Mécanique 203-SN1-RE • Exercices corrigés de cégep à Montréal
Exercices corrigés : mesures, incertitudes et analyse graphique au laboratoire (203-SN1-RE)
Voici quinze exercices corrigés sur les mesures et les incertitudes, le volet expérimental que le devis du programme révisé de Sciences de la nature (200.B1) prescrit dans chacun des trois cours de physique : 203-SN1-RE Mécanique, 203-SN2-RE Électricité et magnétisme et 203-SN3-RE Ondes et physique moderne. Notion d'incertitude, calculs, graphiques avec courbe de tendance, exactitude, précision et jugement critique des résultats : c'est ce qui se note dans chaque rapport de laboratoire.
La partie A pose les règles : incertitude de lecture et arrondi, propagation dans les sommes, les produits et les puissances, méthode des extrêmes et méthode différentielle. La partie B passe au traitement des données : mesures répétées, linéarisation et régression, droites extrêmes, comparaison de deux méthodes. La partie C reprend les situations qui reviennent d'un laboratoire à l'autre. Les conventions suivies sont celles des départements de physique des cégeps ; un enseignant peut en préciser d'autres, et c'est alors lui qui a raison.
Le fil de la série : une mesure sans incertitude n'est pas un résultat, c'est un nombre. L'incertitude dit combien de chiffres méritent d'être écrits, si deux valeurs peuvent être déclarées égales, et quelle mesure améliorer en premier. Presque tous les pièges du chapitre viennent de trois gestes : additionner des incertitudes absolues dans un produit, oublier qu'une puissance multiplie l'incertitude relative, et faire la différence de deux grandeurs voisines sans voir qu'elle ruine la précision.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Écriture d'un résultat : x=(xˉ±Δx) unité ; l'incertitude à un chiffre significatif (deux s'il commence par 1), la valeur arrondie à la même décimale.
•Incertitude relative : xΔx, souvent en %. Incertitude de lecture d'un instrument à graduations : la moitié de la plus petite graduation.
•Somme ou différence : Δ(x±y)=Δx+Δy (incertitudes absolues).
•Produit, quotient, puissance : zΔz=∣a∣xΔx+∣b∣yΔy pour z=kxayb (incertitudes relatives). Un facteur exact n'apporte rien.
•Méthode des extrêmes : Δz=2zmax−zmin, en combinant les bornes qui rendent z maximal puis minimal.
•Méthode différentielle : Δz≈∂x∂zΔx+∂y∂zΔy, angles en radians.
•Mesures répétées : moyenne xˉ, écart-type s=N−1∑(xi−xˉ)2, incertitude sur la moyenne Ns.
•Linéariser : transformer la loi en Y=aX+b ; la pente et l'ordonnée à l'origine donnent les grandeurs cherchées. Incertitude sur la pente : demi-écart des pentes des droites extrêmes.
•Compatibilité : une valeur attendue est compatible avec la mesure si elle appartient à [xˉ−Δx;xˉ+Δx] ; deux mesures sont compatibles si leurs intervalles se recouvrent.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Lire un instrument et écrire un résultat de mesure
Au laboratoire de mécanique, on mesure la longueur d'un objet avec une règle graduée en millimètres, puis la période d'un pendule au chronomètre manuel. Convention du laboratoire : l'incertitude de lecture d'un instrument à graduations vaut la moitié de la plus petite graduation ; celle d'un chronomètre déclenché à la main vaut 0,2 s, le temps de réaction.
a) Quelle est l'incertitude absolue de lecture de la règle, en cm ?
b) L'objet mesure 23,47 cm. Calculez l'incertitude relative, en %.
c) Un calcul donne g=9,81234 m/s² avec une incertitude de 0,0467 m/s². Quelle écriture est correcte ?
d) On chronomètre 10 oscillations en 15,3 s. Calculez la période et son incertitude, en s.
e) Pourquoi chronomètre-t-on dix oscillations plutôt qu'une seule ?
