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Physique 203-NYB, cégep • Examen blanc corrigé à Montréal

Examen de synthèse corrigé : électricité et magnétisme (203-NYB)

Une série de chapitre annonce son sujet : on sait qu'on applique le théorème de Gauss, et la moitié du travail est déjà faite. Un examen final ne l'annonce pas, et c'est la seule différence qui compte. Cet examen de synthèse couvre tout le cours d'électricité et magnétisme 203-NYB, tel qu'il est donné au cégep et en compléments québécois au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Format de l'épreuve : 12 exercices, 100 points, 3 heures, quatre parties de 25 points. Calculatrice permise.

Trois questions valent la peine d'être signalées. L'exercice 1 oppose le point où le champ s'annule au point où le potentiel s'annule, et ils ne sont pas au même endroit : c'est le piège vecteur contre scalaire, sous sa forme la plus nette. L'exercice 9 calcule l'énergie du tore de deux façons indépendantes, par l'inductance puis par la densité d'énergie du champ, et les deux résultats doivent coïncider au chiffre près. L'exercice 11 se termine sur une tension de 240 volts aux bornes de la bobine alors que la source n'en fournit que 120 : ce n'est pas une erreur de calcul, c'est la surtension à la résonance.

Rappel de cours

  • Loi de Coulomb et champ : E=kqr2E=\dfrac{kq}{r^{2}} est un vecteur, V=kqrV=\dfrac{kq}{r} est un scalaire. Un champ nul n'implique jamais un potentiel nul, et réciproquement.
  • Théorème de Gauss : Φ=Qintε0\Phi=\dfrac{Q_{\mathrm{int}}}{\varepsilon_{0}}. Seule la charge intérieure à la surface compte, ce qui donne E=kQrR3E=\dfrac{kQr}{R^{3}} dans une sphère chargée en volume et kQr2\dfrac{kQ}{r^{2}} à l'extérieur.
  • Résistances : en série elles s'additionnent, donc le total dépasse la plus grande ; en parallèle, 1R=1Ri\dfrac{1}{R}=\sum\dfrac{1}{R_{i}} et le total est plus petit que la plus petite.
  • Pertes en ligne : P=RI2P=RI^{2}, donc doubler la tension d'alimentation divise le courant par deux et la perte par quatre. La longueur à compter est l'aller ET le retour.
  • Effet de la température : R=R0[1+α(TT0)]R=R_{0}\left[1+\alpha\left(T-T_{0}\right)\right].
  • Force magnétique : F=qv×B\vec{F}=q\vec{v}\times\vec{B} est perpendiculaire à v\vec{v}, donc son travail est nul et l'énergie cinétique est conservée. Rayon R=mvqBR=\dfrac{mv}{qB}, période T=2πmqBT=\dfrac{2\pi m}{qB} indépendante de la vitesse.
  • Induction : E=NdΦdt\mathcal{E}=-N\dfrac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}t}, et la loi de Lenz n'est que la conservation de l'énergie : la force induite s'oppose toujours au mouvement.
  • Énergie magnétique : U=12LI2U=\dfrac{1}{2}LI^{2}, ou de façon équivalente u=B22μ0u=\dfrac{B^{2}}{2\mu_{0}} intégrée sur le volume où règne le champ.
  • Continuités : dans une bobine c'est le COURANT qui est continu, dans un condensateur c'est la TENSION. Confondre les deux fausse tous les régimes transitoires.
  • Régime sinusoïdal : Z=R2+(XLXC)2Z=\sqrt{R^{2}+\left(X_{L}-X_{C}\right)^{2}}, tanφ=XLXCR\tan\varphi=\dfrac{X_{L}-X_{C}}{R}, P=UIcosφ=RI2P=UI\cos\varphi=RI^{2}. À la résonance Z=RZ=R et les tensions aux bornes de LL et de CC valent chacune QQ fois celle de la source.

Partie A : Électrostatique et théorème de Gauss (/25)

Exercice 1 : Deux charges, un champ nul et une énergie

Deux charges ponctuelles sont fixées sur un axe : q1=+4,0 nCq_{1}=+4{,}0\ \mathrm{nC} en x=0x=0 et q2=1,0 nCq_{2}=-1{,}0\ \mathrm{nC} en x=0,30 mx=0{,}30\ \mathrm{m}.

On prendra k=8,99×109 Nm2/C2k=8{,}99\times 10^{9}\ \mathrm{N\cdot m^{2}/C^{2}}.

  • a) Expliquez pourquoi le point où le champ électrique résultant est nul ne peut se trouver ni entre les deux charges, ni à gauche de q1q_{1}.
  • b) Déterminez la position de ce point.
  • c) Calculez le potentiel électrique au point x=0,15 mx=0{,}15\ \mathrm{m}.
  • d) Le potentiel est nul en un autre point situé entre les deux charges. Déterminez-le, et expliquez pourquoi le champ n'y est pas nul pour autant.
  • e) Calculez l'énergie potentielle électrique du système formé par les deux charges, et interprétez son signe.
Voir la correction

a) Entre les deux charges, le champ de q1q_{1} pointe vers la droite (elle est positive, donc elle repousse) et celui de q2q_{2} pointe aussi vers la droite (elle est négative, donc elle attire) : les deux contributions s'ajoutent et ne peuvent pas s'annuler. À gauche de q1q_{1}, on est plus près de la charge la plus grande en valeur absolue, donc son champ y est nécessairement dominant. Le point cherché est donc à droite de q2q_{2}, du côté de la charge la plus faible.

b) Soit x>0,30x>0{,}30. L'égalité des normes s'écrit kq1x2=kq2(x0,30)2\dfrac{k\left|q_{1}\right|}{x^{2}}=\dfrac{k\left|q_{2}\right|}{(x-0{,}30)^{2}}. Comme q1=4q2\left|q_{1}\right|=4\left|q_{2}\right|, il vient 4x2=1(x0,30)2\dfrac{4}{x^{2}}=\dfrac{1}{(x-0{,}30)^{2}}, soit 2x=1x0,30\dfrac{2}{x}=\dfrac{1}{x-0{,}30} en prenant les racines positives. Donc 2(x0,30)=x2(x-0{,}30)=x, d'où x=0,60 mx=0{,}60\ \mathrm{m}. Vérification : les deux normes valent 99,9 V/m99{,}9\ \mathrm{V/m}.

c) V=kq10,15+kq20,15=k(4,01,0)×1090,15=8,99×109×3,0×1090,15=179,8 VV=k\dfrac{q_{1}}{0{,}15}+k\dfrac{q_{2}}{0{,}15}=\dfrac{k\left(4{,}0-1{,}0\right)\times 10^{-9}}{0{,}15}=\dfrac{8{,}99\times 10^{9}\times 3{,}0\times 10^{-9}}{0{,}15}=179{,}8\ \mathrm{V}.

d) On cherche xx entre 0 et 0,300{,}30 tel que 4x=10,30x\dfrac{4}{x}=\dfrac{1}{0{,}30-x}, soit 4(0,30x)=x4(0{,}30-x)=x, donc 1,20=5x1{,}20=5x et x=0,24 mx=0{,}24\ \mathrm{m}. Le potentiel y est nul parce que les deux contributions, l'une positive et l'autre négative, se compensent : ce sont des scalaires qui s'additionnent algébriquement. Le champ, lui, est un vecteur : en ce point les deux contributions pointent toutes deux vers la droite, donc elles s'ajoutent au lieu de se compenser. Un potentiel nul n'implique jamais un champ nul, et réciproquement.

e) U=kq1q2r=8,99×109×4,0×109×(1,0×109)0,30=1,20×107 JU=\dfrac{kq_{1}q_{2}}{r}=\dfrac{8{,}99\times 10^{9}\times 4{,}0\times 10^{-9}\times\left(-1{,}0\times 10^{-9}\right)}{0{,}30}=-1{,}20\times 10^{-7}\ \mathrm{J}. Le signe négatif signifie que le système est lié : il faudrait fournir 1,20×107 J1{,}20\times 10^{-7}\ \mathrm{J} pour séparer les deux charges jusqu'à l'infini. C'est cohérent avec le fait que des charges de signes opposés s'attirent.

