Exercice 1 : Réfraction, profondeur apparente et réflexion totale
Avant les lentilles, il y a le dioptre : la simple surface qui sépare deux milieux. Tout le reste du chapitre en découle. On prend , , et m/s. La question e) porte sur une fibre optique de cœur et de gaine .
- a) Un rayon passe de l'air à l'eau avec un angle d'incidence de 50,0°. Calculez l'angle de réfraction, la vitesse de la lumière dans l'eau, et dites ce que deviennent la fréquence et la longueur d'onde.
- b) Une pièce repose au fond d'une piscine de 2,40 m de profondeur. Établissez, pour une observation quasi verticale, que la profondeur apparente vaut , et calculez-la.
- c) Calculez l'angle critique eau-air. Un poisson qui regarde vers le haut voit tout le ciel comprimé dans un cône : donnez son demi-angle et expliquez ce qu'il voit en dehors de ce cône.
- d) Un rayon arrive sous 50,0° sur une lame de verre à faces parallèles de 2,00 cm d'épaisseur. Montrez que le rayon émergent est PARALLÈLE au rayon incident, puis calculez son déplacement latéral .
- e) Pour la fibre optique : calculez l'angle critique cœur-gaine, puis l'ouverture numérique et le demi-angle du cône d'acceptation dans l'air. Pourquoi la lumière « choisit-elle » le trajet donné par la loi de Snell ?
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Réponses
- a) , m/s ; seule change
- b) m : la piscine paraît un quart moins profonde
- c) : la fenêtre de Snell ; au-delà, la surface fait miroir
- d) Rayon émergent PARALLÈLE, décalé de mm
- e) , , cône d'acceptation de
a) , donc : le rayon se rapproche de la normale en entrant dans le milieu le plus réfringent. Vitesse : m/s. La FRÉQUENCE ne change pas, elle est imposée par la source et rien ne peut la modifier en cours de route (les atomes de l'interface vibrent au rythme de l'onde incidente). Comme , c'est donc la LONGUEUR D'ONDE qui est divisée par : la lumière se resserre en ralentissant.
b) Pour des rayons quasi verticaux, les angles sont petits et . Un rayon partant de la pièce sous l'angle dans l'eau sort sous avec . Il touche la surface à la distance horizontale du point situé à la verticale de la pièce, et son prolongement vers l'arrière coupe la verticale à la profondeur . Numériquement : m. La piscine paraît un quart moins profonde qu'elle ne l'est, ce qui explique bien des mauvaises surprises au moment de plonger.
c) , donc . C'est la fenêtre de Snell : tout ce qui vient de l'extérieur, de l'horizon jusqu'au zénith, se retrouve comprimé dans un cône de demi-angle 48,8° au-dessus du poisson. En dehors de ce cône, aucune lumière extérieure ne peut lui parvenir : la surface se comporte alors comme un MIROIR parfait, et le poisson y voit le reflet du fond et de ce qui l'entoure sous l'eau.
d) À l'entrée, donne . À la sortie, la seconde face étant parallèle à la première, l'angle d'incidence interne y vaut encore et l'on a , soit exactement la relation de départ lue à l'envers : . Le rayon émergent est donc rigoureusement parallèle au rayon incident, la lame ne fait que le DÉCALER. Déplacement : m, soit 7,7 mm. C'est pourquoi une vitre ne déforme pas une image, mais la décale légèrement, d'autant plus qu'elle est épaisse et regardée de biais.
e) , donc : le rayon doit frapper la paroi au-delà de cet angle, c'est-à-dire cheminer à moins de de l'axe. Ouverture numérique : , et le demi-angle d'acceptation dans l'air vaut : seule la lumière entrant dans ce cône restera piégée. Quant à la loi de Snell, elle n'est pas un décret : c'est une conséquence du principe de Fermat, selon lequel la lumière suit le trajet de DURÉE stationnaire entre deux points. Aller tout droit ne serait pas le plus rapide, puisque le second milieu est plus lent : le trajet optimal raccourcit la portion lente au prix d'un détour dans la portion rapide, exactement comme un sauveteur qui court sur le sable plus longtemps pour nager moins. Poser cette condition et dériver redonne , à la lettre.