Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : la relativité restreinte (203-SN3-RE, ancien 203-NYC)

Voici la série d'exercices corrigés de relativité restreinte du cours 203-SN3-RE (ancien 203-SN3-RE). La partie A construit la théorie à partir de ses deux postulats : le facteur de Lorentz calculé à six vitesses pour voir à partir d'où il cesse d'être négligeable, l'horloge à lumière qui fait sortir γ\gamma d'un simple théorème de Pythagore, la contraction des longueurs appliquée à un voyage interstellaire raconté du point de vue de la Terre puis du vaisseau, le muon atmosphérique dont on calcule la fraction survivante dans les deux référentiels, et les deux éclairs du train qui font tomber la simultanéité. La partie B passe aux outils et aux applications : les transformations de Lorentz et la loi d'addition des vitesses, la quantité de mouvement et l'énergie relativistes avec l'invariant E2(pc)2E^{2}-(pc)^{2}, cinq affirmations à corriger, la correction relativiste du GPS chiffrée à la microseconde par jour, et la ligne de vol d'un faisceau de pions.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature qui abordent la physique moderne du 203-SN3-RE (ancien 203-SN3-RE), mais aussi aux élèves de Terminale spécialité physique-chimie du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas, aux classes préparatoires et aux étudiants de première année d'université : la relativité restreinte est enseignée presque à l'identique dans ces quatre contextes, avec les mêmes exemples canoniques du muon et du train. Chaque résultat numérique est vérifié, et chaque exercice se termine par le contrôle qu'un correcteur attend.

Le fil à garder tout du long : le temps et l'espace ne sont pas un décor, ce sont des MESURES, et chaque observateur mesure les siennes. Avant d'écrire la moindre formule, posez-vous deux questions. Qui tient le chronomètre, et les deux événements se produisent-ils au même endroit pour lui ? Si oui, il mesure le temps propre, et tous les autres mesureront plus. Qui tient la règle, et l'objet est-il immobile par rapport à lui ? Si oui, il mesure la longueur propre, et tous les autres mesureront moins. Presque toutes les erreurs de ce chapitre viennent d'un γ\gamma placé du mauvais côté de l'égalité, jamais d'une erreur de calcul.

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Ce chapitre fait partie de Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (7 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les fonctions trigonométriquesSecondaire 5 SN5, Mathématiques
  2. 2Les lentilles convergentesSecondaire 5 SN5
  3. 3Travail, énergie et puissanceMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)
  4. 4Optique géométrique et instruments
  5. 5MHS et ondes mécaniques
  6. 6L'optique ondulatoire
  7. 7La physique moderne

Rappel de cours

  • Les deux postulats d'Einstein (1905). Premier : les lois de la physique sont les mêmes dans tous les référentiels inertiels. Second : la vitesse de la lumière dans le vide vaut cc dans tout référentiel inertiel, quelle que soit la vitesse de la source ou de l'observateur. C'est le second qui force tout le reste.
  • Facteur de Lorentz : γ=11β2\gamma=\dfrac{1}{\sqrt{1-\beta^{2}}} avec β=vc\beta=\dfrac{v}{c}. Il vaut toujours γ1\gamma\ge 1, il vaut 1 au repos, et il diverge quand vcv\to c. Réciproque utile : β=11γ2\beta=\sqrt{1-\dfrac{1}{\gamma^{2}}}.
  • Dilatation du temps : Δt=γΔt0\Delta t=\gamma\,\Delta t_{0}. Le temps propre Δt0\Delta t_{0} est celui mesuré par l'horloge pour laquelle les DEUX événements se produisent au même endroit. C'est toujours le plus petit des intervalles mesurés.
  • Contraction des longueurs : L=L0γL=\dfrac{L_{0}}{\gamma}. La longueur propre L0L_{0} est mesurée dans le référentiel où l'objet est IMMOBILE. La contraction n'a lieu que dans la direction du mouvement : les dimensions transversales sont inchangées.
  • Transformations de Lorentz, de SS vers SS' qui se déplace à +v+v : x=γ(xvt)x'=\gamma(x-vt), t=γ(tvxc2)t'=\gamma\left(t-\dfrac{vx}{c^{2}}\right), y=yy'=y, z=zz'=z. Les transformations inverses s'obtiennent en changeant vv en v-v.
  • Relativité de la simultanéité : deux événements simultanés dans SS et séparés de Δx\Delta x sont vus dans SS' séparés de Δt=γvΔxc2\Delta t'=-\gamma\dfrac{v\,\Delta x}{c^{2}}. L'événement situé à l'AVANT, dans le sens du mouvement, se produit le premier pour l'observateur mobile.
  • Addition des vitesses : si un objet a la vitesse uu' dans SS', et si SS' se déplace à vv par rapport à SS, alors u=u+v1+uvc2u=\dfrac{u'+v}{1+\dfrac{u'v}{c^{2}}}. Cette loi ne peut jamais produire une vitesse supérieure à cc à partir de deux vitesses qui ne la dépassent pas.
  • Quantité de mouvement et énergie : p=γmvp=\gamma m v, E=γmc2E=\gamma mc^{2}, énergie de repos E0=mc2E_{0}=mc^{2}, énergie cinétique K=(γ1)mc2K=(\gamma-1)mc^{2}. La masse mm est un INVARIANT : elle ne dépend pas de la vitesse, contrairement à EE et pp.
  • Relation énergie-impulsion : E2=(pc)2+(mc2)2E^{2}=(pc)^{2}+(mc^{2})^{2}. C'est un invariant : les trois quantités changent d'un référentiel à l'autre, la combinaison E2(pc)2E^{2}-(pc)^{2} non. Pour une particule sans masse (photon), E=pcE=pc.
  • Énergies de repos à connaître : électron 0,5110{,}511 MeV, proton 938,3938{,}3 MeV, neutron 939,6939{,}6 MeV, pion chargé 139,6139{,}6 MeV, muon 105,7105{,}7 MeV. Un électronvolt vaut 1,602×10191{,}602\times 10^{-19} J.
  • L'intervalle d'espace-temps s2=(cΔt)2(Δx)2s^{2}=(c\Delta t)^{2}-(\Delta x)^{2} a la MÊME valeur dans tous les référentiels inertiels. Positif : genre temps, l'ordre des événements est absolu, une relation de cause à effet est possible. Négatif : genre espace, l'ordre dépend du référentiel, aucune causalité possible.
  • Décroissance d'une population instable : N(t)=N0et/τN(t)=N_{0}e^{-t/\tau}, où τ\tau est la vie moyenne mesurée DANS LE RÉFÉRENTIEL DE LA PARTICULE. Vu du laboratoire, la vie moyenne devient γτ\gamma\tau et la distance de vol moyenne βcγτ\beta c\gamma\tau.

Partie A : le temps, l'espace et la simultanéité (/50)

Exercice 1 : Les deux postulats et le facteur de Lorentz

La courbe donne le facteur de Lorentz γ\gamma en fonction de β=v/c\beta=v/c. On prendra c=3,00×108c=3{,}00\times 10^{8} m/s.

0.10.20.30.40.50.60.70.80.9112345678beta = v/cgamma
  • a) Énoncez les deux postulats de la relativité restreinte. Lequel des deux est compatible avec la physique de Newton, et pourquoi l'autre est-il le vrai scandale de 1905 ?
  • b) Calculez γ\gamma pour β=0,100\beta=0{,}100 ; 0,6000{,}600 ; 0,8000{,}800 ; 0,9500{,}950 ; 0,9900{,}990 et 0,9990{,}999. Décrivez ce que la courbe montre de la croissance de γ\gamma.
  • c) À partir de quelle vitesse la mécanique de Newton se trompe-t-elle de plus de 1 %, c'est-à-dire à partir de quel β\beta a-t-on γ>1,01\gamma>1{,}01 ? Donnez la réponse en β\beta puis en m/s.
  • d) Un avion de ligne vole à 250 m/s. Calculez γ1\gamma-1, puis le retard accumulé par l'horloge de bord sur un vol de 12,0 heures. L'expérience de Hafele et Keating a pourtant mesuré cet effet en 1971 : comment est-ce possible ?

