Ondes et physique moderne 203-SN3-RE • Exercices corrigés de cégep à Montréal

Exercices corrigés : chaleur, température et transferts thermiques (203-SN3-RE)

Voici quinze exercices corrigés sur la chaleur et les transferts thermiques, le premier volet de l'élément 4 du cours 203-SN3-RE, Ondes et physique moderne, dans le programme révisé de Sciences de la nature (200.B1). Ce bloc n'existait pas dans l'ancien 203-NYC : il prépare le traitement des enjeux climatiques, et il se retrouve dans la série sur l'effet de serre et le forçage radiatif.

La partie A pose les grandeurs et les trois modes : chaleur, énergie thermique et température, calorimétrie, chaleur latente, conduction avec la loi de Fourier, rayonnement avec les lois de Stefan-Boltzmann et de Wien. La partie B les combine dans des problèmes : résistances thermiques en série, loi de refroidissement de Newton résolue comme une équation différentielle, bouteille isotherme et bilan d'une maison. La partie C reprend les classiques du chapitre, de l'effusivité à la croissance de la glace.

Le fil de la série : la température est un ÉTAT, la chaleur est un TRANSFERT. On ne « contient » pas de chaleur, on la fait passer, toujours du chaud vers le froid, à un débit fixé par une résistance. Presque tous les pièges du chapitre viennent d'une confusion entre ces deux mots, ou d'une température laissée en degrés Celsius dans une loi qui exige des kelvins.

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Ce chapitre fait partie de Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (11 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Cinématique et le MRUASecondaire 5 SN5
  2. 2Dynamique et les lois de NewtonSecondaire 5 SN5
  3. 3Transformation de l'énergieSecondaire 5 SN5
  4. 4La dérivée et ses règlesCalcul différentiel (201-NYA)
  5. 5Primitives et intégrale indéfinieCalcul intégral (201-NYB)
  6. 6La décomposition des fractions rationnellesCalcul intégral (201-NYB)
  7. 7Techniques d'intégrationCalcul intégral (201-NYB)
  8. 8Équations différentiellesCalcul intégral (201-NYB)
  9. 9Cinématique en une et deux dimensionsMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  10. 10Dynamique : lois de Newton et frottementMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  11. 11Travail, énergie et puissanceMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)

Rappel de cours

  • Chaleur sensible : Q=mcΔTQ=mc\,\Delta T. Un écart de 11 °C vaut un écart de 11 K ; une température absolue vaut T(K)=θ(°C)+273,15T(\mathrm{K})=\theta(°\mathrm{C})+273{,}15.
  • Chaleur latente : Q=mLQ=mL, à température constante. Eau : Lf=3,33×105L_{f}=3{,}33\times 10^{5} J/kg, Lv=2,26×106L_{v}=2{,}26\times 10^{6} J/kg à 100100 °C.
  • Calorimétrie : dans une enceinte isolée, mici(TfTi)=0\sum m_{i}c_{i}(T_{f}-T_{i})=0, en écrivant chaque terme avec son signe.
  • Conduction (loi de Fourier) : Φ=kAdTdx\Phi=-kA\dfrac{dT}{dx} ; pour une paroi plane, Φ=ΔTR\Phi=\dfrac{\Delta T}{R} avec R=ekAR=\dfrac{e}{kA}. Résistances traversées l'une après l'autre : en série, elles s'additionnent.
  • Cylindre de rayons r1<r2r_{1}<r_{2} et de longueur LL : R=ln(r2/r1)2πkLR=\dfrac{\ln(r_{2}/r_{1})}{2\pi kL}.
  • Convection (loi de Newton) : Φ=hA(TsTfluide)\Phi=hA\,(T_{s}-T_{fluide}). Un corps de capacité mcmc refroidit selon T(t)=Ta+(T0Ta)ektT(t)=T_{a}+(T_{0}-T_{a})e^{-kt}, avec k=hAmck=\dfrac{hA}{mc}.
  • Rayonnement : P=εσAT4P=\varepsilon\sigma AT^{4} avec σ=5,67×108\sigma=5{,}67\times 10^{-8} W/(m²·K⁴) ; échange net avec un environnement à TeT_{e} : P=εσA(T4Te4)P=\varepsilon\sigma A\left(T^{4}-T_{e}^{4}\right).
  • Loi de Wien : λmaxT=2,898×103\lambda_{max}T=2{,}898\times 10^{-3} m·K. Un bon absorbeur est un bon émetteur : l'émissivité et l'absorptivité sont égales à une longueur d'onde donnée.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Température, énergie thermique et chaleur : la bouilloire

Une bouilloire électrique de 20002000 W contient 1,501{,}50 L d'eau à 20,020{,}0 °C, qu'on porte à 100,0100{,}0 °C. Données : ceau=4186c_{eau}=4186 J/(kg·K), masse volumique de l'eau 1,001{,}00 kg/L.

  • a) Calculez l'énergie thermique que l'eau doit recevoir pour passer de 20,020{,}0 °C à 100,0100{,}0 °C.
  • b) Quelle est la variation de température exprimée en kelvins ?
  • c) En supposant que toute l'énergie électrique chauffe l'eau, combien de temps faut-il ?
  • d) La bouilloire met en réalité 44 min 3030 s. Calculez son rendement.
  • e) Un élève affirme : « l'eau à 100100 °C contient plus de chaleur que l'eau à 2020 °C ». Qu'est-ce qui est correct ?

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Réponses

  • a) Q=5,02×105Q=5{,}02\times 10^{5} J
  • b) ΔT=80,0\Delta T=80{,}0 K
  • c) t=251t=251 s
  • d) η=93,0\eta=93{,}0 %
  • e) Énergie thermique plus grande ; la chaleur n'est qu'un transfert

a) Q=mcΔT=1,50×4186×80,0=5,02×105Q=mc\Delta T=1{,}50\times 4186\times 80{,}0=5{,}02\times 10^{5} J, soit 502502 kJ. La masse vient du volume : 1,501{,}50 L d'eau pèsent 1,501{,}50 kg.

b) ΔT=80,0\Delta T=80{,}0 K. Un écart de un degré Celsius vaut un écart de un kelvin : les deux échelles ne diffèrent que par leur zéro. On ne convertit en kelvins (en ajoutant 273,15273{,}15) que les températures elles-mêmes, jamais les écarts, et c'est une température absolue qu'exigeront les lois du rayonnement.

c) t=QP=5,02×1052000=251t=\dfrac{Q}{P}=\dfrac{5{,}02\times 10^{5}}{2000}=251 s, soit 44 min 1111 s.

d) L'énergie électrique consommée est 2000×270=5,40×1052000\times 270=5{,}40\times 10^{5} J. Rendement : η=5,02×1055,40×105=0,930\eta=\dfrac{5{,}02\times 10^{5}}{5{,}40\times 10^{5}}=0{,}930, soit 93,093{,}0 %. Les 77 % restants chauffent la cuve, l'élément et l'air de la cuisine.

e) L'affirmation confond deux grandeurs. La TEMPÉRATURE est une grandeur d'état, liée à l'agitation moyenne des particules. L'ÉNERGIE THERMIQUE (énergie interne) est ce que l'eau possède, et elle est plus grande à 100100 °C. La CHALEUR, elle, n'est jamais contenue : c'est une énergie EN TRANSIT, échangée à cause d'une différence de température. On dira donc : l'eau à 100100 °C a une énergie thermique plus grande, et elle a reçu 502502 kJ de chaleur pour y arriver.

