Ondes et physique moderne 203-SN3-RE • Exercices corrigés de cégep à Montréal
Exercices corrigés : effet de serre, albédo et forçage radiatif (203-SN3-RE)
Voici quinze exercices corrigés sur l'effet de serre, l'albédo et le forçage radiatif, le second volet de l'élément 4 du cours 203-SN3-RE, Ondes et physique moderne, dans le programme révisé de Sciences de la nature (200.B1). Le devis demande d'évaluer les effets du forçage radiatif et de l'effet de serre sur le réchauffement planétaire : on le fait ici avec les outils du cours, la loi de Stefan-Boltzmann, la loi de Wien, le photon et le calcul différentiel.
La partie A construit le bilan radiatif d'une planète, de la constante solaire au modèle à une couche et au forçage du CO₂. La partie B passe aux mécanismes qui décident de l'ampleur du réchauffement : réponse de Planck, rétroactions, glace arctique, lien avec la stœchiométrie de la combustion, comparaison avec Vénus et Mars. La partie C reprend les classiques, de la Terre boule de neige au bilan d'énergie de la surface.
Le fil de la série : une planète est à l'équilibre quand elle renvoie vers l'espace exactement l'énergie qu'elle absorbe. Toute perturbation de ce bilan, un forçage, se paie en degrés, jusqu'à ce que le rayonnement sortant rattrape l'entrant. Avant chaque calcul, demandez-vous ce qui entre, ce qui sort, et à quelle température il faut être pour que les deux s'égalisent.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Constante solaire : S=4πd2L≈1361 W/m² pour la Terre. Flux moyen par mètre carré de surface : 4S, rapport de la sphère 4πR2 au disque intercepté πR2.
•Albédo α : fraction du rayonnement solaire réfléchie. Flux absorbé moyen : (1−α)4S, soit 238 W/m² pour α=0,30.
•Température d'équilibre radiatif : σTe4=(1−α)4S, soit Te≈255 K pour la Terre, contre 288 K observés en surface.
•Loi de Wien : λmaxT=2,898×10−3 m·K. Soleil : visible ; Terre : infrarouge vers 10 µm, là où absorbent H₂O, CO₂ et CH₄.
•Modèle à une couche d'absorptivité f : Ts=Te(2−f2)1/4 ; couche opaque (f=1) : Ts=21/4Te.
•Forçage radiatif du CO₂ : ΔF=5,35lnC0C W/m², soit 3,7 W/m² par doublement.
•Réponse de Planck : λP=4σTe3≈3,7 W/(m²·K). Avec rétroactions de facteur g<1 : ΔT=λP(1−g)ΔF.
•Réponse dans le temps d'un réservoir de capacité C : CdtdT=ΔF−λT, d'où T(t)=λΔF(1−e−t/τ) avec τ=λC.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Du Soleil à la Terre : la constante solaire et le facteur 4
La luminosité du Soleil vaut L=3,828×1026 W et la distance moyenne Terre-Soleil d=1,496×1011 m. Rayon terrestre : R=6,371×106 m. L'albédo moyen de la Terre vaut α=0,30.
a) Calculez la constante solaire S, flux reçu sur une surface perpendiculaire aux rayons à la distance de la Terre.
b) Calculez la puissance totale interceptée par la Terre.
c) Calculez le flux solaire moyen reçu par mètre carré de surface terrestre.
d) D'où vient le facteur 4 entre S et ce flux moyen ?
e) Calculez le flux moyen absorbé par la Terre, par mètre carré.
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Réponses
a)S=1361 W/m²
b)P=1,74×1017 W
c)S/4=340 W/m²
d)Sphère 4πR2 sur disque πR2
e)238 W/m²
a) La puissance du Soleil se répartit sur une sphère de rayon d : S=4πd2L=4π×(1,496×1011)23,828×1026=1361 W/m².
b) La Terre intercepte le faisceau comme un DISQUE de rayon R : P=πR2S=π×(6,371×106)2×1361=1,74×1017 W.
c) Cette puissance se répartit, en moyenne sur un jour et sur tout le globe, sur la SPHÈRE entière : 4πR2πR2S=4S=340 W/m².
d) Le rapport entre la surface de la sphère, 4πR2, et celle du disque d'ombre, πR2. Il combine deux effets : la moitié du globe est dans la nuit, et sur la moitié éclairée les rayons arrivent en moyenne obliquement.
e) 30 % est réfléchi : (1−α)4S=0,70×340=238 W/m². C'est ce flux que la Terre doit réémettre vers l'espace pour rester à l'équilibre.
