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Électricité et magnétisme 203-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep

Exercices corrigés : sources du champ magnétique et loi de Biot-Savart (203-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés d'électricité du cours 203-NYB sur les sources du champ magnétique. La partie A est consacrée à la loi de Biot-Savart : la grande démonstration du champ d'une spire en un point de son axe, exprimé en fonction de II, de l'angle α\alpha sous lequel le rayon est vu et de RR seulement, puis les applications au centre d'une spire et d'une bobine, jusqu'à l'électron de l'atome d'hydrogène qui crée un champ de 12,5 T au niveau du proton. Elle se termine par les bobines de Helmholtz, le montage de laboratoire qui fabrique un champ quasi uniforme. La partie B passe au théorème d'Ampère : le fil rectiligne et la recherche du point de champ nul entre deux fils, le solénoïde démontré avec le contour rectangulaire, et le câble coaxial, le grand classique de niveau examen avec ses quatre régions.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de sciences physiques (spécialité physique-chimie). C'est le chapitre où la géométrie prend le dessus : chaque formule sort d'un dessin, d'un triangle rectangle ou d'un contour bien choisi. La figure de la spire vue par la tranche, avec son angle α=PMO^\alpha=\widehat{PMO}, est exactement celle que l'on retrouve dans les examens.

Le réflexe à garder tout du long : avant de calculer, choisir. La loi de Biot-Savart s'attaque à n'importe quel circuit, mais au prix d'une intégrale; le théorème d'Ampère est expéditif, mais seulement quand la symétrie est au rendez-vous (fil infini, solénoïde, câble coaxial). Savoir lequel des deux outils sortir, c'est déjà la moitié de la note.

Rappel de cours

  • Loi de Biot-Savart : un élément de circuit dld\vec{l} parcouru par II crée à la distance rr le champ dB=μ04πIdlsinθr2dB=\frac{\mu_{0}}{4\pi}\frac{I\,dl\sin\theta}{r^{2}}, où θ\theta est l'angle entre dld\vec{l} et la droite joignant l'élément au point. Direction : perpendiculaire à dld\vec{l} et à cette droite, sens donné par la règle de la main droite.
  • Champ au centre d'une spire de rayon RR : B=μ0I2RB=\frac{\mu_{0}I}{2R}. Bobine plate de NN spires : on multiplie par NN. Sur l'axe, à la distance xx du centre : B=μ0IR22(R2+x2)3/2=μ0I2Rsin3αB=\frac{\mu_{0}IR^{2}}{2(R^{2}+x^{2})^{3/2}}=\frac{\mu_{0}I}{2R}\sin^{3}\alpha, où α\alpha est l'angle sous lequel le rayon de la spire est vu depuis le point.
  • Théorème d'Ampère : Bdl=μ0Iint\oint\vec{B}\cdot d\vec{l}=\mu_{0}I_{\text{int}}, où IintI_{\text{int}} est le courant total enlacé par le contour fermé. Tout l'art est de choisir un contour qui épouse la symétrie pour que BB sorte de l'intégrale.
  • Fil rectiligne infini : B=μ0I2πdB=\frac{\mu_{0}I}{2\pi d}, lignes de champ circulaires autour du fil (pouce = courant, doigts = sens de BB). Solénoïde long : B=μ0nIB=\mu_{0}nI à l'intérieur, avec n=N/Ln=N/L en spires par mètre, et champ quasi nul à l'extérieur.
  • Superposition : les champs de plusieurs sources s'additionnent VECTORIELLEMENT. Un point de champ nul exige deux champs de même grandeur et de sens opposés : localisez les sens avec la main droite avant tout calcul.
  • Constantes : μ0=4π×107\mu_{0}=4\pi\times 10^{-7} T·m/A, champ terrestre 5×105\approx 5\times 10^{-5} T, e=1,6×1019e=1{,}6\times 10^{-19} C.

Partie A : La loi de Biot-Savart (/26)

Exercice 1 : La spire vue sous l'angle α : la démonstration

Une spire circulaire de rayon RR, centrée en OO, est parcourue par un courant d'intensité II. On veut exprimer le champ magnétique créé en un point MM de l'axe de la spire en fonction de II, α\alpha et RR seulement. On note PP un point quelconque de la spire, r=PMr=PM la distance du bord de la spire au point MM, et α=PMO^\alpha=\widehat{PMO} l'angle entre PMPM et l'axe. La figure montre la spire vue par la tranche : le courant sort de la feuille en PP (⊙) et y entre en PP', le point diamétralement opposé (⊗).

