaissables aux premiers tours, et chacun a sa parade.
a) Tentez limx→∞x+1x2+4 par L'Hôpital. Que se passe-t-il ? Concluez ensuite par l'algèbre.
b) Tentez limx→∞3x+sinx2x+cosx. Que donne la règle ? La limite existe-t-elle pour autant ? Quelle hypothèse précise est violée ?
c) Tentez limx→0+xe−1/x. Que devient le quotient après chaque dérivation ? Trouvez la parade.
d) Calculez limx→0xx+x2sinx1, d'abord par la règle, puis correctement.
e) Résumez les trois modes d'échec et la parade associée à chacun.
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Réponses
a)La règle boucle ; l'algèbre donne 1
b)La règle donne un quotient sans limite ; la vraie limite vaut 32
c)Chaque tour empire ; le changement de variable u=x1 donne 0
d)La règle échoue ; la limite vaut 1
e)Boucle, quotient dérivé sans limite, aggravation : algèbre, encadrement, changement de variable
a)
Forme ∞∞. On dérive : 1x2+4x=x2+4x, encore ∞∞. On redérive : x2+4x1=xx2+4 : on est revenu au point de départ, à la constante près. La règle BOUCLE. Par l'algèbre, on factorise x en haut et en bas : x(1+x1)x1+x24→1.
b)
Forme ∞∞. La règle donne 3+cosx2−sinx, dont le numérateur oscille entre 1 et 3 et le dénominateur entre 2 et 4 : ce quotient n'a PAS de limite en +∞. Pourtant la limite cherchée existe : en divisant par x, 3+xsinx2+xcosx→32, puisque les deux termes oscillants sont bornés et divisés par x. L'hypothèse violée est la dernière de l'énoncé : « SI limg′f′ existe ». La règle est une implication à sens unique ; quand le quotient dérivé n'a pas de limite, elle ne dit rien du tout, et surtout pas que la limite d'origine n'existe pas.
c)
Forme 00, puisque e−1/x→0 très vite. On dérive le numérateur : (e−1/x)′=x2e−1/x, et le dénominateur donne 1 : le quotient devient x2e−1/x, où l'exposant de x a AUGMENTÉ. Chaque tour aggrave la situation, et la règle ne terminera jamais. La parade est le CHANGEMENT DE VARIABLE : on pose u=x1→+∞, et l'expression devient ue−u=euu, qui tend vers 0 par comparaison des croissances. La limite vaut 0.
d)
Forme 00. La règle donne 11+2xsinx1−cosx1, dont le terme cosx1 oscille indéfiniment quand x→0 : le quotient dérivé n'a pas de limite, et la règle ne conclut pas. Correctement, on simplifie AVANT : xx+x2sinx1=1+xsinx1, et comme xsinx1≤∣x∣→0 par encadrement, la limite vaut 1. C'est le même mode d'échec qu'en b), avec la même leçon : simplifier l'expression avant de dériver est souvent plus rapide que la règle, et parfois c'est la seule voie.
e)
Les trois modes. PREMIER, la boucle : le quotient dérivé redonne le quotient initial, comme en a) ; la parade est l'algèbre, factorisation du terme dominant ou conjugué. DEUXIÈME, le quotient dérivé n'a pas de limite, comme en b) et d) ; la parade est la simplification ou l'encadrement, en isolant les termes bornés. TROISIÈME, l'aggravation : chaque tour rend l'expression plus lourde, comme en c) ; la parade est le changement de variable, en général u=x1, qui ramène une limite en 0 à une limite en l'infini ou l'inverse. Dans les trois cas, le signal d'alarme est le même : si après deux tours l'expression n'est pas plus simple qu'au départ, c'est que L'Hôpital n'est pas le bon outil.
Exercice 12 : Le développement de poche : lire dans une limite le premier terme négligé
L'approximation affine dit qu'au voisinage de 0, f(x)≈f(0)+f′(0)x. La question suivante est : de combien se trompe-t-on ? La réponse tient dans une limite indéterminée, car si limx→0xnf(x)−f(0)−f′(0)x=C avec C non nul, alors l'erreur vaut environ Cxn.
Chacune de ces limites fabrique une ligne d'un petit formulaire qui servira toute l'année.
a) Calculez limx→0x2ex−1−x et écrivez l'approximation de ex qui en découle.
b) Calculez limx→0x3sinx−x et concluez de même.
c) Calculez limx→0x21+x−1−2x.
d) Calculez limx→0x4cosx−1+2x2.
e) Estimez 1,04 par l'approximation affine, puis corrigez-la par c). Comparez à la valeur exacte, 1,019804.
