Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Fiche de révision : charge, champ et potentiel électriques (203-SN2-RE, ancien 203-NYB)
L'électrostatique de 203-SN2-RE (ancien 203-SN2-RE) introduit quatre grandeurs qui se ressemblent et ne se manipulent pas du tout de la même façon : la force, le champ, le potentiel et l'énergie potentielle. Deux sont des vecteurs, deux sont des scalaires, et chaque erreur d'aiguillage coûte une question entière.
Cette fiche rassemble ce qui se corrige réellement en séance : les additions vectorielles bâclées, le signe de la charge perdu dans le potentiel, le théorème de Gauss appliqué sans symétrie, le flux nul pris pour un champ nul, et la double comptabilisation des paires dans l'énergie d'un système de charges.
Le fil du chapitre
Le champ est un VECTEUR, le potentiel un SCALAIRE. Presque tous les points perdus du chapitre viennent de cette seule ligne de partage : on additionne des composantes pour l'un, des nombres signés pour l'autre.
•VECTEURS, à additionner par composantes : la force F et le champ E. E=r2k∣q∣ avec k=9,0×109 N·m2/C2, direction fixée par le SIGNE de la charge source.
•SCALAIRES, à additionner comme des nombres signés : le potentiel V=rkq et l'énergie U=qV. Le signe de q entre directement dans la valeur, aucune composante à projeter.
•F=qE : si q<0, la force est OPPOSÉE au champ. C'est la seule façon dont le signe d'une charge d'essai intervient.
•Attention aux exposants : le champ est en r21, le potentiel en r1. Une seule de ces deux formules porte un carré.
•Travail du champ pour déplacer q de A vers B : W=q(VA−VB); travail de l'opérateur extérieur : l'opposé.
Au milieu de deux charges identiques, les deux champs s'annulent parce qu'ils sont OPPOSÉS, alors que les deux potentiels s'ajoutent parce qu'ils n'ont pas de direction. Champ nul et potentiel nul ne vont pas ensemble.
Avant chaque calcul, écrire en marge « vecteur » ou « scalaire ». Ce mot d'un seul terme fait gagner plus de points que n'importe quelle formule apprise en plus.
Le champ uniforme, et l'énergie qui va avec
•Entre deux plaques parallèles : E=dΔV, dirigé de la plaque positive vers la négative, et uniforme partout entre les plaques.
•Le N/C et le V/m sont la MÊME unité : 1 N/C =1 V/m.
•Charge accélérée sous une différence de potentiel, partie du repos : 21mv2=∣q∣ΔV. La masse et la charge n'apparaissent que là.
•Dans un champ uniforme, une charge décrit une PARABOLE, exactement comme un projectile : mouvement uniforme dans un sens, accélération constante a=m∣q∣E dans l'autre.
•Énergie d'un système de charges : un terme rijkqiqj par PAIRE, avec les signes, chaque paire comptée une seule fois. U<0 signifie système lié.
Trois charges donnent trois paires, quatre charges en donnent six. Compter les paires avant de calculer évite l'erreur la plus coûteuse de la question d'énergie.
Gauss et les conducteurs, les résultats à connaître
•ΦE=ε0Qint à travers une surface FERMÉE, avec ε0=8,85×10−12 C2/(N·m2) et k=4πε01.
•Sphère chargée, vue de l'extérieur : elle se comporte comme une charge ponctuelle placée en son centre.
•Fil infini : E=r2kλ. Plan infini : E=2ε0σ, indépendant de la distance. Condensateur plan : E=ε0σ.
•Conducteur à l'équilibre : E=0 à l'intérieur du métal, toute la charge excédentaire sur la surface extérieure, champ perpendiculaire à la surface.
•Une cavité vide dans un conducteur est protégée du champ extérieur : c'est la cage de Faraday.
