Exercice 1 : Le flux électrique et le cube
Un cube d'arête cm est placé dans un champ électrique uniforme de N/C parallèle à l'une de ses arêtes. On y place ensuite une charge ponctuelle nC, d'abord au centre du cube, puis en l'un de ses sommets.
- a) Calculez le flux à travers chacune des six faces dans le champ uniforme, puis le flux total. Retrouvez ce total par le théorème de Gauss.
- b) On incline maintenant le cube de ° autour d'un axe vertical, le champ restant inchangé. Le flux total change-t-il ? Et le flux à travers chaque face ?
- c) La charge est placée au centre du cube, le champ uniforme étant supprimé. Calculez le flux total, puis le flux à travers une face, sans aucune intégrale.
- d) La charge est maintenant placée exactement à un SOMMET du cube. Calculez le flux total à travers le cube, puis le flux à travers chacune des six faces.
- e) Une charge de nC est placée à cm à l'EXTÉRIEUR d'une face. Que vaut le flux total à travers le cube ? Le champ sur cette face est-il nul pour autant ?
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Réponses
- a) N·m²/C sur deux faces, sur les quatre autres, total nul
- b) Le total reste nul ; les faces reçoivent et N·m²/C
- c) N·m²/C, soit par face
- d) N·m²/C, réparti sur trois faces seulement : chacune
- e) Flux rigoureusement nul, mais N/C sur la face
a) Aire d'une face : m. Les deux faces perpendiculaires au champ donnent N·m/C, l'une comptée négativement puisque le champ y ENTRE et l'autre positivement puisqu'il en SORT, la normale d'une surface fermée étant conventionnellement orientée vers l'extérieur. Les quatre autres faces sont parallèles au champ, leur normale lui est perpendiculaire, et leur flux est nul. Total : . Le théorème de Gauss le confirme immédiatement : le cube n'enferme aucune charge, donc .
b) Le flux TOTAL ne change pas, il reste nul : le théorème de Gauss ne dépend que de la charge enfermée, qui est toujours nulle, et absolument pas de l'orientation. En revanche, le flux à travers CHAQUE face change : les deux faces autrefois perpendiculaires ne reçoivent plus que N·m/C en valeur absolue, et deux des faces autrefois parallèles reçoivent maintenant N·m/C. La somme reste nulle, avec quatre contributions au lieu de deux. C'est la première leçon du chapitre : le théorème porte sur le total, jamais sur le détail.
c) N·m/C. Par symétrie, la charge étant au centre, les six faces sont rigoureusement équivalentes et se partagent le flux également : N·m/C chacune. Aucune intégrale n'est nécessaire, et c'est exactement l'intérêt du théorème : calculer directement l'intégrale du champ d'une charge ponctuelle sur une face carrée est un exercice pénible dont le résultat est ce nombre.
d) Un sommet est partagé par HUIT cubes identiques qui rempliraient l'espace autour de la charge. Par symétrie, chacun en reçoit un huitième : N·m/C. La répartition entre les faces est plus subtile, et c'est la vraie question. Les TROIS faces qui touchent le sommet contiennent la charge dans leur propre plan : le champ y est partout parallèle à la face, donc leur flux est NUL. Les trois autres faces se partagent donc tout, par symétrie à parts égales : N·m/C chacune. Ce résultat, un huitième réparti sur trois faces, est un classique d'examen et il ne s'obtient que par l'argument d'angle solide, jamais par le calcul direct.
e) Le flux total est RIGOUREUSEMENT NUL, quelle que soit la proximité de la charge et quelle que soit sa valeur : elle n'est pas enfermée. Toutes les lignes de champ qui pénètrent dans le cube en ressortent, et les contributions positives et négatives se compensent exactement. Le champ, lui, n'est absolument pas nul sur cette face : à un centimètre, il vaut N/C, énorme. C'est la distinction à ne jamais perdre de vue : un flux nul ne dit rien du champ point par point, il dit seulement que le bilan entrant-sortant est équilibré.