Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : sources du champ magnétique et loi de Biot-Savart (203-SN2-RE, ancien 203-NYB)
Voici la série d'exercices corrigés d'électricité du cours 203-SN2-RE (ancien 203-NYB) sur les sources du champ magnétique. La partie A part de la loi de Biot-Savart : la grande démonstration du champ d'une spire en un point de son axe, exprimé en fonction de I, de l'angle α sous lequel le rayon est vu et de R seulement, les applications au centre d'une spire et d'une bobine jusqu'à l'électron de l'atome d'hydrogène qui crée 12,5 T, les arcs de courant et le fil de longueur finie qui montre à partir de quand l'approximation du fil infini est légitime, les bobines de Helmholtz, puis le fil rectiligne traité par le théorème d'Ampère avec la recherche du point de champ nul. La partie B monte au niveau examen : le solénoïde démontré avec le contour rectangulaire, le tore et la nappe de courant, le câble coaxial région par région, le magnétisme dans la matière avec la saturation, l'hystérésis et le point de Curie, et enfin le courant de déplacement, qui complète le théorème d'Ampère et referme les quatre équations de Maxwell sur la vitesse de la lumière.
Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de sciences physiques (spécialité physique-chimie). C'est le chapitre où la géométrie prend le dessus : chaque formule sort d'un dessin, d'un triangle rectangle ou d'un contour bien choisi. La figure de la spire vue par la tranche, avec son angle α=PMO, est exactement celle que l'on retrouve dans les examens.
Le réflexe à garder tout du long : avant de calculer, choisir. La loi de Biot-Savart s'attaque à n'importe quel circuit, mais au prix d'une intégrale; le théorème d'Ampère est expéditif, mais seulement quand la symétrie est au rendez-vous (fil infini, solénoïde, câble coaxial). Savoir lequel des deux outils sortir, c'est déjà la moitié de la note.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Loi de Biot-Savart : un élément de circuit dl parcouru par I crée à la distance r le champ dB=4πμ0r2Idlsinθ, où θ est l'angle entre dl et la droite joignant l'élément au point. Direction : perpendiculaire à dl et à cette droite, sens donné par la règle de la main droite.
•Champ au centre d'une spire de rayon R : B=2Rμ0I. Bobine plate de N spires : on multiplie par N. Sur l'axe, à la distance x du centre : B=2(R2+x2)3/2μ0IR2=2Rμ0Isin3α, où α est l'angle sous lequel le rayon de la spire est vu depuis le point.
•Théorème d'Ampère : ∮B⋅dl=μ0Iint, où Iint est le courant total enlacé par le contour fermé. Tout l'art est de choisir un contour qui épouse la symétrie pour que B sorte de l'intégrale.
•Fil rectiligne infini : B=2πdμ0I, lignes de champ circulaires autour du fil (pouce = courant, doigts = sens de B). Solénoïde long : B=μ0nI à l'intérieur, avec n=N/L en spires par mètre, et champ quasi nul à l'extérieur.
•Superposition : les champs de plusieurs sources s'additionnent VECTORIELLEMENT. Un point de champ nul exige deux champs de même grandeur et de sens opposés : localisez les sens avec la main droite avant tout calcul.
•Constantes : μ0=4π×10−7 T·m/A, champ terrestre ≈5×10−5 T, e=1,6×10−19 C.
•Arc de cercle de rayon R et d'angle θ (en radians) : champ au centre B=4πRμ0Iθ, soit la fraction 2πθ du champ de la spire entière. Un segment rectiligne dont le prolongement passe par le point étudié ne contribue PAS.
•Fil de longueur finie : B=4πdμ0I(sinθ2−sinθ1). Sur la médiatrice d'un fil de demi-longueur L, cela donne B=2πdL2+d2μ0IL, c'est-à-dire le résultat du fil infini multiplié par sinθmax.
•Tore de N spires : B=2πrμ0NI dans le tore, et RIGOUREUSEMENT nul dans le trou central comme à l'extérieur. Nappe de courant infinie de densité Js : B=2μ0Js, indépendant de la distance.
•Matière : B=μrB0, avec μr de quelques centaines à quelques milliers pour un ferromagnétique (mais qui n'est pas une constante : il s'effondre à la saturation, vers 2 T pour le fer), μr−1≈+10−4 pour un paramagnétique, ≈−10−5 pour un diamagnétique. L'aire du cycle d'hystérésis est l'énergie perdue par unité de volume et par cycle.
•Courant de déplacement : Id=ε0dtdΦE, et le théorème d'Ampère complété s'écrit ∮B⋅dl=μ0(I+Id). Avec les deux lois de Gauss et la loi de Faraday, il forme les quatre équations de Maxwell, dont sort c=μ0ε01.
Partie A : De Biot-Savart au théorème d'Ampère (/50)
Exercice 1 : La spire vue sous l'angle α : la démonstration
Une spire circulaire de rayon R, centrée en O, est parcourue par un courant d'intensité I. On veut exprimer le champ magnétique créé en un point M de l'axe de la spire en fonction de I, α et R seulement. On note P un point quelconque de la spire, r=PM la distance du bord de la spire au point M, et α=PMO l'angle entre PM et l'axe. La figure montre la spire vue par la tranche : le courant sort de la feuille en P (⊙) et y entre en P′, le point diamétralement opposé (⊗).
a) En considérant le couple de points diamétralement opposés P et P′, justifiez que le champ résultant en M est nécessairement porté par l'axe de la spire.
b) Montrez que l'élément de courant dl situé en P est perpendiculaire à PM, et écrivez la grandeur du champ élémentaire dB qu'il crée en M.
c) En sommant les composantes axiales de tous les éléments de la spire, montrez que B=2r2μ0IRsinα, puis exprimez B en fonction de I, α et R seulement.
d) Vérifiez votre formule au centre de la spire (M en O), réécrivez-la en fonction de la distance x=OM, et montrez qu'à grande distance le champ décroît en 1/x3. Pourquoi cette décroissance est-elle plus rapide que celle du fil infini ?
