Calcul intégral 201-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : les équations différentielles (201-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés de calcul intégral 201-NYB sur les équations différentielles. Deux exercices d'échauffement l'ouvrent : dix équations à résoudre en rafale, cinq du premier ordre dont il faut reconnaître le type sous le déguisement, cinq du second ordre à intégrer deux fois ou à réduire. La partie A installe ensuite les deux techniques du cours : les équations SÉPARABLES, où variables et différentielles se trient de part et d'autre du signe égal (jusqu'à la jolie famille de cercles solutions), et les équations LINÉAIRES du premier ordre résolues au facteur intégrant, avec le pont vers la physique : l'équation du circuit RC est exactement celle du cours. La partie B fait ce que ce chapitre fait de mieux : des problèmes. Croissance et décroissance exponentielles (datation au carbone 14, bactéries, intérêts composés continus), refroidissement de Newton avec la courbe exacte du café, le réservoir de saumure qui oublie son état initial, et le modèle logistique, l'exponentielle assagie par la capacité du milieu.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature (cours de calcul intégral 201-NYB) comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de mathématiques : l'équation y=ay+by'=ay+b de Terminale s'y généralise en boîte à outils complète, et les problèmes rédigés (mise en équation comprise) sont le format exact des évaluations.

Le réflexe à garder tout du long : une équation différentielle se lit AVANT de se résoudre. Chercher les solutions d'équilibre (où y=0y'=0), le signe de yy', le comportement à l'infini : trois questions sans calcul qui dessinent la solution, contrôlent le résultat final, et rapportent des points même quand l'intégrale résiste.

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Ce chapitre fait partie de Calcul intégral, 201-NYB
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les dérivées des fonctions transcendantesCalcul différentiel (201-NYA)
  2. 2Primitives et intégrale indéfinie
  3. 3La décomposition des fractions rationnelles
  4. 4Techniques d'intégration

Rappel de cours

  • Vocabulaire : l'ORDRE est celui de la plus haute dérivée; la solution GÉNÉRALE contient une constante par ordre; une condition initiale fixe la constante (solution particulière). Toujours VÉRIFIER une solution en la réinjectant dans l'équation.
  • Équation SÉPARABLE : dydx=f(x)g(y)\frac{dy}{dx}=f(x)g(y). On isole : dyg(y)=f(x)dx\frac{dy}{g(y)}=f(x)dx, on intègre chaque côté, on n'oublie qu'UNE constante, et on garde un œil sur les solutions constantes g(y)=0g(y)=0 perdues par la division.
  • Équation LINÉAIRE du premier ordre : y+P(x)y=Q(x)y'+P(x)y=Q(x). Facteur intégrant μ(x)=eP(x)dx\mu(x)=e^{\int P(x)dx} : l'équation devient (μy)=μQ(\mu y)'=\mu Q, qui s'intègre directement. C'est la méthode reine dès que yy et yy' apparaissent au premier degré.
  • Croissance et décroissance exponentielles : dNdt=kN\frac{dN}{dt}=kN donne N(t)=N0ektN(t)=N_{0}e^{kt}. Temps de doublement ln2k\frac{\ln 2}{k}; demi-vie t1/2=ln2kt_{1/2}=\frac{\ln 2}{|k|} (carbone 14 : 5730 ans).
  • Refroidissement de Newton : dTdt=k(TTa)\frac{dT}{dt}=-k(T-T_{a}), solution T(t)=Ta+(T0Ta)ektT(t)=T_{a}+(T_{0}-T_{a})e^{-kt} : l'écart à la température ambiante décroît exponentiellement. Mélanges : dAdt=\frac{dA}{dt}= (débit entrant ×\times concentration entrante) - (débit sortant ×AV\times\frac{A}{V}).
  • Modèle logistique : dPdt=kP(1PM)\frac{dP}{dt}=kP\left(1-\frac{P}{M}\right), solution P(t)=M1+AektP(t)=\frac{M}{1+Ae^{-kt}} avec A=MP0P0A=\frac{M-P_{0}}{P_{0}}. Équilibres P=0P=0 (instable) et P=MP=M (stable); croissance maximale au point d'inflexion P=M2P=\frac{M}{2}.

Échauffement : résoudre en rafale (/20)

Exercice 1 : Reconnaître le type, puis résoudre : cinq équations du premier ordre

Aucune de ces équations ne se présente sous sa forme de manuel. Avant tout calcul, réécrivez-la jusqu'à reconnaître son TYPE : séparable dydx=f(x)g(y)\frac{dy}{dx}=f(x)g(y), linéaire y+P(x)y=Q(x)y'+P(x)y=Q(x), homogène y=F(yx)y'=F\left(\frac{y}{x}\right), ou linéaire si l'on voit xx comme fonction de yy. Résolvez ensuite au point indiqué : le point (x0;y0)(x_{0}\,;y_{0}) signifie y(x0)=y0y(x_{0})=y_{0}.

  • a) dydx=e2x+y+ey\dfrac{dy}{dx}=e^{2x+y}+e^{y} ; au point (0;0)(0\,;0). Calculez y(12)y\left(-\frac{1}{2}\right) et la borne droite de l'intervalle où la solution existe.
  • b) dydx=y+x2sinxx\dfrac{dy}{dx}=\dfrac{y+x^{2}\sin x}{x} pour x>0x>0 ; au point (π;2π)(\pi\,;2\pi). Quel est le type de l'équation ? Calculez y(π2)y\left(\frac{\pi}{2}\right).
  • c) x2dydx=y2+xy+x2x^{2}\,\dfrac{dy}{dx}=y^{2}+xy+x^{2} pour x>0x>0 ; au point (1;0)(1\,;0). Calculez y(eπ/4)y\left(e^{\pi/4}\right) et la borne droite de l'intervalle où la solution existe.
  • d) dydx=1x+y2\dfrac{dy}{dx}=\dfrac{1}{x+y^{2}} ; au point (0;0)(0\,;0). Montrez que l'équation n'est ni séparable ni linéaire en yy, mais qu'elle devient linéaire en regardant xx comme fonction de yy. Calculez l'abscisse xx du point de la courbe d'ordonnée y=1y=1.
  • e) xdydx+y=x2y2x\,\dfrac{dy}{dx}+y=x^{2}y^{2} pour x>0x>0 ; au point (1;12)(1\,;\frac{1}{2}). Résolvez en reconnaissant la dérivée d'un produit, puis calculez y(32)y\left(\frac{3}{2}\right) et la borne droite de l'intervalle où la solution existe.

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Réponses

  • a) Séparable : y=ln(32xe2x2)y=-\ln\left(\frac{3}{2}-x-\frac{e^{2x}}{2}\right), y(12)0,597y\left(-\frac{1}{2}\right)\approx -0{,}597, borne droite 0,396\approx 0{,}396
  • b) Linéaire : y=xxcosxy=x-x\cos x, y(π2)=π21,571y\left(\frac{\pi}{2}\right)=\frac{\pi}{2}\approx 1{,}571
  • c) Homogène : y=xtan(lnx)y=x\tan(\ln x), y(eπ/4)=eπ/42,193y\left(e^{\pi/4}\right)=e^{\pi/4}\approx 2{,}193, borne eπ/24,810e^{\pi/2}\approx 4{,}810
  • d) Linéaire en xx : x=2eyy22y2x=2e^{y}-y^{2}-2y-2 ; pour y=1y=1, x=2e50,437x=2e-5\approx 0{,}437
  • e) (xy)=(xy)2(xy)'=(xy)^{2} : y=1x(3x)y=\frac{1}{x(3-x)} sur ]0;3[]0\,;3[, y(32)=49y\left(\frac{3}{2}\right)=\frac{4}{9}

a) Le piège est dans l'exposant : e2x+y=e2xeye^{2x+y}=e^{2x}\,e^{y}, et non e2x+eye^{2x}+e^{y}. On met eye^{y} en facteur : dydx=ey(e2x+1)\dfrac{dy}{dx}=e^{y}\left(e^{2x}+1\right), équation SÉPARABLE. eydy=(e2x+1)dxe^{-y}\,dy=\left(e^{2x}+1\right)dx, donc ey=e2x2+x+C-e^{-y}=\dfrac{e^{2x}}{2}+x+C. Au point (0;0)(0\,;0) : 1=12+C-1=\frac{1}{2}+C, C=32C=-\frac{3}{2}. Donc ey=32xe2x2e^{-y}=\dfrac{3}{2}-x-\dfrac{e^{2x}}{2} et y=ln(32xe2x2)y=-\ln\left(\dfrac{3}{2}-x-\dfrac{e^{2x}}{2}\right). En x=12x=-\frac{1}{2} : 32+12e12=212e1,816\frac{3}{2}+\frac{1}{2}-\frac{e^{-1}}{2}=2-\frac{1}{2e}\approx 1{,}816, d'où y0,597y\approx -0{,}597. La solution n'existe que tant que le logarithme a un argument positif : 32xe2x>03-2x-e^{2x}>0. Cette fonction est strictement décroissante, vaut 11 en 00 et s'annule entre 0,390{,}39 et 0,400{,}40 ; par dichotomie, la borne droite vaut environ 0,3960{,}396. En s'en approchant, ey0e^{-y}\to 0 et y+y\to+\infty : la solution explose en temps fini, alors que le second membre semblait inoffensif.

b) On découpe la fraction : dydx=yx+xsinx\dfrac{dy}{dx}=\dfrac{y}{x}+x\sin x. Le second membre est une SOMME d'un terme en yy et d'un terme en xx : l'équation n'est pas séparable, elle est LINÉAIRE, y1xy=xsinxy'-\dfrac{1}{x}\,y=x\sin x. Ici P(x)=1xP(x)=-\frac{1}{x}, donc μ=elnx=1x\mu=e^{-\ln x}=\dfrac{1}{x}. Piège de signe : prendre μ=x\mu=x en oubliant le moins de PP. On multiplie : (yx)=sinx\left(\dfrac{y}{x}\right)'=\sin x, donc yx=cosx+C\dfrac{y}{x}=-\cos x+C et y=xcosx+Cxy=-x\cos x+Cx. Au point (π;2π)(\pi\,;2\pi) : 2π=π+Cπ2\pi=\pi+C\pi, donc C=1C=1 et y=xxcosxy=x-x\cos x. Vérification : y=1cosx+xsinxy'=1-\cos x+x\sin x, et yx+xsinx=1cosx+xsinx\frac{y}{x}+x\sin x=1-\cos x+x\sin x. Enfin y(π2)=π20=π21,571y\left(\frac{\pi}{2}\right)=\frac{\pi}{2}-0=\frac{\pi}{2}\approx 1{,}571.

c) On divise par x2x^{2} : dydx=(yx)2+yx+1\dfrac{dy}{dx}=\left(\dfrac{y}{x}\right)^{2}+\dfrac{y}{x}+1. Le second membre ne dépend que de yx\frac{y}{x} : équation HOMOGÈNE. On pose v=yxv=\dfrac{y}{x}, donc y=xvy=xv et y=v+xvy'=v+x\,v' par la règle du produit. Oublier le terme vv est l'erreur classique : elle rend l'équation fausse dès la première ligne. On obtient v+xv=v2+v+1v+x\,v'=v^{2}+v+1, soit xv=v2+1x\,v'=v^{2}+1, séparable : dv1+v2=dxx\dfrac{dv}{1+v^{2}}=\dfrac{dx}{x}, arctanv=lnx+C\arctan v=\ln x+C. Au point (1;0)(1\,;0) : v=0v=0 et ln1=0\ln 1=0, donc C=0C=0. Ainsi v=tan(lnx)v=\tan(\ln x) et y=xtan(lnx)y=x\tan(\ln x). En x=eπ/4x=e^{\pi/4} : lnx=π4\ln x=\frac{\pi}{4}, tanπ4=1\tan\frac{\pi}{4}=1, donc y=eπ/42,193y=e^{\pi/4}\approx 2{,}193. La solution vit tant que lnx<π2\ln x<\frac{\pi}{2}, soit x<eπ/24,810x<e^{\pi/2}\approx 4{,}810, où la tangente explose.

