Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : le potentiel électrique et les condensateurs (203-SN2-RE, ancien 203-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés d'électrostatique du cours 203-SN2-RE (ancien 203-SN2-RE) consacrée au potentiel et aux condensateurs. La partie A construit le potentiel : la superposition scalaire et le point où VV s'annule alors que E\vec{E} ne s'annule pas au même endroit, le passage de VV à E\vec{E} par le gradient, le potentiel d'une distribution continue calculé par intégration sur un anneau puis sur un disque, le conducteur en équilibre avec sa cavité et ses trois régions, et deux sphères reliées par un fil qui démontrent quantitativement le pouvoir des pointes. La partie B passe aux condensateurs : les trois géométries classiques démontrées à partir de Gauss, un réseau à quatre éléments à démonter dans les deux sens, cinq affirmations à corriger, l'énergie logée dans le champ lui-même avec la force entre armatures, et un générateur de Van de Graaff conduit jusqu'à la limite de claquage.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale spécialité physique-chimie du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas, où le condensateur est un chapitre à part entière. Elle suppose acquis le champ électrique et le théorème de Gauss, et elle en fait un usage constant : le potentiel n'est pas un nouveau départ, c'est la même électrostatique racontée par son énergie.

Le fil à garder tout du long : le potentiel est un SCALAIRE, et c'est tout son intérêt. Là où le champ demande de projeter sur deux axes, de sommer des composantes et de recomposer un module, le potentiel s'additionne comme des nombres, signes compris. La contrepartie est qu'il faut apprendre à le lire : VV ne dit rien de la force, il dit ce que coûte un déplacement. D'où les deux pièges qui reviennent à chaque évaluation. V=0V=0 n'implique jamais E=0\vec{E}=\vec{0}, ni l'inverse : à l'intérieur d'un conducteur chargé, le champ est nul et le potentiel ne l'est pas. Et un potentiel élevé n'est pas dangereux en soi : c'est le champ, c'est-à-dire la PENTE du potentiel, qui arrache les électrons à l'air et fait l'étincelle.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (7 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Relations métriques et trigonométrie du triangle rectangleSecondaire 4 SN4, Mathématiques
  2. 2Les vecteurs et la géométrie vectorielleSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  3. 3Dynamique et les lois de NewtonSecondaire 5 SN5
  4. 4Cinématique en une et deux dimensionsMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  5. 5Dynamique : lois de Newton et frottementMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  6. 6Charge, champ et potentiel électriques
  7. 7Le théorème de Gauss

Rappel de cours

  • Énergie potentielle et potentiel : U=qVU=qV. Le potentiel créé par une charge ponctuelle vaut V=kqrV=\dfrac{kq}{r} avec k=8,988×109k=8{,}988\times 10^{9} N·m2^{2}/C2^{2}, référence prise à l'infini. Le SIGNE de qq entre directement dans VV, il n'y a pas de valeur absolue.
  • Superposition : V=ikqiriV=\sum_{i}\dfrac{kq_{i}}{r_{i}}, somme ALGÉBRIQUE de nombres. Aucune projection, aucune composante : c'est le seul endroit du chapitre où l'on économise vraiment du travail par rapport au champ.
  • Du potentiel au champ : E=V\vec{E}=-\vec{\nabla}V, soit Ex=VxE_{x}=-\dfrac{\partial V}{\partial x} et de même en yy et zz. Sur une symétrie radiale, Er=dVdrE_{r}=-\dfrac{dV}{dr}. Le champ pointe toujours vers les potentiels DÉCROISSANTS.
  • Différence de potentiel : VBVA=ABEdV_{B}-V_{A}=-\displaystyle\int_{A}^{B}\vec{E}\cdot d\vec{\ell}, indépendante du chemin. Travail de la force électrique : WAB=q(VAVB)W_{A\to B}=q(V_{A}-V_{B}), positif quand une charge positive descend le potentiel.
  • Les surfaces équipotentielles sont partout PERPENDICULAIRES aux lignes de champ, et l'on ne dépense aucun travail en s'y déplaçant. Elles se resserrent là où le champ est intense : la densité des équipotentielles se lit comme celle des courbes de niveau d'une carte topographique.
  • Énergie d'un système de charges ponctuelles : U=paireskqiqjrijU=\displaystyle\sum_{\text{paires}}\dfrac{kq_{i}q_{j}}{r_{ij}}, une seule fois par paire. C'est le travail à fournir pour assembler la configuration en amenant les charges de l'infini.
  • Conducteur en équilibre électrostatique : le champ est nul À L'INTÉRIEUR du métal, tout l'excès de charge est en SURFACE, le volume entier est au MÊME potentiel, et le champ juste à l'extérieur est perpendiculaire à la surface et vaut E=σε0E=\dfrac{\sigma}{\varepsilon_{0}}.
  • Deux conducteurs reliés se mettent au même potentiel, pas à la même charge : pour deux sphères de rayons R1R_{1} et R2R_{2}, Q1Q2=R1R2\dfrac{Q_{1}}{Q_{2}}=\dfrac{R_{1}}{R_{2}} et E1E2=R2R1\dfrac{E_{1}}{E_{2}}=\dfrac{R_{2}}{R_{1}}. Le champ est donc le plus intense là où le rayon de courbure est le plus PETIT : c'est le pouvoir des pointes.
  • Capacité : C=QUC=\dfrac{Q}{U}, en farads. Condensateur plan : C=ε0AdC=\dfrac{\varepsilon_{0}A}{d}. Cylindrique de longueur LL : C=2πε0Lln(b/a)C=\dfrac{2\pi\varepsilon_{0}L}{\ln(b/a)}. Sphérique : C=4πε0abbaC=\dfrac{4\pi\varepsilon_{0}ab}{b-a}. Sphère isolée : C=4πε0RC=4\pi\varepsilon_{0}R. On prendra ε0=8,854×1012\varepsilon_{0}=8{,}854\times 10^{-12} F/m.
  • Associations : en PARALLÈLE les capacités s'ajoutent, Ceˊq=CiC_{\text{éq}}=\sum C_{i}, et la tension est commune. En SÉRIE ce sont les inverses qui s'ajoutent, 1Ceˊq=1Ci\dfrac{1}{C_{\text{éq}}}=\sum\dfrac{1}{C_{i}}, et c'est la CHARGE qui est commune. C'est exactement l'inverse des résistances, et c'est la confusion la plus fréquente.
  • Énergie stockée : U=12CU2=Q22C=12QUU=\dfrac{1}{2}CU^{2}=\dfrac{Q^{2}}{2C}=\dfrac{1}{2}QU. Densité d'énergie du champ électrique : u=12ε0E2u=\dfrac{1}{2}\varepsilon_{0}E^{2}, en J/m3^{3}, valable partout où il y a un champ, condensateur ou pas.
  • Rigidité diélectrique de l'air sec : environ 3,00×1063{,}00\times 10^{6} V/m. Au-delà, l'air s'ionise et conduit : c'est l'étincelle, et c'est elle qui plafonne toute machine électrostatique.

Partie A : le potentiel et les conducteurs (/50)

Exercice 1 : Le potentiel est un scalaire : superposition et carte

Deux charges ponctuelles sont fixées sur l'axe des xx : q1=+5,00q_{1}=+5{,}00 nC en x=3,00x=-3{,}00 cm et q2=2,00q_{2}=-2{,}00 nC en x=+3,00x=+3{,}00 cm. La figure montre quelques équipotentielles du système.

q1 = +5,00 nCq2 = -2,00 nCV = 0V = 0x (cm)
  • a) Calculez le potentiel à l'origine, puis le travail à fournir pour y amener depuis l'infini une charge d'essai de 1,001{,}00 nC.
  • b) Trouvez les DEUX points de l'axe où le potentiel s'annule, et vérifiez les positions marquées sur la figure.
  • c) Trouvez le point de l'axe où le champ s'annule. Comparez sa position à celles trouvées en b) et tirez-en la leçon.
  • d) Sur la figure, les équipotentielles autour de q1q_{1} sont plus espacées que celles autour de q2q_{2} à même distance de la charge. Que peut-on en déduire, et comment le vérifier par le calcul ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) VO=899V_{O}=899 V, W0,899W\approx 0{,}899 µJ à fournir
  • b) V=0V=0 en x=+1,29x=+1{,}29 cm et en x=+7,00x=+7{,}00 cm
  • c) E=0\vec{E}=\vec{0} en x=+13,3x=+13{,}3 cm : ce n'est pas le même point
  • d) Espacement grand veut dire champ faible, à pas de potentiel ÉGAL seulement

a) VO=kq1r1+kq2r2=k0,0300(5,002,00)×109=8,988×109×3,00×1090,0300=899V_{O}=\dfrac{kq_{1}}{r_{1}}+\dfrac{kq_{2}}{r_{2}}=\dfrac{k}{0{,}0300}(5{,}00-2{,}00)\times 10^{-9}=8{,}988\times 10^{9}\times\dfrac{3{,}00\times 10^{-9}}{0{,}0300}=899 V. Les deux charges sont à la même distance de l'origine, donc le calcul se réduit à une soustraction de nanocoulombs : c'est exactement l'économie que le potentiel permet, et que le champ ne permettrait pas, les deux contributions y pointant dans le même sens et devant être additionnées en module. Travail : W=qV=1,00×109×899=8,99×107W=qV=1{,}00\times 10^{-9}\times 899=8{,}99\times 10^{-7} J, soit 0,8990{,}899 μJ, à fournir par l'opérateur puisque V>0V>0 et q>0q>0.