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) Le premier est celui de Galilée ; le second, l'invariance de cc, est le scandale
  • b) 1,0051{,}005, 1,2501{,}250, 1,6671{,}667, 3,2033{,}203, 7,0897{,}089, 22,3722{,}37 : γ\gamma décolle brutalement
  • c) β0,140\beta\approx 0{,}140, soit 4,21×1074{,}21\times 10^{7} m/s
  • d) γ13,47×1013\gamma-1\approx 3{,}47\times 10^{-13}, soit 1515 ns sur 1212 h

a) Premier postulat : les lois de la physique sont identiques dans tous les référentiels inertiels. Celui-là ne choque personne, c'est déjà le principe de relativité de Galilée, vieux de trois siècles. Second postulat : la lumière se propage à cc dans tout référentiel inertiel, indépendamment du mouvement de la source ET de celui de l'observateur. C'est celui-là qui est intolérable, parce qu'il contredit frontalement l'addition galiléenne des vitesses : si je poursuis un rayon lumineux à 0,9c0{,}9c, je devrais le voir s'éloigner à 0,1c0{,}1c, et Einstein affirme que je le vois s'éloigner à cc. Tout le reste du chapitre, dilatation, contraction, perte de la simultanéité, n'est que la conséquence logique de ce refus.

b) γ=(1β2)1/2\gamma=(1-\beta^{2})^{-1/2} : γ(0,100)=1,005\gamma(0{,}100)=1{,}005 ; γ(0,600)=1,250\gamma(0{,}600)=1{,}250 exactement, car 10,36=0,8\sqrt{1-0{,}36}=0{,}8 ; γ(0,800)=1,667\gamma(0{,}800)=1{,}667, car 10,64=0,6\sqrt{1-0{,}64}=0{,}6 ; γ(0,950)=3,203\gamma(0{,}950)=3{,}203 ; γ(0,990)=7,089\gamma(0{,}990)=7{,}089 ; γ(0,999)=22,37\gamma(0{,}999)=22{,}37. La courbe montre l'essentiel : γ\gamma reste collé à 1 sur les deux premiers tiers de l'axe, puis décolle brutalement. Entre β=0\beta=0 et β=0,5\beta=0{,}5, il ne gagne que 15 % ; entre 0,990{,}99 et 0,9990{,}999, il triple. La relativité n'est pas une correction progressive, c'est un mur.

c) γ=1,01\gamma=1{,}01 donne 1β2=11,012=0,980301-\beta^{2}=\dfrac{1}{1{,}01^{2}}=0{,}98030, donc β2=0,019704\beta^{2}=0{,}019704 et β=0,1404\beta=0{,}1404. En vitesse : v=0,1404×3,00×108=4,21×107v=0{,}1404\times 3{,}00\times 10^{8}=4{,}21\times 10^{7} m/s, soit environ 42 000 km/s. C'est le vrai contenu de la phrase « la mécanique classique suffit aux vitesses ordinaires » : elle suffit jusqu'à 14 % de la vitesse de la lumière, ce qui couvre absolument tout ce qu'un ingénieur rencontrera, et rien de ce qu'un physicien des particules manipule.

d) β=2503,00×108=8,33×107\beta=\dfrac{250}{3{,}00\times 10^{8}}=8{,}33\times 10^{-7}. À cette échelle, le développement limité est obligatoire, une calculatrice affichera γ=1\gamma=1 tout court : γ1β22=(8,33×107)22=3,47×1013\gamma-1\approx\dfrac{\beta^{2}}{2}=\dfrac{(8{,}33\times 10^{-7})^{2}}{2}=3{,}47\times 10^{-13}. Sur 12,012{,}0 h =43200=43\,200 s, le retard vaut 43200×3,47×1013=1,5×10843\,200\times 3{,}47\times 10^{-13}=1{,}5\times 10^{-8} s, soit 15 nanosecondes. Hafele et Keating ont pu le mesurer parce qu'ils embarquaient des horloges atomiques au césium, stables à mieux que la nanoseconde, et surtout parce qu'ils ont fait voler l'avion vers l'est PUIS vers l'ouest : la rotation de la Terre change le signe de la vitesse par rapport au référentiel inertiel, et c'est la DIFFÉRENCE entre les deux vols, bien plus grande que l'incertitude de chaque mesure, qu'ils ont comparée à la prévision. Le piège de calcul, ici, est de taper 1/1β21/\sqrt{1-\beta^{2}} dans la calculatrice et de lire exactement 1 : à 101310^{-13} près, la double précision d'une machine de poche ne voit rien.

Exercice 2 : L'horloge à lumière : d'où sort le facteur gamma

Une horloge à lumière est faite de deux miroirs parallèles séparés de L=1,50L=1{,}50 m ; un flash part du miroir du bas, se réfléchit en haut et revient : c'est un tic. L'horloge est fixée dans un wagon qui passe à v=0,800cv=0{,}800c devant un quai. La figure montre le trajet du flash vu du wagon (à gauche) et vu du quai (à droite).

vu du wagonvu du quaiLc dt/2v dt/2L
  • a) Calculez la durée d'un tic mesurée dans le wagon, puis expliquez pourquoi c'est elle, et pas l'autre, qui mérite le nom de temps propre.
  • b) Vu du quai, le flash suit deux obliques. Écrivez le théorème de Pythagore sur le demi-trajet et déduisez-en Δt=γΔt0\Delta t=\gamma\,\Delta t_{0}, sans admettre l'expression de γ\gamma.
  • c) Calculez numériquement Δt\Delta t, la longueur du trajet lumineux vu du quai et le déplacement du wagon pendant le tic. Que reconnaissez-vous dans le triangle obtenu ?
  • d) On objecte que le résultat ne vaut que pour une horloge à lumière, et qu'une montre mécanique, elle, ne ralentirait pas. Réfutez cette objection en une phrase, à partir du premier postulat.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Δt0=2Lc=10,0\Delta t_{0}=\dfrac{2L}{c}=10{,}0 ns : les deux événements sont au même endroit
  • b) Pythagore donne Δt=2Lc11β2=γΔt0\Delta t=\dfrac{2L}{c}\cdot\dfrac{1}{\sqrt{1-\beta^{2}}}=\gamma\Delta t_{0}
  • c) Δt=16,7\Delta t=16{,}7 ns, trajet de 5,005{,}00 m, avance de 4,004{,}00 m : le triangle 3-4-5
  • d) Sinon le voyageur détecterait son mouvement uniforme

a) Dans le wagon, l'horloge est immobile : le flash monte de 1,501{,}50 m et redescend de 1,501{,}50 m, soit 3,003{,}00 m à la vitesse cc. Δt0=2Lc=3,003,00×108=1,00×108\Delta t_{0}=\dfrac{2L}{c}=\dfrac{3{,}00}{3{,}00\times 10^{8}}=1{,}00\times 10^{-8} s, soit 10,010{,}0 ns. C'est le temps propre parce que les deux événements qui bornent le tic, le départ du flash et son retour, se produisent AU MÊME ENDROIT dans ce référentiel, sur le miroir du bas. C'est le seul critère, et il ne parle ni de vitesse ni de préférence : une seule horloge suffit à mesurer Δt0\Delta t_{0}, alors qu'il en faut deux, synchronisées, pour mesurer Δt\Delta t du quai.