PP'OMRrαI ⊙
  • a) En considérant le couple de points diamétralement opposés PP et PP', justifiez que le champ résultant en MM est nécessairement porté par l'axe de la spire.
  • b) Montrez que l'élément de courant dld\vec{l} situé en PP est perpendiculaire à PMPM, et écrivez la grandeur du champ élémentaire dBdB qu'il crée en MM.
  • c) En sommant les composantes axiales de tous les éléments de la spire, montrez que B=μ0IRsinα2r2B=\frac{\mu_{0}IR\sin\alpha}{2r^{2}}, puis exprimez BB en fonction de II, α\alpha et RR seulement.
  • d) Vérifiez votre formule au centre de la spire (MM en OO), réécrivez-la en fonction de la distance x=OMx=OM, et montrez qu'à grande distance le champ décroît en 1/x31/x^{3}. Pourquoi cette décroissance est-elle plus rapide que celle du fil infini ?
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a) L'élément en PP crée en MM un champ dBd\vec{B} perpendiculaire à PMPM, contenu dans le plan (OPM)(OPM) : il possède une composante le long de l'axe et une composante perpendiculaire à l'axe. L'élément symétrique en PP' (même distance rr, courant opposé) crée un champ de même grandeur dont la composante perpendiculaire est exactement OPPOSÉE, tandis que les composantes axiales s'ajoutent. En parcourant toute la spire, chaque élément trouve ainsi son partenaire : les composantes perpendiculaires s'annulent deux à deux et il ne survit que la composante axiale. Avec le courant de la figure (⊙ en haut, ⊗ en bas), la main droite donne un champ dirigé de OO vers MM.

b) dld\vec{l} est tangent à la spire en PP : il est perpendiculaire au rayon OPOP (une tangente est perpendiculaire au rayon) et perpendiculaire à l'axe OMOM (il est dans le plan de la spire, auquel l'axe est perpendiculaire). Perpendiculaire à deux droites sécantes du plan (OPM)(OPM), il est perpendiculaire à ce plan tout entier, donc en particulier à PMPM. Dans la loi de Biot-Savart, sinθ=sin90=1\sin\theta=\sin 90^{\circ}=1 : dB=μ04πIdlr2dB=\frac{\mu_{0}}{4\pi}\frac{I\,dl}{r^{2}}. Et comme tous les points de la spire sont à la MÊME distance rr de MM, cette grandeur est la même pour tous les éléments : c'est ce qui rend la sommation immédiate.

c) dBd\vec{B} est perpendiculaire à PMPM dans le plan (OPM)(OPM); comme PMPM fait l'angle α\alpha avec l'axe, dBd\vec{B} fait l'angle 90α90^{\circ}-\alpha avec l'axe et sa composante axiale vaut dBsinαdB\sin\alpha. La somme sur la spire donne B=μ0Isinα4πr2×dl=μ0Isinα4πr2×2πR=μ0IRsinα2r2B=\frac{\mu_{0}I\sin\alpha}{4\pi r^{2}}\times\sum dl=\frac{\mu_{0}I\sin\alpha}{4\pi r^{2}}\times 2\pi R=\frac{\mu_{0}IR\sin\alpha}{2r^{2}}. Le triangle OPMOPM, rectangle en OO, fournit la géométrie manquante : sinα=Rr\sin\alpha=\frac{R}{r}, donc r=Rsinαr=\frac{R}{\sin\alpha}. En substituant : B=μ0IRsinαsin2α2R2=μ0Isin3α2RB=\frac{\mu_{0}IR\sin\alpha\sin^{2}\alpha}{2R^{2}}=\frac{\mu_{0}I\sin^{3}\alpha}{2R}. Trois grandeurs seulement, comme demandé : II, α\alpha et RR.

