Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : l'induction électromagnétique (203-SN2-RE, ancien 203-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés du cours 203-SN2-RE (ancien 203-SN2-RE) consacrée à l'induction électromagnétique. La partie A construit la loi : le flux magnétique calculé dans trois géométries, dont le rectangle voisin d'un fil rectiligne qui exige une intégration, six situations de loi de Lenz à trancher, la loi de Faraday appliquée à un champ qui croît puis décroît, la fem de mouvement d'une barre en rotation et du disque de Faraday, et l'inductance mutuelle de deux bobines coaxiales avec son coefficient de couplage. La partie B pousse plus loin : le champ électrique induit et le fait déconcertant que la tension entre deux points y dépend du chemin, le transformateur avec son impédance ramenée, cinq affirmations à corriger, le capteur inductif d'un système antiblocage, et le bilan de puissance d'une plaque à induction.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale spécialité physique-chimie du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas. Elle suppose acquis le champ magnétique et la force de Laplace, et elle enchaîne directement : l'induction est ce que devient le magnétisme quand on lui ajoute le temps.

Le fil à garder tout du long : rien ne s'induit sans VARIATION de flux, et le flux ne peut varier que de trois façons. Ou bien le champ change, dBdt0\dfrac{dB}{dt}\ne 0 ; ou bien l'aire du circuit change ; ou bien l'orientation change. Devant n'importe quel énoncé, la première question à se poser est : laquelle des trois ? La deuxième est celle du signe, et la loi de Lenz y répond sans jamais faire de calcul : le courant induit s'oppose à la CAUSE qui lui donne naissance. Il ne s'oppose pas au champ, il ne s'oppose pas au mouvement, il s'oppose à la VARIATION. Un flux qui décroît fait naître un courant qui tente de le maintenir, donc de même sens que le champ, ce qui surprend toujours au premier essai.

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Ce chapitre fait partie de Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Le théorème de Gauss
  2. 2Le potentiel électrique et les condensateurs
  3. 3Circuits à courant continu
  4. 4Magnétisme et induction

Rappel de cours

  • Flux magnétique : Φ=BdA\Phi=\displaystyle\int\vec{B}\cdot d\vec{A}, en webers. Si B\vec{B} est uniforme sur une surface plane, Φ=BAcosθ\Phi=BA\cos\theta, où θ\theta est l'angle entre B\vec{B} et la NORMALE à la surface, jamais entre B\vec{B} et la surface elle-même.
  • Loi de Faraday : ε=NdΦdt\varepsilon=-N\dfrac{d\Phi}{dt}, où NN est le nombre de spires et Φ\Phi le flux à travers UNE spire. Le signe moins est la loi de Lenz écrite en algèbre.
  • Loi de Lenz : le courant induit circule dans le sens tel que son propre champ s'oppose à la VARIATION du flux qui l'a créé. Flux entrant qui augmente : le courant induit crée un champ sortant. Flux entrant qui diminue : le courant induit crée un champ entrant, donc il renforce le champ existant.
  • Les trois causes possibles de variation du flux : dBdt0\dfrac{dB}{dt}\ne 0 à circuit fixe, une AIRE variable, ou une ORIENTATION variable. Un énoncé peut en combiner deux, jamais davantage sans le dire.
  • Fem de mouvement d'une barre de longueur \ell translatant à la vitesse vv perpendiculairement à B\vec{B} : ε=Bv\varepsilon=B\ell v. Pour une barre qui TOURNE à la vitesse angulaire ω\omega autour d'une extrémité : ε=12Bω2\varepsilon=\dfrac{1}{2}B\omega\ell^{2}, car chaque élément de la barre a sa propre vitesse.
  • Champ magnétique d'un fil rectiligne infini à la distance rr : B=μ0I2πrB=\dfrac{\mu_{0}I}{2\pi r}, avec μ0=4π×107\mu_{0}=4\pi\times 10^{-7} T·m/A. Solénoïde : B=μ0nIB=\mu_{0}nInn est le nombre de spires par mètre.
  • Inductance mutuelle : ε2=MdI1dt\varepsilon_{2}=-M\dfrac{dI_{1}}{dt}, avec M=N2Φ2I1M=\dfrac{N_{2}\Phi_{2}}{I_{1}}. Théorème de réciprocité : M12=M21M_{12}=M_{21}, toujours, quelle que soit la géométrie. Coefficient de couplage : k=ML1L2k=\dfrac{M}{\sqrt{L_{1}L_{2}}}, compris entre 0 et 1.
  • Champ électrique induit : une variation de B\vec{B} crée un champ électrique dont les lignes se REFERMENT sur elles-mêmes, Ed=dΦdt\displaystyle\oint\vec{E}\cdot d\vec{\ell}=-\dfrac{d\Phi}{dt}. Ce champ n'est PAS conservatif : il ne dérive d'aucun potentiel, et la tension entre deux points dépend du chemin suivi.
  • Dans une région cylindrique de rayon RRdBdt\dfrac{dB}{dt} est uniforme, le champ induit vaut E=r2dBdtE=\dfrac{r}{2}\dfrac{dB}{dt} pour r<Rr<R et E=R22rdBdtE=\dfrac{R^{2}}{2r}\dfrac{dB}{dt} pour r>Rr>R : il croît linéairement dedans, décroît en 1r\dfrac{1}{r} dehors, et il est maximal sur le bord.
  • Transformateur idéal : U2U1=N2N1\dfrac{U_{2}}{U_{1}}=\dfrac{N_{2}}{N_{1}} et I2I1=N1N2\dfrac{I_{2}}{I_{1}}=\dfrac{N_{1}}{N_{2}}, la puissance étant conservée. Une charge ZZ au secondaire est vue du primaire comme (N1N2)2Z\left(\dfrac{N_{1}}{N_{2}}\right)^{2}Z : c'est l'impédance ramenée.
  • Valeur efficace d'une grandeur sinusoïdale : Xeff=Xmax2X_{\text{eff}}=\dfrac{X_{\max}}{\sqrt{2}}. C'est elle que mesurent les appareils et elle qui donne la bonne puissance moyenne, P=Ueff2RP=\dfrac{U_{\text{eff}}^{2}}{R}.

Partie A : flux, Lenz et loi de Faraday (/50)

Exercice 1 : Le flux magnétique dans trois géométries

On calcule le flux magnétique dans trois configurations : une spire carrée dans un champ uniforme, un cadre rectangulaire voisin d'un fil rectiligne, et une bobine autour d'un solénoïde. On prendra μ0=4π×107\mu_{0}=4\pi\times 10^{-7} T·m/A.

filaL = 30,0 cmbB varie comme 1/r sur le cadre
  • a) Une spire carrée de 12,012{,}0 cm de côté est placée dans un champ uniforme de 0,4000{,}400 T ; la normale à la spire fait 30,030{,}0° avec le champ. Calculez le flux, et dites ce que vaudrait la réponse si l'énoncé avait donné l'angle entre le champ et le PLAN de la spire.
  • b) Un cadre rectangulaire de longueur L=30,0L=30{,}0 cm est coplanaire avec un fil rectiligne infini parcouru par I=15,0I=15{,}0 A ; ses grands côtés sont à a=2,00a=2{,}00 cm et b=7,00b=7{,}00 cm du fil. Calculez le flux, en expliquant pourquoi une intégration est ici obligatoire.
  • c) Un solénoïde de 800800 spires par mètre est parcouru par 2,502{,}50 A ; sa section vaut 4,004{,}00 cm2^{2}. Calculez le champ intérieur, le flux à travers une spire, puis le flux total à travers une bobine de 500500 spires enroulée par-dessus.
  • d) Dans lequel des trois cas le flux serait-il inchangé si l'on doublait toutes les dimensions linéaires du circuit, le courant restant fixe ? Justifiez.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Φ=BAcosθ=4,99\Phi=BA\cos\theta=4{,}99 mWb ; avec l'angle au PLAN, ce serait 2,882{,}88 mWb
  • b) Φ=μ0IL2πlnba1,13\Phi=\dfrac{\mu_{0}IL}{2\pi}\ln\dfrac{b}{a}\approx 1{,}13 µWb
  • c) B=2,51B=2{,}51 mT, Φ=1,01\Phi=1{,}01 µWb par spire, NΦ5,03×104N\Phi\approx 5{,}03\times 10^{-4} Wb
  • d) Aucun ; mais le cadre près du fil ne double, le rapport b/ab/a étant invariant

a) Φ=BAcosθ=0,400×(0,120)2×cos30,0°=0,400×0,0144×0,8660=4,99×103\Phi=BA\cos\theta=0{,}400\times(0{,}120)^{2}\times\cos 30{,}0°=0{,}400\times 0{,}0144\times 0{,}8660=4{,}99\times 10^{-3} Wb, soit 4,994{,}99 mWb. Si l'énoncé avait donné 30,030{,}0° entre le champ et le PLAN de la spire, l'angle avec la normale vaudrait 60,060{,}0° et le flux tomberait à 0,400×0,0144×0,500=2,88×1030{,}400\times 0{,}0144\times 0{,}500=2{,}88\times 10^{-3} Wb, soit près de deux fois moins. C'est le piège le plus rentable de tout le chapitre pour un examinateur, parce qu'il ne se voit pas au relecture : les deux réponses sont plausibles. La parade est mécanique, on souligne le mot « normale » ou le mot « plan » dans l'énoncé avant d'écrire quoi que ce soit.

