Calcul intégral 201-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : les techniques d'intégration (201-NYB)
Voici la série d'exercices corrigés de calcul intégral 201-NYB sur les techniques d'intégration, le chapitre outillage du cours. La partie A couvre les deux techniques universelles : le changement de variable, du réflexe « je vois une fonction et sa dérivée » jusqu'aux bornes transformées, et l'intégration par parties, en version simple, répétée, avec l'astuce du logarithme, et cyclique quand l'intégrale revient sur elle-même. Suivent les fractions partielles : décomposition, division préalable quand le degré dépasse, facteur répété et facteur quadratique irréductible menant à l'arc tangente. La partie B passe à la trigonométrie : les puissances de sinus et cosinus avec leurs règles de parité, les substitutions trigonométriques et leurs triangles, et l'exercice le plus payant de tous : la stratégie, ou comment reconnaître la bonne technique en trente secondes devant une intégrale inconnue.
Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature (cours de calcul intégral 201-NYB) comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de mathématiques : la Terminale française apprend les primitives usuelles et l'intégration par parties; le cégep exige en plus les fractions partielles et l'arsenal trigonométrique, et c'est ici qu'ils s'acquièrent.
Le réflexe à garder tout du long : avant toute technique lourde, chercher trente secondes une SUBSTITUTION. La moitié des intégrales d'examen contiennent une fonction et sa dérivée déguisée; l'intégration par parties, les fractions partielles et la trigonométrie ne servent que lorsque ce premier réflexe a échoué. Se tromper de technique n'est pas faux, c'est seulement long : l'examen se gagne au choix de l'outil.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Changement de variable : poser u=g(x) quand g′(x) apparaît en facteur : ∫f(g(x))g′(x)dx=∫f(u)du. Pour une intégrale définie, TRANSFORMER LES BORNES en même temps que la variable : x=a⇒u=g(a).
•Intégration par parties : ∫udv=uv−∫vdu. Choisir u dans l'ordre « logarithme, inverse trigonométrique, polynôme, exponentielle, trigonométrique » (on DÉRIVE ce qui se simplifie). Répéter si le polynôme est de degré 2; résoudre l'équation en I si l'intégrale revient (cas cyclique excosx).
•Fractions partielles (fonction rationnelle) : si le degré du numérateur atteint celui du dénominateur, DIVISER d'abord. Puis : facteur (x−a) donne x−aA; facteur répété (x−a)2 donne x−aA+(x−a)2B; quadratique irréductible x2+a2 donne x2+a2Bx+C et mène à ln et arctan : ∫x2+a2dx=a1arctanax+C.
•Puissances trigonométriques : puissance IMPAIRE de sinus ou cosinus : en détacher un facteur et convertir le reste avec sin2+cos2=1, puis substituer. Puissances PAIRES : linéariser avec sin2x=21−cos2x et cos2x=21+cos2x.
•Substitutions trigonométriques : a2−x2→x=asinθ; a2+x2→x=atanθ; x2−a2→x=asecθ. Chaque racine est un côté d'un triangle rectangle : le triangle sert au retour en x.
•Primitives à connaître par cœur : ∫tanxdx=−ln∣cosx∣+C, ∫lnxdx=xlnx−x+C, ∫a2−x2dx=arcsinax+C, et la table des dérivées lue à l'envers.
Partie A : Substitution, parties, fractions partielles et trigonométrie (/50)
Exercice 1 : Primitives et changement de variable
Le changement de variable est le premier réflexe : chercher dans l'intégrale une fonction ET sa dérivée (à une constante près).
a) Calculez ∫(6x2−x4+e2x)dx et vérifiez le résultat par dérivation.
b) Calculez ∫x2x3+1dx puis ∫tanxdx, en précisant à chaque fois la substitution qui débloque tout.
c) Calculez ∫xlnxdx. Quelle structure fallait-il reconnaître ?
d) Calculez ∫1ex(lnx)2dx en transformant les bornes, et expliquez l'erreur classique de l'étudiant qui garde les bornes en x tout en travaillant en u.
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Réponses
a)2x3−4ln∣x∣+2e2x+C
b)92(x3+1)3/2+C ; −ln∣cosx∣+C
c)ln∣lnx∣+C, forme udu
d)∫01u2du=31
a) Terme à terme : ∫6x2dx=2x3, ∫x4dx=4ln∣x∣, ∫e2xdx=2e2x (la dérivation interne par 2 se paie d'un facteur 21). Total : 2x3−4ln∣x∣+2e2x+C. Vérification : dxd(2x3−4ln∣x∣+2e2x)=6x2−x4+e2x ✓. Vérifier par dérivation coûte dix secondes et attrape la moitié des fautes de constante.
b) Premier cas : u=x3+1, du=3x2dx : le x2dx présent est 3du : 31∫udu=92u3/2=92(x3+1)3/2+C. Second cas : ∫tanxdx=∫cosxsinxdx avec u=cosx, du=−sinxdx : −∫udu=−ln∣cosx∣+C. Dans les deux cas, la dérivée de l'intérieur attendait en facteur : c'est LA signature de la substitution.
c) ∫xlnxdx=∫lnx1⋅xdx : la structure est u1du avec u=lnx (dont la dérivée x1 est là). Résultat : ln∣lnx∣+C : un logarithme de logarithme, parfaitement légitime. Cette intégrale est aussi celle qui décide de la divergence de ∫2∞xlnxdx au chapitre des impropres : les techniques d'aujourd'hui servent partout ensuite.
d) u=lnx, du=xdx; bornes : x=1⇒u=0, x=e⇒u=1. ∫01u2du=31. L'erreur classique : écrire ∫1eu2du=3e3−1, en gardant les bornes de x sur une intégrale en u : les bornes appartiennent à la VARIABLE, pas au symbole d'intégrale. Deux remèdes : transformer les bornes immédiatement (le plus sûr), ou revenir en x avant d'évaluer : mais jamais l'entre-deux.
