Calcul différentiel 201-NYA • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : la dérivation implicite (201-NYA)
Voici la série d'exercices corrigés de calcul différentiel 201-NYA sur la dérivation implicite : le procédé qui donne la pente d'une courbe définie par une équation, sans jamais isoler y. C'est l'outil qui rend dérivables les cercles, les ellipses, les hyperboles et toutes les courbes qui repassent plusieurs fois au-dessus d'une même abscisse. La série couvre la règle de chaîne appliquée à y, les tangentes horizontales et verticales, la dérivée seconde implicite et la concavité, la tangente à une conique et les familles de courbes orthogonales.
L'exercice 0.1 ouvre la série par onze dérivées implicites à calculer directement : sommes de cubes et de racines, produits comme x2y+xy2=6, équations trigonométriques comme sin(xy)=x, exponentielle et logarithme, chacune avec la pente à trouver au point indiqué. À la fin de la série, vous savez reconnaître les cinq structures qui laissent un y′, jusqu'à tan(x+y)=x où la chaîne laisse 1+y′ (exercice 2), donner les tangentes horizontale et verticale du folium de Descartes (exercice 3), lire les deux annulations d'un quotient et repérer un point de rebroussement (exercice 4), calculer une dérivée seconde implicite et en tirer la concavité du cercle (exercice 5), et démontrer la forme réduite de la tangente à une ellipse et à une hyperbole (exercice 7).
La partie B démontre que les hyperboles xy=k et les courbes x2−y2=c se coupent partout à angle droit (exercice 6), puis résout deux problèmes de sciences, le point critique du gaz de van der Waals (exercice 9) et la vitesse de l'image d'une lentille mince (exercice 10). La partie C ajoute la lemniscate de Bernoulli et son point double (exercice 11), la courbe xy=yx (exercice 12), l'estimation par la tangente (exercice 13), l'isoquante de production (exercice 14) et la propriété de réflexion de l'ellipse (exercice 15).
Le fil de la série tient en une phrase : y est une fonction de x qu'on ne connaît pas, donc chaque y que l'on dérive laisse un y′ derrière lui. Les deux erreurs qui coûtent le plus cher en découlent directement, oublier ce facteur sur y2, et oublier la règle du produit sur xy (exercices 1 et 8). La troisième vient au second tour : y′ dépend lui-même de x et doit se dériver à son tour (exercice 5).
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•PRINCIPE : on dérive les DEUX membres de l'équation par rapport à x, en traitant y comme une fonction de x. Chaque terme contenant y produit un facteur y′ par la règle de chaîne. On regroupe ensuite tous les y′ d'un côté, on factorise, on divise.
•LES FORMES À RECONNAÎTRE : dxd(yn)=nyn−1y′, dxd(siny)=cosy⋅y′, dxd(ey)=eyy′, dxd(lny)=yy′, dxd(xy)=y+xy′ (produit), dxd(yx)=y2y−xy′ (quotient).
•LECTURE DU RÉSULTAT : y′ dépend en général de x ET de y, et c'est normal. La tangente est HORIZONTALE là où le numérateur s'annule seul, VERTICALE là où le dénominateur s'annule seul, et le point est SINGULIER (rebroussement, croisement) quand les deux s'annulent ensemble.
•DÉRIVÉE SECONDE : on dérive y′ comme n'importe quelle expression, en n'oubliant pas que y′ lui-même dépend de x. On substitue l'expression de y′ APRÈS avoir dérivé, puis on utilise l'équation de la courbe pour simplifier. Sur x2+y2=r2 on obtient y′′=−y3r2.
•TANGENTE À UNE CONIQUE, forme réduite : pour a2x2+b2y2=1 au point (x0;y0), la tangente est a2xx0+b2yy0=1 ; pour l'hyperbole, le signe moins se conserve. Cette forme reste valable aux points à tangente verticale.
•FAMILLES ORTHOGONALES : deux familles se coupent à angle droit quand le produit des pentes vaut −1 en tout point commun. La dérivation implicite le démontre d'un coup pour une infinité d'intersections, parce que la pente s'exprime en fonction du POINT et non de la courbe.
Pour chaque équation, déterminez dxdy par dérivation implicite, puis donnez sa valeur au point indiqué, qui est sur la courbe.
Trois gestes, toujours dans le même ordre : dériver les deux membres par rapport à x en écrivant un y′ à chaque fois qu'on dérive une expression en y, regrouper les termes en y′ d'un côté, factoriser y′ et diviser. On ne remplace les coordonnées du point qu'à la fin, ou juste après la première ligne si l'on ne veut que la valeur.
a) x3+y3=9, au point (1;2).
b) x2y+xy2=6, au point (1;2).
c) x+y=3, au point (1;4).
d) xcosy+ycosx=1, au point (0;1).
e) xey+y=2, au point (2;0).
f) ln(x+y)=2x−y, au point (31;32).
g) x=sin(xy), au point (21;12π).
h) x2−3xy+y2=−1, au point (1;1).
i) sin(xy)=x, au point (21;3π).
j) xy+y2=3, au point (4;1).
k) yx+xy=25, au point (1;2).
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Réponses
a)y′=−y2x2 ; −41
b)y′=−x(x+2y)y(2x+y) ; −58
c)y′=−xy ; −2
d)y′=cosx−xsinyysinx−cosy ; −cos1≈−0,540
e)y′=−xey+1ey ; −31
f)y′=x+y+12x+2y−1 ; 21
g)y′=xy+xsec(xy) ; 6π+31≈1,101
h)y′=2y−3x3y−2x ; −1
i)y′=xsec(xy)−y ; 34−32π≈0,215
j)y′=−x+4yxyy ; −121
k)y′=xy ; 2
Ce qui coûte des points ici n'est presque jamais la dérivée d'une fonction usuelle, c'est le y′ oublié derrière un y, ou la règle du produit oubliée dans un terme qui mélange x et y. Avant d'écrire, on souligne chaque terme qui contient À LA FOIS x et y : chacun d'eux est un produit ou un quotient.
a)
3x2+3y2y′=0, donc y′=−y2x2. Au point (1;2) : y′=−41.
b)
Deux produits : 2xy+x2y′+y2+2xyy′=0, d'où y′(x2+2xy)=−(2xy+y2) et y′=−x2+2xy2xy+y2=−x(x+2y)y(2x+y). Au point (1;2) : y′=−1×52×4=−58=−1,6. Piège : dxd(x2y)=x2y′, en oubliant le terme 2xy.
c)
2x1+2yy′=0, donc y′=−xy. Au point (1;4) : y′=−12=−2.
d)
Deux produits, dont chacun a un facteur trigonométrique : cosy−xsiny⋅y′+y′cosx−ysinx=0. On regroupe : y′(cosx−xsiny)=ysinx−cosy, donc y′=cosx−xsinyysinx−cosy. Au point (0;1) : y′=1−00−cos1=−cos1≈−0,540.
e)
ey+xeyy′+y′=0, donc y′(xey+1)=−ey et y′=−xey+1ey. Au point (2;0) : y′=−31. Piège : dériver ey en ey seul, sans le y′.