b) Le champ du fil vaut B(r)=μ0I2πrB(r)=\dfrac{\mu_{0}I}{2\pi r} : il n'est PAS uniforme sur le cadre, puisqu'il est presque quatre fois plus intense au bord proche qu'au bord lointain. La formule BABA est donc inapplicable, et il faut découper le cadre en bandes verticales de largeur drdr et d'aire LdrL\,dr, toutes à champ constant. Φ=abμ0I2πrLdr=μ0IL2πlnba\Phi=\displaystyle\int_{a}^{b}\dfrac{\mu_{0}I}{2\pi r}L\,dr=\dfrac{\mu_{0}IL}{2\pi}\ln\dfrac{b}{a}. Numériquement : 4π×107×15,0×0,3002π×ln3,50=9,00×107×1,253=1,13×106\dfrac{4\pi\times 10^{-7}\times 15{,}0\times 0{,}300}{2\pi}\times\ln 3{,}50=9{,}00\times 10^{-7}\times 1{,}253=1{,}13\times 10^{-6} Wb, soit 1,131{,}13 μWb. Le logarithme est la signature de cette géométrie, et il faut savoir le reconnaître : dès qu'un champ en 1r\dfrac{1}{r} traverse une surface plane, un lnba\ln\dfrac{b}{a} apparaît.

c) B=μ0nI=4π×107×800×2,50=2,51×103B=\mu_{0}nI=4\pi\times 10^{-7}\times 800\times 2{,}50=2{,}51\times 10^{-3} T. Flux par spire : Φ=BA=2,51×103×4,00×104=1,01×106\Phi=BA=2{,}51\times 10^{-3}\times 4{,}00\times 10^{-4}=1{,}01\times 10^{-6} Wb. Flux total à travers les 500500 spires : NΦ=5,03×104N\Phi=5{,}03\times 10^{-4} Wb. Deux précautions : l'aire à utiliser est celle du SOLÉNOÏDE, pas celle de la bobine extérieure, puisqu'il n'y a de champ qu'à l'intérieur du solénoïde ; et le flux total, souvent noté λ\lambda et appelé flux totalisé, n'est pas le flux au sens strict, qui reste défini par spire. C'est pourtant lui qui entre dans la loi de Faraday.

d) Dans aucun des trois, mais pour des raisons différentes, et c'est ce qui rend la question intéressante. Cas a) : l'aire quadruple, donc le flux quadruple. Cas c) : la section quadruple aussi, mais attention, si l'on double la longueur du solénoïde en gardant le même nombre total de spires, nn est divisé par deux, et le flux ne fait que doubler ; à nn constant il quadruple. Cas b) : c'est le seul où l'agrandissement laisse un invariant partiel. Doubler aa, bb ET LL multiplie le flux par 2LL=2\dfrac{2L}{L}=2, puisque le rapport ba\dfrac{b}{a}, donc le logarithme, ne change pas. Le flux double au lieu de quadrupler. La leçon générale est qu'un champ en 1r\dfrac{1}{r} compense exactement une dimension de l'agrandissement, et c'est pourquoi les grandeurs logarithmiques apparaissent partout où une géométrie n'a pas d'échelle propre.

Exercice 2 : La loi de Lenz : six situations à trancher

Dans chaque situation, on demande le sens du courant induit dans la boucle, vu du lecteur, et le sens de la force qui s'exerce éventuellement sur elle. On raisonne uniquement par la loi de Lenz, sans aucun calcul.

  • a) Un aimant droit approche d'une boucle, pôle nord en avant. Puis on l'éloigne, toujours pôle nord en avant. Traitez les deux cas.
  • b) Une boucle est plongée dans un champ uniforme sortant de la page, dont l'intensité augmente. Puis on maintient l'intensité constante.
  • c) Une boucle circulaire est déformée en ellipse aplatie, dans un champ uniforme entrant. Que se passe-t-il ?
  • d) Deux boucles coaxiales sont voisines ; dans la première on ferme brusquement un interrupteur qui y lance un courant horaire. Que fait la seconde, pendant l'établissement du courant puis en régime permanent ?
  • e) Un anneau conducteur repose sur le noyau d'un électroaimant qu'on alimente brutalement en alternatif : l'anneau saute. Expliquez, et dites ce qui change s'il est fendu.
  • f) Un étudiant affirme : « le courant induit s'oppose toujours au champ ». Réfutez par un contre-exemple pris dans les situations ci-dessus.

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
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Réponses

  • a) Repoussée à l'approche, attirée à l'éloignement : l'effet freine toujours
  • b) Horaire pendant la croissance, puis RIEN dès que le champ est constant
  • c) Horaire : la boucle résiste à la perte d'aire et tend à redevenir circulaire
  • d) Répulsion pendant l'établissement, puis strictement rien en régime permanent
  • e) Fendu, aucun courant ne circule : l'induction exige un circuit FERMÉ
  • f) Faux : le courant s'oppose à la VARIATION du flux, pas au flux

a) À l'approche, le pôle nord envoie vers la boucle un champ dirigé vers elle, donc le flux à travers elle AUGMENTE. Le courant induit doit s'y opposer : il crée un champ opposé, donc il circule dans le sens ANTIHORAIRE vu de l'aimant, ce qui présente à l'aimant une face nord. Deux nords se repoussent : la boucle est repoussée, et il faut fournir un travail pour approcher l'aimant. À l'éloignement, le flux DIMINUE ; le courant induit s'inverse, il crée un champ dans le même sens que celui de l'aimant pour tenter de maintenir le flux, présente une face sud, et la boucle est ATTIRÉE. Dans les deux cas l'effet freine le mouvement, et cette obligation n'est pas une coïncidence : si c'était l'inverse, l'aimant s'accélérerait tout seul et l'on aurait un mouvement perpétuel.

b) Champ sortant qui augmente : le courant induit crée un champ entrant à l'intérieur de la boucle, il circule donc dans le sens HORAIRE. Dès que l'intensité devient constante, dΦdt=0\dfrac{d\Phi}{dt}=0 et le courant induit s'annule immédiatement, même si le champ reste très intense. C'est le point le plus important de la question : un champ fort ne produit rien, seule une VARIATION produit quelque chose. Un aimant supraconducteur au repos n'induit rien du tout.

c) Aplatir un cercle en ellipse à périmètre constant DIMINUE l'aire, donc le flux entrant diminue. Le courant induit s'oppose à cette diminution en créant lui aussi un champ entrant : il circule dans le sens HORAIRE, vu du lecteur, puisque c'est le sens qui produit un champ entrant. La force qui en résulte tend à faire reprendre à la boucle sa forme circulaire, celle de plus grande aire : là encore le système résiste à ce qu'on lui fait. Un anneau de cuivre placé dans un champ intense et parcouru d'un courant induit se raidit réellement, et c'est un problème de conception dans les bobines d'aimants puissants.

d) Pendant l'établissement du courant, le flux à travers la seconde boucle passe de zéro à sa valeur finale : il augmente. Le courant induit dans la seconde s'y oppose et circule donc en sens INVERSE de celui de la première, c'est-à-dire antihoraire, et les deux boucles se repoussent. Une fois le régime permanent atteint, le courant de la première est constant, le flux ne varie plus, et le courant induit dans la seconde devient RIGOUREUSEMENT NUL : les deux boucles cessent de s'influencer électriquement. C'est exactement le principe du transformateur, et c'est aussi la raison pour laquelle un transformateur ne fonctionne pas en courant continu.

e) À chaque alternance, le flux à travers l'anneau varie, un courant y est induit et, par la loi de Lenz, il s'oppose à cette variation : l'anneau est repoussé pendant les phases de croissance et attiré pendant les phases de décroissance, mais la moyenne temporelle est répulsive parce que le champ de l'électroaimant et le courant induit varient ensemble, de sorte que le produit ne change pas de signe. L'anneau saute donc, et il chauffe. S'il est FENDU, le circuit est ouvert : aucun courant ne peut circuler, aucune force ne naît, et l'anneau reste en place. C'est la démonstration expérimentale la plus nette que l'induction exige un circuit FERMÉ pour produire un courant, même si la fem, elle, existe toujours aux bornes de la fente.

f) Le contre-exemple est la deuxième moitié de a), ou la situation c). Quand l'aimant s'ÉLOIGNE, le courant induit crée un champ de MÊME sens que celui de l'aimant, il le renforce au lieu de s'y opposer. De même en c), le courant induit crée un champ entrant alors que le champ existant est déjà entrant. L'énoncé correct est donc : le courant induit s'oppose à la VARIATION du flux, jamais au flux lui-même. Cette nuance d'un seul mot est ce qui sépare une réponse juste d'une réponse fausse une fois sur deux, et c'est le premier réflexe à installer sur ce chapitre.

