Électricité et magnétisme 203-SN2-RE • Exercices corrigés de cégep à Montréal
Exercices corrigés : les circuits RC en courant continu (203-SN2-RE)
Voici quinze exercices corrigés sur les circuits RC en courant continu, le chapitre que le devis du cours 203-SN2-RE, Électricité et magnétisme, prescrit sous l'électrocinétique du programme révisé de Sciences de la nature (200.B1) : circuits contenant des résistances et des condensateurs, lois de Kirchhoff, énergie emmagasinée. La série sert aussi les étudiants de l'ancien 203-NYB, pour qui les circuits RL et RLC ont leur propre page.
La partie A pose les outils : valeurs initiales et finales, équation différentielle et sa résolution, constante de temps d'un circuit à plusieurs résistances, instants initial et final par Kirchhoff, bilan d'énergie par intégration. La partie B les applique à des situations réelles, du laboratoire au stimulateur cardiaque et au défibrillateur. La partie C reprend les classiques du chapitre.
Le fil de la série : un condensateur ne peut pas changer de tension d'un coup, parce que sa charge a besoin de temps pour s'accumuler. Juste après une manœuvre, il se comporte donc comme une source figée à sa tension d'avant ; au bout de quelques constantes de temps, il ne laisse plus passer de courant et se comporte comme un circuit ouvert. Entre les deux, tout est exponentiel, et tout se lit en unités de au=RC.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Condensateur : q=CvC ; énergie stockée U=21CvC2=2Cq2. En série Cs1=∑Ci1 ; en parallèle Cp=∑Ci.
•Charge sous E à travers R : vC=E(1−e−t/τ), i=REe−t/τ, avec τ=RC (un ohm fois un farad fait une seconde).
•Décharge : Rdtdq+Cq=0, d'où q=Q0e−t/τ et vC=V0e−t/τ.
•Repères : 63 % de la variation à t=τ, 86 % à 2τ, 99 % à 4,6τ ; demi-vie t1/2=τln2.
•Juste après une manœuvre, vC garde sa valeur (condensateur déchargé : un fil). En régime permanent, iC=0 (circuit ouvert).
•Circuit à plusieurs résistances : τ=ReqC, où Req est la résistance vue par le condensateur, sources éteintes.
•Lois de Kirchhoff : somme des courants nulle à chaque nœud ; somme des tensions nulle le long de chaque maille.
•Énergie dissipée pendant une décharge complète : ∫0∞Ri2dt=21CV02, quelle que soit R.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : La charge d'un condensateur : valeurs initiales, finales et intermédiaires
Un condensateur de 220 µF, initialement déchargé, est relié à l'instant t=0 à une source idéale de 12,0 V à travers une résistance de 4,70 kΩ. La tension à ses bornes vaut vC(t)=E(1−e−t/τ) et le courant i(t)=REe−t/τ, avec τ=RC.
a) Calculez la constante de temps.
b) Calculez le courant juste après la fermeture de l'interrupteur, en mA.
c) Calculez la charge finale du condensateur, en mC.
d) Calculez la tension aux bornes du condensateur à t=2,00 s.
e) Au bout de combien de temps la tension atteint-elle 99 % de sa valeur finale ?
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Réponses
a)τ=1,03 s
b)i0=2,55 mA
c)Q=2,64 mC
d)vC≈10,3 V
e)t=τln100≈4,76 s
a) τ=RC=4,70×103×220×10−6=1,03 s. Les kilohms et les microfarads se convertissent AVANT le produit ; un ohm fois un farad donne une seconde.
b) À t=0 le condensateur est déchargé, vC=0 : toute la tension est aux bornes de la résistance. i0=RE=470012,0=2,55×10−3 A =2,55 mA. Juste après la fermeture, un condensateur déchargé se comporte comme un FIL.
c) En régime permanent le courant s'annule et vC=E : Q=CE=220×10−6×12,0=2,64×10−3 C =2,64 mC. Le condensateur chargé se comporte comme un circuit OUVERT.
d) vC=12,0×(1−e−2,00/1,034)=12,0×(1−0,145)=10,3 V.
e) 1−e−t/τ=0,99, donc e−t/τ=0,01 et t=τln100=4,61τ=4,76 s. La règle pratique « chargé après 5τ » vient de là : à 5τ, il reste moins de 1 % à gagner.