Exercice 2 : L'intégration par parties : simple, répétée, cyclique
La formule ∫udv=uv−∫vdu échange une intégrale contre une autre, qu'on espère plus simple. Tout est dans le choix de u : on dérive ce qui se simplifie.
a) Calculez ∫xcosxdx en justifiant le choix de u et dv.
b) Calculez ∫x2exdx (parties répétées). Que devient le polynôme à chaque tour ?
c) Calculez ∫lnxdx grâce au choix dv=dx. Pourquoi cette astuce est-elle inévitable ici ?
d) Calculez I=∫excosxdx (cas cyclique), puis évaluez ∫0πexcosxdx.
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Réponses
a)xsinx+cosx+C
b)ex(x2−2x+2)+C, deux tours
c)xlnx−x+C
d)2ex(sinx+cosx)+C ; −2eπ+1≈−12,07
a) u=x (le polynôme, qui meurt en dérivant), dv=cosxdx, v=sinx : ∫xcosxdx=xsinx−∫sinxdx=xsinx+cosx+C. Le choix inverse (u=cosx) donnerait ∫2x2sinxdx : PIRE : la règle « on dérive ce qui se simplifie » n'est pas décorative.
b) Premier tour (u=x2) : x2ex−2∫xexdx. Second tour (u=x) : ∫xexdx=xex−ex. Assemblage : ∫x2exdx=ex(x2−2x+2)+C. Le polynôme descend d'un degré à chaque tour : degré 2, donc exactement deux tours; l'exponentielle, elle, encaisse sans changer. Vérification rapide : dériver ex(x2−2x+2) redonne x2ex ✓.
c) lnx n'a pas de primitive évidente mais une dérivée très simple : on force les parties avec u=lnx et dv=dx, v=x : ∫lnxdx=xlnx−∫x⋅x1dx=xlnx−x+C. L'astuce est inévitable car il n'y a qu'UN facteur visible : les parties fabriquent le second (dv=dx). Même recette pour arctanx et arcsinx : les fonctions « à belle dérivée » se traitent toutes ainsi.
d) Deux tours de parties (en dérivant toujours la trigonométrie, ou toujours l'exponentielle, mais SANS changer de camp) : I=exsinx−∫exsinxdx=exsinx+excosx−I. L'intégrale est revenue : on RÉSOUT l'équation : 2I=ex(sinx+cosx), donc I=2ex(sinx+cosx)+C. Évaluation : ∫0πexcosxdx=[2ex(sinx+cosx)]0π=2eπ(0−1)−21(0+1)=−2eπ+1≈−12,07 : négatif, cohérent avec un cosinus surtout négatif sur [2π,π] où ex pèse le plus lourd.
Exercice 3 : Les fractions partielles : démonter pour intégrer
Toute fonction rationnelle s'intègre : on la démonte en morceaux élémentaires dont les primitives sont des logarithmes, des puissances et des arcs tangentes.
a) Calculez ∫x2+x−2x+5dx (deux facteurs simples).
b) Calculez ∫x−1x2dx. Quelle étape OBLIGATOIRE précède ici la décomposition, et pourquoi ?
c) Calculez ∫(x+1)23x+5dx (facteur répété).
d) Calculez ∫x2+4dx puis ∫02x2+4dx. Pourquoi ce facteur-là ne se décompose-t-il pas, et vers quelle fonction mène-t-il toujours ?
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Réponses
a)−ln∣x+2∣+2ln∣x−1∣+C
b)Division d'abord : 2x2+x+ln∣x−1∣+C
c)3ln∣x+1∣−x+12+C
d)21arctan2x+C ; 8π≈0,393
a) x2+x−2=(x+2)(x−1). On pose (x+2)(x−1)x+5=x+2A+x−1B, soit x+5=A(x−1)+B(x+2). Méthode des valeurs commodes : x=1 : 6=3B, B=2; x=−2 : 3=−3A, A=−1. D'où ∫=−ln∣x+2∣+2ln∣x−1∣+C=ln∣x+2∣(x−1)2+C.
b) Le degré du numérateur (2) atteint celui du dénominateur (1) : DIVISION euclidienne d'abord, la décomposition n'est définie que pour une fraction propre. x2=(x−1)(x+1)+1, donc x−1x2=x+1+x−11 et ∫=2x2+x+ln∣x−1∣+C. Oublier la division est l'erreur numéro un du chapitre : la décomposition posée sur une fraction impropre mène à un système sans solution, et on perd dix minutes à le découvrir.
c) Facteur répété : (x+1)23x+5=x+1A+(x+1)2B, soit 3x+5=A(x+1)+B. Par x=−1 : B=2; par les coefficients de x : A=3. D'où ∫=3ln∣x+1∣−x+12+C : le facteur simple donne le logarithme, le facteur carré donne une puissance : chaque étage de la répétition a sa propre contribution.
d) x2+4 n'a AUCUNE racine réelle : il est irréductible, on ne peut pas le casser en facteurs du premier degré. Sa primitive est l'arc tangente : ∫x2+4dx=21arctan2x+C (le a=2 apparaît deux fois : dans l'argument ET en facteur). ∫02x2+4dx=21arctan1−0=8π≈0,393. Tout quadratique irréductible mène à l'arc tangente (après complétion du carré au besoin) : c'est la troisième et dernière famille de primitives des fractions rationnelles, avec les logarithmes et les puissances.
