Calcul intégral 201-SN3-RE (ancien 201-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : les applications de l'intégrale (201-SN3-RE, ancien 201-NYB)
Voici la série d'exercices corrigés de calcul intégral 201-SN3-RE (ancien 201-NYB) sur les applications de l'intégrale : le chapitre où l'aire sous la courbe devient tour à tour un volume, une longueur, une moyenne, un travail, une force ou une probabilité. La partie A est géométrique : les volumes de révolution par disques et rondelles, jusqu'à la démonstration de la formule de la sphère ; les coquilles cylindriques, vérifiées contre les disques sur la même région (même réponse, chemins différents) ; la longueur d'arc et l'aire de surface, où la sphère livre son aire 4πr2 en deux lignes ; les volumes par sections connues et le principe de Cavalieri (exercice 4) ; le centre de masse d'une plaque et le théorème de Pappus, qui donne le volume du tore (exercice 5). La partie B est appliquée : valeur moyenne et valeur efficace (le 120 V de la prise), le travail du ressort, de la chaîne, du réservoir à vider et de la fusée qui s'échappe, les taux d'accumulation, distance contre déplacement, coût marginal, probabilité exponentielle, puis la force hydrostatique sur une vanne et le paradoxe du barrage (exercice 9).
Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature (cours de calcul intégral 201-SN3-RE) comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de mathématiques. C'est le chapitre le plus payant en examen : les techniques sont celles des chapitres précédents, la difficulté est tout entière dans la MISE EN ÉQUATION : découper, exprimer la tranche, sommer. L'exercice 10 le montre sur quatre disciplines à la fois, le surplus du consommateur, le débit cardiaque par dilution, la masse d'une tige de densité variable et la vidange de Torricelli.
La partie C reprend les classiques : la sphère percée dont le volume restant ne dépend pas du rayon (exercice 11), les rondelles autour d'un axe horizontal décalé, vérifiées par Pappus (exercice 12), l'aire latérale du cône et du paraboloïde (exercice 13), la masse d'une planète plus dense au centre découpée en coquilles sphériques (exercice 14) et le travail d'un gaz en détente isotherme puis adiabatique (exercice 15).
Le réflexe à garder tout du long : toujours partir de la TRANCHE. Un volume est une somme de disques ou de coquilles, un travail une somme de petits déplacements, une moyenne une somme de valeurs : écrire ce que vaut UNE tranche d'épaisseur dx, puis intégrer. L'intégrale n'est jamais une formule à retenir, c'est un découpage à raconter, et l'examen note le récit autant que le résultat. Les corrigés désignent les erreurs qui coûtent les points : le travail d'un ressort calculé comme « force finale fois distance » (exercice 7), et l'aire de surface calculée avec dx au lieu de l'arc ds (exercice 13).
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Disques (rotation autour de l'axe des x, région collée à l'axe) : V=π∫ab[f(x)]2dx. Rondelles (trou au milieu) : V=π∫ab([R(x)]2−[r(x)]2)dx avec R le rayon extérieur et r l'intérieur.
•Coquilles cylindriques (rotation autour de l'axe des y d'une région décrite en x) : V=2π∫abxh(x)dx : rayon x, hauteur h(x), épaisseur dx. Autour de la droite x=c : remplacer le rayon par ∣c−x∣. Choix pratique : disques si la tranche est PERPENDICULAIRE à l'axe de rotation sans changer de variable, coquilles sinon.
•Longueur d'arc : L=∫ab1+[f′(x)]2dx (Pythagore sur la tranche : ds=dx2+dy2). Aire de surface de révolution : S=2π∫abf(x)1+[f′(x)]2dx.
•Valeur moyenne : fˉ=b−a1∫abf(x)dx; le théorème de la moyenne garantit que f atteint fˉ quelque part sur [a,b] (si f continue). Valeur efficace (RMS) : feff=f2; pour Asin(ωt) : feff=2A.
•Travail : W=∫Fdx quand la force varie (ressort : F=kx, W=21kx2); pour lever un objet réparti (chaîne, liquide), la TRANCHE au niveau y pèse (densité × volume de tranche) et monte d'une hauteur qui dépend de y.
•Accumulation : l'intégrale d'un TAUX (débit, coût marginal, vitesse, densité de probabilité) donne la quantité accumulée. Déplacement =∫vdt; distance =∫∣v∣dt (couper aux zéros de v).
Partie A : Volumes, sections, longueurs et centres de masse (/50)
Exercice 1 : Disques et rondelles
La figure montre la région comprise entre y=x et y=x sur [0,1], utilisée à la question b) : sa rotation autour de l'axe des x engendre un solide troué.
a) La région sous y=x2 sur [0,2] tourne autour de l'axe des x. Posez la tranche, puis calculez le volume.
b) La région de la figure tourne autour de l'axe des x. Expliquez pourquoi la tranche est une RONDELLE, identifiez les deux rayons, et calculez le volume.
c) La région bornée par y=x2, l'axe des y et la droite y=4 tourne autour de l'axe des y. Calculez le volume par disques HORIZONTAUX.
d) Démontrez la formule du volume de la sphère en faisant tourner y=r2−x2 autour de l'axe des x.
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Réponses
a)532π≈20,1
b)Rondelles R=x, r=x : 6π
c)π∫04ydy=8π
d)π∫−rr(r2−x2)dx=34πr3
a)
La tranche en x, perpendiculaire à l'axe, est un disque plein de rayon f(x)=x2 et d'épaisseur dx : dV=π(x2)2dx. V=π∫02x4dx=π⋅532=532π≈20,1.
b)
Sur [0,1], x≥x : la tranche tourne en laissant un TROU, c'est une rondelle de rayon extérieur R=x (la courbe haute) et de rayon intérieur r=x. V=π∫01[(x)2−x2]dx=π∫01(x−x2)dx=π(21−31)=6π≈0,52. Piège évité : π∫(R−r)2dx est FAUX : on soustrait les CARRÉS des rayons, pas les rayons avant de mettre au carré.
c)
Autour de l'axe des y, on tranche HORIZONTALEMENT : à la hauteur y, le disque va de l'axe jusqu'à la parabole, rayon x=y : V=π∫04(y)2dy=π∫04ydy=8π≈25,1. Changer d'axe de rotation, c'est changer de variable de découpage : la tranche doit toujours être perpendiculaire à l'axe.
