Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC) • Exercices corrigés de cégep à Montréal
Exercices corrigés : mesures, incertitudes et analyse graphique au laboratoire (203-SN3-RE)
Voici quinze exercices corrigés sur les mesures et les incertitudes au laboratoire d'ondes et de physique moderne, le cours 203-SN3-RE du programme révisé de Sciences de la nature (200.B1), anciennement 203-NYC. Le devis prescrit ce volet expérimental dans les trois cours de physique, mais il se travaille sur les montages de chacun : ici, ce sont le goniomètre, le réseau de diffraction, le tube sonore, les polariseurs, le compteur de radioactivité et la lampe spectrale.
La partie A pose les règles sur les grandeurs de ce cours : le vernier, l'angle mesuré des deux côtés du faisceau, les exposants fractionnaires, la méthode des extrêmes et la méthode différentielle avec ses angles en radians. La partie B traite les données : statistique de comptage, régressions et linéarisations, droites extrêmes. La partie C reprend ce qui revient d'un laboratoire à l'autre et se termine sur les deux faces d'un même problème, une petite différence qu'un montage peut mesurer directement, et une autre qu'il faut arracher au bruit à force de patience.
Le fil de la série : dans ce cours, toutes les grandeurs intéressantes sont ou bien minuscules, une longueur d'onde, un décalage de fréquence, ou bien aléatoires par nature, un comptage de désintégrations. Deux conséquences. D'abord l'incertitude ne se lit plus sur l'instrument, elle se PRÉDIT, par la racine du nombre de coups ou par la dérivée d'un sinus. Ensuite on n'obtient jamais une petite grandeur en soustrayant deux grandes : on la mesure directement, ou on compte assez longtemps pour qu'elle sorte du bruit.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Vernier : la plus petite division lisible est l'écart entre une division du vernier et une division de la règle. Au cinquantième, 0,02 mm ; sur un goniomètre à trente divisions, la minute d'arc.
•Écriture d'un résultat : x=(xˉ±Δx) unité ; l'incertitude à un chiffre significatif, deux si elle commence par 1, la valeur arrondie à la même décimale.
•Somme ou différence : Δ(x±y)=Δx+Δy, incertitudes ABSOLUES. Une différence n'est dangereuse que si son résultat est PETIT devant les termes.
•Produit, quotient, puissance : zΔz=∣a∣xΔx+∣b∣yΔy pour z=kxayb. Un carré double la relative, une racine carrée la divise par deux.
•Méthode différentielle : Δz≈∂x∂zΔx+…, et toute incertitude ANGULAIRE se convertit d'abord en RADIANS.
•Comptage : l'incertitude d'un comptage de N coups vaut N, donc la relative vaut N1. Elle se prédit sans répéter, et il faut quatre fois plus de coups pour la diviser par deux.
•Bruit de fond : erreur SYSTÉMATIQUE, qui se soustrait et ne se moyenne pas. Sur un tracé semi-logarithmique, une courbure vers le haut trahit un terme additif oublié.
•Réseau : dsinθ=mλ ; pouvoir de résolution R=Δλminλ=mN avec N le nombre de traits ÉCLAIRÉS. Séparer deux raies et localiser une raie sont deux qualités différentes.
•Linéariser : u=U0e−t/τ donne lnu affine en t ; I=I0cos2θ donne I affine en cos2θ ; eVs=λhc donne Vs affine en λ1.
•Compatibilité : deux valeurs sont compatibles quand leurs intervalles se recouvrent. Un écart s'exprime en NOMBRE D'INCERTITUDES, jamais en « c'est proche ».
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Lire un vernier et un goniomètre, puis écrire le résultat
Un VERNIER divise la plus petite graduation de la règle principale en parts égales : on lit le trait du vernier qui coïncide le mieux avec un trait de la règle. Un pied à coulisse au cinquantième donne le 501 de millimètre, soit 0,02 mm.
Un GONIOMÈTRE de spectromètre porte un cercle gradué en demi-degrés et un vernier à trente divisions, qui donne donc la minute d'arc. Le schéma ci-dessous représente le cercle gradué et son vernier.
a) Quelle est l'incertitude de lecture d'un pied à coulisse au cinquantième, en mm ?
b) Le vernier du goniomètre a trente divisions couvrant vingt-neuf demi-degrés. Quelle est la plus petite division lisible, en minutes d'arc ?
c) Convertissez 40∘54′ en degrés décimaux, et 2′ en degrés puis en radians.
d) Un calcul donne λ=545,6173 nm avec une incertitude de 1,2758 nm. Écrivez correctement le résultat.
e) Pourquoi fabrique-t-on un vernier plutôt que de graver des graduations cinquante fois plus fines ?
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Réponses
a)0,02 mm
b)1′, soit une minute d'arc
c)40,90∘ ; 2′=0,0333∘=5,82×10−4 rad
d)λ=(545,6±1,3) nm
e)Des traits cinquante fois plus serrés seraient illisibles à l'œil et se confondraient
a)
Un pied à coulisse au cinquantième porte cinquante divisions de vernier couvrant quarante-neuf millimètres de la règle. Chaque division du vernier vaut donc 5049=0,98 mm, soit 0,02 mm de moins qu'un millimètre : le décalage s'accumule d'une division à l'autre, et le trait qui coïncide désigne le nombre de centièmes. L'incertitude de lecture est la plus petite division lisible, 0,02 mm. Contrairement à la règle graduée, on ne prend PAS la moitié : le vernier donne une lecture franche, pas une interpolation à l'œil.
b)
Trente divisions couvrent vingt-neuf demi-degrés, soit 29×30′=870′. Chaque division du vernier vaut 30870=29′, contre 30′ pour une division du cercle : l'écart est de 1′ par division. La plus petite division lisible est donc LA MINUTE D'ARC, c'est-à-dire 601 de degré. Un goniomètre de laboratoire d'optique lit ainsi trente fois plus finement que son cercle n'est gravé.
c)
54′=6054=0,90∘, donc 40∘54′=40,90∘. Pour l'incertitude : 2′=602=0,03333∘, et en radians 0,03333×180π=5,82×10−4 rad. La conversion en radians n'est pas cosmétique : toute propagation par une dérivée de sinus ou de cosinus l'exige, et l'oublier multiplie le résultat par cinquante-sept.
d)
L'incertitude s'arrondit à DEUX chiffres significatifs quand elle commence par un 1, donc Δλ=1,3 nm. La valeur s'aligne sur la même décimale, le dixième de nanomètre : λ=(545,6±1,3) nm. Les quatre décimales sorties de la calculatrice sont du bruit de calcul ; les écrire ferait croire à une mesure dix mille fois meilleure qu'elle n'est.
e)
Parce que l'œil ne sépare pas deux traits distants de moins d'environ un dixième de millimètre, et parce qu'une gravure cinquante fois plus fine serait à la fois impossible à réaliser proprement et illisible sans microscope. Le vernier contourne le problème : il ne grave rien de plus fin, il convertit une petite DISTANCE en une COÏNCIDENCE, et l'œil est excellent pour juger si deux traits sont alignés. C'est le même principe que le pont de Wheatstone en électricité ou que le zéro d'une balance à fléau : on remplace une lecture absolue, difficile, par une comparaison, facile.
