Chimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA) • Cégep à Montréal

Exercices corrigés : la thermochimie et le premier principe (202-SF1-RE, ancien 202-NYA)

Au secondaire, la thermochimie se résume à q=mcΔTq=mc\Delta T et à la loi de Hess. Le cégep ajoute la question que cela laissait de côté : la chaleur mesurée dépend-elle de la façon dont on mesure ? La réponse est oui, et c'est toute la distinction entre l'énergie interne ΔU\Delta U, mesurée à volume constant dans une bombe, et l'enthalpie ΔH\Delta H, mesurée à pression constante dans un gobelet.

L'exercice 5 introduit un outil que les tables d'enthalpies de formation ne remplacent pas : les énergies de liaison permettent d'ESTIMER l'enthalpie d'une réaction dont aucun composé n'est tabulé, ce qui est le cas courant en chimie organique. On verra sur un exemple qu'elles tombent à 1 % du résultat exact, et pourquoi elles ne peuvent jamais faire mieux.

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Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (7 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1La mole et la quantité de matièreSecondaire 5 SN5
  2. 2L'aspect énergétique des transformationsSecondaire 5 SN5
  3. 3Les propriétés de la matièreSecondaire 4 ST, Science et technologie
  4. 4La mesure au laboratoire, chiffres significatifs et incertitudes
  5. 5Structure atomique et configuration électronique
  6. 6Liaison chimique et géométrie moléculaire
  7. 7Stœchiométrie, réactif limitant et rendement

Rappel de cours

  • Chaleur massique : q=mcΔTq=mc\Delta T, avec c=4,18c=4{,}18 J/(g·°C) pour l'eau. Dans un calorimètre isolé, la chaleur cédée par le corps chaud égale celle reçue par le corps froid, au signe près, à laquelle s'ajoute celle absorbée par le calorimètre lui-même, q=CcalΔTq=C_{cal}\Delta T.
  • Conventions de signe : q>0q>0 si le système REÇOIT de la chaleur, w>0w>0 si le système REÇOIT du travail. Réaction exothermique : q<0q<0.
  • Premier principe : ΔU=q+w\Delta U=q+w. Travail de pression contre une pression extérieure constante : w=PΔVw=-P\Delta V. Unité pratique : 1 kPa·L = 1 J.
  • À VOLUME constant, ΔV=0\Delta V=0 donc w=0w=0 et qV=ΔUq_{V}=\Delta U. À PRESSION constante, qP=ΔHq_{P}=\Delta H. Lien : ΔH=ΔU+ΔngazRT\Delta H=\Delta U+\Delta n_{gaz}RT, où Δngaz\Delta n_{gaz} ne compte QUE les gaz.
  • Calorimétrie : q=mcΔTq=mc\Delta T pour le contenu, auquel s'ajoute CcalΔTC_{cal}\Delta T pour le calorimètre lui-même quand sa capacité thermique est donnée. Pour l'eau, c = 4,18 J/(g·°C).
  • La chaleur mesurée est celle reçue par le CALORIMÈTRE ; celle de la réaction est son opposée.
  • Loi de Hess : l'enthalpie est une fonction d'état, donc ΔH\Delta H ne dépend que des états initial et final. On peut additionner, inverser (changer le signe) et multiplier (multiplier ΔH\Delta H) les équations.
  • Énergies de liaison : ΔHE(liaisons rompues)E(liaisons formeˊes)\Delta H\approx\sum E(\text{liaisons rompues})-\sum E(\text{liaisons formées}). Rompre coûte, former rapporte. Ne vaut que pour des espèces GAZEUSES, et ne donne qu'une estimation.
  • Enthalpies standard de formation : ΔH=nΔHf(produits)nΔHf(reˊactifs)\Delta H^{\circ}=\sum n\Delta H_{f}^{\circ}(\text{produits})-\sum n\Delta H_{f}^{\circ}(\text{réactifs}). Elle vaut zéro pour un élément dans son état standard, et l'état physique doit toujours être précisé : H2O(l)H_{2}O(l) et H2O(g)H_{2}O(g) diffèrent de l'enthalpie de vaporisation.
  • Cycle de Born-Haber : ΔHf(sel)=\Delta H_{f}^{\circ}(sel)= sublimation ++ ionisation ++ dissociation ++ affinité électronique ++ enthalpie de réseau. Dissolution d'un solide ionique : ΔHdissolution=Ereticulaire+ΔHhydratation\Delta H_{dissolution}=E_{reticulaire}+\Delta H_{hydratation}, différence de deux grands nombres de signes opposés.

Partie A : Premier principe, calorimétrie, enthalpies de formation et liaisons (/50)

Exercice 1 : Le premier principe et le travail de pression

Un système échange de l'énergie avec son milieu de deux façons seulement : par la chaleur et par le travail. Le premier principe affirme que la somme des deux est une grandeur d'état, l'énergie interne.

Rappel d'unités : 1 kPa·L = 1 J.

  • a) Énoncez les conventions de signe pour qq et pour ww, et écrivez le premier principe.
  • b) Un gaz se détend de 2,00 L à 5,00 L contre une pression extérieure constante de 101,3 kPa, en absorbant 500 J de chaleur. Calculez le travail, puis la variation d'énergie interne.
  • c) Le système a-t-il gagné ou perdu de l'énergie ? Où est passée la différence ?
  • d) Que vaut le travail si la même détente se produit dans le VIDE ? Commentez.

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Réponses

  • a) q>0q>0 si le système reçoit, w>0w>0 si on le comprime, et ΔU=q+w\Delta U=q+w
  • b) w=304w=-304 J et ΔU=+196\Delta U=+196 J
  • c) Le système gagne 196 J ; les 304 J restants sont partis en travail contre l'atmosphère
  • d) w=0w=0 dans le vide, donc ΔU=q=500\Delta U=q=500 J : ww n'est pas une fonction d'état

a) On adopte le point de vue du SYSTÈME : q>0q>0 si le système reçoit de la chaleur, q<0q<0 s'il en cède ; w>0w>0 si le milieu fournit du travail au système, c'est-à-dire si on le comprime, et w<0w<0 si le système fournit du travail, c'est-à-dire s'il se détend. Le premier principe s'écrit alors ΔU=q+w\Delta U=q+w, et il affirme que ΔU\Delta U ne dépend que des états initial et final, alors que qq et ww dépendent séparément du chemin suivi.

b) ΔV=5,002,00=+3,00\Delta V=5{,}00-2{,}00=+3{,}00 L. Le travail vaut w=PΔV=101,3×3,00=304w=-P\Delta V=-101{,}3\times 3{,}00=-304 kPa·L, soit 304-304 J. Le signe est négatif parce que le gaz POUSSE l'atmosphère : il fournit du travail. Alors ΔU=q+w=500+(304)=+196\Delta U=q+w=500+(-304)=+196 J.

c) Le système a GAGNÉ 196 J d'énergie interne. Il a reçu 500 J sous forme de chaleur, mais il en a immédiatement restitué 304 J au milieu sous forme de travail mécanique, en repoussant l'atmosphère. Seul le solde reste stocké dans le système, sous forme d'agitation moléculaire, ce qui se traduit par une élévation de température. C'est exactement le principe d'un moteur : convertir de la chaleur reçue en travail fourni.

d) Dans le vide, la pression extérieure est nulle, donc w=PextΔV=0w=-P_{ext}\Delta V=0 quelle que soit la variation de volume : le gaz ne pousse contre RIEN, il ne fournit aucun travail. On aurait alors ΔU=q=500\Delta U=q=500 J. Cette détente, dite de Joule-Gay-Lussac, montre que le travail n'est pas une propriété du système seul : il dépend de ce contre quoi le système travaille. Deux détentes menant au même état final peuvent ainsi échanger des travaux totalement différents, ce qui illustre que ww n'est PAS une fonction d'état, contrairement à ΔU\Delta U.

