Exercices corrigés : la mole et la quantité de matière (chimie, secondaire 5)
Voici dix exercices corrigés de chimie de secondaire 5 sur la mole et la quantité de matière, calibrés sur le niveau réel des évaluations à Montréal. C'est le premier chapitre du cours et c'est aussi celui dont on ne sort jamais : les gaz, la thermochimie, la cinétique et l'équilibre chimique se calculent tous en moles. On y travaille la masse molaire, y compris celle d'un hydrate, la constante d'Avogadro, les conversions entre masse, quantité de matière et nombre d'entités, la composition centésimale massique, la formule empirique et la formule moléculaire, puis les solutions : concentration molaire, concentration en masse et dilution.
Le fil de la série tient en une phrase : une formule chimique est une recette par mole. Les indices d'une formule comptent les atomes dans une entité, et ils comptent en même temps les moles d'atomes dans une mole de composé. C'est ce double sens qui fait fonctionner la masse molaire, la composition centésimale, la formule empirique et le décompte des ions en solution, et c'est lui qu'on travaille exercice après exercice.
À la fin, vous savez tirer une formule chimique et une masse molaire d'une structure de Lewis (exercice 1), compter des molécules avec NA (exercice 2), choisir la bonne opération sur la carte des conversions (exercice 3), comparer deux engrais par leur pourcentage d'azote (exercice 4), reconstruire une formule à partir d'une analyse élémentaire (exercice 5), préparer une solution de concentration donnée (exercice 6) et calculer une dilution par c1V1=c2V2 (exercice 7). La partie B finit sur deux problèmes concrets : le comprimé d'acétaminophène compté en molécules (exercice 9) et deux sels de déglaçage comparés par le nombre d'ions qu'ils libèrent (exercice 10).
Faites chaque exercice au complet, unités comprises, avant d'ouvrir la correction. La quasi-totalité des points perdus sur ce chapitre vient de deux gestes : diviser par la masse molaire quand il fallait multiplier, et oublier que l'indice de la formule multiplie le décompte. S'y ajoute le facteur de dilution lu sur l'eau ajoutée au lieu du volume final, que les exercices 7 et 8 corrigent.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
d)Deux atomes par molécule, ou deux moles par mole : même facteur NA des deux côtés
a)
La molécule 1 a un atome d'oxygène lié à deux atomes d'hydrogène : c'est H2O, l'eau. La molécule 2 a un azote lié à trois hydrogènes, avec un doublet non liant : c'est NH3, l'ammoniac. La molécule 3 montre un carbone central relié à deux oxygènes par deux traits chacun, donc deux doubles liaisons : c'est CO2, le dioxyde de carbone. Le réflexe à prendre est de compter les TRAITS autour de chaque atome, pas les atomes voisins : l'oxygène de l'eau porte deux liaisons simples, l'oxygène du dioxyde de carbone une double, et dans les deux cas l'oxygène a bien formé deux liaisons, ce qui est sa règle.
b)
M(H2O)=2(1,01)+16,00=18,02 g/mol. M(NH3)=14,01+3(1,01)=17,04 g/mol. M(CO2)=12,01+2(16,00)=44,01 g/mol. Contrôle rapide : le dioxyde de carbone est nettement plus lourd que l'eau, ce qui est cohérent avec le fait qu'il ne monte pas au plafond mais s'accumule au sol.
c)
Pour l'hydroxyde de calcium, la parenthèse porte sur le groupe entier : M=40,08+2(16,00+1,01)=40,08+34,02=74,10 g/mol. L'erreur classique consiste à écrire 40,08+16,00+2(1,01), ce qui ne double que l'hydrogène et donne 58,10, soit 22 % d'écart. Pour l'hydrate, le point de la formule signifie « plus », et les cinq molécules d'eau font partie du solide : M=63,55+32,07+4(16,00)+5(18,02)=63,55+32,07+64,00+90,10=249,72 g/mol. L'eau de cristallisation représente donc 36 % de la masse : la négliger fausse tout ce qui suit, et c'est pourquoi la formule d'un hydrate se lit toujours en entier.
d)
Première lecture, à l'échelle de l'entité : une molécule d'eau contient deux atomes d'hydrogène. Seconde lecture, à l'échelle de la mole : une mole de molécules d'eau contient deux moles d'atomes d'hydrogène. Les deux lectures donnent le même calcul parce qu'on est passé des deux côtés au même facteur, la constante d'Avogadro : multiplier les deux membres de « 1 molécule contient 2 atomes » par 6,022×1023 donne « 1 mole contient 2 moles ». C'est exactement ce qui autorise à écrire M(H2O)=2M(H)+M(O) en grammes par mole alors que la formule, elle, parle de particules. Toute la série repose sur ce double sens : une formule chimique est une recette par mole.