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Exercice 2 : Mesurer un angle des deux côtés : la différence qui tue le zéro
Au spectromètre à réseau, une raie apparaît de part et d'autre du faisceau direct. On lit sa position sur le cercle gradué à GAUCHE puis à DROITE, et l'angle de déviation est la DEMI-DIFFÉRENCE des deux lectures.
Lectures : θg=(139∘12′±2′) et θd=(221∘00′±2′). Le schéma ci-dessous représente le spectromètre vu de dessus.
a) Calculez la différence des deux lectures, en degrés et minutes.
b) Déduisez-en l'angle de déviation θ, en degrés décimaux.
c) Calculez l'incertitude sur θ, en minutes puis en degrés.
d) Le cercle gradué est mal calé : son zéro est décalé de +15′. Montrez que cette méthode donne malgré tout le bon angle.
e) Pourquoi divise-t-on par deux une différence, alors qu'une différence additionne d'ordinaire les incertitudes ?
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Réponses
a)81∘48′
b)θ=40,90∘
c)Δθ=2′=0,0333∘
d)Le décalage s'ajoute aux DEUX lectures et disparaît dans la différence
e)La somme 2′+2′=4′ est ensuite divisée par deux, comme la grandeur elle-même
a)
221∘00′−139∘12′. Les minutes ne se soustraient pas directement, 00′−12′ étant négatif : on EMPRUNTE 60′ au degré, exactement comme on emprunte 60 secondes à une minute. On calcule donc 220∘60′−139∘12′, soit 48′ pour les minutes et 220−139=81 degrés : la différence vaut 81∘48′.
b)
La différence des deux lectures vaut 2θ, puisque la raie est déviée de θ d'un côté et de θ de l'autre. Donc θ=281∘48′=40∘54′=40,90∘.
c)
Les deux lectures sont indépendantes et chacune porte 2′ : la différence additionne les incertitudes absolues, Δ(2θ)=2′+2′=4′. En divisant par deux, Δθ=24′=2′, soit 0,0333∘, ou encore 5,82×10−4 rad. Résultat : θ=(40,900±0,033)∘, une incertitude relative de 0,08% seulement.
d)
Avec un zéro décalé de +15′, les deux lectures deviennent 139∘27′ et 221∘15′. Leur différence : 221∘15′−139∘27′=81∘48′, inchangée, donc θ=40,90∘ encore. Le décalage s'ajoute aux DEUX lectures et disparaît dans la soustraction. C'est tout l'intérêt de la méthode : une erreur SYSTÉMATIQUE de calage, qu'aucune répétition n'aurait corrigée, est éliminée par la géométrie de la mesure elle-même. Mesurer d'un seul côté en supposant le zéro juste aurait donné 41∘15′, soit 0,35∘ de trop, dix fois l'incertitude annoncée.
e)
Parce que la division par deux s'applique à TOUT, à la grandeur comme à son incertitude. La différence a bien additionné les incertitudes, 4′ au lieu de 2′, mais elle a aussi DOUBLÉ la grandeur mesurée, qui vaut 2θ et non θ : l'incertitude relative, elle, n'a pas bougé. Le piège classique du chapitre, une différence de deux grandeurs voisines, ne s'applique pas ici : les deux lectures sont très ÉLOIGNÉES l'une de l'autre, 82 degrés d'écart, donc la soustraction ne détruit rien. Retenez la formulation exacte : une différence est dangereuse quand son résultat est PETIT devant les termes, pas quand elle est une différence.
Exercice 3 : La racine carrée divise par deux : la célérité d'une onde sur une corde
La célérité d'une onde transversale sur une corde tendue vaut v=μT, où μ=Lm est la masse linéique.
Mesures : tension T=(12,00±0,05) N, masse de la corde m=(2,50±0,01) g, longueur L=(1,200±0,002) m.
Rappel : dans z=kxayb, chaque exposant MULTIPLIE l'incertitude relative correspondante. Un carré double, une racine carrée, qui est l'exposant 21, divise par deux. Le schéma ci-dessous représente la corde tendue.
a) Calculez la masse linéique et son incertitude relative, en %.
b) Calculez la célérité, en m/s.
c) Calculez l'incertitude relative sur la célérité, en %, en détaillant les trois contributions.
d) Écrivez le résultat avec son incertitude, en m/s.
e) Quelle serait l'incertitude relative si la loi était v=μT au lieu de v=μT ? Que faut-il en retenir ?
Voir la correction
Réponses
a)μ=2,083×10−3 kg/m, à 0,57%
b)v≈75,9 m/s
c)0,49% : 0,21+0,20+0,08
d)v=(75,9±0,4) m/s
e)0,98%, soit le double : la racine carrée divise l'incertitude par deux
a)
μ=Lm=1,2002,50×10−3=2,083×10−3 kg/m. C'est un quotient, donc les relatives s'additionnent : 2,500,01=0,40% pour la masse et 1,2000,002=0,17% pour la longueur, soit 0,57% au total.
b)
v=2,083×10−312,00=5760=75,89 m/s. Contrôle d'ordre de grandeur : une corde de sonomètre tendue par une dizaine de newtons porte des ondes à quelques dizaines de mètres par seconde, plus lentement que le son dans l'air, 343 m/s ; les deux vitesses n'ont d'ailleurs aucun lien, celle de la corde ne dépend que de sa tension et de sa masse linéique. Le chiffre est plausible.
c)
L'exposant de T est +21 et celui de μ est −21, donc chaque relative est DIVISÉE par deux : vΔv=21TΔT+21μΔμ. Détail : la tension apporte 21×12,000,05=0,21%, la masse 21×0,40=0,20% et la longueur 21×0,17=0,08%. Total : 0,49%. Aucune des trois ne domine, et c'est précisément l'effet de la racine : elle a écrasé les écarts entre les contributions.
d)
Δv=75,89×0,0049=0,37 m/s, arrondi à 0,4 m/s. Résultat : v=(75,9±0,4) m/s.
e)
Sans la racine, les trois relatives entreraient entières : 0,42+0,40+0,17=0,98%, soit exactement le DOUBLE. Ce qu'il faut en retenir tient en une phrase : un exposant est un amplificateur d'incertitude, dans les deux sens. Un carré double, un cube triple, une racine carrée divise par deux, une racine cubique par trois. C'est pourquoi une grandeur obtenue par une racine est, à mesures égales, plus fiable qu'une grandeur obtenue par un produit ; et c'est pourquoi un diamètre au carré, dans une section de fil ou une aire de faisceau, est presque toujours le terme dominant d'un bilan d'incertitude.
Exercice 4 : La méthode des extrêmes sur un indice de réfraction
On mesure au goniomètre l'angle d'incidence et l'angle de réfraction d'un rayon entrant dans un bloc de verre, puis on applique la loi de Snell-Descartes, n=sinrsini, l'air valant n=1.