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Réponses
a)ΔL=0,05 cm
b)0,21 %
c)g=(9,81±0,05) m/s²
d)T=(1,53±0,02) s
e)L'incertitude de 0,2 s est divisée par dix
a) La plus petite graduation vaut 1 mm, donc ΔL=0,5 mm =0,05 cm. On lit la position de chaque extrémité à la demi-graduation près.
b) LΔL=23,470,05=2,1×10−3, soit 0,21 %.
c) L'incertitude s'arrondit à UN chiffre significatif (parfois deux quand ce chiffre est un 1) : 0,0467→0,05. La valeur s'arrondit ensuite à la même décimale que l'incertitude : 9,81234→9,81. On écrit g=(9,81±0,05) m/s². Écrire 9,81234±0,0467 prétend connaître des millièmes alors que les centièmes sont déjà incertains.
d) T=1015,3=1,53 s et ΔT=100,2=0,02 s. T=(1,53±0,02) s.
e) L'incertitude de déclenchement (0,2 s) ne dépend pas de la durée mesurée : sur dix oscillations, elle se répartit sur dix périodes et l'incertitude sur une période est divisée par dix. Sur une seule oscillation, on aurait ΔT/T=13 % ; sur dix, 1,3 %.
Exercice 2 : Sommes et différences : les incertitudes absolues s'additionnent
Règle de propagation pour une somme ou une différence : si z=x+y ou z=x−y, alors Δz=Δx+Δy. On repère la position d'un mobile sur un rail aux instants t1 et t2 : x1=(12,3±0,1) cm et x2=(47,8±0,1) cm. Par ailleurs, un thermomètre au dixième de degré indique 22,4 °C avant une réaction et 23,1 °C après, chaque lecture à ±0,1 °C.
a) Calculez le déplacement x2−x1, en cm.
b) Calculez son incertitude absolue, en cm.
c) Calculez la variation de température et son incertitude, en °C.
d) Calculez l'incertitude relative sur cette variation, en %.
e) Pourquoi l'incertitude ne se soustrait-elle pas quand on fait une différence ?
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Réponses
a)35,5 cm
b)±0,2 cm
c)(0,7±0,2) °C
d)29 %
e)Pire cas : les erreurs s'ajoutent
a) Δx=47,8−12,3=35,5 cm.
b) 0,1+0,1=0,2 cm : Δx=(35,5±0,2) cm. Chaque lecture peut être fausse dans un sens ou dans l'autre ; dans le pire cas, les deux erreurs s'ajoutent.
c) ΔT=23,1−22,4=0,7 °C, avec une incertitude de 0,2 °C : (0,7±0,2) °C.
d) 0,70,2=0,29, soit 29 %, alors que chaque lecture n'était incertaine qu'à 0,4 %. Une DIFFÉRENCE de deux grandeurs voisines amplifie l'incertitude relative : c'est le premier réflexe à avoir en concevant une expérience.
e) Parce que rien ne garantit que les deux erreurs se compensent. Si x1 est lu trop bas et x2 trop haut, la différence est surestimée des deux erreurs à la fois. La règle Δz=Δx+Δy couvre ce pire cas.
Exercice 3 : Produits, quotients et puissances : les incertitudes relatives s'additionnent
Règle de propagation : si z=kwcxayb avec k exact, alors zΔz=∣a∣xΔx+∣b∣yΔy+∣c∣wΔw. On veut identifier le métal d'un cylindre plein : masse m=(85,2±0,1) g, diamètre d=(2,50±0,01) cm, hauteur h=(6,40±0,05) cm.
a) Calculez le volume du cylindre, en cm³.
b) Calculez la masse volumique, en g/cm³.
c) Calculez l'incertitude relative sur la masse volumique, en %.
d) Calculez l'incertitude absolue, en g/cm³.
e) Masses volumiques de référence : aluminium 2,70, titane 4,51, magnésium 1,74 g/cm³. Quel métal est compatible avec la mesure ?