123456-4-224681012PVw = − aireetat initialetat finalle gaz POUSSE l'exterieur : il perd de l'energie,donc w est negatif

Exercice 2 : La chaleur massique et le calorimètre de mélange

Avant toute enthalpie de réaction, il faut savoir mesurer une chaleur. Tout repose sur q=mcΔTq=mc\Delta T et sur un bilan : dans un calorimètre isolé, la chaleur cédée par le corps chaud est exactement celle reçue par le corps froid, au signe près.

Chaleur massique de l'eau : c=4,18c=4{,}18 J/(g·°C). Chaleurs massiques de quelques métaux, en J/(g·°C) : cuivre 0,385 ; zinc 0,388 ; fer 0,449 ; aluminium 0,897.

  • a) On chauffe 125 g d'un métal à 100,0 °C, puis on le plonge dans 250 g d'eau à 20,0 °C placée dans un calorimètre. La température finale se stabilise à 24,1 °C. Calculez la chaleur massique du métal, en négligeant le calorimètre, et proposez une identité.
  • b) Le calorimètre a en réalité une capacité thermique de 32,0 J/°C. Reprenez le calcul et donnez l'écart relatif. Dans quel sens l'omission faussait-elle le résultat, et pourquoi ce sens était-il prévisible ?
  • c) Quelle quantité de chaleur faut-il pour porter 1,50 L d'eau de 15,0 °C à 100,0 °C ? Quelle puissance une bouilloire doit-elle développer pour le faire en 4,00 minutes ?
  • d) La chaleur massique de l'eau est environ neuf fois celle du fer. Vérifiez ce rapport, puis citez deux conséquences concrètes, l'une climatique et l'autre technique.

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Réponses

  • a) qeau=4285q_{eau}=4285 J et c=0,452c=0{,}452 J/(g·°C) : c'est du fer
  • b) c=0,465c=0{,}465 J/(g·°C), soit 3,1%3{,}1\,\% de plus ; l'omission sous-estimait
  • c) q=533q=533 kJ, soit 2221 W en 4,00 min
  • d) 4,18/0,449=9,314{,}18/0{,}449=9{,}31 : climat côtier adouci, et l'eau comme caloporteur idéal

a) L'eau s'échauffe de 24,120,0=4,124{,}1-20{,}0=4{,}1 °C, donc elle reçoit qeau=250×4,18×4,1=4285q_{eau}=250\times 4{,}18\times 4{,}1=4285 J. Le métal se refroidit de 24,1100,0=75,924{,}1-100{,}0=-75{,}9 °C et cède exactement cette chaleur : qmetal=4285q_{metal}=-4285 J =125×c×(75,9)=125\times c\times(-75{,}9), d'où c=4285125×75,9=0,452c=\dfrac{4285}{125\times 75{,}9}=0{,}452 J/(g·°C). Cette valeur est très proche de celle du fer, 0,449 J/(g·°C), et bien loin du cuivre comme de l'aluminium : le métal est du fer.

b) Le calorimètre s'échauffe lui aussi de 4,1 °C et absorbe 32,0×4,1=13132{,}0\times 4{,}1=131 J, qui viennent également du métal. La chaleur cédée est donc 4285+131=44164285+131=4416 J, d'où c=4416125×75,9=0,465c=\dfrac{4416}{125\times 75{,}9}=0{,}465 J/(g·°C), soit 3,1 % de plus. L'omission SOUS-ESTIMAIT la chaleur massique, et ce sens était prévisible sans calcul : négliger le calorimètre revient à oublier une partie de la chaleur reçue, donc à sous-estimer la chaleur cédée par le métal, donc sa chaleur massique. Un raisonnement de ce type doit toujours accompagner une correction : on doit savoir dans quel sens elle va avant de la chiffrer.

c) La masse de 1,50 L d'eau vaut 1500 g, et l'élévation demandée est de 100,015,0=85,0100{,}0-15{,}0=85{,}0 °C. Alors q=1500×4,18×85,0=5,33×105q=1500\times 4{,}18\times 85{,}0=5{,}33\times 10^{5} J, soit 533 kJ. En 4,00 min =240=240 s, la puissance nécessaire est P=532950240=2221P=\dfrac{532\,950}{240}=2221 W. C'est exactement la puissance des bouilloires domestiques, autour de 2000 à 2200 W, ce qui confirme l'ordre de grandeur.

d) 4,180,449=9,31\dfrac{4{,}18}{0{,}449}=9{,}31 : il faut bien plus de neuf fois plus d'énergie pour élever d'un degré un gramme d'eau qu'un gramme de fer, et réciproquement l'eau restitue autant en refroidissant. Conséquence climatique : une grande masse d'eau se réchauffe et se refroidit très lentement, ce qui adoucit le climat des régions côtières et riveraines. Montréal, entourée d'eau mais dans un climat continental, connaît des amplitudes bien plus fortes qu'une ville côtière de même latitude. Conséquence technique : l'eau est le fluide de refroidissement idéal, dans un moteur comme dans une centrale, parce qu'elle emporte beaucoup de chaleur en s'échauffant peu. C'est cette même propriété qui stabilise la température du corps humain, composé majoritairement d'eau.

Exercice 3 : Le calorimètre à pression constante

Un simple gobelet isolant, ouvert sur l'atmosphère, travaille à pression constante : la chaleur qu'il mesure est donc directement l'enthalpie de réaction. Encore faut-il décider si l'on tient compte du calorimètre lui-même.

On mélange 50,0 mL de HClHCl à 1,00 mol/L et 50,0 mL de NaOHNaOH à 1,00 mol/L, tous deux à 21,0 °C. La température finale est 27,8 °C. On prend la masse volumique du mélange égale à 1,00 g/mL et c = 4,18 J/(g·°C).

  • a) Écrivez l'équation de neutralisation et calculez la quantité de matière d'eau formée.
  • b) Calculez la chaleur reçue par le mélange, en négligeant le calorimètre.
  • c) Déduisez-en l'enthalpie molaire de neutralisation. Comparez à la valeur admise de 57,3-57{,}3 kJ/mol.
  • d) On donne maintenant une capacité thermique du calorimètre de 15,0 J/°C. Recalculez et dites dans quel sens l'omission faussait le résultat.
  • e) Pourquoi la neutralisation d'un acide FORT par une base FORTE donne-t-elle toujours à peu près la même valeur, quels que soient l'acide et la base ?