Le théorème de Gauss est toujours vrai, mais il ne sert à CALCULER que dans trois symétries : sphérique, cylindrique, plane. Hors de là, il faut la superposition ou l'intégration.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Chercher le point de champ nul ENTRE deux charges de signes opposés
toute la question, 6 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Avec q1=+9,0 µC en x=0 et q2=−4,0 µC en x=3,0 m, le champ s'annule entre les deux, plus près de la petite charge. »
Ce qu'il faut écrire
« Entre les deux, les deux champs pointent dans le MÊME sens et ne peuvent pas s'annuler. Le point nul est à l'extérieur, du côté de la petite charge : x29=(x−3)24 donne x=9,0 m. »
Entre les deux charges, le champ de la positive et celui de la négative pointent tous deux vers la droite : leur somme ne peut pas être nulle. Le point nul est en x=9,0 m, au-delà de la charge la plus faible.
Pourquoi : Le raisonnement se fait sur les DIRECTIONS avant les grandeurs. Deux charges de même signe annulent leur champ entre elles; deux charges de signes opposés ne l'annulent qu'à l'extérieur, au-delà de la plus faible.
2.Additionner les grandeurs des champs au lieu de leurs composantes
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Les deux charges créent en P des champs de 4,0×104 N/C et 3,0×104 N/C, donc E=7,0×104 N/C. »
Ce qu'il faut écrire
« Les deux champs font entre eux un angle : je projette. Ex=ΣEix, Ey=ΣEiy, puis E=Ex2+Ey2. Perpendiculaires, ces deux champs donnent 5,0×104 N/C, pas 7,0. »
Pourquoi : L'addition directe n'est valable que si les deux champs sont colinéaires et de même sens. C'est un cas particulier, jamais la règle, et l'énoncé le signale toujours par une figure où les charges ne sont pas alignées avec le point.
3.Perdre le signe de la charge dans le potentiel
3 points, et le calcul d'énergie qui suit
Ce qu'il ne faut pas écrire
« V=r1k∣q1∣+r2k∣q2∣, en valeurs absolues comme pour le champ. »
Ce qu'il faut écrire
« V=r1kq1+r2kq2 AVEC les signes : une charge négative abaisse le potentiel. Le potentiel résultant peut être nul, positif ou négatif. »
Pourquoi : Les valeurs absolues servent au champ, parce que sa direction porte déjà l'information du signe. Le potentiel n'a pas de direction : c'est son signe qui porte tout, et le supprimer revient à effacer la donnée.
4.Croire que la force sur une charge suit toujours le champ
toute la question, la trajectoire part du mauvais côté
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le champ pointe vers la droite, donc l'électron placé là est poussé vers la droite. »
Ce qu'il faut écrire
« F=qE et l'électron a q<0 : la force est OPPOSÉE au champ, donc dirigée vers la gauche. »
Pourquoi : Le champ est défini par la force sur une charge d'essai POSITIVE. Pour toute charge négative, la relation change de sens, et c'est le cas de l'électron, c'est-à-dire de la moitié des problèmes du cours.
5.Compter deux fois les paires dans l'énergie d'un système
toute la question, un facteur 2 sur le résultat
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Trois charges, donc six termes : U12+U21+U13+U31+U23+U32. »
Ce qu'il faut écrire
« Trois charges donnent TROIS paires : U=r12kq1q2+r13kq1q3+r23kq2q3. »
Pourquoi : L'énergie appartient à la PAIRE, pas à chaque charge séparément : le travail pour rapprocher A de B est le même que pour rapprocher B de A, ce n'est pas deux travaux. Le nombre de paires vaut 2n(n−1).
6.Conclure que le champ est nul parce que le flux l'est
3 points, et une réponse absurde en présence d'une charge extérieure
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La surface de Gauss ne contient aucune charge, donc Φ=0, donc E=0 sur toute la surface. »
Ce qu'il faut écrire
« Φ=0 signifie qu'il entre autant de lignes de champ qu'il en sort. Le champ, lui, est non nul partout sur la surface : le flux est une SOMME algébrique, pas une mesure du champ. »
La charge est à l'EXTÉRIEUR de la surface : chaque ligne de champ qui entre finit par ressortir, donc le flux total est nul. Le champ, lui, est non nul en chaque point de cette surface.
