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Électricité et magnétisme 203-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep

Exercices corrigés : circuits RC, RL et RLC (203-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés d'électricité du cours 203-NYB sur les régimes transitoires et les oscillations. La partie A suit le condensateur et la bobine dans le temps : la charge du circuit RC avec son équation différentielle, sa constante de temps τ=RC\tau=RC et le résultat remarquable de la moitié de l'énergie perdue en chaleur quelle que soit la résistance; la décharge à travers la lampe d'un flash, 54 joules libérés à 9 kilowatts; puis le circuit RL, où la bobine impose sa propre constante τ=L/R\tau=L/R et se venge à l'ouverture par une étincelle de 600 V. La partie B fait osciller le circuit : le circuit LC idéal et son analogie complète avec la masse accrochée au ressort, l'amortissement RLC avec la pseudo-période et la résistance critique, et un exercice de commutation niveau examen sur les deux grandeurs qui ne peuvent jamais sauter.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas : le circuit RC est un chapitre à part entière de la spécialité physique-chimie de Terminale, et les circuits RL et RLC prolongent naturellement le cours d'électricité 203-NYB après l'induction. Chaque exercice s'appuie sur une courbe exacte, tracée aux vraies valeurs : lire τ\tau sur un graphique, avec la tangente à l'origine ou la barre des 63 %, est exactement ce qu'on demande en évaluation.

Le réflexe à garder tout du long : avant toute équation, interrogez les instants extrêmes. À t=0+t=0^{+}, un condensateur déchargé se comporte comme un fil et une bobine comme un interrupteur ouvert; en régime permanent, c'est l'inverse. Ces deux lignes de raisonnement, plus les deux continuités (uCu_{C} et iLi_{L} ne sautent jamais), résolvent la moitié de n'importe quel problème de commutation avant tout calcul.

Rappel de cours

  • Charge d'un condensateur à travers RR sous la tension EE : uC(t)=E(1et/τ)u_{C}(t)=E(1-e^{-t/\tau}) avec τ=RC\tau=RC. Décharge depuis U0U_{0} : uC(t)=U0et/τu_{C}(t)=U_{0}e^{-t/\tau}. Le courant initial vaut E/RE/R (ou U0/RU_{0}/R) : à t=0t=0, le condensateur déchargé se comporte comme un fil; chargé, comme un interrupteur ouvert.
  • La constante de temps τ\tau se lit trois façons : à t=τt=\tau, la charge a fait 63 % du chemin (il reste 37 %); la tangente à l'origine coupe l'asymptote en t=τt=\tau; le régime permanent est atteint à 99 % après 5τ5\tau. Demi-vie d'une décharge : t1/2=τln2t_{1/2}=\tau\ln 2.
  • Circuit RL : i(t)=ER(1et/τ)i(t)=\frac{E}{R}(1-e^{-t/\tau}) avec τ=LR\tau=\frac{L}{R}. La bobine s'oppose aux variations de SON courant (auto-induction, loi de Lenz) : iLi_{L} est continue, et une ouverture brutale crée la surtension e=Ldidt|e|=L\frac{di}{dt}.
  • Énergies emmagasinées : condensateur 12Cu2=q22C\frac{1}{2}Cu^{2}=\frac{q^{2}}{2C}, bobine 12Li2\frac{1}{2}Li^{2}. Ces énergies ne pouvant sauter, uCu_{C} et iLi_{L} sont toujours continues; tout le reste (courants dans les résistances, tensions de bobine) peut être discontinu.
  • Circuit LC idéal : d2qdt2=qLC\frac{d^{2}q}{dt^{2}}=-\frac{q}{LC}, oscillations de pulsation ω0=1LC\omega_{0}=\frac{1}{\sqrt{LC}} et de période T0=2πLCT_{0}=2\pi\sqrt{LC}. Analogie mécanique : qxq\leftrightarrow x, ivi\leftrightarrow v, LmL\leftrightarrow m, 1Ck\frac{1}{C}\leftrightarrow k.
  • Circuit RLC série : amortissement en eRt/2Le^{-Rt/2L}, pseudo-pulsation ω=ω02(R2L)2\omega'=\sqrt{\omega_{0}^{2}-(\frac{R}{2L})^{2}}. Régime critique (retour le plus rapide sans oscillation) pour Rc=2LCR_{c}=2\sqrt{\frac{L}{C}}; apériodique au-delà.

