Ondes et physique moderne 203-SN3-RE • Exercices corrigés de cégep à Montréal

Exercices corrigés : mesures, incertitudes et analyse graphique au laboratoire (203-SN3-RE)

Voici quinze exercices corrigés sur les mesures et les incertitudes au laboratoire d'ondes et de physique moderne, le cours 203-SN3-RE du programme révisé de Sciences de la nature (200.B1), anciennement 203-NYC. Le devis prescrit ce volet expérimental dans les trois cours de physique, mais il se travaille sur les montages de chacun : ici, ce sont le goniomètre, le réseau de diffraction, le tube sonore, les polariseurs, le compteur de radioactivité et la lampe spectrale.

La partie A pose les règles sur les grandeurs de ce cours : le vernier, l'angle mesuré des deux côtés du faisceau, les exposants fractionnaires, la méthode des extrêmes et la méthode différentielle avec ses angles en radians. La partie B traite les données : statistique de comptage, régressions et linéarisations, droites extrêmes. La partie C reprend ce qui revient d'un laboratoire à l'autre et se termine sur les deux faces d'un même problème, une petite différence qu'un montage peut mesurer directement, et une autre qu'il faut arracher au bruit à force de patience.

Le fil de la série : dans ce cours, toutes les grandeurs intéressantes sont ou bien minuscules, une longueur d'onde, un décalage de fréquence, ou bien aléatoires par nature, un comptage de désintégrations. Deux conséquences. D'abord l'incertitude ne se lit plus sur l'instrument, elle se PRÉDIT, par la racine du nombre de coups ou par la dérivée d'un sinus. Ensuite on n'obtient jamais une petite grandeur en soustrayant deux grandes : on la mesure directement, ou on compte assez longtemps pour qu'elle sorte du bruit.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Limites et continuitéCalcul différentiel (201-NYA)
  2. 2La dérivée et ses règlesCalcul différentiel (201-NYA)
  3. 3Différentielle et approximation linéaireCalcul différentiel (201-NYA)
  4. 4Mesures, incertitudes et analyse graphique au laboratoireMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)

Rappel de cours

  • Vernier : la plus petite division lisible est l'écart entre une division du vernier et une division de la règle. Au cinquantième, 0,020{,}02 mm ; sur un goniomètre à trente divisions, la minute d'arc.
  • Écriture d'un résultat : x=(xˉ±Δx)x=(\bar x\pm\Delta x) unité ; l'incertitude à un chiffre significatif, deux si elle commence par 11, la valeur arrondie à la même décimale.
  • Somme ou différence : Δ(x±y)=Δx+Δy\Delta(x\pm y)=\Delta x+\Delta y, incertitudes ABSOLUES. Une différence n'est dangereuse que si son résultat est PETIT devant les termes.
  • Produit, quotient, puissance : Δzz=aΔxx+bΔyy\dfrac{\Delta z}{z}=|a|\dfrac{\Delta x}{x}+|b|\dfrac{\Delta y}{y} pour z=kxaybz=kx^{a}y^{b}. Un carré double la relative, une racine carrée la divise par deux.
  • Méthode différentielle : ΔzzxΔx+\Delta z\approx\left|\dfrac{\partial z}{\partial x}\right|\Delta x+\ldots, et toute incertitude ANGULAIRE se convertit d'abord en RADIANS.
  • Comptage : l'incertitude d'un comptage de NN coups vaut N\sqrt{N}, donc la relative vaut 1N\dfrac{1}{\sqrt{N}}. Elle se prédit sans répéter, et il faut quatre fois plus de coups pour la diviser par deux.
  • Bruit de fond : erreur SYSTÉMATIQUE, qui se soustrait et ne se moyenne pas. Sur un tracé semi-logarithmique, une courbure vers le haut trahit un terme additif oublié.
  • Réseau : dsinθ=mλd\sin\theta=m\lambda ; pouvoir de résolution R=λΔλmin=mNR=\dfrac{\lambda}{\Delta\lambda_{min}}=mN avec NN le nombre de traits ÉCLAIRÉS. Séparer deux raies et localiser une raie sont deux qualités différentes.
  • Linéariser : u=U0et/τu=U_{0}e^{-t/\tau} donne lnu\ln u affine en tt ; I=I0cos2θI=I_{0}\cos^{2}\theta donne II affine en cos2θ\cos^{2}\theta ; eVs=hcλeV_{s}=\dfrac{hc}{\lambda} donne VsV_{s} affine en 1λ\dfrac{1}{\lambda}.
  • Compatibilité : deux valeurs sont compatibles quand leurs intervalles se recouvrent. Un écart s'exprime en NOMBRE D'INCERTITUDES, jamais en « c'est proche ».

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Lire un vernier et un goniomètre, puis écrire le résultat

Un VERNIER divise la plus petite graduation de la règle principale en parts égales : on lit le trait du vernier qui coïncide le mieux avec un trait de la règle. Un pied à coulisse au cinquantième donne le 150\dfrac{1}{50} de millimètre, soit 0,020{,}02 mm.

Un GONIOMÈTRE de spectromètre porte un cercle gradué en demi-degrés et un vernier à trente divisions, qui donne donc la minute d'arc.

  • a) Quelle est l'incertitude de lecture d'un pied à coulisse au cinquantième, en mm ?
  • b) Le vernier du goniomètre a trente divisions couvrant vingt-neuf demi-degrés. Quelle est la plus petite division lisible, en minutes d'arc ?
  • c) Convertissez 405440^{\circ}54' en degrés décimaux, et 22' en degrés puis en radians.
  • d) Un calcul donne λ=545,6173\lambda=545{,}6173 nm avec une incertitude de 1,27581{,}2758 nm. Écrivez correctement le résultat.
  • e) Pourquoi fabrique-t-on un vernier plutôt que de graver des graduations cinquante fois plus fines ?

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) 0,020{,}02 mm
  • b) 11', soit une minute d'arc
  • c) 40,9040{,}90^{\circ} ; 2=0,0333=5,82×1042'=0{,}0333^{\circ}=5{,}82\times 10^{-4} rad
  • d) λ=(545,6±1,3)\lambda=(545{,}6\pm 1{,}3) nm
  • e) Des traits cinquante fois plus serrés seraient illisibles à l'oeil et se confondraient

a) Un pied à coulisse au cinquantième porte cinquante divisions de vernier couvrant quarante-neuf millimètres de la règle. Chaque division du vernier vaut donc 4950=0,98\dfrac{49}{50}=0{,}98 mm, soit 0,020{,}02 mm de moins qu'un millimètre : le décalage s'accumule d'une division à l'autre, et le trait qui coïncide désigne le nombre de centièmes. L'incertitude de lecture est la plus petite division lisible, 0,020{,}02 mm. Contrairement à la règle graduée, on ne prend PAS la moitié : le vernier donne une lecture franche, pas une interpolation à l'oeil.

b) Trente divisions couvrent vingt-neuf demi-degrés, soit 29×30=87029\times 30'=870'. Chaque division du vernier vaut 87030=29\dfrac{870}{30}=29', contre 3030' pour une division du cercle : l'écart est de 11' par division. La plus petite division lisible est donc LA MINUTE D'ARC, c'est-à-dire 160\dfrac{1}{60} de degré. Un goniomètre de laboratoire d'optique lit ainsi trente fois plus finement que son cercle n'est gravé.

c) 54=5460=0,9054'=\dfrac{54}{60}=0{,}90^{\circ}, donc 4054=40,9040^{\circ}54'=40{,}90^{\circ}. Pour l'incertitude : 2=260=0,033332'=\dfrac{2}{60}=0{,}03333^{\circ}, et en radians 0,03333×π180=5,82×1040{,}03333\times\dfrac{\pi}{180}=5{,}82\times 10^{-4} rad. La conversion en radians n'est pas cosmétique : toute propagation par une dérivée de sinus ou de cosinus l'exige, et l'oublier multiplie le résultat par cinquante-sept.

d) L'incertitude s'arrondit à DEUX chiffres significatifs quand elle commence par un 11, donc Δλ=1,3\Delta\lambda=1{,}3 nm. La valeur s'aligne sur la même décimale, le dixième de nanomètre : λ=(545,6±1,3)\lambda=(545{,}6\pm 1{,}3) nm. Les quatre décimales sorties de la calculatrice sont du bruit de calcul ; les écrire ferait croire à une mesure dix mille fois meilleure qu'elle n'est.

e) Parce que l'oeil ne sépare pas deux traits distants de moins d'environ un dixième de millimètre, et parce qu'une gravure cinquante fois plus fine serait à la fois impossible à réaliser proprement et illisible sans microscope. Le vernier contourne le problème : il ne grave rien de plus fin, il convertit une petite DISTANCE en une COÏNCIDENCE, et l'oeil est excellent pour juger si deux traits sont alignés. C'est le même principe que le pont de Wheatstone en électricité ou que le zéro d'une balance à fléau : on remplace une lecture absolue, difficile, par une comparaison, facile.

Exercice 2 : Mesurer un angle des deux côtés : la différence qui tue le zéro

Au spectromètre à réseau, une raie apparaît de part et d'autre du faisceau direct. On lit sa position sur le cercle gradué à GAUCHE puis à DROITE, et l'angle de déviation est la DEMI-DIFFÉRENCE des deux lectures.

