Chimie générale 202-SN1-RE (ancien 202-NYA) • Cégep à Montréal
Exercices corrigés : la mesure au laboratoire, chiffres significatifs et incertitudes (chimie 202-SN1-RE, ancien 202-NYA)
Voici la série d'exercices corrigés de chimie générale sur la mesure au laboratoire : chiffres significatifs, verrerie et incertitudes. C'est le premier chapitre du cours et le premier laboratoire de la session, et c'est aussi celui qui coûte le plus de points sur toute l'année, parce qu'il ne se révise jamais alors qu'il s'applique à chaque rapport rendu. La partie A couvre les bases : compter les chiffres significatifs d'une donnée de laboratoire (exercice 1), les deux règles d'arrondi et la perte par annulation (exercice 2), la tolérance des cinq pièces de verrerie courantes (exercice 3), la distinction entre exactitude et fidélité et l'erreur systématique (exercice 4), et le passage d'une pesée à une concentration avec la propagation des incertitudes relatives (exercice 5). La partie B monte au niveau du contrôle : la masse volumique au pycnomètre (exercice 6), la courbe d'étalonnage et sa lecture inverse (exercice 7), cinq affirmations à corriger (exercice 8), une dilution en cascade (exercice 9), et un titrage mené du volume lu à la burette jusqu'à la concentration publiable avec son incertitude (exercice 10).
Elle s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature, au devis révisé 202-SN1 comme à l'ancien 202-NYA, ainsi qu'aux élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de physique-chimie.
Le fil de la série tient en une phrase : le dernier chiffre d'un résultat de chimie n'est pas donné par la calculatrice, il est donné par l'instrument le moins précis de la manipulation. Tout le reste en découle, y compris la conclusion la moins intuitive du chapitre, à savoir qu'améliorer un instrument déjà excellent ne change rien du tout : à l'exercice 5 comme à l'exercice 9, la balance analytique n'est pas le maillon faible.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Chiffres significatifs : tout chiffre non nul compte, un zéro encadré compte, un zéro final compte s'il y a une virgule. Les zéros placés AVANT le premier chiffre non nul ne comptent jamais, ils ne font que placer la virgule.
•En notation scientifique, seul le coefficient porte des chiffres significatifs : 2,50×103 en a trois, la puissance de dix n'en apporte aucun. C'est le seul moyen d'écrire 2500 sans ambiguïté.
•Nombres EXACTS, de précision illimitée : coefficients d'une équation équilibrée, indices d'une formule chimique, définitions d'unités (1 L =1000 mL), dénombrements. Ils ne limitent jamais un résultat. Une constante tabulée, elle, n'est pas exacte.
•Multiplication et division : le résultat garde le plus petit nombre de CHIFFRES SIGNIFICATIFS des facteurs.
•Addition et soustraction : le résultat garde le plus petit nombre de DÉCIMALES des termes. Les deux règles ne portent pas sur la même chose, c'est la confusion la plus fréquente du chapitre.
•Soustraction de deux nombres proches : le résultat peut perdre des chiffres significatifs alors qu'aucune règle n'a été violée. 52,39−48,12=4,27 passe de quatre à trois. C'est la perte par annulation, et elle condamne la pesée par différence sur une balance grossière.
•On arrondit UNE SEULE FOIS, à la fin. Arrondir à chaque étape empile des erreurs qui ne se compensent pas.
•Incertitude relative =valeur mesureˊeincertitude absolue, en général exprimée en pourcentage. C'est la seule grandeur qui permette de comparer deux instruments de capacités différentes.
•Somme ou différence : les incertitudes ABSOLUES s'ajoutent. Produit ou quotient : les incertitudes RELATIVES s'ajoutent. Une différence de deux lectures sur une burette porte donc deux fois l'incertitude de lecture.
•Une incertitude s'arrondit à un chiffre significatif, et le résultat s'aligne sur elle : C=(0,0948±0,0006) mol/L.
•Verrerie courante et tolérance typique : bécher 100 mL à ±5 mL, éprouvette 50 mL à ±0,5 mL, burette 50 mL à ±0,05 mL par lecture, pipette jaugée 25,00 mL à ±0,03 mL, fiole jaugée 250,0 mL à ±0,15 mL. Une fiole CONTIENT un volume, une pipette en DÉLIVRE un.
•Exactitude : accord avec la valeur vraie. Fidélité : accord des mesures entre elles. Les deux sont indépendantes. Un jeu de mesures fidèle et décalé signale une erreur systématique, que seul un étalonnage corrige ; la répétition ne la révélera jamais.