Mesures : i=(60,0±0,5)∘ et r=(35,0±0,5)∘. Le schéma ci-dessous représente le rayon.
a) Calculez l'indice de réfraction.
b) Pour obtenir nmax, faut-il prendre r maximal ou minimal ? Justifiez sans calcul.
c) Calculez nmax et nmin.
d) Calculez Δn et écrivez le résultat.
e) Le verre crown est tabulé à n=1,52 et le plexiglas à n=1,49. Cette mesure permet-elle de les distinguer ?
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Réponses
a)n≈1,510
b)r MINIMAL, car sinr est au dénominateur et le sinus croît sur [0;90∘]
c)nmax≈1,537 et nmin≈1,484
d)Δn≈0,03, donc n=(1,51±0,03)
e)Non : les deux valeurs tabulées sont dans l'intervalle
a)
n=sin35,0∘sin60,0∘=0,57360,8660=1,510. Contrôle : le rayon se rapproche de la normale en entrant, donc le second milieu est le plus réfringent et n>1. Si le calcul avait donné 0,66, c'est que le quotient aurait été pris à l'envers.
b)
Le sinus est CROISSANT sur [0;90∘], donc sinr croît avec r. Comme sinr est au DÉNOMINATEUR, l'indice est maximal quand sinr est minimal, c'est-à-dire pour r MINIMAL, soit 34,5∘, et simultanément pour i maximal, 60,5∘. Le raisonnement passe par la monotonie du sinus : sur une plage qui contiendrait 90∘, il ne tiendrait plus.
c)
nmax=sin34,5∘sin60,5∘=0,56640,8704=1,537 et nmin=sin35,5∘sin59,5∘=0,58070,8616=1,484. La valeur centrale 1,510 est bien entre les deux.
d)
Δn=21,537−1,484=20,053=0,026, arrondi à 0,03. Résultat : n=(1,51±0,03), soit une incertitude relative de 1,8%. L'indice est un nombre SANS UNITÉ : ne rien écrire après, ni degré, ni unité inventée.
e)
Non. L'intervalle [1,48;1,54] contient à la fois 1,52 et 1,49 : les deux matériaux sont COMPATIBLES avec la mesure, donc l'expérience ne tranche pas. C'est la bonne conclusion à écrire, et non « c'est du crown puisque 1,51 est plus proche de 1,52 » : comparer des valeurs centrales quand les intervalles se recouvrent n'a aucune valeur de preuve. Pour départager, il faudrait descendre l'incertitude sous 0,015, donc diviser Δi et Δr par deux au moins, c'est-à-dire lire les angles au quart de degré ou mieux, ce que fait précisément un goniomètre à vernier.
Exercice 5 : La méthode différentielle sur un réseau de diffraction
Un réseau porte 600 traits par millimètre, avec une incertitude d'un trait par millimètre sur cette gravure. Le pas du réseau est d=6001 mm.
L'ordre 2 d'une raie verte est observé à θ=(40,90±0,03)∘, l'angle venant de la mesure des deux côtés de l'exercice 2.
La formule du réseau s'écrit dsinθ=mλ, donc λ=mdsinθ, avec m=2 exact. Le schéma ci-dessous représente le réseau et la raie observée.
a) Calculez le pas du réseau, en µm, puis la longueur d'onde, en nm.
b) Calculez la contribution de l'angle, ∂θ∂λΔθ, en nm.
c) Calculez la contribution du pas du réseau, en nm.
d) Écrivez le résultat. La raie verte du mercure vaut 546,1 nm : est-ce compatible ?
e) Quelle grandeur limite désormais la mesure ? Et pourquoi observe-t-on l'ordre 2 plutôt que l'ordre 1 ?
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Réponses
a)d=1,667 µm et λ≈545,6 nm
b)0,37 nm
c)0,91 nm
d)λ=(545,6±1,3) nm, compatible avec 546,1 nm
e)Le NOMBRE DE TRAITS du réseau ; l'ordre 2 double l'angle et améliore la mesure
a)
d=6001 mm =1,667×10−3 mm =1,667 µm =1,6667×10−6 m. Puis λ=21,6667×10−6×sin40,90∘=21,6667×10−6×0,6547=5,456×10−7 m, soit 545,6 nm. Le contrôle d'ordre de grandeur est immédiat : une longueur d'onde visible tient entre 400 et 700 nm, et 545 nm est bien dans le vert.
b)
∂θ∂λ=mdcosθ=21,6667×10−6×0,7559=6,299×10−7 m/rad. L'incertitude DOIT être en radians : Δθ=0,03333∘=5,818×10−4 rad. Contribution : 6,299×10−7×5,818×10−4=3,66×10−10 m, soit 0,37 nm. En gardant les degrés, on aurait trouvé 21 nm, cinquante-sept fois trop : c'est l'erreur la plus coûteuse de tout le chapitre, parce que le résultat reste plausible.
c)
Le pas d intervient à la puissance 1, donc sa contribution relative passe telle quelle : dΔd=6001=0,167%, puisque une incertitude d'un trait sur six cents traits se reporte à l'identique sur leur espacement. Contribution : 545,6×0,00167=0,91 nm.
d)
Δλ=0,37+0,91=1,28 nm, arrondi à 1,3 nm. Résultat : λ=(545,6±1,3) nm, intervalle [544,3;546,9] nm. La raie verte du mercure, 546,1 nm, y appartient : la mesure est COMPATIBLE, et l'expérience identifie correctement la raie.
e)
C'est maintenant le RÉSEAU qui limite : sa contribution, 0,91 nm, vaut deux fois et demie celle de l'angle. Lire les angles encore plus finement ne servirait presque à rien ; il faudrait un réseau dont le pas est mieux connu, ou l'étalonner sur une raie de longueur d'onde connue, ce qui est la pratique courante. Quant à l'ordre : passer de m=1 à m=2 double sinθ, donc porte l'angle de 19∘ à 41∘, où le cosinus est plus petit. Or ∂θ∂λ est proportionnel à mcosθ : les deux effets vont dans le même sens et divisent la contribution de l'angle par environ 2,5. Les ordres élevés sont donc plus précis, jusqu'à ce que sinθ dépasse 1 et que la raie disparaisse.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Comptage radioactif : l'incertitude qu'on prédit avant de mesurer
Une désintégration est un phénomène ALÉATOIRE : deux comptages de même durée sur la même source ne donnent pas le même nombre. La statistique dit que la dispersion d'un comptage de N coups vaut N, sans qu'on ait besoin de répéter quoi que ce soit.
Huit comptages successifs de dix secondes sur une source-école donnent, en coups : 47 ; 52 ; 39 ; 45 ; 58 ; 43 ; 50 ; 42. Le graphique ci-dessous place les huit comptages.
a) Calculez le nombre moyen de coups par dix secondes.
b) Calculez l'écart-type expérimental de ces huit comptages.
c) Calculez Nˉ et comparez à b). Que conclure ?
d) Calculez l'incertitude sur la moyenne, puis l'incertitude relative correspondante, en %.
e) Un seul comptage de 80 s donnerait environ 376 coups. Quelle serait son incertitude relative ? Comparez aux huit comptages de dix secondes.