Lectures : θg=(13912±2)\theta_{g}=(139^{\circ}12'\pm 2') et θd=(22100±2)\theta_{d}=(221^{\circ}00'\pm 2').

raie a droiteraie a gauchefaisceau directreseau au centretheta
  • a) Calculez la différence des deux lectures, en degrés et minutes.
  • b) Déduisez-en l'angle de déviation θ\theta, en degrés décimaux.
  • c) Calculez l'incertitude sur θ\theta, en minutes puis en degrés.
  • d) Le cercle gradué est mal calé : son zéro est décalé de +15+15'. Montrez que cette méthode donne malgré tout le bon angle.
  • e) Pourquoi divise-t-on par deux une différence, alors qu'une différence additionne d'ordinaire les incertitudes ?

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) 814881^{\circ}48'
  • b) θ=40,90\theta=40{,}90^{\circ}
  • c) Δθ=2=0,0333\Delta\theta=2'=0{,}0333^{\circ}
  • d) Le décalage s'ajoute aux DEUX lectures et disparaît dans la différence
  • e) La somme 2+2=42'+2'=4' est ensuite divisée par deux, comme la grandeur elle-même

a) 2210013912221^{\circ}00'-139^{\circ}12'. Les minutes ne se soustraient pas directement, 001200'-12' étant négatif : on EMPRUNTE 6060' au degré, exactement comme on emprunte 6060 secondes à une minute. On calcule donc 2206013912220^{\circ}60'-139^{\circ}12', soit 4848' de minutes et 220139=81220-139=81 degrés : la différence vaut 814881^{\circ}48'.

b) La différence des deux lectures vaut 2θ2\theta, puisque la raie est déviée de θ\theta d'un côté et de θ\theta de l'autre. Donc θ=81482=4054=40,90\theta=\dfrac{81^{\circ}48'}{2}=40^{\circ}54'=40{,}90^{\circ}.

c) Les deux lectures sont indépendantes et chacune porte 22' : la différence additionne les incertitudes absolues, Δ(2θ)=2+2=4\Delta(2\theta)=2'+2'=4'. En divisant par deux, Δθ=42=2\Delta\theta=\dfrac{4'}{2}=2', soit 0,03330{,}0333^{\circ}, ou encore 5,82×1045{,}82\times 10^{-4} rad. Résultat : θ=(40,900±0,033)\theta=(40{,}900\pm 0{,}033)^{\circ}, une incertitude relative de 0,08%0{,}08\,\% seulement.

d) Avec un zéro décalé de +15+15', les deux lectures deviennent 13927139^{\circ}27' et 22115221^{\circ}15'. Leur différence : 2211513927=8148221^{\circ}15'-139^{\circ}27'=81^{\circ}48', inchangée, donc θ=40,90\theta=40{,}90^{\circ} encore. Le décalage s'ajoute aux DEUX lectures et disparaît dans la soustraction. C'est tout l'intérêt de la méthode : une erreur SYSTÉMATIQUE de calage, qu'aucune répétition n'aurait corrigée, est éliminée par la géométrie de la mesure elle-même. Mesurer d'un seul côté en supposant le zéro juste aurait donné 403340^{\circ}33', soit 0,350{,}35^{\circ} de trop, dix fois l'incertitude annoncée.

e) Parce que la division par deux s'applique à TOUT, à la grandeur comme à son incertitude. La différence a bien additionné les incertitudes, 44' au lieu de 22', mais elle a aussi DOUBLÉ la grandeur mesurée, qui vaut 2θ2\theta et non θ\theta : l'incertitude relative, elle, n'a pas bougé. Le piège classique du chapitre, une différence de deux grandeurs voisines, ne s'applique pas ici : les deux lectures sont très ÉLOIGNÉES l'une de l'autre, 8282 degrés d'écart, donc la soustraction ne détruit rien. Retenez la formulation exacte : une différence est dangereuse quand son résultat est PETIT devant les termes, pas quand elle est une différence.

Exercice 3 : La racine carrée divise par deux : la célérité d'une onde sur une corde

La célérité d'une onde transversale sur une corde tendue vaut v=Tμv=\sqrt{\dfrac{T}{\mu}}, où μ=mL\mu=\dfrac{m}{L} est la masse linéique.

Mesures : tension T=(12,00±0,05)T=(12{,}00\pm 0{,}05) N, masse de la corde m=(2,50±0,01)m=(2{,}50\pm 0{,}01) g, longueur L=(1,200±0,002)L=(1{,}200\pm 0{,}002) m.

Rappel : dans z=kxaybz=kx^{a}y^{b}, chaque exposant MULTIPLIE l'incertitude relative correspondante. Un carré double, une racine carrée, qui est l'exposant 12\dfrac{1}{2}, divise par deux.

  • a) Calculez la masse linéique et son incertitude relative, en %.
  • b) Calculez la célérité, en m/s.
  • c) Calculez l'incertitude relative sur la célérité, en %, en détaillant les trois contributions.
  • d) Écrivez le résultat avec son incertitude, en m/s.
  • e) Quelle serait l'incertitude relative si la loi était v=Tμv=\dfrac{T}{\mu} au lieu de v=Tμv=\sqrt{\dfrac{T}{\mu}} ? Que faut-il en retenir ?

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Réponses

  • a) μ=2,083×103\mu=2{,}083\times 10^{-3} kg/m, à 0,57%0{,}57\,\%
  • b) v75,9v\approx 75{,}9 m/s
  • c) 0,49%0{,}49\,\% : 0,21+0,20+0,080{,}21+0{,}20+0{,}08
  • d) v=(75,9±0,4)v=(75{,}9\pm 0{,}4) m/s
  • e) 0,98%0{,}98\,\%, soit le double : la racine carrée divise l'incertitude par deux

a) μ=mL=2,50×1031,200=2,083×103\mu=\dfrac{m}{L}=\dfrac{2{,}50\times 10^{-3}}{1{,}200}=2{,}083\times 10^{-3} kg/m. C'est un quotient, donc les relatives s'additionnent : 0,012,50=0,40%\dfrac{0{,}01}{2{,}50}=0{,}40\,\% pour la masse et 0,0021,200=0,17%\dfrac{0{,}002}{1{,}200}=0{,}17\,\% pour la longueur, soit 0,57%0{,}57\,\% au total.

b) v=12,002,083×103=5760=75,89v=\sqrt{\dfrac{12{,}00}{2{,}083\times 10^{-3}}}=\sqrt{5760}=75{,}89 m/s. Contrôle d'ordre de grandeur : une corde de guitare tendue porte des ondes à quelques dizaines de mètres par seconde, bien plus vite que le son dans l'air n'a à voir avec l'affaire. Le chiffre est plausible.

c) L'exposant de TT est +12+\dfrac{1}{2} et celui de μ\mu est 12-\dfrac{1}{2}, donc chaque relative est DIVISÉE par deux : Δvv=12ΔTT+12Δμμ\dfrac{\Delta v}{v}=\dfrac{1}{2}\dfrac{\Delta T}{T}+\dfrac{1}{2}\dfrac{\Delta\mu}{\mu}. Détail : la tension apporte 12×0,0512,00=0,21%\dfrac{1}{2}\times\dfrac{0{,}05}{12{,}00}=0{,}21\,\%, la masse 12×0,40=0,20%\dfrac{1}{2}\times 0{,}40=0{,}20\,\% et la longueur 12×0,17=0,08%\dfrac{1}{2}\times 0{,}17=0{,}08\,\%. Total : 0,49%0{,}49\,\%. Aucune des trois ne domine, et c'est précisément l'effet de la racine : elle a écrasé les écarts entre les contributions.

d) Δv=75,89×0,0049=0,37\Delta v=75{,}89\times 0{,}0049=0{,}37 m/s, arrondi à 0,40{,}4 m/s. Résultat : v=(75,9±0,4)v=(75{,}9\pm 0{,}4) m/s.

e) Sans la racine, les trois relatives entreraient entières : 0,42+0,40+0,17=0,98%0{,}42+0{,}40+0{,}17=0{,}98\,\%, soit exactement le DOUBLE. Ce qu'il faut en retenir tient en une phrase : un exposant est un amplificateur d'incertitude, dans les deux sens. Un carré double, un cube triple, une racine carrée divise par deux, une racine cubique par trois. C'est pourquoi une grandeur obtenue par une racine est, à mesures égales, plus fiable qu'une grandeur obtenue par un produit ; et c'est pourquoi un diamètre au carré, dans une section de fil ou une aire de faisceau, est presque toujours le terme dominant d'un bilan d'incertitude.

Exercice 4 : La méthode des extrêmes sur un indice de réfraction

On mesure au goniomètre l'angle d'incidence et l'angle de réfraction d'un rayon entrant dans un bloc de verre, puis on applique la loi de Snell-Descartes, n=sinisinrn=\dfrac{\sin i}{\sin r}, l'air valant n=1n=1.

Mesures : i=(60,0±0,5)i=(60{,}0\pm 0{,}5)^{\circ} et r=(35,0±0,5)r=(35{,}0\pm 0{,}5)^{\circ}.

  • a) Calculez l'indice de réfraction.
  • b) Pour obtenir nmaxn_{max}, faut-il prendre rr maximal ou minimal ? Justifiez sans calcul.
  • c) Calculez nmaxn_{max} et nminn_{min}.
  • d) Calculez Δn\Delta n et écrivez le résultat.
  • e) Le verre crown est tabulé à n=1,52n=1{,}52 et le plexiglas à n=1,49n=1{,}49. Cette mesure permet-elle de les distinguer ?

