Mécanique 203-SN1-RE • Exercices corrigés de cégep à Montréal
Fiche de révision : mesures, incertitudes et analyse graphique au laboratoire (203-SN1-RE)
Le rapport de laboratoire se note autant sur l'incertitude que sur la valeur. Les règles tiennent en quelques lignes, mais chacune a son piège : une règle absolue appliquée à un produit, un exposant oublié, un arrondi recopié de la calculatrice, une conclusion fondée sur une impression.
Cette fiche sert les trois cours de physique du programme révisé de Sciences de la nature, 203-SN1-RE, SN2-RE et SN3-RE. Elle rassemble les pièges, l'arbre qui choisit la règle selon la formule, la rédaction d'un résultat et un exemple complet au pendule.
Le fil du chapitre
Une mesure sans incertitude n'est pas un résultat, c'est un nombre : l'incertitude dit combien de chiffres écrire, si deux valeurs peuvent être déclarées égales, et quelle mesure améliorer. Chaque piège applique la mauvaise règle à la forme de la formule, ou juge sans l'intervalle.
•Résultat : x=(xˉ±Δx) unité. L'incertitude à un chiffre significatif (deux si ce chiffre est un 1), la valeur arrondie à la même décimale.
•Somme ou différence : on ADDITIONNE les incertitudes absolues, Δ(x±y)=Δx+Δy.
•Produit, quotient, puissance, pour z=kxayb : on additionne les incertitudes RELATIVES pondérées par les exposants, zΔz=∣a∣xΔx+∣b∣yΔy.
•Méthode des extrêmes : Δz=2zmax−zmin. Méthode différentielle : Δz=∑∂xi∂zΔxi, angles en radians.
Les barres d'incertitude de chaque point encadrent toutes les droites plausibles : la moitié de l'écart entre la plus raide et la plus plate donne l'incertitude sur la pente.
Les trois méthodes donnent le même ordre de grandeur pour de petites incertitudes. Le choix se fait sur la forme de la formule : des produits et des puissances, la règle relative ; une formule tordue, les extrêmes ou les dérivées.
Traiter une série de données
•Mesures répétées : moyenne xˉ, écart-type s=N−1∑(xi−xˉ)2, incertitude sur la moyenne Ns.
•Linéariser : transformer la loi en Y=aX+b. Pendule : T2=g4π2L ; chute libre : h=2gt2.
•La pente de la régression donne la grandeur cherchée ; une ordonnée à l'origine nettement non nulle signale une erreur systématique.
•Compatibilité : la valeur attendue appartient à [xˉ−Δx;xˉ+Δx] ; deux mesures sont compatibles si leurs intervalles se recouvrent.
Répéter une mesure réduit l'effet des erreurs aléatoires en un sur racine de N ; aucune répétition ne corrige une erreur systématique.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Additionner des incertitudes absolues dans un quotient
2 points, et une incertitude plus de dix fois trop grande
Ce qu'il ne faut pas écrire
« ρ=Vm avec Δm=0,1 g et ΔV=0,5 cm³ : Δρ=0,1+0,5=0,6 g/cm³. »
Ce qu'il faut écrire
« ρΔρ=85,20,1+31,40,5=1,71 %, donc Δρ=0,0171×2,71=0,05 g/cm³. »
Pourquoi : Additionner des grammes et des centimètres cubes n'a même pas de sens : pour un produit ou un quotient, seules les incertitudes RELATIVES, sans unité, s'additionnent.
2.Oublier l'exposant d'une grandeur au carré
1 à 2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« ρ=πd2h4m : ρΔρ=0,12%+0,40%+0,78%=1,30 %. »
Ce qu'il faut écrire
« Le diamètre est au carré, son incertitude relative compte deux fois : 0,12%+2×0,40%+0,78%=1,70 %. »
Pourquoi : Une puissance multiplie l'incertitude relative par son exposant : x2=x×x cumule deux fois l'erreur sur x. C'est souvent la grandeur au carré qui domine le résultat.
3.Recopier tous les chiffres de la calculatrice
0,5 à 1 point dans chaque résultat du rapport
Ce qu'il ne faut pas écrire
« g=(9,81234±0,0467) m/s². »
Ce qu'il faut écrire
« g=(9,81±0,05) m/s² : incertitude à un chiffre significatif, valeur au centième. »
Pourquoi : Si les centièmes sont déjà incertains, écrire des cent-millièmes affirme une précision que la mesure n'a pas. Le correcteur y lit une incompréhension de ce qu'est une incertitude.
