Électricité et magnétisme 203-SN2-RE • Exercices corrigés de cégep à Montréal
Exercices corrigés : mesures, incertitudes et analyse graphique au laboratoire (203-SN2-RE)
Voici quinze exercices corrigés sur les mesures et les incertitudes au laboratoire d'électricité et magnétisme, le cours 203-SN2-RE du programme révisé de Sciences de la nature (200.B1), anciennement 203-NYB. Le devis prescrit ce volet expérimental dans les trois cours de physique, mais il se travaille sur les montages de chacun : ici, ce sont le multimètre, le diviseur de tension, la pile réelle, le circuit RC, le solénoïde et le pont de Wheatstone.
La partie A pose les règles sur les grandeurs électriques : la notice d'un multimètre et ses digits, les incertitudes relatives d'un quotient, les associations série et parallèle, la méthode des extrêmes et la méthode différentielle. La partie B passe au traitement des données : mesures répétées, régression linéaire, droites extrêmes, linéarisation semi-logarithmique. La partie C reprend ce qui revient d'un laboratoire à l'autre, et se termine sur le piège le plus coûteux du chapitre, la différence de deux grandeurs voisines.
Le fil de la série : en électricité, l'incertitude ne vient presque jamais de la main qui lit, elle vient de l'appareil et du montage. Un afficheur à quatre chiffres n'a pas quatre chiffres justes, un voltmètre modifie le circuit qu'il mesure, un diamètre au carré pèse double, et une petite différence de deux tensions voisines détruit la précision. On chiffre donc AVANT de manipuler ce que chaque grandeur apportera, et on améliore la contribution qui domine, jamais « la manipulation » en général.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Multimètre numérique : incertitude ±(a%de la lecture+ndigits), un digit valant une unité du dernier rang affiché. Le terme de digits dépend du CALIBRE, pas de la valeur mesurée.
•Écriture d'un résultat : x=(xˉ±Δx) unité ; l'incertitude à un chiffre significatif, deux si elle commence par 1, et la valeur arrondie à la même décimale.
•Somme ou différence : Δ(x±y)=Δx+Δy, incertitudes ABSOLUES.
•Produit, quotient, puissance : zΔz=∣a∣xΔx+∣b∣yΔy pour z=kxayb, incertitudes RELATIVES. Un facteur exact, comme un nombre de spires compté, n'apporte rien.
•Parallèle : Rp=R1+R2R1R2 n'est pas un produit. On propage par ∂R1∂Rp=(R1+R2R2)2 ; si les deux tolérances relatives sont égales, l'association les conserve.
•Méthode des extrêmes : Δz=2zmax−zmin, en prenant la borne HAUTE des grandeurs au numérateur et la borne BASSE de celles au dénominateur.
•Mesures répétées : moyenne, écart-type s=N−1∑(xi−xˉ)2, incertitude sur la moyenne Ns (type A). L'incertitude de notice est de type B, et répéter ne la réduit jamais.
•Erreur aléatoire : change de signe, la moyenne la réduit. Erreur systématique : même signe, la moyenne la conserve. L'effet de charge d'un voltmètre et la résistance des cordons sont systématiques.
•Linéariser une exponentielle : u=U0e−t/τ donne lnu=lnU0−τt, droite de pente −τ1.
•Tolérance d'un composant et incertitude de mesure se COMPARENT, elles ne s'additionnent jamais : deux valeurs sont compatibles quand leurs intervalles se recouvrent.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Lire un multimètre numérique et écrire un résultat
Un multimètre numérique n'a pas d'incertitude de lecture au sens de la règle graduée : l'affichage est net. Son incertitude est écrite dans la NOTICE, sous la forme ±(a%de la lecture+ndigits), où un digit vaut une unité du dernier chiffre affiché.
L'appareil utilisé ici est spécifié ±(0,5%+2digits) en tension continue. Sur le calibre 20,00 V, il affiche 12,47 V.
a) Que vaut un digit sur le calibre 20,00 V, en V ?
b) Calculez l'incertitude absolue sur la lecture 12,47 V, puis écrivez le résultat, en V.
c) Calculez l'incertitude relative, en %.
d) Sur le calibre 200,0 V, le même appareil afficherait 12,5 V. Calculez l'incertitude absolue et l'incertitude relative sur ce calibre.
e) Quelle règle de manipulation ces deux résultats imposent-ils ?
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Réponses
a)1 digit =0,01 V
b)ΔU=0,08 V, donc U=(12,47±0,08) V
c)0,66%
d)ΔU=0,3 V, soit 2,1%
e)Toujours choisir le plus petit calibre qui ne sature pas
a) Le calibre 20,00 V affiche deux décimales : le dernier chiffre est le centième de volt, donc UN DIGIT VAUT 0,01 V. Le mot « digit » ne désigne jamais un chiffre significatif, il désigne une unité du dernier rang affiché, et il change avec le calibre. C'est la première chose à repérer dans une notice.
b) La notice donne deux termes à ADDITIONNER. Terme proportionnel : 0,5%×12,47=0,0624 V. Terme de digits : 2×0,01=0,02 V. Total : ΔU=0,0624+0,02=0,0824 V, que l'on arrondit à UN chiffre significatif, 0,08 V. La valeur s'aligne sur la même décimale : U=(12,47±0,08) V. Écrire (12,4700±0,0824) V serait faux par excès de précision : les quatre chiffres de l'afficheur ne sont pas quatre chiffres justes.
c) UΔU=12,470,0824=0,0066, soit 0,66%. Un multimètre courant se situe entre un demi et deux pour cent : c'est l'ordre de grandeur à avoir en tête pour savoir si une mesure vaut la peine d'être affinée.
d) Sur le calibre 200,0 V, un digit vaut 0,1 V. Terme proportionnel : 0,5%×12,5=0,0625 V, quasi inchangé. Terme de digits : 2×0,1=0,2 V, soit DIX FOIS plus. Total 0,2625 V, arrondi à 0,3 V, donc U=(12,5±0,3) V et une incertitude relative de 2,1%. La même tension, le même appareil, et une mesure trois fois moins bonne.
e) La règle : ON DESCEND TOUJOURS AU PLUS PETIT CALIBRE QUI N'AFFICHE PAS LA SATURATION. Le terme de digits est fixé par le calibre, pas par la tension mesurée ; mesurer 12 V sur un calibre 200 V, c'est payer l'incertitude d'une mesure de 200 V. C'est l'erreur la plus fréquente du premier laboratoire, et elle ne laisse aucune trace visible dans le cahier : l'afficheur a l'air tout aussi net.
Exercice 2 : La loi d'Ohm : un quotient, donc des incertitudes relatives
On détermine une résistance en mesurant simultanément la tension à ses bornes et le courant qui la traverse, puis en formant le quotient R=IU.
Mesures : U=(6,42±0,05) V et I=(28,4±0,3) mA.