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Réponses
a)Les composantes perpendiculaires s'annulent deux à deux : le champ est axial
b)dl⊥PM, donc dB=4πμ0r2Idl, identique pour tous les éléments
c)B=2r2μ0IRsinα=2Rμ0Isin3α
d)Au centre α=90° et B=2Rμ0I ; de loin, décroissance en 1/x3, c'est un dipôle
a)
L'élément en P crée en M un champ dB perpendiculaire à PM, contenu dans le plan (OPM) : il possède une composante le long de l'axe et une composante perpendiculaire à l'axe. L'élément symétrique en P′ (même distance r, courant opposé) crée un champ de même grandeur dont la composante perpendiculaire est exactement OPPOSÉE, tandis que les composantes axiales s'ajoutent. En parcourant toute la spire, chaque élément trouve ainsi son partenaire : les composantes perpendiculaires s'annulent deux à deux et il ne survit que la composante axiale. Avec le courant de la figure (⊙ en haut, ⊗ en bas), la main droite donne un champ dirigé de O vers M.
b)
dl est tangent à la spire en P : il est perpendiculaire au rayon OP (une tangente est perpendiculaire au rayon) et perpendiculaire à l'axe OM (il est dans le plan de la spire, auquel l'axe est perpendiculaire). Perpendiculaire à deux droites sécantes du plan (OPM), il est perpendiculaire à ce plan tout entier, donc en particulier à PM. Dans la loi de Biot-Savart, sinθ=sin90∘=1 : dB=4πμ0r2Idl. Et comme tous les points de la spire sont à la MÊME distance r de M, cette grandeur est la même pour tous les éléments : c'est ce qui rend la sommation immédiate.
c)
dB est perpendiculaire à PM dans le plan (OPM); comme PM fait l'angle α avec l'axe, dB fait l'angle 90∘−α avec l'axe et sa composante axiale vaut dBsinα. La somme sur la spire donne B=4πr2μ0Isinα×∑dl=4πr2μ0Isinα×2πR=2r2μ0IRsinα. Le triangle OPM, rectangle en O, fournit la géométrie manquante : sinα=rR, donc r=sinαR. En substituant : B=2R2μ0IRsinαsin2α=2Rμ0Isin3α. Trois grandeurs seulement, comme demandé : I, α et R.
d)
Au centre, M est en O : α=90∘, sin3α=1, et l'on retrouve la formule connue B=2Rμ0I. En fonction de x=OM : r2=R2+x2 (Pythagore) et sinα=R2+x2R, d'où B=2(R2+x2)3/2μ0IR2. Pour x≫R, (R2+x2)3/2≈x3 : B≈2x3μ0IR2, une décroissance en 1/x3, bien plus rapide que le 1/d du fil infini. La raison : vue de loin, la spire est un DIPÔLE magnétique, un petit aimant dont les deux faces (nord et sud) se compensent presque; le fil infini, lui, ne se referme jamais et son influence porte beaucoup plus loin.
Le champ de l'élément en P est perpendiculaire à PM ; celui de P′ est son symétrique. Leurs composantes perpendiculaires à l'axe s'annulent, les composantes axiales s'ajoutent : B est porté par l'axe, de O vers M.
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Exercice 2 : Du laboratoire à l'atome : champs au centre
Les questions a) et b) portent sur une spire de rayon 8,0 cm parcourue par un courant de 12 A. Les questions c) et d) descendent dans l'atome d'hydrogène (modèle classique) : l'électron y décrit un cercle de rayon 5,3×10−11 m autour du proton, à la vitesse de 2,2×106 m/s.
Le schéma ci-dessous représente la spire et l'atome.
a) Calculez le champ magnétique au centre de la spire et comparez-le au champ terrestre (environ 5×10−5 T).
b) On remplace la spire par une bobine plate de 100 spires de même rayon, parcourue par le même courant. Quel est le champ au centre ? Justifiez la multiplication.
c) Montrez que l'électron en orbite équivaut à un courant I=2πrev, calculez ce courant, puis le champ magnétique qu'il crée au niveau du proton.
d) Quel courant faudrait-il faire circuler dans la spire de 8,0 cm pour reproduire ce champ ? Expliquez pourquoi l'atome, avec son courant d'un milliampère, bat si facilement le laboratoire.
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Réponses
a)B=2Rμ0I≈9,4×10−5 T, à peine le double du champ terrestre
b)B=N2Rμ0I≈9,4×10−3 T : bobiner multiplie la source
c)I=2πrev≈1,1 mA, et B≈12,5 T au niveau du proton
d)Il faudrait ≈1,6×106 A : le champ va comme 1/R, et l'atome est minuscule
a)
B=2Rμ0I=2(0,080)(4π×10−7)(12)≈9,4×10−5 T : à peine le double du champ terrestre. Une spire seule est une source bien modeste, c'est pourquoi on bobine.
b)
Les 100 spires occupent pratiquement la même position et transportent le même courant : chacune crée le même champ au centre, et les champs, tous de même sens, s'additionnent. B=N2Rμ0I=100×9,4×10−5≈9,4×10−3 T. Bobiner, c'est multiplier la source sans augmenter le courant.
c)
L'électron repasse au même endroit à chaque tour, soit 2πrv fois par seconde : la charge qui traverse une section par seconde est I=2πrev=2π(5,3×10−11)(1,6×10−19)(2,2×106)≈1,1×10−3 A, un petit milliampère. Champ au centre de cette « spire » atomique : B=2rμ0I=2(5,3×10−11)(4π×10−7)(1,06×10−3)≈12,5 T : plus fort que la plupart des aimants d'IRM.
d)
I=μ02RB=4π×10−72(0,080)(12,5)≈1,6×106 A : 1,6 million d'ampères dans notre spire de 8 cm ! La clé est dans B=2Rμ0I : le champ est inversement proportionnel au RAYON. Le rayon atomique est un milliard de fois plus petit que la spire du laboratoire, et cette proximité compense très largement la faiblesse du courant. En magnétisme, être près de la source vaut mieux qu'être puissant.
L'électron tourne dans le sens antihoraire : le courant conventionnel, de sens opposé, tourne dans le sens horaire et crée au niveau du proton un champ qui entre dans la feuille.