d)
Le demi-cercle y=r2−x2 sur [−r,r], en rotation, engendre la sphère : V=π∫−rr(r2−x2)dx=π[r2x−3x3]−rr=π(32r3+32r3)=34πr3. La formule apprise au secondaire tient en trois lignes de calcul intégral : c'est exactement pour cela qu'Archimède, qui l'obtint par découpages, voulait une sphère sur sa tombe.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Les coquilles cylindriques
La figure montre l'arche y=2x−x2 avec une coquille type en pointillés : autour de l'axe des y, la tranche verticale en x engendre un cylindre creux de rayon x, de hauteur h(x) et d'épaisseur dx, donc de volume dV=2πxh(x)dx.
a) Reprenez la région de l'exercice 1c (bornée par y=x2, l'axe des y et y=4) et recalculez son volume de rotation autour de l'axe des y, par COQUILLES cette fois. Comparez.
b) L'arche de la figure (y=2x−x2, 0≤x≤2) tourne autour de l'axe des y. Calculez le volume.
c) Formulez la règle pratique : quand choisir les coquilles plutôt que les disques ?
d) La même arche tourne maintenant autour de la droite VERTICALE x=3. Adaptez le rayon de la coquille et calculez le volume.
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Réponses
a)2π∫02x(4−x2)dx=8π, comme 1c
b)38π
c)Coquilles si la tranche parallèle à l'axe évite d'inverser f
d)Rayon 3−x : 316π
a)
La coquille en x a pour rayon x et pour hauteur la distance verticale de la parabole au plafond : h(x)=4−x2, pour x de 0 à 2. V=2π∫02x(4−x2)dx=2π[2x2−4x4]02=2π(8−4)=8π : EXACTEMENT le résultat des disques horizontaux de 1c. Deux découpages orthogonaux, une seule réalité : quand les deux méthodes sont praticables, elles se vérifient l'une l'autre, un luxe à s'offrir en examen quand le temps le permet.
b)
Rayon x, hauteur h(x)=2x−x2 : V=2π∫02x(2x−x2)dx=2π[32x3−4x4]02=2π(316−4)=38π≈8,38. Par disques, il aurait fallu inverser y=2x−x2 (deux branches de racine carrée !) : les coquilles évitent toute l'algèbre.
c)
Coquilles quand la région est naturellement décrite en TRANCHES PARALLÈLES à l'axe de rotation : rotation autour de l'axe des y d'une région donnée par y=f(x), c'est leur royaume, car inverser f serait pénible ou multiforme. Disques ou rondelles quand la tranche PERPENDICULAIRE à l'axe s'écrit sans inversion. Le critère n'est pas la forme du solide mais la variable dans laquelle la région se raconte bien.
d)
L'axe x=3 est à droite de l'arche : la tranche en x tourne à la distance 3−x : V=2π∫02(3−x)(2x−x2)dx=2π∫02(6x−5x2+x3)dx=2π[3x2−35x3+4x4]02=2π(12−340+4)=316π≈16,8 : le double du volume de b), logique, la matière tournant plus loin de l'axe. Adapter le RAYON, jamais la hauteur : c'est le seul changement qu'un axe décalé impose aux coquilles.
Exercice 3 : Longueur d'arc et aire de surface
La tranche de courbe est une hypoténuse : ds=dx2+dy2=1+[f′(x)]2dx. En rotation, elle balaie un ruban d'aire 2πf(x)ds.
a) Justifiez la formule de la longueur d'arc par Pythagore sur la tranche, puis calculez la longueur de y=x3/2 sur [0,4].
b) Calculez la longueur de la chaînette y=2ex+e−x sur [0,1] (l'identité 1+(2ex−e−x)2=(2ex+e−x)2 fait tout le travail).
c) Pourquoi si peu de fonctions ont-elles une longueur d'arc calculable exactement ? Que fait-on dans les autres cas ?
d) Démontrez que l'aire de la sphère vaut 4πr2 en faisant tourner y=r2−x2, et admirez la simplification.
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Réponses
a)278(103/2−1)≈9,07
b)2e−e−1≈1,18
c)Racine rarement intégrable : numérique ou séries
d)f1+f′2=r, donc S=4πr2
a)
Sur une tranche, la courbe avance de dx et monte de dy=f′(x)dx : sa longueur est l'hypoténuse dx2+dy2=1+[f′(x)]2dx, qu'on somme. Ici f′(x)=23x1/2 : L=∫041+49xdx=[278(1+49x)3/2]04=278(103/2−1)≈9,07 : un peu plus que la corde 42+82≈8,94, comme il se doit.
b)
y′=2ex−e−x, et l'identité donnée donne 1+y′2=2ex+e−x : la racine disparaît ! L=∫012ex+e−xdx=[2ex−e−x]01=2e−e−1≈1,18. La chaînette (la courbe d'un câble suspendu) est LA courbe dont la longueur se calcule le mieux : sa dérivée et elle échangent leurs rôles sous la racine.
c)
Parce que 1+f′2 détruit presque toujours l'intégrabilité élémentaire : même la parabole y=x2 mène à ∫1+4x2dx, faisable mais laborieux (substitution trigonométrique), et l'ellipse mène à une intégrale... « elliptique », sans forme close, qui a donné son nom à toute une théorie. Dans les autres cas : intégration NUMÉRIQUE (sommes de Riemann raffinées), ou séries. Les longueurs calculables (x3/2, chaînette, cercle) sont des exceptions choisies avec soin par les examens.
d)
f(x)=r2−x2, f′=−fx : 1+f′2=f2f2+x2=fr. Alors f(x)1+f′2=f⋅fr=r : CONSTANT ! S=2π∫−rrrdx=2πr⋅2r=4πr2. La simplification dit une chose profonde (déjà connue d'Archimède) : chaque tranche verticale de la sphère, quelle que soit sa position, porte exactement la même aire que la tranche correspondante du cylindre circonscrit : la sphère se déroule sur son cylindre.
Exercice 4 : Les volumes par sections connues, et le principe de Cavalieri
Un solide n'a pas besoin d'être de révolution pour se laisser intégrer. Il suffit de connaître l'AIRE de sa section à chaque abscisse : V=∫abA(x)dx. La rotation n'était qu'un cas particulier, celui où la section se trouve être un disque. Dans tout cet exercice, la base du solide est le disque x2+y2≤4.
a) Les sections perpendiculaires à l'axe des x sont des CARRÉS dont un côté est la corde en pointillés. Exprimez le côté en fonction de x, puis calculez le volume.
b) Mêmes sections, mais des TRIANGLES ÉQUILATÉRAUX construits sur la même corde. Calculez le volume, et expliquez pourquoi le rapport au volume de a) ne dépend ni de x ni du rayon.
c) On coupe le cylindre droit de rayon 2 par un plan passant par un diamètre de la base et incliné à 45 degrés. Calculez le volume de ce coin en posant la section perpendiculaire à l'axe des x, et vérifiez avec la formule V=32r3tanθ.
d) Énoncez le principe de Cavalieri, puis démontrez le volume de la sphère de rayon r en la comparant au cylindre de rayon r et de hauteur 2r privé de deux cônes. Aucune intégrale n'est permise dans cette question.