Exercice 3 : La loi de Faraday quand c'est le champ qui varie

Une bobine plate de N=200N=200 spires, d'aire A=25,0A=25{,}0 cm2^{2} et de résistance totale R=12,0R=12{,}0 Ω, est placée perpendiculairement à un champ dont l'intensité varie selon B(t)=0,0800+0,240t0,0600t2B(t)=0{,}0800+0{,}240\,t-0{,}0600\,t^{2}, en teslas, avec tt en secondes. La courbe donne B(t)B(t).

0.511.522.533.540.050.10.150.20.250.30.350.4t (s)B (T)
  • a) Établissez l'expression de la fem induite en fonction du temps, puis calculez-la à t=0t=0, t=2,00t=2{,}00 s et t=4,00t=4{,}00 s.
  • b) À quel instant le champ est-il maximal, et que vaut-il alors ? Rapprochez ce résultat de la fem trouvée en a) et commentez.
  • c) Calculez le courant induit à t=0t=0, et décrivez l'évolution de son sens sur l'intervalle [0 ; 4,00][0\ ;\ 4{,}00] s.
  • d) Calculez la charge totale qui a traversé une section de la bobine entre t=0t=0 et t=4,00t=4{,}00 s. Le résultat surprend : expliquez-le.
  • e) Calculez l'énergie totale dissipée par effet Joule sur ce même intervalle.

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a)
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Réponses

  • a) ε(t)=0,120+0,0600t\varepsilon(t)=-0{,}120+0{,}0600t : 120-120 mV, 00, puis +120+120 mV
  • b) BB maximal à t=2,00t=2{,}00 s et vaut 0,3200{,}320 T, là où la fem s'annule
  • c) I0=10,0I_{0}=10{,}0 mA, et le sens s'inverse au maximum du champ
  • d) q=NAΔBR=0q=\dfrac{NA\,\Delta B}{R}=0 : les deux moitiés se compensent
  • e) W1,60W\approx 1{,}60 mJ : la charge est nulle mais la facture énergétique ne l'est pas

a) ε=NAdBdt\varepsilon=-N A\dfrac{dB}{dt} avec dBdt=0,2400,120t\dfrac{dB}{dt}=0{,}240-0{,}120\,t. Donc ε(t)=200×2,50×103×(0,2400,120t)=0,120+0,0600t\varepsilon(t)=-200\times 2{,}50\times 10^{-3}\times(0{,}240-0{,}120t)=-0{,}120+0{,}0600\,t, en volts. À t=0t=0 : ε=0,120\varepsilon=-0{,}120 V, de module 120120 mV. À t=2,00t=2{,}00 s : ε=0\varepsilon=0 exactement. À t=4,00t=4{,}00 s : ε=+0,120\varepsilon=+0{,}120 V, même module qu'au départ mais signe OPPOSÉ. Remarquez que NA=0,500NA=0{,}500 m2^{2} ici, ce qui simplifie tous les calculs : la fem vaut simplement la moitié de dBdt\dfrac{dB}{dt}.

b) dBdt=0\dfrac{dB}{dt}=0 donne t=0,2400,120=2,00t=\dfrac{0{,}240}{0{,}120}=2{,}00 s, et B(2,00)=0,0800+0,4800,240=0,320B(2{,}00)=0{,}0800+0{,}480-0{,}240=0{,}320 T. C'est le point marqué sur la courbe. Le rapprochement est le cœur de l'exercice : la fem s'annule exactement à l'instant où le champ est MAXIMAL. Ce n'est pas paradoxal, c'est la définition d'un maximum, une tangente horizontale, donc une dérivée nulle, donc une fem nulle. L'énoncé pourrait tout aussi bien poser un champ de dix teslas parfaitement constant, la fem serait nulle. C'est la formulation la plus concrète de la règle du chapitre : ce n'est jamais la valeur du champ qui induit, c'est sa pente.

c) I=εR=0,12012,0=1,00×102I=\dfrac{|\varepsilon|}{R}=\dfrac{0{,}120}{12{,}0}=1{,}00\times 10^{-2} A, soit 10,010{,}0 mA à t=0t=0. Le courant décroît linéairement en module jusqu'à s'annuler à t=2,00t=2{,}00 s, puis il repart en croissant mais dans le sens OPPOSÉ, pour atteindre à nouveau 10,010{,}0 mA à t=4,00t=4{,}00 s. Physiquement : pendant les deux premières secondes le flux augmente et le courant induit s'y oppose ; ensuite le flux diminue et le courant induit s'inverse pour tenter de le maintenir. Le renversement du courant est simultané au maximum du champ.

d) q=04Idt=NR04dBdtAdt=NAΔBRq=\displaystyle\int_{0}^{4}I\,dt=\dfrac{N}{R}\displaystyle\int_{0}^{4}\dfrac{dB}{dt}A\,dt=\dfrac{NA\,\Delta B}{R}, et ΔB=B(4,00)B(0)=0,08000,0800=0\Delta B=B(4{,}00)-B(0)=0{,}0800-0{,}0800=0. La charge nette est donc RIGOUREUSEMENT NULLE. La surprise est là : un courant a bel et bien circulé pendant quatre secondes, il a chauffé la bobine, et pourtant aucune charge nette n'a traversé la section. L'explication est que le courant a changé de sens à mi-parcours et que les deux moitiés se compensent exactement, comme l'exige la symétrie de la parabole. La leçon générale est que la charge induite ne dépend QUE des états initial et final du flux, jamais du chemin suivi entre les deux, alors que la chaleur, elle, dépend de tout le trajet.

e) W=04ε2Rdt=112,004(0,120+0,0600t)2dtW=\displaystyle\int_{0}^{4}\dfrac{\varepsilon^{2}}{R}dt=\dfrac{1}{12{,}0}\displaystyle\int_{0}^{4}(-0{,}120+0{,}0600t)^{2}dt. En posant u=0,120+0,0600tu=-0{,}120+0{,}0600t, avec du=0,0600dtdu=0{,}0600\,dt, l'intégrale devient 10,06000,1200,120u2du=10,0600×2(0,120)33=3,456×1030,180=1,92×102\dfrac{1}{0{,}0600}\displaystyle\int_{-0{,}120}^{0{,}120}u^{2}du=\dfrac{1}{0{,}0600}\times\dfrac{2(0{,}120)^{3}}{3}=\dfrac{3{,}456\times 10^{-3}}{0{,}180}=1{,}92\times 10^{-2}. Divisée par RR : W=1,92×10212,0=1,60×103W=\dfrac{1{,}92\times 10^{-2}}{12{,}0}=1{,}60\times 10^{-3} J, soit 1,601{,}60 mJ. Cette énergie ne vient pas de nulle part : elle est fournie par le dispositif qui fait varier le champ, lequel doit lutter contre le champ créé par le courant induit. C'est la contrepartie énergétique de la loi de Lenz, et le contraste avec la question d) est le vrai enseignement de l'exercice, la charge est nulle mais la facture énergétique ne l'est pas.

