Calcul intégral 201-SN3-RE (ancien 201-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : l'aire entre deux courbes (201-SN3-RE, ancien 201-NYB)
Voici la série d'exercices corrigés de calcul intégral 201-SN3-RE (ancien 201-NYB) sur l'aire entre deux courbes, le chapitre où la primitive n'est presque jamais la difficulté. Ce qui coûte des points, c'est de trouver les bornes que l'énoncé ne donne pas, de décider laquelle des deux courbes est au-dessus, de découper quand ce rôle s'échange, et de choisir entre tranches verticales et tranches horizontales avant d'écrire quoi que ce soit.
L'exercice 0.1 ouvre la série par huit aires entre deux courbes à calculer directement, comme dans les listes des manuels : parabole et droite, deux paraboles, y=2x contre y=x, une cubique qui change de signe, l'exponentielle au-dessus de sa tangente, l'hyperbole y=x4 contre une droite, la parabole couchée x=y2−2y en tranches horizontales et une cubique qui croise une droite trois fois, chacune avec ses bornes à trouver et son aire vérifiée en direct.
La partie A installe ces quatre gestes sur des configurations classiques, la partie B les met à l'épreuve sur des régions bornées par trois courbes, un paramètre à déterminer, et deux problèmes appliqués où l'aire a un sens concret : un surplus économique et un écart de distance entre deux coureurs. La partie C reprend cinq classiques (exercices 11 à 15) : sinus contre sinus 2x, la lentille entre un cercle et une parabole, une aire égale à ln 2, la courbe de Lorenz avec l'indice de Gini, et le niveau d'un bassin de rétention.
Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature qui suivent le cours de calcul intégral 201-SN3-RE, comme aux élèves de Terminale des lycées français qui préparent le complément québécois de mathématiques.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Aire entre une courbe et l'axe : A=∫ab∣f(x)∣dx, calculée en découpant aux ZÉROS de f. L'intégrale signée ∫abf n'est l'aire que si f garde un signe constant.
•Aire entre deux courbes, tranches verticales : A=∫ab(dessus−dessous)dx, avec a et b obtenus en résolvant f(x)=g(x).
•Aire entre deux courbes, tranches horizontales : A=∫cd(droite−gauche)dy. Le résultat et l'unité sont les mêmes; seul le nombre d'intégrales change.
•On choisit le sens de tranchage qui demande le MOINS de découpages : si un bord change de formule en tranches verticales, essayer les tranches horizontales avant de calculer.
•Un point test strictement intérieur à chaque sous-intervalle décide qui est au-dessus. C'est une phrase à écrire sur la copie, pas une opération mentale.
•Un résultat d'aire négatif signale un ordre inversé : on change le signe, on ne refait pas le calcul.
•Symétrie : intégrande pair sur un intervalle symétrique, on double la moitié; intégrande impair, l'intégrale est nulle et l'aire ne l'est pas.
•Applications : intégrale d'une vitesse = distance; aire entre deux courbes de vitesse = écart de distance; aire entre une courbe de demande et le prix = surplus du consommateur.
Calculs : les aires à calculer
Exercice 0.1 : Calculer l'aire entre deux courbes : huit calculs directs
Pour chaque ligne, calculez l'aire de la région bornée par les courbes données : trouvez d'abord les points d'intersection, qui fournissent les bornes, puis intégrez l'écart entre les deux courbes. Donnez la valeur exacte, puis sa valeur au millième.
Trois gestes, dans l'ordre : résoudre l'égalité des deux expressions pour obtenir les bornes ; prendre un point test dans chaque sous-intervalle pour savoir quelle courbe est au-dessus ; intégrer « dessus moins dessous », en découpant à chaque intersection intérieure. Quand une courbe est donnée sous la forme x=g(y), on intègre par rapport à y, « droite moins gauche ».
a) y=x2−2x et y=x+4.
b) y=3−x2 et y=x2−5.
c) y=2x et y=x.
d) y=x3−x2−2x et l'axe des abscisses.
e) y=ex et y=x+1, entre les droites x=0 et x=2.
f) y=x4 et y=5−x.
g) x=y2−2y et l'axe des ordonnées.
h) y=x3−2x2 et y=3x.
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Réponses
a)Bornes −1 et 4 ; A=6125≈20,833
b)Bornes ±2 ; A=364≈21,333
c)Bornes 0 et 4 ; A=38≈2,667
d)Racines −1, 0, 2 ; A=125+38=1237≈3,083
e)A=e2−5≈2,389
f)Bornes 1 et 4 ; A=215−8ln2≈1,955
g)Bornes y=0 et y=2 ; A=34≈1,333
h)Bornes −1, 0, 3 ; A=127+445=671≈11,833
Le geste qui décide de tout se fait avant d'intégrer : trouver TOUTES les intersections, puis décider qui est au-dessus par un point test dans chaque morceau. La primitive n'est presque jamais la difficulté ; une borne manquée ou un ordre inversé, si.
a)
Bornes : x2−2x=x+4⟺x2−3x−4=0⟺(x+1)(x−4)=0, donc x=−1 et x=4. Point test x=0 : la droite donne 4, la parabole 0, la droite est au-dessus. A=∫−14(−x2+3x+4)dx=[−3x3+23x2+4x]−14=356−(−613)=6125≈20,833.
b)
Bornes : 3−x2=x2−5⟺x2=4, donc x=±2. En x=0 : 3>−5, la parabole y=3−x2 est au-dessus. A=∫−22(8−2x2)dx=[8x−32x3]−22=2(16−316)=364≈21,333. Piège : (3−x2)−(x2−5)=8−2x2, les deux x2 s'additionnent au lieu de s'annuler.