Exercice 2 : Calorimétrie : l'équilibre thermique et la capacité du calorimètre

On plonge un bloc d'aluminium de 250250 g, sorti d'un bain à 95,095{,}0 °C, dans 400400 g d'eau à 18,018{,}0 °C contenue dans un calorimètre. Données : cAl=900c_{Al}=900 J/(kg·K), ceau=4186c_{eau}=4186 J/(kg·K).

  • a) En négligeant le calorimètre, écrivez le bilan d'énergie et calculez la température d'équilibre.
  • b) Calculez la chaleur cédée par l'aluminium.
  • c) La température mesurée à l'équilibre vaut en fait 26,926{,}9 °C. Le calorimètre a-t-il absorbé ou cédé de l'énergie ?
  • d) Calculez la capacité thermique KK du calorimètre (en J/K), en supposant qu'il était à 18,018{,}0 °C au départ.
  • e) Pourquoi l'eau ne se réchauffe-t-elle que de quelques degrés alors que l'aluminium en perd près de soixante-dix ?

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Réponses

  • a) Te=27,1T_{e}=27{,}1 °C
  • b) 15,315{,}3 kJ cédés
  • c) Absorbé
  • d) K47K\approx 47 J/K
  • e) mece7mAlcAlm_{e}c_{e}\approx 7\,m_{Al}c_{Al}

a) Dans une enceinte isolée, la somme des chaleurs échangées est nulle : mAlcAl(Te95,0)+mece(Te18,0)=0m_{Al}c_{Al}(T_{e}-95{,}0)+m_{e}c_{e}(T_{e}-18{,}0)=0. D'où Te=mAlcAl95,0+mece18,0mAlcAl+mece=225×95,0+1674,4×18,0225+1674,4=27,1T_{e}=\dfrac{m_{Al}c_{Al}\cdot 95{,}0+m_{e}c_{e}\cdot 18{,}0}{m_{Al}c_{Al}+m_{e}c_{e}}=\dfrac{225\times 95{,}0+1674{,}4\times 18{,}0}{225+1674{,}4}=27{,}1 °C. Écrire chaque terme sous la forme mc(TfTi)mc(T_{f}-T_{i}), avec son signe, évite de se tromper sur qui cède et qui reçoit.

b) QAl=225×(27,195,0)=1,53×104Q_{Al}=225\times(27{,}1-95{,}0)=-1{,}53\times 10^{4} J : l'aluminium cède 15,315{,}3 kJ, que l'eau reçoit.

c) La température réelle (26,926{,}9 °C) est plus basse que la prédiction (27,127{,}1 °C) : une partie de l'énergie cédée par l'aluminium n'a pas servi à chauffer l'eau. Le calorimètre, parti de 18,018{,}0 °C, l'a ABSORBÉE en se réchauffant avec l'eau.

d) Bilan avec le calorimètre : mAlcAl(95,026,9)=(mece+K)(26,918,0)m_{Al}c_{Al}(95{,}0-26{,}9)=(m_{e}c_{e}+K)(26{,}9-18{,}0). Donc K=225×68,18,91674,4=1721,61674,4=47K=\dfrac{225\times 68{,}1}{8{,}9}-1674{,}4=1721{,}6-1674{,}4=47 J/K. Le calorimètre se comporte comme 1111 g d'eau supplémentaires : c'est sa « valeur en eau ». Remarquez la sensibilité : un écart de 0,20{,}2 °C sur la lecture suffit à le faire apparaître.

e) Parce que les capacités thermiques ne sont pas comparables : l'eau a mece=1674m_{e}c_{e}=1674 J/K, l'aluminium seulement 225225 J/K, plus de sept fois moins. La même énergie échangée produit donc une variation de température sept fois plus petite dans l'eau. C'est la capacité thermique massique élevée de l'eau qui en fait un si bon régulateur thermique.

Exercice 3 : Changements d'état : la sueur du coureur

Un coureur produit en effort une puissance thermique de 700700 W qu'il doit évacuer, et on suppose ici que l'évaporation de la sueur s'en charge entièrement. Données : chaleur latente de vaporisation de l'eau à 3333 °C Lv=2,42×106L_{v}=2{,}42\times 10^{6} J/kg ; à 100100 °C, Lv=2,26×106L_{v}=2{,}26\times 10^{6} J/kg ; ceau=4186c_{eau}=4186 J/(kg·K) ; cglace=2090c_{glace}=2090 J/(kg·K) ; Lf=3,33×105L_{f}=3{,}33\times 10^{5} J/kg.

  • a) Quelle masse de sueur doit s'évaporer en une heure ?
  • b) Pourquoi une sueur qui ruisselle et tombe au sol ne refroidit-elle presque pas le coureur ?
  • c) Comparez l'énergie nécessaire pour vaporiser 1,001{,}00 kg d'eau à 100100 °C à celle nécessaire pour la chauffer de 2020 à 100100 °C : calculez le rapport.
  • d) Calculez l'énergie nécessaire pour transformer 1,001{,}00 kg de glace à 10,0-10{,}0 °C en eau liquide à 00 °C.
  • e) Pendant la fusion, on chauffe la glace et pourtant sa température reste à 00 °C. Où passe l'énergie ?

