Électricité et magnétisme 203-SN2-RE • Exercices corrigés de cégep à Montréal

Exercices corrigés : mesures, incertitudes et analyse graphique au laboratoire (203-SN2-RE)

Voici quinze exercices corrigés sur les mesures et les incertitudes au laboratoire d'électricité et magnétisme, le cours 203-SN2-RE du programme révisé de Sciences de la nature (200.B1), anciennement 203-NYB. Le devis prescrit ce volet expérimental dans les trois cours de physique, mais il se travaille sur les montages de chacun : ici, ce sont le multimètre, le diviseur de tension, la pile réelle, le circuit RC, le solénoïde et le pont de Wheatstone.

La partie A pose les règles sur les grandeurs électriques : la notice d'un multimètre et ses digits, les incertitudes relatives d'un quotient, les associations série et parallèle, la méthode des extrêmes et la méthode différentielle. La partie B passe au traitement des données : mesures répétées, régression linéaire, droites extrêmes, linéarisation semi-logarithmique. La partie C reprend ce qui revient d'un laboratoire à l'autre, et se termine sur le piège le plus coûteux du chapitre, la différence de deux grandeurs voisines.

Le fil de la série : en électricité, l'incertitude ne vient presque jamais de la main qui lit, elle vient de l'appareil et du montage. Un afficheur à quatre chiffres n'a pas quatre chiffres justes, un voltmètre modifie le circuit qu'il mesure, un diamètre au carré pèse double, et une petite différence de deux tensions voisines détruit la précision. On chiffre donc AVANT de manipuler ce que chaque grandeur apportera, et on améliore la contribution qui domine, jamais « la manipulation » en général.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Électricité et magnétisme 203-SN2-RE (ancien 203-NYB)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Limites et continuitéCalcul différentiel (201-NYA)
  2. 2La dérivée et ses règlesCalcul différentiel (201-NYA)
  3. 3Différentielle et approximation linéaireCalcul différentiel (201-NYA)
  4. 4Mesures, incertitudes et analyse graphique au laboratoireMécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA)

Rappel de cours

  • Multimètre numérique : incertitude ±(a% de la lecture+n digits)\pm(a\,\%\ \text{de la lecture}+n\ \text{digits}), un digit valant une unité du dernier rang affiché. Le terme de digits dépend du CALIBRE, pas de la valeur mesurée.
  • Écriture d'un résultat : x=(xˉ±Δx)x=(\bar x\pm\Delta x) unité ; l'incertitude à un chiffre significatif, deux si elle commence par 11, et la valeur arrondie à la même décimale.
  • Somme ou différence : Δ(x±y)=Δx+Δy\Delta(x\pm y)=\Delta x+\Delta y, incertitudes ABSOLUES.
  • Produit, quotient, puissance : Δzz=aΔxx+bΔyy\dfrac{\Delta z}{z}=|a|\dfrac{\Delta x}{x}+|b|\dfrac{\Delta y}{y} pour z=kxaybz=kx^{a}y^{b}, incertitudes RELATIVES. Un facteur exact, comme un nombre de spires compté, n'apporte rien.
  • Parallèle : Rp=R1R2R1+R2R_{p}=\dfrac{R_{1}R_{2}}{R_{1}+R_{2}} n'est pas un produit. On propage par RpR1=(R2R1+R2)2\left|\dfrac{\partial R_{p}}{\partial R_{1}}\right|=\left(\dfrac{R_{2}}{R_{1}+R_{2}}\right)^{2} ; si les deux tolérances relatives sont égales, l'association les conserve.
  • Méthode des extrêmes : Δz=zmaxzmin2\Delta z=\dfrac{z_{max}-z_{min}}{2}, en prenant la borne HAUTE des grandeurs au numérateur et la borne BASSE de celles au dénominateur.
  • Mesures répétées : moyenne, écart-type s=(xixˉ)2N1s=\sqrt{\dfrac{\sum(x_{i}-\bar x)^{2}}{N-1}}, incertitude sur la moyenne sN\dfrac{s}{\sqrt{N}} (type A). L'incertitude de notice est de type B, et répéter ne la réduit jamais.
  • Erreur aléatoire : change de signe, la moyenne la réduit. Erreur systématique : même signe, la moyenne la conserve. L'effet de charge d'un voltmètre et la résistance des cordons sont systématiques.
  • Linéariser une exponentielle : u=U0et/τu=U_{0}e^{-t/\tau} donne lnu=lnU0tτ\ln u=\ln U_{0}-\dfrac{t}{\tau}, droite de pente 1τ-\dfrac{1}{\tau}.
  • Tolérance d'un composant et incertitude de mesure se COMPARENT, elles ne s'additionnent jamais : deux valeurs sont compatibles quand leurs intervalles se recouvrent.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Lire un multimètre numérique et écrire un résultat

Un multimètre numérique n'a pas d'incertitude de lecture au sens de la règle graduée : l'affichage est net. Son incertitude est écrite dans la NOTICE, sous la forme ±(a% de la lecture+n digits)\pm(a\,\%\ \text{de la lecture}+n\ \text{digits}), où un digit vaut une unité du dernier chiffre affiché.

L'appareil utilisé ici est spécifié ±(0,5%+2 digits)\pm(0{,}5\,\%+2\ \text{digits}) en tension continue. Sur le calibre 20,0020{,}00 V, il affiche 12,4712{,}47 V.

  • a) Que vaut un digit sur le calibre 20,0020{,}00 V, en V ?
  • b) Calculez l'incertitude absolue sur la lecture 12,4712{,}47 V, puis écrivez le résultat, en V.
  • c) Calculez l'incertitude relative, en %.
  • d) Sur le calibre 200,0200{,}0 V, le même appareil afficherait 12,512{,}5 V. Calculez l'incertitude absolue et l'incertitude relative sur ce calibre.
  • e) Quelle règle de manipulation ces deux résultats imposent-ils ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 11 digit =0,01=0{,}01 V
  • b) ΔU=0,08\Delta U=0{,}08 V, donc U=(12,47±0,08)U=(12{,}47\pm 0{,}08) V
  • c) 0,66%0{,}66\,\%
  • d) ΔU=0,3\Delta U=0{,}3 V, soit 2,1%2{,}1\,\%
  • e) Toujours choisir le plus petit calibre qui ne sature pas

a) Le calibre 20,0020{,}00 V affiche deux décimales : le dernier chiffre est le centième de volt, donc UN DIGIT VAUT 0,010{,}01 V. Le mot « digit » ne désigne jamais un chiffre significatif, il désigne une unité du dernier rang affiché, et il change avec le calibre. C'est la première chose à repérer dans une notice.

b) La notice donne deux termes à ADDITIONNER. Terme proportionnel : 0,5%×12,47=0,06240{,}5\,\%\times 12{,}47=0{,}0624 V. Terme de digits : 2×0,01=0,022\times 0{,}01=0{,}02 V. Total : ΔU=0,0624+0,02=0,0824\Delta U=0{,}0624+0{,}02=0{,}0824 V, que l'on arrondit à UN chiffre significatif, 0,080{,}08 V. La valeur s'aligne sur la même décimale : U=(12,47±0,08)U=(12{,}47\pm 0{,}08) V. Écrire (12,4700±0,0824)(12{,}4700\pm 0{,}0824) V serait faux par excès de précision : les quatre chiffres de l'afficheur ne sont pas quatre chiffres justes.

c) ΔUU=0,082412,47=0,0066\dfrac{\Delta U}{U}=\dfrac{0{,}0824}{12{,}47}=0{,}0066, soit 0,66%0{,}66\,\%. Un multimètre courant se situe entre un demi et deux pour cent : c'est l'ordre de grandeur à avoir en tête pour savoir si une mesure vaut la peine d'être affinée.

d) Sur le calibre 200,0200{,}0 V, un digit vaut 0,10{,}1 V. Terme proportionnel : 0,5%×12,5=0,06250{,}5\,\%\times 12{,}5=0{,}0625 V, quasi inchangé. Terme de digits : 2×0,1=0,22\times 0{,}1=0{,}2 V, soit DIX FOIS plus. Total 0,26250{,}2625 V, arrondi à 0,30{,}3 V, donc U=(12,5±0,3)U=(12{,}5\pm 0{,}3) V et une incertitude relative de 2,1%2{,}1\,\%. La même tension, le même appareil, et une mesure trois fois moins bonne.

e) La règle : ON DESCEND TOUJOURS AU PLUS PETIT CALIBRE QUI N'AFFICHE PAS LA SATURATION. Le terme de digits est fixé par le calibre, pas par la tension mesurée ; mesurer 1212 V sur un calibre 200200 V, c'est payer l'incertitude d'une mesure de 200200 V. C'est l'erreur la plus fréquente du premier laboratoire, et elle ne laisse aucune trace visible dans le cahier : l'afficheur a l'air tout aussi net.

Exercice 2 : La loi d'Ohm : un quotient, donc des incertitudes relatives

On détermine une résistance en mesurant simultanément la tension à ses bornes et le courant qui la traverse, puis en formant le quotient R=UIR=\dfrac{U}{I}.

Mesures : U=(6,42±0,05)U=(6{,}42\pm 0{,}05) V et I=(28,4±0,3)I=(28{,}4\pm 0{,}3) mA.

Dans un PRODUIT ou un QUOTIENT, ce sont les incertitudes RELATIVES qui s'additionnent, jamais les absolues.