f)
x+y1+y′=2−y′. On chasse le dénominateur : 1+y′=(2−y′)(x+y), puis y′(1+x+y)=2(x+y)−1 et y′=x+y+12x+2y−1. Au point, x+y=1 : y′=21. Le point vérifie l'équation, puisque ln1=0=32−32.
g)
La chaîne, puis le quotient à l'intérieur : 1=cos(xy)⋅x2xy′−y. Donc xy′−y=cos(y/x)x2 et y′=xy+xsec(xy). Au point, xy=6π et sec6π=32 : y′=6π+31≈1,101.
h)
2x−3y−3xy′+2yy′=0, donc y′(2y−3x)=3y−2x et y′=2y−3x3y−2x. Au point (1;1) : y′=−11=−1. Le terme −3xy est un produit : −3(y+xy′), les deux morceaux portent le −3.
i)
cos(xy)⋅(y+xy′)=1, donc y+xy′=sec(xy) et y′=xsec(xy)−y. Au point, xy=6π : y′=2132−3π=34−32π≈0,215.
j)
2xyy+xy′+2yy′=0. Au point (4;1), xy=2, donc 41+4y′+2y′=0, soit 1+4y′+8y′=0 et y′=−121≈−0,083. En général, y′=−x+4yxyy. Ici remplacer tôt est plus sûr que de traîner la racine jusqu'au bout.
k)
y2y−xy′+x2xy′−y=0, soit (xy′−y)(x21−y21)=0. Au point (1;2), la seconde parenthèse vaut 43=0, donc xy′−y=0 et y′=xy=2. Explication : en multipliant l'équation par 2xy, on obtient (2x−y)(x−2y)=0, c'est-à-dire les deux droites y=2x et y=2x, et la pente d'une droite est constante.
Contrôle : à chaque ligne, le point donné vérifie l'équation de départ, et la pente trouvée est cohérente avec y′=−FyFx calculé à la machine, où Fx et Fy sont les taux de variation du premier membre moins le second par rapport à x seul et à y seul.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Le principe : dériver une équation, pas une fonction
Jusqu'ici y était donné par une formule. Ici il est seulement CONTRAINT par une équation, et pourtant sa dérivée se calcule. Le fil de toute la série tient en une phrase : y est une fonction de x qu'on ne connaît pas, donc chaque y que l'on dérive laisse un y′ derrière lui.
a) Dérivez les deux membres de x2+y2=25 par rapport à x et isolez y′.
b) Donnez l'équation de la tangente au point de coordonnées (3 ; 4), et vérifiez sur la figure qu'elle est perpendiculaire au rayon.
c) Refaites le calcul par la méthode EXPLICITE, en posant y=25−x2, et comparez les deux résultats en x=3.
d) Que donne la formule implicite au point de coordonnées (3 ; -4) ? Pourquoi la méthode explicite est-elle moins commode ici ?
e) Un élève écrit « 2x+2y=0, donc y=−x ». Où est l'erreur, et pourquoi la conclusion est-elle absurde sur ce cercle ?
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Réponses
a)y′=−yx
b)y=−43x+425, perpendiculaire au rayon
c)−43 par les deux méthodes
d)y′=43 en (3;−4)
e)y2 dérivé sans le facteur y′
a)
On dérive terme à terme en se souvenant que y dépend de x : dxd(x2)=2x, et dxd(y2)=2y⋅y′ par la règle de chaîne, puisque y2 est un carré dont l'intérieur est une fonction de x. Le membre de droite est une constante, de dérivée nulle. D'où 2x+2yy′=0, puis y′=−yx pour y=0. Notez la forme du résultat : il dépend de x ET de y, ce qui est normal, puisqu'un même x peut correspondre à deux points du cercle.
b)
En (3 ; 4) : y′=−43. La tangente est y=4−43(x−3), soit 3x+4y=25. Le rayon joignant l'origine à (3 ; 4) a pour pente 34, et (−43)×34=−1 : les deux droites sont bien perpendiculaires, ce que la figure montre. Ce n'est pas une coïncidence de ce point, c'est vrai partout sur le cercle, puisque y′=−yx est toujours l'opposé de l'inverse de xy.
c)
Sur la moitié supérieure, y=(25−x2)1/2 donc y′=21(25−x2)−1/2⋅(−2x)=25−x2−x. En x=3 : 16−3=−43, identique au résultat implicite. Les deux méthodes disent la même chose, et l'on voit pourquoi : 25−x2 n'est rien d'autre que y, donc la formule explicite EST la formule implicite où l'on a substitué y.
d)
La formule implicite donne directement y′=−−43=43 : la tangente monte, ce qui est correct sur la moitié inférieure du cercle. La méthode explicite exige d'abord de CHANGER de formule, y=−25−x2, parce que la racine carrée ne décrit que la moitié haute. C'est l'avantage décisif de l'implicite : une seule formule couvre la courbe entière, y compris les portions qui ne sont le graphe d'aucune fonction.
e)
L'erreur est d'avoir dérivé y2 comme si y était une constante, ou de l'avoir dérivé « par rapport à y » : on obtient 2y au lieu de 2yy′. La conclusion y=−x est une DROITE, alors qu'on cherchait une pente ; on a donc remplacé la question par une autre. Test immédiat : cette droite prétend passer par (3 ; -3), qui n'est pas sur le cercle puisque 9+9=18=25. Un résultat de dérivation implicite qui ne contient plus y′ est toujours faux.
Exercice 2 : Les cinq structures qui laissent un y prime
Toute la technique tient dans la reconnaissance de cinq formes. Dès qu'un y apparaît sous une opération, la règle de chaîne s'applique et un y′ sort ; dès que x et y se rencontrent dans un même terme, c'est la règle du produit ou du quotient qui parle.
a) Dérivez par rapport à x : y3, y, y1.
b) Dérivez par rapport à x : siny, ey, lny.
c) Dérivez par rapport à x : xy, x2y3, yx.
d) Dérivez l'équation x2y+sin(xy)=4 et isolez y′.
e) Dans exy=x+y, isolez y′ puis donnez sa valeur au point de coordonnées (0 ; 1).
f) Dérivez xsiny+ycosx=2π, vérifiez que le point (0;2π) est sur la courbe et donnez y′ en ce point. Dérivez ensuite tan(x+y)=x et exprimez y′ en fonction de x SEUL.
g) Dans x2y=cos(x2y), dérivez les deux membres, factorisez et déduisez-en y′. Expliquez ensuite le résultat en posant u=x2y : que vaut u ?
