Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : circuits RC, RL et RLC (203-SN2-RE, ancien 203-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés d'électricité du cours 203-SN2-RE (ancien 203-SN2-RE) sur les régimes transitoires, les oscillations et le régime sinusoïdal. La partie A suit le condensateur et la bobine dans le temps : la charge du circuit RC avec son équation différentielle, sa constante de temps τ=RC\tau=RC et le résultat remarquable de la moitié de l'énergie perdue en chaleur quelle que soit la résistance; la décharge à travers la lampe d'un flash, 54 joules libérés à 9 kilowatts; le transfert de charge entre deux condensateurs, où la moitié de l'énergie disparaît sans qu'une seule charge se perde; le circuit RL, où la bobine impose sa propre constante τ=L/R\tau=L/R et se venge à l'ouverture par une étincelle de 600 V; puis le calcul de l'inductance elle-même, de la géométrie du bobinage jusqu'à l'énergie rangée dans le champ. La partie B fait osciller le circuit puis l'alimente en alternatif : le circuit LC idéal et son analogie complète avec la masse accrochée au ressort, l'amortissement RLC avec la pseudo-période et la résistance critique, le régime sinusoïdal forcé avec ses réactances, son impédance et son déphasage, la résonance série avec la surtension et le facteur de qualité, et un exercice de commutation niveau examen sur les deux grandeurs qui ne peuvent jamais sauter.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas : le circuit RC est un chapitre à part entière de la spécialité physique-chimie de Terminale, et les circuits RL et RLC prolongent naturellement le cours d'électricité 203-SN2-RE (ancien 203-SN2-RE) après l'induction. Chaque exercice s'appuie sur une courbe exacte, tracée aux vraies valeurs : lire τ\tau sur un graphique, avec la tangente à l'origine ou la barre des 63 %, est exactement ce qu'on demande en évaluation.

Le réflexe à garder tout du long : avant toute équation, interrogez les instants extrêmes. À t=0+t=0^{+}, un condensateur déchargé se comporte comme un fil et une bobine comme un interrupteur ouvert; en régime permanent, c'est l'inverse. Ces deux lignes de raisonnement, plus les deux continuités (uCu_{C} et iLi_{L} ne sautent jamais), résolvent la moitié de n'importe quel problème de commutation avant tout calcul.

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Ce chapitre fait partie de Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Le potentiel électrique et les condensateurs
  2. 2Circuits à courant continu
  3. 3Magnétisme et induction
  4. 4L'induction électromagnétique

Rappel de cours

  • Charge d'un condensateur à travers RR sous la tension EE : uC(t)=E(1et/τ)u_{C}(t)=E(1-e^{-t/\tau}) avec τ=RC\tau=RC. Décharge depuis U0U_{0} : uC(t)=U0et/τu_{C}(t)=U_{0}e^{-t/\tau}. Le courant initial vaut E/RE/R (ou U0/RU_{0}/R) : à t=0t=0, le condensateur déchargé se comporte comme un fil; chargé, comme un interrupteur ouvert.
  • La constante de temps τ\tau se lit trois façons : à t=τt=\tau, la charge a fait 63 % du chemin (il reste 37 %); la tangente à l'origine coupe l'asymptote en t=τt=\tau; le régime permanent est atteint à 99 % après 5τ5\tau. Demi-vie d'une décharge : t1/2=τln2t_{1/2}=\tau\ln 2.
  • Circuit RL : i(t)=ER(1et/τ)i(t)=\frac{E}{R}(1-e^{-t/\tau}) avec τ=LR\tau=\frac{L}{R}. La bobine s'oppose aux variations de SON courant (auto-induction, loi de Lenz) : iLi_{L} est continue, et une ouverture brutale crée la surtension e=Ldidt|e|=L\frac{di}{dt}.
  • Énergies emmagasinées : condensateur 12Cu2=q22C\frac{1}{2}Cu^{2}=\frac{q^{2}}{2C}, bobine 12Li2\frac{1}{2}Li^{2}. Ces énergies ne pouvant sauter, uCu_{C} et iLi_{L} sont toujours continues; tout le reste (courants dans les résistances, tensions de bobine) peut être discontinu.
  • Circuit LC idéal : d2qdt2=qLC\frac{d^{2}q}{dt^{2}}=-\frac{q}{LC}, oscillations de pulsation ω0=1LC\omega_{0}=\frac{1}{\sqrt{LC}} et de période T0=2πLCT_{0}=2\pi\sqrt{LC}. Analogie mécanique : qxq\leftrightarrow x, ivi\leftrightarrow v, LmL\leftrightarrow m, 1Ck\frac{1}{C}\leftrightarrow k.
  • Circuit RLC série : amortissement en eRt/2Le^{-Rt/2L}, pseudo-pulsation ω=ω02(R2L)2\omega'=\sqrt{\omega_{0}^{2}-(\frac{R}{2L})^{2}}. Régime critique (retour le plus rapide sans oscillation) pour Rc=2LCR_{c}=2\sqrt{\frac{L}{C}}; apériodique au-delà.
  • Inductance : L=NΦIL=\frac{N\Phi}{I}, soit L=μ0n2AL=\mu_{0}n^{2}A\ell pour un solénoïde. Elle croît comme le CARRÉ du nombre de spires. Densité d'énergie du champ magnétique : u=B22μ0u=\frac{B^{2}}{2\mu_{0}}, et 12LI2\frac{1}{2}LI^{2} n'est que uu multipliée par le volume du champ.
  • Transfert entre deux condensateurs : la charge se conserve, l'énergie non. La perte vaut 12C1C2C1+C2(ΔU)2\frac{1}{2}\frac{C_{1}C_{2}}{C_{1}+C_{2}}(\Delta U)^{2} et ne dépend PAS de la résistance du circuit.
  • Régime sinusoïdal : réactances XL=ωLX_{L}=\omega L et XC=1ωCX_{C}=\frac{1}{\omega C}, impédance Z=R2+(XLXC)2Z=\sqrt{R^{2}+(X_{L}-X_{C})^{2}}, déphasage tanφ=XLXCR\tan\varphi=\frac{X_{L}-X_{C}}{R}. Les tensions s'additionnent VECTORIELLEMENT : ULU_{L} ou UCU_{C} peut dépasser la tension de la source.
  • Puissance en alternatif : P=UIcosφ=RI2P=UI\cos\varphi=RI^{2}. Bobine et condensateur ne consomment aucune puissance MOYENNE. Un mauvais facteur de puissance fait circuler du courant inutile, d'où la correction par batterie de condensateurs.
  • Résonance série : ω0=1LC\omega_{0}=\frac{1}{\sqrt{LC}}, impédance minimale Z=RZ=R, courant maximal, déphasage nul. Facteur de qualité Q=ω0LR=ULU=ω0ΔωQ=\frac{\omega_{0}L}{R}=\frac{U_{L}}{U}=\frac{\omega_{0}}{\Delta\omega} : il mesure à la fois la surtension et la sélectivité.

Partie A : Les régimes transitoires RC et RL (/50)

Exercice 1 : La charge du condensateur : l'équation et la moitié perdue

Un condensateur de capacité C=20C=20 μF, initialement déchargé, est branché à t=0t=0 en série avec une résistance R=1,5R=1{,}5 kΩ et une pile idéale de fem E=12E=12 V. La figure montre la tension uC(t)u_{C}(t) mesurée aux bornes du condensateur, avec la tangente à l'origine en pointillés.