  • a) Calculez la résistance, en Ω.
  • b) Calculez l'incertitude relative sur la résistance, en %.
  • c) Calculez l'incertitude absolue et écrivez le résultat, en Ω.
  • d) Laquelle des deux mesures faudrait-il améliorer en priorité ? Justifiez par les chiffres.
  • e) Un étudiant écrit ΔR=ΔUΔI=0,050,0003167\Delta R=\dfrac{\Delta U}{\Delta I}=\dfrac{0{,}05}{0{,}0003}\approx 167 Ω. Où est la faute de raisonnement ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) R226,1R\approx 226{,}1 Ω
  • b) 1,84%1{,}84\,\%
  • c) ΔR4\Delta R\approx 4 Ω, donc R=(226±4)R=(226\pm 4) Ω
  • d) Le courant : il apporte 1,06%1{,}06\,\% contre 0,78%0{,}78\,\% pour la tension
  • e) Il divise deux incertitudes ; une incertitude n'est pas une grandeur qu'on injecte dans la formule

a) On convertit d'abord le courant en ampères, I=28,4I=28{,}4 mA =0,0284=0{,}0284 A, sinon la résistance sort en kilo-ohms sans qu'on s'en aperçoive. R=6,420,0284=226,06R=\dfrac{6{,}42}{0{,}0284}=226{,}06 Ω. On garde provisoirement toutes les décimales : l'arrondi se décide à la fin, quand l'incertitude est connue.

b) Chaque facteur apporte son incertitude relative. Pour la tension : 0,056,42=0,00779\dfrac{0{,}05}{6{,}42}=0{,}00779, soit 0,78%0{,}78\,\%. Pour le courant : 0,328,4=0,01056\dfrac{0{,}3}{28{,}4}=0{,}01056, soit 1,06%1{,}06\,\%. Les deux s'additionnent, que la grandeur soit au numérateur ou au dénominateur : ΔRR=0,00779+0,01056=0,01835\dfrac{\Delta R}{R}=0{,}00779+0{,}01056=0{,}01835, soit 1,84%1{,}84\,\%. Le fait que II soit au dénominateur ne change RIEN au signe : une incertitude ne se soustrait jamais.

c) ΔR=226,06×0,01835=4,15\Delta R=226{,}06\times 0{,}01835=4{,}15 Ω, arrondi à 44 Ω. La valeur s'aligne sur l'unité : R=(226±4)R=(226\pm 4) Ω. Les décimales de 226,06226{,}06 disparaissent, parce qu'une incertitude de 44 Ω rend le chiffre des dixièmes dépourvu de sens.

d) Le courant, sans hésitation : il apporte 1,06%1{,}06\,\% contre 0,78%0{,}78\,\% pour la tension, donc 58%58\,\% du total. C'est le raisonnement qu'on fait AVANT de retourner au laboratoire : descendre l'ampèremètre d'un calibre, ou augmenter le courant, divisera l'incertitude presque par deux, alors qu'un voltmètre plus fin ne gagnerait presque rien.

e) L'étudiant traite les incertitudes comme si elles étaient elles-mêmes une tension et un courant, et leur applique la loi d'Ohm. Une incertitude n'est pas une grandeur physique du circuit : c'est la largeur d'un intervalle. Elle se propage par une règle sur les incertitudes RELATIVES, jamais en la substituant dans la formule. Le résultat obtenu, 167167 Ω, est d'ailleurs du même ordre que la résistance elle-même, ce qui aurait dû alerter : une incertitude de 74%74\,\% sur une mesure faite au multimètre est physiquement absurde.

Exercice 3 : Série et parallèle : deux associations, une seule incertitude relative

Deux résistances au carbone portent la tolérance de 5%5\,\% du fabricant : R1=(100±5) ΩR_{1}=(100\pm 5)\ \Omega et R2=(220±11) ΩR_{2}=(220\pm 11)\ \Omega.

En SÉRIE, la résistance équivalente est une SOMME, donc les incertitudes ABSOLUES s'additionnent. En PARALLÈLE, Rp=R1R2R1+R2R_{p}=\dfrac{R_{1}R_{2}}{R_{1}+R_{2}} n'est ni une somme ni un simple produit : on propage par les dérivées partielles, RpR1=(R2R1+R2)2\left|\dfrac{\partial R_{p}}{\partial R_{1}}\right|=\left(\dfrac{R_{2}}{R_{1}+R_{2}}\right)^{2}.

R1R2en serieR1R2en parallele
  • a) Calculez la résistance équivalente en série et son incertitude absolue, en Ω.
  • b) Calculez l'incertitude relative de l'association en série, en %.
  • c) Calculez la résistance équivalente en parallèle, en Ω.
  • d) Calculez l'incertitude absolue puis l'incertitude relative de l'association en parallèle.
  • e) Le résultat de d) n'est pas un hasard. Démontrez que si ΔR1R1=ΔR2R2=t\dfrac{\Delta R_{1}}{R_{1}}=\dfrac{\Delta R_{2}}{R_{2}}=t, alors ΔRpRp=t\dfrac{\Delta R_{p}}{R_{p}}=t.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) Rs=320R_{s}=320 Ω et ΔRs=16\Delta R_{s}=16 Ω
  • b) 5,0%5{,}0\,\%
  • c) Rp=68,75R_{p}=68{,}75 Ω
  • d) ΔRp3,4\Delta R_{p}\approx 3{,}4 Ω, soit 5,0%5{,}0\,\%
  • e) ΔRp=tR1R2R1+R2=tRp\Delta R_{p}=t\,\dfrac{R_{1}R_{2}}{R_{1}+R_{2}}=t\,R_{p}

a) Rs=100+220=320R_{s}=100+220=320 Ω. C'est une SOMME, donc les incertitudes absolues s'additionnent : ΔRs=5+11=16\Delta R_{s}=5+11=16 Ω. Résultat : Rs=(320±16) ΩR_{s}=(320\pm 16)\ \Omega, que l'on peut écrire (3,20±0,16)×102 Ω(3{,}20\pm 0{,}16)\times 10^{2}\ \Omega si l'on tient à ne garder que les chiffres utiles.

b) 16320=0,050\dfrac{16}{320}=0{,}050, soit 5,0%5{,}0\,\%. Les deux résistances ayant la même tolérance relative de 5%5\,\%, la somme la conserve : c'est une propriété générale des sommes de grandeurs de MÊME signe.

c) Rp=100×220100+220=22000320=68,75R_{p}=\dfrac{100\times 220}{100+220}=\dfrac{22000}{320}=68{,}75 Ω. Contrôle d'ordre de grandeur, à faire systématiquement : une résistance équivalente en parallèle est toujours INFÉRIEURE à la plus petite des deux, donc à 100100 Ω, et elle vaut ici un peu plus des deux tiers de 100100 Ω. C'est cohérent.

d) Les deux dérivées partielles : (R2R1+R2)2=(220320)2=0,4727\left(\dfrac{R_{2}}{R_{1}+R_{2}}\right)^{2}=\left(\dfrac{220}{320}\right)^{2}=0{,}4727 et (R1R1+R2)2=(100320)2=0,0977\left(\dfrac{R_{1}}{R_{1}+R_{2}}\right)^{2}=\left(\dfrac{100}{320}\right)^{2}=0{,}0977. D'où ΔRp=0,4727×5+0,0977×11=2,363+1,074=3,44\Delta R_{p}=0{,}4727\times 5+0{,}0977\times 11=2{,}363+1{,}074=3{,}44 Ω, et ΔRpRp=3,4468,75=0,050\dfrac{\Delta R_{p}}{R_{p}}=\dfrac{3{,}44}{68{,}75}=0{,}050, soit encore 5,0%5{,}0\,\%. On écrit Rp=(69±3) ΩR_{p}=(69\pm 3)\ \Omega.

e) Avec ΔR1=tR1\Delta R_{1}=tR_{1} et ΔR2=tR2\Delta R_{2}=tR_{2}, on obtient ΔRp=R22(R1+R2)2tR1+R12(R1+R2)2tR2=tR1R2(R2+R1)(R1+R2)2=tR1R2R1+R2=tRp\Delta R_{p}=\dfrac{R_{2}^{2}}{(R_{1}+R_{2})^{2}}\,tR_{1}+\dfrac{R_{1}^{2}}{(R_{1}+R_{2})^{2}}\,tR_{2}=\dfrac{t\,R_{1}R_{2}(R_{2}+R_{1})}{(R_{1}+R_{2})^{2}}=t\,\dfrac{R_{1}R_{2}}{R_{1}+R_{2}}=t\,R_{p}. Autrement dit : quand tous les composants d'un montage portent la MÊME tolérance relative, toute association série ou parallèle la conserve. C'est ce qui rend la tolérance de 5%5\,\% utilisable directement sur un réseau entier, sans recalcul. Le piège symétrique : un étudiant qui additionnerait les relatives pour le parallèle trouverait 10%10\,\%, soit le double de la vérité.

Exercice 4 : La méthode des extrêmes sur la puissance dissipée

La puissance dissipée par effet Joule dans une résistance alimentée sous une tension connue vaut P=U2RP=\dfrac{U^{2}}{R}.

Mesures : U=(12,0±0,2)U=(12{,}0\pm 0{,}2) V et R=(47±2) ΩR=(47\pm 2)\ \Omega.

La MÉTHODE DES EXTRÊMES ne demande aucune règle à retenir : on recalcule la grandeur avec les combinaisons de bornes qui la rendent maximale puis minimale, et on prend la demi-étendue, ΔP=PmaxPmin2\Delta P=\dfrac{P_{max}-P_{min}}{2}.