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Réponses
a)3y2y′ ; 2yy′ ; −y2y′
b)y′cosy ; eyy′ ; yy′
c)y+xy′ ; 2xy3+3x2y2y′ ; y2y−xy′
d)y′=x(x+cos(xy))−y(2x+cos(xy))
e)y′=xexy−11−yexy ; y′=0 en (0;1)
f)y′=xcosy+cosxysinx−siny, y′=−1 en (0;2π) ; y′=−1+x2x2
g)y′=−x2y ; u=x2y≈0,739, constant
a)
dxd(y3)=3y2y′ ; dxd(y)=2yy′ ; dxd(y1)=−y2y′. Dans les trois cas on a dérivé la fonction extérieure en gardant y à l'intérieur, puis multiplié par y′, la dérivée de l'intérieur. C'est la règle de chaîne, sans aucun aménagement.
b)
dxd(siny)=cosy⋅y′ ; dxd(ey)=eyy′ ; dxd(lny)=yy′. Remarquez la dernière : c'est exactement la dérivation logarithmique, où yy′ apparaît naturellement. Une équation contenant lny se dérive donc sans effort supplémentaire.
c)
dxd(xy)=1⋅y+x⋅y′=y+xy′ : c'est la règle du PRODUIT, et l'oubli du terme y est la deuxième erreur la plus fréquente du chapitre. dxd(x2y3)=2xy3+x2⋅3y2y′=2xy3+3x2y2y′, produit puis chaîne. dxd(yx)=y21⋅y−x⋅y′=y2y−xy′, règle du quotient.
d)
Terme à terme : 2xy+x2y′+cos(xy)⋅(y+xy′)=0. On regroupe tout ce qui porte y′ d'un côté : y′(x2+xcos(xy))=−2xy−ycos(xy), donc y′=x2+xcos(xy)−2xy−ycos(xy)=x(x+cos(xy))−y(2x+cos(xy)). La méthode est toujours la même en trois gestes : dériver, regrouper les y′, factoriser. On ne cherche jamais à isoler y d'abord, ce serait souvent impossible.
e)
exy⋅(y+xy′)=1+y′, soit yexy+xy′exy=1+y′, puis y′(xexy−1)=1−yexy et y′=xexy−11−yexy. Le point (0 ; 1) est bien sur la courbe : e0=1 et 0+1=1 ✓. On y trouve y′=0−11−1⋅1=−10=0 : tangente horizontale. Vérification numérique : pour x=0,1, l'équation e0,1y=0,1+y donne y≈1,0058, soit une variation de 0,006 pour un pas de 0,1 : la courbe est presque plate en ce point, comme l'annonce y′=0.
f)
Deux produits, chacun avec un y′ caché : siny+xcosy⋅y′+y′cosx−ysinx=0. On regroupe : y′(xcosy+cosx)=ysinx−siny, donc y′=xcosy+cosxysinx−siny. Le point est sur la courbe : 0⋅sin2π+2πcos0=2π ✓, et y′=0+10−1=−1. Pour la seconde, la chaîne porte sur x+y, dont la dérivée est 1+y′ et non y′ : sec2(x+y)⋅(1+y′)=1, d'où y′=cos2(x+y)−1=−sin2(x+y). L'identité sec2=1+tan2 et l'équation elle-même, tan(x+y)=x, donnent sec2(x+y)=1+x2, donc y′=1+x21−1=−1+x2x2. Le y a disparu : l'équation de départ sert aussi APRÈS la dérivation. On reconnaît la dérivée de arctanx−x, et c'est bien ce que vaut y sur la branche qui passe par l'origine.
g)
Le produit x2y apparaît des deux côtés, donc sa dérivée 2xy+x2y′ aussi : 2xy+x2y′=−sin(x2y)⋅(2xy+x2y′), soit (2xy+x2y′)(1+sin(x2y))=0. Le second facteur ne s'annule pas sur la courbe (voir plus bas), donc 2xy+x2y′=0 et y′=−x2y, sans cosinus ni sinus. L'astuce l'explique : avec u=x2y, l'équation devient u=cosu. La fonction u−cosu a pour dérivée 1+sinu≥0, elle est donc croissante et ne s'annule qu'une fois, en u≈0,739. Le produit x2y est CONSTANT, la courbe est y=x20,739, et sin(0,739)≈0,674=−1 confirme que le facteur 1+sinu ne s'annule pas. Une équation où x et y n'apparaissent qu'à travers une même combinaison fixe cette combinaison : on le voit avant de dériver, et on économise tout le calcul.
Exercice 3 : Le folium de Descartes, une courbe qui n'est le graphe d'aucune fonction
La courbe d'équation x3+y3=6xy repasse trois fois au-dessus de certaines abscisses. Aucune formule y=f(x) ne la décrit, et pourtant sa tangente se calcule partout.
a) Vérifiez que le point de coordonnées (3 ; 3) est sur la courbe, puis calculez y′ en fonction de x et de y.
b) Donnez la pente de la tangente en (3 ; 3) et l'équation de cette tangente.
c) Déterminez le point de la boucle où la tangente est HORIZONTALE.
d) Déduisez-en, sans nouveau calcul, le point où la tangente est VERTICALE. Quel argument utilisez-vous ?
e) Pourquoi le test de la droite verticale échoue-t-il sur cette courbe, et en quoi cela ne gêne-t-il pas la dérivation implicite ?
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Réponses
a)y′=y2−2x2y−x2
b)Pente −1 ; x+y=6
c)(316;332)≈(2,520;3,175)
d)(3,175;2,520) par symétrie
e)Trois points sur x=2 : pas une fonction
a)
33+33=54 et 6×3×3=54 ✓. On dérive : 3x2+3y2y′=6y+6xy′. On regroupe : y′(3y2−6x)=6y−3x2, donc y′=3y2−6x6y−3x2=y2−2x2y−x2 après division par 3.
b)
En (3 ; 3) : y′=9−66−9=3−3=−1. La tangente est y=3−1⋅(x−3), soit x+y=6. La figure la montre : elle touche la boucle en son point le plus éloigné de l'origine, ce qui est cohérent avec la symétrie de l'équation par échange de x et y, dont (3 ; 3) est le point fixe.
c)
La tangente est horizontale quand le numérateur s'annule sans que le dénominateur s'annule : 2y−x2=0, soit y=2x2. On reporte dans l'équation de la courbe : x3+8x6=6x⋅2x2=3x3, d'où 8x6=2x3 et, pour x=0, x3=16. Donc x=161/3≈2,5198 et y=2x2≈3,1748. Le dénominateur y vaut y2−2x≈10,079−5,040=5,039=0, la conclusion est valide.
d)
L'équation est SYMÉTRIQUE par l'échange de x et de y : x3+y3=6xy reste vraie si l'on permute les deux lettres. La courbe est donc invariante par la réflexion d'axe y=x, et cette réflexion échange horizontal et vertical. Le point à tangente verticale est donc l'image du précédent : x≈3,1748 et y≈2,5198. On le vérifie sur la formule : le dénominateur y2−2x≈6,349−6,350≈0, et le numérateur, lui, ne s'annule pas. Exploiter une symétrie évite ici la moitié du travail.
e)
Le test de la droite verticale demande qu'une abscisse donne au plus une ordonnée ; ici la verticale x=2 coupe la courbe en trois points, la courbe n'est donc le graphe d'aucune fonction. Cela n'empêche rien : la dérivation implicite ne suppose pas que la courbe ENTIÈRE soit un graphe, seulement que, AUTOUR DU POINT considéré, on puisse la voir localement comme y=f(x). C'est exactement ce que garantit la condition « dénominateur non nul », et c'est pourquoi la méthode tombe en panne précisément aux points à tangente verticale.
