Me contacter

Chimie générale 202-NYA • Cégep et complément québécois à Montréal

Exercices corrigés : les solutions et les propriétés colligatives (202-NYA)

Les propriétés colligatives portent bien leur nom : elles ne dépendent que du NOMBRE de particules dissoutes, jamais de leur nature. Une mole de sucre et une mole de sel n'ont pas du tout le même effet sur le point de congélation, non parce que le sel serait « plus puissant », mais parce qu'il libère deux ions par unité formulaire.

L'exercice 4 montre l'usage le plus spectaculaire du chapitre : la pression osmotique d'une protéine à 1 g/L est mesurable au manomètre, alors que l'abaissement cryoscopique de la même solution vaut deux millièmes de degré, totalement hors de portée. C'est pourquoi l'osmométrie est la méthode de choix pour les macromolécules. L'exercice 5 confronte enfin le modèle idéal aux mesures réelles, qui ne collent jamais tout à fait.

Rappel de cours

  • Molarité C=nVsolutionC=\dfrac{n}{V_{solution}} en mol/L : dépend de la température, car le volume se dilate. Molalité m=nmsolvantm=\dfrac{n}{m_{solvant}} en mol/kg : indépendante de la température, c'est pourquoi les lois colligatives l'utilisent.
  • Pourcentage massique =msoluteˊmsolution×100=\dfrac{m_{soluté}}{m_{solution}}\times 100. Attention : la masse de SOLUTION, pas celle du solvant. Fraction molaire xi=nintotalx_{i}=\dfrac{n_{i}}{n_{total}}. Pour une solution aqueuse diluée, 1 ppm = 1 mg/L.
  • Dilution : C1V1=C2V2C_{1}V_{1}=C_{2}V_{2}, la quantité de matière de soluté étant conservée.
  • Facteur de van't Hoff ii : nombre de particules libérées par unité formulaire. Théoriquement 1 pour un non-électrolyte (glucose, urée, glycol), 2 pour NaClNaCl, 3 pour CaCl2CaCl_{2}.
  • Abaissement cryoscopique : ΔTf=iKfm\Delta T_{f}=i\,K_{f}\,m avec Kf=1,86K_{f}=1{,}86 °C·kg/mol pour l'eau. Élévation ébullioscopique : ΔTb=iKbm\Delta T_{b}=i\,K_{b}\,m avec Kb=0,512K_{b}=0{,}512 °C·kg/mol.
  • Pression osmotique : π=iCRT\pi=iCRT avec R = 8,314 kPa·L/(mol·K) et CC en mol/L.
  • Les ii mesurés sont toujours INFÉRIEURS aux valeurs théoriques, à cause de l'appariement des ions en solution. L'écart grandit avec la concentration et avec la charge des ions.

Partie A : Concentrations, dilution et lois colligatives (/32)

Exercice 1 : Les cinq façons d'exprimer une concentration

Chaque unité de concentration répond à un besoin différent, et l'examen teste surtout la capacité à passer de l'une à l'autre. Le point de vigilance est toujours le même : ce qu'il y a au dénominateur, la SOLUTION ou le SOLVANT.

On dissout 25,0 g de NaClNaCl dans de l'eau pour obtenir 250 mL de solution, de masse volumique 1,05 g/mL. Masses molaires : NaClNaCl 58,44 g/mol ; H2OH_{2}O 18,02 g/mol.

  • a) Calculez la quantité de matière de NaClNaCl, puis la molarité de la solution.
  • b) Calculez la masse de la solution, puis celle du solvant. Déduisez-en la molalité.
  • c) Calculez le pourcentage massique et la fraction molaire du NaClNaCl.
  • d) Expliquez pourquoi molarité et molalité diffèrent ici, et dans quel cas elles seraient presque égales.
  • e) Une eau potable contient 5,0 mg de plomb dans 2,0 L. Exprimez cette teneur en ppm et comparez à la norme canadienne de 0,005 mg/L.
Voir la correction

a) n=25,058,44=0,4278n=\dfrac{25{,}0}{58{,}44}=0{,}4278 mol. La molarité rapporte cette quantité au volume de SOLUTION : C=0,42780,250=1,71C=\dfrac{0{,}4278}{0{,}250}=1{,}71 mol/L.

b) La masse de solution vaut m=ρV=1,05×250=262,5m=\rho V=1{,}05\times 250=262{,}5 g. Le soluté en représente 25,0 g, donc le solvant en représente 262,525,0=237,5262{,}5-25{,}0=237{,}5 g, soit 0,2375 kg. La molalité rapporte la quantité de matière à la masse de SOLVANT : m=0,42780,2375=1,80m=\dfrac{0{,}4278}{0{,}2375}=1{,}80 mol/kg.

