Calcul différentiel 201-NYA • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : l'étude complète de fonction (201-NYA)
Voici la série d'exercices corrigés de calcul différentiel 201-NYA sur l'étude complète de fonction, la question la plus lourdement pondérée de l'examen final : domaine et symétries, asymptotes verticales, horizontales et obliques, croissance et extremums par le test de la dérivée première, concavité et points d'inflexion par la dérivée seconde, tableau de variation et tracé. Les exercices 0.1 et 0.2 ouvrent la série par les deux gestes mécaniques, à calculer directement comme dans les listes des manuels : dix fonctions dont on détermine les asymptotes, du trou de x2+x−6x2−4 aux deux horizontales de 4x2+53x−1, puis dix fonctions dont on trouve les nombres critiques et les points d'inflexion, jusqu'à 2sinx+cos(2x).
Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature (cours de calcul différentiel 201-NYA) comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de mathématiques.
À la fin de la série, vous savez trouver toutes les asymptotes, l'oblique par division polynomiale (exercice 1), classer les extremums et reconnaître le test de la dérivée seconde muet (exercice 2), réduire le domaine d'étude par la parité et la périodicité (exercice 4), mener l'étude complète d'une fonction exponentielle (exercice 5), d'une fonction rationnelle (exercice 6), d'une fonction à radical aux extremums de bord (exercice 7) et d'une fonction logarithmique (exercice 9), reconstruire f en ne lisant que le graphique de f′ (exercice 8) et retrouver les paramètres d'une fonction à partir de ses asymptotes (exercice 10). La partie C ajoute la pointe d'une fonction avec valeur absolue (exercice 11), les deux asymptotes obliques de x−2arctanx (exercice 12), une étude trigonométrique (exercice 13), le potentiel de Lennard-Jones entre deux atomes (exercice 14) et la distribution des vitesses dans un gaz (exercice 15).
L'étude de fonction est l'exercice où l'on perd le plus de points par désordre plutôt que par ignorance. La procédure est toujours la même et elle doit être suivie dans l'ordre : chaque étape utilise le résultat de la précédente, et sauter le domaine fait rater toutes les asymptotes verticales. Les corrigés traitent les pièges classiques : x4, dont la dérivée seconde s'annule sans point d'inflexion (exercices 2 et 3), la courbe qui coupe son asymptote horizontale (exercice 1), et le minimum de f′ pris pour un minimum de f (exercice 8). Un tableau de variation propre vaut souvent plus de points que le tracé lui-même.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Ordre de l'étude : 1) domaine; 2) symétries (paire si f(−x)=f(x), impaire si f(−x)=−f(x)); 3) intersections avec les axes; 4) asymptotes; 5) f′ pour la croissance et les extremums; 6) f′′ pour la concavité et les inflexions; 7) tableau de variation; 8) tracé.
•Asymptote VERTICALE en x=a : limx→af(x)=±∞. À chercher aux valeurs exclues du domaine (annulation d'un dénominateur, en vérifiant qu'elle ne se simplifie pas).
•Asymptote HORIZONTALE : limx→±∞f(x)=L donne y=L. Une courbe PEUT couper son asymptote horizontale.
•Asymptote OBLIQUE y=mx+b : elle existe pour une fraction rationnelle quand le degré du numérateur dépasse d'EXACTEMENT 1 celui du dénominateur. On l'obtient par division polynomiale : le quotient est l'asymptote, le reste tend vers zéro.
•Nombre critique : f′(c)=0 ou f′(c) n'existe pas, avec c DANS le domaine. Test de la dérivée première : f′ passe de + à − donne un maximum, de − à + un minimum, sans changement de signe aucun extremum.
•Concavité : f′′>0 donne une courbe convexe (ouverte vers le haut), f′′<0 concave (ouverte vers le bas). POINT D'INFLEXION : là où f′′ CHANGE DE SIGNE, et où f est définie. f′′(c)=0 ne suffit pas, comme le montre x4 en 0.
•Test de la dérivée seconde : si f′(c)=0 et f′′(c)>0, minimum local; si f′′(c)<0, maximum local; si f′′(c)=0, le test est MUET et il faut revenir au test de la dérivée première.
Calculs : les asymptotes à déterminer
Exercice 0.1 : Déterminer les asymptotes : dix calculs directs
Pour chaque fonction, déterminez les asymptotes demandées, sans étudier le reste de la fonction. Donnez, selon la ligne, l'abscisse a d'une asymptote verticale x=a, l'ordonnée L d'une asymptote horizontale y=L, ou la pente m et l'ordonnée à l'origine b d'une asymptote oblique y=mx+b.
Toujours dans le même ordre : le domaine d'abord, et à chaque valeur exclue on vérifie que le numérateur ne s'annule pas aussi, sinon c'est un trou ; puis la limite en +∞ et en −∞, SÉPARÉMENT, qui donne l'horizontale ; enfin, si le degré du numérateur dépasse d'exactement 1 celui du dénominateur, la division polynomiale, dont le quotient est l'oblique.
a) f(x)=x+23x−1 : l'asymptote verticale et l'asymptote horizontale.
b) f(x)=x2−2x−15x+4 : les deux asymptotes verticales.
c) f(x)=x2+x−6x2−4 : la nature de la courbe en x=2, puis la seule asymptote verticale.
d) f(x)=x+12x2−3x+4 : l'asymptote oblique.
e) f(x)=x2+1x3−2x2+5 : l'asymptote oblique.
f) f(x)=x−2x3+1 : le comportement à l'infini, puis l'asymptote verticale.
g) f(x)=4x2+53x−1 : l'asymptote horizontale en +∞, puis celle en −∞.
h) f(x)=4−3e−2x : l'asymptote horizontale, puis le côté où elle existe.
i) f(x)=1−ln(x+4) : l'asymptote verticale, puis la limite à droite en ce point.
j) f(x)=2x+3+ex : l'asymptote oblique.
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Réponses
a)x=−2 ; y=3
b)x=−3 et x=5 (et y=0)
c)trou en x=2 ; x=−3 (et y=1)
d)f(x)=2x−5+x+19 ; y=2x−5
e)f(x)=x−2+x2+17−x ; y=x−2
f)aucune horizontale ni oblique ; x=2
g)y=23 en +∞ ; y=−23 en −∞
h)y=4 ; en +∞ seulement
i)x=−4 ; limx→−4+f(x)=+∞
j)y=2x+3 ; en −∞ seulement
Le geste qui décide de tout : traiter +∞ et −∞ SÉPARÉMENT, et chaque valeur exclue SÉPARÉMENT. Une rationnelle a la même asymptote des deux côtés, mais une racine, une exponentielle ou un logarithme n'en ont souvent qu'une, ou deux différentes ; et un zéro du dénominateur qui annule aussi le numérateur donne un trou, pas une asymptote.
a)
Domaine R∖{−2}, et en x=−2 le numérateur vaut −7=0 : asymptote verticale x=−2. Degrés égaux : limx→±∞f(x)=13, asymptote horizontale y=3, le rapport des coefficients dominants.
b)
x2−2x−15=(x+3)(x−5) ; en x=−3 le numérateur vaut 1, en x=5 il vaut 9 : deux asymptotes verticales, x=−3 et x=5. Le degré du numérateur étant inférieur, l'asymptote horizontale est y=0. Piège : chercher les zéros du NUMÉRATEUR, x=−4, qui donnent un zéro de f et non une asymptote.
c)
f(x)=(x−2)(x+3)(x−2)(x+2)=x+3x+2 pour x=2. En x=2, le facteur se simplifie : la courbe a un TROU au point (2;54), pas d'asymptote. Seule x=−3 est asymptote verticale ; l'horizontale est y=1. Piège : déclarer x=2 asymptote parce que le dénominateur s'y annule.
d)
Division : 2x2−3x+4=(x+1)(2x−5)+9, donc f(x)=2x−5+x+19. Le reste tend vers 0 : asymptote oblique y=2x−5, avec m=2 et b=−5 (et verticale x=−1). Piège : s'arrêter à 2x, le premier terme du quotient.
