Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC) • Complément québécois de Première et cégep à Montréal

Exercices corrigés : l'optique géométrique et les instruments (203-SN3-RE, ancien 203-NYC)

Voici la série d'exercices corrigés du cours 203-SN3-RE (ancien 203-SN3-RE) sur l'optique géométrique. La partie A part du dioptre : réfraction, profondeur apparente, réflexion totale et fibre optique, puis installe l'équation des opticiens et sa convention de signes, valable aussi bien pour les lentilles que pour les miroirs sphériques, avant de l'appliquer à l'oeil, à la myopie, à l'hypermétropie et à la loupe. La partie B monte au niveau examen : le prisme avec son minimum de déviation, la méthode de référence pour mesurer un indice et la dispersion; le dioptre sphérique et la formule des fabricants de lentilles, qui explique pourquoi on voit flou sous l'eau; le microscope et le télescope comme deux lentilles en série; un problème de conception d'instrument; et enfin les aberrations chromatique et sphérique, jusqu'à la limite de diffraction que rien ne peut franchir.

L'exercice 8 est celui qui donne son sens au chapitre : le microscope et le télescope ne sont pas des objets à mémoriser, ce sont deux lentilles en série, où l'image de la première sert d'objet à la seconde. Une fois cette idée acquise, leur grossissement se retrouve en deux lignes.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les caractéristiques des ondesSecondaire 5 SN5
  2. 2La réflexion et les miroirsSecondaire 5 SN5
  3. 3La réfraction de la lumièreSecondaire 5 SN5
  4. 4Les lentilles convergentesSecondaire 5 SN5

Rappel de cours

  • Équation des opticiens, valable pour les lentilles MINCES et pour les miroirs sphériques : 1do+1di=1f\dfrac{1}{d_{o}}+\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{f}.
  • Grandissement : G=didoG=-\dfrac{d_{i}}{d_{o}}. Si G>0G>0 l'image est DROITE, si G<0G<0 elle est RENVERSÉE. Si G>1\left|G\right|>1 elle est agrandie.
  • Conventions : f>0f>0 pour une lentille CONVERGENTE et pour un miroir CONCAVE ; f<0f<0 pour une lentille DIVERGENTE et un miroir CONVEXE. Pour un miroir, f=R2f=\dfrac{R}{2}.
  • di>0d_{i}>0 : image RÉELLE, formée là où les rayons convergent vraiment, projetable sur un écran. di<0d_{i}<0 : image VIRTUELLE, non projetable.
  • Vergence, en dioptries : P=1fP=\dfrac{1}{f} avec ff en MÈTRES. Deux lentilles minces accolées ont des vergences qui s'ADDITIONNENT.
  • Oeil normal : punctum remotum à l'infini, punctum proximum à 25 cm, distance minimale de vision distincte.
  • MYOPIE : l'oeil converge trop, le punctum remotum est à distance finie. On corrige par une lentille DIVERGENTE dont le foyer image coïncide avec ce punctum remotum. HYPERMÉTROPIE : l'oeil ne converge pas assez, le punctum proximum est trop éloigné. On corrige par une lentille CONVERGENTE.
  • Grossissement commercial d'une loupe : G=25fG=\dfrac{25}{f} avec ff en centimètres. Microscope : G=gobjectif×GoculaireG=\left|g_{objectif}\right|\times G_{oculaire}. Télescope : G=fobjectiffoculaireG=\dfrac{f_{objectif}}{f_{oculaire}}.
  • Réfraction : n1sinθ1=n2sinθ2n_{1}\sin\theta_{1}=n_{2}\sin\theta_{2}, v=cnv=\frac{c}{n}; la FRÉQUENCE ne change jamais, c'est la longueur d'onde qui est divisée par nn. Profondeur apparente en observation quasi verticale : d=dnd'=\frac{d}{n}. Angle critique : sinθc=n2n1\sin\theta_{c}=\frac{n_{2}}{n_{1}}, avec n1>n2n_{1}>n_{2}. Fibre : ouverture numérique ON=n12n22ON=\sqrt{n_{1}^{2}-n_{2}^{2}}.
  • Prisme d'angle AA : r2=Ar1r_{2}=A-r_{1} et D=i1+i2AD=i_{1}+i_{2}-A. Au minimum de déviation, le trajet est symétrique (r1=r2=A2r_{1}=r_{2}=\frac{A}{2}) et n=sinA+Dmin2sinA2n=\frac{\sin\frac{A+D_{min}}{2}}{\sin\frac{A}{2}} : c'est la mesure d'indice de référence.
  • Dioptre sphérique : n1do+n2di=n2n1R\frac{n_{1}}{d_{o}}+\frac{n_{2}}{d_{i}}=\frac{n_{2}-n_{1}}{R}. Formule des fabricants : 1f=(n1)(1R11R2)\frac{1}{f}=(n-1)\left(\frac{1}{R_{1}}-\frac{1}{R_{2}}\right), où n1n-1 devient nnmilieu1\frac{n}{n_{milieu}}-1 si la lentille baigne dans autre chose que l'air.
  • Aberrations : la CHROMATIQUE vient de la dépendance de nn avec la couleur (le bleu converge plus près), et se corrige par un doublet achromatique vérifiant P1ν1+P2ν2=0\frac{P_{1}}{\nu_{1}}+\frac{P_{2}}{\nu_{2}}=0; la SPHÉRIQUE vient de la forme des surfaces (les rayons marginaux convergent trop tôt), et se corrige en diaphragmant ou en aspherisant. Un miroir n'a AUCUNE aberration chromatique.
  • Limite de diffraction : θ1,22λD\theta\approx\frac{1{,}22\lambda}{D}. La finesse d'un instrument dépend de son DIAMÈTRE, jamais de son grossissement.

Partie A : Réfraction, lentilles, miroirs et l'oeil (/50)

Exercice 1 : Réfraction, profondeur apparente et réflexion totale

Avant les lentilles, il y a le dioptre : la simple surface qui sépare deux milieux. Tout le reste du chapitre en découle. On prend nair=1,00n_{air}=1{,}00, neau=1,33n_{eau}=1{,}33, nverre=1,50n_{verre}=1{,}50 et c=3,00×108c=3{,}00\times 10^{8} m/s. La question e) porte sur une fibre optique de cœur n=1,50n=1{,}50 et de gaine n=1,45n=1{,}45.

  • a) Un rayon passe de l'air à l'eau avec un angle d'incidence de 50,0°. Calculez l'angle de réfraction, la vitesse de la lumière dans l'eau, et dites ce que deviennent la fréquence et la longueur d'onde.
  • b) Une pièce repose au fond d'une piscine de 2,40 m de profondeur. Établissez, pour une observation quasi verticale, que la profondeur apparente vaut dn\frac{d}{n}, et calculez-la.
  • c) Calculez l'angle critique eau-air. Un poisson qui regarde vers le haut voit tout le ciel comprimé dans un cône : donnez son demi-angle et expliquez ce qu'il voit en dehors de ce cône.
  • d) Un rayon arrive sous 50,0° sur une lame de verre à faces parallèles de 2,00 cm d'épaisseur. Montrez que le rayon émergent est PARALLÈLE au rayon incident, puis calculez son déplacement latéral esin(ir)cosre\frac{\sin(i-r)}{\cos r}.
  • e) Pour la fibre optique : calculez l'angle critique cœur-gaine, puis l'ouverture numérique ON=n12n22ON=\sqrt{n_{1}^{2}-n_{2}^{2}} et le demi-angle du cône d'acceptation dans l'air. Pourquoi la lumière « choisit-elle » le trajet donné par la loi de Snell ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/11