b) Vu du quai, pendant la moitié du tic, le flash parcourt l'hypoténuse cΔt2\dfrac{c\,\Delta t}{2} tandis que le wagon avance de vΔt2\dfrac{v\,\Delta t}{2} ; le côté vertical vaut toujours LL, car la contraction n'agit que dans la direction du mouvement. Pythagore : (cΔt2)2=L2+(vΔt2)2\left(\dfrac{c\Delta t}{2}\right)^{2}=L^{2}+\left(\dfrac{v\Delta t}{2}\right)^{2}. En isolant : Δt24(c2v2)=L2\dfrac{\Delta t^{2}}{4}(c^{2}-v^{2})=L^{2}, donc Δt=2Lc2v2=2Lc11β2\Delta t=\dfrac{2L}{\sqrt{c^{2}-v^{2}}}=\dfrac{2L}{c}\cdot\dfrac{1}{\sqrt{1-\beta^{2}}}. Le premier facteur est exactement Δt0\Delta t_{0} : on obtient Δt=γΔt0\Delta t=\gamma\,\Delta t_{0}, et le facteur de Lorentz n'a pas été postulé, il est TOMBÉ d'un triangle rectangle. Le seul ingrédient relativiste est d'avoir écrit cc, et non cc plus quelque chose, pour la vitesse du flash vu du quai.

c) γ=110,64=10,6=1,667\gamma=\dfrac{1}{\sqrt{1-0{,}64}}=\dfrac{1}{0{,}6}=1{,}667, donc Δt=1,667×10,0=16,7\Delta t=1{,}667\times 10{,}0=16{,}7 ns. Trajet lumineux : cΔt=3,00×108×1,667×108=5,00c\,\Delta t=3{,}00\times 10^{8}\times 1{,}667\times 10^{-8}=5{,}00 m. Déplacement du wagon : vΔt=0,800×5,00=4,00v\,\Delta t=0{,}800\times 5{,}00=4{,}00 m. Le triangle complet a donc pour côtés 4,004{,}00 m, 3,003{,}00 m (les deux fois LL) et 5,005{,}00 m : c'est le triangle 3-4-5, ce qui n'est pas un hasard, c'est ce que vaut β=0,8\beta=0{,}8 dans ce chapitre. Retenez-le, il vérifie instantanément tout calcul à 0,8c0{,}8c.

d) Si une montre mécanique et une horloge à lumière posées côte à côte dans le wagon se désaccordaient pour un observateur du quai, alors le voyageur du wagon pourrait, en les comparant, détecter son propre mouvement uniforme : cela violerait le premier postulat. Deux horloges immobiles l'une par rapport à l'autre marquent le même temps pour tout le monde, donc le ralentissement porte sur le TEMPS lui-même et non sur un mécanisme. C'est la raison pour laquelle l'argument de l'horloge à lumière, qui a l'air d'un cas particulier bricolé, démontre en fait le cas général.

Exercice 3 : La contraction des longueurs et le voyage vers l'étoile

Un vaisseau de longueur propre L0=120L_{0}=120 m et de largeur propre 18,018{,}0 m file à v=0,600cv=0{,}600c vers une étoile située à 6,006{,}00 années-lumière de la Terre, distance mesurée par les astronomes terrestres. La figure compare le vaisseau au repos et le vaisseau mesuré depuis la Terre, à la même échelle.

au repos : L0 = 120 mvu de la Terre : L = 96 m18,0 m18,0 mv = 0,600c
  • a) Calculez la longueur et la largeur du vaisseau mesurées depuis la Terre. Que mesure l'équipage à bord, avec son propre mètre ruban ?
  • b) Calculez la durée du voyage mesurée depuis la Terre, en années.
  • c) Refaites le calcul du point de vue de l'équipage, en n'utilisant QUE la contraction des longueurs, sans jamais parler de dilatation du temps. Vérifiez que le résultat s'accorde avec la dilatation appliquée au résultat de b).
  • d) Un étudiant écrit : « le vaisseau est comprimé par sa vitesse, donc sa coque subit une contrainte mécanique ». Corrigez, et dites précisément quelle opération de mesure produit la contraction.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 96,096{,}0 m sur 18,018{,}0 m vus de la Terre ; 120120 m sur 18,018{,}0 m à bord
  • b) t=6,000,600=10,0t=\dfrac{6{,}00}{0{,}600}=10{,}0 ans
  • c) 4,804{,}80 a.l. contractées, donc 8,008{,}00 ans à bord : les deux voies concordent
  • d) Aucune contrainte : tout vient de la relativité de la simultanéité

a) γ=110,360=10,800=1,250\gamma=\dfrac{1}{\sqrt{1-0{,}360}}=\dfrac{1}{0{,}800}=1{,}250. Longueur vue de la Terre : L=L0γ=1201,250=96,0L=\dfrac{L_{0}}{\gamma}=\dfrac{120}{1{,}250}=96{,}0 m. Largeur vue de la Terre : 18,018{,}0 m, INCHANGÉE, parce que la contraction n'agit que dans la direction du mouvement. À bord, l'équipage mesure toujours 120120 m sur 18,018{,}0 m : dans son propre référentiel, le vaisseau est immobile, donc c'est la longueur propre qu'il lit, et rien n'a changé pour lui. Aucun des deux n'a tort.

b) Depuis la Terre, le vaisseau parcourt 6,006{,}00 années-lumière à 0,600c0{,}600c : t=6,000,600=10,0t=\dfrac{6{,}00}{0{,}600}=10{,}0 ans. Notez qu'on divise une distance en années-lumière par une vitesse en fraction de cc, ce qui donne directement des années : c'est le système d'unités qui rend ce chapitre calculable de tête.

c) Pour l'équipage, ce n'est pas le vaisseau qui avance, c'est l'étoile qui arrive. La distance Terre-étoile est une longueur propre POUR LA TERRE, puisque les deux extrémités y sont immobiles ; l'équipage, lui, la voit défiler et la mesure contractée : L=6,001,250=4,80L'=\dfrac{6{,}00}{1{,}250}=4{,}80 années-lumière. Comme l'étoile arrive à 0,600c0{,}600c, le voyage dure t=4,800,600=8,00t'=\dfrac{4{,}80}{0{,}600}=8{,}00 ans à bord. Vérification par l'autre route : le temps de bord est un temps propre, les deux événements (départ, arrivée) ayant lieu au même endroit dans le vaisseau, donc t=γtt=\gamma t', soit t=10,01,250=8,00t'=\dfrac{10{,}0}{1{,}250}=8{,}00 ans. Les deux méthodes coïncident, et c'est le seul contrôle qui vaille : chaque référentiel n'utilise QU'UN des deux effets. Compter la contraction ET la dilatation dans le même récit divise le temps deux fois par γ\gamma, et c'est l'erreur la plus fréquente du chapitre.

d) Il n'y a aucune force et aucune contrainte : la coque du vaisseau ne subit strictement rien, et un accéléromètre embarqué ne mesure aucune déformation. Ce qui produit la contraction, c'est l'opération de mesure elle-même : mesurer la longueur d'un objet en mouvement, c'est relever la position de ses deux extrémités AU MÊME INSTANT. Or « au même instant » n'a pas le même sens dans les deux référentiels, précisément parce que la simultanéité est relative. L'observateur terrestre repère les deux extrémités simultanément selon SES horloges ; pour l'équipage, ces deux relevés n'ont pas été faits en même temps, l'arrière ayant été pointé après l'avant, alors que le vaisseau avait avancé. Toute la contraction est là, dans un désaccord sur la simultanéité, jamais dans une compression.

Exercice 4 : Le muon atmosphérique : le même fait, deux récits

Un muon est créé par un rayon cosmique à 15,015{,}0 km d'altitude et descend verticalement à v=0,9950cv=0{,}9950c. Sa vie moyenne, mesurée au repos en laboratoire, vaut τ0=2,20\tau_{0}=2{,}20 μs. Une population de muons décroît selon N(t)=N0et/τN(t)=N_{0}e^{-t/\tau}, où τ\tau est la vie moyenne exprimée dans le référentiel où l'on compte le temps tt.

  • a) Calculez γ\gamma, puis, en physique classique, la distance parcourue en une vie moyenne. Quelle fraction des muons atteindrait le sol si la relativité était fausse ?
  • b) Reprenez le calcul dans le référentiel du sol, en utilisant la dilatation du temps. Quelle fraction atteint le sol ?
  • c) Reprenez-le une troisième fois dans le référentiel du muon, en utilisant la contraction des longueurs et le temps propre. Vous devez retrouver exactement le même pourcentage.
  • d) Un étudiant applique la dilatation du temps ET la contraction des longueurs dans le même calcul et trouve une fraction bien plus grande. Expliquez pourquoi c'est faux, et énoncez la règle qui l'aurait évité.