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Réponses
a)V=31,4 cm³
b)ρ=2,71 g/cm³
c)1,70 %
d)ρ=(2,71±0,05) g/cm³
e)Aluminium
a) V=π(2d)2h=π×1,252×6,40=31,4 cm³.
b) ρ=Vm=31,4285,2=2,712 g/cm³.
c) ρ=πd2h4m : le diamètre est au CARRÉ, son incertitude relative compte double. ρΔρ=85,20,1+2×2,500,01+6,400,05=0,12%+0,80%+0,78%=1,70 %. Les facteurs exacts, π et 4, n'apportent aucune incertitude.
d) Δρ=0,0170×2,712=0,046, arrondi à 0,05 : ρ=(2,71±0,05) g/cm³.
e) L'intervalle [2,66;2,76] contient 2,70 : la mesure est compatible avec l'aluminium, et avec lui seul. On remarque que la balance, pourtant l'instrument le plus « visible », pèse le moins dans l'incertitude : c'est le pied à coulisse qu'il faudrait améliorer.
Exercice 4 : La méthode des extrêmes sur la mesure de g au pendule
Pour un pendule simple de longueur L et de période T, g=T24π2L. Mesures : L=(0,800±0,002) m et T=(1,795±0,005) s. La méthode des extrêmes calcule la plus grande et la plus petite valeur possibles de g compte tenu des intervalles, et prend Δg=2gmax−gmin.
a) Calculez la valeur de g.
b) Pour obtenir gmax, faut-il prendre T maximal ou minimal ?
c) Calculez gmax et gmin.
d) Calculez Δg.
e) Retrouvez Δg par la règle des incertitudes relatives, et comparez.
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Réponses
a)g=9,80 m/s²
b)T minimal
c)gmax=9,882 ; gmin=9,723 m/s²
d)g=(9,80±0,08) m/s²
e)0,81 %, même résultat
a) g=1,79524π2×0,800=9,802 m/s².
b) T est au DÉNOMINATEUR : g est le plus grand quand T est le plus PETIT. On prend donc Lmax=0,802 m avec Tmin=1,790 s. Associer Lmax et Tmax est l'erreur classique, elle fait se compenser les deux effets.
c) gmax=1,79024π2×0,802=9,882 m/s² et gmin=1,80024π2×0,798=9,723 m/s².
d) Δg=29,882−9,723=0,079 m/s², donc g=(9,80±0,08) m/s².
e) gΔg=0,8000,002+2×1,7950,005=0,25%+0,56%=0,81 %, soit Δg=0,079 m/s². Les deux méthodes concordent pour de petites incertitudes ; celle des extrêmes reste utilisable quand la formule est trop compliquée pour appliquer les règles.
Exercice 5 : La méthode différentielle : propager par les dérivées
Quand z=f(x,y), on estime Δz≈∂x∂fΔx+∂y∂fΔy, les angles étant en RADIANS. Un projectile est lancé depuis le sol avec v0=(12,0±0,1) m/s sous un angle θ=(40±1)° ; sa portée vaut R=gv02sin2θ, avec g=9,81 m/s² exact.
a) Calculez la portée.
b) Calculez la contribution de la vitesse, ∂v0∂RΔv0.
c) Calculez la contribution de l'angle, ∂θ∂RΔθ.
d) Écrivez le résultat avec son incertitude.
e) Si l'angle avait été de 45°, que vaudrait la contribution de l'angle ?