Pourquoi : Le théorème de Gauss ne donne le champ que si la symétrie permet de sortir E de l'intégrale. Sans symétrie, il reste vrai mais muet, et c'est précisément ce que la question veut faire dire.
7.Écrire le potentiel en r21 ou le champ en r1
2 points par occurrence, et souvent trois occurrences par copie
Ce qu'il ne faut pas écrire
« V=r2kq »
Ce qu'il faut écrire
« E=r2k∣q∣ et V=rkq : le carré est au champ, jamais au potentiel. »
Pourquoi : Le potentiel est l'intégrale du champ le long d'un déplacement : intégrer r21 donne r1. La règle se retrouve en dix secondes plutôt que de s'apprendre par cœur, et se contrôle par les unités.
8.Oublier que le champ est nul À L'INTÉRIEUR d'un conducteur
toute la question, 4 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La sphère métallique porte une charge Q : à mi-rayon, le champ vaut r2kQ avec r égal à la moitié du rayon. »
Ce qu'il faut écrire
« Dans un conducteur à l'équilibre, E=0 partout dans le métal, quelle que soit la charge portée : toute la charge est sur la surface extérieure. La formule ne vaut qu'à l'extérieur. »
Pourquoi : Si le champ n'était pas nul, les électrons libres se mettraient en mouvement et l'on ne serait plus à l'équilibre. La formule en R3kQr vaut pour une boule ISOLANTE uniformément chargée, jamais pour un métal.
Quelle méthode choisir
Vecteur ou scalaire, donc quelle addition
La grandeur demandée, avant tout calcul
Si on demande le CHAMP créé par plusieurs charges → vecteur : une grandeur par charge, puis projection sur x et sur y
Exemple : E=Ex2+Ey2 et tanθ=ExEy
Si on demande le POTENTIEL en un point → scalaire : somme algébrique des rikqi, signes compris, sans aucune projection
Exemple : deux charges opposées équidistantes donnent V=0
Si on demande la FORCE sur une charge placée en un point → calculer E, puis F=qE, et inverser le sens si q<0
Exemple : un électron dans un champ vers la droite subit une force vers la gauche
Si on demande l'ÉNERGIE d'une charge placée en un point → U=qV, un seul produit, avec les deux signes
Exemple : q<0 dans un V>0 donne U<0
Si on demande l'ÉNERGIE D'ASSEMBLAGE d'un système → une somme sur les PAIRES, 2n(n−1) termes
Exemple : trois charges donnent trois termes
Si on demande un TRAVAIL ou une vitesse finale → conservation de l'énergie : 21mv2=∣q∣ΔV, jamais la force ni l'accélération
Exemple : un électron accéléré sous 2,00 kV atteint 2,65×107 m/s
Une question qui contient le mot « vitesse » ou « travail » se traite par l'énergie, donc par des scalaires. Une question qui contient « direction » ou « angle » se traite par le champ, donc par des composantes. Le vocabulaire de l'énoncé décide.
Quelle méthode pour trouver un champ
La géométrie de la distribution de charge
Si une seule charge ponctuelle → E=r2k∣q∣, direction selon le signe
Exemple : aucune intégrale, aucun théorème
Si deux, trois ou quatre charges ponctuelles → superposition par composantes
Exemple : champ résultant au sommet d'un triangle
Si symétrie SPHÉRIQUE, CYLINDRIQUE ou PLANE → théorème de Gauss, avec la surface adaptée à la symétrie
Exemple : sphère, fil infini, plan infini, condensateur plan
Si un anneau ou une tige, sur son axe → formule intégrée : E=(x2+a2)3/2kQx pour l'anneau
Exemple : un anneau donne un champ NUL en son centre, par symétrie
Si entre deux plaques parallèles → E=dΔV, uniforme
Exemple : 60 V sur 1,5 cm donnent 4,0×103 V/m
Si à l'intérieur du métal d'un conducteur à l'équilibre → E=0, sans calcul
Exemple : cage de Faraday, cavité protégée
Le théorème de Gauss reste vrai sans symétrie, mais il ne permet plus de calculer : on ne peut pas sortir E de l'intégrale. Une question de Gauss sans symétrie annoncée attend donc une réponse sur le FLUX, pas sur le champ.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Appliquer le théorème de Gauss, rédigé pour le correcteur
Quand l'utiliser : L'énoncé annonce une sphère, un fil, un cylindre ou un plan, et demande le champ à une distance donnée.