c)
Bornes : 2x=x⟺4x=x2⟺x(x−4)=0, donc x=0 et x=4. En x=1 : 2>1, la racine est au-dessus. A=∫04(2x−x)dx=[34x3/2−2x2]04=332−8=38≈2,667. Piège : diviser 2x=x par x et perdre la borne x=0.
d)
x3−x2−2x=x(x+1)(x−2) s'annule en −1, 0 et 2. En x=−21 la fonction vaut 85>0, en x=1 elle vaut −2<0 : il faut découper. Avec F(x)=4x4−3x3−x2, on a F(−1)=−125, F(0)=0 et F(2)=−38. A=∫−10f−∫02f=125+38=1237≈3,083. Piège : ∫−12f=−49 est une intégrale signée, pas une aire.
e)
Les bornes sont données. Les courbes se touchent en x=0, où y=x+1 est la tangente à y=ex, et l'exponentielle reste au-dessus de sa tangente : en x=1, e>2. A=∫02(ex−x−1)dx=[ex−2x2−x]02=(e2−4)−1=e2−5≈2,389. Piège : oublier la valeur de la primitive en 0, qui vaut e0=1 et non 0.
f)
Bornes : x4=5−x⟺x2−5x+4=0, donc x=1 et x=4. En x=2 : la droite donne 3, l'hyperbole 2, la droite est au-dessus. A=∫14(5−x−x4)dx=[5x−2x2−4lnx]14=(12−4ln4)−29=215−8ln2≈1,955.
g)
La courbe est une parabole couchée, x fonction de y : on intègre par rapport à y. Elle coupe l'axe des ordonnées, x=0, quand y2−2y=0, soit y=0 et y=2. En y=1, x=−1<0 : la courbe est à GAUCHE de l'axe. A=∫02(0−(y2−2y))dy=[y2−3y3]02=4−38=34≈1,333. Piège : intégrer y2−2y tel quel, ce qui donne −34 ; c'est « droite moins gauche », et la droite est ici l'axe.
h)
Bornes : x3−2x2=3x⟺x(x2−2x−3)=0⟺x(x+1)(x−3)=0, donc x=−1, 0 et 3. En x=−21, la cubique vaut −85 et la droite −23 : la cubique est au-dessus ; en x=1, la cubique vaut −1 et la droite 3 : la droite est au-dessus. Avec G(x)=4x4−32x3−23x2, primitive de la cubique moins la droite, G(−1)=−127, G(0)=0 et G(3)=−445. A=(G(0)−G(−1))−(G(3)−G(0))=127+12135=671≈11,833. Piège : une seule intégrale de −1 à 3, où les deux morceaux se compensent en partie.
Contrôle : une aire est toujours positive, et son ordre de grandeur se lit sur un croquis. En a), l'écart entre la droite et la parabole est maximal au milieu, x=23, où il vaut 425 : la région tient dans un rectangle de 5 sur 425, soit 31,25, et 6125 en vaut exactement les deux tiers, comme toute région entre une parabole et une sécante.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Partie A : Poser la bonne intégrale (/50)
Exercice 1 : Aire ou intégrale : ce ne sont pas les mêmes nombres
Soit f(x)=x3−4x sur l'intervalle [−2,2].
a) Calculez ∫−22f(x)dx et expliquez le résultat sans calcul.
b) Calculez l'AIRE comprise entre la courbe et l'axe des abscisses sur ce même intervalle.
c) Écrivez la formule générale qui relie les deux, et dites quelle question de l'examen appelle laquelle.
d) Que vaut l'aire entre la courbe et l'axe sur [0,3] ?
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Réponses
a)0 : f impaire sur un intervalle symétrique
b)Découpage aux zéros : 4+4=8
c)A=∫∣f∣ ; « aire » et « distance » appellent la valeur absolue
d)4+6,25=10,25
a)
∫−22(x3−4x)dx=[4x4−2x2]−22=(4−8)−(4−8)=0. Sans calcul : f est IMPAIRE, car f(−x)=−x3+4x=−f(x), et l'intervalle est symétrique par rapport à l'origine. L'intégrale d'une fonction impaire sur un intervalle symétrique est toujours nulle, ce qui fait gagner une minute et rapporte le point de justification.
b)
L'aire ne peut pas être nulle : la courbe s'écarte visiblement de l'axe. Il faut découper aux ZÉROS de f, c'est-à-dire là où x(x−2)(x+2)=0, donc en −2, 0 et 2. Sur ]−2,0[, f>0 (par exemple f(−1)=3); sur ]0,2[, f<0 (par exemple f(1)=−3). Donc A=∫−20f(x)dx−∫02f(x)dx. Le premier morceau vaut [4x4−2x2]−20=0−(4−8)=4 et le second [4x4−2x2]02=−4. D'où A=4−(−4)=8.
c)
La formule est A=∫ab∣f(x)∣dx, et elle se calcule TOUJOURS en découpant aux zéros de f, jamais en mettant des valeurs absolues dans une primitive. « Calculez l'intégrale », « calculez le déplacement », « calculez la variation nette » appellent l'intégrale signée; « calculez l'aire », « calculez la distance parcourue », « calculez la quantité totale » appellent l'intégrale de la valeur absolue. La question la plus fréquente à l'examen est celle où l'énoncé dit « aire » et où la copie répond l'intégrale : c'est la totalité de la question qui tombe, alors que le calcul est juste.
d)
Sur [0,3], f change encore de signe, en x=2. Sur ]0,2[, f<0 et sur ]2,3[, f>0 (par exemple f(3)=15). Donc A=−∫02f+∫23f=4+[4x4−2x2]23=4+(481−18)−(4−8)=4+2,25+4=10,25. Le réflexe à installer : avant toute primitive, on cherche les zéros dans l'intervalle. Un seul zéro oublié fausse tout le reste, et l'oubli ne se voit pas dans la réponse.
