Examen de synthèse corrigé : électricité et magnétisme (203-SN2-RE, ancien 203-NYB)
Une série de chapitre annonce son sujet : on sait qu'on applique le théorème de Gauss, et la moitié du travail est déjà faite. Un examen final ne l'annonce pas, et c'est la seule différence qui compte. Cet examen de synthèse couvre tout le cours d'électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB), tel qu'il est donné au cégep et en compléments québécois au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Format de l'épreuve : 12 exercices, 100 points, 3 heures, quatre parties de 25 points. Calculatrice permise. La partie A porte sur l'électrostatique et le théorème de Gauss (champ et potentiel de deux charges, sphère chargée, anneau chargé), la partie B sur les circuits à courant continu (bilan de puissance, pont de Wheatstone déséquilibré, pertes en ligne d'un câble), la partie C sur le magnétisme et l'induction (proton dans un champ, loi de Lenz, tore et théorème d'Ampère), la partie D sur les régimes transitoire et sinusoïdal (circuit RL, impédance, résonance), avec cinq affirmations à vérifier pour finir.
Trois questions valent la peine d'être signalées. L'exercice 1 oppose le point où le champ s'annule au point où le potentiel s'annule, et ils ne sont pas au même endroit : c'est le piège vecteur contre scalaire, sous sa forme la plus nette. L'exercice 9 calcule l'énergie du tore de deux façons indépendantes, par l'inductance puis par la densité d'énergie du champ, et les deux résultats doivent coïncider au chiffre près. L'exercice 11 se termine sur une tension de 240 volts aux bornes de la bobine alors que la source n'en fournit que 120 : ce n'est pas une erreur de calcul, c'est la surtension à la résonance.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Loi de Coulomb et champ : E=r2kq est un vecteur, V=rkq est un scalaire. Un champ nul n'implique jamais un potentiel nul, et réciproquement.
•Théorème de Gauss : Φ=ε0Qint. Seule la charge intérieure à la surface compte, ce qui donne E=R3kQr dans une sphère chargée en volume et r2kQ à l'extérieur.
•Résistances : en série elles s'additionnent, donc le total dépasse la plus grande ; en parallèle, R1=∑Ri1 et le total est plus petit que la plus petite.
•Pertes en ligne : P=RI2, donc doubler la tension d'alimentation divise le courant par deux et la perte par quatre. La longueur à compter est l'aller ET le retour.
•Effet de la température : R=R0[1+α(T−T0)].
•Force magnétique : F=qv×B est perpendiculaire à v, donc son travail est nul et l'énergie cinétique est conservée. Rayon R=qBmv, période T=qB2πm indépendante de la vitesse.
•Induction : E=−NdtdΦ, et la loi de Lenz n'est que la conservation de l'énergie : la force induite s'oppose toujours au mouvement.
•Énergie magnétique : U=21LI2, ou de façon équivalente u=2μ0B2 intégrée sur le volume où règne le champ.
•Continuités : dans une bobine c'est le COURANT qui est continu, dans un condensateur c'est la TENSION. Confondre les deux fausse tous les régimes transitoires.
•Régime sinusoïdal : Z=R2+(XL−XC)2, tanφ=RXL−XC, P=UIcosφ=RI2. À la résonance Z=R et les tensions aux bornes de L et de C valent chacune Q fois celle de la source.
Partie A : Électrostatique et théorème de Gauss (/25)
Exercice 1 : Deux charges, un champ nul et une énergie
Deux charges ponctuelles sont fixées sur un axe : q1=+4,0nC en x=0 et q2=−1,0nC en x=0,30m.
On prendra k=8,99×109N⋅m2/C2.
a) Expliquez pourquoi le point où le champ électrique résultant est nul ne peut se trouver ni entre les deux charges, ni à gauche de q1.
b) Déterminez la position de ce point.
c) Calculez le potentiel électrique au point x=0,15m.
d) Le potentiel est nul en un autre point situé entre les deux charges. Déterminez-le, et expliquez pourquoi le champ n'y est pas nul pour autant.
e) Calculez l'énergie potentielle électrique du système formé par les deux charges, et interprétez son signe.
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Réponses
a)Ni entre les charges, ni à gauche : le point est à droite de la charge faible
b)x=0,60 m, où les deux champs valent 99,9 V/m
c)V=180 V
d)V=0 en x=0,24 m ; le champ n'y est pas nul, les deux vecteurs s'y ajoutent
e)U≈−1,20×10−7 J : le système est lié
a)
Entre les deux charges, le champ de q1 pointe vers la droite (elle est positive, donc elle repousse) et celui de q2 pointe aussi vers la droite (elle est négative, donc elle attire) : les deux contributions s'ajoutent et ne peuvent pas s'annuler. À gauche de q1, on est plus près de la charge la plus grande en valeur absolue, donc son champ y est nécessairement dominant. Le point cherché est donc à droite de q2, du côté de la charge la plus faible.
b)
Soit x>0,30. L'égalité des normes s'écrit x2k∣q1∣=(x−0,30)2k∣q2∣. Comme ∣q1∣=4∣q2∣, il vient x24=(x−0,30)21, soit x2=x−0,301 en prenant les racines positives. Donc 2(x−0,30)=x, d'où x=0,60m. Vérification : les deux normes valent 99,9V/m.