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) θ235,2°\theta_{2}\approx 35{,}2°, v2,26×108v\approx 2{,}26\times 10^{8} m/s ; seule λ\lambda change
  • b) d=d/n1,80d'=d/n\approx 1{,}80 m : la piscine paraît un quart moins profonde
  • c) θc48,8°\theta_{c}\approx 48{,}8° : la fenêtre de Snell ; au-delà, la surface fait miroir
  • d) Rayon émergent PARALLÈLE, décalé de 7,7\approx 7{,}7 mm
  • e) θc75,2°\theta_{c}\approx 75{,}2°, ON0,384ON\approx 0{,}384, cône d'acceptation de 22,6°\approx 22{,}6°

a) sinθ2=n1sinθ1n2=sin50,0°1,330,5760\sin\theta_{2}=\frac{n_{1}\sin\theta_{1}}{n_{2}}=\frac{\sin 50{,}0°}{1{,}33}\approx 0{,}5760, donc θ235,2°\theta_{2}\approx 35{,}2° : le rayon se rapproche de la normale en entrant dans le milieu le plus réfringent. Vitesse : v=cn=3,00×1081,332,26×108v=\frac{c}{n}=\frac{3{,}00\times 10^{8}}{1{,}33}\approx 2{,}26\times 10^{8} m/s. La FRÉQUENCE ne change pas, elle est imposée par la source et rien ne peut la modifier en cours de route (les atomes de l'interface vibrent au rythme de l'onde incidente). Comme λ=vf\lambda=\frac{v}{f}, c'est donc la LONGUEUR D'ONDE qui est divisée par nn : la lumière se resserre en ralentissant.

b) Pour des rayons quasi verticaux, les angles sont petits et sinθtanθθ\sin\theta\approx\tan\theta\approx\theta. Un rayon partant de la pièce sous l'angle θ1\theta_{1} dans l'eau sort sous θ2\theta_{2} avec nθ1θ2n\theta_{1}\approx\theta_{2}. Il touche la surface à la distance horizontale xdθ1x\approx d\theta_{1} du point situé à la verticale de la pièce, et son prolongement vers l'arrière coupe la verticale à la profondeur dxθ2=dθ1nθ1=dnd'\approx\frac{x}{\theta_{2}}=\frac{d\theta_{1}}{n\theta_{1}}=\frac{d}{n}. Numériquement : d=2,401,331,80d'=\frac{2{,}40}{1{,}33}\approx 1{,}80 m. La piscine paraît un quart moins profonde qu'elle ne l'est, ce qui explique bien des mauvaises surprises au moment de plonger.

c) sinθc=nairneau=11,330,7519\sin\theta_{c}=\frac{n_{air}}{n_{eau}}=\frac{1}{1{,}33}\approx 0{,}7519, donc θc48,8°\theta_{c}\approx 48{,}8°. C'est la fenêtre de Snell : tout ce qui vient de l'extérieur, de l'horizon jusqu'au zénith, se retrouve comprimé dans un cône de demi-angle 48,8° au-dessus du poisson. En dehors de ce cône, aucune lumière extérieure ne peut lui parvenir : la surface se comporte alors comme un MIROIR parfait, et le poisson y voit le reflet du fond et de ce qui l'entoure sous l'eau.

d) À l'entrée, sin50,0°=1,50sinr\sin 50{,}0°=1{,}50\sin r donne r30,7°r\approx 30{,}7°. À la sortie, la seconde face étant parallèle à la première, l'angle d'incidence interne y vaut encore rr et l'on a 1,50sinr=sinθsortie1{,}50\sin r=\sin\theta_{sortie}, soit exactement la relation de départ lue à l'envers : θsortie=50,0°\theta_{sortie}=50{,}0°. Le rayon émergent est donc rigoureusement parallèle au rayon incident, la lame ne fait que le DÉCALER. Déplacement : d=esin(ir)cosr=(0,0200)sin(19,3°)cos(30,7°)7,68×103d=e\frac{\sin(i-r)}{\cos r}=(0{,}0200)\frac{\sin(19{,}3°)}{\cos(30{,}7°)}\approx 7{,}68\times 10^{-3} m, soit 7,7 mm. C'est pourquoi une vitre ne déforme pas une image, mais la décale légèrement, d'autant plus qu'elle est épaisse et regardée de biais.

e) sinθc=1,451,500,9667\sin\theta_{c}=\frac{1{,}45}{1{,}50}\approx 0{,}9667, donc θc75,2°\theta_{c}\approx 75{,}2° : le rayon doit frapper la paroi au-delà de cet angle, c'est-à-dire cheminer à moins de 14,8°14{,}8° de l'axe. Ouverture numérique : ON=1,5021,452=0,14750,384ON=\sqrt{1{,}50^{2}-1{,}45^{2}}=\sqrt{0{,}1475}\approx 0{,}384, et le demi-angle d'acceptation dans l'air vaut arcsin(0,384)22,6°\arcsin(0{,}384)\approx 22{,}6° : seule la lumière entrant dans ce cône restera piégée. Quant à la loi de Snell, elle n'est pas un décret : c'est une conséquence du principe de Fermat, selon lequel la lumière suit le trajet de DURÉE stationnaire entre deux points. Aller tout droit ne serait pas le plus rapide, puisque le second milieu est plus lent : le trajet optimal raccourcit la portion lente au prix d'un détour dans la portion rapide, exactement comme un sauveteur qui court sur le sable plus longtemps pour nager moins. Poser cette condition et dériver redonne n1sinθ1=n2sinθ2n_{1}\sin\theta_{1}=n_{2}\sin\theta_{2}, à la lettre.

50,0°35,2°normaleair n = 1,00eau n = 1,33en entrant dans le milieu le PLUS réfringent,le rayon se rapproche de la normale

Exercice 2 : L'équation des opticiens et la convention de signes

Une seule équation gouverne lentilles et miroirs. Ce qui change d'un cas à l'autre, ce ne sont pas les formules mais les SIGNES, et c'est là que se joue la totalité du chapitre.

On dispose d'une lentille convergente de distance focale 20,0 cm.

  • a) Un objet est placé à 30,0 cm de la lentille. Calculez la position de l'image et le grandissement, puis décrivez complètement l'image.
  • b) Reprenez avec l'objet à 15,0 cm, donc à l'INTÉRIEUR de la distance focale.
  • c) Reprenez avec l'objet à 60,0 cm.
  • d) Reprenez avec une lentille DIVERGENTE de distance focale 20,0-20{,}0 cm et un objet à 30,0 cm.
  • e) Dressez la règle générale : dans quels cas une lentille convergente donne-t-elle une image réelle, et dans quels cas une image virtuelle ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/12

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) di=+60,0d_{i}=+60{,}0 cm, G=2,00G=-2{,}00 : réelle, renversée, agrandie
  • b) di=60,0d_{i}=-60{,}0 cm, G=+4,00G=+4{,}00 : virtuelle, droite, agrandie. C'est la loupe
  • c) di=+30,0d_{i}=+30{,}0 cm, G=0,500G=-0{,}500 : réelle, renversée, réduite. L'appareil photo
  • d) di=12,0d_{i}=-12{,}0 cm, G=+0,400G=+0{,}400 : toujours virtuelle, droite, réduite
  • e) Réelle si do>fd_{o}>f, virtuelle si do<fd_{o}<f ; rien si do=fd_{o}=f

a) 1di=1f1do=120,0130,0=3260=160\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{f}-\dfrac{1}{d_{o}}=\dfrac{1}{20{,}0}-\dfrac{1}{30{,}0}=\dfrac{3-2}{60}=\dfrac{1}{60}, donc di=+60,0d_{i}=+60{,}0 cm. Le grandissement vaut G=60,030,0=2,00G=-\dfrac{60{,}0}{30{,}0}=-2{,}00. L'image est donc RÉELLE puisque di>0d_{i}>0, RENVERSÉE puisque G<0G<0, et AGRANDIE deux fois puisque G=2\left|G\right|=2. Elle se forme à 60 cm de l'autre côté de la lentille et pourrait être recueillie sur un écran : c'est la configuration du projecteur.

