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Physique 203-NYC, cégep • Examen blanc corrigé à Montréal

Examen de synthèse corrigé : ondes, optique et physique moderne (203-NYC)

Une série de chapitre annonce son sujet : on sait qu'on fait de l'optique ondulatoire, et la moitié du travail est déjà faite. Un examen final ne l'annonce pas, et c'est la seule différence qui compte. Cet examen de synthèse couvre tout le cours d'ondes, optique et physique moderne 203-NYC, tel qu'il est donné au cégep et en compléments québécois au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Format de l'épreuve : 12 exercices, 100 points, 3 heures, quatre parties de 25 points. Calculatrice permise.

Trois questions méritent d'être signalées. L'exercice 5 fait calculer deux fois la même situation Doppler, une fois source mobile et une fois observateur mobile, et les deux résultats diffèrent : il n'y a pas de symétrie, parce que l'air est un milieu privilégié. L'exercice 9 demande les ordres manquants d'un dispositif à deux fentes, où l'enveloppe de diffraction efface des franges qui existent pourtant. Et l'exercice 11 se termine sur une incertitude de vitesse supérieure à la vitesse elle-même, ce qui condamne définitivement l'image de l'électron sur son orbite.

Rappel de cours

  • MHS : ω=km\omega=\sqrt{\frac{k}{m}} pour un ressort, T=2πLgT=2\pi\sqrt{\frac{L}{g}} pour un pendule, sans la masse. vmax=ωAv_{\max}=\omega A, amax=ω2Aa_{\max}=\omega^{2}A, E=12kA2E=\frac{1}{2}kA^{2}.
  • Énergie et amplitude : toute énergie d'oscillateur ou d'onde varie comme A2A^{2}. Amplitude de moitié signifie donc énergie au quart, jamais à la moitié.
  • Onde sur corde : v=Fμv=\sqrt{\frac{F}{\mu}} ne dépend que du milieu. Ne pas confondre la célérité avec la vitesse transversale ωA\omega A d'un point de matière.
  • Décibels : L=10logII0L=10\log\frac{I}{I_{0}}. Doubler l'intensité ajoute 3 dB3\ \mathrm{dB}, la multiplier par dix en ajoute 1010, et multiplier la distance par dix en retire 2020.
  • Doppler : f=fvvvsf'=f\frac{v}{v-v_{s}} pour une source mobile, f=fv+vovf'=f\frac{v+v_{o}}{v} pour un observateur mobile. Les deux formules ne sont pas équivalentes.
  • Tuyaux : ouvert aux deux bouts, f1=v2Lf_{1}=\frac{v}{2L} et tous les harmoniques ; fermé à un bout, f1=v4Lf_{1}=\frac{v}{4L} et seuls les harmoniques impairs. Et v=331+0,6θv=331+0{,}6\theta.
  • Lentilles : 1f=1p+1q\frac{1}{f}=\frac{1}{p}+\frac{1}{q} et m=qpm=-\frac{q}{p}. Image réelle si q>0q>0, virtuelle si q<0q<0. Un objet au foyer donne une image à l'infini.
  • Prisme : r+r=Ar+r'=A, et au minimum de déviation r=A2r=\frac{A}{2} avec Dmin=2iAD_{\min}=2i-A. L'indice croît quand λ\lambda décroît, donc le bleu est le plus dévié.
  • Interférences et diffraction : interfrange λDd\frac{\lambda D}{d}, réseau sinθ=mλd\sin\theta=\frac{m\lambda}{d}, premier minimum d'une fente sinθ=λa\sin\theta=\frac{\lambda}{a}. Ordres manquants quand m=ndam=n\frac{d}{a} est entier.
  • Photon et matière : E (eV)=1240λ (nm)E\ \left(\mathrm{eV}\right)=\frac{1240}{\lambda\ \left(\mathrm{nm}\right)}, Ec,max=EWE_{c,\max}=E-W, λdB=hmv\lambda_{\mathrm{dB}}=\frac{h}{mv}, En=13,6n2 eVE_{n}=-\frac{13{,}6}{n^{2}}\ \mathrm{eV}. L'intensité fixe le NOMBRE d'électrons, la fréquence fixe leur ÉNERGIE.

Partie A : Oscillations et ondes mécaniques (/25)

Exercice 1 : Le bloc-ressort et le partage de son énergie

Un bloc de masse m=0,25 kgm=0{,}25\ \mathrm{kg} est attaché à un ressort de constante k=100 N/mk=100\ \mathrm{N/m} et oscille sans frottement avec une amplitude A=0,080 mA=0{,}080\ \mathrm{m}.

Le graphique ci-dessous donne l'énergie potentielle élastique, l'énergie cinétique et l'énergie mécanique totale en fonction de la position.

-0.1-0.08-0.06-0.04-0.020.020.040.060.080.10.10.20.30.4E = 0,32 JEpEkx (m)
  • a) Calculez la pulsation, la période et la fréquence des oscillations.
  • b) Calculez la vitesse maximale et l'accélération maximale du bloc.
  • c) Calculez l'énergie mécanique totale, et vérifiez la lecture graphique.
  • d) En x=A2x=\dfrac{A}{2}, calculez l'énergie potentielle, l'énergie cinétique et la vitesse du bloc.
  • e) À l'aide du graphique puis par le calcul, déterminez la position où les deux énergies sont égales.
Voir la correction

a) ω=km=1000,25=400=20,0 rad/s\omega=\sqrt{\dfrac{k}{m}}=\sqrt{\dfrac{100}{0{,}25}}=\sqrt{400}=20{,}0\ \mathrm{rad/s}. Puis T=2πω=2π20=0,314 sT=\dfrac{2\pi}{\omega}=\dfrac{2\pi}{20}=0{,}314\ \mathrm{s} et f=1T=3,18 Hzf=\dfrac{1}{T}=3{,}18\ \mathrm{Hz}.

b) vmax=ωA=20,0×0,080=1,60 m/sv_{\max}=\omega A=20{,}0\times 0{,}080=1{,}60\ \mathrm{m/s}, atteinte au passage par la position d'équilibre. Et amax=ω2A=400×0,080=32,0 m/s2a_{\max}=\omega^{2}A=400\times 0{,}080=32{,}0\ \mathrm{m/s^{2}}, atteinte aux extrémités, là où la force de rappel est maximale.

c) E=12kA2=0,5×100×0,0802=0,32 JE=\dfrac{1}{2}kA^{2}=0{,}5\times 100\times 0{,}080^{2}=0{,}32\ \mathrm{J}. Le graphique montre bien la droite horizontale à 0,32 J0{,}32\ \mathrm{J} : l'énergie totale est constante, ce qui traduit l'absence de frottement.

