Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB) • Fiche de révision de cégep à Montréal
Fiche de révision : les circuits RC en courant continu (203-SN2-RE)
Un circuit RC tient en une exponentielle, et c'est justement pour cela qu'il piège : tout se joue sur les valeurs qu'on met dedans. La tension de départ, la tension d'arrivée, la bonne constante de temps, et l'origine du temps.
Cette fiche rassemble les pièges des évaluations du cours 203-SN2-RE sur les circuits RC, l'arbre qui choisit l'expression selon l'instant demandé, une méthode rédigée en quatre étapes et un exemple complet de charge suivie d'une décharge.
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Le fil du chapitre
Un condensateur ne peut pas changer de tension d'un coup : juste après une manœuvre il garde sa tension, longtemps après il ne laisse plus passer de courant, et entre les deux tout est exponentiel en unités de τ = RC. Chaque piège met une mauvaise valeur dans cette exponentielle.
•Constante de temps : τ=RC, en secondes si R est en ohms et C en farads.
•Charge sous E : vC=E(1−e−t/τ) et i=REe−t/τ.
•Décharge depuis V0 : vC=V0e−t/τ, et le courant décroît de la même façon.
•Repères : 63 % de la variation à τ, 86 % à 2τ, 99 % à 4,6τ ; demi-vie τln2.
À t = τ, la charge est à 63 % de sa valeur finale et la décharge à 37 % de sa valeur initiale : les deux courbes se répondent en miroir.
Ce qui varie en exponentielle, c'est toujours l'ÉCART à la valeur finale : en charge, ce qui manque ; en décharge, ce qui reste.
Les deux régimes limites et la loi des mailles
•Juste après une manœuvre, la tension du condensateur n'a pas bougé : déchargé, il se comporte comme un FIL.
•En régime permanent, iC=0 : chargé, il se comporte comme un circuit OUVERT.
•Loi des mailles pour la décharge : Rdtdq+Cq=0 ; pour la charge : E=Ri+Cq avec i=dtdq.
•Plusieurs résistances : τ=ReqC, où Req est la résistance vue par le condensateur, sources éteintes. Énergie stockée : U=21CvC2.
Charge : i entre dans l'armature +q, les deux tensions sont fléchées à l'opposé du courant, et la loi des mailles se lit sur le dessin : E=Ri+Cq, avec i=dtdq.
Les deux régimes limites se calculent sans exponentielle, avec les lois de Kirchhoff seules : c'est souvent la moitié des points d'un exercice.
La décharge : orienter le courant sortant de l'armature +
•On oriente i SORTANT de l'armature qui porte +q : la charge diminue, donc i=−dtdq, positif.
•Loi des mailles sur la boucle formée par C et R : Cq=Ri, soit Rdtdq+Cq=0.
•Solution : q=Q0e−t/RC, et i=RCQ0e−t/RC décroît avec la même constante de temps.
Décharge : i sort de l'armature +q et traverse R. Sur la boucle, Cq=Ri=−Rdtdq.
Orienter i dans l'autre sens est permis, à condition d'écrire i=+dtdq : le courant sort alors négatif, et ce signe se lit, il ne s'efface pas.
Deux condensateurs : la charge commune en série
•En série, les deux condensateurs portent la MÊME charge : le tronçon entre eux est isolé, ses armatures prennent −Q et +Q. Alors Cs1=C11+C21.
•En parallèle, ils ont la même TENSION et leurs charges s'additionnent : Cp=C1+C2.
•La constante de temps suit la capacité équivalente, τ=RCs ou τ=RCp ; en série, le plus petit condensateur prend la plus grande tension.
Le tronçon encadré, entre C1 et C2, est isolé et reste neutre : ses deux armatures portent −Q et +Q, d'où la même charge Q sur les deux condensateurs.