Exercice 3 : Arcs, segments radiaux et fil de longueur finie
La loi de Biot-Savart s'applique à n'importe quel circuit, mais elle récompense ceux qui découpent avant de calculer. La figure montre le circuit des questions c) : deux arcs de cercle concentriques de 90°, de rayons a=3,0 cm et b=6,0 cm, reliés par deux segments radiaux, le tout parcouru par un courant de 8,0 A. Le point O est le centre commun des deux arcs. Les questions d) et e) portent sur un fil rectiligne de 20 cm parcouru par 10 A, et sur le point P situé à 5,0 cm du fil, sur la médiatrice.
a) Montrez qu'un segment rectiligne dont le prolongement passe par le point étudié ne crée AUCUN champ en ce point. Quelle conséquence pratique cela a-t-il sur le circuit de la figure ?
b) Démontrez que le champ créé au centre par un arc de cercle de rayon R, d'angle θ (en radians) et parcouru par I vaut B=4πRμ0Iθ. Vérifiez la formule sur la spire complète.
c) Calculez la contribution de chaque arc du circuit de la figure, puis le champ résultant en O (grandeur et sens). Attention aux sens de parcours.
d) Pour le fil de 20 cm : établissez que B=4πdμ0I(sinθ2−sinθ1) se réduit ici à B=2πdL2+d2μ0IL avec L la DEMI-longueur, puis calculez le champ en P.
e) Comparez au champ que donnerait la formule du fil infini à la même distance. À partir de quelle longueur de fil l'approximation du fil infini est-elle correcte à 1 % près en P ?
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Réponses
a)Sinus nul : les segments radiaux ne comptent pas, seuls les arcs créent du champ
b)B=4πRμ0Iθ, soit la fraction θ/2π de la spire complète
c)4,19 et 2,09×10−5 T, en sens opposés : il reste 2,09×10−5 T
d)B=2πdL2+d2μ0IL≈3,58×10−5 T
e)89% du fil infini ; il faut déborder de 7d de chaque côté pour 1% près
a)
Biot-Savart fait intervenir dlsinθ, où θ est l'angle entre l'élément dl et la droite qui joint l'élément au point étudié. Si le prolongement du segment passe par ce point, cette droite est portée par le segment lui-même : θ=0 ou 180°, donc sinθ=0 et chaque élément contribue pour rien. Conséquence sur la figure : les deux segments RADIAUX, dont les prolongements passent par O, ne comptent pas. Seuls les deux arcs créent du champ en O, ce qui réduit le problème à deux termes.
b)
Sur un arc, chaque élément dl est tangent au cercle, donc perpendiculaire au rayon qui le joint au centre : sinθ=1 pour tous. De plus, tous les éléments sont à la même distance R et leurs champs ont tous la même direction (perpendiculaire au plan de l'arc) et le même sens : les grandeurs s'additionnent simplement. B=4πR2μ0I∑dl=4πR2μ0I(Rθ)=4πRμ0Iθ. Pour une spire complète, θ=2π : B=4πRμ0I(2π)=2Rμ0I, la formule connue. Le champ d'un arc n'est donc que la FRACTION 2πθ du champ de la spire entière.
c)
Chaque arc couvre θ=2π. Arc intérieur : Ba=4πaμ0Iθ=0,030(10−7)(8,0)(1,571)≈4,19×10−5 T. Arc extérieur : Bb=0,060(10−7)(8,0)(1,571)≈2,09×10−5 T, la moitié, puisque le champ d'un arc varie en R1 à angle égal. Le courant parcourt les deux arcs en sens INVERSES l'un de l'autre (il monte par l'un et redescend par l'autre) : les deux champs sont opposés et l'on soustrait. BO=4,19×10−5−2,09×10−5≈2,09×10−5 T, dans le sens imposé par l'arc INTÉRIEUR, le plus proche donc le plus fort.
d)
Le point P est sur la médiatrice : les deux extrémités du fil sont vues symétriquement, sous les angles θ2=+θmax et θ1=−θmax, si bien que sinθ2−sinθ1=2sinθmax. Or le triangle rectangle donne sinθmax=L2+d2L avec L=0,10 m (la demi-longueur) et d=0,050 m. D'où B=4πdμ0I⋅L2+d22L=2πdL2+d2μ0IL. Numériquement : L2+d2=0,0125≈0,1118 m, donc sinθmax≈0,894 et B=0,050(10−7)(10)×2(0,894)≈3,58×10−5 T.
e)
Fil infini à la même distance : B∞=2πdμ0I=0,050(2×10−7)(10)=4,0×10−5 T. Le rapport vaut exactement sinθmax≈0,894 : le fil fini donne 89 % du fil infini, une erreur de 11 % pour un fil pourtant quatre fois plus long que la distance. Pour 1 % près, il faut sinθmax≥0,99, soit L2≥0,9801(L2+d2), donc L≥d0,01990,9801≈7,0d=0,35 m : un fil de 70 cm de long observé à 5 cm. Retenez la règle : l'approximation du fil infini n'est bonne que si le fil déborde d'au moins sept fois la distance d'observation DE CHAQUE CÔTÉ.
L'arc intérieur, parcouru dans le sens antihoraire, crée en O un champ sortant deux fois plus fort que le champ entrant de l'arc extérieur, parcouru dans l'autre sens : le champ total sort de la feuille. Les segments radiaux ne comptent pas.
Fil de 20 cm vu depuis P, sur la médiatrice : chaque extrémité est vue sous l'angle θmax, avec sinθmax=0,894. Pour un courant vers la droite, le champ en P sort de la feuille.
Exercice 4 : Les bobines de Helmholtz : fabriquer un champ uniforme
Deux bobines plates identiques de N=100 spires et de rayon R=10 cm sont montées sur le même axe, leurs plans distants de d=R=10 cm : c'est le montage de Helmholtz. Elles sont parcourues par le même courant I=2,0 A dans le même sens. On utilisera le résultat de l'exercice 1 : sur l'axe, une bobine crée B=2(R2+x2)3/2μ0NIR2 à la distance x de son centre. Le point M est au milieu des deux bobines.
a) Calculez le champ au centre d'une des bobines si elle était seule.
b) Montrez que le champ total au point M vaut BM=(54)3/2Rμ0NI et calculez-le.
c) Calculez le champ total au point Q de l'axe situé à 2,5 cm du plan de la bobine 1 (donc à 7,5 cm de la bobine 2), et l'écart relatif avec BM. Conclusion ?
d) À quoi sert ce montage en laboratoire ? Que devient le champ en M si l'on inverse le courant d'une seule des deux bobines ?