d) En x=0,040 mx=0{,}040\ \mathrm{m} : Ep=12kx2=0,5×100×0,0402=0,080 JE_{p}=\dfrac{1}{2}kx^{2}=0{,}5\times 100\times 0{,}040^{2}=0{,}080\ \mathrm{J}, soit le quart de l'énergie totale, puisque EpE_{p} varie comme le carré de xx. Donc Ek=0,320,080=0,24 JE_{k}=0{,}32-0{,}080=0{,}24\ \mathrm{J}, les trois quarts. La vitesse s'obtient par v=2Ekm=0,480,25=1,39 m/sv=\sqrt{\dfrac{2E_{k}}{m}}=\sqrt{\dfrac{0{,}48}{0{,}25}}=1{,}39\ \mathrm{m/s}, ce que confirme la formule v=ωA2x2=200,0048=1,39 m/sv=\omega\sqrt{A^{2}-x^{2}}=20\sqrt{0{,}0048}=1{,}39\ \mathrm{m/s}. À mi-amplitude, le bloc a donc encore 8787 pour cent de sa vitesse maximale.

e) Sur le graphique, les deux courbes se croisent aux deux points marqués, à 0,16 J0{,}16\ \mathrm{J}, soit la moitié de l'énergie totale. Par le calcul : 12kx2=12kA212kx2\dfrac{1}{2}kx^{2}=\dfrac{1}{2}kA^{2}-\dfrac{1}{2}kx^{2} donne 2x2=A22x^{2}=A^{2}, donc x=±A2=±0,0566 mx=\pm\dfrac{A}{\sqrt{2}}=\pm 0{,}0566\ \mathrm{m}. Ce n'est pas à mi-amplitude : le partage égal se fait à environ 7171 pour cent de l'amplitude, parce que l'énergie potentielle est quadratique et non linéaire en xx.

Partie A : Oscillations et ondes mécaniques (/25)

Exercice 2 : Le pendule amorti

Un pendule simple de longueur L=0,80 mL=0{,}80\ \mathrm{m} oscille de petites oscillations, avec g=9,81 m/s2g=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}}.

À cause des frottements de l'air, son amplitude décroît exponentiellement et se réduit de moitié en 12 s12\ \mathrm{s}.

  • a) Calculez la période du pendule. Cette période dépend-elle de la masse suspendue ou de l'amplitude ?
  • b) Quelle longueur donnerait une période de 2,0 s2{,}0\ \mathrm{s} exactement, c'est-à-dire un pendule battant la seconde ?
  • c) L'amplitude s'écrit θmax(t)=θ0eγt\theta_{\max}(t)=\theta_{0}\,\mathrm{e}^{-\gamma t}. Déterminez γ\gamma.
  • d) Au bout de combien de temps l'amplitude ne vaut-elle plus que 10 pour cent de sa valeur initiale ? Combien d'oscillations le pendule a-t-il alors effectuées ?
  • e) En 12 s12\ \mathrm{s}, quelle fraction de son énergie mécanique le pendule a-t-il perdue ? Justifiez que ce n'est pas la moitié.
Voir la correction

a) T=2πLg=2π0,809,81=2π×0,2856=1,79 sT=2\pi\sqrt{\dfrac{L}{g}}=2\pi\sqrt{\dfrac{0{,}80}{9{,}81}}=2\pi\times 0{,}2856=1{,}79\ \mathrm{s}. Cette expression ne contient pas la masse : la période d'un pendule simple en est indépendante, car la force motrice et l'inertie sont toutes deux proportionnelles à la masse. Elle est également indépendante de l'amplitude, mais seulement dans l'approximation des petites oscillations, où sinθθ\sin\theta\approx\theta.

b) De T=2πLgT=2\pi\sqrt{\dfrac{L}{g}} on tire L=gT24π2=9,81×4,04π2=gπ2=0,994 mL=\dfrac{gT^{2}}{4\pi^{2}}=\dfrac{9{,}81\times 4{,}0}{4\pi^{2}}=\dfrac{g}{\pi^{2}}=0{,}994\ \mathrm{m}. Un pendule d'environ un mètre bat donc la seconde, chaque aller simple durant une seconde.

c) L'amplitude est divisée par deux en 12 s12\ \mathrm{s}, donc e12γ=12\mathrm{e}^{-12\gamma}=\dfrac{1}{2}, soit 12γ=ln212\gamma=\ln 2 et γ=ln212=5,78×102 s1\gamma=\dfrac{\ln 2}{12}=5{,}78\times 10^{-2}\ \mathrm{s^{-1}}.

d) On résout eγt=0,10\mathrm{e}^{-\gamma t}=0{,}10, soit t=ln10γ=2,3035,78×102=39,9 st=\dfrac{\ln 10}{\gamma}=\dfrac{2{,}303}{5{,}78\times 10^{-2}}=39{,}9\ \mathrm{s}. Le nombre d'oscillations vaut 39,91,79=22,2\dfrac{39{,}9}{1{,}79}=22{,}2, donc environ 22 oscillations complètes. On remarque que l'amortissement ne change pratiquement pas la période : le pendule oscille au même rythme, seule son amplitude diminue.

e) L'énergie mécanique d'un oscillateur est proportionnelle au carré de l'amplitude. Si l'amplitude est divisée par deux, l'énergie est divisée par quatre : il en reste donc le quart, et le pendule a perdu les trois quarts de son énergie, soit 75 pour cent. Ce n'est pas la moitié précisément parce que la relation est quadratique. C'est le même raisonnement qui explique qu'une amplitude tombée à 10 pour cent corresponde à une énergie tombée à 1 pour cent.

Partie A : Oscillations et ondes mécaniques (/25)

Exercice 3 : Une onde sur une corde, de la tension à la puissance

Une corde de masse linéique μ=0,020 kg/m\mu=0{,}020\ \mathrm{kg/m} est tendue sous une force F=80 NF=80\ \mathrm{N}. On y entretient une onde sinusoïdale progressive de fréquence f=120 Hzf=120\ \mathrm{Hz} et d'amplitude A=5,0 mmA=5{,}0\ \mathrm{mm}.