Partie A : Les régimes transitoires RC et RL (/26)

Exercice 1 : La charge du condensateur : l'équation et la moitié perdue

Un condensateur de capacité C=20C=20 μF, initialement déchargé, est branché à t=0t=0 en série avec une résistance R=1,5R=1{,}5 kΩ et une pile idéale de fem E=12E=12 V. La figure montre la tension uC(t)u_{C}(t) mesurée aux bornes du condensateur, avec la tangente à l'origine en pointillés.

3060901201502468101214t (ms)uC (V)
  • a) Sans aucune équation, donnez le courant dans le circuit et la tension uCu_{C} à t=0+t=0^{+} puis en régime permanent. Comment le condensateur se comporte-t-il à ces deux instants ?
  • b) Établissez l'équation différentielle vérifiée par uC(t)u_{C}(t) à partir de la loi des mailles, et vérifiez que uC(t)=E(1et/τ)u_{C}(t)=E(1-e^{-t/\tau}) en est la solution, à condition de préciser τ\tau.
  • c) Calculez τ\tau et retrouvez sur la figure ses trois lectures : la barre des 63 %, la tangente à l'origine, et l'instant où le régime permanent est atteint à 99 %.
  • d) Calculez l'énergie fournie par la pile pendant toute la charge et l'énergie finalement stockée dans le condensateur. Où est passée la différence, et pourquoi ce bilan ne dépend-il pas de RR ?
Voir la correction

a) À t=0+t=0^{+}, le condensateur est déchargé : uC=0u_{C}=0, il se comporte comme un FIL, et toute la tension tombe sur RR : i(0)=ER=121500=8,0i(0)=\frac{E}{R}=\frac{12}{1500}=8{,}0 mA, le courant est MAXIMAL dès la fermeture. En régime permanent, le condensateur est plein : plus aucune charge ne circule, i=0i=0, il se comporte comme un INTERRUPTEUR OUVERT, et uC=E=12u_{C}=E=12 V (plus de chute dans RR).

b) Loi des mailles : E=Ri+uCE=Ri+u_{C}, avec i=dqdt=CduCdti=\frac{dq}{dt}=C\frac{du_{C}}{dt}, d'où RCduCdt+uC=ERC\frac{du_{C}}{dt}+u_{C}=E. En injectant uC=E(1et/τ)u_{C}=E(1-e^{-t/\tau}) : duCdt=Eτet/τ\frac{du_{C}}{dt}=\frac{E}{\tau}e^{-t/\tau}, donc RCτEet/τ+EEet/τ=E\frac{RC}{\tau}Ee^{-t/\tau}+E-Ee^{-t/\tau}=E, ce qui exige RCτ=1\frac{RC}{\tau}=1 : la solution convient si et seulement si τ=RC\tau=RC. La condition initiale uC(0)=0u_{C}(0)=0 est bien vérifiée.

c) τ=RC=(1500)(20×106)=0,030\tau=RC=(1500)(20\times 10^{-6})=0{,}030 s =30=30 ms. Lecture 1 : uC(τ)=12(1e1)7,6u_{C}(\tau)=12(1-e^{-1})\approx 7{,}6 V, soit 63 % de 12 V, la barre horizontale de la figure. Lecture 2 : la tangente à l'origine, de pente Eτ\frac{E}{\tau}, atteint l'asymptote EE exactement en t=τ=30t=\tau=30 ms. Lecture 3 : il reste e50,7e^{-5}\approx 0{,}7 % à t=5τ=150t=5\tau=150 ms, le bord droit de la figure : la charge est finie à 99 % et quelques.

d) La pile débite la charge totale Q=CEQ=CE sous la tension constante EE : elle fournit W=QE=CE2=(20×106)(144)=2,88W=QE=CE^{2}=(20\times 10^{-6})(144)=2{,}88 mJ. Le condensateur ne stocke que 12CE2=1,44\frac{1}{2}CE^{2}=1{,}44 mJ : exactement la MOITIÉ. L'autre moitié est partie en chaleur dans la résistance, et ce partage ne dépend pas de RR : une petite résistance dissipe par courants intenses et brefs, une grande par courants faibles et longs, mais la facture est la même. Charger un condensateur à tension constante coûte toujours le double de ce qu'on y range : un rendement de 50 %, incompressible.