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Réponses
a)B=2Rμ0NI≈1,26×10−3 T
b)BM=(54)3/2Rμ0NI≈1,80×10−3 T
c)BQ≈1,79×10−3 T : 0,4% d'écart seulement
d)Champ uniforme de laboratoire ; en inversant une bobine, BM=0 et l'on obtient un gradient
a)
Au centre d'une bobine isolée : B=2Rμ0NI=2(0,10)(4π×10−7)(100)(2,0)≈1,26×10−3 T.
b)
M est à x=2R de chaque bobine. Pour une bobine : B=2(R2+4R2)3/2μ0NIR2=2(45R2)3/2μ0NIR2=2R3(45)3/2μ0NIR2=(54)3/22Rμ0NI. Les deux bobines, parcourues dans le même sens, créent en M des champs de même sens : on double. BM=(54)3/2Rμ0NI=0,716×0,10(4π×10−7)(100)(2,0)≈1,80×10−3 T. Numériquement, chaque bobine contribue 8,99×10−4 T.
c)
Bobine 1 (x=0,025 m) : B1=2(0,010625)3/2μ0NIR2≈1,15×10−3 T. Bobine 2 (x=0,075 m) : B2=2(0,015625)3/2μ0NIR2≈6,43×10−4 T. Total : BQ≈1,79×10−3 T. Écart relatif avec BM : environ 0,4 %. En s'éloignant du milieu de la moitié de la distance disponible, le champ n'a bougé que de 0,4 % : ce qu'une bobine perd, l'autre le regagne presque exactement. La séparation d=R est précisément celle qui réalise cette compensation au mieux.
d)
C'est LE montage du champ uniforme accessible : entre les bobines, on loge une expérience entière (faisceau d'électrons, sonde, échantillon) dans un champ connu et constant, et on peut aussi y annuler le champ terrestre. Si l'on inverse une bobine, les deux champs en M deviennent opposés et de même grandeur : BM=0. Le champ n'est plus uniforme mais en GRADIENT, nul au centre et croissant de part et d'autre : c'est le montage anti-Helmholtz, utilisé pour piéger des atomes froids.
Coupe dans un plan qui contient l'axe, courants de même sens : autour de M, les lignes de champ sont presque parallèles et également espacées, le champ est quasi uniforme.
Courant inversé dans la bobine 2 : les deux champs s'opposent, B=0 en M, et le champ croît de part et d'autre. C'est le montage anti-Helmholtz.
Exercice 5 : Le fil rectiligne et le point de champ nul
Le théorème d'Ampère affirme que sur tout contour fermé, ∮B⋅dl=μ0Iint, où Iint est le courant enlacé par le contour. Les questions c) et d) portent sur deux longs fils parallèles perpendiculaires à la feuille, distants de 20 cm : le fil 1 porte I1=6,0 A et le fil 2 porte I2=3,0 A.
a) En choisissant comme contour un cercle de rayon d centré sur un fil infini, démontrez que B=2πdμ0I. Quelles propriétés de symétrie rendent ce choix efficace ?
b) Un câble de démarrage porte 25 A. Calculez le champ à 2,0 cm du câble et comparez-le au champ terrestre.
c) Les deux courants sortent de la feuille (même sens). Montrez que le point de champ nul est forcément ENTRE les fils, puis localisez-le. De quel fil est-il le plus proche ?
d) On inverse le courant du fil 2. Montrez que le point de champ nul est maintenant à l'extérieur du segment, du côté du courant le plus faible, et localisez-le.
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Réponses
a)B(2πd)=μ0I grâce à la symétrie de révolution
b)B=2,5×10−4 T, cinq fois le champ terrestre
c)Entre les fils, à 13,3 cm du fil 1, donc près du courant le plus faible
d)À 40 cm du fil 1, soit 20 cm au-delà du fil 2
a)
Par symétrie, les lignes de champ d'un fil infini sont des cercles centrés sur le fil, et la grandeur de B est la même en tout point d'un cercle donné (rien ne distingue un point d'un autre le long du cercle). Sur ce contour, B est partout parallèle à dl et de grandeur constante : ∮B⋅dl=B×2πd. Le théorème d'Ampère donne B(2πd)=μ0I, d'où B=2πdμ0I. Sans cette symétrie, B ne sortirait pas de l'intégrale et le théorème, toujours vrai, deviendrait inutilisable pour calculer.
b)
B=2πdμ0I=0,020(2×10−7)(25)=2,5×10−4 T, soit cinq fois le champ terrestre : une boussole posée près d'un câble de démarrage en perd le nord, littéralement.
c)
Main droite : entre les fils, le champ du fil 1 et celui du fil 2 pointent dans des sens OPPOSÉS (perpendiculairement au segment, l'un vers le haut, l'autre vers le bas) : l'annulation y est possible. À l'extérieur du segment, les deux champs pointent dans le même sens et ne peuvent jamais se compenser. Position : 2πxμ0I1=2π(0,20−x)μ0I2 donne 6(0,20−x)=3x, donc x=96(0,20)≈13,3 cm du fil 1, soit 6,7 cm du fil 2 : le point de champ nul se réfugie près du courant le plus FAIBLE, là où le fort, affaibli par la distance, peut être égalé.
d)
Courants opposés : entre les fils, les deux champs pointent maintenant dans le MÊME sens et s'additionnent, aucune annulation possible. À l'extérieur, ils s'opposent; mais du côté du fil 1 (le fort), le champ de 6 A domine partout puisque ce fil est à la fois plus proche et plus intense. Du côté du fil 2 (le faible), en revanche : x6=x−0,203 donne 6(x−0,20)=3x, donc x=0,40 m du fil 1, soit 20 cm au-delà du fil 2. Vérification : 0,406=0,203=15 A/m, les deux champs y valent chacun 3,0×10−6 T, sens opposés.
Courants sortants : entre les fils, B1 et B2 sont opposés et s'annulent en Z, à 13,3 cm du fil 1. À l'extérieur, ils pointent dans le même sens et ne s'annulent jamais. Vecteurs à l'échelle.