  • a) Calculez la célérité de l'onde, puis sa longueur d'onde.
  • b) Calculez le nombre d'onde et la pulsation, puis écrivez l'équation de l'onde se propageant dans le sens des xx croissants.
  • c) Calculez la vitesse transversale maximale d'un point de la corde et comparez-la à la célérité de l'onde. Ces deux vitesses sont-elles de même nature ?
  • d) La puissance moyenne transportée vaut P=12μvω2A2P=\dfrac{1}{2}\mu v\omega^{2}A^{2}. Calculez-la.
  • e) Par quel facteur la puissance est-elle multipliée si l'on double la tension de la corde ? Et si l'on double l'amplitude ? Expliquez la différence.
Voir la correction

a) v=Fμ=800,020=4000=63,2 m/sv=\sqrt{\dfrac{F}{\mu}}=\sqrt{\dfrac{80}{0{,}020}}=\sqrt{4000}=63{,}2\ \mathrm{m/s}. La longueur d'onde vaut λ=vf=63,2120=0,527 m\lambda=\dfrac{v}{f}=\dfrac{63{,}2}{120}=0{,}527\ \mathrm{m}. La célérité ne dépend que du milieu, tension et masse linéique, jamais de la source.

b) k=2πλ=2π0,527=11,9 rad/mk=\dfrac{2\pi}{\lambda}=\dfrac{2\pi}{0{,}527}=11{,}9\ \mathrm{rad/m} et ω=2πf=2π×120=754 rad/s\omega=2\pi f=2\pi\times 120=754\ \mathrm{rad/s}. L'équation s'écrit y(x ; t)=5,0×103sin(754t11,9x)y(x\ ;\ t)=5{,}0\times 10^{-3}\sin\left(754t-11{,}9x\right), en mètres, le signe moins devant xx traduisant une propagation vers les xx croissants.

c) La vitesse transversale est yt\dfrac{\partial y}{\partial t}, dont l'amplitude vaut vmax=ωA=754×5,0×103=3,77 m/sv_{\perp\max}=\omega A=754\times 5{,}0\times 10^{-3}=3{,}77\ \mathrm{m/s}. Elle est bien inférieure à la célérité 63,2 m/s63{,}2\ \mathrm{m/s}, et surtout elle est de nature totalement différente : la célérité est la vitesse à laquelle le motif se déplace le long de la corde, alors que la vitesse transversale est celle d'un morceau de matière, perpendiculairement à la corde. Aucune matière ne se déplace à 63,2 m/s63{,}2\ \mathrm{m/s} : c'est l'onde qui avance, pas la corde.

d) P=12×0,020×63,2×7542×(5,0×103)2=0,632×5,68×105×2,5×105=8,99 WP=\dfrac{1}{2}\times 0{,}020\times 63{,}2\times 754^{2}\times\left(5{,}0\times 10^{-3}\right)^{2}=0{,}632\times 5{,}68\times 10^{5}\times 2{,}5\times 10^{-5}=8{,}99\ \mathrm{W}.

e) Si l'on double la tension, v=Fμv=\sqrt{\dfrac{F}{\mu}} est multipliée par 2\sqrt{2}. Comme PP est proportionnelle à vv, à fréquence et amplitude fixées, la puissance est multipliée par 21,41\sqrt{2}\approx 1{,}41 seulement. Si l'on double l'amplitude, PP étant proportionnelle à A2A^{2}, elle est multipliée par 4. La différence vient de l'exposant : l'amplitude intervient au carré, la célérité à la puissance un, et la célérité elle-même ne dépend de la tension que par une racine carrée. Pour transporter plus de puissance, jouer sur l'amplitude est donc beaucoup plus efficace que tendre la corde.

Partie B : Son, intensité et effet Doppler (/25)

Exercice 4 : Décibels, distance et sources multiples

Une source sonore ponctuelle émet uniformément dans toutes les directions. À 1,0 m1{,}0\ \mathrm{m} de la source, le niveau sonore mesuré est de 90 dB90\ \mathrm{dB}.

On rappelle L=10logII0L=10\log\dfrac{I}{I_{0}} avec I0=1,0×1012 W/m2I_{0}=1{,}0\times 10^{-12}\ \mathrm{W/m^{2}}.

  • a) Calculez l'intensité sonore à 1,0 m1{,}0\ \mathrm{m}, puis la puissance acoustique totale émise par la source.
  • b) Calculez l'intensité et le niveau sonore à 10 m10\ \mathrm{m}. De combien de décibels le niveau a-t-il baissé ?
  • c) On ajoute une seconde source identique au même endroit. Quel est le nouveau niveau à 1,0 m1{,}0\ \mathrm{m} ? Et avec dix sources identiques ?
  • d) Le seuil de douleur est de 120 dB120\ \mathrm{dB}. À quelle distance de la source unique ce seuil est-il atteint ?
  • e) Expliquez pourquoi doubler la puissance sonore ne double pas le niveau en décibels.
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a) De L=90L=90 on tire II0=109\dfrac{I}{I_{0}}=10^{9}, donc I=1012×109=1,0×103 W/m2I=10^{-12}\times 10^{9}=1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{W/m^{2}}. La puissance traverse une sphère de rayon 1,0 m1{,}0\ \mathrm{m}, donc P=I×4πr2=1,0×103×4π=1,26×102 WP=I\times 4\pi r^{2}=1{,}0\times 10^{-3}\times 4\pi=1{,}26\times 10^{-2}\ \mathrm{W}. Une source de seulement 13 milliwatts acoustiques suffit donc à produire 90 décibels à un mètre.

b) L'intensité décroît comme l'inverse du carré de la distance : à 10 m10\ \mathrm{m}, elle est divisée par 100100, soit I=1,0×105 W/m2I=1{,}0\times 10^{-5}\ \mathrm{W/m^{2}}. Le niveau vaut L=10log(107)=70 dBL=10\log\left(10^{7}\right)=70\ \mathrm{dB}. Il a donc baissé de 20 dB20\ \mathrm{dB} : multiplier la distance par dix coûte exactement 20 décibels, quelle que soit la source.

c) Deux sources identiques doublent l'intensité, donc L=10log(2×109)=90+10log2=93,0 dBL=10\log\left(2\times 10^{9}\right)=90+10\log 2=93{,}0\ \mathrm{dB}. Avec dix sources, l'intensité est multipliée par dix et L=90+10=100 dBL=90+10=100\ \mathrm{dB}. Doubler le nombre de sources ajoute 3 décibels, les multiplier par dix en ajoute 10.

d) 120 dB120\ \mathrm{dB} correspond à I=1,0 W/m2I=1{,}0\ \mathrm{W/m^{2}}. On résout P4πr2=1,0\dfrac{P}{4\pi r^{2}}=1{,}0, soit r2=1,26×1024π=1,0×103r^{2}=\dfrac{1{,}26\times 10^{-2}}{4\pi}=1{,}0\times 10^{-3}, d'où r=3,2×102 mr=3{,}2\times 10^{-2}\ \mathrm{m}, soit environ 3,2 cm3{,}2\ \mathrm{cm}. Il faut donc coller l'oreille à la source, ce qui explique le danger des écouteurs.

e) Parce que l'échelle des décibels est logarithmique, et non proportionnelle. Le niveau mesure le logarithme du rapport des intensités : doubler l'intensité ajoute 10log23 dB10\log 2\approx 3\ \mathrm{dB}, une quantité constante, et non un facteur deux. Cette échelle a été choisie parce que la sensation auditive suit approximativement le logarithme de l'intensité : c'est un gain de 10 décibels, soit un facteur dix en intensité, qui est perçu comme un son environ deux fois plus fort.