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Exercice 2 : La constante d'Avogadro : compter sans compter
La frise ci-dessous porte des ordres de grandeur sur une échelle logarithmique : chaque graduation vaut dix mille fois la précédente.
On prend NA=6,022×1023 entités par mole.
a) Combien de molécules contiennent 0,250 mol de dioxyde de carbone ? Combien d'atomes d'oxygène ?
b) Un échantillon d'eau contient 3,01×1022 molécules. Quelle quantité de matière représente-t-il ?
c) Une machine compterait un milliard d'entités par seconde. Combien d'années lui faudrait-il pour compter une mole ?
d) À quoi sert la mole, puisqu'on pourrait toujours parler du nombre d'entités ?
c)6,022×1014 s, soit 1,91×107 années, environ 19 millions
d)Le taux de change entre le nombre d'entités et la masse pesée sur une balance
a)
N=nNA=0,250×6,022×1023=1,51×1023 molécules de CO2. Pour les atomes d'oxygène, la formule dit qu'il y en a deux par molécule, donc deux moles d'oxygène par mole de dioxyde de carbone : N(O)=2×1,51×1023=3,01×1023 atomes. C'est le premier endroit où l'indice de la formule multiplie le décompte, et l'oubli de ce facteur 2 est l'erreur la plus fréquente de l'exercice. On peut aussi le dire en moles, ce qui est plus sûr : 0,250 mol de CO2 contient 0,500 mol d'atomes d'oxygène.
b)
n=NAN=6,022×10233,01×1022=5,00×10−2 mol, soit 0,0500 mol. Le calcul se contrôle sans calculatrice : 3,01×1022 est exactement la moitié de 6,022×1022, qui vaut le dixième de NA, donc la réponse est la moitié d'un dixième de mole. Quand une division par NA donne un nombre supérieur à 1, c'est presque toujours qu'on a multiplié au lieu de diviser.
c)
Il faut t=1×1096,022×1023=6,022×1014 secondes. Une année compte 365,25×24×3600=3,156×107 secondes, donc t=3,156×1076,022×1014=1,91×107 années, environ 19 millions d'années. Une machine capable de compter un milliard de particules par seconde, cadence qu'aucun instrument n'atteint, mettrait donc à peu près quatre fois la durée d'existence du genre humain à dénombrer un dé à coudre d'eau.
d)
Précisément à cela : le nombre d'entités est un nombre inutilisable au laboratoire, alors que la masse se lit sur une balance en une seconde. La mole est le taux de change entre les deux mondes, choisi pour qu'une mole d'atomes d'un élément pèse, en grammes, le nombre inscrit dans le tableau périodique. C'est ce qui permet d'écrire une équation chimique en coefficients entiers, de la lire en moles, puis de la traduire en grammes et en millilitres, c'est-à-dire en quantités qu'on peut réellement peser et verser. La frise montre l'ampleur du saut : entre le nombre d'êtres humains sur Terre et une mole, il y a encore quatorze ordres de grandeur.
Exercice 3 : La carte des conversions
Les trois grandeurs du chapitre se convertissent l'une dans l'autre. La carte ci-dessous en donne les quatre chemins, sans les opérations.
a) Indiquez l'opération portée par chacune des quatre flèches.
b) Quelle masse représentent 2,50 mol de carbonate de calcium CaCO3 ?
c) Quelle quantité de matière y a-t-il dans 45,0 g de glucose C6H12O6 ? Combien de molécules, et combien d'atomes de carbone ?
d) Un élève écrit n=m×M. Montrez, par les unités seules, que la formule est fausse.
