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Ondes et physique moderne 203-NYC • Complément québécois de Première et cégep à Montréal

Exercices corrigés : l'optique géométrique et les instruments (203-NYC)

L'optique du secondaire traite lentilles et miroirs séparément, avec des règles distinctes. Au cégep, une seule équation les gouverne tous les deux, et toute la difficulté se déplace vers la CONVENTION DE SIGNES : une distance image négative signifie une image virtuelle, une distance focale négative un système divergent, un grandissement négatif une image renversée.

L'exercice 5 est celui qui donne son sens au chapitre : le microscope et le télescope ne sont pas des objets à mémoriser, ce sont deux lentilles en série, où l'image de la première sert d'objet à la seconde. Une fois cette idée acquise, leur grossissement se retrouve en deux lignes.

Rappel de cours

  • Équation des opticiens, valable pour les lentilles MINCES et pour les miroirs sphériques : 1do+1di=1f\dfrac{1}{d_{o}}+\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{f}.
  • Grandissement : G=didoG=-\dfrac{d_{i}}{d_{o}}. Si G>0G>0 l'image est DROITE, si G<0G<0 elle est RENVERSÉE. Si G>1\left|G\right|>1 elle est agrandie.
  • Conventions : f>0f>0 pour une lentille CONVERGENTE et pour un miroir CONCAVE ; f<0f<0 pour une lentille DIVERGENTE et un miroir CONVEXE. Pour un miroir, f=R2f=\dfrac{R}{2}.
  • di>0d_{i}>0 : image RÉELLE, formée là où les rayons convergent vraiment, projetable sur un écran. di<0d_{i}<0 : image VIRTUELLE, non projetable.
  • Vergence, en dioptries : P=1fP=\dfrac{1}{f} avec ff en MÈTRES. Deux lentilles minces accolées ont des vergences qui s'ADDITIONNENT.
  • Oeil normal : punctum remotum à l'infini, punctum proximum à 25 cm, distance minimale de vision distincte.
  • MYOPIE : l'oeil converge trop, le punctum remotum est à distance finie. On corrige par une lentille DIVERGENTE dont le foyer image coïncide avec ce punctum remotum. HYPERMÉTROPIE : l'oeil ne converge pas assez, le punctum proximum est trop éloigné. On corrige par une lentille CONVERGENTE.
  • Grossissement commercial d'une loupe : G=25fG=\dfrac{25}{f} avec ff en centimètres. Microscope : G=gobjectif×GoculaireG=\left|g_{objectif}\right|\times G_{oculaire}. Télescope : G=fobjectiffoculaireG=\dfrac{f_{objectif}}{f_{oculaire}}.

Partie A : Lentilles, miroirs et l'oeil (/32)

Exercice 1 : L'équation des opticiens et la convention de signes

Une seule équation gouverne lentilles et miroirs. Ce qui change d'un cas à l'autre, ce ne sont pas les formules mais les SIGNES, et c'est là que se joue la totalité du chapitre.

On dispose d'une lentille convergente de distance focale 20,0 cm.

  • a) Un objet est placé à 30,0 cm de la lentille. Calculez la position de l'image et le grandissement, puis décrivez complètement l'image.
  • b) Reprenez avec l'objet à 15,0 cm, donc à l'INTÉRIEUR de la distance focale.
  • c) Reprenez avec l'objet à 60,0 cm.
  • d) Reprenez avec une lentille DIVERGENTE de distance focale 20,0-20{,}0 cm et un objet à 30,0 cm.
  • e) Dressez la règle générale : dans quels cas une lentille convergente donne-t-elle une image réelle, et dans quels cas une image virtuelle ?
Voir la correction

a) 1di=1f1do=120,0130,0=3260=160\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{f}-\dfrac{1}{d_{o}}=\dfrac{1}{20{,}0}-\dfrac{1}{30{,}0}=\dfrac{3-2}{60}=\dfrac{1}{60}, donc di=+60,0d_{i}=+60{,}0 cm. Le grandissement vaut G=60,030,0=2,00G=-\dfrac{60{,}0}{30{,}0}=-2{,}00. L'image est donc RÉELLE puisque di>0d_{i}>0, RENVERSÉE puisque G<0G<0, et AGRANDIE deux fois puisque G=2\left|G\right|=2. Elle se forme à 60 cm de l'autre côté de la lentille et pourrait être recueillie sur un écran : c'est la configuration du projecteur.