d) Au centre, MM est en OO : α=90\alpha=90^{\circ}, sin3α=1\sin^{3}\alpha=1, et l'on retrouve la formule connue B=μ0I2RB=\frac{\mu_{0}I}{2R}. En fonction de x=OMx=OM : r2=R2+x2r^{2}=R^{2}+x^{2} (Pythagore) et sinα=RR2+x2\sin\alpha=\frac{R}{\sqrt{R^{2}+x^{2}}}, d'où B=μ0IR22(R2+x2)3/2B=\frac{\mu_{0}IR^{2}}{2(R^{2}+x^{2})^{3/2}}. Pour xRx\gg R, (R2+x2)3/2x3(R^{2}+x^{2})^{3/2}\approx x^{3} : Bμ0IR22x3B\approx\frac{\mu_{0}IR^{2}}{2x^{3}}, une décroissance en 1/x31/x^{3}, bien plus rapide que le 1/d1/d du fil infini. La raison : vue de loin, la spire est un DIPÔLE magnétique, un petit aimant dont les deux faces (nord et sud) se compensent presque; le fil infini, lui, ne se referme jamais et son influence porte beaucoup plus loin.

Exercice 2 : Du laboratoire à l'atome : champs au centre

Les questions a) et b) portent sur une spire de rayon 8,0 cm parcourue par un courant de 12 A. Les questions c) et d) descendent dans l'atome d'hydrogène (modèle classique) : l'électron y décrit un cercle de rayon 5,3×10115{,}3\times 10^{-11} m autour du proton, à la vitesse de 2,2×1062{,}2\times 10^{6} m/s.

  • a) Calculez le champ magnétique au centre de la spire et comparez-le au champ terrestre (environ 5×1055\times 10^{-5} T).
  • b) On remplace la spire par une bobine plate de 100 spires de même rayon, parcourue par le même courant. Quel est le champ au centre ? Justifiez la multiplication.
  • c) Montrez que l'électron en orbite équivaut à un courant I=ev2πrI=\frac{ev}{2\pi r}, calculez ce courant, puis le champ magnétique qu'il crée au niveau du proton.
  • d) Quel courant faudrait-il faire circuler dans la spire de 8,0 cm pour reproduire ce champ ? Expliquez pourquoi l'atome, avec son courant d'un milliampère, bat si facilement le laboratoire.
Voir la correction

a) B=μ0I2R=(4π×107)(12)2(0,080)9,4×105B=\frac{\mu_{0}I}{2R}=\frac{(4\pi\times 10^{-7})(12)}{2(0{,}080)}\approx 9{,}4\times 10^{-5} T : à peine le double du champ terrestre. Une spire seule est une source bien modeste, c'est pourquoi on bobine.

b) Les 100 spires occupent pratiquement la même position et transportent le même courant : chacune crée le même champ au centre, et les champs, tous de même sens, s'additionnent. B=Nμ0I2R=100×9,4×1059,4×103B=N\frac{\mu_{0}I}{2R}=100\times 9{,}4\times 10^{-5}\approx 9{,}4\times 10^{-3} T. Bobiner, c'est multiplier la source sans augmenter le courant.

c) L'électron repasse au même endroit à chaque tour, soit v2πr\frac{v}{2\pi r} fois par seconde : la charge qui traverse une section par seconde est I=ev2πr=(1,6×1019)(2,2×106)2π(5,3×1011)1,1×103I=\frac{ev}{2\pi r}=\frac{(1{,}6\times 10^{-19})(2{,}2\times 10^{6})}{2\pi(5{,}3\times 10^{-11})}\approx 1{,}1\times 10^{-3} A, un petit milliampère. Champ au centre de cette « spire » atomique : B=μ0I2r=(4π×107)(1,06×103)2(5,3×1011)12,5B=\frac{\mu_{0}I}{2r}=\frac{(4\pi\times 10^{-7})(1{,}06\times 10^{-3})}{2(5{,}3\times 10^{-11})}\approx 12{,}5 T : plus fort que la plupart des aimants d'IRM.

d) I=2RBμ0=2(0,080)(12,5)4π×1071,6×106I=\frac{2RB}{\mu_{0}}=\frac{2(0{,}080)(12{,}5)}{4\pi\times 10^{-7}}\approx 1{,}6\times 10^{6} A : 1,6 million d'ampères dans notre spire de 8 cm ! La clé est dans B=μ0I2RB=\frac{\mu_{0}I}{2R} : le champ est inversement proportionnel au RAYON. Le rayon atomique est un milliard de fois plus petit que la spire du laboratoire, et cette proximité compense très largement la faiblesse du courant. En magnétisme, être près de la source vaut mieux qu'être puissant.