e)
Division par x2+1 : x3−2x2+5=(x2+1)(x−2)+(−x+7), donc f(x)=x−2+x2+1−x+7. Le reste est de degré 1 sur degré 2 : il tend vers 0. Asymptote oblique y=x−2, m=1, b=−2, et aucune verticale puisque x2+1 ne s'annule jamais.
f)
Le numérateur dépasse le dénominateur de DEUX degrés : f(x)=x2+2x+4+x−29, qui se comporte comme une parabole. Aucune asymptote horizontale ni oblique. En x=2 le numérateur vaut 9=0 : asymptote verticale x=2. Piège : prendre le quotient x2+2x+4 pour une asymptote oblique, alors qu'une oblique est une DROITE.
g)
Pour x=0, 4x2+5=∣x∣4+x25. En +∞, ∣x∣=x et f(x)=4+x253−x1→23. En −∞, ∣x∣=−x et f(x)→−23. Deux asymptotes horizontales, y=23 et y=−23. Piège : écrire x2=x des deux côtés.
h)
En +∞, e−2x→0 et f(x)→4 : asymptote horizontale y=4. En −∞, e−2x→+∞ et f(x)→−∞ : rien de ce côté. Domaine R, aucune verticale. L'asymptote existe donc en +∞ seulement.
i)
Domaine : x+4>0, soit x>−4. Quand x→−4+, x+4→0+, ln(x+4)→−∞, donc f(x)=1−ln(x+4)→+∞. Asymptote verticale x=−4, avec la courbe qui MONTE. Piège : le signe moins devant le logarithme retourne la limite.
j)
En −∞, ex→0, donc f(x)−(2x+3)=ex→0 : asymptote oblique y=2x+3, avec m=21 et b=3, en −∞ seulement. En +∞, l'écart ex explose : aucune asymptote de ce côté. Piège : la chercher en +∞ par réflexe.
Contrôle : pour une verticale, f évaluée à 0,001 de la valeur exclue doit être énorme en valeur absolue (à la ligne c), f(2,001)≈0,8 : ce n'est donc pas une asymptote) ; pour une horizontale ou une oblique, l'écart f(x)−(mx+b) en x=±1000 doit être proche de 0, du côté annoncé.
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Calculs : les nombres critiques et les points d'inflexion
Exercice 0.2 : Trouver les nombres critiques et les points d'inflexion : dix calculs directs
Pour chaque fonction, calculez f′ et f′′, résolvez f′(x)=0 et f′′(x)=0, puis donnez les valeurs demandées à la ligne : un nombre critique, la valeur d'un extremum, l'abscisse d'un point d'inflexion, ou leur nombre. Ni tableau complet ni tracé.
Trois gestes, dans cet ordre : factoriser f′ pour lire ses zéros, sans oublier les points du domaine où f′ n'existe pas ; factoriser f′′ de la même façon ; puis, à chaque zéro de f′′, vérifier que f′′ CHANGE DE SIGNE, faute de quoi il n'y a pas d'inflexion. La nature d'un extremum se lit au signe de f′′ au nombre critique.
a) f(x)=3x2−12x+7 : le nombre critique et la valeur de l'extremum.
b) f(x)=2x3+3x2−12x : l'abscisse du maximum local, puis celle du point d'inflexion.
c) f(x)=x3+3x2+6x−2 : le nombre de nombres critiques, puis l'abscisse du point d'inflexion.
d) f(x)=x4−8x2+3 : le nombre de nombres critiques, puis l'abscisse positive d'un point d'inflexion.
e) f(x)=x4−4x3+6x2 : le seul nombre critique, puis la question : (1;f(1)) est-il un point d'inflexion ?
f) f(x)=x+x9 : le nombre critique positif, puis le nombre de points d'inflexion.
g) f(x)=x2+36 : la valeur du maximum, puis l'abscisse positive d'un point d'inflexion.
h) f(x)=x(x−3) : le nombre de nombres critiques, puis la valeur du minimum.
i) f(x)=x2ex : le nombre critique négatif, puis l'abscisse du point d'inflexion le plus proche de 0.
j) f(x)=2sinx+cos(2x) sur [0;2π] : le nombre de nombres critiques, puis la valeur maximale de f.
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Réponses
a)f′(x)=6x−12 ; critique 2, minimum −5
b)f′(x)=6(x+2)(x−1), f′′(x)=12x+6 ; maximum en −2, inflexion en −21
c)f′(x)=3((x+1)2+1)>0 ; aucun critique, inflexion en −1
d)f′(x)=4x(x−2)(x+2) ; trois critiques, inflexion en 32≈1,155
e)f′′(x)=12(x−1)2 ; critique 0, pas d'inflexion en 1
g)f′′(x)=(x2+3)336(x2−1) ; maximum 2, inflexion en 1
h)f′(x)=2x3(x−1) ; deux critiques (0 et 1), minimum −2
i)f′(x)=x(x+2)ex ; critique −2, inflexion en −2+2≈−0,586
j)f′(x)=2cosx(1−2sinx) ; quatre critiques, maximum 23
Le geste qui décide de tout : FACTORISER f′ et f′′ au lieu de les développer. Un facteur commun mis en évidence, x, ex ou cosx, est un zéro qu'on ne peut plus perdre ; et un facteur au carré, comme (x−1)2, dit d'avance que le signe ne change pas.
a)
f′(x)=6x−12, nul en x=2 ; f′′(x)=6>0, donc minimum, de valeur f(2)=12−24+7=−5.
b)
f′(x)=6x2+6x−12=6(x+2)(x−1) : nombres critiques −2 et 1. f′′(x)=12x+6 : f′′(−2)=−18<0, maximum local en x=−2 ; f′′(1)=18>0, minimum en x=1. f′′ s'annule en changeant de signe en x=−21 : point d'inflexion. Piège : prendre le premier zéro trouvé pour le maximum sans regarder le signe de f′′.
c)
f′(x)=3x2+6x+6=3((x+1)2+1)>0 : discriminant 36−72<0, AUCUN nombre critique, la fonction est strictement croissante. f′′(x)=6x+6 change de signe en x=−1 : point d'inflexion. Piège : croire qu'une cubique a toujours deux nombres critiques.
d)
f′(x)=4x3−16x=4x(x−2)(x+2) : trois nombres critiques, −2, 0 et 2. f′′(x)=12x2−16, nul en x=±32, avec changement de signe : inflexion positive en x=32=323≈1,155. Piège : diviser par x et perdre le nombre critique 0.
e)
f′(x)=4x3−12x2+12x=4x(x2−3x+3), et x2−3x+3 a un discriminant 9−12<0 : seul nombre critique, x=0 (un minimum, f(0)=0). f′′(x)=12x2−24x+12=12(x−1)2 : nul en x=1, mais POSITIF des deux côtés. Pas de changement de signe, donc PAS de point d'inflexion en x=1, la courbe reste convexe partout.
f)
Domaine R∖{0}. f′(x)=1−x29=x2(x−3)(x+3) : nombres critiques ±3, le positif étant 3 (minimum local, f(3)=6). f′′(x)=x318 ne s'annule jamais ; elle change de signe en 0, mais 0 n'est pas dans le domaine. Aucun point d'inflexion. Piège : compter x=0.
g)
f′(x)=−(x2+3)212x, nul en x=0, positive avant et négative après : maximum f(0)=2. f′′(x)=(x2+3)336x2−36=(x2+3)336(x−1)(x+1), qui change de signe en ±1 : inflexions en x=−1 et x=1. Piège : dans la dérivée du quotient, oublier le facteur 2⋅2x que donne la chaîne sur (x2+3)2.
h)
Domaine [0;+∞[. f(x)=x23−3x21, donc f′(x)=23x−2x3=2x3(x−1). Deux nombres critiques : x=1, où f′ s'annule, et x=0, dans le domaine, où f′ n'existe pas. Minimum en x=1 : f(1)=1×(−2)=−2. f′′(x)=4xx3(x+1)>0 : aucune inflexion. Piège : oublier x=0, qui est critique parce que f′ n'y existe pas.
i)
f′(x)=2xex+x2ex=x(x+2)ex : nombres critiques 0 et −2, le négatif est −2 (maximum local). f′′(x)=(x2+4x+2)ex, nul en x=−2±2 avec changement de signe. Le plus proche de 0 : x=−2+2≈−0,586. Piège : chercher un zéro de ex, qui n'en a pas.
j)
f′(x)=2cosx−2sin(2x)=2cosx−4sinxcosx=2cosx(1−2sinx). cosx=0 donne 2π et 23π, sinx=21 donne 6π et 65π : quatre nombres critiques. Valeurs : f(6π)=f(65π)=1+21=23, f(2π)=1, f(23π)=−3, et aux bornes f(0)=f(2π)=1. Maximum 23. Piège : diviser par cosx et ne garder que les deux solutions de sinx=21.