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Réponses
a)m→n : diviser par M ; n→m : multiplier par M ; n→N : multiplier par NA ; N→n : diviser par NA
b)M=100,09 g/mol ; m=250 g
c)n=0,250 mol ; 1,50×1023 molécules ; 9,02×1023 atomes de carbone
d)m×M est en g2⋅mol−1, l'unité de rien ; m/M est en mol
a)
De la masse vers la quantité de matière, on divise par la masse molaire ; en sens inverse, on multiplie par elle. De la quantité de matière vers le nombre d'entités, on multiplie par 6,022×1023 ; en sens inverse, on divise. La quantité de matière est donc toujours au centre : il n'existe aucun chemin direct de la masse au nombre d'entités, et vouloir en inventer un est la source de la moitié des erreurs du chapitre. Quand un énoncé donne une masse et demande un nombre de particules, on passe obligatoirement par les moles.
b)
M(CaCO3)=40,08+12,01+3(16,00)=100,09 g/mol. On va de la quantité vers la masse, donc on multiplie : m=nM=2,50×100,09=250 g. La masse molaire valant presque exactement 100 g/mol, le résultat se prédit de tête, ce qui donne le bon ordre de grandeur avant même de taper le calcul.
c)
M(C6H12O6)=6(12,01)+12(1,01)+6(16,00)=72,06+12,12+96,00=180,18 g/mol. On va de la masse vers la quantité, donc on divise : n=180,1845,0=0,250 mol. Puis N=0,250×6,022×1023=1,50×1023 molécules. Enfin, chaque molécule porte six atomes de carbone, donc 6×1,50×1023=9,02×1023 atomes de carbone, ce qui fait 1,50 mol d'atomes de carbone. On retrouve l'indice de la formule qui multiplie le décompte, comme à l'exercice 2.
d)
Les unités tranchent seules. m×M donne des g×g⋅mol−1, c'est-à-dire des g2⋅mol−1, qui n'est l'unité de rien. En revanche Mm donne des g⋅mol−1g=mol, ce qui est bien une quantité de matière. Le contrôle par les unités est la seule vérification qui ne coûte rien et qui attrape à coup sûr l'inversion de la division : à chaque fois qu'on hésite sur le sens, on écrit les unités et on regarde ce qui reste. Contrôle de bon sens complémentaire : 45 g de glucose, c'est moins qu'une mole, qui en pèse 180 ; la réponse DOIT donc être inférieure à 1 mol, et 45,0×180,18 aurait donné 8108, une valeur absurde.
Exercice 4 : La composition centésimale massique
Un agriculteur compare deux engrais azotés vendus au même prix par kilogramme. Le tableau est à compléter. Le schéma ci-dessous donne la formule développée des deux engrais.
d)Même azote, masse totale différente : l'urée, 466 g d'azote par kg contre 350
a)
Nitrate d'ammonium : M=2(14,01)+4(1,01)+3(16,00)=28,02+4,04+48,00=80,06 g/mol. Il faut lire la formule en entier, les deux azotes n'étant pas au même endroit, l'un dans l'ion ammonium et l'autre dans l'ion nitrate. Urée : la parenthèse porte sur le groupe NH2 tout entier, donc M=12,01+16,00+2(14,01+2×1,01)=12,01+16,00+2(16,03)=60,07 g/mol.
b)
Dans une mole de nitrate d'ammonium, il y a deux moles d'azote, soit 2×14,01=28,02 g d'azote sur les 80,06 g du composé : %N=80,0628,02×100=35,00%. Dans une mole d'urée, il y a également deux moles d'azote, donc la même masse de 28,02 g, mais répartie sur seulement 60,07 g de composé : %N=60,0728,02×100=46,65%. Le numérateur est identique, le dénominateur non, et c'est tout l'exercice.
c)
%H=80,064,04×100=5,05% et %O=80,0648,00×100=59,96%. Somme : 35,00+5,05+59,96=100,01, soit 100 % au centième d'arrondi près. Cette vérification est gratuite et elle attrape immédiatement un indice oublié : si la somme tombe à 85 % ou à 112 %, c'est qu'un élément manque ou qu'une masse molaire est fausse, et on le sait avant d'avoir rendu la copie.