Exercice 3 : Les bobines de Helmholtz : fabriquer un champ uniforme

Deux bobines plates identiques de N=100N=100 spires et de rayon R=10R=10 cm sont montées sur le même axe, leurs plans distants de d=R=10d=R=10 cm : c'est le montage de Helmholtz. Elles sont parcourues par le même courant I=2,0I=2{,}0 A dans le même sens. On utilisera le résultat de l'exercice 1 : sur l'axe, une bobine crée B=μ0NIR22(R2+x2)3/2B=\frac{\mu_{0}NIR^{2}}{2(R^{2}+x^{2})^{3/2}} à la distance xx de son centre. Le point MM est au milieu des deux bobines.

⊙ I⊙ Id = RMbobine 1bobine 2R
  • a) Calculez le champ au centre d'une des bobines si elle était seule.
  • b) Montrez que le champ total au point MM vaut BM=(45)3/2μ0NIRB_{M}=\left(\frac{4}{5}\right)^{3/2}\frac{\mu_{0}NI}{R} et calculez-le.
  • c) Calculez le champ total au point QQ de l'axe situé à 2,5 cm du plan de la bobine 1 (donc à 7,5 cm de la bobine 2), et l'écart relatif avec BMB_{M}. Conclusion ?
  • d) À quoi sert ce montage en laboratoire ? Que devient le champ en MM si l'on inverse le courant d'une seule des deux bobines ?
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a) Au centre d'une bobine isolée : B=μ0NI2R=(4π×107)(100)(2,0)2(0,10)1,26×103B=\frac{\mu_{0}NI}{2R}=\frac{(4\pi\times 10^{-7})(100)(2{,}0)}{2(0{,}10)}\approx 1{,}26\times 10^{-3} T.

b) MM est à x=R2x=\frac{R}{2} de chaque bobine. Pour une bobine : B=μ0NIR22(R2+R24)3/2=μ0NIR22(5R24)3/2=μ0NIR22R3(54)3/2=(45)3/2μ0NI2RB=\frac{\mu_{0}NIR^{2}}{2(R^{2}+\frac{R^{2}}{4})^{3/2}}=\frac{\mu_{0}NIR^{2}}{2(\frac{5R^{2}}{4})^{3/2}}=\frac{\mu_{0}NIR^{2}}{2R^{3}(\frac{5}{4})^{3/2}}=\left(\frac{4}{5}\right)^{3/2}\frac{\mu_{0}NI}{2R}. Les deux bobines, parcourues dans le même sens, créent en MM des champs de même sens : on double. BM=(45)3/2μ0NIR=0,716×(4π×107)(100)(2,0)0,101,80×103B_{M}=\left(\frac{4}{5}\right)^{3/2}\frac{\mu_{0}NI}{R}=0{,}716\times\frac{(4\pi\times 10^{-7})(100)(2{,}0)}{0{,}10}\approx 1{,}80\times 10^{-3} T. Numériquement, chaque bobine contribue 8,99×1048{,}99\times 10^{-4} T.

c) Bobine 1 (x=0,025x=0{,}025 m) : B1=μ0NIR22(0,010625)3/21,15×103B_{1}=\frac{\mu_{0}NIR^{2}}{2(0{,}010625)^{3/2}}\approx 1{,}15\times 10^{-3} T. Bobine 2 (x=0,075x=0{,}075 m) : B2=μ0NIR22(0,015625)3/26,43×104B_{2}=\frac{\mu_{0}NIR^{2}}{2(0{,}015625)^{3/2}}\approx 6{,}43\times 10^{-4} T. Total : BQ1,79×103B_{Q}\approx 1{,}79\times 10^{-3} T. Écart relatif avec BMB_{M} : environ 0,4 %. En s'éloignant du milieu de la moitié de la distance disponible, le champ n'a bougé que de 0,4 % : ce qu'une bobine perd, l'autre le regagne presque exactement. La séparation d=Rd=R est précisément celle qui réalise cette compensation au mieux.

d) C'est LE montage du champ uniforme accessible : entre les bobines, on loge une expérience entière (faisceau d'électrons, sonde, échantillon) dans un champ connu et constant, et on peut aussi y annuler le champ terrestre. Si l'on inverse une bobine, les deux champs en MM deviennent opposés et de même grandeur : BM=0B_{M}=0. Le champ n'est plus uniforme mais en GRADIENT, nul au centre et croissant de part et d'autre : c'est le montage anti-Helmholtz, utilisé pour piéger des atomes froids.