4.Mal apparier les bornes dans la méthode des extrêmes
2 points, et une incertitude sous-estimée d'un facteur 2,6
Ce qu'il ne faut pas écrire
« gmax=1,80024π2×0,802=9,772 et gmin=1,79024π2×0,798=9,832 : Δg=0,03 m/s². »
Ce qu'il faut écrire
« T est au dénominateur : gmax prend Lmax avec Tmin, soit 9,882, et gmin prend Lmin avec Tmax, soit 9,723 ; Δg=0,08 m/s². »
Pourquoi : Associer les deux bornes supérieures fait se compenser les effets, puisque L est au numérateur et T au dénominateur. Le « maximum » obtenu est même plus petit que le « minimum ».
5.Soustraire les incertitudes quand on fait une différence
2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« ΔT=23,1−22,4=0,7 °C, avec une incertitude de 0,1−0,1=0 °C. »
Ce qu'il faut écrire
« Les incertitudes s'additionnent : ΔT=(0,7±0,2) °C, soit 29 % d'incertitude relative. »
Chaque lecture peut se trouver n'importe où dans son crochet : l'écart réel va de 0,5 à 0,9 °C, soit 0,7 plus ou moins 0,2.
Pourquoi : Rien ne garantit que les deux erreurs se compensent : si la première lecture est basse et la seconde haute, la différence est surestimée des deux. Une petite différence de grandes valeurs est toujours très incertaine.
6.Juger la compatibilité à l'œil
la conclusion du rapport, souvent 2 à 4 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« g=(9,72±0,05) m/s² est proche de 9,81 : la mesure est compatible. »
Ce qu'il faut écrire
« [9,67;9,77] ne contient pas 9,81 : la mesure n'est pas compatible ; l'écart vaut presque deux incertitudes. »
La droite verticale de 9,81 traverse le crochet du bas mais passe à côté de celui du haut : seule la mesure du bas est compatible.
Pourquoi : Le mot « proche » n'a pas de sens sans l'incertitude : c'est elle qui fixe l'échelle. Une mesure non compatible n'est pas une faute, elle demande de chercher une erreur systématique.
7.Laisser l'incertitude d'un angle en degrés dans une dérivée
2 points, et une incertitude cinquante fois trop grande
Ce qu'il ne faut pas écrire
« ΔR=g2v02cos2θ×1=5,1 m pour Δθ=1°. »
Ce qu'il faut écrire
« Δθ=1°=0,01745 rad : ΔR=5,10×0,01745=0,089 m. »
Pourquoi : La dérivée de sinθ vaut cosθ seulement si θ est en radians. En degrés, il manque le facteur 180π.
Quelle méthode choisir
Quelle règle de propagation selon la formule
La forme de la relation entre le résultat et les mesures
Si une somme ou une différence → additionner les incertitudes ABSOLUES
Exemple : (47,8±0,1)−(12,3±0,1)=(35,5±0,2) cm
Si un produit, un quotient, des puissances → additionner les incertitudes RELATIVES multipliées par les exposants
Exemple : g=T24π2L : 0,25%+2×0,28%=0,81 %
Si un sinus, un logarithme, une formule mixte → méthode différentielle, angles en radians
Exemple : R=gv2sin2θ : 0,24+0,09=0,33 m
Si une formule compliquée sans dérivée commode → méthode des extrêmes : 2zmax−zmin, bornes bien appariées
Exemple : 29,882−9,723=0,08 m/s²
Si une série de mesures répétées → moyenne et Ns
Exemple : s=4,4 ms, N=8 : 1,6 ms
Si une pente de graphique → demi-écart des pentes des droites extrêmes
Exemple : 24,97−4,84=0,065 m/s²
Une formule mixte, comme un travail obtenu par différence de deux énergies, se traite en deux temps : les règles relatives pour chaque énergie, puis la règle absolue pour la différence.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Présenter un résultat de laboratoire
Quand l'utiliser : Le rapport demande une grandeur calculée à partir de mesures et sa comparaison avec une valeur de référence.
1Donner chaque mesure avec son incertitude et dire d'où vient cette incertitude (lecture, résolution, dispersion).
2Calculer la valeur, puis l'incertitude par la règle adaptée, en écrivant la formule de propagation avant les nombres.
3Arrondir l'incertitude à un chiffre significatif (deux s'il commence par 1), puis la valeur à la même décimale.
4Conclure sur la compatibilité avec la valeur de référence en citant l'intervalle, et nommer une source d'erreur plausible s'il n'y a pas compatibilité.
Phrase de conclusion
« g=(9,78±0,15) m/s². La valeur de référence 9,81 m/s² appartient à l'intervalle [9,63;9,93] : la mesure est compatible. L'incertitude est dominée par le chronométrage, qui compte deux fois. »
Le piège : Conclure « le résultat est bon, l'écart n'est que de 0,3 % » sans parler de l'intervalle : le correcteur attend un critère, pas une impression.