•Pycnomètre : le même flacon fixe le même volume à chaque pesée, d'où ρ=ρeau×meaumliquide, sans jamais mesurer un volume.
•Courbe d'étalonnage : elle ne vaut que sur l'intervalle où elle a été établie. Son ordonnée à l'origine doit retomber sur la valeur du blanc, et c'est le contrôle le moins cher de la séance.
•Dilution : C1V1=C2V2. Les facteurs de dilution successifs se MULTIPLIENT, ils ne s'additionnent pas.
Partie A : Chiffres significatifs, verrerie et écriture d'un résultat (/50)
Exercice 1 : Compter les chiffres significatifs dans un cahier de laboratoire
Voici six nombres relevés au cours d'une même séance de laboratoire : une masse de 0,00450 g, un volume de 100,0 mL, un volume de 2,50×103 mL, une quantité de matière de 0,08070 mol, la constante d'Avogadro 6,022×1023 /mol, et le coefficient 2 de l'équation 2H2+O2→2H2O.
a) Donnez le nombre de chiffres significatifs de 0,00450 g, de 100,0 mL et de 2,50×103 mL.
b) Même question pour 0,08070 mol et pour 6,022×1023 /mol.
c) Combien de chiffres significatifs portent le coefficient 2 de l'équation et l'égalité 1 L =1000 mL ? Justifiez.
d) Écrivez 0,00450 g en notation scientifique, et donnez l'exposant de 2500 mL écrit en notation scientifique.
e) Des trois volumes 100,0 mL, 2,50×103 mL et 0,00450 L, lequel porte la plus petite incertitude RELATIVE ? Donnez cette incertitude relative en pourcentage.
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Réponses
a)3, 4 et 3 chiffres significatifs
b)4 et 4 chiffres significatifs
c)Nombres exacts : précision illimitée, ils ne limitent aucun calcul
d)4,50×10−3 g ; exposant 3, soit 2,500×103 mL
e)100,0 mL, à 0,10%
a)
0,00450 g : les zéros placés AVANT le premier chiffre non nul ne servent qu'à positionner la virgule, ils ne comptent jamais. Restent 4, 5 et le zéro final, qui lui compte parce qu'il est écrit après un chiffre non nul et après la virgule : 3 chiffres significatifs. 100,0 mL : les zéros sont encadrés ou suivent la virgule, tout compte : 4 chiffres significatifs. 2,50×103 mL : en notation scientifique, seul le coefficient compte, jamais la puissance de dix : 3 chiffres significatifs.
b)
0,08070 mol : le zéro de tête ne compte pas, le zéro entre 8 et 7 compte, le zéro final compte : 4 chiffres significatifs. 6,022×1023 : le coefficient 6,022 en porte 4, et l'exposant 23 n'en apporte aucun. La constante d'Avogadro telle qu'elle est tabulée a donc 4 chiffres significatifs.
c)
Aucun des deux n'est une mesure. Le coefficient 2 vient de l'équilibrage de l'équation : c'est un nombre de dénombrement, exact par construction, donc de précision illimitée. L'égalité 1 L =1000 mL est une définition d'unité, exacte elle aussi. Conséquence pratique : ni l'un ni l'autre ne limite jamais le nombre de chiffres significatifs d'un résultat. C'est le piège classique du calcul stœchiométrique, où l'on croit devoir arrondir à un chiffre à cause du coefficient 2.
d)
0,00450 g =4,50×10−3 g. Le coefficient garde ses trois chiffres significatifs, zéro final compris : écrire 4,5×10−3 perdrait de l'information sur la précision de la pesée. Pour 2500 mL mesuré au millilitre près : 2,500×103 mL, donc l'exposant vaut 3, et le coefficient porte cette fois 4 chiffres significatifs.
e)
Le dernier chiffre écrit est le chiffre incertain, à une unité près. 100,0 mL : 100,00,1×100=0,10%. 2,50×103 mL : le chiffre incertain est le centième du coefficient, soit 0,01×103=10 mL, d'où 250010×100=0,40%. 0,00450 L : 0,004500,00001×100=0,22%. C'est donc 100,0 mL qui est le plus précis, à 0,10%, alors que c'est le volume dont l'écriture contient le moins de zéros. Le nombre de chiffres significatifs, pas la longueur du nombre, décide de la précision.
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Exercice 2 : Les deux règles d'arrondi, sur une masse molaire et une pesée
On pèse du carbonate de calcium CaCO3 par différence. Masses atomiques (g/mol) : Ca 40,08 ; C 12,01 ; O 16,00.
Balance analytique : bécher plus échantillon 52,3874 g, bécher vide 48,1236 g. La même pesée refaite sur une balance à plateau à deux décimales donne 52,39 g et 48,12 g.