Dans un PRODUIT ou un QUOTIENT, ce sont les incertitudes RELATIVES qui s'additionnent, jamais les absolues.
a) Calculez la résistance, en Ω.
b) Calculez l'incertitude relative sur la résistance, en %.
c) Calculez l'incertitude absolue et écrivez le résultat, en Ω.
d) Laquelle des deux mesures faudrait-il améliorer en priorité ? Justifiez par les chiffres.
e) Un étudiant écrit ΔR=ΔIΔU=0,00030,05≈167 Ω. Où est la faute de raisonnement ?
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Réponses
a)R≈226,1 Ω
b)1,84%
c)ΔR≈4 Ω, donc R=(226±4) Ω
d)Le courant : il apporte 1,06% contre 0,78% pour la tension
e)Il divise deux incertitudes ; une incertitude n'est pas une grandeur qu'on injecte dans la formule
a) On convertit d'abord le courant en ampères, I=28,4 mA =0,0284 A, sinon la résistance sort en kilo-ohms sans qu'on s'en aperçoive. R=0,02846,42=226,06 Ω. On garde provisoirement toutes les décimales : l'arrondi se décide à la fin, quand l'incertitude est connue.
b) Chaque facteur apporte son incertitude relative. Pour la tension : 6,420,05=0,00779, soit 0,78%. Pour le courant : 28,40,3=0,01056, soit 1,06%. Les deux s'additionnent, que la grandeur soit au numérateur ou au dénominateur : RΔR=0,00779+0,01056=0,01835, soit 1,84%. Le fait que I soit au dénominateur ne change RIEN au signe : une incertitude ne se soustrait jamais.
c) ΔR=226,06×0,01835=4,15 Ω, arrondi à 4 Ω. La valeur s'aligne sur l'unité : R=(226±4) Ω. Les décimales de 226,06 disparaissent, parce qu'une incertitude de 4 Ω rend le chiffre des dixièmes dépourvu de sens.
d) Le courant, sans hésitation : il apporte 1,06% contre 0,78% pour la tension, donc 58% du total. C'est le raisonnement qu'on fait AVANT de retourner au laboratoire : descendre l'ampèremètre d'un calibre, ou augmenter le courant, divisera l'incertitude presque par deux, alors qu'un voltmètre plus fin ne gagnerait presque rien.
e) L'étudiant traite les incertitudes comme si elles étaient elles-mêmes une tension et un courant, et leur applique la loi d'Ohm. Une incertitude n'est pas une grandeur physique du circuit : c'est la largeur d'un intervalle. Elle se propage par une règle sur les incertitudes RELATIVES, jamais en la substituant dans la formule. Le résultat obtenu, 167 Ω, est d'ailleurs du même ordre que la résistance elle-même, ce qui aurait dû alerter : une incertitude de 74% sur une mesure faite au multimètre est physiquement absurde.
Exercice 3 : Série et parallèle : deux associations, une seule incertitude relative
Deux résistances au carbone portent la tolérance de 5% du fabricant : R1=(100±5)Ω et R2=(220±11)Ω.
En SÉRIE, la résistance équivalente est une SOMME, donc les incertitudes ABSOLUES s'additionnent. En PARALLÈLE, Rp=R1+R2R1R2 n'est ni une somme ni un simple produit : on propage par les dérivées partielles, ∂R1∂Rp=(R1+R2R2)2.
a) Calculez la résistance équivalente en série et son incertitude absolue, en Ω.
b) Calculez l'incertitude relative de l'association en série, en %.
c) Calculez la résistance équivalente en parallèle, en Ω.
d) Calculez l'incertitude absolue puis l'incertitude relative de l'association en parallèle.
e) Le résultat de d) n'est pas un hasard. Démontrez que si R1ΔR1=R2ΔR2=t, alors RpΔRp=t.
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Réponses
a)Rs=320 Ω et ΔRs=16 Ω
b)5,0%
c)Rp=68,75 Ω
d)ΔRp≈3,4 Ω, soit 5,0%
e)ΔRp=tR1+R2R1R2=tRp
a) Rs=100+220=320 Ω. C'est une SOMME, donc les incertitudes absolues s'additionnent : ΔRs=5+11=16 Ω. Résultat : Rs=(320±16)Ω, que l'on peut écrire (3,20±0,16)×102Ω si l'on tient à ne garder que les chiffres utiles.
b) 32016=0,050, soit 5,0%. Les deux résistances ayant la même tolérance relative de 5%, la somme la conserve : c'est une propriété générale des sommes de grandeurs de MÊME signe.
c) Rp=100+220100×220=32022000=68,75 Ω. Contrôle d'ordre de grandeur, à faire systématiquement : une résistance équivalente en parallèle est toujours INFÉRIEURE à la plus petite des deux, donc à 100 Ω, et elle vaut ici un peu plus des deux tiers de 100 Ω. C'est cohérent.
d) Les deux dérivées partielles : (R1+R2R2)2=(320220)2=0,4727 et (R1+R2R1)2=(320100)2=0,0977. D'où ΔRp=0,4727×5+0,0977×11=2,363+1,074=3,44 Ω, et RpΔRp=68,753,44=0,050, soit encore 5,0%. On écrit Rp=(69±3)Ω.
e) Avec ΔR1=tR1 et ΔR2=tR2, on obtient ΔRp=(R1+R2)2R22tR1+(R1+R2)2R12tR2=(R1+R2)2tR1R2(R2+R1)=tR1+R2R1R2=tRp. Autrement dit : quand tous les composants d'un montage portent la MÊME tolérance relative, toute association série ou parallèle la conserve. C'est ce qui rend la tolérance de 5% utilisable directement sur un réseau entier, sans recalcul. Le piège symétrique : un étudiant qui additionnerait les relatives pour le parallèle trouverait 10%, soit le double de la vérité.
Exercice 4 : La méthode des extrêmes sur la puissance dissipée
La puissance dissipée par effet Joule dans une résistance alimentée sous une tension connue vaut P=RU2.
Mesures : U=(12,0±0,2) V et R=(47±2)Ω.
La MÉTHODE DES EXTRÊMES ne demande aucune règle à retenir : on recalcule la grandeur avec les combinaisons de bornes qui la rendent maximale puis minimale, et on prend la demi-étendue, ΔP=2Pmax−Pmin.
a) Calculez la puissance, en W.
b) Pour obtenir Pmax, faut-il prendre R maximal ou minimal ? Justifiez.
c) Calculez Pmax et Pmin, en W.
d) Calculez ΔP et écrivez le résultat, en W.
e) Retrouvez ΔP par la règle des incertitudes relatives, sans oublier le carré, et comparez.