On cherche x entre 0 et 0,30 tel que x4=0,30−x1, soit 4(0,30−x)=x, donc 1,20=5x et x=0,24m. Le potentiel y est nul parce que les deux contributions, l'une positive et l'autre négative, se compensent : ce sont des scalaires qui s'additionnent algébriquement. Le champ, lui, est un vecteur : en ce point les deux contributions pointent toutes deux vers la droite, donc elles s'ajoutent au lieu de se compenser. Un potentiel nul n'implique jamais un champ nul, et réciproquement.
e)
U=rkq1q2=0,308,99×109×4,0×10−9×(−1,0×10−9)=−1,20×10−7J. Le signe négatif signifie que le système est lié : il faudrait fournir 1,20×10−7J pour séparer les deux charges jusqu'à l'infini. C'est cohérent avec le fait que des charges de signes opposés s'attirent.
En P (x=0,60 m), le champ de q1 s'éloigne de q1 et celui de q2 pointe vers q2 : deux flèches de même longueur, de sens opposés. Elles sont à l'échelle, 99,9 V/m chacune.
En D (x=0,24 m), où le potentiel est nul, les deux champs pointent vers la droite et s'ajoutent : E2 vaut quatre fois E1 (flèches à l'échelle, décalées de part et d'autre de l'axe pour rester lisibles).
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : La sphère chargée et le théorème de Gauss
Une sphère isolante de rayon R=0,10m porte une charge Q=+6,0μC répartie uniformément dans tout son volume.
Le graphique ci-dessous donne la norme du champ électrique en fonction de la distance r au centre. On prendra ε0=8,854×10−12C2/(N⋅m2).
a) Calculez le flux électrique à travers une sphère de rayon 0,20m centrée sur la sphère chargée. Ce flux dépend-il du rayon choisi, tant qu'il est supérieur à R ?
b) Déterminez la norme du champ en r=0,20m, et vérifiez la lecture graphique.
c) En appliquant le théorème de Gauss à une sphère de rayon r<R, montrez que E=R3kQr.
d) Calculez le champ en r=0,050m et expliquez le rapport simple qu'il entretient avec le champ à la surface.
e) À l'aide du graphique, indiquez où le champ est maximal et justifiez que la fonction est bien continue en r=R.
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Réponses
a)Φ=Q/ε0≈6,78×105 N·m²/C, indépendant du rayon
b)E=r2kQ≈1,35×106 V/m
c)Qint=QR3r3 donne E=R3kQr
d)2,70×106 V/m, exactement la moitié du champ de surface
e)Maximum en r=R, à 5,39×106 V/m, avec raccord continu
a)
Le théorème de Gauss donne Φ=ε0Qint=8,854×10−126,0×10−6=6,78×105N⋅m2/C. Ce flux ne dépend pas du rayon choisi tant que celui-ci dépasse R : la charge intérieure vaut alors toujours Q. C'est exactement ce que le théorème affirme, et c'est ce qui le rend si puissant.
b)
Par symétrie sphérique, E est radial et de norme constante sur la surface de Gauss, donc Φ=E×4πr2, d'où E=4πε0r2Q=r2kQ=0,2028,99×109×6,0×10−6=1,35×106V/m. Le graphique donne bien environ 1,35MV/m en r=0,20. À l'extérieur, la sphère se comporte exactement comme une charge ponctuelle placée en son centre.
c)
Pour r<R, la charge intérieure est la fraction du volume concernée : Qint=Q34πR334πr3=QR3r3. Le théorème de Gauss donne alors E×4πr2=ε0R3Qr3, donc E=4πε0R3Qr=R3kQr.
d)
E=0,1038,99×109×6,0×10−6×0,050=2,70×106V/m. À la surface, E=R2kQ=5,39×106V/m. Le rapport vaut exactement 2, ce qui était prévisible : à l'intérieur E est proportionnel à r, et 0,050 est la moitié de R.
e)
Le champ est maximal exactement à la surface, en r=R, où il vaut 5,39×106V/m. La continuité s'y vérifie : la loi intérieure donne R3kQR=R2kQ et la loi extérieure donne R2kQ, soit la même valeur. Le champ croît linéairement jusqu'à la surface puis décroît en r21, ce qui explique la forme du graphique : une droite puis une hyperbole décroissante, raccordées sans saut.
Deux surfaces de Gauss, en cyan pointillé : S1 (r=0,05 m) n'enferme qu'un huitième de la charge, S2 (r=0,20 m) l'enferme toute. Le champ, radial, est dessiné à l'échelle : deux fois plus intense sur la petite que sur la grande.
Exercice 3 : L'anneau chargé : là où le champ est le plus intense
Un anneau mince de rayon a=0,10m porte une charge Q=+8,0nC uniformément répartie. On étudie le champ sur l'axe de l'anneau, à la distance z de son centre.
On admet le résultat du cours : E(z)=(z2+a2)3/2kQz.
a) Expliquez, par un argument de symétrie, pourquoi le champ sur l'axe est nécessairement dirigé selon l'axe.
b) Calculez E et le potentiel V=z2+a2kQ en z=0,10m.
c) Que vaut le champ au centre de l'anneau ? Et le potentiel ? Commentez cette différence.
d) Montrez que E est maximal en z=2a, puis calculez cette valeur maximale.
e) Montrez qu'à grande distance l'anneau se comporte comme une charge ponctuelle, et vérifiez-le numériquement en z=1,0m.