Voir la correction
Réponses
a)Nˉ=47,0 coups
b)s≈6,14 coups
c)47≈6,86 : très proche, la loi en racine est vérifiée
d)8s≈2,17 coups, soit 4,6%
e)376≈19,4 coups sur 376, soit 5,2% : pratiquement la même chose
a)
La somme vaut 376 coups, donc Nˉ=8376=47,0 coups par dix secondes.
b)
Les écarts à la moyenne sont 0 ; +5 ; −8 ; −2 ; +11 ; −4 ; +3 ; −5, dont la somme est nulle. La somme des carrés vaut 0+25+64+4+121+16+9+25=264, donc s=7264=37,71=6,14 coups.
c)
Nˉ=47,0=6,86 coups. L'écart-type mesuré, 6,14, en est proche à 10% près, ce qui est tout ce qu'on peut espérer avec huit valeurs seulement : l'incertitude sur un écart-type estimé sur N valeurs est de l'ordre de 2(N−1)1, soit 27% ici. La conclusion est forte : la dispersion observée est bien celle que prédit la loi en racine de N, ON N'A DONC PAS BESOIN DE RÉPÉTER pour connaître l'incertitude d'un comptage. C'est une situation unique dans tout le chapitre : ailleurs, seule la répétition révèle la dispersion.
d)
8s=2,8286,14=2,17 coups, soit 47,02,17=4,6%. On écrirait Nˉ=(47,0±2,2) coups par dix secondes.
e)
Un comptage unique de 80 s cumule les mêmes désintégrations : environ 376 coups, dont l'incertitude vaut 376=19,4 coups, soit 37619,4=5,2%. C'est PRATIQUEMENT LE MÊME résultat que les huit comptages séparés, et ce n'est pas un hasard : ce qui fixe la précision d'un comptage, c'est le NOMBRE TOTAL DE COUPS ACCUMULÉS, pas la façon dont on les découpe en séances. La seule chose que les huit comptages apportent en plus, c'est la vérification de c), c'est-à-dire la preuve que la source est stable et que le compteur ne dérive pas. Règle pratique : pour diviser l'incertitude relative par deux, il faut QUATRE fois plus de coups, donc quatre fois plus de temps.
Exercice 7 : Linéariser la résonance d'un tube : la correction de bout est dans l'ordonnée
Un tube fermé à une extrémité résonne quand sa longueur vaut un nombre IMPAIR de quarts d'onde. En réalité, le ventre de déplacement se forme un peu en dehors du tube, ce qui ajoute une CORRECTION DE BOUT e : Ln=(2n−1)4λ−e.
Un diapason de 512 Hz excite un tube de 2,0 cm de diamètre dont on allonge la colonne d'air. Les quatre premières résonances sont observées pour L=0,155 ; 0,490 ; 0,825 ; 1,160 m. Le schéma ci-dessous représente le tube et le diapason.
a) Que faut-il porter en abscisse pour obtenir une droite ? Que valent alors la pente et l'ordonnée à l'origine ?
b) Calculez la pente de la régression, en m, puis la longueur d'onde, en m.
c) Calculez la vitesse du son, en m/s.
d) Calculez l'ordonnée à l'origine, puis la correction de bout, en cm. Comparez à la valeur théorique e≈0,6d.
e) La vitesse du son dans l'air vaut v≈331+0,6θ avec θ en degrés Celsius. Quelle température la mesure indique-t-elle ? Que valide ce contrôle ?
Voir la correction
Réponses
a)(2n−1) en abscisse ; pente 4λ, ordonnée −e
b)Pente 0,1675 m, donc λ=0,670 m
c)v≈343,0 m/s
d)Ordonnée −0,0125 m, donc e=1,25 cm, contre 1,2 cm attendus
e)θ≈20 °C : la valeur est celle du local, le montage est cohérent
a)
On porte (2n−1) en abscisse, c'est-à-dire 1, 3, 5, 7, et la longueur L en ordonnée. La relation L=(2n−1)4λ−e est alors de la forme Y=aX+b avec a=4λ et b=−e. Porter simplement n en abscisse marcherait aussi, mais la pente vaudrait 2λ et l'ordonnée −e−4λ : on mélangerait les deux inconnues, alors que le choix de (2n−1) les sépare proprement.
b)
Avec Xˉ=4 et Lˉ=0,6575 m, on forme ∑(Xi−Xˉ)(Li−Lˉ)=3,35 et ∑(Xi−Xˉ)2=20, d'où a=203,35=0,1675 m. Donc λ=4a=0,670 m. Contrôle immédiat : les écarts entre résonances successives valent tous 0,335 m, soit une DEMI-longueur d'onde, ce qui redonne bien λ=0,670 m.
c)
v=λf=0,670×512=343,0 m/s. C'est exactement la valeur attendue dans une salle à température ambiante.
d)
b=Lˉ−aXˉ=0,6575−0,1675×4=0,6575−0,6700=−0,0125 m. Comme b=−e, la correction de bout vaut e=0,0125 m =1,25 cm. La théorie donne e≈0,6d=0,6×2,0=1,2 cm : l'accord est excellent. L'ordonnée à l'origine n'est donc PAS ici un simple contrôle qu'on espère nul, c'est un RÉSULTAT PHYSIQUE, et c'est la seule façon de l'obtenir. Un étudiant qui aurait forcé la droite à passer par l'origine aurait faussé la pente, donc la vitesse du son, tout en croyant bien faire.
e)
θ=0,6343,0−331=20,0 °C, la température d'une salle de laboratoire. Ce contrôle ne mesure pas la température, il VALIDE la chaîne de mesure : il vérifie que la fréquence du diapason, la lecture des longueurs et le traitement graphique sont cohérents entre eux. S'il avait donné −40 °C ou 95 °C, il aurait fallu chercher l'erreur, par exemple un diapason mal identifié ou une résonance sautée. Un bon rapport de laboratoire termine toujours par un contrôle de ce genre, qui confronte le résultat à quelque chose de connu par ailleurs.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq phrases suivantes a été entendue en laboratoire d'ondes et de physique moderne. Dites ce qu'elle a de faux, puis écrivez la version correcte. Nommer la règle violée fait la moitié des points.
a) « Le compteur affiche 47 coups, un nombre entier, donc cette mesure est exacte. »
b) « L'angle est connu à 0,03 degré, donc on écrit Δθ=0,03 dans la formule de propagation. »
c) « En répétant le comptage du bruit de fond, on finit par l'éliminer. »
d) « La longueur d'onde mesurée vaut 545,6 nm et la raie du mercure 546,1 nm : l'expérience a échoué. »
e) « Pour améliorer la mesure de la célérité v=T/μ, il faut d'abord mieux mesurer la tension, puisqu'elle est au numérateur. »
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Réponses
a)Faux : le nombre est entier mais le phénomène est aléatoire, ΔN=N
b)Faux : une dérivée de sinus exige des RADIANS
c)Faux : le bruit de fond se SOUSTRAIT, il ne se moyenne pas à zéro
d)Faux : 546,1 est dans [544,3;546,9], donc compatible
e)Faux : les trois contributions sont comparables, aucune ne domine
a)
FAUX. Le compteur compte exactement, mais ce qu'il compte FLUCTUE : la désintégration est aléatoire, et un second comptage de même durée donnera un autre entier. L'incertitude vaut N=47=6,9 coups, soit 15%. Version correcte : « le comptage est exact, la grandeur ne l'est pas ; l'incertitude d'un comptage vaut la racine du nombre de coups, et elle se prédit sans répéter ».