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Réponses

  • a) m=1,04m=1{,}04 kg par heure
  • b) Seul le changement d'état refroidit
  • c) Rapport 6,756{,}75
  • d) Q=3,54×105Q=3{,}54\times 10^{5} J
  • e) Rupture des liaisons, température constante

a) En une heure, Q=700×3600=2,52×106Q=700\times 3600=2{,}52\times 10^{6} J. Masse évaporée : m=QLv=2,52×1062,42×106=1,04m=\dfrac{Q}{L_{v}}=\dfrac{2{,}52\times 10^{6}}{2{,}42\times 10^{6}}=1{,}04 kg. Un litre de sueur à l'heure est un ordre de grandeur réel en course par temps chaud, d'où l'importance de boire.

b) C'est le CHANGEMENT D'ÉTAT qui prélève l'énergie, pas la présence d'eau sur la peau. Une goutte qui tombe emporte l'eau sans l'avoir vaporisée, donc sans avoir pris les 2,422{,}42 MJ/kg à la peau. Par temps très humide, l'air saturé bloque l'évaporation et le même phénomène coupe le refroidissement.

c) Vaporiser : Qv=1,00×2,26×106=2,26×106Q_{v}=1{,}00\times 2{,}26\times 10^{6}=2{,}26\times 10^{6} J. Chauffer : Qc=1,00×4186×80=3,35×105Q_{c}=1{,}00\times 4186\times 80=3{,}35\times 10^{5} J. Rapport 2,26×1063,35×105=6,75\dfrac{2{,}26\times 10^{6}}{3{,}35\times 10^{5}}=6{,}75. Faire bouillir une casserole à sec demande près de sept fois plus d'énergie que de l'amener à ébullition.

d) Deux étapes, qu'on ne fusionne jamais. Réchauffer la glace de 10,0-10{,}0 à 00 °C : 1,00×2090×10,0=2,09×1041{,}00\times 2090\times 10{,}0=2{,}09\times 10^{4} J, avec la capacité thermique de la GLACE. Fondre : 1,00×3,33×1051{,}00\times 3{,}33\times 10^{5} J. Total : 3,54×1053{,}54\times 10^{5} J.

e) L'énergie reçue pendant la fusion sert à rompre les liaisons qui tiennent les molécules dans le réseau cristallin : elle augmente l'énergie potentielle d'interaction, pas l'agitation moyenne. La température, qui mesure cette agitation, reste donc constante sur tout le palier, tant qu'il reste de la glace.

Exercice 4 : Conduction : la loi de Fourier et le double vitrage

La conduction à travers une paroi plane obéit à la loi de Fourier : Φ=kAΔTe\Phi=\dfrac{kA\,\Delta T}{e}, qu'on écrit Φ=ΔTR\Phi=\dfrac{\Delta T}{R} avec la résistance thermique R=ekAR=\dfrac{e}{kA}. Une fenêtre de 1,201{,}20 m² sépare une pièce à 2020 °C de l'extérieur à 10-10 °C. Verre : k=0,80k=0{,}80 W/(m·K), épaisseur 4,04{,}0 mm. Air immobile : k=0,026k=0{,}026 W/(m·K).

simple vitragedouble vitrageair 12 mm4 mmΦ20 °C−10 °C
  • a) Calculez la résistance thermique d'une vitre seule.
  • b) Calculez le flux thermique à travers le simple vitrage, en ne tenant compte que de la conduction dans le verre.
  • c) Un double vitrage est formé de deux vitres identiques séparées de 1212 mm d'air immobile. Calculez sa résistance thermique totale.
  • d) Calculez le flux à travers le double vitrage.
  • e) En réalité, une couche d'air collée à chaque face ajoute Rfilms=0,138R_{films}=0{,}138 K/W. Recalculez le flux à travers le simple vitrage.

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a)
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Réponses

  • a) R=4,17×103R=4{,}17\times 10^{-3} K/W
  • b) Φ7,2\Phi\approx 7{,}2 kW (absurde)
  • c) Rt=0,393R_{t}=0{,}393 K/W
  • d) Φ=76\Phi=76 W
  • e) Φ212\Phi\approx 212 W

a) R=ekA=4,0×1030,80×1,20=4,17×103R=\dfrac{e}{kA}=\dfrac{4{,}0\times 10^{-3}}{0{,}80\times 1{,}20}=4{,}17\times 10^{-3} K/W. L'épaisseur doit être en mètres.

b) Φ=ΔTR=304,17×103=7,2×103\Phi=\dfrac{\Delta T}{R}=\dfrac{30}{4{,}17\times 10^{-3}}=7{,}2\times 10^{3} W. Plus de sept kilowatts pour une seule fenêtre : le résultat est absurde, et c'est un signal. Le verre, mince et assez conducteur, n'est pas ce qui limite le flux ; la question e) dira ce qui le limite.

c) Les couches sont traversées par le MÊME flux, l'une après l'autre : leurs résistances sont en SÉRIE et s'additionnent. Rair=0,0120,026×1,20=0,385R_{air}=\dfrac{0{,}012}{0{,}026\times 1{,}20}=0{,}385 K/W, donc Rt=2×4,17×103+0,385=0,393R_{t}=2\times 4{,}17\times 10^{-3}+0{,}385=0{,}393 K/W. La lame d'air fournit 9898 % de la résistance.

d) Φ=300,393=76\Phi=\dfrac{30}{0{,}393}=76 W, environ 9494 fois moins que le calcul b).

e) R=4,17×103+0,138=0,142R=4{,}17\times 10^{-3}+0{,}138=0{,}142 K/W, et Φ=300,142=2,1×102\Phi=\dfrac{30}{0{,}142}=2{,}1\times 10^{2} W. Ce sont les films d'air immobiles sur chaque face, où la chaleur ne passe que par conduction dans un gaz, qui font l'essentiel de l'isolation d'un simple vitrage. Le verre, lui, n'y contribue presque pas.

Exercice 5 : Rayonnement : Stefan-Boltzmann et Wien sur un élément chauffant

L'élément radiant d'une plaque de cuisson atteint 800800 °C. Sa surface rayonnante vaut 0,0180{,}018 m² et son émissivité ε=0,90\varepsilon=0{,}90. La cuisine est à 2020 °C. Données : σ=5,67×108\sigma=5{,}67\times 10^{-8} W/(m²·K⁴), λmaxT=2,898×103\lambda_{max}T=2{,}898\times 10^{-3} m·K.

  • a) Calculez la température absolue de l'élément.
  • b) Calculez la puissance qu'il émet par rayonnement.
  • c) Calculez la puissance NETTE qu'il perd par rayonnement, en tenant compte de ce qu'il reçoit de la pièce.
  • d) Calculez la longueur d'onde du maximum d'émission. Dans quel domaine se situe-t-elle ?
  • e) À quelle température (en °C) l'élément devrait-il descendre pour ne plus rayonner que 10001000 W nets ?