Barème : En général 1 point pour les incertitudes des mesures, 2 pour la propagation, 1 pour l'écriture arrondie, 1 pour la conclusion justifiée.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
L'incertitude relative raisonnable
Au laboratoire de cégep, une incertitude relative se situe le plus souvent entre 0,5 et 10 %. En dessous de 0,1 %, suspecter une incertitude oubliée ; au-dessus de 30 %, une différence de grandeurs voisines.
Δg=0,001 m/s² au pendule chronométré à la main : incertitude inventée.
La même décimale
Après arrondi, la dernière décimale de la valeur et celle de l'incertitude doivent coïncider.
(9,8±0,05) ou (9,812±0,05) : mal arrondi ; (9,81±0,05) : correct.
Le poids de chaque terme
Dans une somme d'incertitudes relatives, repérer le terme dominant : c'est la mesure à améliorer, et c'est ce que la conclusion doit nommer.
0,31%+1,23% : le chronométrage domine.
La pente contre la valeur isolée
Une grandeur tirée d'une pente doit être voisine de celle tirée de chaque point : un écart important signale un point aberrant ou une ordonnée à l'origine oubliée.
g=9,76 par la pente, 9,75 à 9,81 point par point : cohérent.
L'exercice type décortiqué
Mesurer g au pendule, de la mesure brute à la conclusion
On mesure la longueur d'un pendule, L=(0,650±0,002) m, et la durée de 20 oscillations, (32,4±0,2) s. Théorie : T=2πgL.
Calculer g avec son incertitude et conclure sur la compatibilité avec 9,81 m/s².
Étape 1
Période : T=2032,4=1,620 s et ΔT=200,2=0,010 s.
Pourquoi
Diviser par un nombre exact divise aussi l'incertitude : chronométrer vingt oscillations rend l'erreur de déclenchement vingt fois plus petite par période.
Étape 2
g=T24π2L=1,62024π2×0,650=9,778 m/s².
Pourquoi
On garde tous les chiffres pendant le calcul ; on n'arrondit qu'à la fin, une fois l'incertitude connue.
L'incertitude commence par un 1 : on garde deux chiffres, et la valeur s'arrondit au centième.
Étape 5
Intervalle [9,63;9,93] : il contient 9,81.
Pourquoi
La conclusion se fonde sur l'intervalle, pas sur l'écart relatif de 0,3 % qui ne dit rien sans l'incertitude.
Conclusion rédigée
« g=(9,78±0,15) m/s², compatible avec 9,81 m/s². Le chronométrage fournit 80 % de l'incertitude : c'est lui qu'il faudrait améliorer, par exemple en mesurant cinquante oscillations. »
L'erreur classique sur cet exercice : Oublier le facteur 2 devant l'incertitude relative de T : on annonce 0,9 % au lieu de 1,5 %, et une incertitude trop optimiste.
•Produit, quotient : incertitudes relatives additionnées ; puissance n : multiplier par n.
•Extrêmes : 2zmax−zmin, en appariant les bornes selon numérateur et dénominateur.
•Dérivées : ∑∂xi∂zΔxi, angles en radians.
•Mesures répétées : Ns ; quatre fois plus de mesures pour diviser par deux.
•Arrondi : un chiffre significatif pour l'incertitude, deux s'il commence par 1, et la même décimale pour la valeur.
•Compatible : la référence est dans l'intervalle, ou les intervalles se recouvrent.
Questions fréquentes
Comment calculer l'incertitude d'un produit ou d'un quotient ?
On additionne les incertitudes relatives de chaque mesure, c'est-à-dire chaque incertitude divisée par sa valeur, en multipliant chacune par l'exposant de la grandeur dans la formule. On obtient l'incertitude relative du résultat, qu'on multiplie par la valeur calculée pour retrouver l'incertitude absolue.
Combien de chiffres significatifs garder dans une incertitude ?
On arrondit l'incertitude à un seul chiffre significatif, ou à deux lorsque ce premier chiffre est un 1, puis on arrondit la valeur mesurée à la même position décimale que l'incertitude. Écrire plus de chiffres affirmerait une précision que la mesure ne possède pas.
Quand dit-on qu'une mesure est compatible avec la valeur théorique ?
Lorsque la valeur théorique se trouve dans l'intervalle formé par la valeur mesurée plus ou moins son incertitude. Deux mesures d'une même grandeur sont compatibles lorsque leurs intervalles d'incertitude se recouvrent. La proximité apparente des nombres ne suffit pas : c'est l'incertitude qui fixe l'échelle.
Pourquoi linéariser les données dans un rapport de laboratoire ?
Parce qu'une droite se reconnaît à l'œil et se traite par régression : sa pente et son ordonnée à l'origine donnent directement les grandeurs cherchées, en utilisant toutes les mesures à la fois. Pour un pendule, on trace le carré de la période en fonction de la longueur, dont la pente vaut quatre pi carré divisé par g.
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Exercices corrigés : Mesures, incertitudes et analyse graphique au laboratoire
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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