Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : le théorème de Gauss (203-SN2-RE, ancien 203-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés du cours 203-SN2-RE (ancien 203-SN2-RE) consacrée au théorème de Gauss. La partie A parcourt les trois symétries et leurs pièges : le flux à travers un cube, avec la charge au centre puis dans un coin, la sphère isolante uniformément chargée et le raccord entre ses deux régions, le câble coaxial électrostatique et sa propriété de blindage, les plans infinis pris seuls puis par paires, et une distribution de densité non uniforme où aucune formule apprise par coeur ne s'applique. La partie B monte d'un cran : la cavité sphérique excentrée dont le champ intérieur est rigoureusement uniforme, le facteur deux qui distingue une nappe chargée d'une surface de conducteur, cinq affirmations à corriger, le seau à glace de Faraday, et le champ électrique atmosphérique de la Terre.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale spécialité physique-chimie du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas, et elle sert aussi de révision solide en classe préparatoire ou en première année de licence, le théorème de Gauss ayant partout la même place : le premier outil qui remplace un calcul d'intégrale par un argument de symétrie.

Le fil à garder tout du long : le théorème de Gauss est toujours VRAI, il n'est pas toujours UTILE. Sa validité ne suppose rien, aucune symétrie, aucune forme particulière de surface. Mais il ne permet d'extraire le champ que si l'on peut sortir EE de l'intégrale, ce qui exige que le module de E\vec{E} soit constant sur la surface choisie et que la direction y soit connue. C'est donc la SYMÉTRIE de la distribution, et elle seule, qui décide si le théorème sert à quelque chose. Trois symétries fonctionnent, la sphérique, la cylindrique infinie et la plane infinie, et aucune autre. Devant un énoncé, la première question n'est pas « quelle formule ? » mais « la symétrie me donne-t-elle une surface sur laquelle EE est constant ? »

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Ce chapitre fait partie de Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (9 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Théorème de Pythagore et réciproqueSecondaire 3, Mathématiques
  2. 2Relations métriques et trigonométrie du triangle rectangleSecondaire 4 SN4, Mathématiques
  3. 3Les vecteurs et la géométrie vectorielleSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  4. 4Cinématique et le MRUASecondaire 5 SN5
  5. 5Dynamique et les lois de NewtonSecondaire 5 SN5
  6. 6La dérivée et ses règlesCalcul différentiel (201-NYA)
  7. 7Cinématique en une et deux dimensionsMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  8. 8Dynamique : lois de Newton et frottementMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  9. 9Charge, champ et potentiel électriques

Rappel de cours

  • Flux d'un champ à travers une surface : ΦE=EdA\Phi_{E}=\displaystyle\int\vec{E}\cdot d\vec{A}, en N·m2^{2}/C. Sur une surface plane dans un champ uniforme, ΦE=EAcosθ\Phi_{E}=EA\cos\theta, où θ\theta est l'angle entre le champ et la NORMALE.
  • Théorème de Gauss : EdA=Qintε0\displaystyle\oint\vec{E}\cdot d\vec{A}=\dfrac{Q_{\text{int}}}{\varepsilon_{0}}, où QintQ_{\text{int}} est la seule charge ENFERMÉE par la surface fermée. Les charges extérieures créent du champ en tout point de la surface mais un flux total nul : ce qui entre ressort.
  • Constantes : ε0=8,854×1012\varepsilon_{0}=8{,}854\times 10^{-12} F/m et k=14πε0=8,988×109k=\dfrac{1}{4\pi\varepsilon_{0}}=8{,}988\times 10^{9} N·m2^{2}/C2^{2}.
  • Symétrie sphérique, surface de Gauss sphérique : E(4πr2)=Qintε0E(4\pi r^{2})=\dfrac{Q_{\text{int}}}{\varepsilon_{0}}. Pour une sphère PLEINE uniformément chargée de rayon RR : E=kQrR3E=\dfrac{kQr}{R^{3}} à l'intérieur, E=kQr2E=\dfrac{kQ}{r^{2}} à l'extérieur. Le champ croît linéairement, passe par un maximum en r=Rr=R, puis décroît.
  • Symétrie cylindrique infinie, surface de Gauss cylindrique de longueur LL : E(2πrL)=Qintε0E(2\pi rL)=\dfrac{Q_{\text{int}}}{\varepsilon_{0}}. Pour un fil de densité linéique λ\lambda : E=λ2πε0r=2kλrE=\dfrac{\lambda}{2\pi\varepsilon_{0}r}=\dfrac{2k\lambda}{r}. Les deux disques du cylindre ne contribuent PAS, le champ y étant parallèle à leur surface.
  • Symétrie plane infinie, surface de Gauss en boîte traversant le plan : nappe de densité σ\sigma, E=σ2ε0E=\dfrac{\sigma}{2\varepsilon_{0}}, uniforme et indépendant de la distance, de part et d'autre.
  • Surface d'un CONDUCTEUR en équilibre : E=σε0E=\dfrac{\sigma}{\varepsilon_{0}} juste à l'extérieur, perpendiculaire à la surface, et E=0E=0 à l'intérieur du métal. Le facteur 2 de différence avec la nappe isolée vient de ce que tout le flux sort d'un seul côté.
  • Potentiel d'une sphère pleine uniformément chargée : V=kQrV=\dfrac{kQ}{r} pour rRr\ge R, et V=kQ2R3(3R2r2)V=\dfrac{kQ}{2R^{3}}(3R^{2}-r^{2}) pour rRr\le R. Au centre, V=32kQRV=\dfrac{3}{2}\dfrac{kQ}{R}, une fois et demie le potentiel de surface.
  • Densité non uniforme : la charge enfermée s'obtient par Qint=0rρ(r)4πr2drQ_{\text{int}}=\displaystyle\int_{0}^{r}\rho(r')\,4\pi r'^{2}\,dr' en symétrie sphérique. Aucune formule toute faite ne s'applique, seule l'intégrale compte.
  • Superposition : une sphère uniformément chargée creusée d'une CAVITÉ sphérique équivaut à la superposition d'une sphère pleine de densité ρ\rho et d'une sphère de densité ρ-\rho occupant la cavité. Le champ dans la cavité est alors UNIFORME et vaut E=ρd3ε0\vec{E}=\dfrac{\rho\vec{d}}{3\varepsilon_{0}}, où d\vec{d} joint les deux centres.
  • Pression électrostatique sur la surface d'un conducteur : P=σ22ε0P=\dfrac{\sigma^{2}}{2\varepsilon_{0}}, toujours dirigée vers l'extérieur, quel que soit le signe de la charge.

Partie A : les trois symétries (/50)

Exercice 1 : Le flux électrique et le cube

Un cube d'arête 20,020{,}0 cm est placé dans un champ électrique uniforme de 350350 N/C parallèle à l'une de ses arêtes. On y place ensuite une charge ponctuelle q=+6,00q=+6{,}00 nC, d'abord au centre du cube, puis en l'un de ses sommets.

  • a) Calculez le flux à travers chacune des six faces dans le champ uniforme, puis le flux total. Retrouvez ce total par le théorème de Gauss.
  • b) On incline maintenant le cube de 30,030{,}0° autour d'un axe vertical, le champ restant inchangé. Le flux total change-t-il ? Et le flux à travers chaque face ?
  • c) La charge qq est placée au centre du cube, le champ uniforme étant supprimé. Calculez le flux total, puis le flux à travers une face, sans aucune intégrale.
  • d) La charge qq est maintenant placée exactement à un SOMMET du cube. Calculez le flux total à travers le cube, puis le flux à travers chacune des six faces.
  • e) Une charge de 5050 nC est placée à 1,001{,}00 cm à l'EXTÉRIEUR d'une face. Que vaut le flux total à travers le cube ? Le champ sur cette face est-il nul pour autant ?