Exercice 4 : Tangentes horizontales et verticales : lire les deux annulations
Une dérivée implicite se présente presque toujours comme un quotient. Le numérateur commande les tangentes horizontales, le dénominateur les tangentes verticales, et le cas où les deux s'annulent ensemble signale un point singulier.
a) Pour l'ellipse 9x2+4y2=1, calculez y′ et donnez tous les points à tangente horizontale, puis à tangente verticale.
b) Même travail pour l'ellipse inclinée x2+xy+y2=7.
c) Pour la courbe y2=x3, calculez y′ et étudiez ce qui se passe à l'origine.
d) Formulez la règle générale en une phrase, et dites ce qu'il faut vérifier avant de conclure.
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Réponses
a)Horizontale en (0;±2) ; verticale en (±3;0)
b)Horizontale en ±(1,528;−3,055) ; verticale en ±(−3,055;1,528)
c)y′=2y3x2 : 00, rebroussement
d)Vérifier le point et que l'autre terme ne s'annule pas
a)
92x+42yy′=0 donne y′=−9y4x. Tangente horizontale quand x=0 et y=0 : les points de coordonnées (0 ; 2) et (0 ; -2), les extrémités du petit axe. Tangente verticale quand y=0 : les points (3 ; 0) et (-3 ; 0), extrémités du grand axe. C'est conforme à l'intuition, une ellipse est plate en haut et en bas, verticale à gauche et à droite.
b)
2x+(y+xy′)+2yy′=0, donc y′(x+2y)=−(2x+y) et y′=−x+2y2x+y. Horizontale : 2x+y=0, soit y=−2x ; en reportant, x2−2x2+4x2=7 donne 3x2=7 et x=±37≈±1,5275, d'où les points (1,5275;−3,0551) et son opposé. Verticale : x+2y=0, soit x=−2y, et par la symétrie de l'équation en x et y on obtient les points symétriques (−3,0551;1,5275) et son opposé. L'ellipse est inclinée, ses tangentes horizontales ne sont donc pas sur les axes.
c)
2yy′=3x2 donne y′=2y3x2. À l'origine, numérateur ET dénominateur s'annulent : la formule ne décide rien. En passant à l'explicite, y=±x3/2 pour x≥0, donc y′=±23x→0 quand x→0+ : les deux branches arrivent à l'origine avec une pente nulle, mais en formant une POINTE, un rebroussement. La courbe n'y est pas lisse ; c'est un point singulier, et la seule façon de le savoir est d'avoir remarqué la double annulation.
d)
Règle : la tangente est horizontale là où le numérateur de y′ s'annule alors que le dénominateur ne s'annule pas, et verticale là où le dénominateur s'annule alors que le numérateur ne s'annule pas. Avant de conclure, deux vérifications obligatoires : que le point appartient réellement à la courbe, et que l'autre terme du quotient n'est pas nul lui aussi. La deuxième est celle qu'on saute, et c'est elle qui distingue une tangente franche d'un point de rebroussement.
Exercice 5 : La dérivée seconde implicite et la concavité
On dérive une deuxième fois exactement comme la première, à une discipline près : le y′ apparu au premier tour est lui-même une fonction de x, donc il se dérive à son tour. Puis on remplace y′ par son expression, jamais avant.
a) Sur le cercle x2+y2=25, on a trouvé y′=−yx. Calculez y′′ et simplifiez-la en utilisant l'équation du cercle.
b) Donnez y′′ au point de coordonnées (3 ; 4) et au point (3 ; -4). Interprétez les signes.
c) Pour x2+xy=6, calculez y′ puis y′′.
d) Un élève dérive y′=−yx en écrivant y′′=−y1. Quelle règle a-t-il oubliée, et de combien se trompe-t-il en (3 ; 4) ?
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Réponses
a)y′′=−y325
b)−6425 et 6425
c)y′=−x2x+y, y′′=x22x+2y
d)Règle du produit oubliée : −0,25 contre −0,391
a)
On dérive y′=−xy−1 comme un produit : y′′=−(1⋅y−1+x⋅(−y−2)y′)=−y1+y2xy′. On remplace MAINTENANT y′ par −yx : y′′=−y1−y3x2=−y3y2+x2. Enfin on utilise l'équation de départ, x2+y2=25, ce qui donne la forme compacte y′′=−y325. Substituer l'équation de la courbe à la fin est ce qui transforme une expression illisible en résultat exploitable.
b)
En (3 ; 4) : y′′=−6425≈−0,391, négatif, donc la courbe est CONCAVE vers le bas : c'est bien l'allure de la moitié supérieure du cercle. En (3 ; -4) : y′′=−−6425=+6425≈0,391, positif, la moitié inférieure est concave vers le haut. La formule −y325 le dit d'un coup d'œil : le signe de y′′ est l'opposé du signe de y, et le cercle change donc de concavité exactement en passant d'une moitié à l'autre.
c)
2x+y+xy′=0 donne y′=−x2x+y. On dérive ce quotient : y′′=−x2(2+y′)x−(2x+y)⋅1=−x22x+xy′−2x−y=−x2xy′−y. On substitue xy′=−(2x+y) : y′′=−x2−(2x+y)−y=x22x+2y. Contrôle au point de coordonnées (1 ; 5), qui est sur la courbe puisque 1+5=6 : y′=−7 et y′′=12+10=12.
d)
Il a oublié la règle du PRODUIT : −yx est un produit de −x par y1, et y1 dépend de x. Il n'a dérivé que le facteur −x. En (3 ; 4), sa réponse vaut −41=−0,25 contre la vraie valeur −6425≈−0,391 : une erreur de 36 pour cent, qui ne change pas le signe et passe donc inaperçue à un test de concavité, mais fausse tout calcul de rayon de courbure ou d'approximation à l'ordre 2.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Deux familles de courbes qui se coupent toujours à angle droit
Deux familles sont dites orthogonales quand chaque courbe de l'une coupe chaque courbe de l'autre perpendiculairement. C'est la structure des lignes de champ et des lignes équipotentielles en électricité, et la dérivation implicite la démontre en trois lignes.
a) Calculez la pente en un point quelconque d'une courbe de la famille xy=k, puis d'une courbe de la famille x2−y2=c.
b) Démontrez que les deux familles sont orthogonales en tout point d'intersection.
c) Vérifiez sur l'intersection de xy=2 et de x2−y2=3 : trouvez le point du premier quadrant, puis les deux pentes.
d) Pourquoi la démonstration de la question b est-elle plus forte qu'une vérification comme celle de la question c ?
e) Les deux familles ont un point commun problématique. Lequel, et que s'y passe-t-il ?