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Réponses

  • a) T=1073T=1073 K
  • b) P=1,22P=1{,}22 kW
  • c) Pnet=1,21P_{net}=1{,}21 kW
  • d) λmax=2,70\lambda_{max}=2{,}70 µm, infrarouge
  • e) T750T\approx 750 °C

a) T=800+273=1073T=800+273=1073 K. Dans toute loi de rayonnement, la température est ABSOLUE : T4T^{4} en degrés Celsius n'a aucun sens physique.

b) P=εσAT4=0,90×5,67×108×0,018×10734=1,22×103P=\varepsilon\sigma AT^{4}=0{,}90\times 5{,}67\times 10^{-8}\times 0{,}018\times 1073^{4}=1{,}22\times 10^{3} W.

c) La pièce rayonne aussi vers l'élément : Pnet=εσA(T4Tp4)=1,21×103P_{net}=\varepsilon\sigma A\left(T^{4}-T_{p}^{4}\right)=1{,}21\times 10^{3} W. La correction est minuscule ici (77 W), parce que 2934293^{4} est 180180 fois plus petit que 107341073^{4} ; elle devient décisive entre deux corps de températures voisines.

d) λmax=2,898×1031073=2,70×106\lambda_{max}=\dfrac{2{,}898\times 10^{-3}}{1073}=2{,}70\times 10^{-6} m =2,70=2{,}70 µm : dans l'INFRAROUGE. L'élément paraît rouge sombre parce que seule la queue de son spectre, du côté des courtes longueurs d'onde, déborde dans le visible.

e) T4=1000εσA+Tp4T^{4}=\dfrac{1000}{\varepsilon\sigma A}+T_{p}^{4}, d'où T=1023T=1023 K, soit 750750 °C. Il suffit de perdre 5050 °C pour réduire la puissance de 1818 % : c'est la loi en T4T^{4} ; près de 10001000 K, ΔPP4ΔTT\dfrac{\Delta P}{P}\approx 4\dfrac{\Delta T}{T}.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Un mur composite : résistances en série et température d'interface

Un mur de 12,012{,}0 m² est formé, de l'intérieur vers l'extérieur, d'une plaque de gypse (1313 mm, k=0,17k=0{,}17 W/(m·K)), d'un isolant (140140 mm, k=0,040k=0{,}040 W/(m·K)) et d'un parement de brique (9090 mm, k=0,72k=0{,}72 W/(m·K)). Il fait 2121 °C dedans et 18-18 °C dehors. On néglige les films d'air.

gypseisolant 140 mmbrique 90 mm21 °C−18 °C13 mmk = 0,040k = 0,72coupe du mur, intérieur à gauche
  • a) Calculez la résistance thermique de la couche d'isolant.
  • b) Calculez la résistance thermique totale du mur.
  • c) Calculez le flux thermique à travers le mur.
  • d) Calculez la température à l'interface entre l'isolant et la brique.
  • e) Quelle part de la résistance totale l'isolant fournit-il ?

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Réponses

  • a) Ris=0,292R_{is}=0{,}292 K/W
  • b) Rt=0,308R_{t}=0{,}308 K/W
  • c) Φ=126\Phi=126 W
  • d) 16,7-16{,}7 °C
  • e) 94,694{,}6 %

a) Ris=ekA=0,1400,040×12,0=0,292R_{is}=\dfrac{e}{kA}=\dfrac{0{,}140}{0{,}040\times 12{,}0}=0{,}292 K/W.

b) Rg=0,0130,17×12,0=6,37×103R_{g}=\dfrac{0{,}013}{0{,}17\times 12{,}0}=6{,}37\times 10^{-3} K/W et Rb=0,0900,72×12,0=1,04×102R_{b}=\dfrac{0{,}090}{0{,}72\times 12{,}0}=1{,}04\times 10^{-2} K/W. Couches traversées l'une après l'autre par le même flux : en série, Rt=0,00637+0,292+0,0104=0,308R_{t}=0{,}00637+0{,}292+0{,}0104=0{,}308 K/W.

c) Φ=ΔTRt=390,308=126\Phi=\dfrac{\Delta T}{R_{t}}=\dfrac{39}{0{,}308}=126 W. L'écart vaut 21(18)=3921-(-18)=39 K : attention au double signe.

d) C'est l'analogue de la loi d'Ohm : chaque couche « consomme » un écart de température ΦR\Phi R. Traversée du gypse : 126×0,00637=0,81126\times 0{,}00637=0{,}81 K, d'où 20,220{,}2 °C. Traversée de l'isolant : 126×0,292=36,9126\times 0{,}292=36{,}9 K, d'où 20,236,9=16,720{,}2-36{,}9=-16{,}7 °C à l'interface. On vérifie qu'il reste 1,31{,}3 K pour la brique, qui ramène bien à 18-18 °C.

e) 0,2920,308=0,946\dfrac{0{,}292}{0{,}308}=0{,}946 : 94,694{,}6 % de la résistance, donc 94,694{,}6 % de la chute de température, se jouent dans l'isolant. Conséquence pratique : presque tout le mur extérieur à l'isolant est à la température du dehors, et c'est du côté chaud de l'isolant qu'il faut placer le pare-vapeur, sinon la vapeur de la maison condense dans la laine froide.

Exercice 7 : La loi de refroidissement de Newton : l'heure du décès

Selon la loi de refroidissement de Newton, un corps dans un air à température TaT_{a} constante vérifie dTdt=k(TTa)\dfrac{dT}{dt}=-k\,(T-T_{a}). Un corps est découvert à 2323 h 0000 dans une pièce à 18,018{,}0 °C ; sa température vaut 29,029{,}0 °C. À 11 h 0000, elle vaut 26,526{,}5 °C. On suppose la température du corps vivant égale à 37,037{,}0 °C.

  • a) Quelle est la solution de l'équation différentielle ?
  • b) Calculez la constante kk, en h⁻¹.
  • c) Combien de temps avant 2323 h 0000 le décès a-t-il eu lieu ?
  • d) Quelle température prévoit le modèle à 33 h 0000 ?
  • e) Pourquoi un médecin légiste considère-t-il cette estimation comme grossière ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) T=Ta+(T0Ta)ektT=T_{a}+(T_{0}-T_{a})e^{-kt}
  • b) k=0,129k=0{,}129 h⁻¹
  • c) 4,244{,}24 h, décès vers 1818 h 4646
  • d) 24,624{,}6 °C
  • e) Plateau post-mortem, k variable

a) L'équation est à variables séparables : dTTTa=kdt\dfrac{dT}{T-T_{a}}=-k\,dt, donc lnTTa=kt+C\ln|T-T_{a}|=-kt+C et T(t)=Ta+(T0Ta)ektT(t)=T_{a}+(T_{0}-T_{a})e^{-kt}. C'est l'ÉCART à l'air ambiant qui décroît exponentiellement, pas la température elle-même : on ne tend jamais vers 00 °C mais vers 1818 °C.

b) Entre les deux mesures, 22 h s'écoulent et l'écart passe de 11,011{,}0 à 8,58{,}5 K : e2k=8,511,0e^{-2k}=\dfrac{8{,}5}{11{,}0}, donc k=12ln11,08,5=0,129k=\dfrac{1}{2}\ln\dfrac{11{,}0}{8{,}5}=0{,}129 h⁻¹.