Les règles sont l'inverse de celles des résistances : une capacité équivalente en série est toujours plus PETITE que la plus petite des deux.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Multiplier des kilohms par des microfarads sans convertir
toute la question, et toutes les tensions qui en dépendent
Ce qu'il ne faut pas écrire
« τ=4,7×220=1034 s. »
Ce qu'il faut écrire
« τ=4,7×103Ω×220×10−6F=1,03 s. »
Pourquoi : Le kilo et le micro valent ensemble un millième. Un condensateur de quelques centaines de microfarads qui mettrait un quart d'heure à se charger dans quelques kilohms doit faire relire la ligne.
2.Donner au condensateur la tension de la source juste après la fermeture
2 à 3 points, et le courant initial faux
Ce qu'il ne faut pas écrire
« À t=0+, vC=E=12 V et le courant est nul. »
Ce qu'il faut écrire
« À t=0+, vC=0 : toute la tension est aux bornes de la résistance et i0=RE=470012=2,55 mA. »
Pourquoi : vC=Cq : la tension ne peut changer que si la charge a eu le temps de s'accumuler. C'est le courant, lui, qui saute instantanément.
3.Prendre la résistance en série avec la source pour calculer tau
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Source, R1=6 kΩ, puis R2=3 kΩ en parallèle avec C=100 µF : τ=R1C=0,60 s. »
Ce qu'il faut écrire
« Vu du condensateur, source éteinte, R1 et R2 sont en parallèle : Req=2 kΩ et τ=0,20 s. »
Pour trouver τ, on éteint la source, remplacée par un fil, et on regarde depuis les bornes de C : R1 et R2 relient les deux mêmes nœuds A et B, elles sont en parallèle, Req=2 kΩ.
Pourquoi : La constante de temps dépend du chemin par lequel le condensateur se charge ET se décharge. Une partie du courant fourni part dans R₂, qui accélère la charge et abaisse la tension finale.
4.Utiliser la formule de charge pour une décharge
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Condensateur chargé à 12 V qui se décharge : à t=τ, vC=12(1−e−1)=7,6 V. »
Ce qu'il faut écrire
« En décharge, vC=12e−1=4,4 V : il reste 37 %. »
Pourquoi : Une décharge part de la tension initiale et tend vers zéro. La formule de charge fait croître la tension, ce qu'aucun condensateur débranché de sa source ne peut faire.
5.Déclarer le condensateur chargé au bout de deux constantes de temps
1 à 2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« À t=2τ, le condensateur est pratiquement chargé. »
Ce qu'il faut écrire
« À 2τ, il n'est qu'à 1−e−2=86,5 % ; il faut τln100=4,6τ pour atteindre 99 %. »
Pourquoi : La règle pratique des 5τ vient du fait qu'il reste moins de 1 % à gagner. En dessous de 4τ, l'écart à la valeur finale reste mesurable.
6.Faire décroître l'énergie comme la tension
2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 90 % de l'énergie est dissipée quand e−t/τ=0,10, soit t=τln10=0,253 s pour τ=0,110 s. »
Ce qu'il faut écrire
« U∝vC2∝e−2t/τ : e−2t/τ=0,10 donne t=2τln10=0,127 s. »
La courbe rouge de l'énergie croise la ligne de 10 % à 1,15 τ ; la tension, en bleu, n'y arrive qu'à 2,3 τ.
Pourquoi : L'énergie est proportionnelle au CARRÉ de la tension : elle décroît deux fois plus vite. Quand l'énergie est à 10 %, la tension est encore à 32 %.
7.Compter le temps depuis le début après une bascule
2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Chargé 1,5 s puis déchargé dans 3 kΩ (τ2=3 s) : à t=4,5 s, v=6,99e−4,5/3=1,56 V. »
Ce qu'il faut écrire
« La décharge ne dure que 4,5−1,5=3,0 s : v=6,99e−1=2,57 V. »
Pourquoi : L'exponentielle de décharge démarre à l'instant de la bascule, avec la tension atteinte à ce moment-là. On repart d'une nouvelle origine des temps.