c) Pourcentage massique : 25,0262,5×100=9,52\dfrac{25{,}0}{262{,}5}\times 100=9{,}52 %. Pour la fraction molaire, il faut la quantité de matière d'eau : n(H2O)=237,518,02=13,18n\left(H_{2}O\right)=\dfrac{237{,}5}{18{,}02}=13{,}18 mol. Alors x(NaCl)=0,42780,4278+13,18=0,427813,61=0,0314x(NaCl)=\dfrac{0{,}4278}{0{,}4278+13{,}18}=\dfrac{0{,}4278}{13{,}61}=0{,}0314. Le sel ne représente donc que 3,1 % des molécules, alors qu'il pèse 9,5 % de la masse : les deux pourcentages n'ont rien à voir.

d) Elles diffèrent parce que le dénominateur n'est pas le même : 0,250 L de solution contre 0,2375 kg d'eau. Comme la solution est plus dense que l'eau pure et que le soluté occupe une partie du volume, on obtient ici 1,711{,}71 contre 1,801{,}80, soit 5 % d'écart. Les deux valeurs se rapprochent quand la solution est DILUÉE et le solvant est l'eau : à faible concentration, la masse volumique tend vers 1,00 g/mL et la masse de solvant en kilogrammes tend vers le volume de solution en litres. En pratique, en dessous de 0,1 mol/L, la confusion est sans conséquence numérique, ce qui explique qu'elle passe longtemps inaperçue.

e) La teneur est 5,0 mg2,0 L=2,5\dfrac{5{,}0\text{ mg}}{2{,}0\text{ L}}=2{,}5 mg/L, soit 2,5 ppm puisqu'en solution aqueuse diluée 1 mg/L équivaut à 1 ppm, la masse d'un litre valant approximativement 1 kg. Cette valeur est 500 fois supérieure à la norme de 0,005 mg/L : l'eau est très largement impropre à la consommation. L'unité ppm est employée précisément parce que les molarités correspondantes sont d'un maniement pénible, ici 1,2×1051{,}2\times 10^{-5} mol/L.

Exercice 2 : Dilution, titrage et stœchiométrie en solution

En solution, la quantité de matière se lit comme un produit C×VC\times V. Toute la stœchiométrie du chapitre précédent s'applique alors sans changement, à condition de ne jamais confondre volume de solution et volume de soluté.

Masse molaire de AgClAgCl : 143,32 g/mol.

  • a) Comment préparer 500 mL d'acide chlorhydrique à 0,150 mol/L à partir d'une solution commerciale à 12,0 mol/L ? Décrivez le mode opératoire.
  • b) Un titrage de 25,0 mL d'une solution de NaOHNaOH nécessite 18,7 mL d'acide chlorhydrique à 0,200 mol/L. Calculez la concentration de la base.
  • c) On ajoute un excès de NaClNaCl à 50,0 mL de nitrate d'argent à 0,100 mol/L. Calculez la masse de précipité.
  • d) Un élève verse l'eau dans l'acide concentré au lieu de l'inverse. Pourquoi est-ce dangereux ?
Voir la correction

a) La dilution conserve la quantité de matière : C1V1=C2V2C_{1}V_{1}=C_{2}V_{2}, donc V1=C2V2C1=0,150×0,50012,0=6,25×103V_{1}=\dfrac{C_{2}V_{2}}{C_{1}}=\dfrac{0{,}150\times 0{,}500}{12{,}0}=6{,}25\times 10^{-3} L, soit 6,25 mL. Mode opératoire : prélever 6,25 mL de la solution commerciale à la pipette, les verser dans une fiole jaugée de 500 mL contenant DÉJÀ un fond d'eau distillée, puis compléter jusqu'au trait de jauge et homogénéiser. On ne verse jamais l'acide dans une fiole vide que l'on remplit ensuite d'eau.

b) La réaction est HCl+NaOHNaCl+H2OHCl+NaOH\rightarrow NaCl+H_{2}O, de rapport 1 pour 1. Alors n(HCl)=0,0187×0,200=3,74×103n(HCl)=0{,}0187\times 0{,}200=3{,}74\times 10^{-3} mol, donc n(NaOH)=3,74×103n(NaOH)=3{,}74\times 10^{-3} mol également, et C(NaOH)=3,74×1030,0250=0,150C(NaOH)=\dfrac{3{,}74\times 10^{-3}}{0{,}0250}=0{,}150 mol/L.

c) Ag++ClAgCl(s)Ag^{+}+Cl^{-}\rightarrow AgCl(s). Le nitrate d'argent est le réactif limitant puisque le NaClNaCl est en excès : n(Ag+)=0,0500×0,100=5,00×103n\left(Ag^{+}\right)=0{,}0500\times 0{,}100=5{,}00\times 10^{-3} mol, donc n(AgCl)=5,00×103n(AgCl)=5{,}00\times 10^{-3} mol et m=5,00×103×143,32=0,717m=5{,}00\times 10^{-3}\times 143{,}32=0{,}717 g.

d) Parce que la dissolution de l'acide sulfurique ou chlorhydrique concentré est fortement EXOTHERMIQUE. En versant l'eau sur l'acide, la première goutte d'eau reçoit toute la chaleur dégagée sur un très petit volume : elle peut atteindre l'ébullition instantanément et projeter de l'acide concentré. En versant au contraire l'acide dans un grand volume d'eau, la chaleur se répartit dans toute la masse d'eau, dont la capacité thermique élevée limite l'élévation de température. La règle mnémotechnique est « l'acide dans l'eau, jamais l'inverse ».