Partie A : Électrostatique et théorème de Gauss (/25)

Exercice 2 : La sphère chargée et le théorème de Gauss

Une sphère isolante de rayon R=0,10 mR=0{,}10\ \mathrm{m} porte une charge Q=+6,0 μCQ=+6{,}0\ \mathrm{\mu C} répartie uniformément dans tout son volume.

Le graphique ci-dessous donne la norme du champ électrique en fonction de la distance rr au centre. On prendra ε0=8,854×1012 C2/(Nm2)\varepsilon_{0}=8{,}854\times 10^{-12}\ \mathrm{C^{2}/(N\cdot m^{2})}.

0.050.10.150.20.250.3123456r (m)E (MV/m)r = R
  • a) Calculez le flux électrique à travers une sphère de rayon 0,20 m0{,}20\ \mathrm{m} centrée sur la sphère chargée. Ce flux dépend-il du rayon choisi, tant qu'il est supérieur à RR ?
  • b) Déterminez la norme du champ en r=0,20 mr=0{,}20\ \mathrm{m}, et vérifiez la lecture graphique.
  • c) En appliquant le théorème de Gauss à une sphère de rayon r<Rr<R, montrez que E=kQrR3E=\dfrac{kQr}{R^{3}}.
  • d) Calculez le champ en r=0,050 mr=0{,}050\ \mathrm{m} et expliquez le rapport simple qu'il entretient avec le champ à la surface.
  • e) À l'aide du graphique, indiquez où le champ est maximal et justifiez que la fonction est bien continue en r=Rr=R.
Voir la correction

a) Le théorème de Gauss donne Φ=Qintε0=6,0×1068,854×1012=6,78×105 Nm2/C\Phi=\dfrac{Q_{\mathrm{int}}}{\varepsilon_{0}}=\dfrac{6{,}0\times 10^{-6}}{8{,}854\times 10^{-12}}=6{,}78\times 10^{5}\ \mathrm{N\cdot m^{2}/C}. Ce flux ne dépend pas du rayon choisi tant que celui-ci dépasse RR : la charge intérieure vaut alors toujours QQ. C'est exactement ce que le théorème affirme, et c'est ce qui le rend si puissant.

b) Par symétrie sphérique, EE est radial et de norme constante sur la surface de Gauss, donc Φ=E×4πr2\Phi=E\times 4\pi r^{2}, d'où E=Q4πε0r2=kQr2=8,99×109×6,0×1060,202=1,35×106 V/mE=\dfrac{Q}{4\pi\varepsilon_{0}r^{2}}=\dfrac{kQ}{r^{2}}=\dfrac{8{,}99\times 10^{9}\times 6{,}0\times 10^{-6}}{0{,}20^{2}}=1{,}35\times 10^{6}\ \mathrm{V/m}. Le graphique donne bien environ 1,35 MV/m1{,}35\ \mathrm{MV/m} en r=0,20r=0{,}20. À l'extérieur, la sphère se comporte exactement comme une charge ponctuelle placée en son centre.

c) Pour r<Rr<R, la charge intérieure est la fraction du volume concernée : Qint=Q43πr343πR3=Qr3R3Q_{\mathrm{int}}=Q\dfrac{\frac{4}{3}\pi r^{3}}{\frac{4}{3}\pi R^{3}}=Q\dfrac{r^{3}}{R^{3}}. Le théorème de Gauss donne alors E×4πr2=Qr3ε0R3E\times 4\pi r^{2}=\dfrac{Q r^{3}}{\varepsilon_{0}R^{3}}, donc E=Qr4πε0R3=kQrR3E=\dfrac{Qr}{4\pi\varepsilon_{0}R^{3}}=\dfrac{kQr}{R^{3}}.

d) E=8,99×109×6,0×106×0,0500,103=2,70×106 V/mE=\dfrac{8{,}99\times 10^{9}\times 6{,}0\times 10^{-6}\times 0{,}050}{0{,}10^{3}}=2{,}70\times 10^{6}\ \mathrm{V/m}. À la surface, E=kQR2=5,39×106 V/mE=\dfrac{kQ}{R^{2}}=5{,}39\times 10^{6}\ \mathrm{V/m}. Le rapport vaut exactement 2, ce qui était prévisible : à l'intérieur EE est proportionnel à rr, et 0,0500{,}050 est la moitié de RR.

e) Le champ est maximal exactement à la surface, en r=Rr=R, où il vaut 5,39×106 V/m5{,}39\times 10^{6}\ \mathrm{V/m}. La continuité s'y vérifie : la loi intérieure donne kQRR3=kQR2\dfrac{kQR}{R^{3}}=\dfrac{kQ}{R^{2}} et la loi extérieure donne kQR2\dfrac{kQ}{R^{2}}, soit la même valeur. Le champ croît linéairement jusqu'à la surface puis décroît en 1r2\dfrac{1}{r^{2}}, ce qui explique la forme du graphique : une droite puis une hyperbole décroissante, raccordées sans saut.

Partie A : Électrostatique et théorème de Gauss (/25)

Exercice 3 : L'anneau chargé : là où le champ est le plus intense

Un anneau mince de rayon a=0,10 ma=0{,}10\ \mathrm{m} porte une charge Q=+8,0 nCQ=+8{,}0\ \mathrm{nC} uniformément répartie. On étudie le champ sur l'axe de l'anneau, à la distance zz de son centre.

On admet le résultat du cours : E(z)=kQz(z2+a2)3/2E(z)=\dfrac{kQz}{\left(z^{2}+a^{2}\right)^{3/2}}.

  • a) Expliquez, par un argument de symétrie, pourquoi le champ sur l'axe est nécessairement dirigé selon l'axe.
  • b) Calculez EE et le potentiel V=kQz2+a2V=\dfrac{kQ}{\sqrt{z^{2}+a^{2}}} en z=0,10 mz=0{,}10\ \mathrm{m}.
  • c) Que vaut le champ au centre de l'anneau ? Et le potentiel ? Commentez cette différence.
  • d) Montrez que EE est maximal en z=a2z=\dfrac{a}{\sqrt{2}}, puis calculez cette valeur maximale.
  • e) Montrez qu'à grande distance l'anneau se comporte comme une charge ponctuelle, et vérifiez-le numériquement en z=1,0 mz=1{,}0\ \mathrm{m}.
Voir la correction

a) Découpons l'anneau en petits éléments de charge. À chaque élément correspond l'élément diamétralement opposé, qui porte la même charge et se trouve à la même distance du point de l'axe. Les composantes de leurs champs perpendiculaires à l'axe sont opposées et s'annulent deux à deux, alors que leurs composantes axiales s'additionnent. Le champ résultant est donc porté par l'axe.