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Réponses
a)21, donc ex≈1+x+2x2
b)−61, donc sinx≈x−6x3
c)−81
d)241
e)1,02 puis 1,0198 : la correction ramène l'erreur de 2×10−4 à 10−6
a)
Forme 00. On dérive : 2xex−1, encore 00 ; on redérive : 2ex→21. Le numérateur vaut donc environ 2x2, d'où ex≈1+x+2x2. La tangente en 0 est y=1+x, et la courbe s'en écarte par le HAUT d'environ 2x2 : l'exponentielle est convexe.
b)
Forme 00. Trois dérivations : 3x2cosx−1, puis 6x−sinx, puis 6−cosx→−61. Donc sinx≈x−6x3. Le signe négatif dit que le sinus passe SOUS sa tangente y=x pour x>0, ce qui se voit sur le graphe, et le cube dit que l'écart est minuscule près de 0 : pour x=0,1 rad, l'erreur ne vaut que 1,7×10−4. C'est pourquoi l'approximation sinx≈x est si bonne en physique aux petits angles.
c)
Forme 00. On dérive : 2x21+x1−21, encore 00 ; on redérive : 2−41(1+x)−3/2→−81. Donc 1+x≈1+2x−8x2. La racine carrée est CONCAVE, elle passe sous sa tangente, d'où le signe négatif.
d)
Forme 00. Quatre dérivations : 4x3−sinx+x, puis 12x2−cosx+1, puis 24xsinx, puis 24cosx→241. Donc cosx≈1−2x2+24x4. Après la deuxième dérivation, on pouvait aussi conclure plus vite en reconnaissant x21−cosx→21, limite connue : le quotient valait alors 121×21=241. Reconnaître une limite déjà établie économise deux tours et deux occasions de se tromper de signe.
e)
On écrit 1,04=1+0,04. L'approximation affine donne 1+20,04=1,02, soit une erreur de 1,02−1,019804=1,96×10−4. La correction de c) ajoute −80,042=−2,00×10−4, ce qui donne 1,019800 : l'erreur tombe à 4×10−6, soit CINQUANTE FOIS moins. Remarquez au passage que la correction prévue, 2,00×10−4, reproduit presque exactement l'erreur observée, 1,96×10−4 : c'est la meilleure preuve que le coefficient −81 est juste. Un formulaire de cinq lignes, construit ainsi, remplace l'essentiel des calculs de limites du cours et donne en prime la précision de chaque approximation.
Exercice 13 : L'ordre de contact : à quelle vitesse deux courbes se séparent
Deux courbes qui se touchent en un point peuvent se séparer plus ou moins vite. On dit qu'elles ont un CONTACT D'ORDRE n en a lorsque limx→a(x−a)nf(x)−g(x)=C avec C fini et NON NUL.
Plus l'ordre est élevé, plus les courbes restent collées : l'écart se comporte comme C(x−a)n, donc il est divisé par 2n quand on se rapproche deux fois plus du point.
a) Déterminez l'ordre de contact de y=sinx et de sa tangente y=x en 0, ainsi que la constante C.
b) Faites de même pour y=ex et y=1+x.
c) Faites de même pour y=coshx et y=1+2x2.
d) Calculez les trois écarts en x=0,20 et classez-les. L'ordre prédit-il le classement ?
e) Comment reconnaître l'ordre de contact sans calculer aucune limite ?
Voir la correction
Réponses
a)Ordre 3, C=−61
b)Ordre 2, C=21
c)Ordre 4, C=241
d)2,1×10−2, 1,3×10−3 et 6,7×10−5 : oui
e)C'est le premier rang où les dérivées successives cessent de coïncider
a)
On teste les puissances croissantes. Avec n=1 : xsinx−x→0, donc C serait nul, ce qui est exclu. Avec n=2 : x2sinx−x→0 également. Avec n=3 : x3sinx−x→−61, fini et non nul. L'ordre de contact vaut donc 3, avec C=−61. La méthode est toujours la même : on monte en puissance jusqu'à ce que la limite cesse d'être nulle.
b)
xex−1−x→0, puis x2ex−1−x→21 : l'ordre vaut 2 et C=21. C'est le contact le plus faible des trois, et c'est normal, l'exponentielle étant la seule des trois à ne pas être symétrique par rapport à l'origine.