3060901201502468101214t (ms)uC (V)
  • a) Sans aucune équation, donnez le courant dans le circuit et la tension uCu_{C} à t=0+t=0^{+} puis en régime permanent. Comment le condensateur se comporte-t-il à ces deux instants ?
  • b) Établissez l'équation différentielle vérifiée par uC(t)u_{C}(t) à partir de la loi des mailles, et vérifiez que uC(t)=E(1et/τ)u_{C}(t)=E(1-e^{-t/\tau}) en est la solution, à condition de préciser τ\tau.
  • c) Calculez τ\tau et retrouvez sur la figure ses trois lectures : la barre des 63 %, la tangente à l'origine, et l'instant où le régime permanent est atteint à 99 %.
  • d) Calculez l'énergie fournie par la pile pendant toute la charge et l'énergie finalement stockée dans le condensateur. Où est passée la différence, et pourquoi ce bilan ne dépend-il pas de RR ?

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a)
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Réponses

  • a) i(0+)=8,0i(0^{+})=8{,}0 mA et uC=0u_{C}=0 ; puis i=0i=0 et uC=12u_{C}=12 V : fil puis coupure
  • b) RCduCdt+uC=ERC\dfrac{du_{C}}{dt}+u_{C}=E, vérifiée si et seulement si τ=RC\tau=RC
  • c) τ=30\tau=30 ms : 63%63\,\% soit 7,67{,}6 V, tangente coupant l'asymptote en τ\tau, fini à 5τ5\tau
  • d) 2,882{,}88 mJ fournis contre 1,441{,}44 mJ stockés : rendement de 50%50\,\%, indépendant de RR

a) À t=0+t=0^{+}, le condensateur est déchargé : uC=0u_{C}=0, il se comporte comme un FIL, et toute la tension tombe sur RR : i(0)=ER=121500=8,0i(0)=\frac{E}{R}=\frac{12}{1500}=8{,}0 mA, le courant est MAXIMAL dès la fermeture. En régime permanent, le condensateur est plein : plus aucune charge ne circule, i=0i=0, il se comporte comme un INTERRUPTEUR OUVERT, et uC=E=12u_{C}=E=12 V (plus de chute dans RR).

b) Loi des mailles : E=Ri+uCE=Ri+u_{C}, avec i=dqdt=CduCdti=\frac{dq}{dt}=C\frac{du_{C}}{dt}, d'où RCduCdt+uC=ERC\frac{du_{C}}{dt}+u_{C}=E. En injectant uC=E(1et/τ)u_{C}=E(1-e^{-t/\tau}) : duCdt=Eτet/τ\frac{du_{C}}{dt}=\frac{E}{\tau}e^{-t/\tau}, donc RCτEet/τ+EEet/τ=E\frac{RC}{\tau}Ee^{-t/\tau}+E-Ee^{-t/\tau}=E, ce qui exige RCτ=1\frac{RC}{\tau}=1 : la solution convient si et seulement si τ=RC\tau=RC. La condition initiale uC(0)=0u_{C}(0)=0 est bien vérifiée.

c) τ=RC=(1500)(20×106)=0,030\tau=RC=(1500)(20\times 10^{-6})=0{,}030 s =30=30 ms. Lecture 1 : uC(τ)=12(1e1)7,6u_{C}(\tau)=12(1-e^{-1})\approx 7{,}6 V, soit 63 % de 12 V, la barre horizontale de la figure. Lecture 2 : la tangente à l'origine, de pente Eτ\frac{E}{\tau}, atteint l'asymptote EE exactement en t=τ=30t=\tau=30 ms. Lecture 3 : il reste e50,7e^{-5}\approx 0{,}7 % à t=5τ=150t=5\tau=150 ms, le bord droit de la figure : la charge est finie à 99 % et quelques.

d) La pile débite la charge totale Q=CEQ=CE sous la tension constante EE : elle fournit W=QE=CE2=(20×106)(144)=2,88W=QE=CE^{2}=(20\times 10^{-6})(144)=2{,}88 mJ. Le condensateur ne stocke que 12CE2=1,44\frac{1}{2}CE^{2}=1{,}44 mJ : exactement la MOITIÉ. L'autre moitié est partie en chaleur dans la résistance, et ce partage ne dépend pas de RR : une petite résistance dissipe par courants intenses et brefs, une grande par courants faibles et longs, mais la facture est la même. Charger un condensateur à tension constante coûte toujours le double de ce qu'on y range : un rendement de 50 %, incompressible.

Exercice 2 : Le flash : 54 joules en un éclair

Le condensateur d'un flash photographique, de capacité C=1200C=1200 μF, est chargé sous U0=300U_{0}=300 V. Au déclenchement, il se décharge dans la lampe, assimilée à une résistance R=10R=10 Ω. La figure montre la tension u(t)u(t) pendant la décharge.

122436486050100150200250300t (ms)u (V)
  • a) Calculez l'énergie emmagasinée dans le condensateur chargé.
  • b) Établissez l'équation différentielle de la décharge et vérifiez que u(t)=U0et/τu(t)=U_{0}e^{-t/\tau} en est la solution. Calculez τ\tau et le courant initial.
  • c) Calculez la demi-vie t1/2t_{1/2} de la décharge et montrez qu'elle est la même depuis n'importe quel point de la courbe. Que représente la barre des 110 V sur la figure ?
  • d) Calculez la puissance initiale reçue par la lampe et comparez-la à la puissance moyenne sur la durée utile de l'éclair (5τ\approx 5\tau). Pourquoi dit-on qu'un condensateur est un amplificateur de puissance, et non d'énergie ?

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a)
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c)
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Réponses

  • a) W=12CU02=54W=\frac{1}{2}CU_{0}^{2}=54 J
  • b) τ=RC=12\tau=RC=12 ms et I0=30I_{0}=30 A
  • c) t1/2=τln28,3t_{1/2}=\tau\ln 2\approx 8{,}3 ms, valable depuis n'importe quel point ; 110110 V, c'est t=τt=\tau
  • d) 90009000 W au départ contre 900900 W en moyenne : concentration dans le TEMPS

a) W=12CU02=12(1200×106)(300)2=54W=\frac{1}{2}CU_{0}^{2}=\frac{1}{2}(1200\times 10^{-6})(300)^{2}=54 J : l'énergie d'un litre d'eau soulevé de cinq mètres et demi, rangée dans un composant de poche.

b) Sans pile, la loi des mailles donne Ri+u=0Ri+u=0 avec i=Cdudti=-C\frac{du}{dt} (le condensateur se vide) : RCdudt+u=0RC\frac{du}{dt}+u=0. Avec u=U0et/τu=U_{0}e^{-t/\tau} : RCτU0et/τ+U0et/τ=0-\frac{RC}{\tau}U_{0}e^{-t/\tau}+U_{0}e^{-t/\tau}=0, vérifié si τ=RC=(10)(1200×106)=12\tau=RC=(10)(1200\times 10^{-6})=12 ms. Courant initial : I0=U0R=30010=30I_{0}=\frac{U_{0}}{R}=\frac{300}{10}=30 A : trente ampères dans une lampe.

c) u=U02u=\frac{U_{0}}{2} quand et/τ=12e^{-t/\tau}=\frac{1}{2}, soit t1/2=τln28,3t_{1/2}=\tau\ln 2\approx 8{,}3 ms. Depuis n'importe quelle tension u1u_{1} atteinte à l'instant t1t_{1} : u(t1+t1/2)=u1et1/2/τ=u12u(t_{1}+t_{1/2})=u_{1}e^{-t_{1/2}/\tau}=\frac{u_{1}}{2} : l'exponentielle divise par deux tous les 8,38{,}3 ms, d'où qu'on parte, exactement comme une désintégration radioactive. La barre des 110 V est U0e0,37×300\frac{U_{0}}{e}\approx 0{,}37\times 300 V : la tension à t=τ=12t=\tau=12 ms, la lecture des 37 %.

d) P0=U0I0=U02R=9000010=9000P_{0}=U_{0}I_{0}=\frac{U_{0}^{2}}{R}=\frac{90000}{10}=9000 W : neuf kilowatts, la puissance de trois bouilloires. En moyenne sur 5τ=605\tau=60 ms : Pmoy=540,060=900P_{\text{moy}}=\frac{54}{0{,}060}=900 W. Or la recharge du même condensateur, à travers une grande résistance et un petit courant, prend plusieurs secondes à quelques watts : le condensateur encaisse lentement et restitue brutalement. Il n'a pas créé un joule, il les a seulement CONCENTRÉS dans le temps : amplificateur de puissance, jamais d'énergie.