b) kQ=8,99×109×8,0×109=71,92kQ=8{,}99\times 10^{9}\times 8{,}0\times 10^{-9}=71{,}92. En z=0,10z=0{,}10 : z2+a2=0,020z^{2}+a^{2}=0{,}020 et (0,020)3/2=2,828×103\left(0{,}020\right)^{3/2}=2{,}828\times 10^{-3}, donc E=71,92×0,102,828×103=2,54×103 V/mE=\dfrac{71{,}92\times 0{,}10}{2{,}828\times 10^{-3}}=2{,}54\times 10^{3}\ \mathrm{V/m}. Pour le potentiel, 0,020=0,1414\sqrt{0{,}020}=0{,}1414, donc V=71,920,1414=509 VV=\dfrac{71{,}92}{0{,}1414}=509\ \mathrm{V}.

c) En z=0z=0, la formule donne E=0E=0 : au centre, chaque élément de charge est compensé par son opposé, donc le champ est nul. Le potentiel y vaut en revanche V=kQa=71,920,10=719 VV=\dfrac{kQ}{a}=\dfrac{71{,}92}{0{,}10}=719\ \mathrm{V}, sa valeur maximale. C'est un exemple net du fait qu'un champ nul n'implique pas un potentiel nul : le potentiel est un scalaire, toutes les contributions sont positives ici et s'ajoutent, alors que les vecteurs champ se compensent.

d) Dérivons EE. Avec u(z)=zu(z)=z et v(z)=(z2+a2)3/2v(z)=\left(z^{2}+a^{2}\right)^{3/2}, on a v(z)=3z(z2+a2)1/2v'(z)=3z\left(z^{2}+a^{2}\right)^{1/2}, donc E=kQ(z2+a2)3/23z2(z2+a2)1/2(z2+a2)3E'=kQ\dfrac{\left(z^{2}+a^{2}\right)^{3/2}-3z^{2}\left(z^{2}+a^{2}\right)^{1/2}}{\left(z^{2}+a^{2}\right)^{3}}. En factorisant (z2+a2)1/2\left(z^{2}+a^{2}\right)^{1/2} au numérateur : E=kQz2+a23z2(z2+a2)5/2=kQa22z2(z2+a2)5/2E'=kQ\dfrac{z^{2}+a^{2}-3z^{2}}{\left(z^{2}+a^{2}\right)^{5/2}}=kQ\dfrac{a^{2}-2z^{2}}{\left(z^{2}+a^{2}\right)^{5/2}}. Le dénominateur est positif, donc EE' s'annule pour a2=2z2a^{2}=2z^{2}, soit z=a2=0,0707 mz=\dfrac{a}{\sqrt{2}}=0{,}0707\ \mathrm{m}, en changeant de signe du plus au moins : c'est bien un maximum. Alors z2+a2=3a22=0,015z^{2}+a^{2}=\dfrac{3a^{2}}{2}=0{,}015, dont la puissance 3/23/2 vaut 1,837×1031{,}837\times 10^{-3}, et Emax=71,92×0,07071,837×103=2,77×103 V/mE_{\max}=\dfrac{71{,}92\times 0{,}0707}{1{,}837\times 10^{-3}}=2{,}77\times 10^{3}\ \mathrm{V/m}.

e) Quand zz devient grand devant aa, on peut négliger a2a^{2} devant z2z^{2} : (z2+a2)3/2(z2)3/2=z3\left(z^{2}+a^{2}\right)^{3/2}\approx\left(z^{2}\right)^{3/2}=z^{3}, donc EkQzz3=kQz2E\approx\dfrac{kQz}{z^{3}}=\dfrac{kQ}{z^{2}}, qui est exactement le champ d'une charge ponctuelle QQ. Vérification en z=1,0 mz=1{,}0\ \mathrm{m} : la formule exacte donne 70,9 V/m70{,}9\ \mathrm{V/m} et l'approximation ponctuelle 71,9 V/m71{,}9\ \mathrm{V/m}, soit un écart de 1,5 pour cent seulement, alors que zz ne vaut que dix fois aa.

Partie B : Circuits à courant continu (/25)

Exercice 4 : Un réseau série-parallèle et son bilan de puissance

Une pile de force électromotrice E=12,0 V\mathcal{E}=12{,}0\ \mathrm{V} et de résistance interne r=0,50 Ωr=0{,}50\ \Omega alimente le circuit suivant : une résistance R1=4,0 ΩR_{1}=4{,}0\ \Omega en série avec le groupement parallèle de R2=6,0 ΩR_{2}=6{,}0\ \Omega et R3=3,0 ΩR_{3}=3{,}0\ \Omega.

  • a) Calculez la résistance équivalente du groupement parallèle, puis la résistance totale du circuit.
  • b) Calculez le courant débité par la pile, puis la tension à ses bornes.
  • c) Déterminez les courants dans R2R_{2} et dans R3R_{3}, et vérifiez la loi des nœuds.
  • d) Établissez le bilan de puissance complet : puissance fournie par la force électromotrice, puissance dissipée dans rr, dans R1R_{1} et dans le groupement parallèle.
  • e) Quel pourcentage de la puissance produite est perdu dans la pile elle-même ? Que faudrait-il changer pour le réduire ?
Voir la correction

a) R23=R2R3R2+R3=6,0×3,09,0=2,0 ΩR_{23}=\dfrac{R_{2}R_{3}}{R_{2}+R_{3}}=\dfrac{6{,}0\times 3{,}0}{9{,}0}=2{,}0\ \Omega. La résistance totale vaut Rtot=r+R1+R23=0,50+4,0+2,0=6,5 ΩR_{\mathrm{tot}}=r+R_{1}+R_{23}=0{,}50+4{,}0+2{,}0=6{,}5\ \Omega.

b) I=ERtot=12,06,5=1,846 AI=\dfrac{\mathcal{E}}{R_{\mathrm{tot}}}=\dfrac{12{,}0}{6{,}5}=1{,}846\ \mathrm{A}. La tension aux bornes de la pile est U=ErI=12,00,50×1,846=11,08 VU=\mathcal{E}-rI=12{,}0-0{,}50\times 1{,}846=11{,}08\ \mathrm{V} : elle est inférieure à la force électromotrice, précisément à cause de la résistance interne.

c) La tension aux bornes du groupement parallèle vaut U23=R23I=2,0×1,846=3,692 VU_{23}=R_{23}I=2{,}0\times 1{,}846=3{,}692\ \mathrm{V}. Elle est la même pour les deux branches, donc I2=3,6926,0=0,615 AI_{2}=\dfrac{3{,}692}{6{,}0}=0{,}615\ \mathrm{A} et I3=3,6923,0=1,231 AI_{3}=\dfrac{3{,}692}{3{,}0}=1{,}231\ \mathrm{A}. Leur somme vaut 1,846 A1{,}846\ \mathrm{A}, égale au courant total : la loi des nœuds est vérifiée. On note que la plus petite résistance porte le plus grand courant, dans le rapport exact 22 des deux résistances inversées.

d) PE=EI=12,0×1,846=22,15 WP_{\mathcal{E}}=\mathcal{E}I=12{,}0\times 1{,}846=22{,}15\ \mathrm{W}. Ensuite Pr=rI2=0,50×1,8462=1,70 WP_{r}=rI^{2}=0{,}50\times 1{,}846^{2}=1{,}70\ \mathrm{W}, P1=R1I2=4,0×3,408=13,63 WP_{1}=R_{1}I^{2}=4{,}0\times 3{,}408=13{,}63\ \mathrm{W} et P23=R23I2=2,0×3,408=6,82 WP_{23}=R_{23}I^{2}=2{,}0\times 3{,}408=6{,}82\ \mathrm{W}. La somme des trois vaut 1,70+13,63+6,82=22,15 W1{,}70+13{,}63+6{,}82=22{,}15\ \mathrm{W}, égale à la puissance fournie : le bilan est équilibré.

e) La fraction perdue dans la pile vaut 1,7022,15=7,7\dfrac{1{,}70}{22{,}15}=7{,}7 pour cent. Pour la réduire, il faut diminuer le courant, donc augmenter la résistance externe, ou choisir une pile de plus faible résistance interne. On remarque que cette perte croît comme I2I^{2} alors que la puissance fournie ne croît que comme II : plus on tire de courant, plus la proportion gaspillée dans la pile augmente.