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Réponses
a)−xy et yx
b)Produit des pentes −1
c)(2;1) : pentes −21 et 2
d)Point générique : toutes les intersections
e)L'origine : angle de 45°
a)
Sur xy=k : y+xy′=0 donc y′=−xy. Sur x2−y2=c : 2x−2yy′=0 donc y′=yx. Notez que k et c ont disparu : la pente ne dépend que du POINT, pas de la courbe particulière de la famille qui y passe. C'est exactement ce qui rend la démonstration générale possible.
b)
En un point d'intersection (x0;y0) avec x0=0 et y0=0, le produit des deux pentes vaut (−x0y0)×y0x0=−1. Deux droites de pentes dont le produit vaut −1 sont perpendiculaires, donc les deux courbes se coupent à angle droit. La conclusion ne dépend ni de k, ni de c, ni du point : elle vaut pour toutes les intersections de toutes les paires de courbes des deux familles.
c)
De xy=2 on tire y=x2, que l'on reporte : x2−x24=3, soit x4−3x2−4=0. En posant X=x2 : X2−3X−4=0, de racines X=4 et X=−1, dont seule la première est acceptable. Donc x=2 et y=1. Les pentes valent −21 pour l'hyperbole xy=2 et 12=2 pour x2−y2=3, de produit −1 ✓. C'est le point marqué sur la figure.
d)
La vérification de c ne prouve rien au delà du point (2 ; 1) : elle est compatible avec l'idée que l'orthogonalité serait une coïncidence de ce point-là. La démonstration de b, elle, traite un point GÉNÉRIQUE et établit le résultat pour une infinité d'intersections d'un seul coup. C'est le bénéfice propre de la dérivation implicite dans ce problème : parce qu'elle donne la pente en fonction des coordonnées et non de la courbe, elle permet de raisonner sur toute une famille à la fois.
e)
L'origine. Elle appartient à la famille xy=k pour k=0 (la réunion des deux axes) et à la famille x2−y2=c pour c=0 (la réunion des deux bissectrices). Les deux formules de pente y sont indéterminées, de la forme 00, et les courbes dégénérées qui y passent ne se coupent pas à angle droit : les axes et les bissectrices font un angle de 45 degrés. L'orthogonalité vaut donc partout SAUF là où le raisonnement était interdit, ce qui est la situation habituelle et non une exception gênante.
Exercice 7 : Les coniques et la forme réduite de la tangente
Il existe une règle de remplacement qui donne la tangente à une conique sans dériver : on remplace x2 par xx0 et y2 par yy0. Elle a l'air magique ; la dérivation implicite la démontre.
a) Pour l'ellipse a2x2+b2y2=1, calculez y′ au point (x0;y0) de la courbe, puis démontrez que la tangente s'écrit a2xx0+b2yy0=1.
b) Appliquez au cas 25x2+9y2=1 au point d'abscisse 4 et d'ordonnée positive : trouvez le point, la pente et la tangente.
c) Énoncez la formule analogue pour l'hyperbole a2x2−b2y2=1 et vérifiez-la sur 16x2−9y2=1 au point de coordonnées (5 ; 2,25).
d) La formule réduite continue-t-elle de fonctionner aux points à tangente verticale, là où y′ n'existe pas ? Justifiez.
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Réponses
a)a2xx0+b2yy0=1
b)(4;1,8), pente −0,8, 4x+5y=25
c)a2xx0−b2yy0=1 ; pente 1,25
d)Oui : x=a en (a;0)
a)
a22x+b22yy′=0 donne y′=−a2yb2x, donc au point de contact y′=−a2y0b2x0 pour y0=0. La tangente est y−y0=−a2y0b2x0(x−x0). On multiplie par b2y0 : b2yy0−y02=−a2x0x−x02, puis on regroupe : a2xx0+b2yy0=a2x02+b2y02. Or le second membre vaut 1, PUISQUE le point de contact est sur l'ellipse. D'où la forme annoncée. C'est ce dernier pas qui explique la règle de remplacement : elle encode le fait que le point de contact appartient à la courbe.
b)
2516+9y2=1 donne 9y2=259, donc y2=2581 et y0=59=1,8. La pente vaut −25×1,89×4=−4536=−0,8. Tangente par la forme réduite : 254x+91,8y=1, soit 254x+5y=1, ou encore 4x+5y=25. Contrôle : la pente de 4x+5y=25 vaut −54=−0,8 ✓, et le point (4 ; 1,8) la vérifie puisque 16+9=25 ✓.
c)
Pour l'hyperbole, le seul changement est le signe : a2xx0−b2yy0=1, et la dérivation donne y′=a2yb2x, sans le signe moins. Le point (5 ; 2,25) est bien sur la courbe : 1625−95,0625=1,5625−0,5625=1 ✓. Pente : 16×2,259×5=3645=1,25. Tangente réduite : 165x−92,25y=1, soit 165x−4y=1, dont la pente vaut 165×4=1,25 ✓.
d)
Oui, et c'est son principal avantage. Au point de coordonnées (a;0) de l'ellipse, y′ n'existe pas car le dénominateur a2y0 s'annule ; mais la forme réduite donne a2xa+0=1, soit x=a, qui est exactement la tangente verticale attendue. La raison est que la forme réduite n'a jamais divisé par y0 dans son énoncé final : la division n'apparaît qu'au milieu de la démonstration, et le résultat, lui, reste valable par continuité. Une formule peut donc être plus générale que la méthode qui l'a produite, ce qui vaut la peine d'être remarqué.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.
1) « En dérivant x2+y2=25 par rapport à x, on obtient 2x+2y=0. »
2) « dxd(xy)=y′, puisque la dérivée de x vaut 1. »
3) « Une dérivée implicite bien menée ne doit dépendre que de x : si y subsiste, c'est qu'on n'a pas fini. »
4) « Comme y′=−yx est une fraction définie dès que y=0, la courbe n'a jamais de tangente verticale. »
5) « Pour dériver y3 par rapport à x, on écrit 3y2, comme on écrirait 3x2 pour x3. »
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Réponses
1)2x+2yy′=0
2)dxd(xy)=y+xy′
3)y′ dépend normalement de x et de y
4)Tangentes verticales en (±5;0)
5)dxd(y3)=3y2y′
1)
FAUX. Le terme y2 est une composée : y dépend de x, donc la chaîne impose dxd(y2)=2yy′. La bonne dérivation est 2x+2yy′=0, d'où y′=−yx. Le test qui ne trompe pas : une dérivation implicite dont le résultat ne contient AUCUN y′ n'a pas dérivé la bonne variable. Ici l'affirmation conduit à y=−x, qui décrit une droite ne rencontrant le cercle qu'en deux points.
2)
FAUX. xy est un PRODUIT de deux fonctions de x, donc dxd(xy)=1⋅y+x⋅y′=y+xy′. Le terme y oublié est celui qui vient de la dérivée du facteur x. Conséquence chiffrée sur xy=6 au point (2 ; 3) : la bonne dérivée donne 3+2y′=0 donc y′=−1,5, tandis que l'affirmation donnerait y′=0, une tangente horizontale sur une hyperbole qui n'en a aucune.
3)
FAUX. C'est le contraire : la dérivée implicite dépend NORMALEMENT de x et de y, et c'est précisément ce qui lui permet de décrire une courbe qui repasse plusieurs fois au-dessus d'une même abscisse. Sur le cercle, y′=−yx vaut −43 en haut et +43 en bas pour le même x=3 : une expression en x seul ne pourrait pas dire les deux. On ne substitue y que si l'on dispose d'une expression explicite et que l'énoncé la demande.