b) 1di=120,0115,0=3460=160\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{20{,}0}-\dfrac{1}{15{,}0}=\dfrac{3-4}{60}=-\dfrac{1}{60}, donc di=60,0d_{i}=-60{,}0 cm et G=60,015,0=+4,00G=-\dfrac{-60{,}0}{15{,}0}=+4{,}00. L'image est VIRTUELLE, di<0d_{i}<0, DROITE, G>0G>0, et agrandie quatre fois. Elle se situe du même côté que l'objet et n'est pas projetable : on ne peut que la regarder à travers la lentille. C'est exactement le fonctionnement de la LOUPE.

c) 1di=120,0160,0=3160=260\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{20{,}0}-\dfrac{1}{60{,}0}=\dfrac{3-1}{60}=\dfrac{2}{60}, donc di=+30,0d_{i}=+30{,}0 cm et G=30,060,0=0,500G=-\dfrac{30{,}0}{60{,}0}=-0{,}500. L'image est réelle, renversée et RÉDUITE de moitié. C'est la configuration de l'appareil photo, où l'on ramène une scène étendue sur un petit capteur.

d) 1di=120,0130,0=3260=560\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{-20{,}0}-\dfrac{1}{30{,}0}=\dfrac{-3-2}{60}=-\dfrac{5}{60}, donc di=12,0d_{i}=-12{,}0 cm et G=12,030,0=+0,400G=-\dfrac{-12{,}0}{30{,}0}=+0{,}400. L'image est VIRTUELLE, DROITE et RÉDUITE. C'est le cas de TOUTE lentille divergente, quelle que soit la position de l'objet : elle ne peut jamais donner d'image réelle d'un objet réel.

e) Pour une lentille convergente, tout dépend de la position de l'objet par rapport au foyer. Si do>fd_{o}>f, l'objet est au-delà du foyer et l'image est RÉELLE et renversée ; elle est agrandie si f<do<2ff<d_{o}<2f, de même taille si do=2fd_{o}=2f, réduite si do>2fd_{o}>2f. Si do<fd_{o}<f, l'objet est en deçà du foyer et l'image devient VIRTUELLE, droite et agrandie. Le cas limite do=fd_{o}=f ne donne aucune image : les rayons émergent parallèles et l'image est rejetée à l'infini, ce que traduit 1di=0\dfrac{1}{d_{i}}=0.

FF'objetimagelentille convergente f = 20 cmobjet à 30 cm → image à +60 cm, G = -2,00 :RÉELLE (di > 0), RENVERSÉE (G < 0), deux fois plus grande

Exercice 3 : Les miroirs sphériques

Un miroir sphérique obéit à la MÊME équation qu'une lentille, avec une seule relation supplémentaire : sa distance focale vaut la moitié de son rayon de courbure. Le miroir concave se comporte comme une lentille convergente, le miroir convexe comme une divergente.

Un miroir concave a un rayon de courbure de 40,0 cm.

  • a) Calculez sa distance focale et justifiez son signe.
  • b) Un objet est placé à 30,0 cm du miroir. Calculez la position de l'image et le grandissement, puis décrivez l'image.
  • c) Refaites le calcul pour un miroir CONVEXE de même rayon, l'objet restant à 30,0 cm.
  • d) Pourquoi les rétroviseurs latéraux d'automobile sont-ils convexes, et pourquoi portent-ils l'avertissement selon lequel les objets sont plus proches qu'ils ne paraissent ?
  • e) Où doit-on placer un objet devant un miroir concave pour obtenir une image droite et agrandie ? Citez un usage courant.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) f=R/2=+20,0f=R/2=+20{,}0 cm : concave donc convergent
  • b) di=+60,0d_{i}=+60{,}0 cm, G=2,00G=-2{,}00 : réelle, devant le miroir, renversée
  • c) f=20,0f=-20{,}0 cm, di=12,0d_{i}=-12{,}0 cm, G=+0,400G=+0{,}400 : virtuelle, droite, réduite
  • d) Champ élargi mais image réduite, donc jugée plus lointaine
  • e) Entre le miroir et son foyer : miroir de rasage, miroir de dentiste

a) f=R2=40,02=+20,0f=\dfrac{R}{2}=\dfrac{40{,}0}{2}=+20{,}0 cm. Le signe est POSITIF parce que le miroir est concave, donc convergent : il ramène vers un foyer réel un faisceau parallèle venant de l'avant. La convention est cohérente avec celle des lentilles, où f>0f>0 signifie convergent.

b) 1di=120,0130,0=160\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{20{,}0}-\dfrac{1}{30{,}0}=\dfrac{1}{60}, donc di=+60,0d_{i}=+60{,}0 cm et G=2,00G=-2{,}00. L'image est RÉELLE, formée à 60 cm DEVANT le miroir, du même côté que l'objet puisque la lumière revient en arrière, RENVERSÉE et agrandie deux fois. Les nombres sont identiques à ceux du a de l'exercice 2, ce qui illustre que la formule ne distingue pas lentille et miroir ; seule l'interprétation géométrique de « du même côté » change.

c) Pour un miroir convexe, RR est compté négativement, donc f=20,0f=-20{,}0 cm. Alors 1di=120,0130,0=560\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{-20{,}0}-\dfrac{1}{30{,}0}=-\dfrac{5}{60}, d'où di=12,0d_{i}=-12{,}0 cm et G=+0,400G=+0{,}400. L'image est VIRTUELLE, située derrière le miroir, DROITE et réduite. C'est le comportement invariable du miroir convexe, exactement comme la lentille divergente.

d) Parce qu'un miroir convexe donne toujours une image droite et RÉDUITE, ce qui élargit considérablement le champ de vision : on voit une portion de route bien plus large qu'avec un miroir plan de même taille, ce qui réduit l'angle mort. Le prix à payer est précisément la réduction : le véhicule qui suit paraît plus petit, donc le cerveau, qui estime les distances à partir de la taille apparente, le juge PLUS LOIN qu'il ne l'est. D'où l'avertissement gravé, obligatoire en Amérique du Nord.

e) Il faut placer l'objet ENTRE le miroir et son foyer, donc à moins de 20,0 cm ici. On obtient alors, comme pour la lentille convergente en deçà du foyer, une image virtuelle, droite et agrandie. Usage courant : le miroir de maquillage ou de rasage, et le miroir d'examen du dentiste, tous deux concaves et utilisés très près du visage. Vérification : avec do=10,0d_{o}=10{,}0 cm, 1di=120110=120\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{20}-\dfrac{1}{10}=-\dfrac{1}{20}, donc di=20,0d_{i}=-20{,}0 cm et G=+2,00G=+2{,}00, image virtuelle droite agrandie deux fois.

CFobjetimagemiroirconcaveR = 40 cm donc f = 20 cm ; objet à 30 cm → image à 60 cmDEVANT le miroir : réelle, renversée, G = -2,00

Exercice 4 : L'oeil et la correction de ses défauts

L'oeil est une lentille convergente de distance focale variable, qui doit toujours former l'image sur la rétine, à distance fixe. Ses défauts se corrigent en ajoutant une lentille dont la vergence s'additionne à la sienne.