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Réponses

  • a) n1,510n\approx 1{,}510
  • b) rr MINIMAL, car sinr\sin r est au dénominateur et le sinus croît sur [0;90][0\,;90^{\circ}]
  • c) nmax1,537n_{max}\approx 1{,}537 et nmin1,484n_{min}\approx 1{,}484
  • d) Δn0,03\Delta n\approx 0{,}03, donc n=(1,51±0,03)n=(1{,}51\pm 0{,}03)
  • e) Non : les deux valeurs tabulées sont dans l'intervalle

a) n=sin60,0sin35,0=0,86600,5736=1,510n=\dfrac{\sin 60{,}0^{\circ}}{\sin 35{,}0^{\circ}}=\dfrac{0{,}8660}{0{,}5736}=1{,}510. Contrôle : le rayon se rapproche de la normale en entrant, donc le second milieu est le plus réfringent et n>1n>1. Si le calcul avait donné 0,660{,}66, c'est que le quotient aurait été pris à l'envers.

b) Le sinus est CROISSANT sur [0;90][0\,;90^{\circ}], donc sinr\sin r croît avec rr. Comme sinr\sin r est au DÉNOMINATEUR, l'indice est maximal quand sinr\sin r est minimal, c'est-à-dire pour rr MINIMAL, soit 34,534{,}5^{\circ}, et simultanément pour ii maximal, 60,560{,}5^{\circ}. Le raisonnement passe par la monotonie du sinus : sur une plage qui contiendrait 9090^{\circ}, il ne tiendrait plus.

c) nmax=sin60,5sin34,5=0,87040,5664=1,537n_{max}=\dfrac{\sin 60{,}5^{\circ}}{\sin 34{,}5^{\circ}}=\dfrac{0{,}8704}{0{,}5664}=1{,}537 et nmin=sin59,5sin35,5=0,86160,5807=1,484n_{min}=\dfrac{\sin 59{,}5^{\circ}}{\sin 35{,}5^{\circ}}=\dfrac{0{,}8616}{0{,}5807}=1{,}484. La valeur centrale 1,5101{,}510 est bien entre les deux.

d) Δn=1,5371,4842=0,0532=0,026\Delta n=\dfrac{1{,}537-1{,}484}{2}=\dfrac{0{,}053}{2}=0{,}026, arrondi à 0,030{,}03. Résultat : n=(1,51±0,03)n=(1{,}51\pm 0{,}03), soit une incertitude relative de 1,8%1{,}8\,\%. L'indice est un nombre SANS UNITÉ : ne rien écrire après, ni degré, ni unité inventée.

e) Non. L'intervalle [1,48;1,54][1{,}48\,;1{,}54] contient à la fois 1,521{,}52 et 1,491{,}49 : les deux matériaux sont COMPATIBLES avec la mesure, donc l'expérience ne tranche pas. C'est la bonne conclusion à écrire, et non « c'est du crown puisque 1,511{,}51 est plus proche de 1,521{,}52 » : comparer des valeurs centrales quand les intervalles se recouvrent n'a aucune valeur de preuve. Pour départager, il faudrait descendre l'incertitude sous 0,0150{,}015, donc diviser Δi\Delta i et Δr\Delta r par deux au moins, c'est-à-dire lire les angles au quart de degré ou mieux, ce que fait précisément un goniomètre à vernier.

Exercice 5 : La méthode différentielle sur un réseau de diffraction

Un réseau porte 600600 traits par millimètre, avec une incertitude d'un trait par millimètre sur cette gravure. Le pas du réseau est d=1600d=\dfrac{1}{600} mm.

L'ordre 22 d'une raie verte est observé à θ=(40,90±0,03)\theta=(40{,}90\pm 0{,}03)^{\circ}, l'angle venant de la mesure des deux côtés de l'exercice 2.

La formule du réseau s'écrit dsinθ=mλd\sin\theta=m\lambda, donc λ=dsinθm\lambda=\dfrac{d\sin\theta}{m}, avec m=2m=2 exact.

  • a) Calculez le pas du réseau, en µm, puis la longueur d'onde, en nm.
  • b) Calculez la contribution de l'angle, λθΔθ\left|\dfrac{\partial\lambda}{\partial\theta}\right|\Delta\theta, en nm.
  • c) Calculez la contribution du pas du réseau, en nm.
  • d) Écrivez le résultat. La raie verte du mercure vaut 546,1546{,}1 nm : est-ce compatible ?
  • e) Quelle grandeur limite désormais la mesure ? Et pourquoi observe-t-on l'ordre 22 plutôt que l'ordre 11 ?

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a)
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c)
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Réponses

  • a) d=1,667d=1{,}667 µm et λ545,6\lambda\approx 545{,}6 nm
  • b) 0,370{,}37 nm
  • c) 0,910{,}91 nm
  • d) λ=(545,6±1,3)\lambda=(545{,}6\pm 1{,}3) nm, compatible avec 546,1546{,}1 nm
  • e) Le NOMBRE DE TRAITS du réseau ; l'ordre 2 double l'angle et améliore la mesure

a) d=1600d=\dfrac{1}{600} mm =1,667×103=1{,}667\times 10^{-3} mm =1,667=1{,}667 µm =1,6667×106=1{,}6667\times 10^{-6} m. Puis λ=1,6667×106×sin40,902=1,6667×106×0,65472=5,456×107\lambda=\dfrac{1{,}6667\times 10^{-6}\times\sin 40{,}90^{\circ}}{2}=\dfrac{1{,}6667\times 10^{-6}\times 0{,}6547}{2}=5{,}456\times 10^{-7} m, soit 545,6545{,}6 nm. Le contrôle d'ordre de grandeur est immédiat : une longueur d'onde visible tient entre 400400 et 700700 nm, et 545545 nm est bien dans le vert.

b) λθ=dcosθm=1,6667×106×0,75592=6,299×107\dfrac{\partial\lambda}{\partial\theta}=\dfrac{d\cos\theta}{m}=\dfrac{1{,}6667\times 10^{-6}\times 0{,}7559}{2}=6{,}299\times 10^{-7} m/rad. L'incertitude DOIT être en radians : Δθ=0,03333=5,818×104\Delta\theta=0{,}03333^{\circ}=5{,}818\times 10^{-4} rad. Contribution : 6,299×107×5,818×104=3,66×10106{,}299\times 10^{-7}\times 5{,}818\times 10^{-4}=3{,}66\times 10^{-10} m, soit 0,370{,}37 nm. En gardant les degrés, on aurait trouvé 2121 nm, cinquante-sept fois trop : c'est l'erreur la plus coûteuse de tout le chapitre, parce que le résultat reste plausible.

c) Le pas dd intervient à la puissance 11, donc sa contribution relative passe telle quelle : Δdd=1600=0,167%\dfrac{\Delta d}{d}=\dfrac{1}{600}=0{,}167\,\%, puisque une incertitude d'un trait sur six cents traits se reporte à l'identique sur leur espacement. Contribution : 545,6×0,00167=0,91545{,}6\times 0{,}00167=0{,}91 nm.

d) Δλ=0,37+0,91=1,28\Delta\lambda=0{,}37+0{,}91=1{,}28 nm, arrondi à 1,31{,}3 nm. Résultat : λ=(545,6±1,3)\lambda=(545{,}6\pm 1{,}3) nm, intervalle [544,3;546,9][544{,}3\,;546{,}9] nm. La raie verte du mercure, 546,1546{,}1 nm, y appartient : la mesure est COMPATIBLE, et l'expérience identifie correctement la raie.

e) C'est maintenant le RÉSEAU qui limite : sa contribution, 0,910{,}91 nm, vaut deux fois et demie celle de l'angle. Lire les angles encore plus finement ne servirait presque à rien ; il faudrait un réseau dont le pas est mieux connu, ou l'étalonner sur une raie de longueur d'onde connue, ce qui est la pratique courante. Quant à l'ordre : passer de m=1m=1 à m=2m=2 double sinθ\sin\theta, donc porte l'angle de 1919^{\circ} à 4141^{\circ}, où le cosinus est plus petit. Or λθ\dfrac{\partial\lambda}{\partial\theta} est proportionnel à cosθm\dfrac{\cos\theta}{m} : les deux effets vont dans le même sens et divisent la contribution de l'angle par environ 2,52{,}5. Les ordres élevés sont donc plus précis, jusqu'à ce que sinθ\sin\theta dépasse 11 et que la raie disparaisse.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Comptage radioactif : l'incertitude qu'on prédit avant de mesurer

Une désintégration est un phénomène ALÉATOIRE : deux comptages de même durée sur la même source ne donnent pas le même nombre. La statistique dit que la dispersion d'un comptage de NN coups vaut N\sqrt{N}, sans qu'on ait besoin de répéter quoi que ce soit.

Huit comptages successifs de dix secondes sur une source-école donnent, en coups : 4747 ; 5252 ; 3939 ; 4545 ; 5858 ; 4343 ; 5050 ; 4242.