Partie B : Circuits à courant continu (/25)

Exercice 5 : Un pont de Wheatstone déséquilibré

Un pont de Wheatstone est alimenté par une source de 10,0 V10{,}0\ \mathrm{V} de résistance interne négligeable. Une première branche contient R1=100 ΩR_{1}=100\ \Omega puis R2=200 ΩR_{2}=200\ \Omega en série ; la seconde contient R3=300 ΩR_{3}=300\ \Omega puis R4=400 ΩR_{4}=400\ \Omega en série.

Un galvanomètre de résistance Rg=50 ΩR_{g}=50\ \Omega relie le point AA, situé entre R1R_{1} et R2R_{2}, au point BB, situé entre R3R_{3} et R4R_{4}.

  • a) Énoncez la condition d'équilibre du pont et vérifiez qu'elle n'est pas satisfaite ici.
  • b) Le galvanomètre étant provisoirement débranché, calculez les potentiels VAV_{A} et VBV_{B}, puis la tension UABU_{AB}.
  • c) Déterminez la résistance équivalente vue entre AA et BB, toujours galvanomètre débranché, la source étant considérée comme un court-circuit pour ce calcul.
  • d) Le galvanomètre étant rebranché, calculez le courant qui le traverse.
  • e) Quelle valeur faudrait-il donner à R4R_{4} pour équilibrer le pont ? Pourquoi cette méthode permet-elle une mesure très précise ?
Voir la correction

a) Le pont est équilibré lorsque R1R2=R3R4\dfrac{R_{1}}{R_{2}}=\dfrac{R_{3}}{R_{4}}, ce qui annule la tension entre AA et BB. Ici 100200=0,500\dfrac{100}{200}=0{,}500 tandis que 300400=0,750\dfrac{300}{400}=0{,}750 : la condition n'est pas satisfaite, le pont est déséquilibré.

b) Chaque branche est un simple diviseur de tension. VA=10,0×R2R1+R2=10,0×200300=6,667 VV_{A}=10{,}0\times\dfrac{R_{2}}{R_{1}+R_{2}}=10{,}0\times\dfrac{200}{300}=6{,}667\ \mathrm{V} et VB=10,0×R4R3+R4=10,0×400700=5,714 VV_{B}=10{,}0\times\dfrac{R_{4}}{R_{3}+R_{4}}=10{,}0\times\dfrac{400}{700}=5{,}714\ \mathrm{V}. Donc UAB=VAVB=0,952 VU_{AB}=V_{A}-V_{B}=0{,}952\ \mathrm{V}.

c) En court-circuitant la source, le point AA se retrouve relié à la masse par R1R_{1} et R2R_{2} en parallèle, et le point BB par R3R_{3} et R4R_{4} en parallèle. Ces deux groupements sont en série entre AA et BB, donc Req=100×200300+300×400700=66,7+171,4=238,1 ΩR_{\mathrm{eq}}=\dfrac{100\times 200}{300}+\dfrac{300\times 400}{700}=66{,}7+171{,}4=238{,}1\ \Omega.

d) Le circuit vu par le galvanomètre est un générateur de tension à vide 0,952 V0{,}952\ \mathrm{V} et de résistance interne 238,1 Ω238{,}1\ \Omega. Donc Ig=0,952238,1+50=0,952288,1=3,31×103 AI_{g}=\dfrac{0{,}952}{238{,}1+50}=\dfrac{0{,}952}{288{,}1}=3{,}31\times 10^{-3}\ \mathrm{A}, soit environ 3,31 mA3{,}31\ \mathrm{mA}.

e) L'équilibre exige R1R2=R3R4\dfrac{R_{1}}{R_{2}}=\dfrac{R_{3}}{R_{4}}, donc R4=R2R3R1=200×300100=600 ΩR_{4}=\dfrac{R_{2}R_{3}}{R_{1}}=\dfrac{200\times 300}{100}=600\ \Omega. La méthode est précise parce qu'à l'équilibre on ne mesure pas une valeur, on constate une annulation : le résultat ne dépend alors ni de la tension de la source, ni de la résistance du galvanomètre, ni de son étalonnage. Il ne dépend que d'un rapport de résistances connues, et détecter un zéro se fait avec une sensibilité bien supérieure à la lecture d'une déviation.

Partie B : Circuits à courant continu (/25)

Exercice 6 : Le câble d'alimentation : pertes en ligne et choix du calibre

Un atelier situé à 150 m150\ \mathrm{m} du tableau électrique est alimenté par deux conducteurs de cuivre de diamètre 2,0 mm2{,}0\ \mathrm{mm}, un pour l'aller et un pour le retour. La résistivité du cuivre est ρ=1,68×108 Ωm\rho=1{,}68\times 10^{-8}\ \Omega\cdot\mathrm{m} et son coefficient de température α=3,9×103 C1\alpha=3{,}9\times 10^{-3}\ \mathrm{^{\circ}C^{-1}}.

L'atelier consomme une puissance de 1500 W1500\ \mathrm{W}.

  • a) Calculez la section d'un conducteur, puis la résistance totale de la ligne. Attention à la longueur à considérer.
  • b) L'atelier est alimenté sous 120 V120\ \mathrm{V}. Calculez le courant, la puissance perdue dans la ligne et la chute de tension.
  • c) On passe l'alimentation à 240 V240\ \mathrm{V} pour la même puissance consommée. Recalculez la puissance perdue et expliquez le gain.
  • d) Sous 120 V120\ \mathrm{V}, quel diamètre minimal faudrait-il pour que la perte en ligne reste sous 50 W50\ \mathrm{W} ?
  • e) Par une chaude journée, la température des conducteurs atteint 60 C60\ \mathrm{^{\circ}C} au lieu de 20 C20\ \mathrm{^{\circ}C}. Calculez la nouvelle résistance et commentez le mécanisme d'emballement possible.
Voir la correction

a) La section vaut A=π(d2)2=π(1,0×103)2=3,14×106 m2A=\pi\left(\dfrac{d}{2}\right)^{2}=\pi\left(1{,}0\times 10^{-3}\right)^{2}=3{,}14\times 10^{-6}\ \mathrm{m^{2}}. La longueur à considérer est celle parcourue par le courant, donc l'aller et le retour : L=2×150=300 mL=2\times 150=300\ \mathrm{m}. D'où R=ρLA=1,68×108×3003,14×106=1,60 ΩR=\dfrac{\rho L}{A}=\dfrac{1{,}68\times 10^{-8}\times 300}{3{,}14\times 10^{-6}}=1{,}60\ \Omega. Oublier le retour est l'erreur classique et divise le résultat par deux.