b)
FAUX, et c'est l'erreur la plus coûteuse du chapitre parce que le résultat reste plausible. Une dérivée comme ∂θ∂λ=mdcosθ n'est valable qu'en RADIANS, la dérivée du sinus ne valant le cosinus que dans cette unité. Il faut donc convertir : 0,03333∘=5,818×10−4 rad. Garder les degrés multiplie la contribution par π180=57,3. Version correcte : « toute incertitude angulaire entrant dans une propagation par dérivée se convertit d'abord en radians ».
c)
FAUX. Le bruit de fond, rayonnement cosmique et radioactivité ambiante, est présent en permanence et TOUJOURS dans le même sens : c'est une erreur systématique par excès. Le moyenner ne fait que le mesurer plus précisément, pas le supprimer. On le SOUSTRAIT, et cette soustraction a un coût, puisqu'elle additionne les incertitudes des deux comptages. Version correcte : « le bruit de fond se mesure source retirée, puis se soustrait du comptage total ; répéter n'améliore que la connaissance du bruit, jamais son absence ».
d)
FAUX. L'écart, 0,5 nm, est plus PETIT que l'incertitude, 1,3 nm : la valeur tabulée appartient à l'intervalle [544,3;546,9] nm, donc la mesure est COMPATIBLE et l'expérience a réussi. Déclarer un échec parce que deux nombres diffèrent, c'est ignorer ce que l'incertitude signifie. Version correcte : « deux valeurs sont compatibles quand leurs intervalles se recouvrent ; l'écart de 0,5 nm vaut 0,4 fois l'incertitude, c'est un excellent accord ».
e)
FAUX. La racine carrée divise chaque contribution relative par deux, ce qui écrase les écarts : la tension apporte 0,21%, la masse 0,20% et la longueur 0,08%. Aucune ne domine, et améliorer la seule tension ferait gagner au mieux un cinquième du budget. Version correcte : « on repère la contribution dominante par le calcul, pas par la place de la grandeur dans la formule ; et quand aucune ne domine, il faut améliorer plusieurs mesures à la fois ou changer de méthode ».
Exercice 9 : Problème : la constante de Planck mesurée avec cinq diodes électroluminescentes
Une diode électroluminescente ne s'allume qu'au-dessus d'une tension de seuil Vs : les électrons doivent recevoir assez d'énergie pour émettre un photon, donc eVs=λhc.
On relève au voltmètre la tension de seuil de cinq diodes de couleurs différentes :
a) Que faut-il porter en abscisse pour obtenir une droite, et que vaut alors la pente ?
b) Calculez la pente de la régression, en V·µm.
c) Déduisez-en la constante de Planck, en J·s. On prendra e=1,602×10−19 C et c=3,00×108 m/s.
d) La valeur admise est 6,626×10−34 J·s. Calculez l'écart relatif, en %.
e) Les droites extrêmes ont des pentes de 1,24 et 1,32 V·µm. Donnez h avec son incertitude, puis concluez sur la méthode.
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Réponses
a)λ1 en abscisse ; la pente vaut ehc
b)Pente ≈1,278 V·µm
c)h≈6,83×10−34 J·s
d)+3,1%
e)h=(6,83±0,21)×10−34 J·s : compatible, malgré un biais connu vers le haut
a)
En isolant la tension : Vs=ehc⋅λ1. C'est de la forme Y=aX avec X=λ1 et Y=Vs, donc on porte L'INVERSE DE LA LONGUEUR D'ONDE en abscisse et la PENTE VAUT ehc. Porter λ directement donnerait une hyperbole, dont aucune tangente ne se lit à la règle.
b)
En exprimant λ1 en µm−1 : 1,5748 ; 1,7094 ; 1,9048 ; 2,1277 ; 2,4691. La régression donne Xˉ=1,9572 µm−1, Vˉ=2,344 V, et a=1,278 V·µm. Contrôle grossier avec deux points extrêmes : 2,4691−1,57483,00−1,85=0,89431,15=1,286, du bon ordre.
c)
a=ehc, donc h=cae. En convertissant la pente en volts-mètres, a=1,278×10−6 V·m : h=3,00×1081,278×10−6×1,602×10−19=6,83×10−34 J·s. La conversion des micromètres en mètres est le seul passage délicat : l'oublier donne 10−28, soit un million de fois trop.
d)
6,6266,83−6,626=0,031, soit +3,1%. L'écart est POSITIF, et il l'est toujours avec cette méthode.
e)
Δa=21,32−1,24=0,04 V·µm, soit une incertitude relative de 1,2780,04=3,1% sur la pente, donc sur h : Δh=6,83×0,031=0,21, et h=(6,83±0,21)×10−34 J·s. L'intervalle [6,62;7,04]×10−34 contient la valeur admise, tout juste : la mesure est COMPATIBLE. Ce qu'il faut conclure est plus intéressant que le verdict. La méthode des diodes porte un BIAIS SYSTÉMATIQUE vers le haut, parce que le « seuil » n'est pas un point net : la diode émet déjà un peu en dessous, et l'œil ou le voltmètre la déclarent allumée un peu trop tard ; s'y ajoute la chute ohmique dans la jonction. Le biais vaut ici trois pour cent, et il se trouve être du même ordre que l'incertitude, ce qui le rend invisible. Une incertitude honnête a donc sauvé la conclusion, mais elle ne l'a pas démontrée : si l'on voulait vraiment mesurer h, il faudrait une méthode sans seuil flou, comme l'effet photoélectrique avec tension d'arrêt.
Exercice 10 : Problème : la demi-vie par régression semi-logarithmique, bruit de fond compris
On suit l'activité d'une source de baryum 137 métastable fraîchement éluée. Le compteur totalise les coups pendant trente secondes, toutes les minutes. Le bruit de fond, mesuré source retirée, vaut 20 coups par trente secondes.
t (s) : 0 ; 60 ; 120 ; 180 ; 240. Comptage total : 820 ; 630 ; 484 ; 374 ; 290 coups.
La décroissance suit N=N0e−λt, avec t1/2=λln2. Le graphique ci-dessous représente les comptages totaux.
a) Établissez la liste des comptages NETS, et dites pourquoi on soustrait le bruit de fond avant de prendre le logarithme et non après.
b) Calculez la pente de la régression de lnN en fonction de t, en s−1.
c) Déduisez-en la demi-vie, en secondes puis en minutes. La valeur tabulée est 2,55 min.
d) Un étudiant oublie la soustraction et régresse sur les comptages TOTAUX. Il obtient une pente de −4,334×10−3 s−1. Quelle demi-vie trouve-t-il, et de combien se trompe-t-il ?
e) Sur le tracé semi-logarithmique de l'étudiant, la suite de points est légèrement INCURVÉE. Expliquez pourquoi, et dites à quoi sert ce signal.