d)
Parce que le pourcentage en masse ne compare pas des atomes, il compare une masse d'azote à la masse TOTALE du composé, et cette masse totale contient tout le reste de la formule. Le nitrate d'ammonium traîne trois atomes d'oxygène qui pèsent à eux seuls 48 g par mole, soit 60 % de la masse, alors que l'urée ne porte qu'un carbone et un oxygène. À nombre d'azotes égal, le composé le plus léger est donc le plus concentré en azote. Un kilogramme d'urée apporte 466 g d'azote contre 350 g pour le nitrate d'ammonium, soit 33 % de plus au même prix : c'est l'urée qu'il faut acheter. La leçon générale du chapitre est là : compter les atomes dans une formule ne dit rien tant qu'on n'a pas rapporté ce compte à une masse.
Exercice 5 : De la composition à la formule
L'analyse élémentaire d'un composé organique donne sa composition en masse, jamais sa formule. Il faut la reconstruire. Le schéma ci-dessous représente le résultat des deux analyses.
a) Un composé contient, en masse, 40,0% de carbone, 6,7% d'hydrogène et 53,3% d'oxygène. Déterminez sa formule empirique.
b) Sa masse molaire vaut 180 g/mol. Déterminez sa formule moléculaire.
c) Trois composés très différents ont exactement cette composition centésimale. Comment est-ce possible ?
d) Dans un oxyde de fer, 6,99 g de fer sont combinés à 3,00 g d'oxygène. Déterminez la formule empirique de cet oxyde.
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Réponses
a)CH2O
b)Facteur 6 : C6H12O6
c)La composition fixe le rapport des atomes, pas leur nombre : CH2O, C2H4O2, C6H12O6
d)n(Fe)=0,1252, n(O)=0,1875, rapport 1,5=3/2 : Fe2O3
a)
On raisonne sur un échantillon de 100 g, ce qui transforme directement les pourcentages en grammes : 40,0 g de carbone, 6,7 g d'hydrogène, 53,3 g d'oxygène. On convertit chaque masse en quantité de matière, parce qu'une formule compte des atomes et non des grammes : n(C)=12,0140,0=3,331 mol, n(H)=1,016,7=6,634 mol, n(O)=16,0053,3=3,331 mol. On divise ensuite par la plus petite des trois : 3,3313,331=1,000 pour le carbone, 3,3316,634=1,992 pour l'hydrogène, 3,3313,331=1,000 pour l'oxygène. La formule empirique est donc CH2O.
b)
La formule empirique donne le rapport, pas la taille. Sa masse molaire vaut M(CH2O)=12,01+2(1,01)+16,00=30,03 g/mol. Le facteur cherché est 30,03180=5,99, donc 6. La formule moléculaire est (CH2O)6, c'est-à-dire C6H12O6 : le glucose. Le facteur doit toujours tomber sur un entier, à l'arrondi près ; s'il donne 3,5 ou 4,7, c'est que la formule empirique est fausse ou que la masse molaire fournie ne correspond pas au composé analysé.
c)
Parce que la composition centésimale ne fixe que le RAPPORT des atomes, jamais leur nombre. Le méthanal CH2O, l'acide éthanoïque C2H4O2 et le glucose C6H12O6 ont tous un carbone pour deux hydrogènes et un oxygène, donc exactement la même composition en masse, alors qu'il s'agit d'un gaz irritant, du vinaigre et d'un sucre. Une analyse élémentaire seule ne permet donc jamais de conclure : il faut une mesure de la masse molaire pour trancher entre les multiples, et c'est précisément ce que fournit la donnée de la question b.
d)
Même méthode, en partant directement des masses puisqu'elles sont données : n(Fe)=55,856,99=0,1252 mol et n(O)=16,003,00=0,1875 mol. On divise par la plus petite : 1,000 pour le fer et 0,12520,1875=1,498 pour l'oxygène. Le rapport n'est pas entier, et c'est le cas qui fait rater l'exercice : on ne l'arrondit surtout pas à 1 ni à 2. On reconnaît 23, et on multiplie les DEUX indices par 2, ce qui donne Fe2O3, l'oxyde de fer de la rouille. Les décimales à savoir reconnaître sont 0,5, 0,33, 0,67 et 0,25, qu'on lève en multipliant par 2, 3, 3 et 4.