  • a) Calculez la puissance, en W.
  • b) Pour obtenir PmaxP_{max}, faut-il prendre RR maximal ou minimal ? Justifiez.
  • c) Calculez PmaxP_{max} et PminP_{min}, en W.
  • d) Calculez ΔP\Delta P et écrivez le résultat, en W.
  • e) Retrouvez ΔP\Delta P par la règle des incertitudes relatives, sans oublier le carré, et comparez.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P3,06P\approx 3{,}06 W
  • b) RR MINIMAL, car RR est au dénominateur
  • c) Pmax3,308P_{max}\approx 3{,}308 W et Pmin2,842P_{min}\approx 2{,}842 W
  • d) ΔP0,23\Delta P\approx 0{,}23 W, donc P=(3,1±0,2)P=(3{,}1\pm 0{,}2) W
  • e) ΔPP=7,59%\dfrac{\Delta P}{P}=7{,}59\,\% donne ΔP0,23\Delta P\approx 0{,}23 W : même résultat

a) P=12,0247=14447=3,064P=\dfrac{12{,}0^{2}}{47}=\dfrac{144}{47}=3{,}064 W.

b) La puissance croît avec UU et DÉCROÎT avec RR, qui est au dénominateur. Pour maximiser PP, on prend donc UU maximal ET RR MINIMAL : Umax=12,2U_{max}=12{,}2 V avec Rmin=45 ΩR_{min}=45\ \Omega. C'est le seul point délicat de la méthode, et c'est celui qu'on rate : prendre les deux bornes hautes donnerait une valeur qui n'est ni le maximum ni le minimum.

c) Pmax=12,2245=148,8445=3,3076P_{max}=\dfrac{12{,}2^{2}}{45}=\dfrac{148{,}84}{45}=3{,}3076 W et Pmin=11,8249=139,2449=2,8416P_{min}=\dfrac{11{,}8^{2}}{49}=\dfrac{139{,}24}{49}=2{,}8416 W. On vérifie au passage que la valeur centrale 3,0643{,}064 W est bien comprise entre les deux, et à peu près au milieu : si elle ne l'était pas, ce serait le signe qu'une borne a été mal choisie.

d) ΔP=3,30762,84162=0,46602=0,2330\Delta P=\dfrac{3{,}3076-2{,}8416}{2}=\dfrac{0{,}4660}{2}=0{,}2330 W, arrondi à 0,20{,}2 W. Résultat : P=(3,1±0,2)P=(3{,}1\pm 0{,}2) W. La valeur centrale s'arrondit au dixième, puisque l'incertitude porte sur le dixième.

e) Pour P=U2RP=\dfrac{U^{2}}{R}, la tension apparaît au CARRÉ, donc son incertitude relative compte DEUX FOIS : ΔPP=2ΔUU+ΔRR=2×0,212,0+247=0,0333+0,0426=0,0759\dfrac{\Delta P}{P}=2\dfrac{\Delta U}{U}+\dfrac{\Delta R}{R}=2\times\dfrac{0{,}2}{12{,}0}+\dfrac{2}{47}=0{,}0333+0{,}0426=0{,}0759, soit 7,59%7{,}59\,\%. D'où ΔP=3,064×0,0759=0,233\Delta P=3{,}064\times 0{,}0759=0{,}233 W : les deux méthodes donnent le même nombre à trois décimales près. Elles ne sont pas équivalentes en général, la méthode des extrêmes étant exacte et celle des relatives une approximation au premier ordre, mais tant que les incertitudes relatives restent sous quelques pour cent, l'écart est invisible. Oublier le facteur 22 du carré ferait tomber à 5,9%5{,}9\,\%, soit une sous-estimation d'un quart : c'est le piège numéro un du chapitre.

Exercice 5 : La méthode différentielle sur le champ d'un solénoïde

Un solénoïde de N=500N=500 spires, de longueur LL, parcouru par un courant II, produit en son centre un champ B=μ0NILB=\dfrac{\mu_{0}NI}{L}, avec μ0=4π×107\mu_{0}=4\pi\times 10^{-7} T·m/A.

Mesures : I=(2,40±0,05)I=(2{,}40\pm 0{,}05) A et L=(0,320±0,002)L=(0{,}320\pm 0{,}002) m. Le nombre de spires est COMPTÉ, donc exact.

La MÉTHODE DIFFÉRENTIELLE propage chaque incertitude par la dérivée partielle correspondante, puis additionne les contributions en valeur absolue : ΔBBIΔI+BLΔL\Delta B\approx\left|\dfrac{\partial B}{\partial I}\right|\Delta I+\left|\dfrac{\partial B}{\partial L}\right|\Delta L.

  • a) Calculez le champ au centre, en mT.
  • b) Calculez la contribution du courant, BIΔI\left|\dfrac{\partial B}{\partial I}\right|\Delta I, en mT.
  • c) Calculez la contribution de la longueur, BLΔL\left|\dfrac{\partial B}{\partial L}\right|\Delta L, en mT.
  • d) Écrivez le résultat avec son incertitude, en mT, puis donnez l'incertitude relative en %.
  • e) Pourquoi le nombre de spires n'apporte-t-il aucune contribution, alors qu'il figure dans la formule ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) B4,71B\approx 4{,}71 mT
  • b) 0,0980{,}098 mT
  • c) 0,0290{,}029 mT
  • d) B=(4,71±0,13)B=(4{,}71\pm 0{,}13) mT, soit 2,7%2{,}7\,\%
  • e) NN est un entier compté, sans incertitude : ΔN=0\Delta N=0

a) B=4π×107×500×2,400,320=4π×107×3750=4,712×103B=\dfrac{4\pi\times 10^{-7}\times 500\times 2{,}40}{0{,}320}=4\pi\times 10^{-7}\times 3750=4{,}712\times 10^{-3} T, soit 4,714{,}71 mT. Le calcul intermédiaire NIL=500×2,400,320=3750\dfrac{NI}{L}=\dfrac{500\times 2{,}40}{0{,}320}=3750 A/m est la densité linéique d'ampères-tours : c'est elle qui fixe le champ, pas les trois grandeurs prises séparément.

b) BI=μ0NL=4π×107×5000,320=1,9635×103\dfrac{\partial B}{\partial I}=\dfrac{\mu_{0}N}{L}=\dfrac{4\pi\times 10^{-7}\times 500}{0{,}320}=1{,}9635\times 10^{-3} T/A. Contribution : 1,9635×103×0,05=9,82×1051{,}9635\times 10^{-3}\times 0{,}05=9{,}82\times 10^{-5} T, soit 0,0980{,}098 mT. Comme BB est proportionnel à II, on pouvait aussi écrire directement ΔII×B=0,052,40×4,712=0,098\dfrac{\Delta I}{I}\times B=\dfrac{0{,}05}{2{,}40}\times 4{,}712=0{,}098 mT : les deux lectures sont la même.

c) BL=μ0NIL2=BL\dfrac{\partial B}{\partial L}=-\dfrac{\mu_{0}NI}{L^{2}}=-\dfrac{B}{L}, dont la valeur absolue vaut 4,712×1030,320=1,4726×102\dfrac{4{,}712\times 10^{-3}}{0{,}320}=1{,}4726\times 10^{-2} T/m. Contribution : 1,4726×102×0,002=2,95×1051{,}4726\times 10^{-2}\times 0{,}002=2{,}95\times 10^{-5} T, soit 0,0290{,}029 mT. Le SIGNE MOINS disparaît : une incertitude ne se soustrait jamais, on additionne les contributions en valeur absolue, parce qu'on cherche le cas le plus défavorable.

d) ΔB=0,098+0,029=0,127\Delta B=0{,}098+0{,}029=0{,}127 mT, arrondi à 0,130{,}13 mT puisque le premier chiffre significatif est un 11 et qu'on en garde alors deux. Résultat : B=(4,71±0,13)B=(4{,}71\pm 0{,}13) mT, et ΔBB=0,1274,712=2,7%\dfrac{\Delta B}{B}=\dfrac{0{,}127}{4{,}712}=2{,}7\,\%. Le courant pèse pour 2,12{,}1 points de pourcentage et la longueur pour 0,60{,}6 : c'est l'ampèremètre qu'il faudrait améliorer, pas le mètre à ruban.

e) Parce que ΔN=0\Delta N=0. Compter 500500 spires donne exactement 500500, pas 500±quelque chose500\pm\text{quelque chose} : c'est un NOMBRE ENTIER, pas une mesure. Le même raisonnement vaut pour μ0\mu_{0}, qui est une constante définie, et pour tout facteur exact, comme le 22 d'un diamètre converti en rayon. Une grandeur sans incertitude ne contribue pas, même lorsqu'elle multiplie tout le reste. Réciproquement, si les spires étaient bobinées à la main et comptées à ±5\pm 5 près, il faudrait ajouter 5500=1%\dfrac{5}{500}=1\,\%.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Mesures répétées d'une tension : quand répéter cesse de servir

Une alimentation de laboratoire réglée sur 55 V est lue dix fois de suite au multimètre, sur le calibre 20,0020{,}00 V. Les valeurs, en volts, sont :

5,035{,}03 ; 5,075{,}07 ; 4,984{,}98 ; 5,015{,}01 ; 5,095{,}09 ; 4,964{,}96 ; 5,045{,}04 ; 5,005{,}00 ; 5,065{,}06 ; 4,994{,}99.

Rappels : Uˉ=UiN\bar U=\dfrac{\sum U_{i}}{N}, écart-type expérimental s=(UiUˉ)2N1s=\sqrt{\dfrac{\sum(U_{i}-\bar U)^{2}}{N-1}}, incertitude sur la moyenne sN\dfrac{s}{\sqrt{N}}. L'appareil reste spécifié ±(0,5%+2 digits)\pm(0{,}5\,\%+2\ \text{digits}).