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Réponses
a)Les composantes perpendiculaires s'annulent deux à deux
b)E≈2,54×103 V/m et V≈509 V
c)E=0 mais V=719 V : champ nul n'est pas potentiel nul
d)Maximum en z=a/2=0,0707 m, à 2,77×103 V/m
e)70,9 contre 71,9 V/m : 1,5% d'écart à dix rayons
a)
Découpons l'anneau en petits éléments de charge. À chaque élément correspond l'élément diamétralement opposé, qui porte la même charge et se trouve à la même distance du point de l'axe. Les composantes de leurs champs perpendiculaires à l'axe sont opposées et s'annulent deux à deux, alors que leurs composantes axiales s'additionnent. Le champ résultant est donc porté par l'axe.
b)
kQ=8,99×109×8,0×10−9=71,92. En z=0,10 : z2+a2=0,020 et (0,020)3/2=2,828×10−3, donc E=2,828×10−371,92×0,10=2,54×103V/m. Pour le potentiel, 0,020=0,1414, donc V=0,141471,92=509V.
c)
En z=0, la formule donne E=0 : au centre, chaque élément de charge est compensé par son opposé, donc le champ est nul. Le potentiel y vaut en revanche V=akQ=0,1071,92=719V, sa valeur maximale. C'est un exemple net du fait qu'un champ nul n'implique pas un potentiel nul : le potentiel est un scalaire, toutes les contributions sont positives ici et s'ajoutent, alors que les vecteurs champ se compensent.
d)
Dérivons E. Avec u(z)=z et v(z)=(z2+a2)3/2, on a v′(z)=3z(z2+a2)1/2, donc E′=kQ(z2+a2)3(z2+a2)3/2−3z2(z2+a2)1/2. En factorisant (z2+a2)1/2 au numérateur : E′=kQ(z2+a2)5/2z2+a2−3z2=kQ(z2+a2)5/2a2−2z2. Le dénominateur est positif, donc E′ s'annule pour a2=2z2, soit z=2a=0,0707m, en changeant de signe du plus au moins : c'est bien un maximum. Alors z2+a2=23a2=0,015, dont la puissance 3/2 vaut 1,837×10−3, et Emax=1,837×10−371,92×0,0707=2,77×103V/m.
e)
Quand z devient grand devant a, on peut négliger a2 devant z2 : (z2+a2)3/2≈(z2)3/2=z3, donc E≈z3kQz=z2kQ, qui est exactement le champ d'une charge ponctuelle Q. Vérification en z=1,0m : la formule exacte donne 70,9V/m et l'approximation ponctuelle 71,9V/m, soit un écart de 1,5 pour cent seulement, alors que z ne vaut que dix fois a.
Deux éléments diamétralement opposés, dq et dq′, créent en P deux champs de même norme : leurs composantes perpendiculaires à l'axe s'annulent, leurs composantes axiales s'ajoutent. La somme est portée par l'axe.
Partie B : Circuits à courant continu (/25)
Exercice 4 : Un réseau série-parallèle et son bilan de puissance
Une pile de force électromotrice E=12,0V et de résistance interne r=0,50Ω alimente le circuit suivant : une résistance R1=4,0Ω en série avec le groupement parallèle de R2=6,0Ω et R3=3,0Ω.
a) Calculez la résistance équivalente du groupement parallèle, puis la résistance totale du circuit.
b) Calculez le courant débité par la pile, puis la tension à ses bornes.
c) Déterminez les courants dans R2 et dans R3, et vérifiez la loi des nœuds.
d) Établissez le bilan de puissance complet : puissance fournie par la force électromotrice, puissance dissipée dans r, dans R1 et dans le groupement parallèle.
e) Quel pourcentage de la puissance produite est perdu dans la pile elle-même ? Que faudrait-il changer pour le réduire ?
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Réponses
a)R23=2,0 Ω et Rtot=6,5 Ω
b)I≈1,85 A et U=E−rI≈11,1 V
c)I2≈0,615 A et I3≈1,231 A, de somme 1,85 A
d)22,2 W fournis =1,70+13,6+6,82 W
e)7,7% perdus dans la pile ; la perte croît comme I2
a)
R23=R2+R3R2R3=9,06,0×3,0=2,0Ω. La résistance totale vaut Rtot=r+R1+R23=0,50+4,0+2,0=6,5Ω.
b)
I=RtotE=6,512,0=1,846A. La tension aux bornes de la pile est U=E−rI=12,0−0,50×1,846=11,08V : elle est inférieure à la force électromotrice, précisément à cause de la résistance interne.
c)
La tension aux bornes du groupement parallèle vaut U23=R23I=2,0×1,846=3,692V. Elle est la même pour les deux branches, donc I2=6,03,692=0,615A et I3=3,03,692=1,231A. Leur somme vaut 1,846A, égale au courant total : la loi des nœuds est vérifiée. On note que la plus petite résistance porte le plus grand courant, dans le rapport I2I3=R3R2=2 : les courants sont inversement proportionnels aux résistances.
d)
PE=EI=12,0×1,846=22,15W. Ensuite Pr=rI2=0,50×1,8462=1,70W, P1=R1I2=4,0×3,408=13,63W et P23=R23I2=2,0×3,408=6,82W. La somme des trois vaut 1,70+13,63+6,82=22,15W, égale à la puissance fournie : le bilan est équilibré.
e)
La fraction perdue dans la pile vaut 22,151,70=7,7 pour cent. Pour la réduire, il faut diminuer le courant, donc augmenter la résistance externe, ou choisir une pile de plus faible résistance interne. On remarque que cette perte croît comme I2 alors que la puissance fournie ne croît que comme I : plus on tire de courant, plus la proportion gaspillée dans la pile augmente.
Le courant sort par la borne + de la pile et se partage au nœud : I3, dans la plus petite résistance, vaut le double de I2. La flèche bleue donne la tension aux bornes de la pile, U=E−rI=11,1 V.