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Réponses
a)R=14,46 m
b)0,24 m
c)0,089 m
d)R=(14,5±0,3) m
e)Nulle : portée maximale
a) R=9,8112,02×sin80°=14,46 m.
b) ∂v0∂R=g2v0sin2θ=v02R, donc 12,02×14,46×0,1=0,24 m. On retrouve la règle de la puissance : v02 double l'incertitude relative de v0.
c) ∂θ∂R=g2v02cos2θ, et Δθ=1°=0,01745 rad : 9,812×144×cos80°×0,01745=0,089 m. Laisser Δθ=1 dans la formule, en degrés, donnerait 5,1 m, une incertitude absurde.
d) ΔR=0,24+0,09=0,33 m, arrondi à 0,3 : R=(14,5±0,3) m.
e) cos90°=0 : la contribution de l'angle s'annule. À 45°, la portée est MAXIMALE, donc insensible au premier ordre à une petite erreur d'angle : c'est le sens de la dérivée nulle.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Mesures répétées : moyenne, écart-type et incertitude sur la moyenne
Une photobarrière mesure huit fois la durée de chute d'une bille lâchée de la même hauteur : 0,452 ; 0,448 ; 0,461 ; 0,455 ; 0,449 ; 0,458 ; 0,451 ; 0,454 s. L'appareil affiche le millième de seconde. Écart-type expérimental : s=N−1∑(ti−tˉ)2 ; incertitude sur la moyenne : Ns.
a) Calculez la moyenne, en s.
b) Calculez l'écart-type expérimental, en ms.
c) Calculez l'incertitude sur la moyenne, en ms.
d) L'affichage au millième laissait croire à une incertitude de 0,001 s. Par quel facteur la dispersion réelle d'UNE mesure dépasse-t-elle cette résolution ?
e) Combien de mesures faudrait-il pour diviser l'incertitude sur la moyenne par deux ?
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Réponses
a)tˉ=0,4535 s
b)s≈4,4 ms
c)1,6 ms
d)Facteur 4 environ
e)32 mesures
a) tˉ=83,628=0,4535 s.
b) Écarts à la moyenne, en ms : −1,5 ; −5,5 ; 7,5 ; 1,5 ; −4,5 ; 4,5 ; −2,5 ; 0,5. Somme des carrés : 138 ms². s=7138=4,4 ms. On divise par N−1 : une moyenne calculée sur les données elles-mêmes « consomme » un degré de liberté.
c) 84,44=1,6 ms, d'où tˉ=(0,4535±0,0016) s, qu'on écrit (0,454±0,002) s.
d) 14,4≈4. Le déclenchement de la bille, le passage devant le faisceau et les petits chocs varient d'un essai à l'autre : la résolution de l'affichage n'est PAS l'incertitude de la mesure. Le chiffre des millièmes est déjà incertain.
e) L'incertitude sur la moyenne décroît en N1 : pour la diviser par deux, il faut quatre fois plus de mesures, soit 32. Répéter aide, mais de moins en moins, et ne corrige jamais une erreur systématique.
Exercice 7 : Linéariser : trouver g avec la droite T² en fonction de L
On mesure la période d'un pendule simple pour cinq longueurs. Théorie : T=2πgL.
L (m) : 0,20 ; 0,40 ; 0,60 ; 0,80 ; 1,00. T (s) : 0,90 ; 1,27 ; 1,55 ; 1,80 ; 2,01.
a) Quel graphique donne une droite passant par l'origine ?
b) La régression linéaire de T2 en fonction de L donne une pente a. Calculez-la, en s²/m.
c) Déduisez-en g.
d) Calculez l'écart relatif avec la valeur de référence 9,81 m/s², en %.
e) L'ordonnée à l'origine de la droite vaut −0,005 s². Que devrait-elle valoir, et que signifierait une valeur nettement non nulle ?