c) Au décès l'écart valait 37,018,0=19,037{,}0-18{,}0=19{,}0 K, à 2323 h il vaut 11,011{,}0 K : ekt=11,019,0e^{-kt}=\dfrac{11{,}0}{19{,}0}, donc t=1kln19,011,0=4,24t=\dfrac{1}{k}\ln\dfrac{19{,}0}{11{,}0}=4{,}24 h, soit 44 h 1414 min. Le décès remonte à environ 1818 h 4646.

d) Deux heures après 11 h 0000 : T=18,0+8,5e2k=18,0+8,5×8,511,0=24,6T=18{,}0+8{,}5\,e^{-2k}=18{,}0+8{,}5\times\dfrac{8{,}5}{11{,}0}=24{,}6 °C. Le rapport 8,511,0\dfrac{8{,}5}{11{,}0} se répète toutes les deux heures : c'est la signature de l'exponentielle.

e) Parce que les hypothèses sont fausses au début : le corps ne se refroidit presque pas pendant la première heure (plateau post-mortem), les vêtements et la position changent kk, et kk lui-même varie parce que le rayonnement et l'évaporation ne sont pas linéaires en TTaT-T_{a}. L'estimation reste utile comme ordre de grandeur, avec une fourchette de plusieurs heures.

12345678910510152025303540air 18 °C23 h 00 : 29,0 °C1 h 00 : 26,5 °Ct (h) depuis le décès

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des affirmations suivantes est fausse, ou fausse par un détail décisif. Choisissez l'énoncé correct et justifiez-le. Deux points chacune.

  • a) « Un pull en laine chauffe. »
  • b) « Dans une pièce, la poignée métallique d'une porte est plus froide que le bois de la porte. »
  • c) « La chaleur monte. »
  • d) « Un corps noir n'émet aucun rayonnement, puisqu'il est noir. »
  • e) « Un objet qui passe de 2020 °C à 4040 °C rayonne deux fois plus. » Par quel facteur la puissance rayonnée est-elle réellement multipliée ?

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  • a) Le pull augmente la résistance thermique
  • b) Même température, flux différent
  • c) C'est l'air chaud qui monte
  • d) Absorbeur parfait, émetteur maximal
  • e) Facteur 1,301{,}30

a) Le pull ne produit aucune énergie : il emprisonne de l'air immobile entre ses fibres et augmente la RÉSISTANCE thermique entre la peau et l'extérieur. C'est le corps qui chauffe ; le pull réduit le flux perdu. Posé sur un bloc de glace, le même pull ralentirait sa fonte.

b) À l'équilibre, les deux sont à la température de la pièce. La poignée PARAÎT plus froide parce que le métal, très conducteur et d'effusivité élevée, arrache la chaleur de la main bien plus vite que le bois : la main mesure un flux, pas une température.

c) C'est l'AIR CHAUD qui monte, par convection, parce qu'il est moins dense. La chaleur elle-même se propage dans toutes les directions par conduction et par rayonnement : un radiateur rayonne vers le sol autant que vers le plafond.

d) C'est l'inverse. Un corps noir ABSORBE tout le rayonnement qu'il reçoit (ε=1\varepsilon=1), et c'est justement pour cela qu'il est l'émetteur idéal : à une température donnée, aucun corps n'émet plus que lui. Il paraît noir à température ambiante seulement parce que son émission est alors dans l'infrarouge.

e) La loi de Stefan-Boltzmann porte sur la température ABSOLUE : P2P1=(313,15293,15)4=1,30\dfrac{P_{2}}{P_{1}}=\left(\dfrac{313{,}15}{293{,}15}\right)^{4}=1{,}30. La puissance augmente de 3030 %, pas de 100100 %. Pour la doubler, il faudrait T=293,15×21/4=348,6T=293{,}15\times 2^{1/4}=348{,}6 K, soit 7575 °C.

Exercice 9 : Problème : la bouteille isotherme

Une bouteille isotherme est faite de deux parois de verre séparées par un vide poussé, dont les faces en regard sont argentées. Pour deux surfaces parallèles d'émissivité ε\varepsilon en regard, la puissance rayonnée nette vaut P=σAεeff(T14T24)P=\sigma A\,\varepsilon_{eff}\left(T_{1}^{4}-T_{2}^{4}\right), avec εeff=12/ε1\varepsilon_{eff}=\dfrac{1}{2/\varepsilon-1}. Données : A=0,060A=0{,}060 m², café à 9090 °C, air ambiant à 2020 °C, σ=5,67×108\sigma=5{,}67\times 10^{-8} W/(m²·K⁴).

  • a) Quels modes de transfert le vide supprime-t-il ?
  • b) Les faces argentées ont ε=0,030\varepsilon=0{,}030. Calculez la puissance rayonnée nette entre les parois.
  • c) Même calcul sans argenture, avec ε=0,90\varepsilon=0{,}90.
  • d) Le bouchon, en plastique (k=0,040k=0{,}040 W/(m·K)), a une section de 1,2×1031{,}2\times 10^{-3} m² et une épaisseur de 2,52{,}5 cm. Calculez le flux qui le traverse, avec la même différence de température.
  • e) Le café (0,500{,}50 kg, c=4186c=4186 J/(kg·K)) doit passer de 9090 à 6060 °C. Estimez la durée, en gardant constantes les pertes calculées en b) et d).

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  • a) Conduction et convection
  • b) P=0,52P=0{,}52 W
  • c) P=27,8P=27{,}8 W
  • d) Φ=0,134\Phi=0{,}134 W
  • e) Environ 2727 h

a) La conduction et la convection ont besoin de matière : le vide les supprime entre les deux parois. Le rayonnement, lui, traverse le vide (c'est ainsi que nous parvient l'énergie du Soleil) : il faut une autre parade, l'argenture.

b) εeff=12/0,0301=0,0152\varepsilon_{eff}=\dfrac{1}{2/0{,}030-1}=0{,}0152. P=5,67×108×0,060×0,0152×(36342934)=0,52P=5{,}67\times 10^{-8}\times 0{,}060\times 0{,}0152\times\left(363^{4}-293^{4}\right)=0{,}52 W.

c) εeff=12/0,901=0,818\varepsilon_{eff}=\dfrac{1}{2/0{,}90-1}=0{,}818 et P=27,8P=27{,}8 W, cinquante-quatre fois plus. L'argenture divise le rayonnement dans le rapport des émissivités effectives.

d) Φ=kAΔTe=0,040×1,2×103×700,025=0,134\Phi=\dfrac{kA\,\Delta T}{e}=\dfrac{0{,}040\times 1{,}2\times 10^{-3}\times 70}{0{,}025}=0{,}134 W. Le bouchon pèse le quart des pertes : une fois le vide et l'argent en place, c'est le goulot qui devient le maillon faible.

e) Énergie à perdre : 0,50×4186×30=6,28×1040{,}50\times 4186\times 30=6{,}28\times 10^{4} J. Pertes : 0,52+0,134=0,650{,}52+0{,}134=0{,}65 W. Durée : 6,28×1040,65=9,6×104\dfrac{6{,}28\times 10^{4}}{0{,}65}=9{,}6\times 10^{4} s, environ 2727 h. C'est une borne optimiste dans son modèle (le col de verre conduit aussi, et les bouteilles réelles gardent chaud une douzaine d'heures) mais pessimiste sur un point : les pertes diminuent à mesure que le café refroidit.