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Réponses
a)3128≈42,7
b)3323≈18,5, rapport 43
c)316
d)Sections de même aire : sphère =34πr3
a)
À l'abscisse x, la corde va de y=−4−x2 à y=+4−x2 : sa longueur est s(x)=24−x2. La section carrée a donc pour aire A(x)=s2=4(4−x2), et la tranche vaut dV=A(x)dx. V=∫−224(4−x2)dx=4[4x−3x3]−22=4×332=3128≈42,7. Remarquez que la racine carrée a disparu d'elle-même : c'est le carré de la corde qui intervient, jamais la corde.
b)
L'aire d'un triangle équilatéral de côté s vaut 43s2, donc A(x)=43⋅4(4−x2)=3(4−x2) et V=3×332=3323≈18,5. Le rapport au volume de a) vaut 43≈0,433, EXACTEMENT le rapport des aires des deux sections. La raison est structurelle : les deux solides ont la même corde s(x) à chaque abscisse, et leurs aires de section sont toutes deux proportionnelles à s2 avec un facteur de forme constant. Ce facteur sort de l'intégrale par linéarité, donc il survit intact au passage au volume. Changer la forme de la section multiplie le volume par une constante, quelle que soit la base.
c)
Plaçons le plan de coupe de sorte que la hauteur au-dessus du point (x,y) soit z=ytan45∘=y, pour y≥0. À l'abscisse x fixée, la section est un triangle rectangle : y court de 0 à 4−x2 et la hauteur y vaut y, d'où A(x)=∫04−x2ydy=24−x2. Alors V=∫−2224−x2dx=21×332=316≈5,33. La formule donne 32(2)3tan45∘=316 : identique. Ce solide n'est de révolution en aucun sens, et pourtant il se calcule aussi vite qu'un disque : la méthode des sections est strictement plus générale que celle des disques.
d)
Principe de Cavalieri : si deux solides, coupés par tout plan d'une même famille de plans parallèles, présentent des sections de MÊME AIRE, alors ils ont le même volume. La forme des sections n'intervient pas, seule leur aire compte. Comparons donc, à la hauteur y (avec −r≤y≤r) : la sphère de rayon r y présente un disque de rayon r2−y2, donc d'aire π(r2−y2). Le cylindre de rayon r et de hauteur 2r, privé des deux cônes de sommet au centre et de bases les deux disques extrêmes, y présente une couronne : le cône a été creusé jusqu'au rayon ∣y∣, donc l'aire vaut πr2−πy2=π(r2−y2). Les deux aires sont ÉGALES à toute hauteur, donc les volumes le sont. Or le volume du solide de comparaison se lit sur des formules élémentaires : V=πr2(2r)−2(31πr2⋅r)=2πr3−32πr3=34πr3. La sphère vaut donc 34πr3, sans avoir intégré une seule fois. C'est la démonstration d'Archimède, et elle éclaire celle de l'exercice 1d : l'intégrale π∫(r2−x2)dx ne faisait qu'additionner ces mêmes aires de sections. Cavalieri, c'est le théorème fondamental avant la lettre.
Exercice 5 : Centre de masse d'une plaque et théorème de Pappus
Une plaque homogène a un point d'équilibre, son centre de masse (xˉ,yˉ), donné par xˉ=A1∫abxf(x)dx et yˉ=A1∫ab2[f(x)]2dx, où A est l'aire. Ces moments contiennent une information étonnante : ils suffisent à retrouver tous les volumes de révolution de la série.
a) Trouvez le centre de masse de la plaque délimitée par y=4−x2 et l'axe des x. Obtenez xˉ SANS calcul, puis yˉ par l'intégrale. Pourquoi yˉ n'est-il pas la moitié de la hauteur maximale ?
b) Trouvez le centre de masse de la plaque sous y=x2 sur [0,2]. Le point obtenu appartient-il à la plaque ? Une réponse générale est-elle possible ?
c) Le théorème de Pappus affirme que le volume engendré par la rotation d'une région plane autour d'un axe qui ne la traverse pas vaut V=2πdˉA, où dˉ est la distance du centre de masse à l'axe. Appliquez-le à l'arche y=2x−x2 de l'exercice 2, autour de l'axe des y puis autour de x=3, et comparez aux volumes obtenus par coquilles.
d) Déduisez du théorème de Pappus le volume du tore engendré par un disque de rayon 1 dont le centre est à distance 3 de l'axe. Puis expliquez ce qui se casse si l'axe TRAVERSE la région, en prenant le disque de rayon 1 centré à l'origine tournant autour de l'axe des y.
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Réponses
a)(0;58)
b)(23;56), dans la plaque ici
c)38π et 316π
d)Tore : 6π2 ; Pappus faux si l'axe traverse
a)
La plaque est symétrique par rapport à l'axe des y : toute masse à droite a son exacte contrepartie à gauche, donc xˉ=0. Aucun calcul n'est nécessaire, et repérer une symétrie avant d'intégrer fait gagner la moitié du travail à chaque fois. Aire : A=∫−22(4−x2)dx=332. Moment : ∫−222(4−x2)2dx=21∫−22(16−8x2+x4)dx=21⋅15512=15256. D'où yˉ=32/3256/15=58=1,6. Ce n'est pas 2, la moitié de la hauteur maximale 4, parce que la plaque n'est pas un rectangle : elle est LARGE en bas et EFFILÉE en haut, donc la masse se concentre vers le bas et tire le centre d'équilibre sous la mi-hauteur. La moitié de la hauteur ne vaut que pour une région dont la largeur est constante.
b)
A=∫02x2dx=38. xˉ=83∫02x3dx=83×4=23. yˉ=83∫022x4dx=83×516=56. Le centre de masse est en (23,56); comme f(23)=2,25 et que 56=1,2<2,25, ce point est bien DANS la plaque. Mais aucune réponse générale n'est possible : pour une région en croissant ou en fer à cheval, le centre de masse tombe hors de la matière. C'est le cas de l'anneau, dont le centre d'équilibre est le trou. Le centre de masse est le barycentre de la région, pas un de ses points.