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Réponses
a)P≈3,06 W
b)R MINIMAL, car R est au dénominateur
c)Pmax≈3,308 W et Pmin≈2,842 W
d)ΔP≈0,23 W, donc P=(3,1±0,2) W
e)PΔP=7,59% donne ΔP≈0,23 W : même résultat
a) P=4712,02=47144=3,064 W.
b) La puissance croît avec U et DÉCROÎT avec R, qui est au dénominateur. Pour maximiser P, on prend donc U maximal ET R MINIMAL : Umax=12,2 V avec Rmin=45Ω. C'est le seul point délicat de la méthode, et c'est celui qu'on rate : prendre les deux bornes hautes donnerait une valeur qui n'est ni le maximum ni le minimum.
c) Pmax=4512,22=45148,84=3,3076 W et Pmin=4911,82=49139,24=2,8416 W. On vérifie au passage que la valeur centrale 3,064 W est bien comprise entre les deux, et à peu près au milieu : si elle ne l'était pas, ce serait le signe qu'une borne a été mal choisie.
d) ΔP=23,3076−2,8416=20,4660=0,2330 W, arrondi à 0,2 W. Résultat : P=(3,1±0,2) W. La valeur centrale s'arrondit au dixième, puisque l'incertitude porte sur le dixième.
e) Pour P=RU2, la tension apparaît au CARRÉ, donc son incertitude relative compte DEUX FOIS : PΔP=2UΔU+RΔR=2×12,00,2+472=0,0333+0,0426=0,0759, soit 7,59%. D'où ΔP=3,064×0,0759=0,233 W : les deux méthodes donnent le même nombre à trois décimales près. Elles ne sont pas équivalentes en général, la méthode des extrêmes étant exacte et celle des relatives une approximation au premier ordre, mais tant que les incertitudes relatives restent sous quelques pour cent, l'écart est invisible. Oublier le facteur 2 du carré ferait tomber à 5,9%, soit une sous-estimation d'un quart : c'est le piège numéro un du chapitre.
Exercice 5 : La méthode différentielle sur le champ d'un solénoïde
Un solénoïde de N=500 spires, de longueur L, parcouru par un courant I, produit en son centre un champ B=Lμ0NI, avec μ0=4π×10−7 T·m/A.
Mesures : I=(2,40±0,05) A et L=(0,320±0,002) m. Le nombre de spires est COMPTÉ, donc exact.
La MÉTHODE DIFFÉRENTIELLE propage chaque incertitude par la dérivée partielle correspondante, puis additionne les contributions en valeur absolue : ΔB≈∂I∂BΔI+∂L∂BΔL.
a) Calculez le champ au centre, en mT.
b) Calculez la contribution du courant, ∂I∂BΔI, en mT.
c) Calculez la contribution de la longueur, ∂L∂BΔL, en mT.
d) Écrivez le résultat avec son incertitude, en mT, puis donnez l'incertitude relative en %.
e) Pourquoi le nombre de spires n'apporte-t-il aucune contribution, alors qu'il figure dans la formule ?
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Réponses
a)B≈4,71 mT
b)0,098 mT
c)0,029 mT
d)B=(4,71±0,13) mT, soit 2,7%
e)N est un entier compté, sans incertitude : ΔN=0
a) B=0,3204π×10−7×500×2,40=4π×10−7×3750=4,712×10−3 T, soit 4,71 mT. Le calcul intermédiaire LNI=0,320500×2,40=3750 A/m est la densité linéique d'ampères-tours : c'est elle qui fixe le champ, pas les trois grandeurs prises séparément.
b) ∂I∂B=Lμ0N=0,3204π×10−7×500=1,9635×10−3 T/A. Contribution : 1,9635×10−3×0,05=9,82×10−5 T, soit 0,098 mT. Comme B est proportionnel à I, on pouvait aussi écrire directement IΔI×B=2,400,05×4,712=0,098 mT : les deux lectures sont la même.
c) ∂L∂B=−L2μ0NI=−LB, dont la valeur absolue vaut 0,3204,712×10−3=1,4726×10−2 T/m. Contribution : 1,4726×10−2×0,002=2,95×10−5 T, soit 0,029 mT. Le SIGNE MOINS disparaît : une incertitude ne se soustrait jamais, on additionne les contributions en valeur absolue, parce qu'on cherche le cas le plus défavorable.
d) ΔB=0,098+0,029=0,127 mT, arrondi à 0,13 mT puisque le premier chiffre significatif est un 1 et qu'on en garde alors deux. Résultat : B=(4,71±0,13) mT, et BΔB=4,7120,127=2,7%. Le courant pèse pour 2,1 points de pourcentage et la longueur pour 0,6 : c'est l'ampèremètre qu'il faudrait améliorer, pas le mètre à ruban.
e) Parce que ΔN=0. Compter 500 spires donne exactement 500, pas 500±quelque chose : c'est un NOMBRE ENTIER, pas une mesure. Le même raisonnement vaut pour μ0, qui est une constante définie, et pour tout facteur exact, comme le 2 d'un diamètre converti en rayon. Une grandeur sans incertitude ne contribue pas, même lorsqu'elle multiplie tout le reste. Réciproquement, si les spires étaient bobinées à la main et comptées à ±5 près, il faudrait ajouter 5005=1%.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Mesures répétées d'une tension : quand répéter cesse de servir
Une alimentation de laboratoire réglée sur 5 V est lue dix fois de suite au multimètre, sur le calibre 20,00 V. Les valeurs, en volts, sont :
Rappels : Uˉ=N∑Ui, écart-type expérimental s=N−1∑(Ui−Uˉ)2, incertitude sur la moyenne Ns. L'appareil reste spécifié ±(0,5%+2digits).
a) Calculez la moyenne, en V.
b) Calculez l'écart-type expérimental, en mV.
c) Calculez l'incertitude sur la moyenne, en mV.
d) L'afficheur donne le centième de volt. La dispersion observée vient-elle de l'appareil ou de la source ? Chiffrez.
e) L'incertitude d'appareil sur cette lecture vaut 0,045 V. Faut-il la combiner avec le résultat de c) ? Que conclure sur l'intérêt de répéter encore ?
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Réponses
a)Uˉ=5,023 V
b)s≈42 mV
c)10s≈13 mV
d)De la SOURCE : 42 mV contre 5 mV de résolution, un facteur 8
e)Oui, et l'appareil domine : U=(5,02±0,06) V, répéter davantage ne gagne plus rien
a) La somme vaut 50,23 V, donc Uˉ=1050,23=5,023 V. On garde les millièmes provisoirement, la moyenne d'un échantillon ayant légitimement un chiffre de plus que les mesures individuelles.
b) Les écarts à la moyenne sont +0,007 ; +0,047 ; −0,043 ; −0,013 ; +0,067 ; −0,063 ; +0,017 ; −0,023 ; +0,037 ; −0,033 V. Leur somme est nulle, ce qui est le premier contrôle à faire. La somme des carrés vaut 1,601×10−2V2, donc s=91,601×10−2=1,779×10−3=0,0422 V, soit 42 mV. Le dénominateur est N−1=9, pas 10 : la moyenne a déjà consommé un degré de liberté.
c) Ns=100,0422=3,1620,0422=0,0133 V, soit 13 mV. C'est l'incertitude de TYPE A, celle qui vient de la dispersion observée, et elle est trois fois plus petite que la dispersion d'une mesure isolée.
d) La résolution de l'afficheur est 0,01 V, donc une lecture isolée est déjà connue à mieux que ±0,005 V de ce seul fait. Or la dispersion réelle vaut 42 mV, soit HUIT FOIS plus. Les dix lectures ne se répartissent donc pas sur un ou deux digits voisins : elles s'étalent sur treize digits. C'est la SOURCE qui fluctue, pas l'appareil qui hésite. Un étudiant qui aurait écrit U=(5,03±0,005) V après une seule lecture aurait sous-estimé son incertitude d'un facteur huit.
e) Oui, il faut les combiner : 13 mV est une incertitude de type A, 45 mV une incertitude de TYPE B, issue de la notice, et les deux sont présentes simultanément. En les additionnant, ΔU=0,045+0,013=0,058 V, soit 0,06 V ; en les combinant en quadrature, 0,0452+0,0132=0,047 V, soit 0,05 V. Dans les deux conventions, le terme d'appareil DOMINE largement. Conclusion pratique : passer de dix à quarante mesures diviserait 13 mV par deux, donc ferait gagner moins de 7 mV sur un total de 58 ; ça ne vaut pas le temps passé. Répéter une mesure ne réduit que la part aléatoire, et cesse d'être utile dès que la part instrumentale la dépasse. Pour gagner vraiment, il faut un meilleur appareil, pas plus de lignes dans le tableau.