b) I=PU=1500120=12,5 AI=\dfrac{P}{U}=\dfrac{1500}{120}=12{,}5\ \mathrm{A}. La puissance perdue est Pperte=RI2=1,60×12,52=251 WP_{\mathrm{perte}}=RI^{2}=1{,}60\times 12{,}5^{2}=251\ \mathrm{W}, soit 16,716{,}7 pour cent de la puissance utile. La chute de tension vaut RI=1,60×12,5=20,1 VRI=1{,}60\times 12{,}5=20{,}1\ \mathrm{V}, ce qui est considérable : l'atelier ne reçoit en réalité qu'environ 100 V100\ \mathrm{V}.

c) Sous 240 V240\ \mathrm{V}, le courant tombe à I=1500240=6,25 AI=\dfrac{1500}{240}=6{,}25\ \mathrm{A}, soit la moitié. La perte devient Pperte=1,60×6,252=62,7 WP_{\mathrm{perte}}=1{,}60\times 6{,}25^{2}=62{,}7\ \mathrm{W}, soit le quart de la valeur précédente et seulement 4,24{,}2 pour cent de la puissance utile. Le gain vient de ce que la perte varie comme le carré du courant : doubler la tension divise le courant par deux et donc la perte par quatre. C'est toute la raison d'être des lignes haute tension.

d) Il faut RI2<50RI^{2}<50 avec I=12,5 AI=12{,}5\ \mathrm{A}, donc R<50156,25=0,320 ΩR<\dfrac{50}{156{,}25}=0{,}320\ \Omega. Or R=ρLAR=\dfrac{\rho L}{A}, donc A>1,68×108×3000,320=1,575×105 m2A>\dfrac{1{,}68\times 10^{-8}\times 300}{0{,}320}=1{,}575\times 10^{-5}\ \mathrm{m^{2}}. Comme A=πd24A=\pi\dfrac{d^{2}}{4}, il vient d>2Aπ=25,01×106=4,48×103 md>2\sqrt{\dfrac{A}{\pi}}=2\sqrt{5{,}01\times 10^{-6}}=4{,}48\times 10^{-3}\ \mathrm{m}, soit environ 4,5 mm4{,}5\ \mathrm{mm}. Il faut donc plus que doubler le diamètre, car la section, et donc la résistance, dépend du carré du diamètre.

e) R60=R20[1+α(TT0)]=1,60×(1+3,9×103×40)=1,60×1,156=1,85 ΩR_{60}=R_{20}\left[1+\alpha\left(T-T_{0}\right)\right]=1{,}60\times\left(1+3{,}9\times 10^{-3}\times 40\right)=1{,}60\times 1{,}156=1{,}85\ \Omega, soit 15,615{,}6 pour cent de plus. Le mécanisme d'emballement est le suivant : une résistance plus grande dissipe plus de puissance à courant constant, ce qui échauffe davantage le conducteur, ce qui augmente encore sa résistance. Dans un câble mal ventilé ou sous-dimensionné, cette boucle de rétroaction positive peut mener à la dégradation de l'isolant, et c'est précisément pourquoi les normes imposent un calibre minimal par intensité admissible.

Partie C : Magnétisme et induction (/25)

Exercice 7 : Un proton accéléré puis courbé

Un proton, initialement au repos, est accéléré par une différence de potentiel de 2000 V2000\ \mathrm{V}, puis pénètre perpendiculairement dans un champ magnétique uniforme de norme B=0,50 TB=0{,}50\ \mathrm{T}.

On prendra q=1,602×1019 Cq=1{,}602\times 10^{-19}\ \mathrm{C} et m=1,673×1027 kgm=1{,}673\times 10^{-27}\ \mathrm{kg}.

  • a) Calculez l'énergie cinétique acquise, en joules puis en électronvolts, et la vitesse du proton à l'entrée du champ.
  • b) Justifiez que la trajectoire est un cercle, puis calculez son rayon.
  • c) Calculez la période et la fréquence du mouvement. Vérifiez qu'elles ne dépendent pas de la vitesse.
  • d) On double la norme du champ magnétique. Que deviennent le rayon et la période ?
  • e) Le champ magnétique modifie-t-il l'énergie cinétique du proton ? Justifiez sans calcul.
Voir la correction

a) Le travail de la force électrique fournit l'énergie cinétique : Ec=qU=1,602×1019×2000=3,204×1016 JE_{c}=qU=1{,}602\times 10^{-19}\times 2000=3{,}204\times 10^{-16}\ \mathrm{J}, soit exactement 2000 eV2000\ \mathrm{eV} par définition de l'électronvolt. De Ec=12mv2E_{c}=\dfrac{1}{2}mv^{2} on tire v=2qUm=2×3,204×10161,673×1027=6,19×105 m/sv=\sqrt{\dfrac{2qU}{m}}=\sqrt{\dfrac{2\times 3{,}204\times 10^{-16}}{1{,}673\times 10^{-27}}}=6{,}19\times 10^{5}\ \mathrm{m/s}.

b) La force magnétique F=qv×B\vec{F}=q\vec{v}\times\vec{B} est perpendiculaire à la vitesse, donc elle ne modifie pas la norme de v\vec{v} mais seulement sa direction : c'est une force centripète de norme constante qvBqvB. Un mouvement à vitesse de norme constante soumis à une force centripète constante est circulaire uniforme. En écrivant qvB=mv2RqvB=\dfrac{mv^{2}}{R} il vient R=mvqB=1,673×1027×6,19×1051,602×1019×0,50=1,29×102 mR=\dfrac{mv}{qB}=\dfrac{1{,}673\times 10^{-27}\times 6{,}19\times 10^{5}}{1{,}602\times 10^{-19}\times 0{,}50}=1{,}29\times 10^{-2}\ \mathrm{m}, soit environ 1,3 cm1{,}3\ \mathrm{cm}.

c) T=2πRv=2πmqB=2π×1,673×10271,602×1019×0,50=1,31×107 sT=\dfrac{2\pi R}{v}=\dfrac{2\pi m}{qB}=\dfrac{2\pi\times 1{,}673\times 10^{-27}}{1{,}602\times 10^{-19}\times 0{,}50}=1{,}31\times 10^{-7}\ \mathrm{s}, et f=1T=7,62×106 Hzf=\dfrac{1}{T}=7{,}62\times 10^{6}\ \mathrm{Hz}. L'expression 2πmqB\dfrac{2\pi m}{qB} ne contient ni vv ni RR : la période ne dépend que de la particule et du champ. Un proton plus rapide décrit un cercle plus grand, mais exactement dans le même temps. C'est cette propriété qui rend le cyclotron possible, puisqu'une tension alternative de fréquence fixe reste synchronisée avec la particule.

d) Le rayon R=mvqBR=\dfrac{mv}{qB} est inversement proportionnel à BB : il est donc divisé par deux, soit 0,646 cm0{,}646\ \mathrm{cm}. La période T=2πmqBT=\dfrac{2\pi m}{qB} est également divisée par deux, soit 6,56×108 s6{,}56\times 10^{-8}\ \mathrm{s}. La vitesse, elle, ne change pas.

e) Non. La force magnétique est à chaque instant perpendiculaire au déplacement, donc son travail est nul, et d'après le théorème de l'énergie cinétique l'énergie cinétique reste constante. Un champ magnétique peut courber une trajectoire, jamais accélérer une particule au sens énergétique. C'est pourquoi tout accélérateur a besoin d'un champ électrique pour communiquer l'énergie, le champ magnétique ne servant qu'à guider.