b) On cherche 5,00r1=2,00r2\dfrac{5{,}00}{r_{1}}=\dfrac{2{,}00}{r_{2}}, les kk et les 10910^{-9} se simplifiant. Premier cas, ENTRE les charges : r1=xr_{1}=x et r2=0,0600xr_{2}=0{,}0600-x comptés depuis q1q_{1}, d'où 5,00(0,0600x)=2,00x5{,}00(0{,}0600-x)=2{,}00x, soit 7,00x=0,3007{,}00x=0{,}300 et x=0,0429x=0{,}0429 m. Le point est donc à 4,294{,}29 cm de q1q_{1}, c'est-à-dire en x=+1,29x=+1{,}29 cm. Second cas, À DROITE de q2q_{2}, seule région où l'on peut encore équilibrer une grande charge lointaine par une petite charge proche : 5,00(x0,0600)=2,00x5{,}00(x-0{,}0600)=2{,}00x, soit 3,00x=0,3003{,}00x=0{,}300 et x=0,100x=0{,}100 m depuis q1q_{1}, c'est-à-dire en x=+7,00x=+7{,}00 cm. Les deux positions sont bien celles marquées.

c) Pour le champ, ce sont les CARRÉS des distances qui interviennent : 5,00d2=2,00(d0,0600)2\dfrac{5{,}00}{d^{2}}=\dfrac{2{,}00}{(d-0{,}0600)^{2}}, et la solution ne peut être qu'à l'extérieur, au-delà de la charge la plus faible, car entre les deux charges les deux champs pointent dans le même sens. En prenant la racine : 5,00(d0,0600)=2,00d\sqrt{5{,}00}\,(d-0{,}0600)=\sqrt{2{,}00}\,d, d'où d=0,06005,005,002,00=0,1632d=\dfrac{0{,}0600\sqrt{5{,}00}}{\sqrt{5{,}00}-\sqrt{2{,}00}}=0{,}1632 m, c'est-à-dire en x=+13,3x=+13{,}3 cm. La leçon est là : le potentiel s'annule en x=+7,00x=+7{,}00 cm, le champ en x=+13,3x=+13{,}3 cm, et ce ne sont pas les mêmes endroits. En x=+7,00x=+7{,}00 cm il ne coûte rien d'amener une charge depuis l'infini, mais une fois arrivée elle subit une force ; en x=+13,3x=+13{,}3 cm elle ne subit aucune force mais il a fallu payer pour l'y amener. Confondre les deux annulations est l'erreur classique du chapitre.

d) Un espacement plus grand entre équipotentielles successives signifie une pente plus faible, donc un champ plus FAIBLE : c'est exactement la lecture d'une carte topographique, où des courbes de niveau écartées signalent une pente douce. Ici la remarque paraît paradoxale puisque q1q_{1} est la charge la plus grande, mais les équipotentielles tracées ne sont pas au même potentiel des deux côtés. Le calcul tranche : à 2,002{,}00 cm de chaque charge, E1=k(5,00×109)(0,0200)2=1,12×105E_{1}=\dfrac{k(5{,}00\times 10^{-9})}{(0{,}0200)^{2}}=1{,}12\times 10^{5} V/m et E2=k(2,00×109)(0,0200)2=4,49×104E_{2}=\dfrac{k(2{,}00\times 10^{-9})}{(0{,}0200)^{2}}=4{,}49\times 10^{4} V/m. Le champ est bien plus intense près de q1q_{1}, et sur une carte tracée à pas de potentiel CONSTANT, ce sont ses équipotentielles qui seraient les plus serrées. La règle à retenir n'a de sens qu'à pas de potentiel égal, et c'est une précision qu'un énoncé d'examen omet souvent volontairement.

Exercice 2 : Du potentiel au champ : le gradient

Dans une région de l'espace, le potentiel s'écrit V(x,y,z)=3,00x2y2,00yzV(x,y,z)=3{,}00\,x^{2}y-2{,}00\,yz, où VV est en volts et les coordonnées en mètres.

  • a) Rappelez la relation entre E\vec{E} et VV, et expliquez d'où vient le signe moins.
  • b) Calculez les trois composantes du champ en un point quelconque, puis le vecteur champ et son module au point (1,00 ; 2,00 ; 1,00)(1{,}00\ ;\ 2{,}00\ ;\ -1{,}00) m.
  • c) Sur l'axe des xx, où y=z=0y=z=0, que vaut le champ ? Le potentiel y est nul partout : est-ce contradictoire avec le résultat de b) ?
  • d) Vérifiez sur le potentiel d'une charge ponctuelle, V=kqrV=\dfrac{kq}{r}, que la relation redonne bien la loi de Coulomb.
  • e) Donnez un exemple de région où V0V\ne 0 et E=0\vec{E}=\vec{0}, et un exemple où V=0V=0 et E0\vec{E}\ne\vec{0}.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/10

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) E=V\vec{E}=-\vec{\nabla}V : le champ pointe vers les potentiels décroissants
  • b) E=(12,0;5,00;+4,00)\vec{E}=(-12{,}0\,;-5{,}00\,;+4{,}00) V/m, de module 13,613{,}6 V/m
  • c) Ey=3,00x20E_{y}=-3{,}00x^{2}\ne 0 : VV nul sur une ligne n'impose que Ex=0E_{x}=0
  • d) ddr(kqr)=kqr2-\dfrac{d}{dr}\left(\dfrac{kq}{r}\right)=\dfrac{kq}{r^{2}}, la loi de Coulomb
  • e) Conducteur en équilibre d'un côté, plan médiateur d'un dipôle de l'autre

a) E=V\vec{E}=-\vec{\nabla}V, c'est-à-dire Ex=VxE_{x}=-\dfrac{\partial V}{\partial x}, Ey=VyE_{y}=-\dfrac{\partial V}{\partial y}, Ez=VzE_{z}=-\dfrac{\partial V}{\partial z}. Le signe moins vient de la définition même du potentiel comme énergie par unité de charge : une charge positive libre se déplace spontanément vers les énergies DÉCROISSANTES, donc vers les potentiels décroissants, et la force, donc le champ, pointe dans le sens de la descente. Le gradient, lui, pointe par construction dans le sens de la montée la plus raide. Le signe moins n'est donc pas une convention arbitraire, c'est la traduction de « ça tombe ».

b) Vx=6,00xy\dfrac{\partial V}{\partial x}=6{,}00\,xy, donc Ex=6,00xyE_{x}=-6{,}00\,xy. Vy=3,00x22,00z\dfrac{\partial V}{\partial y}=3{,}00\,x^{2}-2{,}00\,z, donc Ey=3,00x2+2,00zE_{y}=-3{,}00\,x^{2}+2{,}00\,z. Vz=2,00y\dfrac{\partial V}{\partial z}=-2{,}00\,y, donc Ez=+2,00yE_{z}=+2{,}00\,y. Au point demandé : Ex=6,00(1,00)(2,00)=12,0E_{x}=-6{,}00(1{,}00)(2{,}00)=-12{,}0 V/m ; Ey=3,00(1,00)+2,00(1,00)=5,00E_{y}=-3{,}00(1{,}00)+2{,}00(-1{,}00)=-5{,}00 V/m ; Ez=2,00(2,00)=+4,00E_{z}=2{,}00(2{,}00)=+4{,}00 V/m. Module : 144+25,0+16,0=185=13,6\sqrt{144+25{,}0+16{,}0}=\sqrt{185}=13{,}6 V/m. Rappel de méthode : chaque dérivée partielle traite les deux autres variables comme des CONSTANTES, et c'est là que se perdent les points, en dérivant 3,00x2y3{,}00x^{2}y par rapport à yy comme s'il fallait aussi toucher au x2x^{2}.

c) Sur l'axe des xx, avec y=z=0y=z=0 : Ex=0E_{x}=0, Ey=3,00x2E_{y}=-3{,}00x^{2}, Ez=0E_{z}=0. Le champ n'est donc PAS nul, il vaut 3,00x2-3{,}00x^{2} selon yy, alors que le potentiel est effectivement nul en tout point de cet axe. Aucune contradiction : VV nul le long d'une ligne dit seulement que VV ne varie pas EN SUIVANT cette ligne, donc que Ex=0E_{x}=0. Il ne dit rien de la façon dont VV varie quand on quitte l'axe latéralement, et c'est précisément cette variation transversale qui produit EyE_{y}. Pour connaître le champ en un point, il faut connaître le potentiel dans tout un VOISINAGE de ce point, jamais sa seule valeur.