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Réponses

  • a) H++OHH2OH^{+}+OH^{-}\rightarrow H_{2}O et 0,05000{,}0500 mol d'eau formée
  • b) q=2842q=2842 J, cédés par la réaction
  • c) ΔH=56,8\Delta H=-56{,}8 kJ/mol, à 0,9%0{,}9\,\% des 57,3-57{,}3 admis
  • d) ΔH=58,9\Delta H=-58{,}9 kJ/mol : négliger le calorimètre sous-estime toujours
  • e) Seul H++OHH2OH^{+}+OH^{-}\rightarrow H_{2}O a lieu ; le reste est spectateur

a) HCl+NaOHNaCl+H2OHCl+NaOH\rightarrow NaCl+H_{2}O, ou en écriture ionique nette H++OHH2OH^{+}+OH^{-}\rightarrow H_{2}O. Chaque solution apporte n=0,0500×1,00=0,0500n=0{,}0500\times 1{,}00=0{,}0500 mol : les réactifs sont en proportions exactes et il se forme 0,0500 mol d'eau.

b) La masse totale du mélange est 50,0+50,0=100,050{,}0+50{,}0=100{,}0 mL, soit 100,0 g. L'élévation est ΔT=27,821,0=6,8\Delta T=27{,}8-21{,}0=6{,}8 °C. Alors qmeˊlange=mcΔT=100,0×4,18×6,8=2,84×103q_{mélange}=mc\Delta T=100{,}0\times 4{,}18\times 6{,}8=2{,}84\times 10^{3} J. Le mélange s'échauffe, donc la réaction a CÉDÉ cette chaleur.

c) La réaction cède 2842 J pour 0,0500 mol, donc ΔH=28420,0500=5,68×104\Delta H=-\dfrac{2842}{0{,}0500}=-5{,}68\times 10^{4} J/mol, soit 56,8-56{,}8 kJ/mol. L'écart avec la valeur admise de 57,3-57{,}3 kJ/mol est de 0,9 % : excellent pour un montage aussi rudimentaire.

d) Le calorimètre s'échauffe lui aussi, et cette chaleur vient également de la réaction : qtotal=(mc+Ccal)ΔT=(100,0×4,18+15,0)×6,8=433×6,8=2944q_{total}=\left(mc+C_{cal}\right)\Delta T=\left(100{,}0\times 4{,}18+15{,}0\right)\times 6{,}8=433\times 6{,}8=2944 J. Alors ΔH=29440,0500=58,9\Delta H=-\dfrac{2944}{0{,}0500}=-58{,}9 kJ/mol. En négligeant le calorimètre, on SOUS-ESTIMAIT donc la chaleur dégagée : une partie de l'énergie servait à chauffer le gobelet et le thermomètre sans être comptée. L'omission conduit toujours à une valeur trop faible en valeur absolue.

e) Parce que la réaction réellement en jeu est TOUJOURS la même. Un acide fort est totalement dissocié, une base forte aussi : avant réaction, la solution contient des ions H+H^{+}, ClCl^{-}, Na+Na^{+} et OHOH^{-} séparés. Les ions Na+Na^{+} et ClCl^{-} sont de simples SPECTATEURS, ils se retrouvent inchangés à la fin. Le seul changement chimique est H++OHH2OH^{+}+OH^{-}\rightarrow H_{2}O, d'où une enthalpie voisine de 57-57 kJ/mol quel que soit le couple choisi. La valeur ne s'écarterait de façon notable que pour un acide ou une base FAIBLE, car il faudrait alors payer en plus l'énergie de dissociation.

Exercice 4 : Les enthalpies standard de formation

L'enthalpie standard de formation ΔHf\Delta H_{f}^{\circ} d'un composé est l'enthalpie de la réaction qui le forme, à 25 °C et 100 kPa, à partir de ses éléments pris dans leur état standard. Elle donne accès à n'importe quelle enthalpie de réaction par ΔH=nΔHf(produits)nΔHf(reˊactifs)\Delta H^{\circ}=\sum n\Delta H_{f}^{\circ}(\text{produits})-\sum n\Delta H_{f}^{\circ}(\text{réactifs}).

Enthalpies standard de formation, en kJ/mol : CO2(g)CO_{2}(g) 393,5-393{,}5 ; H2O(l)H_{2}O(l) 285,8-285{,}8 ; H2O(g)H_{2}O(g) 241,8-241{,}8 ; C3H8(g)C_{3}H_{8}(g) 103,8-103{,}8 ; CH4(g)CH_{4}(g) 74,8-74{,}8 ; CO(g)CO(g) 110,5-110{,}5 ; NH3(g)NH_{3}(g) 46,1-46{,}1 ; NO(g)NO(g) +90,3+90{,}3.

  • a) Pourquoi l'enthalpie standard de formation du dioxygène gazeux, du carbone graphite et du diazote gazeux vaut-elle exactement zéro ? Pourquoi celles de H2O(l)H_{2}O(l) et de H2O(g)H_{2}O(g) diffèrent-elles, et que représente précisément leur différence ?
  • b) Calculez l'enthalpie standard de combustion du propane, selon C3H8(g)+5O2(g)3CO2(g)+4H2O(l)C_{3}H_{8}(g)+5\,O_{2}(g)\rightarrow 3\,CO_{2}(g)+4\,H_{2}O(l).
  • c) Refaites le calcul en supposant que l'eau reste à l'état de vapeur. Chiffrez l'écart, expliquez-le à partir de a), et dites laquelle des deux valeurs correspond à ce qu'un brûleur domestique récupère réellement.
  • d) La combustion complète de l'acétylène C2H2(g)C_{2}H_{2}(g), qui produit CO2(g)CO_{2}(g) et H2O(l)H_{2}O(l), libère 1299,6 kJ par mole d'acétylène. Déterminez ΔHf\Delta H_{f}^{\circ} de l'acétylène. Le signe obtenu est-il surprenant, et que révèle-t-il sur ce composé ?

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Réponses

  • a) Zéro par convention pour l'état standard d'un élément ; +44,0+44{,}0 kJ/mol est l'enthalpie de vaporisation
  • b) ΔH=2219,9\Delta H^{\circ}=-2219{,}9 kJ/mol
  • c) 2043,9-2043{,}9 kJ/mol avec la vapeur : 176,0176{,}0 kJ/mol d'écart, soit 4×44,04\times 44{,}0
  • d) ΔHf=+226,8\Delta H_{f}^{\circ}=+226{,}8 kJ/mol : l'acétylène est un composé endothermique

a) Former un élément à partir de lui-même n'est pas une réaction : l'enthalpie correspondante est nulle par convention, et cette convention est indispensable pour donner un zéro commun à toute l'échelle. Elle ne s'applique qu'à l'état standard de l'élément, c'est-à-dire sa forme la plus stable à 25 °C sous 100 kPa : le carbone graphite (et non le diamant), le dioxygène O2O_{2} (et non l'ozone), le brome liquide (et non gazeux). Pour l'eau, H2O(l)H_{2}O(l) et H2O(g)H_{2}O(g) ne sont pas la même espèce : la différence 241,8(285,8)=+44,0-241{,}8-(-285{,}8)=+44{,}0 kJ/mol est exactement l'enthalpie de vaporisation de l'eau à 25 °C. Préciser l'état physique dans une table d'enthalpies n'est donc jamais un détail.

b) ΔH=[3(393,5)+4(285,8)][(103,8)+5(0)]=(1180,51143,2)+103,8=2219,9\Delta H^{\circ}=\left[3(-393{,}5)+4(-285{,}8)\right]-\left[(-103{,}8)+5(0)\right]=(-1180{,}5-1143{,}2)+103{,}8=-2219{,}9 kJ/mol. La combustion du propane libère donc près de 2220 kJ par mole, ce qui en fait un excellent combustible.