d) Le second membre ne se factorise pas en f(x)g(y)f(x)g(y) : pas séparable. Et yy figure au dénominateur, au carré : pas linéaire en yy. Mais une courbe se lit dans les deux sens : là où dydx0\frac{dy}{dx}\neq 0, dxdy=1dy/dx=x+y2\dfrac{dx}{dy}=\dfrac{1}{dy/dx}=x+y^{2}. En regardant xx comme fonction de yy, c'est une équation LINÉAIRE : dxdyx=y2\dfrac{dx}{dy}-x=y^{2}. Facteur intégrant μ=ey\mu=e^{-y} : (xey)=y2ey\left(x\,e^{-y}\right)'=y^{2}e^{-y}. Deux intégrations par parties donnent y2eydy=(y2+2y+2)ey\int y^{2}e^{-y}\,dy=-(y^{2}+2y+2)\,e^{-y}, ce qu'on vérifie en dérivant : (2y+2)ey+(y2+2y+2)ey=y2ey-(2y+2)e^{-y}+(y^{2}+2y+2)e^{-y}=y^{2}e^{-y}. Donc xey=(y2+2y+2)ey+Cx\,e^{-y}=-(y^{2}+2y+2)e^{-y}+C, soit x=Ceyy22y2x=Ce^{y}-y^{2}-2y-2. Au point (0;0)(0\,;0), c'est-à-dire x=0x=0 quand y=0y=0 : 0=C20=C-2, C=2C=2. La solution est x=2eyy22y2x=2e^{y}-y^{2}-2y-2, une fonction de yy et non de xx. Pour y=1y=1 : x=2e50,437x=2e-5\approx 0{,}437. Piège : traiter la condition « au point (0;0)(0\,;0) » à l'envers, en remplaçant xx par l'ordonnée ; ici le point dit toujours x=0x=0 ET y=0y=0.

e) Le membre de gauche est exactement la dérivée d'un produit : xy+y=(xy)x\,y'+y=(xy)'. Le second membre, x2y2x^{2}y^{2}, vaut (xy)2(xy)^{2}. En posant w=xyw=xy, l'équation devient w=w2w'=w^{2}, séparable. Pour w0w\neq 0 : dww2=dx\dfrac{dw}{w^{2}}=dx, donc 1w=x+C-\dfrac{1}{w}=x+C. Au point (1;12)(1\,;\frac{1}{2}) : w=12w=\frac{1}{2}, donc 2=1+C-2=1+C et C=3C=-3. Ainsi w=13xw=\dfrac{1}{3-x} et y=wx=1x(3x)y=\dfrac{w}{x}=\dfrac{1}{x(3-x)}. Autre route, plus longue : c'est une équation de Bernoulli, y+1xy=xy2y'+\frac{1}{x}y=x\,y^{2}, linéarisée par u=1yu=\frac{1}{y} ; elle mène au même résultat. Alors y(32)=13232=490,444y\left(\frac{3}{2}\right)=\dfrac{1}{\frac{3}{2}\cdot\frac{3}{2}}=\dfrac{4}{9}\approx 0{,}444. La solution existe sur ]0;3[]0\,;3[ et explose en x=3x=3. Piège : diviser par xx trop tôt et chercher un facteur intégrant là où il suffisait de LIRE le membre de gauche.

Exercice 2 : Du second ordre au premier : cinq équations à intégrer deux fois ou à réduire

Une équation d'ordre 22 se ramène toujours à deux équations d'ordre 11. Si le second membre ne dépend que de la variable, on intègre deux fois, avec deux constantes. S'il contient yy', on pose v=yv=y' et l'on résout d'abord une équation du premier ordre en vv, séparable ou linéaire. Et si le membre de gauche est déjà une dérivée, on l'intègre d'un coup. Dans tous les cas, deux conditions fixent les deux constantes.

  • a) d2sdt2=(t+1)2t4\dfrac{d^{2}s}{dt^{2}}=\dfrac{(t+1)^{2}}{t^{4}} pour t>0t>0, sachant que pour t=1t=1 on a s=0s=0 et dsdt=0\dfrac{ds}{dt}=0. Trouvez s(t)s(t) et calculez s(2)s(2).
  • b) y=sin2xy''=\sin^{2}x avec y(0)=0y(0)=0 et y(0)=1y'(0)=1. Calculez y(π)y(\pi).
  • c) x2y=1x^{2}\,y''=1 pour x>0x>0, avec y(1)=0y(1)=0 et y(e)=0y(e)=0. Calculez y(1)y'(1), puis l'abscisse du point où la tangente est horizontale.
  • d) y+yx=4y''+\dfrac{y'}{x}=4 pour x>0x>0, avec y(1)=1y(1)=1 et y(1)=3y'(1)=3. Calculez y(e)y(e).
  • e) y=2yyy''=2y\,y' avec y(0)=1y(0)=1 et y(0)=2y'(0)=2. Calculez y(π12)y\left(\frac{\pi}{12}\right) et l'abscisse positive où la solution cesse d'exister.

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Réponses

  • a) s(t)=lnt+1t+16t2+7t372s(t)=-\ln t+\frac{1}{t}+\frac{1}{6t^{2}}+\frac{7t}{3}-\frac{7}{2}, s(2)=4124ln21,015s(2)=\frac{41}{24}-\ln 2\approx 1{,}015
  • b) y=x24+cos2x18+xy=\frac{x^{2}}{4}+\frac{\cos 2x-1}{8}+x, y(π)=π24+π5,609y(\pi)=\frac{\pi^{2}}{4}+\pi\approx 5{,}609
  • c) y=lnx+x1e1y=-\ln x+\frac{x-1}{e-1}, y(1)=2ee10,418y'(1)=\frac{2-e}{e-1}\approx -0{,}418, tangente horizontale en x=e11,718x=e-1\approx 1{,}718
  • d) μ=x\mu=x ; y=x2+lnxy=x^{2}+\ln x, y(e)=e2+18,389y(e)=e^{2}+1\approx 8{,}389
  • e) y=tan(x+π4)y=\tan\left(x+\frac{\pi}{4}\right), y(π12)=31,732y\left(\frac{\pi}{12}\right)=\sqrt{3}\approx 1{,}732, explosion en x=π4x=\frac{\pi}{4}

a) On DÉVELOPPE le carré puis on découpe : (t+1)2t4=t2+2t+1t4=t2+2t3+t4\dfrac{(t+1)^{2}}{t^{4}}=\dfrac{t^{2}+2t+1}{t^{4}}=t^{-2}+2t^{-3}+t^{-4}. Première intégration : dsdt=t1t2t33+C1\dfrac{ds}{dt}=-t^{-1}-t^{-2}-\dfrac{t^{-3}}{3}+C_{1}. Condition dsdt=0\frac{ds}{dt}=0 en t=1t=1 : 1113+C1=0-1-1-\frac{1}{3}+C_{1}=0, donc C1=73C_{1}=\frac{7}{3}. Piège : une vitesse nulle ne donne pas C1=0C_{1}=0, car la primitive vaut 73-\frac{7}{3} en t=1t=1. Deuxième intégration, avec t1dt=lnt\int t^{-1}\,dt=\ln t (et non t00\frac{t^{0}}{0}) : s=lnt+1t+16t2+7t3+C2s=-\ln t+\dfrac{1}{t}+\dfrac{1}{6t^{2}}+\dfrac{7t}{3}+C_{2}. En t=1t=1 : 0+1+16+73+C2=00+1+\frac{1}{6}+\frac{7}{3}+C_{2}=0, donc C2=72C_{2}=-\frac{7}{2}. Ainsi s(t)=lnt+1t+16t2+7t372s(t)=-\ln t+\dfrac{1}{t}+\dfrac{1}{6t^{2}}+\dfrac{7t}{3}-\dfrac{7}{2}, et s(2)=ln2+12+124+14372=4124ln21,015s(2)=-\ln 2+\frac{1}{2}+\frac{1}{24}+\frac{14}{3}-\frac{7}{2}=\frac{41}{24}-\ln 2\approx 1{,}015.

b) sin2x\sin^{2}x n'a pas de primitive immédiate : on LINÉARISE, sin2x=1cos2x2\sin^{2}x=\dfrac{1-\cos 2x}{2}. Première intégration : y=x2sin2x4+C1y'=\dfrac{x}{2}-\dfrac{\sin 2x}{4}+C_{1}. En x=0x=0 : C1=1C_{1}=1, car sin0=0\sin 0=0. Deuxième intégration : y=x24+cos2x8+x+C2y=\dfrac{x^{2}}{4}+\dfrac{\cos 2x}{8}+x+C_{2} ; attention au signe, la primitive de sin2x-\sin 2x est +cos2x2+\frac{\cos 2x}{2}. En x=0x=0 : 18+C2=0\frac{1}{8}+C_{2}=0, donc C2=18C_{2}=-\frac{1}{8}, et NON 00, puisque cos0=1\cos 0=1. Ainsi y=x24+cos2x18+xy=\dfrac{x^{2}}{4}+\dfrac{\cos 2x-1}{8}+x. Vérification : y=12cos2x2=sin2xy''=\frac{1}{2}-\frac{\cos 2x}{2}=\sin^{2}x. En x=πx=\pi : cos2π=1\cos 2\pi=1, donc y(π)=π24+π5,609y(\pi)=\dfrac{\pi^{2}}{4}+\pi\approx 5{,}609. Piège fréquent : écrire sin2xdx=sin3x3\int\sin^{2}x\,dx=\frac{\sin^{3}x}{3}, qui se dérive en sin2xcosx\sin^{2}x\cos x.

c) On divise par x2x^{2} : y=1x2y''=\dfrac{1}{x^{2}}. Première intégration : y=1x+C1y'=-\dfrac{1}{x}+C_{1} ; deuxième : y=lnx+C1x+C2y=-\ln x+C_{1}x+C_{2}. Les deux conditions portent sur yy : aucune constante ne se fixe avant la fin, il faut résoudre un système. y(1)=0y(1)=0 donne C1+C2=0C_{1}+C_{2}=0. y(e)=0y(e)=0 donne 1+C1e+C2=0-1+C_{1}e+C_{2}=0. En soustrayant : C1(e1)=1C_{1}(e-1)=1, donc C1=1e10,582C_{1}=\dfrac{1}{e-1}\approx 0{,}582 et C2=C1C_{2}=-C_{1}. Ainsi y=lnx+x1e1y=-\ln x+\dfrac{x-1}{e-1}. Alors y(1)=1+1e1=2ee10,418y'(1)=-1+\dfrac{1}{e-1}=\dfrac{2-e}{e-1}\approx -0{,}418 : la pente de départ n'était pas donnée, elle découle des deux points. La tangente est horizontale quand y=0y'=0, soit 1x=1e1\frac{1}{x}=\frac{1}{e-1} et x=e11,718x=e-1\approx 1{,}718. Comme y=1x2>0y''=\frac{1}{x^{2}}>0, c'est un minimum, qui vaut y(e1)=1ln(e1)1e10,123y(e-1)=1-\ln(e-1)-\frac{1}{e-1}\approx -0{,}123 : la courbe descend sous l'axe entre ses deux zéros, cohérent avec une concavité vers le haut.

d) Le second membre contient yy' : on ne peut pas intégrer deux fois directement. On pose v=yv=y', donc y=vy''=v' : v+1xv=4v'+\dfrac{1}{x}\,v=4, équation LINÉAIRE du premier ordre en vv. Facteur intégrant μ=edxx=elnx=x\mu=e^{\int\frac{dx}{x}}=e^{\ln x}=x, et non exe^{x}. On obtient (xv)=4x(x\,v)'=4x, donc xv=2x2+C1x\,v=2x^{2}+C_{1} et v=2x+C1xv=2x+\dfrac{C_{1}}{x}. Condition y(1)=3y'(1)=3 : 2+C1=32+C_{1}=3, C1=1C_{1}=1. On revient à yy : y=x2+lnx+C2y=x^{2}+\ln x+C_{2}, et y(1)=1+C2=1y(1)=1+C_{2}=1 donne C2=0C_{2}=0. Ainsi y=x2+lnxy=x^{2}+\ln x. Vérification : y=2x+1xy'=2x+\frac{1}{x}, y=21x2y''=2-\frac{1}{x^{2}}, et y+yx=21x2+2+1x2=4y''+\frac{y'}{x}=2-\frac{1}{x^{2}}+2+\frac{1}{x^{2}}=4. Enfin y(e)=e2+18,389y(e)=e^{2}+1\approx 8{,}389. On pouvait aussi multiplier l'équation par xx : xy+y=(xy)x\,y''+y'=(x\,y')', qui s'intègre d'un coup en xy=2x2+C1x\,y'=2x^{2}+C_{1} ; c'est le même facteur intégrant, lu directement.

e) Le membre de droite 2yy2y\,y' est la dérivée de y2y^{2} par dérivation en chaîne. L'équation s'écrit donc (y)=(y2)(y')'=(y^{2})', et une première intégration donne y=y2+C1y'=y^{2}+C_{1}. Condition en x=0x=0 : 2=1+C12=1+C_{1}, donc C1=1C_{1}=1. Piège : poser C1=0C_{1}=0 par réflexe, ce qui donnerait y=y2y'=y^{2} et contredirait y(0)=2y'(0)=2. On obtient y=1+y2y'=1+y^{2}, séparable : dy1+y2=dx\dfrac{dy}{1+y^{2}}=dx, donc arctany=x+C2\arctan y=x+C_{2}. En x=0x=0 : arctan1=π4=C2\arctan 1=\frac{\pi}{4}=C_{2}. Ainsi y=tan(x+π4)y=\tan\left(x+\dfrac{\pi}{4}\right). Vérification : y=1+y2y'=1+y^{2}, puis y=2yyy''=2y\,y'. En x=π12x=\frac{\pi}{12} : π12+π4=π3\frac{\pi}{12}+\frac{\pi}{4}=\frac{\pi}{3}, donc y=tanπ3=31,732y=\tan\frac{\pi}{3}=\sqrt{3}\approx 1{,}732. La solution cesse d'exister quand x+π4=π2x+\frac{\pi}{4}=\frac{\pi}{2}, soit x=π40,785x=\frac{\pi}{4}\approx 0{,}785 : une équation sans aucune singularité apparente produit une solution qui explose en temps fini.