Le schéma ci-dessous représente les quatre lectures.
a) Calculez la masse molaire du carbonate de calcium et donnez son nombre de chiffres significatifs.
b) Calculez la masse de l'échantillon sur la balance analytique et donnez son nombre de chiffres significatifs.
c) Faites de même avec la balance à plateau, et nommez ce que la soustraction a détruit.
d) Calculez la quantité de matière dans les deux cas, en respectant les chiffres significatifs.
e) Comparez les incertitudes relatives des deux masses obtenues.
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Réponses
a)M=100,09 g/mol, 5 chiffres significatifs
b)m=4,2638 g, 5 chiffres significatifs
c)m=4,27 g, 3 chiffres significatifs : la soustraction en a détruit un
d)n=0,042600 mol et n=0,0427 mol
e)0,0023% contre 0,23%, un facteur 100
a)
M=40,08+12,01+3(16,00)=40,08+12,01+48,00=100,09 g/mol. Règle de l'addition : on aligne sur le nombre de DÉCIMALES du terme qui en a le moins. Ici tous les termes ont deux décimales, donc le résultat en garde deux : 100,09 g/mol, soit 5 chiffres significatifs. Noter que le facteur 3 est un nombre exact issu de la formule et ne limite rien.
b)
m=52,3874−48,1236=4,2638 g. Les deux pesées ont quatre décimales, le résultat en garde quatre. Il reste 5 chiffres significatifs, exactement comme les données de départ.
c)
m=52,39−48,12=4,27 g. Deux décimales conservées, mais il ne reste plus que 3 chiffres significatifs alors que chaque pesée en portait 4. La soustraction de deux nombres proches a détruit un chiffre significatif : c'est la perte par annulation, le seul cas où un calcul fait perdre de la précision sans qu'aucune règle ait été violée. La pesée par différence est donc à proscrire sur une balance grossière quand l'échantillon est petit devant le contenant.
d)
Balance analytique : n=100,094,2638=0,0425997 mol. Règle de la division : on garde le plus petit nombre de CHIFFRES SIGNIFICATIFS, ici 5 pour les deux facteurs, donc n=0,042600 mol. Balance à plateau : n=100,094,27=0,0426616 mol, limité à 3 chiffres significatifs par la masse : n=0,0427 mol.
e)
Balance analytique : 4,26380,0001×100=0,0023%. Balance à plateau : 4,270,01×100=0,23%. Un facteur 100 entre les deux, pour la même manipulation et le même produit chimique. C'est le coût exact du mauvais instrument, et il se paie ensuite sur tout ce que l'on calcule à partir de cette masse.
Exercice 3 : Choisir sa verrerie : tolérance, précision relative et usage
La figure donne cinq pièces de verrerie avec la tolérance annoncée par le fabricant.
a) Calculez l'incertitude relative, en pourcentage, de la pipette jaugée de 25,00 mL et du bécher de 100 mL.
b) Par quel facteur la pipette est-elle plus précise que le bécher ?
c) On doit prélever une prise d'essai destinée à une dilution : le volume prélevé entrera directement dans le calcul de la concentration finale. Quel instrument choisir parmi les cinq ?
d) On doit rincer un bécher avec environ 30 mL d'eau distillée, volume qui n'entre dans aucun calcul. Quel instrument choisir, et pourquoi pas la burette ?
e) On mélange 25,00 mL prélevés à la pipette et 50,0 mL mesurés à l'éprouvette. Avec combien de décimales doit-on écrire le volume total ?
Voir la correction
Réponses
a)Pipette 0,12%, bécher 5,0%
b)Facteur 42
c)La pipette jaugée de 25,00 mL
d)Le bécher : le volume de rinçage n'entre dans aucun calcul
e)75,0 mL, une seule décimale
a)
Pipette jaugée : 25,000,03×100=0,12%. Bécher : 1005×100=5,0%. Les graduations d'un bécher ne sont pas un instrument de mesure, ce sont des repères de remplissage.
b)
0,125,0=42. La pipette est environ 42 fois plus précise en relatif. Le bécher est pourtant vingt fois plus gros : la précision d'un instrument ne se lit pas sur sa capacité.
c)
La pipette jaugée. Elle est le seul instrument de la liste conçu pour délivrer un volume unique et fixé à haute précision, et c'est exactement ce que demande une prise d'essai. La fiole jaugée, elle, sert à CONTENIR un volume, pas à en délivrer un : on y prépare la solution diluée, on n'y prélève pas.