  • a) Calculez le nombre moyen de coups par dix secondes.
  • b) Calculez l'écart-type expérimental de ces huit comptages.
  • c) Calculez Nˉ\sqrt{\bar N} et comparez à b). Que conclure ?
  • d) Calculez l'incertitude sur la moyenne, puis l'incertitude relative correspondante, en %.
  • e) Un seul comptage de 8080 s donnerait environ 376376 coups. Quelle serait son incertitude relative ? Comparez aux huit comptages de dix secondes.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Nˉ=47,0\bar N=47{,}0 coups
  • b) s6,14s\approx 6{,}14 coups
  • c) 476,86\sqrt{47}\approx 6{,}86 : très proche, la loi en racine est vérifiée
  • d) s82,17\dfrac{s}{\sqrt{8}}\approx 2{,}17 coups, soit 4,6%4{,}6\,\%
  • e) 37619,4\sqrt{376}\approx 19{,}4 coups sur 376376, soit 5,2%5{,}2\,\% : pratiquement la même chose

a) La somme vaut 376376 coups, donc Nˉ=3768=47,0\bar N=\dfrac{376}{8}=47{,}0 coups par dix secondes.

b) Les écarts à la moyenne sont 00 ; +5+5 ; 8-8 ; 2-2 ; +11+11 ; 4-4 ; +3+3 ; 5-5, dont la somme est nulle. La somme des carrés vaut 0+25+64+4+121+16+9+25=2640+25+64+4+121+16+9+25=264, donc s=2647=37,71=6,14s=\sqrt{\dfrac{264}{7}}=\sqrt{37{,}71}=6{,}14 coups.

c) Nˉ=47,0=6,86\sqrt{\bar N}=\sqrt{47{,}0}=6{,}86 coups. L'écart-type mesuré, 6,146{,}14, en est proche à 10%10\,\% près, ce qui est tout ce qu'on peut espérer avec huit valeurs seulement : l'incertitude sur un écart-type estimé sur NN valeurs est de l'ordre de 12(N1)\dfrac{1}{\sqrt{2(N-1)}}, soit 27%27\,\% ici. La conclusion est forte : la dispersion observée est bien celle que prédit la loi en racine de NN, ON N'A DONC PAS BESOIN DE RÉPÉTER pour connaître l'incertitude d'un comptage. C'est une situation unique dans tout le chapitre : ailleurs, seule la répétition révèle la dispersion.

d) s8=6,142,828=2,17\dfrac{s}{\sqrt{8}}=\dfrac{6{,}14}{2{,}828}=2{,}17 coups, soit 2,1747,0=4,6%\dfrac{2{,}17}{47{,}0}=4{,}6\,\%. On écrirait Nˉ=(47,0±2,2)\bar N=(47{,}0\pm 2{,}2) coups par dix secondes.

e) Un comptage unique de 8080 s cumule les mêmes désintégrations : environ 376376 coups, dont l'incertitude vaut 376=19,4\sqrt{376}=19{,}4 coups, soit 19,4376=5,2%\dfrac{19{,}4}{376}=5{,}2\,\%. C'est PRATIQUEMENT LE MÊME résultat que les huit comptages séparés, et ce n'est pas un hasard : ce qui fixe la précision d'un comptage, c'est le NOMBRE TOTAL DE COUPS ACCUMULÉS, pas la façon dont on les découpe en séances. La seule chose que les huit comptages apportent en plus, c'est la vérification de c), c'est-à-dire la preuve que la source est stable et que le compteur ne dérive pas. Règle pratique : pour diviser l'incertitude relative par deux, il faut QUATRE fois plus de coups, donc quatre fois plus de temps.

1234567891011123035404550556065moyenne 47+ racine de N- racine de Nnumero du comptage

Exercice 7 : Linéariser la résonance d'un tube : la correction de bout est dans l'ordonnée

Un tube fermé à une extrémité résonne quand sa longueur vaut un nombre IMPAIR de quarts d'onde. En réalité, le ventre de déplacement se forme un peu en dehors du tube, ce qui ajoute une CORRECTION DE BOUT ee : Ln=(2n1)λ4eL_{n}=(2n-1)\dfrac{\lambda}{4}-e.

Un diapason de 512512 Hz excite un tube de 2,02{,}0 cm de diamètre dont on allonge la colonne d'air. Les quatre premières résonances sont observées pour L=0,155L=0{,}155 ; 0,4900{,}490 ; 0,8250{,}825 ; 1,1601{,}160 m.

  • a) Que faut-il porter en abscisse pour obtenir une droite ? Que valent alors la pente et l'ordonnée à l'origine ?
  • b) Calculez la pente de la régression, en m, puis la longueur d'onde, en m.
  • c) Calculez la vitesse du son, en m/s.
  • d) Calculez l'ordonnée à l'origine, puis la correction de bout, en cm. Comparez à la valeur théorique e0,6de\approx 0{,}6\,d.
  • e) La vitesse du son dans l'air vaut v331+0,6θv\approx 331+0{,}6\,\theta avec θ\theta en degrés Celsius. Quelle température la mesure indique-t-elle ? Que valide ce contrôle ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) (2n1)(2n-1) en abscisse ; pente λ4\dfrac{\lambda}{4}, ordonnée e-e
  • b) Pente 0,16750{,}1675 m, donc λ=0,670\lambda=0{,}670 m
  • c) v343,0v\approx 343{,}0 m/s
  • d) Ordonnée 0,0125-0{,}0125 m, donc e=1,25e=1{,}25 cm, contre 1,21{,}2 cm attendus
  • e) θ20\theta\approx 20 °C : la valeur est celle du local, le montage est cohérent

a) On porte (2n1)(2n-1) en abscisse, c'est-à-dire 11, 33, 55, 77, et la longueur LL en ordonnée. La relation L=(2n1)λ4eL=(2n-1)\dfrac{\lambda}{4}-e est alors de la forme Y=aX+bY=aX+b avec a=λ4a=\dfrac{\lambda}{4} et b=eb=-e. Porter simplement nn en abscisse marcherait aussi, mais la pente vaudrait λ2\dfrac{\lambda}{2} et l'ordonnée eλ4-e-\dfrac{\lambda}{4} : on mélangerait les deux inconnues, alors que le choix de (2n1)(2n-1) les sépare proprement.

b) Avec Xˉ=4\bar X=4 et Lˉ=0,6575\bar L=0{,}6575 m, on forme (XiXˉ)(LiLˉ)=3,35\sum(X_{i}-\bar X)(L_{i}-\bar L)=3{,}35 et (XiXˉ)2=20\sum(X_{i}-\bar X)^{2}=20, d'où a=3,3520=0,1675a=\dfrac{3{,}35}{20}=0{,}1675 m. Donc λ=4a=0,670\lambda=4a=0{,}670 m. Contrôle immédiat : les écarts entre résonances successives valent tous 0,3350{,}335 m, soit une DEMI-longueur d'onde, ce qui redonne bien λ=0,670\lambda=0{,}670 m.

c) v=λf=0,670×512=343,0v=\lambda f=0{,}670\times 512=343{,}0 m/s. C'est exactement la valeur attendue dans une salle à température ambiante.

d) b=LˉaXˉ=0,65750,1675×4=0,65750,6700=0,0125b=\bar L-a\bar X=0{,}6575-0{,}1675\times 4=0{,}6575-0{,}6700=-0{,}0125 m. Comme b=eb=-e, la correction de bout vaut e=0,0125e=0{,}0125 m =1,25=1{,}25 cm. La théorie donne e0,6d=0,6×2,0=1,2e\approx 0{,}6\,d=0{,}6\times 2{,}0=1{,}2 cm : l'accord est excellent. L'ordonnée à l'origine n'est donc PAS ici un simple contrôle qu'on espère nul, c'est un RÉSULTAT PHYSIQUE, et c'est la seule façon de l'obtenir. Un étudiant qui aurait forcé la droite à passer par l'origine aurait faussé la pente, donc la vitesse du son, tout en croyant bien faire.

e) θ=343,03310,6=20,0\theta=\dfrac{343{,}0-331}{0{,}6}=20{,}0 °C, la température d'une salle de laboratoire. Ce contrôle ne mesure pas la température, il VALIDE la chaîne de mesure : il vérifie que la fréquence du diapason, la lecture des longueurs et le traitement graphique sont cohérents entre eux. S'il avait donné 40-40 °C ou 9595 °C, il aurait fallu chercher l'erreur, par exemple un diapason mal identifié ou une résonance sautée. Un bon rapport de laboratoire termine toujours par un contrôle de ce genre, qui confronte le résultat à quelque chose de connu par ailleurs.

123456780.20.40.60.811.21.42n - 1L (m)ordonnee a l'origine = -e

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq phrases suivantes a été entendue en laboratoire d'ondes et de physique moderne. Dites ce qu'elle a de faux, puis écrivez la version correcte. Nommer la règle violée fait la moitié des points.