Partie B : Le théorème d'Ampère (/24)

Exercice 4 : Le fil rectiligne et le point de champ nul

Le théorème d'Ampère affirme que sur tout contour fermé, Bdl=μ0Iint\oint\vec{B}\cdot d\vec{l}=\mu_{0}I_{\text{int}}, où IintI_{\text{int}} est le courant enlacé par le contour. Les questions c) et d) portent sur deux longs fils parallèles perpendiculaires à la feuille, distants de 20 cm : le fil 1 porte I1=6,0I_{1}=6{,}0 A et le fil 2 porte I2=3,0I_{2}=3{,}0 A.

fil 1 : 6,0 Afil 2 : 3,0 A20 cm
  • a) En choisissant comme contour un cercle de rayon dd centré sur un fil infini, démontrez que B=μ0I2πdB=\frac{\mu_{0}I}{2\pi d}. Quelles propriétés de symétrie rendent ce choix efficace ?
  • b) Un câble de démarrage porte 25 A. Calculez le champ à 2,0 cm du câble et comparez-le au champ terrestre.
  • c) Les deux courants sortent de la feuille (même sens). Montrez que le point de champ nul est forcément ENTRE les fils, puis localisez-le. De quel fil est-il le plus proche ?
  • d) On inverse le courant du fil 2. Montrez que le point de champ nul est maintenant à l'extérieur du segment, du côté du courant le plus faible, et localisez-le.
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a) Par symétrie, les lignes de champ d'un fil infini sont des cercles centrés sur le fil, et la grandeur de BB est la même en tout point d'un cercle donné (rien ne distingue un point d'un autre le long du cercle). Sur ce contour, B\vec{B} est partout parallèle à dld\vec{l} et de grandeur constante : Bdl=B×2πd\oint\vec{B}\cdot d\vec{l}=B\times 2\pi d. Le théorème d'Ampère donne B(2πd)=μ0IB(2\pi d)=\mu_{0}I, d'où B=μ0I2πdB=\frac{\mu_{0}I}{2\pi d}. Sans cette symétrie, BB ne sortirait pas de l'intégrale et le théorème, toujours vrai, deviendrait inutilisable pour calculer.

b) B=μ0I2πd=(2×107)(25)0,020=2,5×104B=\frac{\mu_{0}I}{2\pi d}=\frac{(2\times 10^{-7})(25)}{0{,}020}=2{,}5\times 10^{-4} T, soit cinq fois le champ terrestre : une boussole posée près d'un câble de démarrage en perd le nord, littéralement.

c) Main droite : entre les fils, le champ du fil 1 et celui du fil 2 pointent dans des sens OPPOSÉS (perpendiculairement au segment, l'un vers le haut, l'autre vers le bas) : l'annulation y est possible. À l'extérieur du segment, les deux champs pointent dans le même sens et ne peuvent jamais se compenser. Position : μ0I12πx=μ0I22π(0,20x)\frac{\mu_{0}I_{1}}{2\pi x}=\frac{\mu_{0}I_{2}}{2\pi(0{,}20-x)} donne 6(0,20x)=3x6(0{,}20-x)=3x, donc x=69(0,20)13,3x=\frac{6}{9}(0{,}20)\approx 13{,}3 cm du fil 1, soit 6,7 cm du fil 2 : le point de champ nul se réfugie près du courant le plus FAIBLE, là où le fort, affaibli par la distance, peut être égalé.

d) Courants opposés : entre les fils, les deux champs pointent maintenant dans le MÊME sens et s'additionnent, aucune annulation possible. À l'extérieur, ils s'opposent; mais du côté du fil 1 (le fort), le champ de 6 A domine partout puisque ce fil est à la fois plus proche et plus intense. Du côté du fil 2 (le faible), en revanche : 6x=3x0,20\frac{6}{x}=\frac{3}{x-0{,}20} donne 6(x0,20)=3x6(x-0{,}20)=3x, donc x=0,40x=0{,}40 m du fil 1, soit 20 cm au-delà du fil 2. Vérification : 60,40=30,20=15\frac{6}{0{,}40}=\frac{3}{0{,}20}=15 A/m, les deux champs y valent chacun 3,0×1063{,}0\times 10^{-6} T, sens opposés.