Exercice 7 : Linéariser la loi d'Ohm : ce que cinq points disent et qu'un seul tait
On relève la tension aux bornes d'une résistance pour cinq valeurs du courant :
La régression linéaire de U en fonction de I donne une pente a et une ordonnée à l'origine b.
a) Quelle grandeur porte-t-on en abscisse, quelle grandeur en ordonnée, et que représente la pente ?
b) Calculez la pente de la régression, en Ω.
c) Calculez l'ordonnée à l'origine, en V. Que devrait-elle valoir, et que révélerait une valeur nettement non nulle ?
d) La résistance porte le marquage 220Ω. Calculez l'écart relatif entre la pente et cette valeur, en %.
e) Un sixième point, I=40,0 mA, donne U=9,05 V. S'aligne-t-il ? Que faut-il en conclure, et qu'aurait-on manqué avec une seule mesure ?
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Réponses
a)I en abscisse, U en ordonnée ; la pente EST la résistance
b)a≈219,8 Ω
c)b≈0,007 V, donc nulle aux arrondis près
d)0,09%
e)Non : 8,80 V étaient prévus contre 9,05 mesurés, la résistance s'échauffe
a) On porte le COURANT en abscisse et la TENSION en ordonnée, parce que c'est le courant qu'on impose et la tension qu'on lit. La loi d'Ohm s'écrit alors U=RI, de la forme Y=aX, et la PENTE EST LA RÉSISTANCE, en volts par ampère, c'est-à-dire en ohms. Attention à convertir les milliampères en ampères avant de calculer la pente : en gardant les mA, on obtiendrait 0,22 et une résistance mille fois trop petite.
b) Avec Iˉ=0,015 A et Uˉ=3,304 V, on forme ∑(Ii−Iˉ)(Ui−Uˉ)=5,495×10−2 et ∑(Ii−Iˉ)2=2,5×10−4, d'où a=2,5×10−45,495×10−2=219,8Ω. Contrôle rapide sans calculatrice : le dernier point donne 0,0255,52=220,8Ω, du bon ordre.
c) b=Uˉ−aIˉ=3,304−219,8×0,015=3,304−3,297=0,007 V. Elle DEVRAIT être nulle, puisque sans courant il n'y a pas de tension aux bornes d'une résistance pure. Les 7 mV trouvés sont du niveau du bruit des mesures, donc compatibles avec zéro. Une ordonnée nettement non nulle, disons 0,2 V, signalerait autre chose dans le circuit : un décalage de zéro du voltmètre, une force électromotrice parasite, ou une diode en série.
d) 220∣219,8−220∣=2200,2=0,0009, soit 0,09%. C'est bien en deçà de la tolérance de 5% du composant : la mesure confirme le marquage, et elle le confirme cent fois mieux que la tolérance ne l'exigeait.
e) La droite prévoit U=219,8×0,040+0,007=8,80 V. On mesure 9,05 V, soit 0,25 V de plus, un écart de 2,9%, bien au-delà du bruit des cinq premiers points. Le point NE S'ALIGNE PAS. La cause est physique : à 40 mA, la résistance dissipe P=UI=0,36 W, elle chauffe, et la résistance d'un conducteur métallique CROÎT avec la température ; le rapport local vaut 0,0409,05=226Ω. La leçon est celle du chapitre : une mesure unique aurait donné 226Ω sans le moindre signal d'alarme, et on l'aurait écrite comme la valeur de la résistance. C'est le GRAPHIQUE, et lui seul, qui montre le décrochage et permet de dire à partir de quel courant la loi d'Ohm cesse d'être linéaire. Un point isolé ne peut jamais démentir un modèle : il n'a rien à quoi se comparer.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq phrases suivantes a été entendue en laboratoire d'électricité. Dites ce qu'elle a de faux, puis écrivez la version correcte. Une correction qui se contente de dire « c'est faux » ne vaut aucun point : il faut nommer la règle violée.
a) « Un multimètre qui affiche quatre chiffres donne quatre chiffres significatifs fiables. »
b) « Pour deux résistances en parallèle, on additionne les incertitudes relatives, comme dans un produit. »
c) « L'ampèremètre se branche en série, donc il ne modifie pas le courant qu'il mesure. »
d) « La régression linéaire donne la pente au millième près, donc l'incertitude sur la résistance est négligeable. »
e) « La mesure R=(226±4)Ω est incompatible avec la valeur marquée 220Ω, puisque 226=220. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : l'afficheur ne dit rien de l'exactitude, seule la notice la donne
b)Faux : le parallèle n'est pas un produit ; ici la relative reste 5%, pas 10%
c)Faux : sa résistance interne diminue le courant, c'est une erreur systématique
d)Faux : la précision du calcul n'est pas l'incertitude de la mesure
e)Faux : 220 appartient à [222;230] ? non, mais la tolérance de 5% les réconcilie
a) FAUX. Le nombre de chiffres affichés est une caractéristique de l'ÉLECTRONIQUE D'AFFICHAGE, pas de l'exactitude. Un appareil spécifié ±(0,5%+2) affichant 12,47 V est connu à ±0,08 V : le dernier chiffre affiché est déjà incertain. Version correcte : « le nombre de chiffres significatifs d'un résultat se décide à partir de l'incertitude, calculée à partir de la notice, et il est presque toujours inférieur au nombre de chiffres affichés ».
b) FAUX, et doublement. D'abord, la formule Rp=R1+R2R1R2 n'est pas un produit : elle contient une somme au dénominateur, donc la règle des relatives ne s'applique pas telle quelle. Ensuite, le résultat est numériquement faux : pour (100±5)Ω et (220±11)Ω, l'addition des relatives donnerait 10% alors que le calcul exact donne 5%, soit le DOUBLE de la vérité. Version correcte : « on propage par les dérivées partielles ; quand les deux résistances ont la même tolérance relative, l'association parallèle la conserve ».
c) FAUX. Un ampèremètre réel possède une résistance interne, faible mais non nulle, et l'insérer en série AUGMENTE la résistance totale, donc DIMINUE le courant. L'erreur est d'autant plus grande que le circuit est de faible résistance. Ce n'est pas une erreur aléatoire : elle a toujours le même signe et la répétition ne l'efface pas. Version correcte : « un ampèremètre perturbe le circuit ; on le choisit de résistance très inférieure à celle du circuit, et on corrige quand ce n'est pas possible ».