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Réponses

  • a) ±14,0\pm 14{,}0 N·m²/C sur deux faces, 00 sur les quatre autres, total nul
  • b) Le total reste nul ; les faces reçoivent 12,112{,}1 et 7,007{,}00 N·m²/C
  • c) Φ=q/ε0=678\Phi=q/\varepsilon_{0}=678 N·m²/C, soit 113113 par face
  • d) 678/8=84,7678/8=84{,}7 N·m²/C, réparti sur trois faces seulement : 28,228{,}2 chacune
  • e) Flux rigoureusement nul, mais E4,5×106E\approx 4{,}5\times 10^{6} N/C sur la face

a) Aire d'une face : A=(0,200)2=0,0400A=(0{,}200)^{2}=0{,}0400 m2^{2}. Les deux faces perpendiculaires au champ donnent Φ=±EA=±350×0,0400=±14,0\Phi=\pm EA=\pm 350\times 0{,}0400=\pm 14{,}0 N·m2^{2}/C, l'une comptée négativement puisque le champ y ENTRE et l'autre positivement puisqu'il en SORT, la normale d'une surface fermée étant conventionnellement orientée vers l'extérieur. Les quatre autres faces sont parallèles au champ, leur normale lui est perpendiculaire, cos90°=0\cos 90°=0 et leur flux est nul. Total : 14,0+14,0=0-14{,}0+14{,}0=0. Le théorème de Gauss le confirme immédiatement : le cube n'enferme aucune charge, donc Φ=0ε0=0\Phi=\dfrac{0}{\varepsilon_{0}}=0.

b) Le flux TOTAL ne change pas, il reste nul : le théorème de Gauss ne dépend que de la charge enfermée, qui est toujours nulle, et absolument pas de l'orientation. En revanche, le flux à travers CHAQUE face change : les deux faces autrefois perpendiculaires ne reçoivent plus que EAcos30,0°=12,1EA\cos 30{,}0°=12{,}1 N·m2^{2}/C en valeur absolue, et deux des faces autrefois parallèles reçoivent maintenant EAcos60,0°=7,00EA\cos 60{,}0°=7{,}00 N·m2^{2}/C. La somme reste nulle, avec quatre contributions au lieu de deux. C'est la première leçon du chapitre : le théorème porte sur le total, jamais sur le détail.

c) Φtot=qε0=6,00×1098,854×1012=678\Phi_{\text{tot}}=\dfrac{q}{\varepsilon_{0}}=\dfrac{6{,}00\times 10^{-9}}{8{,}854\times 10^{-12}}=678 N·m2^{2}/C. Par symétrie, la charge étant au centre, les six faces sont rigoureusement équivalentes et se partagent le flux également : 6786=113\dfrac{678}{6}=113 N·m2^{2}/C chacune. Aucune intégrale n'est nécessaire, et c'est exactement l'intérêt du théorème : calculer directement l'intégrale du champ d'une charge ponctuelle sur une face carrée est un exercice pénible dont le résultat est ce nombre.

d) Un sommet est partagé par HUIT cubes identiques qui rempliraient l'espace autour de la charge. Par symétrie, chacun en reçoit un huitième : Φ=q8ε0=6788=84,7\Phi=\dfrac{q}{8\varepsilon_{0}}=\dfrac{678}{8}=84{,}7 N·m2^{2}/C. La répartition entre les faces est plus subtile, et c'est la vraie question. Les TROIS faces qui touchent le sommet contiennent la charge dans leur propre plan : le champ y est partout parallèle à la face, donc leur flux est NUL. Les trois autres faces se partagent donc tout, par symétrie à parts égales : 84,73=28,2\dfrac{84{,}7}{3}=28{,}2 N·m2^{2}/C chacune. Ce résultat, un huitième réparti sur trois faces, est un classique d'examen et il ne s'obtient que par l'argument d'angle solide, jamais par le calcul direct.

e) Le flux total est RIGOUREUSEMENT NUL, quelle que soit la proximité de la charge et quelle que soit sa valeur : elle n'est pas enfermée. Toutes les lignes de champ qui pénètrent dans le cube en ressortent, et les contributions positives et négatives se compensent exactement. Le champ, lui, n'est absolument pas nul sur cette face : à un centimètre, il vaut k×50×109(0,0100)2=4,49×106\dfrac{k\times 50\times 10^{-9}}{(0{,}0100)^{2}}=4{,}49\times 10^{6} N/C, énorme. C'est la distinction à ne jamais perdre de vue : un flux nul ne dit rien du champ point par point, il dit seulement que le bilan entrant-sortant est équilibré.

Exercice 2 : La sphère isolante pleine : deux régions, un raccord

Une sphère ISOLANTE de rayon R=10,0R=10{,}0 cm porte une charge Q=45,0Q=45{,}0 nC uniformément répartie DANS SON VOLUME. La courbe donne le module du champ électrique en fonction de la distance au centre.

510152025305101520253035404550r (cm)r = RE (kV/m)
  • a) Calculez la densité volumique de charge.
  • b) Établissez l'expression du champ à l'intérieur, puis calculez-le en r=4,00r=4{,}00 cm. Justifiez pourquoi il CROÎT avec rr alors qu'un champ électrique décroît d'ordinaire.
  • c) Calculez le champ en r=Rr=R par les deux expressions, et le champ en r=25,0r=25{,}0 cm. Vérifiez les trois points marqués sur la courbe.
  • d) Calculez le potentiel en r=25,0r=25{,}0 cm, en r=Rr=R, en r=4,00r=4{,}00 cm et au centre.
  • e) La sphère est maintenant CONDUCTRICE, avec la même charge totale. Que deviennent le champ en r=4,00r=4{,}00 cm, le champ en r=25,0r=25{,}0 cm et le potentiel au centre ?

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Réponses

  • a) ρ=1,07×105\rho=1{,}07\times 10^{-5} C/m³
  • b) E=kQrR3=1,62×104E=\dfrac{kQr}{R^{3}}=1{,}62\times 10^{4} V/m : la charge croît en r3r^{3}, l'aire en r2r^{2}
  • c) 4,04×1044{,}04\times 10^{4} V/m à la surface par les deux voies, 6,47×1036{,}47\times 10^{3} V/m à 2525 cm
  • d) 1,621{,}62, 4,044{,}04, 5,745{,}74 et 6,076{,}07 kV : le potentiel est maximal au centre
  • e) E=0E=0 dedans, 6,47×1036{,}47\times 10^{3} V/m dehors inchangé, V=4,04V=4{,}04 kV partout dans le métal

a) ρ=Q43πR3=45,0×10943π(0,100)3=45,0×1094,189×103=1,07×105\rho=\dfrac{Q}{\frac{4}{3}\pi R^{3}}=\dfrac{45{,}0\times 10^{-9}}{\frac{4}{3}\pi(0{,}100)^{3}}=\dfrac{45{,}0\times 10^{-9}}{4{,}189\times 10^{-3}}=1{,}07\times 10^{-5} C/m3^{3}. Le mot ISOLANTE de l'énoncé est décisif : dans un conducteur la charge fuirait toute vers la surface, et il n'y aurait aucune densité volumique.

b) Surface de Gauss sphérique de rayon r<Rr<R. La charge enfermée est celle de la boule intérieure : Qint=Qr3R3Q_{\text{int}}=Q\dfrac{r^{3}}{R^{3}}, puisque la densité est uniforme et que les volumes sont dans le rapport des cubes. Alors E(4πr2)=Qr3ε0R3E(4\pi r^{2})=\dfrac{Q r^{3}}{\varepsilon_{0}R^{3}}, d'où E=kQrR3E=\dfrac{kQr}{R^{3}}. En r=4,00r=4{,}00 cm : E=8,988×109×45,0×109×0,0400103=1,62×104E=\dfrac{8{,}988\times 10^{9}\times 45{,}0\times 10^{-9}\times 0{,}0400}{10^{-3}}=1{,}62\times 10^{4} V/m. Le champ croît parce que deux effets se battent et que l'un l'emporte : la charge enfermée augmente comme r3r^{3}, l'aire de la surface de Gauss seulement comme r2r^{2}, donc le quotient croît comme rr. Ce n'est pas une exception à la décroissance habituelle, c'est ce qui se passe quand on ajoute de la source plus vite qu'on ne s'en éloigne. La gravité à l'intérieur de la Terre suit exactement la même loi.

c) Par l'expression intérieure : E(R)=kQRR3=kQR2=404,50,0100=4,04×104E(R)=\dfrac{kQR}{R^{3}}=\dfrac{kQ}{R^{2}}=\dfrac{404{,}5}{0{,}0100}=4{,}04\times 10^{4} V/m. Par l'expression extérieure : kQR2\dfrac{kQ}{R^{2}}, identique. Le raccord est continu, et c'est la vérification obligatoire de tout champ défini par morceaux : si les deux branches ne se rejoignent pas en r=Rr=R, il y a une erreur. En r=25,0r=25{,}0 cm : E=404,50,0625=6,47×103E=\dfrac{404{,}5}{0{,}0625}=6{,}47\times 10^{3} V/m. Les trois points de la courbe sont bien 16,216{,}2, 40,440{,}4 et 6,476{,}47 kV/m, avec le pic anguleux à la surface.