c)
Arche y=2x−x2 sur [0,2] : A=∫02(2x−x2)dx=4−38=34, et xˉ=1 par symétrie de la parabole autour de son sommet. Autour de l'axe des y, la distance du centre de masse à l'axe est dˉ=1 : V=2π(1)(34)=38π, exactement le résultat de l'exercice 2b. Autour de x=3 : dˉ=3−1=2, donc V=2π(2)(34)=316π, exactement le résultat de l'exercice 2d. Une ligne remplace deux intégrales, et le doublement observé en 2d s'explique enfin : la distance parcourue par le centre de masse a doublé, tout le reste est inchangé. Lecture profonde de Pappus : un solide de révolution a pour volume l'aire de la région multipliée par la LONGUEUR DU CHEMIN 2πdˉ que parcourt son centre de masse. Attention toutefois, Pappus donne le volume, jamais la mise en équation : un examen qui exige la méthode des coquilles n'accepte pas Pappus en remplacement, seulement en vérification.
d)
Le disque a pour aire A=π(1)2=π et son centre de masse est son centre, à dˉ=3 de l'axe : V=2π(3)(π)=6π2≈59,2. Retrouver le volume du tore sans poser la moindre intégrale est le plus bel argument commercial du théorème. Si l'axe TRAVERSE la région, tout s'effondre : le disque de rayon 1 centré à l'origine a son centre de masse SUR l'axe des y, donc dˉ=0 et Pappus annoncerait V=0, alors que la rotation engendre une sphère de rayon 1, de volume 34π. L'erreur est identifiable : quand l'axe traverse la région, les deux moitiés balaient le MÊME solide, et le théorème compte la matière deux fois tout en laissant les distances de part et d'autre se soustraire. L'hypothèse « l'axe ne traverse pas la région » n'est pas une précaution de rédaction, c'est ce qui rend l'énoncé vrai.
Partie B : Moyennes, travail, pression et accumulation (/50)
Exercice 6 : Valeur moyenne et valeur efficace
La moyenne d'une fonction continue est fˉ=b−a1∫abf; la valeur EFFICACE (RMS), racine de la moyenne du carré, est celle que lisent les voltmètres.
a) La température d'une journée suit T(t)=20+5sin(12πt) (t en heures, 0≤t≤24). Calculez la température moyenne de la journée et expliquez le résultat sans calcul.
b) Un objet tombe avec v(t)=9,8t. Calculez sa vitesse moyenne sur [0,3] s et l'instant où elle est atteinte. Quel théorème garantit cette atteinte ?
c) La tension du réseau est u(t)=170sin(2π⋅60t) volts. Montrez que sa valeur efficace vaut 2170 et calculez-la. Pourquoi la moyenne simple serait-elle inutilisable ?
d) Énoncez le théorème de la valeur moyenne pour les intégrales et donnez son interprétation géométrique.
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Réponses
a)20 °C
b)14,7 m/s à t=1,5 s
c)2170≈120 V
d)∫abf=f(c)(b−a)
a)
Tˉ=241∫024[20+5sin(12πt)]dt. Le sinus a une période de 24 h : son intégrale sur une période complète est NULLE (autant d'aire au-dessus qu'en dessous). Reste Tˉ=20 °C. Sans calcul : la sinusoïde oscille symétriquement autour de 20, ses excès diurnes compensant exactement ses déficits nocturnes : la moyenne est le niveau de symétrie.
b)
vˉ=31∫039,8tdt=31⋅9,8⋅29=14,7 m/s, atteinte quand 9,8t=14,7, soit t=1,5 s : le MILIEU de l'intervalle, comme pour toute fonction linéaire. Le théorème de la valeur moyenne pour les intégrales garantit qu'une fonction CONTINUE atteint toujours sa moyenne quelque part sur l'intervalle : la moyenne n'est pas une abstraction, c'est une valeur réellement prise.
c)
La moyenne simple de u sur une période est nulle (le courant alternatif va autant dans un sens que dans l'autre) : inutilisable pour mesurer la puissance, qui dépend de u2. D'où la moyenne QUADRATIQUE : u2=1702×sin2=21702 (la moyenne de sin2 sur une période vaut 21, la linéarisation du chapitre des techniques). ueff=u2=2170≈120 V : le « 120 volts » de la prise nord-américaine est une valeur efficace; la crête réelle est à 170 V. La valeur efficace est la tension continue qui chaufferait autant : c'est une moyenne énergétique.
d)
Théorème : si f est continue sur [a,b], il existe c∈[a,b] tel que ∫abf(x)dx=f(c)(b−a). Géométriquement : l'aire sous la courbe égale l'aire d'un RECTANGLE de même base dont la hauteur f(c) est prise SUR la courbe : on peut toujours raboter les bosses pour combler les creux, et le niveau d'arasement est une valeur atteinte. C'est le pont entre l'intégrale et la notion intuitive de moyenne.
Exercice 7 : Le travail : quand la force varie
Quand la force varie le long du déplacement, le travail est l'intégrale W=∫Fdx : chaque tranche de déplacement dx coûte F(x)dx. Données : g=9,8 m/s², masse volumique de l'eau 1000 kg/m³.
La figure ci-dessous représente le réservoir de la question c).
a) Un ressort de constante k=200 N/m est étiré de 30 cm depuis sa position naturelle. Calculez le travail fourni, et expliquez pourquoi ce n'est PAS « force finale fois distance ».
b) Une chaîne de 20 m pesant 2 kg/m pend du haut d'un immeuble. Calculez le travail pour la hisser entièrement au sommet (posez la tranche à la profondeur x).
c) Un réservoir cylindrique (rayon 1 m, hauteur 2 m) est plein d'eau. Calculez le travail pour pomper toute l'eau par-dessus le bord supérieur.
d) Le travail pour arracher une masse m à la gravité terrestre depuis la surface est W=∫R∞r2GMmdr. Montrez que cette intégrale impropre CONVERGE et expliquez la conséquence physique spectaculaire.