Exercice 2 : Température d'équilibre radiatif et sensibilité à l'albédo
Une planète sans atmosphère, qui absorbe (1−α)4S et rayonne comme un corps noir σTe4, atteint une température d'équilibre Te. Données : S=1361 W/m², α=0,30, σ=5,67×10−8 W/(m²·K⁴). La température moyenne observée à la surface de la Terre vaut 288 K.
a) Calculez Te pour la Terre.
b) Quel écart, en kelvins, sépare la température observée de Te ?
c) Montrez que dαdTe=−4(1−α)Te et calculez cette dérivée.
d) Estimez la variation de Te si l'albédo passe de 0,30 à 0,31.
e) À quoi l'écart de la question b) est-il dû ?
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Réponses
a)Te=254,6 K
b)33 K
c)−90,9 K par unité d'albédo
d)ΔTe≈−0,91 K
e)L'effet de serre
a) σTe4=(1−α)4S, donc Te=(4×5,67×10−80,70×1361)1/4=254,6 K, soit environ −19 °C.
b) 288−254,6=33 K. Sans ce supplément, la surface serait gelée en moyenne.
c) Te=(4σS)1/4(1−α)1/4, donc dαdTe=−41(4σS)1/4(1−α)−3/4=−4(1−α)Te. Numériquement : −2,8254,6=−90,9 K par unité d'albédo.
d) Au premier ordre : ΔTe≈−90,9×0,01=−0,91 K. Le calcul exact donne 253,7 K, soit −0,91 K aussi : la linéarisation est excellente pour de si petites variations. Un centième d'albédo, c'est presque un degré.
e) À l'EFFET DE SERRE : l'atmosphère, transparente à l'essentiel du rayonnement solaire, absorbe une grande partie du rayonnement infrarouge émis par la surface et en renvoie une partie vers elle. La surface reçoit donc plus que les 238 W/m² solaires et doit être plus chaude pour les réémettre.
Exercice 3 : Deux rayonnements qui ne se chevauchent pas
Le Soleil rayonne comme un corps noir à 5772 K, la Terre comme un corps noir à environ 255 K. Loi de Wien : λmaxT=2,898×10−3 m·K. Constante de Planck h=6,63×10−34 J·s, c=3,00×108 m/s.
a) Calculez la longueur d'onde du maximum d'émission du Soleil, en nm.
b) Calculez celle du rayonnement terrestre, en µm.
c) Par quel facteur les deux longueurs d'onde diffèrent-elles ?
d) Calculez l'énergie d'un photon à λmax terrestre, en eV (1 eV =1,60×10−19 J).
e) Pourquoi ce décalage permet-il à l'atmosphère de laisser entrer l'énergie solaire tout en retenant l'énergie terrestre ?
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Réponses
a)502 nm
b)11,4 µm
c)Facteur 22,6
d)E≈0,109 eV
e)Absorption sélective dans l'infrarouge
a) λmax=57722,898×10−3=5,02×10−7 m =502 nm, dans le visible.
b) λmax=2552,898×10−3=1,14×10−5 m =11,4 µm, dans l'infrarouge thermique.
c) La loi de Wien rend λmax inversement proportionnelle à T : le rapport des longueurs d'onde est celui des températures, 2555772=22,6. Les deux spectres, chacun large d'un facteur dix environ autour de son maximum, se recouvrent à peine : on parle de rayonnement « de courte longueur d'onde » et « de grande longueur d'onde ».
d) E=λhc=1,14×10−56,63×10−34×3,00×108=1,75×10−20 J =0,109 eV. Cette énergie correspond aux écarts entre niveaux de VIBRATION des molécules comme CO₂ et H₂O, alors qu'un photon visible, vingt fois plus énergétique, ne les excite pas.
e) L'absorption dépend de la longueur d'onde. Les gaz à effet de serre (H₂O, CO₂, CH₄), transparents dans le visible, absorbent fortement dans l'infrarouge, là où leurs molécules ont des modes de vibration. Comme les deux rayonnements occupent des domaines séparés, l'atmosphère peut être presque transparente à l'un et presque opaque à l'autre.