Exercice 10 : Problème : le bilan thermique d'une maison en hiver

Une maison a un coefficient de pertes par conduction UA=180UA=180 W/K pour les murs et le toit, et 4545 W/K pour les fenêtres. Son volume intérieur, 350350 m³ d'air, est renouvelé à raison d'une demi-fois par heure. Air : ρ=1,20\rho=1{,}20 kg/m³, c=1005c=1005 J/(kg·K). Il fait 2020 °C dedans et 25-25 °C dehors.

  • a) Calculez la puissance perdue par conduction à travers l'enveloppe.
  • b) Calculez le débit massique d'air renouvelé, en kg/s.
  • c) Calculez la puissance perdue par la ventilation, l'air froid entrant devant être porté à 2020 °C.
  • d) Calculez l'énergie de chauffage nécessaire sur une journée entière à ces conditions, en kWh.
  • e) Un échangeur récupère 7575 % de la chaleur de l'air sortant. Quelle puissance de chauffage totale faut-il alors ?

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Réponses

  • a) Pc=1,01×104P_{c}=1{,}01\times 10^{4} W
  • b) m˙=0,0583\dot m=0{,}0583 kg/s
  • c) Pv=2,64P_{v}=2{,}64 kW
  • d) E306E\approx 306 kWh
  • e) P1,08×104P\approx 1{,}08\times 10^{4} W

a) Pc=(UA)totΔT=(180+45)×45=1,01×104P_{c}=(UA)_{tot}\,\Delta T=(180+45)\times 45=1{,}01\times 10^{4} W. L'écart est 20(25)=4520-(-25)=45 K.

b) Volume renouvelé par heure : 0,5×350=1750{,}5\times 350=175 m³, soit 175×1,20=210175\times 1{,}20=210 kg. Débit : m˙=2103600=0,0583\dot m=\dfrac{210}{3600}=0{,}0583 kg/s.

c) La ventilation est une CONVECTION forcée : de l'air à 25-25 °C remplace de l'air à 2020 °C. Pv=m˙cΔT=0,0583×1005×45=2,64×103P_{v}=\dot m\,c\,\Delta T=0{,}0583\times 1005\times 45=2{,}64\times 10^{3} W.

d) P=10125+2638=1,28×104P=10\,125+2638=1{,}28\times 10^{4} W. Sur 2424 h : E=1,276×104×86400=1,10×109E=1{,}276\times 10^{4}\times 86\,400=1{,}10\times 10^{9} J, soit 1,10×1093,6×106=306\dfrac{1{,}10\times 10^{9}}{3{,}6\times 10^{6}}=306 kWh.

e) Il ne reste que 2525 % des pertes de ventilation : P=10125+0,25×2638=1,08×104P=10\,125+0{,}25\times 2638=1{,}08\times 10^{4} W. Le gain (2,02{,}0 kW) est réel, mais l'enveloppe reste le poste dominant : c'est l'isolation, pas la ventilation, qui décide de la facture.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Pourquoi le carrelage paraît plus froid que le tapis

Quand deux corps semi-infinis de températures T1T_{1} et T2T_{2} entrent en contact, la surface de contact prend immédiatement la température Tc=e1T1+e2T2e1+e2T_{c}=\dfrac{e_{1}T_{1}+e_{2}T_{2}}{e_{1}+e_{2}}, où e=kρce=\sqrt{k\rho c} est l'EFFUSIVITÉ thermique, en J/(m²·K·s1/2^{1/2}). Un pied nu à 3333 °C se pose sur divers sols à 2020 °C.

Données (kk en W/(m·K), ρ\rho en kg/m³, cc en J/(kg·K)) : peau k=0,37k=0{,}37, ρ=1000\rho=1000, c=3500c=3500 ; céramique k=1,3k=1{,}3, ρ=2300\rho=2300, c=840c=840 ; bois k=0,12k=0{,}12, ρ=700\rho=700, c=1700c=1700 ; tapis de laine k=0,060k=0{,}060, ρ=160\rho=160, c=1300c=1300.

  • a) Calculez l'effusivité de la peau et celle de la céramique.
  • b) Calculez la température de contact entre le pied et le carrelage.
  • c) Même question pour le parquet de bois.
  • d) Même question pour le tapis.
  • e) Les trois sols sont à la même température. Qu'est-ce que le pied perçoit réellement ?

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c)
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  • a) epeau1138e_{peau}\approx 1138, eceˊr1585e_{cér}\approx 1585
  • b) 25,425{,}4 °C
  • c) 29,829{,}8 °C
  • d) 31,831{,}8 °C
  • e) Sa propre température de surface, donc le flux

a) epeau=0,37×1000×3500=1,14×103e_{peau}=\sqrt{0{,}37\times 1000\times 3500}=1{,}14\times 10^{3} et eceˊr=1,3×2300×840=1,58×103e_{cér}=\sqrt{1{,}3\times 2300\times 840}=1{,}58\times 10^{3} J/(m²·K·s1/2^{1/2}). L'effusivité combine conduction et capacité : elle mesure la facilité avec laquelle un matériau AVALE un apport de chaleur à sa surface.

b) Tc=1138×33+1585×201138+1585=25,4T_{c}=\dfrac{1138\times 33+1585\times 20}{1138+1585}=25{,}4 °C. La température de contact penche du côté du corps de plus grande effusivité : le carrelage « impose » presque sa température à la peau.

c) ebois=0,12×700×1700=378e_{bois}=\sqrt{0{,}12\times 700\times 1700}=378, donc Tc=1138×33+378×201516=29,8T_{c}=\dfrac{1138\times 33+378\times 20}{1516}=29{,}8 °C.

d) etapis=0,060×160×1300=112e_{tapis}=\sqrt{0{,}060\times 160\times 1300}=112, donc Tc=1138×33+112×201250=31,8T_{c}=\dfrac{1138\times 33+112\times 20}{1250}=31{,}8 °C, à peine plus d'un degré sous la peau.

e) Les récepteurs de la peau mesurent leur PROPRE température, donc le flux qui les refroidit, jamais celle du sol. Au contact du carrelage, la surface de la peau tombe de 3333 à 2525 °C : sensation de froid. Sur le tapis, elle ne perd que 1,21{,}2 °C. Un thermomètre posé sur les trois sols lirait pourtant 2020 °C partout.