Exercice 4 : Les puissances de tangente et de sécante
Après les puissances de sinus et cosinus, l'autre famille trigonométrique de l'examen. Elle a ses propres règles, fondées sur l'identité 1+tan2=sec2.
a) Calculez ∫tan2xdx à l'aide de l'identité tan2x=sec2x−1.
b) Calculez ∫tan3xdx en détachant un facteur tanx.
c) Calculez ∫sec3xdx par intégration par parties. Pourquoi le cas est-il dit cyclique ?
d) Énoncez les deux règles de la famille tangente-sécante, et dites laquelle des deux fonctions joue le rôle du du.
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Réponses
a)tanx−x+C
b)2tan2x+ln∣cosx∣+C
c)2secxtanx+ln∣secx+tanx∣+C
d)Sécante paire : du=sec2xdx ; tangente impaire : du=secxtanxdx
a) L'identité 1+tan2x=sec2x donne tan2x=sec2x−1, donc ∫tan2xdx=∫sec2xdx−∫dx=tanx−x+C, puisque sec2 est la dérivée de tan. Une intégrale sans primitive apparente est devenue immédiate par simple réécriture : les identités trigonométriques sont des techniques d'intégration à part entière.
b) On détache un facteur tanx et on convertit le reste : tan3x=tanx⋅tan2x=tanx(sec2x−1)=tanxsec2x−tanx. La première intégrale se fait par u=tanx, du=sec2xdx : ∫tanxsec2xdx=2tan2x. La seconde est connue : ∫tanxdx=−ln∣cosx∣. Total : ∫tan3xdx=2tan2x+ln∣cosx∣+C. Vérification par dérivation : tanxsec2x−tanx=tanx(sec2x−1)=tan3x ✓.
c) On écrit sec3x=secx⋅sec2x et on pose u=secx (donc du=secxtanxdx) et dv=sec2xdx (donc v=tanx). Alors I=∫sec3xdx=secxtanx−∫secxtan2xdx. En convertissant tan2=sec2−1 : I=secxtanx−∫sec3xdx+∫secxdx=secxtanx−I+ln∣secx+tanx∣. L'intégrale de départ est REVENUE : c'est le cas cyclique. On RÉSOUT alors l'équation en I : 2I=secxtanx+ln∣secx+tanx∣, d'où I=2secxtanx+ln∣secx+tanx∣+C. Le mécanisme est identique à celui de ∫excosxdx : quand l'intégrale se reproduit, on la traite comme une inconnue algébrique.
d) Deux règles. PUISSANCE PAIRE DE SÉCANTE : on détache sec2x, qui est le du de u=tanx, et on convertit le reste en tangentes avec sec2=1+tan2. PUISSANCE IMPAIRE DE TANGENTE : on détache secxtanx, qui est le du de u=secx, et on convertit le reste en sécantes avec tan2=sec2−1. C'est donc tantôt sec2x, tantôt secxtanx qui joue le rôle du du, selon la parité rencontrée. Quand aucune des deux configurations ne se présente, comme pour ∫sec3xdx où la sécante est impaire et la tangente absente, il faut passer par les parties, comme au point c). La logique est la même que pour sinus et cosinus : on cherche d'abord quel facteur peut servir de du, et la parité décide.
Exercice 5 : Les produits de sinus et de cosinus d'angles différents
∫sin3xcos5xdx ne relève ni de la substitution ni des parties : il faut d'abord TRANSFORMER le produit en somme. La formule vaut d'être connue, et sa conséquence fonde toute l'analyse de Fourier.
a) Rappelez les trois formules de transformation de produit en somme pour sinAcosB, sinAsinB et cosAcosB.
b) Calculez ∫sin3xcos5xdx.
c) Calculez ∫02πsin(2x)sin(3x)dx puis ∫02πsin2(3x)dx. Que constatez-vous ?
d) Ce contraste porte un nom. Énoncez le résultat général et dites à quoi il sert.
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Réponses
a)21[sin(A+B)+sin(A−B)], 21[cos(A−B)∓cos(A+B)]
b)−16cos8x+4cos2x+C
c)0 et π
d)Orthogonalité : elle isole les coefficients de Fourier
a) Les trois formules : sinAcosB=21[sin(A+B)+sin(A−B)]; sinAsinB=21[cos(A−B)−cos(A+B)]; cosAcosB=21[cos(A−B)+cos(A+B)]. Elles se retrouvent en additionnant ou soustrayant les formules d'addition, et elles transforment un PRODUIT (qu'on ne sait pas intégrer) en SOMME (qu'on intègre terme à terme).
b) Avec A=3x et B=5x : sin3xcos5x=21[sin(8x)+sin(−2x)]=21[sin8x−sin2x], en utilisant l'imparité du sinus. D'où ∫sin3xcos5xdx=21[−8cos8x+2cos2x]+C=−16cos8x+4cos2x+C. Vérification par dérivation : 168sin8x−42sin2x=2sin8x−sin2x ✓, ce qui est bien l'intégrande transformé.