Exercice 4 : Le modèle à une couche, avec une atmosphère partiellement absorbante
On modélise l'atmosphère par une couche unique, transparente au rayonnement solaire, qui absorbe une fraction f du rayonnement infrarouge de la surface et rayonne fσTa4 vers le haut et autant vers le bas. La surface, à Ts, reçoit (1−α)4S=σTe4 avec Te=254,6 K. On admet que ce modèle mène à Ts=Te(2−f2)1/4 et Ta=21/4Ts.
a) Calculez Ts pour une couche totalement opaque à l'infrarouge (f=1).
b) Quelle valeur de f donne la température observée Ts=288 K ?
c) Calculez alors la température Ta de la couche.
d) Calculez le flux infrarouge que la couche renvoie vers la surface.
e) Vérifiez l'équilibre de la surface : comparez ce qu'elle reçoit ((1−α)S/4 plus le flux de la question d) à ce qu'elle émet, σTs4.
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Réponses
a)Ts=302,8 K
b)f≈0,78
c)Ta≈242 K
d)152 W/m²
e)238+152=390=σTs4
a) Ts=21/4Te=1,189×254,6=302,8 K. Une atmosphère opaque surestime l'effet de serre de 15 K : l'atmosphère réelle laisse filer une partie de l'infrarouge par la « fenêtre » de 8 à 13 µm.
b) (254,6288)4=2−f2, donc 1,637=2−f2 et f=2−1,6372=0,78. L'atmosphère du modèle absorbe 78 % du rayonnement de la surface.
c) Ta=1,189288=242 K. La couche est plus froide que la surface : c'est ce qui la rend capable de retenir de l'énergie, elle rayonne vers l'espace moins que ce que la surface lui envoie.
d) fσTa4=0,779×5,67×10−8×242,24=152 W/m².
e) Reçu : 238+152=390 W/m². Émis : σ×2884=390 W/m². L'égalité est vérifiée, et elle montre la clé du mécanisme : la surface reçoit PLUS que l'énergie solaire, parce que l'atmosphère lui en renvoie une partie.
Exercice 5 : Le forçage radiatif du dioxyde de carbone
On appelle forçage radiatif ΔF la variation du bilan énergétique au sommet de l'atmosphère provoquée par une perturbation, avant toute réponse de la température. Pour le CO₂, une formule empirique donne ΔF=5,35lnC0C en W/m². Pour le méthane, en négligeant les recouvrements de bandes, ΔF≈0,036(M−M0), avec M en ppb.
a) Calculez le forçage dû au passage du CO₂ de 280 ppm (époque préindustrielle) à 420 ppm.
b) Calculez le forçage d'un doublement de la concentration préindustrielle.
c) Quelle fraction du forçage d'un doublement est déjà atteinte à 420 ppm ?
d) Calculez le forçage du méthane passé de 722 à 1900 ppb.
e) Pourquoi le forçage du CO₂ croît-il comme un logarithme, et non proportionnellement à la concentration ?
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Réponses
a)ΔF=2,17 W/m²
b)3,71 W/m²
c)58,5 %
d)0,60 W/m²
e)Bande d'absorption saturée en son centre
a) ΔF=5,35ln280420=5,35ln1,5=2,17 W/m².
b) ΔF2×=5,35ln2=3,71 W/m². Remarquez qu'il ne dépend pas de la concentration de départ : chaque doublement ajoute le même forçage.
c) ln2ln1,5=0,585 : avec seulement la moitié du chemin parcouru en concentration (+140 ppm sur +280), on a déjà 58,5 % du forçage.
d) ΔF=0,036(1900−722)=0,036×(43,59−26,87)=0,60 W/m², un peu plus du quart du CO₂ alors que la concentration est deux cents fois plus faible : molécule pour molécule, le méthane est bien plus efficace.