  • a) « Le compteur affiche 4747 coups, un nombre entier, donc cette mesure est exacte. »
  • b) « L'angle est connu à 0,030{,}03 degré, donc on écrit Δθ=0,03\Delta\theta=0{,}03 dans la formule de propagation. »
  • c) « En répétant le comptage du bruit de fond, on finit par l'éliminer. »
  • d) « La longueur d'onde mesurée vaut 545,6545{,}6 nm et la raie du mercure 546,1546{,}1 nm : l'expérience a échoué. »
  • e) « Pour améliorer la mesure de la célérité v=T/μv=\sqrt{T/\mu}, il faut d'abord mieux mesurer la tension, puisqu'elle est au numérateur. »

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) Faux : le nombre est entier mais le phénomène est aléatoire, ΔN=N\Delta N=\sqrt{N}
  • b) Faux : une dérivée de sinus exige des RADIANS
  • c) Faux : le bruit de fond se SOUSTRAIT, il ne se moyenne pas à zéro
  • d) Faux : 546,1546{,}1 est dans [544,3;546,9][544{,}3\,;546{,}9], donc compatible
  • e) Faux : les trois contributions sont comparables, aucune ne domine

a) FAUX. Le compteur compte exactement, mais ce qu'il compte FLUCTUE : la désintégration est aléatoire, et un second comptage de même durée donnera un autre entier. L'incertitude vaut N=47=6,9\sqrt{N}=\sqrt{47}=6{,}9 coups, soit 15%15\,\%. Version correcte : « le comptage est exact, la grandeur ne l'est pas ; l'incertitude d'un comptage vaut la racine du nombre de coups, et elle se prédit sans répéter ».

b) FAUX, et c'est l'erreur la plus coûteuse du chapitre parce que le résultat reste plausible. Une dérivée comme λθ=dcosθm\dfrac{\partial\lambda}{\partial\theta}=\dfrac{d\cos\theta}{m} n'est valable qu'en RADIANS, la dérivée du sinus ne valant le cosinus que dans cette unité. Il faut donc convertir : 0,03333=5,818×1040{,}03333^{\circ}=5{,}818\times 10^{-4} rad. Garder les degrés multiplie la contribution par 180π=57,3\dfrac{180}{\pi}=57{,}3. Version correcte : « toute incertitude angulaire entrant dans une propagation par dérivée se convertit d'abord en radians ».

c) FAUX. Le bruit de fond, rayonnement cosmique et radioactivité ambiante, est présent en permanence et TOUJOURS dans le même sens : c'est une erreur systématique par excès. Le moyenner ne fait que le mesurer plus précisément, pas le supprimer. On le SOUSTRAIT, et cette soustraction a un coût, puisqu'elle additionne les incertitudes des deux comptages. Version correcte : « le bruit de fond se mesure source retirée, puis se soustrait du comptage total ; répéter n'améliore que la connaissance du bruit, jamais son absence ».

d) FAUX. L'écart, 0,50{,}5 nm, est plus PETIT que l'incertitude, 1,31{,}3 nm : la valeur tabulée appartient à l'intervalle [544,3;546,9][544{,}3\,;546{,}9] nm, donc la mesure est COMPATIBLE et l'expérience a réussi. Déclarer un échec parce que deux nombres diffèrent, c'est ignorer ce que l'incertitude signifie. Version correcte : « deux valeurs sont compatibles quand leurs intervalles se recouvrent ; l'écart de 0,50{,}5 nm vaut 0,40{,}4 fois l'incertitude, c'est un excellent accord ».

e) FAUX. La racine carrée divise chaque contribution relative par deux, ce qui écrase les écarts : la tension apporte 0,21%0{,}21\,\%, la masse 0,20%0{,}20\,\% et la longueur 0,08%0{,}08\,\%. Aucune ne domine, et améliorer la seule tension ferait gagner au mieux un cinquième du budget. Version correcte : « on repère la contribution dominante par le calcul, pas par la place de la grandeur dans la formule ; et quand aucune ne domine, il faut améliorer plusieurs mesures à la fois ou changer de méthode ».

Exercice 9 : Problème : la constante de Planck mesurée avec cinq diodes électroluminescentes

Une diode électroluminescente ne s'allume qu'au-dessus d'une tension de seuil VsV_{s} : les électrons doivent recevoir assez d'énergie pour émettre un photon, donc eVs=hcλeV_{s}=\dfrac{hc}{\lambda}.

On relève au voltmètre la tension de seuil de cinq diodes de couleurs différentes :

λ\lambda (nm) : 635635 ; 585585 ; 525525 ; 470470 ; 405405. VsV_{s} (V) : 1,851{,}85 ; 2,042{,}04 ; 2,272{,}27 ; 2,562{,}56 ; 3,003{,}00.

  • a) Que faut-il porter en abscisse pour obtenir une droite, et que vaut alors la pente ?
  • b) Calculez la pente de la régression, en V·µm.
  • c) Déduisez-en la constante de Planck, en J·s. On prendra e=1,602×1019e=1{,}602\times 10^{-19} C et c=3,00×108c=3{,}00\times 10^{8} m/s.
  • d) La valeur admise est 6,626×10346{,}626\times 10^{-34} J·s. Calculez l'écart relatif, en %.
  • e) Les droites extrêmes ont des pentes de 1,241{,}24 et 1,321{,}32 V·µm. Donnez hh avec son incertitude, puis concluez sur la méthode.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 1λ\dfrac{1}{\lambda} en abscisse ; la pente vaut hce\dfrac{hc}{e}
  • b) Pente 1,278\approx 1{,}278 V·µm
  • c) h6,83×1034h\approx 6{,}83\times 10^{-34} J·s
  • d) +3,1%+3{,}1\,\%
  • e) h=(6,83±0,21)×1034h=(6{,}83\pm 0{,}21)\times 10^{-34} J·s : compatible, malgré un biais connu vers le haut

a) En isolant la tension : Vs=hce1λV_{s}=\dfrac{hc}{e}\cdot\dfrac{1}{\lambda}. C'est de la forme Y=aXY=aX avec X=1λX=\dfrac{1}{\lambda} et Y=VsY=V_{s}, donc on porte L'INVERSE DE LA LONGUEUR D'ONDE en abscisse et la PENTE VAUT hce\dfrac{hc}{e}. Porter λ\lambda directement donnerait une hyperbole, dont aucune tangente ne se lit à la règle.

b) En exprimant 1λ\dfrac{1}{\lambda} en µm1^{-1} : 1,57481{,}5748 ; 1,70941{,}7094 ; 1,90481{,}9048 ; 2,12772{,}1277 ; 2,46912{,}4691. La régression donne Xˉ=1,9572\bar X=1{,}9572 µm1^{-1}, Vˉ=2,344\bar V=2{,}344 V, et a=1,278a=1{,}278 V·µm. Contrôle grossier avec deux points extrêmes : 3,001,852,46911,5748=1,150,8943=1,286\dfrac{3{,}00-1{,}85}{2{,}4691-1{,}5748}=\dfrac{1{,}15}{0{,}8943}=1{,}286, du bon ordre.

c) a=hcea=\dfrac{hc}{e}, donc h=aech=\dfrac{ae}{c}. En convertissant la pente en volts-mètres, a=1,278×106a=1{,}278\times 10^{-6} V·m : h=1,278×106×1,602×10193,00×108=6,83×1034h=\dfrac{1{,}278\times 10^{-6}\times 1{,}602\times 10^{-19}}{3{,}00\times 10^{8}}=6{,}83\times 10^{-34} J·s. La conversion des micromètres en mètres est le seul passage délicat : l'oublier donne 102810^{-28}, soit un million de fois trop.

d) 6,836,6266,626=0,031\dfrac{6{,}83-6{,}626}{6{,}626}=0{,}031, soit +3,1%+3{,}1\,\%. L'écart est POSITIF, et il l'est toujours avec cette méthode.

e) Δa=1,321,242=0,04\Delta a=\dfrac{1{,}32-1{,}24}{2}=0{,}04 V·µm, soit une incertitude relative de 0,041,278=3,1%\dfrac{0{,}04}{1{,}278}=3{,}1\,\% sur la pente, donc sur hh : Δh=6,83×0,031=0,21\Delta h=6{,}83\times 0{,}031=0{,}21, et h=(6,83±0,21)×1034h=(6{,}83\pm 0{,}21)\times 10^{-34} J·s. L'intervalle [6,62;7,04]×1034[6{,}62\,;7{,}04]\times 10^{-34} contient la valeur admise, tout juste : la mesure est COMPATIBLE. Ce qu'il faut conclure est plus intéressant que le verdict. La méthode des diodes porte un BIAIS SYSTÉMATIQUE vers le haut, parce que le « seuil » n'est pas un point net : la diode émet déjà un peu en dessous, et l'oeil ou le voltmètre la déclarent allumée un peu trop tard ; s'y ajoute la chute ohmique dans la jonction. Le biais vaut ici trois pour cent, et il se trouve être du même ordre que l'incertitude, ce qui le rend invisible. Une incertitude honnête a donc sauvé la conclusion, mais elle ne l'a pas démontrée : si l'on voulait vraiment mesurer hh, il faudrait une méthode sans seuil flou, comme l'effet photoélectrique avec tension d'arrêt.

0.511.522.530.511.522.533.51/lambda (1/micron)Vs (V)pente = hc/e

Exercice 10 : Problème : la demi-vie par régression semi-logarithmique, bruit de fond compris

On suit l'activité d'une source de baryum 137 métastable fraîchement éluée. Le compteur totalise les coups pendant trente secondes, toutes les minutes. Le bruit de fond, mesuré source retirée, vaut 2020 coups par trente secondes.

tt (s) : 00 ; 6060 ; 120120 ; 180180 ; 240240. Comptage total : 820820 ; 630630 ; 484484 ; 374374 ; 290290 coups.

La décroissance suit N=N0eλtN=N_{0}e^{-\lambda t}, avec t1/2=ln2λt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{\lambda}.