c) Avec H2O(g)H_{2}O(g) : ΔH=[3(393,5)+4(241,8)]+103,8=2043,9\Delta H^{\circ}=\left[3(-393{,}5)+4(-241{,}8)\right]+103{,}8=-2043{,}9 kJ/mol. L'écart vaut 176,0176{,}0 kJ/mol, soit exactement 4×44,04\times 44{,}0 : les quatre moles d'eau formées restent vapeur au lieu de se condenser, et la chaleur de condensation n'est pas récupérée. La valeur avec l'eau liquide, 2219,9 kJ/mol, est le pouvoir calorifique supérieur ; celle avec la vapeur, 2043,9 kJ/mol, le pouvoir calorifique inférieur. Un brûleur ordinaire évacue les fumées chaudes, donc l'eau part en vapeur et il ne récupère que le pouvoir calorifique inférieur. Les chaudières dites à condensation sont précisément conçues pour refroidir les fumées sous le point de rosée et récupérer ces 8 % supplémentaires, ce qui explique leur rendement annoncé supérieur à 100 % quand il est rapporté au pouvoir calorifique inférieur.

d) L'équation est C2H2(g)+52O2(g)2CO2(g)+H2O(l)C_{2}H_{2}(g)+\dfrac{5}{2}O_{2}(g)\rightarrow 2\,CO_{2}(g)+H_{2}O(l), avec ΔH=1299,6\Delta H^{\circ}=-1299{,}6 kJ/mol. On écrit 1299,6=[2(393,5)+(285,8)]ΔHf(C2H2)-1299{,}6=\left[2(-393{,}5)+(-285{,}8)\right]-\Delta H_{f}^{\circ}(C_{2}H_{2}), soit 1299,6=1072,8ΔHf(C2H2)-1299{,}6=-1072{,}8-\Delta H_{f}^{\circ}(C_{2}H_{2}), d'où ΔHf(C2H2)=1072,8+1299,6=+226,8\Delta H_{f}^{\circ}(C_{2}H_{2})=-1072{,}8+1299{,}6=+226{,}8 kJ/mol. Le signe positif surprend au premier abord, car la plupart des composés courants ont une enthalpie de formation négative. Il signifie que l'acétylène est plus haut en énergie que le carbone graphite et le dihydrogène dont il est issu : c'est un composé endothermique, thermodynamiquement instable par rapport à ses éléments. Cette énergie stockée à la formation se retrouve libérée à la combustion, ce qui explique la flamme oxyacétylénique et ses 3000 °C, et aussi pourquoi l'acétylène pur se décompose de façon explosive sous pression, sans même avoir besoin d'oxygène.

reactifselements simplesproduits− ΣΔHf(reactifs)+ ΣΔHf(produits)ΔH de la reactionl'enthalpie est une fonction d'ETAT : les deux cheminsdonnent le meme ecart entre depart et arrivee

Exercice 5 : Les énergies de liaison : estimer sans table d'enthalpies

Rompre une liaison coûte de l'énergie, en former une en rapporte. En comptant les liaisons rompues et formées, on estime l'enthalpie d'une réaction sans connaître aucune enthalpie de formation.

Énergies moyennes de liaison, en kJ/mol : CHC-H 414 ; ClClCl-Cl 243 ; CClC-Cl 339 ; HClH-Cl 431 ; HHH-H 436. Donnée de contrôle : ΔHf(HCl,g)=92,3\Delta H^{\circ}_{f}(HCl,g)=-92{,}3 kJ/mol.

  • a) Écrivez la relation entre ΔH\Delta H et les énergies de liaison, et justifiez le sens des deux signes.
  • b) Estimez ΔH\Delta H de la réaction CH4+Cl2CH3Cl+HClCH_{4}+Cl_{2}\rightarrow CH_{3}Cl+HCl.
  • c) Estimez ΔH\Delta H de H2+Cl22HClH_{2}+Cl_{2}\rightarrow 2HCl, puis comparez à la valeur exacte obtenue par les enthalpies de formation.
  • d) Pourquoi cette méthode ne donne-t-elle jamais qu'une ESTIMATION ? Citez deux limites.
  • e) Dans quelle situation concrète est-elle pourtant préférable aux enthalpies de formation ?

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Réponses

  • a) ΔHE(rompues)E(formeˊes)\Delta H\approx\sum E(\text{rompues})-\sum E(\text{formées})
  • b) 657770=113657-770=-113 kJ/mol ; seules les liaisons qui CHANGENT comptent
  • c) 679862=183679-862=-183 kJ/mol contre 184,6-184{,}6 exact : moins de 1 % d'écart
  • d) Des énergies moyennes, et une méthode valable seulement en phase gazeuse
  • e) Quand les composés ne sont dans aucune table : c'est un outil de décision

a) ΔHE(rompues)E(formeˊes)\Delta H\approx\sum E(\text{rompues})-\sum E(\text{formées}). Rompre une liaison exige toujours de fournir de l'énergie, ce qui contribue POSITIVEMENT à ΔH\Delta H ; former une liaison en libère, ce qui contribue NÉGATIVEMENT. Une réaction est donc exothermique lorsque les liaisons formées sont globalement plus solides que celles qui ont été rompues.

b) Il ne faut compter que les liaisons qui CHANGENT. Rompues : une liaison CHC-H du méthane et la liaison ClClCl-Cl, soit 414+243=657414+243=657 kJ/mol. Formées : une liaison CClC-Cl et une liaison HClH-Cl, soit 339+431=770339+431=770 kJ/mol. Alors ΔH657770=113\Delta H\approx 657-770=-113 kJ/mol. Les trois autres liaisons CHC-H du méthane sont intactes de part et d'autre : les faire figurer des deux côtés ne changerait rien, mais les compter d'un seul côté serait une faute.

c) Rompues : HHH-H et ClClCl-Cl, soit 436+243=679436+243=679 kJ/mol. Formées : deux liaisons HClH-Cl, soit 2×431=8622\times 431=862 kJ/mol. D'où ΔH679862=183\Delta H\approx 679-862=-183 kJ/mol. Par les enthalpies de formation, ΔHr=2×(92,3)00=184,6\Delta H^{\circ}_{r}=2\times(-92{,}3)-0-0=-184{,}6 kJ/mol. L'écart est de 1,6 kJ/mol, soit moins de 1 % : l'estimation est ici excellente.

d) Première limite : les énergies tabulées sont des MOYENNES sur de nombreuses molécules. La liaison CHC-H ne vaut pas exactement la même chose dans le méthane, dans l'éthanol ou dans le benzène, alors qu'on lui attribue une valeur unique de 414 kJ/mol. Seconde limite : la méthode ne vaut que pour des espèces GAZEUSES. Dès qu'un réactif ou un produit est liquide ou solide, il faudrait ajouter les enthalpies de changement d'état, que le décompte de liaisons ignore. C'est pourquoi le résultat de b, où toutes les espèces sont gazeuses, est fiable, et pourquoi la même méthode serait mauvaise sur une combustion produisant de l'eau liquide.

e) Quand les composés en jeu ne figurent dans AUCUNE table d'enthalpies de formation, ce qui est la situation ordinaire en chimie organique : il existe des dizaines de millions de composés organiques et des tables pour quelques milliers seulement. Un chimiste qui veut savoir si une réaction envisagée sera exothermique compte alors ses liaisons, obtient un ordre de grandeur en quelques minutes, et décide s'il vaut la peine de faire l'expérience. C'est un outil de DÉCISION, pas de mesure.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : La bombe calorimétrique : ΔU contre ΔH

Une bombe calorimétrique est un récipient RIGIDE : le volume ne change pas, donc aucun travail de pression n'est échangé. Ce qu'elle mesure n'est donc pas l'enthalpie mais l'énergie interne, et il faut savoir passer de l'une à l'autre.