Exercice 2 : Le flash : 54 joules en un éclair

Le condensateur d'un flash photographique, de capacité C=1200C=1200 μF, est chargé sous U0=300U_{0}=300 V. Au déclenchement, il se décharge dans la lampe, assimilée à une résistance R=10R=10 Ω. La figure montre la tension u(t)u(t) pendant la décharge.

122436486050100150200250300t (ms)u (V)
  • a) Calculez l'énergie emmagasinée dans le condensateur chargé.
  • b) Établissez l'équation différentielle de la décharge et vérifiez que u(t)=U0et/τu(t)=U_{0}e^{-t/\tau} en est la solution. Calculez τ\tau et le courant initial.
  • c) Calculez la demi-vie t1/2t_{1/2} de la décharge et montrez qu'elle est la même depuis n'importe quel point de la courbe. Que représente la barre des 110 V sur la figure ?
  • d) Calculez la puissance initiale reçue par la lampe et comparez-la à la puissance moyenne sur la durée utile de l'éclair (5τ\approx 5\tau). Pourquoi dit-on qu'un condensateur est un amplificateur de puissance, et non d'énergie ?
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a) W=12CU02=12(1200×106)(300)2=54W=\frac{1}{2}CU_{0}^{2}=\frac{1}{2}(1200\times 10^{-6})(300)^{2}=54 J : l'énergie d'un litre d'eau soulevé de cinq mètres et demi, rangée dans un composant de poche.

b) Sans pile, la loi des mailles donne Ri+u=0Ri+u=0 avec i=Cdudti=-C\frac{du}{dt} (le condensateur se vide) : RCdudt+u=0RC\frac{du}{dt}+u=0. Avec u=U0et/τu=U_{0}e^{-t/\tau} : RCτU0et/τ+U0et/τ=0-\frac{RC}{\tau}U_{0}e^{-t/\tau}+U_{0}e^{-t/\tau}=0, vérifié si τ=RC=(10)(1200×106)=12\tau=RC=(10)(1200\times 10^{-6})=12 ms. Courant initial : I0=U0R=30010=30I_{0}=\frac{U_{0}}{R}=\frac{300}{10}=30 A : trente ampères dans une lampe.

c) u=U02u=\frac{U_{0}}{2} quand et/τ=12e^{-t/\tau}=\frac{1}{2}, soit t1/2=τln28,3t_{1/2}=\tau\ln 2\approx 8{,}3 ms. Depuis n'importe quelle tension u1u_{1} atteinte à l'instant t1t_{1} : u(t1+t1/2)=u1et1/2/τ=u12u(t_{1}+t_{1/2})=u_{1}e^{-t_{1/2}/\tau}=\frac{u_{1}}{2} : l'exponentielle divise par deux tous les 8,38{,}3 ms, d'où qu'on parte, exactement comme une désintégration radioactive. La barre des 110 V est U0e0,37×300\frac{U_{0}}{e}\approx 0{,}37\times 300 V : la tension à t=τ=12t=\tau=12 ms, la lecture des 37 %.

d) P0=U0I0=U02R=9000010=9000P_{0}=U_{0}I_{0}=\frac{U_{0}^{2}}{R}=\frac{90000}{10}=9000 W : neuf kilowatts, la puissance de trois bouilloires. En moyenne sur 5τ=605\tau=60 ms : Pmoy=540,060=900P_{\text{moy}}=\frac{54}{0{,}060}=900 W. Or la recharge du même condensateur, à travers une grande résistance et un petit courant, prend plusieurs secondes à quelques watts : le condensateur encaisse lentement et restitue brutalement. Il n'a pas créé un joule, il les a seulement CONCENTRÉS dans le temps : amplificateur de puissance, jamais d'énergie.