e) Au centre de la bande d'absorption du CO₂ vers 15 µm, l'atmosphère est déjà SATURÉE : ajouter du gaz n'y change presque plus rien. Le forçage supplémentaire vient des ailes de la bande, où l'absorption progresse de plus en plus lentement. D'où une croissance lente, logarithmique ; le méthane, moins saturé, suit une loi en racine carrée.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : La réponse de Planck et le facteur de rétroaction
Une planète qui se réchauffe de ΔT émet davantage vers l'espace, ce qui ramène le bilan à l'équilibre : c'est la réponse de Planck. On modélise l'émission par F=σTe4 avec Te=254,6 K. Les rétroactions (vapeur d'eau, glace, nuages) amplifient la réponse : si ΔT0 est le réchauffement sans rétroaction, le réchauffement final vaut ΔT=1−gΔT0, où g est le facteur de rétroaction. Forçage d'un doublement du CO₂ : 3,71 W/m².
a) Calculez λP=dTdF en Te, en W/(m²·K).
b) Calculez le réchauffement ΔT0 d'un doublement du CO₂ sans aucune rétroaction.
c) Avec g=0,60, calculez le réchauffement final.
d) Quelle valeur de g donnerait un réchauffement de 4,5 K ?
e) Que se passerait-il si g atteignait 1 ?
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Réponses
a)λP=3,74 W/(m²·K)
b)ΔT0≈0,99 K
c)ΔT≈2,5 K
d)g≈0,78
e)Emballement : la réponse diverge
a) λP=dTd(σT4)=4σTe3=4×5,67×10−8×254,63=3,74 W/(m²·K). Chaque kelvin de plus renvoie 3,74 W/m² vers l'espace.
b) Le réchauffement compense le forçage quand λPΔT0=ΔF : ΔT0=3,743,71=0,99 K. Sans rétroaction, un doublement du CO₂ réchaufferait la planète d'environ un degré.
c) ΔT=1−0,600,99=2,5 K. Les rétroactions multiplient la réponse de base par 2,5. La principale est la vapeur d'eau : un air plus chaud en contient davantage, et elle est elle-même un gaz à effet de serre.
d) 1−g=4,50,99, donc g=0,78. Le passage de 2,5 à 4,5 K ne demande qu'un facteur de rétroaction un peu plus grand : c'est pourquoi l'incertitude sur les rétroactions, surtout celle des nuages, domine l'incertitude sur le réchauffement futur.
e) Le dénominateur s'annulerait : une petite perturbation déclencherait un emballement sans limite, jusqu'à ce que g redescende sous 1. C'est l'« effet de serre galopant » qu'on invoque pour Vénus. Pour la Terre actuelle, g<1 : les rétroactions amplifient, mais le système reste stable.
Exercice 7 : La rétroaction glace-albédo dans l'Arctique
En fin d'été, la banquise arctique a perdu environ 4,0×106 km² par rapport aux années 1980. La glace a un albédo de 0,60, l'océan libre de 0,07. On prend un flux solaire moyen de 200 W/m² au niveau de la surface pendant les quatre mois de la saison de fonte, et nul le reste de l'année. Surface de la Terre : 5,10×108 km².
a) Calculez la puissance solaire supplémentaire absorbée pendant la saison de fonte.
b) Ramenez cette puissance à un flux moyen sur toute la surface terrestre, pendant la saison.
c) Ramenez-la à une moyenne annuelle.
d) Comparez au forçage du CO₂ depuis l'époque préindustrielle (2,17 W/m²) : quel pourcentage représente-t-elle ?
e) Pourquoi parle-t-on de rétroaction positive ?
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Réponses
a)ΔP≈4,2×1014 W
b)0,83 W/m²
c)0,28 W/m²
d)Environ 13 %
e)Elle amplifie sa propre cause
a) Chaque mètre carré qui passe de la glace à l'eau absorbe en plus (0,60−0,07)×200=106 W. Sur 4,0×1012 m² : ΔP=4,0×1012×106=4,2×1014 W. Attention aux kilomètres carrés : 1 km² =106 m².
b) 5,10×10144,24×1014=0,83 W/m².
c) La saison ne dure qu'un tiers de l'année : 30,83=0,28 W/m².
d) 2,170,28=0,13 : environ 13 % du forçage du CO₂, pour une surface qui ne couvre même pas 1 % du globe. L'estimation est grossière (nuages, angle du soleil, glace de printemps), mais l'ordre de grandeur est juste.
e) Parce que l'effet renforce sa propre cause : le réchauffement fait fondre la glace, la surface devient plus sombre, elle absorbe plus d'énergie, ce qui réchauffe encore et fait fondre davantage. Une rétroaction négative, au contraire, s'opposerait à la perturbation, comme la réponse de Planck.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des affirmations suivantes est fausse, ou fausse par un détail décisif. Choisissez l'énoncé correct et justifiez-le. Deux points chacune.