d) FAUX. Le nombre de décimales que sort une calculatrice n'a aucun rapport avec l'incertitude : c'est une précision de CALCUL, pas une exactitude de MESURE. La pente hérite de l'incertitude des points, et on l'estime par la demi-étendue des pentes des DROITES EXTRÊMES, ou par la formule de l'incertitude sur la pente. Version correcte : « la régression donne la meilleure pente, pas son incertitude ; celle-ci se lit sur la dispersion des points autour de la droite ».
e) FAUX. Deux nombres différents peuvent parfaitement désigner la même grandeur : c'est précisément ce que l'incertitude autorise. Ici, la mesure couvre [222;230]Ω et elle n'englobe effectivement pas 220. Mais la valeur marquée n'est pas une valeur EXACTE : elle porte la tolérance de 5% du fabricant, donc [209;231]Ω. Les deux intervalles se recouvrent largement, donc les valeurs sont COMPATIBLES. Version correcte : « deux valeurs sont compatibles si leurs intervalles se recouvrent ; comparer les nombres centraux ne décide de rien ». C'est l'erreur de raisonnement la plus coûteuse du chapitre, parce qu'elle conduit à déclarer une expérience ratée alors qu'elle a réussi.
Exercice 9 : Problème : la force électromotrice et la résistance interne d'une pile
Une pile alimente une résistance variable. Pour cinq réglages, on relève le courant débité et la tension aux bornes de la pile :
Le modèle de la pile réelle s'écrit U=ε−rI : la tension aux bornes est la force électromotrice diminuée de la chute interne.
a) Pourquoi la tension aux bornes diminue-t-elle quand le courant augmente ? Que lit-on alors sur la pente et sur l'ordonnée à l'origine ?
b) Calculez la pente de la régression, puis la résistance interne, en Ω.
c) Calculez la force électromotrice, en V.
d) Les deux droites extrêmes passant par toutes les barres d'incertitude ont des pentes de −0,42 et −0,48 V/A. Donnez r avec son incertitude.
e) L'étiquette annonce 1,5 V. Avec Δε=0,02 V, la mesure est-elle compatible ? Que faut-il en conclure sur la « valeur nominale » ?
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Réponses
a)La chute interne rI grandit avec le courant ; pente =−r, ordonnée =ε
b)Pente −0,45 V/A, donc r=0,45 Ω
c)ε≈1,563 V
d)r=(0,45±0,03) Ω
e)Non compatible, et c'est normal : une valeur nominale n'est pas une valeur attendue
a) Le courant traverse aussi l'INTÉRIEUR de la pile, qui possède une résistance r ; il y perd la tension rI. Ce qui reste disponible aux bornes vaut donc ε−rI, et diminue linéairement avec le courant. La relation est de la forme Y=b+aX avec X=I et Y=U : la PENTE vaut −r, donc la résistance interne est l'OPPOSÉ de la pente, et l'ORDONNÉE À L'ORIGINE vaut ε, la tension qu'on lirait à courant nul, c'est-à-dire la pile débranchée.
b) Iˉ=0,30 A et Uˉ=1,428 V. On forme ∑(Ii−Iˉ)(Ui−Uˉ)=−0,045 et ∑(Ii−Iˉ)2=0,10, d'où a=0,10−0,045=−0,45 V/A. La résistance interne est r=−a=0,45Ω. Le signe négatif de la pente n'est PAS une erreur : c'est lui qui porte la physique, et le prendre positif donnerait une pile qui se renforce quand on la tire.
c) ε=Uˉ−aIˉ=1,428−(−0,45)×0,30=1,428+0,135=1,563 V. Remarquez qu'on ne l'obtient PAS en mesurant la tension à vide au voltmètre : celui-ci tire lui-même un petit courant. L'extrapolation à courant nul est la bonne méthode, et c'est un des rares cas où l'ordonnée à l'origine porte le résultat cherché plutôt qu'un contrôle.
d) Δr=2∣−0,48∣−∣−0,42∣=20,48−0,42=0,03Ω. Donc r=(0,45±0,03)Ω, soit une incertitude relative de 6,7%. Les droites extrêmes sont l'outil graphique standard : on trace les deux droites les plus et les moins inclinées qui traversent encore toutes les barres d'incertitude, et la demi-étendue de leurs pentes donne l'incertitude.
e) L'intervalle de la mesure est [1,54;1,58] V, et 1,5 V n'y appartient pas : au sens strict, la mesure et l'étiquette sont INCOMPATIBLES. Cela ne signifie pas que l'expérience est ratée. Une valeur nominale de pile n'est pas une valeur attendue au sens métrologique : c'est un nom de catégorie, comme le 220Ω d'une résistance, et une pile alcaline neuve délivre couramment 1,55 à 1,60 V, la valeur descendant vers 1,5 V puis en dessous à mesure qu'elle se décharge. La conclusion correcte est donc : « la force électromotrice mesurée, (1,563±0,020) V, est celle d'une pile neuve, au-dessus de sa valeur nominale, ce qui est attendu ». Comparer une mesure à une étiquette commerciale sans savoir ce que l'étiquette garantit est la faute de jugement la plus courante des rapports de laboratoire.
Exercice 10 : Problème : la constante de temps d'un circuit RC par régression semi-logarithmique
Un condensateur chargé sous 9,00 V se décharge dans une résistance R=47 kΩ connue à 5%. On relève la tension à ses bornes :
t (s) : 0 ; 5 ; 10 ; 15 ; 20. u (V) : 9,00 ; 6,02 ; 4,04 ; 2,70 ; 1,81.
La décharge suit u(t)=U0e−t/τ, qui n'est pas une droite. On la LINÉARISE en prenant le logarithme.
a) Montrez que lnu est une fonction affine de t, et dites ce que valent sa pente et son ordonnée à l'origine.
b) Calculez la pente de la régression de lnu en fonction de t, en s−1.
c) Déduisez-en la constante de temps, en s.
d) Calculez la capacité, en µF. Le condensateur est marqué 270 µF à ±20% : est-ce compatible ?
e) On aurait pu chronométrer le temps de demi-décharge. Calculez-le, puis dites ce que la méthode des cinq points apporte de plus.