Exercice 2 : La décharge : établir et résoudre l'équation différentielle
Un condensateur de 47,0 µF, chargé sous 9,00 V, est relié à t=0 à une résistance de 100 kΩ. On note q la charge de l'armature positive et i le courant qui sort de cette armature dans la résistance, de sorte que i=−dtdq.
a) La loi des mailles appliquée au circuit donne quelle équation différentielle ?
b) En séparant les variables, on obtient q(t)=Q0e−t/RC. Calculez la constante de temps.
c) Calculez le courant à t=0, en µA.
d) Calculez la tension aux bornes du condensateur à t=10,0 s.
e) Au bout de combien de temps la tension descend-elle à 1,00 V ?
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Réponses
a)Rdtdq+Cq=0
b)τ=4,70 s
c)i(0)=90,0 µA
d)vC≈1,07 V
e)t=τln9≈10,3 s
a) En parcourant la maille, la tension du condensateur Cq est égale à la chute de tension dans la résistance Ri : Cq=Ri=−Rdtdq, donc Rdtdq+Cq=0. Le signe moins traduit que la charge DIMINUE quand le courant circule.
b) qdq=−RCdt, puis lnq=−RCt+cte, d'où q=Q0e−t/RC. τ=RC=100×103×47,0×10−6=4,70 s.
c) i(0)=RV0=1,00×1059,00=9,00×10−5 A =90,0 µA. On le retrouve en dérivant : i=−dtdq=RCQ0e−t/RC.
d) vC=9,00e−10,0/4,70=9,00×0,119=1,07 V.
e) e−t/τ=9,001,00, donc t=τln9=4,70×2,197=10,3 s. Cohérent avec d) : à 10,0 s la tension est à peine au-dessus de 1 V.
Exercice 3 : Deux résistances : quelle constante de temps voit le condensateur ?
Dans le circuit ci-dessous, une source de 10,0 V alimente, à travers R1=6,00 kΩ, la résistance R2=3,00 kΩ en parallèle avec un condensateur C=100 µF initialement déchargé. L'interrupteur K est fermé à t=0.
a) Quelle tension atteint le condensateur en régime permanent ?
b) Vu du condensateur, le reste du circuit équivaut à une source en série avec une résistance Req, obtenue en éteignant la source. Calculez Req.
c) Calculez la constante de temps de la charge.
d) Une fois le condensateur chargé, on ouvre K. Calculez la nouvelle constante de temps.
e) Calculez la tension du condensateur 0,500 s après l'ouverture de K.
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Réponses
a)vC=3,33 V
b)Req=2,00 kΩ
c)τ=0,200 s
d)τ′=0,300 s
e)vC≈0,630 V
a) En régime permanent le condensateur ne laisse plus passer de courant : R1 et R2 forment un diviseur de tension parcouru par 9,00×10310,0=1,11 mA. vC=R2I=R1+R2R2E=3,33 V, et non 10,0 V.
b) Source éteinte (remplacée par un fil), le condensateur voit R1 et R2 en PARALLÈLE : Req=6,00+3,006,00×3,00=2,00 kΩ.
c) τ=ReqC=2,00×103×100×10−6=0,200 s. Le piège est de prendre R1C=0,600 s : une partie du courant fourni part dans R2, la charge est plus rapide et plafonne plus bas.
d) K ouvert, R1 est hors circuit : le condensateur se décharge dans R2 seule, τ′=R2C=0,300 s. La charge et la décharge n'ont pas la même constante de temps.
e) vC=3,33e−0,500/0,300=3,33×0,189=0,630 V.
Exercice 4 : Kirchhoff à l'instant initial et en régime permanent
Dans le circuit ci-dessous, la source de 18,0 V est branchée à t=0, le condensateur étant déchargé. La branche de droite contient R3 en série avec le condensateur ; elle est en parallèle avec R2.
a) Juste après le branchement, calculez le courant débité par la source, en mA.
b) Juste après le branchement, calculez le courant dans la branche du condensateur, en mA.
c) En régime permanent, calculez le courant débité par la source, en mA.
d) En régime permanent, calculez la tension aux bornes du condensateur.
e) Calculez l'énergie finalement stockée dans le condensateur, en mJ.