d) À l'extérieur, tout se passe comme si la charge était ponctuelle : V(0,250)=404,50,250=1,62×103V(0{,}250)=\dfrac{404{,}5}{0{,}250}=1{,}62\times 10^{3} V. À la surface : V(R)=404,50,100=4,04×103V(R)=\dfrac{404{,}5}{0{,}100}=4{,}04\times 10^{3} V. À l'intérieur, V=kQ2R3(3R2r2)V=\dfrac{kQ}{2R^{3}}(3R^{2}-r^{2}) : en r=4,00r=4{,}00 cm, V=404,52×103(3×0,01000,00160)=2,022×105×0,0284=5,74×103V=\dfrac{404{,}5}{2\times 10^{-3}}(3\times 0{,}0100-0{,}00160)=2{,}022\times 10^{5}\times 0{,}0284=5{,}74\times 10^{3} V. Au centre : V=32kQR=1,5×4,045×103=6,07×103V=\dfrac{3}{2}\dfrac{kQ}{R}=1{,}5\times 4{,}045\times 10^{3}=6{,}07\times 10^{3} V. Le potentiel est donc maximal au centre alors que le champ y est nul, ce qui est cohérent : E=dVdrE=-\dfrac{dV}{dr}, et une fonction maximale a une dérivée nulle.

e) Tout change à l'intérieur, rien à l'extérieur. Dans un conducteur en équilibre, la charge migre entièrement à la surface, donc pour r<Rr<R la charge enfermée est nulle et E=0E=0 partout à l'intérieur, en particulier en r=4,00r=4{,}00 cm. À l'extérieur, en revanche, la charge enfermée reste QQ : le champ en r=25,0r=25{,}0 cm est INCHANGÉ, 6,47×1036{,}47\times 10^{3} V/m. C'est le point le plus important de la question, et il illustre la limite du théorème : le champ extérieur ne permet absolument pas de distinguer une sphère pleine d'une sphère creuse, d'un conducteur ou d'une charge ponctuelle, du moment que la charge totale est la même. Enfin, le champ étant nul dans tout le volume, le potentiel y est CONSTANT et vaut celui de la surface : V=4,04×103V=4{,}04\times 10^{3} V au centre, contre 6,07×1036{,}07\times 10^{3} V dans le cas isolant.

Exercice 3 : Le câble coaxial et la propriété de blindage

Un câble coaxial est formé d'une âme conductrice pleine de rayon a=1,50a=1{,}50 mm portant la densité linéique λ=+3,20\lambda=+3{,}20 nC/m, entourée d'une gaine conductrice de rayons intérieur b=4,50b=4{,}50 mm et extérieur c=5,50c=5{,}50 mm, portant la densité linéique λ-\lambda. L'espace entre les deux est vide. La figure montre une coupe du câble, à l'échelle.

gaine, rayons b et camesurface de Gauss en r = 3,00 mm
  • a) Justifiez le choix de la surface de Gauss et expliquez pourquoi les deux disques du cylindre ne contribuent pas au flux.
  • b) Calculez le champ en r=3,00r=3{,}00 mm, puis donnez sa valeur en r=1,00r=1{,}00 mm, en r=5,00r=5{,}00 mm et en r=8,00r=8{,}00 mm, en justifiant chaque fois par le théorème.
  • c) Déterminez les densités linéiques de charge portées par les surfaces intérieure et extérieure de la gaine.
  • d) Calculez la différence de potentiel entre l'âme et la gaine, puis la capacité linéique du câble.
  • e) Le câble est plongé dans un champ extérieur intense. Le signal transporté par l'âme est-il perturbé ? Et si l'on coupe la gaine sur quelques centimètres ?

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Réponses

  • a) Cylindre coaxial ; le champ radial est parallèle aux disques, leur flux est nul
  • b) 1,92×1041{,}92\times 10^{4} V/m entre les conducteurs, 00 partout ailleurs
  • c) 3,20-3{,}20 nC/m sur la surface intérieure, 00 sur l'extérieure
  • d) U=2kλln(b/a)=63,2U=2k\lambda\ln(b/a)=63{,}2 V, soit 50,650{,}6 pF/m
  • e) Non, la gaine blinde ; une coupure rouvre la cage et ruine le blindage

a) La distribution est invariante par translation le long de l'axe et par rotation autour de lui, à condition de négliger les effets de bord, ce que fait l'hypothèse du câble infini. Le champ ne peut donc être que RADIAL et son module ne peut dépendre que de rr. La surface adaptée est un cylindre coaxial de rayon rr et de longueur LL, fermé par deux disques. Sur la paroi latérale, E\vec{E} est partout perpendiculaire à la surface et de module constant : le flux vaut E(2πrL)E(2\pi rL). Sur les deux disques, E\vec{E} est radial donc PARALLÈLE au disque, la normale lui est perpendiculaire, et cos90°=0\cos 90°=0 : leur contribution est nulle. C'est exactement pour cette raison que la longueur LL finira par se simplifier, et qu'un choix arbitraire de LL ne pose aucun problème.

b) En r=3,00r=3{,}00 mm, entre les deux conducteurs : Qint=λLQ_{\text{int}}=\lambda L, donc E=λ2πε0r=2kλr=2×8,988×109×3,20×1093,00×103=1,92×104E=\dfrac{\lambda}{2\pi\varepsilon_{0}r}=\dfrac{2k\lambda}{r}=\dfrac{2\times 8{,}988\times 10^{9}\times 3{,}20\times 10^{-9}}{3{,}00\times 10^{-3}}=1{,}92\times 10^{4} V/m. En r=1,00r=1{,}00 mm, DANS le métal de l'âme : E=0E=0, propriété d'un conducteur en équilibre, et cohérent avec le théorème puisque toute la charge de l'âme est sur sa surface, donc Qint=0Q_{\text{int}}=0. En r=5,00r=5{,}00 mm, dans le métal de la gaine : E=0E=0 pour la même raison. En r=8,00r=8{,}00 mm, à l'extérieur : la surface enferme +λLλL=0+\lambda L-\lambda L=0, donc E=0E=0. Le champ n'existe que dans l'anneau entre les deux conducteurs, et nulle part ailleurs.

c) Une surface de Gauss tracée DANS le métal de la gaine, entre bb et cc, y voit un champ nul, donc un flux nul, donc une charge enfermée nulle. Elle enferme +λ+\lambda porté par l'âme et la charge de la surface intérieure de la gaine : celle-ci vaut donc λ=3,20-\lambda=-3{,}20 nC/m. La gaine portant λ-\lambda au total, sa surface extérieure porte λ(λ)=0-\lambda-(-\lambda)=0. Aucune charge à l'extérieur, et c'est précisément ce qui annule le champ en r=8,00r=8{,}00 mm.

d) U=ab2kλrdr=2kλlnba=2×8,988×109×3,20×109×ln3,00=57,5×1,0986=63,2U=\displaystyle\int_{a}^{b}\dfrac{2k\lambda}{r}dr=2k\lambda\ln\dfrac{b}{a}=2\times 8{,}988\times 10^{9}\times 3{,}20\times 10^{-9}\times\ln 3{,}00=57{,}5\times 1{,}0986=63{,}2 V, l'âme étant au potentiel le plus élevé puisqu'elle porte la charge positive. Capacité linéique : CL=λU=3,20×10963,2=5,06×1011\dfrac{C}{L}=\dfrac{\lambda}{U}=\dfrac{3{,}20\times 10^{-9}}{63{,}2}=5{,}06\times 10^{-11} F/m, soit 50,650{,}6 pF/m. Vérification par la formule générale : 2πε0ln(b/a)=5,563×10111,0986=5,06×1011\dfrac{2\pi\varepsilon_{0}}{\ln(b/a)}=\dfrac{5{,}563\times 10^{-11}}{1{,}0986}=5{,}06\times 10^{-11} F/m. Cinquante picofarads par mètre est l'ordre de grandeur réel d'un câble d'instrumentation, et c'est ce qui limite la longueur utilisable avec une source de forte impédance.

e) Non, le signal n'est pas perturbé, et c'est la raison d'être du câble coaxial. La gaine est un conducteur fermé autour de l'âme : c'est une cage de Faraday cylindrique, et tout champ extérieur y induit une redistribution de charges qui annule le champ à l'intérieur. L'âme est donc électriquement aveugle au monde extérieur, et réciproquement elle ne rayonne pas. Si l'on COUPE la gaine sur quelques centimètres, la cage cesse d'être fermée : le champ extérieur pénètre par la fente, le blindage est perdu localement, et le câble se met à la fois à capter du bruit et à en émettre. C'est pourquoi une continuité de blindage médiocre à un connecteur suffit à ruiner tout un câblage, et pourquoi les mesures sensibles se font toujours avec des connecteurs à contact circonférentiel plutôt qu'avec une simple tresse tordue en un point.