Exercice 4 : La barre qui tourne et le disque de Faraday

Une barre conductrice de longueur =25,0\ell=25{,}0 cm tourne à ω=60,0\omega=60{,}0 rad/s autour d'une de ses extrémités, dans un plan perpendiculaire à un champ uniforme de 0,3500{,}350 T. On étudie ensuite un disque de Faraday, disque conducteur de rayon 12,012{,}0 cm tournant à 18001800 tours par minute dans un champ de 0,5000{,}500 T, dont on collecte le courant entre l'axe et la jante par des balais, la résistance totale du circuit valant 20,020{,}0 mΩ.

lwB sort de la pagebarre en rotation
  • a) Démontrez que la fem d'une barre en rotation vaut ε=12Bω2\varepsilon=\dfrac{1}{2}B\omega\ell^{2}, et dites pourquoi ce n'est PAS BvB\ell v avec v=ωv=\omega\ell.
  • b) Calculez numériquement la fem de la barre, et indiquez quelle extrémité est au potentiel le plus élevé pour une charge positive, le champ sortant de la page et la rotation étant antihoraire.
  • c) Calculez la vitesse angulaire du disque de Faraday en rad/s, puis sa fem.
  • d) Calculez le courant débité, la puissance électrique et le couple que le moteur d'entraînement doit fournir en régime permanent.
  • e) Le disque de Faraday de 1831 est la première génératrice de l'histoire, et elle a un défaut rédhibitoire visible sur vos chiffres. Lequel, et comment un alternateur ordinaire le contourne-t-il ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) ε=12Bω2\varepsilon=\frac{1}{2}B\omega\ell^{2} : BvB\ell v donnerait le DOUBLE
  • b) ε0,656\varepsilon\approx 0{,}656 V, l'extrémité libre au potentiel le plus élevé
  • c) ω=188,5\omega=188{,}5 rad/s et ε0,679\varepsilon\approx 0{,}679 V
  • d) I33,9I\approx 33{,}9 A, P23,0P\approx 23{,}0 W, Γ0,122\Gamma\approx 0{,}122 N·m
  • e) Très basse tension, très fort courant : un alternateur multiplie par NN spires

a) La formule BvB\ell v suppose que TOUS les points du conducteur ont la même vitesse, ce qui est vrai en translation et faux en rotation : le pied de la barre est immobile, l'extrémité va à ω\omega\ell, et chaque point intermédiaire à ωr\omega r. On découpe donc la barre en éléments drdr situés à la distance rr de l'axe, chacun contribuant dε=B(ωr)drd\varepsilon=B(\omega r)\,dr, puis on somme : ε=0Bωrdr=12Bω2\varepsilon=\displaystyle\int_{0}^{\ell}B\omega r\,dr=\dfrac{1}{2}B\omega\ell^{2}. Le facteur 12\dfrac{1}{2} est donc la moyenne des vitesses le long de la barre, et écrire B(ω)B\ell(\omega\ell) donne exactement le double, c'est-à-dire la réponse fausse la plus fréquente. Contrôle alternatif : en un tour, la barre balaie l'aire π2\pi\ell^{2} en 2πω\dfrac{2\pi}{\omega} secondes, donc dΦdt=Bπ2ω2π=12Bω2\dfrac{d\Phi}{dt}=B\dfrac{\pi\ell^{2}\omega}{2\pi}=\dfrac{1}{2}B\omega\ell^{2}. Les deux chemins donnent le même résultat.

b) ε=12×0,350×60,0×(0,250)2=0,656\varepsilon=\dfrac{1}{2}\times 0{,}350\times 60{,}0\times(0{,}250)^{2}=0{,}656 V. Pour le signe, on applique la force de Lorentz à un porteur positif de la barre : F=qv×B\vec{F}=q\vec{v}\times\vec{B}. La vitesse est tangentielle, le champ sort de la page, et le produit vectoriel donne une force dirigée VERS L'EXTÉRIEUR, le long de la barre. Les charges positives s'accumulent donc à l'extrémité libre, qui est au potentiel le PLUS ÉLEVÉ, et le pied de la barre au potentiel le plus bas. Le réflexe à garder est de toujours revenir à qv×Bq\vec{v}\times\vec{B} pour un signe de fem de mouvement : la loi de Lenz donne le sens du courant dans un circuit fermé, mais elle ne dit rien de la polarité d'un conducteur isolé.

c) ω=1800×2π60=188,5\omega=\dfrac{1800\times 2\pi}{60}=188{,}5 rad/s. Le disque se comporte comme une infinité de barres radiales en parallèle, toutes de même fem : ε=12BωR2=12×0,500×188,5×(0,120)2=0,679\varepsilon=\dfrac{1}{2}B\omega R^{2}=\dfrac{1}{2}\times 0{,}500\times 188{,}5\times(0{,}120)^{2}=0{,}679 V. Notez qu'une conversion en radians par seconde est indispensable avant tout calcul, et qu'oublier le facteur 2π60\dfrac{2\pi}{60} produit une erreur d'un facteur dix qui passe rarement inaperçue mais coûte tous les points de la question.

d) I=εR=0,6790,0200=33,9I=\dfrac{\varepsilon}{R}=\dfrac{0{,}679}{0{,}0200}=33{,}9 A. Puissance électrique : P=εI=0,679×33,9=23,0P=\varepsilon I=0{,}679\times 33{,}9=23{,}0 W, entièrement dissipée dans la résistance du circuit. Couple : en régime permanent le moteur fournit exactement la puissance électrique produite, donc Γ=Pω=23,0188,5=0,122\Gamma=\dfrac{P}{\omega}=\dfrac{23{,}0}{188{,}5}=0{,}122 N·m. Ce couple est la traduction mécanique de la loi de Lenz : le courant induit, circulant radialement dans le champ, subit une force de Laplace tangentielle qui FREINE le disque, et le moteur doit la vaincre. Sans elle, le disque produirait de l'énergie sans en consommer.

e) Le défaut est visible sur la fem : 0,6790{,}679 V pour un disque tournant à 18001800 tours par minute dans un demi-tesla, c'est-à-dire moins qu'une pile bâton, alors que le courant, lui, atteint 3434 A. Le disque de Faraday est une source de très basse tension et de très fort courant, ce qui est le pire compromis possible pour transporter de l'énergie : les pertes en ligne valent RI2RI^{2}, et ce courant énorme les rend prohibitives. La cause structurelle est qu'il n'y a qu'un seul « tour » de circuit, celui du rayon, alors qu'un alternateur enroule NN spires et multiplie donc la fem par NN, plusieurs centaines en pratique. En prime, la sortie du disque est continue, donc non transformable, alors que l'alternatif d'un alternateur se transforme et se transporte à haute tension. C'est pour ces deux raisons, et non par manque d'ingéniosité, que le disque homopolaire est resté une curiosité de laboratoire.

Exercice 5 : L'inductance mutuelle de deux bobines coaxiales

Un solénoïde primaire de longueur 1=40,0\ell_{1}=40{,}0 cm, de rayon 2,002{,}00 cm, comporte 12001200 spires par mètre. Une bobine secondaire de N2=300N_{2}=300 spires est enroulée serrée par-dessus, sur une longueur de 5,005{,}00 cm au milieu du primaire.

  • a) Calculez l'inductance mutuelle MM du système, en explicitant pourquoi c'est l'aire du PRIMAIRE qui intervient.
  • b) Le courant du primaire varie à raison de 250250 A/s. Calculez la fem induite dans le secondaire.
  • c) Calculez l'inductance propre de chacune des deux bobines.
  • d) Calculez le coefficient de couplage kk, et montrez qu'il vaut exactement 2/1\sqrt{\ell_{2}/\ell_{1}}. Pourquoi n'est-il pas égal à 1 alors que tout le flux du primaire traverse le secondaire ?
  • e) Le théorème de réciprocité affirme M12=M21M_{12}=M_{21}. Vérifiez sa plausibilité en expliquant pourquoi le calcul direct dans l'autre sens serait beaucoup plus difficile.

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Réponses

  • a) M=μ0n1N2A10,568M=\mu_{0}n_{1}N_{2}A_{1}\approx 0{,}568 mH, avec l'aire du PRIMAIRE
  • b) ε2=MdI1dt142|\varepsilon_{2}|=M\left|\dfrac{dI_{1}}{dt}\right|\approx 142 mV
  • c) L10,910L_{1}\approx 0{,}910 mH et L22,84L_{2}\approx 2{,}84 mH
  • d) k=2/10,354k=\sqrt{\ell_{2}/\ell_{1}}\approx 0{,}354 : le couplage se mesure dans les DEUX sens
  • e) Le sens facile est celui du long solénoïde, dont le champ est uniforme et connu

a) Le champ n'existe qu'à l'INTÉRIEUR du solénoïde primaire : B=μ0n1I1B=\mu_{0}n_{1}I_{1}, et il est nul à l'extérieur. Le flux qui traverse une spire du secondaire est donc limité à la section du primaire, A1=π(0,0200)2=1,257×103A_{1}=\pi(0{,}0200)^{2}=1{,}257\times 10^{-3} m2^{2}, quelle que soit la taille réelle des spires secondaires. C'est le point de méthode de la question, et il se généralise : le flux commun à deux circuits est toujours celui qui passe par le plus PETIT des deux, ou plus exactement par la région où le champ existe. M=N2Φ2I1=μ0n1N2A1=4π×107×1200×300×1,257×103=5,68×104M=\dfrac{N_{2}\Phi_{2}}{I_{1}}=\mu_{0}n_{1}N_{2}A_{1}=4\pi\times 10^{-7}\times 1200\times 300\times 1{,}257\times 10^{-3}=5{,}68\times 10^{-4} H, soit 0,5680{,}568 mH.