On brûle 1,00 g de glucose C6H12O6C_{6}H_{12}O_{6} (M = 180,16 g/mol) dans une bombe de capacité thermique 9,50 kJ/°C. La température s'élève de 1,65 °C. On prend R=8,314R=8{,}314 J/(mol·K) et T = 298 K.

  • a) Pourquoi une bombe calorimétrique mesure-t-elle ΔU\Delta U et non ΔH\Delta H ?
  • b) Calculez la chaleur dégagée, puis ΔU\Delta U de combustion par mole de glucose.
  • c) L'équation est C6H12O6(s)+6O2(g)6CO2(g)+6H2O(l)C_{6}H_{12}O_{6}(s)+6O_{2}(g)\rightarrow 6CO_{2}(g)+6H_{2}O(l). Calculez ΔH\Delta H et commentez.
  • d) Refaites le raisonnement pour la combustion du méthane, CH4(g)+2O2(g)CO2(g)+2H2O(l)CH_{4}(g)+2O_{2}(g)\rightarrow CO_{2}(g)+2H_{2}O(l). De combien ΔH\Delta H et ΔU\Delta U diffèrent-ils ?
  • e) Pour quel type de réaction la distinction est-elle sans importance en pratique ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Volume constant, donc w=0w=0 et ΔU=qV\Delta U=q_{V}
  • b) q=15,68q=15{,}68 kJ pour 5,55×1035{,}55\times 10^{-3} mol, soit ΔU=2824\Delta U=-2824 kJ/mol
  • c) Δngaz=0\Delta n_{gaz}=0, donc ΔH=ΔU=2824\Delta H=\Delta U=-2824 kJ/mol
  • d) Δngaz=2\Delta n_{gaz}=-2, d'où ΔHΔU=4,96\Delta H-\Delta U=-4{,}96 kJ/mol
  • e) Quand Δngaz=0\Delta n_{gaz}=0, et pour toute réaction en phase condensée

a) Parce que le volume est CONSTANT : ΔV=0\Delta V=0, donc w=PΔV=0w=-P\Delta V=0. Le premier principe se réduit alors à ΔU=qV\Delta U=q_{V} : toute la chaleur échangée mesure directement la variation d'énergie interne. Dans un calorimètre ouvert, au contraire, le système peut se dilater et fournir du travail à l'atmosphère, et la chaleur mesurée vaut qP=ΔHq_{P}=\Delta H.

b) q=CcalΔT=9,50×1,65=15,68q=C_{cal}\Delta T=9{,}50\times 1{,}65=15{,}68 kJ dégagés par 1,00 g. La quantité de matière brûlée est n=1,00180,16=5,55×103n=\dfrac{1{,}00}{180{,}16}=5{,}55\times 10^{-3} mol. Par mole : 15,685,55×103=2824\dfrac{15{,}68}{5{,}55\times 10^{-3}}=2824 kJ, donc ΔU=2824\Delta U=-2824 kJ/mol.

c) On compte UNIQUEMENT les gaz : à gauche 6 moles de O2O_{2}, à droite 6 moles de CO2CO_{2}, l'eau étant liquide et le glucose solide. Donc Δngaz=66=0\Delta n_{gaz}=6-6=0, et ΔH=ΔU+ΔngazRT=ΔU=2824\Delta H=\Delta U+\Delta n_{gaz}RT=\Delta U=-2824 kJ/mol. Les deux grandeurs coïncident exactement. C'est un heureux hasard de stœchiométrie, et c'est pourquoi la valeur nutritionnelle du glucose, environ 15,7 kJ par gramme, se lit directement sur une mesure en bombe.

d) Ici Δngaz=1(1+2)=2\Delta n_{gaz}=1-\left(1+2\right)=-2, car CH4CH_{4} et O2O_{2} sont gazeux à gauche, seul CO2CO_{2} l'est à droite. Alors ΔHΔU=ΔngazRT=(2)×8,314×103×298=4,96\Delta H-\Delta U=\Delta n_{gaz}RT=(-2)\times 8{,}314\times 10^{-3}\times 298=-4{,}96 kJ/mol. L'enthalpie est donc plus négative que l'énergie interne de près de 5 kJ/mol : en brûlant du méthane à pression constante, le système se CONTRACTE, l'atmosphère fournit du travail au système, et il faut évacuer d'autant plus de chaleur.

e) Quand Δngaz=0\Delta n_{gaz}=0, comme en c, mais aussi et surtout pour toutes les réactions se déroulant entièrement en phase CONDENSÉE, solides et liquides seulement : les variations de volume y sont alors des milliers de fois plus faibles, et le terme ΔngazRT\Delta n_{gaz}RT est nul par construction. En pratique, la correction n'atteint quelques kJ/mol que lorsque des gaz apparaissent ou disparaissent, ce qui reste petit devant des enthalpies de combustion de plusieurs milliers de kJ/mol : moins de 0,2 % ici.

Exercice 7 : La loi de Hess à plusieurs équations

L'enthalpie étant une fonction d'état, on peut atteindre un état final par n'importe quel chemin : additionner, inverser et multiplier des équations connues permet d'obtenir l'enthalpie d'une réaction qu'on ne sait pas mesurer directement.

Données à 25 °C, en kJ/mol : (1) C(s)+O2(g)CO2(g)C(s)+O_{2}(g)\rightarrow CO_{2}(g), ΔH=393,5\Delta H=-393{,}5 ; (2) CO(g)+12O2(g)CO2(g)CO(g)+\frac{1}{2}O_{2}(g)\rightarrow CO_{2}(g), ΔH=283,0\Delta H=-283{,}0 ; (3) C2H2(g)+52O2(g)2CO2(g)+H2O(l)C_{2}H_{2}(g)+\frac{5}{2}O_{2}(g)\rightarrow 2CO_{2}(g)+H_{2}O(l), ΔH=1299,6\Delta H=-1299{,}6 ; (4) H2(g)+12O2(g)H2O(l)H_{2}(g)+\frac{1}{2}O_{2}(g)\rightarrow H_{2}O(l), ΔH=285,8\Delta H=-285{,}8.

  • a) Énoncez les trois manipulations autorisées sur une équation thermochimique, avec leur effet sur ΔH\Delta H.
  • b) Déterminez ΔH\Delta H de C(s)+12O2(g)CO(g)C(s)+\frac{1}{2}O_{2}(g)\rightarrow CO(g). Pourquoi cette réaction est-elle impossible à mesurer directement ?
  • c) Déterminez ΔH\Delta H de 2C(s)+H2(g)C2H2(g)2C(s)+H_{2}(g)\rightarrow C_{2}H_{2}(g), en indiquant la combinaison utilisée.
  • d) Que représente cette dernière valeur, et son signe est-il surprenant ?
  • e) Un élève additionne (1) et (2) sans inverser la seconde et trouve 676,5-676{,}5 kJ/mol. À quelle réaction ce nombre correspond-il réellement ?