b) 1di=120,0115,0=3460=160\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{20{,}0}-\dfrac{1}{15{,}0}=\dfrac{3-4}{60}=-\dfrac{1}{60}, donc di=60,0d_{i}=-60{,}0 cm et G=60,015,0=+4,00G=-\dfrac{-60{,}0}{15{,}0}=+4{,}00. L'image est VIRTUELLE, di<0d_{i}<0, DROITE, G>0G>0, et agrandie quatre fois. Elle se situe du même côté que l'objet et n'est pas projetable : on ne peut que la regarder à travers la lentille. C'est exactement le fonctionnement de la LOUPE.

c) 1di=120,0160,0=3160=260\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{20{,}0}-\dfrac{1}{60{,}0}=\dfrac{3-1}{60}=\dfrac{2}{60}, donc di=+30,0d_{i}=+30{,}0 cm et G=30,060,0=0,500G=-\dfrac{30{,}0}{60{,}0}=-0{,}500. L'image est réelle, renversée et RÉDUITE de moitié. C'est la configuration de l'appareil photo, où l'on ramène une scène étendue sur un petit capteur.

d) 1di=120,0130,0=3260=560\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{-20{,}0}-\dfrac{1}{30{,}0}=\dfrac{-3-2}{60}=-\dfrac{5}{60}, donc di=12,0d_{i}=-12{,}0 cm et G=12,030,0=+0,400G=-\dfrac{-12{,}0}{30{,}0}=+0{,}400. L'image est VIRTUELLE, DROITE et RÉDUITE. C'est le cas de TOUTE lentille divergente, quelle que soit la position de l'objet : elle ne peut jamais donner d'image réelle d'un objet réel.

e) Pour une lentille convergente, tout dépend de la position de l'objet par rapport au foyer. Si do>fd_{o}>f, l'objet est au-delà du foyer et l'image est RÉELLE et renversée ; elle est agrandie si f<do<2ff<d_{o}<2f, de même taille si do=2fd_{o}=2f, réduite si do>2fd_{o}>2f. Si do<fd_{o}<f, l'objet est en deçà du foyer et l'image devient VIRTUELLE, droite et agrandie. Le cas limite do=fd_{o}=f ne donne aucune image : les rayons émergent parallèles et l'image est rejetée à l'infini, ce que traduit 1di=0\dfrac{1}{d_{i}}=0.

Exercice 2 : Les miroirs sphériques

Un miroir sphérique obéit à la MÊME équation qu'une lentille, avec une seule relation supplémentaire : sa distance focale vaut la moitié de son rayon de courbure. Le miroir concave se comporte comme une lentille convergente, le miroir convexe comme une divergente.

Un miroir concave a un rayon de courbure de 40,0 cm.

  • a) Calculez sa distance focale et justifiez son signe.
  • b) Un objet est placé à 30,0 cm du miroir. Calculez la position de l'image et le grandissement, puis décrivez l'image.
  • c) Refaites le calcul pour un miroir CONVEXE de même rayon, l'objet restant à 30,0 cm.
  • d) Pourquoi les rétroviseurs latéraux d'automobile sont-ils convexes, et pourquoi portent-ils l'avertissement selon lequel les objets sont plus proches qu'ils ne paraissent ?
  • e) Où doit-on placer un objet devant un miroir concave pour obtenir une image droite et agrandie ? Citez un usage courant.
Voir la correction

a) f=R2=40,02=+20,0f=\dfrac{R}{2}=\dfrac{40{,}0}{2}=+20{,}0 cm. Le signe est POSITIF parce que le miroir est concave, donc convergent : il ramène vers un foyer réel un faisceau parallèle venant de l'avant. La convention est cohérente avec celle des lentilles, où f>0f>0 signifie convergent.

b) 1di=120,0130,0=160\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{20{,}0}-\dfrac{1}{30{,}0}=\dfrac{1}{60}, donc di=+60,0d_{i}=+60{,}0 cm et G=2,00G=-2{,}00. L'image est RÉELLE, formée à 60 cm DEVANT le miroir, du même côté que l'objet puisque la lumière revient en arrière, RENVERSÉE et agrandie deux fois. Les nombres sont identiques à ceux du a de l'exercice 1, ce qui illustre que la formule ne distingue pas lentille et miroir ; seule l'interprétation géométrique de « du même côté » change.