b) ε2=MdI1dt=5,68×104×250=0,142|\varepsilon_{2}|=M\left|\dfrac{dI_{1}}{dt}\right|=5{,}68\times 10^{-4}\times 250=0{,}142 V, soit 142142 mV. Notez que la fem ne dépend PAS de la valeur du courant primaire, seulement de son taux de variation : un courant de mille ampères parfaitement stable n'induirait rien du tout, tandis qu'un courant de un milliampère coupé en une microseconde induirait des centaines de volts. C'est le principe de la bobine d'allumage d'un moteur, qui produit des dizaines de kilovolts à partir d'une batterie de douze.

c) Primaire : L1=μ0n12A11=4π×107×(1200)2×1,257×103×0,400=9,10×104L_{1}=\mu_{0}n_{1}^{2}A_{1}\ell_{1}=4\pi\times 10^{-7}\times(1200)^{2}\times 1{,}257\times 10^{-3}\times 0{,}400=9{,}10\times 10^{-4} H, soit 0,9100{,}910 mH. Secondaire : sa densité de spires vaut n2=3000,0500=6000n_{2}=\dfrac{300}{0{,}0500}=6000 spires par mètre, cinq fois celle du primaire. L2=μ0n22A12=4π×107×(6000)2×1,257×103×0,0500=2,84×103L_{2}=\mu_{0}n_{2}^{2}A_{1}\ell_{2}=4\pi\times 10^{-7}\times(6000)^{2}\times 1{,}257\times 10^{-3}\times 0{,}0500=2{,}84\times 10^{-3} H, soit 2,842{,}84 mH. Le secondaire, pourtant huit fois plus court, a une inductance trois fois PLUS grande, parce que l'inductance croît comme le carré de la densité de spires.

d) k=ML1L2=5,68×1049,10×104×2,84×103=5,68×1041,61×103=0,354k=\dfrac{M}{\sqrt{L_{1}L_{2}}}=\dfrac{5{,}68\times 10^{-4}}{\sqrt{9{,}10\times 10^{-4}\times 2{,}84\times 10^{-3}}}=\dfrac{5{,}68\times 10^{-4}}{1{,}61\times 10^{-3}}=0{,}354. Et 21=0,05000,400=0,125=0,354\sqrt{\dfrac{\ell_{2}}{\ell_{1}}}=\sqrt{\dfrac{0{,}0500}{0{,}400}}=\sqrt{0{,}125}=0{,}354 : identique. L'affirmation de l'énoncé est piégeuse et il faut la corriger. Il est vrai que tout le flux DU PRIMAIRE traverse le secondaire, mais le couplage se mesure dans les deux sens, et l'inverse est faux : le secondaire, court, crée un champ qui ne remplit qu'un huitième de la longueur du primaire, donc les sept autres huitièmes des spires primaires ne voient presque rien. C'est cette asymétrie géométrique qui fait tomber kk à 0,3540{,}354. Pour approcher k=1k=1, il faut que les deux bobinages occupent le même volume, ce qu'on obtient en pratique en les enroulant l'un sur l'autre sur toute la longueur d'un noyau ferromagnétique fermé.

e) M12=M21M_{12}=M_{21} est un théorème général, conséquence de la symétrie de l'énergie magnétique d'un système de circuits couplés. Sa force pratique est justement celle-ci : on est libre de calculer MM dans le sens le plus COMMODE. Ici, le sens facile est primaire vers secondaire, parce que le champ d'un long solénoïde est uniforme, connu et simple, μ0n1I1\mu_{0}n_{1}I_{1}. Dans l'autre sens, il faudrait calculer le champ créé par une bobine COURTE, qui n'est ni uniforme ni donné par une formule élémentaire, puis intégrer ce champ sur les 480480 spires du primaire, dont la plupart sont dans la zone de fuite où le champ s'évase. Le calcul est faisable mais demande des intégrales elliptiques, alors que le résultat est le même à la dernière décimale. Reconnaître le sens facile est ce que le théorème de réciprocité apporte réellement à un étudiant.

Partie B : champ induit, transformateur et applications (/50)

Exercice 6 : Le champ électrique induit, qui ne dérive d'aucun potentiel

Dans une région cylindrique de rayon R=5,00R=5{,}00 cm, un champ magnétique uniforme parallèle à l'axe croît au rythme constant dBdt=0,150\dfrac{dB}{dt}=0{,}150 T/s. À l'extérieur de ce cylindre, le champ magnétique est nul. La courbe donne le module du champ électrique induit en fonction de la distance à l'axe.

2.557.51012.51517.5200.511.522.533.544.5r (cm)r = RE (mV/m)
  • a) Établissez l'expression du champ électrique induit à la distance rr de l'axe, dans les deux régions r<Rr<R et r>Rr>R.
  • b) Calculez EE en r=3,00r=3{,}00 cm, en r=5,00r=5{,}00 cm et en r=10,0r=10{,}0 cm, et vérifiez les deux points marqués sur la courbe.
  • c) Le champ magnétique est NUL en r=10,0r=10{,}0 cm et pourtant le champ électrique induit ne l'est pas. Est-ce contradictoire ?
  • d) Calculez la fem le long d'un cercle de rayon 3,003{,}00 cm, puis le long d'un cercle de rayon 10,010{,}0 cm, par deux méthodes chacune.
  • e) Deux voltmètres identiques sont branchés entre les deux mêmes points d'un anneau conducteur entourant la région, mais leurs fils passent de part et d'autre du cylindre. Ils n'indiquent pas la même chose. Expliquez, et dites ce que cela révèle sur la notion de potentiel.

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Réponses

  • a) E=r2dBdtE=\dfrac{r}{2}\dfrac{dB}{dt} dedans, E=R22rdBdtE=\dfrac{R^{2}}{2r}\dfrac{dB}{dt} dehors
  • b) 2,252{,}25, 3,753{,}75 puis 1,8751{,}875 mV/m : maximum sur le bord
  • c) Non : la circulation dépend du flux ENFERMÉ, pas du champ en chaque point
  • d) 4,24×1044{,}24\times 10^{-4} V et 1,18×1031{,}18\times 10^{-3} V, par le champ comme par le flux
  • e) Le champ induit n'est pas conservatif : le potentiel cesse d'être définissable

a) On applique la forme intégrale de la loi de Faraday, Ed=dΦdt\displaystyle\oint\vec{E}\cdot d\vec{\ell}=-\dfrac{d\Phi}{dt}, sur un cercle de rayon rr centré sur l'axe. Par symétrie, E\vec{E} est tangentiel et de module constant sur ce cercle, donc le membre de gauche vaut E(2πr)E(2\pi r). Pour r<Rr<R, le flux enfermé vaut Bπr2B\pi r^{2}, donc E(2πr)=πr2dBdtE(2\pi r)=\pi r^{2}\dfrac{dB}{dt} et E=r2dBdtE=\dfrac{r}{2}\dfrac{dB}{dt} : le champ croît LINÉAIREMENT avec rr. Pour r>Rr>R, le flux enfermé ne croît plus, il est plafonné à BπR2B\pi R^{2}, donc E(2πr)=πR2dBdtE(2\pi r)=\pi R^{2}\dfrac{dB}{dt} et E=R22rdBdtE=\dfrac{R^{2}}{2r}\dfrac{dB}{dt} : le champ décroît en 1r\dfrac{1}{r}. La structure est exactement celle du champ magnétique d'un fil épais, et pour la même raison mathématique.

b) En r=3,00r=3{,}00 cm : E=0,03002×0,150=2,25×103E=\dfrac{0{,}0300}{2}\times 0{,}150=2{,}25\times 10^{-3} V/m, soit 2,252{,}25 mV/m, le premier point marqué. En r=R=5,00r=R=5{,}00 cm : E=0,05002×0,150=3,75E=\dfrac{0{,}0500}{2}\times 0{,}150=3{,}75 mV/m, le maximum, atteint sur le bord et visible comme le sommet anguleux de la courbe. En r=10,0r=10{,}0 cm : E=(0,0500)22×0,100×0,150=1,875E=\dfrac{(0{,}0500)^{2}}{2\times 0{,}100}\times 0{,}150=1{,}875 mV/m, le second point. Contrôle : les deux expressions donnent la même valeur en r=Rr=R, ce qui doit toujours être vérifié sur une loi définie par morceaux.