Exercice 3 : Les deux condensateurs : la moitié qui disparaît

Un condensateur C1=100C_{1}=100 μF est chargé sous U0=100U_{0}=100 V, puis isolé de sa source. On le relie ensuite, par un interrupteur et une résistance RR, à un second condensateur C2C_{2} initialement DÉCHARGÉ. On attend le régime permanent. Les questions a) à c) prennent C2=100C_{2}=100 μF, la question d) prend C2=300C_{2}=300 μF.

  • a) Quelle grandeur se conserve pendant le transfert, et laquelle ne se conserve pas ? Calculez la tension commune finale des deux condensateurs.
  • b) Calculez l'énergie du système avant et après le transfert. Quelle fraction a disparu ?
  • c) Montrez que cette perte ne dépend ABSOLUMENT PAS de RR, et donnez l'expression générale de l'énergie dissipée en fonction de C1C_{1}, C2C_{2} et de la tension initiale.
  • d) Refaites le calcul avec C2=300C_{2}=300 μF. La perte est-elle plus grande ou plus petite ? Pour quelle valeur de C2C_{2} la perte relative est-elle maximale, et vers quoi tend-elle quand C2C_{2} devient minuscule ?
  • e) On remplace la résistance par un fil supraconducteur. L'énergie peut-elle alors être conservée ? Que faudrait-il ajouter au circuit pour transférer la charge SANS perte, et quel autre exercice de cette série repose exactement sur le même mécanisme ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) La charge se conserve, pas l'énergie : Uf=50U_{f}=50 V
  • b) 0,500{,}50 J puis 0,250{,}25 J : la moitié a disparu
  • c) Wdiss=12C1C2C1+C2U02W_{diss}=\frac{1}{2}\dfrac{C_{1}C_{2}}{C_{1}+C_{2}}U_{0}^{2}, sans aucune trace de RR
  • d) Uf=25U_{f}=25 V et 0,1250{,}125 J : 75%75\,\% perdus, et la perte croît avec C2C_{2}
  • e) Non : il faut une inductance volontaire et une coupure au bon moment

a) La CHARGE totale se conserve : les deux condensateurs forment un système isolé, aucune charge ne peut s'échapper du circuit. L'ÉNERGIE, elle, n'a aucune raison de se conserver, puisque le circuit contient une résistance qui dissipe. Charge initiale : Q=C1U0=(100×106)(100)=1,0×102Q=C_{1}U_{0}=(100\times 10^{-6})(100)=1{,}0\times 10^{-2} C. En régime permanent, plus de courant, donc les deux condensateurs sont à la même tension : Uf=QC1+C2=1,0×102200×106=50U_{f}=\frac{Q}{C_{1}+C_{2}}=\frac{1{,}0\times 10^{-2}}{200\times 10^{-6}}=50 V, la moitié de la tension de départ.

b) Avant : Wi=12C1U02=12(100×106)(104)=0,50W_{i}=\frac{1}{2}C_{1}U_{0}^{2}=\frac{1}{2}(100\times 10^{-6})(10^{4})=0{,}50 J. Après : Wf=12(C1+C2)Uf2=12(200×106)(2500)=0,25W_{f}=\frac{1}{2}(C_{1}+C_{2})U_{f}^{2}=\frac{1}{2}(200\times 10^{-6})(2500)=0{,}25 J. Exactement la MOITIÉ de l'énergie a disparu, alors qu'aucune charge ne s'est perdue. La raison tient au carré : la charge s'est répartie sur deux fois plus de capacité, donc la tension a été divisée par deux, et l'énergie, qui va comme U2U^{2} à charge donnée, a été divisée par deux encore.

c) Le calcul du b) n'a utilisé que la conservation de la charge et l'état final : RR n'y figure nulle part. Une petite résistance donne un transfert violent et bref, une grande un transfert lent et faible, mais dans les deux cas Ri2dt\int Ri^{2}dt vaut la même chose : c'est l'écart entre les deux états, imposé par la physique des états, pas par le chemin. En général, Wdiss=WiWf=12C1U0212(C1U0)2C1+C2=12C1C2C1+C2U02W_{diss}=W_{i}-W_{f}=\frac{1}{2}C_{1}U_{0}^{2}-\frac{1}{2}\frac{(C_{1}U_{0})^{2}}{C_{1}+C_{2}}=\frac{1}{2}\frac{C_{1}C_{2}}{C_{1}+C_{2}}U_{0}^{2}. On y reconnaît la capacité SÉRIE des deux condensateurs. Vérification : 12(50×106)(104)=0,25\frac{1}{2}(50\times 10^{-6})(10^{4})=0{,}25 J.

d) Uf=1,0×102400×106=25U_{f}=\frac{1{,}0\times 10^{-2}}{400\times 10^{-6}}=25 V, Wf=12(400×106)(625)=0,125W_{f}=\frac{1}{2}(400\times 10^{-6})(625)=0{,}125 J : il ne reste qu'un quart, la perte atteint 75 %. La perte relative vaut C2C1+C2\frac{C_{2}}{C_{1}+C_{2}} : elle croît avec C2C_{2} et tend vers 100 % quand C2C_{2}\to\infty (verser dans un réservoir infini, c'est tout perdre), et vers 0 quand C20C_{2}\to 0 (ne rien transférer, c'est ne rien perdre). Il n'y a donc pas de maximum intérieur : le seul moyen de limiter la casse est de transférer PEU à la fois, ce qui est exactement ce que fait une pompe de charge en multipliant les petits transferts.

e) Non, un fil parfait ne sauve rien : l'énergie manquante ne dépend pas de RR, elle doit partir quelque part quoi qu'il arrive. Avec R0R\to 0, tout circuit réel garde une inductance parasite : le montage devient un circuit LC, la charge oscille au lieu de se poser, et l'énergie s'évacue en rayonnement électromagnétique (le circuit devient une petite antenne) jusqu'à ce que l'oscillation meure sur l'état final. Pour transférer SANS perte, il faut au contraire ajouter une inductance VOLONTAIRE et couper au bon moment, après un demi-cycle : la bobine sert alors de tampon inertiel qui transporte l'énergie au lieu de la brûler, exactement comme dans les alimentations à découpage. Le même mécanisme est déjà à l'œuvre dans l'exercice 1 : charger un condensateur sous une source de tension FIXE gaspille toujours la moitié de l'énergie fournie, et pour la même raison profonde, quelle que soit la résistance.

Exercice 4 : Le circuit RL : la bobine impose son tempo

Une bobine idéale d'inductance L=0,30L=0{,}30 H est branchée à t=0t=0 en série avec une résistance R=6,0R=6{,}0 Ω et une pile de fem E=12E=12 V. La figure montre le courant i(t)i(t).