Exercice 3 : Le circuit RL : la bobine impose son tempo

Une bobine idéale d'inductance L=0,30L=0{,}30 H est branchée à t=0t=0 en série avec une résistance R=6,0R=6{,}0 Ω et une pile de fem E=12E=12 V. La figure montre le courant i(t)i(t).

501001502002500.40.81.21.622.4t (ms)i (A)
  • a) Expliquez, avec la loi de Lenz, pourquoi le courant ne peut pas s'établir instantanément. Comment la bobine se comporte-t-elle à t=0+t=0^{+} et en régime permanent ? Donnez le courant final.
  • b) Vérifiez par analyse dimensionnelle que LR\frac{L}{R} est bien un temps, puis calculez τ\tau et écrivez i(t)i(t).
  • c) Calculez le courant à t=τt=\tau et l'énergie emmagasinée dans la bobine en régime permanent.
  • d) On ouvre l'interrupteur en régime permanent, la coupure prenant environ une milliseconde. Estimez la fem d'auto-induction qui apparaît et expliquez l'étincelle observée aux bornes de l'interrupteur. Citez une application et une protection.
Voir la correction

a) Toute croissance de ii fait croître le flux du champ de la bobine à travers elle-même : par la loi de Lenz, la fem induite e=Ldidte=-L\frac{di}{dt} s'OPPOSE à cette croissance. Un saut instantané de courant exigerait une fem infinie : le courant s'installe donc progressivement. À t=0+t=0^{+} : i=0i=0, la bobine se comporte comme un INTERRUPTEUR OUVERT (toute la tension est à ses bornes). En régime permanent : didt=0\frac{di}{dt}=0, plus aucune fem, la bobine idéale est un simple FIL : I=ER=126,0=2,0I_{\infty}=\frac{E}{R}=\frac{12}{6{,}0}=2{,}0 A. C'est le miroir exact du condensateur, qui fait fil au départ et coupure à l'arrivée.

b) [L]=[L]= V·s/A (une fem par taux de variation du courant) et [R]=[R]= V/A : le quotient LR\frac{L}{R} est en secondes. τ=LR=0,306,0=50\tau=\frac{L}{R}=\frac{0{,}30}{6{,}0}=50 ms, et i(t)=I(1et/τ)=2,0(1et/0,050)i(t)=I_{\infty}(1-e^{-t/\tau})=2{,}0(1-e^{-t/0{,}050}) : même exponentielle que la charge du condensateur, mêmes lectures de τ\tau sur la courbe (63 %, tangente à l'origine).

c) i(τ)=2,0(1e1)1,26i(\tau)=2{,}0(1-e^{-1})\approx 1{,}26 A. Énergie en régime permanent : W=12LI2=12(0,30)(2,0)2=0,60W=\frac{1}{2}LI_{\infty}^{2}=\frac{1}{2}(0{,}30)(2{,}0)^{2}=0{,}60 J, stockée dans le champ magnétique de la bobine.

d) L'ouverture force ii de 2,0 A à 0 en Δt1\Delta t\approx 1 ms : e=LΔiΔt(0,30)2,00,001=600|e|=L\frac{\Delta i}{\Delta t}\approx(0{,}30)\frac{2{,}0}{0{,}001}=600 V, cinquante fois la tension de la pile ! Cette surtension claque l'air de l'interrupteur entrouvert : c'est l'étincelle, la vengeance de la bobine qui refuse qu'on coupe son courant. Application : la bobine d'allumage d'une voiture pousse le procédé jusqu'à des dizaines de milliers de volts pour faire jaillir l'étincelle de la bougie. Protection : une diode de roue libre en parallèle offre au courant un chemin de repli et absorbe la surtension (relais, moteurs, électronique).

Partie B : Les oscillations et les commutations (/24)

Exercice 4 : Le circuit LC : un ressort électrique

Un condensateur de capacité C=20C=20 μF est chargé sous U0=12U_{0}=12 V, puis basculé à t=0t=0 sur une bobine idéale d'inductance L=50L=50 mH (résistance négligeable). La figure montre la tension uC(t)u_{C}(t) observée.