4)
FAUX. La condition y=0 n'est pas une garantie, c'est justement l'endroit à examiner : sur le cercle, les points de coordonnées (5 ; 0) et (-5 ; 0) ont y=0, la formule y est indéfinie, et ce sont exactement les deux points à tangente verticale. Une fraction indéfinie ne signale pas l'absence de tangente, elle signale une tangente que la pente ne sait pas décrire, puisqu'une droite verticale n'a pas de pente.
5)
FAUX. L'analogie ne tient que si l'on dérive par rapport à la MÊME variable que celle qui apparaît. dxd(x3)=3x2 parce que dxdx=1 ; dxd(y3)=3y2⋅dxdy=3y2y′ parce que dxdy n'a aucune raison de valoir 1. L'écriture de Leibniz rend l'erreur visible : le facteur oublié est toujours dxdy, et il ne vaut 1 que là où la courbe a une pente de 1, comme sur la première bissectrice.
Exercice 9 : Problème : le gaz de van der Waals et son point critique
L'équation des gaz parfaits ne prévoit aucune liquéfaction. Celle de van der Waals si, et le point où le gaz devient liquide sans transition visible se trouve en annulant DEUX dérivées à la fois. C'est le plus bel emploi du chapitre en dehors des mathématiques.
a) L'équation s'écrit (P+V2a)(V−b)=RT. À température constante, exprimez P en fonction de V, puis calculez dVdP et dV2d2P.
b) Le point critique est celui où ces DEUX dérivées s'annulent. Montrez que le volume critique vaut Vc=3b.
c) Déduisez-en la température critique Tc et la pression critique Pc en fonction de a, b et R.
d) Pour le dioxyde de carbone, a=3,640 litres carrés atmosphère par mole carrée, b=0,04267 litre par mole et R=0,08206. Calculez Vc, Tc et Pc.
e) Calculez le rapport RTcPcVc et montrez qu'il vaut 83 pour TOUT gaz de van der Waals. Que dit ce résultat sur le modèle ?
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Réponses
a)P=V−bRT−V2a ; dérivées −(V−b)2RT+V32a et (V−b)32RT−V46a
b)Vc=3b
c)Tc=27Rb8a, Pc=27b2a
d)0,128 L/mol ; 308 K ; 74,0 atm
e)83 pour tout gaz
a)
On isole : P+V2a=V−bRT, donc P=V−bRT−V2a, avec T traitée comme une constante. En dérivant par rapport à V : dVdP=−(V−b)2RT+V32a, puis dV2d2P=(V−b)32RT−V46a. On peut aussi dériver la forme implicite sans isoler P ; le résultat est le même, mais l'isolement est ici trivial et il n'y a pas de raison de s'en priver.
b)
La première annulation donne (V−b)2RT=V32a, soit RT=V32a(V−b)2. On reporte dans la seconde annulation (V−b)32RT=V46a : (V−b)32⋅V32a(V−b)2=V46a, ce qui se simplifie en (V−b)V34a=V46a. Le facteur a disparaît, et il reste 4V=6(V−b), donc 2V=6b et Vc=3b. Toute l'astuce est de substituer la première condition dans la seconde plutôt que de résoudre les deux séparément.
c)
Avec Vc=3b, on a Vc−b=2b, donc RTc=27b32a(2b)2=27b38ab2=27b8a, d'où Tc=27Rb8a. Puis Pc=2bRTc−9b2a=54b28a−9b2a=27b24a−27b23a=27b2a. Les trois grandeurs critiques ne dépendent donc que des deux paramètres du gaz, ce qui est la prédiction forte du modèle.
d)
Vc=3×0,04267≈0,12801 litre par mole. Tc=27×0,08206×0,042678×3,640≈0,09454029,12≈308,0 kelvins, soit environ 34,8 degrés Celsius. Pc=27×0,0426723,640≈0,0491603,640≈74,0 atmosphères. Les valeurs mesurées sont 304,1 kelvins et 72,8 atmosphères : l'écart est de l'ordre de 1 à 2 pour cent, remarquable pour un modèle à deux paramètres. C'est le point marqué C sur la figure, là où l'isotherme a une tangente horizontale ET change de concavité.
e)
RTcPcVc=27b8a27b2a×3b=27b8a9ba=9ba×8a27b=7227=83=0,375. Ni a, ni b, ni le gaz considéré n'interviennent : le modèle prédit la MÊME valeur pour toutes les substances. C'est une prédiction universelle, donc facile à réfuter, et l'expérience donne plutôt 0,27 à 0,30 pour la plupart des gaz réels. Le modèle capture donc la bonne physique qualitative, l'existence même d'un point critique, mais pas les valeurs fines : c'est exactement le genre de verdict qu'un calcul de dérivée permet de rendre.
Exercice 10 : Problème : la lentille mince et la vitesse de l'image
La relation de conjugaison d'une lentille lie la distance de l'objet et celle de l'image sans donner l'une en fonction de l'autre sous une forme commode. C'est une relation implicite, et elle répond directement à la question : quand l'objet avance, à quelle vitesse l'image recule-t-elle ?
a) La relation s'écrit p1+q1=f1, où f est fixe. Dérivez-la par rapport à p et montrez que dpdq=−p2q2.
b) Une lentille de distance focale f=20 centimètres reçoit un objet à p=60 centimètres. Calculez q, puis dpdq.
c) L'objet se rapproche de la lentille à 5 centimètres par seconde. Dans quel sens l'image se déplace-t-elle, et à quelle vitesse ?
d) Le grandissement vaut m=−pq. Calculez dpdm au même point, puis la vitesse de variation du grandissement. L'image grandit-elle ou rétrécit-elle ?
e) Que devient dpdq quand p tend vers f par valeurs supérieures, et quand p=2f ? Interprétez chacun des deux cas.
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Réponses
a)dpdq=−p2q2
b)q=30 cm ; −0,25
c)+1,25 cm/s : l'image s'éloigne
d)dpdm=0,0125 ; dtdm=−0,0625 par seconde : l'image grandit
e)−∞ au foyer ; −1 en p=2f
a)
On dérive les deux membres par rapport à p, en traitant q comme une fonction de p et f comme une constante : −p21−q21⋅dpdq=0. D'où q21⋅dpdq=−p21 et dpdq=−p2q2. Le signe est négatif quelles que soient les valeurs, ce qui est déjà une information physique : éloigner l'objet rapproche toujours l'image, et réciproquement.
b)
q1=201−601=603−1=301, donc q=30 centimètres, ce que montre la figure. Alors dpdq=−602302=−3600900=−0,25. Autrement dit, un déplacement de l'objet se répercute sur l'image quatre fois plus faiblement, dans ce réglage-là.
c)
« Se rapprocher » signifie dtdp=−5 centimètres par seconde. Par la règle de chaîne, dtdq=dpdq⋅dtdp=(−0,25)×(−5)=+1,25 centimètre par seconde. Le signe positif dit que q AUGMENTE : l'image s'éloigne de la lentille pendant que l'objet s'en approche. C'est ce que l'on observe en réglant un projecteur, et c'est aussi pourquoi la mise au point devient de plus en plus délicate quand on photographie de près.