Exercice 5 : Un pont de Wheatstone déséquilibré
Un pont de Wheatstone est alimenté par une source de 10,0V de résistance interne négligeable. Une première branche contient R1=100Ω puis R2=200Ω en série ; la seconde contient R3=300Ω puis R4=400Ω en série.
Un galvanomètre de résistance Rg=50Ω relie le point A, situé entre R1 et R2, au point B, situé entre R3 et R4.
a) Énoncez la condition d'équilibre du pont et vérifiez qu'elle n'est pas satisfaite ici.
b) Le galvanomètre étant provisoirement débranché, calculez les potentiels VA et VB, puis la tension UAB.
c) Déterminez la résistance équivalente vue entre A et B, toujours galvanomètre débranché, la source étant considérée comme un court-circuit pour ce calcul.
d) Le galvanomètre étant rebranché, calculez le courant qui le traverse.
e) Quelle valeur faudrait-il donner à R4 pour équilibrer le pont ? Pourquoi cette méthode permet-elle une mesure très précise ?
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Réponses
a)0,500 contre 0,750 : le pont est déséquilibré
b)VA=6,667 V, VB=5,714 V, UAB≈0,952 V
c)Req≈238 Ω, somme des deux parallèles
d)Ig=238+500,952≈3,31 mA
e)R4=600 Ω ; on constate un ZÉRO, pas une valeur
a)
Le pont est équilibré lorsque R2R1=R4R3, ce qui annule la tension entre A et B. Ici 200100=0,500 tandis que 400300=0,750 : la condition n'est pas satisfaite, le pont est déséquilibré.
b)
Chaque branche est un simple diviseur de tension. VA=10,0×R1+R2R2=10,0×300200=6,667V et VB=10,0×R3+R4R4=10,0×700400=5,714V. Donc UAB=VA−VB=0,952V.
c)
En court-circuitant la source, le point A se retrouve relié à la masse par R1 et R2 en parallèle, et le point B par R3 et R4 en parallèle. Ces deux groupements sont en série entre A et B, donc Req=300100×200+700300×400=66,7+171,4=238,1Ω.
d)
Le circuit vu par le galvanomètre est un générateur de tension à vide 0,952V et de résistance interne 238,1Ω. Donc Ig=238,1+500,952=288,10,952=3,31×10−3A, soit environ 3,31mA.
e)
L'équilibre exige R2R1=R4R3, donc R4=R1R2R3=100200×300=600Ω. La méthode est précise parce qu'à l'équilibre on ne mesure pas une valeur, on constate une annulation : le résultat ne dépend alors ni de la tension de la source, ni de la résistance du galvanomètre, ni de son étalonnage. Il ne dépend que d'un rapport de résistances connues, et détecter un zéro se fait avec une sensibilité bien supérieure à la lecture d'une déviation.
Potentiels pris par rapport au fil du bas (la masse) : VA=6,67 V et VB=5,71 V, donc le courant Ig=3,31 mA traverse le galvanomètre de A vers B. À l'équilibre, R2R1=R4R3 et la diagonale ne débite rien : on mesure une résistance sans mesurer aucun courant.
Exercice 6 : Le câble d'alimentation : pertes en ligne et choix du calibre
Un atelier situé à 150m du tableau électrique est alimenté par deux conducteurs de cuivre de diamètre 2,0mm, un pour l'aller et un pour le retour. La résistivité du cuivre est ρ=1,68×10−8Ω⋅m et son coefficient de température α=3,9×10−3∘C−1.
L'atelier consomme une puissance de 1500W.
a) Calculez la section d'un conducteur, puis la résistance totale de la ligne. Attention à la longueur à considérer.
b) L'atelier est alimenté sous 120V. Calculez le courant, la puissance perdue dans la ligne et la chute de tension.
c) On passe l'alimentation à 240V pour la même puissance consommée. Recalculez la puissance perdue et expliquez le gain.
d) Sous 120V, quel diamètre minimal faudrait-il pour que la perte en ligne reste sous 50W ?
e) Par une chaude journée, la température des conducteurs atteint 60∘C au lieu de 20∘C. Calculez la nouvelle résistance et commentez le mécanisme d'emballement possible.
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Réponses
a)A≈3,14×10−6 m², L=300 m aller-retour, R≈1,60 Ω
b)I=12,5 A, 251 W perdus, 20,1 V de chute
c)62,7 W, soit quatre fois moins : la perte va comme I2
d)d≥4,5 mm : la section dépend du CARRÉ du diamètre
e)R60≈1,85 Ω, +15,6% : risque de rétroaction thermique
a)
La section vaut A=π(2d)2=π(1,0×10−3)2=3,14×10−6m2. La longueur à considérer est celle parcourue par le courant, donc l'aller et le retour : L=2×150=300m. D'où R=AρL=3,14×10−61,68×10−8×300=1,60Ω. Oublier le retour est l'erreur classique et divise le résultat par deux.
b)
I=UP=1201500=12,5A. La puissance perdue est Pperte=RI2=1,60×12,52=251W, soit 16,7 pour cent de la puissance utile. La chute de tension vaut RI=1,60×12,5=20,1V, ce qui est considérable : l'atelier ne reçoit en réalité qu'environ 100V.