Partie B : Son, intensité et effet Doppler (/25)

Exercice 5 : L'effet Doppler et le cône de Mach

La célérité du son dans l'air est prise égale à 343 m/s343\ \mathrm{m/s}. Une ambulance émet une sirène de fréquence 800 Hz800\ \mathrm{Hz} et roule à 25 m/s25\ \mathrm{m/s}.

La figure représente le cône de choc d'un avion volant à 500 m/s500\ \mathrm{m/s}.

μ = 43,3°v = 500 m/sfront de choc
  • a) Calculez la fréquence perçue par un piéton immobile lorsque l'ambulance s'approche, puis lorsqu'elle s'éloigne.
  • b) Calculez l'écart entre ces deux fréquences. Ce saut est-il audible ?
  • c) On échange les rôles : l'ambulance est immobile et c'est le piéton qui roule à 25 m/s25\ \mathrm{m/s} vers elle. Calculez la fréquence perçue et comparez au résultat de la question a).
  • d) Calculez le nombre de Mach de l'avion, puis le demi-angle au sommet de son cône de choc.
  • e) Un observateur au sol entend-il l'avion s'approcher ? Justifiez à l'aide de la figure.
Voir la correction

a) Source en mouvement vers l'observateur : f=fvvvs=800×34334325=800×343318=863 Hzf'=f\dfrac{v}{v-v_{s}}=800\times\dfrac{343}{343-25}=800\times\dfrac{343}{318}=863\ \mathrm{Hz}. Source qui s'éloigne : f=800×343368=746 Hzf'=800\times\dfrac{343}{368}=746\ \mathrm{Hz}.

b) L'écart vaut 863746=117 Hz863-746=117\ \mathrm{Hz}. Il est tout à fait audible : cela représente environ deux tons et demi de l'échelle musicale, et c'est exactement le saut de hauteur que l'on entend quand une ambulance passe devant nous.

c) Observateur en mouvement vers la source immobile : f=fv+vov=800×368343=858 Hzf'=f\dfrac{v+v_{o}}{v}=800\times\dfrac{368}{343}=858\ \mathrm{Hz}. C'est très proche de 863 Hz863\ \mathrm{Hz}, mais pas égal. Les deux situations ne sont donc pas équivalentes, contrairement à ce que suggérerait la relativité du mouvement, et la raison est qu'il existe ici un milieu de propagation privilégié, l'air : c'est par rapport à lui que les vitesses comptent. Quand la source bouge, elle comprime les longueurs d'onde ; quand l'observateur bouge, il rencontre simplement les crêtes plus vite. Les deux effets sont différents, ce qui donne des formules différentes.

d) M=vavionvson=500343=1,46M=\dfrac{v_{\mathrm{avion}}}{v_{\mathrm{son}}}=\dfrac{500}{343}=1{,}46. Le demi-angle vérifie sinμ=1M=343500=0,686\sin\mu=\dfrac{1}{M}=\dfrac{343}{500}=0{,}686, donc μ=43,3\mu=43{,}3^{\circ}, comme indiqué sur la figure.

e) Non. Comme l'avion va plus vite que le son, il devance en permanence les ondes qu'il émet : tout le son se trouve confiné à l'intérieur du cône, en arrière de l'appareil. Un observateur au sol n'entend donc absolument rien tant que le cône ne l'a pas atteint. Il voit l'avion passer au-dessus de lui en silence, puis reçoit d'un coup le bang supersonique quand la surface du cône le balaye. Le son ne vient pas de la direction où l'avion se trouve alors, mais de la position qu'il occupait plus tôt.

Partie B : Son, intensité et effet Doppler (/25)

Exercice 6 : Tuyaux sonores, battements et température

Un tuyau de longueur L=0,60 mL=0{,}60\ \mathrm{m} est d'abord ouvert aux deux extrémités. La célérité du son vaut 343 m/s343\ \mathrm{m/s} à 20 C20\ \mathrm{^{\circ}C}, et suit la loi v=331+0,6θv=331+0{,}6\,\theta avec θ\theta en degrés Celsius.

  • a) Calculez la fréquence fondamentale du tuyau ouvert, puis celles des deux harmoniques suivantes.
  • b) On ferme une extrémité. Calculez la nouvelle fréquence fondamentale et les deux harmoniques suivantes, en précisant lesquelles existent.
  • c) Le tuyau ouvert est joué en même temps qu'une corde accordée à 288,0 Hz288{,}0\ \mathrm{Hz}. Calculez la fréquence des battements entendus.
  • d) De quel pourcentage faudrait-il modifier la tension de la corde pour supprimer ces battements, sachant que la fréquence d'une corde est proportionnelle à la racine carrée de sa tension ?
  • e) La salle se réchauffe jusqu'à 35 C35\ \mathrm{^{\circ}C}. Recalculez la fréquence du tuyau ouvert et la nouvelle fréquence de battement, la corde étant supposée insensible à la température. Que se passe-t-il en pratique dans un orchestre ?
Voir la correction

a) Un tuyau ouvert aux deux bouts présente un ventre de déplacement à chaque extrémité, donc L=λ2L=\dfrac{\lambda}{2} pour le fondamental et f1=v2L=3431,20=286 Hzf_{1}=\dfrac{v}{2L}=\dfrac{343}{1{,}20}=286\ \mathrm{Hz}. Tous les harmoniques existent : f2=572 Hzf_{2}=572\ \mathrm{Hz} et f3=858 Hzf_{3}=858\ \mathrm{Hz}.