Partie B : solutions, problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : La concentration en quantité de matière
Le schéma rappelle les trois gestes de la préparation d'une solution de concentration connue.
a) On dissout 8,50 g de nitrate d'argent AgNO3 et on complète à 250 mL de solution. Calculez la concentration en mol/L.
b) Quelle masse de chlorure de sodium faut-il peser pour préparer 500 mL d'une solution à 0,150 mol/L ?
c) Quelle est la concentration en masse, en g/L, de la solution de la question b ? Établissez la relation entre les deux concentrations.
d) Pourquoi complète-t-on au trait de jauge APRÈS avoir dissous le solide, et jamais l'inverse ?
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Réponses
a)n=0,0500 mol ; c=0,200 mol/L
b)n=0,0750 mol ; m=4,38 g
c)cm=8,77 g/L ; cm=c×M
d)Le dénominateur est le volume de SOLUTION : dissoudre change le volume, on complète au trait en dernier
a)
On passe d'abord à la quantité de matière, parce que la concentration est définie en moles. M(AgNO3)=107,87+14,01+3(16,00)=169,88 g/mol, donc n=169,888,50=0,0500 mol. Le volume se convertit en litres, sans exception : 250 mL =0,250 L. Alors c=Vn=0,2500,0500=0,200 mol/L. Laisser le volume en millilitres donne 0,000200, une valeur mille fois trop petite, et c'est l'erreur d'unité la plus fréquente du chapitre.
b)
On remonte la chaîne dans l'autre sens : la concentration et le volume donnent la quantité de matière, la quantité de matière et la masse molaire donnent la masse. n=cV=0,150×0,500=0,0750 mol. M(NaCl)=22,99+35,45=58,44 g/mol, donc m=nM=0,0750×58,44=4,38 g. On retrouve exactement la carte de l'exercice 3, augmentée d'une case : masse, quantité de matière, concentration.
c)
La concentration en masse est la masse de soluté par litre de solution : cm=0,5004,38=8,77 g/L. La relation se lit sur les unités : cm=c×M, puisque des mol/L multipliées par des g/mol donnent des g/L. Vérification : 0,150×58,44=8,77 g/L. Les deux concentrations décrivent la même solution, l'une en comptant les entités, l'autre en pesant ; il faut lire l'unité de l'énoncé avant de se lancer, car « une solution à 10 » n'a aucun sens sans elle.
d)
Parce que c'est le volume de SOLUTION qui figure au dénominateur, et non le volume d'eau ajouté. Dissoudre un solide modifie légèrement le volume : les ions s'entourent de molécules d'eau, et l'ensemble n'occupe pas la somme des volumes de départ. Si on remplissait la fiole à 500 mL d'eau puis qu'on y versait le solide, le volume final dépasserait ou n'atteindrait pas 500 mL, et la concentration obtenue ne serait pas celle annoncée. En dissolvant d'abord dans un peu d'eau, puis en complétant jusqu'au trait, on garantit que le volume final est exactement celui inscrit sur la fiole. C'est aussi pourquoi on rince le bécher dans la fiole avant de compléter : tout le soluté pesé doit s'y retrouver, sinon la quantité de matière du numérateur est fausse elle aussi.
Exercice 7 : La dilution
On dispose d'une solution mère de sulfate de cuivre à 0,400 mol/L. On en prélève 25,0 mL et on complète à 250 mL. Le schéma ci-dessous représente la dilution.
a) Calculez la concentration de la solution obtenue, puis le facteur de dilution.
b) Quelle quantité de matière de soluté y a-t-il dans le prélèvement ? Et dans la solution finale ?
c) Quel volume d'une solution mère à 2,00 mol/L faut-il prélever pour préparer 500 mL d'une solution à 0,150 mol/L ?
d) Un élève écrit : « j'ai ajouté 225 mL d'eau à mes 25,0 mL, donc la concentration a été divisée par 9 ». Corrigez.