Contrôle : à chaque nombre critique trouvé, le taux 0,002f(c+0,001)−f(c−0,001) calculé à la machine doit être presque nul (sauf en x=0 à la ligne h), où f′ n'existe pas) ; à chaque inflexion annoncée, f′′ évaluée de part et d'autre doit changer de signe, ce qui départage d'un coup les lignes e) et f).
Partie A : Asymptotes, symétries, croissance et concavité (/50)
Exercice 1 : Le domaine et les trois types d'asymptotes
Les asymptotes se cherchent dans un ordre imposé par le domaine. Sauter cette étape est l'erreur qui coûte le plus cher dans la question longue de l'examen.
a) Pour f(x)=x2−92x2, donnez le domaine, puis toutes les asymptotes verticales et horizontales.
b) Pour g(x)=x−1x2+1, montrez qu'il existe une asymptote oblique et déterminez-la par division polynomiale.
c) À quelle condition sur les degrés une fraction rationnelle admet-elle une asymptote horizontale, une asymptote oblique, ou aucune des deux ? Illustrez les trois cas.
d) Un étudiant affirme qu'une courbe ne peut jamais couper son asymptote. Réfutez avec h(x)=x2+12x, puis précisez dans quel cas l'affirmation est tout de même vraie.
d)h(0)=0 coupe y=0 ; une verticale ne se coupe pas
a)
Domaine : le dénominateur x2−9=(x−3)(x+3) s'annule en x=±3, donc Df=R∖{−3,3}. Ces valeurs ne se simplifient pas avec le numérateur 2x2, ce sont donc bien des asymptotes VERTICALES : x=3 et x=−3. Asymptote horizontale : limx→±∞x2−92x2=12=2 (degrés égaux, rapport des coefficients dominants), donc y=2. Vérification du comportement près de x=3 : à droite le dénominateur est positif et petit, donc f→+∞; à gauche il est négatif, donc f→−∞. Ce détail de signe se lit sur le tableau et il est exigé à l'examen.
b)
Le degré du numérateur (2) dépasse celui du dénominateur (1) d'exactement 1 : il y a donc une asymptote oblique. Division : x2+1=(x−1)(x+1)+2, d'où g(x)=x+1+x−12. Comme x−12→0 quand x→±∞, la courbe se colle à la droite y=x+1 : c'est l'asymptote oblique. Le reste donne en prime le CÔTÉ d'approche : pour x>1 le reste est positif, la courbe est au-dessus de l'asymptote; pour x<1 il est négatif, elle est en dessous. Il y a par ailleurs une asymptote verticale en x=1.
c)
Soit dN le degré du numérateur et dD celui du dénominateur. Si dN<dD : asymptote horizontale y=0, par exemple x2+11. Si dN=dD : asymptote horizontale y= rapport des coefficients dominants, par exemple x2−92x2 avec y=2 comme au point a). Si dN=dD+1 : asymptote OBLIQUE obtenue par division, comme au point b). Si dN≥dD+2 : ni horizontale ni oblique, la courbe part vers l'infini en suivant une parabole ou une courbe de degré supérieur, par exemple x−1x3 qui se comporte comme x2+x+1. Le critère est purement une affaire de degrés et se vérifie en trois secondes.
d)
Contre-exemple : h(x)=x2+12x a pour asymptote horizontale y=0 (le degré du numérateur est inférieur), et pourtant h(0)=0 : la courbe COUPE son asymptote à l'origine, avant de s'en rapprocher par au-dessus puis par en dessous. L'affirmation est donc fausse en général : une asymptote décrit un comportement à l'INFINI, elle n'impose rien à distance finie. Elle est en revanche vraie pour les asymptotes VERTICALES, qu'aucune courbe ne peut couper : la valeur x=a est exclue du domaine, la courbe n'a donc aucun point d'abscisse a. La distinction est exactement celle entre une contrainte de domaine, qui est absolue, et une contrainte de limite, qui n'est qu'asymptotique.
Exercice 2 : Croissance, extremums et le test qui reste muet
La dérivée première donne les variations, la seconde donne parfois la nature des extremums. Savoir quand le test de la dérivée seconde échoue fait partie du cours.
a) Pour f(x)=x3−3x2−9x+5, trouvez les nombres critiques, dressez le tableau de signes de f′ et classez les extremums.
b) Retrouvez la nature de ces extremums par le test de la dérivée seconde. Les deux tests s'accordent-ils ?
c) Pour g(x)=x4, montrez que le test de la dérivée seconde est muet en x=0, et concluez tout de même par le test de la dérivée première.
d) Donnez une fonction ayant un nombre critique qui n'est PAS un extremum. Que se passe-t-il alors pour f′ ?
Voir la correction
Réponses
a)Maximum 10 en −1, minimum −22 en 3
b)f′′(−1)=−12, f′′(3)=12 : accord
c)g′′(0)=0 : muet ; minimum par g′
d)x3 en 0 : pas d'extremum
a)
f′(x)=3x2−6x−9=3(x2−2x−3)=3(x−3)(x+1), qui s'annule en x=−1 et x=3. Signes : pour x<−1 les deux facteurs sont négatifs, donc f′>0; entre −1 et 3, (x+1)>0 et (x−3)<0, donc f′<0; pour x>3, f′>0. La fonction croît sur ]−∞,−1], décroît sur [−1,3], croît sur [3,+∞[. En x=−1, f′ passe de + à − : MAXIMUM local, de valeur f(−1)=−1−3+9+5=10. En x=3, f′ passe de − à + : MINIMUM local, de valeur f(3)=27−27−27+5=−22.
b)
f′′(x)=6x−6=6(x−1). En x=−1 : f′′(−1)=−12<0, donc maximum local ✓. En x=3 : f′′(3)=12>0, donc minimum local ✓. Les deux tests s'accordent, comme ils le doivent toujours lorsque le second est applicable. Le test de la dérivée seconde est plus rapide quand il fonctionne, puisqu'il demande une seule évaluation au lieu d'une étude de signe sur tout un intervalle; mais il ne dit rien sur les variations GLOBALES, que seul le tableau de signes de f′ fournit. À l'examen, le tableau reste donc obligatoire.
c)
g(x)=x4 donne g′(x)=4x3, qui s'annule en x=0 : c'est bien un nombre critique. Puis g′′(x)=12x2, donc g′′(0)=0 : le test de la dérivée seconde ne conclut PAS, il est muet. On revient au test de la dérivée première : g′(x)=4x3 est négatif pour x<0 et positif pour x>0, donc g′ passe de − à + et x=0 est un MINIMUM local (et même global). L'exemple montre que f′′(c)=0 n'autorise aucune conclusion, ni dans un sens ni dans l'autre : il faut alors redescendre d'un étage.
d)
L'exemple type est f(x)=x3 en x=0 : f′(x)=3x2 s'annule bien en 0, qui est donc un nombre critique, mais f′(x)>0 de part et d'autre, donc f′ ne CHANGE PAS de signe. Il n'y a ni maximum ni minimum : la fonction continue de croître en marquant seulement une pause, avec une tangente horizontale au passage. Le point est en revanche un point d'inflexion, puisque f′′(x)=6x change de signe en 0. Conclusion à retenir : « nombre critique » et « extremum » ne sont pas synonymes. Le nombre critique n'est qu'un CANDIDAT, et c'est le changement de signe de f′ qui décide. Beaucoup d'étudiants perdent des points en annonçant un extremum dès qu'ils ont annulé la dérivée, sans faire le tableau de signes.