d) En symétrie sphérique, la seule composante non nulle est radiale : Er=dVdr=ddr(kqr)=kq×(1r2)=kqr2E_{r}=-\dfrac{dV}{dr}=-\dfrac{d}{dr}\left(\dfrac{kq}{r}\right)=-kq\times\left(-\dfrac{1}{r^{2}}\right)=\dfrac{kq}{r^{2}}. C'est exactement la loi de Coulomb, avec le bon signe : positif, donc dirigé vers l'extérieur, pour une charge positive. Le passage du 1/r1/r du potentiel au 1/r21/r^{2} du champ par une simple dérivation est la vérification la plus rapide qu'on n'a pas confondu les deux expressions, confusion qui coûte cher en examen.

e) V0V\ne 0 et E=0\vec{E}=\vec{0} : à l'intérieur du métal d'un conducteur chargé en équilibre, ou dans la cavité vide d'un tel conducteur. Le champ y est rigoureusement nul, donc VV y est CONSTANT, mais cette constante n'a aucune raison d'être zéro et vaut le potentiel du conducteur. C'est le cas physique le plus important du chapitre, celui de la cage de Faraday. V=0V=0 et E0\vec{E}\ne\vec{0} : au point x=+7,00x=+7{,}00 cm de l'exercice précédent, ou en tout point du plan médiateur d'un dipôle formé de deux charges opposées égales. Le potentiel y est nul par compensation exacte de deux contributions scalaires, alors que les deux champs, eux, ont la même composante perpendiculaire au plan et s'y ajoutent au lieu de s'annuler.

Exercice 3 : Le potentiel d'une distribution continue : l'anneau et le disque

Un anneau mince de rayon a=5,00a=5{,}00 cm porte une charge Q=20,0Q=20{,}0 nC uniformément répartie. On étudie l'axe de symétrie, repéré par zz. La figure montre l'anneau vu de profil et le point d'observation.

arzPanneau
  • a) Établissez l'expression de V(z)V(z) sur l'axe, en expliquant pourquoi l'intégrale est ici triviale alors que celle du champ ne l'est pas.
  • b) Calculez VV au centre de l'anneau, puis en z=12,0z=12{,}0 cm.
  • c) Déduisez de V(z)V(z) l'expression de EzE_{z}, calculez-la en z=12,0z=12{,}0 cm, puis déterminez la position et la valeur du champ maximal sur l'axe.
  • d) On remplace l'anneau par un disque plein de même rayon et de même charge totale. Calculez le potentiel en z=12,0z=12{,}0 cm et comparez à celui de l'anneau. Le résultat était-il prévisible ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) V=kQa2+z2V=\dfrac{kQ}{\sqrt{a^{2}+z^{2}}} : tous les éléments sont à la même distance
  • b) 3,603{,}60 kV au centre, 1,381{,}38 kV en z=12,0z=12{,}0 cm
  • c) Ez9,82×103E_{z}\approx 9{,}82\times 10^{3} V/m ; maximum en z=a/2=3,54z=a/\sqrt{2}=3{,}54 cm, à 2,77×1042{,}77\times 10^{4} V/m
  • d) 1,441{,}44 kV pour le disque contre 1,381{,}38 kV : sa charge est en moyenne plus près

a) Chaque élément de charge dqdq de l'anneau est à la MÊME distance r=a2+z2r=\sqrt{a^{2}+z^{2}} du point PP de l'axe. Le potentiel étant un scalaire, on écrit simplement V=kdqr=ka2+z2dq=kQa2+z2V=\displaystyle\int\dfrac{k\,dq}{r}=\dfrac{k}{\sqrt{a^{2}+z^{2}}}\int dq=\dfrac{kQ}{\sqrt{a^{2}+z^{2}}} : le facteur constant sort et il ne reste qu'à sommer les charges. Pour le champ, rien de tel : chaque dEd\vec{E} pointe dans une direction différente, il faut projeter sur l'axe, faire apparaître le facteur cosθ=za2+z2\cos\theta=\dfrac{z}{\sqrt{a^{2}+z^{2}}} et n'intégrer que la composante axiale, les composantes radiales s'annulant deux à deux par symétrie. C'est la démonstration la plus économique du chapitre que le potentiel vaut la peine : on calcule le scalaire, puis on dérive.

b) Au centre, z=0z=0 : V=kQa=8,988×109×20,0×1090,0500=3,60×103V=\dfrac{kQ}{a}=\dfrac{8{,}988\times 10^{9}\times 20{,}0\times 10^{-9}}{0{,}0500}=3{,}60\times 10^{3} V. En z=12,0z=12{,}0 cm : a2+z2=0,05002+0,1202=0,130\sqrt{a^{2}+z^{2}}=\sqrt{0{,}0500^{2}+0{,}120^{2}}=0{,}130 m, le triangle 5-12-13 en mètres divisé par cent. V=179,80,130=1,38×103V=\dfrac{179{,}8}{0{,}130}=1{,}38\times 10^{3} V. Notez qu'au centre le potentiel est maximal alors que le champ y est nul : la fonction V(z)V(z) y présente une tangente horizontale, ce qui est la traduction exacte de Ez=dVdz=0E_{z}=-\dfrac{dV}{dz}=0.

c) Ez=dVdz=kQddz(a2+z2)1/2=kQz(a2+z2)3/2E_{z}=-\dfrac{dV}{dz}=-kQ\dfrac{d}{dz}(a^{2}+z^{2})^{-1/2}=\dfrac{kQz}{(a^{2}+z^{2})^{3/2}}. En z=12,0z=12{,}0 cm : 179,8×0,1200,1303=21,572,197×103=9,82×103\dfrac{179{,}8\times 0{,}120}{0{,}130^{3}}=\dfrac{21{,}57}{2{,}197\times 10^{-3}}=9{,}82\times 10^{3} V/m. Pour le maximum, on annule la dérivée : dEzdz=0\dfrac{dE_{z}}{dz}=0 conduit à (a2+z2)3z2=0(a^{2}+z^{2})-3z^{2}=0, soit z=a2=3,54z=\dfrac{a}{\sqrt{2}}=3{,}54 cm. En reportant : Emax=kQa2×12(23)3/2=2,77×104E_{\max}=\dfrac{kQ}{a^{2}}\times\dfrac{1}{\sqrt{2}}\left(\dfrac{2}{3}\right)^{3/2}=2{,}77\times 10^{4} V/m. La position du maximum est un résultat à connaître, car il tombe régulièrement : le champ est nul au centre par symétrie, nul à l'infini par décroissance, il passe donc nécessairement par un maximum, et ce maximum est en a2\dfrac{a}{\sqrt{2}}, soit à environ 0,7070{,}707 rayon.

d) Densité surfacique : σ=Qπa2=20,0×109π(0,0500)2=2,55×106\sigma=\dfrac{Q}{\pi a^{2}}=\dfrac{20{,}0\times 10^{-9}}{\pi(0{,}0500)^{2}}=2{,}55\times 10^{-6} C/m2^{2}. Le potentiel d'un disque sur son axe vaut V=σ2ε0(a2+z2z)V=\dfrac{\sigma}{2\varepsilon_{0}}\left(\sqrt{a^{2}+z^{2}}-z\right), résultat obtenu en découpant le disque en anneaux élémentaires et en intégrant le résultat de a). Numériquement : 2,55×1062×8,854×1012×(0,1300,120)=1,438×105×0,0100=1,44×103\dfrac{2{,}55\times 10^{-6}}{2\times 8{,}854\times 10^{-12}}\times(0{,}130-0{,}120)=1{,}438\times 10^{5}\times 0{,}0100=1{,}44\times 10^{3} V, contre 1,38×1031{,}38\times 10^{3} V pour l'anneau. Le disque donne un potentiel plus GRAND, et c'était prévisible sans calcul : à charge totale égale, le disque a redistribué une partie de sa charge vers le centre, donc plus PRÈS du point d'observation, alors que l'anneau la maintenait tout entière à la distance maximale a2+z2\sqrt{a^{2}+z^{2}}. Comme VV varie en 1r\dfrac{1}{r} et que la moyenne de 1r\dfrac{1}{r} est supérieure à 1rˉ\dfrac{1}{\bar{r}}, rapprocher de la charge augmente toujours le potentiel. L'écart de 4,04{,}0 % est modeste ici parce que zz est grand devant aa ; il exploserait près du plan.

Exercice 4 : Le conducteur en équilibre et sa cavité

Une coquille conductrice sphérique, de rayon intérieur a=4,00a=4{,}00 cm et de rayon extérieur b=6,00b=6{,}00 cm, porte une charge nette Q=8,00Q=-8{,}00 nC. Une charge ponctuelle q=+3,00q=+3{,}00 nC est placée au centre de la cavité.