Exercice 2 : Deux courbes qui se croisent : trouver les bornes avant tout
On considère la parabole y=x2 et la droite y=x+2.
a) Déterminez les abscisses des points d'intersection.
b) Décidez laquelle des deux courbes est au-dessus sur l'intervalle obtenu, et justifiez par un point test.
c) Calculez l'aire de la région comprise entre les deux courbes.
d) Que donnerait ∫−12(x2−(x+2))dx ? Interprétez le signe.
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Réponses
a)x=−1 et x=2
b)Point test x=0 : la droite est au-dessus
c)29
d)−29 : ordre inversé
a)
On égalise : x2=x+2, soit x2−x−2=0, soit (x−2)(x+1)=0. Les abscisses d'intersection sont x=−1 et x=2. Ces deux nombres sont les BORNES de l'intégrale, et c'est la raison pour laquelle on les cherche en premier : sans elles, il n'y a rien à intégrer. Aucune borne n'est donnée dans l'énoncé, et c'est le cas le plus fréquent à l'examen.
b)
Point test à l'intérieur de ]−1,2[, le plus simple étant x=0 : la droite vaut 2 et la parabole vaut 0. La DROITE est donc au-dessus sur tout l'intervalle, et elle le reste puisque les deux courbes ne se recoupent pas entre −1 et 2. Un seul point test suffit, à condition qu'il soit strictement à l'intérieur : c'est exactement l'argument que le correcteur attend, et il vaut un demi-point.
c)
A=∫−12[(x+2)−x2]dx=[2x2+2x−3x3]−12. En 2 : 2+4−38=310. En −1 : 21−2+31=−67. Donc A=310+67=627=29=4,5. Contrôle d'ordre de grandeur : la région tient dans un rectangle de 3 de large et 4 de haut, donc moins de 12; et elle en occupe visiblement un peu moins de la moitié ✓.
d)
C'est la même intégrale avec les deux fonctions ÉCHANGÉES, donc elle vaut −29. Une aire ne peut pas être négative : le signe négatif est le signal, et le seul, que l'ordre « haut moins bas » a été inversé. On corrige en changeant le signe, pas en refaisant le calcul. Retenir cette lecture fait gagner du temps à l'examen : un résultat d'aire négatif se répare en trois secondes, à condition d'avoir posé l'intégrale avec des bornes dans l'ordre croissant.
Exercice 3 : Quand la courbe du dessus change en cours de route
On considère y=x3 et y=x sur [−1,1].
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Trouvez toutes les intersections sur cet intervalle.
b) Dites, sur chaque sous-intervalle, laquelle des deux est au-dessus.
c) Calculez l'aire totale de la région comprise entre les deux courbes.
d) Que donnerait ∫−11(x−x3)dx ? Expliquez pourquoi ce nombre n'est pas l'aire.
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Réponses
a)x=−1, 0, 1
b)Cubique au-dessus sur ]−1;0[, droite sur ]0;1[
c)41+41=21
d)0 : les deux moitiés se compensent
a)
x3=x donne x(x2−1)=0, soit x=−1, x=0 et x=1. TROIS intersections, et non deux : c'est ce que la copie moyenne manque, parce qu'elle divise par x et perd la solution x=0. Ne jamais diviser par une expression qui peut s'annuler; on factorise.
b)
Point test dans ]−1,0[, par exemple x=−21 : x3=−81 et x=−21, donc la CUBIQUE est au-dessus. Point test dans ]0,1[, par exemple x=21 : x3=81 et x=21, donc la DROITE est au-dessus. Le rôle du dessus et du dessous s'échange en x=0, ce qui impose de découper l'intégrale à cet endroit.
c)
A=∫−10(x3−x)dx+∫01(x−x3)dx. Avec H(x)=4x4−2x2 : le premier vaut H(0)−H(−1)=0−(41−21)=41; le second vaut −[H(1)−H(0)]=−(−41)=41. Donc A=21. On pouvait aussi invoquer la symétrie : les deux fonctions sont impaires, donc la région est symétrique par rapport à l'origine et il suffit de doubler l'un des deux morceaux.
d)
∫−11(x−x3)dx=0, car l'intégrande est impair sur un intervalle symétrique. Ce nombre n'est pas l'aire parce que l'expression x−x3 est POSITIVE sur ]0,1[ et NÉGATIVE sur ]−1,0[ : les deux moitiés se compensent exactement. Écrire une seule intégrale sur [−1,1] revient à soustraire une aire au lieu de l'ajouter. Le contrôle qui sauve : une aire nulle alors que le dessin montre deux régions bien pleines signale toujours un découpage manquant.
Exercice 4 : Tranches horizontales : intégrer par rapport à y
On considère la région bornée par la parabole x=y2 et la droite x=y+2.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Trouvez les ordonnées des points d'intersection.
b) Calculez l'aire par tranches HORIZONTALES, c'est-à-dire en intégrant par rapport à y.
c) Posez le même calcul par tranches verticales. Combien d'intégrales faut-il, et pourquoi ?
d) Comparez le résultat à celui de l'exercice 2 et expliquez la coïncidence.