  • a) Établissez la liste des comptages NETS, et dites pourquoi on soustrait le bruit de fond avant de prendre le logarithme et non après.
  • b) Calculez la pente de la régression de lnN\ln N en fonction de tt, en s1^{-1}.
  • c) Déduisez-en la demi-vie, en secondes puis en minutes. La valeur tabulée est 2,552{,}55 min.
  • d) Un étudiant oublie la soustraction et régresse sur les comptages TOTAUX. Il obtient une pente de 4,334×103-4{,}334\times 10^{-3} s1^{-1}. Quelle demi-vie trouve-t-il, et de combien se trompe-t-il ?
  • e) Sur le tracé semi-logarithmique de l'étudiant, la suite de points est légèrement INCURVÉE. Expliquez pourquoi, et dites à quoi sert ce signal.

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b)
c)
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Réponses

  • a) 800800 ; 610610 ; 464464 ; 354354 ; 270270 ; le logarithme n'est pas linéaire, ln(ab)lnalnb\ln(a-b)\neq\ln a-\ln b
  • b) Pente 4,528×103\approx -4{,}528\times 10^{-3} s1^{-1}
  • c) t1/2153t_{1/2}\approx 153 s, soit 2,552{,}55 min : accord exact
  • d) 160160 s, soit 2,672{,}67 min : 4,5%4{,}5\,\% de trop
  • e) Un fond constant devient relativement plus lourd quand la source décroît : la courbe s'aplatit

a) On retranche 2020 coups à chaque comptage : 800800 ; 610610 ; 464464 ; 354354 ; 270270. La soustraction se fait AVANT le logarithme parce que le logarithme n'est pas une opération linéaire : ln(NtotNf)\ln(N_{tot}-N_{f}) n'a rien à voir avec lnNtotlnNf\ln N_{tot}-\ln N_{f}, qui vaut lnNtotNf\ln\dfrac{N_{tot}}{N_{f}}. Plus profondément, la loi exponentielle décrit la SOURCE seule ; le bruit de fond est un terme additif constant qui s'ajoute par-dessus, et il faut l'ôter pour retrouver la grandeur que la loi décrit.

b) Les logarithmes valent 6,68466{,}6846 ; 6,41356{,}4135 ; 6,13996{,}1399 ; 5,86935{,}8693 ; 5,59845{,}5984. Leurs écarts successifs, 0,2711-0{,}2711 ; 0,2736-0{,}2736 ; 0,2706-0{,}2706 ; 0,2709-0{,}2709, sont pratiquement constants : la décroissance est bien exponentielle, et c'est le contrôle à faire avant tout calcul. La régression donne tˉ=120\bar t=120 s, lnN=6,1411\overline{\ln N}=6{,}1411, (titˉ)(lnNilnN)=163,0\sum(t_{i}-\bar t)(\ln N_{i}-\overline{\ln N})=-163{,}0 et (titˉ)2=36000\sum(t_{i}-\bar t)^{2}=36\,000, d'où λ=a=4,528×103\lambda=-a=4{,}528\times 10^{-3} s1^{-1}.

c) t1/2=ln2λ=0,69314,528×103=153,1t_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{\lambda}=\dfrac{0{,}6931}{4{,}528\times 10^{-3}}=153{,}1 s, soit 153,160=2,55\dfrac{153{,}1}{60}=2{,}55 min. L'accord avec la valeur tabulée est exact au centième de minute près.

d) t1/2=0,69314,334×103=159,9t_{1/2}=\dfrac{0{,}6931}{4{,}334\times 10^{-3}}=159{,}9 s, soit 2,672{,}67 min. L'écart relatif vaut 2,672,552,55=4,5%\dfrac{2{,}67-2{,}55}{2{,}55}=4{,}5\,\%, et il est POSITIF : oublier le bruit de fond fait toujours paraître la source plus lente qu'elle n'est. Ce n'est pas une erreur aléatoire que la répétition corrigerait, c'est un biais systématique, du même genre que le zéro décalé d'un goniomètre.

e) Un fond constant de 2020 coups représente 2,4%2{,}4\,\% du premier comptage mais 6,9%6{,}9\,\% du dernier : son poids RELATIF augmente à mesure que la source s'éteint. La courbe des totaux décroît donc de moins en moins vite en échelle logarithmique, elle s'aplatit, et tendrait à l'horizontale une fois la source épuisée, puisqu'il resterait le fond seul. C'est un signal précieux : SUR UN TRACÉ SEMI-LOGARITHMIQUE, UNE COURBURE VERS LE HAUT TRAHIT UN TERME ADDITIF OUBLIÉ. Le même diagnostic vaut ailleurs : un fond de lumière parasite dans une mesure d'absorption, un courant d'obscurité dans une photodiode, une fuite en parallèle sur un condensateur. Et la courbure inverse, vers le bas, trahit en général la présence d'un second isotope à vie plus courte.

5010015020025030055.566.57t (s)ln Ncarres : totaux non corriges

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Séparer n'est pas mesurer : le pouvoir de résolution d'un réseau

Le POUVOIR DE RÉSOLUTION d'un réseau dit quel écart minimal Δλ\Delta\lambda il permet encore de SÉPARER en deux raies distinctes : R=λΔλmin=mNR=\dfrac{\lambda}{\Delta\lambda_{min}}=mN, où mm est l'ordre et NN le nombre de traits RÉELLEMENT ÉCLAIRÉS par le faisceau.

Reprenons le réseau de l'exercice 5, 600600 traits par millimètre, observé à l'ordre 22, éclairé par un faisceau de 5,05{,}0 mm de large, autour de λ=545,6\lambda=545{,}6 nm.

  • a) Combien de traits le faisceau éclaire-t-il ?
  • b) Calculez le pouvoir de résolution à l'ordre 22.
  • c) Calculez le plus petit écart de longueur d'onde séparable, en nm.
  • d) Le doublet jaune du sodium vaut 589,0589{,}0 et 589,6589{,}6 nm. Quel pouvoir de résolution faut-il pour le séparer ? Ce réseau y parvient-il ?
  • e) Comparez le résultat de c) à l'incertitude Δλ=1,3\Delta\lambda=1{,}3 nm de l'exercice 5. Que faut-il en conclure sur le sens des mots « résolution » et « exactitude » ?

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Réponses

  • a) N=3000N=3000 traits
  • b) R=6000R=6000
  • c) Δλmin0,091\Delta\lambda_{min}\approx 0{,}091 nm
  • d) R982R\approx 982 suffit : le réseau sépare le doublet très largement
  • e) Il SÉPARE quatorze fois plus finement qu'il ne LOCALISE : deux qualités différentes

a) N=600 traits/mm×5,0 mm=3000N=600\ \text{traits/mm}\times 5{,}0\ \text{mm}=3000 traits. Ce qui compte n'est PAS le nombre total de traits gravés sur le réseau, mais le nombre de traits que le faisceau touche : masquer le réseau avec un diaphragme dégrade la résolution, même si la plaque est immense.

b) R=mN=2×3000=6000R=mN=2\times 3000=6000. Le pouvoir de résolution est un nombre SANS UNITÉ : c'est un rapport de deux longueurs d'onde.

c) Δλmin=λR=545,66000=0,0909\Delta\lambda_{min}=\dfrac{\lambda}{R}=\dfrac{545{,}6}{6000}=0{,}0909 nm, soit environ 0,0910{,}091 nm. Le réseau distingue donc deux raies distantes d'un dixième de nanomètre.

d) Il faut R=λΔλ=589,00,6=982R=\dfrac{\lambda}{\Delta\lambda}=\dfrac{589{,}0}{0{,}6}=982. Le réseau offre 60006000, soit six fois plus : il sépare le doublet du sodium sans difficulté, et on voit bien deux raies jaunes distinctes. À l'ordre 11, il offrirait encore 30003000, largement assez. Avec un faisceau réduit à 11 mm, il ne resterait que R=1200R=1200 à l'ordre 22 : les deux raies seraient encore séparées, mais tout juste.

e) Les deux nombres ne mesurent pas la même chose, et c'est toute la leçon. La RÉSOLUTION, 0,0910{,}091 nm, dit à quelle finesse l'instrument SÉPARE deux raies voisines : c'est une question de pouvoir de discrimination. L'EXACTITUDE, 1,31{,}3 nm, dit à quelle précision il LOCALISE une raie sur l'échelle des longueurs d'onde : c'est une question d'étalonnage. L'instrument sépare ici quatorze fois plus finement qu'il ne localise, ce qui est le cas normal d'un spectromètre : il voit parfaitement que deux raies sont différentes, mais il ne sait dire où elles se trouvent qu'à 1,31{,}3 nm près, à cause de l'incertitude sur le pas du réseau. Conséquence pratique immédiate : pour améliorer l'exactitude on étalonne, avec une raie de longueur d'onde connue ; pour améliorer la résolution on élargit le faisceau ou on monte en ordre. Confondre les deux conduit à acheter le mauvais instrument.

Exercice 12 : Identifier une raie : quelle transition de l'hydrogène la mesure désigne-t-elle ?

Une lampe à hydrogène est observée au spectromètre de l'exercice 5, et l'on mesure sur une raie bleu-vert λ=(485,5±1,5)\lambda=(485{,}5\pm 1{,}5) nm.