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Réponses
a)lnu=lnU0−τt : pente −τ1, ordonnée lnU0
b)a≈−0,0802 s−1
c)τ≈12,5 s
d)C≈265 µF, compatible avec [216;324] µF
e)t1/2≈8,6 s ; les cinq points prouvent en plus que la décroissance EST exponentielle
a) En prenant le logarithme népérien des deux membres de u=U0e−t/τ : lnu=lnU0+ln(e−t/τ)=lnU0−τt. C'est bien de la forme Y=b+aX avec Y=lnu et X=t : la PENTE vaut −τ1 et l'ORDONNÉE À L'ORIGINE vaut lnU0. On ne trace donc pas u en fonction de t, qui donnerait une courbe d'où l'on ne peut rien lire de précis, mais lnu en fonction de t.
b) Les logarithmes valent 2,1972 ; 1,7951 ; 1,3962 ; 0,9932 ; 0,5933. Les écarts successifs, −0,402 ; −0,399 ; −0,403 ; −0,400, sont quasi identiques : c'est la signature d'une vraie exponentielle, et c'est un contrôle à faire avant tout calcul. La régression donne tˉ=10 s, lnu=1,3950, ∑(ti−tˉ)(lnui−lnu)=−20,048, ∑(ti−tˉ)2=250, d'où a=250−20,048=−0,0802 s−1.
c) τ=−a1=0,08021=12,47 s, soit environ 12,5 s. Contrôle par l'ordonnée à l'origine : b=1,3950+0,0802×10=2,197, et e2,197=9,00 V, exactement la tension initiale annoncée. Quand ce contrôle échoue, c'est que la tension initiale a été mal relevée ou que le chronomètre n'a pas démarré avec la décharge.
d) C=Rτ=4700012,47=2,653×10−4 F, soit 265 µF. Avec 5% sur la résistance et environ 2,4% sur la constante de temps, l'incertitude relative sur C atteint 7,4%, donc C=(265±20) µF. Le marquage 270 µF à ±20% couvre [216;324] µF, qui contient largement la mesure : COMPATIBLE. Les condensateurs électrolytiques ont des tolérances très larges, souvent −20% à +50% : trouver 265 au lieu de 270 n'a rien d'un exploit, et un écart de 15% n'aurait rien eu d'alarmant non plus.
e) Le temps de demi-décharge vaut t1/2=τln2=12,47×0,693=8,64 s. La mesure est plus rapide, et pour une simple estimation elle suffit. Ce qu'elle ne donne pas : la PREUVE que la décroissance est bien exponentielle. Un seul chronométrage donnerait un nombre quel que soit le phénomène, y compris si le condensateur fuit, si la résistance chauffe ou si le voltmètre draine du courant ; l'alignement des cinq points sur la droite semi-logarithmique, lui, le vérifie. C'est le même argument qu'à l'exercice 7 : un point isolé ne peut jamais démentir un modèle. On ajoute qu'une courbure vers le haut du tracé semi-logarithmique signale une fuite parallèle, et qu'une courbure vers le bas signale une résistance qui augmente.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Aléatoire ou systématique : une seule des deux se corrige en répétant
Une erreur ALÉATOIRE change de signe d'une mesure à l'autre ; la moyenne la réduit, et l'écart-type la mesure. Une erreur SYSTÉMATIQUE garde toujours le même signe ; la moyenne ne la touche pas, et aucun écart-type ne la révèle.
On monte un diviseur de tension : deux résistances égales en série sur une alimentation de 12,0 V, et un voltmètre de résistance interne RV=1,00 MΩ aux bornes de la seconde.
a) Sans voltmètre, quelle tension règne aux bornes de la seconde résistance, en V ?
b) Avec R=100 kΩ, calculez la résistance vue par le diviseur, puis la tension réellement lue, en V.
c) Calculez l'erreur absolue et l'erreur relative commises. Répéter la mesure cent fois les ferait-il disparaître ?
d) On refait le montage avec R=1,0 kΩ. Calculez la tension lue et l'erreur relative, en %.
e) Classez en aléatoire ou systématique : le bruit du secteur à 60 Hz, la résistance des cordons de mesure, l'arrondi de lecture au dernier digit, la dérive thermique d'une résistance étalon.
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Réponses
a)6,00 V
b)90,9 kΩ en parallèle, et 5,71 V lus
c)−0,29 V, soit −4,8% ; non, c'est systématique
d)6,00 V lus, erreur −0,05%
e)Aléatoires : le bruit du secteur, l'arrondi. Systématiques : les cordons, la dérive thermique
a) Deux résistances égales en série se partagent la tension à parts égales : U=212,0=6,00 V. C'est la valeur qu'on cherche à mesurer, et celle qu'un voltmètre idéal, de résistance infinie, afficherait.
b) Le voltmètre se branche en PARALLÈLE sur la seconde résistance, donc le diviseur ne voit plus 100 kΩ mais 100+1000100×1000=1100100000=90,9 kΩ. La tension lue devient 12,0×100+90,990,9=12,0×0,4762=5,71 V. Le voltmètre n'a pas mesuré la tension du circuit : il a mesuré la tension du circuit MODIFIÉ PAR LUI.
c) Erreur absolue : 5,71−6,00=−0,29 V. Erreur relative : 6,00−0,29=−4,8%. Répéter cent fois ne changerait RIEN : chaque mesure donnerait la même valeur basse, la moyenne vaudrait encore 5,71 V, et l'écart-type serait minuscule, ce qui donnerait l'illusion d'une excellente mesure. C'est exactement le danger d'une erreur systématique : elle se déguise en précision. Aucun traitement statistique ne la détecte ; seule l'analyse du MONTAGE la révèle.
d) Avec R=1,0 kΩ, le parallèle vaut 1000+1061000×106=999,0Ω, et la tension lue 12,0×1999,0999,0=5,997 V, soit une erreur de −0,05%, cent fois plus petite. La règle : l'effet de charge est négligeable tant que RV≫R, typiquement d'un facteur mille. Symétriquement, un ampèremètre doit avoir une résistance très INFÉRIEURE à celle du circuit. Quand ce n'est pas possible, comme ici avec des résistances de 100 kΩ, on ne change pas d'appareil : on CORRIGE le résultat par le calcul de b).
e) Le bruit du secteur à 60 Hz est ALÉATOIRE : il fait fluctuer la lecture de part et d'autre, et la moyenne le réduit. L'arrondi au dernier digit est ALÉATOIRE aussi, tant que la valeur vraie ne tombe pas systématiquement au même endroit entre deux digits. La résistance des cordons de mesure est SYSTÉMATIQUE : elle s'ajoute toujours dans le même sens, et elle se corrige en court-circuitant les pointes pour lire le décalage, puis en le soustrayant. La dérive thermique d'une résistance étalon est SYSTÉMATIQUE sur la durée d'une séance : la résistance monte régulièrement pendant que le montage chauffe, ce qui biaise toutes les mesures dans le même sens ; on la combat en laissant le montage se stabiliser, ou en alternant l'ordre des mesures.
Exercice 12 : Le code des couleurs, la tolérance et le zéro de l'ohmmètre
Une résistance porte les anneaux rouge, rouge, brun, or. Le code : les deux premiers anneaux donnent les chiffres, le troisième le multiplicateur, le quatrième la tolérance, l'or valant ±5%.
La TOLÉRANCE n'est pas une incertitude de mesure : c'est une garantie du fabricant sur la dispersion de sa production. Les deux se comparent, elles ne s'additionnent pas.
a) Donnez la valeur nominale, la tolérance en ohms, et l'intervalle garanti par le fabricant.
b) L'ohmmètre donne (226±4)Ω. Le composant est-il conforme ?
c) Une seconde résistance du même lot donne (238±3)Ω. Conclusion ?
d) On court-circuite les pointes de l'ohmmètre : il affiche (0,6±0,1)Ω. Que faut-il faire de cette lecture, et le verdict de c) change-t-il ?
e) Un étudiant additionne la tolérance et l'incertitude de mesure pour obtenir ±15Ω. Pourquoi est-ce une faute de raisonnement ?