Exercice 3 : Concavité et points d'inflexion
La dérivée seconde décrit la FORME de la courbe, pas son sens de variation. Confondre les deux est l'erreur conceptuelle la plus répandue du chapitre.
a) Pour f(x)=x3−6x2+9x, étudiez la concavité et donnez le point d'inflexion.
b) Montrez que g(x)=x4 a une dérivée seconde nulle en 0 SANS y avoir de point d'inflexion. Quelle condition manque-t-il ?
c) Une fonction peut-elle être décroissante et convexe à la fois ? Donnez un exemple explicite et décrivez l'allure obtenue.
d) Pour h(x)=x1, étudiez la concavité sur chaque intervalle du domaine. Y a-t-il un point d'inflexion en x=0 ?
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Réponses
a)Inflexion (2;2)
b)g′′≥0 sans changement de signe
c)Oui : e−x
d)Changement de signe en 0 hors domaine : pas d'inflexion
a)
f′(x)=3x2−12x+9 et f′′(x)=6x−12=6(x−2). La dérivée seconde s'annule en x=2, est négative pour x<2 (courbe concave, ouverte vers le bas) et positive pour x>2 (courbe convexe, ouverte vers le haut). Il y a donc CHANGEMENT de signe en x=2, et f y est définie : c'est un point d'inflexion, de coordonnées (2,f(2))=(2,8−24+18)=(2,2). Un point d'inflexion se donne toujours avec ses deux coordonnées, l'abscisse seule ne vaut pas la réponse complète.
b)
g(x)=x4 donne g′′(x)=12x2, qui s'annule bien en x=0. Mais 12x2≥0 pour TOUT x : la dérivée seconde touche zéro sans changer de signe, la courbe reste convexe des deux côtés. Il n'y a donc AUCUN point d'inflexion en 0. La condition manquante est précisément le CHANGEMENT DE SIGNE de f′′ : l'annulation seule ne suffit pas. C'est le parallèle exact du piège de l'exercice précédent, où f′(c)=0 ne garantissait pas un extremum. Dans les deux cas, ce qui décide est un changement de signe, pas une annulation.
c)
Oui, les deux notions sont indépendantes : f′ gouverne le sens de variation et f′′ la forme. Exemple explicite : f(x)=x1 sur ]0,+∞[, ou plus simplement f(x)=e−x sur R. Pour cette dernière, f′(x)=−e−x<0 (décroissante) et f′′(x)=e−x>0 (convexe) partout. L'allure obtenue est celle d'une courbe qui descend en s'aplatissant : elle décroît, mais de moins en moins vite, et se rapproche de son asymptote horizontale y=0 par au-dessus. C'est le profil de toute décroissance exponentielle, qu'il s'agisse d'un refroidissement, d'une décharge de condensateur ou d'une désintégration radioactive.
d)
h(x)=x1=x−1 donne h′(x)=−x−2 et h′′(x)=2x−3=x32. Pour x>0 : h′′>0, la courbe est convexe. Pour x<0 : h′′<0, elle est concave. La dérivée seconde change donc bien de signe en traversant x=0, mais il n'y a PAS de point d'inflexion, car x=0 n'appartient pas au domaine : il n'existe aucun point de la courbe à cette abscisse. Un point d'inflexion est un POINT de la courbe, il lui faut donc une image. C'est le piège classique des fonctions rationnelles, et il se neutralise en revenant systématiquement au domaine établi à la première étape de l'étude : d'où l'importance de l'ordre imposé.
Exercice 4 : Symétries et périodicité : réduire le travail avant de commencer
L'étape 2 de la procédure est celle qu'on saute le plus volontiers, alors qu'elle peut diviser l'étude par deux, et parfois par l'infini.
a) Définissez une fonction PAIRE et une fonction IMPAIRE, et dites ce que chacune implique pour la courbe.
b) Étudiez la parité de f(x)=x2+1x2, de g(x)=x2+1x3 et de h(x)=x2+x.
c) Si f est paire, quelle relation lie f′(x) et f′(−x) ? Démontrez-le, et déduisez-en ce qui se passe en x=0.
d) Quel domaine d'étude suffit pour u(x)=sinx+cosx, et pourquoi ? Combien de fois faut-il alors reproduire le motif obtenu ?
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Réponses
a)Paire : axe des ordonnées ; impaire : origine
b)f paire, g impaire, h ni l'une ni l'autre
c)f′(−x)=−f′(x) ; f′(0)=0
d)Période 2π ; u=2sin(x+4π)
a)
f est PAIRE si f(−x)=f(x) pour tout x du domaine (lequel doit être symétrique par rapport à 0) : sa courbe est alors symétrique par rapport à l'AXE DES ORDONNÉES. f est IMPAIRE si f(−x)=−f(x) : sa courbe est symétrique par rapport à l'ORIGINE. Dans les deux cas, il suffit d'étudier la fonction sur [0,+∞[ et de compléter par symétrie : le travail est divisé par deux.
b)
Pour f : f(−x)=(−x)2+1(−x)2=x2+1x2=f(x), donc f est PAIRE. Pour g : g(−x)=x2+1−x3=−g(x), donc g est IMPAIRE. Pour h : h(−x)=x2−x, qui n'est ni h(x) ni −h(x) (il suffit de tester x=1 : h(1)=2 et h(−1)=0), donc h n'est NI paire NI impaire. Retenir que c'est le cas le plus fréquent : la parité est une propriété rare, et un contre-exemple numérique unique suffit à la réfuter, ce qui est bien plus rapide qu'un calcul général.
c)
Dérivons l'identité f(−x)=f(x) membre à membre par rapport à x. À gauche, la règle de chaîne donne −f′(−x); à droite, f′(x). Donc −f′(−x)=f′(x), c'est-à-dire f′(−x)=−f′(x) : la dérivée d'une fonction paire est IMPAIRE ✓. En x=0, cela donne f′(0)=−f′(0), donc 2f′(0)=0 et f′(0)=0 : toute fonction paire dérivable en 0 y a une tangente HORIZONTALE. C'est cohérent avec la symétrie axiale, qui interdit toute pente non nulle au point de la courbe situé sur l'axe. Résultat symétrique et à connaître : la dérivée d'une fonction impaire est paire.
d)
u(x)=sinx+cosx est une somme de deux fonctions 2π-périodiques, donc elle est elle-même 2π-périodique : u(x+2π)=u(x). Il suffit donc d'étudier u sur un intervalle de longueur 2π, par exemple [0,2π] ou [−π,π], puis de reproduire le motif obtenu par translations horizontales de 2π, une INFINITÉ de fois dans les deux sens. La périodicité est donc plus puissante encore que la parité : elle ramène un domaine infini à un domaine borné. On peut d'ailleurs aller plus loin ici, car u(x)=2sin(x+4π) : la fonction est une sinusoïde d'amplitude 2 décalée de 4π, ce qui donne immédiatement son maximum 2, son minimum −2 et tous ses points remarquables sans aucune dérivation.
Exercice 5 : Étude complète d'une fonction exponentielle
Les fonctions rationnelles ont des asymptotes verticales; les exponentielles, elles, écrasent tout. L'étude change donc de visage, et les croissances comparées y jouent le rôle principal.
a) Pour f(x)=xe−x, donnez le domaine, les intersections avec les axes, puis les limites en −∞ et +∞.
b) Calculez f′, dressez le tableau de signes et donnez le maximum avec ses coordonnées exactes.
c) Calculez f′′, étudiez la concavité et donnez le point d'inflexion.
d) Décrivez l'allure complète de la courbe. Pourquoi la fonction tend-elle vers 0 en +∞ alors que le facteur x tend vers l'infini ?