d)
m=−pq est un quotient dont les deux termes varient : dpdm=−p2dpdq⋅p−q=−3600(−0,25)(60)−30=−3600−15−30=360045=0,0125 par centimètre. Puis dtdm=0,0125×(−5)=−0,0625 par seconde. Comme m=−6030=−0,5 est négatif et devient encore plus négatif, sa VALEUR ABSOLUE croît : l'image, déjà renversée, grandit. C'est cohérent avec c, une image plus lointaine est une image plus grande.
e)
Quand p→f+=20+, la relation q1=f1−p1→0+ donne q→+∞, donc dpdq=−p2q2→−∞ : la sensibilité devient infinie, un micron de déplacement de l'objet envoie l'image à des mètres. C'est pour cela qu'un objet placé au foyer ne donne aucune image nette. Quand p=2f=40, on trouve q=40 et dpdq=−16001600=−1 : c'est le point où objet et image se déplacent à la même vitesse en sens contraires, la configuration symétrique du grandissement −1, celle qu'on utilise pour copier un document à l'échelle 1.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : La lemniscate de Bernoulli : tangentes et point double
La figure montre la lemniscate d'équation (x2+y2)2=4(x2−y2), avec les points où sa tangente est horizontale ou verticale.
a) Vérifiez que l'origine et le point (2;0) sont sur la courbe, puis montrez que y′=y(x2+y2+2)x(2−x2−y2).
b) Déterminez les points où la tangente est horizontale.
c) Déterminez les points où la tangente est verticale.
d) Que se passe-t-il à l'origine ? Déterminez les pentes des deux branches qui s'y croisent.
e) Quelle est la hauteur maximale de la courbe au-dessus de l'axe des abscisses ?
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Réponses
a)y′=y(x2+y2+2)x(2−x2−y2)
b)(±1,5;±0,5)
c)(±2;0)
d)Point double : pentes 1 et −1
e)0,5≈0,707
a)
En (0;0) : 0=0. En (2;0) : 16=4×4 ✓. On dérive : 2(x2+y2)(2x+2yy′)=4(2x−2yy′), soit, en divisant par 4, (x2+y2)(x+yy′)=2x−2yy′. On regroupe les y′ : y′[y(x2+y2)+2y]=2x−x(x2+y2), d'où la formule annoncée. Le carré du membre de gauche demande la chaîne DEUX fois : sur le carré extérieur, puis sur y2.
b)
Numérateur nul et dénominateur non nul. x=0 donne dans l'équation y4=−4y2, donc y=0 : c'est l'origine, où le dénominateur s'annule aussi, à écarter. Reste x2+y2=2 : l'équation devient 4=4(x2−y2), soit x2−y2=1. Avec x2+y2=2 : x2=23 et y2=21. Quatre points : (±1,5;±0,5)≈(±1,225;±0,707), où le dénominateur vaut ±0,707×4=0 ✓.
c)
Dénominateur nul et numérateur non nul : y=0 avec x=0. L'équation devient x4=4x2, donc x=±2. En (2;0), le numérateur vaut 2(2−4)=−4=0 ✓. Deux tangentes verticales, aux deux extrémités de la courbe.
d)
À l'origine, numérateur ET dénominateur s'annulent : la formule ne décide rien, c'est un point singulier. Près de l'origine, (x2+y2)2 est d'ordre 4 et devient négligeable devant 4(x2−y2), d'ordre 2 : la courbe ressemble à x2−y2=0, c'est-à-dire aux deux droites y=x et y=−x. Deux branches se croisent, de pentes 1 et −1 : c'est un POINT DOUBLE, ni un rebroussement ni une tangente verticale.
e)
La hauteur est maximale là où la tangente est horizontale et y>0 : y=0,5≈0,707. Pour s'en convaincre sans la figure : sur la courbe, 4y2=4x2−(x2+y2)2, et la seule façon de rendre y extrémal est d'annuler sa dérivée, ce que b) a fait.
Exercice 12 : La courbe x puissance y égale y puissance x
On étudie, pour x>0 et y>0, la courbe d'équation xy=yx. Elle contient la droite y=x, mais pas seulement : 24=42.
a) En prenant d'abord le logarithme des deux membres, montrez que y′=lnx−yxlny−xy.
b) Calculez la pente de la tangente au point (2;4).
c) Calculez la pente au point (4;2) et expliquez le lien avec b).
d) En quel point de la droite y=x la formule donne-t-elle 00 ? Que se passe-t-il en ce point ?
e) Donnez l'ordonnée à l'origine de la tangente en (2;4).
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Réponses
a)ylnx=xlny, puis y′=lnx−yxlny−xy
b)≈−3,18
c)≈−0,31 : pente inverse par symétrie
d)(e;e) : deux branches se croisent
e)≈10,35
a)
On ne peut dériver xy ni comme une puissance, ni comme une exponentielle : base et exposant varient. Le logarithme ramène tout à des produits : ylnx=xlny. On dérive : y′lnx+xy=lny+yxy′. On regroupe : y′(lnx−yx)=lny−xy, d'où la formule.
b)
En (2;4) : y′=ln2−21ln4−2≈0,6931−0,51,3863−2=0,1931−0,6137≈−3,18. La courbe descend fortement : quand x augmente un peu au-delà de 2, le y associé diminue.
c)
En (4;2) : y′=ln4−2ln2−21≈−0,315, l'INVERSE de la pente précédente. L'équation est symétrique par échange de x et y : la courbe est symétrique par rapport à y=x, et une symétrie par rapport à cette droite inverse les pentes. (2;4) et (4;2) sont images l'un de l'autre.
d)
Sur y=x, numérateur et dénominateur valent lnx−1 : ils s'annulent ensemble en x=e. Au point (e;e), la droite y=x et la branche courbe qui passe par (2;4) et (4;2) se CROISENT : deux pentes différentes au même point, 1 pour la droite et −1 pour la branche courbe par symétrie, et aucune formule à une seule valeur ne peut les donner toutes les deux. C'est la même signature qu'au point double d'une lemniscate.
e)
Tangente : y=4−3,1774(x−2), d'ordonnée à l'origine 4+6,3548≈10,35. Garder quatre décimales à la pente avant de multiplier par 2 évite une erreur au centième.
Exercice 13 : La tangente implicite pour estimer, et la concavité pour savoir de quel côté
On considère la courbe x3+y3=9, qui passe par le point (1;2).
a) Calculez y′ et sa valeur en (1;2).
b) Écrivez la tangente en (1;2) et utilisez-la pour estimer l'ordonnée du point de la courbe d'abscisse 1,1.
c) Calculez cette ordonnée exactement, au millième, et donnez l'erreur de l'estimation.
d) Montrez que y′′=−y518x sur la courbe. L'estimation de b) était-elle trop grande ou trop petite ? Justifiez sans calcul.
e) En quel point de la courbe la tangente est-elle parallèle à la droite y=−x ?