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Réponses
a)800 ; 610 ; 464 ; 354 ; 270 ; le logarithme n'est pas linéaire, ln(a−b)=lna−lnb
b)Pente ≈−4,528×10−3 s−1
c)t1/2≈153 s, soit 2,55 min : accord exact
d)160 s, soit 2,67 min : 4,5% de trop
e)Un fond constant devient relativement plus lourd quand la source décroît : la courbe s'aplatit
a)
On retranche 20 coups à chaque comptage : 800 ; 610 ; 464 ; 354 ; 270. La soustraction se fait AVANT le logarithme parce que le logarithme n'est pas une opération linéaire : ln(Ntot−Nf) n'a rien à voir avec lnNtot−lnNf, qui vaut lnNfNtot. Plus profondément, la loi exponentielle décrit la SOURCE seule ; le bruit de fond est un terme additif constant qui s'ajoute par-dessus, et il faut l'ôter pour retrouver la grandeur que la loi décrit.
b)
Les logarithmes valent 6,6846 ; 6,4135 ; 6,1399 ; 5,8693 ; 5,5984. Leurs écarts successifs, −0,2711 ; −0,2736 ; −0,2706 ; −0,2709, sont pratiquement constants : la décroissance est bien exponentielle, et c'est le contrôle à faire avant tout calcul. La régression donne tˉ=120 s, lnN=6,1411, ∑(ti−tˉ)(lnNi−lnN)=−163,0 et ∑(ti−tˉ)2=36000, d'où λ=−a=4,528×10−3 s−1.
c)
t1/2=λln2=4,528×10−30,6931=153,1 s, soit 60153,1=2,55 min. L'accord avec la valeur tabulée est exact au centième de minute près.
d)
t1/2=4,334×10−30,6931=159,9 s, soit 2,67 min. L'écart relatif vaut 2,552,67−2,55=4,5%, et il est POSITIF : oublier le bruit de fond fait toujours paraître la source plus lente qu'elle n'est. Ce n'est pas une erreur aléatoire que la répétition corrigerait, c'est un biais systématique, du même genre que le zéro décalé d'un goniomètre.
e)
Un fond constant de 20 coups représente 2,4% du premier comptage mais 6,9% du dernier : son poids RELATIF augmente à mesure que la source s'éteint. La courbe des totaux décroît donc de moins en moins vite en échelle logarithmique, elle s'aplatit, et tendrait à l'horizontale une fois la source épuisée, puisqu'il resterait le fond seul. C'est un signal précieux : SUR UN TRACÉ SEMI-LOGARITHMIQUE, UNE COURBURE VERS LE HAUT TRAHIT UN TERME ADDITIF OUBLIÉ. Le même diagnostic vaut ailleurs : un fond de lumière parasite dans une mesure d'absorption, un courant d'obscurité dans une photodiode, une fuite en parallèle sur un condensateur. Et la courbure inverse, vers le bas, trahit en général la présence d'un second isotope à vie plus courte.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Séparer n'est pas mesurer : le pouvoir de résolution d'un réseau
Le POUVOIR DE RÉSOLUTION d'un réseau dit quel écart minimal Δλ il permet encore de SÉPARER en deux raies distinctes : R=Δλminλ=mN, où m est l'ordre et N le nombre de traits RÉELLEMENT ÉCLAIRÉS par le faisceau.
Reprenons le réseau de l'exercice 5, 600 traits par millimètre, observé à l'ordre 2, éclairé par un faisceau de 5,0 mm de large, autour de λ=545,6 nm. Le schéma ci-dessous représente le réseau éclairé.
a) Combien de traits le faisceau éclaire-t-il ?
b) Calculez le pouvoir de résolution à l'ordre 2.
c) Calculez le plus petit écart de longueur d'onde séparable, en nm.
d) Le doublet jaune du sodium vaut 589,0 et 589,6 nm. Quel pouvoir de résolution faut-il pour le séparer ? Ce réseau y parvient-il ?
e) Comparez le résultat de c) à l'incertitude Δλ=1,3 nm de l'exercice 5. Que faut-il en conclure sur le sens des mots « résolution » et « exactitude » ?
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Réponses
a)N=3000 traits
b)R=6000
c)Δλmin≈0,091 nm
d)R≈982 suffit : le réseau sépare le doublet très largement
e)Il SÉPARE quatorze fois plus finement qu'il ne LOCALISE : deux qualités différentes
a)
N=600traits/mm×5,0mm=3000 traits. Ce qui compte n'est PAS le nombre total de traits gravés sur le réseau, mais le nombre de traits que le faisceau touche : masquer le réseau avec un diaphragme dégrade la résolution, même si la plaque est immense.
b)
R=mN=2×3000=6000. Le pouvoir de résolution est un nombre SANS UNITÉ : c'est un rapport de deux longueurs d'onde.
c)
Δλmin=Rλ=6000545,6=0,0909 nm, soit environ 0,091 nm. Le réseau distingue donc deux raies distantes d'un dixième de nanomètre.
d)
Il faut R=Δλλ=0,6589,0=982. Le réseau offre 6000, soit six fois plus : il sépare le doublet du sodium sans difficulté, et on voit bien deux raies jaunes distinctes. À l'ordre 1, il offrirait encore 3000, largement assez. Avec un faisceau réduit à 1 mm, il ne resterait que R=1200 à l'ordre 2 : les deux raies seraient encore séparées, mais tout juste.
e)
Les deux nombres ne mesurent pas la même chose, et c'est toute la leçon. La RÉSOLUTION, 0,091 nm, dit à quelle finesse l'instrument SÉPARE deux raies voisines : c'est une question de pouvoir de discrimination. L'EXACTITUDE, 1,3 nm, dit à quelle précision il LOCALISE une raie sur l'échelle des longueurs d'onde : c'est une question d'étalonnage. L'instrument sépare ici quatorze fois plus finement qu'il ne localise, ce qui est le cas normal d'un spectromètre : il voit parfaitement que deux raies sont différentes, mais il ne sait dire où elles se trouvent qu'à 1,3 nm près, à cause de l'incertitude sur le pas du réseau. Conséquence pratique immédiate : pour améliorer l'exactitude on étalonne, avec une raie de longueur d'onde connue ; pour améliorer la résolution on élargit le faisceau ou on monte en ordre. Confondre les deux conduit à acheter le mauvais instrument.
Exercice 12 : Identifier une raie : quelle transition de l'hydrogène la mesure désigne-t-elle ?
Une lampe à hydrogène est observée au spectromètre de l'exercice 5, et l'on mesure sur une raie bleu-vert λ=(485,5±1,5) nm.