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Réponses
a)D=R ; origine ; −∞ et 0
b)Maximum e1 en x=1
c)Inflexion (2;2e−2)
d)L'exponentielle l'emporte sur x
a)
Domaine : R tout entier, l'exponentielle étant définie partout. Intersections : f(x)=0 exige x=0 (car e−x ne s'annule jamais), donc l'unique intersection est l'ORIGINE (0,0), commune aux deux axes. Limites : en −∞, x→−∞ et e−x→+∞, donc le produit tend vers −∞ sans indétermination. En +∞, on a la forme indéterminée ∞×0; la croissance comparée tranche, l'exponentielle l'emportant sur toute puissance : limx→+∞xe−x=0. La droite y=0 est donc asymptote horizontale en +∞ SEULEMENT, et la courbe l'approche par au-dessus puisque f(x)>0 pour x>0.
b)
Par la règle du produit : f′(x)=1⋅e−x+x(−e−x)=e−x(1−x). Le facteur e−x étant toujours strictement positif, le signe de f′ est celui de 1−x : positif pour x<1, négatif pour x>1. La fonction CROÎT sur ]−∞,1] puis DÉCROÎT sur [1,+∞[. Elle admet donc un maximum en x=1, de valeur f(1)=1⋅e−1=e1≈0,3679. Ce maximum est ABSOLU, puisqu'il n'y a qu'un seul nombre critique et que la fonction croît avant puis décroît après.
c)
En dérivant f′(x)=e−x(1−x), toujours par la règle du produit : f′′(x)=−e−x(1−x)+e−x(−1)=e−x(−1+x−1)=e−x(x−2). Le signe est celui de x−2 : négatif pour x<2 (courbe CONCAVE), positif pour x>2 (courbe CONVEXE). Il y a changement de signe en x=2, où la fonction est définie : c'est un POINT D'INFLEXION, de coordonnées (2,2e−2)≈(2;0,2707).
d)
La courbe vient de −∞ en bas à gauche, croît en traversant l'origine, atteint son maximum e1 en x=1, puis redescend en s'aplatissant, change de courbure en x=2 et se colle à l'axe des abscisses sans jamais l'atteindre. La fonction tend vers 0 en +∞ bien que le facteur x tende vers l'infini parce que le second facteur e−x tend vers 0 BEAUCOUP plus vite : c'est la hiérarchie des croissances comparées, selon laquelle l'exponentielle domine toute puissance. Concrètement, en x=20 le facteur x vaut 20 mais e−20≈2×10−9, et le produit vaut environ 4×10−8. Le combat entre un facteur qui grandit et un facteur qui s'écrase est remporté, toujours, par l'exponentielle. C'est ce même argument qui gouvernera la convergence des intégrales impropres et des séries au cours de calcul intégral.
Partie B : Études complètes et problèmes inverses (/50)
Exercice 6 : Étude complète d'une fonction rationnelle
La figure montre la courbe de f(x)=x−1x2 avec son asymptote oblique. L'exercice consiste à retrouver par le calcul tout ce que la figure montre.
a) Donnez le domaine de f(x)=x−1x2, ses intersections avec les axes, et toutes ses asymptotes.
b) Calculez f′, trouvez les nombres critiques et dressez le tableau de signes. Identifiez les extremums avec leurs coordonnées.
c) Calculez f′′ et étudiez la concavité. Y a-t-il un point d'inflexion ?
d) Rassemblez le tout dans un tableau de variation complet et confrontez-le à la figure. Expliquez en particulier pourquoi la courbe a deux branches sans point commun.
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Réponses
a)D=R∖{1} ; x=1 et y=x+1
b)Maximum (0;0), minimum (2;4)
c)f′′=(x−1)32 : pas d'inflexion
d)Deux branches séparées par x=1
a)
Domaine : x−1=0, donc Df=R∖{1}. Intersections : f(x)=0 exige x2=0, donc l'origine (0,0), qui est à la fois l'intersection avec l'axe des x et avec l'axe des y; la courbe y est tangente à l'axe puisque x2 a une racine double. Asymptote verticale : x=1, avec f→−∞ à gauche (dénominateur négatif, numérateur positif) et f→+∞ à droite. Asymptote oblique : le degré du numérateur dépasse de 1 celui du dénominateur, et la division donne x2=(x−1)(x+1)+1, donc f(x)=x+1+x−11 et l'asymptote est y=x+1. Comme le reste x−11 est positif pour x>1, la courbe est au-dessus de l'asymptote à droite, et en dessous à gauche : la figure le confirme.
b)
Par la règle du quotient : f′(x)=(x−1)22x(x−1)−x2=(x−1)22x2−2x−x2=(x−1)2x2−2x=(x−1)2x(x−2). Le dénominateur est toujours positif (hors de x=1), donc le signe est celui de x(x−2) : positif pour x<0, négatif entre 0 et 2 (en excluant 1), positif pour x>2. Nombres critiques : x=0 et x=2. En x=0, f′ passe de + à − : MAXIMUM local en (0,0). En x=2, f′ passe de − à + : MINIMUM local en (2,14)=(2,4). Résultat contre-intuitif à souligner : le maximum local vaut 0 et le minimum local vaut 4, donc le « maximum » est plus BAS que le « minimum ». Aucune contradiction, car ils sont locaux et situés sur des branches séparées par l'asymptote.
c)
En dérivant f(x)=x+1+x−11, forme bien plus commode que le quotient initial : f′(x)=1−(x−1)21, puis f′′(x)=(x−1)32. Signe : pour x>1, f′′>0, courbe convexe; pour x<1, f′′<0, courbe concave. Il y a changement de signe en x=1, mais x=1 n'est PAS dans le domaine : il n'y a donc AUCUN point d'inflexion, exactement comme pour x1 à l'exercice 3. Notez au passage que la forme divisée x+1+x−11 rend les deux dérivations quasi immédiates : il vaut presque toujours la peine de diviser avant de dériver une fraction rationnelle.
d)
Tableau de variation. Sur ]−∞,0] : f′>0, f croît de −∞ jusqu'à 0, concave. Sur [0,1[ : f′<0, f décroît de 0 vers −∞, concave. Sur ]1,2] : f′<0, f décroît de +∞ jusqu'à 4, convexe. Sur [2,+∞[ : f′>0, f croît de 4 vers +∞, convexe. La courbe a deux branches sans point commun parce que x=1 est exclu du domaine et que la fonction y diverge des deux côtés : la branche de gauche plonge vers −∞ et celle de droite arrive de +∞. Aucune valeur ne peut relier les deux, et une asymptote verticale ne se traverse jamais. La branche de gauche est concave et entièrement sous l'asymptote oblique; celle de droite est convexe et entièrement au-dessus, avec un minimum en (2,4) : c'est exactement ce que montre la figure.
Exercice 7 : Une fonction à radical : le domaine change tout
Quand un radical entre en jeu, le domaine cesse d'être une formalité : il devient la clef de l'étude et fabrique des extremums aux bornes que la dérivée ne signale pas.
a) Déterminez le domaine de f(x)=x4−x2 et étudiez sa parité.
b) Calculez f′ et trouvez les nombres critiques. Attention aux points où la dérivée n'existe pas.
c) Déterminez les extremums ABSOLUS de f sur son domaine. Pourquoi faut-il examiner les bornes en plus des nombres critiques ?
d) Décrivez l'allure de la courbe et le comportement de la tangente aux bornes du domaine.