  • a) Déterminez les charges portées par la surface intérieure et par la surface extérieure de la coquille. Justifiez par le théorème de Gauss.
  • b) Calculez le champ en r=2,00r=2{,}00 cm, en r=5,00r=5{,}00 cm et en r=10,0r=10{,}0 cm.
  • c) Calculez le potentiel de la coquille, puis le potentiel en r=10,0r=10{,}0 cm et en r=2,00r=2{,}00 cm.
  • d) On relie maintenant la coquille à la terre. Que deviennent les charges des deux surfaces, et que vaut le champ en r=10,0r=10{,}0 cm ?
  • e) Expliquez pourquoi une cage de Faraday protège son intérieur d'un champ extérieur, mais ne protège PAS l'extérieur d'une charge placée à l'intérieur.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/12

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 3,00-3{,}00 nC à l'intérieur, 5,00-5{,}00 nC à l'extérieur
  • b) 6,74×1046{,}74\times 10^{4} V/m, puis 00, puis 4,49×1034{,}49\times 10^{3} V/m vers l'intérieur
  • c) 749-749 V pour la coquille, 449-449 V à 1010 cm, 74,9-74{,}9 V dans la cavité
  • d) La surface intérieure garde 3,00-3{,}00 nC, l'extérieure passe à 00, et E=0E=0 dehors
  • e) Gauss impose un flux non nul autour d'une charge intérieure : on ne peut pas l'effacer

a) On prend une surface de Gauss entièrement DANS le métal, entre aa et bb. Le champ y est nul, donc le flux est nul, donc la charge enfermée est nulle. Or elle vaut qq plus la charge de la surface intérieure : celle-ci porte donc 3,00-3{,}00 nC. La coquille étant globalement à 8,00-8{,}00 nC et sa surface intérieure à 3,00-3{,}00 nC, sa surface extérieure porte 8,00(3,00)=5,00-8{,}00-(-3{,}00)=-5{,}00 nC. Ce raisonnement en deux temps, Gauss dans le métal puis conservation de la charge totale, est le seul à savoir faire ici, et il fonctionne quelle que soit la forme de la cavité.

b) En r=2,00r=2{,}00 cm, dans la cavité vide : seule qq compte, E=kqr2=8,988×109×3,00×109(0,0200)2=6,74×104E=\dfrac{kq}{r^{2}}=\dfrac{8{,}988\times 10^{9}\times 3{,}00\times 10^{-9}}{(0{,}0200)^{2}}=6{,}74\times 10^{4} V/m, dirigé vers l'extérieur. En r=5,00r=5{,}00 cm, dans le métal : E=0E=0, rigoureusement, c'est la définition de l'équilibre électrostatique. En r=10,0r=10{,}0 cm, à l'extérieur : la charge totale enfermée vaut q+Q=5,00q+Q=-5{,}00 nC, donc E=k(5,00×109)(0,100)2=4,49×103E=\dfrac{k(5{,}00\times 10^{-9})}{(0{,}100)^{2}}=4{,}49\times 10^{3} V/m, dirigé vers l'INTÉRIEUR puisque la charge nette est négative. À l'extérieur, la coquille se comporte exactement comme une charge ponctuelle de 5,00-5{,}00 nC placée au centre.

c) Le potentiel de la coquille se calcule le plus simplement en r=br=b, où la formule extérieure s'applique encore : V(b)=k(5,00×109)0,0600=749V(b)=\dfrac{k(-5{,}00\times 10^{-9})}{0{,}0600}=-749 V. Tout le métal est à ce potentiel, puisque E=0E=0 dedans. En r=10,0r=10{,}0 cm : V=k(5,00×109)0,100=449V=\dfrac{k(-5{,}00\times 10^{-9})}{0{,}100}=-449 V. En r=2,00r=2{,}00 cm, il faut sommer les trois contributions, la charge centrale à sa distance réelle et les deux surfaces à leur rayon respectif, car à l'intérieur d'une sphère chargée le potentiel dû à cette sphère est constant et vaut kqsurfR\dfrac{kq_{\text{surf}}}{R} : V=k(3,00)0,0200+k(3,00)0,0400+k(5,00)0,0600V=\dfrac{k(3{,}00)}{0{,}0200}+\dfrac{k(-3{,}00)}{0{,}0400}+\dfrac{k(-5{,}00)}{0{,}0600}, en nanocoulombs, soit 1348674749=74,91348-674-749=-74{,}9 V. Le potentiel est donc négatif dans la cavité alors que le champ y pointe vers l'extérieur : encore une fois, le signe de VV ne dit rien du sens de E\vec{E}.

d) Relier à la terre, c'est imposer V=0V=0 à la coquille. La surface intérieure ne peut pas changer, elle est verrouillée par le théorème de Gauss appliqué dans le métal tant que qq reste en place : elle garde 3,00-3{,}00 nC. C'est la surface EXTÉRIEURE qui s'ajuste, en évacuant sa charge vers la terre jusqu'à ce que le potentiel s'annule, ce qui exige une charge extérieure nulle. Le champ en r=10,0r=10{,}0 cm devient donc nul, et il l'est partout à l'extérieur. La mise à la terre a rendu la coquille électriquement invisible du dehors.

e) Les deux situations ne sont pas symétriques, et c'est tout l'intérêt de la question. Un champ EXTÉRIEUR provoque une redistribution des charges libres du métal, qui s'organisent jusqu'à créer à l'intérieur un champ exactement opposé : la cavité se retrouve à champ nul, quelle que soit l'intensité extérieure, et c'est la protection recherchée. Mais une charge placée DANS la cavité impose sa loi par le théorème de Gauss : toute surface fermée entourant la cage enferme cette charge, le flux ne peut pas être nul, donc le champ extérieur ne peut pas l'être. Le métal ne fait que redistribuer l'information, en la rendant parfaitement sphérique et en effaçant la position exacte de la charge intérieure, mais il ne peut pas la supprimer. La seule façon de protéger l'extérieur est justement la mise à la terre de la question d), qui fournit les charges nécessaires pour annuler la somme.

Exercice 5 : Deux sphères reliées et le pouvoir des pointes

Deux sphères conductrices, de rayons R1=8,00R_{1}=8{,}00 cm et R2=2,00R_{2}=2{,}00 cm, très éloignées l'une de l'autre, sont reliées par un long fil conducteur très fin. On dépose sur l'ensemble une charge totale de 12,012{,}0 nC. La figure schématise le montage.

R1 = 8,00 cmR2 = 2,00 cmfil conducteurmeme potentiel, charges differentes
  • a) Écrivez la condition qui détermine la répartition de la charge, et calculez Q1Q_{1} et Q2Q_{2}.
  • b) Calculez le potentiel commun, par les deux sphères, pour vérifier.
  • c) Calculez le champ à la surface de chaque sphère, ainsi que les densités surfaciques de charge. Quelle relation simple relie ces grandeurs aux rayons ?
  • d) L'air claque à 3,00×1063{,}00\times 10^{6} V/m. Laquelle des deux sphères déclenche l'étincelle, et à quel potentiel commun ?
  • e) Un paratonnerre est une pointe et non une boule. Expliquez le principe à partir de ce qui précède, et dites pourquoi les bornes des lignes à haute tension sont au contraire des tores bien arrondis.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/10

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Même potentiel, donc Q1/Q2=R1/R2Q_{1}/Q_{2}=R_{1}/R_{2} : 9,609{,}60 nC et 2,402{,}40 nC
  • b) V=1,08V=1{,}08 kV par les deux sphères
  • c) E=V/RE=V/R : 1,35×1041{,}35\times 10^{4} et 5,39×1045{,}39\times 10^{4} V/m, rapport 4,004{,}00
  • d) La petite, à V=EclaquageR2=60,0V=E_{claquage}R_{2}=60{,}0 kV
  • e) On VEUT l'étincelle et on choisit où ; sur une ligne HT on la fuit, d'où les tores

a) Reliées par un conducteur, les deux sphères forment un seul conducteur en équilibre : elles sont donc au MÊME POTENTIEL, et non porteuses de la même charge. Étant très éloignées, chacune garde le potentiel d'une sphère isolée, V=kQRV=\dfrac{kQ}{R}. La condition s'écrit Q1R1=Q2R2\dfrac{Q_{1}}{R_{1}}=\dfrac{Q_{2}}{R_{2}}, soit Q1Q2=R1R2=4,00\dfrac{Q_{1}}{Q_{2}}=\dfrac{R_{1}}{R_{2}}=4{,}00. Avec Q1+Q2=12,0Q_{1}+Q_{2}=12{,}0 nC : Q1=9,60Q_{1}=9{,}60 nC et Q2=2,40Q_{2}=2{,}40 nC. La grosse sphère prend les quatre cinquièmes de la charge, ce qui n'a rien de surprenant, mais la suite l'est davantage.

b) Par la grande : V=8,988×109×9,60×1090,0800=1,08×103V=\dfrac{8{,}988\times 10^{9}\times 9{,}60\times 10^{-9}}{0{,}0800}=1{,}08\times 10^{3} V. Par la petite : 8,988×109×2,40×1090,0200=1,08×103\dfrac{8{,}988\times 10^{9}\times 2{,}40\times 10^{-9}}{0{,}0200}=1{,}08\times 10^{3} V. Les deux coïncident, ce qui valide la répartition. Ce contrôle croisé ne coûte rien et attrape immédiatement une inversion de rapport, l'erreur la plus banale de l'exercice.