Rappel : l'oeil normal voit net de 25 cm à l'infini. La vergence s'exprime en dioptries, avec ff en mètres.

  • a) Définissez le punctum remotum et le punctum proximum, et donnez leurs valeurs pour un oeil normal.
  • b) Une personne myope a son punctum remotum à 50,0 cm. Calculez la vergence de la lentille correctrice et précisez sa nature.
  • c) Une personne hypermétrope a son punctum proximum à 100 cm. Calculez la vergence permettant de lire à 25,0 cm.
  • d) Expliquez pourquoi les deux corrections sont de signes opposés.
  • e) Pourquoi la presbytie apparaît-elle chez presque tout le monde après 45 ans, et pourquoi se corrige-t-elle comme l'hypermétropie ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Remotum à l'infini, proximum à 2525 cm
  • b) P=2,00P=-2{,}00 δ : lentille divergente
  • c) P=+3,00P=+3{,}00 δ, soit f33f\approx 33 cm : lentille convergente
  • d) Le myope converge trop, l'hypermétrope pas assez : les vergences s'additionnent
  • e) Perte d'accommodation : même conséquence que l'hypermétropie, même correction

a) Le PUNCTUM REMOTUM est le point le plus ÉLOIGNÉ vu net, l'oeil étant au repos ; il est à l'INFINI pour un oeil normal. Le PUNCTUM PROXIMUM est le point le plus PROCHE vu net, l'oeil accommodant au maximum ; il est conventionnellement à 25 cm. Entre les deux s'étend le domaine de vision distincte, que l'accommodation, c'est-à-dire la déformation du cristallin, permet de couvrir.

b) L'oeil myope ne voit pas au-delà de 50,0 cm. La lentille doit donc prendre un objet situé à l'INFINI et en donner une image virtuelle placée précisément au punctum remotum, où l'oeil sait la voir. On a donc do=d_{o}=\infty et di=0,500d_{i}=-0{,}500 m, le signe étant négatif car l'image est virtuelle, du même côté que l'objet. Alors 1f=1do+1di=0+10,500=2,00\dfrac{1}{f}=\dfrac{1}{d_{o}}+\dfrac{1}{d_{i}}=0+\dfrac{1}{-0{,}500}=-2{,}00. La vergence vaut 2,00-2{,}00 dioptries : c'est une lentille DIVERGENTE.

c) L'oeil hypermétrope ne voit pas net en deçà de 100 cm. Pour lire à 25,0 cm, la lentille doit prendre l'objet réel à do=+0,250d_{o}=+0{,}250 m et en former une image virtuelle au punctum proximum, soit di=1,00d_{i}=-1{,}00 m. Alors 1f=10,250+11,00=4,001,00=3,00\dfrac{1}{f}=\dfrac{1}{0{,}250}+\dfrac{1}{-1{,}00}=4{,}00-1{,}00=3{,}00. La vergence vaut +3,00+3{,}00 dioptries : lentille CONVERGENTE.

d) Parce que les deux défauts sont opposés. L'oeil MYOPE converge TROP : l'image d'un objet lointain se forme en avant de la rétine. Il faut donc lui retirer de la convergence, d'où une lentille divergente de vergence négative. L'oeil HYPERMÉTROPE ne converge PAS ASSEZ : l'image se formerait en arrière de la rétine. Il faut lui en ajouter, d'où une lentille convergente de vergence positive. Comme les vergences de deux systèmes accolés s'additionnent, la correction consiste littéralement à ajouter algébriquement ce qui manque ou ce qui est en trop.

e) Parce que la presbytie n'est pas un défaut de forme de l'oeil mais une perte d'ACCOMMODATION : le cristallin durcit avec l'âge et ne peut plus se bomber autant, ce qui éloigne progressivement le punctum proximum. Le phénomène est physiologique et touche donc tout le monde, y compris les myopes, chez qui il s'ajoute au défaut existant. La conséquence, un punctum proximum trop éloigné, est la MÊME que celle de l'hypermétropie, et la correction est donc identique : une lentille convergente pour la vision de près. C'est pourquoi un myope presbyte a besoin de deux corrections opposées, d'où les verres à double foyer ou progressifs.

Exercice 5 : La loupe et le grossissement commercial

Une loupe n'agrandit pas l'objet : elle permet de l'approcher plus près de l'oeil que le punctum proximum ne l'autoriserait, donc d'augmenter l'ANGLE sous lequel on le voit. Le grossissement compare cet angle à celui obtenu à l'oeil nu à 25 cm.

Une loupe est une lentille convergente de distance focale 5,00 cm.

  • a) Expliquez pourquoi le grossissement se définit à partir d'angles et non de tailles.
  • b) Calculez le grossissement commercial de cette loupe.
  • c) Où faut-il placer l'objet pour utiliser la loupe, et quelle est alors la nature de l'image ?
  • d) Quelle distance focale faudrait-il pour un grossissement de 10 fois ? Quel inconvénient pratique cela entraîne-t-il ?
  • e) Pourquoi ne fabrique-t-on pas de loupe de grossissement 100 fois ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) La taille apparente est un ANGLE : la loupe permet d'approcher l'objet
  • b) G=25/f=5,00G=25/f=5{,}00
  • c) Entre la loupe et son foyer ; image virtuelle, droite, agrandie
  • d) f=2,5f=2{,}5 cm : champ minuscule et éclairage difficile
  • e) f=2,5f=2{,}5 mm : aberrations énormes. Au-delà de G20G\approx 20, on passe au microscope

a) Parce que la taille apparente d'un objet ne dépend pas de sa taille réelle mais de l'ANGLE qu'il sous-tend à l'oeil. Un objet deux fois plus grand mais deux fois plus loin paraît identique. Une loupe ne modifie pas l'objet ; elle permet de l'observer de beaucoup plus près, à quelques centimètres au lieu de 25, en formant une image virtuelle que l'oeil peut accommoder. C'est l'augmentation de l'angle qui produit la sensation d'agrandissement, d'où la définition G=θθG=\dfrac{\theta'}{\theta}.

b) G=25f=255,00=5,00G=\dfrac{25}{f}=\dfrac{25}{5{,}00}=5{,}00. La loupe grossit donc cinq fois. La formule suppose l'image rejetée à l'infini, configuration la plus reposante pour l'oeil, qui n'accommode alors pas du tout.

c) Il faut placer l'objet ENTRE la loupe et son foyer, donc à moins de 5,00 cm, et en pratique presque exactement au foyer. L'image obtenue est alors VIRTUELLE, DROITE et agrandie, conformément au cas b de l'exercice 2. C'est nécessairement une image virtuelle : une image réelle serait renversée et devrait être projetée, ce qui n'est pas l'usage d'une loupe.

d) G=25f=10G=\dfrac{25}{f}=10 donne f=2,5f=2{,}5 cm. L'inconvénient est immédiat : il faut approcher l'objet à 2,5 cm de la lentille, et l'oeil doit se placer tout contre elle. Le champ de vision devient minuscule, l'éclairage difficile puisque la tête fait de l'ombre, et la profondeur de champ presque nulle. Plus le grossissement est fort, plus la loupe devient inconfortable.

e) Il faudrait f=25100=0,25f=\dfrac{25}{100}=0{,}25 cm, soit 2,5 mm. Une lentille de cette focale serait une bille de verre de quelques millimètres, avec des aberrations géométriques et chromatiques énormes, un champ de l'ordre du millimètre, et une distance de travail incompatible avec toute manipulation. Au-delà d'un grossissement d'environ 20, on cesse donc d'ajouter de la courbure à une seule lentille et l'on passe à un système à DEUX étages : c'est exactement la raison d'être du microscope, objet de l'exercice suivant.