Quelle méthode choisir
Quelle expression selon l'instant demandé
Le moment où l'énoncé demande une tension ou un courant
Si juste après la fermeture ou l'ouverture → tension du condensateur inchangée ; Kirchhoff avec C remplacé par une source de cette tension (un fil s'il est déchargé)
Exemple : déchargé : i0=RE
Si longtemps après (plus de 5 τ) → iC=0 : C remplacé par un circuit ouvert, Kirchhoff sans exponentielle
Exemple : diviseur : vC=R1+R2R2E
Si à un instant t pendant une charge → vC=Vf+(Vi−Vf)e−t/τ
Exemple : 12(1−e−2/1,034)=10,3 V
Si à un instant t pendant une décharge → vC=V0e−t/τ, t compté depuis le début de la décharge
Exemple : 9e−10/4,7=1,07 V
Si le temps pour atteindre une tension donnée → isoler l'exponentielle puis prendre le logarithme
Exemple : t=τln1,09,0=10,3 s
La forme générale Vf+(Vi−Vf)e−t/τ couvre la charge (Vi=0, Vf=E) et la décharge (Vf=0) : une seule formule à retenir, trois valeurs à lire.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Étudier un circuit RC à plusieurs résistances
Quand l'utiliser : L'énoncé donne une source, deux ou trois résistances et un condensateur, et demande tensions et courants à plusieurs instants.
1Instant initial : remplacer le condensateur par sa tension d'avant (un fil s'il est déchargé) et résoudre par Kirchhoff.
2Régime permanent : remplacer le condensateur par un circuit ouvert et résoudre par Kirchhoff ; en déduire la tension finale.
3Constante de temps : éteindre la source, calculer la résistance vue par le condensateur, τ=ReqC.
4Écrire vC(t)=Vf+(Vi−Vf)e−t/τ et répondre aux questions intermédiaires.
Phrase de conclusion
« À t=0+, le condensateur déchargé se comporte comme un fil ; en régime permanent, comme un circuit ouvert, d'où vC=3,33 V. Vu de C, Req=R1∥R2=2,0 kΩ, donc τ=0,20 s et vC(t)=3,33(1−e−t/0,20). »
Le piège : Écrire directement la formule de charge avec E et R₁, sans passer par les deux régimes limites : la tension finale et la constante de temps sortent toutes les deux fausses.
Barème : En général 1 point par régime limite, 1 pour la constante de temps, 1 pour l'expression, 1 pour chaque valeur demandée.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
L'ordre de grandeur de tau
Des kilohms et des microfarads donnent des millisecondes à quelques secondes ; des mégohms et des microfarads, des secondes à des minutes.
τ=1034 s pour 4,7 kΩ et 220 µF : conversion oubliée.
Les valeurs aux deux bouts
Remplacer t par 0 puis par l'infini dans l'expression trouvée : on doit retrouver les deux régimes limites calculés par Kirchhoff.
vC(0)=0 et vC(∞)=E en charge ; V0 et 0 en décharge.
Le sens de variation
En charge, la tension monte et le courant descend ; en décharge, les deux descendent. Une tension de décharge qui augmente trahit la mauvaise formule.
7,6 V après τ pour une décharge depuis 12 V : impossible.
L'énergie conservée
L'énergie dissipée dans les résistances pendant une décharge complète doit valoir l'énergie initialement stockée, ½CV₀².
470 µF sous 20 V : 94 mJ au total, partagés entre les résistances.
L'exercice type décortiqué
Charge, bascule, puis décharge dans une autre résistance
Un condensateur de 1000 µF, déchargé, se charge sous 9,0 V à travers 1,0 kΩ. À t=1,5 s, on le bascule sur une résistance de 3,0 kΩ, dans laquelle il se décharge.
Calculer la tension à la bascule, le courant juste après, la tension à t=4,5 s et l'énergie finalement dissipée dans la résistance de 3,0 kΩ.