2468101214161820-12-8-44812t (ms)uC (V)
  • a) Établissez l'équation différentielle vérifiée par la charge q(t)q(t) et montrez qu'elle est de la forme d2qdt2=ω02q\frac{d^{2}q}{dt^{2}}=-\omega_{0}^{2}\,q.
  • b) Calculez la pulsation propre ω0\omega_{0}, la fréquence et la période des oscillations. Vérifiez la période sur la figure.
  • c) Calculez le courant maximal par conservation de l'énergie, et vérifiez la cohérence avec Imax=ω0Q0I_{\max}=\omega_{0}Q_{0}. À quels instants le courant est-il maximal ?
  • d) Dressez l'analogie complète avec le système masse-ressort : à quoi correspondent qq, ii, LL et 1C\frac{1}{C} ? Qui joue l'inertie, qui joue la raideur ?
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a) Loi des mailles sur le circuit fermé condensateur-bobine : uC=Ldidtu_{C}=L\frac{di}{dt} n'est plus compensée par rien d'autre; avec uC=qCu_{C}=\frac{q}{C} et i=dqdti=-\frac{dq}{dt} (le condensateur se vide), il vient qC=Ld2qdt2\frac{q}{C}=-L\frac{d^{2}q}{dt^{2}}, soit d2qdt2=1LCq\frac{d^{2}q}{dt^{2}}=-\frac{1}{LC}\,q : l'accélération de la charge est proportionnelle à la charge et de signe opposé, la signature exacte de l'oscillateur harmonique, avec ω02=1LC\omega_{0}^{2}=\frac{1}{LC}.

b) ω0=1LC=1(0,050)(20×106)=1106=1000\omega_{0}=\frac{1}{\sqrt{LC}}=\frac{1}{\sqrt{(0{,}050)(20\times 10^{-6})}}=\frac{1}{\sqrt{10^{-6}}}=1000 rad/s. Fréquence : f0=ω02π159f_{0}=\frac{\omega_{0}}{2\pi}\approx 159 Hz. Période : T0=2πLC6,28T_{0}=2\pi\sqrt{LC}\approx 6{,}28 ms : c'est bien l'abscisse du trait vertical de la figure, où la cosinusoïde boucle son premier tour.

c) L'énergie totale est celle du départ : W=12CU02=12(20×106)(144)=1,44W=\frac{1}{2}CU_{0}^{2}=\frac{1}{2}(20\times 10^{-6})(144)=1{,}44 mJ. Quand le courant est maximal, le condensateur est vide et TOUTE l'énergie est magnétique : 12LImax2=W\frac{1}{2}LI_{\max}^{2}=W, d'où Imax=U0CL=1220×1060,050=0,24I_{\max}=U_{0}\sqrt{\frac{C}{L}}=12\sqrt{\frac{20\times 10^{-6}}{0{,}050}}=0{,}24 A. Cohérence : Q0=CU0=2,4×104Q_{0}=CU_{0}=2{,}4\times 10^{-4} C et ω0Q0=(1000)(2,4×104)=0,24\omega_{0}Q_{0}=(1000)(2{,}4\times 10^{-4})=0{,}24 A, identique. Le courant culmine quand uC=0u_{C}=0 : aux quarts et trois quarts de période, à chaque passage de la tension par zéro sur la figure.

d) Les correspondances : qxq\leftrightarrow x (l'élongation), ivi\leftrightarrow v (la vitesse), LmL\leftrightarrow m (l'INERTIE : la bobine refuse les variations de courant comme la masse refuse les variations de vitesse), 1Ck\frac{1}{C}\leftrightarrow k (la RAIDEUR : un petit condensateur se « tend » vite, comme un ressort raide). Les énergies se répondent : 12Li212mv2\frac{1}{2}Li^{2}\leftrightarrow\frac{1}{2}mv^{2} et q22C12kx2\frac{q^{2}}{2C}\leftrightarrow\frac{1}{2}kx^{2}, et ω0=1LC\omega_{0}=\frac{1}{\sqrt{LC}} décalque ω=km\omega=\sqrt{\frac{k}{m}}. Le circuit LC est un masse-ressort où l'énergie se balance entre champ électrique et champ magnétique deux fois par période.