c)
Sous 240V, le courant tombe à I=2401500=6,25A, soit la moitié. La perte devient Pperte=1,60×6,252=62,7W, soit le quart de la valeur précédente et seulement 4,2 pour cent de la puissance utile. Le gain vient de ce que la perte varie comme le carré du courant : doubler la tension divise le courant par deux et donc la perte par quatre. C'est toute la raison d'être des lignes haute tension.
d)
Il faut RI2<50 avec I=12,5A, donc R<156,2550=0,320Ω. Or R=AρL, donc A>0,3201,68×10−8×300=1,575×10−5m2. Comme A=π4d2, il vient d>2πA=25,01×10−6=4,48×10−3m, soit environ 4,5mm. Il faut donc plus que doubler le diamètre, car la section, et donc la résistance, dépend du carré du diamètre.
e)
R60=R20[1+α(T−T0)]=1,60×(1+3,9×10−3×40)=1,60×1,156=1,85Ω, soit 15,6 pour cent de plus. Le mécanisme d'emballement est le suivant : une résistance plus grande dissipe plus de puissance à courant constant, ce qui échauffe davantage le conducteur, ce qui augmente encore sa résistance. Dans un câble mal ventilé ou sous-dimensionné, cette boucle de rétroaction positive peut mener à la dégradation de l'isolant, et c'est précisément pourquoi les normes imposent un calibre minimal par intensité admissible.
Chaque conducteur de 150 m vaut 0,80Ω : le courant traverse les deux, 300 m en tout. Sous 120 V, chacun fait chuter la tension d'environ 10 V, et l'atelier ne reçoit qu'environ 100 V.
Partie C : Magnétisme et induction (/25)
Exercice 7 : Un proton accéléré puis courbé
Un proton, initialement au repos, est accéléré par une différence de potentiel de 2000V, puis pénètre perpendiculairement dans un champ magnétique uniforme de norme B=0,50T.
On prendra q=1,602×10−19C et m=1,673×10−27kg.
a) Calculez l'énergie cinétique acquise, en joules puis en électronvolts, et la vitesse du proton à l'entrée du champ.
b) Justifiez que la trajectoire est un cercle, puis calculez son rayon.
c) Calculez la période et la fréquence du mouvement. Vérifiez qu'elles ne dépendent pas de la vitesse.
d) On double la norme du champ magnétique. Que deviennent le rayon et la période ?
e) Le champ magnétique modifie-t-il l'énergie cinétique du proton ? Justifiez sans calcul.
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Réponses
a)Ec=qU=3,20×10−16 J =2000 eV, v≈6,19×105 m/s
b)R=qBmv≈1,29 cm
c)T=qB2πm≈1,31×10−7 s, f≈7,62 MHz, sans trace de v
d)Rayon et période DIVISÉS par deux, vitesse inchangée
e)Non : travail nul, donc énergie cinétique constante
a)
Le travail de la force électrique fournit l'énergie cinétique : Ec=qU=1,602×10−19×2000=3,204×10−16J, soit exactement 2000eV par définition de l'électronvolt. De Ec=21mv2 on tire v=m2qU=1,673×10−272×3,204×10−16=6,19×105m/s.
b)
La force magnétique F=qv×B est perpendiculaire à la vitesse, donc elle ne modifie pas la norme de v mais seulement sa direction : c'est une force centripète de norme constante qvB. Un mouvement à vitesse de norme constante soumis à une force centripète constante est circulaire uniforme. En écrivant qvB=Rmv2 il vient R=qBmv=1,602×10−19×0,501,673×10−27×6,19×105=1,29×10−2m, soit environ 1,3cm.
c)
T=v2πR=qB2πm=1,602×10−19×0,502π×1,673×10−27=1,31×10−7s, et f=T1=7,62×106Hz. L'expression qB2πm ne contient ni v ni R : la période ne dépend que de la particule et du champ. Un proton plus rapide décrit un cercle plus grand, mais exactement dans le même temps. C'est cette propriété qui rend le cyclotron possible, puisqu'une tension alternative de fréquence fixe reste synchronisée avec la particule.
d)
Le rayon R=qBmv est inversement proportionnel à B : il est donc divisé par deux, soit 0,646cm. La période T=qB2πm est également divisée par deux, soit 6,56×10−8s. La vitesse, elle, ne change pas.
e)
Non. La force magnétique est à chaque instant perpendiculaire au déplacement, donc son travail est nul, et d'après le théorème de l'énergie cinétique l'énergie cinétique reste constante. Un champ magnétique peut courber une trajectoire, jamais accélérer une particule au sens énergétique. C'est pourquoi tout accélérateur a besoin d'un champ électrique pour communiquer l'énergie, le champ magnétique ne servant qu'à guider.
Avec B entrant (croix vertes), la force qv×B sur le proton pointe vers le centre du cercle : toujours perpendiculaire à la vitesse, elle courbe la trajectoire en un demi-cercle de rayon R=qBmv=1,29 cm sans changer la norme de la vitesse.
Exercice 8 : La bobine qui sort du champ
Une bobine carrée de côté L=0,10m, comportant N=50 spires et de résistance totale R=2,0Ω, est plongée dans un champ magnétique uniforme B=0,40T perpendiculaire à son plan.
On la tire hors du champ à vitesse constante v=3,0m/s, un côté restant toujours parallèle à la frontière du champ.
a) Calculez la force électromotrice induite pendant la sortie, puis l'intensité du courant induit.
b) Indiquez le sens du courant induit et justifiez-le par la loi de Lenz.
c) Calculez la force magnétique qui s'oppose au mouvement, et déduisez-en la puissance mécanique à fournir.
d) Calculez la puissance électrique dissipée dans la bobine et comparez-la au résultat de la question c).
e) Calculez la durée de la sortie, puis l'énergie totale dissipée. Vérifiez ce résultat par un calcul de travail.