  • a) Calculez la moyenne, en V.
  • b) Calculez l'écart-type expérimental, en mV.
  • c) Calculez l'incertitude sur la moyenne, en mV.
  • d) L'afficheur donne le centième de volt. La dispersion observée vient-elle de l'appareil ou de la source ? Chiffrez.
  • e) L'incertitude d'appareil sur cette lecture vaut 0,0450{,}045 V. Faut-il la combiner avec le résultat de c) ? Que conclure sur l'intérêt de répéter encore ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Uˉ=5,023\bar U=5{,}023 V
  • b) s42s\approx 42 mV
  • c) s1013\dfrac{s}{\sqrt{10}}\approx 13 mV
  • d) De la SOURCE : 4242 mV contre 55 mV de résolution, un facteur 88
  • e) Oui, et l'appareil domine : U=(5,02±0,06)U=(5{,}02\pm 0{,}06) V, répéter davantage ne gagne plus rien

a) La somme vaut 50,2350{,}23 V, donc Uˉ=50,2310=5,023\bar U=\dfrac{50{,}23}{10}=5{,}023 V. On garde les millièmes provisoirement, la moyenne d'un échantillon ayant légitimement un chiffre de plus que les mesures individuelles.

b) Les écarts à la moyenne sont +0,007+0{,}007 ; +0,047+0{,}047 ; 0,043-0{,}043 ; 0,013-0{,}013 ; +0,067+0{,}067 ; 0,063-0{,}063 ; +0,017+0{,}017 ; 0,023-0{,}023 ; +0,037+0{,}037 ; 0,033-0{,}033 V. Leur somme est nulle, ce qui est le premier contrôle à faire. La somme des carrés vaut 1,601×102 V21{,}601\times 10^{-2}\ \mathrm{V}^{2}, donc s=1,601×1029=1,779×103=0,0422s=\sqrt{\dfrac{1{,}601\times 10^{-2}}{9}}=\sqrt{1{,}779\times 10^{-3}}=0{,}0422 V, soit 4242 mV. Le dénominateur est N1=9N-1=9, pas 1010 : la moyenne a déjà consommé un degré de liberté.

c) sN=0,042210=0,04223,162=0,0133\dfrac{s}{\sqrt{N}}=\dfrac{0{,}0422}{\sqrt{10}}=\dfrac{0{,}0422}{3{,}162}=0{,}0133 V, soit 1313 mV. C'est l'incertitude de TYPE A, celle qui vient de la dispersion observée, et elle est trois fois plus petite que la dispersion d'une mesure isolée.

d) La résolution de l'afficheur est 0,010{,}01 V, donc une lecture isolée est déjà connue à mieux que ±0,005\pm 0{,}005 V de ce seul fait. Or la dispersion réelle vaut 4242 mV, soit HUIT FOIS plus. Les dix lectures ne se répartissent donc pas sur un ou deux digits voisins : elles s'étalent sur treize digits. C'est la SOURCE qui fluctue, pas l'appareil qui hésite. Un étudiant qui aurait écrit U=(5,03±0,005)U=(5{,}03\pm 0{,}005) V après une seule lecture aurait sous-estimé son incertitude d'un facteur huit.

e) Oui, il faut les combiner : 1313 mV est une incertitude de type A, 4545 mV une incertitude de TYPE B, issue de la notice, et les deux sont présentes simultanément. En les additionnant, ΔU=0,045+0,013=0,058\Delta U=0{,}045+0{,}013=0{,}058 V, soit 0,060{,}06 V ; en les combinant en quadrature, 0,0452+0,0132=0,047\sqrt{0{,}045^{2}+0{,}013^{2}}=0{,}047 V, soit 0,050{,}05 V. Dans les deux conventions, le terme d'appareil DOMINE largement. Conclusion pratique : passer de dix à quarante mesures diviserait 1313 mV par deux, donc ferait gagner moins de 77 mV sur un total de 5858 ; ça ne vaut pas le temps passé. Répéter une mesure ne réduit que la part aléatoire, et cesse d'être utile dès que la part instrumentale la dépasse. Pour gagner vraiment, il faut un meilleur appareil, pas plus de lignes dans le tableau.

12345678910111213144.854.94.9555.055.15.15moyenne+ s- snumero de la mesure

Exercice 7 : Linéariser la loi d'Ohm : ce que cinq points disent et qu'un seul tait

On relève la tension aux bornes d'une résistance pour cinq valeurs du courant :

II (mA) : 5,05{,}0 ; 10,010{,}0 ; 15,015{,}0 ; 20,020{,}0 ; 25,025{,}0. UU (V) : 1,121{,}12 ; 2,192{,}19 ; 3,313{,}31 ; 4,384{,}38 ; 5,525{,}52.

La régression linéaire de UU en fonction de II donne une pente aa et une ordonnée à l'origine bb.

  • a) Quelle grandeur porte-t-on en abscisse, quelle grandeur en ordonnée, et que représente la pente ?
  • b) Calculez la pente de la régression, en Ω.
  • c) Calculez l'ordonnée à l'origine, en V. Que devrait-elle valoir, et que révélerait une valeur nettement non nulle ?
  • d) La résistance porte le marquage 220 Ω220\ \Omega. Calculez l'écart relatif entre la pente et cette valeur, en %.
  • e) Un sixième point, I=40,0I=40{,}0 mA, donne U=9,05U=9{,}05 V. S'aligne-t-il ? Que faut-il en conclure, et qu'aurait-on manqué avec une seule mesure ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) II en abscisse, UU en ordonnée ; la pente EST la résistance
  • b) a219,8a\approx 219{,}8 Ω
  • c) b0,007b\approx 0{,}007 V, donc nulle aux arrondis près
  • d) 0,09%0{,}09\,\%
  • e) Non : 8,808{,}80 V étaient prévus contre 9,059{,}05 mesurés, la résistance s'échauffe

a) On porte le COURANT en abscisse et la TENSION en ordonnée, parce que c'est le courant qu'on impose et la tension qu'on lit. La loi d'Ohm s'écrit alors U=RIU=RI, de la forme Y=aXY=aX, et la PENTE EST LA RÉSISTANCE, en volts par ampère, c'est-à-dire en ohms. Attention à convertir les milliampères en ampères avant de calculer la pente : en gardant les mA, on obtiendrait 0,220{,}22 et une résistance mille fois trop petite.

b) Avec Iˉ=0,015\bar I=0{,}015 A et Uˉ=3,304\bar U=3{,}304 V, on forme (IiIˉ)(UiUˉ)=5,495×102\sum(I_{i}-\bar I)(U_{i}-\bar U)=5{,}495\times 10^{-2} et (IiIˉ)2=2,5×104\sum(I_{i}-\bar I)^{2}=2{,}5\times 10^{-4}, d'où a=5,495×1022,5×104=219,8 Ωa=\dfrac{5{,}495\times 10^{-2}}{2{,}5\times 10^{-4}}=219{,}8\ \Omega. Contrôle rapide sans calculatrice : le dernier point donne 5,520,025=220,8 Ω\dfrac{5{,}52}{0{,}025}=220{,}8\ \Omega, du bon ordre.

c) b=UˉaIˉ=3,304219,8×0,015=3,3043,297=0,007b=\bar U-a\bar I=3{,}304-219{,}8\times 0{,}015=3{,}304-3{,}297=0{,}007 V. Elle DEVRAIT être nulle, puisque sans courant il n'y a pas de tension aux bornes d'une résistance pure. Les 77 mV trouvés sont du niveau du bruit des mesures, donc compatibles avec zéro. Une ordonnée nettement non nulle, disons 0,20{,}2 V, signalerait autre chose dans le circuit : un décalage de zéro du voltmètre, une force électromotrice parasite, ou une diode en série.

d) 219,8220220=0,2220=0,0009\dfrac{|219{,}8-220|}{220}=\dfrac{0{,}2}{220}=0{,}0009, soit 0,09%0{,}09\,\%. C'est bien en deçà de la tolérance de 5%5\,\% du composant : la mesure confirme le marquage, et elle le confirme cent fois mieux que la tolérance ne l'exigeait.

e) La droite prévoit U=219,8×0,040+0,007=8,80U=219{,}8\times 0{,}040+0{,}007=8{,}80 V. On mesure 9,059{,}05 V, soit 0,250{,}25 V de plus, un écart de 2,9%2{,}9\,\%, bien au-delà du bruit des cinq premiers points. Le point NE S'ALIGNE PAS. La cause est physique : à 4040 mA, la résistance dissipe P=UI=0,36P=UI=0{,}36 W, elle chauffe, et la résistance d'un conducteur métallique CROÎT avec la température ; le rapport local vaut 9,050,040=226 Ω\dfrac{9{,}05}{0{,}040}=226\ \Omega. La leçon est celle du chapitre : une mesure unique aurait donné 226 Ω226\ \Omega sans le moindre signal d'alarme, et on l'aurait écrite comme la valeur de la résistance. C'est le GRAPHIQUE, et lui seul, qui montre le décrochage et permet de dire à partir de quel courant la loi d'Ohm cesse d'être linéaire. Un point isolé ne peut jamais démentir un modèle : il n'a rien à quoi se comparer.

51015202530354045246810I (mA)U (V)carre : point hors droite

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq phrases suivantes a été entendue en laboratoire d'électricité. Dites ce qu'elle a de faux, puis écrivez la version correcte. Une correction qui se contente de dire « c'est faux » ne vaut aucun point : il faut nommer la règle violée.

  • a) « Un multimètre qui affiche quatre chiffres donne quatre chiffres significatifs fiables. »
  • b) « Pour deux résistances en parallèle, on additionne les incertitudes relatives, comme dans un produit. »
  • c) « L'ampèremètre se branche en série, donc il ne modifie pas le courant qu'il mesure. »
  • d) « La régression linéaire donne la pente au millième près, donc l'incertitude sur la résistance est négligeable. »
  • e) « La mesure R=(226±4) ΩR=(226\pm 4)\ \Omega est incompatible avec la valeur marquée 220 Ω220\ \Omega, puisque 226220226\neq 220. »

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Faux : l'afficheur ne dit rien de l'exactitude, seule la notice la donne
  • b) Faux : le parallèle n'est pas un produit ; ici la relative reste 5%5\,\%, pas 10%10\,\%
  • c) Faux : sa résistance interne diminue le courant, c'est une erreur systématique
  • d) Faux : la précision du calcul n'est pas l'incertitude de la mesure
  • e) Faux : 220220 appartient à [222;230][222\,;230] ? non, mais la tolérance de 5%5\,\% les réconcilie

a) FAUX. Le nombre de chiffres affichés est une caractéristique de l'ÉLECTRONIQUE D'AFFICHAGE, pas de l'exactitude. Un appareil spécifié ±(0,5%+2)\pm(0{,}5\,\%+2) affichant 12,4712{,}47 V est connu à ±0,08\pm 0{,}08 V : le dernier chiffre affiché est déjà incertain. Version correcte : « le nombre de chiffres significatifs d'un résultat se décide à partir de l'incertitude, calculée à partir de la notice, et il est presque toujours inférieur au nombre de chiffres affichés ».