Exercice 4 : Les plans infinis, seuls puis par paires

On considère des plans infinis chargés uniformément en surface. Le plan 1, en x=0x=0, porte σ1=+4,00\sigma_{1}=+4{,}00 nC/m2^{2} ; le plan 2, en x=dx=d, porte σ2\sigma_{2} variable selon les questions.

  • a) Démontrez que le champ d'un plan infini vaut σ2ε0\dfrac{\sigma}{2\varepsilon_{0}}, puis calculez-le pour le plan 1. Pourquoi ne dépend-il pas de la distance ?
  • b) On prend σ2=4,00\sigma_{2}=-4{,}00 nC/m2^{2}. Calculez le champ entre les plans et de part et d'autre.
  • c) On prend σ2=+6,00\sigma_{2}=+6{,}00 nC/m2^{2}. Calculez le champ dans les trois régions, avec son sens.
  • d) Un plan infini n'existe pas. À quelle condition la formule reste-t-elle applicable à une plaque réelle, et que se passe-t-il près des bords ?
  • e) On remplace le plan 1 par une plaque CONDUCTRICE épaisse portant 4,004{,}00 nC/m2^{2} sur chacune de ses deux faces. Calculez le champ juste à l'extérieur et comparez à la question a). Résolvez le paradoxe apparent du facteur 2.

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  • a) E=σ2ε0=226E=\dfrac{\sigma}{2\varepsilon_{0}}=226 N/C, indépendant de la distance
  • b) 452452 N/C entre les plans, 00 de part et d'autre
  • c) 565565 N/C vers la gauche, 113113 N/C vers la gauche, 565565 N/C vers la droite
  • d) Valable tant qu'on est près devant les dimensions ; effets de bord sinon
  • e) 452452 N/C, soit le double : le flux ne sort que par un disque

a) Par symétrie, le champ est perpendiculaire au plan, dirigé vers l'extérieur si σ>0\sigma>0, et son module ne peut dépendre que de la distance x|x|. On prend comme surface de Gauss une boîte cylindrique traversant le plan, de section AA, dont les deux disques sont à égale distance de part et d'autre. La paroi latérale est parallèle au champ, son flux est nul ; chaque disque donne EAEA. Le flux total vaut donc 2EA2EA, et la charge enfermée σA\sigma A : 2EA=σAε02EA=\dfrac{\sigma A}{\varepsilon_{0}}, d'où E=σ2ε0E=\dfrac{\sigma}{2\varepsilon_{0}}. Pour le plan 1 : 4,00×1092×8,854×1012=226\dfrac{4{,}00\times 10^{-9}}{2\times 8{,}854\times 10^{-12}}=226 N/C. L'indépendance en distance vient de ce que AA se simplifie : en s'éloignant, on perd en intensité par charge mais on gagne autant en surface visible, un plan infini n'ayant aucune échelle de longueur propre pour dire ce qu'est « loin ».

b) Chaque plan crée 226226 N/C. ENTRE les plans, les deux champs pointent dans le même sens, du plan positif vers le plan négatif : ils s'ajoutent, E=2×226=452E=2\times 226=452 N/C, dirigé selon +x+x. À l'EXTÉRIEUR, de chaque côté, les deux champs sont opposés et de même module : E=0E=0. C'est le condensateur plan idéal, avec un champ uniforme confiné entre les armatures et rien au-dehors. On retrouve E=σε0E=\dfrac{\sigma}{\varepsilon_{0}}, ce qui est cohérent avec la formule du condensateur.

c) Le plan 1 crée 226226 N/C, le plan 2 crée 6,00×1092×8,854×1012=339\dfrac{6{,}00\times 10^{-9}}{2\times 8{,}854\times 10^{-12}}=339 N/C, tous deux répulsifs puisque tous deux positifs. Région x<0x<0 : les deux champs pointent selon x-x, total 565-565 N/C, soit 565565 N/C vers la gauche. Région 0<x<d0<x<d : le plan 1 pousse vers +x+x à 226226 et le plan 2 pousse vers x-x à 339339 ; total 113-113 N/C, soit 113113 N/C vers la GAUCHE, en direction du plan le plus faiblement chargé. Région x>dx>d : les deux poussent vers +x+x, total +565+565 N/C. Le contrôle qui rassure est que la discontinuité du champ à la traversée de chaque plan vaut bien σε0\dfrac{\sigma}{\varepsilon_{0}} : de 565-565 à 113-113 en franchissant le plan 1, soit 452=σ1ε0452=\dfrac{\sigma_{1}}{\varepsilon_{0}}, et de 113-113 à +565+565 en franchissant le plan 2, soit 678=σ2ε0678=\dfrac{\sigma_{2}}{\varepsilon_{0}}.

d) La formule reste une excellente approximation tant que la distance au plan est PETITE devant les dimensions de la plaque et devant la distance aux bords. Autrement dit, un observateur assez proche voit la plaque occuper tout son horizon et ne peut pas savoir qu'elle est finie. Près des bords, la symétrie est brisée : les lignes de champ s'incurvent vers l'extérieur, le champ cesse d'être perpendiculaire, il n'est plus uniforme, et il s'y concentre puisque la densité surfacique augmente sur une arête. Ce sont les effets de bord, et ils expliquent que la capacité réelle d'un condensateur plan soit toujours un peu SUPÉRIEURE à ε0Ad\dfrac{\varepsilon_{0}A}{d}, le champ de fuite stockant lui aussi de l'énergie.

e) Le champ juste à l'extérieur d'un conducteur vaut E=σε0=4,00×1098,854×1012=452E=\dfrac{\sigma}{\varepsilon_{0}}=\dfrac{4{,}00\times 10^{-9}}{8{,}854\times 10^{-12}}=452 N/C, soit le DOUBLE de la question a) pour la même densité surfacique. Le paradoxe n'en est pas un dès qu'on démonte le raisonnement de Gauss. Pour la nappe isolée, la boîte dépasse des deux côtés et le flux sort par DEUX disques, d'où le facteur 2 au dénominateur. Pour le conducteur, la boîte a un disque à l'extérieur et l'autre DANS le métal, où le champ est nul : le flux ne sort que par un seul disque, EA=σAε0EA=\dfrac{\sigma A}{\varepsilon_{0}}, sans facteur 2. Autre lecture, tout aussi juste : une plaque conductrice porte σ\sigma sur CHACUNE de ses deux faces, soit 2σ2\sigma au total, et deux nappes de σ\sigma superposées donnent bien 2×σ2ε0=σε02\times\dfrac{\sigma}{2\varepsilon_{0}}=\dfrac{\sigma}{\varepsilon_{0}}. Les deux formules sont donc justes, elles ne parlent simplement pas du même σ\sigma, et il faut toujours préciser si la densité annoncée est celle d'une face ou celle de l'objet entier.

Exercice 5 : Une densité de charge non uniforme

Une sphère isolante de rayon R=12,0R=12{,}0 cm porte une charge dont la densité volumique croît avec la distance au centre selon ρ(r)=ρ0rR\rho(r)=\rho_{0}\dfrac{r}{R}, avec ρ0=2,50\rho_{0}=2{,}50 μC/m3^{3}.

  • a) Calculez la charge totale de la sphère, en explicitant l'intégrale.
  • b) Établissez l'expression du champ pour r<Rr<R, et calculez-le en r=6,00r=6{,}00 cm.
  • c) Calculez le champ en r=Rr=R par l'expression intérieure, puis en r=30,0r=30{,}0 cm.
  • d) Un étudiant a appliqué directement E=kQrR3E=\dfrac{kQr}{R^{3}}, la formule de la sphère uniforme, avec la charge totale trouvée en a). Calculez ce qu'il obtient en r=6,00r=6{,}00 cm et dites d'où vient l'écart.
  • e) Quelle densité ρ(r)\rho(r) produirait un champ intérieur CONSTANT, indépendant de rr ?