d)
Le bécher, ou à la rigueur l'éprouvette. Un volume qui n'entre dans aucun calcul n'a pas besoin d'être connu : le mesurer précisément ne rend le résultat ni plus juste ni plus fidèle. Monopoliser la burette pour cela, c'est immobiliser la pièce la plus fragile et la plus lente à remplir, et il faudra de toute façon la rincer à la solution titrante avant de s'en servir.
e)
25,00+50,0=75,0 mL, une seule décimale. La règle de l'addition porte sur les DÉCIMALES, et c'est l'éprouvette, avec sa seule décimale, qui commande. Écrire 75,00 mL serait affirmer une précision que l'éprouvette n'a pas : les deux chiffres de la pipette ont été perdus dès qu'on a versé dans le même récipient. C'est le fil de toute la série : le maillon faible fixe le dernier chiffre.
Exercice 4 : Exactitude et fidélité : quatre séries de masses volumiques
Quatre binômes mesurent la masse volumique de l'éthanol, dont la valeur de référence à 20 °C est 0,789 g/mL. Chacun fait quatre mesures (g/mL).
Série A : 0,789 ; 0,788 ; 0,790 ; 0,789. Série B : 0,801 ; 0,800 ; 0,802 ; 0,801. Série C : 0,770 ; 0,805 ; 0,795 ; 0,786. Série D : 0,740 ; 0,800 ; 0,755 ; 0,785.
a) Calculez la moyenne de chaque série.
b) Calculez l'étendue de chaque série, c'est-à-dire l'écart entre la plus grande et la plus petite valeur.
c) Les séries A et C ont la même moyenne. Qu'est-ce qui les distingue, et laquelle publieriez-vous ?
d) Une seule série révèle une erreur SYSTÉMATIQUE. Laquelle, et citez une cause plausible au laboratoire.
e) Laquelle des quatre séries peut être rattrapée par un simple étalonnage de l'instrument, et laquelle ne peut pas l'être ?
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Réponses
a)A et C : 0,789 ; B : 0,801 ; D : 0,770 g/mL
b)A et B : 0,002 ; C : 0,035 ; D : 0,060 g/mL
c)L'étendue : A est juste et fidèle, C juste par compensation. On publie A
d)La série B, décalée de +0,012 g/mL : erreur systématique
e)B se rattrape par étalonnage, D ne se rattrape pas
a)
Série A : 40,789+0,788+0,790+0,789=43,156=0,789 g/mL. Série B : 43,204=0,801 g/mL. Série C : 43,156=0,789 g/mL. Série D : 43,080=0,770 g/mL.
b)
Série A : 0,790−0,788=0,002. Série B : 0,802−0,800=0,002. Série C : 0,805−0,770=0,035. Série D : 0,800−0,740=0,060. L'étendue mesure la FIDÉLITÉ, c'est-à-dire l'accord des mesures entre elles, et ne dit strictement rien de leur accord avec la valeur vraie.
c)
Même moyenne, 0,789 g/mL, donc même exactitude apparente. Mais l'étendue de C vaut 0,035 contre 0,002 pour A : C est juste par compensation de grandes erreurs aléatoires, A est juste ET fidèle. On publie A. La moyenne de C tomberait ailleurs si le binôme refaisait quatre mesures, alors que celle de A est reproductible : une moyenne juste par hasard n'est pas un résultat.
d)
La série B. Ses quatre mesures sont très fidèles, étendue 0,002 comme A, mais toutes décalées de +0,012 g/mL par rapport à la valeur vraie. Un décalage constant et reproductible est la signature d'une erreur systématique. Causes plausibles : pycnomètre mal séché de la manipulation précédente, balance non tarée, ou lecture du ménisque faite systématiquement par le haut.
e)
La série B se rattrape : puisque l'écart est constant, étalonner la balance ou refaire le zéro le supprime entièrement, et les données déjà prises peuvent même être corrigées après coup en retranchant 0,012. La série D ne se rattrape pas : elle est à la fois décalée et dispersée, il n'y a aucun décalage constant à retirer, et seule une reprise complète de la manipulation, avec une technique de mesure corrigée, donnera quelque chose. Retenir la hiérarchie : la fidélité se travaille par la technique, l'exactitude par l'étalonnage.
Exercice 5 : De la pesée à la concentration : l'instrument le moins précis commande
On prépare une solution de chlorure de sodium. On pèse 2,4530 g de NaCl sur une balance analytique à ±0,0001 g, on dissout, et on complète au trait d'une fiole jaugée de 250,0 mL à ±0,15 mL. Masse molaire du chlorure de sodium : 58,44 g/mol.