Les raies visibles de l'hydrogène forment la série de Balmer, dont les longueurs d'onde obéissent à 1λ=RH(1221n2)\dfrac{1}{\lambda}=R_{H}\left(\dfrac{1}{2^{2}}-\dfrac{1}{n^{2}}\right) avec RH=1,0974×107R_{H}=1{,}0974\times 10^{7} m1^{-1} et n3n\geq 3.

  • a) Calculez la longueur d'onde prévue pour n=4n=4, en nm.
  • b) Calculez celle prévue pour n=5n=5, en nm.
  • c) Laquelle des deux est compatible avec la mesure ? Justifiez par les intervalles.
  • d) Calculez l'écart exprimé en nombre d'incertitudes, λλthΔλ\dfrac{|\lambda-\lambda_{th}|}{\Delta\lambda}. Commentez la qualité de l'accord.
  • e) Le deutérium émet la même raie décalée de 0,130{,}13 nm vers le bleu. Cette expérience permet-elle de distinguer l'hydrogène du deutérium ?

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Réponses

  • a) λ4486,0\lambda_{4}\approx 486{,}0 nm
  • b) λ5433,9\lambda_{5}\approx 433{,}9 nm
  • c) n=4n=4 : 486,0486{,}0 appartient à [484,0;487,0][484{,}0\,;487{,}0], 433,9433{,}9 en est très loin
  • d) 0,330{,}33 incertitude : accord excellent
  • e) Non : 0,130{,}13 nm est onze fois plus petit que l'incertitude

a) 1λ=1,0974×107(14116)=1,0974×107×0,1875=2,0576×106\dfrac{1}{\lambda}=1{,}0974\times 10^{7}\left(\dfrac{1}{4}-\dfrac{1}{16}\right)=1{,}0974\times 10^{7}\times 0{,}1875=2{,}0576\times 10^{6} m1^{-1}, donc λ=12,0576×106=4,860×107\lambda=\dfrac{1}{2{,}0576\times 10^{6}}=4{,}860\times 10^{-7} m =486,0=486{,}0 nm. C'est la raie HβH_{\beta}. Attention à l'inversion finale : la formule donne l'inverse de la longueur d'onde, et oublier de retourner le résultat produit un nombre en mètres inverses qu'on prend pour des nanomètres.

b) 1λ=1,0974×107(14125)=1,0974×107×0,21=2,3045×106\dfrac{1}{\lambda}=1{,}0974\times 10^{7}\left(\dfrac{1}{4}-\dfrac{1}{25}\right)=1{,}0974\times 10^{7}\times 0{,}21=2{,}3045\times 10^{6} m1^{-1}, donc λ=433,9\lambda=433{,}9 nm, la raie HγH_{\gamma}, violette.

c) La mesure couvre [484,0;487,0][484{,}0\,;487{,}0] nm. La raie n=4n=4, à 486,0486{,}0 nm, y appartient : COMPATIBLE. La raie n=5n=5, à 433,9433{,}9 nm, en est distante de plus de cinquante nanomètres, soit trente-cinq fois l'incertitude : exclue sans hésitation. La transition observée est donc celle du niveau 44 vers le niveau 22.

d) 485,5486,01,5=0,51,5=0,33\dfrac{|485{,}5-486{,}0|}{1{,}5}=\dfrac{0{,}5}{1{,}5}=0{,}33. L'écart vaut un tiers d'incertitude, ce qui est un accord EXCELLENT : statistiquement, on s'attend à un écart de l'ordre d'une incertitude, et en trouver trois fois moins est même un peu chanceux. La phrase à écrire dans un rapport est « la mesure est compatible avec la valeur théorique, l'écart valant 0,330{,}33 incertitude », jamais « la mesure est juste ».

e) Non. L'écart isotopique, 0,130{,}13 nm, est ONZE FOIS plus petit que l'incertitude de 1,51{,}5 nm : les deux raies tomberaient au même endroit, à la précision de ce montage. Attention à ne pas confondre avec l'exercice 11 : le réseau SÉPARE 0,0910{,}091 nm, donc il montrerait bel et bien deux raies distinctes si les deux isotopes étaient présents ensemble, l'écart de 0,130{,}13 nm dépassant son pouvoir de résolution. Ce qu'il ne peut pas faire, c'est dire laquelle des deux il regarde quand il n'y en a qu'une, parce que cela demande de LOCALISER la raie à mieux que 0,130{,}13 nm, soit onze fois mieux que ce que l'étalonnage permet. Séparer et localiser, encore une fois, ne sont pas la même chose. Pour y arriver, il faudrait étalonner le spectromètre sur des raies connues, ce qui ramènerait l'incertitude au niveau de la résolution.

Exercice 13 : Linéariser la loi de Malus : ce que l'ordonnée à l'origine dénonce

Deux polariseurs se font face, le second tourné d'un angle θ\theta par rapport au premier. La loi de Malus prévoit I=I0cos2θI=I_{0}\cos^{2}\theta.

Une photodiode mesure l'éclairement transmis, en microwatts :

θ\theta : 00^{\circ} ; 3030^{\circ} ; 4545^{\circ} ; 6060^{\circ} ; 9090^{\circ}. II (µW) : 2,462{,}46 ; 1,901{,}90 ; 1,341{,}34 ; 0,780{,}78 ; 0,220{,}22.

  • a) Que faut-il porter en abscisse pour obtenir une droite ? Dressez la liste des abscisses.
  • b) Calculez la pente de la régression, en µW.
  • c) Calculez l'ordonnée à l'origine, en µW. Que devrait-elle valoir si la loi de Malus était seule en jeu ?
  • d) Un étudiant n'a mesuré que 00^{\circ} et 9090^{\circ} et conclut que les polariseurs croisés laissent passer 9%9\,\% de la lumière. Que lui apprend le graphique complet ?
  • e) Corrigez les cinq mesures, puis vérifiez que la loi de Malus est alors respectée exactement.

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Réponses

  • a) cos2θ\cos^{2}\theta : 11 ; 0,750{,}75 ; 0,500{,}50 ; 0,250{,}25 ; 00
  • b) Pente I0=2,24I_{0}=2{,}24 µW
  • c) Ordonnée 0,220{,}22 µW ; elle devrait être nulle
  • d) Les 0,220{,}22 µW sont CONSTANTS, donc instrumentaux, pas optiques
  • e) 2,242{,}24 ; 1,681{,}68 ; 1,121{,}12 ; 0,560{,}56 ; 00, soit exactement I0cos2θI_{0}\cos^{2}\theta

a) On porte cos2θ\cos^{2}\theta en abscisse : la loi devient I=I0XI=I_{0}X, une droite passant par l'origine. Les abscisses valent cos20=1\cos^{2}0^{\circ}=1 ; cos230=(32)2=0,75\cos^{2}30^{\circ}=\left(\dfrac{\sqrt{3}}{2}\right)^{2}=0{,}75 ; cos245=0,50\cos^{2}45^{\circ}=0{,}50 ; cos260=0,25\cos^{2}60^{\circ}=0{,}25 ; cos290=0\cos^{2}90^{\circ}=0. Porter θ\theta directement donnerait une courbe en cloche dont on ne tire rien à la règle ; porter cosθ\cos\theta donnerait une parabole, guère mieux.

b) Avec Xˉ=0,50\bar X=0{,}50 et Iˉ=1,34\bar I=1{,}34 µW, la régression donne une pente de 2,242{,}24 µW. Contrôle : les écarts successifs entre les mesures valent tous 0,560{,}56 µW pour un pas d'abscisse de 0,250{,}25, soit une pente de 0,560,25=2,24\dfrac{0{,}56}{0{,}25}=2{,}24 µW. Les points sont donc parfaitement alignés.

c) b=IˉaXˉ=1,342,24×0,50=1,341,12=0,22b=\bar I-a\bar X=1{,}34-2{,}24\times 0{,}50=1{,}34-1{,}12=0{,}22 µW. Elle DEVRAIT être nulle : à cos2θ=0\cos^{2}\theta=0, c'est-à-dire polariseurs croisés, la loi de Malus prévoit une extinction totale. Les 0,220{,}22 µW mesurés viennent donc d'autre chose : lumière ambiante entrant dans le détecteur, courant d'obscurité de la photodiode, ou réflexions parasites dans le montage.

d) Le graphique complet montre que ces 0,220{,}22 µW sont présents à TOUS LES ANGLES, et pas seulement à 9090^{\circ} : c'est un terme ADDITIF CONSTANT, pas une fraction de la lumière incidente. L'étudiant qui ne mesure que les deux extrêmes ne peut pas faire la différence entre « les polariseurs laissent passer 9%9\,\% » et « le détecteur voit 0,220{,}22 µW de parasite en permanence » : les deux hypothèses donnent les mêmes deux points. Il faut trois points au moins pour les départager, et cinq pour le faire confortablement. C'est le même argument qu'aux exercices 7 et 10 : deux points ne peuvent jamais démentir un modèle, parce qu'une droite passe toujours par deux points.

e) On retranche 0,220{,}22 µW à chaque mesure : 2,242{,}24 ; 1,681{,}68 ; 1,121{,}12 ; 0,560{,}56 ; 00 µW. Le rapport à la première valeur donne 11 ; 0,750{,}75 ; 0,500{,}50 ; 0,250{,}25 ; 00, soit exactement cos2θ\cos^{2}\theta : la loi de Malus est vérifiée sans le moindre écart, et l'extinction à 9090^{\circ} est TOTALE. Le montage était bon, c'est la mesure qui portait un décalage. Voilà à quoi sert vraiment une linéarisation : non pas à obtenir une jolie droite, mais à SÉPARER ce qui est proportionnel de ce qui est constant, donc la physique de l'artefact.