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Réponses
a)c2=0,0400 mol/L ; facteur 10
b)0,0100 mol dans les deux : n est l'invariant de la dilution
c)V1=37,5 mL
d)Facteur =V2/V1=250/25,0=10, pas 9 : on compte le volume final, pas l'eau ajoutée
a)
La relation de dilution donne c2=V2c1V1=2500,400×25,0=0,0400 mol/L. Les volumes peuvent rester en millilitres ici, à condition qu'ils soient dans la MÊME unité des deux côtés, puisqu'ils apparaissent en rapport. Le facteur de dilution est c2c1=0,04000,400=10, et c'est aussi V1V2=25,0250=10 : diluer dix fois le volume divise dix fois la concentration.
b)
Dans le prélèvement : n=c1V1=0,400×0,0250=0,0100 mol. Dans la solution finale : n=c2V2=0,0400×0,250=0,0100 mol. C'est la même valeur, et ce n'est pas une coïncidence : ajouter de l'eau n'ajoute aucun ion cuivre et n'en retire aucun. La quantité de matière de soluté est l'invariant de la dilution, et la relation c1V1=c2V2 n'est rien d'autre que l'écriture de cette conservation. C'est pourquoi elle se retrouve sans jamais l'apprendre : on écrit deux fois le même n.
c)
On veut n=c2V2=0,150×0,500=0,0750 mol, et cette quantité doit venir de la solution mère : V1=c1n=2,000,0750=0,0375 L, soit 37,5 mL. On prélève donc 37,5 mL à la pipette, on les verse dans une fiole jaugée de 500 mL et on complète au trait. Contrôle : la concentration est divisée par 0,1502,00=13,3, et le volume est bien multiplié par 37,5500=13,3.
d)
Le facteur de dilution ne se calcule jamais sur le volume d'eau ajouté, il se calcule sur le volume FINAL de solution. Ici le volume passe de 25,0 mL à 250 mL, donc le facteur est 25,0250=10 et non 9. L'élève a compté 25,0225, c'est-à-dire le rapport de l'eau ajoutée au prélèvement, qui n'intervient nulle part dans la formule. La règle à retenir : pour diluer 4 fois, on ajoute 3 volumes d'eau à 1 volume de solution, ce qui donne 4 volumes en tout. Ajouter 4 volumes d'eau dilue 5 fois. L'écart paraît petit sur un exercice et devient une erreur systématique en laboratoire, où l'on prépare souvent une gamme de dilutions successives et où les facteurs se multiplient.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations est fausse ou incomplète. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct. Deux points chacune.
a) « Une mole de fer et une mole d'aluminium ont la même masse, puisque c'est la même quantité de matière. »
b) « La masse molaire de l'oxygène vaut 16,00 g/mol. »
c) « Dans une mole de chlorure de calcium CaCl2, il y a une mole d'ions. »
d) « Deux composés qui ont la même composition centésimale sont le même composé. »
e) « Pour diluer une solution quatre fois, j'ajoute quatre volumes d'eau. »
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Réponses
a)Faux : même nombre d'atomes, masses 55,85 g et 26,98 g
b)Incomplet : M(O)=16,00 g/mol mais M(O2)=32,00 g/mol
c)Faux : Ca2++2Cl−, trois moles d'ions
d)Faux : même formule empirique seulement, il faut M pour trancher
e)Faux : trois volumes d'eau pour un de solution ; quatre volumes d'eau diluent 5 fois
a)
Faux. Une mole de fer et une mole d'aluminium contiennent le même NOMBRE d'atomes, 6,022×1023, mais ces atomes n'ont pas la même masse : une mole de fer pèse 55,85 g et une mole d'aluminium 26,98 g, soit plus du double. Énoncé correct : une mole de fer et une mole d'aluminium contiennent le même nombre d'atomes, mais leurs masses diffèrent dans le rapport de leurs masses molaires. La confusion entre « autant d'entités » et « autant de grammes » est la faute d'origine de tout le chapitre.
b)
Ambigu, donc à préciser. 16,00 g/mol est la masse molaire de l'ATOME d'oxygène. Mais le corps simple oxygène est un gaz diatomique, O2, dont la masse molaire vaut 32,00 g/mol. Dans une équation chimique, le réactif écrit est presque toujours O2, et c'est donc 32,00 qu'il faut employer. Énoncé correct : M(O)=16,00 g/mol et M(O2)=32,00 g/mol. Le même piège vaut pour H2, N2, Cl2 et les autres gaz diatomiques : on regarde ce qui est écrit dans l'équation, pas le nom de l'élément.