1Nommer la symétrie et en déduire la direction du champ : « la distribution a la symétrie sphérique, donc E est radial et sa grandeur ne dépend que de r. »
2Choisir la surface fermée qui épouse cette symétrie, et le dire : sphère de rayon r, cylindre coaxial de longueur L, boîte traversant le plan.
3Justifier la sortie de E hors de l'intégrale : « E est constant en grandeur et parallèle à dA sur toute la surface latérale », et signaler les faces où le flux est nul.
4Écrire Φ=EA=ε0Qint, en explicitant A et surtout Qint, la charge RÉELLEMENT contenue dans la surface choisie.
5Isoler E, puis vérifier le cas limite : de très loin, la distribution doit se comporter comme une charge ponctuelle.
Phrase de conclusion
« Par symétrie sphérique, E est radial et de grandeur constante sur la sphère de rayon r. Le flux vaut donc E⋅4πr2=ε0Qint, d'où E=4πε0r2Qint=r2kQint. »
Le piège : Mettre la charge TOTALE dans Qint alors que la surface de Gauss n'en contient qu'une partie. À l'intérieur d'une boule isolante uniformément chargée, Qint ne vaut que la fraction R3r3 de la charge.
Barème : Souvent 1 point pour la symétrie énoncée, 1 pour le choix de la surface, 2 pour le flux correctement écrit, 1 pour Qint, 1 pour l'isolement de E.
Accélérer une charge sous une différence de potentiel
Quand l'utiliser : L'énoncé demande une vitesse finale, une énergie ou un temps de vol après un passage entre deux électrodes.
1Choisir l'énergie plutôt que la force : la question ne demande ni direction ni durée, donc aucune raison de calculer une accélération.
2Écrire la conservation : l'énergie potentielle perdue devient de l'énergie cinétique, ∣q∣ΔV=21mv2−21mv02.
3Vérifier le SENS : une charge n'est accélérée que si elle va vers le potentiel qui lui convient, un électron du potentiel bas vers le potentiel haut.
4Isoler v=m2∣q∣ΔV et contrôler l'ordre de grandeur, quelques 107 m/s pour un électron sous quelques kilovolts.
Phrase de conclusion
« L'électron part du repos et traverse une différence de potentiel de 2,00 kV : 21mv2=eΔV, donc v=9,11×10−312(1,6×10−19)(2000)=2,65×107 m/s. »
Le piège : Passer par la force et l'accélération, ce qui oblige à connaître la distance entre les électrodes. L'énergie ne demande que la différence de potentiel, et c'est pour cela que l'énoncé ne donne pas cette distance.
Barème : 2 points pour l'équation d'énergie posée, 1 pour la substitution, 1 pour le résultat avec son unité.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Le mot « vecteur » ou « scalaire » écrit en marge
Repasser sur chaque ligne de la copie et vérifier que les champs y sont projetés et que les potentiels y sont additionnés directement. Une racine de somme de carrés sur des potentiels est une erreur immédiate.
Un V=V12+V22 : le potentiel n'a pas de composantes.
Les exposants de r
Contrôler par les unités : le champ est en N/C, donc en r21; le potentiel est en volts, donc en r1. Le rapport EV doit avoir la dimension d'une longueur.
Un EV qui sort en mètres carrés : un des deux exposants est faux.