501001502002500.40.81.21.622.4t (ms)i (A)
  • a) Expliquez, avec la loi de Lenz, pourquoi le courant ne peut pas s'établir instantanément. Comment la bobine se comporte-t-elle à t=0+t=0^{+} et en régime permanent ? Donnez le courant final.
  • b) Vérifiez par analyse dimensionnelle que LR\frac{L}{R} est bien un temps, puis calculez τ\tau et écrivez i(t)i(t).
  • c) Calculez le courant à t=τt=\tau et l'énergie emmagasinée dans la bobine en régime permanent.
  • d) On ouvre l'interrupteur en régime permanent, la coupure prenant environ une milliseconde. Estimez la fem d'auto-induction qui apparaît et expliquez l'étincelle observée aux bornes de l'interrupteur. Citez une application et une protection.

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Réponses

  • a) Lenz s'oppose à la croissance : coupure au départ, fil à la fin, I=2,0I_{\infty}=2{,}0 A
  • b) τ=L/R=50\tau=L/R=50 ms, i(t)=2,0(1et/τ)i(t)=2{,}0(1-e^{-t/\tau})
  • c) i(τ)1,26i(\tau)\approx 1{,}26 A et W=12LI2=0,60W=\frac{1}{2}LI^{2}=0{,}60 J
  • d) e600|e|\approx 600 V, cinquante fois la pile : d'où l'étincelle, et la diode de roue libre

a) Toute croissance de ii fait croître le flux du champ de la bobine à travers elle-même : par la loi de Lenz, la fem induite e=Ldidte=-L\frac{di}{dt} s'OPPOSE à cette croissance. Un saut instantané de courant exigerait une fem infinie : le courant s'installe donc progressivement. À t=0+t=0^{+} : i=0i=0, la bobine se comporte comme un INTERRUPTEUR OUVERT (toute la tension est à ses bornes). En régime permanent : didt=0\frac{di}{dt}=0, plus aucune fem, la bobine idéale est un simple FIL : I=ER=126,0=2,0I_{\infty}=\frac{E}{R}=\frac{12}{6{,}0}=2{,}0 A. C'est le miroir exact du condensateur, qui fait fil au départ et coupure à l'arrivée.

b) [L]=[L]= V·s/A (une fem par taux de variation du courant) et [R]=[R]= V/A : le quotient LR\frac{L}{R} est en secondes. τ=LR=0,306,0=50\tau=\frac{L}{R}=\frac{0{,}30}{6{,}0}=50 ms, et i(t)=I(1et/τ)=2,0(1et/0,050)i(t)=I_{\infty}(1-e^{-t/\tau})=2{,}0(1-e^{-t/0{,}050}) : même exponentielle que la charge du condensateur, mêmes lectures de τ\tau sur la courbe (63 %, tangente à l'origine).

c) i(τ)=2,0(1e1)1,26i(\tau)=2{,}0(1-e^{-1})\approx 1{,}26 A. Énergie en régime permanent : W=12LI2=12(0,30)(2,0)2=0,60W=\frac{1}{2}LI_{\infty}^{2}=\frac{1}{2}(0{,}30)(2{,}0)^{2}=0{,}60 J, stockée dans le champ magnétique de la bobine.

d) L'ouverture force ii de 2,0 A à 0 en Δt1\Delta t\approx 1 ms : e=LΔiΔt(0,30)2,00,001=600|e|=L\frac{\Delta i}{\Delta t}\approx(0{,}30)\frac{2{,}0}{0{,}001}=600 V, cinquante fois la tension de la pile ! Cette surtension claque l'air de l'interrupteur entrouvert : c'est l'étincelle, la vengeance de la bobine qui refuse qu'on coupe son courant. Application : la bobine d'allumage d'une voiture pousse le procédé jusqu'à des dizaines de milliers de volts pour faire jaillir l'étincelle de la bougie. Protection : une diode de roue libre en parallèle offre au courant un chemin de repli et absorbe la surtension (relais, moteurs, électronique).

Exercice 5 : L'inductance elle-même : de la géométrie au henry

Jusqu'ici LL était donnée. On la calcule maintenant. Un solénoïde de 500 spires jointives mesure 25 cm de long et 4,0 cm² de section, avec un noyau d'air. Il est parcouru par un courant de 3,0 A. Les questions d) et e) supposent qu'on bobine par-dessus, en son milieu, un second enroulement de 100 spires.

  • a) L'inductance est définie par L=NΦIL=\frac{N\Phi}{I}, où Φ\Phi est le flux à travers UNE spire. Calculez le champ dans le solénoïde, le flux par spire, puis LL. Vérifiez que le résultat ne dépend pas de la valeur de II.
  • b) Établissez la formule générale L=μ0n2AL=\mu_{0}n^{2}A\ell et retrouvez le résultat du a). Que devient LL si l'on double le nombre de spires sans changer la longueur ?
  • c) Calculez l'énergie emmagasinée à 3,0 A par 12LI2\frac{1}{2}LI^{2}, puis retrouvez-la à partir de la densité d'énergie du champ magnétique u=B22μ0u=\frac{B^{2}}{2\mu_{0}} et du volume intérieur.
  • d) Calculez l'inductance mutuelle entre le solénoïde et le second enroulement. Si le courant du solénoïde varie au rythme de 200 A/s, quelle tension apparaît aux bornes du second enroulement, et quelle fem d'auto-induction apparaît aux bornes du premier ?
  • e) Pourquoi l'inductance croît-elle comme le CARRÉ du nombre de spires, alors que le champ, lui, ne croît que proportionnellement ? Et pourquoi une résistance de précision bobinée en double, le fil replié sur lui-même, est-elle presque dépourvue d'inductance ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) B7,54B\approx 7{,}54 mT, Φ3,02\Phi\approx 3{,}02 µWb, L0,50L\approx 0{,}50 mH, sans trace de II
  • b) L=μ0n2AL=\mu_{0}n^{2}A\ell ; doubler NN à longueur fixe QUADRUPLE LL
  • c) 2,262{,}26 mJ par les deux voies : l'énergie est dans le CHAMP
  • d) M=L/50,10M=L/5\approx 0{,}10 mH, e220e_{2}\approx 20 mV contre e10,10e_{1}\approx 0{,}10 V
  • e) Chaque spire est à la fois source et récepteur, d'où le N2N^{2}

a) Densité de spires : n=5000,25=2000n=\frac{500}{0{,}25}=2000 spires/m. Champ : B=μ0nI=(4π×107)(2000)(3,0)7,54×103B=\mu_{0}nI=(4\pi\times 10^{-7})(2000)(3{,}0)\approx 7{,}54\times 10^{-3} T. Flux par spire : Φ=BA=(7,54×103)(4,0×104)3,02×106\Phi=BA=(7{,}54\times 10^{-3})(4{,}0\times 10^{-4})\approx 3{,}02\times 10^{-6} Wb. Inductance : L=NΦI=(500)(3,02×106)3,05,03×104L=\frac{N\Phi}{I}=\frac{(500)(3{,}02\times 10^{-6})}{3{,}0}\approx 5{,}03\times 10^{-4} H, soit environ 0,50 mH. Le courant se simplifie : Φ\Phi lui est proportionnel, donc le quotient n'en garde aucune trace. L'inductance est une propriété de la GÉOMÉTRIE, pas du régime.

b) B=μ0nIB=\mu_{0}nI, Φ=μ0nIA\Phi=\mu_{0}nIA, et N=nN=n\ell : L=NΦI=(n)(μ0nIA)I=μ0n2AL=\frac{N\Phi}{I}=\frac{(n\ell)(\mu_{0}nIA)}{I}=\mu_{0}n^{2}A\ell. Vérification : (4π×107)(2000)2(4,0×104)(0,25)5,03×104(4\pi\times 10^{-7})(2000)^{2}(4{,}0\times 10^{-4})(0{,}25)\approx 5{,}03\times 10^{-4} H, identique. Doubler NN à longueur fixe double nn, donc QUADRUPLE LL : on passe à environ 2,0 mH.