Fil 2 inversé : le point de champ nul Z passe à l'extérieur, du côté du courant le plus faible, à 40 cm du fil 1, où les deux champs valent 3,0×10−6 T. Vecteurs à l'échelle.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Le solénoïde : un champ fabriqué spire par spire
Un solénoïde de longueur L=40 cm compte 1200 spires jointives parcourues par un courant de 2,5 A. La figure le montre en coupe : le courant sort de la feuille dans les spires du haut (⊙) et y entre dans celles du bas (⊗). Le rectangle en pointillés est le contour d'Ampère : un côté de longueur ℓ à l'intérieur, parallèle à l'axe, un côté à l'extérieur, deux côtés perpendiculaires à l'axe.
a) À l'aide du contour de la figure, démontrez que B=μ0nI à l'intérieur, où n est le nombre de spires par mètre. Précisez le sort de chacun des quatre côtés.
b) Calculez n puis le champ à l'intérieur du solénoïde.
c) On étire le solénoïde à 80 cm, mêmes 1200 spires, même courant. Nouveau champ ? Le nombre total de spires suffit-il à caractériser un solénoïde ?
d) Montrez par un argument de superposition, sans aucun calcul d'intégrale, que le champ au centre d'une des extrémités d'un long solénoïde vaut la moitié du champ intérieur.
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Réponses
a)Bℓ=μ0nℓI donne B=μ0nI ; ni ℓ ni le rayon ne survivent
b)n=3000 spires/m et B≈9,4×10−3 T
c)n=1500 spires/m, B divisé par deux : seule la densité compte
d)La moitié, ≈4,7×10−3 T, par découpage en deux moitiés semi-infinies
a)
Côté intérieur (longueur ℓ, parallèle à l'axe) : B uniforme et parallèle, contribution Bℓ. Côté extérieur : champ pratiquement nul autour d'un long solénoïde (les spires lointaines compensent les proches), contribution nulle. Deux côtés perpendiculaires : B⊥dl à l'intérieur et B≈0 à l'extérieur, contributions nulles. Total : ∮B⋅dl=Bℓ. Courant enlacé : le rectangle embrasse nℓ spires portant chacune I, soit Iint=nℓI. Ampère : Bℓ=μ0nℓI, donc B=μ0nI. Remarquez tout ce qui a disparu : ℓ (le champ est uniforme), la position du côté intérieur, et même le RAYON du solénoïde.
b)
n=0,401200=3000 spires/m. B=μ0nI=(4π×10−7)(3000)(2,5)≈9,4×10−3 T, plus d'une centaine de fois le champ au centre d'une spire isolée de quelques centimètres de rayon portant un courant comparable : le solénoïde est la façon économique de fabriquer un champ intense et uniforme.
c)
La densité tombe à n=0,801200=1500 spires/m et le champ est divisé par deux : B≈4,7×10−3 T. Non : 1200 spires sur 40 cm et 1200 spires sur 80 cm sont deux solénoïdes différents. Seule compte la DENSITÉ de spires n : le champ se fabrique spire par spire, localement.
d)
Prenez un solénoïde infini de champ intérieur B=μ0nI et coupez-le, par la pensée, en deux moitiés semi-infinies. Au point de coupure, chaque moitié crée le même champ (elles sont images l'une de l'autre) et leur somme reconstruit B : chacune contribue donc exactement 2B=2μ0nI≈4,7×10−3 T. Or l'extrémité d'un long solénoïde, c'est précisément une moitié semi-infinie vue de son bout : le champ y vaut la moitié du champ intérieur. Les lignes de champ s'évasent aux extrémités et, sur l'axe, le champ tombe à la moitié de sa valeur intérieure.
Lignes de champ du solénoïde en coupe : parallèles et serrées à l'intérieur, où B=μ0nI, presque absentes à l'extérieur. Seul le côté intérieur du contour apporte Bℓ ; le pôle nord est à droite.
Exercice 7 : Le tore et la nappe de courant : deux autres triomphes d'Ampère
Un tore est un solénoïde refermé sur lui-même, en forme de beignet. Celui-ci compte N=500 spires jointives, un rayon intérieur de 8,0 cm et un rayon extérieur de 12 cm, et il est parcouru par un courant de 3,0 A. Les questions d) et e) portent sur une nappe de courant : un plan conducteur infini parcouru par un courant uniforme de densité linéique Js=500 A/m, c'est-à-dire 500 ampères par mètre de largeur.
Le schéma ci-dessous représente le tore vu de dessus et la nappe vue par la tranche.
a) En prenant pour contour d'Ampère un cercle de rayon r centré sur l'axe du tore et situé dans le tore, démontrez que B=2πrμ0NI. Montrez ensuite que le champ est nul dans le trou central et nul à l'extérieur du tore.
b) Calculez le champ au rayon intérieur, au rayon moyen et au rayon extérieur. De combien varie-t-il en pourcentage ?
c) Montrez qu'au rayon moyen la formule du tore coïncide avec celle du solénoïde, B=μ0nI, à condition de définir n correctement. Pourquoi les noyaux d'inductances et de transformateurs sont-ils si souvent toriques ?
d) Pour la nappe de courant : en utilisant la symétrie et un contour rectangulaire à cheval sur le plan, démontrez que B=2μ0Js de chaque côté, indépendamment de la distance. Calculez-le.
e) On place une seconde nappe parallèle, parcourue en sens inverse. Que valent les champs entre les nappes et à l'extérieur ? Rapprochez ce résultat du solénoïde d'une part, et du condensateur plan de l'électrostatique d'autre part.
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Réponses
a)B=2πrμ0NI dans le tore, et zéro dans le trou comme à l'extérieur
b)3,75, 3,00 et 2,50 mT : le champ varie en 1/r, 50% d'écart entre les bords
e)μ0Js entre les nappes, zéro dehors : la structure du solénoïde et du condensateur plan
a)
La symétrie de révolution impose que B soit tangent au cercle de rayon r et de grandeur constante sur ce cercle. Le contour est donc parcouru par un champ partout parallèle à dl : ∮B⋅dl=B(2πr). Ce cercle enlace les N spires, chacune une fois, donc Iint=NI et B=2πrμ0NI. Dans le trou central, un cercle n'enlace AUCUNE spire : Iint=0 et B=0. À l'extérieur du tore, un cercle enlace chaque spire deux fois, à l'aller et au retour, donc en sens opposés : Iint=NI−NI=0 et B=0 à nouveau. Le tore enferme entièrement son champ.