c) Pour un miroir convexe, RR est compté négativement, donc f=20,0f=-20{,}0 cm. Alors 1di=120,0130,0=560\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{-20{,}0}-\dfrac{1}{30{,}0}=-\dfrac{5}{60}, d'où di=12,0d_{i}=-12{,}0 cm et G=+0,400G=+0{,}400. L'image est VIRTUELLE, située derrière le miroir, DROITE et réduite. C'est le comportement invariable du miroir convexe, exactement comme la lentille divergente.

d) Parce qu'un miroir convexe donne toujours une image droite et RÉDUITE, ce qui élargit considérablement le champ de vision : on voit une portion de route bien plus large qu'avec un miroir plan de même taille, ce qui réduit l'angle mort. Le prix à payer est précisément la réduction : le véhicule qui suit paraît plus petit, donc le cerveau, qui estime les distances à partir de la taille apparente, le juge PLUS LOIN qu'il ne l'est. D'où l'avertissement gravé, obligatoire en Amérique du Nord.

e) Il faut placer l'objet ENTRE le miroir et son foyer, donc à moins de 20,0 cm ici. On obtient alors, comme pour la lentille convergente en deçà du foyer, une image virtuelle, droite et agrandie. Usage courant : le miroir de maquillage ou de rasage, et le miroir d'examen du dentiste, tous deux concaves et utilisés très près du visage. Vérification : avec do=10,0d_{o}=10{,}0 cm, 1di=120110=120\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{20}-\dfrac{1}{10}=-\dfrac{1}{20}, donc di=20,0d_{i}=-20{,}0 cm et G=+2,00G=+2{,}00, image virtuelle droite agrandie deux fois.

Exercice 3 : L'oeil et la correction de ses défauts

L'oeil est une lentille convergente de distance focale variable, qui doit toujours former l'image sur la rétine, à distance fixe. Ses défauts se corrigent en ajoutant une lentille dont la vergence s'additionne à la sienne.

Rappel : l'oeil normal voit net de 25 cm à l'infini. La vergence s'exprime en dioptries, avec ff en mètres.

  • a) Définissez le punctum remotum et le punctum proximum, et donnez leurs valeurs pour un oeil normal.
  • b) Une personne myope a son punctum remotum à 50,0 cm. Calculez la vergence de la lentille correctrice et précisez sa nature.
  • c) Une personne hypermétrope a son punctum proximum à 100 cm. Calculez la vergence permettant de lire à 25,0 cm.
  • d) Expliquez pourquoi les deux corrections sont de signes opposés.
  • e) Pourquoi la presbytie apparaît-elle chez presque tout le monde après 45 ans, et pourquoi se corrige-t-elle comme l'hypermétropie ?
Voir la correction

a) Le PUNCTUM REMOTUM est le point le plus ÉLOIGNÉ vu net, l'oeil étant au repos ; il est à l'INFINI pour un oeil normal. Le PUNCTUM PROXIMUM est le point le plus PROCHE vu net, l'oeil accommodant au maximum ; il est conventionnellement à 25 cm. Entre les deux s'étend le domaine de vision distincte, que l'accommodation, c'est-à-dire la déformation du cristallin, permet de couvrir.

b) L'oeil myope ne voit pas au-delà de 50,0 cm. La lentille doit donc prendre un objet situé à l'INFINI et en donner une image virtuelle placée précisément au punctum remotum, où l'oeil sait la voir. On a donc do=d_{o}=\infty et di=0,500d_{i}=-0{,}500 m, le signe étant négatif car l'image est virtuelle, du même côté que l'objet. Alors 1f=1do+1di=0+10,500=2,00\dfrac{1}{f}=\dfrac{1}{d_{o}}+\dfrac{1}{d_{i}}=0+\dfrac{1}{-0{,}500}=-2{,}00. La vergence vaut 2,00-2{,}00 dioptries : c'est une lentille DIVERGENTE.