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Réponses

  • a) Inverser change le signe, multiplier multiplie, additionner additionne
  • b) ΔH=110,5\Delta H=-110{,}5 kJ/mol ; la combustion ne s'arrête jamais au monoxyde
  • c) 2×(1)+(4)(3)2\times(1)+(4)-(3) donne +226,8+226{,}8 kJ/mol
  • d) C'est ΔHf\Delta H_{f}^{\circ} de l'acétylène, positive : composé endothermique
  • e) 676,5-676{,}5 kJ/mol décrit C(s)+CO(g)+32O22CO2C(s)+CO(g)+\tfrac{3}{2}O_{2}\rightarrow 2CO_{2}, une AUTRE réaction

a) On peut INVERSER une équation, ce qui change le signe de ΔH\Delta H ; on peut la MULTIPLIER par un coefficient, ce qui multiplie ΔH\Delta H par ce même coefficient ; et on peut ADDITIONNER deux équations, ce qui additionne leurs ΔH\Delta H. Ces trois opérations sont légitimes parce que l'enthalpie est une fonction d'état : sa variation ne dépend que des états de départ et d'arrivée, jamais du chemin.

b) On veut C(s)+12O2COC(s)+\frac{1}{2}O_{2}\rightarrow CO. Il suffit de prendre (1) et de lui SOUSTRAIRE (2), c'est-à-dire d'ajouter (2) inversée : C+O2CO2C+O_{2}\rightarrow CO_{2} puis CO2CO+12O2CO_{2}\rightarrow CO+\frac{1}{2}O_{2}. En additionnant, CO2CO_{2} se simplifie et il reste bien C+12O2COC+\frac{1}{2}O_{2}\rightarrow CO. Donc ΔH=393,5(283,0)=110,5\Delta H=-393{,}5-(-283{,}0)=-110{,}5 kJ/mol. La mesure directe est impossible parce qu'on ne sait pas arrêter la combustion du carbone au monoxyde : il se forme toujours un mélange de COCO et de CO2CO_{2}, en proportions non contrôlées. C'est précisément le genre de situation pour lequel la loi de Hess a été conçue.

c) On veut 2C(s)+H2(g)C2H2(g)2C(s)+H_{2}(g)\rightarrow C_{2}H_{2}(g). La combinaison est 2×(1)+(4)(3)2\times(1)+(4)-(3) : on forme deux CO2CO_{2} à partir du carbone, une H2OH_{2}O à partir du dihydrogène, puis on remonte la combustion de l'acétylène en l'inversant. Alors ΔH=2(393,5)+(285,8)(1299,6)=787,0285,8+1299,6=+226,8\Delta H=2(-393{,}5)+(-285{,}8)-(-1299{,}6)=-787{,}0-285{,}8+1299{,}6=+226{,}8 kJ/mol. Contrôle : les O2O_{2} se compensent, 2+1252=02+\frac{1}{2}-\frac{5}{2}=0, et CO2CO_{2} comme H2OH_{2}O disparaissent.

d) Cette valeur est, par définition même, l'enthalpie standard de FORMATION de l'acétylène, puisque la réaction part des corps simples dans leur état standard. Son signe positif signifie que l'acétylène est moins stable que les éléments dont il est issu : c'est un composé ENDOTHERMIQUE, dont la formation exige de l'énergie. Ce n'est pas surprenant si l'on songe qu'il faut un four à arc électrique pour le produire, et cela explique aussi son caractère énergétique à la combustion, qui en fait le gaz du chalumeau oxyacétylénique, ainsi que son instabilité à la compression.

e) En additionnant (1) et (2) telles quelles, il obtient C+O2+CO+12O22CO2C+O_{2}+CO+\frac{1}{2}O_{2}\rightarrow 2CO_{2}, soit après simplification C(s)+CO(g)+32O2(g)2CO2(g)C(s)+CO(g)+\frac{3}{2}O_{2}(g)\rightarrow 2CO_{2}(g), dont l'enthalpie vaut effectivement 676,5-676{,}5 kJ/mol. Le nombre n'est donc pas faux : il décrit simplement une AUTRE réaction que celle demandée. C'est le piège caractéristique de la loi de Hess, où un calcul arithmétiquement correct répond à côté. Le contrôle indispensable est de réécrire l'équation-somme et de vérifier qu'elle coïncide exactement avec la cible.

réactifsintermédiairesproduitsΔH₁ΔH₂ΔH totalΔH total = ΔH₁ + ΔH₂ : le chemin ne compte pas,seuls comptent le départ et l'arrivée

Exercice 8 : Le cycle de Born-Haber et l'enthalpie de dissolution

La loi de Hess permet d'atteindre des grandeurs qu'aucune expérience ne mesure directement, comme l'énergie qui maintient un cristal ionique. Le cycle de Born-Haber décompose la formation de NaClNaCl solide en étapes toutes mesurables, et l'énergie réticulaire est ce qui reste.

Données, en kJ/mol : enthalpie de formation de NaCl(s)NaCl(s) 411,2-411{,}2 ; sublimation du sodium +107,3+107{,}3 ; première énergie d'ionisation du sodium +495,8+495{,}8 ; dissociation de Cl2(g)Cl_{2}(g) en deux atomes +242,6+242{,}6 ; affinité électronique du chlore 349,0-349{,}0. Enthalpies d'hydratation : Na+Na^{+} 406-406 ; ClCl^{-} 377-377.

  • a) Écrivez les cinq étapes du cycle de Born-Haber qui mènent de Na(s)Na(s) et Cl2(g)Cl_{2}(g) à NaCl(s)NaCl(s), en précisant pourquoi le terme de dissociation ne compte que pour la moitié.
  • b) Appliquez la loi de Hess pour déterminer l'enthalpie de formation du réseau, puis l'énergie réticulaire du chlorure de sodium. Vérifiez le signe de chaque terme.
  • c) La dissolution s'écrit NaCl(s)Na+(aq)+Cl(aq)NaCl(s)\rightarrow Na^{+}(aq)+Cl^{-}(aq). Décomposez-la en deux étapes à l'aide d'un second cycle, puis calculez son enthalpie. Le résultat expérimental vaut +3,9+3{,}9 kJ/mol : commentez l'accord.
  • d) Le nitrate d'ammonium se dissout avec ΔH=+25,7\Delta H=+25{,}7 kJ/mol et le chlorure de calcium avec ΔH=81,3\Delta H=-81{,}3 kJ/mol. Expliquez ces deux signes opposés, puis répondez à ceci : si la dissolution du sel de table est endothermique, pourquoi le sel se dissout-il si bien dans l'eau ?

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Réponses

  • a) Cinq étapes ; la dissociation ne compte que pour 121,3121{,}3 kJ/mol, la moitié de 242,6
  • b) ΔHreseau=786,6\Delta H_{reseau}=-786{,}6 kJ/mol, donc une énergie réticulaire de +786,6+786{,}6 kJ/mol
  • c) 786,6783=+3,6786{,}6-783=+3{,}6 kJ/mol contre +3,9+3{,}9 mesurés : une différence de deux grands nombres
  • d) Le réseau l'emporte pour le nitrate, l'hydratation pour le chlorure de calcium ; le sel se dissout par entropie

a) Le cycle relie l'état initial Na(s)+12Cl2(g)Na(s)+\dfrac{1}{2}Cl_{2}(g) à l'état final NaCl(s)NaCl(s) par un chemin détourné en cinq étapes : sublimation du sodium, Na(s)Na(g)Na(s)\rightarrow Na(g), +107,3+107{,}3 ; ionisation, Na(g)Na+(g)+eNa(g)\rightarrow Na^{+}(g)+e^{-}, +495,8+495{,}8 ; dissociation du dichlore, 12Cl2(g)Cl(g)\dfrac{1}{2}Cl_{2}(g)\rightarrow Cl(g), +121,3+121{,}3 ; fixation de l'électron, Cl(g)+eCl(g)Cl(g)+e^{-}\rightarrow Cl^{-}(g), 349,0-349{,}0 ; enfin condensation des ions gazeux en réseau, Na+(g)+Cl(g)NaCl(s)Na^{+}(g)+Cl^{-}(g)\rightarrow NaCl(s). Le terme de dissociation ne compte que pour la moitié parce que l'équation de formation ne consomme qu'un demi Cl2Cl_{2} : la valeur tabulée, 242,6 kJ/mol, correspond à la rupture d'une mole entière de liaisons ClClCl-Cl donnant deux moles d'atomes, et on n'en utilise qu'une mole.