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Réponses
a)y=−1 et y=2
b)∫−12(y+2−y2)dy=29
c)Deux intégrales : le bord inférieur change en x=1
d)Réflexion d'axe y=x : même aire
a)
On égalise les deux expressions de x : y2=y+2, soit y2−y−2=0, soit (y−2)(y+1)=0. Les ordonnées sont y=−1 et y=2, et les points sont (1,−1) et (4,2). Noter qu'on égalise les x parce que ce sont les x qui sont exprimés en fonction de y : la variable d'intégration sera y.
b)
Une tranche horizontale à l'ordonnée y va de la courbe de GAUCHE à celle de DROITE. Point test y=0 : la parabole donne x=0 et la droite x=2, donc la droite est à droite. A=∫−12[(y+2)−y2]dy=[2y2+2y−3y3]−12=310+67=29. En tranches horizontales, la formule est « droite moins gauche », exactement comme « haut moins bas » en tranches verticales.
c)
En tranches verticales, il en faut DEUX. La raison est que le bord inférieur de la région change de nature en x=1 : pour 0≤x≤1, la région est bornée en haut par y=x et en bas par y=−x; pour 1≤x≤4, elle est bornée en haut par y=x et en bas par la droite y=x−2. Donc A=∫012xdx+∫14(x−x+2)dx=34+(316−8+8)−(32−21+2)=34+316−613=29 ✓. Même réponse, trois fois plus de travail : c'est le critère de choix. On intègre selon y dès que le bord change de formule en tranches verticales, et selon x dans le cas contraire.
d)
La région d'ici est l'image de celle de l'exercice 2 par la réflexion d'axe y=x, qui échange les rôles de x et de y : y=x2 devient x=y2 et y=x+2 devient x=y+2. Une réflexion conserve les aires, donc les deux valent 29. Ce n'est pas une coïncidence mais un outil : quand une région se calcule mal dans un sens, on regarde si sa réflexion se calcule mieux, ce qui revient exactement à changer de sens de tranchage.
Exercice 5 : Sinus contre cosinus : aires trigonométriques
On considère y=sinx et y=cosx.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Résolvez sinx=cosx sur [0,2π].
b) Calculez l'aire comprise entre les deux courbes sur [4π,45π].
c) Calculez l'aire totale comprise entre les deux courbes sur [0,2π].
d) Calculez l'aire comprise entre y=sinx et l'axe des abscisses sur [0,2π], et comparez à ∫02πsinxdx.
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Réponses
a)4π et 45π
b)22≈2,83
c)42≈5,66
d)Aire 4, intégrale 0
a)
sinx=cosx équivaut à tanx=1 (le cosinus ne s'annule pas là où l'égalité a lieu, sinon le sinus s'annulerait aussi, ce qui est impossible). Donc x=4π ou x=45π sur [0,2π]. Deux solutions par tour, une par période de la tangente.
b)
Point test x=2π : sin=1 et cos=0, donc le SINUS est au-dessus sur tout l'intervalle. A=∫π/45π/4(sinx−cosx)dx=[−cosx−sinx]π/45π/4. En 45π : −(−22)−(−22)=2. En 4π : −22−22=−2. Donc A=22≈2,83.
c)
Sur [0,2π] les deux courbes se croisent en 4π et 45π, ce qui découpe l'intervalle en trois morceaux. Sur [0,4π] le cosinus domine, sur [4π,45π] le sinus, sur [45π,2π] le cosinus à nouveau. Le premier morceau vaut [sinx+cosx]0π/4=2−1, le deuxième 22, le troisième [sinx+cosx]5π/42π=1−(−2)=1+2. Total : (2−1)+22+(1+2)=42≈5,66. La réponse tombe ronde, ce qui est un bon indice de calcul juste.
d)
∫02πsinxdx=[−cosx]02π=−1+1=0 : sur un tour complet, l'arche positive et l'arche négative se compensent. L'AIRE, elle, se calcule en découpant en x=π : A=∫0πsinxdx−∫π2πsinxdx=2+2=4. C'est la même leçon qu'à l'exercice 1, sur une fonction périodique : une intégrale nulle ne signifie jamais une aire nulle, et la périodicité rend ce piège encore plus fréquent, car les zéros y sont nombreux.
Partie B : Problèmes du niveau de l'examen (/50)
Exercice 6 : Une région bornée par trois courbes
Soit la région du premier quadrant bornée par les droites y=x, y=2x et y=6−x.
a) Déterminez les trois sommets de la région.
b) Expliquez pourquoi le calcul en tranches verticales demande deux intégrales, et écrivez-les.
c) Calculez l'aire.
d) Refaites le calcul en tranches horizontales, puis vérifiez le résultat par la géométrie élémentaire.
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Réponses
a)(0;0), (2;4), (3;3)
b)Le bord supérieur change en x=2
c)2+1=3
d)Découpage en y=3 ; déterminant : 3
a)
On croise les droites deux à deux. y=x et y=2x se coupent en (0,0). y=2x et y=6−x donnent 2x=6−x, soit x=2 et le point (2,4). y=x et y=6−x donnent x=3 et le point (3,3). La région est le triangle de sommets (0,0), (2,4) et (3,3).
b)
Le bord SUPÉRIEUR change de formule en x=2 : avant, c'est y=2x; après, c'est y=6−x. Le bord inférieur reste y=x sur toute la largeur. Donc A=∫02(2x−x)dx+∫23[(6−x)−x]dx. La règle générale : on découpe à chaque abscisse où l'une des deux frontières change d'expression, et le sommet (2,4) est précisément une telle abscisse.
c)
∫02xdx=[2x2]02=2. ∫23(6−2x)dx=[6x−x2]23=(18−9)−(12−4)=9−8=1. Donc A=2+1=3.
d)
En tranches horizontales, le bord GAUCHE change en y=3 : pour 0≤y≤3, la tranche va de x=2y à x=y; pour 3≤y≤4, elle va de x=2y à x=6−y. Donc A=∫032ydy+∫34(6−23y)dy=49+[6y−43y2]34=49+(24−12)−(18−427)=49+12−445=3 ✓. Vérification géométrique par la formule du déterminant sur les trois sommets : A=21∣x1(y2−y3)+x2(y3−y1)+x3(y1−y2)∣=21∣0(4−3)+2(3−0)+3(0−4)∣=21∣6−12∣=3 ✓. Trois méthodes, un seul nombre : quand une région est polygonale, la vérification géométrique coûte dix secondes et vaut mieux qu'une relecture.