c) Premier calcul : sin2xsin3x=21[cos(−x)−cos(5x)]=21[cosx−cos5x]. Sur [0,2π], chaque cosinus effectue un nombre entier de périodes complètes et son intégrale est NULLE, donc ∫02πsin2xsin3xdx=0. Second calcul : sin2(3x)=21−cos6x, donc ∫02πsin2(3x)dx=21∫02πdx−21∫02πcos6xdx=22π−0=π. Constat : le produit de deux sinus de fréquences DIFFÉRENTES s'intègre à zéro, alors que le carré d'un même sinus donne π.
d) Ce contraste s'appelle l'ORTHOGONALITÉ des fonctions trigonométriques. Résultat général : pour m et n entiers strictement positifs, ∫02πsin(mx)sin(nx)dx=0 si m=n et =π si m=n; les mêmes relations valent pour les cosinus, et ∫02πsin(mx)cos(nx)dx=0 toujours. À quoi cela sert : c'est le mécanisme qui permet d'EXTRAIRE les coefficients d'une série de Fourier. Si une fonction s'écrit comme une somme infinie ∑ansin(nx), alors multiplier par sin(mx) et intégrer sur une période annule TOUS les termes sauf celui d'indice m, dont il ne reste que amπ : on isole ainsi chaque coefficient un par un. C'est exactement l'idée d'une base orthogonale en algèbre linéaire, où l'on récupère une coordonnée par produit scalaire; l'intégrale joue ici le rôle du produit scalaire. Ce résultat, obtenu avec les seules formules du point a), fonde le traitement du signal, la compression audio et l'analyse spectrale.
Partie B : Techniques combinées, quadratiques et stratégie (/50)
Exercice 6 : Les puissances de sinus et cosinus
La figure montre y=sin2x sur une période complète, avec sa valeur moyenne 21 en pointillés : la linéarisation sin2x=21−cos2x se LIT sur le graphique.
a) Calculez ∫sin3xdx par la méthode des puissances impaires.
b) Calculez ∫cos2xdx par linéarisation, puis ∫0πsin2xdx. Reliez ce dernier résultat à la droite pointillée de la figure.
c) Calculez ∫sin2xcos3xdx : quelle puissance faut-il attaquer, et pourquoi ?
d) Résumez les deux règles (impair contre pair) et expliquez POURQUOI détacher un facteur d'une puissance impaire marche toujours.
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Réponses
a)−cosx+3cos3x+C
b)2x+4sin2x+C ; 2π
c)On casse cos3x : 3sin3x−5sin5x+C
d)Impair : détacher et substituer ; tout pair : linéariser
a) Puissance impaire : on détache un sinus et on convertit le reste : sin3x=sinx(1−cos2x). Avec u=cosx, du=−sinxdx : ∫sin3xdx=−∫(1−u2)du=−u+3u3=−cosx+3cos3x+C.
b) cos2x=21+cos2x : ∫cos2xdx=2x+4sin2x+C. De même ∫0πsin2xdx=[2x−4sin2x]0π=2π. Lecture graphique : sin2 oscille SYMÉTRIQUEMENT autour de 21 (la droite pointillée), les bosses au-dessus compensant les creux : son intégrale est celle de la constante 21, soit 2π sur [0,π]. C'est ce 21 moyen qui fait le 2A des tensions efficaces en électricité.
c) Le cosinus porte la puissance IMPAIRE : c'est lui qu'on casse. cos3x=cosx(1−sin2x), et avec u=sinx : ∫u2(1−u2)du=3sin3x−5sin5x+C. Attaquer le sinus (pair) n'aurait rien donné : le facteur détaché doit être la dérivée de l'autre camp.
d) Règles : une puissance IMPAIRE quelque part : détacher un facteur de ce camp, convertir le reste en l'autre via sin2+cos2=1, substituer. Tout PAIR : linéariser avec les formules de l'angle double, quitte à recommencer. Pourquoi l'impair marche toujours : retirer un facteur d'une puissance impaire laisse une puissance PAIRE, donc entièrement convertible en l'autre fonction; et le facteur détaché est exactement le du de la substitution. La parité n'est pas un hasard de recette : c'est elle qui garantit que la conversion tombe juste.
Exercice 7 : Les substitutions trigonométriques : la racine devient un triangle
La figure montre y=9−x2 sur [0,3] : le quart de cercle de rayon 3 dont l'aire, connue de la géométrie, servira de vérification au calcul.
a) Calculez ∫9−x2dx : par quelle substitution, et vers quelle fonction ?
b) Calculez ∫039−x2dx par la substitution x=3sinθ, puis vérifiez avec la géométrie de la figure.
c) Calculez ∫03x2+9dx (on admettra la primitive lnx+x2+9, à vérifier par dérivation).
d) Dressez le tableau des trois substitutions : quelle racine appelle quel changement de variable, et quel triangle rectangle se cache derrière chacune ?
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Réponses
a)x=3sinθ : arcsin3x+C
b)49π≈7,07, le quart de disque
c)ln(1+2)≈0,881
d)asinθ, atanθ, asecθ
a) x=3sinθ, dx=3cosθdθ, et 9−9sin2θ=3cosθ : l'intégrale devient ∫3cosθ3cosθdθ=θ+C=arcsin3x+C. C'est d'ailleurs une primitive à connaître directement : ∫a2−x2dx=arcsinax+C.
b) Mêmes ingrédients : ∫039−x2dx=∫0π/23cosθ⋅3cosθdθ=9∫0π/2cos2θdθ=9⋅4π (linéarisation de l'exercice 6 : sur un quart de période, cos2 vaut 21 en moyenne). Résultat : 49π≈7,07. Géométrie : la courbe est le quart de cercle de rayon 3, d'aire 4πr2=49π ✓ : le calcul et la figure se valident mutuellement, et c'est très exactement ainsi qu'on démontre la formule de l'aire du disque.