c)
Faux. Le chlorure de calcium se dissocie selon CaCl2→Ca2++2Cl−. Une mole de composé libère donc une mole d'ions calcium et DEUX moles d'ions chlorure, soit trois moles d'ions au total. Énoncé correct : une mole de CaCl2 libère 3 mol d'ions. C'est encore l'indice de la formule qui multiplie le décompte, exactement comme aux exercices 2 et 3, et c'est ce compte-là qui gouverne le pouvoir de déglaçage d'un sel, la pression osmotique et les propriétés colligatives.
d)
Faux. La composition centésimale ne fixe que le rapport des atomes, jamais leur nombre. Le méthanal CH2O, l'acide éthanoïque C2H4O2 et le glucose C6H12O6 ont tous exactement 40,0% de carbone, 6,7% d'hydrogène et 53,3% d'oxygène, et ce sont trois substances sans rapport. Énoncé correct : deux composés de même composition centésimale ont la même formule empirique ; il faut connaître la masse molaire pour trancher entre les formules moléculaires possibles.
e)
Faux. Ajouter quatre volumes d'eau à un volume de solution donne CINQ volumes de solution, donc une dilution par 5. Pour diluer quatre fois, il faut ajouter trois volumes d'eau à un volume de solution. Énoncé correct : le facteur de dilution est le rapport du volume final au volume prélevé, V1V2, et non le rapport de l'eau ajoutée au prélèvement. En pratique on ne compte d'ailleurs jamais l'eau : on verse le prélèvement dans une fiole jaugée et on complète au trait, ce qui rend l'erreur impossible.
Exercice 9 : Le comprimé compté en molécules
L'acétaminophène a pour formule C8H9NO2. Un comprimé courant en contient 500 mg, et la posologie inscrite sur la boîte fixe un maximum de 4,00 g par jour pour un adulte.
b) Quelle quantité de matière contient un comprimé de 500 mg ?
c) Combien de molécules d'acétaminophène cela représente-t-il ?
d) À combien de comprimés correspond la dose maximale quotidienne, et quelle quantité de matière représente-t-elle ?
e) Calculez le pourcentage en masse de carbone dans l'acétaminophène.
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Réponses
a)M=151,18 g/mol
b)n=3,31×10−3 mol
c)1,99×1021 molécules
d)8 comprimés ; n=2,65×10−2 mol
e)%C=63,55%
a)
M=8(12,01)+9(1,01)+14,01+2(16,00)=96,08+9,09+14,01+32,00=151,18 g/mol. On additionne les quatre contributions séparément avant de sommer, ce qui rend l'erreur visible : si un total partiel dépasse la masse molaire attendue, on a multiplié au mauvais endroit.
b)
Il faut d'abord convertir la masse en grammes, puisque la masse molaire est en grammes par mole : 500 mg =0,500 g. Alors n=Mm=151,180,500=3,31×10−3 mol. Laisser 500 mg tel quel donne 3,31 mol, une valeur mille fois trop grande, et le contrôle de bon sens la rejette immédiatement : une mole d'acétaminophène pèserait 151 g, soit trois cents comprimés.
c)
N=nNA=3,31×10−3×6,022×1023=1,99×1021 molécules, soit environ deux mille milliards de milliards. C'est l'écart d'échelle qui donne son sens au chapitre : un objet de la taille d'un ongle, que l'on avale sans y penser, contient plus de molécules actives qu'il n'y a d'étoiles dans l'univers observable. Aucune méthode ne permettrait de les compter ; on les a pourtant obtenues à partir d'une simple pesée.
d)
0,5004,00=8 comprimés. La quantité de matière correspondante vaut n=151,184,00=2,65×10−2 mol, ce qui est bien huit fois la réponse de la question b : 8×3,31×10−3=2,65×10−2 ✓. Le calcul illustre une propriété commode de la conversion masse-quantité : elle est proportionnelle, donc multiplier la masse par 8 multiplie la quantité de matière par 8, sans avoir à refaire la division.
e)
%C=151,188×12,01×100=151,1896,08×100=63,55%. Autrement dit, presque les deux tiers de la masse du principe actif sont du carbone, ce qui est normal pour une molécule organique. On peut vérifier la cohérence sur les autres éléments : l'hydrogène ne pèse que 6,01% malgré ses neuf atomes, parce qu'un atome d'hydrogène est douze fois plus léger qu'un carbone. Compter les atomes et peser les atomes sont deux opérations différentes, et c'est encore le fil de la série : une formule chimique est une recette par mole, et c'est la masse molaire qui convertit la recette en grammes.