c) E1=kQ1R12=86,286,40×103=1,35×104E_{1}=\dfrac{kQ_{1}}{R_{1}^{2}}=\dfrac{86{,}28}{6{,}40\times 10^{-3}}=1{,}35\times 10^{4} V/m. E2=kQ2R22=21,574,00×104=5,39×104E_{2}=\dfrac{kQ_{2}}{R_{2}^{2}}=\dfrac{21{,}57}{4{,}00\times 10^{-4}}=5{,}39\times 10^{4} V/m. Densités : σ1=Q14πR12=1,19×107\sigma_{1}=\dfrac{Q_{1}}{4\pi R_{1}^{2}}=1{,}19\times 10^{-7} C/m2^{2} et σ2=4,77×107\sigma_{2}=4{,}77\times 10^{-7} C/m2^{2}. Les relations sont limpides : puisque V=kQRV=\dfrac{kQ}{R} est commun, E=kQR2=VRE=\dfrac{kQ}{R^{2}}=\dfrac{V}{R}, donc E2E1=R1R2=4,00\dfrac{E_{2}}{E_{1}}=\dfrac{R_{1}}{R_{2}}=4{,}00, et il en va de même pour les densités puisque σ=ε0E\sigma=\varepsilon_{0}E. La PETITE sphère, qui porte quatre fois moins de charge, subit un champ quatre fois plus intense. C'est le pouvoir des pointes, et il n'est ni mystérieux ni qualitatif : c'est la conséquence arithmétique de E=VRE=\dfrac{V}{R} à potentiel commun.

d) C'est la petite sphère qui claque la première, puisqu'elle porte le champ le plus intense. La condition est E2=VR2=3,00×106E_{2}=\dfrac{V}{R_{2}}=3{,}00\times 10^{6} V/m, d'où V=3,00×106×0,0200=6,00×104V=3{,}00\times 10^{6}\times 0{,}0200=6{,}00\times 10^{4} V, soit 60,060{,}0 kV. À ce moment la grande sphère n'est qu'à 6,00×1040,0800=7,50×105\dfrac{6{,}00\times 10^{4}}{0{,}0800}=7{,}50\times 10^{5} V/m, le quart du seuil : elle est encore loin de la décharge. Une seule petite aspérité suffit donc à plafonner le potentiel de tout le conducteur, si grand soit-il.

e) Un paratonnerre est une pointe précisément pour PROVOQUER l'ionisation locale : son rayon de courbure minuscule produit, pour un potentiel modeste, un champ énorme, ce qui ionise l'air alentour, crée un chemin conducteur privilégié et attire la décharge sur lui plutôt que sur la charpente du bâtiment. On veut l'étincelle, et on veut choisir où elle tombe. À l'inverse, sur une ligne à très haute tension, toute décharge est une perte d'énergie, une source de bruit radioélectrique et une usure du matériel : on cherche donc à ÉVITER l'ionisation, et on arrondit tout, d'où les tores anti-couronne placés aux extrémités des chaînes d'isolateurs. Une même équation, E=VRE=\dfrac{V}{R}, et deux stratégies opposées selon qu'on veut l'étincelle ou qu'on n'en veut pas : c'est le meilleur exemple d'ingénierie que ce chapitre propose.

Partie B : condensateurs, réseaux et énergie (/50)

Exercice 6 : La capacité de trois géométries

On étudie trois condensateurs à vide : un condensateur plan d'armatures A=200A=200 cm2^{2} séparées de d=0,500d=0{,}500 mm ; un câble coaxial de rayon intérieur a=0,500a=0{,}500 mm et de rayon extérieur b=3,50b=3{,}50 mm ; un condensateur sphérique de rayons a=4,00a=4{,}00 cm et b=5,00b=5{,}00 cm.

  • a) Rappelez la définition de la capacité et démontrez C=ε0AdC=\dfrac{\varepsilon_{0}A}{d} pour le condensateur plan, à partir du théorème de Gauss.
  • b) Démontrez la capacité linéique du câble coaxial, puis calculez-la en pF/m.
  • c) Démontrez la capacité du condensateur sphérique, calculez-la, et vérifiez qu'elle redonne la formule du condensateur plan quand bab-a devient très petit.
  • d) Calculez la capacité du condensateur plan, et calculez la capacité de la Terre supposée conductrice isolée, de rayon 6,37×1066{,}37\times 10^{6} m. Que révèle la comparaison sur l'ordre de grandeur du farad ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) C=Q/U=ε0AdC=Q/U=\dfrac{\varepsilon_{0}A}{d} : QQ se simplifie, seule la géométrie reste
  • b) CL=2πε0ln(b/a)=28,6\dfrac{C}{L}=\dfrac{2\pi\varepsilon_{0}}{\ln(b/a)}=28{,}6 pF/m
  • c) C=4πε0abba=22,3C=\dfrac{4\pi\varepsilon_{0}ab}{b-a}=22{,}3 pF, qui redonne le cas plan si bab-a est petit
  • d) 354354 pF pour les plaques, 709709 µF pour la Terre entière : le farad est énorme

a) C=QUC=\dfrac{Q}{U} : la capacité est la charge stockée par volt appliqué, et elle ne dépend QUE de la géométrie, jamais de la charge ni de la tension. Démonstration du cas plan : une armature portant la charge QQ sur l'aire AA a la densité σ=QA\sigma=\dfrac{Q}{A}, et le théorème de Gauss appliqué à un cylindre traversant une armature donne, entre les plaques, E=σε0=Qε0AE=\dfrac{\sigma}{\varepsilon_{0}}=\dfrac{Q}{\varepsilon_{0}A}. Le champ étant uniforme, U=Ed=Qdε0AU=Ed=\dfrac{Qd}{\varepsilon_{0}A}, d'où C=QU=ε0AdC=\dfrac{Q}{U}=\dfrac{\varepsilon_{0}A}{d}. Retenez la structure du raisonnement, elle est identique dans les trois cas : Gauss donne EE, une intégrale donne UU, le quotient donne CC, et QQ se simplifie systématiquement, ce qui EST la démonstration que CC ne dépend que de la géométrie.

b) Pour un cylindre de longueur LL portant la charge QQ, Gauss sur un cylindre coaxial de rayon rr donne E(2πrL)=Qε0E(2\pi rL)=\dfrac{Q}{\varepsilon_{0}}, soit E=Q2πε0LrE=\dfrac{Q}{2\pi\varepsilon_{0}Lr}. La tension s'obtient en intégrant de aa à bb : U=abQdr2πε0Lr=Q2πε0LlnbaU=\displaystyle\int_{a}^{b}\dfrac{Q\,dr}{2\pi\varepsilon_{0}Lr}=\dfrac{Q}{2\pi\varepsilon_{0}L}\ln\dfrac{b}{a}. D'où CL=2πε0ln(b/a)\dfrac{C}{L}=\dfrac{2\pi\varepsilon_{0}}{\ln(b/a)}. Numériquement, ba=7,00\dfrac{b}{a}=7{,}00 et ln7,00=1,946\ln 7{,}00=1{,}946 : CL=2π×8,854×10121,946=2,86×1011\dfrac{C}{L}=\dfrac{2\pi\times 8{,}854\times 10^{-12}}{1{,}946}=2{,}86\times 10^{-11} F/m, soit 28,628{,}6 pF/m. C'est l'ordre de grandeur réel d'un câble coaxial de laboratoire, et c'est ce qui limite sa bande passante sur de longues distances.

c) Gauss en symétrie sphérique donne E=kQr2E=\dfrac{kQ}{r^{2}} entre les deux sphères, d'où U=abkQr2dr=kQ(1a1b)=kQbaabU=\displaystyle\int_{a}^{b}\dfrac{kQ}{r^{2}}dr=kQ\left(\dfrac{1}{a}-\dfrac{1}{b}\right)=kQ\dfrac{b-a}{ab}, et C=QU=abk(ba)=4πε0abbaC=\dfrac{Q}{U}=\dfrac{ab}{k(b-a)}=\dfrac{4\pi\varepsilon_{0}ab}{b-a}. Numériquement : 4π×8,854×1012×0,0400×0,05000,0100=2,23×1011\dfrac{4\pi\times 8{,}854\times 10^{-12}\times 0{,}0400\times 0{,}0500}{0{,}0100}=2{,}23\times 10^{-11} F, soit 22,322{,}3 pF. Limite du condensateur plan : si ba=db-a=d est petit, alors aba2ab\approx a^{2} et 4πa24\pi a^{2} est justement l'AIRE de la sphère, donc Cε0AdC\to\dfrac{\varepsilon_{0}A}{d}. On retrouve exactement le cas plan, ce qui est le contrôle attendu : quand on colle deux surfaces l'une contre l'autre, leur courbure cesse d'avoir de l'importance.

d) Condensateur plan : C=8,854×1012×0,02005,00×104=3,54×1010C=\dfrac{8{,}854\times 10^{-12}\times 0{,}0200}{5{,}00\times 10^{-4}}=3{,}54\times 10^{-10} F, soit 354354 pF pour deux plaques de vingt centimètres carrés à un demi-millimètre. Terre isolée : C=4πε0R=1,113×1010×6,37×106=7,09×104C=4\pi\varepsilon_{0}R=1{,}113\times 10^{-10}\times 6{,}37\times 10^{6}=7{,}09\times 10^{-4} F, soit 709709 μF. La comparaison est le vrai contenu de la question : la planète entière ne fait pas un millifarad, alors qu'un condensateur électrolytique de la taille d'un pouce en fait couramment mille. Le farad est donc une unité GIGANTESQUE, et c'est pourquoi tout le chapitre se pratique en picofarads et en microfarads. Les condensateurs commerciaux n'atteignent ces valeurs qu'en trichant sur la géométrie, avec des diélectriques de forte permittivité et des épaisseurs de quelques dizaines de nanomètres, jamais avec de simples plaques dans l'air.