Partie A : Techniques, analyse qualitative et substitutions (/50)

Exercice 3 : Vérifier, séparer, résoudre

La figure montre la famille de courbes solutions de l'équation de la question d) : des cercles concentriques, un par valeur de la constante.

  • a) Vérifiez que y=Ce3x+2y=Ce^{-3x}+2 est solution de y+3y=6y'+3y=6 pour toute constante CC, puis trouvez la solution particulière vérifiant y(0)=5y(0)=5. Que représente y=2y=2 ?
  • b) Résolvez l'équation séparable dydx=xy\frac{dy}{dx}=xy avec y(0)=3y(0)=3.
  • c) Résolvez dydx=y2\frac{dy}{dx}=-y^{2} avec y(0)=1y(0)=1, et commentez le domaine de validité de la solution.
  • d) Résolvez dydx=xy\frac{dy}{dx}=-\frac{x}{y} et montrez que les courbes solutions sont les cercles de la figure. Pourquoi la solution reste-t-elle implicite ?

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  • a) C=3C=3 ; équilibre y=2y=2
  • b) y=3ex2/2y=3e^{x^{2}/2}
  • c) y=11+xy=\frac{1}{1+x} sur ]1,[]-1,\infty[
  • d) x2+y2=Cx^{2}+y^{2}=C : cercles, solution implicite

a) y=3Ce3xy'=-3Ce^{-3x}, donc y+3y=3Ce3x+3Ce3x+6=6y'+3y=-3Ce^{-3x}+3Ce^{-3x}+6=6 : vérifié pour tout CC, c'est la solution GÉNÉRALE (une constante, ordre un). y(0)=C+2=5y(0)=C+2=5 donne C=3C=3 : y=3e3x+2y=3e^{-3x}+2. La droite y=2y=2 est la solution d'ÉQUILIBRE (y=0y'=0) : toutes les solutions y convergent quand xx\to\infty, l'exponentielle ne faisant qu'amortir l'écart initial.

b) Séparation : dyy=xdx\frac{dy}{y}=x\,dx, puis lny=x22+C1\ln|y|=\frac{x^{2}}{2}+C_{1}, donc y=Cex2/2y=Ce^{x^{2}/2}. Avec y(0)=3y(0)=3 : C=3C=3, d'où y=3ex2/2y=3e^{x^{2}/2}. Au passage, la division par yy a caché la solution constante y=0y=0 : réflexe à noter, même si la condition initiale ne la choisit pas ici.

c) dyy2=dx\frac{dy}{y^{2}}=-dx donne 1y=x+C1-\frac{1}{y}=-x+C_{1}, soit y=1x+Cy=\frac{1}{x+C}. Avec y(0)=1y(0)=1 : C=1C=1, donc y=11+xy=\frac{1}{1+x}. La solution n'est valable que sur ]1,[]-1,\infty[ : en x=1x=-1 elle explose. Une équation différentielle parfaitement régulière peut produire des solutions à durée de vie limitée : le domaine fait partie de la réponse.

d) ydy=xdxy\,dy=-x\,dx, donc y22=x22+C1\frac{y^{2}}{2}=-\frac{x^{2}}{2}+C_{1}, soit x2+y2=Cx^{2}+y^{2}=C : les cercles centrés à l'origine de la figure (rayons 2, 3, 4 pour C=4,9,16C=4,9,16). La solution reste IMPLICITE parce qu'aucune fonction y(x)y(x) unique ne décrit un cercle entier : il faut deux branches y=±Cx2y=\pm\sqrt{C-x^{2}}. Géométriquement, l'équation dit que la pente xy-\frac{x}{y} est perpendiculaire au rayon : la famille de cercles est la seule à avoir cette propriété en tout point.

Exercice 4 : L'équation linéaire et le facteur intégrant

Forme standard : y+P(x)y=Q(x)y'+P(x)\,y=Q(x). Le facteur intégrant μ(x)=eP(x)dx\mu(x)=e^{\int P(x)dx} transforme le membre de gauche en dérivée exacte (μy)(\mu y)'.

  • a) Démontrez que la méthode fonctionne : montrez que multiplier l'équation par μ=ePdx\mu=e^{\int P\,dx} rend le membre de gauche égal à (μy)(\mu y)'.
  • b) Résolvez y+2y=6y'+2y=6 par facteur intégrant, et retrouvez la structure « équilibre + exponentielle ».
  • c) Résolvez y+1xy=x2y'+\frac{1}{x}y=x^{2} sur ]0,[]0,\infty[ avec y(1)=1y(1)=1.
  • d) Le circuit RC de la physique obéit à Rdqdt+qC=ER\frac{dq}{dt}+\frac{q}{C}=E. Mettez l'équation sous forme standard, identifiez la constante de temps, et résolvez avec q(0)=0q(0)=0 pour E=12E=12 V, R=1500R=1500 Ω, C=20C=20 μF. Que retrouve-t-on ?

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  • a) (μy)=μ(y+Py)(\mu y)'=\mu(y'+Py)
  • b) y=3+Ce2xy=3+Ce^{-2x}
  • c) y=x34+34xy=\frac{x^{3}}{4}+\frac{3}{4x}
  • d) τ=RC=0,03\tau=RC=0{,}03 s ; q=CE(1et/RC)q=CE\left(1-e^{-t/RC}\right)

a) Par construction μ=Pμ\mu'=P\mu (dérivée d'une exponentielle composée). Alors (μy)=μy+μy=μy+Pμy=μ(y+Py)(\mu y)'=\mu y'+\mu'y=\mu y'+P\mu y=\mu(y'+Py) : multiplier l'équation par μ\mu donne exactement (μy)=μQ(\mu y)'=\mu Q. Tout le génie de la méthode est là : fabriquer sur mesure le facteur qui recolle le membre de gauche en une seule dérivée, qu'une simple intégration défait.

b) P=2P=2, μ=e2x\mu=e^{2x} : (e2xy)=6e2x(e^{2x}y)'=6e^{2x}, donc e2xy=3e2x+Ce^{2x}y=3e^{2x}+C, soit y=3+Ce2xy=3+Ce^{-2x}. Structure limpide : l'équilibre y=3y=3 (solution constante de y=0y'=0) plus un transitoire exponentiel qui s'éteint au rythme e2xe^{-2x}. Toute équation linéaire à coefficients constants raconte cette même histoire.

c) P=1xP=\frac{1}{x}, μ=elnx=x\mu=e^{\ln x}=x : l'équation devient (xy)=x3(xy)'=x^{3}, donc xy=x44+Cxy=\frac{x^{4}}{4}+C, soit y=x34+Cxy=\frac{x^{3}}{4}+\frac{C}{x}. Avec y(1)=14+C=1y(1)=\frac{1}{4}+C=1 : C=34C=\frac{3}{4}, d'où y=x34+34xy=\frac{x^{3}}{4}+\frac{3}{4x}. Le facteur intégrant n'est pas toujours une exponentielle : ici c'est xx lui-même, et la vérification (xy)=x3(xy)'=x^{3} prend une ligne.

d) Division par RR : dqdt+1RCq=ER\frac{dq}{dt}+\frac{1}{RC}q=\frac{E}{R} : linéaire à coefficients constants, avec P=1RCP=\frac{1}{RC} : la constante de temps est τ=RC=(1500)(20×106)=0,030\tau=RC=(1500)(20\times 10^{-6})=0{,}030 s. Solution avec q(0)=0q(0)=0 : q(t)=CE(1et/RC)=2,4×104(1et/0,03)q(t)=CE\left(1-e^{-t/RC}\right)=2{,}4\times 10^{-4}\left(1-e^{-t/0{,}03}\right) C. On retrouve EXACTEMENT la charge du condensateur du cours de physique 203-SN2-RE : même équation, mêmes 63 % à t=τt=\tau, même équilibre q=CEq_{\infty}=CE. Les mathématiques du facteur intégrant et la physique du circuit RC sont un seul et même chapitre.

Exercice 5 : Croissance et décroissance exponentielles

Le modèle dNdt=kN\frac{dN}{dt}=kN (variation proportionnelle à la quantité présente) régit désintégrations radioactives, populations en ressources illimitées et intérêts composés en continu. Demi-vie du carbone 14 : 5730 ans.

  • a) Résolvez l'équation par séparation et exprimez kk en fonction de la demi-vie. Un fossile ne contient plus que 20 % de son carbone 14 initial : quel est son âge ?
  • b) Une culture de bactéries double toutes les 3 heures. En combien de temps est-elle multipliée par 1000 ? Donnez d'abord une estimation mentale via les doublements, puis la valeur exacte.
  • c) Un capital de 5000 dollars est placé à 4 % d'intérêt composé CONTINU (A=0,04AA'=0{,}04A). Valeur après 10 ans ? Temps de doublement ? Comparez à la « règle du 72 » des financiers (72/taux en %72/\text{taux en }\%).
  • d) Citez deux hypothèses du modèle exponentiel qui finissent toujours par casser dans une population réelle, et ce que devient alors le modèle.

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  • a) k=ln25730k=-\frac{\ln 2}{5730} ; âge 13300\approx 13\,300 ans
  • b) 29,9\approx 29{,}9 h
  • c) 74597459 dollars ; doublement 17,317{,}3 ans
  • d) Ressources illimitées et taux constant : logistique

a) dNN=kdt\frac{dN}{N}=k\,dt donne N(t)=N0ektN(t)=N_{0}e^{kt}. Demi-vie : ekt1/2=12e^{kt_{1/2}}=\frac{1}{2}, donc k=ln2t1/2=ln25730k=-\frac{\ln 2}{t_{1/2}}=-\frac{\ln 2}{5730} par an. Âge du fossile : ekt=0,20e^{kt}=0{,}20 donne t=ln5ln2×573013300t=\frac{\ln 5}{\ln 2}\times 5730\approx 13\,300 ans : le fossile a traversé un peu plus de deux demi-vies (deux demi-vies laisseraient 25 %), et le logarithme précise le « un peu plus ».

b) Estimation : 210=102410002^{10}=1024\approx 1000, donc environ 10 doublements, soit 30\approx 30 heures. Exactement : k=ln23k=\frac{\ln 2}{3} et t=ln1000k=3ln1000ln2=3log2100029,9t=\frac{\ln 1000}{k}=3\,\frac{\ln 1000}{\ln 2}=3\log_{2}1000\approx 29{,}9 h. L'estimation mentale par 2101032^{10}\approx 10^{3} est un outil d'examen à part entière : elle contrôle l'ordre de grandeur avant tout calcul.

c) A(10)=5000e0,47459A(10)=5000e^{0{,}4}\approx 7459 dollars. Doublement : ln20,0417,3\frac{\ln 2}{0{,}04}\approx 17{,}3 ans. Règle du 72 : 724=18\frac{72}{4}=18 ans : la règle des financiers est une approximation (calibrée pour la composition annuelle) du vrai ln2r69,3r en %\frac{\ln 2}{r}\approx\frac{69{,}3}{r\text{ en }\%}; pour la composition continue, la « règle exacte » serait la règle du 69.

d) Le modèle suppose des ressources ILLIMITÉES (nourriture, espace) et un taux kk CONSTANT (ni compétition, ni prédation, ni saturation). Dans toute population réelle, la densité finit par freiner la croissance : le taux effectif décroît avec NN. Le raccommodage minimal est précisément le modèle logistique de l'exercice 10 : on remplace kk par k(1PM)k\left(1-\frac{P}{M}\right), et l'explosion exponentielle se change en plateau.