Exercice 5 : Le solénoïde : un champ fabriqué spire par spire

Un solénoïde de longueur L=40L=40 cm compte 1200 spires jointives parcourues par un courant de 2,5 A. La figure le montre en coupe : le courant sort de la feuille dans les spires du haut (⊙) et y entre dans celles du bas (⊗). Le rectangle en pointillés est le contour d'Ampère : un côté de longueur \ell à l'intérieur, parallèle à l'axe, un côté à l'extérieur, deux côtés perpendiculaires à l'axe.

contour d'Ampère (largeur ℓ)B uniforme à l'intérieur1200 spires sur L = 40 cm
  • a) À l'aide du contour de la figure, démontrez que B=μ0nIB=\mu_{0}nI à l'intérieur, où nn est le nombre de spires par mètre. Précisez le sort de chacun des quatre côtés.
  • b) Calculez nn puis le champ à l'intérieur du solénoïde.
  • c) On étire le solénoïde à 80 cm, mêmes 1200 spires, même courant. Nouveau champ ? Le nombre total de spires suffit-il à caractériser un solénoïde ?
  • d) Montrez par un argument de superposition, sans aucun calcul d'intégrale, que le champ au centre d'une des extrémités d'un long solénoïde vaut la moitié du champ intérieur.
Voir la correction

a) Côté intérieur (longueur \ell, parallèle à l'axe) : B\vec{B} uniforme et parallèle, contribution BB\ell. Côté extérieur : champ pratiquement nul autour d'un long solénoïde (les spires lointaines compensent les proches), contribution nulle. Deux côtés perpendiculaires : Bdl\vec{B}\perp d\vec{l} à l'intérieur et B0B\approx 0 à l'extérieur, contributions nulles. Total : Bdl=B\oint\vec{B}\cdot d\vec{l}=B\ell. Courant enlacé : le rectangle embrasse nn\ell spires portant chacune II, soit Iint=nII_{\text{int}}=n\ell I. Ampère : B=μ0nIB\ell=\mu_{0}n\ell I, donc B=μ0nIB=\mu_{0}nI. Remarquez tout ce qui a disparu : \ell (le champ est uniforme), la position du côté intérieur, et même le RAYON du solénoïde.

b) n=12000,40=3000n=\frac{1200}{0{,}40}=3000 spires/m. B=μ0nI=(4π×107)(3000)(2,5)9,4×103B=\mu_{0}nI=(4\pi\times 10^{-7})(3000)(2{,}5)\approx 9{,}4\times 10^{-3} T, mille fois plus qu'une spire isolée transportant un courant comparable : le solénoïde est la façon économique de fabriquer un champ intense et uniforme.

c) La densité tombe à n=12000,80=1500n=\frac{1200}{0{,}80}=1500 spires/m et le champ est divisé par deux : B4,7×103B\approx 4{,}7\times 10^{-3} T. Non : 1200 spires sur 40 cm et 1200 spires sur 80 cm sont deux solénoïdes différents. Seule compte la DENSITÉ de spires nn : le champ se fabrique spire par spire, localement.

d) Prenez un solénoïde infini de champ intérieur B=μ0nIB=\mu_{0}nI et coupez-le, par la pensée, en deux moitiés semi-infinies. Au point de coupure, chaque moitié crée le même champ (elles sont images l'une de l'autre) et leur somme reconstruit BB : chacune contribue donc exactement B2=μ0nI24,7×103\frac{B}{2}=\frac{\mu_{0}nI}{2}\approx 4{,}7\times 10^{-3} T. Or l'extrémité d'un long solénoïde, c'est précisément une moitié semi-infinie vue de son bout : le champ y vaut la moitié du champ intérieur. Les lignes de champ s'évasent aux extrémités et la moitié du flux s'échappe par le bout.

Exercice 6 : Le câble coaxial : Ampère au niveau examen

Un câble coaxial est formé d'une âme cylindrique pleine de rayon a=1,0a=1{,}0 mm, parcourue par un courant de 10 A UNIFORMÉMENT réparti dans sa section, et d'une gaine conductrice mince de rayon b=4,0b=4{,}0 mm qui ramène le même courant en sens inverse. La figure montre la grandeur du champ magnétique en fonction de la distance rr à l'axe : vos calculs doivent la reproduire.