Exercice 7 : Un réseau à quatre condensateurs

Le réseau de la figure est alimenté sous U=24,0U=24{,}0 V. Les capacités valent C1=6,00C_{1}=6{,}00 μF, C2=3,00C_{2}=3{,}00 μF, C3=4,00C_{3}=4{,}00 μF et C4=12,0C_{4}=12{,}0 μF.

C1C2C3C424,0 V
  • a) Décrivez la topologie du réseau, puis calculez la capacité équivalente vue par la source.
  • b) Calculez la charge totale débitée, puis la tension aux bornes de C4C_{4} et celle aux bornes du bloc parallèle.
  • c) Calculez la charge et la tension de chacun des quatre condensateurs, et vérifiez vos résultats par deux contrôles indépendants.
  • d) Calculez l'énergie totale emmagasinée, puis vérifiez-la en additionnant les énergies des quatre condensateurs.
  • e) On double C4C_{4}. La capacité équivalente double-t-elle ? Justifiez sans refaire tout le calcul.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/13

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) C12=2,00C_{12}=2{,}00, C123=6,00C_{123}=6{,}00, Ceˊq=4,00C_{éq}=4{,}00 µF
  • b) Q=96,0Q=96{,}0 µC, U4=8,00U_{4}=8{,}00 V, bloc à 16,016{,}0 V
  • c) Q3=64,0Q_{3}=64{,}0 µC, Q1=Q2=32,0Q_{1}=Q_{2}=32{,}0 µC, U1=5,33U_{1}=5{,}33 V et U2=10,7U_{2}=10{,}7 V
  • d) 1,151{,}15 mJ par les deux méthodes
  • e) Non : 4,804{,}80 µF seulement, soit 20%20\,\% de plus

a) C1C_{1} et C2C_{2} sont en SÉRIE dans une même branche ; cette branche est en PARALLÈLE avec C3C_{3} ; l'ensemble est en SÉRIE avec C4C_{4}. On remonte de l'intérieur vers l'extérieur. Série C1C2C_{1}C_{2} : 1C12=16,00+13,00=12,00\dfrac{1}{C_{12}}=\dfrac{1}{6{,}00}+\dfrac{1}{3{,}00}=\dfrac{1}{2{,}00}, donc C12=2,00C_{12}=2{,}00 μF. Parallèle avec C3C_{3} : C123=2,00+4,00=6,00C_{123}=2{,}00+4{,}00=6{,}00 μF. Série avec C4C_{4} : Ceˊq=6,00×12,06,00+12,0=4,00C_{\text{éq}}=\dfrac{6{,}00\times 12{,}0}{6{,}00+12{,}0}=4{,}00 μF. Retenez la règle de sens : pour des condensateurs, la SÉRIE diminue la capacité et le PARALLÈLE l'augmente, exactement l'inverse des résistances. Un moyen sûr de ne plus se tromper est de raisonner géométriquement : mettre deux condensateurs plans en parallèle revient à élargir les armatures, donc à augmenter AA ; les mettre en série revient à empiler les épaisseurs, donc à augmenter dd.

b) Qtot=CeˊqU=4,00×106×24,0=96,0Q_{\text{tot}}=C_{\text{éq}}U=4{,}00\times 10^{-6}\times 24{,}0=96{,}0 μC. Comme C4C_{4} est en série avec tout le reste, il porte cette charge entière : U4=96,012,0=8,00U_{4}=\dfrac{96{,}0}{12{,}0}=8{,}00 V. Il reste pour le bloc parallèle 24,08,00=16,024{,}0-8{,}00=16{,}0 V, ce qu'on vérifie par 96,06,00=16,0\dfrac{96{,}0}{6{,}00}=16{,}0 V. Le point de méthode est ici : dans une série de condensateurs, c'est la CHARGE qui est commune, et elle vaut la charge totale du circuit.

c) C3C_{3} voit les 16,016{,}0 V du bloc parallèle : Q3=4,00×16,0=64,0Q_{3}=4{,}00\times 16{,}0=64{,}0 μC. La branche série voit les mêmes 16,016{,}0 V avec C12=2,00C_{12}=2{,}00 μF : Q1=Q2=2,00×16,0=32,0Q_{1}=Q_{2}=2{,}00\times 16{,}0=32{,}0 μC, la même charge sur les deux, puisqu'ils sont en série. D'où U1=32,06,00=5,33U_{1}=\dfrac{32{,}0}{6{,}00}=5{,}33 V et U2=32,03,00=10,7U_{2}=\dfrac{32{,}0}{3{,}00}=10{,}7 V. Premier contrôle : U1+U2=16,0U_{1}+U_{2}=16{,}0 V, la tension du bloc, et c'est bien le cas. Second contrôle : Q3+Q1=64,0+32,0=96,0Q_{3}+Q_{1}=64{,}0+32{,}0=96{,}0 μC, la charge totale, puisque les deux branches parallèles se partagent le courant de charge. Remarquez que le plus PETIT condensateur de la série, C2C_{2}, prend la plus GRANDE tension : à charge égale, U=QCU=\dfrac{Q}{C}, et c'est pourquoi c'est toujours le plus petit qui claque le premier dans une série.

d) Énergie totale : 12CeˊqU2=12×4,00×106×576=1,15×103\dfrac{1}{2}C_{\text{éq}}U^{2}=\dfrac{1}{2}\times 4{,}00\times 10^{-6}\times 576=1{,}15\times 10^{-3} J, soit 1,151{,}15 mJ. Vérification élément par élément avec 12CU2\dfrac{1}{2}CU^{2}, en microjoules : C1C_{1} donne 12(6,00)(5,33)2=85,3\dfrac{1}{2}(6{,}00)(5{,}33)^{2}=85{,}3 ; C2C_{2} donne 12(3,00)(10,67)2=170,7\dfrac{1}{2}(3{,}00)(10{,}67)^{2}=170{,}7 ; C3C_{3} donne 12(4,00)(16,0)2=512\dfrac{1}{2}(4{,}00)(16{,}0)^{2}=512 ; C4C_{4} donne 12(12,0)(8,00)2=384\dfrac{1}{2}(12{,}0)(8{,}00)^{2}=384. Somme : 11521152 μJ =1,15=1{,}15 mJ. Les deux méthodes coïncident, comme la conservation de l'énergie l'exige. C'est le contrôle final à faire systématiquement sur un réseau, car il teste TOUTES les tensions d'un coup.

e) Non. En série, c'est la plus petite capacité qui domine, et C4C_{4} n'est pas le maillon faible : le bloc parallèle vaut 6,006{,}00 μF contre 12,012{,}0 μF pour C4C_{4}. En doublant C4C_{4} à 24,024{,}0 μF, on obtient Ceˊq=6,00×24,030,0=4,80C_{\text{éq}}=\dfrac{6{,}00\times 24{,}0}{30{,}0}=4{,}80 μF, soit seulement 2020 % de plus. La raison se voit sur l'inverse : 1Ceˊq=16,00+112,0\dfrac{1}{C_{\text{éq}}}=\dfrac{1}{6{,}00}+\dfrac{1}{12{,}0}, où le premier terme pèse deux fois plus que le second ; diviser le second par deux ne réduit que d'un tiers ce qu'il apportait. À la limite, un C4C_{4} infini ne donnerait que 6,006{,}00 μF : la série ne peut jamais dépasser sa plus petite capacité. C'est le pendant exact du fait qu'une résistance en parallèle ne peut jamais dépasser la plus petite des résistances.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse, ou fausse par un détail décisif. Dites ce qui cloche et donnez l'énoncé correct. Deux points chacune.