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Réponses
a)220Ω, ±11Ω, donc [209;231]Ω
b)Oui : [222;230] est entièrement dans [209;231]
c)Non : [235;241] ne rencontre pas [209;231]
d)La soustraire : 237,4Ω, le verdict ne change pas
e)Il mélange une garantie de fabrication et une incertitude de mesure
a) Rouge vaut 2, rouge vaut 2, brun comme multiplicateur vaut ×10 : la valeur nominale est 22×10=220Ω. L'anneau or donne ±5%, soit 0,05×220=11Ω. Le fabricant garantit donc [209;231]Ω, et rien de plus : il ne promet pas 220,0Ω.
b) La mesure couvre [222;230]Ω. Cet intervalle est entièrement contenu dans l'intervalle garanti : le composant est CONFORME. Notez qu'il n'est pas nécessaire que la valeur nominale 220 appartienne à l'intervalle de mesure, et ce n'est d'ailleurs pas le cas ici. La question posée est « le fabricant a-t-il tenu sa promesse », pas « la mesure tombe-t-elle pile sur l'étiquette ».
c) La mesure couvre [235;241]Ω, qui ne rencontre PAS [209;231] : les deux intervalles sont disjoints, avec 4Ω d'écart entre la borne haute du fabricant et la borne basse de la mesure. Deux explications restent ouvertes : le composant est hors tolérance, ou l'ohmmètre est biaisé. Tant qu'on n'a pas éliminé la seconde, on n'a pas le droit d'accuser la première.
d) Ces 0,6Ω sont la résistance des CORDONS et des contacts : ils s'ajoutent à toute lecture, toujours dans le même sens, donc c'est une erreur systématique qui se corrige par soustraction. La mesure corrigée vaut 238−0,6=237,4Ω, avec une incertitude portée à 3+0,1=3,1Ω, donc [234,3;240,5]Ω. L'intervalle ne rencontre toujours pas [209;231] : le verdict NE CHANGE PAS, la résistance est bien hors tolérance. La correction valait quand même la peine d'être faite : sur une résistance de 2Ω, ces mêmes 0,6Ω auraient représenté 30% d'erreur.
e) Parce que les deux nombres ne parlent pas de la même chose. La tolérance décrit la DISPERSION D'UNE POPULATION de composants sortis d'usine ; l'incertitude décrit ce que NOTRE MESURE ignore de CE composant-ci. Additionner revient à confondre « je ne sais pas laquelle des résistances du tiroir j'ai prise » et « je ne sais pas exactement ce que vaut celle que je tiens ». Concrètement, la règle est : on CONFRONTE les deux intervalles, on les compare, on ne les combine jamais. La seule chose qu'on additionne à une incertitude de mesure, c'est une autre incertitude de mesure, comme les 0,1Ω de la question d).
Exercice 13 : Le pont de Wheatstone à fil : pourquoi une méthode de zéro gagne
Un pont à fil compare une résistance inconnue à un étalon. Un fil homogène de 100,0 cm est tendu le long d'une règle ; un curseur le divise en deux tronçons de longueurs ℓ et 100,0−ℓ, dont les résistances sont proportionnelles aux longueurs.
À l'équilibre, le galvanomètre central n'indique aucun courant et Rx=Reˊt100,0−ℓℓ.
Données : Reˊt=100,0Ω connu à 0,1%, équilibre obtenu pour ℓ=(68,4±0,3) cm.
a) Calculez la résistance inconnue, en Ω.
b) Calculez l'incertitude relative apportée par les deux longueurs, en %.
c) Ajoutez la contribution de l'étalon, puis écrivez le résultat avec son incertitude, en Ω.
d) Un ohmmètre direct donne (219±7)Ω. Les deux mesures sont-elles compatibles, et laquelle retient-on ?
e) Où faudrait-il placer le curseur pour que l'incertitude relative soit la plus petite possible ? Quelle conséquence pratique sur le choix de l'étalon ?
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Réponses
a)Rx≈216,5Ω
b)1,39%
c)1,49% au total, donc Rx=(216±3)Ω
d)Compatibles ; on retient le pont, deux fois plus précis
e)Au MILIEU du fil, ℓ=50,0 cm : on choisit un étalon voisin de Rx
a) Rx=100,0×100,0−68,468,4=100,0×31,668,4=216,46Ω. Le curseur étant au-delà du milieu, le rapport dépasse 1 et la résistance inconnue est plus grande que l'étalon : contrôle qualitatif immédiat.
b) La formule est un quotient de deux longueurs, donc les relatives s'additionnent. Attention au point délicat : les deux longueurs ne sont PAS indépendantes, mais elles portent toutes deux l'incertitude Δℓ=0,3 cm, celle de la position du curseur. 68,40,3=0,00439, soit 0,44%, et 31,60,3=0,00949, soit 0,95%. Total : 1,39%. Le tronçon COURT domine, parce que la même incertitude absolue y pèse relativement plus lourd.
c) L'étalon apporte 0,1%, donc RxΔRx=1,39+0,10=1,49% et ΔRx=216,46×0,0149=3,2Ω, arrondi à 3Ω. Résultat : Rx=(216±3)Ω. L'étalon ne contribue presque pas : c'est tout l'intérêt d'en payer un bon, il sort du bilan d'incertitude.
d) Les intervalles sont [213;219]Ω pour le pont et [212;226]Ω pour l'ohmmètre. Ils se recouvrent largement, donc les deux mesures sont COMPATIBLES. On retient celle du PONT : son incertitude relative vaut 1,5% contre 3,2% pour l'ohmmètre, soit deux fois mieux. La raison profonde est que le galvanomètre ne sert qu'à détecter un ZÉRO : ni son étalonnage, ni sa linéarité, ni la tension de la pile n'entrent dans le résultat, qui ne dépend que d'un rapport de longueurs et d'un étalon. Une méthode de zéro transforme un problème de mesure en un problème de comparaison, et une comparaison se fait toujours mieux qu'une lecture absolue.
e) L'incertitude relative vaut 0,3(ℓ1+100−ℓ1), somme qui est MINIMALE quand les deux termes sont égaux, c'est-à-dire pour ℓ=50,0 cm : elle tombe alors à 0,3×(501+501)=0,012, soit 1,2% au lieu de 1,39%. Et elle explose vers les bords : à ℓ=90 cm, elle vaut 0,3×(901+101)=3,3%, presque trois fois pire. Conséquence pratique, et c'est la vraie leçon de l'exercice : ON CHOISIT L'ÉTALON LE PLUS PROCHE POSSIBLE DE LA RÉSISTANCE INCONNUE, pour que l'équilibre tombe vers le milieu du fil. Un étalon de 10Ω pour mesurer 216Ω donnerait un équilibre vers 96 cm et une mesure médiocre, alors même que l'étalon, lui, serait excellent.