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Réponses
a)D=[−2,2] ; impaire
b)f′=4−x24−2x2 ; ±2 et ±2
c)Maximum 2 en 2, minimum −2 en −2
d)Tangentes verticales aux bornes
a)
Il faut 4−x2≥0, soit x2≤4, soit Df=[−2,2]. Le domaine est BORNÉ et FERMÉ, ce qui garantit d'emblée (fonction continue sur un fermé borné) l'existence d'un maximum et d'un minimum absolus. Parité : f(−x)=(−x)4−x2=−f(x), la fonction est IMPAIRE, donc sa courbe est symétrique par rapport à l'origine. Cette symétrie divise le travail par deux : tout ce qu'on établit sur [0,2] se transpose par symétrie.
b)
On dérive un produit dont le second facteur est composé : f′(x)=4−x2+x⋅24−x2−2x=4−x2−4−x2x2. On met au même dénominateur : f′(x)=4−x2(4−x2)−x2=4−x24−2x2. Annulation : 4−2x2=0, donc x=±2, tous deux dans le domaine. Non-existence : le dénominateur s'annule en x=±2, donc f′ n'EXISTE PAS aux deux bornes. Ces points comptent aussi comme nombres critiques (la définition inclut les points du domaine où la dérivée n'existe pas), et les oublier est l'erreur classique de ce type d'exercice.
c)
Valeurs aux candidats : f(2)=24−2=2⋅2=2; f(−2)=−2; f(2)=2⋅0=0; f(−2)=0. Le maximum absolu vaut donc 2, atteint en x=2, et le minimum absolu vaut −2, atteint en x=−2. Il faut examiner les bornes parce que le théorème des valeurs extrêmes garantit que les extremums absolus sont atteints, mais ils peuvent l'être en un point où la dérivée ne s'annule pas : aux bornes d'un intervalle fermé, rien n'oblige la tangente à être horizontale. La procédure obligatoire est donc de comparer les valeurs de f en TOUS les nombres critiques ET aux deux bornes, puis de choisir la plus grande et la plus petite. Ici les bornes ne fournissent pas les extremums, mais on ne pouvait le savoir qu'après les avoir évaluées.
d)
La fonction part de (−2,0), descend jusqu'au minimum (−2,−2)≈(−1,41,−2), remonte en traversant l'origine, atteint le maximum (2,2), puis redescend jusqu'à (2,0) : une courbe en forme de S allongé, symétrique par rapport à l'origine comme l'impose l'imparité. Aux bornes, f′(x)=4−x24−2x2 a un dénominateur qui tend vers 0 alors que le numérateur tend vers 4−8=−4=0 : la dérivée tend donc vers l'infini en valeur absolue. La tangente devient VERTICALE en (−2,0) et en (2,0). La courbe rejoint donc l'axe des abscisses à la verticale, ce qui est le comportement typique des fonctions à radical au bord de leur domaine et qu'il faut mentionner explicitement dans le tracé.
Exercice 8 : La lecture inverse : reconstruire f à partir de f'
La figure montre le graphique de la DÉRIVÉE f′, pas celui de f. C'est le format d'examen qui départage le mieux, parce qu'il interdit toute réponse mécanique.
a) La figure montre f′(x)=(x+1)(x−3). Sur quels intervalles f croît-elle ou décroît-elle ? Où sont ses extremums et de quelle nature ?
b) Déterminez la concavité de f et son point d'inflexion, en ne lisant que la figure.
c) Un étudiant lit sur la figure « f′ a un minimum en x=1, donc f a un minimum en x=1 ». Corrigez.
d) Sachant de plus que f(0)=2, donnez une expression explicite de f et vérifiez vos réponses des points a) et b).
Voir la correction
Réponses
a)Croît, décroît, croît ; maximum en −1, minimum en 3
b)Inflexion en x=1
c)f′(1)=−4 : pente la plus raide, pas un minimum
d)f(x)=3x3−x2−3x+2
a)
On lit le SIGNE de f′ sur la figure, pas ses variations. La parabole f′(x)=(x+1)(x−3) est au-dessus de l'axe pour x<−1 et pour x>3, en dessous entre −1 et 3. Donc f CROÎT sur ]−∞,−1], DÉCROÎT sur [−1,3], CROÎT sur [3,+∞[. En x=−1, f′ passe de + à − : maximum local de f. En x=3, f′ passe de − à + : minimum local de f. Rien ici n'exige de connaître f elle-même : le signe de la dérivée suffit entièrement.
b)
La concavité de f est donnée par le signe de f′′, c'est-à-dire par la CROISSANCE de f′, qui se lit directement sur la figure comme la pente de la parabole. La parabole décroît jusqu'à son sommet puis croît; son sommet est à mi-chemin des racines, en x=2−1+3=1. Donc f′ décroît pour x<1, ce qui signifie f′′<0 et f CONCAVE; et f′ croît pour x>1, donc f′′>0 et f CONVEXE. Le point d'inflexion de f est en x=1, là où la dérivée atteint son minimum. Règle de lecture à retenir : sur le graphique de f′, le SIGNE donne les variations de f, et la PENTE donne la concavité de f.
c)
La confusion porte sur l'objet du minimum. En x=1, c'est bien la fonction f′ qui atteint un minimum, ce qui signifie que la PENTE de f y est la plus négative possible : f décroît alors le plus rapidement de tout son parcours. C'est le point le plus « raide » de la descente, certainement pas un creux. Puisque f′(1)=(2)(−2)=−4=0, la fonction f ne peut d'ailleurs avoir aucun extremum en x=1, un extremum exigeant une tangente horizontale. Ce que x=1 donne pour f, c'est un point d'INFLEXION, comme établi au point b). L'erreur consiste à lire le graphique comme s'il représentait f : un minimum sur le graphique de f′ est une information sur la concavité de f, jamais sur ses extremums.
d)
On développe : f′(x)=x2−2x−3, donc f(x)=3x3−x2−3x+C. La condition f(0)=2 donne C=2, d'où f(x)=3x3−x2−3x+2. Vérifications. Extremums : f(−1)=−31−1+3+2=311≈3,67 et f(3)=9−9−9+2=−7; on a bien un maximum local en −1 et un minimum local en 3, cohérents avec le point a). Concavité : f′′(x)=2x−2, qui s'annule et change de signe en x=1, avec f(1)=31−1−3+2=−35≈−1,67 : le point d'inflexion est (1,−35), conforme au point b) ✓. Notez que la constante C ne change ni les extremums ni l'inflexion en ABSCISSE : toutes les primitives de f′ ont exactement les mêmes variations et la même concavité, elles ne diffèrent que par une translation verticale. Le graphique de f′ détermine donc la FORME de f, mais pas sa position, et c'est la condition f(0)=2 qui fixe cette dernière.
Exercice 9 : Étude complète d'une fonction logarithmique
Le logarithme apporte une difficulté que l'exponentielle n'avait pas : un domaine RESTREINT, donc une asymptote verticale au bord, et une décroissance vers zéro si lente qu'elle se voit à peine.
a) Pour g(x)=xlnx, donnez le domaine, l'intersection avec l'axe des abscisses et les deux limites aux bornes du domaine.
b) Calculez g′, dressez le tableau de signes et donnez le maximum avec ses coordonnées exactes.
c) Calculez g′′ et déterminez le point d'inflexion.
d) Comparez le maximum de g à celui de f(x)=xe−x de l'exercice 5. La coïncidence est-elle fortuite ?
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Réponses
a)D=]0,+∞[ ; (1;0) ; −∞ et 0
b)Maximum e1 en x=e
c)Inflexion en x=e3/2≈4,482
d)Même maximum : g(et)=f(t)
a)
Domaine : le logarithme exige x>0, donc Dg=]0,+∞[. Intersection : g(x)=0 équivaut à lnx=0, donc x=1 : la courbe coupe l'axe des abscisses en (1,0), et il n'y a aucune intersection avec l'axe des ordonnées puisque 0 est exclu. Limites. En 0+ : lnx→−∞ et x→0+, donc le quotient tend vers −∞ (forme 0+−∞, DÉTERMINÉE), et la droite x=0 est asymptote verticale. En +∞ : forme indéterminée ∞∞, levée par les croissances comparées puisque x l'emporte sur lnx, d'où limx→+∞g(x)=0 et l'asymptote horizontale y=0. La courbe l'approche par AU-DESSUS, car g(x)>0 dès que x>1.
b)
Par la règle du quotient : g′(x)=x2x1⋅x−lnx⋅1=x21−lnx. Le dénominateur étant positif sur le domaine, le signe est celui de 1−lnx : positif quand lnx<1, c'est-à-dire x<e, et négatif pour x>e. La fonction CROÎT sur ]0,e] puis DÉCROÎT sur [e,+∞[. Maximum en x=e, de valeur g(e)=elne=e1≈0,3679, et il est absolu pour la même raison qu'à l'exercice 5.
