Exercice 1 : Les deux postulats et le facteur de Lorentz
La courbe donne le facteur de Lorentz en fonction de . On prendra m/s.
- a) Énoncez les deux postulats de la relativité restreinte. Lequel des deux est compatible avec la physique de Newton, et pourquoi l'autre est-il le vrai scandale de 1905 ?
- b) Calculez pour ; ; ; ; et . Décrivez ce que la courbe montre de la croissance de .
- c) À partir de quelle vitesse la mécanique de Newton se trompe-t-elle de plus de 1 %, c'est-à-dire à partir de quel a-t-on ? Donnez la réponse en puis en m/s.
- d) Un avion de ligne vole à 250 m/s. Calculez , puis le retard accumulé par l'horloge de bord sur un vol de 12,0 heures. L'expérience de Hafele et Keating a pourtant mesuré cet effet en 1971 : comment est-ce possible ?
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Réponses
- a) Le premier est celui de Galilée ; le second, l'invariance de , est le scandale
- b) , , , , , : décolle brutalement
- c) , soit m/s
- d) , soit ns sur h
a) Premier postulat : les lois de la physique sont identiques dans tous les référentiels inertiels. Celui-là ne choque personne, c'est déjà le principe de relativité de Galilée, vieux de trois siècles. Second postulat : la lumière se propage à dans tout référentiel inertiel, indépendamment du mouvement de la source ET de celui de l'observateur. C'est celui-là qui est intolérable, parce qu'il contredit frontalement l'addition galiléenne des vitesses : si je poursuis un rayon lumineux à , je devrais le voir s'éloigner à , et Einstein affirme que je le vois s'éloigner à . Tout le reste du chapitre, dilatation, contraction, perte de la simultanéité, n'est que la conséquence logique de ce refus.
b) : ; exactement, car ; , car ; ; ; . La courbe montre l'essentiel : reste collé à 1 sur les deux premiers tiers de l'axe, puis décolle brutalement. Entre et , il ne gagne que 15 % ; entre et , il triple. La relativité n'est pas une correction progressive, c'est un mur.
c) donne , donc et . En vitesse : m/s, soit environ 42 000 km/s. C'est le vrai contenu de la phrase « la mécanique classique suffit aux vitesses ordinaires » : elle suffit jusqu'à 14 % de la vitesse de la lumière, ce qui couvre absolument tout ce qu'un ingénieur rencontrera, et rien de ce qu'un physicien des particules manipule.
d) . À cette échelle, le développement limité est obligatoire, une calculatrice affichera tout court : . Sur h s, le retard vaut s, soit 15 nanosecondes. Hafele et Keating ont pu le mesurer parce qu'ils embarquaient des horloges atomiques au césium, stables à mieux que la nanoseconde, et surtout parce qu'ils ont fait voler l'avion vers l'est PUIS vers l'ouest : la rotation de la Terre change le signe de la vitesse par rapport au référentiel inertiel, et c'est la DIFFÉRENCE entre les deux vols, bien plus grande que l'incertitude de chaque mesure, qu'ils ont comparée à la prévision. Le piège de calcul, ici, est de taper dans la calculatrice et de lire exactement 1 : à près, la double précision d'une machine de poche ne voit rien.