Exercice 6 : Lire avant de résoudre : champ de pentes, ligne de phase et méthode d'Euler

Beaucoup d'équations différentielles n'ont aucune solution exprimable, et pourtant leur comportement se lit sans les résoudre. Une équation AUTONOME y=f(y)y'=f(y), où la pente ne dépend que de la valeur de yy, se laisse entièrement décrire par le signe de ff : c'est le sens du réflexe « lire d'abord ».

0.511.522.53-0.50.511.522.533.544.55y = 1 stabley = 3 instablexy
  • a) Pour l'équation autonome y=(y1)(y3)y'=(y-1)(y-3), trouvez les solutions d'équilibre, puis dressez la LIGNE DE PHASE : le signe de yy' sur chaque intervalle. Classez chaque équilibre en stable ou instable.
  • b) Sans résoudre, décrivez le sort d'une solution partant de y(0)=0y(0)=0, de y(0)=2y(0)=2 et de y(0)=4y(0)=4. Confrontez votre description aux courbes de la figure.
  • c) La plupart des équations n'ont pas de solution exacte : la méthode d'EULER avance de proche en proche par yn+1=yn+hf(xn,yn)y_{n+1}=y_{n}+h\,f(x_{n},y_{n}). Appliquez-la à y=yy'=y, y(0)=1y(0)=1, avec le pas h=0,1h=0{,}1, pour estimer y(0,2)y(0{,}2); comparez à la valeur exacte e0,2e^{0{,}2} et expliquez le SENS de l'erreur.
  • d) Deux solutions distinctes d'une même équation autonome peuvent-elles se croiser ? Déduisez-en pourquoi la ligne de phase suffit à tout prédire, puis rappelez, avec y=y2y'=y^{2}, qu'une solution peut cesser d'exister en temps fini.

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  • a) y=1y=1 stable, y=3y=3 instable
  • b) 00 et 22 vers 11 ; 44 vers l'infini
  • c) 1,211{,}21 contre 1,22141{,}2214 : sous-estimation
  • d) Jamais de croisement ; explosion possible en temps fini

a) Les équilibres annulent yy' : (y1)(y3)=0(y-1)(y-3)=0 donne y=1y=1 et y=3y=3, deux droites horizontales, celles de la figure. Ligne de phase, en étudiant le signe du produit : pour y<1y<1, les deux facteurs sont négatifs, leur produit est POSITIF, donc y>0y'>0 et la solution monte; pour 1<y<31<y<3, un facteur change de signe, le produit est NÉGATIF, y<0y'<0, la solution descend; pour y>3y>3, les deux facteurs sont positifs, y>0y'>0, la solution monte. Classement : autour de y=1y=1, les flèches convergent (on monte en dessous, on descend au-dessus), donc y=1y=1 est STABLE; autour de y=3y=3, les flèches divergent (on descend en dessous, on monte au-dessus), donc y=3y=3 est INSTABLE. Toute cette analyse tient sans écrire une seule primitive.

b) Partant de y(0)=0y(0)=0 : on est en dessous de 1, donc y>0y'>0, la solution croît, et elle est attirée par l'équilibre stable : elle monte vers y=1y=1 sans jamais l'atteindre, en s'aplatissant, comme la courbe basse de la figure. Partant de y(0)=2y(0)=2 : on est entre les deux équilibres, y<0y'<0, la solution DÉCROÎT et rejoint elle aussi y=1y=1 par le haut : la courbe intermédiaire de la figure. Partant de y(0)=4y(0)=4 : on est au-dessus de 3, y>0y'>0, la solution s'ÉCHAPPE vers le haut en s'éloignant de l'équilibre instable, comme la courbe supérieure qui file vers l'infini. Le partage se fait exactement à y=3y=3 : en dessous, tout retombe vers 1; au-dessus, tout diverge. L'équilibre instable est la ligne de partage des eaux, ce qui est le contenu qualitatif complet de l'équation.

c) Méthode d'Euler avec f(x,y)=yf(x,y)=y, donc yn+1=yn+0,1yn=1,1yny_{n+1}=y_{n}+0{,}1\,y_{n}=1{,}1\,y_{n}. Premier pas : y1=1,1×1=1,1y_{1}=1{,}1\times 1=1{,}1, approximation de y(0,1)y(0{,}1). Second pas : y2=1,1×1,1=1,21y_{2}=1{,}1\times 1{,}1=1{,}21, approximation de y(0,2)y(0{,}2). Valeur exacte : e0,21,22140e^{0{,}2}\approx 1{,}22140. L'erreur vaut environ 0,01140{,}0114, et elle est une SOUS-ESTIMATION. Le sens de l'erreur s'explique géométriquement : Euler avance le long de la TANGENTE, en gardant la pente constante sur tout le pas, alors que la vraie solution y=exy=e^{x} est convexe et se courbe vers le haut. La tangente reste donc sous la courbe, et chaque pas prend un peu de retard qui se cumule. En divisant le pas par deux, h=0,05h=0{,}05 sur quatre pas donne 1,0541,215511{,}05^{4}\approx 1{,}21551, sensiblement plus proche : l'erreur d'Euler décroît proportionnellement au pas, ce qui en fait une méthode sûre mais lente, exactement comme les sommes de rectangles du chapitre d'intégration numérique dont elle est la cousine.

d) Non : deux solutions distinctes d'une équation autonome (à second membre assez régulier) ne peuvent JAMAIS se croiser, en vertu du théorème d'existence et d'unicité. Si deux courbes solutions passaient par un même point, elles y auraient la même pente f(y)f(y) et coïncideraient de part et d'autre : ce serait la même solution. En particulier, une solution ne peut pas TRAVERSER une droite d'équilibre, car cette droite est elle-même une solution : elle ne peut que s'en approcher asymptotiquement. C'est précisément ce qui donne à la ligne de phase son pouvoir de prédiction totale : les équilibres découpent le plan en bandes horizontales étanches, et dans chaque bande le signe de yy' impose un sens de variation unique, sans surprise possible. Une réserve toutefois : « ne pas s'échapper vers un autre équilibre » n'interdit pas de s'échapper vers l'infini, et cela peut arriver en temps FINI. L'équation y=y2y'=y^{2} avec y(0)=1y(0)=1 a pour solution y=11xy=\frac{1}{1-x}, cousine de la solution y=11+xy=\frac{1}{1+x} de y=y2y'=-y^{2} rencontrée à l'exercice 3 : elle explose en x=1x=1 et cesse d'exister au-delà. La ligne de phase dit correctement « ça monte », mais elle ne dit pas à quelle vitesse, et ici la montée est si violente que la solution atteint l'infini en une unité de temps. Lire l'équation renseigne sur la DIRECTION, jamais à elle seule sur la durée de vie.

Exercice 7 : Les substitutions : rendre linéaire ce qui ne l'était pas

Séparable et linéaire ne couvrent pas tout. Deux familles importantes s'y ramènent par un CHANGEMENT DE FONCTION bien choisi : les équations homogènes, par v=yxv=\frac{y}{x}, et les équations de Bernoulli, par u=y1nu=y^{1-n}. La seconde a une vertu inattendue : elle démontre la solution logistique admise sans preuve à la partie B.

  • a) Une équation est HOMOGÈNE si yy' ne dépend que du rapport yx\frac{y}{x}. Résolvez xy=x+yx\,y'=x+y par la substitution v=yxv=\frac{y}{x}, en détaillant pourquoi elle rend l'équation séparable.
  • b) Une équation de BERNOULLI a la forme y+P(x)y=Q(x)yny'+P(x)y=Q(x)y^{n}. Résolvez y+y=y2y'+y=y^{2} avec y(0)=12y(0)=\frac{1}{2} par la substitution u=y1u=y^{-1}, qui la linéarise.
  • c) Montrez que l'équation logistique dPdt=kP(1PM)\frac{dP}{dt}=kP\left(1-\frac{P}{M}\right) est une équation de Bernoulli, et retrouvez par la substitution u=1Pu=\frac{1}{P} la solution P(t)=M1+AektP(t)=\frac{M}{1+Ae^{-kt}} admise à l'exercice 10.
  • d) Les TRAJECTOIRES ORTHOGONALES d'une famille de courbes coupent chacune à angle droit. Confirmez que les droites y=Kxy=Kx sont orthogonales aux cercles x2+y2=Cx^{2}+y^{2}=C de l'exercice 3, puis déterminez les trajectoires orthogonales des paraboles y=Cx2y=Cx^{2}.

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  • a) y=x(lnx+C)y=x(\ln|x|+C)
  • b) y=11+exy=\frac{1}{1+e^{x}}
  • c) Bernoulli : P=M1+AektP=\frac{M}{1+Ae^{-kt}}
  • d) Droites y=Kxy=Kx ; ellipses x2+2y2=Cx^{2}+2y^{2}=C

a) On récrit sous forme standard : y=x+yx=1+yxy'=\frac{x+y}{x}=1+\frac{y}{x}, où le membre de droite ne dépend bien que de yx\frac{y}{x}, ce qui signale une équation homogène. Posons v=yxv=\frac{y}{x}, donc y=vxy=vx et, par la règle du produit, y=v+xvy'=v+x\,v'. L'équation devient v+xv=1+vv+x\,v'=1+v, et le terme vv se simplifie des deux côtés : xv=1x\,v'=1. C'est là toute la magie de la substitution : elle fait disparaître la partie qui mélangeait xx et yy, et ce qui reste est SÉPARABLE. On isole : dv=dxxdv=\frac{dx}{x}, d'où v=lnx+Cv=\ln\left|x\right|+C, puis on revient à yy : y=vx=x(lnx+C)y=vx=x\left(\ln\left|x\right|+C\right). Vérification : y=lnx+C+x1x=lnx+C+1y'=\ln\left|x\right|+C+x\cdot\frac{1}{x}=\ln\left|x\right|+C+1, et 1+yx=1+lnx+C1+\frac{y}{x}=1+\ln\left|x\right|+C : identiques. Le principe général vaut d'être retenu : v=yxv=\frac{y}{x} transforme toute équation homogène en équation séparable, sans exception.

b) Ici n=2n=2; la substitution de Bernoulli est u=y1n=y1=1yu=y^{1-n}=y^{-1}=\frac{1}{y}, donc u=y2yu'=-y^{-2}y'. On divise d'abord l'équation par y2y^{2} pour faire apparaître ces morceaux : yy2+1y=1\frac{y'}{y^{2}}+\frac{1}{y}=1, soit u+u=1-u'+u=1, c'est-à-dire uu=1u'-u=-1. L'équation en uu est LINÉAIRE, ce qui était tout le but de la manœuvre. Facteur intégrant μ=ex\mu=e^{-x} : (uex)=ex\left(u e^{-x}\right)'=-e^{-x}, donc uex=ex+Cu e^{-x}=e^{-x}+C, soit u=1+Cexu=1+Ce^{x}. En revenant à y=1u=11+Cexy=\frac{1}{u}=\frac{1}{1+Ce^{x}}. Condition initiale y(0)=12y(0)=\frac{1}{2} : 11+C=12\frac{1}{1+C}=\frac{1}{2} donne C=1C=1, d'où y=11+exy=\frac{1}{1+e^{x}}. Vérification numérique : y(0)=0,5y(0)=0{,}5 et y(0,5)=0,235y'(0{,}5)=-0{,}235, ce qui coïncide avec y2yy^{2}-y évalué au même point. On reconnaît au passage la forme d'une solution logistique décroissante, ce qui n'est pas un hasard, comme le montre la question suivante.