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b)
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Réponses

  • a) γ10,0\gamma\approx 10{,}0, 657657 m par vie moyenne, 22,822{,}8 vies : 101010^{-10} de survivants
  • b) Vie apparente 22,022{,}0 µs, vol moyen 6,586{,}58 km, 2,282{,}28 vies : environ 10%10\,\%
  • c) Atmosphère contractée à 1,501{,}50 km, temps propre 5,025{,}02 µs : 2,282{,}28 vies, le MÊME nombre
  • d) Le nombre de vies moyennes est une grandeur physique : un seul effet par référentiel

a) γ=110,99502=10,009975=10,01\gamma=\dfrac{1}{\sqrt{1-0{,}9950^{2}}}=\dfrac{1}{\sqrt{0{,}009975}}=10{,}01. En physique classique, le muon parcourrait en une vie moyenne d0=βcτ0=0,9950×3,00×108×2,20×106=657d_{0}=\beta c\,\tau_{0}=0{,}9950\times 3{,}00\times 10^{8}\times 2{,}20\times 10^{-6}=657 m. Les 15,015{,}0 km représentent alors 15000657=22,8\dfrac{15\,000}{657}=22{,}8 vies moyennes, et la fraction survivante vaut e22,8=1,2×1010e^{-22{,}8}=1{,}2\times 10^{-10} : sur dix milliards de muons créés, un seul arriverait. Le détecteur au niveau de la mer devrait être vide, et il ne l'est pas : c'est l'une des plus anciennes preuves expérimentales directes de la relativité.

b) Dans le référentiel du sol, l'horloge du muon est en mouvement, donc elle bat lentement : sa vie moyenne apparente vaut γτ0=10,01×2,20=22,0\gamma\tau_{0}=10{,}01\times 2{,}20=22{,}0 μs. La distance de vol moyenne devient βcγτ0=0,9950×3,00×108×2,20×105=6,58×103\beta c\gamma\tau_{0}=0{,}9950\times 3{,}00\times 10^{8}\times 2{,}20\times 10^{-5}=6{,}58\times 10^{3} m, soit 6,586{,}58 km. Les 15,015{,}0 km ne font plus que 150006575=2,28\dfrac{15\,000}{6\,575}=2{,}28 vies moyennes, et la fraction survivante vaut e2,28=0,102e^{-2{,}28}=0{,}102, soit environ 10 %. Un muon sur dix arrive au sol, ce qui est parfaitement mesurable.

c) Dans le référentiel du muon, sa vie moyenne vaut 2,202{,}20 μs et rien d'autre : c'est SON horloge, elle bat normalement. Ce qui change, c'est l'atmosphère, qui fonce vers lui à 0,9950c0{,}9950c et dont l'épaisseur est contractée : L=1500010,01=1,50×103L'=\dfrac{15\,000}{10{,}01}=1{,}50\times 10^{3} m. Le temps propre du trajet vaut 14980,9950×3,00×108=5,02\dfrac{1\,498}{0{,}9950\times 3{,}00\times 10^{8}}=5{,}02 μs, soit 5,022,20=2,28\dfrac{5{,}02}{2{,}20}=2{,}28 vies moyennes : le MÊME nombre qu'en b), donc la même fraction de 10 %. C'est le point culminant de l'exercice. Les deux observateurs racontent des histoires incompatibles, l'un parle d'une horloge ralentie, l'autre d'une atmosphère aplatie, et pourtant ils s'accordent sur la seule chose vérifiable : le nombre de muons qui déclenchent le détecteur.

d) Parce que le nombre de vies moyennes écoulées est une grandeur PHYSIQUE, comptable, pas une convention : c'est le nombre de fois que l'horloge interne du muon a fait le tour, et tout le monde doit tomber d'accord dessus. Appliquer les deux effets à la fois le divise deux fois par γ\gamma et donne 0,2280{,}228 vie moyenne, soit 80 % de survivants, ce qui contredirait le comptage du détecteur. La règle qui l'évite tient en une ligne et vaut pour tout le chapitre : on choisit UN référentiel, on y reste, et on n'y utilise qu'un seul effet. La dilatation du temps est ce que le sol dit de l'horloge du muon ; la contraction des longueurs est ce que le muon dit de la règle du sol. Ce sont deux descriptions du même désaccord, pas deux désaccords qui s'ajoutent.

Exercice 5 : Les deux éclairs du train : la simultanéité tombe

Un train de longueur propre L0=300L_{0}=300 m traverse une gare à v=0,600cv=0{,}600c. Deux éclairs frappent l'avant et l'arrière du train, et les marques laissées sur le quai montrent que, POUR LE CHEF DE GARE, les deux impacts ont été simultanés. Une voyageuse est assise exactement au milieu du train.

eclair arriereeclair avant240 m mesures du quaivoyageusev = 0,600c vers la droite
  • a) Calculez la longueur du train mesurée depuis le quai, et vérifiez la cote portée sur la figure.
  • b) Par un raisonnement sur les signaux lumineux reçus par la voyageuse, et sans aucune transformation de Lorentz, déterminez lequel des deux éclairs a frappé le premier DANS LE TRAIN.
  • c) Calculez l'écart temporel Δt|\Delta t'| entre les deux impacts dans le référentiel du train, par les transformations de Lorentz. Montrez au passage que le résultat se met sous la forme remarquable vL0c2\dfrac{v L_{0}}{c^{2}}.
  • d) Calculez l'intervalle d'espace-temps entre les deux impacts dans chacun des deux référentiels. Que constatez-vous, et pourquoi l'inversion de l'ordre des deux événements ne menace-t-elle pas le principe de causalité ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) L=L0γ=240L=\dfrac{L_{0}}{\gamma}=240 m
  • b) L'éclair AVANT : la voyageuse va à sa rencontre et le reçoit en premier
  • c) Δt=vL0c2=600|\Delta t'|=\dfrac{vL_{0}}{c^{2}}=600 ns, sans trace de γ\gamma
  • d) s2=5,76×104s^{2}=-5{,}76\times 10^{4} m² dans les deux cas : genre espace, aucune causalité menacée

a) γ=1,250\gamma=1{,}250 à 0,600c0{,}600c, donc le quai mesure L=3001,250=240L=\dfrac{300}{1{,}250}=240 m : c'est bien la cote de la figure. Attention à ne pas intervertir : 300300 m est la longueur PROPRE, mesurée dans le train où le train est immobile, et c'est toujours la plus grande.

b) Vu du quai, les deux flashes partent au même instant des deux extrémités et se propagent tous deux à cc. Pendant qu'ils voyagent, la voyageuse, assise au milieu, AVANCE vers l'avant du train : elle va donc à la rencontre du flash avant et fuit le flash arrière. Elle reçoit le flash avant en premier, c'est un fait sur lequel tout le monde s'accorde, puisqu'il s'agit d'un seul événement, la réception. Or dans SON référentiel, elle est immobile et se trouve à égale distance des deux extrémités, la lumière mettant donc le même temps à lui parvenir des deux côtés. Si elle reçoit l'avant en premier alors que les trajets ont duré autant, c'est que l'éclair AVANT est parti le premier. Dans le train, les deux impacts ne sont pas simultanés, et c'est celui de l'avant qui précède.