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Réponses

  • a) Q=πρ0R3=1,36×108Q=\pi\rho_{0}R^{3}=1{,}36\times 10^{-8} C
  • b) E=kπρ0r2R=2,12×103E=\dfrac{k\pi\rho_{0}r^{2}}{R}=2{,}12\times 10^{3} V/m : croissance en r2r^{2}
  • c) 8,47×1038{,}47\times 10^{3} V/m à la surface, 1,36×1031{,}36\times 10^{3} V/m à 3030 cm
  • d) 4,24×1034{,}24\times 10^{3} V/m, le DOUBLE : la charge ne croît pas en r3r^{3} ici
  • e) ρ1/r\rho\propto 1/r, mathématiquement acceptable mais divergente au centre

a) On découpe la sphère en coquilles d'épaisseur drdr', de volume 4πr2dr4\pi r'^{2}dr', chacune à densité constante : Q=0Rρ0rR4πr2dr=4πρ0R0Rr3dr=4πρ0RR44=πρ0R3Q=\displaystyle\int_{0}^{R}\rho_{0}\dfrac{r'}{R}4\pi r'^{2}\,dr'=\dfrac{4\pi\rho_{0}}{R}\displaystyle\int_{0}^{R}r'^{3}dr'=\dfrac{4\pi\rho_{0}}{R}\cdot\dfrac{R^{4}}{4}=\pi\rho_{0}R^{3}. Numériquement : π×2,50×106×(0,120)3=1,36×108\pi\times 2{,}50\times 10^{-6}\times(0{,}120)^{3}=1{,}36\times 10^{-8} C, soit 13,613{,}6 nC. Notez que le résultat est πρ0R3\pi\rho_{0}R^{3} et non 43πρ0R3\dfrac{4}{3}\pi\rho_{0}R^{3} : la densité étant nulle au centre et maximale au bord, la moyenne pondérée par le volume vaut 34ρ0\dfrac{3}{4}\rho_{0}.

b) Le même calcul arrêté à rr donne Qint(r)=πρ0r4RQ_{\text{int}}(r)=\dfrac{\pi\rho_{0}r^{4}}{R}. Le théorème de Gauss sur une sphère de rayon rr : E(4πr2)=πρ0r4ε0RE(4\pi r^{2})=\dfrac{\pi\rho_{0}r^{4}}{\varepsilon_{0}R}, d'où E=ρ0r24ε0R=kπρ0r2RE=\dfrac{\rho_{0}r^{2}}{4\varepsilon_{0}R}=\dfrac{k\pi\rho_{0}r^{2}}{R}. Le champ croît maintenant comme r2r^{2} et non comme rr : la densité augmentant vers l'extérieur, la charge s'accumule plus vite que dans le cas uniforme. En r=6,00r=6{,}00 cm : E=8,988×109×π×2,50×106×(0,0600)20,120=2,12×103E=\dfrac{8{,}988\times 10^{9}\times\pi\times 2{,}50\times 10^{-6}\times(0{,}0600)^{2}}{0{,}120}=2{,}12\times 10^{3} V/m.

c) En r=Rr=R : E=kπρ0R2R=kπρ0R=8,988×109×π×2,50×106×0,120=8,47×103E=\dfrac{k\pi\rho_{0}R^{2}}{R}=k\pi\rho_{0}R=8{,}988\times 10^{9}\times\pi\times 2{,}50\times 10^{-6}\times 0{,}120=8{,}47\times 10^{3} V/m. Contrôle par l'extérieur : kQR2=8,988×109×1,357×1080,0144=8,47×103\dfrac{kQ}{R^{2}}=\dfrac{8{,}988\times 10^{9}\times 1{,}357\times 10^{-8}}{0{,}0144}=8{,}47\times 10^{3} V/m. Les deux coïncident, le raccord est bon. En r=30,0r=30{,}0 cm, à l'extérieur, tout se passe comme pour une charge ponctuelle quelle que soit la répartition interne : E=8,988×109×1,357×1080,0900=1,36×103E=\dfrac{8{,}988\times 10^{9}\times 1{,}357\times 10^{-8}}{0{,}0900}=1{,}36\times 10^{3} V/m.

d) La formule uniforme donnerait E=kQrR3=8,988×109×1,357×108×0,06001,728×103=4,24×103E=\dfrac{kQr}{R^{3}}=\dfrac{8{,}988\times 10^{9}\times 1{,}357\times 10^{-8}\times 0{,}0600}{1{,}728\times 10^{-3}}=4{,}24\times 10^{3} V/m, soit exactement le DOUBLE de la bonne réponse. L'écart n'est pas un hasard : le rapport des deux expressions vaut Rr\dfrac{R}{r} à un facteur près, et il vaut 2 précisément en r=R2r=\dfrac{R}{2}. L'origine de l'erreur est conceptuelle. La formule kQrR3\dfrac{kQr}{R^{3}} suppose que la charge enfermée croît comme r3r^{3}, ce qui n'est vrai que si la densité est uniforme ; ici elle croît comme r4r^{4}, la matière étant concentrée vers l'extérieur, et il y a donc moins de charge que prévu dans la région centrale. Rien à l'extérieur ne trahit cette différence, les deux distributions y donnant le même champ : le théorème de Gauss est incapable de distinguer deux répartitions de même charge totale, vues du dehors.

e) On veut EE constant, donc Qint(r)r2\dfrac{Q_{\text{int}}(r)}{r^{2}} constant, donc Qint(r)r2Q_{\text{int}}(r)\propto r^{2}. En dérivant, dQdr=ρ(r)4πr2r\dfrac{dQ}{dr}=\rho(r)4\pi r^{2}\propto r, d'où ρ(r)1r\rho(r)\propto\dfrac{1}{r}. La densité doit donc DIVERGER au centre comme 1r\dfrac{1}{r}, ce qui est mathématiquement acceptable, l'intégrale 1rr2dr\int\dfrac{1}{r}r^{2}dr convergeant sans peine, mais physiquement irréaliste puisque la densité y deviendrait infinie. La question a pourtant un intérêt : elle montre qu'une loi de champ donnée détermine complètement la densité qui la produit, et c'est exactement le sens de la forme différentielle du théorème, E=ρε0\vec{\nabla}\cdot\vec{E}=\dfrac{\rho}{\varepsilon_{0}}, qui reconstruit la source à partir du champ.

Partie B : superposition, conducteurs et applications (/50)

Exercice 6 : La cavité excentrée : un champ uniforme là où on ne l'attend pas

Une sphère isolante de rayon R=15,0R=15{,}0 cm est chargée uniformément avec ρ=6,00\rho=6{,}00 μC/m3^{3}. On y creuse une cavité sphérique VIDE de rayon 5,005{,}00 cm, dont le centre est à d=7,00d=7{,}00 cm du centre de la grande sphère.

R = 15,0 cmcavited = 7,00 cm
  • a) Expliquez pourquoi le théorème de Gauss seul ne permet pas de trouver le champ dans la cavité, puis énoncez le principe de superposition qui va la débloquer.
  • b) Démontrez que le champ est UNIFORME dans toute la cavité, et établissez son expression.
  • c) Calculez le module de ce champ.
  • d) Calculez la charge totale de l'objet, puis le champ à 50,050{,}0 cm du centre de la grande sphère.
  • e) Que devient le champ dans la cavité si on la centre exactement sur le centre de la sphère ? Le résultat est-il cohérent avec la question b) ?

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Réponses

  • a) Plus de symétrie : on superpose une sphère +ρ+\rho et une sphère ρ-\rho
  • b) E=ρOO3ε0\vec{E}=\dfrac{\rho\,\overrightarrow{OO'}}{3\varepsilon_{0}} : le point PP disparaît
  • c) E=1,58×104E=1{,}58\times 10^{4} V/m, indépendant des deux rayons
  • d) Q81,7Q\approx 81{,}7 nC, E2,94×103E\approx 2{,}94\times 10^{3} V/m à 5050 cm
  • e) E=0\vec{E}=\vec{0} : on retrouve le résultat classique de la coquille

a) Le théorème de Gauss reste vrai mais devient inutilisable, parce que la distribution n'a PLUS de symétrie sphérique : la cavité est décentrée, aucun axe ni aucun centre ne laisse la configuration invariante. Sur n'importe quelle surface fermée que l'on trace, le module de E\vec{E} n'est pas constant et sa direction n'est pas connue, donc on ne peut pas sortir EE de l'intégrale. Le déblocage vient du principe de superposition : le champ créé par une distribution est la somme des champs créés par ses morceaux, et rien n'oblige ces morceaux à exister physiquement. On écrit donc l'objet troué comme la SOMME de deux objets pleins et parfaitement symétriques : une sphère complète de rayon RR et de densité +ρ+\rho, plus une petite sphère de rayon 5,005{,}00 cm et de densité ρ-\rho occupant exactement la cavité. Là où elles se superposent, les densités s'annulent, et l'on retrouve bien un trou.