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Réponses
a)I0=7,71 mA
b)2,57 mA
c)6,00 mA
d)vC=12,0 V
e)U=0,72 mJ
a) Condensateur déchargé : il se comporte comme un fil. R2 et R3 sont en parallèle, 2+42×4=1,33 kΩ, en série avec R1 : Rtot=2,33 kΩ. I0=233318,0=7,71×10−3 A =7,71 mA.
b) Tension aux bornes du bloc parallèle : 7,714×1,333=10,29 V. Branche du condensateur : 4,0010,29=2,57 mA (et 5,14 mA dans R2, la loi des nœuds donne bien 7,71 mA).
c) Condensateur chargé : sa branche ne conduit plus. Il reste R1 et R2 en série : I=3,00×10318,0=6,00 mA.
d) Plus de courant dans R3, donc aucune chute de tension à ses bornes : le condensateur a la tension de R2, vC=2,00×103×6,00×10−3=12,0 V.
e) U=21CvC2=21×10×10−6×12,02=7,2×10−4 J =0,72 mJ.
Exercice 5 : Où passe l'énergie du condensateur : l'intégrale de l'effet Joule
Un condensateur de 2200 µF chargé sous 25,0 V se décharge dans une résistance de 50,0 Ω. Le courant vaut i(t)=RV0e−t/τ avec τ=RC.
a) Calculez l'énergie initialement stockée.
b) Calculez la puissance dissipée dans la résistance à t=0.
c) Montrez que l'énergie dissipée jusqu'à la fin, ∫0∞Ri2dt, vaut 21CV02.
d) Calculez la constante de temps.
e) Au bout de combien de temps 90 % de l'énergie a-t-elle été dissipée, en ms ?
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Réponses
a)U0≈0,688 J
b)P0=12,5 W
c)∫Ri2dt=21CV02
d)τ=0,110 s
e)t=2τln10≈127 ms
a) U0=21CV02=21×2200×10−6×25,02=0,688 J.
b) P0=RV02=50,0625=12,5 W.
c) ∫0∞RR2V02e−2t/τdt=RV02[−2τe−2t/τ]0∞=RV02⋅2RC=21CV02. Toute l'énergie du condensateur finit en chaleur, quelle que soit la valeur de R : la résistance ne change que la DURÉE de la décharge.
d) τ=50,0×2200×10−6=0,110 s.
e) L'énergie restante est 21CvC2∝e−2t/τ : elle décroît DEUX fois plus vite que la tension. e−2t/τ=0,10 donne t=2τln10=0,127 s =127 ms, alors que la tension, elle, n'est tombée qu'à 32 % de sa valeur initiale.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Mesurer une capacité par la demi-vie, et le piège du voltmètre
Au laboratoire, on charge un condensateur de capacité inconnue, puis on le laisse se décharger dans une résistance R=1,0 MΩ. Un multimètre numérique branché à ses bornes montre que la tension est divisée par deux en t1/2=6,9 s. La notice du multimètre indique une résistance interne RV=10 MΩ en voltmètre.
a) Montrez que t1/2=τln2.
b) En ignorant le voltmètre, calculez la capacité, en µF.
c) Le voltmètre est branché en parallèle avec R. Calculez la résistance réellement vue par le condensateur, en MΩ.
d) Calculez la capacité corrigée, en µF.
e) Quelle erreur relative commettait-on en ignorant le voltmètre, en % ?