c) Vérification de la primitive : dxdln(x+x2+9)=x+x2+91+x2+9x=x+x2+9x2+9x2+9+x=x2+91 ✓ (elle sort de la substitution x=3tanθ). Évaluation : ln(3+18)−ln3=ln33+32=ln(1+2)≈0,881.
d) a2−x2 : poser x=asinθ (le triangle a pour hypoténuse a et côté opposé x : la racine est le côté adjacent). a2+x2 : poser x=atanθ (côtés a et x : la racine est l'hypoténuse). x2−a2 : poser x=asecθ (hypoténuse x, côté a : la racine est l'autre côté). Dans les trois cas, l'identité sin2+cos2=1 (ou ses variantes) fait ÉVAPORER la racine, et le triangle sert au voyage retour : lire sinθ, tanθ, secθ sur les côtés pour réécrire la réponse en x.
Exercice 8 : La stratégie : choisir sa technique en trente secondes
Le format le plus discriminant de l'examen : des intégrales en apparence semblables qui appellent des techniques différentes. Le diagnostic vaut la moitié des points.
a) Calculez ∫xex2dx puis ∫xexdx. Pourquoi deux techniques différentes pour deux intégrales presque jumelles ?
b) Calculez ∫x2−1dx puis ∫x2+1dx. Quel détail change toute la méthode ?
c) Calculez ∫tan2xdx : quelle identité transforme l'intégrale impossible en intégrale immédiate ?
d) Rédigez la liste de contrôle stratégique : dans quel ordre interroger une intégrale inconnue, avec un exemple déclencheur pour chaque question.
a) ∫xex2dx : le x est (à un facteur 2 près) la dérivée de x2 : SUBSTITUTION u=x2, résultat 2ex2+C. ∫xexdx : aucune substitution ne marche (la dérivée de l'exposant x vaut 1, et le facteur x reste sur les bras) : PARTIES, résultat (x−1)ex+C. La paire est le test de diagnostic parfait : chercher d'abord « la dérivée de l'intérieur est-elle en facteur ? »; les parties ne viennent qu'après ce constat d'échec. (Et ∫ex2dx, sans le x, n'a aucune primitive élémentaire : le facteur x fait toute la différence.)
b) x2−1=(x−1)(x+1) se factorise : FRACTIONS PARTIELLES, x2−11=21(x−11−x+11), d'où 21lnx+1x−1+C. x2+1 ne se factorise PAS : arc tangente direct, arctanx+C. Un simple signe décide entre logarithmes et arc tangente : toujours tester la factorisation du dénominateur avant tout.
c) tan2x=sec2x−1 (l'identité 1+tan2=sec2 réarrangée) : ∫tan2xdx=tanx−x+C, puisque sec2 est la dérivée de tan. Les identités trigonométriques sont des techniques d'intégration à part entière : elles remplacent un intégrande sans primitive apparente par un autre, égal, qui en a une.
d) La liste, dans l'ordre : 1) Est-ce une forme DIRECTE de la table (y compris arctan, arcsin) ? 2) Une fonction et sa dérivée cohabitent-elles ? SUBSTITUTION (xex2, xlnx, tanx). 3) Un produit de familles différentes (polynôme, exponentielle, trigonométrie, logarithme) ? PARTIES (xex, xcosx, lnx seul). 4) Une fraction rationnelle ? Division si nécessaire, puis FRACTIONS PARTIELLES. 5) Des puissances trigonométriques ? Parité : détacher ou linéariser. 6) Une racine a2±x2 ou x2−a2 ? SUBSTITUTION TRIGONOMÉTRIQUE. Six questions, trente secondes : le diagnostic avant le traitement, comme en médecine.
Exercice 9 : Combiner les techniques : substitution puis parties
Les intégrales les plus coriaces de l'examen ne cèdent à AUCUNE technique isolée : il faut en enchaîner deux, et c'est le choix de la première qui débloque tout.
a) Calculez ∫exdx en substituant d'abord, puis en intégrant par parties.
b) Calculez ∫xarctanxdx : parties d'abord, puis une division.
c) Calculez ∫x2lnxdx et vérifiez le résultat par dérivation.
d) Devant une intégrale qui résiste, dans quel ordre essayer les techniques ? Que révèle la présence d'une racine à l'intérieur d'une exponentielle ?
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Réponses
a)2(x−1)ex+C
b)2x2arctanx−2x+2arctanx+C
c)−xlnx+1+C
d)Substituer pour nettoyer, parties pour conclure
a) La racine dans l'exposant interdit toute primitive directe. On substitue u=x, donc x=u2 et dx=2udu : ∫exdx=∫eu⋅2udu=2∫ueudu. Cette dernière est un produit polynôme fois exponentielle, donc PARTIES avec s=u et dt=eudu : ∫ueudu=ueu−eu=(u−1)eu. D'où ∫exdx=2(u−1)eu+C=2(x−1)ex+C. Vérification par dérivation : 2[2x1ex+(x−1)2xex]=xex[1+x−1]=ex ✓.
b) PARTIES d'abord, avec u=arctanx (la fonction à belle dérivée) et dv=xdx, donc v=2x2 : ∫xarctanxdx=2x2arctanx−21∫1+x2x2dx. L'intégrale restante est une fraction rationnelle IMPROPRE (degrés égaux), il faut donc DIVISER : 1+x2x2=1−1+x21, dont l'intégrale vaut x−arctanx. Total : ∫xarctanxdx=2x2arctanx−2x+2arctanx+C. L'oubli de la division est ici l'erreur numéro un : elle mène à une impasse alors que le calcul était presque terminé.