b) La loi de Hess dit que la somme des étapes du chemin détourné égale l'enthalpie du chemin direct : ΔHf=107,3+495,8+121,3349,0+ΔHreseau\Delta H_{f}^{\circ}=107{,}3+495{,}8+121{,}3-349{,}0+\Delta H_{reseau}. Comme ΔHf=411,2\Delta H_{f}^{\circ}=-411{,}2 et que la somme des quatre premiers termes vaut +375,4+375{,}4, on obtient ΔHreseau=411,2375,4=786,6\Delta H_{reseau}=-411{,}2-375{,}4=-786{,}6 kJ/mol. L'énergie réticulaire, définie comme l'énergie à fournir pour dissocier le cristal en ions gazeux, est l'opposé : +786,6+786{,}6 kJ/mol. Les signes sont cohérents : les trois premières étapes coûtent de l'énergie, seule la fixation de l'électron sur le chlore en libère un peu, et c'est la formation du réseau qui libère l'essentiel et rend l'ensemble exothermique. Sans elle, le bilan serait fortement positif et NaClNaCl n'existerait pas.

c) Dissoudre le sel demande d'abord de démonter le réseau en ions gazeux, ce qui coûte l'énergie réticulaire, +786,6+786{,}6 kJ/mol, puis d'hydrater ces ions, ce qui en libère : 406377=783-406-377=-783 kJ/mol. Le bilan vaut ΔHdissolution=786,6783=+3,6\Delta H_{dissolution}=786{,}6-783=+3{,}6 kJ/mol, à comparer aux +3,9+3{,}9 kJ/mol mesurés. L'accord est excellent, mais il faut mesurer à quel point il est fragile : le résultat, quelques kilojoules, est la différence de deux nombres voisins de 800. Une erreur de 1 % sur l'un des deux, soit 8 kJ, suffirait à changer le signe du résultat et donc la conclusion physique. C'est un exemple typique de calcul où la précision relative du résultat est bien pire que celle des données, et où il faut se garder d'arrondir en cours de route.

d) Tout se joue sur la compétition entre deux termes de grande taille et de signes opposés : l'énergie réticulaire, qui s'oppose à la dissolution, et l'hydratation, qui la favorise. Pour le nitrate d'ammonium, le réseau l'emporte nettement : la dissolution absorbe 25,7 kJ/mol et refroidit la solution, ce qui est exactement le principe des compresses froides instantanées. Pour le chlorure de calcium, l'ion Ca2+Ca^{2+} porte une charge double et un rayon faible, donc son hydratation libère énormément d'énergie et l'emporte sur le réseau : la dissolution dégage 81,3 kJ/mol et chauffe la solution, d'où son usage dans les compresses chaudes et comme fondant qui agit même par grand froid. Quant au sel de table, son caractère endothermique n'empêche nullement sa dissolution parce que l'enthalpie ne décide pas seule : passer d'un cristal parfaitement ordonné à des ions dispersés et libres dans l'eau augmente considérablement le désordre. Ce gain d'entropie compense un coût enthalpique de quelques kilojoules seulement, et c'est le bilan combiné, l'enthalpie libre, qui gouverne réellement la spontanéité. C'est le sujet du cours de 202-NYB.

Na(s) + ½ Cl₂(g)Na(g) + ½ Cl₂(g)sublimationNa(g) + Cl(g)dissociationNa⁺(g) + Cl(g)ionisationNa⁺(g) + Cl⁻(g)affiniteNaCl(s)energie reticulaireΔHf directele chemin long et le chemin direct arrivent au MEME point :c'est ce qui permet de calculer l'energie reticulaire

Exercice 9 : Neutraliser un acide faible : l'enthalpie d'ionisation par différence

Deux expériences sont menées dans le même calorimètre à pression constante, dont on néglige la capacité thermique. Dans la première, on mélange 100 mL d'acide chlorhydrique à 1,00 mol/L et 100 mL d'hydroxyde de sodium à 1,00 mol/L, tous deux à 21,0 °C : la température monte à 27,9 °C. Dans la seconde, on remplace l'acide chlorhydrique par 100 mL d'acide acétique à 1,00 mol/L, également à 21,0 °C : la température ne monte qu'à 27,7 °C.

On prend une masse volumique de 1,00 g/mL et une chaleur massique de 4,18 J/(g·°C) pour les deux mélanges.

  • a) Calculez l'enthalpie molaire de neutralisation dans chacune des deux expériences.
  • b) L'acide acétique est un acide faible, très peu dissocié avant le mélange. Écrivez les deux équations de neutralisation correspondantes et expliquez, à l'aide de la loi de Hess, pourquoi la seconde est moins exothermique que la première.
  • c) Déduisez-en l'enthalpie d'ionisation de l'acide acétique, CH3COOH(aq)CH3COO(aq)+H+(aq)CH_{3}COOH(aq)\rightarrow CH_{3}COO^{-}(aq)+H^{+}(aq), et commentez son signe.
  • d) Le thermomètre utilisé est gradué au dixième de degré. Estimez l'incertitude que cela entraîne sur le résultat de c) et concluez sur la fiabilité de la méthode. Que prévoyez-vous si l'on refaisait la première expérience avec de l'ammoniaque, une base faible, à la place de l'hydroxyde de sodium ?

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Réponses

  • a) 57,7-57{,}7 kJ/mol avec l'acide fort, 56,0-56{,}0 kJ/mol avec l'acide faible
  • b) L'acide faible doit d'abord s'ioniser, ce qui consomme une part de la chaleur
  • c) ΔHionisation=+1,7\Delta H_{ionisation}=+1{,}7 kJ/mol : ioniser coûte de l'énergie
  • d) L'incertitude vaut elle aussi 1,71{,}7 kJ/mol : bon signe, aucun chiffre fiable

a) Dans les deux cas, le mélange pèse 100+100=200100+100=200 g et contient 0,100  L×1,00  mol/L=0,1000{,}100\;\text{L}\times 1{,}00\;\text{mol/L}=0{,}100 mol de chaque réactif, donc 0,100 mol d'eau formée. Première expérience : ΔT=27,921,0=6,9\Delta T=27{,}9-21{,}0=6{,}9 °C, d'où q=200×4,18×6,9=5768q=200\times 4{,}18\times 6{,}9=5768 J absorbés par le mélange. La réaction a donc cédé cette chaleur : ΔH=57680,100=57,7\Delta H=-\dfrac{5768}{0{,}100}=-57{,}7 kJ/mol, très proche de la valeur admise de 57,3-57{,}3 kJ/mol pour un acide fort et une base forte. Seconde expérience : ΔT=6,7\Delta T=6{,}7 °C, q=200×4,18×6,7=5601q=200\times 4{,}18\times 6{,}7=5601 J, d'où ΔH=56,0\Delta H=-56{,}0 kJ/mol.