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Réponses
a)t1/2=τln2
b)C≈9,95 µF
c)Rp=0,909 MΩ
d)C≈10,95 µF
e)Environ 9 %
a) v(t1/2)=2V0 donne e−t1/2/τ=21, donc t1/2=τln2=0,693τ. La demi-vie ne dépend pas de la tension de départ : c'est ce qui en fait une bonne mesure.
b) τ=0,6936,9=9,95 s et C=Rτ=1,0×1069,95=9,95×10−6 F =9,95 µF.
c) Le condensateur se décharge dans R ET dans le voltmètre : Rp=1,0+101,0×10=0,909 MΩ.
d) C=0,909×1069,95=1,095×10−5 F =10,9 µF.
e) 10,9510,95−9,95=9,1 %. Un instrument de mesure fait partie du circuit : un voltmètre de 10 MΩ est « parfait » face à des kilohms, pas face à un mégohm. On choisit R≪RV, ou on corrige.
Exercice 7 : Le stimulateur cardiaque : un oscillateur de relaxation
Dans un stimulateur cardiaque simplifié, une pile de 6,0 V charge un condensateur de 10 µF à travers une résistance R. Dès que la tension du condensateur atteint 4,0 V, un circuit le décharge presque instantanément dans le cœur, et la charge recommence à partir de zéro.
a) Montrez que la durée d'un cycle vaut T=RClnE−VsE et calculez lnE−VsE.
b) On veut 72 battements par minute. Calculez la période voulue.
c) Calculez la résistance nécessaire, en kΩ.
d) En fin de vie, la pile ne fournit plus que 5,5 V, le seuil restant à 4,0 V. Calculez la nouvelle période.
e) Quelle est alors la fréquence cardiaque imposée, en battements par minute ?
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Réponses
a)ln3≈1,099
b)T=0,833 s
c)R≈75,9 kΩ
d)T′≈0,985 s
e)Environ 61 battements par minute
a) vC(T)=E(1−e−T/RC)=Vs donne e−T/RC=EE−Vs, donc T=RClnE−VsE. Ici ln2,06,0=ln3=1,099.
b) T=7260=0,833 s.
c) R=Cln3T=10×10−6×1,0990,833=7,59×104 Ω =75,9 kΩ.
d) T′=RCln1,55,5=0,759×1,299=0,985 s. Le seuil représente maintenant une fraction plus grande de la tension de la pile : il faut plus longtemps pour l'atteindre.
e) 0,98560=61 battements par minute. La dérive de la fréquence est un indicateur d'usure de la pile, surveillé lors des contrôles ; les appareils réels régulent la tension pour l'éviter.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des affirmations suivantes est fausse, ou fausse par un détail décisif. Choisissez l'énoncé correct ou donnez la valeur demandée. Deux points chacune.
a) « Pendant la charge, les électrons traversent le condensateur d'une armature à l'autre. »
b) « Juste après la fermeture de l'interrupteur, la tension aux bornes d'un condensateur déchargé vaut déjà E. »
c) « Doubler la résistance double l'énergie finalement stockée dans le condensateur. »
d) « Au bout de 2τ, un condensateur est chargé à 99 %. » Au bout de combien de constantes de temps l'est-il réellement ?
e) « Avec une source de tension deux fois plus grande, le condensateur met deux fois plus de temps à se charger. »
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Réponses
a)Aucune charge ne traverse l'isolant
b)vC(0)=0
c)U=21CE2 ne dépend pas de R
d)ln100≈4,6τ
e)τ=RC, indépendante de E
a) Aucune charge ne franchit l'isolant. Des électrons quittent une armature et, au même moment, autant d'électrons arrivent sur l'autre par le reste du circuit : le courant est le même partout dans la maille, mais il n'y a pas de passage à travers le diélectrique.
b) La tension d'un condensateur ne peut pas sauter : vC=Cq et la charge a besoin de temps pour s'accumuler. Juste après la fermeture, vC=0 et toute la tension de la source est aux bornes de la résistance, d'où le courant maximal RE.
c) L'énergie finale 21CE2 ne dépend pas de R. Doubler R double seulement la constante de temps : la charge est deux fois plus LENTE, pas plus grande.
d) 1−e−n=0,99 donne n=ln100=4,6. Au bout de 2τ, le condensateur n'est chargé qu'à 1−e−2=86,5 %.
e) τ=RC ne dépend pas de la source : la tension finale double, mais la fraction atteinte à chaque instant est la même. La charge prend la même durée pour arriver à 63 % de sa valeur finale, quelle que soit E.