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Réponses
a)9 J, pas 18 J
b)3920 J
c)19600π≈6,2×104 J
d)RGMm fini : libération à 11,2 km/s
a)
W=∫00,3200xdx=100x200,3=9,0 J. « Force finale fois distance » donnerait 60×0,3=18 J, le DOUBLE : la force n'est pas de 60 N tout du long, elle part de zéro et croît linéairement; le travail est l'aire du triangle sous F=kx, soit la moitié du rectangle. Toute force variable exige l'intégrale : la formule W=Fd n'est que le cas particulier constant.
b)
La tranche de chaîne à la profondeur x (entre x et x+dx) pèse 2dx kg, subit 2gdx newtons, et doit monter de x mètres : dW=2×9,8×xdx. W=19,6∫020xdx=19,6×200=3920 J. Le haut de la chaîne ne monte presque pas, le bas monte de 20 m : l'intégrale fait la moyenne pondérée de tous ces trajets, ce qu'aucune formule « poids fois hauteur » unique ne sait faire.
c)
Tranche d'eau à la hauteur y (mesurée depuis le fond) : volume π(1)2dy, masse 1000πdy, poids 9800πdy, à hisser de 2−y mètres : W=9800π∫02(2−y)dy=9800π[2y−2y2]02=9800π×2=19600π≈6,2×104 J. Réflexe de mise en équation : choisir la variable (hauteur de la tranche), écrire son poids, sa distance de montée, et laisser l'intégrale assembler.
d)
∫Rbr2GMmdr=GMm(R1−b1)→RGMm quand b→∞ : l'intégrale impropre CONVERGE (c'est le critère en p avec p=2>1). Conséquence spectaculaire : s'éloigner INFINIMENT de la Terre ne coûte qu'une énergie FINIE : il existe donc une vitesse de libération, v=R2GM≈11,2 km/s, au-delà de laquelle un projectile ne retombe jamais. Si la gravité décroissait en r1 au lieu de r21, l'intégrale divergerait et AUCUNE fusée, si puissante soit-elle, ne pourrait quitter la Terre : l'astronautique est une application du chapitre des intégrales impropres.
Exercice 8 : L'accumulation : intégrer un taux
L'intégrale d'un TAUX donne la quantité accumulée : c'est le théorème fondamental relu à l'endroit. La figure montre la vitesse v(t)=t2−4t+3 de la question d) : elle change deux fois de signe.
a) De l'eau entre dans un réservoir au débit r(t)=50−2t L/min pour 0≤t≤25. Quel volume total est entré ? Que signifie l'instant t=25 ?
b) Le coût marginal d'une usine est C′(x)=3+0,02x dollars par unité, et les coûts fixes valent 500 dollars. Calculez le coût total de production de 100 unités.
c) La durée de vie d'une composante suit la densité f(x)=101e−x/10 (en années). Vérifiez que la densité totale vaut 1 (intégrale impropre !), puis calculez la probabilité que la composante dépasse 15 ans.
d) Avec la vitesse de la figure, calculez le DÉPLACEMENT sur [0,4] puis la DISTANCE parcourue. Racontez le trajet.
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Réponses
a)625 L
b)900 dollars
c)e−1,5≈0,223
d)Déplacement 34 m, distance 4 m
a)
V=∫025(50−2t)dt=[50t−t2]025=1250−625=625 L. À t=25, le débit r(25)=0 : le robinet s'est refermé linéairement et s'annule pile à cet instant : intégrer au-delà soustrairait de l'eau, ce qui signalerait que le modèle change (reflux ou arrêt).
b)
Le coût marginal est la DÉRIVÉE du coût total : C(100)=C(0)+∫0100(3+0,02x)dx=500+[3x+0,01x2]0100=500+300+100=900 dollars. L'intégrale du marginal reconstruit le total : même théorème fondamental, en costume d'économiste.
c)
∫0∞101e−x/10dx=limb→∞[−e−x/10]0b=1 ✓ : une densité de probabilité doit totaliser 1, et il faut une intégrale impropre pour le dire. P(X>15)=∫15∞101e−x/10dx=e−1,5≈0,223 : environ 22 % des composantes passent 15 ans. La loi exponentielle est la version continue de la décroissance radioactive du chapitre des équations différentielles : tous ces chapitres sont le même calcul.
d)
Déplacement : ∫04(t2−4t+3)dt=[3t3−2t2+3t]04=364−32+12=34 m. Distance : v s'annule en t=1 et t=3 (les points de la figure) : ∫01v=34, ∫13v=−34, ∫34v=34 : distance =34+34+34=4 m. Récit : le mobile avance de 34, RECULE de 34 (revenant à son départ), puis avance à nouveau de 34 : il a marché 4 mètres pour un gain net de 34. Déplacement = intégrale de v; distance = intégrale de ∣v∣ : confondre les deux est l'erreur signature de ce chapitre.
Exercice 9 : La force hydrostatique et le paradoxe du barrage
La pression d'un liquide croît avec la profondeur : P=ρgh. Sur une paroi verticale, elle n'est donc pas uniforme, et la force totale s'obtient en sommant les tranches horizontales : F=∫ρghw(h)dh, où w(h) est la largeur de la paroi à la profondeur h. Données : ρ=1000 kg/m³, g=9,8 m/s².
La figure ci-dessous représente les vannes des questions a) et b).
a) Une vanne rectangulaire de 2 m de large est immergée verticalement, son bord supérieur à 1 m sous la surface et son bord inférieur à 3 m. Posez la tranche et calculez la force totale.
b) Une vanne triangulaire a son arête horizontale de 4 m juste à la surface et sa pointe à 3 m de profondeur. Exprimez w(h) et calculez la force.
c) Démontrez que pour toute plaque verticale plane, F=ρghˉA, où hˉ est la profondeur du CENTRE DE MASSE de la plaque. Vérifiez la formule sur a) et b). Le point d'application de la force est-il pour autant le centre de masse ?
d) Niveau examen : un barrage rectiligne de 10 m de large retient l'eau sur une profondeur d. Montrez que F=2ρgwd2, calculez la force pour d=5 m puis d=10 m, et énoncez le paradoxe hydrostatique. Situez enfin le centre de poussée.