c) L'oeil hypermétrope ne voit pas net en deçà de 100 cm. Pour lire à 25,0 cm, la lentille doit prendre l'objet réel à do=+0,250d_{o}=+0{,}250 m et en former une image virtuelle au punctum proximum, soit di=1,00d_{i}=-1{,}00 m. Alors 1f=10,250+11,00=4,001,00=3,00\dfrac{1}{f}=\dfrac{1}{0{,}250}+\dfrac{1}{-1{,}00}=4{,}00-1{,}00=3{,}00. La vergence vaut +3,00+3{,}00 dioptries : lentille CONVERGENTE.

d) Parce que les deux défauts sont opposés. L'oeil MYOPE converge TROP : l'image d'un objet lointain se forme en avant de la rétine. Il faut donc lui retirer de la convergence, d'où une lentille divergente de vergence négative. L'oeil HYPERMÉTROPE ne converge PAS ASSEZ : l'image se formerait en arrière de la rétine. Il faut lui en ajouter, d'où une lentille convergente de vergence positive. Comme les vergences de deux systèmes accolés s'additionnent, la correction consiste littéralement à ajouter algébriquement ce qui manque ou ce qui est en trop.

e) Parce que la presbytie n'est pas un défaut de forme de l'oeil mais une perte d'ACCOMMODATION : le cristallin durcit avec l'âge et ne peut plus se bomber autant, ce qui éloigne progressivement le punctum proximum. Le phénomène est physiologique et touche donc tout le monde, y compris les myopes, chez qui il s'ajoute au défaut existant. La conséquence, un punctum proximum trop éloigné, est la MÊME que celle de l'hypermétropie, et la correction est donc identique : une lentille convergente pour la vision de près. C'est pourquoi un myope presbyte a besoin de deux corrections opposées, d'où les verres à double foyer ou progressifs.

Exercice 4 : La loupe et le grossissement commercial

Une loupe n'agrandit pas l'objet : elle permet de l'approcher plus près de l'oeil que le punctum proximum ne l'autoriserait, donc d'augmenter l'ANGLE sous lequel on le voit. Le grossissement compare cet angle à celui obtenu à l'oeil nu à 25 cm.

Une loupe est une lentille convergente de distance focale 5,00 cm.

  • a) Expliquez pourquoi le grossissement se définit à partir d'angles et non de tailles.
  • b) Calculez le grossissement commercial de cette loupe.
  • c) Où faut-il placer l'objet pour utiliser la loupe, et quelle est alors la nature de l'image ?
  • d) Quelle distance focale faudrait-il pour un grossissement de 10 fois ? Quel inconvénient pratique cela entraîne-t-il ?
  • e) Pourquoi ne fabrique-t-on pas de loupe de grossissement 100 fois ?
Voir la correction

a) Parce que la taille apparente d'un objet ne dépend pas de sa taille réelle mais de l'ANGLE qu'il sous-tend à l'oeil. Un objet deux fois plus grand mais deux fois plus loin paraît identique. Une loupe ne modifie pas l'objet ; elle permet de l'observer de beaucoup plus près, à quelques centimètres au lieu de 25, en formant une image virtuelle que l'oeil peut accommoder. C'est l'augmentation de l'angle qui produit la sensation d'agrandissement, d'où la définition G=θθG=\dfrac{\theta'}{\theta}.

b) G=25f=255,00=5,00G=\dfrac{25}{f}=\dfrac{25}{5{,}00}=5{,}00. La loupe grossit donc cinq fois. La formule suppose l'image rejetée à l'infini, configuration la plus reposante pour l'oeil, qui n'accommode alors pas du tout.

c) Il faut placer l'objet ENTRE la loupe et son foyer, donc à moins de 5,00 cm, et en pratique presque exactement au foyer. L'image obtenue est alors VIRTUELLE, DROITE et agrandie, conformément au cas b de l'exercice 1. C'est nécessairement une image virtuelle : une image réelle serait renversée et devrait être projetée, ce qui n'est pas l'usage d'une loupe.

d) G=25f=10G=\dfrac{25}{f}=10 donne f=2,5f=2{,}5 cm. L'inconvénient est immédiat : il faut approcher l'objet à 2,5 cm de la lentille, et l'oeil doit se placer tout contre elle. Le champ de vision devient minuscule, l'éclairage difficile puisque la tête fait de l'ombre, et la profondeur de champ presque nulle. Plus le grossissement est fort, plus la loupe devient inconfortable.