c) On récrit x2lnx=lnx⋅x−2 et on intègre par parties avec u=lnx (dérivée simple) et dv=x−2dx, donc v=−x1 : ∫x2lnxdx=−xlnx+∫x1⋅x1dx=−xlnx+∫x−2dx=−xlnx−x1+C=−xlnx+1+C. Vérification : (−xlnx+1)′=−x2x1⋅x−(lnx+1)=−x21−lnx−1=x2lnx ✓.
d) L'ordre : 1) simplifier algébriquement; 2) chercher une SUBSTITUTION (une fonction et sa dérivée); 3) si l'intégrande est un produit de familles différentes, PARTIES; 4) si c'est une fraction rationnelle, division puis fractions partielles; 5) si des puissances trigonométriques, la parité; 6) si une racine de la forme a2±x2, substitution trigonométrique. Et surtout : après avoir appliqué une technique, RECOMMENCER la liste sur ce qui reste, car c'est ainsi qu'on enchaîne. La présence d'une racine À L'INTÉRIEUR d'une exponentielle, d'un logarithme ou d'une fonction trigonométrique est un signal net : aucune technique ne s'applique tant que la racine est là, il faut donc commencer par la SUBSTITUTION u=x pour l'éliminer, quitte à ce que le dx=2udu fasse apparaître un facteur qui appellera ensuite les parties. La règle générale à retenir : substituer pour NETTOYER, intégrer par parties pour CONCLURE.
Exercice 10 : Complétion du carré et quadratiques irréductibles
Un dénominateur quadratique sans racine réelle ne se factorise pas. La complétion du carré le ramène à la forme u2+a2, seule porte d'entrée vers l'arc tangente.
a) Calculez ∫x2+2x+5dx en complétant le carré.
b) Calculez ∫x2+4x+8x+1dx : le numérateur impose un découpage préalable. Lequel, et pourquoi ?
c) Calculez ∫3−2x−x2dx en complétant le carré sous la racine.
d) Comment reconnaître, devant un dénominateur quadratique, s'il faut factoriser ou compléter le carré ? Quelle primitive chaque cas produit-il ?
a) Le discriminant vaut 4−20=−16<0 : pas de racine réelle, donc pas de factorisation possible. On complète le carré : x2+2x+5=(x2+2x+1)+4=(x+1)2+4. Avec la forme ∫u2+a2du=a1arctanau+C, où u=x+1 et a=2 : ∫x2+2x+5dx=21arctan2x+1+C. Vérification numérique en x=1,1 : la dérivée de la réponse vaut 0,118906, et 1,12+2(1,1)+51=0,118906 ✓.
b) Le dénominateur se complète en x2+4x+8=(x+2)2+4. Le numérateur x+1 n'est PAS proportionnel à la dérivée du dénominateur, qui vaut 2x+4. On le DÉCOUPE donc en deux morceaux : x+1=(x+2)−1. Le premier morceau donne une forme uu′ à un facteur près, donc un logarithme; le second donne un arc tangente. Précisément : ∫(x+2)2+4x+2dx=21ln[(x+2)2+4] (substitution u=(x+2)2+4), et ∫(x+2)2+4dx=21arctan2x+2. Total : ∫x2+4x+8x+1dx=21ln[(x+2)2+4]−21arctan2x+2+C. Le découpage est nécessaire parce qu'une seule des deux primitives usuelles ne peut absorber un numérateur affine général : il faut séparer la part « dérivée du dénominateur » de la part constante.
c) Sous la racine : 3−2x−x2=−(x2+2x−3)=−[(x+1)2−4]=4−(x+1)2. Attention au signe, c'est l'étape où l'on se trompe : il faut factoriser −1 AVANT de compléter. On reconnaît alors la forme ∫a2−u2du=arcsinau+C, avec u=x+1 et a=2 : ∫3−2x−x2dx=arcsin2x+1+C, valable sur −3<x<1, où l'expression sous la racine est strictement positive.
d) Le test est le DISCRIMINANT du trinôme. Si Δ>0, il y a deux racines réelles, le trinôme se FACTORISE et l'on emploie les fractions partielles : la primitive est une somme de LOGARITHMES. Si Δ<0, il n'y a pas de racine réelle, le trinôme est irréductible, on COMPLÈTE LE CARRÉ et la primitive fait intervenir un ARC TANGENTE (éventuellement accompagné d'un logarithme si le numérateur n'est pas constant, comme au point b). Si Δ=0, le trinôme est un carré parfait (x−r)2 et la primitive est une PUISSANCE en −x−r1. Trois cas, trois familles de primitives, et un seul calcul de discriminant pour trancher : c'est le réflexe à avoir avant toute autre considération. Sous une RACINE, le même travail de complétion mène cette fois vers arcsin ou vers un logarithme, selon le signe du carré, ce qui prépare directement les substitutions trigonométriques.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Les arches de x sin x : des aires qui grandissent en progression arithmétique
La courbe de f(x)=xsinx oscille entre deux droites, y=x et y=−x, en arches de plus en plus hautes. Chaque arche occupe un intervalle [kπ;(k+1)π]. La figure montre les quatre premières.
a) Par une intégration par parties, trouvez une primitive F de xsinx.
b) Calculez ∫π2πxsinxdx. Pourquoi le résultat est-il négatif ?
c) Calculez ∫2π3πxsinxdx.
d) Montrez que ∫kπ(k+1)πxsinxdx=(−1)k(2k+1)π pour tout entier k≥0.
e) Déduisez-en l'aire totale comprise entre la courbe et l'axe sur [0;4π], puis la valeur de ∫04πxsinxdx. Pourquoi ces deux nombres diffèrent-ils autant ?