b)
B(0,080)=0,080(2×10−7)(500)(3,0)=3,75×10−3 T; B(0,10)=3,00×10−3 T; B(0,12)=2,50×10−3 T. Le champ n'est donc PAS uniforme dans la section : il varie en r1, de +25 % au bord intérieur à −17 % au bord extérieur par rapport au rayon moyen, soit un écart total de 50 % entre les deux bords. Plus le tore est mince par rapport à son rayon, plus cette variation devient négligeable.
c)
Le nombre de spires par mètre, mesuré le long de la circonférence moyenne, vaut n=2πrmoyN=2π(0,10)500≈796 spires/m. Alors μ0nI=(4π×10−7)(796)(3,0)≈3,00×10−3 T : exactement B(rmoy). Ce n'est pas une coïncidence, c'est la même équation réécrite, car un tore de grand rayon est localement indiscernable d'un solénoïde droit. L'intérêt du tore est ailleurs : comme le champ est rigoureusement nul à l'extérieur, tout le flux reste dans le noyau. Un tore ne rayonne pas vers ses voisins et n'est pas perturbé par eux, alors qu'un solénoïde droit laisse fuir son flux par ses deux bouts. D'où son emploi systématique dès qu'on veut de l'inductance sans diaphonie.
d)
Par symétrie, le champ d'un plan infini de courant est parallèle au plan, perpendiculaire au courant, de sens opposés de part et d'autre, et de grandeur indépendante de la distance (rien dans la géométrie ne fournit d'échelle de longueur). Contour rectangulaire de largeur w, à cheval sur le plan, avec deux côtés parallèles au champ et deux côtés perpendiculaires : les côtés perpendiculaires ne contribuent pas, les deux autres donnent chacun Bw, soit 2Bw au total. Courant enlacé : Jsw. Ampère : 2Bw=μ0Jsw, donc B=2μ0Js=2(4π×10−7)(500)≈3,14×10−4 T, la même valeur à 1 mm comme à 1 km du plan.
e)
Les deux nappes créent chacune 2μ0Js. Entre elles, les courants étant opposés, les deux champs pointent dans le MÊME sens et s'ajoutent : B=μ0Js≈6,28×10−4 T. À l'extérieur, ils sont opposés et s'annulent : B=0. C'est exactement la structure d'un solénoïde, qui n'est qu'une nappe de courant enroulée : en posant Js=nI, on retrouve B=μ0nI à l'intérieur et zéro à l'extérieur. Et c'est aussi, trait pour trait, le condensateur plan de l'électrostatique : un plan chargé crée 2ε0σ, deux plans opposés donnent ε0σ entre eux et zéro dehors. Deux chapitres, deux constantes, une seule géométrie : la symétrie plane produit toujours un champ uniforme, confiné entre les deux sources.
Tore vu de dessus, courant sortant sur le bord intérieur et entrant sur le bord extérieur : C2 enlace les N spires, C1 aucune, C3 chaque spire deux fois en sens opposés. Le champ n'existe que dans le tore.
Deux nappes parcourues en sens opposés, vues par la tranche : entre elles, les deux champs de 2μ0Js s'ajoutent ; à l'extérieur, ils s'annulent.
Exercice 8 : Le câble coaxial : Ampère au niveau examen
Un câble coaxial est formé d'une âme cylindrique pleine de rayon a=1,0 mm, parcourue par un courant de 10 A UNIFORMÉMENT réparti dans sa section, et d'une gaine conductrice mince de rayon b=4,0 mm qui ramène le même courant en sens inverse. La figure montre la grandeur du champ magnétique en fonction de la distance r à l'axe : vos calculs doivent la reproduire.
a) Pour r<a, montrez que le courant enlacé vaut Iint=Ia2r2, déduisez-en B=2πa2μ0Ir, et calculez le champ à r=0,50 mm.
b) Pour a<r<b, donnez B(r) et calculez le champ à r=a puis à r=2,0 mm. Que remarquez-vous en comparant les points r=0,50 mm et r=2,0 mm ?
c) Montrez que le champ est rigoureusement nul pour r>b. En quoi cela fait-il du câble coaxial le câble anti-parasites par excellence ?
d) Justifiez chaque portion de la courbe de la figure : la croissance linéaire, la position du maximum, la décroissance en 1/r et la chute à zéro. Vérifiez la continuité en r=a.
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Réponses
a)Iint=Ia2r2 donne B=2πa2μ0Ir=1,0 mT
b)2,0 mT en r=a, et 1,0 mT en r=2,0 mm : la même valeur qu'à 0,50 mm
c)Iint=0 : le câble ne rayonne rien et n'est presque pas perturbé
d)Montée linéaire, pic de 2,0 mT en r=a, décroissance en 1/r, chute à zéro en r=b
a)
Le courant est uniformément réparti : la densité vaut J=πa2I, et un cercle d'Ampère de rayon r<a n'enlace que Iint=Jπr2=Ia2r2 : la fraction de courant croît comme la fraction d'AIRE. Par la même symétrie circulaire que pour le fil : B(2πr)=μ0Ia2r2, d'où B=2πa2μ0Ir, linéaire en r. À r=0,50 mm : B=(1,0×10−3)2(2×10−7)(10)(0,50×10−3)=1,0×10−3 T.
b)
Le cercle d'Ampère enlace maintenant toute l'âme : B=2πrμ0I, comme un fil mince. À r=a : B=1,0×10−3(2×10−7)(10)=2,0×10−3 T. À r=2,0 mm : B=1,0×10−3 T : exactement le même champ qu'à 0,50 mm ! Un point dans l'âme et un point dans l'isolant partagent la même valeur : sous son maximum, la courbe passe deux fois par chaque hauteur, une fois en montant (linéaire) et une fois en descendant (en 1/r).
c)
Pour r>b, le contour enlace l'âme (+10 A) ET la gaine (−10 A) : Iint=0, et la symétrie impose alors B=0 partout à l'extérieur. Le câble coaxial confine son champ entre l'âme et la gaine : il ne rayonne rien vers l'extérieur, et réciproquement les sources extérieures perturbent très peu le signal qu'il transporte. C'est pourquoi antennes, oscilloscopes et réseaux câblés lui font confiance.
d)
Croissance linéaire pour r<a : le courant enlacé croît comme r2 tandis que le périmètre ne croît que comme r, le quotient croît donc comme r. Maximum en r=a : tout le courant est enlacé pour la première fois, à la distance minimale; Bmax=2,0 mT. Décroissance en 1/r ensuite : courant enlacé constant, périmètre croissant. Chute à zéro en r=b : le courant de retour annule brutalement Iint. Continuité en r=a : la formule intérieure donne 2πa2μ0Ia=2πaμ0I, exactement la formule extérieure évaluée en a : les deux régimes se raccordent sans saut, comme la figure le montre.