b) FAUX, et doublement. D'abord, la formule Rp=R1R2R1+R2R_{p}=\dfrac{R_{1}R_{2}}{R_{1}+R_{2}} n'est pas un produit : elle contient une somme au dénominateur, donc la règle des relatives ne s'applique pas telle quelle. Ensuite, le résultat est numériquement faux : pour (100±5) Ω(100\pm 5)\ \Omega et (220±11) Ω(220\pm 11)\ \Omega, l'addition des relatives donnerait 10%10\,\% alors que le calcul exact donne 5%5\,\%, soit le DOUBLE de la vérité. Version correcte : « on propage par les dérivées partielles ; quand les deux résistances ont la même tolérance relative, l'association parallèle la conserve ».

c) FAUX. Un ampèremètre réel possède une résistance interne, faible mais non nulle, et l'insérer en série AUGMENTE la résistance totale, donc DIMINUE le courant. L'erreur est d'autant plus grande que le circuit est de faible résistance. Ce n'est pas une erreur aléatoire : elle a toujours le même signe et la répétition ne l'efface pas. Version correcte : « un ampèremètre perturbe le circuit ; on le choisit de résistance très inférieure à celle du circuit, et on corrige quand ce n'est pas possible ».

d) FAUX. Le nombre de décimales que sort une calculatrice n'a aucun rapport avec l'incertitude : c'est une précision de CALCUL, pas une exactitude de MESURE. La pente hérite de l'incertitude des points, et on l'estime par la demi-étendue des pentes des DROITES EXTRÊMES, ou par la formule de l'incertitude sur la pente. Version correcte : « la régression donne la meilleure pente, pas son incertitude ; celle-ci se lit sur la dispersion des points autour de la droite ».

e) FAUX. Deux nombres différents peuvent parfaitement désigner la même grandeur : c'est précisément ce que l'incertitude autorise. Ici, la mesure couvre [222;230] Ω[222\,;230]\ \Omega et elle n'englobe effectivement pas 220220. Mais la valeur marquée n'est pas une valeur EXACTE : elle porte la tolérance de 5%5\,\% du fabricant, donc [209;231] Ω[209\,;231]\ \Omega. Les deux intervalles se recouvrent largement, donc les valeurs sont COMPATIBLES. Version correcte : « deux valeurs sont compatibles si leurs intervalles se recouvrent ; comparer les nombres centraux ne décide de rien ». C'est l'erreur de raisonnement la plus coûteuse du chapitre, parce qu'elle conduit à déclarer une expérience ratée alors qu'elle a réussi.

Exercice 9 : Problème : la force électromotrice et la résistance interne d'une pile

Une pile alimente une résistance variable. Pour cinq réglages, on relève le courant débité et la tension aux bornes de la pile :

II (A) : 0,100{,}10 ; 0,200{,}20 ; 0,300{,}30 ; 0,400{,}40 ; 0,500{,}50. UU (V) : 1,521{,}52 ; 1,471{,}47 ; 1,431{,}43 ; 1,381{,}38 ; 1,341{,}34.

Le modèle de la pile réelle s'écrit U=εrIU=\varepsilon-rI : la tension aux bornes est la force électromotrice diminuée de la chute interne.

  • a) Pourquoi la tension aux bornes diminue-t-elle quand le courant augmente ? Que lit-on alors sur la pente et sur l'ordonnée à l'origine ?
  • b) Calculez la pente de la régression, puis la résistance interne, en Ω.
  • c) Calculez la force électromotrice, en V.
  • d) Les deux droites extrêmes passant par toutes les barres d'incertitude ont des pentes de 0,42-0{,}42 et 0,48-0{,}48 V/A. Donnez rr avec son incertitude.
  • e) L'étiquette annonce 1,51{,}5 V. Avec Δε=0,02\Delta\varepsilon=0{,}02 V, la mesure est-elle compatible ? Que faut-il en conclure sur la « valeur nominale » ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) La chute interne rIrI grandit avec le courant ; pente =r=-r, ordonnée =ε=\varepsilon
  • b) Pente 0,45-0{,}45 V/A, donc r=0,45r=0{,}45 Ω
  • c) ε1,563\varepsilon\approx 1{,}563 V
  • d) r=(0,45±0,03)r=(0{,}45\pm 0{,}03) Ω
  • e) Non compatible, et c'est normal : une valeur nominale n'est pas une valeur attendue

a) Le courant traverse aussi l'INTÉRIEUR de la pile, qui possède une résistance rr ; il y perd la tension rIrI. Ce qui reste disponible aux bornes vaut donc εrI\varepsilon-rI, et diminue linéairement avec le courant. La relation est de la forme Y=b+aXY=b+aX avec X=IX=I et Y=UY=U : la PENTE vaut r-r, donc la résistance interne est l'OPPOSÉ de la pente, et l'ORDONNÉE À L'ORIGINE vaut ε\varepsilon, la tension qu'on lirait à courant nul, c'est-à-dire la pile débranchée.

b) Iˉ=0,30\bar I=0{,}30 A et Uˉ=1,428\bar U=1{,}428 V. On forme (IiIˉ)(UiUˉ)=0,045\sum(I_{i}-\bar I)(U_{i}-\bar U)=-0{,}045 et (IiIˉ)2=0,10\sum(I_{i}-\bar I)^{2}=0{,}10, d'où a=0,0450,10=0,45a=\dfrac{-0{,}045}{0{,}10}=-0{,}45 V/A. La résistance interne est r=a=0,45 Ωr=-a=0{,}45\ \Omega. Le signe négatif de la pente n'est PAS une erreur : c'est lui qui porte la physique, et le prendre positif donnerait une pile qui se renforce quand on la tire.

c) ε=UˉaIˉ=1,428(0,45)×0,30=1,428+0,135=1,563\varepsilon=\bar U-a\bar I=1{,}428-(-0{,}45)\times 0{,}30=1{,}428+0{,}135=1{,}563 V. Remarquez qu'on ne l'obtient PAS en mesurant la tension à vide au voltmètre : celui-ci tire lui-même un petit courant. L'extrapolation à courant nul est la bonne méthode, et c'est un des rares cas où l'ordonnée à l'origine porte le résultat cherché plutôt qu'un contrôle.

d) Δr=0,480,422=0,480,422=0,03 Ω\Delta r=\dfrac{|{-0{,}48}|-|{-0{,}42}|}{2}=\dfrac{0{,}48-0{,}42}{2}=0{,}03\ \Omega. Donc r=(0,45±0,03) Ωr=(0{,}45\pm 0{,}03)\ \Omega, soit une incertitude relative de 6,7%6{,}7\,\%. Les droites extrêmes sont l'outil graphique standard : on trace les deux droites les plus et les moins inclinées qui traversent encore toutes les barres d'incertitude, et la demi-étendue de leurs pentes donne l'incertitude.

e) L'intervalle de la mesure est [1,54;1,58][1{,}54\,;1{,}58] V, et 1,51{,}5 V n'y appartient pas : au sens strict, la mesure et l'étiquette sont INCOMPATIBLES. Cela ne signifie pas que l'expérience est ratée. Une valeur nominale de pile n'est pas une valeur attendue au sens métrologique : c'est un nom de catégorie, comme le 220 Ω220\ \Omega d'une résistance, et une pile alcaline neuve délivre couramment 1,551{,}55 à 1,601{,}60 V, la valeur descendant vers 1,51{,}5 V puis en dessous à mesure qu'elle se décharge. La conclusion correcte est donc : « la force électromotrice mesurée, (1,563±0,020)(1{,}563\pm 0{,}020) V, est celle d'une pile neuve, au-dessus de sa valeur nominale, ce qui est attendu ». Comparer une mesure à une étiquette commerciale sans savoir ce que l'étiquette garantit est la faute de jugement la plus courante des rapports de laboratoire.

0.10.20.30.40.50.61.21.251.31.351.41.451.51.551.61.65I (A)U (V)droites extremes en tirets

Exercice 10 : Problème : la constante de temps d'un circuit RC par régression semi-logarithmique

Un condensateur chargé sous 9,009{,}00 V se décharge dans une résistance R=47R=47 kΩ connue à 5%5\,\%. On relève la tension à ses bornes :

tt (s) : 00 ; 55 ; 1010 ; 1515 ; 2020. uu (V) : 9,009{,}00 ; 6,026{,}02 ; 4,044{,}04 ; 2,702{,}70 ; 1,811{,}81.

La décharge suit u(t)=U0et/τu(t)=U_{0}\,e^{-t/\tau}, qui n'est pas une droite. On la LINÉARISE en prenant le logarithme.

  • a) Montrez que lnu\ln u est une fonction affine de tt, et dites ce que valent sa pente et son ordonnée à l'origine.
  • b) Calculez la pente de la régression de lnu\ln u en fonction de tt, en s1^{-1}.
  • c) Déduisez-en la constante de temps, en s.
  • d) Calculez la capacité, en µF. Le condensateur est marqué 270270 µF à ±20%\pm 20\,\% : est-ce compatible ?
  • e) On aurait pu chronométrer le temps de demi-décharge. Calculez-le, puis dites ce que la méthode des cinq points apporte de plus.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) lnu=lnU0tτ\ln u=\ln U_{0}-\dfrac{t}{\tau} : pente 1τ-\dfrac{1}{\tau}, ordonnée lnU0\ln U_{0}
  • b) a0,0802a\approx -0{,}0802 s1^{-1}
  • c) τ12,5\tau\approx 12{,}5 s
  • d) C265C\approx 265 µF, compatible avec [216;324][216\,;324] µF
  • e) t1/28,6t_{1/2}\approx 8{,}6 s ; les cinq points prouvent en plus que la décroissance EST exponentielle

a) En prenant le logarithme népérien des deux membres de u=U0et/τu=U_{0}e^{-t/\tau} : lnu=lnU0+ln(et/τ)=lnU0tτ\ln u=\ln U_{0}+\ln\left(e^{-t/\tau}\right)=\ln U_{0}-\dfrac{t}{\tau}. C'est bien de la forme Y=b+aXY=b+aX avec Y=lnuY=\ln u et X=tX=t : la PENTE vaut 1τ-\dfrac{1}{\tau} et l'ORDONNÉE À L'ORIGINE vaut lnU0\ln U_{0}. On ne trace donc pas uu en fonction de tt, qui donnerait une courbe d'où l'on ne peut rien lire de précis, mais lnu\ln u en fonction de tt.