La commande d'un essuie-glace intermittent charge un condensateur de 100 µF à partir de zéro, sous 12,0 V, à travers une résistance réglable R faite d'une résistance fixe de 10,0 kΩ et d'un potentiomètre de 0 à 500 kΩ en série. Un comparateur déclenche un balayage quand vC atteint 32 de la tension d'alimentation ; le condensateur est alors vidé et le cycle recommence.
a) Montrez que la durée entre deux balayages vaut T=RCln3.
b) Calculez la durée minimale, en s.
c) Calculez la durée maximale, en s.
d) Le conducteur veut un balayage toutes les 15 s. Sur quelle valeur doit-il régler le potentiomètre, en kΩ ?
e) Pourquoi le seuil en fraction de la tension d'alimentation rend-il la durée insensible aux variations de la batterie ?
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Réponses
a)T=RCln3
b)1,10 s
c)56,0 s
d)126,5 kΩ sur le potentiomètre
e)E se simplifie
a) E(1−e−T/RC)=32E donne e−T/RC=31 et T=RCln3.
b) Rmin=10,0 kΩ : T=10,0×103×100×10−6×ln3=1,10 s.
c) Rmax=510 kΩ : T=51,0×1,099=56,0 s.
d) R=100×10−6×1,09915=1,365×105 Ω, soit 136,5 kΩ au total, donc 126,5 kΩ sur le potentiomètre. Oublier la résistance fixe donne 10 kΩ d'erreur.
e) Si la batterie passe de 12,0 à 13,5 V, le seuil passe de 8,0 à 9,0 V : la FRACTION à atteindre reste 32, et E se simplifie dans l'équation. C'est le principe du circuit intégré 555, contrairement au stimulateur de l'exercice précédent, dont le seuil était fixe.
Exercice 10 : Problème : le défibrillateur
Un défibrillateur externe charge un condensateur de 100 µF sous 2,00 kV, puis le décharge à travers le thorax du patient, assimilé à une résistance de 50,0 Ω. Un convertisseur alimenté par batterie charge le condensateur à puissance moyenne de 50,0 W.
a) Calculez l'énergie stockée, en J.
b) Calculez le temps de charge.
c) Calculez le courant au début de la décharge.
d) Calculez la constante de temps de la décharge, en ms.
e) Quelle fraction de l'énergie est délivrée pendant les 5,00 premières millisecondes, en % ?
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Réponses
a)U=200 J
b)t=4,00 s
c)I0=40,0 A
d)τ=5,00 ms
e)1−e−2≈86,5 %
a) U=21CV2=21×100×10−6×(2,00×103)2=200 J. Il faut élever au carré la tension en VOLTS : 2,00 kV =2000 V.
b) t=PU=50,0200=4,00 s. C'est pour cette raison que l'appareil demande quelques secondes avant d'autoriser le choc.
c) I0=RV=50,02000=40,0 A.
d) τ=RC=50,0×100×10−6=5,00×10−3 s =5,00 ms.
e) L'énergie restante décroît en e−2t/τ : à t=τ, il en reste e−2=13,5 %, donc 86,5 % a été délivré. Une charge accumulée en quatre secondes est libérée en quelques millisecondes : c'est la fonction même du condensateur, un réservoir qui se remplit lentement et se vide vite.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Deux condensateurs, en série puis en parallèle, dans un circuit RC
Deux condensateurs C1=30,0 µF et C2=60,0 µF, déchargés, sont chargés sous 12,0 V à travers une résistance de 5,00 kΩ, d'abord montés en série, puis montés en parallèle.
a) Calculez la capacité équivalente du montage en série, en µF.
b) Calculez la constante de temps du montage en série.
c) Calculez la constante de temps du montage en parallèle.
d) Montage en série, régime permanent : calculez la charge de chaque condensateur, en µC.
e) Montage en série : calculez la tension aux bornes de C1 puis de C2.