a) « L'effet de serre est causé par le trou dans la couche d'ozone. »
b) « L'effet de serre est un phénomène néfaste qu'il faudrait supprimer. »
c) « Le CO₂ réchauffe l'atmosphère parce qu'il absorbe la lumière du Soleil. »
d) « La vapeur d'eau n'est pas un gaz à effet de serre, puisque les nuages refroidissent. »
e) « Une serre de jardin chauffe exactement par le même mécanisme que l'atmosphère terrestre. »
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Réponses
a)UV et ozone ; infrarouge et effet de serre
b)Sans lui, environ −18 °C
c)Il absorbe l'infrarouge terrestre
d)Principal gaz à effet de serre, en rétroaction
e)La serre bloque surtout la convection
a) Deux phénomènes distincts. Le trou d'ozone laisse passer davantage d'ULTRAVIOLET jusqu'au sol, un problème sanitaire causé par les CFC. L'effet de serre concerne l'INFRAROUGE émis par la surface. Les CFC sont par ailleurs de puissants gaz à effet de serre, ce qui entretient la confusion, mais le trou lui-même n'est pas la cause du réchauffement.
b) Sans effet de serre, la température moyenne de la surface serait d'environ 255 K, soit −18 °C, au lieu de 15 °C. Le phénomène naturel rend la Terre habitable ; c'est son RENFORCEMENT par les émissions humaines, de l'ordre de 2 W/m² de forçage, qui pose problème.
c) Le CO₂ est presque transparent au rayonnement solaire, qui est surtout visible. Il absorbe l'INFRAROUGE émis par la surface et l'atmosphère, en particulier vers 15 µm, puis le réémet dans toutes les directions, dont vers le sol.
d) La vapeur d'eau est le PRINCIPAL gaz à effet de serre, par sa contribution totale. Mais sa concentration est fixée par la température, pas par nos émissions directes : elle agit comme une RÉTROACTION qui amplifie le réchauffement dû au CO₂. Les nuages, eux, ont un double effet, ils réfléchissent le soleil et retiennent l'infrarouge.
e) Une serre de jardin chauffe surtout parce que sa vitre BLOQUE LA CONVECTION : l'air chauffé au contact du sol ne peut pas s'élever et être remplacé. L'expérience de Wood (1909), avec une vitre transparente à l'infrarouge, l'a montré. L'atmosphère n'a pas de couvercle : elle agit par absorption et réémission du rayonnement infrarouge. Le nom est une analogie, pas une identité.
Exercice 9 : Problème : de la combustion à la hausse du CO₂ atmosphérique
L'essence est modélisée par l'octane C₈H₁₈ (M=114,23 g/mol), de masse volumique 0,70 kg/L, qui brûle selon 2C8H18+25O2→16CO2+18H2O. M(CO2)=44,01 g/mol. Dans l'atmosphère, 1 ppm de CO₂ correspond à 7,8 milliards de tonnes (Gt) de CO₂. L'humanité émet environ 40 Gt de CO₂ par an, dont 45 % restent dans l'atmosphère.
a) Calculez la masse de CO₂ produite par la combustion de 1,0 L d'essence.
b) Une voiture consomme 7,5 L/100 km et roule 15000 km par an. Calculez ses émissions annuelles, en tonnes.
c) Calculez la hausse annuelle de la concentration atmosphérique en CO₂, en ppm/an.
d) À ce rythme constant, combien d'années faut-il pour passer de 420 à 560 ppm, le double de la valeur préindustrielle ?
e) Pourquoi la masse de CO₂ produite dépasse-t-elle la masse d'essence brûlée ?