Le signe du résultat, relu comme une information
Un potentiel négatif, une énergie négative ou un travail négatif ne sont pas des erreurs : ils disent respectivement charge négative dominante, système lié, et déplacement contre la force.
Un U=−3,2×10−18 J pour un électron près d'un proton : parfaitement normal, le système est lié.
L'ordre de grandeur d'une vitesse d'électron
Sous quelques kilovolts, un électron atteint quelques 107 m/s, soit environ un dixième de la vitesse de la lumière. Toute valeur supérieure à 3×108 m/s est impossible.
Un v=2,6×109 m/s : la masse de l'électron a été prise pour celle du proton, ou l'exposant est faux.
Le nombre de paires dans une énergie de système
Compter les paires avant de calculer : 3 charges donnent 3 termes, 4 en donnent 6. Écrire ce nombre en marge, puis compter les termes réellement présents.
Six termes pour trois charges : chaque paire a été comptée deux fois, l'énergie est doublée.
L'exercice type décortiqué
Le canon à électrons : accélérer, puis dévier
Un électron part du repos et est accéléré sous une différence de potentiel ΔVacc=2,00 kV. Il entre ensuite, parallèlement aux plaques et à mi-distance, dans un condensateur plan de longueur L=6,00 cm dont les plaques sont séparées de d=1,50 cm et soumises à ΔVp=60,0 V.
Calculer la vitesse d'entrée, puis la déviation verticale à la sortie des plaques, et vérifier que l'électron ne heurte pas une plaque. On prend e=1,6×10−19 C et m=9,11×10−31 kg.
Deux étages, deux physiques : le champ accélère l'électron LE LONG du mouvement dans le canon, puis PERPENDICULAIREMENT entre les plaques, d'où la parabole. La déviation est exagérée ici, elle ne vaut que 1,80 mm.
Étape 1
Vitesse d'entrée, par l'énergie : eΔVacc=21mv2, donc v=9,11×10−312(1,6×10−19)(2000)=2,65×107 m/s.
Pourquoi
L'énergie évite complètement la géométrie du canon : ni la distance entre cathode et anode ni la forme du champ n'interviennent, ce qui explique que l'énoncé ne les donne pas.
Étape 2
Champ entre les plaques : E=dΔVp=0,015060,0=4,00×103 V/m, dirigé de la plaque positive vers la négative.
Pourquoi
C'est la seule formule du chapitre où la distance entre les plaques compte. L'électron, de charge négative, est attiré vers la plaque POSITIVE, donc dans le sens opposé au champ.
Le poids de l'électron, de l'ordre de 10−29 N, est négligeable devant la force électrique, de l'ordre de 10−16 N : c'est pourquoi la gravité ne figure jamais dans ce type de problème.
Étape 4
Durée du passage : la composante horizontale de la vitesse est INCHANGÉE, donc t=vL=2,65×1070,0600=2,26×10−9 s.
Pourquoi
Exactement comme pour un projectile : le mouvement horizontal reste uniforme parce que le champ n'a pas de composante dans cette direction. C'est ce découplage qui rend le problème soluble.
Étape 5
Déviation verticale : y=21at2=21(7,03×1014)(2,26×10−9)2=1,80×10−3 m, soit 1,80 mm.
Pourquoi
L'électron part à mi-distance, donc il dispose de 2d=7,50 mm avant de toucher la plaque. Comme 1,80<7,50, il sort bien du condensateur : cette comparaison fait partie de la réponse.
Étape 6
Vérification par la formule compacte : y=4dΔVaccL2ΔVp=4(0,0150)(2000)(0,0600)2(60,0)=1,80×10−3 m.
Pourquoi
Ni e ni m n'y figurent : ils se sont simplifiés. Le contrôle est donc indépendant des deux constantes utilisées plus haut, et c'est ce qui en fait une vraie vérification.
Étape 7
Angle de sortie : tanθ=vxvy=vat=2,65×1071,59×106=0,0600, donc θ=3,43∘.