c)
En dérivant g′(x)=x21−lnx par la règle du quotient : g′′(x)=x4−x1⋅x2−(1−lnx)(2x)=x4−x−2x+2xlnx=x4x(2lnx−3)=x32lnx−3. Sur le domaine, x3>0, donc le signe est celui de 2lnx−3, qui s'annule pour lnx=23, soit x=e3/2≈4,482. La courbe est concave avant, convexe après : c'est bien un point d'inflexion, de coordonnées (e3/2,23e−3/2)≈(4,482;0,3347).
d)
Les deux maximums valent exactement e1, atteints respectivement en x=e pour g et en x=1 pour f. La coïncidence n'est PAS fortuite : les deux fonctions sont liées par un changement de variable. Posons x=et dans g : alors g(et)=ett=te−t=f(t). Autrement dit, g n'est autre que f observée après le changement de variable t=lnx, qui est une déformation strictement croissante de l'axe des abscisses. Une telle déformation ne change ni les valeurs prises ni leur ordre : elle déplace seulement les abscisses où elles sont atteintes. Le maximum est donc le MÊME, et il se déplace de t=1 à x=e1=e ✓. Le point d'inflexion, lui, ne suit pas : celui de f est en t=2, mais celui de g est en x=e3/2 et non en e2, car la concavité N'EST PAS préservée par le changement de variable, puisqu'elle dépend de la dérivée seconde et donc de la manière dont l'axe est étiré. Seules les valeurs extrêmes se transportent, ce qui est précisément la nuance à retenir.
Exercice 10 : Problème inverse : retrouver la fonction depuis son tableau
Le format d'examen le plus exigeant : on ne donne plus la fonction, on donne son COMPORTEMENT, et il faut remonter aux paramètres. Chaque information graphique doit être traduite en équation.
a) Une fonction f(x)=x+cax+b admet l'asymptote verticale x=2, l'asymptote horizontale y=3, et vérifie f(0)=1. Traduisez chaque information en une équation et déterminez a, b et c.
b) Vérifiez votre réponse en recalculant les deux asymptotes et f(0).
c) La fonction obtenue admet-elle un extremum ? Justifiez par le calcul de f′, et expliquez ce que cela signifie pour l'allure.
d) Une fonction g(x)=x3+px+q admet un extremum local en x=2 et passe par (0,5). Déterminez p et q, puis la nature de cet extremum.
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Réponses
a)a=3, b=−2, c=−2
b)x=2, y=3, f(0)=1
c)f′=(x−2)2−4<0 : aucun extremum
d)p=−12, q=5 ; minimum −11 en 2
a)
Traduisons les trois informations. ASYMPTOTE VERTICALE en x=2 : le dénominateur doit s'y annuler, donc 2+c=0 et c=−2. ASYMPTOTE HORIZONTALE y=3 : les degrés du numérateur et du dénominateur étant égaux (tous deux 1), la limite en l'infini est le rapport des coefficients dominants, soit 1a=a; on impose donc a=3. POINT f(0)=1 : en substituant, 0+ca(0)+b=cb=1, donc b=c=−2. Conclusion : f(x)=x−23x−2.
b)
Asymptote verticale : le dénominateur x−2 s'annule en x=2, et le numérateur y vaut 3(2)−2=4=0, donc la valeur ne se simplifie pas et x=2 est bien une asymptote verticale ✓ (vérification numérique : f(2,001)=4003). Asymptote horizontale : limx→±∞x−23x−2=3 ✓. Enfin f(0)=−2−2=1 ✓. Les trois conditions sont satisfaites. La vérification que le numérateur ne s'annule PAS en x=2 est essentielle : si les deux s'annulaient, la fraction se simplifierait et l'on aurait un trou au lieu d'une asymptote.
c)
Par la règle du quotient : f′(x)=(x−2)23(x−2)−(3x−2)(1)=(x−2)23x−6−3x+2=(x−2)2−4. Le numérateur est la constante −4, donc f′(x)<0 pour tout x=2 : la dérivée ne s'annule JAMAIS, il n'y a donc AUCUN extremum. La fonction est strictement décroissante sur chacun des deux intervalles ]−∞,2[ et ]2,+∞[. Attention à ne pas dire qu'elle est décroissante sur R∖{2} tout entier : de part et d'autre de l'asymptote, elle passe de −∞ à +∞, donc une valeur prise à droite peut dépasser une valeur prise à gauche. La décroissance vaut sur chaque MORCEAU séparément, jamais globalement. L'allure est celle d'une hyperbole à deux branches, centrée sur le point (2,3) où se croisent les deux asymptotes.
d)
EXTREMUM en x=2 : la dérivée g′(x)=3x2+p doit s'y annuler, donc 3(4)+p=0 et p=−12. POINT (0,5) : g(0)=q=5. Donc g(x)=x3−12x+5. Nature de l'extremum : g′′(x)=6x, donc g′′(2)=12>0, et le test de la dérivée seconde conclut à un MINIMUM local, de valeur g(2)=8−24+5=−11. Remarque utile : la condition g′(2)=0 n'a fixé que p, et l'ordonnée à l'origine que q; chaque information a déterminé exactement un paramètre, ce qui est la situation normale d'un problème bien posé. On peut noter au passage que g′(x)=3x2−12=3(x−2)(x+2) s'annule aussi en x=−2, où g′′(−2)=−12<0 : il y a donc également un MAXIMUM local en x=−2, de valeur g(−2)=−8+24+5=21, que l'énoncé ne demandait pas mais qu'une étude complète ferait apparaître.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Une fonction avec valeur absolue : la pointe qu'aucune dérivée ne signale
On étudie f(x)=x2−4∣x∣+3 sur R. La figure en montre la courbe.
a) Montrez que f est paire, puis écrivez-la sans valeur absolue sur [0;+∞[.
b) Trouvez les zéros de f.
c) Étudiez les variations de f sur [0;+∞[, puis sur R par symétrie. Donnez les extremums.
d) f est-elle dérivable en 0 ? Calculez les dérivées à gauche et à droite.
e) Étudiez la concavité. Y a-t-il un point d'inflexion ?
Voir la correction
Réponses
a)Paire ; x2−4x+3 pour x≥0
b)±1 et ±3
c)Minimums −1 en ±2 ; maximum local 3 en 0
d)Pentes 4 et −4 : pas dérivable en 0
e)Convexe sur chaque demi-droite : pas d'inflexion
a)
f(−x)=x2−4∣−x∣+3=f(x) : f est paire, sa courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées. Pour x≥0, ∣x∣=x et f(x)=x2−4x+3=(x−1)(x−3).
b)
Sur [0;+∞[ : x=1 et x=3. Par parité, aussi x=−1 et x=−3. Quatre zéros.
c)
Pour x>0 : f′(x)=2x−4, négative sur ]0;2[, positive ensuite. f décroît de f(0)=3 à f(2)=−1, puis croît. Par symétrie, f décroît sur ]−∞;−2], croît sur [−2;0]. Minimums −1 en x=±2, absolus ; maximum local 3 en x=0.
d)
À droite de 0, la dérivée tend vers 2×0−4=−4 ; à gauche, f(x)=x2+4x+3 et la dérivée tend vers 4. Les deux demi-tangentes ont des pentes 4 et −4 : f n'est pas dérivable en 0. Le maximum local en 0 est donc un point où f′ N'EXISTE PAS : chercher seulement les zéros de f′ l'aurait manqué.
e)
Sur chaque demi-droite, f′′(x)=2>0 : f est convexe sur ]−∞;0[ et sur ]0;+∞[. Aucun point d'inflexion : la courbe ne change jamais de concavité, elle forme simplement une pointe en 0 entre deux arcs convexes.
Exercice 12 : Deux asymptotes obliques différentes : la fonction x − 2 arctan x
On étudie f(x)=x−2arctanx sur R. La figure montre sa courbe et ses asymptotes.
a) Étudiez la parité de f.
b) Calculez f′, étudiez son signe et donnez les extremums locaux au millième.
c) Montrez que y=x−π est asymptote en +∞ et trouvez l'asymptote en −∞.
d) Calculez f′′ et donnez le point d'inflexion.
e) Combien de zéros f a-t-elle ? Donnez le zéro positif au centième.