Le schéma ci-dessous représente la préparation.
a) Calculez la quantité de matière, avec le bon nombre de chiffres significatifs.
b) Calculez la concentration de la solution, avec le bon nombre de chiffres significatifs.
c) Calculez l'incertitude relative apportée par la pesée, puis celle apportée par la fiole.
d) Déduisez-en l'incertitude relative totale sur la concentration, puis son incertitude absolue, et écrivez le résultat final sous la forme demandée par un rapport de laboratoire.
e) Lequel des deux instruments faut-il améliorer en priorité, et par quel facteur domine-t-il ?
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Réponses
a)n=0,04197 mol
b)C=0,1679 mol/L
c)Pesée 0,0041%, fiole 0,060%
d)0,064% au total, soit C=(0,1679±0,0001) mol/L
e)La fiole, qui domine d'un facteur 15
a)
n=Mm=58,442,4530=0,0419747 mol. La masse porte 5 chiffres significatifs, la masse molaire 4 : c'est le plus petit qui commande, donc n=0,04197 mol.
b)
C=Vn=0,25000,0419747=0,1678987 mol/L. On garde 4 chiffres significatifs : C=0,1679 mol/L. Noter qu'on a repris la valeur NON arrondie de n pour ce calcul : on n'arrondit qu'à la fin, sinon les erreurs d'arrondi s'empilent.
c)
Pesée : 2,45300,0001×100=0,0041%. Fiole : 250,00,15×100=0,060%. Ces deux nombres, et non les tolérances brutes, sont ce qu'on additionne : une tolérance de 0,15 mL n'est comparable à une tolérance de 0,0001 g que rapportée à la grandeur mesurée.
d)
La concentration est un quotient, donc les incertitudes RELATIVES s'ajoutent : 0,0041+0,060=0,064%. Incertitude absolue : 0,00064×0,1679=0,000108 mol/L, soit 0,0001 mol/L après arrondi à un chiffre significatif, comme on le fait toujours sur une incertitude. Le résultat s'écrit C=(0,1679±0,0001) mol/L. L'incertitude tombe sur le quatrième chiffre : les quatre chiffres significatifs annoncés en b) sont donc légitimes, ni un de plus, ni un de moins.
e)
La fiole domine, par un facteur 0,00410,060=15. Conclusion contre-intuitive et utile : acheter une balance plus précise ne changerait rien au résultat, alors que passer à une fiole de classe A mieux tolérancée, ou simplement préparer un plus grand volume, gagnerait presque tout. La règle générale : dans une chaîne de mesures, on n'améliore que le maillon dominant, et on le repère par les incertitudes relatives, jamais à l'oeil.
Partie B : Du laboratoire au résultat publiable (/50)
Exercice 6 : Le pycnomètre : masse volumique d'un liquide inconnu
Un pycnomètre est un petit flacon dont le bouchon rodé, percé d'un capillaire, fixe toujours exactement le même volume. On fait trois pesées sur une balance à ±0,0001 g : flacon vide 24,3172 g, flacon plein d'eau distillée 49,8654 g, flacon plein du liquide inconnu 44,5021 g. Masse volumique de l'eau à 20 °C : 0,99820 g/mL, connue à ±0,00001 g/mL.
Le schéma ci-dessous représente les trois pesées.
a) Calculez la masse d'eau contenue, puis le volume du pycnomètre.
b) Calculez la masse du liquide inconnu contenu dans le même flacon.
c) Calculez la masse volumique du liquide inconnu.
d) Identifiez le liquide parmi l'éthanol 0,789, l'acétone 0,791, le propan-1-ol 0,804 et l'hexane 0,659 g/mL.
e) Calculez l'incertitude relative puis absolue sur la masse volumique trouvée, et dites si les cinq chiffres significatifs écrits en c) sont légitimes.
Voir la correction
Réponses
a)meau=25,5482 g, V=25,594 mL
b)mliquide=20,1849 g
c)ρ=0,78865 g/mL
d)L'éthanol
e)2,8×10−3%, soit (0,78865±0,00002) g/mL : les cinq chiffres tiennent
a)
Masse d'eau : 49,8654−24,3172=25,5482 g. Volume : V=ρm=0,9982025,5482=25,5943 mL. C'est tout l'intérêt de la méthode : on ne mesure jamais un volume, on le DÉDUIT d'une pesée et d'une masse volumique tabulée, parce qu'une balance est cent fois plus précise que n'importe quelle verrerie.
b)
Masse du liquide : 44,5021−24,3172=20,1849 g. Le flacon est le même, donc le volume est le même : c'est le seul fait sur lequel repose toute la manipulation, et c'est pour cela que le pycnomètre doit être rempli jusqu'au capillaire, sans bulle, à la même température.