b) Chaque sphère pleine crée, en un point intérieur repéré par le vecteur r\vec{r} depuis SON centre, un champ E=ρr3ε0\vec{E}=\dfrac{\rho\vec{r}}{3\varepsilon_{0}}, ce qui est simplement kQrR3\dfrac{kQr}{R^{3}} réécrit avec la densité. Soit OO le centre de la grande sphère, OO' celui de la cavité, et PP un point quelconque de la cavité. La grande sphère y crée ρOP3ε0\dfrac{\rho\,\overrightarrow{OP}}{3\varepsilon_{0}} et la petite sphère négative ρOP3ε0-\dfrac{\rho\,\overrightarrow{O'P}}{3\varepsilon_{0}}. La somme vaut ρ3ε0(OPOP)=ρOO3ε0\dfrac{\rho}{3\varepsilon_{0}}\left(\overrightarrow{OP}-\overrightarrow{O'P}\right)=\dfrac{\rho\,\overrightarrow{OO'}}{3\varepsilon_{0}}, par la relation de Chasles. Le point PP a DISPARU du résultat : le champ ne dépend que du vecteur qui joint les deux centres, donc il est le même partout dans la cavité, en direction comme en module. C'est un résultat remarquable et parfaitement contre-intuitif, obtenu en trois lignes uniquement parce que le champ intérieur d'une sphère uniforme est linéaire en r\vec{r}.

c) E=ρd3ε0=6,00×106×0,07003×8,854×1012=4,20×1072,656×1011=1,58×104E=\dfrac{\rho d}{3\varepsilon_{0}}=\dfrac{6{,}00\times 10^{-6}\times 0{,}0700}{3\times 8{,}854\times 10^{-12}}=\dfrac{4{,}20\times 10^{-7}}{2{,}656\times 10^{-11}}=1{,}58\times 10^{4} V/m, dirigé de OO vers OO', c'est-à-dire en s'éloignant du centre de la grande sphère. Remarquez ce qui n'intervient PAS : ni le rayon de la cavité, ni celui de la grande sphère. Seuls comptent la densité et la distance entre les centres.

d) Charge totale : Q=ρ43π(R3rc3)=6,00×106×43π(3,375×1031,25×104)=8,17×108Q=\rho\dfrac{4}{3}\pi\left(R^{3}-r_{c}^{3}\right)=6{,}00\times 10^{-6}\times\dfrac{4}{3}\pi\left(3{,}375\times 10^{-3}-1{,}25\times 10^{-4}\right)=8{,}17\times 10^{-8} C, soit 81,781{,}7 nC. À 50,050{,}0 cm, on est loin devant toutes les dimensions de l'objet, et l'on peut le traiter comme une charge ponctuelle : E=kQr2=8,988×109×8,17×1080,250=2,94×103E=\dfrac{kQ}{r^{2}}=\dfrac{8{,}988\times 10^{9}\times 8{,}17\times 10^{-8}}{0{,}250}=2{,}94\times 10^{3} V/m. Il faut cependant rester honnête sur le statut de ce résultat : contrairement au cas parfaitement sphérique, ce n'est ici qu'une APPROXIMATION, valable parce que 50,050{,}0 cm est grand devant RR. La cavité décentrée donne à l'objet un moment dipolaire qui ajoute une correction en 1r3\dfrac{1}{r^{3}}, négligeable ici mais pas nulle.

e) Si d=0\vec{d}=\vec{0}, l'expression donne E=0\vec{E}=\vec{0} : le champ est nul dans toute la cavité centrée. C'est parfaitement cohérent, et c'est même une vérification de la démonstration, car on retrouve par un autre chemin le résultat classique du théorème de Gauss : une coquille sphérique uniforme ne crée aucun champ dans sa cavité intérieure, puisqu'une surface de Gauss tracée dans le vide central n'enferme aucune charge. Le cas décentré est donc la généralisation du cas centré, et il montre que le champ nul de la coquille n'est pas dû à une propriété mystérieuse du vide mais à l'annulation exacte de deux contributions qui, dès qu'on brise la symétrie, cessent de se compenser.

Exercice 7 : Le champ au voisinage d'un conducteur

On compare deux situations à densité surfacique identique, σ=8,00\sigma=8{,}00 nC/m2^{2} : une nappe isolante infinie, et la face d'une plaque conductrice épaisse. La figure montre les deux surfaces de Gauss à utiliser.

nappe isolanteconducteurE = sigma / (2 e0)E = sigma / e0
  • a) Calculez le champ juste à l'extérieur de chacune des deux surfaces.
  • b) Expliquez, en décrivant précisément les deux surfaces de Gauss de la figure, d'où vient le facteur 2 entre les deux résultats.
  • c) Donnez une seconde explication du même facteur 2, fondée sur le nombre de faces chargées.
  • d) Calculez la pression électrostatique qui s'exerce sur la surface du conducteur. Pourquoi est-elle dirigée vers l'extérieur même si la charge est négative ?
  • e) Une aspérité de la plaque conductrice a un rayon de courbure dix fois plus petit que le reste. Sans calcul détaillé, dites ce que deviennent la densité surfacique locale, le champ local et la pression locale.

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b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 452452 N/C pour la nappe, 904904 N/C pour le conducteur
  • b) Boîte symétrique (deux disques) contre boîte asymétrique (un seul disque)
  • c) Le conducteur porte σ\sigma sur chacune de ses deux faces
  • d) P=σ22ε03,6P=\dfrac{\sigma^{2}}{2\varepsilon_{0}}\approx 3{,}6 µPa, toujours vers l'extérieur
  • e) Densité et champ ×10\times 10, pression ×100\times 100

a) Nappe isolante : E=σ2ε0=8,00×1092×8,854×1012=452E=\dfrac{\sigma}{2\varepsilon_{0}}=\dfrac{8{,}00\times 10^{-9}}{2\times 8{,}854\times 10^{-12}}=452 N/C, de part et d'autre. Conducteur : E=σε0=8,00×1098,854×1012=904E=\dfrac{\sigma}{\varepsilon_{0}}=\dfrac{8{,}00\times 10^{-9}}{8{,}854\times 10^{-12}}=904 N/C juste à l'extérieur, et zéro à l'intérieur du métal. Le rapport est exactement 2, et il faut savoir l'expliquer, pas seulement le constater.

b) Pour la nappe, la boîte de Gauss est SYMÉTRIQUE : ses deux disques sont de part et d'autre du plan, dans le vide, et le champ sort par les deux. Le flux total vaut 2EA2EA, égal à σAε0\dfrac{\sigma A}{\varepsilon_{0}}, d'où le facteur 2 au dénominateur. Pour le conducteur, la boîte est ASYMÉTRIQUE, et c'est tout le point : un disque est à l'extérieur, dans le vide, l'autre est enfoncé DANS LE MÉTAL, où le champ est rigoureusement nul. Le disque intérieur ne laisse donc passer aucun flux, la paroi latérale non plus puisque le champ y est parallèle, et tout le flux sort par le seul disque extérieur : EA=σAε0EA=\dfrac{\sigma A}{\varepsilon_{0}}, sans facteur 2. Le facteur 2 n'est donc pas une propriété du matériau, c'est le nombre de faces par lesquelles le flux s'échappe.

c) Une plaque conductrice ISOLÉE et chargée porte de la charge sur ses DEUX faces, chacune à la densité σ\sigma. Un point situé juste à l'extérieur voit donc deux nappes, la face proche et la face lointaine, chacune créant σ2ε0\dfrac{\sigma}{2\varepsilon_{0}} dans le même sens à l'extérieur : le total vaut 2×σ2ε0=σε02\times\dfrac{\sigma}{2\varepsilon_{0}}=\dfrac{\sigma}{\varepsilon_{0}}. À l'intérieur du métal, en revanche, les deux contributions sont opposées et s'annulent, ce qui redonne E=0E=0. Les deux explications, celle de b) par la surface de Gauss et celle-ci par la superposition, sont rigoureusement équivalentes. La morale pratique est qu'il faut toujours demander si le σ\sigma annoncé est celui d'UNE face ou celui de la plaque entière, car les deux réponses diffèrent d'un facteur deux.