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Réponses
a)T2 en fonction de L
b)a≈4,04 s²/m
c)g≈9,76 m/s²
d)−0,5 %
e)Nulle ; sinon erreur systématique sur L
a) En élevant au carré : T2=g4π2L. Le graphique de T2 en fonction de L est une droite passant par l'origine, de pente g4π2. Tracer T en fonction de L donnerait une courbe en racine, dont on ne tire rien de précis à l'œil.
b) Valeurs de T2 : 0,810 ; 1,613 ; 2,403 ; 3,240 ; 4,040 s². La droite des moindres carrés a pour pente a=4,04 s²/m (tableur ou calculatrice).
c) g=a4π2=4,04439,48=9,76 m/s².
d) 9,819,76−9,81=−0,5 %. Utiliser TOUTE la série par une pente fait mieux que chaque mesure isolée, parce que les erreurs aléatoires se compensent partiellement le long de la droite.
e) Elle devrait être nulle : un pendule de longueur nulle n'a pas de période. Une ordonnée nettement non nulle signalerait une erreur SYSTÉMATIQUE sur L, par exemple une longueur mesurée jusqu'au crochet plutôt qu'au centre de la masse : T2=g4π2(L+ℓ) décale la droite sans changer sa pente. C'est un autre avantage de la pente : elle est insensible à ce décalage.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des affirmations suivantes est fausse, ou fausse par un détail décisif. Choisissez l'énoncé correct. Deux points chacune.
a) « Plus un résultat a de chiffres après la virgule, plus il est précis. »
b) « Répéter une mesure un grand nombre de fois élimine toutes les erreurs. »
c) « Pour un produit, on additionne les incertitudes absolues. »
d) « La mesure g=(9,72±0,05) m/s² est compatible avec 9,81 m/s², puisque les deux valeurs sont proches. »
e) « Une incertitude relative de 5 % est toujours une mauvaise mesure. »
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Réponses
a)La précision tient à l'incertitude
b)Aléatoire réduit, systématique inchangé
c)Incertitudes relatives additionnées
d)Non : 9,81∈/[9,67;9,77]
e)Selon la question posée
a) La précision est fixée par l'INCERTITUDE, pas par l'affichage. 9,81234 m/s² issu d'une calculatrice n'est pas plus précis que 9,81 si l'incertitude vaut 0,05 : les chiffres au-delà sont du bruit.
b) Répéter réduit l'effet des erreurs ALÉATOIRES, en N1. Une erreur systématique (règle mal étalonnée, parallaxe toujours du même côté, temps de réaction constant) se retrouve identique dans chaque mesure et dans la moyenne.
c) Pour un produit ou un quotient, on additionne les incertitudes RELATIVES. Additionner des incertitudes absolues de grandeurs différentes (des grammes et des centimètres) n'aurait même pas de sens dimensionnel.
d) Le critère n'est pas la proximité mais l'intervalle : [9,67;9,77] ne contient pas 9,81. L'écart, 0,09 m/s², vaut presque deux fois l'incertitude : la mesure n'est PAS compatible, et il faut chercher une erreur systématique ou une incertitude sous-estimée.
e) Tout dépend de ce qu'on veut conclure. 5 % suffisent pour distinguer l'aluminium (2,70 g/cm³) du fer (7,87 g/cm³), pas pour distinguer 9,78 de 9,81 m/s². Une incertitude se juge par rapport à la question posée.
Exercice 9 : Problème : g par la chute libre et les droites extrêmes
Une bille lâchée sans vitesse initiale tombe de hauteurs h connues à ±0,005 m ; une photobarrière donne la durée t à ±0,003 s. Théorie : h=21gt2.
h (m) : 0,50 ; 1,00 ; 1,50 ; 2,00. t (s) : 0,320 ; 0,452 ; 0,553 ; 0,639.
a) Quelle grandeur faut-il porter en abscisse pour obtenir une droite h=f(…) passant par l'origine ?
b) La régression linéaire donne une pente a. Calculez-la, en m/s².
c) Déduisez-en g.
d) En traçant les deux droites les plus et les moins inclinées qui passent par toutes les barres d'incertitude, on lit des pentes de 4,97 et 4,84 m/s². Calculez l'incertitude sur g.
e) Pour le point t=0,639 s, calculez l'incertitude sur t2, en s².