c) Non, et c'est le contenu le plus profond du chapitre. La loi de Faraday sous forme intégrale ne relie pas E\vec{E} au champ magnétique LOCAL, elle relie sa circulation sur un contour au flux ENFERMÉ par ce contour. Un cercle de rayon 10,010{,}0 cm entoure toute la région où BB varie, donc il enferme un flux variable, donc il porte une circulation non nulle, même si en chacun de ses points le champ magnétique est rigoureusement nul. C'est un effet non local, et c'est le même phénomène qui permet à un transformateur de fonctionner alors que ses enroulements sont dans une région où le champ de fuite est faible. La version différentielle, ×E=Bt\vec{\nabla}\times\vec{E}=-\dfrac{\partial\vec{B}}{\partial t}, dit d'ailleurs qu'à l'extérieur le rotationnel est nul : le champ y est irrotationnel localement, tout en ayant une circulation non nulle sur un contour qui encercle la région. C'est possible parce que le domaine extérieur n'est pas simplement connexe.

d) Cercle de rayon 3,003{,}00 cm. Première méthode, par le champ : ε=E×2πr=2,25×103×2π×0,0300=4,24×104\varepsilon=E\times 2\pi r=2{,}25\times 10^{-3}\times 2\pi\times 0{,}0300=4{,}24\times 10^{-4} V. Seconde méthode, par le flux : ε=πr2dBdt=π(0,0300)2×0,150=4,24×104\varepsilon=\pi r^{2}\dfrac{dB}{dt}=\pi(0{,}0300)^{2}\times 0{,}150=4{,}24\times 10^{-4} V. Identiques. Cercle de rayon 10,010{,}0 cm. Par le champ : 1,875×103×2π×0,100=1,18×1031{,}875\times 10^{-3}\times 2\pi\times 0{,}100=1{,}18\times 10^{-3} V. Par le flux : πR2dBdt=π(0,0500)2×0,150=1,18×103\pi R^{2}\dfrac{dB}{dt}=\pi(0{,}0500)^{2}\times 0{,}150=1{,}18\times 10^{-3} V, en utilisant bien RR et non rr, puisque au-delà du cylindre il n'y a plus de flux à ajouter. C'est l'erreur à ne pas commettre : le rayon du contour et le rayon de la région chargée en flux sont deux choses différentes.

e) Les deux voltmètres mesurent réellement des tensions différentes, et aucun des deux n'est défectueux. La raison est que le champ électrique induit n'est PAS conservatif : sa circulation sur une boucle fermée vaut dΦdt-\dfrac{d\Phi}{dt} et non zéro. Or l'intégrale Ed\displaystyle\int\vec{E}\cdot d\vec{\ell} entre deux points dépend alors du chemin, et les deux voltmètres, dont les fils passent de part et d'autre de la région, empruntent deux chemins qui diffèrent d'une boucle complète : leurs lectures diffèrent exactement de la fem totale, 1,181{,}18 mV ici. Ce que cela révèle est important et déstabilisant : la notion même de POTENTIEL n'a plus de sens dans une région où Bt0\dfrac{\partial\vec{B}}{\partial t}\ne 0. On ne peut définir VV que si Ed=0\displaystyle\oint\vec{E}\cdot d\vec{\ell}=0 pour toute boucle, ce qui est vrai en électrostatique et faux ici. La question « quelle est la tension entre A et B ? » est alors mal posée tant qu'on n'a pas précisé le chemin, et c'est la raison pour laquelle, en électronique de puissance, on soigne autant le TRACÉ des boucles de mesure que le choix des appareils.

Exercice 7 : Le transformateur et son impédance ramenée

Un transformateur idéal comporte N1=2400N_{1}=2400 spires au primaire et N2=200N_{2}=200 spires au secondaire. Le primaire est alimenté sous 120120 V efficaces à 60,060{,}0 Hz. Une résistance de 5,005{,}00 Ω est branchée au secondaire.

N1 = 2400N2 = 200120 V10,0 V
  • a) Calculez la tension efficace au secondaire, le courant dans la charge et la puissance délivrée.
  • b) Calculez le courant appelé au primaire, par deux méthodes indépendantes.
  • c) Calculez l'impédance vue par la source au primaire, puis vérifiez-la directement par la loi d'Ohm.
  • d) Calculez le flux maximal dans le noyau, sachant que pour une alimentation sinusoïdale Ueff=4,44NfΦmaxU_{\text{eff}}=4{,}44\,N f\,\Phi_{\max}.
  • e) On mesure en réalité 1,201{,}20 W de pertes, dans le cuivre et dans le fer. Calculez le rendement, puis expliquez pourquoi un transformateur ne fonctionne pas du tout en courant continu, et ce qui arriverait si on l'y branchait.

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Réponses

  • a) U2=10,0U_{2}=10{,}0 V, I2=2,00I_{2}=2{,}00 A, P=20,0P=20{,}0 W
  • b) I10,167I_{1}\approx 0{,}167 A, par la puissance comme par le rapport des spires
  • c) Z1=(N1N2)2Z2=720Z_{1}=\left(\dfrac{N_{1}}{N_{2}}\right)^{2}Z_{2}=720 Ω, confirmé par U1/I1U_{1}/I_{1}
  • d) Φmax1,88×104\Phi_{max}\approx 1{,}88\times 10^{-4} Wb
  • e) η94,3%\eta\approx 94{,}3\,\% ; en continu, aucune fem et le primaire grille

a) U2=U1N2N1=120×2002400=10,0U_{2}=U_{1}\dfrac{N_{2}}{N_{1}}=120\times\dfrac{200}{2400}=10{,}0 V. Courant dans la charge : I2=10,05,00=2,00I_{2}=\dfrac{10{,}0}{5{,}00}=2{,}00 A. Puissance : P=U2I2=20,0P=U_{2}I_{2}=20{,}0 W. Le transformateur est abaisseur d'un facteur douze : il divise la tension par douze et, en contrepartie, multiplie le courant disponible par douze.

b) Première méthode, par la conservation de la puissance, qui est la définition même d'un transformateur idéal : I1=PU1=20,0120=0,167I_{1}=\dfrac{P}{U_{1}}=\dfrac{20{,}0}{120}=0{,}167 A. Seconde méthode, par le rapport des spires : I1=I2N2N1=2,00×112=0,167I_{1}=I_{2}\dfrac{N_{2}}{N_{1}}=2{,}00\times\dfrac{1}{12}=0{,}167 A. Identiques. Le point de vigilance est le SENS du rapport : les tensions suivent N2N1\dfrac{N_{2}}{N_{1}} et les courants suivent l'inverse. Le contrôle qui ne trompe jamais est de vérifier que le produit UIUI est le même des deux côtés.

c) Impédance ramenée : Z1=(N1N2)2Z2=(12,0)2×5,00=720Z_{1}=\left(\dfrac{N_{1}}{N_{2}}\right)^{2}Z_{2}=(12{,}0)^{2}\times 5{,}00=720 Ω. Vérification directe : U1I1=1200,167=720\dfrac{U_{1}}{I_{1}}=\dfrac{120}{0{,}167}=720 Ω. La source ne voit donc pas du tout une résistance de cinq ohms, elle voit sept cent vingt ohms. C'est la propriété la plus utile du transformateur après le changement de tension, et elle explique son rôle historique en audio : un haut-parleur de huit ohms ne peut pas être attaqué directement par un tube à vide qui veut voir plusieurs kilohms, et le transformateur de sortie fait exactement cette adaptation. Le carré du rapport est essentiel : diviser la tension par douze et multiplier le courant par douze divise l'impédance par cent quarante-quatre.

d) Φmax=Ueff4,44N1f=1204,44×2400×60,0=1206,394×105=1,88×104\Phi_{\max}=\dfrac{U_{\text{eff}}}{4{,}44\,N_{1}f}=\dfrac{120}{4{,}44\times 2400\times 60{,}0}=\dfrac{120}{6{,}394\times 10^{5}}=1{,}88\times 10^{-4} Wb. Le coefficient 4,444{,}44 vaut 2π\sqrt{2}\pi et vient du passage de la valeur maximale à la valeur efficace d'une sinusoïde dérivée. La formule dit une chose importante pour la conception : à tension donnée, le flux nécessaire est inversement proportionnel à la FRÉQUENCE. C'est pourquoi un transformateur d'avion à 400400 Hz est six fois plus petit qu'un transformateur de réseau à 6060 Hz pour la même puissance, et pourquoi l'électronique moderne travaille à des dizaines de kilohertz.

e) Rendement : η=20,020,0+1,20=20,021,2=0,943\eta=\dfrac{20{,}0}{20{,}0+1{,}20}=\dfrac{20{,}0}{21{,}2}=0{,}943, soit 94,394{,}3 %. En courant continu, le flux dans le noyau est CONSTANT, donc dΦdt=0\dfrac{d\Phi}{dt}=0, donc la fem induite au secondaire est nulle : le transformateur ne transmet rigoureusement rien, quelle que soit la tension appliquée. Pire, le primaire ne présente plus alors que sa résistance ohmique de bobinage, quelques ohms au lieu des 720720 Ω calculés en c), car cette impédance venait entièrement de l'induction. Le courant appelé exploserait, et l'enroulement grillerait en quelques secondes. C'est un accident classique, et c'est la meilleure démonstration pratique que ce qui limite le courant dans un transformateur n'est pas sa résistance mais sa réaction inductive, c'est-à-dire la loi de Lenz.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse, ou fausse par un détail décisif. Dites ce qui cloche et donnez l'énoncé correct. Deux points chacune.