c)
x2coshx−1−2x2→0, x3coshx−1−2x2→0, et x4coshx−1−2x2→241. L'ordre vaut 4 et C=241. C'est le contact le plus serré des trois.
d)
En x=0,20 : ∣e0,2−1,2∣=∣1,22140−1,2∣=2,14×10−2 ; ∣sin0,2−0,2∣=∣0,198669−0,2∣=1,33×10−3 ; ∣cosh0,2−1−0,02∣=∣1,020067−1,02∣=6,7×10−5. Le classement suit exactement l'ordre de contact : la paire d'ordre 2 est la plus écartée, celle d'ordre 4 la plus serrée, avec un facteur seize entre chaque échelon. Les valeurs prévues confirment : 21(0,2)2=2,0×10−2, 61(0,2)3=1,3×10−3 et 241(0,2)4=6,7×10−5.
e)
L'ordre de contact est le PREMIER RANG DE DÉRIVÉE où les deux fonctions cessent de coïncider en a. Pour sinx et x : mêmes valeurs en 0, mêmes dérivées premières (1 et 1), mêmes dérivées secondes (0 et 0), mais dérivées troisièmes différentes (−1 et 0) : ordre 3. Pour ex et 1+x : les dérivées secondes valent déjà 1 et 0 : ordre 2. Pour coshx et 1+2x2 : les dérivées troisièmes coïncident, sinh0=0 et 0, et seules les quatrièmes diffèrent, cosh0=1 contre 0 : ordre 4. La constante s'en déduit aussi : C=n!f(n)(a)−g(n)(a), ce qui donne bien −61, 21 et 241. Comparer les dérivées successives évite donc de calculer la moindre limite, et c'est la façon rapide de traiter ce genre de question à l'examen.
Exercice 14 : Problème : la chaînette et la parabole, jusqu'où se ressemblent-elles ?
Un câble souple suspendu entre deux points prend la forme d'une CHAÎNETTE, yc(x)=acoshax−a, où a est un paramètre de tension, en mètres. Les ingénieurs la remplacent souvent par la PARABOLE yp(x)=2ax2, bien plus commode.
On prend a=50,0 m, valeur courante pour une ligne électrique, et l'on mesure x depuis le point le plus bas.
a) Vérifiez que les deux courbes passent par l'origine avec la même tangente et la même dérivée seconde en 0.
b) Calculez limx→0x4yc(x)−yp(x) en fonction de a, puis sa valeur numérique.
c) Quel est l'ordre de contact des deux courbes en 0 ?
d) À quelle distance x du point bas l'écart atteint-il 1,0 mm ? Vérifiez sur la formule exacte.
e) Que devient l'écart à x=14,8 m, soit le double ? Formulez la règle d'ingénieur qui en découle.
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Réponses
a)Toutes deux valent 0, de dérivée 0 et de dérivée seconde a1
b)24a31, soit 3,33×10−7 m−3
c)Ordre 4
d)x=7,40 m ; la formule exacte donne 1,0009 mm
e)16 mm : l'écart est multiplié par SEIZE quand la portée double
a)
En 0 : yc(0)=acosh0−a=a−a=0 et yp(0)=0. Dérivées premières : yc′(x)=sinhax, nulle en 0, et yp′(x)=ax, nulle aussi : les deux courbes ont la même tangente horizontale, ce qui est attendu au point le plus bas. Dérivées secondes : yc′′(x)=a1coshax, qui vaut a1 en 0, et yp′′=a1 partout : mêmes courbures. Le paramètre a de la chaînette est donc précisément choisi pour que la parabole ait la même courbure au fond.
b)
Posons u=ax. Alors yc−yp=a(coshu−1−2u2) et x4=a4u4, donc le quotient vaut a31⋅u4coshu−1−2u2, dont la limite est 24a31 d'après l'exercice 13c. Numériquement, 24×5031=3,00×1061=3,33×10−7 m−3.
c)
La limite est finie et non nulle pour n=4, et elle était nulle pour n=3 : l'ordre de contact vaut 4. Autrement dit, les deux courbes partagent la position, la pente, la courbure ET la variation de courbure au fond ; elles ne se séparent qu'au quatrième rang.
d)
L'écart vaut environ 24a3x4. On résout 3,00×106x4=1,0×10−3, soit x4=3,00×103 et x=43000=7,40 m. Vérification sur la formule exacte, avec u=507,40=0,1480 : 50(cosh0,1480−1−20,14802)=1,0009×10−3 m, soit 1,0009 mm. L'approximation est excellente, à un dix-millième près.