F'Fobjetimage virtuelleloupe f = 5,00 cml'objet est DANS la distance focale : les rayons ressortentDIVERGENTS, et ce sont leurs prolongements (en pointillé)qui se croisent : l'image est virtuelle, droite, agrandie

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Le prisme : déviation, minimum de déviation et dispersion

Un prisme de verre a un angle au sommet A=60,0°A=60{,}0° et un indice n=1,50n=1{,}50. Un rayon frappe la première face avec un angle d'incidence i1i_{1}, se réfracte sous r1r_{1}, traverse le prisme, arrive sur la seconde face sous r2=Ar1r_{2}=A-r_{1} et en ressort sous i2i_{2}. La déviation totale vaut D=i1+i2AD=i_{1}+i_{2}-A. La question d) prend n=1,495n=1{,}495 pour le rouge et n=1,515n=1{,}515 pour le violet.

  • a) Pour i1=45,0°i_{1}=45{,}0°, calculez r1r_{1}, r2r_{2}, i2i_{2} et la déviation DD.
  • b) La déviation passe par un MINIMUM quand le trajet dans le prisme est symétrique, c'est-à-dire quand r1=r2=A2r_{1}=r_{2}=\frac{A}{2}. Calculez l'angle d'incidence correspondant et la déviation minimale. Comparez avec le résultat du a) et commentez.
  • c) Montrez que la relation n=sinA+Dmin2sinA2n=\frac{\sin\frac{A+D_{min}}{2}}{\sin\frac{A}{2}} redonne bien l'indice du verre. Pourquoi cette formule est-elle la méthode de référence pour MESURER un indice ?
  • d) Si l'on diminue trop l'angle d'incidence, plus aucun rayon ne sort par la seconde face. Déterminez l'angle d'incidence minimal permettant l'émergence.
  • e) Calculez la déviation minimale du rouge et celle du violet, puis leur écart. Pourquoi un prisme sépare-t-il durablement les couleurs alors qu'une lame à faces parallèles ne le fait pas ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/15

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) r128,1°r_{1}\approx 28{,}1°, r231,9°r_{2}\approx 31{,}9°, i252,4°i_{2}\approx 52{,}4°, D37,4°D\approx 37{,}4°
  • b) i48,6°i\approx 48{,}6° et Dmin37,2°D_{min}\approx 37{,}2° : la courbe est PLATE au minimum
  • c) n=sinA+Dmin2sinA2=1,50n=\dfrac{\sin\frac{A+D_{min}}{2}}{\sin\frac{A}{2}}=1{,}50, mesuré avec deux angles seulement
  • d) θc41,8°\theta_{c}\approx 41{,}8° impose i127,9°i_{1}\geq 27{,}9°
  • e) 36,75°36{,}75° et 38,49°38{,}49°, soit 1,74°1{,}74° d'écart ; le prisme ADDITIONNE ses deux déviations

a) sin45,0°=1,50sinr1\sin 45{,}0°=1{,}50\sin r_{1} donne sinr1=0,70711,500,4714\sin r_{1}=\frac{0{,}7071}{1{,}50}\approx 0{,}4714, donc r128,1°r_{1}\approx 28{,}1°. Alors r2=60,028,1=31,9°r_{2}=60{,}0-28{,}1=31{,}9°, et sini2=1,50sin31,9°0,7919\sin i_{2}=1{,}50\sin 31{,}9°\approx 0{,}7919, soit i252,4°i_{2}\approx 52{,}4°. Déviation : D=45,0+52,460,037,4°D=45{,}0+52{,}4-60{,}0\approx 37{,}4°.

b) Au minimum, r1=r2=30,0°r_{1}=r_{2}=30{,}0°, donc sini=1,50sin30,0°=0,750\sin i=1{,}50\sin 30{,}0°=0{,}750 et i48,6°i\approx 48{,}6°. Déviation minimale : Dmin=2iA=97,1860,037,2°D_{min}=2i-A=97{,}18-60{,}0\approx 37{,}2°. Comparez : en changeant l'incidence de 48,6° à 45,0°, soit de plus de trois degrés et demi, la déviation n'a bougé que de deux dixièmes de degré. C'est la signature d'un minimum : au voisinage d'un extremum, la fonction est PLATE. Cette insensibilité est précisément ce qui rend le minimum de déviation facile à repérer expérimentalement, à l'œil, en faisant tourner le prisme jusqu'à ce que l'image cesse de reculer et reparte en arrière.

c) Au minimum, i=A+Dmin2=60,0+37,18248,59°i=\frac{A+D_{min}}{2}=\frac{60{,}0+37{,}18}{2}\approx 48{,}59° et r=A2=30,0°r=\frac{A}{2}=30{,}0°. La loi de Snell à l'entrée s'écrit sini=nsinr\sin i=n\sin r, d'où n=sinA+Dmin2sinA2=sin48,59°sin30,0°=0,7500,500=1,50n=\frac{\sin\frac{A+D_{min}}{2}}{\sin\frac{A}{2}}=\frac{\sin 48{,}59°}{\sin 30{,}0°}=\frac{0{,}750}{0{,}500}=1{,}50 : l'indice de départ, retrouvé. C'est la méthode de référence parce qu'elle ne demande aucune mesure de distance, aucune position d'image, aucun réglage délicat : seulement DEUX ANGLES, AA et DminD_{min}, tous deux mesurables au goniomètre au centième de degré, et repérables sans ambiguïté grâce à la platitude du minimum. Un indice se mesure ainsi à cinq chiffres significatifs avec un instrument purement mécanique.

d) Pour que le rayon sorte, il faut que son incidence interne sur la seconde face reste INFÉRIEURE à l'angle critique : r2θcr_{2}\leq\theta_{c} avec sinθc=11,50\sin\theta_{c}=\frac{1}{1{,}50}, soit θc41,8°\theta_{c}\approx 41{,}8°. Comme r2=Ar1r_{2}=A-r_{1}, cela impose r160,041,8=18,2°r_{1}\geq 60{,}0-41{,}8=18{,}2°, donc sini11,50sin18,2°0,4683\sin i_{1}\geq 1{,}50\sin 18{,}2°\approx 0{,}4683 et i127,9°i_{1}\geq 27{,}9°. En dessous de 27,9°, la lumière subit une réflexion totale à l'intérieur du prisme et ressort par la troisième face, ou pas du tout : c'est d'ailleurs ce phénomène qu'exploitent les prismes à réflexion totale des jumelles, qui remplacent des miroirs sans aucune perte.

e) Rouge : i=arcsin(1,495×0,500)i=\arcsin(1{,}495\times 0{,}500), donc Dmin,r=2arcsin(0,7475)60,036,75°D_{min,r}=2\arcsin(0{,}7475)-60{,}0\approx 36{,}75°. Violet : Dmin,v=2arcsin(0,7575)60,038,49°D_{min,v}=2\arcsin(0{,}7575)-60{,}0\approx 38{,}49°. Écart : environ 1,74°1{,}74°, soit près de deux degrés entre les deux bouts du spectre visible, largement de quoi étaler un arc-en-ciel sur un mur. La différence avec la lame à faces parallèles est purement géométrique : dans la lame, les deux faces sont parallèles, si bien que la seconde réfraction ANNULE exactement la première pour chaque couleur, et tous les rayons ressortent parallèles entre eux, séparés seulement d'un décalage latéral minuscule qui les fait se recouvrir aussitôt. Dans le prisme, les deux faces font un angle : les deux déviations s'AJOUTENT au lieu de se compenser, et chaque couleur repart dans une direction propre, qui s'écarte indéfiniment des autres à mesure qu'on s'éloigne.