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Réponses
a)−xcosx+sinx+C
b)−3π : arche sous l'axe
c)5π
d)(−1)k(2k+1)π
e)Aire 16π, intégrale −4π
a) u=x, dv=sinxdx, donc du=dx et v=−cosx : ∫xsinxdx=−xcosx+∫cosxdx=−xcosx+sinx+C. Vérification : (−xcosx+sinx)′=−cosx+xsinx+cosx=xsinx ✓.
b) F(2π)−F(π)=(−2π×1+0)−(−π×(−1)+0)=−2π−π=−3π. Sur ]π;2π[, sinx<0 et x>0 : l'arche est SOUS l'axe, l'intégrale compte son aire négativement.
c) F(3π)−F(2π)=(−3π×(−1))−(−2π×1)=3π+2π=5π.
d) Comme sin(kπ)=0 et cos(kπ)=(−1)k : F((k+1)π)−F(kπ)=−(k+1)π(−1)k+1+kπ(−1)k=(−1)k[(k+1)π+kπ]=(−1)k(2k+1)π. Les aires des arches valent π, 3π, 5π, 7π... : une progression arithmétique de raison 2π.
e) Aire totale : π+3π+5π+7π=16π≈50,27. Intégrale : π−3π+5π−7π=−4π, ce que confirme F(4π)−F(0)=−4π. L'intégrale additionne des aires SIGNÉES qui se compensent en grande partie ; l'aire géométrique additionne leurs valeurs absolues. Pour une aire, on découpe aux zéros de la fonction avant d'intégrer.
Exercice 12 : Deux chemins pour une même intégrale : substitution ou parties
On veut calculer I=∫x3x2+1dx. Deux méthodes marchent, et elles ne donnent pas la réponse sous la même forme.
a) Posez u=x2+1 et exprimez le x2 restant en fonction de u pour calculer I.
b) Calculez I par parties avec u=x2 et dv=xx2+1dx.
c) Les deux réponses diffèrent-elles d'une constante ? Montrez-le en réécrivant la seconde à l'aide de u=x2+1.
d) Calculez ∫03x3x2+1dx.
e) Pourquoi le choix u=x3, dv=x2+1dx est-il une impasse ?
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Réponses
a)51(x2+1)5/2−31(x2+1)3/2+C
b)3x2(x2+1)3/2−152(x2+1)5/2+C
c)Identiques une fois écrites en u
d)1558≈3,867
e)dv doit s'intégrer sans effort
a) du=2xdx, donc x3dx=x2⋅xdx=(u−1)2du : I=21∫(u−1)u1/2du=21(52u5/2−32u3/2)+C=51(x2+1)5/2−31(x2+1)3/2+C.
b) dv=xx2+1dx donne v=31(x2+1)3/2 (substitution immédiate), et du=2xdx. Alors I=3x2(x2+1)3/2−32∫x(x2+1)3/2dx=3x2(x2+1)3/2−152(x2+1)5/2+C.
c) Avec x2=u−1, la seconde s'écrit 3u−1u3/2−152u5/2=31u5/2−31u3/2−152u5/2=51u5/2−31u3/2. Elles sont IDENTIQUES, la constante qui les sépare est nulle. Deux primitives peuvent paraître différentes sans l'être : avant de conclure à une erreur, on les ramène à la même variable.
d) Avec la forme de a) et les bornes en u, de 1 à 4 : [51u5/2−31u3/2]14=(532−38)−(51−31)=531−37=1558≈3,867.
e) Avec dv=x2+1dx, il faudrait d'abord trouver v=∫x2+1dx, qui demande une substitution trigonométrique et donne un logarithme ; puis u=x3 ne descend que d'un degré par tour. On échange une intégrale contre une plus difficile. La règle : dv doit être le morceau que l'on sait intégrer SANS effort, ici xx2+1, où le x fournit la dérivée de l'intérieur.
Exercice 13 : Une intégrale à trois pôles : exacte, impropre, puis interdite
On étudie f(x)=x3−x1, dont le dénominateur s'annule en trois points.
a) Factorisez x3−x et décomposez f(x) en éléments simples.
b) Donnez une primitive de f et montrez qu'elle s'écrit 21lnx2x2−1.
c) Calculez ∫24x3−xdx sous forme exacte, puis décimale.
d) Calculez ∫2+∞x3−xdx.
e) Un étudiant applique la même primitive sur [21;2] et trouve −ln2. Que vaut vraiment cette intégrale ?