Coupe du câble, courant sortant dans l'âme et entrant dans la gaine. C1 n'enlace qu'une partie du courant de l'âme, C2 l'enlace en entier, C3 enlace aussi le retour : Iint=0, donc B=0 hors du câble.
Exercice 9 : Le magnétisme dans la matière : noyau de fer, saturation et hystérésis
Un solénoïde de 2000 spires par mètre est parcouru par un courant de 1,5 A. On y insère ensuite un noyau de fer doux de perméabilité relative μr=400 dans ces conditions. Les questions d) et e) portent sur ce même noyau utilisé dans un transformateur : son cycle d'hystérésis a une aire de 400 J/m³ par cycle, son volume est de 1,0×10−3 m³, et il fonctionne à 60 Hz.
Le schéma ci-dessous représente le solénoïde et son noyau, en coupe.
a) Calculez le champ dans le solénoïde vide, puis avec le noyau de fer. Quelle fraction du champ final le fer fournit-il lui-même ?
b) Le champ mesuré cesse de croître proportionnellement au courant au-delà d'environ 2 T. Expliquez ce plafond à partir des domaines magnétiques, et dites ce qui se passe si l'on continue d'augmenter le courant.
c) Classez ferromagnétisme, paramagnétisme et diamagnétisme selon le signe et l'ordre de grandeur de leur effet. Pourquoi seul le premier est-il visible à l'œil nu, et quel phénomène spectaculaire le diamagnétisme rend-il pourtant possible ?
d) Montrez que l'aire du cycle d'hystérésis représente une énergie par unité de volume et par cycle, puis calculez la puissance perdue par hystérésis dans ce noyau.
e) Un transformateur exige un cycle ÉTROIT, un aimant permanent un cycle LARGE. Expliquez ces deux exigences opposées. Que devient un aimant chauffé au-delà de 770 °C, et pourquoi ?
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Réponses
a)B0≈3,77 mT, B≈1,51 T : le fer fournit 99,75% du champ
b)Saturation : tous les domaines sont alignés, il ne reste que μ0nI
c)Ferro positif énorme, para positif minuscule, dia négatif et universel
d)P=(aire)×V×f=24 W
e)Cycle étroit pour un transformateur, large pour un aimant ; au-delà de 770 °C, les domaines se dissolvent
a)
Sans noyau : B0=μ0nI=(4π×10−7)(2000)(1,5)≈3,77×10−3 T. Avec le noyau : B=μrB0=(400)(3,77×10−3)≈1,51 T. La contribution propre du fer est B−B0≈1,50 T, soit 99,75 % du total : le courant du bobinage ne sert pratiquement qu'à ORIENTER le fer, et c'est le fer qui fabrique le champ. C'est pourquoi tout électroaimant sérieux possède un noyau.
b)
Le fer est spontanément découpé en domaines, de minuscules régions déjà aimantées à fond mais orientées au hasard, si bien qu'elles se compensent. Le champ extérieur fait grossir les domaines favorablement orientés au détriment des autres, puis fait basculer les derniers récalcitrants. Quand tous les domaines pointent dans le même sens, il n'y a plus rien à aligner : c'est la SATURATION, vers 2 T pour le fer. Au-delà, augmenter le courant n'ajoute plus que la contribution du vide, μ0nI, soit quelques millitesla par ampère : la courbe B(I) cesse d'être une droite raide et redevient une droite quasi plate. Autrement dit, μr n'est pas une constante du matériau, c'est une valeur locale de la courbe.
c)
Ferromagnétisme (fer, cobalt, nickel) : effet POSITIF et énorme, μr de quelques centaines à des dizaines de milliers, avec mémoire. Paramagnétisme (aluminium, oxygène liquide) : positif mais minuscule, μr−1 de l'ordre de 10−4, les moments atomiques existent mais l'agitation thermique les désoriente aussitôt. Diamagnétisme (cuivre, eau, bismuth, graphite) : NÉGATIF et plus faible encore, μr−1 de l'ordre de −10−5; c'est une réaction d'induction à l'échelle atomique, conforme à la loi de Lenz, qui s'oppose au champ appliqué et existe dans TOUTE matière, simplement masquée quand un autre effet la dépasse. Seul le ferromagnétisme est visible à l'œil nu parce qu'il est cent mille fois plus intense que les deux autres. Le diamagnétisme, lui, produit tout de même la lévitation : sous un champ intense, une plaquette de graphite pyrolytique flotte au-dessus d'aimants, et la fameuse grenouille lévitante de 1997 tenait dans un champ de 16 T uniquement grâce à l'eau qu'elle contenait.
d)
Parcourir un cycle complet d'aimantation coûte un travail au générateur, parce que le déplacement des parois de domaines se fait par à-coups contre les défauts du cristal, en dissipant de la chaleur. Le bilan énergétique du champ magnétique montre que le travail fourni par unité de volume au cours d'un cycle est exactement l'AIRE enfermée par la courbe B en fonction de H, dont les unités sont des T×A/m=J/m3 : une aire dans ce diagramme EST une densité d'énergie. Puissance perdue : P=(aire)×(volume)×f=(400)(1,0×10−3)(60)=24 W, entièrement convertis en chaleur. À ces pertes par hystérésis s'ajoutent celles par courants de Foucault, que l'on combat en feuilletant le noyau.
e)
Un transformateur parcourt 60 cycles par seconde : chaque joule d'aire lui coûte 60 W par mètre cube. Il lui faut donc un cycle le plus ÉTROIT possible, c'est-à-dire un matériau doux, facile à aimanter et à désaimanter, qui ne garde rien : fer doux, ferrites, tôles au silicium. Un aimant permanent veut l'inverse : une fois aimanté, il doit RÉSISTER à toute tentative de désaimantation, donc présenter un champ coercitif élevé et une rémanence élevée, ce qui donne un cycle LARGE : aciers durs, alnico, néodyme-fer-bore. Le même diagramme, lu par deux industries qui en veulent des choses opposées. Chauffé au-delà de 770 °C, le point de Curie du fer, l'agitation thermique devient plus forte que l'interaction d'échange qui alignait les moments voisins : les domaines se dissolvent, le matériau perd son aimantation et devient simplement paramagnétique. En refroidissant, il redeviendra ferromagnétique, mais avec des domaines réorientés au hasard : l'aimant est bel et bien effacé.