Exercice 7 : Un paramètre qui partage une aire en deux
Soit R la région bornée par la parabole y=x2 et la droite y=4.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Calculez l'aire de R.
b) La droite y=a, avec 0<a<4, partage R en deux. Exprimez l'aire de la partie SUPÉRIEURE en fonction de a, en intégrant par rapport à y.
c) Déterminez la valeur de a qui partage R en deux parties d'aires égales.
d) Aurait-on obtenu a=2 si la région avait été un rectangle ? Que dit la différence ?
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Réponses
a)332
b)Asup(a)=34(8−a3/2)
c)a=316≈2,52
d)Non : la région s'élargit vers le haut
a)
Intersections : x2=4 donne x=±2. Sur ]−2,2[, la droite est au-dessus (point test x=0 : 4>0). Donc A=∫−22(4−x2)dx. La fonction étant PAIRE, on double la moitié : 2∫02(4−x2)dx=2[4x−3x3]02=2(8−38)=332.
b)
En tranches horizontales, la largeur de R à l'ordonnée y va de x=−y à x=+y, donc vaut 2y. La partie supérieure est celle des ordonnées comprises entre a et 4 : Asup(a)=∫a42ydy=[34y3/2]a4=34(8−a3/2). Contrôle : pour a=0 on retrouve 332 ✓, l'aire totale. Le tranchage horizontal est ici obligatoire ou presque : en tranches verticales, la partie supérieure demanderait de découper à x=±a et coûterait trois intégrales.
c)
On veut Asup(a)=21⋅332=316, donc 34(8−a3/2)=316, soit 8−a3/2=4, soit a3/2=4. En élevant à la puissance 32 : a=42/3=316≈2,52. Vérification : 34(8−4)=316 ✓, et 2,52 est bien dans ]0,4[ ✓.
d)
Non, et c'est tout l'intérêt de la question. Pour un rectangle, la largeur est constante, l'aire croît linéairement avec la hauteur, et la médiane horizontale est à mi-hauteur, soit a=2. Ici la largeur 2y AUGMENTE avec y : la moitié haute de la région est plus large, donc il faut monter la coupure au-dessus de 2 pour lui laisser la même aire, et l'on trouve bien 2,52>2. La leçon se généralise : la droite qui partage une aire en deux n'est à mi-hauteur que si la région est aussi large en haut qu'en bas.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chaque affirmation est fausse. Dites en une phrase pourquoi, puis écrivez l'énoncé correct.
a) « L'aire entre la courbe de f et l'axe des abscisses sur [a,b] vaut ∫abf(x)dx. »
b) « Pour deux courbes, on intègre f−g où f est la fonction dont la formule est la plus grande. »
c) « Si l'énoncé ne donne pas de bornes, c'est qu'il faut intégrer de −∞ à +∞. »
d) « L'aire entre deux courbes qui se croisent trois fois se calcule avec une seule intégrale de valeur absolue. »
e) « Intégrer par rapport à y donne une aire dans une autre unité que d'intégrer par rapport à x. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux si f change de signe : ∫∣f∣
b)Faux : dessus moins dessous, par point test
c)Faux : les bornes sont les intersections
d)Faux en pratique : découper aux intersections
e)Faux : même aire, même unité
a)
FAUX dès que f change de signe. L'intégrale compte négativement ce qui est sous l'axe. Énoncé correct : « L'aire vaut ∫ab∣f(x)∣dx, que l'on calcule en découpant l'intervalle aux ZÉROS de f et en changeant le signe des morceaux négatifs. » Sur f(x)=x3−4x et [−2,2], l'intégrale vaut 0 et l'aire vaut 8.
b)
FAUX : « la formule la plus grande » ne veut rien dire, une formule n'est pas un nombre. Ce qui compte est la position sur l'INTERVALLE considéré, et elle peut s'inverser. Énoncé correct : « On intègre (dessus−dessous), position déterminée par un point test strictement intérieur à chaque sous-intervalle délimité par les intersections. » Sur ]−1,0[, x3 est au-dessus de x; sur ]0,1[, c'est l'inverse.
c)
FAUX. Quand les bornes ne sont pas données, c'est que la région est FERMÉE par les courbes elles-mêmes, et les bornes sont les abscisses (ou les ordonnées) d'intersection. Énoncé correct : « On résout f(x)=g(x); les solutions sont les bornes. » C'est d'ailleurs la première ligne de presque toutes les questions d'aire à l'examen, et elle vaut souvent deux points à elle seule.
d)
FAUX en pratique. La formule ∫∣f−g∣ est exacte, mais une valeur absolue ne se primitive pas : il faut de toute façon découper aux trois intersections, donc écrire trois intégrales (ou deux si l'une des régions est symétrique de l'autre). Énoncé correct : « On découpe aux intersections, on détermine le signe sur chaque morceau, puis on additionne les intégrales prises dans le bon sens. »
e)
FAUX. Une aire est une aire : ∫(droite−gauche)dy et ∫(haut−bas)dx donnent le MÊME nombre dans la même unité, comme le montre l'exercice 4 où les deux méthodes donnent 29. Énoncé correct : « Le sens de tranchage ne change ni la valeur ni l'unité, seulement le nombre d'intégrales à écrire; on choisit celui qui en demande le moins. »
Exercice 9 : Problème : surplus du consommateur et du producteur
Sur un marché, la fonction de demande est pd(q)=50−0,5q et la fonction d'offre est ps(q)=10+0,3q, où q est la quantité en milliers d'unités et p le prix en dollars.