c) Développons le second membre : dPdt=kPkMP2\frac{dP}{dt}=kP-\frac{k}{M}P^{2}, soit dPdtkP=kMP2\frac{dP}{dt}-kP=-\frac{k}{M}P^{2}. C'est exactement une équation de Bernoulli avec P(t)=kP(t)=-k, Q(t)=kMQ(t)=-\frac{k}{M} et l'exposant n=2n=2. On applique donc la même substitution qu'en b) : u=1Pu=\frac{1}{P}, donc u=PP2u'=-\frac{P'}{P^{2}}. En divisant l'équation par P2P^{2} : PP2kP=kM\frac{P'}{P^{2}}-\frac{k}{P}=-\frac{k}{M}, soit uku=kM-u'-ku=-\frac{k}{M}, c'est-à-dire u+ku=kMu'+ku=\frac{k}{M}. Équation linéaire, facteur intégrant μ=ekt\mu=e^{kt} : (uekt)=kMekt\left(u e^{kt}\right)'=\frac{k}{M}e^{kt}, donc uekt=1Mekt+Cu e^{kt}=\frac{1}{M}e^{kt}+C, soit u=1M+Cektu=\frac{1}{M}+Ce^{-kt}. En revenant à P=1u=11M+Cekt=M1+CMektP=\frac{1}{u}=\frac{1}{\frac{1}{M}+Ce^{-kt}}=\frac{M}{1+CMe^{-kt}}. En posant A=CMA=CM, on obtient exactement P(t)=M1+AektP(t)=\frac{M}{1+Ae^{-kt}}, la formule admise à l'exercice 10. La constante AA se fixe par P(0)=P0P(0)=P_{0}, ce qui redonne A=MP0P0A=\frac{M-P_{0}}{P_{0}}; avec M=6000M=6000 et P0=500P_{0}=500, on retrouve A=11A=11. La solution logistique n'est donc pas tombée du ciel : c'est une Bernoulli déguisée, et la substitution la construit de bout en bout.

d) Le principe des trajectoires orthogonales : en un point donné, la courbe cherchée doit avoir une pente égale à l'OPPOSÉ DE L'INVERSE de la pente de la famille de départ, puisque deux directions perpendiculaires ont des pentes de produit 1-1. Cas des cercles : la famille x2+y2=Cx^{2}+y^{2}=C vérifie, par dérivation implicite, 2x+2yy=02x+2yy'=0, donc y=xyy'=-\frac{x}{y}, l'équation même de l'exercice 3. Les trajectoires orthogonales ont alors pour pente 1x/y=yx-\frac{1}{-x/y}=\frac{y}{x}, d'où l'équation y=yxy'=\frac{y}{x}, séparable : dyy=dxx\frac{dy}{y}=\frac{dx}{x} donne lny=lnx+C1\ln\left|y\right|=\ln\left|x\right|+C_{1}, soit y=Kxy=Kx. Ce sont les droites passant par l'origine, ce qui confirme et généralise la remarque de l'exercice 3 : un rayon coupe toujours son cercle à angle droit. On vérifie que le produit des pentes en un point comme (2,3)(2,3) vaut (23)(32)=1\left(-\frac{2}{3}\right)\left(\frac{3}{2}\right)=-1. Cas des paraboles y=Cx2y=Cx^{2} : on élimine d'abord la constante, C=yx2C=\frac{y}{x^{2}}, puis on dérive y=2Cx=2yxy'=2Cx=\frac{2y}{x}, la pente de la famille. Les trajectoires orthogonales ont donc pour pente x2y-\frac{x}{2y}, d'où 2ydy=xdx2y\,dy=-x\,dx, qui s'intègre en y2=x22+C1y^{2}=-\frac{x^{2}}{2}+C_{1}, soit x2+2y2=Cx^{2}+2y^{2}=C : une famille d'ELLIPSES. On contrôle l'orthogonalité en un point comme (2,1)(2,1) : la parabole y a pour pente 212=1\frac{2\cdot 1}{2}=1, l'ellipse 221=1-\frac{2}{2\cdot 1}=-1, et le produit vaut bien 1-1. Ces réseaux orthogonaux ne sont pas une curiosité : ce sont les lignes de champ et les équipotentielles de l'électrostatique, ou les isothermes et les lignes de flux de chaleur, toujours perpendiculaires, et toujours obtenues par cette même bascule de pente.

Partie B : Les problèmes de modélisation (/50)

Exercice 8 : Le refroidissement de Newton : le café et le chronomètre

Un café servi à 90 °C repose dans une pièce à 20 °C; cinq minutes plus tard, il est à 70 °C. La loi de Newton affirme que la vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'écart avec la température ambiante : dTdt=k(T20)\frac{dT}{dt}=-k(T-20). La figure montre la courbe exacte.

102030405060102030405060708090t (min)T (°C)
  • a) Interprétez l'équation : que dit physiquement le signe moins, et pourquoi le refroidissement est-il rapide au début puis paresseux ? Identifiez la solution d'équilibre.
  • b) Résolvez l'équation par séparation et donnez la forme générale T(t)=20+CektT(t)=20+Ce^{-kt}, puis fixez CC avec la température initiale.
  • c) Déterminez kk à partir de la mesure « 70 °C à 5 minutes », puis calculez à quel instant le café atteint 40 °C, température de dégustation.
  • d) Combien de temps faut-il pour que le café arrive à un degré de la température ambiante ? Concluez sur l'asymptote de la figure, et expliquez comment la même loi permet aux légistes d'estimer une heure de décès.

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a)
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c)
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Réponses

  • a) Écart qui fond ; équilibre 2020 °C
  • b) T=20+70ektT=20+70e^{-kt}
  • c) k0,0673k\approx 0{,}0673 ; 4040 °C à 18,618{,}6 min
  • d) 63\approx 63 min ; asymptote jamais atteinte

a) Le signe moins dit que le café CHAUD (T>20T>20) se refroidit (T<0T'<0), et qu'un objet plus froid que la pièce se réchaufferait : la nature efface les écarts. La vitesse est proportionnelle à l'écart : à 90 °C, l'écart de 70 degrés impose un refroidissement vif; à 30 °C, l'écart de 10 le rend dix fois plus lent : d'où le début pentu et la fin traînante de la courbe. Équilibre : T=20T=20, la température ambiante, où T=0T'=0 : la seule issue possible.

b) Avec u=T20u=T-20 : duu=kdt\frac{du}{u}=-k\,dt, donc u=Cektu=Ce^{-kt} et T(t)=20+CektT(t)=20+Ce^{-kt}. Condition initiale T(0)=90T(0)=90 : C=70C=70, l'ÉCART initial : T(t)=20+70ektT(t)=20+70e^{-kt}. La solution se lit en une phrase : l'écart à l'ambiante, 70 degrés au départ, fond exponentiellement.

c) T(5)=70T(5)=70 donne 20+70e5k=7020+70e^{-5k}=70, soit e5k=5070=57e^{-5k}=\frac{50}{70}=\frac{5}{7} : k=15ln750,0673k=\frac{1}{5}\ln\frac{7}{5}\approx 0{,}0673 min1^{-1}. Pour 40 °C : 70ekt=2070e^{-kt}=20, donc t=ln3,5k18,6t=\frac{\ln 3{,}5}{k}\approx 18{,}6 minutes : cela laisse un quart d'heure de patience après la mesure des cinq minutes, cohérent avec la figure (croisement de la barre des 40 °C).

d) Un degré d'écart : 70ekt=170e^{-kt}=1, donc t=ln70k63t=\frac{\ln 70}{k}\approx 63 minutes. Et l'égalité exacte T=20T=20 n'arrive JAMAIS : l'asymptote de la figure se touche à l'infini seulement, même si un thermomètre réel ne voit plus la différence après l'heure. Les légistes retournent le raisonnement : le corps (37 °C au décès) refroidit selon la même loi; deux mesures de température à des instants connus donnent kk et permettent de remonter la courbe jusqu'à l'instant où elle valait 37 : l'heure de la mort, estimée par équation différentielle.

Exercice 9 : Le réservoir de saumure : l'équilibre qui efface le passé

Un réservoir contient 100 L d'eau où sont dissous 5 kg de sel. On y verse de la saumure à 0,2 kg/L au débit de 5 L/min, et le mélange, supposé homogène à chaque instant, s'écoule au même débit de 5 L/min. Soit A(t)A(t) la masse de sel (kg) dans le réservoir.

  • a) Établissez l'équation différentielle vérifiée par A(t)A(t) (bilan entrée moins sortie), et vérifiez que le volume reste constant.
  • b) Identifiez la solution d'équilibre et interprétez-la physiquement AVANT de résoudre.
  • c) Résolvez avec A(0)=5A(0)=5 et calculez la masse de sel après 10 minutes.
  • d) Que devient A(t)A(t) quand tt\to\infty, et en quoi la limite « oublie »-t-elle la condition initiale ? Au bout de combien de temps la masse atteint-elle 19 kg ?

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a)
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Réponses

  • a) A=1A20A'=1-\frac{A}{20}
  • b) Équilibre 2020 kg, stable
  • c) A=2015et/20A=20-15e^{-t/20} ; A(10)10,9A(10)\approx 10{,}9 kg
  • d) Limite 2020 kg ; 1919 kg à 5454 min

a) Entrée : 55 L/min ×0,2\times\,0{,}2 kg/L =1=1 kg/min, constante. Sortie : le litre sortant emporte la concentration COURANTE A100\frac{A}{100} kg/L, soit 5×A100=A205\times\frac{A}{100}=\frac{A}{20} kg/min. Bilan : dAdt=1A20\frac{dA}{dt}=1-\frac{A}{20}. Le volume, alimenté et vidé à 5 L/min, reste à 100 L : c'est ce qui garde l'équation linéaire à coefficients constants (débits différents donneraient un volume variable, la version difficile du problème).

b) dAdt=0\frac{dA}{dt}=0 pour A=20A=20 kg. Interprétation limpide : à l'équilibre, le réservoir a partout la concentration de la saumure ENTRANTE, 0,20{,}2 kg/L ×\times 100 L =20=20 kg : ce qui entre égale ce qui sort. En dessous de 20, A>0A'>0 (on se remplit); au-dessus, A<0A'<0 : l'équilibre est STABLE, tout mène à lui.

c) Équation séparable (ou linéaire) : A(t)=20+(A020)et/20=2015et/20A(t)=20+(A_{0}-20)e^{-t/20}=20-15e^{-t/20} : l'écart à l'équilibre, 15-15 kg au départ, fond avec la constante de temps 20 min. A(10)=2015e0,510,9A(10)=20-15e^{-0{,}5}\approx 10{,}9 kg. Contrôle : à t=10t=10 min, soit une demi-constante de temps, la fraction du chemin parcourue vaut 1e0,5391-e^{-0{,}5}\approx 39 %, et 5+0,39×1510,95+0{,}39\times 15\approx 10{,}9 kg : les deux lectures concordent (les 63 % classiques, eux, seraient atteints à t=τ=20t=\tau=20 min).

d) et/200e^{-t/20}\to 0 : A20A\to 20 kg, la limite d'équilibre, QUELLE QUE SOIT la masse initiale : partis de 0 kg ou de 50 kg, tous les réservoirs finissent à 20 kg, seule la route diffère. Le terme exponentiel, qui porte toute la mémoire de A0A_{0}, s'éteint : le régime permanent efface le passé. Pour 19 kg : 15et/20=115e^{-t/20}=1, donc t=20ln1554t=20\ln 15\approx 54 minutes : arriver à un kilo de l'équilibre prend presque une heure, la traîne exponentielle habituelle.

Exercice 10 : Le modèle logistique : l'exponentielle assagie

Un lac peut soutenir au plus M=6000M=6000 poissons. On y introduit 500 poissons, et la population suit le modèle logistique dPdt=kP(1PM)\frac{dP}{dt}=kP\left(1-\frac{P}{M}\right) avec k=0,4k=0{,}4 par an. La figure montre la solution exacte.

2468101214161820100020003000400050006000t (années)P
  • a) Interprétez l'équation : que fait le facteur (1PM)\left(1-\frac{P}{M}\right) quand PP est petit, puis proche de MM ? Trouvez les solutions d'équilibre et leur stabilité.
  • b) On admet la solution P(t)=M1+AektP(t)=\frac{M}{1+Ae^{-kt}} avec A=MP0P0A=\frac{M-P_{0}}{P_{0}} : vérifiez la condition initiale, calculez AA, et donnez la population après 5 ans.
  • c) Montrez que la croissance est MAXIMALE quand P=M2P=\frac{M}{2}, calculez l'instant où le lac atteint 3000 poissons, et reliez-le à la figure.
  • d) Comparez le début de la courbe à une exponentielle pure et sa fin à l'équilibre. Pourquoi dit-on que la logistique est « l'exponentielle qui a appris l'existence des limites » ? Donnez deux domaines où ce modèle sert réellement.