e) Il faudrait f=25100=0,25f=\dfrac{25}{100}=0{,}25 cm, soit 2,5 mm. Une lentille de cette focale serait une bille de verre de quelques millimètres, avec des aberrations géométriques et chromatiques énormes, un champ de l'ordre du millimètre, et une distance de travail incompatible avec toute manipulation. Au-delà d'un grossissement d'environ 20, on cesse donc d'ajouter de la courbure à une seule lentille et l'on passe à un système à DEUX étages : c'est exactement la raison d'être du microscope, objet de l'exercice suivant.

Partie B : Niveau examen (/18)

Exercice 5 : Le microscope et le télescope : deux lentilles en série

Les deux instruments reposent sur la même idée : l'image donnée par la première lentille sert d'OBJET à la seconde. Leur différence tient uniquement à la position de l'objet observé, tout proche pour le microscope, à l'infini pour le télescope.

Un microscope a un objectif de distance focale 0,800 cm et un oculaire de 2,50 cm, séparés de telle sorte que l'image intermédiaire se forme à 16,0 cm de l'objectif. Un télescope a un objectif de 120 cm et un oculaire de 2,00 cm.

  • a) Expliquez le principe commun aux deux instruments.
  • b) Calculez le grandissement de l'objectif du microscope, puis le grossissement de son oculaire, et déduisez-en le grossissement total.
  • c) L'image finale du microscope est-elle droite ou renversée ? Cela pose-t-il un problème ?
  • d) Établissez la formule du grossissement d'un télescope et appliquez-la.
  • e) Pourquoi cherche-t-on avant tout à augmenter le DIAMÈTRE de l'objectif d'un télescope, plutôt que son grossissement ?
Voir la correction

a) Dans les deux cas, l'OBJECTIF, tourné vers l'objet, en forme une première image réelle, dite image intermédiaire. Cette image sert ensuite d'OBJET à l'OCULAIRE, qui joue simplement le rôle d'une loupe : placé de sorte que l'image intermédiaire tombe près de son foyer, il en donne une image virtuelle très agrandie, observée par l'oeil. Le grossissement total est le produit des deux effets. La différence entre les deux instruments tient à l'objet observé : proche et minuscule pour le microscope, lointain et grand pour le télescope.

b) Le grandissement de l'objectif vaut gobj=didog_{obj}=-\dfrac{d_{i}}{d_{o}}. Comme l'objet est placé juste au-delà du foyer, on utilise l'approximation usuelle dofobjd_{o}\approx f_{obj}, d'où gobj16,00,800=20,0g_{obj}\approx-\dfrac{16{,}0}{0{,}800}=-20{,}0. L'oculaire agit comme une loupe : Gocu=252,50=10,0G_{ocu}=\dfrac{25}{2{,}50}=10{,}0. Le grossissement total est le produit des valeurs absolues : G=20,0×10,0=200G=20{,}0\times 10{,}0=200 fois.

c) Elle est RENVERSÉE. L'objectif donne une image renversée, puisque son grandissement est négatif, et l'oculaire, fonctionnant en loupe, la laisse droite par rapport à elle-même : l'image finale est donc inversée par rapport à l'objet. Cela ne pose aucun problème en microscopie : l'observateur déplace simplement la lame en sens inverse de ce qu'il attend, ce à quoi l'on s'habitue en quelques minutes. Ajouter un redresseur coûterait de la lumière et de la netteté pour un bénéfice nul.

d) L'objet étant à l'infini, l'objectif en forme l'image intermédiaire exactement dans son plan focal. Pour que l'observation se fasse à l'oeil détendu, l'oculaire doit avoir son propre foyer au même endroit : les deux lentilles sont donc séparées de fobj+focuf_{obj}+f_{ocu}. En comparant l'angle sous lequel on voit l'image à celui sous lequel on voyait l'objet, on obtient G=fobjfocuG=\dfrac{f_{obj}}{f_{ocu}}. Application : G=1202,00=60,0G=\dfrac{120}{2{,}00}=60{,}0 fois.