c) Prenons SS le quai et SS' le train, qui se déplace à +v+v. Les deux impacts ont lieu en t=0t=0, aux abscisses xarrx_{\text{arr}} et xav=xarr+240x_{\text{av}}=x_{\text{arr}}+240. La transformation t=γ(tvxc2)t'=\gamma\left(t-\dfrac{vx}{c^{2}}\right) donne Δt=tavtarr=γvΔxc2\Delta t'=t'_{\text{av}}-t'_{\text{arr}}=-\gamma\dfrac{v\,\Delta x}{c^{2}}, négatif : l'avant est bien frappé le premier, ce qui confirme b). Numériquement : Δt=1,250×0,600×3,00×108×2409,00×1016=6,00×107|\Delta t'|=1{,}250\times\dfrac{0{,}600\times 3{,}00\times 10^{8}\times 240}{9{,}00\times 10^{16}}=6{,}00\times 10^{-7} s, soit 600600 ns. Forme remarquable : puisque Δx=L0γ\Delta x=\dfrac{L_{0}}{\gamma}, le γ\gamma se simplifie et Δt=vL0c2|\Delta t'|=\dfrac{v L_{0}}{c^{2}}, où L0L_{0} est la longueur propre du train. Le γ\gamma disparaît, ce qui est le meilleur contrôle de tout l'exercice : 0,600×3,00×108×3009,00×1016=6,00×107\dfrac{0{,}600\times 3{,}00\times 10^{8}\times 300}{9{,}00\times 10^{16}}=6{,}00\times 10^{-7} s.

d) Sur le quai : Δt=0\Delta t=0 et Δx=240\Delta x=240 m, donc s2=(cΔt)2(Δx)2=02402=5,76×104s^{2}=(c\Delta t)^{2}-(\Delta x)^{2}=0-240^{2}=-5{,}76\times 10^{4} m2^{2}. Dans le train : Δt=6,00×107\Delta t'=6{,}00\times 10^{-7} s et Δx=300\Delta x'=300 m, donc cΔt=180c\Delta t'=180 m et s2=18023002=3240090000=5,76×104s^{2}=180^{2}-300^{2}=32\,400-90\,000=-5{,}76\times 10^{4} m2^{2}. Identique : l'intervalle est un INVARIANT, et c'est le seul contrôle numérique fiable dont on dispose quand on a manipulé des transformations de Lorentz. Sa valeur est négative, l'intervalle est du genre espace : les deux éclairs sont trop éloignés pour que la lumière ait le temps d'aller de l'un à l'autre, aucun ne peut donc être la cause de l'autre. Leur ordre n'a pas de sens absolu, et il peut effectivement s'inverser selon le référentiel, sans qu'aucun effet ne précède jamais sa cause. La causalité n'est protégée que pour les paires d'événements du genre temps, celles que la lumière peut relier, et pour celles-là l'ordre est le même dans tous les référentiels.

Partie B : Lorentz, dynamique relativiste et applications (/50)

Exercice 6 : Lorentz et l'addition des vitesses

La courbe donne la vitesse uu mesurée depuis la Terre d'un projectile tiré vers l'avant à la vitesse uu' par une fusée qui s'éloigne elle-même à v=0,800cv=0{,}800c. La droite en pointillés est la prévision galiléenne u=u+vu=u'+v. Toutes les vitesses sont en unités de cc.

0.10.20.30.40.50.60.70.80.910.20.40.60.811.21.41.61.82u'/cu/c
  • a) Écrivez les quatre transformations de Lorentz de SS vers SS', et dites comment on obtient les transformations inverses sans refaire un calcul.
  • b) La fusée s'éloigne de la Terre à 0,800c0{,}800c et tire vers l'avant un projectile à 0,700c0{,}700c dans son propre référentiel. Calculez la vitesse du projectile mesurée depuis la Terre, et comparez à la prévision galiléenne.
  • c) La fusée allume un phare vers l'avant au lieu de tirer. Vérifiez que la loi d'addition redonne exactement cc, et dites quel postulat cela illustre.
  • d) Deux fusées se croisent, chacune à 0,900c0{,}900c par rapport à la Terre mais en sens opposés. Calculez la vitesse de l'une mesurée par l'autre.
  • e) Démontrez algébriquement que si u<c|u'|<c et v<c|v|<c, alors u<c|u|<c : la loi ne peut jamais franchir la barrière.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) x=γ(xvt)x'=\gamma(x-vt), t=γ(tvxc2)t'=\gamma\left(t-\dfrac{vx}{c^{2}}\right) ; inverse en changeant vv en v-v
  • b) u=0,9615cu=0{,}9615c contre 1,500c1{,}500c pour Galilée
  • c) u=cu=c exactement : c'est le second postulat
  • d) 0,9945c0{,}9945c ; le taux de séparation de 1,800c1{,}800c n'est la vitesse d'aucun objet
  • e) cu=c(1β1)(1β2)1+β1β2>0c-u=c\dfrac{(1-\beta_{1})(1-\beta_{2})}{1+\beta_{1}\beta_{2}}>0 strictement

a) Avec SS' se déplaçant à +v+v le long de xx : x=γ(xvt)x'=\gamma(x-vt), t=γ(tvxc2)t'=\gamma\left(t-\dfrac{vx}{c^{2}}\right), y=yy'=y, z=zz'=z. Les transformations inverses s'obtiennent en échangeant les rôles des deux référentiels, ce qui revient à changer vv en v-v et à permuter primé et non primé : x=γ(x+vt)x=\gamma(x'+vt'), t=γ(t+vxc2)t=\gamma\left(t'+\dfrac{vx'}{c^{2}}\right). Le principe de relativité l'exige : aucun des deux référentiels n'étant privilégié, la forme des lois doit être la même dans les deux sens, au signe de la vitesse près.

b) u=u+v1+uvc2=0,700+0,8001+0,560=1,5001,560=0,9615cu=\dfrac{u'+v}{1+\dfrac{u'v}{c^{2}}}=\dfrac{0{,}700+0{,}800}{1+0{,}560}=\dfrac{1{,}500}{1{,}560}=0{,}9615c. La prévision galiléenne donnerait 1,500c1{,}500c, soit une vitesse supraluminique, physiquement impossible. Le dénominateur 1+uvc21+\dfrac{u'v}{c^{2}} est tout le contenu de la relativité ici : il vaut pratiquement 1 tant que l'un des deux mouvements est lent, ce qui explique pourquoi la loi galiléenne a tenu trois siècles, et il freine brutalement dès que les deux vitesses sont comparables à cc. Sur la figure, la courbe et la droite se séparent visiblement dès u=0,2cu'=0{,}2c et la courbe rejoint l'asymptote u=cu=c sans jamais la franchir.

c) Avec u=cu'=c : u=c+0,800c1+0,800ccc2=1,800c1,800=cu=\dfrac{c+0{,}800c}{1+\dfrac{0{,}800c\cdot c}{c^{2}}}=\dfrac{1{,}800c}{1{,}800}=c. La lumière émise par une source qui fuit à 0,800c0{,}800c arrive quand même à cc : c'est exactement le second postulat, et le fait que la loi d'addition le respecte automatiquement n'est pas une coïncidence, elle a été construite pour cela. Remarquez que u=cu'=c donne u=cu=c quelle que soit vv : cc est un point fixe de la loi d'addition.

d) Plaçons-nous dans la première fusée. La Terre s'éloigne d'elle à 0,900c0{,}900c, et la seconde fusée s'éloigne de la Terre à 0,900c0{,}900c dans le même sens (vu depuis la première). u=0,900+0,9001+0,810=1,8001,810=0,9945cu=\dfrac{0{,}900+0{,}900}{1+0{,}810}=\dfrac{1{,}800}{1{,}810}=0{,}9945c. La réponse galiléenne, 1,800c1{,}800c, est fausse en tant que vitesse relative propre. Attention cependant à la nuance qui fait perdre des points : dans le référentiel de la Terre, l'écart entre les deux fusées croît bel et bien au rythme de 1,800c1{,}800c par seconde, et cela n'est interdit par rien, car ce taux de séparation n'est la vitesse d'aucun objet. Ce qui est interdit, c'est qu'un objet dépasse cc dans un référentiel donné, et aucune des deux fusées ne le fait.