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a)
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c)
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Réponses

  • a) 00 instable, MM stable
  • b) A=11A=11 ; P(5)2410P(5)\approx 2410
  • c) Croissance maximale à 30003000, vers 6,06{,}0 ans
  • d) Exponentielle au début, plateau à la fin

a) Quand PMP\ll M, le facteur vaut presque 1 : l'équation redevient P=kPP'=kP, la croissance exponentielle des ressources abondantes. Quand PMP\to M, le facteur tend vers 0 : la croissance s'étrangle, le milieu est plein. Équilibres : P=0P=0 et P=MP=M. Entre les deux, P>0P'>0 : toute population part de 0 (INSTABLE : la moindre introduction décolle) et monte vers MM (STABLE : on y converge par valeurs inférieures, et une surpopulation P>MP>M y redescendrait, P<0P'<0).

b) À t=0t=0 : P(0)=M1+A=M1+MP0P0=MP0M=P0P(0)=\frac{M}{1+A}=\frac{M}{1+\frac{M-P_{0}}{P_{0}}}=\frac{MP_{0}}{M}=P_{0} ✓. Ici A=6000500500=11A=\frac{6000-500}{500}=11. Après 5 ans : P(5)=60001+11e2=60001+1,4892410P(5)=\frac{6000}{1+11e^{-2}}=\frac{6000}{1+1{,}489}\approx 2410 poissons : la population a presque quintuplé mais reste sous la moitié du lac.

c) P=kP(1PM)P'=kP\left(1-\frac{P}{M}\right) est, à kk fixé, une parabole en PP qui s'annule en 0 et MM : son maximum est au sommet, P=M2P=\frac{M}{2}. C'est le POINT D'INFLEXION de la courbe : la population y passe de l'accélération au freinage. Instant : M1+Aekt=M2    Aekt=1    t=lnAk=ln110,46,0\frac{M}{1+Ae^{-kt}}=\frac{M}{2}\iff Ae^{-kt}=1\iff t=\frac{\ln A}{k}=\frac{\ln 11}{0{,}4}\approx 6{,}0 ans : exactement le trait vertical de la figure, au croisement de la barre des 3000. Pour une pêcherie, c'est l'année de la récolte maximale soutenable.

d) Au début (Aekt1A e^{-kt}\gg 1) : PMAekt=P0ektP\approx\frac{M}{A}e^{kt}=P_{0}e^{kt} à peu de choses près : indiscernable de l'exponentielle, comme sur la figure avant l'an 3. À la fin : PMP\to M en s'aplatissant sous l'asymptote, que la courbe ne franchit jamais. La logistique EST l'exponentielle de Malthus corrigée par la capacité du milieu : mêmes débuts, destin opposé. Elle modélise réellement : les populations en milieu fermé (bactéries en boîte de Petri, poissons d'un lac), la propagation des épidémies et des rumeurs (le nombre de « non encore atteints » joue le rôle du frein), les ventes cumulées d'un produit qui sature son marché, ou une réaction autocatalytique.

Exercice 11 : La chute avec résistance de l'air et la vitesse limite

En chute libre idéale, la vitesse croîtrait sans borne. L'air s'y oppose par une force de frottement, ici proportionnelle à la vitesse : la deuxième loi de Newton donne mdvdt=mgkvm\frac{dv}{dt}=mg-kv. Un parachutiste de m=80m=80 kg subit un coefficient k=16k=16 kg/s; on prend g=9,8g=9{,}8 m/s².

  • a) Sans résoudre, trouvez la VITESSE LIMITE, celle où l'accélération s'annule. Expliquez pourquoi la chute commence vive puis se stabilise, et reliez ce comportement à une solution d'équilibre.
  • b) Mettez l'équation sous forme standard, identifiez la constante de temps τ=mk\tau=\frac{m}{k}, et résolvez avec v(0)=0v(0)=0. Calculez la vitesse à t=τt=\tau puis à t=10t=10 s.
  • c) Au bout de combien de temps le parachutiste atteint-il 90 % de sa vitesse limite ? Puis, en intégrant v(t)v(t), calculez la distance parcourue durant les 10 premières secondes.
  • d) Comparez à la chute libre sans air (v=gtv=gt) à t=10t=10 s, et expliquez pourquoi la vitesse limite « oublie » la vitesse initiale. Que change l'ouverture du parachute, qui multiplie kk par un grand facteur ?

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  • a) vlim=49v_{\lim}=49 m/s
  • b) τ=5\tau=5 s ; 30,9730{,}97 puis 42,3742{,}37 m/s
  • c) 11,511{,}5 s ; 278278 m
  • d) 9898 m/s sans air ; le transitoire s'éteint

a) La vitesse limite est atteinte quand la force nette s'annule, c'est-à-dire quand le frottement équilibre exactement le poids : mgkv=0mg-kv=0, donc vlim=mgk=80×9,816=49v_{\lim}=\frac{mg}{k}=\frac{80\times 9{,}8}{16}=49 m/s, soit environ 176 km/h, un ordre de grandeur réaliste pour un parachutiste bras écartés avant ouverture. Le comportement se lit sans calcul : au départ, à vitesse nulle, le frottement est nul et l'accélération vaut tout le gg, la chute est vive; à mesure que vv augmente, le terme kv-kv grignote le poids et l'accélération diminue; à 4949 m/s, il n'y a plus d'accélération du tout. C'est exactement une solution d'ÉQUILIBRE de l'équation, v=vlimv=v_{\lim}, vers laquelle toute chute converge, de la même manière que le café rejoignait la température ambiante à l'exercice 8. L'équation différentielle du frottement linéaire et celle du refroidissement de Newton sont, à un changement de nom près, la même équation.

b) On divise par mm : dvdt=gkmv\frac{dv}{dt}=g-\frac{k}{m}v, soit dvdt+kmv=g\frac{dv}{dt}+\frac{k}{m}v=g, linéaire à coefficients constants avec P=kmP=\frac{k}{m}. La constante de temps est τ=mk=8016=5\tau=\frac{m}{k}=\frac{80}{16}=5 s. Résolution par facteur intégrant, ou directement par la structure « équilibre plus transitoire » : v(t)=vlim+Cet/τv(t)=v_{\lim}+Ce^{-t/\tau}, et v(0)=0v(0)=0 impose C=vlimC=-v_{\lim}, d'où v(t)=vlim(1et/τ)=49(1et/5)v(t)=v_{\lim}\left(1-e^{-t/\tau}\right)=49\left(1-e^{-t/5}\right). À t=τ=5t=\tau=5 s : v=49(1e1)49×0,632=30,97v=49\left(1-e^{-1}\right)\approx 49\times 0{,}632=30{,}97 m/s, soit les 63 % classiques de la valeur finale. À t=10t=10 s, c'est-à-dire deux constantes de temps : v=49(1e2)49×0,865=42,37v=49\left(1-e^{-2}\right)\approx 49\times 0{,}865=42{,}37 m/s, déjà tout près de la limite.

c) On veut v=0,9vlimv=0{,}9\,v_{\lim}, donc 1et/τ=0,91-e^{-t/\tau}=0{,}9, soit et/τ=0,1e^{-t/\tau}=0{,}1, d'où t=τln10=5ln1011,5t=\tau\ln 10=5\ln 10\approx 11{,}5 s. Distance parcourue : on intègre la vitesse, x(t)=0tvlim(1es/τ)ds=vlim[s+τes/τ]0t=vlim(tτ(1et/τ))x(t)=\int_{0}^{t}v_{\lim}\left(1-e^{-s/\tau}\right)ds=v_{\lim}\left[s+\tau e^{-s/\tau}\right]_{0}^{t}=v_{\lim}\left(t-\tau\left(1-e^{-t/\tau}\right)\right). À t=10t=10 s : x=49(105(1e2))=49(105×0,8647)=49×5,677278x=49\left(10-5\left(1-e^{-2}\right)\right)=49\left(10-5\times 0{,}8647\right)=49\times 5{,}677\approx 278 m. On peut contrôler la cohérence en dérivant : x(10)42,37x'(10)\approx 42{,}37 m/s, ce qui reproduit bien v(10)v(10), comme il se doit.

d) Sans air, la vitesse serait v=gt=9,8×10=98v=gt=9{,}8\times 10=98 m/s à t=10t=10 s, exactement le DOUBLE de la vitesse limite réelle, et elle continuerait de croître indéfiniment. Le frottement change radicalement le tableau : au lieu d'une droite qui monte sans fin, on a une courbe qui plafonne. Quant à l'oubli de la vitesse initiale, il tient au terme transitoire Cet/τCe^{-t/\tau} : c'est lui, et lui seul, qui porte la mémoire de v(0)v(0), et il s'éteint exponentiellement. Deux parachutistes lâchés à des vitesses différentes convergent vers la même 4949 m/s, seule la façon d'y arriver diffère, exactement comme le réservoir de saumure oubliait sa masse de sel initiale à l'exercice 9. L'ouverture du parachute multiplie brusquement kk, disons par un facteur 15 : la vitesse limite mgk\frac{mg}{k} est divisée d'autant et tombe à quelques mètres par seconde, tandis que la constante de temps mk\frac{m}{k} chute elle aussi, si bien que la nouvelle vitesse limite, lente, est atteinte en une poignée de secondes. C'est toute la fonction du parachute : abaisser vlimv_{\lim} jusqu'à une valeur survivable à l'atterrissage. Précision honnête pour finir : aux vitesses élevées, le frottement réel est plutôt en v2v^{2} qu'en vv, ce qui rend l'équation séparable mais non linéaire et donne une vitesse limite en mg/k\sqrt{mg/k}; le modèle linéaire capture néanmoins l'essentiel du phénomène, l'existence d'un plafond.

Exercice 12 : La pêche et le seuil d'effondrement : la logistique avec prélèvement

Le lac de l'exercice 10, de capacité M=6000M=6000 poissons et de taux k=0,4k=0{,}4 par an, est désormais exploité : on y prélève hh poissons par an. Le modèle devient dPdt=kP(1PM)h\frac{dP}{dt}=kP\left(1-\frac{P}{M}\right)-h. Une simple constante retranchée, et tout le paysage des équilibres se réorganise.

  • a) Les équilibres annulent le second membre. Écrivez l'équation qu'ils vérifient sous forme d'un trinôme du second degré en PP, et montrez que, pour un prélèvement modéré, il existe DEUX équilibres. Précisez lequel est stable.
  • b) Déterminez le prélèvement CRITIQUE hch_{c} au-delà duquel il n'existe plus aucun équilibre. Montrez qu'il vaut exactement kM4\frac{kM}{4} et qu'il est atteint pour P=M2P=\frac{M}{2}. Reliez ce résultat au taux de croissance maximal trouvé à l'exercice 10.
  • c) Comparez trois régimes de pêche : h=320h=320, h=560h=560 et h=700h=700 poissons par an. Calculez les équilibres quand ils existent, et décrivez le sort de la population dans chaque cas.
  • d) Le prélèvement critique kM4\frac{kM}{4} est le rendement maximal soutenable. Pourquoi une pêcherie qui vise EXACTEMENT ce rendement joue-t-elle un jeu dangereux, et que conseille l'analyse des équilibres ?