e) Parce que le grossissement est facile à obtenir mais ne crée aucune information : changer d'oculaire suffit à doubler GG, et l'on ne fait alors qu'agrandir une image floue. Ce qui limite réellement un télescope, c'est la QUANTITÉ DE LUMIÈRE collectée, proportionnelle à la surface donc au carré du diamètre, et le POUVOIR SÉPARATEUR, c'est-à-dire le plus petit détail angulaire discernable, qui est imposé par la diffraction et s'améliore lui aussi avec le diamètre. Un objectif deux fois plus large recueille quatre fois plus de lumière et sépare deux fois mieux : il montre des objets réellement plus faibles et plus fins. Le grossissement, lui, n'est utile que dans la limite permise par le diamètre, au-delà de laquelle on parle de grossissement vide.

Exercice 6 : Problème : concevoir un instrument

On dispose de trois lentilles convergentes de distances focales 2,00 cm, 5,00 cm et 100 cm, et l'on veut monter successivement un microscope puis un télescope, en tirant le meilleur parti de ce matériel.

On garde la distance de vision distincte de 25 cm et l'on suppose l'image intermédiaire du microscope à 15,0 cm de l'objectif.

  • a) Pour le télescope, quelles lentilles choisissez-vous comme objectif et comme oculaire ? Calculez le grossissement obtenu et la longueur du tube.
  • b) Auriez-vous intérêt à permuter les deux lentilles ? Calculez et concluez.
  • c) Pour le microscope, quelles lentilles choisissez-vous ? Calculez le grossissement total.
  • d) La lentille de 100 cm est-elle utilisable dans le microscope ? Justifiez physiquement.
  • e) Résumez en une phrase la règle de choix des focales pour chacun des deux instruments.
Voir la correction

a) Pour un télescope, G=fobjfocuG=\dfrac{f_{obj}}{f_{ocu}} : il faut le plus GRAND ff à l'objectif et le plus PETIT à l'oculaire. On prend donc l'objectif de 100 cm et l'oculaire de 2,00 cm, d'où G=1002,00=50,0G=\dfrac{100}{2{,}00}=50{,}0 fois. La longueur du tube vaut fobj+focu=100+2,00=102f_{obj}+f_{ocu}=100+2{,}00=102 cm, soit un instrument d'un peu plus d'un mètre.

b) En permutant, G=2,00100=0,0200G=\dfrac{2{,}00}{100}=0{,}0200, soit un grossissement bien inférieur à 1 : l'instrument RÉDUIT l'image cinquante fois au lieu de l'agrandir. On aurait construit une lunette de Galilée à l'envers, ce qui est le principe du viseur grand angle. La permutation est donc à proscrire pour observer le ciel, et la règle est sans ambiguïté : objectif à longue focale, oculaire à courte focale.

c) Pour un microscope, il faut au contraire un objectif de TRÈS COURTE focale, puisque l'objet en est très proche, et un oculaire de focale modérée. On prend l'objectif de 2,00 cm et l'oculaire de 5,00 cm. Le grandissement de l'objectif vaut gobj15,02,00=7,50\left|g_{obj}\right|\approx\dfrac{15{,}0}{2{,}00}=7{,}50 et le grossissement de l'oculaire 255,00=5,00\dfrac{25}{5{,}00}=5{,}00. Le total est 7,50×5,00=37,57{,}50\times 5{,}00=37{,}5 fois.

d) Non, elle est inutilisable. Comme objectif, une focale de 100 cm obligerait à placer l'objet à plus d'un mètre, ce qui est absurde pour observer une lame de microscope et ne donnerait aucun grandissement utile. Comme oculaire, elle donnerait un grossissement de 25100=0,25\dfrac{25}{100}=0{,}25, donc une RÉDUCTION. Une longue focale converge faiblement ; or les deux étages d'un microscope exigent au contraire une forte convergence, l'un pour capter un objet minuscule placé très près, l'autre pour jouer efficacement le rôle de loupe.

e) Pour le TÉLESCOPE, on veut une focale d'objectif aussi grande que possible et une focale d'oculaire aussi petite que possible, puisque GG est leur rapport. Pour le MICROSCOPE, on veut les deux focales aussi petites que possible, l'objectif pour approcher l'objet au maximum et l'oculaire pour grossir davantage, puisque GG est le produit de deux facteurs tous deux inversement proportionnels à une focale.

Voir aussi

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