e) Posons β1=uc\beta_{1}=\dfrac{u'}{c} et β2=vc\beta_{2}=\dfrac{v}{c}, tous deux dans ]1;1[]-1;1[, et supposons-les positifs pour fixer les idées. Calculons l'écart à la barrière : cu=cc(β1+β2)1+β1β2=c1+β1β2β1β21+β1β2=c(1β1)(1β2)1+β1β2c-u=c-\dfrac{c(\beta_{1}+\beta_{2})}{1+\beta_{1}\beta_{2}}=c\cdot\dfrac{1+\beta_{1}\beta_{2}-\beta_{1}-\beta_{2}}{1+\beta_{1}\beta_{2}}=c\cdot\dfrac{(1-\beta_{1})(1-\beta_{2})}{1+\beta_{1}\beta_{2}}. La factorisation du numérateur est toute l'astuce. Chaque facteur (1βi)(1-\beta_{i}) est strictement positif puisque βi<1\beta_{i}<1, et le dénominateur l'est aussi, donc cu>0c-u>0 strictement : la loi ne peut ni atteindre ni dépasser cc. Le calcul montre en prime comment elle s'en approche : si les deux vitesses valent 0,99c0{,}99c, le numérateur contient (0,01)2(0{,}01)^{2}, et l'écart à cc tombe à 5×105c5\times 10^{-5}c. Plus on pousse, plus la barrière résiste.

Exercice 7 : Quantité de mouvement, énergie et l'invariant

Un électron, d'énergie de repos mec2=0,511m_{e}c^{2}=0{,}511 MeV, est accéléré au repos sous une différence de potentiel de 2,002{,}00 MV. La courbe compare l'énergie cinétique relativiste K=(γ1)mc2K=(\gamma-1)mc^{2} à la prévision classique K=12mv2K=\tfrac{1}{2}mv^{2}, toutes deux en unités de mc2mc^{2}.

0.10.20.30.40.50.60.70.80.91123456beta = v/cK / mc2
  • a) Calculez l'énergie cinétique acquise en MeV, puis γ\gamma, puis β\beta et la vitesse de l'électron.
  • b) Refaites le calcul de la vitesse avec la formule classique K=12mv2K=\tfrac{1}{2}mv^{2}. Commentez le résultat obtenu.
  • c) Calculez l'énergie totale de l'électron et sa quantité de mouvement en MeV/c, par la relation énergie-impulsion, puis vérifiez le résultat par p=γmvp=\gamma m v.
  • d) Un proton, d'énergie de repos 938,3938{,}3 MeV, reçoit la MÊME énergie cinétique de 2,002{,}00 MeV. Calculez sa vitesse par la formule relativiste, puis par la formule classique, et concluez.
  • e) Expliquez ce que signifie « E2(pc)2E^{2}-(pc)^{2} est un invariant » et à quoi cela sert concrètement dans un problème de collision.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) K=2,00K=2{,}00 MeV, γ=4,914\gamma=4{,}914, β=0,9791\beta=0{,}9791, soit 2,94×1082{,}94\times 10^{8} m/s
  • b) 2,80c2{,}80c : une absurdité, pas une imprécision
  • c) E=2,511E=2{,}511 MeV et p=2,459p=2{,}459 MeV/c, par les deux voies
  • d) Le proton reste classique : tout tient au rapport K/mc2K/mc^{2}
  • e) E2(pc)2=(mc2)2E^{2}-(pc)^{2}=(mc^{2})^{2} donne l'énergie disponible sans transformer de vitesse

a) Une charge élémentaire accélérée sous 2,002{,}00 MV acquiert par définition K=2,00K=2{,}00 MeV : c'est tout l'intérêt de l'électronvolt comme unité. De K=(γ1)mc2K=(\gamma-1)mc^{2} on tire γ=1+Kmc2=1+2,000,511=1+3,914=4,914\gamma=1+\dfrac{K}{mc^{2}}=1+\dfrac{2{,}00}{0{,}511}=1+3{,}914=4{,}914. Puis β=11γ2=1124,15=0,9586=0,9791\beta=\sqrt{1-\dfrac{1}{\gamma^{2}}}=\sqrt{1-\dfrac{1}{24{,}15}}=\sqrt{0{,}9586}=0{,}9791, soit v=2,937×108v=2{,}937\times 10^{8} m/s. Notez la voie suivie : énergie, puis γ\gamma, puis β\beta. Passer par la vitesse en premier est le réflexe classique, et c'est le plus sûr moyen de s'embourber.

b) 12mv2=K\tfrac{1}{2}mv^{2}=K donne vc=2Kmc2=2×3,914=7,828=2,798\dfrac{v}{c}=\sqrt{\dfrac{2K}{mc^{2}}}=\sqrt{2\times 3{,}914}=\sqrt{7{,}828}=2{,}798, c'est-à-dire 2,80c2{,}80c. Une vitesse presque triple de celle de la lumière : la formule classique ne se contente pas d'être imprécise, elle produit une absurdité. C'est la lecture physique de la courbe en pointillés, qui monte tout droit et traverse toutes les valeurs sans obstacle, alors que la courbe relativiste diverge en β=1\beta=1 : il faut une énergie INFINIE pour atteindre cc, et c'est la vraie raison pour laquelle rien de massif n'y arrive.

c) Énergie totale : E=γmc2=4,914×0,511=2,511E=\gamma mc^{2}=4{,}914\times 0{,}511=2{,}511 MeV, ce qui est bien K+mc2=2,00+0,511K+mc^{2}=2{,}00+0{,}511, un contrôle immédiat. Par la relation énergie-impulsion : (pc)2=E2(mc2)2=2,51120,5112=6,3050,261=6,044(pc)^{2}=E^{2}-(mc^{2})^{2}=2{,}511^{2}-0{,}511^{2}=6{,}305-0{,}261=6{,}044, donc pc=2,459pc=2{,}459 MeV et p=2,459p=2{,}459 MeV/c. Vérification par la définition : pc=γβmc2=4,914×0,9791×0,511=2,459pc=\gamma\beta mc^{2}=4{,}914\times 0{,}9791\times 0{,}511=2{,}459 MeV. Les deux chemins coïncident. L'unité MeV/c déconcerte au début, mais elle évite de traîner des 102210^{-22} kg·m/s pendant tout un problème.

d) Proton : γ=1+2,00938,3=1,002132\gamma=1+\dfrac{2{,}00}{938{,}3}=1{,}002132, donc β=111,0021322=0,06519\beta=\sqrt{1-\dfrac{1}{1{,}002132^{2}}}=0{,}06519, soit 1,956×1071{,}956\times 10^{7} m/s. Formule classique : β=2×2,00938,3=0,06529\beta=\sqrt{\dfrac{2\times 2{,}00}{938{,}3}}=0{,}06529. L'écart est de 0,160{,}16 %, négligeable dans presque toute évaluation. La même énergie de 2,002{,}00 MeV rend donc un électron ultra-relativiste et laisse un proton en régime classique, parce que ce qui compte n'est jamais l'énergie absolue mais le RAPPORT Kmc2\dfrac{K}{mc^{2}} : 3,913{,}91 pour l'électron, 0,00210{,}0021 pour le proton. Avant tout calcul, formez ce rapport : s'il est très petit devant 1, la mécanique classique suffit, s'il vaut 1 ou plus, elle est disqualifiée.

e) EE et pp changent tous deux quand on change de référentiel, mais la combinaison E2(pc)2E^{2}-(pc)^{2} garde la même valeur pour tout le monde, à savoir (mc2)2(mc^{2})^{2}, qui ne dépend que de la particule. C'est le pendant exact de l'invariance de l'intervalle (cΔt)2(Δx)2(c\Delta t)^{2}-(\Delta x)^{2} pour l'espace-temps. Concrètement, dans un problème de collision, on écrit la conservation de EE et de pp dans le référentiel du laboratoire, où les données sont fournies, puis on calcule l'invariant du système entier ; comme il vaut la même chose dans le référentiel du centre de masse, où la quantité de mouvement totale est nulle, on obtient d'un coup l'énergie disponible pour créer de nouvelles particules, sans jamais transformer une seule vitesse. C'est la méthode standard pour trouver un seuil de réaction, et elle épargne des pages de calcul.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse, ou fausse par un détail décisif. Dites ce qui cloche et donnez l'énoncé correct. Deux points chacune.