Exercice 5 : Le circuit RLC : l'oscillation qui s'éteint

On insère maintenant une résistance RR en série dans le circuit précédent (L=50L=50 mH, C=20C=20 μF, condensateur chargé sous 12 V). La figure montre uC(t)u_{C}(t) pour R=20R=20 Ω, avec l'enveloppe exponentielle en gris.

510152025-12-8-44812t (ms)uC (V)
  • a) Quel est le rôle énergétique de la résistance ? L'amplitude décroît en eRt/2Le^{-Rt/2L} : calculez la constante de temps de l'enveloppe pour R=20R=20 Ω et le temps de demi-amplitude.
  • b) Nommez les trois régimes possibles selon la valeur de RR et calculez la résistance critique Rc=2LCR_{c}=2\sqrt{\frac{L}{C}} de ce circuit.
  • c) Pour R=20R=20 Ω, calculez la pseudo-pulsation ω=ω02(R2L)2\omega'=\sqrt{\omega_{0}^{2}-\left(\frac{R}{2L}\right)^{2}} et la pseudo-période. De combien la période s'est-elle allongée par rapport au circuit LC ? Qu'en concluez-vous sur ce que l'amortissement attaque en premier ?
  • d) À quoi sert le régime critique dans la vie courante ? Donnez deux exemples et expliquez pourquoi on ne choisit ni un amortissement plus faible, ni un plus fort.
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a) La résistance dissipe en chaleur, par effet Joule, une part de l'énergie à chaque aller-retour de charge : l'énergie totale du circuit décroît, donc l'amplitude aussi. Constante de temps de l'enveloppe : 2LR=2(0,050)20=5,0\frac{2L}{R}=\frac{2(0{,}050)}{20}=5{,}0 ms. Demi-amplitude : t=2LRln23,5t=\frac{2L}{R}\ln 2\approx 3{,}5 ms : sur la figure, l'enveloppe grise passe de 12 V à 6 V en trois millisecondes et demie.

b) R<RcR<R_{c} : régime PSEUDO-PÉRIODIQUE, le circuit oscille sous une enveloppe décroissante (la figure). R=RcR=R_{c} : régime CRITIQUE, retour à zéro le plus rapide possible sans osciller. R>RcR>R_{c} : régime APÉRIODIQUE, retour lent sans oscillation. Ici Rc=20,05020×106=22500=100R_{c}=2\sqrt{\frac{0{,}050}{20\times 10^{-6}}}=2\sqrt{2500}=100 Ω.

c) R2L=200,10=200\frac{R}{2L}=\frac{20}{0{,}10}=200 s1^{-1}, donc ω=100022002=9,6×105980\omega'=\sqrt{1000^{2}-200^{2}}=\sqrt{9{,}6\times 10^{5}}\approx 980 rad/s et T=2πω6,41T'=\frac{2\pi}{\omega'}\approx 6{,}41 ms, contre T0=6,28T_{0}=6{,}28 ms : un allongement d'à peine 2 %. Pendant ce temps, l'amplitude a été divisée par deux TOUS les 3,5 ms : l'amortissement tue l'amplitude bien avant de toucher au rythme. C'est pourquoi un pendule qui s'épuise bat quasiment la même seconde jusqu'au bout.

d) Le régime critique est celui du retour au repos le plus rapide sans rebond : amortisseurs d'automobile (la caisse revient sans pomper), ferme-portes (la porte se ferme vite mais ne claque pas), aiguilles des instruments de mesure (le galvanomètre se pose sur la valeur sans osciller autour). Moins d'amortissement : on oscille, la voiture rebondit, l'aiguille dépasse et revient. Plus d'amortissement : plus de rebond mais un retour paresseux, la porte met dix secondes à se fermer. Le critique est l'optimum exact entre les deux défauts.

Exercice 6 : Juste avant, juste après : les deux continuités

Le circuit de la figure comporte une pile de fem E=12E=12 V, un interrupteur K, une résistance R1=4,0R_{1}=4{,}0 Ω en série, puis une résistance R2=8,0R_{2}=8{,}0 Ω montée en PARALLÈLE avec une bobine idéale d'inductance L=0,20L=0{,}20 H. On ferme K à t=0t=0. Les seuls outils nécessaires : les comportements limites et les deux continuités (iLi_{L} et uCu_{C} ne sautent jamais).