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Réponses
a)2,16 kg de CO₂ par litre
b)2,4 t par an
c)2,3 ppm/an
d)Environ 61 ans
e)L'oxygène de l'air entre dans le CO₂
a) 0,70 kg d'octane, soit n=114,23700=6,13 mol. D'après l'équation, 1 mol d'octane donne 8 mol de CO₂ : 49,0 mol, soit 49,0×44,01=2,16×103 g =2,16 kg.
b) 15000 km à 7,5 L/100 km : 1125 L, donc 1125×2,16=2,43×103 kg =2,4 t de CO₂ par an.
c) 40×0,45=18 Gt restent dans l'air, soit 7,818=2,3 ppm/an, l'ordre de grandeur des mesures actuelles.
d) 2,31560−420=61 ans. En pratique les émissions ne sont pas constantes, mais le calcul dit ce qu'implique un statu quo.
e) Le carbone de l'essence se combine à l'oxygène de l'AIR : chaque atome de carbone (12 g/mol) sort dans une molécule de CO₂ de 44 g/mol. La masse de dioxygène consommée s'ajoute, la conservation de la masse est respectée.
Exercice 10 : Problème : Vénus, la Terre et Mars
On compare trois planètes. Constante solaire à la distance de la Terre S=1361 W/m² ; distances au Soleil : Vénus 0,723 ua, Mars 1,524 ua. Albédos : Vénus 0,77, Mars 0,25. Températures de surface observées : Vénus 737 K, Mars 210 K. σ=5,67×10−8 W/(m²·K⁴). Dans un modèle à n couches opaques, la surface atteint Ts=(n+1)1/4Te.
a) Calculez la constante solaire à la distance de Vénus.
b) Calculez la température d'équilibre de Vénus.
c) Calculez celle de Mars.
d) Combien de couches opaques faudrait-il pour expliquer la température de surface de Vénus ?
e) Vénus reçoit presque deux fois plus de flux que la Terre, et pourtant sa température d'équilibre est plus basse. Pourquoi ?
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Réponses
a)SV≈2604 W/m²
b)Te≈227 K
c)Te≈210 K
d)n≈111
e)Albédo 0,77 : elle absorbe moins que la Terre
a) Le flux décroît en d21 : SV=0,72321361=2604 W/m².
b) Te=(4σ0,23×2604)1/4=227 K. La surface est à 737 K : l'effet de serre vénusien vaut plus de 500 K.
c) SM=1,52421361=586 W/m² et Te=(4σ0,75×586)1/4=210 K, exactement la température observée : l'atmosphère martienne, très ténue, n'a pratiquement pas d'effet de serre.
d) (n+1)=(226,7737)4=112, donc n≈111 couches. L'atmosphère de Vénus, 93 fois plus massive que celle de la Terre et presque entièrement faite de CO₂, est opaque à l'infrarouge sur une énorme épaisseur : le chiffre dit l'ordre de grandeur, pas un nombre de couches réel.
e) Son albédo de 0,77 : ses nuages d'acide sulfurique renvoient plus des trois quarts du rayonnement. Vénus n'absorbe que 0,23×42604=150 W/m², moins que les 238 W/m² de la Terre. Sa surface brûlante ne vient pas du flux reçu mais de l'effet de serre.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : La Terre boule de neige et ses deux équilibres
Il y a environ 700 millions d'années, la Terre aurait été presque entièrement englacée. On reprend le modèle à une couche d'absorptivité f=0,78, où Ts=Te(2−f2)1/4 et σTe4=(1−α)4S, avec S=1361 W/m² et σ=5,67×10−8 W/(m²·K⁴). Une planète couverte de glace a un albédo d'environ 0,60.
a) Calculez la température d'équilibre Te d'une Terre englacée.
b) Calculez sa température de surface Ts.
c) Cette planète peut-elle sortir d'elle-même de la glaciation ?
d) Quel albédo maximal permettrait d'atteindre Ts=273 K avec la même atmosphère ?
e) Avec le même Soleil, la Terre actuelle (α=0,30) est à 288 K. Qu'en conclut-on ?
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Réponses
a)Te≈221 K
b)Ts≈250 K
c)Non, l'état englacé est stable
d)α≈0,44
e)Deux équilibres : hystérésis
a) Te=(4×5,67×10−80,40×1361)1/4=221 K.
b) (1,222)1/4=1,1315, donc Ts=221,3×1,1315=250 K, soit −23 °C.
c) Non : à 250 K la glace ne fond pas, l'albédo reste à 0,60 et la planète reste froide. L'état englacé est STABLE. Dans la réalité, c'est l'accumulation lente de CO₂ volcanique, qui n'est plus absorbé par l'altération des roches sous la glace, qui a fini par augmenter f et libérer la planète.
d) Il faut Te=1,1315273=241,3 K, donc 1−α=S4σTe4=0,565 et α=0,44. Il faudrait que l'albédo tombe de 0,60 à 0,44, ce qu'une surface gelée ne peut pas faire seule.
e) Pour le MÊME ensoleillement, le système a deux états d'équilibre, l'un chaud et sombre, l'autre froid et clair : c'est une hystérésis. L'état dans lequel on se trouve dépend de l'histoire, et passer de l'un à l'autre demande une perturbation forte. La rétroaction glace-albédo est ce qui crée ces deux états.
