Exercice 1 : Le flux magnétique dans trois géométries
On calcule le flux magnétique dans trois configurations : une spire carrée dans un champ uniforme, un cadre rectangulaire voisin d'un fil rectiligne, et une bobine autour d'un solénoïde. On prendra T·m/A.
- a) Une spire carrée de cm de côté est placée dans un champ uniforme de T ; la normale à la spire fait ° avec le champ. Calculez le flux, et dites ce que vaudrait la réponse si l'énoncé avait donné l'angle entre le champ et le PLAN de la spire.
- b) Un cadre rectangulaire de longueur cm est coplanaire avec un fil rectiligne infini parcouru par A ; ses grands côtés sont à cm et cm du fil. Calculez le flux, en expliquant pourquoi une intégration est ici obligatoire.
- c) Un solénoïde de spires par mètre est parcouru par A ; sa section vaut cm. Calculez le champ intérieur, le flux à travers une spire, puis le flux total à travers une bobine de spires enroulée par-dessus.
- d) Dans lequel des trois cas le flux serait-il inchangé si l'on doublait toutes les dimensions linéaires du circuit, le courant restant fixe ? Justifiez.
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Réponses
- a) mWb ; avec l'angle au PLAN, ce serait mWb
- b) µWb
- c) mT, µWb par spire, Wb
- d) Aucun ; mais le cadre près du fil ne double, le rapport étant invariant
a) Wb, soit mWb. Si l'énoncé avait donné ° entre le champ et le PLAN de la spire, l'angle avec la normale vaudrait ° et le flux tomberait à Wb, soit près de deux fois moins. C'est le piège le plus rentable de tout le chapitre pour un examinateur, parce qu'il ne se voit pas au relecture : les deux réponses sont plausibles. La parade est mécanique, on souligne le mot « normale » ou le mot « plan » dans l'énoncé avant d'écrire quoi que ce soit.
b) Le champ du fil vaut : il n'est PAS uniforme sur le cadre, puisqu'il est presque quatre fois plus intense au bord proche qu'au bord lointain. La formule est donc inapplicable, et il faut découper le cadre en bandes verticales de largeur et d'aire , toutes à champ constant. . Numériquement : Wb, soit μWb. Le logarithme est la signature de cette géométrie, et il faut savoir le reconnaître : dès qu'un champ en traverse une surface plane, un apparaît.
c) T. Flux par spire : Wb. Flux total à travers les spires : Wb. Deux précautions : l'aire à utiliser est celle du SOLÉNOÏDE, pas celle de la bobine extérieure, puisqu'il n'y a de champ qu'à l'intérieur du solénoïde ; et le flux total, souvent noté et appelé flux totalisé, n'est pas le flux au sens strict, qui reste défini par spire. C'est pourtant lui qui entre dans la loi de Faraday.
d) Dans aucun des trois, mais pour des raisons différentes, et c'est ce qui rend la question intéressante. Cas a) : l'aire quadruple, donc le flux quadruple. Cas c) : la section quadruple aussi, mais attention, si l'on double la longueur du solénoïde en gardant le même nombre total de spires, est divisé par deux, et le flux ne fait que doubler ; à constant il quadruple. Cas b) : c'est le seul où l'agrandissement laisse un invariant partiel. Doubler , ET multiplie le flux par , puisque le rapport , donc le logarithme, ne change pas. Le flux double au lieu de quadrupler. La leçon générale est qu'un champ en compense exactement une dimension de l'agrandissement, et c'est pourquoi les grandeurs logarithmiques apparaissent partout où une géométrie n'a pas d'échelle propre.