EKR₁R₂L
  • a) Juste après la fermeture (t=0+t=0^{+}) : donnez le courant débité par la pile, le courant dans la bobine et la tension aux bornes de R2R_{2}. Justifiez chaque valeur.
  • b) En régime permanent : donnez le courant dans la bobine, le courant dans R2R_{2} et la tension aux bornes du groupement parallèle.
  • c) En régime permanent, on OUVRE K. Montrez que la tension aux bornes de R2R_{2} saute à une valeur supérieure à la fem de la pile, et précisez avec quelle constante de temps elle s'éteint.
  • d) On remplace la bobine par un condensateur déchargé et on recommence (fermeture de K). Donnez les courants et tensions à t=0+t=0^{+} et en régime permanent, puis énoncez la règle générale des continuités et la dualité que révèlent vos résultats.
Voir la correction

a) La continuité de iLi_{L} impose iL(0+)=iL(0)=0i_{L}(0^{+})=i_{L}(0^{-})=0 : à cet instant la bobine est un interrupteur ouvert et TOUT le courant passe par R2R_{2}. Le circuit vu de la pile est R1R_{1} en série avec R2R_{2} : i=ER1+R2=1212=1,0i=\frac{E}{R_{1}+R_{2}}=\frac{12}{12}=1{,}0 A. Tension du groupement parallèle : u=R2i=8,0u=R_{2}i=8{,}0 V, qui est aussi la tension aux bornes de la bobine (c'est elle qui va faire croître iLi_{L}).

b) En régime permanent, diLdt=0\frac{di_{L}}{dt}=0 : la bobine idéale est un fil, elle COURT-CIRCUITE R2R_{2}. La tension du parallèle tombe à 0, donc iR2=0i_{R_{2}}=0, et la pile ne voit plus que R1R_{1} : iL=ER1=124,0=3,0i_{L}=\frac{E}{R_{1}}=\frac{12}{4{,}0}=3{,}0 A. Le courant de la pile a TRIPLÉ entre la fermeture et le régime permanent.

c) À l'ouverture, la maille pile-R1R_{1} disparaît, mais iLi_{L} est continue : les 3,0 A de la bobine doivent se refermer quelque part, et le seul chemin restant est R2R_{2}. Juste après l'ouverture : uR2=R2iL=(8,0)(3,0)=24u_{R_{2}}=R_{2}i_{L}=(8{,}0)(3{,}0)=24 V, le DOUBLE de la fem de la pile, et de polarité inversée ! La bobine, pour sauver son courant, fabrique la tension qu'il faut, comme l'étincelle de l'exercice 3, en version apprivoisée : R2R_{2} joue le rôle de la diode de roue libre. Le courant s'éteint ensuite dans la boucle LL-R2R_{2} avec τ=LR2=0,208,0=25\tau=\frac{L}{R_{2}}=\frac{0{,}20}{8{,}0}=25 ms.

d) Avec le condensateur déchargé : la continuité de uCu_{C} impose uC(0+)=0u_{C}(0^{+})=0 : le parallèle est court-circuité par le condensateur-fil, i=ER1=3,0i=\frac{E}{R_{1}}=3{,}0 A, tout dans le condensateur, rien dans R2R_{2}. En régime permanent : plus de courant dans le condensateur plein, la pile débite dans R1+R2R_{1}+R_{2} : i=1,0i=1{,}0 A et uC=R2i=8,0u_{C}=R_{2}i=8{,}0 V. Règle générale : uCu_{C} et iLi_{L} sont continues, car elles portent les énergies 12Cu2\frac{1}{2}Cu^{2} et 12Li2\frac{1}{2}Li^{2}, qu'aucune puissance finie ne peut faire sauter; TOUT le reste (courants des résistances, tension d'une bobine) peut être discontinu. Et la dualité saute aux yeux : mêmes nombres, 1,0 A / 8,0 V et 3,0 A, mais aux instants ÉCHANGÉS. La bobine commence en interrupteur ouvert et finit en fil; le condensateur commence en fil et finit en interrupteur ouvert : chacun est le miroir temporel de l'autre.

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