b) Avec une extrémité fermée, il faut un nœud de déplacement du côté fermé et un ventre du côté ouvert, donc L=λ4L=\dfrac{\lambda}{4} et f1=v4L=3432,40=143 Hzf_{1}=\dfrac{v}{4L}=\dfrac{343}{2{,}40}=143\ \mathrm{Hz}, soit une octave plus bas que le tuyau ouvert de même longueur. Seuls les harmoniques impairs existent : les suivants sont f3=429 Hzf_{3}=429\ \mathrm{Hz} et f5=715 Hzf_{5}=715\ \mathrm{Hz}. C'est cette absence des harmoniques pairs qui donne au tuyau fermé son timbre plus creux.

c) La fréquence de battement est la valeur absolue de l'écart : 288,0285,8=2,17 Hz\left|288{,}0-285{,}8\right|=2{,}17\ \mathrm{Hz}. On entend donc l'intensité varier environ deux fois par seconde.

d) La corde doit passer de 288,0288{,}0 à 285,83 Hz285{,}83\ \mathrm{Hz}. Comme fFf\propto\sqrt{F}, on a FF=(ff)2=(285,83288,0)2=0,985\dfrac{F'}{F}=\left(\dfrac{f'}{f}\right)^{2}=\left(\dfrac{285{,}83}{288{,}0}\right)^{2}=0{,}985. Il faut donc détendre la corde d'environ 1,51{,}5 pour cent. On note qu'un écart de fréquence de 0,750{,}75 pour cent ne demande qu'un ajustement de tension deux fois plus grand, la racine carrée amortissant l'effet.

e) À 35 C35\ \mathrm{^{\circ}C}, v=331+0,6×35=352 m/sv=331+0{,}6\times 35=352\ \mathrm{m/s}. Le tuyau ouvert monte alors à f1=3521,20=293 Hzf_{1}=\dfrac{352}{1{,}20}=293\ \mathrm{Hz}. La corde étant restée à 288,0 Hz288{,}0\ \mathrm{Hz}, la nouvelle fréquence de battement vaut 288,0293,3=5,33 Hz\left|288{,}0-293{,}3\right|=5{,}33\ \mathrm{Hz}, soit plus du double. C'est exactement le problème des orchestres : les instruments à vent montent quand la salle se réchauffe, puisque leur hauteur suit la célérité du son dans l'air, tandis que les cordes ont plutôt tendance à descendre en se détendant. Les deux familles se désaccordent donc en sens opposés, et c'est pourquoi on réaccorde après l'échauffement des instruments, et non avant.

Partie C : Optique géométrique et ondulatoire (/25)

Exercice 7 : Une lentille convergente et ses deux régimes

Une lentille mince convergente a une distance focale f=+15 cmf=+15\ \mathrm{cm}. On utilise la relation de conjugaison 1f=1p+1q\dfrac{1}{f}=\dfrac{1}{p}+\dfrac{1}{q} et le grandissement m=qpm=-\dfrac{q}{p}, avec p>0p>0 pour un objet réel.

  • a) L'objet est placé à p=20 cmp=20\ \mathrm{cm}. Calculez la position de l'image et le grandissement, et précisez la nature de l'image.
  • b) L'objet est maintenant placé à p=10 cmp=10\ \mathrm{cm}. Refaites le calcul et précisez de nouveau la nature de l'image.
  • c) Que se passe-t-il si l'objet est placé exactement à p=15 cmp=15\ \mathrm{cm} ?
  • d) Dans lequel des deux cas a) et b) l'image peut-elle être recueillie sur un écran ? Justifiez.
  • e) Un objet de 2,0 cm2{,}0\ \mathrm{cm} de hauteur est placé à 20 cm20\ \mathrm{cm}. Calculez la taille de son image et précisez son sens.
Voir la correction

a) 1q=115120=4360=160\dfrac{1}{q}=\dfrac{1}{15}-\dfrac{1}{20}=\dfrac{4-3}{60}=\dfrac{1}{60}, donc q=+60 cmq=+60\ \mathrm{cm}. Le grandissement vaut m=6020=3,0m=-\dfrac{60}{20}=-3{,}0. L'image est réelle puisque q>0q>0, renversée puisque m<0m<0, et trois fois plus grande que l'objet.

b) 1q=115110=2330=130\dfrac{1}{q}=\dfrac{1}{15}-\dfrac{1}{10}=\dfrac{2-3}{30}=-\dfrac{1}{30}, donc q=30 cmq=-30\ \mathrm{cm}. Alors m=3010=+3,0m=-\dfrac{-30}{10}=+3{,}0. L'image est virtuelle puisque q<0q<0, droite puisque m>0m>0, et trois fois plus grande : c'est le fonctionnement de la loupe. L'objet est ici entre la lentille et son foyer objet.

c) 1q=115115=0\dfrac{1}{q}=\dfrac{1}{15}-\dfrac{1}{15}=0, donc qq tend vers l'infini : les rayons émergent parallèles et il n'y a pas d'image à distance finie. C'est la position de collimation, utilisée dans tous les collimateurs et à l'entrée des lunettes réglées à l'infini.

d) Seul le cas a). Une image réelle est formée par des rayons qui convergent effectivement en un point, on peut donc y placer un écran et l'y observer. Dans le cas b), les rayons émergents divergent et ne se croisent nulle part : leur intersection n'existe que sur leurs prolongements en arrière de la lentille. L'image virtuelle ne peut être vue que par un oeil ou un autre instrument, jamais recueillie sur un écran.

e) La taille de l'image vaut m×h=3,0×2,0=6,0 cm\left|m\right|\times h=3{,}0\times 2{,}0=6{,}0\ \mathrm{cm}. Le grandissement étant négatif, l'image est renversée : elle mesure 6,0 cm6{,}0\ \mathrm{cm} et pointe vers le bas si l'objet pointe vers le haut.

Partie C : Optique géométrique et ondulatoire (/25)

Exercice 8 : Réflexion totale, prisme et dispersion

L'indice de l'eau est n=1,33n=1{,}33. Un prisme de verre d'angle au sommet A=60,0A=60{,}0^{\circ} a un indice n=1,52n=1{,}52 pour la lumière jaune, 1,531{,}53 pour le bleu et 1,511{,}51 pour le rouge.