c)
ρ=25,594320,1849=0,78865 g/mL. Les deux facteurs portent 6 chiffres significatifs, on en garde 5 par prudence sur la troisième décimale de la masse d'eau. Remarquer qu'on n'a pas eu besoin du volume pour raisonner : ρ=ρeau×meaumliquide donne directement le même résultat, et c'est la forme à retenir.
d)
0,78865 g/mL est à 0,00035 de l'éthanol, à 0,0024 de l'acétone, à 0,015 du propan-1-ol et à 0,130 de l'hexane. C'est l'éthanol, et l'écart avec le deuxième candidat est sept fois plus grand que l'écart avec le premier : la conclusion tient. Attention, une identification par masse volumique seule n'est jamais une preuve ; elle est recevable ici parce que la liste des candidats est donnée et qu'aucun autre n'est à moins d'un millième.
e)
Chaque masse est une différence de deux pesées, donc son incertitude absolue vaut 2×0,0001=0,0002 g. Relatifs : 25,54820,0002=7,8×10−4% pour l'eau, 20,18490,0002=9,9×10−4% pour le liquide, et 0,998200,00001=1,0×10−3% pour la masse volumique tabulée. Total : 2,8×10−3%, soit une incertitude absolue de 2,8×10−5×0,78865=2,2×10−5 g/mL. L'incertitude tombe donc sur le cinquième chiffre : ρ=(0,78865±0,00002) g/mL. Les cinq chiffres sont légitimes, et c'est ce qui permet de trancher entre éthanol et acétone, que trois chiffres significatifs auraient confondus.
Exercice 7 : La courbe d'étalonnage et la lecture inverse d'une concentration
On mesure au pycnomètre la masse volumique de solutions aqueuses de chlorure de sodium de concentration massique connue, à 20 °C.
a) Calculez la pente de la droite passant par les deux points extrêmes, avec son unité.
b) Donnez l'ordonnée à l'origine et son sens physique.
c) Écrivez l'équation de la courbe d'étalonnage.
d) Un échantillon inconnu a une masse volumique de 1,0525 g/mL. Déduisez-en sa concentration massique.
e) Un camarade utilise la même droite pour un échantillon à 1,25 g/mL et annonce 33,7 %. Pourquoi ce résultat n'a-t-il aucun sens ?
Voir la correction
Réponses
a)Pente =7,480×10−3 (g/mL) par pourcent
b)0,9982 g/mL : la masse volumique de l'eau pure
c)ρ=0,007480C+0,9982
d)C=7,26%, trois chiffres significatifs
e)Extrapolation hors du domaine étalonné, et le sel sature vers 26%
a)
Pente =20,00−01,1478−0,9982=20,000,1496=0,007480 (g/mL) par pourcent de masse. Les trois points intermédiaires s'écartent de cette droite de moins de 0,0005 g/mL, ce qui est du même ordre que la dispersion des mesures : la relation est linéaire sur l'intervalle étudié, on peut donc l'utiliser.
b)
L'ordonnée à l'origine vaut 0,9982 g/mL, c'est directement le point mesuré à 0%. Son sens physique est immédiat : c'est la masse volumique de l'eau pure à 20 °C. Un étalonnage dont l'ordonnée à l'origine tombe loin de la valeur attendue signale une erreur de manipulation avant même qu'on ait exploité la droite : c'est le contrôle le moins cher de toute la séance.
c)
ρ=0,007480C+0,9982, avec ρ en g/mL et C en pourcentage massique.
d)
On inverse la relation : C=0,007480ρ−0,9982=0,0074801,0525−0,9982=0,0074800,0543=7,259, soit C=7,26%. Trois chiffres significatifs seulement : la soustraction 1,0525−0,9982 laisse 0,0543, trois chiffres significatifs sur cinq de départ. Encore une perte par annulation, et c'est la limite de fond de la méthode par étalonnage, pas une maladresse de calcul.
e)
Parce que 1,25 g/mL sort de l'intervalle sur lequel la droite a été établie, [0;20]%. Une droite d'étalonnage ne vaut rien en dehors de son domaine : rien ne garantit que la linéarité s'y prolonge, et ici la chimie tranche indépendamment de toute statistique, puisque la solubilité du chlorure de sodium plafonne autour de 26% massique à 20 °C. Une solution à 33,7% n'existe pas, le résultat annoncé décrit un liquide qui n'est pas dans le bécher. Un modèle bien ajusté reste faux hors de la fenêtre où il a été ajusté.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chaque affirmation est à déclarer vraie ou fausse. Si elle est fausse, la correction attendue est la phrase juste, pas seulement le mot changé.
a) Le coefficient 2 de 2H2O ne limite jamais le nombre de chiffres significatifs d'un calcul.
b) La masse 0,00450 g porte cinq chiffres significatifs.
c) Dans la soustraction 52,39−48,12, le résultat garde quatre chiffres significatifs.
d) Une série de mesures peut être fidèle et fausse en même temps.
e) Une pipette jaugée de 25,00 mL à ±0,03 mL est plus précise, en relatif, qu'une fiole jaugée de 250,0 mL à ±0,15 mL.