c) W=12LI2=12(5,03×104)(9,0)2,26×103W=\frac{1}{2}LI^{2}=\frac{1}{2}(5{,}03\times 10^{-4})(9{,}0)\approx 2{,}26\times 10^{-3} J. Par le champ : u=B22μ0=(7,54×103)22(4π×107)22,6u=\frac{B^{2}}{2\mu_{0}}=\frac{(7{,}54\times 10^{-3})^{2}}{2(4\pi\times 10^{-7})}\approx 22{,}6 J/m³, et le volume intérieur vaut A=(4,0×104)(0,25)=1,0×104A\ell=(4{,}0\times 10^{-4})(0{,}25)=1{,}0\times 10^{-4} m³, d'où W=uV2,26×103W=uV\approx 2{,}26\times 10^{-3} J : le compte est exact. L'énergie d'une bobine n'est donc pas rangée « dans le fil » : elle est rangée dans le CHAMP, entre les spires, exactement comme celle d'un condensateur l'est dans le champ électrique entre ses armatures.

d) Le flux créé par le solénoïde traverse aussi le second enroulement : M=N2ΦI=(100)(3,02×106)3,01,01×104M=\frac{N_{2}\Phi}{I}=\frac{(100)(3{,}02\times 10^{-6})}{3{,}0}\approx 1{,}01\times 10^{-4} H, soit N2N1L\frac{N_{2}}{N_{1}}L, un cinquième de LL. Tension au secondaire : e2=MdIdt=(1,01×104)(200)2,0×102|e_{2}|=M\frac{dI}{dt}=(1{,}01\times 10^{-4})(200)\approx 2{,}0\times 10^{-2} V. Au primaire, l'auto-induction donne e1=LdIdt=(5,03×104)(200)0,10|e_{1}|=L\frac{dI}{dt}=(5{,}03\times 10^{-4})(200)\approx 0{,}10 V, cinq fois plus : le rapport des tensions est celui des nombres de spires, ce qui est précisément le principe du transformateur.

e) Deux effets se multiplient. Ajouter des spires augmente d'abord le champ, donc le flux traversant CHAQUE spire, proportionnellement à NN; mais ce flux est ensuite compté une fois par spire, ce qui multiplie encore par NN. D'où le N2N^{2} : la bobine s'induit à elle-même, et chaque nouvelle spire agit à la fois comme source et comme récepteur. Dans un bobinage bifilaire, le fil part et revient collé à lui-même : les deux brins portent le même courant en sens OPPOSÉS, leurs champs s'annulent presque partout, le flux propre est quasi nul et donc LL aussi. C'est ainsi qu'on fabrique une résistance qui reste une pure résistance jusqu'aux hautes fréquences, sans réagir aux variations de courant.

Partie B : Oscillations, régime sinusoïdal et commutations (/50)

Exercice 6 : Le circuit LC : un ressort électrique

Un condensateur de capacité C=20C=20 μF est chargé sous U0=12U_{0}=12 V, puis basculé à t=0t=0 sur une bobine idéale d'inductance L=50L=50 mH (résistance négligeable). La figure montre la tension uC(t)u_{C}(t) observée.

2468101214161820-12-8-44812t (ms)uC (V)
  • a) Établissez l'équation différentielle vérifiée par la charge q(t)q(t) et montrez qu'elle est de la forme d2qdt2=ω02q\frac{d^{2}q}{dt^{2}}=-\omega_{0}^{2}\,q.
  • b) Calculez la pulsation propre ω0\omega_{0}, la fréquence et la période des oscillations. Vérifiez la période sur la figure.
  • c) Calculez le courant maximal par conservation de l'énergie, et vérifiez la cohérence avec Imax=ω0Q0I_{\max}=\omega_{0}Q_{0}. À quels instants le courant est-il maximal ?
  • d) Dressez l'analogie complète avec le système masse-ressort : à quoi correspondent qq, ii, LL et 1C\frac{1}{C} ? Qui joue l'inertie, qui joue la raideur ?

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Réponses

  • a) d2qdt2=1LCq\dfrac{d^{2}q}{dt^{2}}=-\dfrac{1}{LC}q : oscillateur harmonique
  • b) ω0=1000\omega_{0}=1000 rad/s, f0159f_{0}\approx 159 Hz, T06,28T_{0}\approx 6{,}28 ms
  • c) Imax=U0C/L=0,24I_{max}=U_{0}\sqrt{C/L}=0{,}24 A =ω0Q0=\omega_{0}Q_{0}, atteint quand uC=0u_{C}=0
  • d) qxq\leftrightarrow x, ivi\leftrightarrow v, LmL\leftrightarrow m, 1/Ck1/C\leftrightarrow k

a) Loi des mailles sur le circuit fermé condensateur-bobine : uC=Ldidtu_{C}=L\frac{di}{dt} n'est plus compensée par rien d'autre; avec uC=qCu_{C}=\frac{q}{C} et i=dqdti=-\frac{dq}{dt} (le condensateur se vide), il vient qC=Ld2qdt2\frac{q}{C}=-L\frac{d^{2}q}{dt^{2}}, soit d2qdt2=1LCq\frac{d^{2}q}{dt^{2}}=-\frac{1}{LC}\,q : l'accélération de la charge est proportionnelle à la charge et de signe opposé, la signature exacte de l'oscillateur harmonique, avec ω02=1LC\omega_{0}^{2}=\frac{1}{LC}.

b) ω0=1LC=1(0,050)(20×106)=1106=1000\omega_{0}=\frac{1}{\sqrt{LC}}=\frac{1}{\sqrt{(0{,}050)(20\times 10^{-6})}}=\frac{1}{\sqrt{10^{-6}}}=1000 rad/s. Fréquence : f0=ω02π159f_{0}=\frac{\omega_{0}}{2\pi}\approx 159 Hz. Période : T0=2πLC6,28T_{0}=2\pi\sqrt{LC}\approx 6{,}28 ms : c'est bien l'abscisse du trait vertical de la figure, où la cosinusoïde boucle son premier tour.

c) L'énergie totale est celle du départ : W=12CU02=12(20×106)(144)=1,44W=\frac{1}{2}CU_{0}^{2}=\frac{1}{2}(20\times 10^{-6})(144)=1{,}44 mJ. Quand le courant est maximal, le condensateur est vide et TOUTE l'énergie est magnétique : 12LImax2=W\frac{1}{2}LI_{\max}^{2}=W, d'où Imax=U0CL=1220×1060,050=0,24I_{\max}=U_{0}\sqrt{\frac{C}{L}}=12\sqrt{\frac{20\times 10^{-6}}{0{,}050}}=0{,}24 A. Cohérence : Q0=CU0=2,4×104Q_{0}=CU_{0}=2{,}4\times 10^{-4} C et ω0Q0=(1000)(2,4×104)=0,24\omega_{0}Q_{0}=(1000)(2{,}4\times 10^{-4})=0{,}24 A, identique. Le courant culmine quand uC=0u_{C}=0 : aux quarts et trois quarts de période, à chaque passage de la tension par zéro sur la figure.

d) Les correspondances : qxq\leftrightarrow x (l'élongation), ivi\leftrightarrow v (la vitesse), LmL\leftrightarrow m (l'INERTIE : la bobine refuse les variations de courant comme la masse refuse les variations de vitesse), 1Ck\frac{1}{C}\leftrightarrow k (la RAIDEUR : un petit condensateur se « tend » vite, comme un ressort raide). Les énergies se répondent : 12Li212mv2\frac{1}{2}Li^{2}\leftrightarrow\frac{1}{2}mv^{2} et q22C12kx2\frac{q^{2}}{2C}\leftrightarrow\frac{1}{2}kx^{2}, et ω0=1LC\omega_{0}=\frac{1}{\sqrt{LC}} décalque ω=km\omega=\sqrt{\frac{k}{m}}. Le circuit LC est un masse-ressort où l'énergie se balance entre champ électrique et champ magnétique deux fois par période.