Les raies visibles de l'hydrogène forment la série de Balmer, dont les longueurs d'onde obéissent à λ1=RH(221−n21) avec RH=1,0974×107 m−1 et n≥3. Le schéma ci-dessous représente la raie mesurée.
a) Calculez la longueur d'onde prévue pour n=4, en nm.
b) Calculez celle prévue pour n=5, en nm.
c) Laquelle des deux est compatible avec la mesure ? Justifiez par les intervalles.
d) Calculez l'écart exprimé en nombre d'incertitudes, Δλ∣λ−λth∣. Commentez la qualité de l'accord.
e) Le deutérium émet la même raie décalée de 0,13 nm vers le bleu. Cette expérience permet-elle de distinguer l'hydrogène du deutérium ?
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Réponses
a)λ4≈486,0 nm
b)λ5≈433,9 nm
c)n=4 : 486,0 appartient à [484,0;487,0], 433,9 en est très loin
d)0,33 incertitude : accord excellent
e)Non : 0,13 nm est onze fois plus petit que l'incertitude
a)
λ1=1,0974×107(41−161)=1,0974×107×0,1875=2,0576×106 m−1, donc λ=2,0576×1061=4,860×10−7 m =486,0 nm. C'est la raie Hβ. Attention à l'inversion finale : la formule donne l'inverse de la longueur d'onde, et oublier de retourner le résultat produit un nombre en mètres inverses qu'on prend pour des nanomètres.
b)
λ1=1,0974×107(41−251)=1,0974×107×0,21=2,3045×106 m−1, donc λ=433,9 nm, la raie Hγ, violette.
c)
La mesure couvre [484,0;487,0] nm. La raie n=4, à 486,0 nm, y appartient : COMPATIBLE. La raie n=5, à 433,9 nm, en est distante de plus de cinquante nanomètres, soit trente-cinq fois l'incertitude : exclue sans hésitation. La transition observée est donc celle du niveau 4 vers le niveau 2.
d)
1,5∣485,5−486,0∣=1,50,5=0,33. L'écart vaut un tiers d'incertitude, ce qui est un accord EXCELLENT : statistiquement, on s'attend à un écart de l'ordre d'une incertitude, et en trouver trois fois moins est même un peu chanceux. La phrase à écrire dans un rapport est « la mesure est compatible avec la valeur théorique, l'écart valant 0,33 incertitude », jamais « la mesure est juste ».
e)
Non. L'écart isotopique, 0,13 nm, est ONZE FOIS plus petit que l'incertitude de 1,5 nm : les deux raies tomberaient au même endroit, à la précision de ce montage. Attention à ne pas confondre avec l'exercice 11 : le réseau SÉPARE 0,091 nm, donc il montrerait bel et bien deux raies distinctes si les deux isotopes étaient présents ensemble, l'écart de 0,13 nm dépassant son pouvoir de résolution. Ce qu'il ne peut pas faire, c'est dire laquelle des deux il regarde quand il n'y en a qu'une, parce que cela demande de LOCALISER la raie à mieux que 0,13 nm, soit onze fois mieux que ce que l'étalonnage permet. Séparer et localiser, encore une fois, ne sont pas la même chose. Pour y arriver, il faudrait étalonner le spectromètre sur des raies connues, ce qui ramènerait l'incertitude au niveau de la résolution.
Exercice 13 : Linéariser la loi de Malus : ce que l'ordonnée à l'origine dénonce
Deux polariseurs se font face, le second tourné d'un angle θ par rapport au premier. La loi de Malus prévoit I=I0cos2θ.
Une photodiode mesure l'éclairement transmis, en microwatts :
θ : 0∘ ; 30∘ ; 45∘ ; 60∘ ; 90∘. I (µW) : 2,46 ; 1,90 ; 1,34 ; 0,78 ; 0,22. Le schéma ci-dessous représente le montage.
a) Que faut-il porter en abscisse pour obtenir une droite ? Dressez la liste des abscisses.
b) Calculez la pente de la régression, en µW.
c) Calculez l'ordonnée à l'origine, en µW. Que devrait-elle valoir si la loi de Malus était seule en jeu ?
d) Un étudiant n'a mesuré que 0∘ et 90∘ et conclut que les polariseurs croisés laissent passer 9% de la lumière. Que lui apprend le graphique complet ?
e) Corrigez les cinq mesures, puis vérifiez que la loi de Malus est alors respectée exactement.
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Réponses
a)cos2θ : 1 ; 0,75 ; 0,50 ; 0,25 ; 0
b)Pente I0=2,24 µW
c)Ordonnée 0,22 µW ; elle devrait être nulle
d)Les 0,22 µW sont CONSTANTS, donc instrumentaux, pas optiques
On porte cos2θ en abscisse : la loi devient I=I0X, une droite passant par l'origine. Les abscisses valent cos20∘=1 ; cos230∘=(23)2=0,75 ; cos245∘=0,50 ; cos260∘=0,25 ; cos290∘=0. Porter θ directement donnerait une courbe en cloche dont on ne tire rien à la règle ; porter cosθ donnerait une parabole, guère mieux.
b)
Avec Xˉ=0,50 et Iˉ=1,34 µW, la régression donne une pente de 2,24 µW. Contrôle : les écarts successifs entre les mesures valent tous 0,56 µW pour un pas d'abscisse de 0,25, soit une pente de 0,250,56=2,24 µW. Les points sont donc parfaitement alignés.
c)
b=Iˉ−aXˉ=1,34−2,24×0,50=1,34−1,12=0,22 µW. Elle DEVRAIT être nulle : à cos2θ=0, c'est-à-dire polariseurs croisés, la loi de Malus prévoit une extinction totale. Les 0,22 µW mesurés viennent donc d'autre chose : lumière ambiante entrant dans le détecteur, courant d'obscurité de la photodiode, ou réflexions parasites dans le montage.
d)
Le graphique complet montre que ces 0,22 µW sont présents à TOUS LES ANGLES, et pas seulement à 90∘ : c'est un terme ADDITIF CONSTANT, pas une fraction de la lumière incidente. L'étudiant qui ne mesure que les deux extrêmes ne peut pas faire la différence entre « les polariseurs laissent passer 9% » et « le détecteur voit 0,22 µW de parasite en permanence » : les deux hypothèses donnent les mêmes deux points. Il faut trois points au moins pour les départager, et cinq pour le faire confortablement. C'est le même argument qu'aux exercices 7 et 10 : deux points ne peuvent jamais démentir un modèle, parce qu'une droite passe toujours par deux points.
e)
On retranche 0,22 µW à chaque mesure : 2,24 ; 1,68 ; 1,12 ; 0,56 ; 0 µW. Le rapport à la première valeur donne 1 ; 0,75 ; 0,50 ; 0,25 ; 0, soit exactement cos2θ : la loi de Malus est vérifiée sans le moindre écart, et l'extinction à 90∘ est TOTALE. Le montage était bon, c'est la mesure qui portait un décalage. Voilà à quoi sert vraiment une linéarisation : non pas à obtenir une jolie droite, mais à SÉPARER ce qui est proportionnel de ce qui est constant, donc la physique de l'artefact.
Exercice 14 : Le radar Doppler : mesurer une différence sans jamais soustraire
Un radar routier émet une onde à f0=24,125 GHz. L'onde renvoyée par un véhicule qui s'approche revient décalée de Δf=c2vf0, le facteur 2 venant de l'aller-retour.