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  • a) Deux équilibres : haut stable, bas instable
  • b) hc=kM4=600h_{c}=\frac{kM}{4}=600 en P=3000P=3000
  • c) 951951 et 50495049 ; 22252225 et 37753775 ; extinction
  • d) Quota strictement sous hch_{c}

a) À l'équilibre, kP(1PM)h=0kP\left(1-\frac{P}{M}\right)-h=0. En développant : kPkMP2h=0kP-\frac{k}{M}P^{2}-h=0, que l'on multiplie par Mk-\frac{M}{k} pour obtenir un trinôme unitaire : P2MP+hMk=0P^{2}-MP+\frac{hM}{k}=0. Les équilibres sont donc les racines de ce trinôme, P=M±M24hMk2P=\frac{M\pm\sqrt{M^{2}-\frac{4hM}{k}}}{2}. Pour un prélèvement modéré, le discriminant M24hMkM^{2}-\frac{4hM}{k} est positif et il existe DEUX équilibres, un bas PP_{-} et un haut P+P_{+}, tous deux compris entre 0 et MM. Leur stabilité se lit sur le signe de PP' : le second membre kP(1PM)hkP\left(1-\frac{P}{M}\right)-h est une parabole en PP tournée vers le bas, négative avant PP_{-}, positive entre PP_{-} et P+P_{+}, négative après P+P_{+}. Donc en dessous de PP_{-} la population décroît (vers l'extinction), entre les deux elle croît, au-dessus de P+P_{+} elle décroît : l'équilibre HAUT P+P_{+} est STABLE, l'équilibre BAS PP_{-} est INSTABLE. Ce dernier joue le rôle de seuil critique de population : une population qui passe en dessous de PP_{-} est condamnée, même sans augmenter la pêche.

b) Il n'existe plus d'équilibre lorsque le discriminant devient négatif. La valeur critique annule ce discriminant : M24hcMk=0M^{2}-\frac{4h_{c}M}{k}=0, donc hc=kM4h_{c}=\frac{kM}{4}. Avec k=0,4k=0{,}4 et M=6000M=6000 : hc=0,4×60004=600h_{c}=\frac{0{,}4\times 6000}{4}=600 poissons par an. À ce prélèvement précis, le discriminant est nul et les deux équilibres FUSIONNENT en un seul, la racine double P=M2=3000P=\frac{M}{2}=3000. Le lien avec l'exercice 10 est remarquable et n'a rien d'une coïncidence : on y avait établi que la croissance logistique NON exploitée est maximale au point d'inflexion P=M2P=\frac{M}{2}, où elle vaut kP(1PM)=kM212=kM4kP\left(1-\frac{P}{M}\right)=k\cdot\frac{M}{2}\cdot\frac{1}{2}=\frac{kM}{4}. Le prélèvement critique est donc exactement le débit maximal que la population sait produire : au-delà, on retire plus de poissons que le lac ne peut en engendrer par unité de temps, quel que soit son effectif, et l'effondrement est inévitable. Le seuil de la pêche est le sommet de la courbe de croissance.

c) Trois régimes. Pour h=320h=320 : le trinôme P26000P+320×60000,4=P26000P+4800000=0P^{2}-6000P+\frac{320\times 6000}{0{,}4}=P^{2}-6000P+4\,800\,000=0 a pour racines environ P951P_{-}\approx 951 et P+5049P_{+}\approx 5049. La population introduite à 500, en dessous du seuil instable 951951, est hélas condamnée à décroître; mais toute population dépassant 951 monterait vers l'équilibre stable de 5049, un lac presque plein qui fournit durablement 320 poissons par an. Pour h=560h=560, plus proche du critique : P26000P+8400000=0P^{2}-6000P+8\,400\,000=0 donne P2225P_{-}\approx 2225 et P+3775P_{+}\approx 3775. Les deux équilibres se sont rapprochés de 3000, et cette proximité est le signe du DANGER : la marge entre le seuil d'effondrement (2225) et le régime stable (3775) est devenue mince, si bien qu'une mauvaise année, une sécheresse ou une erreur de comptage peut faire passer la population sous 2225 et déclencher la chute. Pour h=700h=700, au-dessus du critique 600 : le discriminant 36×10642×10636\times 10^{6}-42\times 10^{6} est NÉGATIF, il n'existe aucun équilibre, et PP' est négatif pour toute valeur de PP, puisque la croissance maximale (600) ne peut plus compenser le prélèvement (700). La population décroît sans répit et s'éteint en temps fini, indépendamment de son effectif de départ : même un lac plein finit vidé.

d) Viser exactement hc=kM4h_{c}=\frac{kM}{4} revient à maintenir la population sur la racine DOUBLE P=M2=3000P=\frac{M}{2}=3000, qui est un équilibre semi-stable, stable par au-dessus mais instable par en dessous. C'est un funambule : tant que rien ne bouge, le rendement de 600 est effectivement soutenu; mais à ce point précis, la moindre perturbation qui fait passer PP sous 3000 place la population dans une zone où P<0P'<0 sans aucun équilibre pour la rattraper, et l'effondrement s'enclenche. Il n'y a plus de filet de sécurité, parce que l'équilibre instable et l'équilibre stable ont fusionné : le seuil d'alerte et le point de fonctionnement sont devenus le même point. La bifurcation qui a éliminé les équilibres pour h>hch>h_{c} rend le régime h=hch=h_{c} structurellement fragile. L'analyse des équilibres conseille donc de fixer le quota STRICTEMENT en dessous de hch_{c}, disons à 80 ou 90 pour cent, de manière à conserver deux équilibres bien séparés et une marge de sécurité entre le seuil d'effondrement PP_{-} et le régime d'exploitation P+P_{+}. C'est exactement la logique des quotas de pêche prudents, et l'histoire des grandes pêcheries effondrées, de la morue de Terre-Neuve notamment, est celle de rendements maintenus trop près, ou au-delà, de ce sommet critique. Le modèle logistique avec prélèvement fournit ainsi, en une équation, l'argument mathématique de la gestion durable des ressources.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 13 : Cinq équations séparables classiques

Pour chaque équation, séparez les variables, intégrez, puis utilisez la condition initiale. Précisez l'intervalle de validité quand il n'est pas toute la droite réelle.

  • a) y=ycosxy'=y\cos x avec y(0)=2y(0)=2. Calculez y(π2)y\left(\frac{\pi}{2}\right).
  • b) y=1+y2y'=1+y^{2} avec y(0)=0y(0)=0. Sur quel intervalle la solution existe-t-elle ? Calculez y(π4)y\left(\frac{\pi}{4}\right).
  • c) xy=3yx\,y'=3y avec y(1)=2y(1)=2, pour x>0x>0. Calculez y(2)y(2).
  • d) y=2yy'=2\sqrt{y} avec y(0)=0y(0)=0. Montrez que y=0y=0 et y=x2y=x^{2} (pour x0x\geq 0) sont deux solutions. Que devient l'unicité ?
  • e) y=(2x+1)eyy'=(2x+1)e^{-y} avec y(0)=0y(0)=0. Calculez y(1)y(1).

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  • a) y=2esinxy=2e^{\sin x} ; 2e2e
  • b) y=tanxy=\tan x sur ]π2,π2[\left]-\frac{\pi}{2},\frac{\pi}{2}\right[
  • c) y=2x3y=2x^{3} ; 1616
  • d) Deux solutions : l'unicité tombe
  • e) y=ln(x2+x+1)y=\ln(x^{2}+x+1) ; ln3\ln 3

a) dyy=cosxdx\frac{dy}{y}=\cos x\,dx donne lny=sinx+C1\ln|y|=\sin x+C_{1}, soit y=Cesinxy=Ce^{\sin x}. Avec y(0)=2y(0)=2 : C=2C=2, donc y=2esinxy=2e^{\sin x}, définie sur tout R\mathbb{R} et périodique. y(π2)=2e5,437y\left(\frac{\pi}{2}\right)=2e\approx 5{,}437.

b) dy1+y2=dx\frac{dy}{1+y^{2}}=dx donne arctany=x+C\arctan y=x+C ; avec y(0)=0y(0)=0, C=0C=0 et y=tanxy=\tan x. La solution n'existe que sur ]π2,π2[\left]-\frac{\pi}{2},\frac{\pi}{2}\right[, soit jusqu'à x1,571x\approx 1{,}571 : elle explose en temps fini alors que l'équation est définie partout. y(π4)=1y\left(\frac{\pi}{4}\right)=1.

c) dyy=3dxx\frac{dy}{y}=\frac{3\,dx}{x} donne lny=3lnx+C1\ln|y|=3\ln x+C_{1}, soit y=Cx3y=Cx^{3}. Avec y(1)=2y(1)=2 : y=2x3y=2x^{3}, et y(2)=16y(2)=16.

d) y=0y=0 donne y=0=20y'=0=2\sqrt{0} ✓. y=x2y=x^{2} donne y=2x=2x2y'=2x=2\sqrt{x^{2}} pour x0x\geq 0 ✓, et y(0)=0y(0)=0 dans les deux cas. Deux solutions distinctes pour la même condition initiale : l'UNICITÉ tombe. La cause est la fonction y\sqrt{y}, dont la pente est infinie en 00 : le théorème d'existence et d'unicité exige un second membre assez régulier en yy, ce qui n'est pas le cas ici. Pour la solution non nulle, y(3)=9y(3)=9.

e) eydy=(2x+1)dxe^{y}\,dy=(2x+1)\,dx donne ey=x2+x+Ce^{y}=x^{2}+x+C ; avec y(0)=0y(0)=0, C=1C=1. Donc y=ln(x2+x+1)y=\ln\left(x^{2}+x+1\right), définie partout puisque x2+x+1>0x^{2}+x+1>0. y(1)=ln31,099y(1)=\ln 3\approx 1{,}099.

Exercice 14 : Le facteur intégrant sur cinq équations linéaires

Pour chaque équation, mettez sous la forme y+P(x)y=Q(x)y'+P(x)y=Q(x), calculez le facteur intégrant μ=ePdx\mu=e^{\int P\,dx}, résolvez, puis appliquez la condition initiale.

  • a) y2y=e3xy'-2y=e^{3x}, y(0)=0y(0)=0. Calculez y(1)y(1).
  • b) y+y=xy'+y=x, y(0)=0y(0)=0. Calculez y(2)y(2).
  • c) y+ytanx=cosxy'+y\tan x=\cos x sur ]π2,π2[\left]-\frac{\pi}{2},\frac{\pi}{2}\right[, y(0)=1y(0)=1. Calculez y(π3)y\left(\frac{\pi}{3}\right).
  • d) xy2y=x3x\,y'-2y=x^{3} pour x>0x>0, y(1)=0y(1)=0. Calculez y(2)y(2).
  • e) y+2xy=xy'+2xy=x, y(0)=1y(0)=1. Quelle est la limite de yy en ++\infty ?

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  • a) e3xe2xe^{3x}-e^{2x}
  • b) x1+exx-1+e^{-x}
  • c) (x+1)cosx(x+1)\cos x
  • d) x3x2x^{3}-x^{2}
  • e) 12+12ex212\frac{1}{2}+\frac{1}{2}e^{-x^{2}}\to\frac{1}{2}

a) μ=e2x\mu=e^{-2x} : (e2xy)=ex\left(e^{-2x}y\right)'=e^{x}, donc e2xy=ex+Ce^{-2x}y=e^{x}+C et y=e3x+Ce2xy=e^{3x}+Ce^{2x}. y(0)=1+C=0y(0)=1+C=0 : C=1C=-1, y=e3xe2xy=e^{3x}-e^{2x}. y(1)=e3e212,696y(1)=e^{3}-e^{2}\approx 12{,}696.

b) μ=ex\mu=e^{x} : (exy)=xex\left(e^{x}y\right)'=xe^{x}, et par parties xexdx=(x1)ex\int xe^{x}dx=(x-1)e^{x}. Donc y=x1+Cexy=x-1+Ce^{-x} ; y(0)=1+C=0y(0)=-1+C=0 donne C=1C=1. y(2)=1+e21,135y(2)=1+e^{-2}\approx 1{,}135. La solution rejoint la droite y=x1y=x-1 : le transitoire exe^{-x} s'éteint.

c) μ=etanxdx=eln(cosx)=1cosx\mu=e^{\int\tan x\,dx}=e^{-\ln(\cos x)}=\frac{1}{\cos x}, positif sur l'intervalle. L'équation devient (ycosx)=1\left(\frac{y}{\cos x}\right)'=1, donc y=(x+C)cosxy=(x+C)\cos x ; y(0)=C=1y(0)=C=1. y(π3)=(π3+1)121,024y\left(\frac{\pi}{3}\right)=\left(\frac{\pi}{3}+1\right)\cdot\frac{1}{2}\approx 1{,}024.

d) Forme standard, en divisant par xx : y2xy=x2y'-\frac{2}{x}y=x^{2}. μ=e2lnx=1x2\mu=e^{-2\ln x}=\frac{1}{x^{2}} : (yx2)=1\left(\frac{y}{x^{2}}\right)'=1, donc y=x3+Cx2y=x^{3}+Cx^{2} ; y(1)=1+C=0y(1)=1+C=0, C=1C=-1. y(2)=84=4y(2)=8-4=4. Oublier de diviser par xx avant de lire PP est l'erreur classique.

e) μ=ex2\mu=e^{x^{2}} : (ex2y)=xex2\left(e^{x^{2}}y\right)'=xe^{x^{2}}, donc ex2y=12ex2+Ce^{x^{2}}y=\frac{1}{2}e^{x^{2}}+C et y=12+Cex2y=\frac{1}{2}+Ce^{-x^{2}}. y(0)=12+C=1y(0)=\frac{1}{2}+C=1 : C=12C=\frac{1}{2}. Quand x+x\to+\infty, y12y\to\frac{1}{2}, la solution d'équilibre y=12y=\frac{1}{2} que l'on lit directement dans l'équation.