  • a) « Un champ magnétique intense produit toujours une fem induite importante dans une bobine qui s'y trouve. »
  • b) « Le courant induit circule toujours dans le sens opposé au champ magnétique appliqué. »
  • c) « Une bobine en circuit ouvert ne peut pas produire de fem, puisque aucun courant ne peut y circuler. »
  • d) « La loi de Lenz est une conséquence expérimentale sans lien avec les autres lois de la physique. »
  • e) « Dans une région où le champ magnétique varie, on peut toujours définir la tension entre deux points comme la différence de potentiel. »

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Réponses

  • a) C'est la pente du flux qui induit, pas sa valeur
  • b) Le courant induit s'oppose à la VARIATION, pas au champ
  • c) La fem existe à vide ; seul le courant exige un circuit fermé
  • d) La loi de Lenz EST la conservation de l'énergie
  • e) Sans champ conservatif, pas de potentiel : la question devient mal posée

a) Faux, et c'est l'erreur numéro un du chapitre. La loi de Faraday fait intervenir dΦdt\dfrac{d\Phi}{dt}, jamais Φ\Phi : un champ de dix teslas parfaitement stable induit exactement zéro, tandis qu'un champ de dix millitesla coupé en une milliseconde induit bien davantage. Énoncé correct : c'est le TAUX DE VARIATION du flux qui produit la fem, et un champ intense mais constant ne produit rien du tout. L'exemple à donner est l'imageur par résonance magnétique, dont l'aimant principal, pourtant à plusieurs teslas, n'induit rien tant qu'il est stable : ce sont les gradients commutés, bien plus faibles, qui induisent des courants dans le patient.

b) Faux, et il manque un seul mot pour que ce soit vrai. Le courant induit s'oppose à la VARIATION du flux, pas au flux. Quand le flux DIMINUE, le courant induit crée un champ de MÊME sens que le champ appliqué, pour tenter de le maintenir : il le renforce au lieu de s'y opposer. Énoncé correct : le courant induit circule dans le sens tel que son propre champ s'oppose au CHANGEMENT du flux qui lui donne naissance. Un aimant qu'on éloigne d'une bobine est attiré par elle, et c'est le contre-exemple le plus court à donner en examen.

c) L'affirmation confond la fem et le courant. La fem existe dès qu'il y a variation de flux, indépendamment de tout circuit : c'est le travail par unité de charge qu'exerce le champ électrique induit, et il se manifeste par une tension mesurable aux bornes ouvertes de la bobine. Ce qui exige un circuit fermé, c'est le COURANT, donc aussi la force de Lenz et la dissipation. Énoncé correct : une bobine ouverte développe bien une fem NdΦdt-N\dfrac{d\Phi}{dt} à ses bornes, simplement elle ne débite aucun courant, ne subit aucune force et ne dissipe aucune énergie. C'est d'ailleurs le mode de fonctionnement de la plupart des capteurs inductifs, dont on lit la tension à vide.

d) Faux. La loi de Lenz n'est rien d'autre que la conservation de l'énergie appliquée à l'induction. Si le courant induit renforçait la variation au lieu de s'y opposer, chaque perturbation s'amplifierait elle-même : un aimant approché d'une bobine serait aspiré, accélérerait, produirait un courant plus fort qui l'aspirerait davantage, et l'on disposerait d'une source d'énergie inépuisable. Énoncé correct : la loi de Lenz est le signe moins de la loi de Faraday, et ce signe est imposé par la conservation de l'énergie. C'est aussi pourquoi elle est parfois présentée comme le principe de modération, sous lequel tout système résiste à ce qu'on lui impose.

e) Faux, et c'est le contenu de l'exercice 6. Le potentiel n'est définissable que si le champ électrique est CONSERVATIF, c'est-à-dire si sa circulation sur toute boucle fermée est nulle. Or la loi de Faraday dit exactement le contraire dès que le flux varie : Ed=dΦdt0\displaystyle\oint\vec{E}\cdot d\vec{\ell}=-\dfrac{d\Phi}{dt}\ne 0. Énoncé correct : dans une telle région, l'intégrale de E\vec{E} entre deux points dépend du chemin suivi, deux voltmètres branchés aux mêmes bornes par des chemins différents affichent des valeurs différentes, et la notion de différence de potentiel perd son sens. Elle ne le retrouve qu'en régime statique, ou en pratique quand la boucle de mesure n'enferme aucun flux variable.

Exercice 9 : Problème : le capteur inductif d'un système antiblocage

Un capteur de vitesse de roue est constitué d'une bobine de 250250 spires placée devant une couronne dentée de 4848 dents solidaire de la roue. Le passage de chaque dent fait varier le flux à travers la bobine entre deux valeurs, et l'on modélise cette variation par Φ(t)=Φ0+ΔΦsin(2πft)\Phi(t)=\Phi_{0}+\Delta\Phi\sin(2\pi f t) avec ΔΦ=1,50\Delta\Phi=1{,}50 μWb. La roue a un rayon de 0,3200{,}320 m.

  • a) Le véhicule roule à 90,090{,}0 km/h. Calculez la vitesse angulaire de la roue, puis la fréquence du signal délivré par le capteur.
  • b) Établissez l'expression de la fem induite, et calculez son amplitude à cette vitesse.
  • c) Le véhicule ralentit à 10,010{,}0 km/h. Calculez la nouvelle fréquence et la nouvelle amplitude. Quelle est la difficulté ?
  • d) L'électronique du calculateur exige une amplitude d'au moins 0,1000{,}100 V pour détecter le signal de façon fiable. En dessous de quelle vitesse le capteur devient-il aveugle ?
  • e) Un système antiblocage doit précisément fonctionner à basse vitesse, au moment où une roue se bloque. Comment l'industrie a-t-elle résolu ce problème, et pourquoi ce capteur inductif reste-t-il malgré tout très utilisé ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) ω78,1\omega\approx 78{,}1 rad/s et f597f\approx 597 Hz
  • b) εmax=NΔΦ2πf1,41\varepsilon_{max}=N\Delta\Phi\,2\pi f\approx 1{,}41 V
  • c) 66,366{,}3 Hz et 0,1560{,}156 V : à l'arrêt, le capteur ne voit plus rien
  • d) En dessous de 6,406{,}40 km/h
  • e) Capteurs actifs à effet Hall ; l'inductif reste passif, robuste et bon marché

a) v=90,03,6=25,0v=\dfrac{90{,}0}{3{,}6}=25{,}0 m/s. Vitesse angulaire : ω=vR=25,00,320=78,1\omega=\dfrac{v}{R}=\dfrac{25{,}0}{0{,}320}=78{,}1 rad/s, soit 78,12π=12,4\dfrac{78{,}1}{2\pi}=12{,}4 tours par seconde. Chaque tour fait défiler 4848 dents, donc la fréquence du signal vaut f=48×12,4=597f=48\times 12{,}4=597 Hz. La denture est ici un MULTIPLICATEUR de fréquence : elle transforme douze tours par seconde en six cents impulsions, ce qui donne au calculateur une mesure de vitesse quarante-huit fois plus fine dans le temps. C'est la raison d'être de la couronne.

b) ε=NdΦdt=NΔΦ(2πf)cos(2πft)\varepsilon=-N\dfrac{d\Phi}{dt}=-N\Delta\Phi\,(2\pi f)\cos(2\pi ft), donc l'amplitude vaut εmax=NΔΦ2πf=250×1,50×106×2π×597=3,75×104×3750=1,41\varepsilon_{\max}=N\Delta\Phi\,2\pi f=250\times 1{,}50\times 10^{-6}\times 2\pi\times 597=3{,}75\times 10^{-4}\times 3750=1{,}41 V. Le fait crucial est que l'amplitude est PROPORTIONNELLE à la fréquence, donc à la vitesse du véhicule : ce capteur mesure une vitesse par sa fréquence, mais son amplitude en dépend aussi, et c'est là que le problème va se poser.