Exercice 12 : Conduction radiale : isoler un tuyau d'eau chaude

Un tuyau d'eau chaude à 7070 °C, de rayon extérieur r1=1,1r_{1}=1{,}1 cm, est gainé d'un isolant (k=0,035k=0{,}035 W/(m·K)) jusqu'au rayon r2=3,6r_{2}=3{,}6 cm, sur une longueur L=8,0L=8{,}0 m. La surface extérieure de l'isolant est à 1515 °C. En régime permanent, le flux Φ\Phi qui traverse chaque cylindre de rayon rr est le même, et la loi de Fourier s'écrit Φ=k(2πrL)dTdr\Phi=-k\,(2\pi rL)\dfrac{dT}{dr}.

eaur₂ = 3,6 cmr₁isolantlocal à 15 °C
  • a) Pourquoi la densité de flux Φ2πrL\dfrac{\Phi}{2\pi rL} diminue-t-elle quand rr augmente, alors que Φ\Phi est constant ?
  • b) En intégrant de r1r_{1} à r2r_{2}, on obtient R=ln(r2/r1)2πkLR=\dfrac{\ln(r_{2}/r_{1})}{2\pi kL}. Calculez cette résistance thermique.
  • c) Calculez le flux perdu par le tuyau.
  • d) On double l'épaisseur d'isolant (r2=6,1r_{2}=6{,}1 cm). Calculez le nouveau flux.
  • e) Par quel facteur le flux a-t-il été divisé ?

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c)
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  • a) L'aire 2πrL2\pi rL croît avec rr
  • b) R=0,674R=0{,}674 K/W
  • c) Φ=81,6\Phi=81{,}6 W
  • d) Φ=56,5\Phi'=56{,}5 W
  • e) Divisé par 1,441{,}44 seulement

a) La même énergie par seconde traverse chaque cylindre, mais la surface 2πrL2\pi rL croît avec rr : la chaleur s'étale sur une aire plus grande. Le gradient dTdr=Φ2πkLr\left|\dfrac{dT}{dr}\right|=\dfrac{\Phi}{2\pi kLr} est donc fort près du tuyau et faible vers l'extérieur ; la température n'est pas une fonction affine de rr mais logarithmique.

b) dTdr=Φ2πkL1r\dfrac{dT}{dr}=-\dfrac{\Phi}{2\pi kL}\cdot\dfrac{1}{r}, qu'on intègre : T1T2=Φ2πkLlnr2r1T_{1}-T_{2}=\dfrac{\Phi}{2\pi kL}\ln\dfrac{r_{2}}{r_{1}}. Donc R=ln(3,6/1,1)2π×0,035×8,0=1,1861,759=0,674R=\dfrac{\ln(3{,}6/1{,}1)}{2\pi\times 0{,}035\times 8{,}0}=\dfrac{1{,}186}{1{,}759}=0{,}674 K/W. Le rapport des rayons s'écrit sans conversion, les unités s'annulent.

c) Φ=70150,674=81,6\Phi=\dfrac{70-15}{0{,}674}=81{,}6 W.

d) R=ln(6,1/1,1)1,759=0,974R'=\dfrac{\ln(6{,}1/1{,}1)}{1{,}759}=0{,}974 K/W et Φ=550,974=56,5\Phi'=\dfrac{55}{0{,}974}=56{,}5 W.

e) 81,656,5=1,44\dfrac{81{,}6}{56{,}5}=1{,}44. Doubler l'épaisseur ne divise pas le flux par deux : la résistance croît comme le LOGARITHME du rayon, et la couche ajoutée, plus loin de l'axe, a une surface plus grande. Sur un mur plan, la même opération aurait presque divisé le flux par deux.

Exercice 13 : Convection forcée : dimensionner un dissipateur

Un processeur dissipe 6565 W. Le socle de son dissipateur ne doit pas dépasser 7575 °C dans un boîtier où l'air est à 3535 °C. Le ventilateur assure un coefficient de convection h=30h=30 W/(m²·K), et l'on applique la loi de Newton Φ=hA(TsTair)\Phi=hA\,(T_{s}-T_{air}) en supposant toute la surface à la température du socle.

ailettes (coupe)soclepuce et pâte thermiqueair 35 °C
  • a) Quelle surface d'échange faut-il, en cm² ?
  • b) Le socle offre 2525 cm² à l'air. Chaque ailette, de 5,05{,}0 cm sur 3,03{,}0 cm, échange par ses deux faces. Combien d'ailettes faut-il au minimum ?
  • c) La pâte thermique entre la puce et le socle a une résistance de 0,200{,}20 K/W. Quelle est la température de la puce ?
  • d) Un ventilateur plus rapide porte hh à 6060 W/(m²·K). Quelle surface d'échange suffit alors, en cm² ?
  • e) Pourquoi l'hypothèse « toute la surface à la température du socle » est-elle optimiste ?

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a)
b)
c)
d)
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  • a) A=542A=542 cm²
  • b) 1818 ailettes
  • c) Tpuce=88T_{puce}=88 °C
  • d) A=271A=271 cm²
  • e) L'ailette est plus froide vers sa pointe

a) A=ΦhΔT=6530×40=5,42×102A=\dfrac{\Phi}{h\,\Delta T}=\dfrac{65}{30\times 40}=5{,}42\times 10^{-2} m², soit 542542 cm².

b) Il manque 54225=517542-25=517 cm², à raison de 2×5,0×3,0=302\times 5{,}0\times 3{,}0=30 cm² par ailette : 51730=17,2\dfrac{517}{30}=17{,}2. On arrondit AU-DESSUS : 1818 ailettes. Arrondir à 1717 ferait dépasser 7575 °C.

c) Les résistances sont en série sur le trajet de la chaleur : la pâte ajoute ΔT=ΦR=65×0,20=13\Delta T=\Phi R=65\times 0{,}20=13 K, donc Tpuce=75+13=88T_{puce}=75+13=88 °C.

d) A=6560×40=2,71×102A=\dfrac{65}{60\times 40}=2{,}71\times 10^{-2}=271=271 cm² : doubler hh divise par deux la surface nécessaire. C'est tout l'intérêt de la convection FORCÉE.

e) Le long d'une ailette, la chaleur arrive par conduction depuis le socle tout en s'échappant par les faces : la température baisse de la base vers la pointe. Le bout d'une ailette mince ou longue est plus proche de 3535 °C que de 7575 °C et échange moins que prévu. On compense avec des ailettes en métal très conducteur (aluminium, cuivre) et assez courtes.