Voir la correction
Réponses
a)−x1+2(x−1)1+2(x+1)1
b)21lnx2x2−1+C
c)21ln45≈0,1116
d)21ln34≈0,1438
e)Pôle en 1 : l'intégrale diverge
a) x3−x=x(x−1)(x+1), trois pôles simples. Par le cache : coefficient de x1, (0−1)(0+1)1=−1 ; de x−11, 1×21=21 ; de x+11, (−1)(−2)1=21. Donc f(x)=−x1+2(x−1)1+2(x+1)1. Contrôle en x=2 : 61 et −21+21+61=61 ✓.
b) F(x)=−ln∣x∣+21ln∣x−1∣+21ln∣x+1∣=21ln∣x2−1∣−21lnx2=21lnx2x2−1. Regrouper les logarithmes rend les bornes beaucoup plus simples à évaluer.
c) F(4)−F(2)=21ln1615−21ln43=21ln(1615×34)=21ln45≈0,1116.
d) ∫2bf=21lnb2b2−1−21ln43, et b2b2−1→1 quand b→+∞. L'intégrale converge et vaut 0−21ln43=21ln34≈0,1438. C'est cohérent : f(x) se comporte comme x31 à l'infini.
e) Le calcul de l'étudiant, 21ln43−21ln3=−ln2, n'a aucun sens : l'intervalle [21;2] contient le pôle x=1, où f n'est pas définie. Près de 1, f(x)≈2(x−1)1, dont l'intégrale diverge des deux côtés : l'intégrale est impropre et DIVERGE. Le théorème fondamental exige une fonction continue sur tout l'intervalle ; on vérifie les pôles AVANT d'évaluer une primitive.
Exercice 14 : Problème : l'oscillateur amorti et sa position d'équilibre
Un mobile fixé à un ressort est freiné par un liquide. Sa vitesse vaut v(t)=e−t/2cost (en m/s, t en secondes), et il part de la position s(0)=0.
a) Calculez ∫e−t/2costdt par deux intégrations par parties successives.
b) Déduisez-en la position s(t).
c) Calculez s(π).
d) Vers quelle position le mobile se stabilise-t-il ?
e) À quel instant le mobile s'arrête-t-il pour la première fois, et à quelle position ? Est-ce la position la plus éloignée qu'il atteindra ?
Voir la correction
Réponses
a)52e−t/2(2sint−cost)+C
b)s(t)=52e−t/2(2sint−cost)+52
c)s(π)≈0,483 m
d)0,4 m
e)t=2π, s≈0,765 m, le maximum
a) Premier tour, u=cost, dv=e−t/2dt, v=−2e−t/2 : I=−2e−t/2cost−2∫e−t/2sintdt. Second tour, en dérivant encore la trigonométrie, u=sint : ∫e−t/2sintdt=−2e−t/2sint+2I. En reportant : I=−2e−t/2cost+4e−t/2sint−4I, donc 5I=e−t/2(4sint−2cost) et I=52e−t/2(2sint−cost)+C.
b) s(0)=52(0−1)+C=0 donne C=52. Donc s(t)=52e−t/2(2sint−cost)+52.
c) s(π)=52e−π/2(0+1)+52=0,4(e−π/2+1)≈0,483 m.
d) e−t/2→0 et 2sint−cost reste borné par 5 : s(t)→52=0,4 m. La position d'équilibre est EXACTEMENT la constante d'intégration.
e) v(t)=0 pour la première fois quand cost=0, soit t=2π≈1,57 s. Alors s(2π)=52e−π/4×2+52≈0,765 m. Avant, v>0 ; entre 2π et 23π, v<0. C'est le maximum : le mobile dépasse l'équilibre de 0,365 m, puis oscille autour avec une amplitude qui fond comme e−t/2. La figure du corrigé montre la position et la vitesse.
Exercice 15 : Problème : l'hydrogramme de crue d'une rivière
Après un orage, le débit d'une rivière est modélisé par Q(t)=5+20te−t/3, en milliers de m3 par heure, t en heures depuis le début de la crue. Le terme 5 est le débit de base de la rivière.
a) Calculez ∫te−t/3dt.
b) À quel instant le débit est-il maximal ? Que vaut-il ?
c) Calculez le volume d'eau écoulé pendant les 12 premières heures.
d) Quel est le débit moyen sur ces 12 heures ?
e) Le volume DÛ À LA CRUE est celui qui dépasse le débit de base. Calculez-le sur 24 heures, puis sur une durée illimitée, et donnez la part écoulée en 24 heures.
Voir la correction
Réponses
a)−3(t+3)e−t/3+C
b)t=3 h, Q≈27,07
c)240−900e−4≈223,5 milliers de m3
d)≈18,63 milliers de m3 par heure
e)≈179,5 sur 24 h, 180 au total, 99,7 %
a) Par parties, u=t et dv=e−t/3dt, v=−3e−t/3 : ∫te−t/3dt=−3te−t/3+3∫e−t/3dt=−3te−t/3−9e−t/3+C=−3(t+3)e−t/3+C. Vérification : (−3(t+3)e−t/3)′=−3e−t/3+(t+3)e−t/3=te−t/3 ✓.
b) Q′(t)=20e−t/3(1−3t), positif avant t=3 et négatif après : le pic a lieu à t=3 h, avec Q(3)=5+e60≈27,07 milliers de m3 par heure.
c) ∫012Q(t)dt=5×12+20[−3(t+3)e−t/3]012=60+20(−45e−4+9)=240−900e−4≈223,5 milliers de m3.
d) Débit moyen =121∫012Q≈12223,52≈18,63 milliers de m3 par heure, bien au-dessus du débit de base et bien au-dessous du pic.
e) Sur 24 heures : 20[−3(t+3)e−t/3]024=20(9−81e−8)≈179,5 milliers de m3. Sur une durée illimitée, (t+3)e−t/3→0 et le volume de crue tend vers 20×9=180 milliers de m3. Part écoulée en 24 heures : 180179,46≈99,7 pour cent. Le terme de bord −3(t+3)e−t/3 dit à lui seul combien d'eau reste à passer. La figure du corrigé trace l'hydrogramme.
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