Exercice 7 : Le circuit RLC : l'oscillation qui s'éteint

On insère maintenant une résistance RR en série dans le circuit précédent (L=50L=50 mH, C=20C=20 μF, condensateur chargé sous 12 V). La figure montre uC(t)u_{C}(t) pour R=20R=20 Ω, avec l'enveloppe exponentielle en gris.

510152025-12-8-44812t (ms)uC (V)
  • a) Quel est le rôle énergétique de la résistance ? L'amplitude décroît en eRt/2Le^{-Rt/2L} : calculez la constante de temps de l'enveloppe pour R=20R=20 Ω et le temps de demi-amplitude.
  • b) Nommez les trois régimes possibles selon la valeur de RR et calculez la résistance critique Rc=2LCR_{c}=2\sqrt{\frac{L}{C}} de ce circuit.
  • c) Pour R=20R=20 Ω, calculez la pseudo-pulsation ω=ω02(R2L)2\omega'=\sqrt{\omega_{0}^{2}-\left(\frac{R}{2L}\right)^{2}} et la pseudo-période. De combien la période s'est-elle allongée par rapport au circuit LC ? Qu'en concluez-vous sur ce que l'amortissement attaque en premier ?
  • d) À quoi sert le régime critique dans la vie courante ? Donnez deux exemples et expliquez pourquoi on ne choisit ni un amortissement plus faible, ni un plus fort.

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  • a) Enveloppe de constante 2L/R=5,02L/R=5{,}0 ms, demi-amplitude en 3,5\approx 3{,}5 ms
  • b) Pseudo-périodique, critique, apériodique ; Rc=2L/C=100R_{c}=2\sqrt{L/C}=100 Ω
  • c) ω980\omega'\approx 980 rad/s, T6,41T'\approx 6{,}41 ms : 2%2\,\% d'allongement seulement
  • d) Amortisseurs, ferme-portes, aiguilles : retour le plus rapide sans rebond

a) La résistance dissipe en chaleur, par effet Joule, une part de l'énergie à chaque aller-retour de charge : l'énergie totale du circuit décroît, donc l'amplitude aussi. Constante de temps de l'enveloppe : 2LR=2(0,050)20=5,0\frac{2L}{R}=\frac{2(0{,}050)}{20}=5{,}0 ms. Demi-amplitude : t=2LRln23,5t=\frac{2L}{R}\ln 2\approx 3{,}5 ms : sur la figure, l'enveloppe grise passe de 12 V à 6 V en trois millisecondes et demie.

b) R<RcR<R_{c} : régime PSEUDO-PÉRIODIQUE, le circuit oscille sous une enveloppe décroissante (la figure). R=RcR=R_{c} : régime CRITIQUE, retour à zéro le plus rapide possible sans osciller. R>RcR>R_{c} : régime APÉRIODIQUE, retour lent sans oscillation. Ici Rc=20,05020×106=22500=100R_{c}=2\sqrt{\frac{0{,}050}{20\times 10^{-6}}}=2\sqrt{2500}=100 Ω.

c) R2L=200,10=200\frac{R}{2L}=\frac{20}{0{,}10}=200 s1^{-1}, donc ω=100022002=9,6×105980\omega'=\sqrt{1000^{2}-200^{2}}=\sqrt{9{,}6\times 10^{5}}\approx 980 rad/s et T=2πω6,41T'=\frac{2\pi}{\omega'}\approx 6{,}41 ms, contre T0=6,28T_{0}=6{,}28 ms : un allongement d'à peine 2 %. Pendant ce temps, l'amplitude a été divisée par deux TOUS les 3,5 ms : l'amortissement tue l'amplitude bien avant de toucher au rythme. C'est pourquoi un pendule qui s'épuise bat quasiment la même seconde jusqu'au bout.

d) Le régime critique est celui du retour au repos le plus rapide sans rebond : amortisseurs d'automobile (la caisse revient sans pomper), ferme-portes (la porte se ferme vite mais ne claque pas), aiguilles des instruments de mesure (le galvanomètre se pose sur la valeur sans osciller autour). Moins d'amortissement : on oscille, la voiture rebondit, l'aiguille dépasse et revient. Plus d'amortissement : plus de rebond mais un retour paresseux, la porte met dix secondes à se fermer. Le critique est l'optimum exact entre les deux défauts.

Exercice 8 : Le régime sinusoïdal forcé : réactances, impédance et déphasage

Un circuit série comprend R=30R=30 Ω, L=0,10L=0{,}10 H et C=40C=40 μF, alimenté par le secteur : 120 V efficaces à 60 Hz. On travaille en valeurs efficaces.

  • a) Calculez la pulsation, puis la réactance de la bobine XL=ωLX_{L}=\omega L et celle du condensateur XC=1ωCX_{C}=\frac{1}{\omega C}. Expliquez physiquement pourquoi l'une croît avec la fréquence et l'autre décroît.
  • b) Calculez l'impédance Z=R2+(XLXC)2Z=\sqrt{R^{2}+(X_{L}-X_{C})^{2}}, le courant efficace et l'angle de déphasage φ\varphi tel que tanφ=XLXCR\tan\varphi=\frac{X_{L}-X_{C}}{R}. Le courant est-il en avance ou en retard sur la tension ?
  • c) Calculez la tension efficace aux bornes de chacun des trois éléments. Leur somme dépasse largement 120 V : est-ce une erreur ? Vérifiez par la somme vectorielle.
  • d) Calculez la puissance moyenne consommée et le facteur de puissance. Pourquoi la bobine et le condensateur ne consomment-ils AUCUNE puissance moyenne, alors qu'ils portent des tensions considérables ?
  • e) Quelle capacité faudrait-il pour annuler le déphasage à 60 Hz ? Un atelier dont le facteur de puissance est mauvais paie plus cher et exige des câbles plus gros à puissance utile égale : expliquez pourquoi, et comment une batterie de condensateurs corrige le problème.

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c)
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  • a) ω377\omega\approx 377 rad/s, XL37,7X_{L}\approx 37{,}7 Ω, XC66,3X_{C}\approx 66{,}3 Ω
  • b) Z41,5Z\approx 41{,}5 Ω, I2,89I\approx 2{,}89 A, φ43,7°\varphi\approx -43{,}7° : circuit capacitif
  • c) 86,886{,}8, 109109 et 192192 V ; la somme VECTORIELLE redonne bien 120120 V
  • d) P251P\approx 251 W et cosφ0,72\cos\varphi\approx 0{,}72 : seule la résistance consomme
  • e) Il faudrait 70\approx 70 µF ; une batterie de condensateurs réduit le courant de ligne

a) ω=2πf=2π(60)377\omega=2\pi f=2\pi(60)\approx 377 rad/s. XL=ωL=(377)(0,10)37,7X_{L}=\omega L=(377)(0{,}10)\approx 37{,}7 Ω. XC=1ωC=1(377)(40×106)66,3X_{C}=\frac{1}{\omega C}=\frac{1}{(377)(40\times 10^{-6})}\approx 66{,}3 Ω. La bobine s'oppose aux VARIATIONS de courant : plus la fréquence est haute, plus le courant varie vite, plus elle réagit, d'où XLX_{L} croissante (à très haute fréquence, une bobine est un circuit ouvert). Le condensateur, lui, doit se remplir et se vider : plus la fréquence est haute, moins il a le temps de se charger, moins il oppose de tension, d'où XCX_{C} décroissante (à très haute fréquence, un condensateur est un fil). En continu, c'est l'inverse exact, comme le rappelle le régime permanent des exercices de la partie A.