Exercice 7 : Du dioptre sphérique à la formule des fabricants de lentilles

Une lentille n'est rien d'autre que DEUX dioptres sphériques dos à dos. Un dioptre sphérique unique obéit à n1do+n2di=n2n1R\frac{n_{1}}{d_{o}}+\frac{n_{2}}{d_{i}}=\frac{n_{2}-n_{1}}{R}, et l'enchaînement de deux dioptres minces donne la formule des fabricants, 1f=(n1)(1R11R2)\frac{1}{f}=(n-1)\left(\frac{1}{R_{1}}-\frac{1}{R_{2}}\right), où un rayon est POSITIF quand son centre de courbure est du côté de la lumière sortante. Les questions b) à e) portent sur du verre d'indice 1,52.

  • a) Un barreau de verre (n=1,50n=1{,}50) se termine par une calotte sphérique de rayon 4,00 cm. Un objet est placé dans l'air, à 20,0 cm du sommet. Calculez la position de l'image formée DANS le verre.
  • b) Une lentille biconvexe a des rayons de 20,0 cm et 30,0 cm. Calculez sa distance focale et sa vergence.
  • c) On plonge cette même lentille dans l'eau (n=1,33n=1{,}33), auquel cas n1n-1 est remplacé par nnmilieu1\frac{n}{n_{milieu}}-1. Calculez sa nouvelle distance focale. Pourquoi voit-on si mal sous l'eau, et pourquoi un masque règle-t-il le problème ?
  • d) Un ménisque a une face convexe de rayon 10,0 cm et une face concave de rayon 15,0 cm, toutes deux tournées du même côté. Calculez sa distance focale : la lentille est-elle convergente malgré sa face creuse ?
  • e) On accole la lentille du b) à une lentille divergente de 50,0 cm de distance focale. Démontrez que les vergences s'additionnent et calculez la distance focale du doublet.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) di=20,0d_{i}=20{,}0 cm dans le verre, image réelle
  • b) f23,1f\approx 23{,}1 cm et P4,33P\approx 4{,}33 δ
  • c) f84f\approx 84 cm dans l'eau : le masque rétablit l'interface air-cornée
  • d) f57,7f\approx 57{,}7 cm, POSITIF : la différence des courbures décide
  • e) P=P1+P2=2,33P=P_{1}+P_{2}=2{,}33 δ, soit f42,9f\approx 42{,}9 cm

a) 1,0020,0+1,50di=1,501,004,00=0,125\frac{1{,}00}{20{,}0}+\frac{1{,}50}{d_{i}}=\frac{1{,}50-1{,}00}{4{,}00}=0{,}125. Donc 1,50di=0,1250,0500=0,0750\frac{1{,}50}{d_{i}}=0{,}125-0{,}0500=0{,}0750 et di=1,500,0750=20,0d_{i}=\frac{1{,}50}{0{,}0750}=20{,}0 cm : l'image se forme 20,0 cm à l'intérieur du verre, et elle est RÉELLE (di>0d_{i}>0). Notez que l'équation des opticiens habituelle n'est que le cas particulier n1=n2=1n_{1}=n_{2}=1 de celle-ci, appliquée deux fois.

b) La face d'entrée est convexe vers la lumière incidente, donc R1=+20,0R_{1}=+20{,}0 cm; la face de sortie est bombée dans l'autre sens, donc son centre est du côté de la lumière ENTRANTE et R2=30,0R_{2}=-30{,}0 cm. 1f=(1,521)(120,0+130,0)=0,52×0,083330,04333\frac{1}{f}=(1{,}52-1)\left(\frac{1}{20{,}0}+\frac{1}{30{,}0}\right)=0{,}52\times 0{,}08333\approx 0{,}04333 cm1^{-1}, donc f23,1f\approx 23{,}1 cm et P=10,2314,33P=\frac{1}{0{,}231}\approx 4{,}33 δ.

c) nneau1=1,521,3310,1429\frac{n}{n_{eau}}-1=\frac{1{,}52}{1{,}33}-1\approx 0{,}1429, soit près de quatre fois moins que 0,52. La distance focale est donc multipliée d'autant : f84,0f\approx 84{,}0 cm, contre 23,1 cm dans l'air. La leçon vaut aussi pour l'œil : sa cornée assure les deux tiers de la convergence de l'œil justement parce qu'elle sépare l'AIR de milieux aqueux; sous l'eau, ce saut d'indice disparaît presque, la cornée cesse de converger et l'image se forme loin derrière la rétine, d'où le flou total. Le masque de plongée rétablit une interface air-cornée en emprisonnant une couche d'air devant l'œil : ce n'est pas le masque qui corrige la vue, c'est l'air qu'il contient.

d) Les deux faces tournées du même côté ont des rayons de MÊME signe : R1=+10,0R_{1}=+10{,}0 cm et R2=+15,0R_{2}=+15{,}0 cm. 1f=0,52(110,0115,0)=0,52×0,033330,01733\frac{1}{f}=0{,}52\left(\frac{1}{10{,}0}-\frac{1}{15{,}0}\right)=0{,}52\times 0{,}03333\approx 0{,}01733, donc f57,7f\approx 57{,}7 cm, POSITIF : la lentille est bel et bien convergente, malgré sa face creuse. Ce n'est pas la forme des faces prise isolément qui décide, mais la DIFFÉRENCE de leurs courbures, autrement dit le fait que la lentille soit plus épaisse au centre qu'aux bords. Tous les verres de lunettes modernes sont d'ailleurs des ménisques, pour des raisons de champ de vision et d'esthétique.

e) Deux lentilles minces accolées : l'image de la première sert d'objet à la seconde, et comme l'écart entre elles est nul, do2=di1d_{o2}=-d_{i1}. En écrivant 1do1+1di1=1f1\frac{1}{d_{o1}}+\frac{1}{d_{i1}}=\frac{1}{f_{1}} et 1di1+1di2=1f2\frac{1}{-d_{i1}}+\frac{1}{d_{i2}}=\frac{1}{f_{2}}, puis en additionnant membre à membre, les termes en di1d_{i1} s'éliminent : 1do1+1di2=1f1+1f2\frac{1}{d_{o1}}+\frac{1}{d_{i2}}=\frac{1}{f_{1}}+\frac{1}{f_{2}}. Le doublet se comporte donc comme une lentille unique de vergence P=P1+P2P=P_{1}+P_{2}. Ici : P=4,333+(2,000)=2,333P=4{,}333+(-2{,}000)=2{,}333 δ, soit f42,9f\approx 42{,}9 cm. C'est ce simple fait qui permet à l'opticien de composer n'importe quelle correction en empilant des verres d'essai.

Exercice 8 : Le microscope et le télescope : deux lentilles en série

Les deux instruments reposent sur la même idée : l'image donnée par la première lentille sert d'OBJET à la seconde. Leur différence tient uniquement à la position de l'objet observé, tout proche pour le microscope, à l'infini pour le télescope.

Un microscope a un objectif de distance focale 0,800 cm et un oculaire de 2,50 cm, séparés de telle sorte que l'image intermédiaire se forme à 16,0 cm de l'objectif. Un télescope a un objectif de 120 cm et un oculaire de 2,00 cm.