  • a) « Un objet qui se déplace vite devient plus lourd : sa masse augmente avec sa vitesse, c'est pour cela qu'on ne peut pas atteindre cc. »
  • b) « La dilatation du temps est un effet de retard : la lumière met plus longtemps à nous parvenir d'une horloge qui s'éloigne, donc elle nous paraît en retard. »
  • c) « Dans le paradoxe des jumeaux, tout est relatif, donc chacun voit l'autre vieillir moins vite ; la situation est parfaitement symétrique et le paradoxe est insoluble. »
  • d) « Rien ne peut aller plus vite que la lumière, donc deux fusées lancées en sens opposés à 0,900c0{,}900c chacune violeraient la relativité, puisqu'elles s'écartent à 1,800c1{,}800c. »
  • e) « La contraction des longueurs est une déformation réelle de l'objet : une règle lancée à grande vitesse est physiquement comprimée, ses atomes sont plus rapprochés. »

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) La masse est invariante ; c'est E=γmc2E=\gamma mc^{2} qui diverge
  • b) Le retard de propagation est le Doppler, déjà corrigé ; la dilatation subsiste
  • c) Le demi-tour rompt la symétrie : le voyageur revient plus jeune
  • d) Le taux de séparation n'est la vitesse d'aucun objet
  • e) Aucune force : c'est la simultanéité, et l'effet est réciproque

a) Faux dans son vocabulaire et dans sa conclusion. La masse mm est un INVARIANT relativiste : elle a la même valeur dans tous les référentiels, c'est une propriété de la particule au même titre que sa charge. La notion de « masse relativiste » γm\gamma m a été abandonnée par la physique moderne précisément parce qu'elle produit cette confusion. Ce qui augmente sans limite, ce sont l'énergie E=γmc2E=\gamma mc^{2} et la quantité de mouvement p=γmvp=\gamma mv. Énoncé correct : on ne peut pas atteindre cc parce qu'il faudrait fournir une énergie infinie, γ\gamma divergeant quand β1\beta\to 1, et non parce qu'un objet deviendrait lourd.

b) Faux, et l'erreur est classique parce qu'un tel retard existe bel et bien. Mais il porte un autre nom, c'est l'effet Doppler, et il est DÉJÀ CORRIGÉ dans toute mesure sérieuse : on compare des horloges en tenant compte du temps de vol des signaux, ou on utilise deux horloges synchronisées sur place, comme dans l'expérience du muon où le détecteur est au sol, sans aucun signal à propager. La dilatation subsiste après cette correction. Énoncé correct : la dilatation du temps est une propriété des intervalles de temps eux-mêmes, indépendante de la façon dont l'information nous parvient, et elle est symétrique alors que le Doppler ne l'est pas, puisqu'il change de signe selon qu'on s'approche ou qu'on s'éloigne.

c) La première moitié est vraie, la seconde est fausse, et c'est la seconde qui compte. Tant que les deux jumeaux restent inertiels, chacun voit effectivement l'horloge de l'autre battre lentement, sans contradiction, car ils n'utilisent pas la même définition de la simultanéité. La symétrie est rompue au moment du DEMI-TOUR : le voyageur change de référentiel inertiel, il subit une accélération que son jumeau ne subit pas, et l'expérience le prouve, il est le seul des deux à être plaqué contre sa couchette. Énoncé correct : le voyageur revient effectivement plus jeune, d'un facteur γ\gamma sur la durée du voyage, et il n'y a pas de paradoxe parce que les deux situations ne sont pas interchangeables.

d) L'affirmation confond deux choses différentes. Dans le référentiel de la Terre, la distance entre les deux fusées croît bien au rythme de 1,800c1{,}800c par unité de temps, et cela ne viole rien : ce taux de séparation n'est la vitesse d'aucun objet, aucune information ne le parcourt, et rien ne peut être transporté à ce rythme. Ce qu'interdit la relativité, c'est qu'un OBJET dépasse cc dans un référentiel donné, et chacune des deux fusées y va à 0,900c0{,}900c. Énoncé correct : la vitesse d'une fusée mesurée dans le référentiel de l'autre, qui est la seule vitesse relative au sens propre, vaut 1,8001,810c=0,9945c\dfrac{1{,}800}{1{,}810}c=0{,}9945c, bien en dessous de cc.

e) Faux. Aucune force ne s'exerce, aucune contrainte n'apparaît dans la règle, et un observateur qui voyage avec elle ne mesure strictement aucun changement, ni de longueur, ni de distance interatomique. La contraction vient de l'opération de mesure : mesurer la longueur d'un objet en mouvement suppose de relever ses deux extrémités au même instant, et « au même instant » n'a pas le même sens dans les deux référentiels. Énoncé correct : la contraction des longueurs est une conséquence de la relativité de la simultanéité, elle est réciproque, chacun voyant la règle de l'autre plus courte, ce qui serait impossible pour une déformation matérielle.

Exercice 9 : Problème : le GPS et ses deux corrections opposées

Un satellite GPS orbite à 2020020\,200 km d'altitude à la vitesse v=3,87v=3{,}87 km/s. Son horloge atomique est comparée à une horloge identique restée au sol. La relativité générale prévoit, du fait de l'affaiblissement du champ gravitationnel en altitude, une AVANCE de +45,9+45{,}9 μs par jour, qu'on prendra comme donnée. La relativité restreinte prévoit un effet de signe opposé, qu'il s'agit ici de calculer. On prendra un jour de 8640086\,400 s.

  • a) Calculez β\beta, puis montrez qu'un développement limité est indispensable et donnez γ1\gamma-1 à cet ordre.
  • b) Calculez le retard relativiste restreint accumulé par l'horloge du satellite en une journée, en microsecondes.
  • c) Combinez les deux effets et donnez le décalage net par jour. Lequel des deux l'emporte ?
  • d) Un récepteur GPS détermine sa position en mesurant des temps de vol de signaux à la vitesse cc. Calculez l'erreur de position que produirait, après une journée, l'absence de toute correction.
  • e) Les horloges embarquées sont réglées AVANT le lancement sur une fréquence légèrement décalée, 10,229999995410{,}229\,999\,995\,4 MHz au lieu de 10,2310{,}23 MHz. Justifiez ce choix, et calculez l'écart relatif de fréquence pour vérifier qu'il correspond bien au décalage net.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) β=1,29×105\beta=1{,}29\times 10^{-5} et γ1β22=8,32×1011\gamma-1\approx\dfrac{\beta^{2}}{2}=8{,}32\times 10^{-11}
  • b) Retard de 7,197{,}19 µs par jour
  • c) 45,97,19=+38,745{,}9-7{,}19=+38{,}7 µs : la relativité générale l'emporte
  • d) cΔt11,6c\Delta t\approx 11{,}6 km après une seule journée
  • e) Écart relatif de 4,5×10104{,}5\times 10^{-10}, exactement le décalage net

a) β=3,87×1033,00×108=1,29×105\beta=\dfrac{3{,}87\times 10^{3}}{3{,}00\times 10^{8}}=1{,}29\times 10^{-5}. En tapant γ=(1β2)1/2\gamma=(1-\beta^{2})^{-1/2} dans une calculatrice, on lit exactement 1 : l'écart cherché vaut 101010^{-10}, très en dessous des dix chiffres significatifs affichés. Le développement limité n'est donc pas une commodité, c'est le seul moyen d'obtenir le résultat : γ1β22=(1,29×105)22=8,32×1011\gamma-1\approx\dfrac{\beta^{2}}{2}=\dfrac{(1{,}29\times 10^{-5})^{2}}{2}=8{,}32\times 10^{-11}.