Pourquoi
L'angle reste petit, ce qui confirme la faible déviation. Une valeur de plusieurs dizaines de degrés signalerait une erreur d'exposant sur le champ ou sur la vitesse.
Conclusion rédigée
« L'électron entre dans le condensateur à 2,65×107 m/s. Le champ entre les plaques vaut 4,00×103 V/m et lui donne une accélération transversale de 7,03×1014 m/s2 pendant 2,26 ns, d'où une déviation de 1,80 mm. Comme 1,80 mm est inférieur à la demi-distance de 7,50 mm, l'électron sort des plaques, avec un angle de 3,43∘. »
L'erreur classique sur cet exercice : Calculer la déviation avec la vitesse verticale finale au lieu de la moyenne, c'est-à-dire écrire y=vyt au lieu de y=21at2. Le résultat est exactement doublé, et rien dans les unités ne le signale.
À savoir par cœur
•E=r2k∣q∣ est un vecteur; V=rkq est un scalaire SIGNÉ. Le carré est au champ.
•F=qE : pour q<0, la force est opposée au champ.
•Deux charges opposées : champ nul À L'EXTÉRIEUR, du côté de la plus faible. Deux charges de même signe : champ nul ENTRE elles.
•Énergie d'un système : un terme par PAIRE, 2n(n−1) termes, signes compris.
•Φ=ε0Qint : flux nul ne veut pas dire champ nul.
•Conducteur à l'équilibre : E=0 dans le métal, charge sur la surface extérieure.
•Champ uniforme : E=dΔV, et 1 N/C =1 V/m.
•Charge accélérée depuis le repos : 21mv2=∣q∣ΔV, quelques 107 m/s pour un électron sous quelques kilovolts.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le champ électrique et le potentiel électrique ?
Le champ est un vecteur : il a une direction et s'additionne par composantes. Le potentiel est un scalaire : il n'a pas de direction et s'additionne comme un nombre signé. Le champ décroît comme l'inverse du carré de la distance, le potentiel comme l'inverse de la distance. En un même point, l'un peut être nul sans que l'autre le soit.
Où le champ électrique de deux charges s'annule-t-il ?
Entre les deux charges si elles ont le même signe, et à l'extérieur du côté de la plus faible si elles ont des signes opposés. Le raisonnement se fait d'abord sur les directions : entre deux charges opposées, les deux champs pointent dans le même sens et ne peuvent donc jamais se compenser.
Un flux nul signifie-t-il que le champ est nul ?
Non. Un flux nul signifie seulement qu'il entre autant de lignes de champ dans la surface fermée qu'il en sort, donc qu'elle ne contient aucune charge nette. Une charge placée juste à l'extérieur crée un champ non nul en tout point de la surface, alors que le flux total reste rigoureusement nul.
Pourquoi le champ est-il nul à l'intérieur d'un conducteur ?
Parce que les électrons y sont libres de se déplacer. S'il subsistait un champ, ils bougeraient, et l'on ne serait pas à l'équilibre. Ils se redistribuent donc sur la surface extérieure jusqu'à créer un champ qui annule exactement le champ extérieur à l'intérieur du métal. C'est le principe de la cage de Faraday.
Comment calculer l'énergie d'un système de trois charges ?
On additionne un terme par paire de charges, soit trois termes pour trois charges, et on garde les signes des charges. Chaque paire ne se compte qu'une seule fois, puisque l'énergie appartient à la paire et non à chaque charge séparément. Une énergie totale négative signale un système lié.
Comment trouver la vitesse d'un électron accéléré par une tension ?
On égale l'énergie électrique gagnée à l'énergie cinétique acquise : la charge multipliée par la différence de potentiel vaut la moitié de la masse par la vitesse au carré. Aucune distance n'est nécessaire. Pour quelques kilovolts, on obtient quelques dizaines de millions de mètres par seconde, soit environ un dixième de la vitesse de la lumière.
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Exercices corrigés : Charge, champ et potentiel électriques
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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