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Réponses
a)78400 N
b)58800 N
c)F=ρghˉA ; point d'application plus profond
d)1,225×106 N puis 4,9×106 N ; centre de poussée à 32d
a)
La tranche horizontale à la profondeur h, d'épaisseur dh, a pour aire 2dh et subit une pression ρgh QUASI CONSTANTE sur son épaisseur, d'où dF=ρgh×2dh. C'est tout l'intérêt du découpage horizontal : la pression varie avec h, donc chaque tranche doit être prise à profondeur constante. F=1000(9,8)(2)∫13hdh=19600[2h2]13=19600×4=78400 N, soit environ 7,8×104 N. Une tranche verticale, elle, aurait mélangé des pressions différentes et rendu l'intégrale fausse.
b)
La largeur décroît linéairement de 4 m en surface à 0 à la pointe : w(h)=4(1−3h)=34(3−h). Alors F=1000(9,8)∫03h⋅34(3−h)dh=9800⋅34∫03(3h−h2)dh=9800⋅34[23h2−3h3]03=9800⋅34(227−9)=9800×6=58800 N. La pointe vers le bas est le bon sens de montage : c'est là que la pression est maximale, et c'est là que la vanne offre le moins de surface.
c)
Par définition, la profondeur du centre de masse d'une plaque de largeur w(h) est hˉ=A1∫hw(h)dh, donc ∫hw(h)dh=hˉA. En reportant : F=ρg∫hw(h)dh=ρghˉA. La force totale est celle qu'on obtiendrait si toute la plaque était à la profondeur de son centre de masse. Vérification sur a) : hˉ=2 m (milieu du rectangle), A=2×2=4 m², d'où F=1000(9,8)(2)(4)=78400 N. Sur b) : le centre de masse d'un triangle est à la moyenne des profondeurs de ses sommets, soit 30+0+3=1 m, et A=24×3=6 m², d'où F=1000(9,8)(1)(6)=58800 N. Les deux concordent. En revanche, le POINT D'APPLICATION n'est PAS le centre de masse : il est plus profond. La formule ne dit rien du point d'application, seulement de la résultante, parce que les tranches profondes poussent plus fort et déplacent le point d'équilibre des moments vers le bas. Confondre résultante et point d'application est l'erreur qui fait dimensionner les charnières d'une vanne au mauvais endroit.
d)
Ici w(h)=w constante et h va de 0 à d : F=ρgw∫0dhdh=2ρgwd2. Pour w=10 et d=5 : F=21000(9,8)(10)(25)=1,225×106 N. Pour d=10 : F=4,9×106 N, soit QUATRE fois plus pour une profondeur seulement doublée, car la force croît comme le CARRÉ de la profondeur : on gagne à la fois en pression moyenne et en surface mouillée, chacune proportionnelle à d. Paradoxe hydrostatique : cette force ne dépend que de la largeur et de la profondeur, jamais du VOLUME d'eau retenu. Un lac de plusieurs kilomètres et une mince couche d'eau plaquée contre la même paroi à la même profondeur exercent exactement la même force. La pression ne compte pas la quantité d'eau, elle compte la hauteur de la colonne au-dessus du point considéré, ce qui est aussi pourquoi un tube fin rempli d'eau peut faire éclater un tonneau. Centre de poussée : il annule les moments, donc hcp=∫0dhdh∫0dh2dh=d2/2d3/3=32d, soit 310≈3,33 m pour d=5. Il se situe aux deux tiers de la profondeur, bien plus bas que le centre de masse à 2d : voilà pourquoi les barrages sont épaissis vers leur base.
Exercice 10 : Mettre en équation : quatre situations, une seule méthode
Le chapitre entier tient dans une phrase : décrire ce que vaut UNE tranche, puis sommer. Les quatre situations ci-dessous viennent de quatre disciplines différentes et n'ont aucun vocabulaire commun; elles se résolvent pourtant par le même geste.
a) La demande d'un marché est p=D(q)=100−0,5q dollars par unité. L'équilibre s'établit à q∗=100 unités au prix p∗=50 dollars. Calculez le surplus du consommateur ∫0q∗D(q)dq−p∗q∗ et interprétez-le comme une aire.
b) Débit cardiaque par dilution : on injecte 5 mg de colorant et on mesure sa concentration en sortie, c(t)=4t(12−t) mg/L pour 0≤t≤12 s. Le débit vaut F=∫0Tc(t)dtA. Calculez-le en litres par minute et commentez la plausibilité.
c) Une tige de 3 m a une densité linéique ρ(x)=1+x2 kg/m. Calculez sa masse et la position de son centre de masse. Comparez au milieu géométrique et expliquez l'écart.
d) Niveau examen : un réservoir cylindrique de section A=1 m² se vide par un trou de section a=0,001 m². La loi de Torricelli donne la vitesse d'écoulement v=2gh quand la hauteur d'eau vaut h. Montrez que le temps de vidange s'écrit T=aA∫0h02ghdh, remarquez que cette intégrale est IMPROPRE, et calculez T pour h0=2 m.
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Réponses
a)2500 dollars
b)≈4,17 L/min
c)12 kg, xˉ=1633 m
d)≈639 s
a)
∫0100(100−0,5q)dq=[100q−0,25q2]0100=10000−2500=7500 dollars, et p∗q∗=50×100=5000 dollars. Surplus du consommateur : 7500−5000=2500 dollars. Interprétation : la courbe de demande dit le prix MAXIMAL que chaque acheteur successif aurait accepté de payer; l'intégrale totalise donc ce que le marché était prêt à débourser, tandis que p∗q∗ est ce qu'il a réellement payé, tout le monde bénéficiant du même prix d'équilibre. La différence est l'aire comprise entre la courbe de demande et la droite horizontale p=50 : un gain qui ne figure sur aucune facture, et que l'intégrale est le seul outil à savoir chiffrer.
b)
∫0124t(12−t)dt=41∫012(12t−t2)dt=41[6t2−3t3]012=41(864−576)=72 mg·s/L. D'où F=725≈0,0694 L/s, soit 72300≈4,17 L/min. L'ordre de grandeur est le bon : un débit cardiaque humain au repos vaut environ 5 L/min, et la valeur obtenue serait celle d'un patient au repos, peut-être un peu basse. Le principe mérite d'être vu : on ne mesure JAMAIS le débit directement, on mesure une concentration au cours du temps et l'intégrale la convertit. Un colorant dilué dans un fort débit donne une aire petite, d'où le débit au dénominateur.
c)
Masse : M=∫03(1+x2)dx=[x+3x3]03=3+9=12 kg. Moment : ∫03x(1+x2)dx=[2x2+4x4]03=29+481=499. Centre de masse : xˉ=1299/4=1633=2,0625 m. Le milieu géométrique est à 1,5 m : le centre de masse est nettement plus à DROITE. C'est attendu, puisque la densité croît comme x2 : l'extrémité droite est trois fois plus dense que le milieu (10 contre 3,25 kg/m) et dix fois plus dense que l'extrémité gauche, donc elle tire l'équilibre vers elle. Le milieu géométrique ne serait le centre de masse que pour une tige HOMOGÈNE : dès que la densité varie, seule l'intégrale des moments répond.