e)
L'écart varie comme la PUISSANCE QUATRIÈME de la distance : doubler x le multiplie par 24=16. À x=14,8 m, il vaut donc 16 mm. La règle d'ingénieur qui en découle est celle-ci : LA PARABOLE EST UNE EXCELLENTE APPROXIMATION TANT QUE LA PORTÉE RESTE PETITE DEVANT LE PARAMÈTRE a, et elle se dégrade très vite au-delà. Pour une ligne électrique de a=50 m, la parabole tient au millimètre sur une quinzaine de mètres de portée totale, au centimètre sur une trentaine, et il faut passer à la chaînette exacte pour un pont suspendu ou un téléphérique. L'ordre de contact n'est donc pas une curiosité : c'est lui qui dit à partir de quelle portée le modèle simple devient faux, et il se calcule par une seule limite indéterminée.
Exercice 15 : Problème : de l'intérêt composé mensuel à l'intérêt continu
Un capital P placé au taux annuel r, composé n fois par an, vaut au bout d'un an A=P(1+nr)n.
Quand la composition devient de plus en plus fréquente, n tend vers l'infini et la base vers 1 : c'est la forme indéterminée 1∞.
Données : P=10000 dollars et r=5,0% par an.
a) Calculez le capital après un an pour une composition annuelle, mensuelle, puis quotidienne, au cent près.
b) Démontrez que limn→∞(1+nr)n=er.
c) Calculez le capital en composition CONTINUE, au cent près.
d) Combien la composition continue rapporte-t-elle de plus que la composition quotidienne ? Commentez.
e) Refaites a) et c) pour un taux de 50%. Que conclure sur l'importance de la fréquence de composition ?
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Réponses
a)10500,00 ; 10511,62 ; 10512,67 dollars
b)Par logarithme : nln(1+nr)→r
c)10512,71 dollars
d)4 cents : la course s'arrête bien avant l'infini
e)15000 contre 16487,21 dollars : la fréquence compte quand le taux est grand
a)
Annuelle, n=1 : A=10000×1,05=10500,00 dollars. Mensuelle, n=12 : A=10000(1+120,05)12=10000×1,0511619=10511,62 dollars. Quotidienne, n=365 : A=10000(1+3650,05)365=10512,67 dollars. On voit déjà que les gains successifs s'essoufflent : 11,62 dollars en passant de l'an au mois, puis 1,05 dollar en passant du mois au jour.
b)
On pose y=(1+nr)n, donc lny=nln(1+nr), de forme ∞⋅0. On bascule en posant u=n1→0+ : lny=uln(1+ru), de forme 00. On dérive par rapport à u : 11+rur=1+rur→r. Donc lny→r et y→er. On reconnaît, pour r=1, la définition même du nombre e. Sans le passage au logarithme, aucun calcul direct n'est possible : c'est le cas d'école de la forme 1∞.
10512,71−10512,67=0,04 dollar, soit QUATRE CENTS sur dix mille dollars placés un an. Le commentaire compte autant que le chiffre : la limite er est atteinte en pratique bien avant l'infini, et composer à la seconde plutôt qu'au jour ne rapporte rigoureusement rien. La différence entre deux institutions ne se joue donc jamais sur la fréquence de composition, mais sur le taux affiché. C'est aussi pourquoi la loi impose l'affichage d'un TAUX ANNUEL EFFECTIF, qui est précisément (1+nr)n−1 : il rend les offres comparables quelle que soit leur fréquence.
e)
Avec r=0,50 : composition annuelle, 10000×1,5=15000 dollars ; mensuelle, 10000(1+120,5)12=16320,94 dollars ; continue, 10000e0,5=16487,21 dollars. L'écart entre annuelle et continue atteint cette fois 1487 dollars, soit près de 10% du capital, contre 13 dollars à peine pour un taux de 5%. Conclusion : dans la forme indéterminée 1∞, tout dépend de la DISTANCE de la base à 1. Quand nr est minuscule, la limite est atteinte presque immédiatement ; quand il ne l'est pas, la fréquence de composition change le résultat de façon visible. C'est la traduction financière de ce que l'exercice 5 disait mathématiquement : une base qui tend vers 1 n'est pas une base égale à 1, et l'écart se paie en dollars.
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