a) Déterminez la quantité et le prix d'équilibre.
b) Le surplus du consommateur est l'aire entre la courbe de demande et la droite horizontale du prix d'équilibre, pour q allant de 0 à la quantité d'équilibre. Calculez-le.
c) Calculez de même le surplus du producteur, aire entre la droite du prix d'équilibre et la courbe d'offre.
d) Que vaut la somme des deux surplus ? Interprétez géométriquement.
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Réponses
a)q∗=50, p∗=25
b)SC=625
c)SP=375
d)1000 : l'aire du triangle
a)
L'équilibre est le point où l'offre rencontre la demande : 50−0,5q=10+0,3q, soit 40=0,8q et q∗=50. Le prix correspondant est p∗=50−0,5(50)=25, ou par l'autre expression 10+0,3(50)=25 ✓. Vérifier par les DEUX formules coûte cinq secondes et attrape la faute de signe la plus fréquente du problème.
b)
SC=∫050[pd(q)−p∗]dq=∫050(50−0,5q−25)dq=∫050(25−0,5q)dq=[25q−0,25q2]050=1250−625=625. En milliers d'unités et en dollars, cela représente 625 milliers de dollars, soit 625000 dollars. Interprétation : c'est ce que les consommateurs auraient été prêts à payer en plus, et qu'ils économisent parce que tous paient le même prix d'équilibre.
c)
SP=∫050[p∗−ps(q)]dq=∫050(25−10−0,3q)dq=∫050(15−0,3q)dq=[15q−0,15q2]050=750−375=375, soit 375000 dollars. Les deux intégrandes s'annulent en q=50, ce qui est normal : à l'équilibre, les deux courbes se rejoignent sur la droite du prix.
d)
SC+SP=625+375=1000. Géométriquement, c'est l'aire du triangle délimité par les deux droites et l'axe des ordonnées : ses sommets sont (0,50), (0,10) et (50,25), donc sa base verticale mesure 40 et sa hauteur horizontale 50, d'où 21(40)(50)=1000 ✓. La droite du prix d'équilibre ne fait que couper ce triangle en deux, ce qui explique que la somme des surplus ne dépende PAS du prix retenu tant qu'on reste à l'équilibre. On peut donc calculer directement le total par la géométrie, puis un seul des deux surplus par intégration, et obtenir l'autre par différence : c'est le contrôle le plus rapide sur ce type de question.
Exercice 10 : Problème : l'aire entre deux courbes de vitesse
Deux coureurs partent du même point à l'instant t=0. Leurs vitesses, en mètres par seconde, sont vA(t)=12t−t2 et vB(t)=6t, pour 0≤t≤6 secondes.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) À quels instants les deux coureurs ont-ils la même vitesse ?
b) Lequel est le plus rapide entre ces deux instants ? Justifiez.
c) Que représente l'aire comprise entre les deux courbes de vitesse ? Calculez-la.
d) Quelle est la distance parcourue par chacun au bout de 6 secondes ? Vérifiez la cohérence avec le point c).
Voir la correction
Réponses
a)t=0 et t=6 s
b)A, par le point test t=3
c)36 m d'avance
d)144 m et 108 m, écart 36 m
a)
12t−t2=6t donne 6t−t2=0, soit t(6−t)=0, donc t=0 et t=6 secondes. Les deux coureurs partent ensemble avec une vitesse nulle et se retrouvent à la même vitesse, 36 m/s, à la sixième seconde.
b)
Point test t=3 : vA(3)=36−9=27 m/s et vB(3)=18 m/s. Le coureur A est donc plus rapide sur tout l'intervalle ]0,6[, puisque les deux courbes ne se recoupent pas entre 0 et 6. Une seule évaluation suffit à conclure, et il faut le dire explicitement : c'est ce qui autorise à écrire l'intégrale dans l'ordre vA−vB sans valeur absolue.
c)
L'intégrale d'une vitesse est une distance, donc l'aire entre les deux courbes est l'ÉCART de distance parcourue entre les deux coureurs. A=∫06[(12t−t2)−6t]dt=∫06(6t−t2)dt=[3t2−3t3]06=108−72=36. Au bout de 6 secondes, A a 36 mètres d'avance sur B. Les unités le confirment : une vitesse en mètres par seconde intégrée sur des secondes donne bien des mètres.
d)
dA=∫06(12t−t2)dt=[6t2−3t3]06=216−72=144 m. dB=∫066tdt=[3t2]06=108 m. Différence : 144−108=36 m ✓, exactement l'aire du point c). C'est la vérification que le problème appelle, et elle repose sur la linéarité de l'intégrale : l'intégrale d'une différence est la différence des intégrales. Remarque de méthode : ici les deux vitesses restent positives, donc distance parcourue et déplacement coïncident. Si l'un des coureurs faisait demi-tour, sa vitesse changerait de signe et il faudrait revenir à l'intégrale de la valeur absolue, comme à l'exercice 1.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Sinus contre sinus de l'angle double
On étudie la région comprise entre les courbes y=sinx et y=sin2x sur [0;π], représentées sur la figure.
a) Résolvez sin2x=sinx sur [0;π] en factorisant.
b) Sur chaque sous-intervalle, dites quelle courbe est au-dessus, avec un point test.
c) Calculez l'aire de la région située entre 0 et la deuxième intersection.
d) Calculez l'aire totale comprise entre les deux courbes sur [0;π].
e) Calculez ∫0π(sin2x−sinx)dx et expliquez l'écart avec d).