On prendra c=2,998×108 m/s et l'on considère un véhicule à 100 km/h. Le schéma ci-dessous représente la situation.
a) Calculez le décalage de fréquence, en Hz.
b) Calculez le décalage RELATIF f0Δf.
c) Pour connaître la vitesse à 1 km/h près, à combien de chiffres significatifs faudrait-il connaître chacune des deux fréquences, si on les mesurait séparément pour les soustraire ?
d) L'appareil mélange au contraire les deux signaux et compte le BATTEMENT pendant une seconde, à ±1 Hz près. Quelle incertitude cela donne-t-il sur la vitesse, en km/h ?
e) Énoncez la règle générale que cet exemple illustre, et citez un autre montage de ce cours qui l'applique.
Voir la correction
Réponses
a)Δf≈4,47 kHz
b)1,85×10−7
c)Dix chiffres significatifs sur chaque fréquence
d)±0,022 km/h
e)On MESURE une petite différence, on ne la calcule jamais ; le pont de Wheatstone fait de même
a)
v=100 km/h =3,6100=27,78 m/s. Δf=2,998×1082×27,78×24,125×109=4,47×103 Hz, soit environ 4,47 kHz : une fréquence AUDIBLE, ce qui n'est pas un hasard, les premiers radars la faisaient écouter à l'opérateur.
b)
f0Δf=24,125×1094,47×103=1,85×10−7, soit moins de deux dix-millionièmes. La grandeur cherchée est donc enfouie très loin dans les décimales des deux fréquences.
c)
Une vitesse de 1 km/h correspond à 1004470=44,7 Hz. Pour que la DIFFÉRENCE de deux fréquences soit connue à 44,7 Hz près, chacune doit l'être à mieux que 22 Hz, sur 24,125×109 Hz : cela fait une incertitude relative de 9×10−10, donc DIX chiffres significatifs sur chaque mesure. Aucun compteur de laboratoire ordinaire n'en donne autant, et il faudrait de surcroît que l'oscillateur du radar soit stable à ce niveau-là pendant la mesure. La méthode par soustraction est donc hors de portée, non pas de peu, mais de plusieurs ordres de grandeur.
d)
Le battement est mesuré à ±1 Hz, et 44,7 Hz valent 1 km/h : l'incertitude sur la vitesse vaut 44,71=0,022 km/h. L'appareil connaît donc la vitesse au centième de kilomètre par heure, alors qu'il serait incapable de mesurer l'une ou l'autre fréquence à mieux que quelques kilohertz. La différence n'a jamais été calculée : elle a été FABRIQUÉE physiquement par le mélangeur, puis mesurée directement.
e)
La règle : UNE PETITE DIFFÉRENCE DE DEUX GRANDES GRANDEURS NE SE CALCULE PAS, ELLE SE MESURE. Chaque fois qu'un montage permet de produire la différence elle-même, battement, déséquilibre, interférence, il faut le préférer, parce que l'incertitude porte alors sur la petite grandeur et non sur les grandes. Le pont de Wheatstone du cours d'électricité en est l'exemple jumeau : il ne mesure pas deux tensions pour les soustraire, il annule leur différence et lit une longueur. Dans ce cours-ci, l'interféromètre de Michelson fait la même chose avec deux chemins optiques presque égaux, et l'exercice 15 montre ce qu'il en coûte quand aucun montage de ce genre n'est disponible.
Exercice 15 : Problème : une source faible, quand la différence se noie dans le bruit
On veut savoir si un échantillon de roche est radioactif. Compteur en place, échantillon présent, on totalise 520 coups en 300 s ; échantillon retiré, le bruit de fond donne 480 coups en 300 s.
Rappel de l'exercice 6 : l'incertitude d'un comptage de N coups vaut N. Le schéma ci-dessous représente les deux comptages.
a) Calculez le comptage net et son incertitude absolue.
b) Calculez le rapport Δnet, souvent appelé rapport signal sur bruit.
c) Peut-on affirmer que l'échantillon est radioactif ? Rédigez la conclusion.
d) On recommence en comptant 3000 s : 5200 coups avec l'échantillon, 4800 sans. Refaites a) et b).
e) Combien de temps faudrait-il compter pour atteindre un rapport de 3 à partir de la première mesure ? Énoncez la loi qui gouverne cette progression.
Voir la correction
Réponses
a)Net =40 coups, Δ≈45 coups
b)0,89
c)Non : l'écart est plus petit que son incertitude, rien n'est démontré
d)Net =400 coups, Δ≈141 coups, rapport 2,83
e)Environ 3400 s, soit 57 min ; le rapport croît comme la RACINE du temps
a)
Net =520−480=40 coups. Les deux comptages sont indépendants et chacun porte son incertitude : 520=22,8 et 480=21,9 coups. Une différence additionne les incertitudes absolues, donc Δ=22,8+21,9=44,7, soit environ 45 coups. Résultat : net =(40±45) coups.
b)
44,740=0,89. Le signal cherché est PLUS PETIT que son incertitude.
c)
Non, on ne peut rien affirmer. L'intervalle du net, [−5;85] coups, contient ZÉRO : un échantillon parfaitement inerte aurait très bien pu donner ces chiffres. La conclusion correcte s'écrit : « le comptage net vaut (40±45) coups ; il est compatible avec zéro, donc cette mesure ne met en évidence aucune radioactivité. La mesure ne prouve pas non plus que l'échantillon est inerte : elle est simplement trop courte pour trancher. » Écrire « l'échantillon est faiblement radioactif puisqu'on a compté 40 coups de plus » est la faute à ne pas commettre, et c'est exactement le raisonnement qui fabrique de fausses découvertes.
d)
Net =5200−4800=400 coups. Incertitudes : 5200=72,1 et 4800=69,3, donc Δ=141,4 coups. Net =(400±141) coups, et le rapport vaut 141,4400=2,83. L'intervalle, [259;541], ne contient plus zéro : l'échantillon est cette fois bel et bien actif. Remarquez ce qui s'est passé : en comptant dix fois plus longtemps, le net a été multiplié par 10 mais son incertitude seulement par 10=3,16.
e)
Le rapport croît comme t : passer de 0,89 à 3 demande de multiplier le temps par (0,8943)2=11,3, soit 300×11,3=3400 s, environ 57 minutes. LA LOI : le comptage net croît proportionnellement au temps, son incertitude seulement comme la racine du temps, donc le rapport signal sur bruit croît comme la racine du temps. Deux conséquences pratiques. D'abord, il n'existe pas de source « trop faible » en principe, seulement des mesures trop courtes, et c'est ce qui rend possible la datation au carbone 14 sur des échantillons presque éteints. Ensuite, le prix est brutal : gagner un facteur dix sur la sensibilité coûte CENT fois plus de temps. C'est pourquoi on préfère toujours, quand c'est possible, réduire le bruit de fond, par un blindage de plomb ou un détecteur enterré, plutôt que compter plus longtemps : quand le fond domine le signal, le diviser par quatre vaut autant que compter quatre fois plus.
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