Exercice 10 : Deux sels de déglaçage
L'efficacité d'un sel de déglaçage dépend du nombre de moles de PARTICULES qu'il libère dans l'eau, et non de sa masse. On compare le chlorure de sodium NaCl et le chlorure de calcium CaCl2, à masse égale. Le schéma ci-dessous représente la comparaison.
a) Calculez la quantité de matière contenue dans 1,00 kg de chacun des deux sels.
b) Écrivez la dissociation de chacun dans l'eau, puis calculez le nombre de moles d'ions libérées par kilogramme.
c) Lequel des deux est le plus efficace par kilogramme ? Le chlorure de calcium est pourtant celui qu'on épand par grand froid : proposez une explication.
d) Calculez le pourcentage en masse de chlore dans chacun des deux sels.
e) Un camion épand 1,20 tonne de chlorure de sodium. Combien de moles d'ions chlorure introduit-il dans l'environnement ?
c)NaCl, 27% d'ions en plus ; CaCl2 reste efficace jusque vers −50 °C et sa dissolution chauffe
d)60,66% dans NaCl ; 63,89% dans CaCl2
e)2,05×104 mol de Cl−, environ 728 kg de chlorure
a)
M(NaCl)=22,99+35,45=58,44 g/mol, donc n=58,441000=17,1 mol. M(CaCl2)=40,08+2(35,45)=40,08+70,90=110,98 g/mol, donc n=110,981000=9,01 mol. À masse égale, on a près de deux fois moins de moles de chlorure de calcium, tout simplement parce que son entité est deux fois plus lourde.
b)
NaCl→Na++Cl− libère 2 ions par entité, donc 2×17,1=34,2 mol d'ions par kilogramme. CaCl2→Ca2++2Cl− libère 3 ions par entité, donc 3×9,01=27,0 mol d'ions par kilogramme. Le chlorure de calcium libère plus d'ions par entité, mais il y a beaucoup moins d'entités dans un kilogramme : les deux effets jouent en sens contraire, et il faut faire le calcul pour trancher.
c)
Le chlorure de sodium l'emporte, avec 34,2 mol d'ions contre 27,0, soit 27 % de particules en plus par kilogramme. Il est donc plus efficace, et il est aussi beaucoup moins cher, ce qui explique qu'il constitue l'essentiel du sel épandu. Le chlorure de calcium se justifie néanmoins par grand froid pour une raison qui ne relève plus du comptage : la solution saturée de NaCl ne fonctionne plus en dessous de −21 °C environ, alors que celle de CaCl2 reste liquide jusque vers −50 °C. Sa dissolution est de plus exothermique, donc elle réchauffe la surface au lieu de la refroidir. Le critère du nombre d'ions départage deux sels dans le même domaine de température, il ne dit rien de la limite de ce domaine.
d)
%Cl(NaCl)=58,4435,45×100=60,66%. %Cl(CaCl2)=110,9870,90×100=63,89%. Les deux sels sont donc à peu près aussi chlorés en masse, alors que leurs nombres d'ions diffèrent de 27 % : c'est un bon rappel que la composition centésimale et le décompte des particules répondent à deux questions différentes, et qu'on ne peut pas conclure de l'une à l'autre.
e)
1,20 tonne =1,20×106 g, donc n(NaCl)=58,441,20×106=2,05×104 mol. Chaque entité libère un seul ion chlorure, donc 2,05×104 mol d'ions Cl−, soit environ 7,28×105 g de chlorure, plus de sept cents kilogrammes. Ces ions ne disparaissent pas : ils suivent l'eau de fonte jusqu'aux égouts, aux cours d'eau et aux nappes, où le chlorure ne se dégrade pas. C'est très exactement le genre de bilan que permet la mole : partir d'une masse qu'un camion peut transporter, et arriver au nombre de particules qui se retrouveront dans le milieu.
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