b) Les logarithmes valent 2,19722{,}1972 ; 1,79511{,}7951 ; 1,39621{,}3962 ; 0,99320{,}9932 ; 0,59330{,}5933. Les écarts successifs, 0,402-0{,}402 ; 0,399-0{,}399 ; 0,403-0{,}403 ; 0,400-0{,}400, sont quasi identiques : c'est la signature d'une vraie exponentielle, et c'est un contrôle à faire avant tout calcul. La régression donne tˉ=10\bar t=10 s, lnu=1,3950\overline{\ln u}=1{,}3950, (titˉ)(lnuilnu)=20,048\sum(t_{i}-\bar t)(\ln u_{i}-\overline{\ln u})=-20{,}048, (titˉ)2=250\sum(t_{i}-\bar t)^{2}=250, d'où a=20,048250=0,0802a=\dfrac{-20{,}048}{250}=-0{,}0802 s1^{-1}.

c) τ=1a=10,0802=12,47\tau=-\dfrac{1}{a}=\dfrac{1}{0{,}0802}=12{,}47 s, soit environ 12,512{,}5 s. Contrôle par l'ordonnée à l'origine : b=1,3950+0,0802×10=2,197b=1{,}3950+0{,}0802\times 10=2{,}197, et e2,197=9,00e^{2{,}197}=9{,}00 V, exactement la tension initiale annoncée. Quand ce contrôle échoue, c'est que la tension initiale a été mal relevée ou que le chronomètre n'a pas démarré avec la décharge.

d) C=τR=12,4747000=2,653×104C=\dfrac{\tau}{R}=\dfrac{12{,}47}{47\,000}=2{,}653\times 10^{-4} F, soit 265265 µF. Avec 5%5\,\% sur la résistance et environ 2,4%2{,}4\,\% sur la constante de temps, l'incertitude relative sur CC atteint 7,4%7{,}4\,\%, donc C=(265±20)C=(265\pm 20) µF. Le marquage 270270 µF à ±20%\pm 20\,\% couvre [216;324][216\,;324] µF, qui contient largement la mesure : COMPATIBLE. Les condensateurs électrolytiques ont des tolérances très larges, souvent 20%-20\,\% à +50%+50\,\% : trouver 265265 au lieu de 270270 n'a rien d'un exploit, et un écart de 15%15\,\% n'aurait rien eu d'alarmant non plus.

e) Le temps de demi-décharge vaut t1/2=τln2=12,47×0,693=8,64t_{1/2}=\tau\ln 2=12{,}47\times 0{,}693=8{,}64 s. La mesure est plus rapide, et pour une simple estimation elle suffit. Ce qu'elle ne donne pas : la PREUVE que la décroissance est bien exponentielle. Un seul chronométrage donnerait un nombre quel que soit le phénomène, y compris si le condensateur fuit, si la résistance chauffe ou si le voltmètre draine du courant ; l'alignement des cinq points sur la droite semi-logarithmique, lui, le vérifie. C'est le même argument qu'à l'exercice 7 : un point isolé ne peut jamais démentir un modèle. On ajoute qu'une courbure vers le haut du tracé semi-logarithmique signale une fuite parallèle, et qu'une courbure vers le bas signale une résistance qui augmente.

5101520250.511.522.5t (s)ln upente = -1/tau

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Aléatoire ou systématique : une seule des deux se corrige en répétant

Une erreur ALÉATOIRE change de signe d'une mesure à l'autre ; la moyenne la réduit, et l'écart-type la mesure. Une erreur SYSTÉMATIQUE garde toujours le même signe ; la moyenne ne la touche pas, et aucun écart-type ne la révèle.

On monte un diviseur de tension : deux résistances égales en série sur une alimentation de 12,012{,}0 V, et un voltmètre de résistance interne RV=1,00R_{V}=1{,}00 MΩ aux bornes de la seconde.

12,0 VRRVRV = 1 MOhm
  • a) Sans voltmètre, quelle tension règne aux bornes de la seconde résistance, en V ?
  • b) Avec R=100R=100 kΩ, calculez la résistance vue par le diviseur, puis la tension réellement lue, en V.
  • c) Calculez l'erreur absolue et l'erreur relative commises. Répéter la mesure cent fois les ferait-il disparaître ?
  • d) On refait le montage avec R=1,0R=1{,}0 kΩ. Calculez la tension lue et l'erreur relative, en %.
  • e) Classez en aléatoire ou systématique : le bruit du secteur à 6060 Hz, la résistance des cordons de mesure, l'arrondi de lecture au dernier digit, la dérive thermique d'une résistance étalon.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/10

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 6,006{,}00 V
  • b) 90,990{,}9 kΩ en parallèle, et 5,715{,}71 V lus
  • c) 0,29-0{,}29 V, soit 4,8%-4{,}8\,\% ; non, c'est systématique
  • d) 6,006{,}00 V lus, erreur 0,05%-0{,}05\,\%
  • e) Aléatoires : le bruit du secteur, l'arrondi. Systématiques : les cordons, la dérive thermique

a) Deux résistances égales en série se partagent la tension à parts égales : U=12,02=6,00U=\dfrac{12{,}0}{2}=6{,}00 V. C'est la valeur qu'on cherche à mesurer, et celle qu'un voltmètre idéal, de résistance infinie, afficherait.

b) Le voltmètre se branche en PARALLÈLE sur la seconde résistance, donc le diviseur ne voit plus 100100 kΩ mais 100×1000100+1000=1000001100=90,9\dfrac{100\times 1000}{100+1000}=\dfrac{100\,000}{1100}=90{,}9 kΩ. La tension lue devient 12,0×90,9100+90,9=12,0×0,4762=5,7112{,}0\times\dfrac{90{,}9}{100+90{,}9}=12{,}0\times 0{,}4762=5{,}71 V. Le voltmètre n'a pas mesuré la tension du circuit : il a mesuré la tension du circuit MODIFIÉ PAR LUI.

c) Erreur absolue : 5,716,00=0,295{,}71-6{,}00=-0{,}29 V. Erreur relative : 0,296,00=4,8%\dfrac{-0{,}29}{6{,}00}=-4{,}8\,\%. Répéter cent fois ne changerait RIEN : chaque mesure donnerait la même valeur basse, la moyenne vaudrait encore 5,715{,}71 V, et l'écart-type serait minuscule, ce qui donnerait l'illusion d'une excellente mesure. C'est exactement le danger d'une erreur systématique : elle se déguise en précision. Aucun traitement statistique ne la détecte ; seule l'analyse du MONTAGE la révèle.

d) Avec R=1,0R=1{,}0 kΩ, le parallèle vaut 1000×1061000+106=999,0 Ω\dfrac{1000\times 10^{6}}{1000+10^{6}}=999{,}0\ \Omega, et la tension lue 12,0×999,01999,0=5,99712{,}0\times\dfrac{999{,}0}{1999{,}0}=5{,}997 V, soit une erreur de 0,05%-0{,}05\,\%, cent fois plus petite. La règle : l'effet de charge est négligeable tant que RVRR_{V}\gg R, typiquement d'un facteur mille. Symétriquement, un ampèremètre doit avoir une résistance très INFÉRIEURE à celle du circuit. Quand ce n'est pas possible, comme ici avec des résistances de 100100 kΩ, on ne change pas d'appareil : on CORRIGE le résultat par le calcul de b).

e) Le bruit du secteur à 6060 Hz est ALÉATOIRE : il fait fluctuer la lecture de part et d'autre, et la moyenne le réduit. L'arrondi au dernier digit est ALÉATOIRE aussi, tant que la valeur vraie ne tombe pas systématiquement au même endroit entre deux digits. La résistance des cordons de mesure est SYSTÉMATIQUE : elle s'ajoute toujours dans le même sens, et elle se corrige en court-circuitant les pointes pour lire le décalage, puis en le soustrayant. La dérive thermique d'une résistance étalon est SYSTÉMATIQUE sur la durée d'une séance : la résistance monte régulièrement pendant que le montage chauffe, ce qui biaise toutes les mesures dans le même sens ; on la combat en laissant le montage se stabiliser, ou en alternant l'ordre des mesures.

Exercice 12 : Le code des couleurs, la tolérance et le zéro de l'ohmmètre

Une résistance porte les anneaux rouge, rouge, brun, or. Le code : les deux premiers anneaux donnent les chiffres, le troisième le multiplicateur, le quatrième la tolérance, l'or valant ±5%\pm 5\,\%.

La TOLÉRANCE n'est pas une incertitude de mesure : c'est une garantie du fabricant sur la dispersion de sa production. Les deux se comparent, elles ne s'additionnent pas.