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Réponses
a)E=NBLv=6,0 V et I=3,0 A
b)Le flux DIMINUE : le courant induit crée un champ de même sens pour le maintenir
c)F=NBIL=6,0 N et Pmec=18 W
d)Pelec=18 W : tout le travail de l'opérateur part en chaleur
e)Δt≈33,3 ms et W=0,60 J, confirmé par F×L
a)
Seule la portion encore dans le champ contribue au flux. Pendant la sortie, la longueur immergée diminue à la vitesse v, donc dtdΦ=NBLv. Ainsi E=50×0,40×0,10×3,0=6,0V et I=RE=2,06,0=3,0A.
b)
Le flux à travers la bobine diminue, puisque la surface immergée diminue. D'après la loi de Lenz, le courant induit s'oppose à cette diminution : il circule dans le sens qui crée, à l'intérieur de la bobine, un champ de même sens que le champ extérieur. Avec B entrant dans la page, comme sur la figure du corrigé, le courant circule donc dans le sens horaire ; si B sortait de la page, il circulerait dans le sens antihoraire. Dans les deux cas, il agit de manière à maintenir le flux.
c)
Le côté encore dans le champ porte le courant I sur la longueur L, pour chacune des N spires : F=NBIL=50×0,40×3,0×0,10=6,0N. Cette force s'oppose au mouvement, encore d'après la loi de Lenz, donc l'opérateur doit fournir une force égale et opposée. La puissance mécanique vaut Pmec=Fv=6,0×3,0=18W.
d)
Pelec=EI=6,0×3,0=18W, ou de façon équivalente RI2=2,0×9,0=18W. C'est exactement la puissance mécanique de la question c). Ce n'est pas une coïncidence : toute l'énergie fournie par l'opérateur est convertie en chaleur dans la résistance de la bobine, puisque la vitesse est constante et qu'il n'y a donc aucune variation d'énergie cinétique. La loi de Lenz est ici la traduction de la conservation de l'énergie.
e)
La bobine sort complètement lorsqu'elle a parcouru sa propre largeur, donc Δt=vL=3,00,10=3,33×10−2s. L'énergie dissipée vaut W=PΔt=18×3,33×10−2=0,60J. Vérification par le travail de la force appliquée : W=F×L=6,0×0,10=0,60J. Les deux calculs concordent, ce qui confirme le bilan énergétique.
Avec B entrant, le flux entrant diminue : le courant induit tourne dans le sens horaire, qui crée un champ entrant à l'intérieur de la bobine. Sur le côté encore dans le champ, la force de Laplace pointe vers la gauche et freine la sortie.
Exercice 9 : Le tore : du théorème d'Ampère à l'énergie magnétique
Un tore comporte N=800 spires enroulées régulièrement, de rayon moyen R=0,12m et de section A=4,0×10−4m2. Il est parcouru par un courant I=2,5A.
On prendra μ0=4π×10−7T⋅m/A et on supposera le champ uniforme sur la section, égal à sa valeur au rayon moyen.
a) En appliquant le théorème d'Ampère à un cercle de rayon R tracé dans le tore, montrez que B=2πRμ0NI, puis calculez B.
b) Justifiez que le champ est nul à l'extérieur du tore.
c) Calculez l'inductance du tore, sachant que L=INΦ où Φ est le flux à travers une seule spire.
d) Calculez l'énergie magnétique stockée par U=21LI2, puis retrouvez-la par la densité d'énergie u=2μ0B2 multipliée par le volume du tore.
e) On introduit un noyau de fer doux de perméabilité relative 500. Que deviennent B, L et U ? Quelle limitation ce calcul ignore-t-il ?
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Réponses
a)B=2πRμ0NI≈3,33 mT
b)Aucun courant net enlacé : la circulation est nulle, donc B=0
c)Φ=BA≈1,33 µWb et L≈0,427 mH
d)U≈1,33 mJ par les deux voies
e)B=1,67 T, L=0,213 H, U=0,667 J, mais la SATURATION rend le calcul caduc
a)
On choisit comme contour d'Ampère le cercle de rayon R situé dans le tore, le long duquel B est tangent et de norme constante par symétrie. La circulation vaut donc B×2πR. Ce contour est enlacé N fois par le courant I, donc le théorème d'Ampère donne B×2πR=μ0NI, d'où B=2πRμ0NI. Numériquement, B=2π×0,124π×10−7×800×2,5=3,33×10−3T, soit 3,33mT.
b)
Un contour circulaire tracé à l'extérieur du tore, soit plus près du centre que le tore, soit au-delà, n'enlace aucun courant net : dans le premier cas il n'entoure aucun fil, dans le second il entoure autant de fils montants que descendants, dont les contributions se compensent. La circulation de B est donc nulle sur ces contours, et comme la symétrie impose à B d'être constant le long d'un tel cercle, il est nul. Le tore confine donc entièrement son champ, ce qui explique son usage dans les transformateurs.
c)
Le flux à travers une spire vaut Φ=BA=3,33×10−3×4,0×10−4=1,333×10−6Wb. Donc L=INΦ=2,5800×1,333×10−6=4,27×10−4H, soit environ 0,427mH. On peut aussi l'écrire directement L=2πRμ0N2A, ce qui montre que l'inductance dépend du carré du nombre de spires et de la seule géométrie.