  • a) « Là où le potentiel est nul, le champ électrique est nul lui aussi, puisque le champ dérive du potentiel. »
  • b) « La capacité d'un condensateur augmente quand on le charge davantage, puisque C=QUC=\dfrac{Q}{U} et que QQ augmente. »
  • c) « En série, les condensateurs s'ajoutent, comme les résistances : trois condensateurs de 22 μF en série donnent 66 μF. »
  • d) « Une tension de 750750 kV est forcément mortelle, alors qu'une tension de 500500 V ne l'est pas : le danger se lit sur le nombre de volts. »
  • e) « L'énergie d'un condensateur est stockée dans les charges accumulées sur les armatures. »

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/5

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Le champ est l'opposé du GRADIENT : c'est la pente qui compte, pas la valeur
  • b) CC ne dépend que de la géométrie : QQ et UU doublent ensemble
  • c) En série les inverses s'ajoutent : 0,6670{,}667 µF, trois fois MOINS
  • d) C'est le courant, sa durée et son trajet qui blessent, pas le nombre de volts
  • e) L'énergie est dans le CHAMP, u=12ε0E2u=\frac{1}{2}\varepsilon_{0}E^{2}, y compris dans le vide

a) Faux, et l'erreur porte sur le mot « dérive », pris au sens vague au lieu du sens mathématique. Le champ est l'OPPOSÉ DU GRADIENT du potentiel, E=V\vec{E}=-\vec{\nabla}V : il dépend de la façon dont VV VARIE autour du point, pas de la valeur de VV en ce point. Une fonction peut parfaitement valoir zéro tout en ayant une pente non nulle, c'est le cas de f(x)=xf(x)=x en x=0x=0. Énoncé correct : E=0\vec{E}=\vec{0} là où VV est CONSTANT dans tout un voisinage, ce qui est le cas dans un conducteur en équilibre, où VV vaut d'ailleurs rarement zéro. Le contre-exemple à donner est le plan médiateur d'un dipôle, où V=0V=0 partout alors que le champ y est maximal.

b) Faux, et le raisonnement s'arrête au milieu. La relation C=QUC=\dfrac{Q}{U} est une DÉFINITION du rapport, pas une loi de variation : quand on double QQ, la tension UU double elle aussi, et le rapport ne bouge pas. Énoncé correct : la capacité ne dépend que de la géométrie et du diélectrique, C=ε0AdC=\dfrac{\varepsilon_{0}A}{d} pour un condensateur plan. C'est la démonstration de l'exercice 6 qui le prouve, avec le QQ qui se simplifie systématiquement en chemin. Un condensateur déchargé, avec Q=0Q=0 et U=0U=0, a exactement la même capacité qu'un condensateur chargé.

c) Faux deux fois. Les condensateurs en série suivent la loi des INVERSES : 1Ceˊq=32\dfrac{1}{C_{\text{éq}}}=\dfrac{3}{2}, donc Ceˊq=0,667C_{\text{éq}}=0{,}667 μF, soit trois fois MOINS que chacun, et non trois fois plus. Énoncé correct : pour des condensateurs, la série divise et le parallèle additionne, c'est-à-dire l'inverse exact des résistances. La raison physique est géométrique : mettre en série revient à empiler les épaisseurs, donc à augmenter dd, ce qui diminue ε0Ad\dfrac{\varepsilon_{0}A}{d} ; mettre en parallèle revient à élargir les armatures, donc à augmenter AA.

d) L'affirmation confond la tension et ce qui blesse réellement. Ce qui traverse un corps, c'est un COURANT, et il dépend autant de l'impédance du circuit et de la quantité de charge disponible que de la tension. Un générateur de Van de Graaff à 750750 kV ne stocke que quelques joules et ne débite qu'une décharge de microcoulombs : elle est spectaculaire et généralement sans gravité. Une prise domestique à 120120 V, elle, peut débiter des ampères indéfiniment à travers le thorax. Énoncé correct : la tension conditionne le claquage et l'amorçage, mais c'est le courant, sa durée et son trajet qui déterminent le danger, et une source de forte tension mais de très faible énergie stockée n'est pas comparable à une source de réseau.

e) L'affirmation n'est pas absurde mais elle mène à une impasse, et la formulation moderne est l'inverse. L'énergie est stockée dans le CHAMP, avec la densité u=12ε0E2u=\dfrac{1}{2}\varepsilon_{0}E^{2} en tout point où le champ existe, y compris dans le vide entre les armatures où il n'y a aucune charge. Le calcul de l'exercice suivant le vérifie : intégrer uu sur le volume du condensateur redonne exactement 12CU2\dfrac{1}{2}CU^{2}, au dernier chiffre. Énoncé correct : les charges créent le champ, et c'est le champ qui porte l'énergie. Cette différence de point de vue paraît académique en électrostatique, mais elle devient indispensable dès qu'on aborde l'onde électromagnétique, qui transporte de l'énergie en se propageant loin de toute charge.

Exercice 9 : L'énergie est dans le champ

On reprend le condensateur plan de l'exercice 6, A=200A=200 cm2^{2} et d=0,500d=0{,}500 mm, de capacité 354354 pF, chargé sous U=100U=100 V.

  • a) Calculez la charge, l'énergie emmagasinée par 12CU2\dfrac{1}{2}CU^{2}, et le champ entre les armatures.
  • b) Calculez la densité d'énergie du champ, puis l'énergie contenue dans le volume situé entre les armatures. Comparez au résultat de a) et concluez.
  • c) Calculez la force d'attraction entre les deux armatures. Attention : elle ne vaut PAS QEQE avec le champ complet, et il faut dire pourquoi.
  • d) Quelle est la tension maximale applicable avant claquage de l'air, et l'énergie stockée à cette limite ?
  • e) Calculez la densité d'énergie maximale d'un condensateur à air, et comparez à celle de l'essence, 3,4×10103{,}4\times 10^{10} J/m3^{3}. Que conclure sur le stockage électrostatique de l'énergie ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/12

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Q=35,4Q=35{,}4 nC, W=1,77W=1{,}77 µJ, E=2,00×105E=2{,}00\times 10^{5} V/m
  • b) u=0,177u=0{,}177 J/m³ sur 1,00×1051{,}00\times 10^{-5} m³ donne exactement 1,771{,}77 µJ
  • c) F=Q22ε0A=3,54F=\dfrac{Q^{2}}{2\varepsilon_{0}A}=3{,}54 mN, moitié de QEQE
  • d) Umax=1500U_{max}=1500 V et W=398W=398 µJ, soit 225225 fois plus
  • e) umax=39,8u_{max}=39{,}8 J/m³ contre 3,4×10103{,}4\times 10^{10} pour l'essence : 8,5×1088{,}5\times 10^{8} fois moins

a) Q=CU=3,54×1010×100=3,54×108Q=CU=3{,}54\times 10^{-10}\times 100=3{,}54\times 10^{-8} C, soit 35,435{,}4 nC. Énergie : 12CU2=12×3,54×1010×104=1,77×106\dfrac{1}{2}CU^{2}=\dfrac{1}{2}\times 3{,}54\times 10^{-10}\times 10^{4}=1{,}77\times 10^{-6} J, soit 1,771{,}77 μJ. Champ : E=Ud=1005,00×104=2,00×105E=\dfrac{U}{d}=\dfrac{100}{5{,}00\times 10^{-4}}=2{,}00\times 10^{5} V/m, uniforme entre les armatures.

b) u=12ε0E2=12×8,854×1012×(2,00×105)2=0,177u=\dfrac{1}{2}\varepsilon_{0}E^{2}=\dfrac{1}{2}\times 8{,}854\times 10^{-12}\times(2{,}00\times 10^{5})^{2}=0{,}177 J/m3^{3}. Volume entre les armatures : Ad=0,0200×5,00×104=1,00×105Ad=0{,}0200\times 5{,}00\times 10^{-4}=1{,}00\times 10^{-5} m3^{3}. Énergie : 0,177×1,00×105=1,77×1060{,}177\times 1{,}00\times 10^{-5}=1{,}77\times 10^{-6} J. C'est EXACTEMENT le résultat de a), au dernier chiffre, et ce n'est pas une coïncidence : la démonstration algébrique consiste à écrire 12ε0E2×Ad=12ε0U2d2Ad=12ε0AdU2=12CU2\dfrac{1}{2}\varepsilon_{0}E^{2}\times Ad=\dfrac{1}{2}\varepsilon_{0}\dfrac{U^{2}}{d^{2}}Ad=\dfrac{1}{2}\dfrac{\varepsilon_{0}A}{d}U^{2}=\dfrac{1}{2}CU^{2}. La conclusion est celle de la question 8e : on peut cesser de penser l'énergie comme logée dans les charges et la penser comme logée dans le champ, avec la même valeur totale. Le second point de vue est le seul qui survivra au chapitre suivant.

c) Le piège est réel : écrire F=QEF=QE avec E=2,00×105E=2{,}00\times 10^{5} V/m donnerait 7,08×1037{,}08\times 10^{-3} N, soit le DOUBLE de la bonne réponse. La raison est qu'une armature ne subit pas son propre champ : le champ qui agit sur elle est celui créé par l'AUTRE armature seule, soit σ2ε0\dfrac{\sigma}{2\varepsilon_{0}}, c'est-à-dire la moitié du champ total σε0\dfrac{\sigma}{\varepsilon_{0}}. D'où F=Q22ε0A=(3,54×108)22×8,854×1012×0,0200=3,54×103F=\dfrac{Q^{2}}{2\varepsilon_{0}A}=\dfrac{(3{,}54\times 10^{-8})^{2}}{2\times 8{,}854\times 10^{-12}\times 0{,}0200}=3{,}54\times 10^{-3} N. Vérification par l'énergie, qui évite complètement le piège : à charge constante, F=dWdd=Wd=1,77×1065,00×104=3,54×103F=\dfrac{dW}{dd}=\dfrac{W}{d}=\dfrac{1{,}77\times 10^{-6}}{5{,}00\times 10^{-4}}=3{,}54\times 10^{-3} N. Les deux méthodes coïncident. La méthode énergétique est la plus sûre, parce qu'elle ne demande jamais de décider quel champ agit sur quoi.