d) P=σ22ε0=(8,00×109)22×8,854×1012=6,40×10171,771×1011=3,61×106P=\dfrac{\sigma^{2}}{2\varepsilon_{0}}=\dfrac{(8{,}00\times 10^{-9})^{2}}{2\times 8{,}854\times 10^{-12}}=\dfrac{6{,}40\times 10^{-17}}{1{,}771\times 10^{-11}}=3{,}61\times 10^{-6} Pa. C'est infime, trois millionièmes de pascal contre cent mille pascals pour l'atmosphère, et cela rappelle que les forces électrostatiques ne deviennent mécaniquement sensibles qu'à des champs très supérieurs. La pression est dirigée vers l'EXTÉRIEUR quel que soit le signe de la charge parce que σ\sigma y intervient au CARRÉ : physiquement, les charges de surface, toutes de même signe, se repoussent mutuellement et tendent à écarter la surface. Changer le signe de toutes les charges ne change rien à leur répulsion mutuelle.

e) Une aspérité de rayon de courbure dix fois plus petit porte, à potentiel commun, une densité surfacique environ DIX fois plus grande, exactement comme la petite sphère du pouvoir des pointes. Le champ local, proportionnel à σ\sigma, est donc dix fois plus intense. Et la pression, proportionnelle à σ2\sigma^{2}, est CENT fois plus grande. Ce dernier facteur explique un phénomène concret : une pointe soumise à un champ intense subit une traction bien plus forte que le reste de la surface, et sur un métal chauffé elle peut s'étirer jusqu'à s'arracher, ce qui déclenche l'arc. C'est le mécanisme de la rupture par émission de champ dans les tubes à vide et les accélérateurs, et la raison pour laquelle on polit électrolytiquement les électrodes destinées aux très hautes tensions.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse, ou fausse par un détail décisif. Dites ce qui cloche et donnez l'énoncé correct. Deux points chacune.

  • a) « Si le flux à travers une surface fermée est nul, alors le champ électrique est nul en tout point de cette surface. »
  • b) « Le théorème de Gauss ne s'applique qu'aux distributions sphériques, cylindriques ou planes. »
  • c) « Les charges situées à l'extérieur de la surface de Gauss ne créent aucun champ sur cette surface, c'est pourquoi elles n'apparaissent pas dans le théorème. »
  • d) « À l'extérieur, une sphère creuse et une sphère pleine de même charge ne créent pas le même champ, puisque la charge n'est pas répartie de la même façon. »
  • e) « Dans une sphère isolante uniformément chargée, le champ décroît quand on s'approche du centre parce qu'on s'éloigne de la charge. »

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Flux nul signifie charge enfermée nulle, pas champ nul
  • b) Le théorème est général ; seule son exploitation calculatoire exige une symétrie
  • c) Les charges extérieures créent un champ, mais un flux net nul
  • d) Même champ extérieur : Gauss ne sonde pas la structure interne
  • e) La charge extérieure à la surface cesse de contribuer, on ne s'éloigne de rien

a) Faux, et c'est la confusion la plus fréquente sur ce chapitre. Un flux nul signifie que le BILAN entre ce qui entre et ce qui sort est nul, pas que rien ne passe. Le cube de l'exercice 1 dans un champ uniforme en est l'exemple minimal : le champ y vaut partout 350350 N/C, il entre par une face et ressort par l'opposée, et le flux total est nul. Énoncé correct : un flux nul indique seulement que la charge enfermée est nulle, et il ne dit rien du champ point par point. La réciproque, elle, est vraie : si le champ est nul partout sur la surface, le flux l'est aussi.

b) Faux tel qu'écrit, et il manque un mot. Le théorème de Gauss est une loi générale de l'électrostatique, valable pour TOUTE distribution de charges et TOUTE surface fermée, sans aucune hypothèse de symétrie. Ce qui est restreint aux trois symétries, c'est sa capacité à donner le champ : seules elles permettent de sortir EE de l'intégrale. Énoncé correct : le théorème est toujours vrai, mais il n'est CALCULATOIREMENT utile que si une symétrie fournit une surface sur laquelle le module du champ est constant et sa direction connue. Ailleurs, il reste utilisable comme contrainte, comme dans l'exercice 6 où il fournit le champ de chaque sphère de la superposition.

c) La conclusion est juste, la justification est fausse. Les charges extérieures créent bel et bien un champ sur la surface, et il n'est pas petit : une charge de 5050 nC à un centimètre d'une face produit plus de quatre millions de volts par mètre, comme au 1e). Ce qui est nul, c'est leur contribution au FLUX TOTAL : leurs lignes de champ traversent la surface fermée de part en part, entrant d'un côté et ressortant de l'autre, et les deux contributions se compensent exactement. Énoncé correct : les charges extérieures contribuent au champ mais pas au flux net, et c'est pourquoi seul QintQ_{\text{int}} figure au second membre.

d) Faux. À l'extérieur, une surface de Gauss sphérique enferme la même charge totale dans les deux cas, et la symétrie sphérique est la même : le théorème donne donc rigoureusement le même champ, kQr2\dfrac{kQ}{r^{2}}. Énoncé correct : vue de l'extérieur, toute distribution à symétrie sphérique est indiscernable d'une charge ponctuelle égale placée au centre, qu'elle soit creuse, pleine, uniforme ou de densité variable comme à l'exercice 5. C'est ce qui rend le théorème si puissant et, en même temps, ce qui en marque la limite : il ne peut pas servir à sonder la structure interne d'un objet depuis le dehors. C'est d'ailleurs pour la version gravitationnelle du même théorème que Newton a dû démontrer qu'une planète attire comme si toute sa masse était en son centre.

e) La conclusion est juste, la raison est fausse et elle est même absurde : au centre d'une sphère chargée, on n'est loin d'aucune charge, on est entouré par toutes. La bonne explication est celle du théorème. En se rapprochant du centre, la surface de Gauss n'enferme plus qu'une fraction de la charge, celle de la boule intérieure, et cette fraction décroît comme r3r^{3} alors que l'aire ne décroît que comme r2r^{2} : le quotient décroît donc comme rr. Énoncé correct : le champ diminue vers le centre parce que la charge extérieure à la surface de Gauss cesse de contribuer, ses effets se compensant exactement, et non parce qu'on s'éloignerait de quoi que ce soit.

Exercice 9 : Problème : le seau à glace de Faraday

Une sphère métallique creuse, de rayon intérieur 8,008{,}00 cm et de rayon extérieur 9,009{,}00 cm, est isolée et initialement neutre. Par une petite ouverture, on y introduit une bille portant q=+12,0q=+12{,}0 nC, suspendue à un fil isolant, SANS toucher les parois. Un électromètre relié à la sphère mesure son potentiel.

+12,0 nC-12,0 nCq = +12,0 nC
  • a) Déterminez les charges apparues sur les surfaces intérieure et extérieure de la sphère creuse, en justifiant par le théorème de Gauss.
  • b) Calculez le champ à 15,015{,}0 cm du centre, puis le potentiel de la sphère.
  • c) On déplace la bille à l'intérieur de la cavité, sans toucher les parois. Les valeurs de b) changent-elles ?
  • d) On laisse la bille TOUCHER la paroi intérieure. Décrivez ce qui se passe, et dites ce que l'électromètre indique alors.
  • e) On ressort la bille et l'on constate qu'elle est parfaitement déchargée. Expliquez, et dites en quoi ce dispositif permet de mesurer une charge sans la toucher et de fabriquer un générateur à très haute tension.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 12,0-12{,}0 nC à l'intérieur, +12,0+12{,}0 nC à l'extérieur : induction TOTALE
  • b) E4,79×103E\approx 4{,}79\times 10^{3} V/m, V1,20V\approx 1{,}20 kV
  • c) Rien ne change : le métal efface toute information sur la position
  • d) Toujours 1,201{,}20 kV : la charge extérieure n'a jamais bougé
  • e) Aucune charge ne subsiste sur un conducteur au fond d'une cavité

a) On trace une surface de Gauss entièrement dans le métal, entre 8,008{,}00 et 9,009{,}00 cm. Le champ y est nul par la propriété du conducteur en équilibre, donc le flux est nul, donc la charge enfermée est nulle. Cette surface enferme la bille, +12,0+12{,}0 nC, et la charge de la surface intérieure : celle-ci vaut donc 12,0-12{,}0 nC. La sphère étant globalement neutre, sa surface extérieure porte +12,0+12{,}0 nC. Le point remarquable est que l'induction est TOTALE : la surface intérieure porte exactement l'opposé de la charge introduite, ni plus ni moins, et cela ne dépend ni de la position de la bille ni de la forme de la cavité.