d)
U=21LI2=0,5×4,27×10−4×2,52=1,33×10−3J. Par la densité d'énergie : u=2μ0B2=2×4π×10−7(3,33×10−3)2=4,42J/m3. Le volume du tore vaut V=A×2πR=4,0×10−4×0,754=3,02×10−4m3, d'où U=4,42×3,02×10−4=1,33×10−3J. Les deux méthodes donnent le même résultat, ce qui confirme que l'énergie d'une inductance est bien localisée dans le champ magnétique lui-même.
e)
Le fer multiplie le champ par la perméabilité relative : B passe à 500×3,33×10−3=1,67T. L'inductance est également multipliée par 500, donnant L=0,213H, et l'énergie aussi, soit U=0,667J. Ce calcul ignore la saturation : au-delà d'environ 1,5 à 2T selon l'alliage, tous les domaines magnétiques du fer sont alignés et la perméabilité relative s'effondre vers 1. La valeur de 1,67T obtenue est précisément dans cette zone, donc le résultat n'est pas fiable : la perméabilité n'est pas une constante, et le calcul suppose à tort une réponse linéaire du matériau.
Le tore vu en coupe : les spires entrent par la couronne intérieure (croix) et ressortent par l'extérieure (points). Le contour d'Ampère (cyan pointillé) de rayon R, qui est aussi une ligne de champ, enlace N fois le courant ; les deux contours tracés hors du tore n'enlacent aucun courant net, et le champ y est nul.
Partie D : Régimes transitoires et sinusoïdal (/25)
Exercice 10 : Le circuit RL : la bobine retarde le courant
Un circuit série comprend une source de E=24V de résistance interne négligeable, une résistance R=12Ω et une bobine idéale d'inductance L=0,30H. On ferme l'interrupteur à l'instant t=0, le courant étant alors nul.
a) Calculez la constante de temps du circuit et l'intensité finale du courant.
b) Donnez l'expression de i(t), puis calculez le courant à t=τ et à t=3τ.
c) Quelle est la tension aux bornes de la bobine juste après la fermeture, puis en régime permanent ? Justifiez physiquement.
d) Déterminez l'instant où le courant atteint 1,5A.
e) Calculez l'énergie finalement stockée dans la bobine. Cette énergie est-elle dissipée dans la résistance ? Justifiez.
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Réponses
a)τ=L/R=25 ms et I∞=2,0 A
b)i(τ)≈1,26 A et i(3τ)≈1,90 A
c)24 V juste après, 0 en régime permanent : la bobine s'oppose à la VARIATION
d)t=τln4≈34,7 ms
e)U=0,60 J stockés dans le champ, restitués à l'ouverture
a)
τ=RL=120,30=2,5×10−2s, soit 25ms. En régime permanent la bobine ne s'oppose plus au courant, donc I∞=RE=1224=2,0A.
b)
i(t)=I∞(1−e−t/τ)=2,0(1−e−t/0,025). À t=τ : i=2,0(1−e−1)=2,0×0,632=1,26A, soit 63,2 pour cent de la valeur finale. À t=3τ : i=2,0(1−e−3)=1,90A, soit 95 pour cent.
c)
Juste après la fermeture, le courant est encore nul, donc la tension aux bornes de R est nulle et toute la force électromotrice se retrouve aux bornes de la bobine : uL(0+)=24V. En régime permanent le courant est constant, donc uL=Ldtdi=0 : la bobine se comporte comme un simple fil. Physiquement, la bobine s'oppose à la variation du courant, pas au courant lui-même. C'est le courant, et non la tension, qui est continu dans une bobine.
d)
On résout 2,0(1−e−t/τ)=1,5, soit e−t/τ=0,25, donc τt=ln4 et t=0,025×1,386=3,47×10−2s, soit environ 34,7ms.
e)
U=21LI∞2=0,5×0,30×2,02=0,60J. Cette énergie n'est pas dissipée : elle est stockée dans le champ magnétique de la bobine et reste disponible tant que le courant circule. Elle sera restituée au circuit, et alors dissipée dans la résistance, si l'on ouvre l'interrupteur, ce qui explique l'étincelle observée à l'ouverture d'un circuit inductif : la bobine tente de maintenir son courant et impose une surtension.
Exercice 11 : Le régime sinusoïdal forcé et la résonance
Un circuit série comprend R=50Ω, L=0,20H et C=20μF, alimenté par une source sinusoïdale de valeur efficace 120V et de fréquence 60Hz.
Le triangle des impédances de ce circuit est représenté ci-dessous.
a) Calculez la pulsation, la réactance inductive et la réactance capacitive.
b) Calculez l'impédance du circuit et l'intensité efficace, et retrouvez les valeurs portées sur la figure.
c) Calculez le déphasage entre le courant et la tension. Le circuit est-il inductif ou capacitif ? Le courant est-il en avance ou en retard ?
d) Calculez la puissance active consommée par deux méthodes différentes.
e) Calculez la fréquence de résonance, le facteur de qualité, puis la tension efficace aux bornes de la bobine à la résonance. Commentez.