  • a) Donnez la valeur nominale, la tolérance en ohms, et l'intervalle garanti par le fabricant.
  • b) L'ohmmètre donne (226±4) Ω(226\pm 4)\ \Omega. Le composant est-il conforme ?
  • c) Une seconde résistance du même lot donne (238±3) Ω(238\pm 3)\ \Omega. Conclusion ?
  • d) On court-circuite les pointes de l'ohmmètre : il affiche (0,6±0,1) Ω(0{,}6\pm 0{,}1)\ \Omega. Que faut-il faire de cette lecture, et le verdict de c) change-t-il ?
  • e) Un étudiant additionne la tolérance et l'incertitude de mesure pour obtenir ±15 Ω\pm 15\ \Omega. Pourquoi est-ce une faute de raisonnement ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
Intervalle garanti ;
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) 220 Ω220\ \Omega, ±11 Ω\pm 11\ \Omega, donc [209;231] Ω[209\,;231]\ \Omega
  • b) Oui : [222;230][222\,;230] est entièrement dans [209;231][209\,;231]
  • c) Non : [235;241][235\,;241] ne rencontre pas [209;231][209\,;231]
  • d) La soustraire : 237,4 Ω237{,}4\ \Omega, le verdict ne change pas
  • e) Il mélange une garantie de fabrication et une incertitude de mesure

a) Rouge vaut 22, rouge vaut 22, brun comme multiplicateur vaut ×10\times 10 : la valeur nominale est 22×10=220 Ω22\times 10=220\ \Omega. L'anneau or donne ±5%\pm 5\,\%, soit 0,05×220=11 Ω0{,}05\times 220=11\ \Omega. Le fabricant garantit donc [209;231] Ω[209\,;231]\ \Omega, et rien de plus : il ne promet pas 220,0 Ω220{,}0\ \Omega.

b) La mesure couvre [222;230] Ω[222\,;230]\ \Omega. Cet intervalle est entièrement contenu dans l'intervalle garanti : le composant est CONFORME. Notez qu'il n'est pas nécessaire que la valeur nominale 220220 appartienne à l'intervalle de mesure, et ce n'est d'ailleurs pas le cas ici. La question posée est « le fabricant a-t-il tenu sa promesse », pas « la mesure tombe-t-elle pile sur l'étiquette ».

c) La mesure couvre [235;241] Ω[235\,;241]\ \Omega, qui ne rencontre PAS [209;231][209\,;231] : les deux intervalles sont disjoints, avec 4 Ω4\ \Omega d'écart entre la borne haute du fabricant et la borne basse de la mesure. Deux explications restent ouvertes : le composant est hors tolérance, ou l'ohmmètre est biaisé. Tant qu'on n'a pas éliminé la seconde, on n'a pas le droit d'accuser la première.

d) Ces 0,6 Ω0{,}6\ \Omega sont la résistance des CORDONS et des contacts : ils s'ajoutent à toute lecture, toujours dans le même sens, donc c'est une erreur systématique qui se corrige par soustraction. La mesure corrigée vaut 2380,6=237,4 Ω238-0{,}6=237{,}4\ \Omega, avec une incertitude portée à 3+0,1=3,1 Ω3+0{,}1=3{,}1\ \Omega, donc [234,3;240,5] Ω[234{,}3\,;240{,}5]\ \Omega. L'intervalle ne rencontre toujours pas [209;231][209\,;231] : le verdict NE CHANGE PAS, la résistance est bien hors tolérance. La correction valait quand même la peine d'être faite : sur une résistance de 2 Ω2\ \Omega, ces mêmes 0,6 Ω0{,}6\ \Omega auraient représenté 30%30\,\% d'erreur.

e) Parce que les deux nombres ne parlent pas de la même chose. La tolérance décrit la DISPERSION D'UNE POPULATION de composants sortis d'usine ; l'incertitude décrit ce que NOTRE MESURE ignore de CE composant-ci. Additionner revient à confondre « je ne sais pas laquelle des résistances du tiroir j'ai prise » et « je ne sais pas exactement ce que vaut celle que je tiens ». Concrètement, la règle est : on CONFRONTE les deux intervalles, on les compare, on ne les combine jamais. La seule chose qu'on additionne à une incertitude de mesure, c'est une autre incertitude de mesure, comme les 0,1 Ω0{,}1\ \Omega de la question d).

Exercice 13 : Le pont de Wheatstone à fil : pourquoi une méthode de zéro gagne

Un pont à fil compare une résistance inconnue à un étalon. Un fil homogène de 100,0100{,}0 cm est tendu le long d'une règle ; un curseur le divise en deux tronçons de longueurs \ell et 100,0100{,}0-\ell, dont les résistances sont proportionnelles aux longueurs.

À l'équilibre, le galvanomètre central n'indique aucun courant et Rx=Reˊt100,0R_{x}=R_{\text{ét}}\dfrac{\ell}{100{,}0-\ell}.

Données : Reˊt=100,0 ΩR_{\text{ét}}=100{,}0\ \Omega connu à 0,1%0{,}1\,\%, équilibre obtenu pour =(68,4±0,3)\ell=(68{,}4\pm 0{,}3) cm.

R etalonRxGcurseurlongueur l100,0 - lpile
  • a) Calculez la résistance inconnue, en Ω.
  • b) Calculez l'incertitude relative apportée par les deux longueurs, en %.
  • c) Ajoutez la contribution de l'étalon, puis écrivez le résultat avec son incertitude, en Ω.
  • d) Un ohmmètre direct donne (219±7) Ω(219\pm 7)\ \Omega. Les deux mesures sont-elles compatibles, et laquelle retient-on ?
  • e) Où faudrait-il placer le curseur pour que l'incertitude relative soit la plus petite possible ? Quelle conséquence pratique sur le choix de l'étalon ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Rx216,5 ΩR_{x}\approx 216{,}5\ \Omega
  • b) 1,39%1{,}39\,\%
  • c) 1,49%1{,}49\,\% au total, donc Rx=(216±3) ΩR_{x}=(216\pm 3)\ \Omega
  • d) Compatibles ; on retient le pont, deux fois plus précis
  • e) Au MILIEU du fil, =50,0\ell=50{,}0 cm : on choisit un étalon voisin de RxR_{x}

a) Rx=100,0×68,4100,068,4=100,0×68,431,6=216,46 ΩR_{x}=100{,}0\times\dfrac{68{,}4}{100{,}0-68{,}4}=100{,}0\times\dfrac{68{,}4}{31{,}6}=216{,}46\ \Omega. Le curseur étant au-delà du milieu, le rapport dépasse 11 et la résistance inconnue est plus grande que l'étalon : contrôle qualitatif immédiat.

b) La formule est un quotient de deux longueurs, donc les relatives s'additionnent. Attention au point délicat : les deux longueurs ne sont PAS indépendantes, mais elles portent toutes deux l'incertitude Δ=0,3\Delta\ell=0{,}3 cm, celle de la position du curseur. 0,368,4=0,00439\dfrac{0{,}3}{68{,}4}=0{,}00439, soit 0,44%0{,}44\,\%, et 0,331,6=0,00949\dfrac{0{,}3}{31{,}6}=0{,}00949, soit 0,95%0{,}95\,\%. Total : 1,39%1{,}39\,\%. Le tronçon COURT domine, parce que la même incertitude absolue y pèse relativement plus lourd.

c) L'étalon apporte 0,1%0{,}1\,\%, donc ΔRxRx=1,39+0,10=1,49%\dfrac{\Delta R_{x}}{R_{x}}=1{,}39+0{,}10=1{,}49\,\% et ΔRx=216,46×0,0149=3,2 Ω\Delta R_{x}=216{,}46\times 0{,}0149=3{,}2\ \Omega, arrondi à 3 Ω3\ \Omega. Résultat : Rx=(216±3) ΩR_{x}=(216\pm 3)\ \Omega. L'étalon ne contribue presque pas : c'est tout l'intérêt d'en payer un bon, il sort du bilan d'incertitude.

d) Les intervalles sont [213;219] Ω[213\,;219]\ \Omega pour le pont et [212;226] Ω[212\,;226]\ \Omega pour l'ohmmètre. Ils se recouvrent largement, donc les deux mesures sont COMPATIBLES. On retient celle du PONT : son incertitude relative vaut 1,5%1{,}5\,\% contre 3,2%3{,}2\,\% pour l'ohmmètre, soit deux fois mieux. La raison profonde est que le galvanomètre ne sert qu'à détecter un ZÉRO : ni son étalonnage, ni sa linéarité, ni la tension de la pile n'entrent dans le résultat, qui ne dépend que d'un rapport de longueurs et d'un étalon. Une méthode de zéro transforme un problème de mesure en un problème de comparaison, et une comparaison se fait toujours mieux qu'une lecture absolue.

e) L'incertitude relative vaut 0,3(1+1100)0{,}3\left(\dfrac{1}{\ell}+\dfrac{1}{100-\ell}\right), somme qui est MINIMALE quand les deux termes sont égaux, c'est-à-dire pour =50,0\ell=50{,}0 cm : elle tombe alors à 0,3×(150+150)=0,0120{,}3\times\left(\dfrac{1}{50}+\dfrac{1}{50}\right)=0{,}012, soit 1,2%1{,}2\,\% au lieu de 1,39%1{,}39\,\%. Et elle explose vers les bords : à =90\ell=90 cm, elle vaut 0,3×(190+110)=3,3%0{,}3\times\left(\dfrac{1}{90}+\dfrac{1}{10}\right)=3{,}3\,\%, presque trois fois pire. Conséquence pratique, et c'est la vraie leçon de l'exercice : ON CHOISIT L'ÉTALON LE PLUS PROCHE POSSIBLE DE LA RÉSISTANCE INCONNUE, pour que l'équilibre tombe vers le milieu du fil. Un étalon de 10 Ω10\ \Omega pour mesurer 216 Ω216\ \Omega donnerait un équilibre vers 9696 cm et une mesure médiocre, alors même que l'étalon, lui, serait excellent.

Exercice 14 : La résistivité d'un fil : le diamètre compte double

La résistance d'un fil homogène vaut R=ρLSR=\dfrac{\rho L}{S}, où S=πd24S=\dfrac{\pi d^{2}}{4} est l'aire de la section droite. On en tire la résistivité, ρ=RSL=πRd24L\rho=\dfrac{RS}{L}=\dfrac{\pi R d^{2}}{4L}.

Mesures sur un fil de nichrome : R=(12,81±0,05) ΩR=(12{,}81\pm 0{,}05)\ \Omega, L=(1,500±0,002)L=(1{,}500\pm 0{,}002) m, et le diamètre au micromètre, d=(0,405±0,005)d=(0{,}405\pm 0{,}005) mm.