Voir la correction
Réponses
a)x=0, 3π, π
b)sin2x au-dessus avant 3π, sinx après
c)41
d)41+49=25
e)−2 : l'intégrale signée soustrait
a)
sin2x=2sinxcosx, donc l'équation s'écrit sinx(2cosx−1)=0 : sinx=0 donne x=0 ou x=π, et cosx=21 donne x=3π. Trois intersections. Diviser par sinx aurait fait perdre les deux extrémités.
b)
Point test x=6π dans ]0;3π[ : sin2x=23≈0,87 et sinx=0,5, donc sin2x est au-dessus. Point test x=2π dans ]3π;π[ : sin2x=0 et sinx=1, donc sinx est au-dessus.
∫π/3π(sinx−sin2x)dx=[−cosx+2cos2x]π/3π=(1+21)−(−21−41)=49. Aire totale : 41+49=25. La petite région de gauche pèse neuf fois moins que la grande.
e)
[−2cos2x+cosx]0π=(−21−1)−(−21+1)=−2. C'est 41−49 : l'intégrale signée soustrait la grande région de la petite au lieu de les additionner. Une aire ne peut pas être négative, et elle ne vaut pas non plus 2 : il fallait découper en 3π.
Exercice 12 : La lentille entre un cercle et une parabole
Le cercle x2+y2=8 et la parabole y=2x2 délimitent une région en forme de lentille, située au-dessus de la parabole et sous l'arc supérieur du cercle.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Trouvez les points d'intersection des deux courbes.
b) Posez l'intégrale qui donne l'aire de la lentille, en justifiant qui est au-dessus.
c) Calculez ∫028−x2dx par la substitution x=22sinθ.
d) Déduisez-en l'aire exacte de la lentille, puis sa valeur décimale.
e) Quelle aire reste-t-il dans le disque, sous la parabole ? Quelle fraction du disque la lentille occupe-t-elle ?
Voir la correction
Réponses
a)(−2;2) et (2;2)
b)2∫02(8−x2−2x2)dx
c)π+2
d)2π+34≈7,617
e)6π−34≈17,52 ; environ 30,3 %
a)
On remplace y : x2+4x4=8, soit x4+4x2−32=0, équation du second degré en X=x2 : X2+4X−32=(X+8)(X−4)=0. Seule X=4 convient, puisque X=x2≥0 : x=±2 et y=2. Les points sont (−2;2) et (2;2).
b)
Point test x=0 : le cercle donne y=8≈2,83 et la parabole y=0. L'arc y=8−x2 est au-dessus sur ]−2;2[. A=∫−22(8−x2−2x2)dx=2∫02(8−x2−2x2)dx par parité.
c)
x=22sinθ, dx=22cosθdθ, 8−x2=22cosθ ; x=2 donne sinθ=21, soit θ=4π. ∫0π/48cos2θdθ=4[θ+2sin2θ]0π/4=4(4π+21)=π+2.
d)
∫022x2dx=34. Donc A=2(π+2−34)=2π+34≈7,617. Contrôle : la lentille tient dans le rectangle [−2;2]×[0;2,83], d'aire 11,3, et n'en occupe pas toute la place ✓.
e)
Le disque a pour aire 8π≈25,13. Il reste 8π−(2π+34)=6π−34≈17,52. La lentille occupe 25,137,617≈30,3 pour cent du disque. La figure du corrigé montre la lentille, tracée à échelle égale pour que le cercle reste un cercle.
Exercice 13 : Une aire égale à ln 2 : l'hyperbole et deux droites
Pour x>0, on considère la région bornée par l'hyperbole y=x1 et les deux droites y=x et y=4x. Elle ressemble à un triangle dont un côté serait courbe.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Déterminez les trois « sommets » de la région.
b) Expliquez pourquoi le calcul en tranches verticales demande deux intégrales, et écrivez-les.
c) Calculez l'aire de la région.
d) On remplace la droite y=4x par y=k2x avec k>1. Montrez que l'aire vaut lnk, puis trouvez k pour que l'aire vaille 1.
e) Vérifiez le résultat de c) en tranches horizontales.
Voir la correction
Réponses
a)(0;0), (1;1), (2;21)
b)Le bord supérieur change en x=1
c)ln2≈0,693
d)Aire lnk ; k=e
e)83+ln2−83=ln2
a)
y=x et y=4x se coupent en (0;0). x=x1 donne x=1 (car x>0) : sommet (1;1). 4x=x1 donne x2=4, x=2 : sommet (2;21).
b)
Le bord inférieur est y=4x sur toute la largeur [0;2], mais le bord SUPÉRIEUR change en x=1 : c'est y=x avant, y=x1 après. Donc A=∫01(x−4x)dx+∫12(x1−4x)dx.
c)
∫0143xdx=83. ∫12(x1−4x)dx=[lnx−8x2]12=ln2−21+81=ln2−83. Total : A=ln2≈0,693. Les deux fractions 83 se sont annulées.
d)
Les sommets deviennent (1;1) et (k;k1). ∫01x(1−k21)dx+∫1k(x1−k2x)dx=21−2k21+lnk−2k2k2−1=lnk, car 21−2k21=2k2k2−1. Aire 1 : lnk=1, soit k=e. On retrouve la définition géométrique de e.
e)
En tranches horizontales, la tranche va de la droite y=x (à gauche, x=y) à la droite y=4x (à droite, x=4y) tant que y≤21, puis de x=y à l'hyperbole x=y1. ∫01/23ydy+∫1/21(y1−y)dy=83+(0−21)−(−ln2−81)=83−21+ln2+81=ln2 ✓.