Partie C : Magnétisme et induction (/25)

Exercice 8 : La bobine qui sort du champ

Une bobine carrée de côté L=0,10 mL=0{,}10\ \mathrm{m}, comportant N=50N=50 spires et de résistance totale R=2,0 ΩR=2{,}0\ \Omega, est plongée dans un champ magnétique uniforme B=0,40 TB=0{,}40\ \mathrm{T} perpendiculaire à son plan.

On la tire hors du champ à vitesse constante v=3,0 m/sv=3{,}0\ \mathrm{m/s}, un côté restant toujours parallèle à la frontière du champ.

  • a) Calculez la force électromotrice induite pendant la sortie, puis l'intensité du courant induit.
  • b) Indiquez le sens du courant induit et justifiez-le par la loi de Lenz.
  • c) Calculez la force magnétique qui s'oppose au mouvement, et déduisez-en la puissance mécanique à fournir.
  • d) Calculez la puissance électrique dissipée dans la bobine et comparez-la au résultat de la question c).
  • e) Calculez la durée de la sortie, puis l'énergie totale dissipée. Vérifiez ce résultat par un calcul de travail.
Voir la correction

a) Seule la portion encore dans le champ contribue au flux. Pendant la sortie, la longueur immergée diminue à la vitesse vv, donc dΦdt=NBLv\left|\dfrac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}t}\right|=N B L v. Ainsi E=50×0,40×0,10×3,0=6,0 V\mathcal{E}=50\times 0{,}40\times 0{,}10\times 3{,}0=6{,}0\ \mathrm{V} et I=ER=6,02,0=3,0 AI=\dfrac{\mathcal{E}}{R}=\dfrac{6{,}0}{2{,}0}=3{,}0\ \mathrm{A}.

b) Le flux à travers la bobine diminue, puisque la surface immergée diminue. D'après la loi de Lenz, le courant induit s'oppose à cette diminution : il circule dans le sens qui crée, à l'intérieur de la bobine, un champ de même sens que le champ extérieur. Vu depuis le côté d'où vient B\vec{B}, le courant circule donc dans le sens horaire ou antihoraire selon l'orientation de B\vec{B}, mais toujours de manière à maintenir le flux.

c) Le côté encore dans le champ porte le courant II sur la longueur LL, pour chacune des NN spires : F=NBIL=50×0,40×3,0×0,10=6,0 NF=N B I L=50\times 0{,}40\times 3{,}0\times 0{,}10=6{,}0\ \mathrm{N}. Cette force s'oppose au mouvement, encore d'après la loi de Lenz, donc l'opérateur doit fournir une force égale et opposée. La puissance mécanique vaut Pmec=Fv=6,0×3,0=18 WP_{\mathrm{mec}}=Fv=6{,}0\times 3{,}0=18\ \mathrm{W}.

d) Pelec=EI=6,0×3,0=18 WP_{\mathrm{elec}}=\mathcal{E}I=6{,}0\times 3{,}0=18\ \mathrm{W}, ou de façon équivalente RI2=2,0×9,0=18 WRI^{2}=2{,}0\times 9{,}0=18\ \mathrm{W}. C'est exactement la puissance mécanique de la question c). Ce n'est pas une coïncidence : toute l'énergie fournie par l'opérateur est convertie en chaleur dans la résistance de la bobine, puisque la vitesse est constante et qu'il n'y a donc aucune variation d'énergie cinétique. La loi de Lenz est ici la traduction de la conservation de l'énergie.

e) La bobine sort complètement lorsqu'elle a parcouru sa propre largeur, donc Δt=Lv=0,103,0=3,33×102 s\Delta t=\dfrac{L}{v}=\dfrac{0{,}10}{3{,}0}=3{,}33\times 10^{-2}\ \mathrm{s}. L'énergie dissipée vaut W=PΔt=18×3,33×102=0,60 JW=P\Delta t=18\times 3{,}33\times 10^{-2}=0{,}60\ \mathrm{J}. Vérification par le travail de la force appliquée : W=F×L=6,0×0,10=0,60 JW=F\times L=6{,}0\times 0{,}10=0{,}60\ \mathrm{J}. Les deux calculs concordent, ce qui confirme le bilan énergétique.

Partie C : Magnétisme et induction (/25)

Exercice 9 : Le tore : du théorème d'Ampère à l'énergie magnétique

Un tore comporte N=800N=800 spires enroulées régulièrement, de rayon moyen R=0,12 mR=0{,}12\ \mathrm{m} et de section A=4,0×104 m2A=4{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{2}}. Il est parcouru par un courant I=2,5 AI=2{,}5\ \mathrm{A}.

On prendra μ0=4π×107 Tm/A\mu_{0}=4\pi\times 10^{-7}\ \mathrm{T\cdot m/A} et on supposera le champ uniforme sur la section, égal à sa valeur au rayon moyen.

  • a) En appliquant le théorème d'Ampère à un cercle de rayon RR tracé dans le tore, montrez que B=μ0NI2πRB=\dfrac{\mu_{0}NI}{2\pi R}, puis calculez BB.
  • b) Justifiez que le champ est nul à l'extérieur du tore.
  • c) Calculez l'inductance du tore, sachant que L=NΦIL=\dfrac{N\Phi}{I}Φ\Phi est le flux à travers une seule spire.
  • d) Calculez l'énergie magnétique stockée par U=12LI2U=\dfrac{1}{2}LI^{2}, puis retrouvez-la par la densité d'énergie u=B22μ0u=\dfrac{B^{2}}{2\mu_{0}} multipliée par le volume du tore.
  • e) On introduit un noyau de fer doux de perméabilité relative 500. Que deviennent BB, LL et UU ? Quelle limitation ce calcul ignore-t-il ?
Voir la correction

a) On choisit comme contour d'Ampère le cercle de rayon RR situé dans le tore, le long duquel B\vec{B} est tangent et de norme constante par symétrie. La circulation vaut donc B×2πRB\times 2\pi R. Ce contour est enlacé NN fois par le courant II, donc le théorème d'Ampère donne B×2πR=μ0NIB\times 2\pi R=\mu_{0}NI, d'où B=μ0NI2πRB=\dfrac{\mu_{0}NI}{2\pi R}. Numériquement, B=4π×107×800×2,52π×0,12=3,33×103 TB=\dfrac{4\pi\times 10^{-7}\times 800\times 2{,}5}{2\pi\times 0{,}12}=3{,}33\times 10^{-3}\ \mathrm{T}, soit 3,33 mT3{,}33\ \mathrm{mT}.

b) Un contour circulaire tracé à l'extérieur du tore, soit plus près du centre que le tore, soit au-delà, n'enlace aucun courant net : dans le premier cas il n'entoure aucun fil, dans le second il entoure autant de fils montants que descendants, dont les contributions se compensent. La circulation de B\vec{B} est donc nulle sur ces contours, et comme la symétrie impose à BB d'être constant le long d'un tel cercle, il est nul. Le tore confine donc entièrement son champ, ce qui explique son usage dans les transformateurs.

c) Le flux à travers une spire vaut Φ=BA=3,33×103×4,0×104=1,333×106 Wb\Phi=BA=3{,}33\times 10^{-3}\times 4{,}0\times 10^{-4}=1{,}333\times 10^{-6}\ \mathrm{Wb}. Donc L=NΦI=800×1,333×1062,5=4,27×104 HL=\dfrac{N\Phi}{I}=\dfrac{800\times 1{,}333\times 10^{-6}}{2{,}5}=4{,}27\times 10^{-4}\ \mathrm{H}, soit environ 0,427 mH0{,}427\ \mathrm{mH}. On peut aussi l'écrire directement L=μ0N2A2πRL=\dfrac{\mu_{0}N^{2}A}{2\pi R}, ce qui montre que l'inductance dépend du carré du nombre de spires et de la seule géométrie.