d)
Conservation du volume : en un temps dt, le niveau baisse de ∣dh∣ et le réservoir perd A∣dh∣; par le trou il s'échappe avdt=a2ghdt. En égalant, A∣dh∣=a2ghdt, donc dt=aA⋅2ghdh, et en sommant depuis le niveau initial jusqu'au réservoir vide : T=aA∫0h02ghdh. Cette intégrale est IMPROPRE en h=0 : l'intégrande explose, ce qui traduit un fait physique, l'écoulement devient infiniment lent quand il ne reste presque plus d'eau. Mais la singularité est en h−1/2, c'est-à-dire p=21<1 : le critère en p à la borne 0 garantit la CONVERGENCE. Le réservoir se vide donc en un temps FINI, alors même que sa vitesse d'écoulement tend vers zéro : la course entre le niveau qui baisse et le débit qui faiblit est gagnée par le niveau, de justesse. Calcul : T=0,0011⋅2(9,8)1∫02h−1/2dh=1000⋅19,622≈1000×0,6389=639 s, soit environ 10,6 minutes. Si l'exposant avait été p=1 au lieu de 21, l'intégrale aurait divergé et le réservoir ne se serait JAMAIS vidé : toute la différence entre ces deux mondes tient dans le critère en p.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : La sphère percée : un volume qui ne dépend pas du rayon
On perce une sphère de rayon R d'un trou cylindrique qui passe par son centre. Il reste un anneau dont la hauteur, mesurée le long de l'axe du trou, vaut h. On note a le rayon du trou.
La figure ci-dessous représente la coupe de l'anneau par un plan contenant l'axe du trou.
a) Montrez que a2+(2h)2=R2.
b) Par la méthode des coquilles cylindriques autour de l'axe du trou, montrez que le volume de l'anneau vaut V=∫aR2πr⋅2R2−r2dr.
c) Calculez V pour R=5 cm et h=8 cm.
d) Montrez que V=6πh3 en général : le rayon de la sphère a disparu.
e) On perce maintenant une sphère de rayon 10 cm, en gardant h=8 cm. Quel est le volume de l'anneau ? Quelle fraction de chaque sphère reste-t-il ?
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Réponses
a)Pythagore : a2+4h2=R2
b)Coquilles de hauteur 2R2−r2
c)3256π≈268,1 cm3
d)6πh3
e)Même volume ; 51,2 % et 6,4 % restants
a)
Le bord du trou touche la sphère sur deux cercles situés à la hauteur ±2h du centre, et de rayon a. Dans le plan qui contient l'axe, le point de contact est à la distance R du centre, avec pour coordonnées (a;2h) : Pythagore donne a2+4h2=R2.
b)
Une coquille de rayon r, pour a≤r≤R, a pour hauteur la corde verticale de la sphère à la distance r de l'axe : 2R2−r2. Son volume est 2πr×2R2−r2dr, et l'anneau est la réunion des coquilles de r=a à r=R.
c)
a2=25−16=9, a=3. Avec u=R2−r2, du=−2rdr : ∫354πr25−r2dr=−2π∫160udu=2π⋅32u3/2016=34π×64=3256π≈268,1 cm3.
d)
En général : ∫aR4πrR2−r2dr=34π(R2−a2)3/2=34π(2h)3=6πh3, d'après a). Seule la hauteur de l'anneau compte.
e)
Le même 6π×512=3256π≈268,1 cm3. La grosse sphère a un trou plus large (a=84≈9,2 cm) et un anneau plus mince, exactement compensés. Fractions restantes : 523,6268,1≈51,2 pour cent pour la sphère de rayon 5, 4188,8268,1=6,4 pour cent pour celle de rayon 10.
Exercice 12 : Rondelles autour d'un axe horizontal décalé
On fait tourner la région comprise entre y=x, l'axe des x et la droite x=4 autour de trois axes horizontaux différents.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Calculez le volume engendré autour de l'axe des x.
b) Autour de la droite y=2 : identifiez les rayons extérieur et intérieur de la rondelle, puis calculez le volume.
c) Autour de la droite y=−1 : même travail.
d) L'aire de la région vaut 316 et son centre de masse est à l'ordonnée yˉ=43. Vérifiez b) et c) par le théorème de Pappus.
e) Sans intégrer, prédisez le volume autour de la droite y=3.
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Réponses
a)8π
b)R=2, r=2−x : 340π
c)R=1+x, r=1 : 356π
d)dˉ=45 et 47 : Pappus confirme
e)dˉ=49 : 24π
a)
Disques de rayon x : V=π∫04xdx=8π≈25,13.
b)
L'axe y=2 est au-dessus de la région, qui s'étend de y=0 à y=x≤2. La tranche en x tourne en laissant un trou : rayon extérieur R=2−0=2 (distance à l'axe des x), rayon intérieur r=2−x (distance à la courbe). V=π∫04[4−(2−x)2]dx=π∫04(4x−x)dx=π[38x3/2−2x2]04=π(364−8)=340π≈41,89.
c)
L'axe y=−1 est sous la région. Rayon extérieur R=1+x, rayon intérieur r=1. V=π∫04[(1+x)2−1]dx=π∫04(2x+x)dx=π(332+8)=356π≈58,64. Le piège classique est de prendre r=0 : l'axe décalé crée un trou même quand la région touche l'axe des x.
d)
Pappus : V=2πdˉA. Autour de y=2 : dˉ=2−43=45, V=2π×45×316=340π ✓. Autour de y=−1 : dˉ=1+43=47, V=2π×47×316=356π ✓.
e)
dˉ=3−43=49, donc V=2π×49×316=24π≈75,40. Pappus prédit, l'intégrale confirmerait : π∫04[9−(3−x)2]dx=π∫04(6x−x)dx=π(32−8)=24π ✓.
Exercice 13 : Aires de surface : le cône, le paraboloïde et un piège
L'aire de la surface engendrée par la rotation de y=f(x)≥0 autour de l'axe des x vaut S=2π∫abf(x)1+[f′(x)]2dx : chaque petit arc ds balaie un ruban de circonférence 2πf(x).
a) En faisant tourner le segment y=hrx, 0≤x≤h, établissez l'aire latérale du cône de rayon r et de hauteur h : S=πrr2+h2.
b) Calculez-la pour r=3 et h=4.
c) Calculez l'aire du paraboloïde engendré par y=x sur [0;2].
d) Calculez l'aire de la surface engendrée par y=x3 sur [0;1].
e) Un étudiant calcule l'aire du cône de b) par 2π∫0443xdx. Qu'obtient-il, et quelle est son erreur ?