  • a) Calculez l'angle limite de réflexion totale pour l'interface eau-air.
  • b) Un plongeur regarde vers la surface. Décrivez ce qu'il voit au-delà de l'angle limite.
  • c) Au minimum de déviation dans un prisme, les deux angles de réfraction internes sont égaux. Montrez qu'ils valent alors A2\dfrac{A}{2}, puis calculez l'angle d'incidence correspondant pour la lumière jaune.
  • d) Calculez la déviation minimale pour la lumière jaune.
  • e) Calculez la déviation minimale pour le bleu et pour le rouge, puis l'écart angulaire entre ces deux couleurs. Quelle couleur est la plus déviée ?
Voir la correction

a) La réflexion totale se produit lorsque la lumière va du milieu le plus réfringent vers le moins réfringent, ici de l'eau vers l'air. L'angle limite vérifie nsinθc=1×sin90n\sin\theta_{c}=1\times\sin 90^{\circ}, donc sinθc=11,33=0,752\sin\theta_{c}=\dfrac{1}{1{,}33}=0{,}752 et θc=48,8\theta_{c}=48{,}8^{\circ}.

b) Au-delà de 48,848{,}8^{\circ} par rapport à la verticale, la surface se comporte comme un miroir parfait : le plongeur n'y voit plus le ciel mais le reflet du fond. Tout le monde extérieur lui apparaît comprimé dans un cône de demi-angle 48,848{,}8^{\circ} au-dessus de sa tête, phénomène appelé la fenêtre de Snell, et l'horizon entier se retrouve concentré sur le bord de ce cercle.

c) Dans le prisme, la relation entre les angles internes est r+r=Ar+r'=A. Au minimum de déviation la marche du rayon est symétrique, donc r=rr=r', ce qui donne 2r=A2r=A et r=A2=30,0r=\dfrac{A}{2}=30{,}0^{\circ}. La loi de Snell à l'entrée donne alors sini=nsinr=1,52×sin30,0=1,52×0,500=0,760\sin i=n\sin r=1{,}52\times\sin 30{,}0^{\circ}=1{,}52\times 0{,}500=0{,}760, d'où i=49,5i=49{,}5^{\circ}.

d) La déviation vaut D=i+iAD=i+i'-A, et par symétrie i=ii'=i au minimum, donc Dmin=2iA=2×49,4660,0=38,9D_{\min}=2i-A=2\times 49{,}46-60{,}0=38{,}9^{\circ}.

e) Pour le bleu, sini=1,53×0,500=0,765\sin i=1{,}53\times 0{,}500=0{,}765 donne i=49,91i=49{,}91^{\circ} et Dmin=39,8D_{\min}=39{,}8^{\circ}. Pour le rouge, sini=1,51×0,500=0,755\sin i=1{,}51\times 0{,}500=0{,}755 donne i=49,03i=49{,}03^{\circ} et Dmin=38,1D_{\min}=38{,}1^{\circ}. L'écart vaut 39,8138,05=1,7639{,}81-38{,}05=1{,}76^{\circ}. Le bleu est le plus dévié, parce que l'indice du verre croît quand la longueur d'onde diminue. C'est cette dispersion qui étale la lumière blanche en un spectre, et c'est aussi elle qui, dans les gouttes d'eau, place le rouge à l'extérieur de l'arc-en-ciel et le violet à l'intérieur.

Partie C : Optique géométrique et ondulatoire (/25)

Exercice 9 : Young, réseau et fente : trois façons de diffracter

On utilise une lampe au sodium de longueur d'onde λ=589 nm\lambda=589\ \mathrm{nm} et un écran placé à D=2,0 mD=2{,}0\ \mathrm{m}.

  • a) Deux fentes distantes de d=0,25 mmd=0{,}25\ \mathrm{mm} produisent des franges d'interférence. Calculez l'interfrange.
  • b) On remplace les deux fentes par un réseau de 600 traits par millimètre. Calculez l'angle du premier ordre, puis le nombre total d'ordres observables de chaque côté.
  • c) Une fente unique de largeur a=0,10 mma=0{,}10\ \mathrm{mm} diffracte seule. Calculez l'angle du premier minimum et la largeur de la tache centrale sur l'écran.
  • d) On revient au dispositif à deux fentes, chacune de largeur a=0,10 mma=0{,}10\ \mathrm{mm} et distantes de d=0,25 mmd=0{,}25\ \mathrm{mm}. Déterminez les ordres manquants.
  • e) Comparez la finesse des maximums du réseau et celle des franges de Young. Pourquoi utilise-t-on un réseau, et non deux fentes, pour mesurer précisément une longueur d'onde ?
Voir la correction

a) L'interfrange vaut i=λDd=589×109×2,00,25×103=4,71×103 mi=\dfrac{\lambda D}{d}=\dfrac{589\times 10^{-9}\times 2{,}0}{0{,}25\times 10^{-3}}=4{,}71\times 10^{-3}\ \mathrm{m}, soit 4,71 mm4{,}71\ \mathrm{mm}.

b) Le pas du réseau vaut d=1 mm600=1,667×106 md=\dfrac{1\ \mathrm{mm}}{600}=1{,}667\times 10^{-6}\ \mathrm{m}. Le premier ordre vérifie sinθ1=λd=589×1091,667×106=0,353\sin\theta_{1}=\dfrac{\lambda}{d}=\dfrac{589\times 10^{-9}}{1{,}667\times 10^{-6}}=0{,}353, donc θ1=20,7\theta_{1}=20{,}7^{\circ}. Les ordres existent tant que sinθ=mλd1\sin\theta=\dfrac{m\lambda}{d}\leq 1, soit mdλ=2,83m\leq\dfrac{d}{\lambda}=2{,}83 : on observe donc les ordres 1 et 2 de chaque côté, et l'ordre 3 est inaccessible.

c) Le premier minimum de diffraction vérifie sinθ=λa=589×1090,10×103=5,89×103\sin\theta=\dfrac{\lambda}{a}=\dfrac{589\times 10^{-9}}{0{,}10\times 10^{-3}}=5{,}89\times 10^{-3}, donc θ=0,337\theta=0{,}337^{\circ}, un angle très petit. La tache centrale s'étend de part et d'autre, sa largeur totale sur l'écran vaut 2λDa=2×2,0×5,89×103=2,36×102 m\dfrac{2\lambda D}{a}=2\times 2{,}0\times 5{,}89\times 10^{-3}=2{,}36\times 10^{-2}\ \mathrm{m}, soit 23,6 mm23{,}6\ \mathrm{mm}.