Exercice 12 : L'inertie de l'océan : le temps de réponse du climat
On modélise la couche océanique de surface, bien mélangée sur h=70 m, par un réservoir de capacité thermique surfacique C=ρch (ρ=1025 kg/m³, c=3990 J/(kg·K)). Soumise à un forçage ΔF constant, son écart de température T vérifie CdtdT=ΔF−λT, avec λ=1,2 W/(m²·K). On prend ΔF=3,7 W/m², une année valant 3,156×107 s.
a) Calculez C, en J/(m²·K).
b) La solution est T(t)=λΔF(1−e−t/τ). Calculez τ=λC, en années.
c) Calculez le réchauffement d'équilibre.
d) Calculez le réchauffement atteint après 10 ans.
e) Au bout de combien d'années la moitié du réchauffement d'équilibre est-elle atteinte ?
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Réponses
a)C=2,86×108 J/(m²·K)
b)τ≈7,6 ans
c)Teq≈3,08 K
d)2,26 K
e)τln2≈5,2 ans
a) C=1025×3990×70=2,86×108 J/(m²·K). Il faut près de trois cents mégajoules pour réchauffer d'un kelvin la colonne d'eau sous chaque mètre carré.
b) τ=1,22,863×108=2,39×108 s, soit 3,156×1072,39×108=7,6 ans. On vérifie la solution : T(0)=0, et CdtdT=λτCΔFe−t/τ=ΔF−λT.
c) Quand dtdT=0 : Teq=λΔF=1,23,7=3,1 K.
d) T(10)=3,08×(1−e−10/7,56)=3,08×0,734=2,26 K.
e) 1−e−t/τ=21, donc t=τln2=7,56×0,693=5,2 ans. Le climat « court après » le forçage : une partie du réchauffement dû aux émissions passées n'est pas encore visible. Avec l'océan profond, bien plus lent, une partie arrive sur des siècles.
Vue de l'espace, la Terre émet en moyenne 240 W/m² d'infrarouge. On admet que ce rayonnement part d'une altitude d'émission unique où l'air rayonne comme un corps noir, et que la température décroît de 6,5 K par kilomètre depuis la surface, à 288 K. σ=5,67×10−8 W/(m²·K⁴).
a) Calculez la température de rayonnement de la Terre.
b) Calculez l'altitude d'émission.
c) Un ajout de CO₂ rend l'atmosphère plus opaque et élève l'altitude d'émission de 150 m, sans changer le profil de température. Quelle est la nouvelle température d'émission ?
d) Calculez la baisse du flux émis vers l'espace.
e) Comment le système retrouve-t-il l'équilibre ?
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Réponses
a)T=255,1 K
b)z≈5,07 km
c)T=254,1 K
d)ΔF≈3,65 W/m²
e)Réchauffement jusqu'à rétablir 240 W/m²
a) T=(5,67×10−8240)1/4=255,1 K.
b) La température baisse de 288−255,1=32,9 K entre la surface et l'altitude d'émission : z=6,532,9=5,07 km. C'est vers 5 km, et non depuis le sol, que la Terre se refroidit vers l'espace.
c) Monter de 150 m fait perdre 6,5×0,150=0,98 K : T=254,1 K.
d) ΔF=σ(255,074−254,094)=3,65 W/m², du même ordre que le forçage d'un doublement du CO₂. L'approximation linéaire 4σT3ΔT donne 3,67 W/m².
e) La Terre reçoit toujours 240 W/m² mais n'en émet plus que 236 : elle accumule de l'énergie et se réchauffe. Le profil entier se décale vers les températures plus chaudes jusqu'à ce que la NOUVELLE altitude d'émission retrouve 255 K ; la surface, 5,2 km plus bas, a alors gagné environ un kelvin, avant rétroactions.