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Réponses
a)VRAI : un coefficient d'équilibrage est un nombre exact
b)FAUX : trois chiffres significatifs, pas cinq
c)FAUX : deux décimales conservées, donc trois chiffres significatifs
d)VRAI : fidélité et exactitude sont indépendantes
e)FAUX : la fiole est deux fois plus précise, 0,060% contre 0,12%
a)
VRAI. Un coefficient stœchiométrique est un nombre de dénombrement, issu de l'équilibrage et non d'une mesure : il est exact, de précision illimitée. Même chose pour les facteurs d'une formule chimique, pour les définitions d'unités et pour un nombre de fois qu'on répète une opération. L'erreur symétrique existe aussi : croire qu'une constante tabulée est exacte. NA=6,022×1023 tel qu'il est écrit ici porte 4 chiffres significatifs et peut, lui, limiter un résultat.
b)
FAUX. Elle en porte trois : 4, 5 et le zéro final. Les zéros placés avant le premier chiffre non nul ne sont que des marqueurs de position et ne comptent jamais, ce que la notation scientifique rend évident : 4,50×10−3 g. La phrase juste : la masse 0,00450 g porte trois chiffres significatifs.
c)
FAUX, deux fois. D'abord la règle est mal nommée : dans une addition ou une soustraction, on raisonne sur les DÉCIMALES, pas sur les chiffres significatifs. Ensuite le compte est faux : 52,39−48,12=4,27, deux décimales conservées, mais seulement trois chiffres significatifs alors que chaque donnée en portait quatre. La phrase juste : le résultat garde deux décimales, donc trois chiffres significatifs, la soustraction de deux nombres proches en ayant détruit un.
d)
VRAI. La fidélité mesure l'accord des mesures entre elles, l'exactitude leur accord avec la valeur vraie : ce sont deux qualités indépendantes. Une balance décalée de 12 mg donne des pesées très reproductibles et toutes fausses du même écart. C'est même le cas le plus dangereux, parce que la reproductibilité inspire confiance et qu'aucune répétition de la mesure ne révélera le problème : seul un étalonnage le fera.
e)
FAUX. Pipette : 25,000,03×100=0,12%. Fiole : 250,00,15×100=0,060%. La fiole est deux fois plus précise en relatif, alors que sa tolérance est cinq fois plus grande en valeur absolue. La phrase juste : la fiole jaugée de 250,0 mL est deux fois plus précise en relatif, car une tolérance ne se compare qu'une fois rapportée à la grandeur mesurée.
Exercice 9 : Problème : une dilution en cascade et le chiffre qui survit
On prépare une solution étalon de permanganate de potassium KMnO4, de masse molaire 158,03 g/mol. On pèse 1,0432 g sur une balance analytique et on complète à une fiole jaugée de 100,0 mL. On prélève ensuite 10,00 mL à la pipette, que l'on complète à 250,0 mL, puis 25,00 mL de cette seconde solution, complétés à 500,0 mL.
Le schéma ci-dessous représente les étapes de la préparation.
a) Calculez la concentration de la solution mère, avec le bon nombre de chiffres significatifs.
b) Calculez la concentration après la première dilution.
c) Calculez la concentration après la seconde dilution.
d) Donnez le facteur de dilution total et vérifiez votre résultat par ce facteur.
e) Quel instrument fixe le nombre de chiffres significatifs du résultat final ? La réponse n'est pas celle qu'on attend.
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Réponses
a)C0=0,06601 mol/L
b)C1=2,641×10−3 mol/L
c)C2=1,320×10−4 mol/L
d)Facteur 500,0, et C0/C2=500,0
e)Les verreries jaugées, 4 chiffres significatifs ; la balance en donne 5 et ne limite rien
a)
n=158,031,0432=6,6013×10−3 mol, puis C0=0,10006,6013×10−3=6,6013×10−2 mol/L. La masse porte 5 chiffres significatifs, la masse molaire 5, la fiole 4 : C0=0,06601 mol/L, quatre chiffres significatifs.
b)
La dilution conserve la quantité de matière : C1V1=C0V0, donc C1=C0×250,010,00=0,066013×0,04000=2,6405×10−3 mol/L, soit C1=2,641×10−3 mol/L. On garde la valeur non arrondie de C0 pour enchaîner, et on n'arrondit qu'à l'affichage.