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Réponses
a)t2
b)a≈4,91 m/s²
c)g≈9,81 m/s²
d)Δg≈0,13 m/s²
e)Δ(t2)≈3,8×10−3 s²
a) h=2gt2 : on porte t2 en abscisse, et la pente vaut 2g. Valeurs de t2 : 0,1024 ; 0,2043 ; 0,3058 ; 0,4083 s².
b) Régression : a=4,91 m/s², ordonnée à l'origine −0,002 m, négligeable.
c) g=2a=9,81 m/s².
d) Pentes extrêmes : Δa=24,97−4,84=0,065 m/s², donc Δg=2Δa=0,13 m/s² et g=(9,8±0,1) m/s². C'est la façon honnête de propager l'incertitude de chaque point jusqu'à la pente.
e) t2 est une puissance : t2Δ(t2)=2tΔt=2×0,6390,003=0,94 %, donc Δ(t2)=0,0094×0,408=0,0038 s². Les barres horizontales, pas les verticales, dominent ici : c'est le chronométrage qui limite l'expérience.
Exercice 10 : Problème : deux méthodes pour la raideur d'un ressort, sont-elles compatibles ?
Méthode statique : on suspend des masses m à un ressort et on mesure l'allongement x. Pour m=0,100 ; 0,200 ; 0,300 ; 0,400 ; 0,500 kg, on obtient x=0,049 ; 0,098 ; 0,148 ; 0,196 ; 0,245 m. La régression de F=mg en fonction de x donne une raideur ks=(20,0±0,2) N/m.
Méthode dynamique : avec m=(0,300±0,001) kg suspendue, on chronomètre 20 oscillations en (15,5±0,2) s. Théorie : T=2πkm. g=9,81 m/s².
a) Calculez la force appliquée par la masse de 0,300 kg, puis le rapport xF pour ce point, en N/m.
b) Calculez la période mesurée par la méthode dynamique.
c) Calculez la raideur kd par la méthode dynamique.
d) Calculez l'incertitude sur kd par les incertitudes relatives.
e) Les deux résultats sont-ils compatibles ?
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Réponses
a)F=2,94 N, F/x≈19,9 N/m
b)T=0,775 s
c)kd≈19,7 N/m
d)kd=(19,7±0,6) N/m
e)Oui, les intervalles se recouvrent
a) F=0,300×9,81=2,94 N et xF=0,1482,943=19,9 N/m, cohérent avec la pente de la régression.
b) T=2015,5=0,775 s, avec ΔT=200,2=0,010 s.
c) kd=T24π2m=0,77524π2×0,300=19,7 N/m.
d) kΔk=0,3000,001+2×0,7750,010=0,33%+2,58%=2,9 %, donc Δkd=0,6 N/m : kd=(19,7±0,6) N/m.
e) Oui : les intervalles [19,8;20,2] et [19,1;20,3] se recouvrent. Deux mesures d'une même grandeur sont compatibles quand leurs intervalles d'incertitude ont une partie commune. La méthode statique est ici plus précise ; la dynamique est limitée par le chronométrage, dont l'incertitude compte double.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Arrondir un résultat : l'incertitude commande les chiffres
Au laboratoire, on arrondit l'incertitude à un chiffre significatif (deux si ce chiffre est un 1), puis on arrondit la valeur à la même position décimale. Pour chacun des résultats bruts suivants, donnez la valeur et l'incertitude correctement arrondies.
a) v=3,4567 m/s avec Δv=0,0832 m/s.
b) F=12,348 N avec ΔF=0,46 N.
c) E=1234,5 J avec ΔE=27 J.
d) a=0,045263 m/s² avec Δa=0,0013 m/s².
e) T=2,0 s avec ΔT=0,004 s. Qu'est-ce qui cloche dans cette écriture ?