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Réponses
a)ω=377 rad/s, XL=75,4 Ω, XC=133 Ω
b)Z≈76,0 Ω et I≈1,58 A
c)φ≈−48,9° : circuit capacitif, courant en avance
d)P=RI2=UIcosφ≈125 W
e)f0≈79,6 Hz, Q=2,0, et UL=240 V, le double de la source
a)
ω=2πf=2π×60=377rad/s. Alors XL=ωL=377×0,20=75,4Ω et XC=ωC1=377×20×10−61=133Ω.
b)
La réactance totale vaut X=XL−XC=75,4−133=−57,2Ω. L'impédance est Z=R2+X2=502+57,22=5775=76,0Ω, ce qui est bien l'hypoténuse du triangle de la figure. L'intensité efficace vaut I=ZU=76,0120=1,58A.
c)
tanφ=RX=50−57,2=−1,145, donc φ=−48,9∘. La réactance totale étant négative, c'est le condensateur qui domine : le circuit est capacitif. Le déphasage de la tension par rapport au courant étant négatif, le courant est en avance sur la tension, de 48,9 degrés. On retrouve l'angle marqué sur la figure.
d)
Première méthode : P=RI2=50×1,5792=125W. Seule la résistance consomme de la puissance active. Deuxième méthode : P=UIcosφ=120×1,579×cos(48,9∘)=120×1,579×0,658=125W. Les deux résultats concordent. La bobine et le condensateur échangent de l'énergie avec la source sans en consommer en moyenne.
e)
f0=2πLC1=2π0,20×20×10−61=2π×2,0×10−31=79,6Hz, donc ω0=500rad/s exactement. Le facteur de qualité vaut Q=Rω0L=50500×0,20=2,0. À la résonance les deux réactances se compensent, donc Z=R=50Ω et I0=50120=2,40A. La tension aux bornes de la bobine vaut alors UL=I0XL=2,40×(500×0,20)=240V, soit exactement le double de la tension de la source. Ce n'est pas une erreur : à la résonance, les tensions aux bornes de L et de C valent chacune Q fois celle de la source et s'annulent mutuellement, puisqu'elles sont en opposition de phase. C'est le phénomène de surtension, et il impose de dimensionner les composants pour une tension bien supérieure à celle de l'alimentation.
Exercice 12 : Cinq affirmations à vérifier
Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous, quand c'est possible, sur un résultat chiffré des exercices précédents.
Les cinq portent chacune sur une partie différente du cours.
a) « Le champ électrique est nul partout à l'intérieur d'une sphère chargée. »
b) « Dans un circuit série, la résistance équivalente est toujours inférieure à la plus grande des résistances. »
c) « Une force magnétique bien orientée peut augmenter l'énergie cinétique d'une particule chargée. »
d) « Juste après la fermeture de l'interrupteur, la tension aux bornes d'une bobine est nulle puisque le courant est nul. »
e) « À la résonance d'un circuit RLC série, la tension aux bornes de la bobine est égale à celle de la source, puisque les réactances se compensent. »
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Réponses
a)Faux : E=R3kQr à l'intérieur d'une sphère isolante
b)Faux : en série l'équivalente DÉPASSE la plus grande
c)Faux : le travail de la force magnétique est toujours nul
d)Faux : uL(0+)=24 V, sa valeur maximale
e)Faux : chaque tension vaut Q fois celle de la source, seule leur somme s'annule
a)
Faux. Cette propriété vaut pour un conducteur en équilibre, ou pour l'intérieur creux d'une coquille chargée, mais pas pour une sphère isolante chargée en volume. L'exercice 2 le montre : E=R3kQr à l'intérieur, donc le champ y croît linéairement, valant 2,70×106V/m en r=0,050m. Il n'est nul qu'au centre exact. Ce qu'affirme le théorème de Gauss, c'est que seule la charge intérieure à la surface choisie compte, et cette charge n'est nulle que pour r=0.
b)
Faux, c'est exactement l'inverse : en série les résistances s'additionnent, donc la résistance équivalente est supérieure à chacune d'elles, et notamment à la plus grande. C'est le groupement parallèle qui donne une résistance inférieure à la plus petite des deux. L'exercice 4 en fournit les deux illustrations : R23=2,0Ω est bien inférieure à 3,0Ω pour le parallèle, tandis que la mise en série donne 6,5Ω, supérieure à chacun des termes.
c)
Faux, et aucune orientation n'y change quoi que ce soit. La force magnétique qv×B est par construction perpendiculaire à la vitesse, donc perpendiculaire au déplacement à chaque instant, donc son travail est toujours nul. Le théorème de l'énergie cinétique impose alors une énergie cinétique constante, comme vu à l'exercice 7. Un champ magnétique ne peut que courber une trajectoire. C'est pour cette raison que le cyclotron a besoin d'une tension alternative : le champ magnétique guide, le champ électrique accélère.
d)
Faux, et la conclusion est même inversée. Dans une bobine c'est le courant qui est continu, pas la tension. Juste après la fermeture, le courant est effectivement nul, donc la tension aux bornes de la résistance est nulle, et c'est précisément pour cela que toute la force électromotrice se retrouve aux bornes de la bobine : uL(0+)=24V à l'exercice 10, soit sa valeur maximale et non nulle. La tension aux bornes d'une bobine vaut Ldtdi, et c'est justement à t=0 que le courant varie le plus vite. Le raisonnement de l'affirmation vaudrait pour un condensateur initialement déchargé, où c'est la tension qui est continue et donc nulle.
e)
Faux. Ce qui se compense à la résonance, c'est la somme des deux tensions, aux bornes de L et de C, parce qu'elles sont en opposition de phase. Chacune prise séparément vaut Q fois la tension de la source. L'exercice 11 le chiffre : avec Q=2,0 et une source de 120V, la tension aux bornes de la bobine atteint 240V, et celle du condensateur également. C'est le phénomène de surtension. Confondre la somme nulle avec des termes nuls conduirait à sous-dimensionner les composants d'un facteur Q, avec destruction à la clé.
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