d) U=12LI2=0,5×4,27×104×2,52=1,33×103 JU=\dfrac{1}{2}LI^{2}=0{,}5\times 4{,}27\times 10^{-4}\times 2{,}5^{2}=1{,}33\times 10^{-3}\ \mathrm{J}. Par la densité d'énergie : u=B22μ0=(3,33×103)22×4π×107=4,42 J/m3u=\dfrac{B^{2}}{2\mu_{0}}=\dfrac{\left(3{,}33\times 10^{-3}\right)^{2}}{2\times 4\pi\times 10^{-7}}=4{,}42\ \mathrm{J/m^{3}}. Le volume du tore vaut V=A×2πR=4,0×104×0,754=3,02×104 m3V=A\times 2\pi R=4{,}0\times 10^{-4}\times 0{,}754=3{,}02\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{3}}, d'où U=4,42×3,02×104=1,33×103 JU=4{,}42\times 3{,}02\times 10^{-4}=1{,}33\times 10^{-3}\ \mathrm{J}. Les deux méthodes donnent le même résultat, ce qui confirme que l'énergie d'une inductance est bien localisée dans le champ magnétique lui-même.

e) Le fer multiplie le champ par la perméabilité relative : BB passe à 500×3,33×103=1,67 T500\times 3{,}33\times 10^{-3}=1{,}67\ \mathrm{T}. L'inductance est également multipliée par 500, donnant L=0,213 HL=0{,}213\ \mathrm{H}, et l'énergie aussi, soit U=0,667 JU=0{,}667\ \mathrm{J}. Ce calcul ignore la saturation : au-delà d'environ 1,51{,}5 à 2 T2\ \mathrm{T} selon l'alliage, tous les domaines magnétiques du fer sont alignés et la perméabilité relative s'effondre vers 1. La valeur de 1,67 T1{,}67\ \mathrm{T} obtenue est précisément dans cette zone, donc le résultat n'est pas fiable : la perméabilité n'est pas une constante, et le calcul suppose à tort une réponse linéaire du matériau.

Partie D : Régimes transitoires et sinusoïdal (/25)

Exercice 10 : Le circuit RL : la bobine retarde le courant

Un circuit série comprend une source de E=24 V\mathcal{E}=24\ \mathrm{V} de résistance interne négligeable, une résistance R=12 ΩR=12\ \Omega et une bobine idéale d'inductance L=0,30 HL=0{,}30\ \mathrm{H}. On ferme l'interrupteur à l'instant t=0t=0, le courant étant alors nul.

  • a) Calculez la constante de temps du circuit et l'intensité finale du courant.
  • b) Donnez l'expression de i(t)i(t), puis calculez le courant à t=τt=\tau et à t=3τt=3\tau.
  • c) Quelle est la tension aux bornes de la bobine juste après la fermeture, puis en régime permanent ? Justifiez physiquement.
  • d) Déterminez l'instant où le courant atteint 1,5 A1{,}5\ \mathrm{A}.
  • e) Calculez l'énergie finalement stockée dans la bobine. Cette énergie est-elle dissipée dans la résistance ? Justifiez.
Voir la correction

a) τ=LR=0,3012=2,5×102 s\tau=\dfrac{L}{R}=\dfrac{0{,}30}{12}=2{,}5\times 10^{-2}\ \mathrm{s}, soit 25 ms25\ \mathrm{ms}. En régime permanent la bobine ne s'oppose plus au courant, donc I=ER=2412=2,0 AI_{\infty}=\dfrac{\mathcal{E}}{R}=\dfrac{24}{12}=2{,}0\ \mathrm{A}.

b) i(t)=I(1et/τ)=2,0(1et/0,025)i(t)=I_{\infty}\left(1-\mathrm{e}^{-t/\tau}\right)=2{,}0\left(1-\mathrm{e}^{-t/0{,}025}\right). À t=τt=\tau : i=2,0(1e1)=2,0×0,632=1,26 Ai=2{,}0\left(1-\mathrm{e}^{-1}\right)=2{,}0\times 0{,}632=1{,}26\ \mathrm{A}, soit 63,263{,}2 pour cent de la valeur finale. À t=3τt=3\tau : i=2,0(1e3)=1,90 Ai=2{,}0\left(1-\mathrm{e}^{-3}\right)=1{,}90\ \mathrm{A}, soit 9595 pour cent.

c) Juste après la fermeture, le courant est encore nul, donc la tension aux bornes de RR est nulle et toute la force électromotrice se retrouve aux bornes de la bobine : uL(0+)=24 Vu_{L}\left(0^{+}\right)=24\ \mathrm{V}. En régime permanent le courant est constant, donc uL=Ldidt=0u_{L}=L\dfrac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t}=0 : la bobine se comporte comme un simple fil. Physiquement, la bobine s'oppose à la variation du courant, pas au courant lui-même. C'est le courant, et non la tension, qui est continu dans une bobine.

d) On résout 2,0(1et/τ)=1,52{,}0\left(1-\mathrm{e}^{-t/\tau}\right)=1{,}5, soit et/τ=0,25\mathrm{e}^{-t/\tau}=0{,}25, donc tτ=ln4\dfrac{t}{\tau}=\ln 4 et t=0,025×1,386=3,47×102 st=0{,}025\times 1{,}386=3{,}47\times 10^{-2}\ \mathrm{s}, soit environ 34,7 ms34{,}7\ \mathrm{ms}.

e) U=12LI2=0,5×0,30×2,02=0,60 JU=\dfrac{1}{2}LI_{\infty}^{2}=0{,}5\times 0{,}30\times 2{,}0^{2}=0{,}60\ \mathrm{J}. Cette énergie n'est pas dissipée : elle est stockée dans le champ magnétique de la bobine et reste disponible tant que le courant circule. Elle sera restituée au circuit, et alors dissipée dans la résistance, si l'on ouvre l'interrupteur, ce qui explique l'étincelle observée à l'ouverture d'un circuit inductif : la bobine tente de maintenir son courant et impose une surtension.

Partie D : Régimes transitoires et sinusoïdal (/25)

Exercice 11 : Le régime sinusoïdal forcé et la résonance

Un circuit série comprend R=50 ΩR=50\ \Omega, L=0,20 HL=0{,}20\ \mathrm{H} et C=20 μFC=20\ \mathrm{\mu F}, alimenté par une source sinusoïdale de valeur efficace 120 V120\ \mathrm{V} et de fréquence 60 Hz60\ \mathrm{Hz}.

Le triangle des impédances de ce circuit est représenté ci-dessous.