b) Avec l'acide chlorhydrique, les deux réactifs sont totalement dissociés en solution et la seule transformation réelle est H+(aq)+OH(aq)H2O(l)H^{+}(aq)+OH^{-}(aq)\rightarrow H_{2}O(l) : c'est pourquoi la valeur ne dépend ni de l'acide fort ni de la base forte choisis. Avec l'acide acétique, l'équation est CH3COOH(aq)+OH(aq)CH3COO(aq)+H2O(l)CH_{3}COOH(aq)+OH^{-}(aq)\rightarrow CH_{3}COO^{-}(aq)+H_{2}O(l), et elle se décompose par la loi de Hess en deux étapes : d'abord ioniser l'acide, CH3COOHCH3COO+H+CH_{3}COOH\rightarrow CH_{3}COO^{-}+H^{+}, puis neutraliser, H++OHH2OH^{+}+OH^{-}\rightarrow H_{2}O. La seconde étape est la même que dans la première expérience. Toute la différence tient donc à la première étape, qui consomme de l'énergie pour rompre la liaison OHO-H de l'acide non dissocié : une partie de la chaleur libérée par la neutralisation sert à payer cette ionisation au lieu de chauffer le mélange, et le bilan mesuré est moins exothermique.

c) La loi de Hess donne directement ΔHionisation=ΔHfaibleΔHfort=(56,0)(57,7)=+1,7\Delta H_{ionisation}=\Delta H_{faible}-\Delta H_{fort}=(-56{,}0)-(-57{,}7)=+1{,}7 kJ/mol. Le signe positif est cohérent avec l'interprétation de b) : ioniser un acide faible coûte de l'énergie. La valeur est faible, de l'ordre du kilojoule, ce qui explique aussi que l'acidité d'un acide faible dépende assez peu de la température : le facteur déterminant de sa constante d'acidité n'est pas l'enthalpie mais l'entropie de solvatation des ions formés.

d) Chaque température est connue à environ ±0,1\pm 0{,}1 °C, donc chaque écart ΔT\Delta T à ±0,2\pm 0{,}2 °C, et la différence des deux écarts à ±0,4\pm 0{,}4 °C dans le pire des cas. Or 0,2 °C correspond déjà à 200×4,18×0,2/0,100=1,7200\times 4{,}18\times 0{,}2/0{,}100=1{,}7 kJ/mol, soit exactement la valeur que l'on prétend mesurer. L'incertitude est donc du même ordre que le résultat, voire plus grande : la méthode donne le bon signe et le bon ordre de grandeur, mais aucun chiffre significatif fiable. C'est le défaut structurel de toute mesure obtenue par différence entre deux grandeurs voisines, déjà rencontré avec le cycle de Born-Haber. Pour obtenir une valeur digne de confiance, il faut un calorimètre de précision et des thermistances au centième de degré. Avec de l'ammoniaque, base faible, on observerait le même phénomène du côté de la base : une partie de l'énergie servirait à ioniser NH3NH_{3}, et l'élévation de température serait encore plus faible, de l'ordre de 6,4 °C. Neutraliser un acide faible par une base faible cumulerait les deux coûts et donnerait la valeur la moins exothermique des quatre combinaisons.

Exercice 10 : Problème : comparer trois carburants

Choisir un carburant ne consiste pas à retenir celui qui libère le plus d'énergie par mole : ce qui compte est l'énergie par kilogramme pour un avion, et l'énergie par litre pour une automobile. Les deux classements ne coïncident pas.

Enthalpies de combustion, en kJ/mol : dihydrogène 285,8-285{,}8 (eau liquide) ; octane C8H18C_{8}H_{18} 5470-5470 ; éthanol C2H5OHC_{2}H_{5}OH 1367-1367. Masses molaires : 2,016 ; 114,23 ; 46,07 g/mol. Masses volumiques des liquides : octane 0,703 g/mL ; éthanol 0,789 g/mL. Le dihydrogène comprimé à 700 bars a une masse volumique de 0,040 g/mL.

  • a) Calculez l'énergie libérée par gramme pour chacun des trois carburants.
  • b) Établissez le classement par énergie MASSIQUE et commentez le cas du dihydrogène.
  • c) Calculez maintenant l'énergie par litre pour les trois, et établissez le nouveau classement.
  • d) Expliquez le renversement observé. Quelle conséquence pratique pour l'automobile ?
  • e) Vos résultats montrent que l'éthanol libère environ 30 % d'énergie de moins par litre que l'octane. Pourquoi l'ajoute-t-on malgré tout à l'essence ?

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b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 141,8141{,}8 ; 47,947{,}9 et 29,729{,}7 kJ/g
  • b) Dihydrogène, octane, éthanol : près de trois fois l'énergie massique de l'essence
  • c) 33,733{,}7 ; 23,423{,}4 et 5,75{,}7 MJ/L : le dihydrogène passe bon dernier
  • d) Dix-sept fois moins dense : un réservoir six fois plus volumineux, et à 700 bars
  • e) Renouvelable, indice d'octane élevé et molécule déjà oxygénée

a) On divise l'enthalpie molaire par la masse molaire. Dihydrogène : 285,82,016=141,8\dfrac{285{,}8}{2{,}016}=141{,}8 kJ/g. Octane : 5470114,23=47,9\dfrac{5470}{114{,}23}=47{,}9 kJ/g. Éthanol : 136746,07=29,7\dfrac{1367}{46{,}07}=29{,}7 kJ/g.

b) Classement massique : dihydrogène 141,8 puis octane 47,9 puis éthanol 29,7 kJ/g. Le dihydrogène écrase la concurrence, avec près de TROIS fois l'énergie massique de l'essence. La raison est sa masse molaire minuscule : il n'y a aucun atome lourd à transporter, seulement l'hydrogène qui porte l'énergie. C'est pourquoi il est le carburant des lanceurs spatiaux, où chaque kilogramme embarqué coûte très cher.

c) On multiplie l'énergie massique par la masse volumique, en remarquant que kJ/g multiplié par g/mL donne des kJ/mL, c'est-à-dire des MJ/L. Octane : 47,9×0,703=33,747{,}9\times 0{,}703=33{,}7 MJ/L. Éthanol : 29,7×0,789=23,429{,}7\times 0{,}789=23{,}4 MJ/L. Dihydrogène à 700 bars : 141,8×0,040=5,7141{,}8\times 0{,}040=5{,}7 MJ/L. Nouveau classement : octane, puis éthanol, puis dihydrogène BON DERNIER.

d) Le renversement vient entièrement de la masse volumique. Le dihydrogène, même comprimé à 700 bars, reste dix-sept fois moins dense que l'essence : son avantage massique de 3 est plus que compensé par un désavantage volumique de 17, d'où un rapport final d'environ 6 en faveur de l'essence. Conséquence pratique pour l'automobile, où le volume disponible est contraint : un réservoir d'hydrogène doit être environ six fois plus volumineux, en plus d'être un réservoir à 700 bars, donc épais, lourd et coûteux. C'est le verrou technique principal de la voiture à hydrogène, et il est de nature thermochimique autant que mécanique.

e) Pour des raisons qui ne relèvent pas du contenu énergétique. L'éthanol est produit à partir de biomasse, donc partiellement renouvelable, et son bilan carbone est meilleur puisque le carbone rejeté a été prélevé dans l'atmosphère l'année précédente. Il possède de plus un indice d'octane élevé, ce qui permet d'augmenter le taux de compression du moteur et de récupérer une partie du rendement perdu. Enfin sa molécule contient déjà un atome d'oxygène, ce qui améliore la combustion et réduit les émissions de monoxyde de carbone et d'imbrûlés. Le prix à payer est une consommation en litres plus élevée, exactement dans le rapport calculé en c.

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