Position 1 : la pile de 9,0 V charge le condensateur à travers 1,0 kΩ, τ1=1,0 s. À t=1,5 s, K bascule en position 2 : décharge dans 3,0 kΩ, τ2=3,0 s, nouvelle origine des temps.
Étape 1
Charge : τ1=1,0×103×1000×10−6=1,0 s, et v(1,5)=9,0(1−e−1,5)=6,99 V.
Pourquoi
On calcule la constante de temps propre à chaque phase : elle change avec la résistance traversée.
Étape 2
Juste après la bascule : vC=6,99 V, donc i=30006,99=2,33 mA.
Pourquoi
La tension du condensateur ne saute pas : elle impose le courant initial de la nouvelle maille.
Étape 3
Décharge : τ2=3,0×103×1000×10−6=3,0 s.
Pourquoi
Nouvelle résistance, nouvelle constante de temps : réutiliser τ₁ est la deuxième erreur classique de ce type d'exercice.
Étape 4
À t=4,5 s, la décharge dure 3,0 s : v=6,99e−3,0/3,0=2,57 V.
Pourquoi
L'origine des temps de la décharge est l'instant de la bascule.
Étape 5
Énergie dissipée : U=21×1000×10−6×6,992=24,4 mJ.
Pourquoi
Toute l'énergie présente à la bascule finit en chaleur dans la résistance, quelle que soit sa valeur.
Conclusion rédigée
« À la bascule, vC=6,99 V et i=2,33 mA ; à 4,5 s, il reste 2,57 V ; la résistance de 3,0 kΩ dissipe au total 24,4 mJ. »
L'erreur classique sur cet exercice : Écrire la décharge avec e puissance moins t sur trois secondes en prenant t = 4,5 s : on obtient 1,56 V au lieu de 2,57 V.
À savoir par cœur
•τ=RC en secondes : ohms et farads, jamais kilohms et microfarads bruts.
•vC(t)=Vf+(Vi−Vf)e−t/τ : charge et décharge dans une seule formule.
•Juste après une manœuvre : tension de C inchangée. Longtemps après : courant de C nul.
•63 % à τ, 86 % à 2τ, 99 % à 4,6τ ; t1/2=τln2.
•Plusieurs résistances : τ=ReqC, source éteinte, vue de C.
•U=21CV2 décroît en e−2t/τ.
•Condensateurs : en série Cs1=∑Ci1, en parallèle Cp=∑Ci.
Questions fréquentes
Que vaut la tension d'un condensateur juste après la fermeture de l'interrupteur ?
Elle vaut la même chose que juste avant, parce que la tension d'un condensateur est proportionnelle à sa charge et qu'une charge ne s'accumule pas instantanément. Un condensateur déchargé se comporte donc comme un simple fil au moment de la fermeture, et toute la tension de la source se retrouve aux bornes de la résistance.
Comment calculer la constante de temps d'un circuit RC avec plusieurs résistances ?
On éteint la source, en la remplaçant par un fil pour une source de tension, puis on calcule la résistance équivalente vue depuis les deux bornes du condensateur. La constante de temps est le produit de cette résistance équivalente par la capacité. Ce n'est pas forcément la résistance placée en série avec la source.
Au bout de combien de temps un condensateur est-il chargé ?
Mathématiquement jamais complètement, mais il atteint 63 pour cent de sa tension finale après une constante de temps, 86 pour cent après deux, et 99 pour cent après environ 4,6 constantes de temps. En pratique, on le considère chargé au bout de cinq constantes de temps, quand il reste moins de un pour cent à gagner.
Où passe l'énergie d'un condensateur qui se décharge dans une résistance ?
Elle est entièrement dissipée en chaleur dans la résistance, par effet Joule. Le calcul de l'intégrale du produit de la résistance par le carré du courant redonne exactement la moitié de la capacité multipliée par le carré de la tension initiale, quelle que soit la valeur de la résistance, qui ne fixe que la durée de la décharge.
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Exercices corrigés : Les circuits RC en courant continu
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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