b) XLXC=37,766,3=28,6X_{L}-X_{C}=37{,}7-66{,}3=-28{,}6 Ω : le circuit est à dominante CAPACITIVE. Z=302+28,62=171941,5Z=\sqrt{30^{2}+28{,}6^{2}}=\sqrt{1719}\approx 41{,}5 Ω. Courant : I=UZ=12041,52,89I=\frac{U}{Z}=\frac{120}{41{,}5}\approx 2{,}89 A. Déphasage : tanφ=28,630=0,954\tan\varphi=\frac{-28{,}6}{30}=-0{,}954, donc φ43,7°\varphi\approx -43{,}7° : la tension est en RETARD sur le courant, autrement dit le courant est en AVANCE de 43,7°, ce qui est la signature d'un circuit capacitif.

c) UR=RI=(30)(2,894)86,8U_{R}=RI=(30)(2{,}894)\approx 86{,}8 V; UL=XLI=(37,7)(2,894)109U_{L}=X_{L}I=(37{,}7)(2{,}894)\approx 109 V; UC=XCI=(66,3)(2,894)192U_{C}=X_{C}I=(66{,}3)(2{,}894)\approx 192 V. Leur somme arithmétique atteint 388 V, plus du triple de la source, et UCU_{C} à lui seul dépasse la tension du secteur. Ce n'est pas une erreur : ces tensions ne sont pas en phase, il faut les additionner comme des VECTEURS. ULU_{L} et UCU_{C} sont en opposition de phase et se retranchent : ULUC82,8|U_{L}-U_{C}|\approx 82{,}8 V, perpendiculaire à URU_{R}. Somme : 86,82+82,82120\sqrt{86{,}8^{2}+82{,}8^{2}}\approx 120 V, la tension de la source, retrouvée exactement. La loi des mailles reste vraie, mais à chaque INSTANT, pas sur les amplitudes.

d) P=RI2=(30)(2,894)2251P=RI^{2}=(30)(2{,}894)^{2}\approx 251 W, ou tout aussi bien P=UIcosφ=(120)(2,894)(0,724)251P=UI\cos\varphi=(120)(2{,}894)(0{,}724)\approx 251 W. Facteur de puissance : cosφ=RZ=3041,50,72\cos\varphi=\frac{R}{Z}=\frac{30}{41{,}5}\approx 0{,}72. La bobine et le condensateur sont en quadrature avec le courant : sur un quart de période ils absorbent de l'énergie, sur le quart suivant ils la RENDENT intégralement au réseau. Leur puissance instantanée oscille autour de zéro et sa moyenne est nulle : ils empruntent de l'énergie, ils n'en consomment pas. Seule la résistance en détruit, en chaleur.

e) Il faut XC=XLX_{C}=X_{L}, soit C=1ω2L=1(377)2(0,10)7,0×105C=\frac{1}{\omega^{2}L}=\frac{1}{(377)^{2}(0{,}10)}\approx 7{,}0\times 10^{-5} F, environ 70 μF au lieu de 40. Un atelier plein de moteurs présente une charge fortement inductive, donc un cosφ\cos\varphi faible : pour fournir la même puissance UTILE P=UIcosφP=UI\cos\varphi, le réseau doit y faire circuler un courant II d'autant plus grand. Ce courant supplémentaire ne produit aucun travail mais chauffe bel et bien les câbles et les transformateurs du distributeur, en RI2RI^{2}, d'où la facturation d'une pénalité et le surdimensionnement des conducteurs. La correction consiste à brancher en parallèle une batterie de condensateurs, dont le courant capacitif compense exactement le courant inductif des moteurs : le déphasage global retombe vers zéro et le courant de ligne diminue, sans rien changer à la puissance utile.

Exercice 9 : La résonance série, le facteur de qualité et la surtension

On reprend le circuit série R=30R=30 Ω, L=0,10L=0{,}10 H, C=40C=40 μF, alimenté sous 120 V efficaces, mais on rend cette fois la FRÉQUENCE de la source réglable.

  • a) Écrivez la condition de résonance, puis calculez la pulsation et la fréquence de résonance. Comparez à la pulsation propre d'un circuit LC libre de mêmes LL et CC.
  • b) À la résonance, calculez l'impédance, le courant efficace, le déphasage et la puissance consommée. Comparez au fonctionnement à 60 Hz de l'exercice précédent.
  • c) Calculez les tensions efficaces aux bornes de la bobine et du condensateur à la résonance. Expliquez comment elles peuvent dépasser la tension de la source alors que la loi des mailles est respectée.
  • d) Le facteur de qualité est Q=ω0LRQ=\frac{\omega_{0}L}{R}. Calculez-le, vérifiez qu'il vaut aussi ULU\frac{U_{L}}{U}, puis calculez la largeur de bande Δω=RL\Delta\omega=\frac{R}{L} et vérifiez que Q=ω0ΔωQ=\frac{\omega_{0}}{\Delta\omega}. Quelle résistance faudrait-il pour obtenir Q=100Q=100 ?
  • e) Un récepteur radio accorde un circuit RLC sur la fréquence de la station voulue. Pourquoi faut-il un QQ élevé, et pourquoi ne le pousse-t-on pas indéfiniment ?

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  • a) XL=XCX_{L}=X_{C} donne ω0=500\omega_{0}=500 rad/s, soit f079,6f_{0}\approx 79{,}6 Hz
  • b) Z=R=30Z=R=30 Ω, I=4,0I=4{,}0 A, φ=0\varphi=0, P=480P=480 W
  • c) UL=UC=200U_{L}=U_{C}=200 V, en opposition de phase : leur somme instantanée est nulle
  • d) Q1,67=UL/U=ω0/ΔωQ\approx 1{,}67=U_{L}/U=\omega_{0}/\Delta\omega ; il faudrait R=0,50R=0{,}50 Ω pour Q=100Q=100
  • e) Trop sélectif, le circuit couperait les bandes latérales qui portent le son

a) La résonance est atteinte quand les deux réactances se compensent, XL=XCX_{L}=X_{C}, soit ω0L=1ω0C\omega_{0}L=\frac{1}{\omega_{0}C}, d'où ω0=1LC=1(0,10)(40×106)=12,0×103=500\omega_{0}=\frac{1}{\sqrt{LC}}=\frac{1}{\sqrt{(0{,}10)(40\times 10^{-6})}}=\frac{1}{2{,}0\times 10^{-3}}=500 rad/s, soit f0=ω02π79,6f_{0}=\frac{\omega_{0}}{2\pi}\approx 79{,}6 Hz. C'est exactement la pulsation propre du circuit LC laissé libre : le circuit répond le plus fort quand on l'excite au rythme auquel il aime osciller tout seul, comme une balançoire qu'on pousse en cadence.

b) À la résonance, la partie réactive s'annule : Z=R=30Z=R=30 Ω, la valeur MINIMALE possible. Courant : I=12030=4,0I=\frac{120}{30}=4{,}0 A, contre 2,89 A à 60 Hz. Déphasage nul : le circuit se comporte comme une simple résistance, facteur de puissance égal à 1. Puissance : P=RI2=(30)(16)=480P=RI^{2}=(30)(16)=480 W, contre 251 W à 60 Hz. Toute la puissance disponible passe dans la résistance, sans qu'un seul volt-ampère ne soit gaspillé en va-et-vient.