b) À 15,015{,}0 cm, la surface de Gauss enferme +12,012,0+12,0=+12,0+12{,}0-12{,}0+12{,}0=+12{,}0 nC : E=8,988×109×12,0×109(0,150)2=4,79×103E=\dfrac{8{,}988\times 10^{9}\times 12{,}0\times 10^{-9}}{(0{,}150)^{2}}=4{,}79\times 10^{3} V/m. Potentiel de la sphère, calculé en r=9,00r=9{,}00 cm avec la formule extérieure : V=8,988×109×12,0×1090,0900=1,20×103V=\dfrac{8{,}988\times 10^{9}\times 12{,}0\times 10^{-9}}{0{,}0900}=1{,}20\times 10^{3} V, soit 1,201{,}20 kV. Le métal entier est à ce potentiel.

c) Non, rien ne change, et c'est le résultat central de l'expérience. Où que se trouve la bille dans la cavité, la charge de la surface extérieure reste +12,0+12{,}0 nC, et à l'extérieur tout se passe comme si cette charge était uniformément répartie sur une sphère. Le champ et le potentiel extérieurs sont donc rigoureusement inchangés. La surface intérieure, elle, se redistribue en permanence pour suivre la bille, mais le monde extérieur ne peut pas le savoir : le métal EFFACE toute information sur la position et la forme de ce qui est à l'intérieur, et n'en laisse passer que la charge totale. C'est la version électrostatique du blindage, et c'est pourquoi le dispositif s'appelle aussi un écran.

d) Au contact, la bille et la sphère ne forment plus qu'un seul conducteur. Les +12,0+12{,}0 nC de la bille neutralisent exactement les 12,0-12{,}0 nC de la surface intérieure, et il ne reste plus que les +12,0+12{,}0 nC de la surface extérieure. L'électromètre indique EXACTEMENT LA MÊME CHOSE, 1,201{,}20 kV, avant et après le contact. C'est un résultat déroutant qu'il faut savoir énoncer : le transfert de charge à l'intérieur d'une cavité conductrice ne modifie rien de ce qui se passe dehors, parce que la charge extérieure n'a jamais bougé. Le contact n'a fait que supprimer une paire de charges opposées qui, ensemble, ne contribuaient déjà à aucun champ extérieur.

e) La bille ressort déchargée parce que, une fois en contact, toute charge en excès d'un conducteur en équilibre migre vers la surface EXTÉRIEURE de l'ensemble, c'est-à-dire vers la sphère : il ne peut subsister aucune charge sur un conducteur situé dans une cavité, car il n'y a pas de surface extérieure disponible pour elle. Cela fonde deux applications. D'abord la MESURE : puisque la charge extérieure est rigoureusement égale à la charge introduite, quelle que soit sa position, il suffit de plonger un objet chargé dans le seau et de lire l'électromètre pour connaître sa charge, sans le toucher et sans le perturber. C'est la mesure de charge la plus précise dont on dispose, et c'est aussi la vérification expérimentale la plus fine de la loi en 1r2\dfrac{1}{r^{2}}, tout écart à l'exposant 2 produisant un champ résiduel dans la cavité. Ensuite le GÉNÉRATEUR : puisque déposer une charge à l'intérieur ne coûte rien de plus quand la sphère est déjà chargée, la cavité étant à potentiel uniforme, on peut y amener des charges indéfiniment sans lutter contre celles déjà accumulées. C'est exactement le principe du générateur de Van de Graaff, dont le peigne dépose toujours à l'intérieur.

Exercice 10 : Problème : le champ électrique de l'atmosphère

Par beau temps, on mesure au niveau du sol un champ électrique d'environ 130130 V/m dirigé vers le BAS, ce qui signifie que la Terre porte une charge négative. On prendra un rayon terrestre de 6,37×1066{,}37\times 10^{6} m. Le courant total de fuite entre l'atmosphère et le sol, mesuré à l'échelle du globe, vaut environ 18001800 A.

  • a) Calculez la densité surfacique de charge du sol, en traitant la Terre comme un conducteur.
  • b) Calculez la charge électrique totale de la Terre.
  • c) En supposant à tort le champ uniforme sur les 50,050{,}0 km qui séparent le sol de l'ionosphère, calculez la différence de potentiel. La valeur réelle est d'environ 300300 kV : expliquez l'écart.
  • d) Calculez le temps que mettrait la Terre à se décharger complètement au rythme du courant de fuite. Commentez.
  • e) Chaque orage actif recharge le condensateur Terre-ionosphère à raison d'environ 11 A. Combien d'orages doivent être actifs simultanément sur la planète ? Comparez à l'estimation observée d'environ deux mille.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) σ=ε0E1,15\sigma=-\varepsilon_{0}E\approx -1{,}15 nC/m²
  • b) Q5,87×105Q\approx -5{,}87\times 10^{5} C
  • c) 6,56{,}5 MV contre 300300 kV réels : le champ n'est pas uniforme sur 5050 km
  • d) t=Q/I326t=|Q|/I\approx 326 s, soit à peine 5,45{,}4 minutes
  • e) 18001800 orages, contre environ deux mille observés

a) Pour un conducteur, E=σε0E=\dfrac{|\sigma|}{\varepsilon_{0}} juste à l'extérieur, donc σ=ε0E=8,854×1012×130=1,15×109\sigma=-\varepsilon_{0}E=-8{,}854\times 10^{-12}\times 130=-1{,}15\times 10^{-9} C/m2^{2}, soit environ 1,15-1{,}15 nC par mètre carré. Le signe négatif traduit le sens du champ, dirigé vers le bas donc vers les charges négatives. Un nanocoulomb par mètre carré est très peu : cela correspond à environ sept milliards d'électrons en excès par mètre carré de sol, ce qui est négligeable devant le nombre d'atomes d'une seule couche superficielle.

b) Q=σ×4πR2=1,15×109×4π(6,37×106)2=1,15×109×5,10×1014=5,87×105Q=\sigma\times 4\pi R^{2}=-1{,}15\times 10^{-9}\times 4\pi(6{,}37\times 10^{6})^{2}=-1{,}15\times 10^{-9}\times 5{,}10\times 10^{14}=-5{,}87\times 10^{5} C. Près de six cent mille coulombs, ce qui paraît colossal, mais rapporté à la taille de la planète cela reste une charge minuscule : le potentiel correspondant, kQR\dfrac{kQ}{R}, ne vaut que 830-830 kV environ.

c) Avec un champ uniforme : U=E×h=130×5,00×104=6,50×106U=E\times h=130\times 5{,}00\times 10^{4}=6{,}50\times 10^{6} V, soit 6,56{,}5 MV, plus de vingt fois la valeur réelle. L'écart vient de ce que le champ n'est pas du tout uniforme : il décroît très rapidement avec l'altitude, parce que l'air se ionise sous l'effet du rayonnement cosmique et devient de mieux en mieux conducteur en montant. Or dans un milieu conducteur parcouru par un courant, le champ vaut ρreˊsistiviteˊJ\rho_{\text{résistivité}}J : à courant constant, plus la conductivité est grande, plus le champ est faible. Les 130130 V/m ne valent donc que dans les tout premiers mètres, et l'essentiel de la chute de potentiel se produit dans les premiers kilomètres. C'est le prototype de l'erreur commise en extrapolant une mesure de surface sur toute une épaisseur.

d) t=QI=5,87×1051800=326t=\dfrac{|Q|}{I}=\dfrac{5{,}87\times 10^{5}}{1800}=326 s, soit environ 5,45{,}4 minutes. C'est le chiffre le plus frappant du problème : sans mécanisme de recharge, le champ électrique atmosphérique disparaîtrait en quelques minutes, et il est pourtant mesuré partout et en permanence depuis deux siècles. Il faut donc qu'un processus le régénère continûment, et c'est ce raisonnement, purement quantitatif, qui a conduit à chercher la source du circuit électrique global.

e) Il faut un courant de recharge égal au courant de fuite, soit 18001800 A, donc environ 18001800 orages actifs simultanément. L'estimation observée, de l'ordre de deux mille orages en activité à tout instant sur la planète, essentiellement dans les zones tropicales et en fin d'après-midi locale, coïncide remarquablement. C'est une confirmation forte du modèle du circuit électrique global : les orages agissent comme des générateurs qui pompent des charges positives vers l'ionosphère et déposent du négatif au sol, tandis que l'atmosphère de beau temps sur tout le reste du globe assure lentement le retour. Le fait que deux nombres obtenus par des voies totalement indépendantes, une mesure de champ au sol d'un côté, un comptage d'orages par satellite de l'autre, tombent à 1010 % près est le genre de recoupement qui valide un modèle bien mieux qu'une mesure isolée très précise.

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