Exercice 14 : Problème : la courbe de Lorenz et l'indice de Gini
La courbe de Lorenz d'un pays associe à chaque fraction x des ménages, classés du plus pauvre au plus riche, la fraction L(x) du revenu total qu'ils reçoivent. En égalité parfaite, L(x)=x. L'indice de Gini vaut G=2∫01(x−L(x))dx : deux fois l'aire entre la droite d'égalité et la courbe.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Vérifiez que LA(x)=x2 est une courbe de Lorenz plausible : L(0)=0, L(1)=1 et L(x)≤x sur [0;1].
b) Calculez l'indice de Gini du pays A.
c) Le pays B a pour courbe LB(x)=2x2+x4. Calculez son indice de Gini. Lequel des deux pays est le plus inégalitaire ?
d) Quelle part du revenu la moitié la plus pauvre des ménages reçoit-elle dans chaque pays ?
e) Pour le pays A, en quelle fraction x l'écart x−LA(x) est-il maximal ? Que vaut-il, et que signifie LA′(x)=1 en ce point ?
Voir la correction
Réponses
a)x−x2≥0 sur [0;1]
b)GA=31
c)GB=157≈0,467 : B plus inégalitaire
d)25 % contre 15,6 %
e)x=21, écart 41 ; revenu moyen
a)
LA(0)=0 et LA(1)=1. Sur [0;1], x−x2=x(1−x)≥0 : la courbe reste sous la droite d'égalité. Elle est aussi croissante et convexe, comme toute courbe de Lorenz : chaque ménage ajouté est plus riche que le précédent.
b)
GA=2∫01(x−x2)dx=2(21−31)=31≈0,333. L'aire entre les deux courbes vaut 61, et le triangle sous la droite d'égalité vaut 21 : G est le rapport des deux.
c)
∫01LB(x)dx=21(31+51)=154, donc GB=2(21−154)=1−158=157≈0,467. Le pays B est plus inégalitaire : sa courbe de Lorenz s'éloigne davantage de la droite d'égalité. En pratique, les indices de Gini observés vont d'environ 0,25 à plus de 0,6.
d)
LA(0,5)=0,25 : la moitié la plus pauvre reçoit 25 pour cent du revenu dans le pays A. LB(0,5)=20,25+0,0625=0,15625 : environ 15,6 pour cent dans le pays B. La lecture ponctuelle confirme le classement donné par l'aire.
e)
L'écart x−x2 a pour dérivée 1−2x, nulle en x=21 : l'écart maximal vaut 21−41=41. En ce point LA′(x)=2x=1 : la pente de la courbe de Lorenz est la part du revenu du ménage marginal rapportée à la moyenne. Le ménage qui y est situé gagne exactement le revenu moyen ; à gauche, les ménages gagnent moins que la moyenne, à droite davantage. La figure du corrigé trace les trois courbes.
Exercice 15 : Problème : le niveau d'un bassin de rétention
Pendant un orage, un bassin de rétention reçoit un débit entrant e(t)=3t et laisse sortir un débit s(t)=t2−2t+4, en m3 par heure, pour 0≤t≤5 heures. Il contient 10 m3 au départ.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) À quels instants les deux débits sont-ils égaux ?
b) Sur quels intervalles le volume d'eau augmente-t-il ? diminue-t-il ?
c) Exprimez le volume V(t), puis donnez son minimum et son maximum locaux.
d) Quelle est la variation nette du volume sur les 5 heures ?
e) Calculez l'aire comprise entre les deux courbes de débit sur [0;5], et dites ce qu'elle mesure. Pourquoi diffère-t-elle de d) ?
Voir la correction
Réponses
a)t=1 h et t=4 h
b)Hausse sur ]1;4[, baisse avant et après
c)V(t)=10−3t3+25t2−4t ; 649 et 338 m3
d)+65 m3
e)649 m3 de déséquilibres, pertes et gains confondus
a)
3t=t2−2t+4 donne t2−5t+4=(t−1)(t−4)=0 : t=1 h et t=4 h.
b)
e(t)−s(t)=−t2+5t−4=−(t−1)(t−4) : négatif sur [0;1[ et sur ]4;5], positif sur ]1;4[. Le volume diminue pendant la première heure, augmente entre 1 et 4 h, puis diminue de nouveau.
c)
V(t)=10+∫0t(−u2+5u−4)du=10−3t3+25t2−4t. Minimum local en t=1 : V(1)=10−31+25−4=649≈8,17 m3. Maximum local en t=4 : V(4)=10−364+40−16=338≈12,67 m3. Les extremums de V sont aux instants où les débits s'égalent, puisque V′=e−s.
d)
V(5)=10−3125+2125−20=665, donc V(5)−V(0)=65≈0,83 m3 : le bassin a gagné un peu moins d'un mètre cube.
e)
∫05∣e−s∣dt=611+627+611=649≈8,17 m3, les trois morceaux valant V(0)−V(1), V(4)−V(1) et V(4)−V(5). Cette aire mesure le volume total des déséquilibres, pertes et gains confondus, que le bassin a dû absorber. La variation nette compte les gains positivement et les pertes négativement : −611+627−611=65. La figure du corrigé trace les deux débits : entre 1 h et 4 h, la droite du débit entrant passe au-dessus de la courbe du débit sortant, et c'est pendant ce temps que le bassin se remplit.
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