c) À 10,010{,}0 km/h, la fréquence est neuf fois plus faible : f=5979=66,3f=\dfrac{597}{9}=66{,}3 Hz. Et l'amplitude aussi : εmax=1,419=0,156\varepsilon_{\max}=\dfrac{1{,}41}{9}=0{,}156 V. La difficulté est là : un capteur inductif ne délivre rien quand rien ne bouge. À l'arrêt complet, la fem est rigoureusement NULLE, et le capteur ne peut pas distinguer une roue immobile d'un capteur débranché. La chute est proportionnelle à la vitesse, donc brutale précisément dans le domaine où l'on a besoin de la mesure.

d) L'amplitude est proportionnelle à la vitesse, donc εmax=1,41×v90,0\varepsilon_{\max}=1{,}41\times\dfrac{v}{90{,}0} avec vv en km/h. Le seuil 0,1000{,}100 V est atteint pour v=90,0×0,1001,41=6,40v=90{,}0\times\dfrac{0{,}100}{1{,}41}=6{,}40 km/h. En dessous de 6,46{,}4 km/h, soit à peine plus qu'un pas de marche rapide, le capteur devient inexploitable. Pour un système de contrôle de traction ou d'aide au démarrage en côte, c'est rédhibitoire.

e) L'industrie est passée aux capteurs ACTIFS, à effet Hall ou magnétorésistifs, qui mesurent le champ magnétique lui-même et non sa variation : leur signal ne dépend pas de la vitesse et reste parfaitement lisible jusqu'à l'arrêt complet, ce qui permet en prime de connaître le SENS de rotation, information qu'un capteur inductif ne donne pas. Le capteur inductif conserve pourtant une place, pour trois raisons solides. Il est entièrement passif, donc il n'exige aucune alimentation et ne peut pas tomber en panne électroniquement. Il tolère des températures et des vibrations qui détruiraient un circuit intégré, ce qui compte sous un capot ou près d'un frein. Et il coûte quelques dizaines de cents contre plusieurs dollars. Il reste donc la solution de référence partout où la mesure à très basse vitesse n'est pas nécessaire, notamment sur les régimes moteur et les arbres de transmission.

Exercice 10 : Problème : la plaque à induction

Une plaque à induction alimente une bobine plate à la fréquence f=25,0f=25{,}0 kHz. La casserole posée dessus est modélisée par une spire unique de rayon a=8,00a=8{,}00 cm et de résistance R=20,0R=20{,}0 mΩ, plongée dans un champ alternatif d'amplitude B0=3,00B_{0}=3{,}00 mT perpendiculaire à son fond.

  • a) Calculez l'amplitude du flux à travers la casserole, puis l'amplitude et la valeur efficace de la fem induite.
  • b) Calculez la puissance moyenne dissipée dans la casserole. L'ordre de grandeur est-il crédible pour un appareil de cuisson ?
  • c) On abaisse la fréquence à 5,005{,}00 kHz, tout le reste étant inchangé. Calculez la nouvelle puissance et énoncez la loi d'échelle.
  • d) Une casserole en aluminium, bien meilleur conducteur que l'acier, chauffe pourtant beaucoup moins bien sur une plaque à induction. Expliquez les deux raisons.
  • e) La plaque ne chauffe pas elle-même et reste tiède, alors qu'elle transmet plus de deux kilowatts. Où va exactement l'énergie, et quelle propriété de l'induction rend ce transfert possible sans contact ?

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c)
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e)
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Réponses

  • a) Φmax6,03×105\Phi_{max}\approx 6{,}03\times 10^{-5} Wb, εmax9,47\varepsilon_{max}\approx 9{,}47 V, εeff6,70\varepsilon_{eff}\approx 6{,}70 V
  • b) P2,24P\approx 2{,}24 kW : parfaitement crédible pour un foyer
  • c) P89,8P\approx 89{,}8 W : la puissance va comme f2f^{2}
  • d) Amagnétique et trop conducteur : le champ pénètre et ε2/R\varepsilon^{2}/R s'effondre
  • e) Le fond de la casserole est le résistor : l'induction transfère sans contact

a) Amplitude du flux : Φmax=B0πa2=3,00×103×π×(0,0800)2=6,03×105\Phi_{\max}=B_{0}\pi a^{2}=3{,}00\times 10^{-3}\times\pi\times(0{,}0800)^{2}=6{,}03\times 10^{-5} Wb. La fem est la dérivée d'une sinusoïde, donc son amplitude vaut εmax=2πfΦmax=2π×2,50×104×6,03×105=9,47\varepsilon_{\max}=2\pi f\,\Phi_{\max}=2\pi\times 2{,}50\times 10^{4}\times 6{,}03\times 10^{-5}=9{,}47 V. Valeur efficace : εeff=9,472=6,70\varepsilon_{\text{eff}}=\dfrac{9{,}47}{\sqrt{2}}=6{,}70 V. Notez la disproportion : un champ de trois millitesla, cent fois plus faible que celui d'un aimant de laboratoire, produit près de dix volts, uniquement parce qu'on le fait varier vingt-cinq mille fois par seconde.

b) P=εeff2R=(6,70)220,0×103=44,90,0200=2,24×103P=\dfrac{\varepsilon_{\text{eff}}^{2}}{R}=\dfrac{(6{,}70)^{2}}{20{,}0\times 10^{-3}}=\dfrac{44{,}9}{0{,}0200}=2{,}24\times 10^{3} W, soit 2,242{,}24 kW. L'ordre de grandeur est parfaitement crédible : les plaques à induction domestiques annoncent couramment 22 à 33 kW par foyer, et c'est bien ce qui leur permet de porter un litre d'eau à ébullition en deux ou trois minutes. Insistons sur le fait que ce sont des valeurs EFFICACES qu'il faut utiliser dans U2R\dfrac{U^{2}}{R} : passer par l'amplitude donnerait le double, une erreur d'un facteur deux qui se glisse facilement.

c) La fem est proportionnelle à ff, donc la puissance, qui va comme le carré de la fem, est proportionnelle à f2f^{2}. En divisant la fréquence par cinq, on divise la puissance par vingt-cinq : P=2,24×10325,0=89,8P=\dfrac{2{,}24\times 10^{3}}{25{,}0}=89{,}8 W. La loi d'échelle est donc Pf2B02a4P\propto f^{2}B_{0}^{2}a^{4}, en tenant compte de ce que le flux va comme a2a^{2}. Elle explique tous les choix de conception : on monte la fréquence aussi haut que l'électronique le permet, et on limite la valeur retenue à environ vingt à trente kilohertz pour rester juste au-dessus de la bande audible, faute de quoi la casserole sifflerait de façon audible par magnétostriction.

d) Deux raisons se combinent, et il faut les donner toutes les deux. La première tient à l'effet de peau : la profondeur de pénétration du champ décroît quand la perméabilité magnétique augmente, et l'acier ferromagnétique a une perméabilité relative de plusieurs centaines, ce qui confine les courants induits dans une couche très mince, quelques dixièmes de millimètre. Une section réduite signifie une RÉSISTANCE plus grande, donc une meilleure dissipation. Dans l'aluminium, amagnétique, le champ pénètre profondément et les courants se répartissent dans toute l'épaisseur. La seconde raison est que l'aluminium conduit trop bien : sa faible résistivité fait chuter ε2R\dfrac{\varepsilon^{2}}{R} pour une fem donnée, exactement comme un court-circuit franc dissipe moins qu'une résistance adaptée. Le bon matériau pour l'induction n'est donc pas le meilleur conducteur, c'est un conducteur MÉDIOCRE et ferromagnétique, ce qui est précisément la définition de l'acier inoxydable ferritique dont on fait les fonds de casseroles compatibles. S'y ajoute un troisième effet, l'hystérésis magnétique, qui dissipe elle aussi dans un matériau ferromagnétique et pas du tout dans l'aluminium.

e) L'énergie part de l'alimentation électrique, passe dans la bobine, y est convertie en énergie du champ magnétique alternatif, puis ce champ induit une fem dans le fond de la casserole où elle se dissipe par effet Joule. Le fond de la casserole EST le résistor chauffant, et c'est pourquoi la plaque elle-même reste tiède : elle ne s'échauffe que par conduction depuis la casserole posée dessus, et par les pertes modestes de sa propre bobine. La propriété qui rend cela possible est celle de tout l'exercice 6 : l'induction est une action à distance qui ne demande aucun contact électrique. Le champ magnétique traverse la vitrocéramique, isolante et amagnétique, sans y déposer d'énergie, et ne rencontre le premier conducteur qu'à la surface de la casserole. C'est le même principe que le transformateur de l'exercice 7, à ceci près qu'ici le secondaire est la charge elle-même et qu'il est en court-circuit sur lui-même, ce qui est exactement ce qu'on veut quand le but est de chauffer plutôt que de transmettre.

Chapitre précédent Magnétisme et induction Chapitre suivant Sources du champ magnétique

Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

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