Exercice 10 : Le courant de déplacement et les quatre équations de Maxwell
Un condensateur plan dont les armatures circulaires ont un rayon R=5,0 cm est en train de se charger : le fil qui l'alimente porte un courant constant I=2,0 A. On prend ε0=8,85×10−12 F/m et μ0=4π×10−7 T·m/A. On néglige les effets de bord : le champ électrique est uniforme entre les armatures et nul ailleurs.
Le schéma ci-dessous représente le montage.
a) On trace un cercle de rayon r autour du fil d'alimentation et l'on applique le théorème d'Ampère. Montrez que le résultat DÉPEND de la surface que l'on choisit de tendre sur ce contour, et exposez la contradiction.
b) Calculez le champ électrique entre les armatures en fonction de la charge, puis sa vitesse de variation dtdE pendant la charge.
c) Maxwell pose Id=ε0dtdΦE. Démontrez que pour ce condensateur Id=I exactement, ce qui lève la contradiction du a).
d) Calculez le champ magnétique entre les armatures à r=3,0 cm de l'axe, puis à r=R. Comparez cette dernière valeur au champ régnant autour du fil à la même distance.
e) Énoncez les quatre équations de Maxwell sous forme intégrale et dites, pour chacune, quel exercice de cette série ou de la série d'électrostatique l'illustre. Calculez enfin μ0ε01 et commentez le résultat.
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Réponses
a)Disque plat : 2,0 A. Surface en sac : 0. Le théorème est incomplet
b)A≈7,85×10−3 m² et dtdE≈2,88×1013 V/(m·s)
c)Id=ε0dtdΦE=dtdQ=I=2,0 A
d)4,8 µT à 3,0 cm et 8,0 µT en r=R, la valeur même du champ autour du fil
e)μ0ε01≈3,00×108 m/s : la lumière est une onde électromagnétique
a)
Le théorème d'Ampère annonce ∮B⋅dl=μ0Iint, où Iint est le courant traversant UNE surface quelconque s'appuyant sur le contour. Tendons d'abord un disque plat : le fil le perce, Iint=2,0 A. Tendons maintenant une surface en forme de sac qui contourne l'armature et passe ENTRE les deux plaques : aucune charge ne traverse l'espace vide entre les armatures, Iint=0. Le même contour, le même instant, deux réponses : μ0I et zéro. Le théorème d'Ampère, tel quel, est donc incomplet dès que le courant n'est pas continu, c'est-à-dire dès qu'il y a un condensateur quelque part.
b)
Entre les armatures, E=ε0σ=ε0AQ avec A=πR2=π(0,050)2≈7,85×10−3 m². En dérivant, et puisque dtdQ=I : dtdE=ε0AI=(8,85×10−12)(7,85×10−3)2,0≈2,88×1013 V/(m·s). Le champ électrique croît de près de trente mille milliards de volts par mètre chaque seconde : c'est cette variation, et non un déplacement de charges, qui va sauver le théorème.
c)
Le flux électrique à travers la surface passant entre les armatures vaut ΦE=EA=ε0Q (l'aire se simplifie). Donc Id=ε0dtdΦE=ε0ε01dtdQ=dtdQ=I=2,0 A, exactement le courant du fil. La surface en forme de sac, qui ne voyait passer aucune charge, voit maintenant passer un courant de déplacement de 2,0 A : les deux choix de surface donnent enfin le même résultat. Le théorème corrigé s'écrit ∮B⋅dl=μ0(I+Id). Ce n'est pas un artifice de comptabilité : un champ électrique variable crée un champ magnétique, au même titre qu'un courant.
d)
À r=3,0 cm, le contour n'enlace que la fraction centrale du flux, donc du courant de déplacement : Id,int=IR2r2. Ampère-Maxwell : B(2πr)=μ0IR2r2, d'où B=2πR2μ0Ir=(0,050)2(2×10−7)(2,0)(0,030)=4,8×10−6 T. À r=R : B=2πRμ0I=0,050(2×10−7)(2,0)=8,0×10−6 T, précisément la valeur du champ autour du FIL à 5,0 cm de son axe. Le champ se raccorde donc sans discontinuité en passant du fil au condensateur : vu de l'extérieur, le condensateur en charge est magnétiquement indiscernable d'un simple conducteur. Notez au passage la structure identique à celle du câble coaxial : croissance linéaire jusqu'au bord, décroissance en r1 au-delà.
e)
Les quatre équations : (1) Gauss pour l'électricité, ∮E⋅dA=ε0Qint, illustrée par la sphère chargée et la cage de Faraday de la série d'électrostatique; (2) Gauss pour le magnétisme, ∮B⋅dA=0, qui affirme qu'il n'existe pas de charge magnétique isolée : les lignes de champ du tore, du solénoïde ou du câble coaxial se referment toujours sur elles-mêmes, jamais elles ne partent d'un point pour n'y plus revenir; (3) Faraday, ∮E⋅dl=−dtdΦB, illustrée par la tige sur rails et l'alternateur; (4) Ampère-Maxwell, ∮B⋅dl=μ0(I+ε0dtdΦE), illustrée par le solénoïde, le câble coaxial et le présent exercice. Enfin : μ0ε01=(4π×10−7)(8,85×10−12)1≈3,00×108 m/s. Deux constantes mesurées l'une avec des charges immobiles, l'autre avec des fils parcourus par des courants continus, se combinent pour donner très exactement la vitesse de la lumière. C'est le raisonnement même de Maxwell en 1865 : les équations admettent des solutions ondulatoires se propageant à cette vitesse, donc la lumière EST une onde électromagnétique. Tout le cours 203-SN2-RE, chapitre après chapitre, aboutit à cette ligne.
Le contour C entoure le fil. La surface plane S1 est traversée par le courant I ; la surface en sac S2 passe entre les armatures, où aucune charge ne circule mais où E croît : c'est là qu'agit le courant de déplacement.
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