0.20.40.60.811.20.511.522.53cos carre de thetaI (microwatts)ordonnee 0,22 : parasite

Exercice 14 : Le radar Doppler : mesurer une différence sans jamais soustraire

Un radar routier émet une onde à f0=24,125f_{0}=24{,}125 GHz. L'onde renvoyée par un véhicule qui s'approche revient décalée de Δf=2vf0c\Delta f=\dfrac{2vf_{0}}{c}, le facteur 22 venant de l'aller-retour.

On prendra c=2,998×108c=2{,}998\times 10^{8} m/s et l'on considère un véhicule à 100100 km/h.

  • a) Calculez le décalage de fréquence, en Hz.
  • b) Calculez le décalage RELATIF Δff0\dfrac{\Delta f}{f_{0}}.
  • c) Pour connaître la vitesse à 11 km/h près, à combien de chiffres significatifs faudrait-il connaître chacune des deux fréquences, si on les mesurait séparément pour les soustraire ?
  • d) L'appareil mélange au contraire les deux signaux et compte le BATTEMENT pendant une seconde, à ±1\pm 1 Hz près. Quelle incertitude cela donne-t-il sur la vitesse, en km/h ?
  • e) Énoncez la règle générale que cet exemple illustre, et citez un autre montage de ce cours qui l'applique.

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Réponses

  • a) Δf4,47\Delta f\approx 4{,}47 kHz
  • b) 1,85×1071{,}85\times 10^{-7}
  • c) Dix chiffres significatifs sur chaque fréquence
  • d) ±0,022\pm 0{,}022 km/h
  • e) On MESURE une petite différence, on ne la calcule jamais ; le pont de Wheatstone fait de même

a) v=100v=100 km/h =1003,6=27,78=\dfrac{100}{3{,}6}=27{,}78 m/s. Δf=2×27,78×24,125×1092,998×108=4,47×103\Delta f=\dfrac{2\times 27{,}78\times 24{,}125\times 10^{9}}{2{,}998\times 10^{8}}=4{,}47\times 10^{3} Hz, soit environ 4,474{,}47 kHz : une fréquence AUDIBLE, ce qui n'est pas un hasard, les premiers radars la faisaient écouter à l'opérateur.

b) Δff0=4,47×10324,125×109=1,85×107\dfrac{\Delta f}{f_{0}}=\dfrac{4{,}47\times 10^{3}}{24{,}125\times 10^{9}}=1{,}85\times 10^{-7}, soit moins de deux dix-millionièmes. La grandeur cherchée est donc enfouie très loin dans les décimales des deux fréquences.

c) Une vitesse de 11 km/h correspond à 4470100=44,7\dfrac{4470}{100}=44{,}7 Hz. Pour que la DIFFÉRENCE de deux fréquences soit connue à 44,744{,}7 Hz près, chacune doit l'être à mieux que 2222 Hz, sur 24,125×10924{,}125\times 10^{9} Hz : cela fait une incertitude relative de 9×10109\times 10^{-10}, donc DIX chiffres significatifs sur chaque mesure. Aucun compteur de laboratoire ordinaire n'en donne autant, et il faudrait de surcroît que l'oscillateur du radar soit stable à ce niveau-là pendant la mesure. La méthode par soustraction est donc hors de portée, non pas de peu, mais de plusieurs ordres de grandeur.

d) Le battement est mesuré à ±1\pm 1 Hz, et 44,744{,}7 Hz valent 11 km/h : l'incertitude sur la vitesse vaut 144,7=0,022\dfrac{1}{44{,}7}=0{,}022 km/h. L'appareil connaît donc la vitesse au centième de kilomètre par heure, alors qu'il serait incapable de mesurer l'une ou l'autre fréquence à mieux que quelques kilohertz. La différence n'a jamais été calculée : elle a été FABRIQUÉE physiquement par le mélangeur, puis mesurée directement.

e) La règle : UNE PETITE DIFFÉRENCE DE DEUX GRANDES GRANDEURS NE SE CALCULE PAS, ELLE SE MESURE. Chaque fois qu'un montage permet de produire la différence elle-même, battement, déséquilibre, interférence, il faut le préférer, parce que l'incertitude porte alors sur la petite grandeur et non sur les grandes. Le pont de Wheatstone du cours d'électricité en est l'exemple jumeau : il ne mesure pas deux tensions pour les soustraire, il annule leur différence et lit une longueur. Dans ce cours-ci, l'interféromètre de Michelson fait la même chose avec deux chemins optiques presque égaux, et l'exercice 15 montre ce qu'il en coûte quand aucun montage de ce genre n'est disponible.

Exercice 15 : Problème : une source faible, quand la différence se noie dans le bruit

On veut savoir si un échantillon de roche est radioactif. Compteur en place, échantillon présent, on totalise 520520 coups en 300300 s ; échantillon retiré, le bruit de fond donne 480480 coups en 300300 s.

Rappel de l'exercice 6 : l'incertitude d'un comptage de NN coups vaut N\sqrt{N}.

  • a) Calculez le comptage net et son incertitude absolue.
  • b) Calculez le rapport netΔ\dfrac{\text{net}}{\Delta}, souvent appelé rapport signal sur bruit.
  • c) Peut-on affirmer que l'échantillon est radioactif ? Rédigez la conclusion.
  • d) On recommence en comptant 30003000 s : 52005200 coups avec l'échantillon, 48004800 sans. Refaites a) et b).
  • e) Combien de temps faudrait-il compter pour atteindre un rapport de 33 à partir de la première mesure ? Énoncez la loi qui gouverne cette progression.

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Réponses

  • a) Net =40=40 coups, Δ45\Delta\approx 45 coups
  • b) 0,890{,}89
  • c) Non : l'écart est plus petit que son incertitude, rien n'est démontré
  • d) Net =400=400 coups, Δ141\Delta\approx 141 coups, rapport 2,832{,}83
  • e) Environ 34003400 s, soit 5757 min ; le rapport croît comme la RACINE du temps

a) Net =520480=40=520-480=40 coups. Les deux comptages sont indépendants et chacun porte son incertitude : 520=22,8\sqrt{520}=22{,}8 et 480=21,9\sqrt{480}=21{,}9 coups. Une différence additionne les incertitudes absolues, donc Δ=22,8+21,9=44,7\Delta=22{,}8+21{,}9=44{,}7, soit environ 4545 coups. Résultat : net =(40±45)=(40\pm 45) coups.

b) 4044,7=0,89\dfrac{40}{44{,}7}=0{,}89. Le signal cherché est PLUS PETIT que son incertitude.

c) Non, on ne peut rien affirmer. L'intervalle du net, [5;85][-5\,;85] coups, contient ZÉRO : un échantillon parfaitement inerte aurait très bien pu donner ces chiffres. La conclusion correcte s'écrit : « le comptage net vaut (40±45)(40\pm 45) coups ; il est compatible avec zéro, donc cette mesure ne met en évidence aucune radioactivité. La mesure ne prouve pas non plus que l'échantillon est inerte : elle est simplement trop courte pour trancher. » Écrire « l'échantillon est faiblement radioactif puisqu'on a compté 4040 coups de plus » est la faute à ne pas commettre, et c'est exactement le raisonnement qui fabrique de fausses découvertes.

d) Net =52004800=400=5200-4800=400 coups. Incertitudes : 5200=72,1\sqrt{5200}=72{,}1 et 4800=69,3\sqrt{4800}=69{,}3, donc Δ=141,4\Delta=141{,}4 coups. Net =(400±141)=(400\pm 141) coups, et le rapport vaut 400141,4=2,83\dfrac{400}{141{,}4}=2{,}83. L'intervalle, [259;541][259\,;541], ne contient plus zéro : l'échantillon est cette fois bel et bien actif. Remarquez ce qui s'est passé : en comptant dix fois plus longtemps, le net a été multiplié par 1010 mais son incertitude seulement par 10=3,16\sqrt{10}=3{,}16.

e) Le rapport croît comme t\sqrt{t} : passer de 0,890{,}89 à 33 demande de multiplier le temps par (30,894)2=11,3\left(\dfrac{3}{0{,}894}\right)^{2}=11{,}3, soit 300×11,3=3400300\times 11{,}3=3400 s, environ 5757 minutes. LA LOI : le comptage net croît proportionnellement au temps, son incertitude seulement comme la racine du temps, donc le rapport signal sur bruit croît comme la racine du temps. Deux conséquences pratiques. D'abord, il n'existe pas de source « trop faible » en principe, seulement des mesures trop courtes, et c'est ce qui rend possible la datation au carbone 1414 sur des échantillons presque éteints. Ensuite, le prix est brutal : gagner un facteur dix sur la sensibilité coûte CENT fois plus de temps. C'est pourquoi on préfère toujours, quand c'est possible, réduire le bruit de fond, par un blindage de plomb ou un détecteur enterré, plutôt que compter plus longtemps : diviser le fond par quatre vaut autant que compter quatre fois plus.

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