R = 50 ΩX = 57,2 ΩZ = 76,0 Ωφ = 48,9°
  • a) Calculez la pulsation, la réactance inductive et la réactance capacitive.
  • b) Calculez l'impédance du circuit et l'intensité efficace, et retrouvez les valeurs portées sur la figure.
  • c) Calculez le déphasage entre le courant et la tension. Le circuit est-il inductif ou capacitif ? Le courant est-il en avance ou en retard ?
  • d) Calculez la puissance active consommée par deux méthodes différentes.
  • e) Calculez la fréquence de résonance, le facteur de qualité, puis la tension efficace aux bornes de la bobine à la résonance. Commentez.
Voir la correction

a) ω=2πf=2π×60=377 rad/s\omega=2\pi f=2\pi\times 60=377\ \mathrm{rad/s}. Alors XL=ωL=377×0,20=75,4 ΩX_{L}=\omega L=377\times 0{,}20=75{,}4\ \Omega et XC=1ωC=1377×20×106=133 ΩX_{C}=\dfrac{1}{\omega C}=\dfrac{1}{377\times 20\times 10^{-6}}=133\ \Omega.

b) La réactance totale vaut X=XLXC=75,4133=57,2 ΩX=X_{L}-X_{C}=75{,}4-133=-57{,}2\ \Omega. L'impédance est Z=R2+X2=502+57,22=5775=76,0 ΩZ=\sqrt{R^{2}+X^{2}}=\sqrt{50^{2}+57{,}2^{2}}=\sqrt{5775}=76{,}0\ \Omega, ce qui est bien l'hypoténuse du triangle de la figure. L'intensité efficace vaut I=UZ=12076,0=1,58 AI=\dfrac{U}{Z}=\dfrac{120}{76{,}0}=1{,}58\ \mathrm{A}.

c) tanφ=XR=57,250=1,145\tan\varphi=\dfrac{X}{R}=\dfrac{-57{,}2}{50}=-1{,}145, donc φ=48,9\varphi=-48{,}9^{\circ}. La réactance totale étant négative, c'est le condensateur qui domine : le circuit est capacitif. Le déphasage de la tension par rapport au courant étant négatif, le courant est en avance sur la tension, de 48,948{,}9 degrés. On retrouve l'angle marqué sur la figure.

d) Première méthode : P=RI2=50×1,5792=125 WP=RI^{2}=50\times 1{,}579^{2}=125\ \mathrm{W}. Seule la résistance consomme de la puissance active. Deuxième méthode : P=UIcosφ=120×1,579×cos(48,9)=120×1,579×0,658=125 WP=UI\cos\varphi=120\times 1{,}579\times\cos\left(48{,}9^{\circ}\right)=120\times 1{,}579\times 0{,}658=125\ \mathrm{W}. Les deux résultats concordent. La bobine et le condensateur échangent de l'énergie avec la source sans en consommer en moyenne.

e) f0=12πLC=12π0,20×20×106=12π×2,0×103=79,6 Hzf_{0}=\dfrac{1}{2\pi\sqrt{LC}}=\dfrac{1}{2\pi\sqrt{0{,}20\times 20\times 10^{-6}}}=\dfrac{1}{2\pi\times 2{,}0\times 10^{-3}}=79{,}6\ \mathrm{Hz}, donc ω0=500 rad/s\omega_{0}=500\ \mathrm{rad/s} exactement. Le facteur de qualité vaut Q=ω0LR=500×0,2050=2,0Q=\dfrac{\omega_{0}L}{R}=\dfrac{500\times 0{,}20}{50}=2{,}0. À la résonance les deux réactances se compensent, donc Z=R=50 ΩZ=R=50\ \Omega et I0=12050=2,40 AI_{0}=\dfrac{120}{50}=2{,}40\ \mathrm{A}. La tension aux bornes de la bobine vaut alors UL=I0XL=2,40×(500×0,20)=240 VU_{L}=I_{0}X_{L}=2{,}40\times\left(500\times 0{,}20\right)=240\ \mathrm{V}, soit exactement le double de la tension de la source. Ce n'est pas une erreur : à la résonance, les tensions aux bornes de LL et de CC valent chacune QQ fois celle de la source et s'annulent mutuellement, puisqu'elles sont en opposition de phase. C'est le phénomène de surtension, et il impose de dimensionner les composants pour une tension bien supérieure à celle de l'alimentation.

Partie D : Régimes transitoires et sinusoïdal (/25)

Exercice 12 : Cinq affirmations à vérifier

Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous, quand c'est possible, sur un résultat chiffré des exercices précédents.

Les cinq portent chacune sur une partie différente du cours.

  • a) « Le champ électrique est nul partout à l'intérieur d'une sphère chargée. »
  • b) « Dans un circuit série, la résistance équivalente est toujours inférieure à la plus grande des résistances. »
  • c) « Une force magnétique bien orientée peut augmenter l'énergie cinétique d'une particule chargée. »
  • d) « Juste après la fermeture de l'interrupteur, la tension aux bornes d'une bobine est nulle puisque le courant est nul. »
  • e) « À la résonance d'un circuit RLC série, la tension aux bornes de la bobine est égale à celle de la source, puisque les réactances se compensent. »
Voir la correction

a) Faux. Cette propriété vaut pour un conducteur en équilibre, ou pour l'intérieur creux d'une coquille chargée, mais pas pour une sphère isolante chargée en volume. L'exercice 2 le montre : E=kQrR3E=\dfrac{kQr}{R^{3}} à l'intérieur, donc le champ y croît linéairement, valant 2,70×106 V/m2{,}70\times 10^{6}\ \mathrm{V/m} en r=0,050 mr=0{,}050\ \mathrm{m}. Il n'est nul qu'au centre exact. Ce qu'affirme le théorème de Gauss, c'est que seule la charge intérieure à la surface choisie compte, et cette charge n'est nulle que pour r=0r=0.

b) Faux, c'est exactement l'inverse : en série les résistances s'additionnent, donc la résistance équivalente est supérieure à chacune d'elles, et notamment à la plus grande. C'est le groupement parallèle qui donne une résistance inférieure à la plus petite des deux. L'exercice 4 en fournit les deux illustrations : R23=2,0 ΩR_{23}=2{,}0\ \Omega est bien inférieure à 3,0 Ω3{,}0\ \Omega pour le parallèle, tandis que la mise en série donne 6,5 Ω6{,}5\ \Omega, supérieure à chacun des termes.

c) Faux, et aucune orientation n'y change quoi que ce soit. La force magnétique qv×Bq\vec{v}\times\vec{B} est par construction perpendiculaire à la vitesse, donc perpendiculaire au déplacement à chaque instant, donc son travail est toujours nul. Le théorème de l'énergie cinétique impose alors une énergie cinétique constante, comme vu à l'exercice 7. Un champ magnétique ne peut que courber une trajectoire. C'est pour cette raison que le cyclotron a besoin d'une tension alternative : le champ magnétique guide, le champ électrique accélère.

d) Faux, et la conclusion est même inversée. Dans une bobine c'est le courant qui est continu, pas la tension. Juste après la fermeture, le courant est effectivement nul, donc la tension aux bornes de la résistance est nulle, et c'est précisément pour cela que toute la force électromotrice se retrouve aux bornes de la bobine : uL(0+)=24 Vu_{L}\left(0^{+}\right)=24\ \mathrm{V} à l'exercice 10, soit sa valeur maximale et non nulle. La tension aux bornes d'une bobine vaut LdidtL\dfrac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t}, et c'est justement à t=0t=0 que le courant varie le plus vite. Le raisonnement de l'affirmation vaudrait pour un condensateur initialement déchargé, où c'est la tension qui est continue et donc nulle.

e) Faux. Ce qui se compense à la résonance, c'est la somme des deux tensions, aux bornes de LL et de CC, parce qu'elles sont en opposition de phase. Chacune prise séparément vaut QQ fois la tension de la source. L'exercice 11 le chiffre : avec Q=2,0Q=2{,}0 et une source de 120 V120\ \mathrm{V}, la tension aux bornes de la bobine atteint 240 V240\ \mathrm{V}, et celle du condensateur également. C'est le phénomène de surtension. Confondre la somme nulle avec des termes nuls conduirait à sous-dimensionner les composants d'un facteur QQ, avec destruction à la clé.

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