  • a) Calculez l'aire de la section, en m².
  • b) Calculez la résistivité, en Ω·m.
  • c) Donnez les trois contributions relatives. Laquelle domine, et pourquoi ?
  • d) Calculez l'incertitude absolue et écrivez le résultat. Le nichrome est tabulé à 1,10×1061{,}10\times 10^{-6} Ω·m : conclusion ?
  • e) On remplace le micromètre par un pied à coulisse, Δd=0,05\Delta d=0{,}05 mm. Que devient l'incertitude relative, en % ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) S1,288×107S\approx 1{,}288\times 10^{-7}
  • b) ρ1,100×106\rho\approx 1{,}100\times 10^{-6} Ω·m
  • c) 0,39%0{,}39\,\%, 2,47%2{,}47\,\% et 0,13%0{,}13\,\% : le diamètre domine
  • d) ρ=(1,10±0,03)×106\rho=(1{,}10\pm 0{,}03)\times 10^{-6} Ω·m, compatible avec la table
  • e) 25%25\,\% : la mesure ne vaut plus rien

a) On convertit d'abord le diamètre en mètres, d=0,405d=0{,}405 mm =4,05×104=4{,}05\times 10^{-4} m. S=πd24=π×(4,05×104)24=π×1,6403×1074=1,288×107S=\dfrac{\pi d^{2}}{4}=\dfrac{\pi\times(4{,}05\times 10^{-4})^{2}}{4}=\dfrac{\pi\times 1{,}6403\times 10^{-7}}{4}=1{,}288\times 10^{-7} m². L'oubli de la conversion est la faute la plus fréquente ici, et elle passe inaperçue : le résultat final sort alors un million de fois trop grand, ce qui ne ressemble à rien de tabulé.

b) ρ=RSL=12,81×1,288×1071,500=1,6502×1061,500=1,100×106\rho=\dfrac{RS}{L}=\dfrac{12{,}81\times 1{,}288\times 10^{-7}}{1{,}500}=\dfrac{1{,}6502\times 10^{-6}}{1{,}500}=1{,}100\times 10^{-6} Ω·m.

c) La résistance apparaît à la puissance 11, la longueur à la puissance 1-1, le diamètre à la puissance 22. Donc : ΔRR=0,0512,81=0,39%\dfrac{\Delta R}{R}=\dfrac{0{,}05}{12{,}81}=0{,}39\,\% ; 2Δdd=2×0,0050,405=2×1,23=2,47%2\dfrac{\Delta d}{d}=2\times\dfrac{0{,}005}{0{,}405}=2\times 1{,}23=2{,}47\,\% ; ΔLL=0,0021,500=0,13%\dfrac{\Delta L}{L}=\dfrac{0{,}002}{1{,}500}=0{,}13\,\%. Le DIAMÈTRE domine, et pour deux raisons cumulées : il est mesuré sur une grandeur minuscule, donc sa relative est déjà la plus grande des trois, et il intervient au CARRÉ, ce qui la double encore. À lui seul il fait 83%83\,\% du budget d'incertitude.

d) Total : 0,39+2,47+0,13=2,99%0{,}39+2{,}47+0{,}13=2{,}99\,\%, donc Δρ=1,100×106×0,0299=3,3×108\Delta\rho=1{,}100\times 10^{-6}\times 0{,}0299=3{,}3\times 10^{-8} Ω·m, arrondi à 0,03×1060{,}03\times 10^{-6}. Résultat : ρ=(1,10±0,03)×106\rho=(1{,}10\pm 0{,}03)\times 10^{-6} Ω·m. L'intervalle [1,07;1,13]×106[1{,}07\,;1{,}13]\times 10^{-6} contient la valeur tabulée 1,10×1061{,}10\times 10^{-6} Ω·m : la mesure est COMPATIBLE avec la table, et le fil est bien du nichrome.

e) Avec Δd=0,05\Delta d=0{,}05 mm, la contribution du diamètre passe à 2×0,050,405=24,7%2\times\dfrac{0{,}05}{0{,}405}=24{,}7\,\%, et le total à 25,2%25{,}2\,\%. La résistivité deviendrait (1,1±0,3)×106(1{,}1\pm 0{,}3)\times 10^{-6} Ω·m : un intervalle assez large pour englober aussi bien le nichrome que le constantan ou le manganin, donc une mesure qui ne permet plus d'identifier le métal. Changer d'instrument sur la SEULE grandeur dominante fait passer la mesure de 3%3\,\% à 25%25\,\%, sans qu'aucune autre mesure ait bougé. C'est l'illustration la plus nette de la règle du chapitre : on n'améliore pas « la manipulation », on améliore la contribution qui domine, et on la repère par le calcul AVANT d'entrer au laboratoire.

Exercice 15 : Problème : la même résistance interne par différence, et le facteur quatre perdu

On reprend la pile de l'exercice 9, mais avec la méthode rapide : on mesure la tension à vide, puis la tension en charge pour un courant connu, et on forme r=UvideUchargeIr=\dfrac{U_{\text{vide}}-U_{\text{charge}}}{I}.

Mesures : Uvide=(1,565±0,005)U_{\text{vide}}=(1{,}565\pm 0{,}005) V, Ucharge=(1,520±0,005)U_{\text{charge}}=(1{,}520\pm 0{,}005) V, I=(0,100±0,005)I=(0{,}100\pm 0{,}005) A.

  • a) Calculez la résistance interne, en Ω.
  • b) Calculez l'incertitude absolue puis l'incertitude relative sur la DIFFÉRENCE des deux tensions.
  • c) Calculez l'incertitude sur rr et écrivez le résultat, en Ω.
  • d) Comparez à (0,45±0,03) Ω(0{,}45\pm 0{,}03)\ \Omega obtenu par la régression. Par quel facteur la méthode rapide est-elle moins bonne ?
  • e) On refait la mesure à I=(0,500±0,005)I=(0{,}500\pm 0{,}005) A, où la tension en charge tombe à (1,340±0,005)(1{,}340\pm 0{,}005) V. Que devient l'incertitude ? Énoncez la règle générale.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) r=0,450 Ωr=0{,}450\ \Omega
  • b) Δ(ΔU)=0,010\Delta(\Delta U)=0{,}010 V, soit 22,2%22{,}2\,\%
  • c) 27,2%27{,}2\,\% au total, donc r=(0,45±0,12) Ωr=(0{,}45\pm 0{,}12)\ \Omega
  • d) Quatre fois moins bonne
  • e) r=(0,45±0,03) Ωr=(0{,}45\pm 0{,}03)\ \Omega : on fait grandir la différence, jamais l'inverse

a) ΔU=1,5651,520=0,045\Delta U=1{,}565-1{,}520=0{,}045 V, donc r=0,0450,100=0,450 Ωr=\dfrac{0{,}045}{0{,}100}=0{,}450\ \Omega. La valeur centrale est exactement celle qu'avait donnée la régression de l'exercice 9 : les deux méthodes ne se contredisent pas, elles n'ont pas la même PRÉCISION, ce qui est une tout autre affaire.

b) C'est une DIFFÉRENCE, donc les incertitudes absolues s'ADDITIONNENT : Δ(ΔU)=0,005+0,005=0,010\Delta(\Delta U)=0{,}005+0{,}005=0{,}010 V. Et c'est là que tout se joue : cette incertitude de 1010 mV porte sur un écart de 4545 mV seulement, soit une incertitude relative de 0,0100,045=22,2%\dfrac{0{,}010}{0{,}045}=22{,}2\,\%. Chacune des deux tensions, elle, n'était connue qu'à 0,3%0{,}3\,\% près. La soustraction a détruit l'information : elle a gardé l'incertitude et supprimé la grandeur.

c) Le courant apporte 0,0050,100=5,0%\dfrac{0{,}005}{0{,}100}=5{,}0\,\%. Total : 22,2+5,0=27,2%22{,}2+5{,}0=27{,}2\,\%, donc Δr=0,450×0,272=0,122 Ω\Delta r=0{,}450\times 0{,}272=0{,}122\ \Omega, arrondi à 0,12 Ω0{,}12\ \Omega. Résultat : r=(0,45±0,12) Ωr=(0{,}45\pm 0{,}12)\ \Omega, c'est-à-dire que la résistance interne est quelque part entre 0,330{,}33 et 0,57 Ω0{,}57\ \Omega.

d) La régression donnait ±0,03 Ω\pm 0{,}03\ \Omega, soit 6,7%6{,}7\,\% ; la méthode rapide donne ±0,12 Ω\pm 0{,}12\ \Omega, soit 27,2%27{,}2\,\%. Elle est QUATRE FOIS moins bonne, pour deux raisons qui se cumulent : elle repose sur une petite différence de deux grandeurs voisines, et elle n'utilise que deux points là où la régression en moyenne cinq. Le gain de temps est réel, mais il se paie au prix fort.

e) À 0,5000{,}500 A, la différence devient 1,5651,340=0,2251{,}565-1{,}340=0{,}225 V, cinq fois plus grande, alors que son incertitude absolue reste 0,0100{,}010 V : la relative tombe à 0,0100,225=4,4%\dfrac{0{,}010}{0{,}225}=4{,}4\,\%. Le courant apporte maintenant 0,0050,500=1,0%\dfrac{0{,}005}{0{,}500}=1{,}0\,\%, donc 5,4%5{,}4\,\% au total et Δr=0,450×0,054=0,024\Delta r=0{,}450\times 0{,}054=0{,}024, soit r=(0,45±0,03) Ωr=(0{,}45\pm 0{,}03)\ \Omega : la méthode rapide rejoint la régression. LA RÈGLE GÉNÉRALE : une différence de deux grandeurs voisines est le pire endroit où placer une mesure, parce que l'incertitude absolue y survit intacte pendant que la grandeur, elle, s'évanouit. Trois parades, dans l'ordre : faire GRANDIR la différence en changeant les conditions, comme ici en tirant cinq fois plus de courant ; mesurer la différence DIRECTEMENT quand l'appareil le permet, par exemple avec un montage différentiel ; ou remplacer les deux points par une régression sur plusieurs points, ce qui revient à mesurer une pente plutôt qu'un écart.

Chapitre suivant Charge, champ et potentiel électriques

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur en physique 203-SN2-RE à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. On travaille les incertitudes, les graphiques et la rédaction des rapports de laboratoire en même temps que la théorie de l'électricité et du magnétisme.

Site par Studio Squalli