c)
C2=C1×500,025,00=2,6405×10−3×0,05000=1,3203×10−4 mol/L, soit C2=1,320×10−4 mol/L.
d)
Première dilution : facteur 10,00250,0=25,00. Seconde : 25,00500,0=20,00. Facteur total 25,00×20,00=500,0. Vérification : C2C0=1,3203×10−46,6013×10−2=500,0. Les facteurs de dilution se MULTIPLIENT, ils ne s'additionnent pas ; croire à un facteur 45 est l'erreur la plus fréquente de ce calcul et elle donne une concentration onze fois trop grande.
e)
Ce n'est pas la balance. Elle donne 5 chiffres significatifs, soit un de plus que tout le reste : c'est le seul instrument de la chaîne qui ne limite rien. Ce sont les quatre verreries jaugées, qui portent chacune exactement 4 chiffres significatifs, 100,0, 10,00, 250,0, 25,00 et 500,0 mL. Le résultat est donc donné à 4 chiffres significatifs, et aucune balance plus fine n'y changerait rien. C'est la leçon pratique de la série : avant d'améliorer un poste, on cherche lequel commande, et c'est rarement le plus impressionnant.
Exercice 10 : Problème : du volume lu à la burette à la concentration publiée
On titre 25,00 mL d'acide chlorhydrique, prélevés à la pipette jaugée à ±0,03 mL, par une solution d'hydroxyde de sodium à 0,1043 mol/L connue à ±0,0001 mol/L. La burette, graduée au dixième et lisible à ±0,05 mL, marque 0,45 mL avant le titrage et 23,17 mL au virage. La réaction est HCl+NaOH→NaCl+H2O.
Le schéma ci-dessous représente le montage.
a) Calculez le volume versé et son incertitude absolue.
b) Calculez la quantité de matière d'hydroxyde de sodium versée.
c) Déduisez-en la concentration de l'acide chlorhydrique.
d) Calculez les trois incertitudes relatives en jeu, puis l'incertitude sur la concentration, et écrivez le résultat publiable.
e) Quel poste domine ? Proposez une modification du protocole et chiffrez le gain.
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Réponses
a)V=22,72 mL, ΔV=0,10 mL
b)n=2,370×10−3 mol
c)C=0,09479 mol/L avant arrondi final
d)0,44+0,12+0,096=0,66%, soit C=(0,0948±0,0006) mol/L
e)La burette ; en titrant 50,00 mL son relatif tombe à 0,22%
a)
V=23,17−0,45=22,72 mL. Deux LECTURES sont faites sur la burette, celle du départ et celle du virage, et chacune vaut ±0,05 mL : les incertitudes absolues d'une différence s'AJOUTENT, donc ΔV=0,05+0,05=0,10 mL. Oublier la lecture initiale, ou croire qu'elle se compense, est l'erreur de raisonnement la plus courante sur un titrage.
b)
n(NaOH)=C×V=0,1043×0,02272=2,3697×10−3 mol. Quatre chiffres significatifs des deux côtés, on en garde quatre.
c)
L'équation est en rapport 1:1, donc n(HCl)=n(NaOH)=2,3697×10−3 mol. C(HCl)=0,025002,3697×10−3=0,094788 mol/L, soit 0,09479 mol/L avant examen de l'incertitude.
d)
Burette : 22,720,10×100=0,44%. Pipette : 25,000,03×100=0,12%. Titrant : 0,10430,0001×100=0,096%. La concentration cherchée est un produit de quotients, donc les relatives s'ajoutent : 0,44+0,12+0,096=0,66%. Incertitude absolue : 0,0066×0,09479=6,2×10−4 mol/L. L'incertitude tombe sur le quatrième chiffre décimal, donc on publie C=(0,0948±0,0006) mol/L, trois chiffres significatifs. Les 0,09479 de la calculatrice en annonçaient cinq : quatre d'entre eux étaient faux.
e)
La burette domine, avec 0,44%, soit les deux tiers du total. Le remède ne passe pas par un meilleur instrument mais par un meilleur protocole : titrer 50,00 mL d'acide au lieu de 25,00 double le volume versé, qui passe à environ 45,4 mL, alors que ΔV reste 0,10 mL. Le relatif de la burette tombe à 45,440,10×100=0,22% et le total à environ 0,44%, soit un tiers d'incertitude en moins sans rien acheter. C'est pour cela qu'on cherche toujours à faire virer le titrage vers les trois quarts de la burette plutôt que vers son premier quart.
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