Voir la correction
Réponses
a)Impaire
b)f′=x2+1x2−1 ; ±0,571
c)y=x−π en +∞, y=x+π en −∞
d)f′′=(x2+1)24x : inflexion (0;0)
e)Trois zéros : 0 et ±2,33
a)
arctan est impaire, donc f(−x)=−x+2arctanx=−f(x) : f est impaire, sa courbe est symétrique par rapport à l'origine.
b)
f′(x)=1−1+x22=x2+1x2−1, du signe de x2−1 : positive pour ∣x∣>1, négative entre −1 et 1. Maximum local en x=−1 : f(−1)=−1+2π≈0,571. Minimum local en x=1 : f(1)=1−2π≈−0,571.
c)
f(x)−(x−π)=π−2arctanx, qui tend vers π−2×2π=0 quand x→+∞ : y=x−π est asymptote. En −∞, arctanx→−2π et f(x)−(x+π)=−π−2arctanx→0 : l'asymptote est y=x+π. Deux asymptotes parallèles et DIFFÉRENTES : une fraction rationnelle n'a jamais cela, parce que ses comportements en ±∞ sont identiques.
d)
f′′(x)=(x2+1)22x(x2+1)−(x2−1)2x=(x2+1)24x, du signe de x : concave pour x<0, convexe pour x>0. Point d'inflexion en (0;0), centre de symétrie de la courbe comme l'impose l'imparité.
e)
f(0)=0. Sur ]1;+∞[, f croît de −0,571 vers +∞ : un zéro, et par imparité un zéro opposé. Sur [0;1], f décroît de 0 à −0,571 : pas d'autre zéro positif. Trois zéros. f(2,33)≈−0,0008 et f(2,34)≈0,0061 : le zéro positif vaut x≈2,33.
Exercice 13 : Une étude trigonométrique sur une période : x + 2 sin x
On étudie f(x)=x+2sinx sur [0;2π].
a) Calculez f′ et résolvez f′(x)=0 sur [0;2π].
b) Dressez le tableau de variation et donnez les extremums locaux au millième.
c) Donnez le maximum et le minimum absolus de f sur [0;2π].
d) Calculez f′′ et donnez le point d'inflexion.
e) Montrez que f(x+2π)=f(x)+2π. Que dit cette relation sur la courbe entière ?
Voir la correction
Réponses
a)f′=1+2cosx ; 32π et 34π
b)Maximum local 3,826, minimum local 2,457
c)Maximum absolu 2π, minimum absolu 0
d)Inflexion (π;π)
e)Translation de (2π;2π)
a)
f′(x)=1+2cosx, nulle pour cosx=−21, soit x=32π et x=34π.
b)
f′>0 sur [0;32π[, f′<0 sur ]32π;34π[, f′>0 ensuite. Maximum local en 32π : f=32π+3≈3,826. Minimum local en 34π : f=34π−3≈2,457.
c)
Aux bornes : f(0)=0 et f(2π)=2π≈6,283. En comparant avec les extremums locaux, le maximum absolu est 2π, à la borne droite, et le minimum absolu 0, à la borne gauche. Les extremums locaux ne sont ni l'un ni l'autre : sur un fermé, les bornes font partie des candidats.
d)
f′′(x)=−2sinx, qui change de signe en x=π : concave sur ]0;π[, convexe sur ]π;2π[. Point d'inflexion (π;π).
e)
f(x+2π)=x+2π+2sin(x+2π)=f(x)+2π. La fonction n'est pas périodique, mais sa courbe se reproduit par TRANSLATION du vecteur (2π;2π) : elle ondule autour de la droite y=x, entre y=x−2 et y=x+2. Il suffit donc bien de l'étudier sur une période.
Exercice 14 : Problème : le potentiel de Lennard-Jones et la liaison entre deux atomes
L'énergie d'interaction de deux atomes d'un gaz noble séparés par la distance r est modélisée par V=4ε[(rσ)12−(rσ)6]. En posant u=σr et en mesurant l'énergie en unités de ε, on étudie V(u)=4(u−12−u−6) pour u>0. La figure montre la courbe.
a) Donnez le zéro de V et ses limites en 0+ et en +∞. Interprétez le signe de V.
b) Calculez V′(u), trouvez le minimum et sa valeur.
c) Calculez V′′(u) et trouvez le point d'inflexion.
d) La force entre les atomes est F=−V′. Où est-elle répulsive, où est-elle attractive, et où l'attraction est-elle maximale ?
e) Pour l'argon, σ≈0,34 nm. À quelle distance deux atomes sont-ils à l'équilibre ?
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Réponses
a)Zéro en u=1 ; +∞ et 0−
b)Minimum −ε en u=21/6≈1,1225
c)Inflexion en u=(726)1/6≈1,2445
d)Répulsive puis attractive ; attraction maximale 2,40 à l'inflexion
e)r≈0,382 nm
a)
V(u)=4u−12(1−u6) s'annule pour u=1. En 0+, u−12 domine : V→+∞. En +∞, u−6 domine u−12 et V→0−. V>0 pour u<1 : les atomes trop proches se repoussent fortement ; V<0 au-delà : l'interaction est liante.
b)
V′(u)=4(−12u−13+6u−7)=24u−13(u6−2), nulle pour u=21/6≈1,1225, négative avant, positive après : minimum. V=4(41−21)=−1, soit −ε : c'est l'énergie de la liaison.
c)
V′′(u)=4(156u−14−42u−8)=24u−14(26−7u6), nulle et changeant de signe pour u6=726, soit u≈1,2445, où V=4(67649−267)≈−0,787. Convexe avant, concave après.
d)
F=−V′ est positive, répulsive, pour u<1,1225 et négative, attractive, au-delà. L'attraction est maximale là où V′ est maximale, donc là où V′′=0 : au point d'inflexion u≈1,2445, avec ∣F∣=V′(1,2445)≈2,40 en unités de σε. Séparer deux atomes demande donc l'effort maximal à cette distance, pas à l'équilibre.
e)
r=21/6σ≈1,1225×0,34≈0,382 nm.
Exercice 15 : Problème : la distribution des vitesses dans un gaz
Dans un gaz à l'équilibre, la proportion de molécules dont la vitesse est voisine de v est proportionnelle à f(v)=v2e−v2/2, où v≥0 est mesurée dans une unité qui dépend du gaz et de la température. On étudie f.
a) Calculez f(0) et la limite de f en +∞.
b) Calculez f′(v) et trouvez la vitesse la plus probable, ainsi que la valeur maximale de f.
c) Montrez que f′′(v)=e−v2/2(v4−5v2+2) et trouvez les deux points d'inflexion au millième.
d) L'unité de vitesse vaut MRT. Calculez la vitesse la plus probable du dioxygène, M=0,032 kg/mol, à 250 K, avec R=8,314.
e) La température quadruple. Que devient la vitesse la plus probable ?
Voir la correction
Réponses
a)f(0)=0 ; limite 0
b)v=2 : f=2e−1≈0,736
c)Inflexions ≈0,662 et 2,136
d)vp≈360 m/s
e)Doublée
a)
f(0)=0. En +∞, e−v2/2 l'emporte sur v2 : f→0. Aucune molécule immobile, presque aucune très rapide.
b)
f′(v)=2ve−v2/2+v2⋅(−v)e−v2/2=ve−v2/2(2−v2). Pour v>0, le signe est celui de 2−v2 : maximum en v=2≈1,414, où f=2e−1≈0,736.
c)
On dérive f′(v)=(2v−v3)e−v2/2 : f′′(v)=(2−3v2)e−v2/2+(2v−v3)(−v)e−v2/2=(v4−5v2+2)e−v2/2. En posant w=v2 : w2−5w+2=0, w=25±17, soit v≈0,662 et v≈2,136. La courbe est convexe, puis concave autour du maximum, puis de nouveau convexe dans la traîne.
d)
vp=2MRT=M2RT=0,0322×8,314×250≈360 m/s. L'étude de fonction retrouve la formule de la vitesse la plus probable.
e)
vp est proportionnelle à T : quadrupler la température double la vitesse la plus probable, et la courbe s'étale vers la droite en s'aplatissant, puisque l'aire totale sous la courbe représente toujours l'ensemble des molécules.
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