  • a) Expliquez le principe commun aux deux instruments.
  • b) Calculez le grandissement de l'objectif du microscope, puis le grossissement de son oculaire, et déduisez-en le grossissement total.
  • c) L'image finale du microscope est-elle droite ou renversée ? Cela pose-t-il un problème ?
  • d) Établissez la formule du grossissement d'un télescope et appliquez-la.
  • e) Pourquoi cherche-t-on avant tout à augmenter le DIAMÈTRE de l'objectif d'un télescope, plutôt que son grossissement ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) L'image de l'objectif sert d'objet à l'oculaire, qui fait loupe
  • b) 20,0-20{,}0 et 10,010{,}0, donc G=200G=200 fois
  • c) Renversée, sans inconvénient pratique en microscopie
  • d) G=fobjfocu=60,0G=\dfrac{f_{obj}}{f_{ocu}}=60{,}0, tube de 122122 cm
  • e) Le diamètre fixe la lumière collectée et le pouvoir séparateur

a) Dans les deux cas, l'OBJECTIF, tourné vers l'objet, en forme une première image réelle, dite image intermédiaire. Cette image sert ensuite d'OBJET à l'OCULAIRE, qui joue simplement le rôle d'une loupe : placé de sorte que l'image intermédiaire tombe près de son foyer, il en donne une image virtuelle très agrandie, observée par l'oeil. Le grossissement total est le produit des deux effets. La différence entre les deux instruments tient à l'objet observé : proche et minuscule pour le microscope, lointain et grand pour le télescope.

b) Le grandissement de l'objectif vaut gobj=didog_{obj}=-\dfrac{d_{i}}{d_{o}}. Comme l'objet est placé juste au-delà du foyer, on utilise l'approximation usuelle dofobjd_{o}\approx f_{obj}, d'où gobj16,00,800=20,0g_{obj}\approx-\dfrac{16{,}0}{0{,}800}=-20{,}0. L'oculaire agit comme une loupe : Gocu=252,50=10,0G_{ocu}=\dfrac{25}{2{,}50}=10{,}0. Le grossissement total est le produit des valeurs absolues : G=20,0×10,0=200G=20{,}0\times 10{,}0=200 fois.

c) Elle est RENVERSÉE. L'objectif donne une image renversée, puisque son grandissement est négatif, et l'oculaire, fonctionnant en loupe, la laisse droite par rapport à elle-même : l'image finale est donc inversée par rapport à l'objet. Cela ne pose aucun problème en microscopie : l'observateur déplace simplement la lame en sens inverse de ce qu'il attend, ce à quoi l'on s'habitue en quelques minutes. Ajouter un redresseur coûterait de la lumière et de la netteté pour un bénéfice nul.

d) L'objet étant à l'infini, l'objectif en forme l'image intermédiaire exactement dans son plan focal. Pour que l'observation se fasse à l'oeil détendu, l'oculaire doit avoir son propre foyer au même endroit : les deux lentilles sont donc séparées de fobj+focuf_{obj}+f_{ocu}. En comparant l'angle sous lequel on voit l'image à celui sous lequel on voyait l'objet, on obtient G=fobjfocuG=\dfrac{f_{obj}}{f_{ocu}}. Application : G=1202,00=60,0G=\dfrac{120}{2{,}00}=60{,}0 fois.

e) Parce que le grossissement est facile à obtenir mais ne crée aucune information : changer d'oculaire suffit à doubler GG, et l'on ne fait alors qu'agrandir une image floue. Ce qui limite réellement un télescope, c'est la QUANTITÉ DE LUMIÈRE collectée, proportionnelle à la surface donc au carré du diamètre, et le POUVOIR SÉPARATEUR, c'est-à-dire le plus petit détail angulaire discernable, qui est imposé par la diffraction et s'améliore lui aussi avec le diamètre. Un objectif deux fois plus large recueille quatre fois plus de lumière et sépare deux fois mieux : il montre des objets réellement plus faibles et plus fins. Le grossissement, lui, n'est utile que dans la limite permise par le diamètre, au-delà de laquelle on parle de grossissement vide.

Exercice 9 : Problème : concevoir un instrument

On dispose de trois lentilles convergentes de distances focales 2,00 cm, 5,00 cm et 100 cm, et l'on veut monter successivement un microscope puis un télescope, en tirant le meilleur parti de ce matériel.

On garde la distance de vision distincte de 25 cm et l'on suppose l'image intermédiaire du microscope à 15,0 cm de l'objectif.

  • a) Pour le télescope, quelles lentilles choisissez-vous comme objectif et comme oculaire ? Calculez le grossissement obtenu et la longueur du tube.
  • b) Auriez-vous intérêt à permuter les deux lentilles ? Calculez et concluez.
  • c) Pour le microscope, quelles lentilles choisissez-vous ? Calculez le grossissement total.
  • d) La lentille de 100 cm est-elle utilisable dans le microscope ? Justifiez physiquement.
  • e) Résumez en une phrase la règle de choix des focales pour chacun des deux instruments.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/10

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Objectif 100100 cm, oculaire 2,002{,}00 cm : G=50,0G=50{,}0 et tube de 102102 cm
  • b) G=0,0200G=0{,}0200 : on aurait construit un viseur grand angle
  • c) Objectif 2,002{,}00 cm, oculaire 5,005{,}00 cm : 7,50×5,00=37,57{,}50\times 5{,}00=37{,}5 fois
  • d) Inutilisable : une longue focale converge trop faiblement pour les deux étages
  • e) Télescope : grand objectif, petit oculaire. Microscope : les deux petits

a) Pour un télescope, G=fobjfocuG=\dfrac{f_{obj}}{f_{ocu}} : il faut le plus GRAND ff à l'objectif et le plus PETIT à l'oculaire. On prend donc l'objectif de 100 cm et l'oculaire de 2,00 cm, d'où G=1002,00=50,0G=\dfrac{100}{2{,}00}=50{,}0 fois. La longueur du tube vaut fobj+focu=100+2,00=102f_{obj}+f_{ocu}=100+2{,}00=102 cm, soit un instrument d'un peu plus d'un mètre.

b) En permutant, G=2,00100=0,0200G=\dfrac{2{,}00}{100}=0{,}0200, soit un grossissement bien inférieur à 1 : l'instrument RÉDUIT l'image cinquante fois au lieu de l'agrandir. On aurait construit une lunette de Galilée à l'envers, ce qui est le principe du viseur grand angle. La permutation est donc à proscrire pour observer le ciel, et la règle est sans ambiguïté : objectif à longue focale, oculaire à courte focale.

c) Pour un microscope, il faut au contraire un objectif de TRÈS COURTE focale, puisque l'objet en est très proche, et un oculaire de focale modérée. On prend l'objectif de 2,00 cm et l'oculaire de 5,00 cm. Le grandissement de l'objectif vaut gobj15,02,00=7,50\left|g_{obj}\right|\approx\dfrac{15{,}0}{2{,}00}=7{,}50 et le grossissement de l'oculaire 255,00=5,00\dfrac{25}{5{,}00}=5{,}00. Le total est 7,50×5,00=37,57{,}50\times 5{,}00=37{,}5 fois.

d) Non, elle est inutilisable. Comme objectif, une focale de 100 cm obligerait à placer l'objet à plus d'un mètre, ce qui est absurde pour observer une lame de microscope et ne donnerait aucun grandissement utile. Comme oculaire, elle donnerait un grossissement de 25100=0,25\dfrac{25}{100}=0{,}25, donc une RÉDUCTION. Une longue focale converge faiblement ; or les deux étages d'un microscope exigent au contraire une forte convergence, l'un pour capter un objet minuscule placé très près, l'autre pour jouer efficacement le rôle de loupe.

e) Pour le TÉLESCOPE, on veut une focale d'objectif aussi grande que possible et une focale d'oculaire aussi petite que possible, puisque GG est leur rapport. Pour le MICROSCOPE, on veut les deux focales aussi petites que possible, l'objectif pour approcher l'objet au maximum et l'oculaire pour grossir davantage, puisque GG est le produit de deux facteurs tous deux inversement proportionnels à une focale.