1234560.511.52r = ar = br (mm)B (mT)
  • a) Pour r<ar<a, montrez que le courant enlacé vaut Iint=Ir2a2I_{\text{int}}=I\frac{r^{2}}{a^{2}}, déduisez-en B=μ0Ir2πa2B=\frac{\mu_{0}Ir}{2\pi a^{2}}, et calculez le champ à r=0,50r=0{,}50 mm.
  • b) Pour a<r<ba<r<b, donnez B(r)B(r) et calculez le champ à r=ar=a puis à r=2,0r=2{,}0 mm. Que remarquez-vous en comparant les points r=0,50r=0{,}50 mm et r=2,0r=2{,}0 mm ?
  • c) Montrez que le champ est rigoureusement nul pour r>br>b. En quoi cela fait-il du câble coaxial le câble anti-parasites par excellence ?
  • d) Justifiez chaque portion de la courbe de la figure : la croissance linéaire, la position du maximum, la décroissance en 1/r1/r et la chute à zéro. Vérifiez la continuité en r=ar=a.
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a) Le courant est uniformément réparti : la densité vaut J=Iπa2J=\frac{I}{\pi a^{2}}, et un cercle d'Ampère de rayon r<ar<a n'enlace que Iint=Jπr2=Ir2a2I_{\text{int}}=J\pi r^{2}=I\frac{r^{2}}{a^{2}} : la fraction de courant croît comme la fraction d'AIRE. Par la même symétrie circulaire que pour le fil : B(2πr)=μ0Ir2a2B(2\pi r)=\mu_{0}I\frac{r^{2}}{a^{2}}, d'où B=μ0Ir2πa2B=\frac{\mu_{0}Ir}{2\pi a^{2}}, linéaire en rr. À r=0,50r=0{,}50 mm : B=(2×107)(10)(0,50×103)(1,0×103)2=1,0×103B=\frac{(2\times 10^{-7})(10)(0{,}50\times 10^{-3})}{(1{,}0\times 10^{-3})^{2}}=1{,}0\times 10^{-3} T.

b) Le cercle d'Ampère enlace maintenant toute l'âme : B=μ0I2πrB=\frac{\mu_{0}I}{2\pi r}, comme un fil mince. À r=ar=a : B=(2×107)(10)1,0×103=2,0×103B=\frac{(2\times 10^{-7})(10)}{1{,}0\times 10^{-3}}=2{,}0\times 10^{-3} T. À r=2,0r=2{,}0 mm : B=1,0×103B=1{,}0\times 10^{-3} T : exactement le même champ qu'à 0,500{,}50 mm ! Un point dans l'âme et un point dans l'isolant partagent la même valeur : sous son maximum, la courbe passe deux fois par chaque hauteur, une fois en montant (linéaire) et une fois en descendant (en 1/r1/r).

c) Pour r>br>b, le contour enlace l'âme (+10+10 A) ET la gaine (10-10 A) : Iint=0I_{\text{int}}=0, et la symétrie impose alors B=0B=0 partout à l'extérieur. Le câble coaxial confine son champ entre l'âme et la gaine : il ne rayonne rien vers l'extérieur, et réciproquement les sources extérieures perturbent très peu le signal qu'il transporte. C'est pourquoi antennes, oscilloscopes et réseaux câblés lui font confiance.

d) Croissance linéaire pour r<ar<a : le courant enlacé croît comme r2r^{2} tandis que le périmètre ne croît que comme rr, le quotient croît donc comme rr. Maximum en r=ar=a : tout le courant est enlacé pour la première fois, à la distance minimale; Bmax=2,0B_{\max}=2{,}0 mT. Décroissance en 1/r1/r ensuite : courant enlacé constant, périmètre croissant. Chute à zéro en r=br=b : le courant de retour annule brutalement IintI_{\text{int}}. Continuité en r=ar=a : la formule intérieure donne μ0Ia2πa2=μ0I2πa\frac{\mu_{0}Ia}{2\pi a^{2}}=\frac{\mu_{0}I}{2\pi a}, exactement la formule extérieure évaluée en aa : les deux régimes se raccordent sans saut, comme la figure le montre.

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