b) L'horloge du satellite est en mouvement par rapport au sol, donc elle bat lentement : elle prend du retard, au rythme relatif β22\dfrac{\beta^{2}}{2}. Sur 8640086\,400 s : Δt=86400×8,32×1011=7,19×106\Delta t=86\,400\times 8{,}32\times 10^{-11}=7{,}19\times 10^{-6} s, soit un retard de 7,197{,}19 μs par jour. Le signe est la moitié de la réponse : la relativité restreinte fait toujours RETARDER l'horloge en mouvement.

c) Les deux effets sont de signes opposés : la gravitation fait avancer de 45,945{,}9 μs, la vitesse fait retarder de 7,197{,}19 μs. Décalage net : 45,97,19=+38,745{,}9-7{,}19=+38{,}7 μs par jour, en avance. C'est la relativité générale qui l'emporte, d'un facteur six environ, parce que le satellite est très haut, à trois rayons terrestres, alors que sa vitesse orbitale reste modeste. Un satellite en orbite basse, plus rapide et moins haut, verrait le rapport s'inverser.

d) Une erreur de datation Δt\Delta t se traduit par une erreur de distance cΔt=3,00×108×38,7×106=1,16×104c\,\Delta t=3{,}00\times 10^{8}\times 38{,}7\times 10^{-6}=1{,}16\times 10^{4} m, soit environ 11,611{,}6 km après une seule journée. C'est le chiffre qui rend l'argument imparable : sans les deux corrections relativistes, la navigation par satellite dériverait de plus de dix kilomètres par jour et serait inutilisable en quelques heures. Le GPS n'est pas une confirmation de laboratoire de la relativité, c'est une infrastructure civile qui ne fonctionnerait pas sans elle.

e) Puisque l'horloge du satellite va prendre de l'avance une fois en orbite, on la fait battre un peu trop LENTEMENT au départ, de façon qu'elle se retrouve juste une fois là-haut ; corriger au sol après coup obligerait chacun des récepteurs à refaire ce calcul en permanence, alors qu'un décalage de fabrication est gratuit et définitif. Vérification : l'écart relatif vaut 10,2310,229999995410,23=4,6×10910,23=4,5×1010\dfrac{10{,}23-10{,}229\,999\,995\,4}{10{,}23}=\dfrac{4{,}6\times 10^{-9}}{10{,}23}=4{,}5\times 10^{-10}. Et le décalage net rapporté à une journée vaut 38,7×10686400=4,5×1010\dfrac{38{,}7\times 10^{-6}}{86\,400}=4{,}5\times 10^{-10} : les deux nombres coïncident, l'horloge a bien été désaccordée d'exactement ce que la relativité lui fera gagner.

Exercice 10 : Problème : la ligne de vol d'un faisceau de pions

Un accélérateur produit un faisceau de pions chargés d'énergie totale E=1,50E=1{,}50 GeV. Le pion a une énergie de repos mπc2=139,6m_{\pi}c^{2}=139{,}6 MeV et une vie moyenne au repos τ0=26,0\tau_{0}=26{,}0 ns. Le faisceau doit traverser une ligne de 50,050{,}0 m avant d'atteindre la cible d'une expérience.

  • a) Calculez γ\gamma et β\beta pour ce faisceau.
  • b) Calculez la distance de vol moyenne des pions dans le laboratoire, puis celle qu'on obtiendrait en ignorant la relativité. Commentez le rapport.
  • c) Quelle fraction du faisceau atteint la cible ? Comparez à la fraction qu'on obtiendrait sans dilatation du temps, et donnez le facteur de gain.
  • d) Quelle longueur de ligne réduirait le faisceau à 1,00 % de son intensité initiale ?
  • e) Un étudiant propose de stocker les pions dans un anneau pour les faire attendre, plutôt que de raccourcir la ligne. Expliquez pourquoi cela ne change rien à la fraction perdue par mètre parcouru, et ce qu'il faudrait faire à la place pour allonger la ligne utile.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) γ=Emc2=10,74\gamma=\dfrac{E}{mc^{2}}=10{,}74 et β=0,99566\beta=0{,}99566
  • b) 83,483{,}4 m contre 7,777{,}77 m : le rapport vaut exactement γ\gamma
  • c) 54,9%54{,}9\,\% contre 0,16%0{,}16\,\% : un facteur 343343
  • d) L=ln100384L=\ell\ln 100\approx 384 m
  • e) Seule l'ÉNERGIE allonge la ligne utile : à 3,003{,}00 GeV, \ell passe à 167167 m

a) γ=Emc2=1500139,6=10,74\gamma=\dfrac{E}{mc^{2}}=\dfrac{1\,500}{139{,}6}=10{,}74. Puis β=11γ2=11115,5=0,99134=0,99566\beta=\sqrt{1-\dfrac{1}{\gamma^{2}}}=\sqrt{1-\dfrac{1}{115{,}5}}=\sqrt{0{,}99134}=0{,}99566. Le raccourci γ=Emc2\gamma=\dfrac{E}{mc^{2}} mérite d'être retenu : dès qu'on donne une énergie TOTALE, γ\gamma s'obtient d'une seule division, sans passer par l'énergie cinétique.

b) Distance de vol moyenne au laboratoire : =βcγτ0=0,99566×3,00×108×10,74×26,0×109=83,4\ell=\beta c\,\gamma\tau_{0}=0{,}99566\times 3{,}00\times 10^{8}\times 10{,}74\times 26{,}0\times 10^{-9}=83{,}4 m. Sans relativité, on écrirait βcτ0=7,77\beta c\,\tau_{0}=7{,}77 m. Le rapport est exactement γ=10,74\gamma=10{,}74, ce qui est le contrôle attendu : la dilatation du temps multiplie la portée du faisceau par le facteur de Lorentz, ni plus ni moins. C'est pour cette raison qu'un faisceau de particules instables devient utilisable dès qu'on l'accélère assez, et c'est un argument de conception d'accélérateur, pas une curiosité théorique.

c) N/N0=e50,0/83,4=e0,599=0,549N/N_{0}=e^{-50{,}0/83{,}4}=e^{-0{,}599}=0{,}549 : environ 54,954{,}9 % du faisceau arrive sur la cible. Sans dilatation : e50,0/7,77=e6,44=1,60×103e^{-50{,}0/7{,}77}=e^{-6{,}44}=1{,}60\times 10^{-3}, soit 0,160{,}16 %. Le facteur de gain vaut 0,5490,00160=343\dfrac{0{,}549}{0{,}00160}=343 : la relativité fait gagner un facteur trois cents sur l'intensité disponible. Une expérience dimensionnée sur le calcul classique conclurait qu'il faut trois cents fois plus de faisceau et serait abandonnée.

d) On cherche LL tel que eL/=0,0100e^{-L/\ell}=0{,}0100, soit L=ln100=83,4×4,605=384L=\ell\ln 100=83{,}4\times 4{,}605=384 m. Une ligne de près de quatre cents mètres reste donc exploitable avec un pour cent du faisceau, ce qui correspond aux ordres de grandeur réels des lignes de faisceaux secondaires dans les grands laboratoires.

e) Parce que la décroissance d'une particule instable se fait en TEMPS PROPRE, et que le temps propre ne dépend ni de la forme de la trajectoire ni du fait qu'elle soit courbe : une seconde propre est une seconde propre. Faire tourner les pions dans un anneau ne ralentit pas leur horloge interne davantage qu'une ligne droite à la même vitesse, et pendant qu'ils tournent ils continuent à disparaître au même rythme par mètre parcouru, sans se rapprocher de la cible. La seule façon d'allonger la ligne utile est d'augmenter γ\gamma, c'est-à-dire l'énergie du faisceau : à 3,003{,}00 GeV, γ\gamma double, la distance de vol moyenne passe à 167167 m et la fraction survivante sur 50,050{,}0 m grimpe à e0,300=0,741e^{-0{,}300}=0{,}741. Un accélérateur plus puissant achète littéralement de la longueur de ligne, et c'est un des arguments de conception les moins intuitifs du métier.

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