Voir la correction
Réponses
a)y′=−y2x2 ; −41
b)y≈1,975
c)1,972 ; erreur 0,003
d)y′′=−0,5625<0 : estimation trop grande
e)(34,5;34,5)≈(1,651;1,651)
a)
3x2+3y2y′=0 donne y′=−y2x2. En (1;2) : y′=−41.
b)
y=2−41(x−1). En x=1,1 : y≈2−0,025=1,975. On a remplacé la courbe, que l'on ne sait pas écrire commodément, par sa tangente, que l'on sait toujours écrire.
c)
y3=9−1,331=7,669, donc y=37,669≈1,972. Erreur : 1,975−1,972=0,003, soit 0,15 pour cent pour un pas de 0,1.
d)
On dérive y′=−x2y−2 comme un produit : y′′=−2xy−2+2x2y−3y′. On remplace y′ : y′′=−y22x−y52x4=−y52x(y3+x3), et x3+y3=9 sur la courbe : y′′=−y518x. En (1;2) : y′′=−3218=−0,5625<0, la courbe est concave, donc SOUS sa tangente près du point de contact. L'estimation par la tangente était trop grande, ce que confirme c) : 1,975>1,972.
e)
Pente −1 : −y2x2=−1, soit y2=x2 et y=±x. Avec y=x : 2x3=9, x=34,5≈1,651, point (1,651;1,651). Avec y=−x : x3−x3=0=9, impossible. Un seul point, sur la bissectrice, comme le laissait prévoir la symétrie de l'équation.
Exercice 14 : Problème : l'isoquante de production et le coût minimal
Une entreprise produit Q=K1/3L2/3 unités par jour avec L travailleurs et K heures-machine. Elle vise une production fixée Q=20 : la courbe K1/3L2/3=20 dans le plan (L;K) est une ISOQUANTE. Un travailleur coûte 50 dollars par jour, une heure-machine 4 dollars.
a) En dérivant implicitement par rapport à L, montrez que dLdK=−L2K.
b) Vérifiez que (L;K)=(8;125) est sur l'isoquante et calculez dLdK en ce point. Interprétez.
c) Estimez par la tangente le nombre d'heures-machine nécessaires si l'on passe à 7 travailleurs, puis comparez à la valeur exacte.
d) Le coût est C=50L+4K. En écrivant que l'isoquante est tangente à une droite de coût constant, trouvez la combinaison la moins chère et son coût.
e) Comparez au coût de la combinaison (8;125) et à la répartition des dépenses entre travail et machines.
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Réponses
a)dLdK=−L2K
b)−31,25 heures-machine par travailleur
c)156,25 contre 163,27
d)L≈10,86, K≈67,86 : 814 dollars
e)900 dollars ; deux tiers pour le travail
a)
On passe au logarithme : 31lnK+32lnL=ln20. On dérive par rapport à L : 31⋅KK′+32⋅L1=0, donc K′=−L2K. Sans logarithme, la dérivation du produit mène au même résultat avec deux fois plus d'exposants fractionnaires.
b)
1251/3×82/3=5×4=20 ✓. dLdK=−82×125=−31,25. Interprétation : au voisinage de ce point, retirer un travailleur demande environ 31 heures-machine de plus pour maintenir la production. Ce nombre s'appelle le taux marginal de substitution.
c)
Par la tangente : K≈125+(−31,25)(7−8)=156,25 heures-machine. Exactement, K=L2203=498000≈163,27. L'isoquante est convexe, au-dessus de sa tangente, donc l'estimation est trop basse de 7 heures environ : la substitution coûte de plus en plus cher à mesure qu'on retire des travailleurs.
d)
Une droite de coût constant 50L+4K=C a pour pente −450=−12,5. Au coût minimal, l'isoquante la touche sans la traverser : même pente. −L2K=−12,5 donne K=6,25L. Dans l'équation de l'isoquante, K=L28000 : 6,25L3=8000, L3=1280, L≈10,86 travailleurs et K≈67,86 heures-machine. Coût : 50×10,86+4×67,86≈543+271=814 dollars par jour.
e)
La combinaison (8;125) coûte 400+500=900 dollars, soit 86 dollars de plus. À l'optimum, le travail coûte 543 dollars et les machines 271 : exactement deux tiers et un tiers, les exposants de L et de K. Ce n'est pas une coïncidence : pour une production de la forme KaLb avec a+b=1, la condition de tangence aLbK=rw équivaut à rKwL=ab.
Exercice 15 : Problème : la propriété de réflexion de l'ellipse
On considère l'ellipse 25x2+9y2=1 et le point P(3;2,4). La figure montre l'ellipse, ses foyers F1 et F2, la tangente en P, la normale en P en pointillés et son intersection N avec le grand axe.
a) Vérifiez que P est sur l'ellipse et que les foyers sont F1(−4;0) et F2(4;0), sachant que c2=a2−b2.
b) Calculez la pente de la tangente en P et écrivez son équation.
c) Écrivez l'équation de la normale en P et trouvez son intersection N avec l'axe des abscisses.
d) Calculez PF1, PF2, puis comparez NF2NF1 à PF2PF1. Qu'en concluez-vous sur la normale ?
e) Calculez l'angle entre la normale et chacun des segments PF1 et PF2. Quelle propriété physique de l'ellipse venez-vous de démontrer ?
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Réponses
a)P sur l'ellipse ; c=4
b)Pente −0,45 ; 9x+20y=75
c)Normale de pente 920 ; N(1,92;0)
d)7,4 et 2,6 ; rapports égaux : bissectrice
e)Deux angles de 46,8° : réflexion d'un foyer vers l'autre
a)
259+95,76=0,36+0,64=1 ✓. a=5, b=3, c=25−9=4 : foyers en (±4;0).
b)
252x+92yy′=0 donne y′=−25y9x. En P : y′=−6027=−0,45. Tangente : y=2,4−0,45(x−3), soit 9x+20y=75, ce que donne aussi la forme réduite 253x+92,4y=1 multipliée par 75.
c)
La normale est perpendiculaire à la tangente : pente 0,451=920. Équation : y=2,4+920(x−3). Pour y=0 : x=3−209×2,4=3−1,08=1,92. Donc N(1,92;0).
d)
PF1=72+2,42=54,76=7,4 et PF2=12+2,42=6,76=2,6 : leur somme vaut 10=2a, la définition même de l'ellipse. NF1=5,92 et NF2=2,08 : 2,085,92≈2,846 et 2,67,4≈2,846. Par la réciproque du théorème de la bissectrice, (PN) est la BISSECTRICE de l'angle F1PF2 : la normale partage l'angle des deux rayons focaux en deux angles égaux.
e)
Un vecteur directeur de la normale vers l'intérieur est n=(−9;−20). Avec PF1=(−7;−2,4) : cosα=481×7,463+48≈0,6839, et avec PF2=(1;−2,4) : cosβ=481×2,6−9+48≈0,6839. Les deux angles valent environ 46,8°. Un rayon issu de F1 qui se réfléchit en P repart symétriquement par rapport à la normale, donc passe par F2 : c'est la propriété qui fait qu'un murmure prononcé à un foyer d'une salle elliptique s'entend à l'autre foyer, et que l'on concentre une onde de choc sur un calcul rénal placé au second foyer d'un réflecteur.
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