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Réponses
a)Cs=20,0 µF
b)τs=0,100 s
c)τp=0,450 s
d)Q=240 µC sur chacun
e)V1=8,00 V, V2=4,00 V
a) En série, les inverses s'additionnent : Cs1=301+601=603, donc Cs=20,0 µF, plus petite que chacune. C'est la règle INVERSE de celle des résistances.
b) τs=RCs=5,00×103×20,0×10−6=0,100 s.
c) En parallèle, les capacités s'additionnent : Cp=90,0 µF et τp=0,450 s, quatre fois et demie plus long.
d) En série, les deux condensateurs portent la MÊME charge, celle qui a traversé la résistance : Q=CsE=20,0×12,0=240 µC chacun. L'armature intérieure de C1 et celle de C2, reliées et isolées du reste, ont des charges opposées dont la somme reste nulle.
e) V1=30,0240=8,00 V et V2=60,0240=4,00 V. Le plus PETIT condensateur prend la plus grande tension, et la somme redonne bien 12,0 V.
Exercice 12 : Le filtre anti-rebond d'un bouton poussoir
Quand on relâche un bouton poussoir, ses contacts rebondissent pendant environ 5 ms. Pour que le microcontrôleur ne compte pas plusieurs appuis, on place un condensateur en parallèle avec le bouton : bouton fermé, le condensateur est court-circuité et vC=0 ; bouton relâché, il se charge sous 3,30 V à travers R=10,0 kΩ. L'entrée logique ne lit « relâché » que lorsque vC dépasse 1,50 V.
a) Avec C=100 nF, calculez la constante de temps, en ms.
b) Montrez que le seuil est atteint au bout de t=τln3,30−1,503,30 et calculez t, en ms.
c) Ce filtre suffit-il à masquer des rebonds de 5 ms ?
d) Quelle constante de temps minimale faut-il pour que le seuil ne soit atteint qu'après 5,0 ms, en ms ?
e) Quelle capacité minimale faut-il alors, en nF ?
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Réponses
a)τ=1,00 ms
b)t≈0,606 ms
c)Non, le seuil tombe au milieu des rebonds
d)τ≥8,25 ms
e)C≥825 nF
a) τ=RC=10,0×103×100×10−9=1,00×10−3 s =1,00 ms. Attention au préfixe : un nanofarad vaut 10−9 F.
b) 3,30(1−e−t/τ)=1,50 donne e−t/τ=3,301,80, donc t=τln1,803,30=1,00×0,606=0,606 ms.
c) Non : l'entrée franchit le seuil au bout de 0,6 ms, en plein milieu des rebonds. Chaque rebond qui referme le contact vide le condensateur et relance la charge, et plusieurs franchissements du seuil restent possibles.
d) Il faut τ×0,606≥5,0 ms, donc τ≥0,6065,0=8,25 ms.
e) C≥10,0×1038,25×10−3=8,25×10−7 F =825 nF. On prendra la valeur normalisée supérieure, 1 µF. Trop grande, en revanche, la capacité rendrait le bouton paresseux : l'utilisateur sentirait le retard au-delà d'une centaine de millisecondes.
Exercice 13 : La mémoire DRAM : un condensateur qui fuit
Une cellule de mémoire vive dynamique stocke un bit sous la forme d'une charge sur un condensateur de 30 fF (1 fF =10−15 F), chargé à 1,0 V pour un « 1 ». Les fuites du transistor équivalent à une résistance de 1,0×1014 Ω. La cellule est lue comme un « 1 » tant que sa tension dépasse 0,50 V. e=1,60×10−19 C.
a) Calculez le nombre d'électrons stockés dans la cellule.
b) Calculez la constante de temps de la fuite.
c) Au bout de combien de temps la cellule serait-elle lue comme un « 0 » sans rafraîchissement ?
d) La mémoire est rafraîchie toutes les 64 ms. Quelle fraction de la tension reste-t-il juste avant le rafraîchissement, en % ?
e) Quelle marge de sécurité, en nombre de périodes de rafraîchissement, cela représente-t-il avant la perte du bit ?