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Réponses
a)(3,46±0,08) m/s
b)(12,3±0,5) N
c)(1,23±0,03)×103 J
d)(0,0453±0,0013) m/s²
e)Valeur arrondie trop tôt
a) Δv=0,0832→0,08, au centième ; v=3,46 m/s. Résultat : (3,46±0,08) m/s.
b) ΔF=0,46→0,5, au dixième ; F=12,3 N. Résultat : (12,3±0,5) N.
c) ΔE=27→30 J, aux dizaines ; E=1234,5→1230 J. On écrit de préférence (1,23±0,03)×103 J pour que les zéros ne passent pas pour significatifs.
d) Δa=0,0013 commence par un 1 : on garde deux chiffres, 0,0013, au dix-millième ; a=0,0453 m/s². Résultat : (0,0453±0,0013) m/s², ou (4,53±0,13)×10−2 m/s².
e) La valeur est donnée au dixième alors que l'incertitude annonce le millième : la valeur a été arrondie trop tôt, ou l'incertitude est inventée. Il faut revenir aux données et écrire la valeur au millième, par exemple T=(2,003±0,004) s ; on ne « complète » jamais avec des zéros qu'on n'a pas mesurés.
Exercice 12 : Vitesse par photobarrière et énergie cinétique
Un chariot de masse m=(0,250±0,001) kg porte un drapeau de largeur d=(2,00±0,05) cm. En passant dans une photobarrière, il masque le faisceau pendant Δt=(12,5±0,1) ms.
a) Calculez la vitesse du chariot, en m/s.
b) Calculez l'incertitude relative sur la vitesse, en %.
c) Calculez l'énergie cinétique, en J.
d) Calculez l'incertitude absolue sur l'énergie cinétique, en J.
e) Quelle mesure faudrait-il améliorer en priorité ?
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Réponses
a)v=1,60 m/s
b)3,3 %
c)K=0,320 J
d)K=(0,32±0,02) J
e)La largeur du drapeau
a) v=Δtd=0,01250,0200=1,60 m/s. Les deux grandeurs doivent être dans les unités du SI AVANT la division.
b) vΔv=2,000,05+12,50,1=2,5%+0,8%=3,3 %, donc v=(1,60±0,05) m/s.
c) K=21mv2=21×0,250×1,602=0,320 J.
d) KΔK=0,2500,001+2×3,3%=0,4%+6,6%=7,0 %, et ΔK=0,022 J : K=(0,32±0,02) J. La vitesse au carré double son incertitude relative.
e) La largeur du drapeau : ses 2,5 % pèsent trois fois plus que le chronométrage électronique, et ils comptent double dans l'énergie. Un drapeau mesuré au pied à coulisse (±0,005 cm) ramènerait l'incertitude sur K à 2,5 %.
Exercice 13 : Comparer à une valeur attendue : écart relatif et compatibilité
Une expérience de tube résonnant donne la vitesse du son dans l'air : v=(338±4) m/s. À la température de la salle, la valeur attendue vaut 343 m/s. Critère du laboratoire : une mesure est compatible avec la valeur attendue si celle-ci se trouve dans l'intervalle [v−Δv;v+Δv].
a) Calculez l'écart relatif entre la mesure et la valeur attendue, en %.
b) Calculez l'écart exprimé en nombre d'incertitudes, Δv∣v−vatt∣.
c) Selon le critère du laboratoire, la mesure est-elle compatible ?
d) Un camarade obtient (350±20) m/s. Sa mesure est-elle compatible ?
e) Laquelle des deux mesures est la meilleure ?
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Réponses
a)−1,5 %
b)1,25
c)Non : 343∈/[334;342]
d)Oui : 343∈[330;370]
e)La première, cinq fois plus précise
a) 343338−343=−1,5 %.
b) 45=1,25 : l'écart dépasse l'incertitude d'un quart.
c) Non : [334;342] ne contient pas 343. Un écart relatif de 1,5 % paraît faible, mais c'est l'incertitude annoncée qui juge, pas l'impression. Deux pistes : une erreur systématique (température mal estimée, correction de bout du tube oubliée), ou une incertitude sous-évaluée.
d) Oui : [330;370] contient 343.
e) La première, malgré son verdict. Son incertitude est cinq fois plus petite : elle est capable de révéler une erreur systématique de 1,5 %, que la seconde, trop large, est incapable de voir. Être « compatible » avec une grosse incertitude n'est pas une qualité.