d) Un ordre d'interférence est manquant lorsqu'il tombe exactement sur un minimum de diffraction, c'est-à-dire lorsque mλd=nλa\dfrac{m\lambda}{d}=\dfrac{n\lambda}{a}, soit m=nda=2,5nm=n\dfrac{d}{a}=2{,}5\,n. Pour n=1n=1 cela donne 2,52{,}5, qui n'est pas entier, donc aucun ordre n'est perdu. Pour n=2n=2 on obtient m=5m=5, et pour n=4n=4 on obtient m=10m=10. Les ordres manquants sont donc les ordres 5 et 10 : l'enveloppe de diffraction efface ces franges d'interférence, qui existent en principe mais reçoivent une intensité nulle.

e) Les franges de Young sont larges et sinusoïdales : l'intensité varie doucement, donc pointer le centre d'un maximum est imprécis. Un réseau à 600 traits fait interférer non pas deux mais des milliers de sources cohérentes, et il faut que toutes soient en phase pour obtenir un maximum : la moindre variation d'angle détruit l'accord et l'intensité s'effondre. Les maximums sont donc extrêmement fins, ce qui permet de mesurer leur position, et donc λ\lambda, avec une précision bien supérieure. C'est le même principe que le pont de Wheatstone : mesurer en cherchant une condition aiguë est toujours plus précis que lire une variation lente.

Partie D : Physique moderne (/25)

Exercice 10 : L'effet photoélectrique

Une plaque métallique de travail d'extraction W=2,30 eVW=2{,}30\ \mathrm{eV} est éclairée par une lumière de longueur d'onde 400 nm400\ \mathrm{nm}.

On utilisera la relation pratique E (en eV)=1240λ (en nm)E\ \left(\mathrm{en\ eV}\right)=\dfrac{1240}{\lambda\ \left(\mathrm{en\ nm}\right)}.

  • a) Calculez l'énergie d'un photon incident, en électronvolts.
  • b) Calculez l'énergie cinétique maximale des électrons émis, puis la tension d'arrêt.
  • c) Calculez la longueur d'onde seuil au-delà de laquelle aucun électron n'est émis.
  • d) Calculez la vitesse maximale des électrons émis, avec me=9,109×1031 kgm_{e}=9{,}109\times 10^{-31}\ \mathrm{kg}.
  • e) On double l'intensité lumineuse sans changer la longueur d'onde. Qu'observe-t-on sur le nombre d'électrons émis et sur leur énergie cinétique ? Pourquoi ce résultat a-t-il été décisif contre le modèle ondulatoire ?
Voir la correction

a) E=1240400=3,10 eVE=\dfrac{1240}{400}=3{,}10\ \mathrm{eV}.

b) La relation d'Einstein donne Ec,max=EW=3,102,30=0,80 eVE_{c,\max}=E-W=3{,}10-2{,}30=0{,}80\ \mathrm{eV}. La tension d'arrêt est la tension qui bloque même les électrons les plus rapides : eU0=Ec,maxeU_{0}=E_{c,\max}, donc U0=0,80 VU_{0}=0{,}80\ \mathrm{V}. Numériquement, l'énergie cinétique en électronvolts et la tension d'arrêt en volts ont la même valeur, ce qui est la commodité même de l'électronvolt.

c) Le seuil correspond à E=WE=W, donc λ0=12402,30=539 nm\lambda_{0}=\dfrac{1240}{2{,}30}=539\ \mathrm{nm}. Toute lumière de longueur d'onde supérieure, donc plus rouge que le vert-jaune, n'arrache aucun électron, quelle que soit son intensité.

d) Ec,max=0,80 eV=0,80×1,602×1019=1,28×1019 JE_{c,\max}=0{,}80\ \mathrm{eV}=0{,}80\times 1{,}602\times 10^{-19}=1{,}28\times 10^{-19}\ \mathrm{J}. Alors vmax=2Ec,maxme=2,563×10199,109×1031=5,30×105 m/sv_{\max}=\sqrt{\dfrac{2E_{c,\max}}{m_{e}}}=\sqrt{\dfrac{2{,}563\times 10^{-19}}{9{,}109\times 10^{-31}}}=5{,}30\times 10^{5}\ \mathrm{m/s}, soit environ un cinq-centième de la vitesse de la lumière, ce qui justifie le calcul non relativiste.

e) Doubler l'intensité double le nombre de photons par seconde, donc double le nombre d'électrons émis et donc le courant. Mais l'énergie cinétique maximale ne change absolument pas, car elle ne dépend que de l'énergie d'un photon individuel, fixée par la longueur d'onde. C'est précisément ce que le modèle ondulatoire ne pouvait pas expliquer : dans ce modèle, une onde plus intense transporte plus d'énergie et devrait donc communiquer plus d'énergie à chaque électron, et une onde faible devrait finir par arracher des électrons après un temps d'accumulation. L'expérience montre le contraire : un seuil en fréquence, aucun délai, et une énergie indépendante de l'intensité. Il fallait donc admettre que la lumière échange son énergie par grains, un photon pour un électron.

Partie D : Physique moderne (/25)

Exercice 11 : Bohr, de Broglie et l'incertitude

Dans le modèle de Bohr, les niveaux d'énergie de l'atome d'hydrogène sont En=13,6n2 eVE_{n}=-\dfrac{13{,}6}{n^{2}}\ \mathrm{eV}.

On prendra h=6,626×1034 Jsh=6{,}626\times 10^{-34}\ \mathrm{J\cdot s}, =1,0546×1034 Js\hbar=1{,}0546\times 10^{-34}\ \mathrm{J\cdot s} et me=9,109×1031 kgm_{e}=9{,}109\times 10^{-31}\ \mathrm{kg}.

  • a) Calculez l'énergie du photon émis lors de la transition de n=3n=3 vers n=2n=2, puis sa longueur d'onde. À quelle couleur correspond-elle ?
  • b) Calculez l'énergie nécessaire pour ioniser un atome d'hydrogène depuis son état fondamental.
  • c) Calculez la longueur d'onde de de Broglie d'un électron animé de la vitesse 5,30×105 m/s5{,}30\times 10^{5}\ \mathrm{m/s} trouvée à l'exercice 10.
  • d) Un électron est localisé dans une région de taille Δx=0,10 nm\Delta x=0{,}10\ \mathrm{nm}, l'ordre de grandeur d'un atome. Estimez l'incertitude minimale sur sa vitesse par ΔpΔx2\Delta p\,\Delta x\geq\dfrac{\hbar}{2}.
  • e) Comparez cette incertitude à la vitesse elle-même. Que peut-on en conclure sur la notion d'orbite électronique ?
Voir la correction

a) ΔE=E3E2=13,69+13,64=1,511+3,400=1,889 eV\Delta E=E_{3}-E_{2}=-\dfrac{13{,}6}{9}+\dfrac{13{,}6}{4}=-1{,}511+3{,}400=1{,}889\ \mathrm{eV}. La longueur d'onde vaut λ=12401,889=656 nm\lambda=\dfrac{1240}{1{,}889}=656\ \mathrm{nm}, ce qui correspond au rouge. C'est la raie H-alpha, la plus brillante du spectre visible de l'hydrogène, et c'est elle qui donne leur teinte rouge aux nébuleuses.