d) Umax=Eclaquage×d=3,00×106×5,00×104=1,50×103U_{\max}=E_{\text{claquage}}\times d=3{,}00\times 10^{6}\times 5{,}00\times 10^{-4}=1{,}50\times 10^{3} V, soit 15001500 V. Énergie correspondante : 12×3,54×1010×(1500)2=3,98×104\dfrac{1}{2}\times 3{,}54\times 10^{-10}\times(1500)^{2}=3{,}98\times 10^{-4} J, soit 398398 μJ. On a gagné un facteur 225225 sur l'énergie en multipliant la tension par 1515, ce qui rappelle que l'énergie croît comme le CARRÉ de la tension : c'est toujours en montant en tension, jamais en agrandissant les plaques, qu'on gagne le plus.

e) umax=12ε0Eclaquage2=12×8,854×1012×(3,00×106)2=39,8u_{\max}=\dfrac{1}{2}\varepsilon_{0}E_{\text{claquage}}^{2}=\dfrac{1}{2}\times 8{,}854\times 10^{-12}\times(3{,}00\times 10^{6})^{2}=39{,}8 J/m3^{3}. Rapport avec l'essence : 3,4×101039,8=8,5×108\dfrac{3{,}4\times 10^{10}}{39{,}8}=8{,}5\times 10^{8}. Un mètre cube d'essence porte donc près d'un milliard de fois l'énergie d'un mètre cube de champ électrique à la limite de claquage de l'air. C'est le chiffre qui explique pourquoi le condensateur n'a JAMAIS été et ne sera jamais un dispositif de stockage d'énergie massif, et pourquoi les supercondensateurs, qui gagnent plusieurs ordres de grandeur avec une double couche électrochimique de quelques nanomètres, restent tout de même loin derrière une batterie au lithium. Ce que le condensateur fait bien n'est pas de stocker beaucoup, c'est de restituer très VITE : ses 398398 μJ peuvent partir en quelques nanosecondes, ce qu'aucune réaction chimique ne sait faire.

Exercice 10 : Problème : le générateur de Van de Graaff

Un générateur de Van de Graaff porte une sphère métallique creuse de rayon R=25,0R=25{,}0 cm, montée au sommet d'une colonne isolante. Une courroie y transporte les charges à raison d'un courant constant de 5,005{,}00 μA. L'air claque à 3,00×1063{,}00\times 10^{6} V/m.

R = 25,0 cmV = 750 kVcourroiesol
  • a) Calculez la capacité de la sphère, supposée isolée.
  • b) Calculez le potentiel maximal qu'elle peut atteindre, ainsi que la charge correspondante, par deux chemins indépendants.
  • c) Calculez l'énergie emmagasinée à cette limite, puis le temps nécessaire à la courroie pour l'y amener, en supposant qu'aucune charge ne fuit.
  • d) Calculez la puissance mécanique que le moteur doit fournir juste avant l'étincelle. À quoi sert exactement ce travail ?
  • e) La courroie dépose sa charge au moyen d'un peigne situé À L'INTÉRIEUR de la sphère, et non sur sa surface extérieure. Expliquez pourquoi c'est indispensable, et pourquoi cela rend le potentiel de la machine limité par la seule géométrie extérieure.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) C=4πε0R=27,8C=4\pi\varepsilon_{0}R=27{,}8 pF
  • b) Vmax=ER=750V_{max}=ER=750 kV et Q=20,9Q=20{,}9 µC, par les deux chemins
  • c) W=7,82W=7{,}82 J, atteints en 4,174{,}17 s
  • d) P=VI=3,75P=VI=3{,}75 W, fournis par le moteur de la courroie
  • e) Le champ est nul dans la cavité : le dépôt ne lutte jamais contre la charge déjà accumulée

a) C=4πε0R=1,113×1010×0,250=2,78×1011C=4\pi\varepsilon_{0}R=1{,}113\times 10^{-10}\times 0{,}250=2{,}78\times 10^{-11} F, soit 27,827{,}8 pF. Trente picofarads : c'est ridiculement peu, à peine plus que le câble coaxial de l'exercice 6 sur un mètre, et c'est déjà l'annonce de la conclusion de cette machine impressionnante mais énergétiquement dérisoire.

b) Premier chemin, par le champ de surface : E=VRE=\dfrac{V}{R} pour une sphère, donc Vmax=EclaquageR=3,00×106×0,250=7,50×105V_{\max}=E_{\text{claquage}}R=3{,}00\times 10^{6}\times 0{,}250=7{,}50\times 10^{5} V, soit 750750 kV. Charge : Q=CV=2,78×1011×7,50×105=2,09×105Q=CV=2{,}78\times 10^{-11}\times 7{,}50\times 10^{5}=2{,}09\times 10^{-5} C, soit 20,920{,}9 μC. Second chemin, par Gauss directement : Q=ER2k=3,00×106×0,06258,988×109=2,09×105Q=\dfrac{ER^{2}}{k}=\dfrac{3{,}00\times 10^{6}\times 0{,}0625}{8{,}988\times 10^{9}}=2{,}09\times 10^{-5} C. Les deux coïncident. Retenez la relation V=ERV=ER pour une sphère : elle dit que pour monter en tension il faut GROSSIR la sphère, et c'est pourquoi les gros accélérateurs Van de Graaff ont des électrodes de plusieurs mètres, souvent placées dans un gaz sous pression dont la rigidité diélectrique dépasse celle de l'air.

c) W=12CV2=12×2,78×1011×(7,50×105)2=7,82W=\dfrac{1}{2}CV^{2}=\dfrac{1}{2}\times 2{,}78\times 10^{-11}\times(7{,}50\times 10^{5})^{2}=7{,}82 J. Sept joules et demi : l'énergie d'une pomme tombant d'un mètre. Voilà ce que contient une machine capable de faire dresser les cheveux et de claquer des étincelles de dizaines de centimètres, et c'est précisément pourquoi elle est sans danger sérieux. Temps de charge : t=QI=2,09×1055,00×106=4,17t=\dfrac{Q}{I}=\dfrac{2{,}09\times 10^{-5}}{5{,}00\times 10^{-6}}=4{,}17 s. Quatre secondes pour saturer, ce qui correspond bien au comportement observé : la machine claque en régime quasi périodique, quelques secondes après chaque décharge.

d) Juste avant l'étincelle, la sphère est à 750750 kV et la courroie continue d'y apporter 5,005{,}00 μA CONTRE ce potentiel : P=VI=7,50×105×5,00×106=3,75P=VI=7{,}50\times 10^{5}\times 5{,}00\times 10^{-6}=3{,}75 W. Ce travail est fourni par le moteur qui entraîne la courroie, et il sert intégralement à hisser des charges vers un potentiel plus élevé, exactement comme un treuil hisse une masse contre la gravité. La machine est donc un convertisseur d'énergie mécanique en énergie électrostatique, et les 3,753{,}75 W qu'elle demande à pleine charge expliquent qu'on entende le moteur peiner juste avant chaque décharge, puis se libérer après.

e) C'est le cœur du dispositif, et il découle directement de l'exercice 4. À l'intérieur d'un conducteur creux en équilibre, le champ est NUL et le potentiel est uniforme : amener une charge de la courroie jusqu'au peigne intérieur ne coûte donc rien de plus une fois le peigne atteint, quel que soit le potentiel déjà atteint par la sphère. Mieux, la charge déposée à l'intérieur migre spontanément vers la surface EXTÉRIEURE, puisque tout excès de charge d'un conducteur en équilibre s'y rassemble, et elle laisse l'intérieur à nouveau vierge. Le peigne n'a donc jamais à lutter contre la charge déjà accumulée. Si l'on déposait au contraire les charges sur la surface extérieure, il faudrait vaincre la répulsion de tout ce qui s'y trouve déjà, et le potentiel plafonnerait bien avant le claquage. Conséquence : la seule limite véritable est la rigidité diélectrique de l'air à la surface, c'est-à-dire Vmax=ERV_{\max}=ER, une limite purement géométrique et extérieure. C'est la plus belle application pratique du théorème de Gauss dans un conducteur creux.

Chapitre précédent Le théorème de Gauss Chapitre suivant Circuits à courant continu

Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur en physique 203-SN2-RE à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. On travaille l'électrostatique NYB au niveau réel des évaluations, du potentiel d'une distribution continue jusqu'aux réseaux de condensateurs.

Site par Studio Squalli