Exercice 14 : Aérosols volcaniques et géo-ingénierie solaire
Une hausse Δα de l'albédo planétaire produit un forçage ΔF=−4SΔα, avec 4S=340 W/m². L'éruption du Pinatubo (1991) a produit, pendant environ un an, un forçage moyen de −3,0 W/m². On reprend le modèle de l'océan de surface : λ=1,2 W/(m²·K) et τ=7,6 ans, avec T(t)=λΔF(1−e−t/τ).
a) Quelle hausse d'albédo compenserait le forçage d'un doublement du CO₂ (3,71 W/m²) ?
b) Quelle hausse relative de l'albédo actuel (0,30) cela représente-t-il, en % ?
c) Si le forçage du Pinatubo durait indéfiniment, quel refroidissement d'équilibre produirait-il ?
d) Calculez le refroidissement réellement atteint au bout d'un an.
e) Pourquoi une géo-ingénierie par aérosols ne règle-t-elle pas le problème du CO₂ ?
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Réponses
a)Δα≈0,0109
b)3,6 %
c)−2,5 K
d)−0,31 K
e)Le CO₂ reste, les aérosols retombent
a) Δα=3403,71=0,0109, environ un centième.
b) 0,300,0109=3,6 %. Il suffirait de renvoyer un peu plus d'un pour cent de la lumière solaire incidente, ce qui explique l'intérêt, et les risques, des projets d'injection d'aérosols dans la stratosphère.
c) Teq=1,2−3,0=−2,5 K.
d) T(1)=−2,5×(1−e−1/7,6)=−2,5×0,123=−0,31 K. On a mesuré un refroidissement global de l'ordre de 0,3 à 0,5 K : l'inertie de l'océan empêche un forçage bref de produire son plein effet, ce qui explique aussi pourquoi le refroidissement a disparu en deux ou trois ans.
e) Les aérosols retombent en un ou deux ans : il faudrait les réinjecter sans interruption pendant des siècles, sous peine d'un réchauffement brutal si l'on arrête. Surtout, ils ne retirent pas le CO₂ : l'acidification des océans continue, et l'effet de serre et l'écran d'aérosols ne se compensent qu'en moyenne, pas région par région ni saison par saison.
Exercice 15 : Problème : le bilan d'énergie de la surface terrestre
Les estimations récentes du bilan moyen de la surface donnent, en W/m² : rayonnement solaire absorbé 161 ; rayonnement infrarouge reçu de l'atmosphère 333 ; rayonnement infrarouge émis 396 ; flux de chaleur sensible (convection) 17 ; flux de chaleur latente (évaporation) 80. Données : σ=5,67×10−8 W/(m²·K⁴), Lv=2,45×106 J/kg, une année vaut 3,156×107 s, surface terrestre 5,10×1014 m².
a) Calculez le flux net reçu par la surface.
b) Déduisez la température de surface du flux émis, en supposant une émissivité égale à 1.
c) La chaleur latente sert à évaporer de l'eau qui retombe en pluie. Calculez la hauteur de précipitations moyenne annuelle correspondante, en mètres.
d) Le système Terre accumule en moyenne 0,9 W/m². Calculez l'énergie accumulée en un an.
e) Quel apport d'énergie à la surface est le plus grand ?
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Réponses
a)+1 W/m²
b)T≈289 K
c)1,03 m par an
d)1,4×1022 J
e)L'infrarouge atmosphérique, 333 W/m²
a) Reçu : 161+333=494. Perdu : 396+17+80=493. Flux net : +1 W/m². Le bilan n'est pas nul : la surface, surtout l'océan, se réchauffe lentement.
b) T=(5,67×10−8396)1/4=289 K, soit 16 °C, cohérent avec la température moyenne observée.
c) Masse évaporée par mètre carré en un an : 2,45×10680×3,156×107=1,03×103 kg, soit 1,03 m³ d'eau. Il tombe donc en moyenne 1,03 m de précipitations par an : le flux latent pilote le cycle de l'eau.
d) E=0,9×3,156×107×5,10×1014=1,4×1022 J par an, dont plus de 90 % finit dans l'océan.
e) Le rayonnement infrarouge renvoyé par l'atmosphère, 333 W/m², plus du double du solaire absorbé. C'est la mesure directe de l'effet de serre : la surface est chauffée davantage par l'atmosphère que par le Soleil directement.
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