b) Ioniser depuis le fondamental, c'est amener l'électron de n=1n=1 à n=n=\infty, où l'énergie est nulle. Il faut donc fournir 0(13,6)=13,6 eV0-\left(-13{,}6\right)=13{,}6\ \mathrm{eV}. C'est l'énergie d'ionisation de l'hydrogène.

c) λ=hmev=6,626×10349,109×1031×5,30×105=6,626×10344,83×1025=1,37×109 m\lambda=\dfrac{h}{m_{e}v}=\dfrac{6{,}626\times 10^{-34}}{9{,}109\times 10^{-31}\times 5{,}30\times 10^{5}}=\dfrac{6{,}626\times 10^{-34}}{4{,}83\times 10^{-25}}=1{,}37\times 10^{-9}\ \mathrm{m}, soit environ 1,4 nm1{,}4\ \mathrm{nm}. C'est plus de dix fois la taille d'un atome, ce qui explique qu'un électron de cette énergie ne puisse pas du tout être traité comme une petite bille.

d) Δp2Δx=1,0546×10342×1,0×1010=5,27×1025 kgm/s\Delta p\geq\dfrac{\hbar}{2\Delta x}=\dfrac{1{,}0546\times 10^{-34}}{2\times 1{,}0\times 10^{-10}}=5{,}27\times 10^{-25}\ \mathrm{kg\cdot m/s}. L'incertitude sur la vitesse vaut alors Δv=Δpme=5,27×10259,109×1031=5,79×105 m/s\Delta v=\dfrac{\Delta p}{m_{e}}=\dfrac{5{,}27\times 10^{-25}}{9{,}109\times 10^{-31}}=5{,}79\times 10^{5}\ \mathrm{m/s}.

e) L'incertitude sur la vitesse, 5,79×105 m/s5{,}79\times 10^{5}\ \mathrm{m/s}, est du même ordre que la vitesse elle-même, et même légèrement supérieure. Cela signifie que pour un électron confiné dans un atome, la vitesse n'est pas une grandeur approximativement connue : elle est complètement indéterminée. Parler d'une orbite, c'est-à-dire d'une trajectoire où l'on connaîtrait à la fois la position et la vitesse à chaque instant, n'a donc aucun sens physique. Le modèle de Bohr donne les bons niveaux d'énergie, ce qui explique son succès, mais son image d'un électron parcourant un cercle bien défini est fausse. C'est ce que la mécanique quantique remplace par une densité de probabilité de présence, l'orbitale.

Partie D : Physique moderne (/25)

Exercice 12 : Cinq affirmations à vérifier

Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous, quand c'est possible, sur un résultat chiffré des exercices précédents.

Les cinq portent chacune sur une partie différente du cours.

  • a) « La période d'un pendule simple augmente si on alourdit la masse suspendue. »
  • b) « Doubler l'amplitude d'une onde double la puissance qu'elle transporte. »
  • c) « Doubler l'intensité d'un son double son niveau exprimé en décibels. »
  • d) « Un objet placé au foyer objet d'une lentille convergente a son image au foyer image. »
  • e) « Éclairer plus intensément une plaque métallique augmente l'énergie cinétique des électrons qu'elle émet. »
Voir la correction

a) Faux. La période vaut T=2πLgT=2\pi\sqrt{\dfrac{L}{g}} : la masse n'y figure pas. Alourdir la masse augmente bien la force de rappel, mais augmente exactement dans la même proportion l'inertie à mettre en mouvement, et les deux effets se compensent. C'est la même raison qui fait tomber tous les corps à la même accélération. Seules la longueur et la pesanteur comptent, comme le montre l'exercice 2 où L=0,994 mL=0{,}994\ \mathrm{m} donne deux secondes pour n'importe quelle masse.

b) Faux. La puissance transportée est proportionnelle au CARRÉ de l'amplitude, P=12μvω2A2P=\dfrac{1}{2}\mu v\omega^{2}A^{2}. Doubler l'amplitude multiplie donc la puissance par quatre, comme calculé à l'exercice 3. C'est d'ailleurs pour cela que l'énergie d'un oscillateur amorti tombe au quart quand son amplitude tombe à la moitié, résultat obtenu à l'exercice 2.

c) Faux, et l'erreur est du même type que la précédente mais en sens inverse. L'échelle des décibels est logarithmique : doubler l'intensité ajoute 10log23,0 dB10\log 2\approx 3{,}0\ \mathrm{dB}. L'exercice 4 le chiffre : deux sources identiques font passer de 9090 à 93 dB93\ \mathrm{dB}, et non à 180 dB180\ \mathrm{dB}, ce qui serait d'ailleurs bien au-delà de tout ce que l'atmosphère peut transmettre. Pour doubler le niveau en décibels, il faudrait multiplier l'intensité par 10910^{9}.

d) Faux, et c'est même le contraire qui se produit. Un objet placé au foyer objet donne une image à l'INFINI : les rayons émergent parallèles, comme calculé à la question c) de l'exercice 7 où p=15 cm=fp=15\ \mathrm{cm}=f conduit à 1q=0\dfrac{1}{q}=0. Réciproquement, un objet à l'infini donne son image au foyer image. Les deux foyers sont conjugués de l'infini, pas l'un de l'autre.

e) Faux, et c'est l'observation qui a imposé le photon. L'intensité fixe le nombre de photons par seconde, donc le nombre d'électrons émis et le courant, mais l'énergie cinétique maximale ne dépend que de l'énergie d'un photon, c'est-à-dire de la longueur d'onde : Ec,max=1240λWE_{c,\max}=\dfrac{1240}{\lambda}-W. À l'exercice 10, elle vaut 0,80 eV0{,}80\ \mathrm{eV} à 400 nm400\ \mathrm{nm}, et doubler l'intensité la laisse rigoureusement inchangée. Une lumière plus rouge que 539 nm539\ \mathrm{nm} n'arrache d'ailleurs aucun électron, aussi intense soit-elle, ce qui est incompréhensible dans un modèle purement ondulatoire.

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