Exercice 14 : La résistivité d'un fil : le diamètre compte double
La résistance d'un fil homogène vaut R=SρL, où S=4πd2 est l'aire de la section droite. On en tire la résistivité, ρ=LRS=4LπRd2.
Mesures sur un fil de nichrome : R=(12,81±0,05)Ω, L=(1,500±0,002) m, et le diamètre au micromètre, d=(0,405±0,005) mm.
a) Calculez l'aire de la section, en m².
b) Calculez la résistivité, en Ω·m.
c) Donnez les trois contributions relatives. Laquelle domine, et pourquoi ?
d) Calculez l'incertitude absolue et écrivez le résultat. Le nichrome est tabulé à 1,10×10−6 Ω·m : conclusion ?
e) On remplace le micromètre par un pied à coulisse, Δd=0,05 mm. Que devient l'incertitude relative, en % ?
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Réponses
a)S≈1,288×10−7 m²
b)ρ≈1,100×10−6 Ω·m
c)0,39%, 2,47% et 0,13% : le diamètre domine
d)ρ=(1,10±0,03)×10−6 Ω·m, compatible avec la table
e)25% : la mesure ne vaut plus rien
a) On convertit d'abord le diamètre en mètres, d=0,405 mm =4,05×10−4 m. S=4πd2=4π×(4,05×10−4)2=4π×1,6403×10−7=1,288×10−7 m². L'oubli de la conversion est la faute la plus fréquente ici, et elle passe inaperçue : le résultat final sort alors un million de fois trop grand, ce qui ne ressemble à rien de tabulé.
b) ρ=LRS=1,50012,81×1,288×10−7=1,5001,6502×10−6=1,100×10−6 Ω·m.
c) La résistance apparaît à la puissance 1, la longueur à la puissance −1, le diamètre à la puissance 2. Donc : RΔR=12,810,05=0,39% ; 2dΔd=2×0,4050,005=2×1,23=2,47% ; LΔL=1,5000,002=0,13%. Le DIAMÈTRE domine, et pour deux raisons cumulées : il est mesuré sur une grandeur minuscule, donc sa relative est déjà la plus grande des trois, et il intervient au CARRÉ, ce qui la double encore. À lui seul il fait 83% du budget d'incertitude.
d) Total : 0,39+2,47+0,13=2,99%, donc Δρ=1,100×10−6×0,0299=3,3×10−8 Ω·m, arrondi à 0,03×10−6. Résultat : ρ=(1,10±0,03)×10−6 Ω·m. L'intervalle [1,07;1,13]×10−6 contient la valeur tabulée 1,10×10−6 Ω·m : la mesure est COMPATIBLE avec la table, et le fil est bien du nichrome.
e) Avec Δd=0,05 mm, la contribution du diamètre passe à 2×0,4050,05=24,7%, et le total à 25,2%. La résistivité deviendrait (1,1±0,3)×10−6 Ω·m : un intervalle assez large pour englober aussi bien le nichrome que le constantan ou le manganin, donc une mesure qui ne permet plus d'identifier le métal. Changer d'instrument sur la SEULE grandeur dominante fait passer la mesure de 3% à 25%, sans qu'aucune autre mesure ait bougé. C'est l'illustration la plus nette de la règle du chapitre : on n'améliore pas « la manipulation », on améliore la contribution qui domine, et on la repère par le calcul AVANT d'entrer au laboratoire.
Exercice 15 : Problème : la même résistance interne par différence, et le facteur quatre perdu
On reprend la pile de l'exercice 9, mais avec la méthode rapide : on mesure la tension à vide, puis la tension en charge pour un courant connu, et on forme r=IUvide−Ucharge.
Mesures : Uvide=(1,565±0,005) V, Ucharge=(1,520±0,005) V, I=(0,100±0,005) A.
a) Calculez la résistance interne, en Ω.
b) Calculez l'incertitude absolue puis l'incertitude relative sur la DIFFÉRENCE des deux tensions.
c) Calculez l'incertitude sur r et écrivez le résultat, en Ω.
d) Comparez à (0,45±0,03)Ω obtenu par la régression. Par quel facteur la méthode rapide est-elle moins bonne ?
e) On refait la mesure à I=(0,500±0,005) A, où la tension en charge tombe à (1,340±0,005) V. Que devient l'incertitude ? Énoncez la règle générale.
Voir la correction
Réponses
a)r=0,450Ω
b)Δ(ΔU)=0,010 V, soit 22,2%
c)27,2% au total, donc r=(0,45±0,12)Ω
d)Quatre fois moins bonne
e)r=(0,45±0,03)Ω : on fait grandir la différence, jamais l'inverse
a) ΔU=1,565−1,520=0,045 V, donc r=0,1000,045=0,450Ω. La valeur centrale est exactement celle qu'avait donnée la régression de l'exercice 9 : les deux méthodes ne se contredisent pas, elles n'ont pas la même PRÉCISION, ce qui est une tout autre affaire.
b) C'est une DIFFÉRENCE, donc les incertitudes absolues s'ADDITIONNENT : Δ(ΔU)=0,005+0,005=0,010 V. Et c'est là que tout se joue : cette incertitude de 10 mV porte sur un écart de 45 mV seulement, soit une incertitude relative de 0,0450,010=22,2%. Chacune des deux tensions, elle, n'était connue qu'à 0,3% près. La soustraction a détruit l'information : elle a gardé l'incertitude et supprimé la grandeur.
c) Le courant apporte 0,1000,005=5,0%. Total : 22,2+5,0=27,2%, donc Δr=0,450×0,272=0,122Ω, arrondi à 0,12Ω. Résultat : r=(0,45±0,12)Ω, c'est-à-dire que la résistance interne est quelque part entre 0,33 et 0,57Ω.
d) La régression donnait ±0,03Ω, soit 6,7% ; la méthode rapide donne ±0,12Ω, soit 27,2%. Elle est QUATRE FOIS moins bonne, pour deux raisons qui se cumulent : elle repose sur une petite différence de deux grandeurs voisines, et elle n'utilise que deux points là où la régression en moyenne cinq. Le gain de temps est réel, mais il se paie au prix fort.
e) À 0,500 A, la différence devient 1,565−1,340=0,225 V, cinq fois plus grande, alors que son incertitude absolue reste 0,010 V : la relative tombe à 0,2250,010=4,4%. Le courant apporte maintenant 0,5000,005=1,0%, donc 5,4% au total et Δr=0,450×0,054=0,024, soit r=(0,45±0,03)Ω : la méthode rapide rejoint la régression. LA RÈGLE GÉNÉRALE : une différence de deux grandeurs voisines est le pire endroit où placer une mesure, parce que l'incertitude absolue y survit intacte pendant que la grandeur, elle, s'évanouit. Trois parades, dans l'ordre : faire GRANDIR la différence en changeant les conditions, comme ici en tirant cinq fois plus de courant ; mesurer la différence DIRECTEMENT quand l'appareil le permet, par exemple avec un montage différentiel ; ou remplacer les deux points par une régression sur plusieurs points, ce qui revient à mesurer une pente plutôt qu'un écart.
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