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Réponses
a)N≈1,9×105 électrons
b)τ=3,0 s
c)t=τln2≈2,1 s
d)97,9 %
e)Environ 32 périodes
a) Q=CV=30×10−15×1,0=3,0×10−14 C, soit N=1,60×10−193,0×10−14=1,9×105 électrons. Un bit, c'est moins de deux cent mille électrons.
b) τ=RC=1,0×1014×30×10−15=3,0 s.
c) e−t/τ=0,50, donc t=τln2=2,1 s.
d) e−0,064/3,0=0,979 : il reste 97,9 % de la tension, largement au-dessus du seuil.
e) 0,0642,08=32 périodes. Les constructeurs gardent cette marge parce que la résistance de fuite chute fortement quand la puce chauffe : à haute température, τ peut être divisée par dix, et la marge fond d'autant.
Exercice 14 : Chronométrer avec un condensateur : le régime linéaire du début de charge
Pour mesurer une durée très brève, on ferme un interrupteur au début de l'événement et on l'ouvre à la fin : pendant ce temps, un condensateur se charge sous E=10,0 V à travers une résistance, avec τ=RC=1,00 s. On lit ensuite sa tension, qui ne varie plus. Mesure : vC=0,470 V.
a) Calculez la durée exacte de l'événement, en ms.
b) Au début de la charge, e−x≈1−x pour x petit. Montrez que vC≈Eτt et calculez la durée ainsi estimée, en ms.
c) Calculez l'erreur relative de l'approximation, en %.
d) Le terme suivant du développement donne vC≈E(τt−2τ2t2). L'erreur relative de l'approximation linéaire vaut donc environ 2τt. Évaluez ce terme, en %.
e) Pour garder l'erreur de l'approximation linéaire sous 1 %, quelle fraction maximale de E la tension lue peut-elle atteindre, en % ?
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Réponses
a)t≈48,1 ms
b)t≈47,0 ms
c)2,4 %
d)2τt≈2,4 %
e)vC≤2 % de E
a) vC=E(1−e−t/τ) donne t=−τln(1−EvC)=−1,00×ln(0,953)=4,81×10−2 s =48,1 ms.
b) vC≈E(1−(1−τt))=Eτt : le condensateur se charge presque à courant constant RE. Durée estimée : t≈τEvC=47,0 ms.
c) 48,1448,14−47,0=2,4 %. L'approximation sous-estime la durée, parce que le courant diminue déjà un peu pendant la charge.
d) 2τt=20,0481=0,024, soit 2,4 % : le premier terme négligé explique toute l'erreur.
e) Il faut 2τt≤0,01, soit τt≤0,02 et donc EvC≈τt≤2 %. On rend le chronomètre linéaire en choisissant τ au moins cinquante fois plus grande que les durées à mesurer.
Exercice 15 : Problème : qui reçoit l'énergie quand deux résistances se partagent la décharge ?
Un condensateur de 470 µF chargé sous 20,0 V se décharge dans deux résistances R1=100 Ω et R2=300 Ω, montées d'abord en série, puis en parallèle.
a) Calculez l'énergie stockée, en mJ.
b) Montage en série : calculez la constante de temps, en ms.
c) Montage en série : calculez l'énergie dissipée dans R1, en mJ.
d) Montage en parallèle : calculez la constante de temps, en ms.
e) Montage en parallèle : calculez l'énergie dissipée dans R1, en mJ.
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Réponses
a)U=94,0 mJ
b)τ=188 ms
c)23,5 mJ
d)τ≈35,3 ms
e)70,5 mJ
a) U=21×470×10−6×20,02=9,40×10−2 J =94,0 mJ.
b) τ=(R1+R2)C=400×470×10−6=0,188 s =188 ms.
c) En série, le même courant traverse les deux résistances : à chaque instant P1=R1i2 et P2=R2i2, dans le rapport R2R1. Sur toute la décharge, R1 reçoit R1+R2R1U=400100×94,0=23,5 mJ. La plus GRANDE résistance chauffe le plus.
d) Rp=400100×300=75,0 Ω, donc τ=75,0×470×10−6=3,53×10−2 s =35,3 ms.
e) En parallèle, c'est la même TENSION : P1=R1v2 et P2=R2v2, dans le rapport R1R2=3. R1 reçoit 43U=70,5 mJ : c'est maintenant la plus PETITE résistance qui chauffe le plus. Dans les deux montages, la totalité des 94,0 mJ finit en chaleur.
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