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Réponses
a)πrr2+h2=πrℓ
b)15π≈47,12
c)313π≈13,61
d)27π(1010−1)≈3,563
e)12π : dx au lieu de ds
a)
f′(x)=hr, constant : S=2π1+h2r2∫0hhrxdx=2πhh2+r2⋅hr⋅2h2=πrr2+h2. C'est πrℓ, avec ℓ la génératrice.
b)
ℓ=9+16=5, donc S=15π≈47,12.
c)
f′(x)=2x1, donc x1+4x1=x+41 : la racine gênante disparaît. S=2π∫02x+41dx=2π⋅32[(x+41)3/2]02=34π(827−81)=313π≈13,61.
d)
S=2π∫01x31+9x4dx. Avec u=1+9x4, du=36x3dx : S=362π∫110udu=18π⋅32(103/2−1)=27π(1010−1)≈3,563.
e)
Il obtient 2π⋅43⋅8=12π≈37,7, soit πrh au lieu de πrℓ. Il a découpé la surface en tranches de largeur dx au lieu de ds : un ruban incliné est plus large que sa projection sur l'axe. Pour un volume, la tranche dx suffit ; pour une surface, il faut la longueur réelle ds=1+f′2dx. L'écart, 15π contre 12π, est exactement le facteur hℓ=45.
Exercice 14 : Problème : la masse d'une planète plus dense au centre
Une planète sphérique de rayon R a une masse volumique qui décroît linéairement du centre vers la surface : ρ(r)=ρ0(1−Rr), où r est la distance au centre. On la découpe en coquilles SPHÉRIQUES concentriques.
La figure ci-dessous représente la situation ; elle n'est pas à l'échelle.
a) Quel est le volume d'une coquille sphérique de rayon r et d'épaisseur dr ? Écrivez sa masse dM.
b) Montrez que la masse totale vaut M=3πρ0R3.
c) Montrez que la masse volumique moyenne de la planète vaut 4ρ0.
d) La Terre a une masse volumique moyenne de 5510 kg/m3. Que vaudrait ρ0 dans ce modèle ? Commentez, sachant que la masse volumique réelle au centre est d'environ 13000 kg/m3.
e) Quelle fraction de la masse totale se trouve à moins de 2R du centre ? Comparez à une planète homogène.
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Réponses
a)dM=4πr2ρ(r)dr
b)M=3πρ0R3
c)ρˉ=4ρ0
d)ρ0=22040 kg/m3 : modèle trop concentré
e)31,25 % contre 12,5 %
a)
La coquille a pour surface 4πr2 et pour épaisseur dr : volume 4πr2dr. Masse dM=ρ(r)⋅4πr2dr=4πρ0(r2−Rr3)dr. C'est l'analogue en trois dimensions des coquilles cylindriques : chaque couche a une masse volumique uniforme.
ρˉ=34πR3M=4πR3/3πρ0R3/3=4ρ0. La moyenne n'est pas 2ρ0, la moyenne des valeurs extrêmes : les couches extérieures, peu denses, ont beaucoup plus de volume que le cœur.
d)
ρ0=4×5510=22040 kg/m3, près du double de la valeur réelle. Le modèle linéaire place trop de masse au centre et pas assez dans le manteau : la vraie Terre a un noyau très dense, mais un manteau lui-même dense, et sa densité ne tombe pas à zéro en surface (2700 kg/m3 pour la croûte).
e)
M(2R)=4πρ0(24R3−64R3)=4πρ0R3⋅1925, et MM(R/2)=1/34⋅5/192=19260=0,3125 : 31,25 pour cent de la masse dans la boule centrale. Pour une planète homogène, la fraction serait (21)3=12,5 pour cent, le rapport des volumes. La décroissance de densité multiplie donc par 2,5 la masse du cœur.
Exercice 15 : Problème : le travail d'un gaz qui se détend
Un gaz enfermé dans un cylindre à piston passe du volume V1=0,01 m3 au volume V2=0,03 m3, en partant de la pression P1=200 kPa. Le travail fourni par le gaz vaut W=∫V1V2P(V)dV : chaque tranche de volume dV déplace le piston contre la pression P.
La figure ci-dessous représente la situation ; elle n'est pas à l'échelle.
a) Justifiez la formule en considérant le piston de section A qui avance de dx.
b) Détente isotherme : PV=P1V1 reste constant. Calculez W en joules.
c) Détente adiabatique : PVγ=P1V1γ avec γ=1,4. Calculez la pression finale P2.
d) Montrez que le travail adiabatique vaut W=γ−1P1V1−P2V2 et calculez-le.
e) Quelle détente fournit le plus de travail ? Interprétez à l'aide des deux courbes P(V) de la figure du corrigé.
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Réponses
a)Fdx=PAdx=PdV
b)2000ln3≈2197 J
c)P2≈42,96 kPa
d)γ−1P1V1−P2V2≈1778 J
e)L'isotherme : sa courbe descend moins vite
a)
La force exercée par le gaz sur le piston vaut F=PA. Quand le piston avance de dx, le travail élémentaire est Fdx=PAdx=PdV, puisque Adx est le volume balayé. La pression variant avec le volume, on somme : W=∫PdV, l'aire sous la courbe dans le diagramme pression-volume.
b)
P=VP1V1 avec P1V1=200000×0,01=2000 J. W=2000∫0,010,03VdV=2000ln3≈2197 J.
c)
P2=P1(V2V1)1,4=200×3−1,4≈42,96 kPa, contre 66,7 kPa en isotherme : le gaz qui se détend sans recevoir de chaleur se refroidit, et sa pression chute plus vite.
d)
P=CV−γ avec C=P1V1γ : W=C[1−γV1−γ]V1V2=1−γCV21−γ−CV11−γ=1−γP2V2−P1V1=γ−1P1V1−P2V2, car CV1−γ=PV. Numériquement : P2V2≈42960×0,03≈1289 J, et W≈0,42000−1289≈1778 J.
e)
L'isotherme fournit plus : 2197 J contre 1778 J. Les deux courbes partent du même point, mais la courbe adiabatique PV1,4= constante descend plus vite que l'hyperbole isotherme : l'aire sous elle est plus petite. Physiquement, le gaz isotherme reçoit de la chaleur de l'extérieur pendant la détente et la convertit en travail ; le gaz adiabatique ne puise que dans sa propre énergie.
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