Exercice 14 : Le thermomètre infrarouge et les métaux brillants

Un thermomètre infrarouge mesure le flux rayonné qu'il reçoit d'une surface et en déduit une température, en supposant une émissivité réglée à 0,950{,}95. Il reçoit de la surface son émission propre εσT4\varepsilon\sigma T^{4} et la part réfléchie du rayonnement de la pièce, (1ε)σTp4(1-\varepsilon)\sigma T_{p}^{4}. On vise une casserole en aluminium poli (ε=0,10\varepsilon=0{,}10) à 8080 °C, dans une cuisine à 2020 °C. σ=5,67×108\sigma=5{,}67\times 10^{-8} W/(m²·K⁴).

  • a) Calculez le flux émis par la casserole, par mètre carré.
  • b) Calculez le flux de la pièce réfléchi par la casserole, par mètre carré.
  • c) Le thermomètre attribue le flux total à une surface d'émissivité 0,950{,}95 qui réfléchit 55 % de la pièce. Quelle température affiche-t-il, en °C ?
  • d) On colle sur la casserole un ruban adhésif noir (ε=0,95\varepsilon=0{,}95), qui prend sa température. Quelle température affiche alors le thermomètre ?
  • e) Pourquoi l'erreur est-elle si grande sur le métal poli ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) M88M\approx 88 W/m²
  • b) 376376 W/m²
  • c) Tlue28T_{lue}\approx 28 °C
  • d) 8080 °C
  • e) Surface réfléchissante : l'appareil voit la pièce

a) M=εσT4=0,10×5,67×108×3534=88M=\varepsilon\sigma T^{4}=0{,}10\times 5{,}67\times 10^{-8}\times 353^{4}=88 W/m².

b) (10,10)×5,67×108×2934=376(1-0{,}10)\times 5{,}67\times 10^{-8}\times 293^{4}=376 W/m² : la casserole renvoie plus de rayonnement de la pièce qu'elle n'en émet elle-même. Elle se comporte presque comme un miroir infrarouge.

c) Le thermomètre résout 0,95σTlue4+0,05σTp4=88+376=4640{,}95\,\sigma T_{lue}^{4}+0{,}05\,\sigma T_{p}^{4}=88+376=464 W/m². Donc Tlue4=464/σ0,05×29340,95T_{lue}^{4}=\dfrac{464/\sigma-0{,}05\times 293^{4}}{0{,}95}, d'où Tlue=301T_{lue}=301 K, soit 2828 °C. L'appareil affiche 2828 °C pour une casserole à 8080 °C, de quoi se brûler.

d) Le ruban a l'émissivité supposée par l'appareil : l'équation se résout exactement et donne 8080 °C. C'est la technique de terrain : un point de peinture mate ou de ruban noir sur la surface à mesurer.

e) Une faible émissivité veut dire une forte réflectivité : le signal propre de la casserole (εσT4\varepsilon\sigma T^{4}) est petit et noyé sous le reflet de la pièce. Le thermomètre, qui croit viser un corps presque noir, voit surtout le décor, et le décor est à 2020 °C.

Exercice 15 : La glace d'un étang : une croissance en racine du temps

L'air au-dessus d'un étang est à 12-12 °C et l'eau sous la glace reste à 00 °C. On suppose que la surface de la glace est à la température de l'air et que le profil de température dans la glace, d'épaisseur xx, est linéaire. Le flux conduit à travers la glace évacue la chaleur latente de l'eau qui gèle en dessous. Données : kglace=2,2k_{glace}=2{,}2 W/(m·K), ρ=917\rho=917 kg/m³, Lf=3,34×105L_{f}=3{,}34\times 10^{5} J/kg.

  • a) Pendant dtdt, une épaisseur dxdx gèle sur une aire AA. Quelle équation traduit le bilan d'énergie ?
  • b) Avec la glace absente au départ, la solution s'écrit x2=atx^{2}=at. Calculez aa.
  • c) Combien d'heures faut-il pour former 1010 cm de glace ?
  • d) Et pour 2020 cm ?
  • e) Calculez la vitesse de croissance quand la glace atteint 1010 cm, en cm/h.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) ρLfdxdt=kΔTx\rho L_{f}\dfrac{dx}{dt}=\dfrac{k\Delta T}{x}
  • b) a=1,72×107a=1{,}72\times 10^{-7} m²/s
  • c) 16,116{,}1 h
  • d) 64,564{,}5 h
  • e) 0,310{,}31 cm/h

a) Chaleur latente libérée : ρLfAdx\rho L_{f}A\,dx. Chaleur conduite : kAΔTxdt\dfrac{kA\,\Delta T}{x}\,dt. Égalité : ρLfdxdt=kΔTx\rho L_{f}\dfrac{dx}{dt}=\dfrac{k\,\Delta T}{x}. Plus la glace est épaisse, plus sa résistance est grande et plus elle croît lentement : elle s'isole elle-même.

b) On sépare : xdx=kΔTρLfdtx\,dx=\dfrac{k\,\Delta T}{\rho L_{f}}dt, puis on intègre depuis x=0x=0 : x22=kΔTρLft\dfrac{x^{2}}{2}=\dfrac{k\,\Delta T}{\rho L_{f}}t. Donc a=2kΔTρLf=2×2,2×12917×3,34×105=1,72×107a=\dfrac{2k\,\Delta T}{\rho L_{f}}=\dfrac{2\times 2{,}2\times 12}{917\times 3{,}34\times 10^{5}}=1{,}72\times 10^{-7} m²/s.

c) t=x2a=0,1021,72×107=5,80×104t=\dfrac{x^{2}}{a}=\dfrac{0{,}10^{2}}{1{,}72\times 10^{-7}}=5{,}80\times 10^{4} s =16,1=16{,}1 h.

d) L'épaisseur double, le temps QUADRUPLE : 64,564{,}5 h. C'est la signature d'une croissance en t\sqrt{t}, la même que celle de toute diffusion.

e) dxdt=kΔTρLfx=2,2×12917×3,34×105×0,10=8,62×107\dfrac{dx}{dt}=\dfrac{k\,\Delta T}{\rho L_{f}x}=\dfrac{2{,}2\times 12}{917\times 3{,}34\times 10^{5}\times 0{,}10}=8{,}62\times 10^{-7} m/s, soit 0,310{,}31 cm/h. On vérifie avec la courbe : la tangente à t=16t=16 h a bien une pente de cet ordre, alors que les premiers centimètres se forment en quelques heures seulement.

1020304050607051015202510 cm en 16 h20 cm en 64 hépaisseur (cm) contre t (h)
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