Exercice 10 : Les aberrations et les limites d'un instrument

Aucune lentille réelle ne forme un point à partir d'un point. On étudie ici les deux défauts principaux et la limite ultime, celle qu'aucune qualité de fabrication ne peut franchir. La lentille de référence est la biconvexe de rayons 20,0 cm et 30,0 cm, dont l'indice vaut 1,53 pour le bleu et 1,51 pour le rouge.

  • a) Calculez la distance focale de cette lentille pour le bleu et pour le rouge, puis leur écart en pourcentage. Quel défaut d'image cela produit-il ?
  • b) Un doublet achromatique associe une lentille convergente en crown (P1=+5,00P_{1}=+5{,}00 δ, constringence ν1=60,0\nu_{1}=60{,}0) à une divergente en flint (ν2=36,0\nu_{2}=36{,}0). La condition d'achromatisme s'écrit P1ν1+P2ν2=0\frac{P_{1}}{\nu_{1}}+\frac{P_{2}}{\nu_{2}}=0. Calculez P2P_{2} et la vergence totale du doublet.
  • c) Décrivez l'aberration sphérique : les rayons marginaux convergent-ils avant ou après les rayons paraxiaux ? Donnez deux moyens de la réduire et expliquez leur coût respectif.
  • d) Pourquoi les grands télescopes utilisent-ils un MIROIR plutôt qu'une lentille comme objectif ? Donnez au moins trois raisons distinctes.
  • e) Même parfait, un instrument reste limité par la diffraction : le plus petit détail angulaire séparable vaut θ1,22λD\theta\approx\frac{1{,}22\lambda}{D}. Calculez-le pour le télescope spatial Hubble (D=2,40D=2{,}40 m) à λ=550\lambda=550 nm, exprimez-le en secondes d'arc (1 rad =2,06×105=2{,}06\times 10^{5} arcsec), et comparez à la turbulence atmosphérique, qui limite un télescope au sol à environ 1 arcsec.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/14

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 22,622{,}6 cm au bleu contre 23,523{,}5 cm au rouge, soit 3,8%3{,}8\,\% : aberration chromatique
  • b) P2=3,00P_{2}=-3{,}00 δ, P=+2,00P=+2{,}00 δ, soit f=50,0f=50{,}0 cm
  • c) Les marginaux convergent AVANT ; diaphragmer coûte de la lumière, asphériser du budget
  • d) Pas de chromatisme, une seule surface à polir, support par la face arrière
  • e) θ0,058\theta\approx 0{,}058 arcsec contre 11 arcsec au sol : dix-sept fois plus fin

a) 1f=(n1)(120,0+130,0)=(n1)(0,08333)\frac{1}{f}=(n-1)\left(\frac{1}{20{,}0}+\frac{1}{30{,}0}\right)=(n-1)(0{,}08333). Bleu : f=10,53×0,0833322,6f=\frac{1}{0{,}53\times 0{,}08333}\approx 22{,}6 cm. Rouge : f=10,51×0,0833323,5f=\frac{1}{0{,}51\times 0{,}08333}\approx 23{,}5 cm. Écart : environ 0,89 cm, soit 3,8 % de la focale. Le bleu, plus dévié, converge donc PLUS PRÈS que le rouge : il n'existe aucun plan où toutes les couleurs sont nettes simultanément. C'est l'aberration chromatique, qui se manifeste par des franges colorées, typiquement bleutées ou pourpres, sur les contours à fort contraste.

b) P2=P1ν2ν1=5,00×36,060,0=3,00P_{2}=-P_{1}\frac{\nu_{2}}{\nu_{1}}=-5{,}00\times\frac{36{,}0}{60{,}0}=-3{,}00 δ. Vergence totale : P=5,003,00=+2,00P=5{,}00-3{,}00=+2{,}00 δ, soit une focale de 50,0 cm. Le doublet reste donc convergent, mais deux fois et demie moins que la seule lentille de crown : c'est le prix de l'achromatisme. L'idée est que la lentille de flint, très dispersive, disperse EN SENS INVERSE juste ce qu'il faut pour annuler la dispersion du crown, sans annuler pour autant la convergence, puisque les deux verres n'ont pas le même rapport entre pouvoir dispersif et pouvoir convergent. On ne corrige exactement que deux couleurs, les autres restant légèrement décalées : c'est le spectre secondaire.

c) Les rayons qui frappent la lentille loin de l'axe, dits marginaux, sont TROP déviés et convergent AVANT les rayons paraxiaux : au lieu d'un point, on obtient un petit disque flou, et il n'existe pas de mise au point parfaite. La cause est purement géométrique, la surface sphérique n'étant qu'une approximation commode de la forme idéale. Premier remède : diaphragmer, c'est-à-dire n'utiliser que la partie centrale, ce qui améliore beaucoup la netteté au prix de la LUMINOSITÉ, en carré du diamètre utile. Second remède : tailler une surface asphérique, parabolique pour un miroir, ce qui supprime le défaut sur l'axe sans rien coûter en lumière, mais au prix d'un usinage bien plus difficile et donc d'un instrument nettement plus cher.

d) Premièrement, un miroir n'a AUCUNE aberration chromatique : la réflexion ne dépend pas de l'indice, donc toutes les couleurs sont réfléchies exactement de la même façon, ce qui règle d'un coup le problème du a). Deuxièmement, un miroir ne possède qu'UNE seule surface optique à tailler et à polir, contre deux pour une lentille, et il n'exige pas un verre homogène dans toute sa masse puisque la lumière ne le traverse pas : seule la surface compte. Troisièmement, il peut être soutenu par toute sa face arrière, alors qu'une lentille ne peut l'être que par son bord et finit par fluer sous son propre poids au-delà d'un mètre de diamètre environ, ce qui a mis un terme définitif aux grandes lunettes vers 1900. Ajoutons qu'un miroir absorbe beaucoup moins dans l'ultraviolet et l'infrarouge, où le verre est opaque.

e) θ=1,22×550×1092,402,80×107\theta=\frac{1{,}22\times 550\times 10^{-9}}{2{,}40}\approx 2{,}80\times 10^{-7} rad, soit 2,80×107×2,06×1050,0582{,}80\times 10^{-7}\times 2{,}06\times 10^{5}\approx 0{,}058 arcsec. Un télescope au sol de même taille, limité par la turbulence de l'atmosphère à environ 1 arcsec, est donc dix-sept fois moins fin, quelle que soit la qualité de son optique : au-delà d'une vingtaine de centimètres de diamètre, un instrument terrestre n'est plus limité par lui-même mais par l'air qu'il regarde à travers. C'est toute la justification d'Hubble, et c'est aussi ce que l'optique adaptative cherche à récupérer au sol, en déformant un petit miroir souple des centaines de fois par seconde pour compenser la turbulence en temps réel. Retenez la structure de la formule : la finesse est proportionnelle au DIAMÈTRE, pas au grossissement. Grossir une image déjà floue ne fait qu'agrandir le flou.

Chapitre suivant Mesures, incertitudes et analyse graphique au laboratoire

Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur en physique 203-SN3-RE à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. En optique géométrique, presque toutes les erreurs viennent des signes : une convention posée proprement au départ règle le problème pour tout le chapitre.

Site par Studio Squalli