c) UL=XLI=ω0LI=(500)(0,10)(4,0)=200U_{L}=X_{L}I=\omega_{0}LI=(500)(0{,}10)(4{,}0)=200 V et UC=Iω0C=4,0(500)(40×106)=200U_{C}=\frac{I}{\omega_{0}C}=\frac{4{,}0}{(500)(40\times 10^{-6})}=200 V : chacune dépasse de 67 % la tension de la source. Il n'y a pourtant aucune contradiction, car ces deux tensions sont en OPPOSITION DE PHASE : à chaque instant l'une est exactement l'opposée de l'autre, leur somme est nulle, et il ne reste aux bornes de la source que UR=120U_{R}=120 V. La bobine et le condensateur s'échangent de l'énergie en circuit fermé, avec une amplitude bien supérieure à ce que la source injecte à chaque cycle. C'est ce phénomène de SURTENSION qui claque les composants d'un circuit accordé mal dimensionné : un condensateur prévu pour 150 V n'y survivrait pas.

d) Q=ω0LR=(500)(0,10)301,67Q=\frac{\omega_{0}L}{R}=\frac{(500)(0{,}10)}{30}\approx 1{,}67. Et ULU=2001201,67\frac{U_{L}}{U}=\frac{200}{120}\approx 1{,}67 : le facteur de qualité EST le coefficient de surtension. Largeur de bande : Δω=RL=300,10=300\Delta\omega=\frac{R}{L}=\frac{30}{0{,}10}=300 rad/s, donc ω0Δω=5003001,67\frac{\omega_{0}}{\Delta\omega}=\frac{500}{300}\approx 1{,}67 : les trois définitions coïncident. Ce circuit-ci est donc très peu sélectif, il laisse passer une plage de fréquences aussi large que la moitié de sa fréquence centrale. Pour Q=100Q=100, il faudrait R=ω0L100=50100=0,50R=\frac{\omega_{0}L}{100}=\frac{50}{100}=0{,}50 Ω : la sélectivité se paie en résistance ridiculement faible, donc en fil épais et en composants soignés.

e) L'antenne reçoit simultanément toutes les stations. Le circuit accordé ne doit répondre fortement qu'à une seule : c'est la largeur de bande ω0Q\frac{\omega_{0}}{Q} qui décide de la finesse du tri, donc il faut un QQ élevé, souvent de l'ordre de 100, faute de quoi deux stations voisines se superposent. Mais on ne le pousse pas plus loin, car un signal radio n'est pas une fréquence pure : la modulation lui ajoute des bandes latérales de part et d'autre de la porteuse, et c'est là que se trouve l'information, la parole ou la musique. Un circuit trop sélectif les couperait et ne laisserait passer qu'une porteuse muette, ou un son étouffé. Le bon QQ est donc celui dont la largeur de bande vaut exactement celle du signal à transmettre : assez étroit pour rejeter le voisin, assez large pour laisser passer le message.

Exercice 10 : Juste avant, juste après : les deux continuités

Le circuit de la figure comporte une pile de fem E=12E=12 V, un interrupteur K, une résistance R1=4,0R_{1}=4{,}0 Ω en série, puis une résistance R2=8,0R_{2}=8{,}0 Ω montée en PARALLÈLE avec une bobine idéale d'inductance L=0,20L=0{,}20 H. On ferme K à t=0t=0. Les seuls outils nécessaires : les comportements limites et les deux continuités (iLi_{L} et uCu_{C} ne sautent jamais).

EKR₁R₂L
  • a) Juste après la fermeture (t=0+t=0^{+}) : donnez le courant débité par la pile, le courant dans la bobine et la tension aux bornes de R2R_{2}. Justifiez chaque valeur.
  • b) En régime permanent : donnez le courant dans la bobine, le courant dans R2R_{2} et la tension aux bornes du groupement parallèle.
  • c) En régime permanent, on OUVRE K. Montrez que la tension aux bornes de R2R_{2} saute à une valeur supérieure à la fem de la pile, et précisez avec quelle constante de temps elle s'éteint.
  • d) On remplace la bobine par un condensateur déchargé et on recommence (fermeture de K). Donnez les courants et tensions à t=0+t=0^{+} et en régime permanent, puis énoncez la règle générale des continuités et la dualité que révèlent vos résultats.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) i=1,0i=1{,}0 A, iL=0i_{L}=0, uR2=8,0u_{R_{2}}=8{,}0 V : la bobine est une coupure
  • b) iL=3,0i_{L}=3{,}0 A, iR2=0i_{R_{2}}=0, u=0u=0 : la bobine court-circuite R2R_{2}
  • c) uR2=R2iL=24u_{R_{2}}=R_{2}i_{L}=24 V, le double de la pile, éteinte avec τ=L/R2=25\tau=L/R_{2}=25 ms
  • d) 3,03{,}0 A puis 1,01{,}0 A et 8,08{,}0 V : mêmes nombres, instants ÉCHANGÉS

a) La continuité de iLi_{L} impose iL(0+)=iL(0)=0i_{L}(0^{+})=i_{L}(0^{-})=0 : à cet instant la bobine est un interrupteur ouvert et TOUT le courant passe par R2R_{2}. Le circuit vu de la pile est R1R_{1} en série avec R2R_{2} : i=ER1+R2=1212=1,0i=\frac{E}{R_{1}+R_{2}}=\frac{12}{12}=1{,}0 A. Tension du groupement parallèle : u=R2i=8,0u=R_{2}i=8{,}0 V, qui est aussi la tension aux bornes de la bobine (c'est elle qui va faire croître iLi_{L}).

b) En régime permanent, diLdt=0\frac{di_{L}}{dt}=0 : la bobine idéale est un fil, elle COURT-CIRCUITE R2R_{2}. La tension du parallèle tombe à 0, donc iR2=0i_{R_{2}}=0, et la pile ne voit plus que R1R_{1} : iL=ER1=124,0=3,0i_{L}=\frac{E}{R_{1}}=\frac{12}{4{,}0}=3{,}0 A. Le courant de la pile a TRIPLÉ entre la fermeture et le régime permanent.

c) À l'ouverture, la maille pile-R1R_{1} disparaît, mais iLi_{L} est continue : les 3,0 A de la bobine doivent se refermer quelque part, et le seul chemin restant est R2R_{2}. Juste après l'ouverture : uR2=R2iL=(8,0)(3,0)=24u_{R_{2}}=R_{2}i_{L}=(8{,}0)(3{,}0)=24 V, le DOUBLE de la fem de la pile, et de polarité inversée ! La bobine, pour sauver son courant, fabrique la tension qu'il faut, comme l'étincelle de l'exercice 4, en version apprivoisée : R2R_{2} joue le rôle de la diode de roue libre. Le courant s'éteint ensuite dans la boucle LL-R2R_{2} avec τ=LR2=0,208,0=25\tau=\frac{L}{R_{2}}=\frac{0{,}20}{8{,}0}=25 ms.

d) Avec le condensateur déchargé : la continuité de uCu_{C} impose uC(0+)=0u_{C}(0^{+})=0 : le parallèle est court-circuité par le condensateur-fil, i=ER1=3,0i=\frac{E}{R_{1}}=3{,}0 A, tout dans le condensateur, rien dans R2R_{2}. En régime permanent : plus de courant dans le condensateur plein, la pile débite dans R1+R2R_{1}+R_{2} : i=1,0i=1{,}0 A et uC=R2i=8,0u_{C}=R_{2}i=8{,}0 V. Règle générale : uCu_{C} et iLi_{L} sont continues, car elles portent les énergies 12Cu2\frac{1}{2}Cu^{2} et 12Li2\frac{1}{2}Li^{2}, qu'aucune puissance finie ne peut faire sauter; TOUT le reste (courants des résistances, tension d'une bobine) peut être discontinu. Et la dualité saute aux yeux : mêmes nombres, 1,0 A / 8,0 V et 3,0 A, mais aux instants ÉCHANGÉS. La bobine commence en interrupteur ouvert et finit en fil; le condensateur commence en fil et finit en interrupteur ouvert : chacun est le miroir temporel de l'autre.

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