Exercice 14 : Mesurer beaucoup pour diviser l'incertitude : l'épaisseur d'une feuille
On veut l'épaisseur d'une feuille de papier avec une règle au millimètre, dont l'incertitude de lecture vaut 0,05 cm. Une feuille seule est trop mince pour la règle ; on mesure donc une rame de 500 feuilles : (5,10±0,05) cm.
a) Calculez l'épaisseur d'une feuille, en mm.
b) Calculez l'incertitude sur l'épaisseur d'une feuille, en mm.
c) Calculez l'incertitude relative, en %.
d) Quelle incertitude aurait-on sur une feuille en mesurant seulement 50 feuilles (0,51±0,05 cm), en mm ?
e) Quelle hypothèse cette méthode suppose-t-elle ?
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Réponses
a)e=0,102 mm
b)Δe=0,001 mm
c)1,0 %
d)0,01 mm
e)Feuilles identiques, empilées sans jeu
a) e=5005,10=0,0102 cm =0,102 mm.
b) Diviser par un nombre EXACT divise l'incertitude absolue par ce même nombre : 5000,05=1×10−4 cm =0,001 mm. e=(0,102±0,001) mm.
c) 0,1020,001=1,0 %, la même incertitude relative que sur la rame : 5,100,05=1,0 %.
d) 500,05=1×10−3 cm =0,01 mm, soit 10 %. Dix fois moins de feuilles, dix fois plus d'incertitude : on mesure toujours la plus grande quantité possible, puis on divise.
e) Que toutes les feuilles aient la même épaisseur et qu'elles soient empilées sans air entre elles. La méthode donne une épaisseur MOYENNE : elle ne dit rien d'une feuille particulière. C'est le même principe que chronométrer dix oscillations d'un pendule.
Exercice 15 : Problème : le travail du frottement, une différence qui ruine la précision
Un bloc de masse m=(0,500±0,001) kg glisse depuis le repos le long d'une pente. Il descend d'une hauteur h=(1,000±0,005) m et arrive en bas à v=(4,20±0,05) m/s. On veut le travail du frottement W=mgh−21mv2, avec g=9,81 m/s² exact.
a) Calculez l'énergie potentielle perdue et l'énergie cinétique gagnée, en J.
b) Calculez le travail du frottement, en J.
c) Calculez l'incertitude sur mgh et sur 21mv2, en J.
d) Calculez l'incertitude absolue et relative sur W.
e) Quelle modification de l'expérience réduirait le plus l'incertitude relative sur W ?
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Réponses
a)mgh=4,905 J ; K=4,410 J
b)W=0,495 J
c)0,034 J et 0,114 J
d)W=(0,5±0,1) J, 30 %
e)Améliorer v, ou rendre W moins petit
a) mgh=0,500×9,81×1,000=4,905 J et 21mv2=21×0,500×4,202=4,410 J.
b) W=4,905−4,410=0,495 J.
c) Δ(mgh)=4,905×(0,5000,001+1,0000,005)=4,905×0,7%=0,034 J. ΔK=4,410×(0,2%+2×4,200,05)=4,410×2,58%=0,114 J.
d) Pour une différence, les incertitudes ABSOLUES s'additionnent : ΔW=0,034+0,114=0,148 J, donc W=(0,5±0,1) J, avec une incertitude relative de 30 %. Deux énergies connues à 1 et 3 % donnent une différence connue à 30 %.
e) Mesurer la vitesse plus précisément : sa contribution (0,114 J) domine. Autre levier, souvent meilleur : augmenter la part du frottement, par une pente plus longue ou plus rugueuse, pour que W ne soit plus une petite différence entre deux grands nombres.
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