Exercice 15 : Euler et Euler amélioré face à la solution exacte

On étudie y=xyy'=x-y avec y(0)=1y(0)=1, dont on connaît la solution exacte, pour mesurer honnêtement l'erreur de deux méthodes numériques.

  • a) Résolvez l'équation par facteur intégrant et calculez la valeur exacte y(1)y(1).
  • b) Appliquez la méthode d'Euler yn+1=yn+hf(xn,yn)y_{n+1}=y_{n}+h\,f(x_{n},y_{n}) avec h=0,5h=0{,}5 pour estimer y(1)y(1).
  • c) Recommencez avec h=0,25h=0{,}25.
  • d) Calculez les deux erreurs et leur rapport. Que dit ce rapport sur l'ordre de la méthode d'Euler ?
  • e) La méthode d'Euler améliorée (Heun) prédit y~=yn+hf(xn,yn)\tilde{y}=y_{n}+h\,f(x_{n},y_{n}) puis corrige avec la moyenne des pentes : yn+1=yn+h2[f(xn,yn)+f(xn+1,y~)]y_{n+1}=y_{n}+\frac{h}{2}\left[f(x_{n},y_{n})+f(x_{n+1},\tilde{y})\right]. Appliquez-la avec h=0,5h=0{,}5 et comparez l'erreur.

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  • a) y=x1+2exy=x-1+2e^{-x} ; y(1)=2ey(1)=\frac{2}{e}
  • b) 0,50{,}5
  • c) 0,63280{,}6328
  • d) Rapport 2\approx 2 : ordre 11
  • e) Heun : 0,781250{,}78125, erreur 0,04550{,}0455

a) y+y=xy'+y=x : μ=ex\mu=e^{x}, (exy)=xex\left(e^{x}y\right)'=xe^{x}, donc y=x1+Cexy=x-1+Ce^{-x}. y(0)=1+C=1y(0)=-1+C=1 : C=2C=2 et y=x1+2exy=x-1+2e^{-x}. y(1)=2e0,7358y(1)=\frac{2}{e}\approx 0{,}7358.

b) f(x,y)=xyf(x,y)=x-y. Pas 1 : y1=1+0,5(01)=0,5y_{1}=1+0{,}5\,(0-1)=0{,}5 en x=0,5x=0{,}5. Pas 2 : y2=0,5+0,5(0,50,5)=0,5y_{2}=0{,}5+0{,}5\,(0{,}5-0{,}5)=0{,}5 en x=1x=1. Estimation : y(1)0,5y(1)\approx 0{,}5.

c) Quatre pas : y1=1+0,25(01)=0,75y_{1}=1+0{,}25(0-1)=0{,}75 ; y2=0,75+0,25(0,250,75)=0,625y_{2}=0{,}75+0{,}25(0{,}25-0{,}75)=0{,}625 ; y3=0,625+0,25(0,50,625)=0,59375y_{3}=0{,}625+0{,}25(0{,}5-0{,}625)=0{,}59375 ; y4=0,59375+0,25(0,750,59375)0,6328y_{4}=0{,}59375+0{,}25(0{,}75-0{,}59375)\approx 0{,}6328.

d) Erreurs : 0,73580,5=0,23580{,}7358-0{,}5=0{,}2358 et 0,73580,6328=0,10300{,}7358-0{,}6328=0{,}1030. Rapport : 0,23580,10302,3\frac{0{,}2358}{0{,}1030}\approx 2{,}3, proche de 22 : diviser le pas par deux divise l'erreur à peu près par deux. L'erreur d'Euler est proportionnelle au pas, la méthode est d'ordre 11. Les deux estimations sont trop basses : la solution est convexe (y=1y=yx+1=2ex>0y''=1-y'=y-x+1=2e^{-x}>0) et la tangente passe sous la courbe.

e) Pas 1 : pente f(0,1)=1f(0,1)=-1, prédiction y~=0,5\tilde{y}=0{,}5, pente f(0,5;0,5)=0f(0{,}5\,;0{,}5)=0, moyenne 0,5-0{,}5 : y1=10,25=0,75y_{1}=1-0{,}25=0{,}75. Pas 2 : pente f(0,5;0,75)=0,25f(0{,}5\,;0{,}75)=-0{,}25, prédiction y~=0,625\tilde{y}=0{,}625, pente f(1;0,625)=0,375f(1\,;0{,}625)=0{,}375, moyenne 0,06250{,}0625 : y2=0,75+0,03125=0,78125y_{2}=0{,}75+0{,}03125=0{,}78125. Erreur 0,73580,78130,0455\left|0{,}7358-0{,}7813\right|\approx 0{,}0455, cinq fois plus petite qu'Euler au même pas, pour seulement deux évaluations de pente par pas. Heun est d'ordre 22 : c'est la méthode des trapèzes appliquée aux équations différentielles.

Exercice 16 : La vidange d'un réservoir : la loi de Torricelli

Un réservoir cylindrique se vide par un petit trou percé au fond. La loi de Torricelli donne la vitesse de baisse du niveau hh (en m) : dhdt=kh\frac{dh}{dt}=-k\sqrt{h}, le temps tt étant en minutes. Au départ, h(0)=4h(0)=4 m ; au bout de 55 minutes, on mesure h(5)=2,25h(5)=2{,}25 m.

  • a) Résolvez l'équation par séparation et exprimez h\sqrt{h} en fonction de tt, de kk et de h(0)h(0).
  • b) Déterminez kk à partir de la mesure à 55 minutes.
  • c) À quel instant le réservoir est-il vide ?
  • d) À quel instant le niveau atteint-il la moitié de sa hauteur initiale ? Commentez le fait que ce temps est bien inférieur à la moitié du temps de vidange.
  • e) Un réservoir obéissant à dhdt=kh\frac{dh}{dt}=-kh ne se viderait jamais. Expliquez la différence.

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  • a) h=2kt2\sqrt{h}=2-\frac{kt}{2}
  • b) k=0,2k=0{,}2
  • c) Vide à 2020 min
  • d) Mi-hauteur à 5,865{,}86 min
  • e) h\sqrt{h} domine hh près de 00 : temps fini

a) dhh=kdt\frac{dh}{\sqrt{h}}=-k\,dt donne 2h=kt+C2\sqrt{h}=-kt+C, et C=2h(0)=4C=2\sqrt{h(0)}=4. Donc h=2kt2\sqrt{h}=2-\frac{kt}{2}, tant que ce nombre est positif.

b) 2,25=1,5=25k2\sqrt{2{,}25}=1{,}5=2-\frac{5k}{2}, donc k=0,2k=0{,}2 (m1/2\text{m}^{1/2} par minute). D'où h=20,1t\sqrt{h}=2-0{,}1\,t et h(t)=(20,1t)2h(t)=(2-0{,}1\,t)^{2}.

c) h=0h=0 pour 20,1t=02-0{,}1\,t=0, soit t=20t=20 minutes. Au-delà, la solution physique est h=0h=0 : le réservoir reste vide.

d) h=2h=2 donne 2=20,1t\sqrt{2}=2-0{,}1\,t, soit t=10(22)5,86t=10\left(2-\sqrt{2}\right)\approx 5{,}86 minutes. La première moitié de la hauteur part en moins de six minutes, la seconde en plus de quatorze : le débit, proportionnel à h\sqrt{h}, faiblit à mesure que la pression de la colonne d'eau diminue.

e) Avec h=khh'=-kh, la solution h=4ekth=4e^{-kt} n'atteint jamais 00 : la vitesse de baisse est proportionnelle à hh, et s'éteint aussi vite que hh. Avec h\sqrt{h}, quand hh est petit, h\sqrt{h} est BEAUCOUP plus grand que hh (par exemple 0,01=0,1\sqrt{0{,}01}=0{,}1) : la vidange ralentit trop peu pour que le niveau n'arrive jamais à zéro, et il l'atteint en temps fini. C'est la même non-régularité de h\sqrt{h} en 00 qui, lue à rebours, casse l'unicité : on ne peut pas savoir, en voyant un réservoir vide, depuis quand il l'est.

Exercice 17 : Une réaction chimique et les fractions partielles

Dans la réaction A+BC\text{A}+\text{B}\to\text{C}, on part de concentrations [A]0=2[\text{A}]_{0}=2 mol/L et [B]0=3[\text{B}]_{0}=3 mol/L. La concentration x(t)x(t) de produit formé (mol/L, tt en minutes) vérifie la loi de vitesse dxdt=k(2x)(3x)\frac{dx}{dt}=k(2-x)(3-x), avec k=0,1k=0{,}1 L/(mol·min) et x(0)=0x(0)=0.

  • a) Calculez la vitesse initiale de la réaction et décomposez 1(2x)(3x)\frac{1}{(2-x)(3-x)} en fractions partielles.
  • b) Résolvez l'équation par séparation et montrez que 3x2x=32ekt\frac{3-x}{2-x}=\frac{3}{2}e^{kt}.
  • c) Au bout de combien de temps la concentration du produit atteint-elle 11 mol/L ?
  • d) Exprimez x(t)x(t) et calculez x(10)x(10).
  • e) Vers quelle valeur tend x(t)x(t) ? Interprétez chimiquement.

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  • a) 0,60{,}6 ; 12x13x\frac{1}{2-x}-\frac{1}{3-x}
  • b) 3x2x=32ekt\frac{3-x}{2-x}=\frac{3}{2}e^{kt}
  • c) 10ln432,8810\ln\frac{4}{3}\approx 2{,}88 min
  • d) x(10)1,675x(10)\approx 1{,}675
  • e) Limite 22 : réactif limitant

a) x(0)=0,1×2×3=0,6x'(0)=0{,}1\times 2\times 3=0{,}6 mol/(L·min). Décomposition : 1(2x)(3x)=a2x+b3x\frac{1}{(2-x)(3-x)}=\frac{a}{2-x}+\frac{b}{3-x}, soit 1=a(3x)+b(2x)1=a(3-x)+b(2-x) ; en x=2x=2, a=1a=1 ; en x=3x=3, b=1b=-1. Donc 1(2x)(3x)=12x13x\frac{1}{(2-x)(3-x)}=\frac{1}{2-x}-\frac{1}{3-x}.

b) (12x13x)dx=ln(2x)+ln(3x)=ln3x2x\int\left(\frac{1}{2-x}-\frac{1}{3-x}\right)dx=-\ln(2-x)+\ln(3-x)=\ln\frac{3-x}{2-x}, pour 0x<20\leq x<2. D'où ln3x2x=kt+C\ln\frac{3-x}{2-x}=kt+C, et x(0)=0x(0)=0 donne C=ln32C=\ln\frac{3}{2}. En passant à l'exponentielle : 3x2x=32ekt\frac{3-x}{2-x}=\frac{3}{2}e^{kt}.

c) x=1x=1 donne 21=32e0,1t\frac{2}{1}=\frac{3}{2}e^{0{,}1t}, soit t=10ln432,88t=10\ln\frac{4}{3}\approx 2{,}88 minutes.

d) Notons R=32ektR=\frac{3}{2}e^{kt}. De 3x=R(2x)3-x=R(2-x) on tire x(R1)=2R3x(R-1)=2R-3, donc x(t)=2R3R1x(t)=\frac{2R-3}{R-1}. À t=10t=10 : R=1,5e4,077R=1{,}5\,e\approx 4{,}077 et x(10)5,1553,0771,675x(10)\approx\frac{5{,}155}{3{,}077}\approx 1{,}675 mol/L.

e) Quand tt\to\infty, RR\to\infty et x=23/R11/R2x=\frac{2-3/R}{1-1/R}\to 2. La réaction s'arrête quand A, le RÉACTIF LIMITANT, est épuisé : il reste alors 11 mol/L de B en excès. L'équation le dit aussi : x=0x'=0 pour x=2x=2, équilibre stable, alors que x=3x=3 n'est jamais atteint.

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