Exercice 3 : Cryoscopie et ébullioscopie : pourquoi le sel bat le sucre

Dissoudre quelque chose dans l'eau abaisse son point de congélation et élève son point d'ébullition. L'ampleur de l'effet ne dépend que du nombre de particules, ce qui donne un avantage décisif aux électrolytes.

Pour l'eau : Kf=1,86K_{f}=1{,}86 °C·kg/mol et Kb=0,512K_{b}=0{,}512 °C·kg/mol. Masse molaire du NaClNaCl : 58,44 g/mol.

  • a) Calculez le point de congélation d'une solution à 1,00 mol/kg de glucose, puis de NaClNaCl, puis de CaCl2CaCl_{2}.
  • b) Expliquez le classement obtenu.
  • c) Quelle masse de NaClNaCl faut-il par kilogramme d'eau pour abaisser le point de congélation à 10,0-10{,}0 °C ?
  • d) Calculez le point d'ébullition d'une solution de NaClNaCl à 2,00 mol/kg.
  • e) Pourquoi les villes cessent-elles d'épandre du sel en dessous d'environ 15-15 °C, et par quoi le remplacent-elles ?
Voir la correction

a) ΔTf=iKfm\Delta T_{f}=i\,K_{f}\,m. Glucose, non-électrolyte, i=1i=1 : ΔTf=1×1,86×1,00=1,86\Delta T_{f}=1\times 1{,}86\times 1{,}00=1{,}86 °C, donc congélation à 1,86-1{,}86 °C. NaClNaCl, i=2i=2 : ΔTf=3,72\Delta T_{f}=3{,}72 °C, donc 3,72-3{,}72 °C. CaCl2CaCl_{2}, i=3i=3 car il libère un Ca2+Ca^{2+} et deux ClCl^{-} : ΔTf=5,58\Delta T_{f}=5{,}58 °C, donc 5,58-5{,}58 °C.

b) Le classement suit exactement le facteur de van't Hoff, donc le NOMBRE DE PARTICULES en solution. À molalité égale, une mole de glucose donne une mole de particules, une mole de NaClNaCl en donne deux, une mole de CaCl2CaCl_{2} en donne trois. C'est le sens même du mot « colligatif » : la propriété est liée au dénombrement, pas à l'identité chimique. Un ion chlorure et une molécule de glucose ont rigoureusement le même effet sur le point de congélation.

c) On cherche mm tel que 2×1,86×m=10,02\times 1{,}86\times m=10{,}0, d'où m=10,03,72=2,69m=\dfrac{10{,}0}{3{,}72}=2{,}69 mol/kg. En masse : 2,69×58,44=1572{,}69\times 58{,}44=157 g de sel par kilogramme d'eau, soit une solution à environ 14 % en masse. C'est considérable, et cela explique la quantité de sel visible sur les routes en hiver.

d) ΔTb=iKbm=2×0,512×2,00=2,05\Delta T_{b}=i\,K_{b}\,m=2\times 0{,}512\times 2{,}00=2{,}05 °C, donc l'ébullition a lieu à 102,05102{,}05 °C. L'effet est bien plus faible que l'effet cryoscopique, puisque KbK_{b} est presque quatre fois plus petit que KfK_{f}. Saler l'eau des pâtes ne la fait donc PAS bouillir sensiblement plus chaud : à raison d'une cuillerée pour deux litres, l'élévation est de quelques centièmes de degré.

e) Parce que le sel atteint sa limite physique : la solution eau-NaClNaCl a un point eutectique à environ 21-21 °C, température en dessous de laquelle aucune proportion de sel n'empêche la congélation. Bien avant ce seuil, l'efficacité se dégrade et les quantités nécessaires deviennent déraisonnables, comme le montre le calcul de c. Les villes passent alors au chlorure de calcium, qui libère trois particules au lieu de deux et dont la dissolution est de plus exothermique, ou à des abrasifs comme le sable et le gravier, qui n'abaissent rien mais rétablissent l'adhérence.

Exercice 4 : La pression osmotique et la masse molaire des macromolécules

L'osmose est le passage du solvant à travers une membrane semi-perméable, du côté dilué vers le côté concentré. La pression qu'il faut appliquer pour l'arrêter suit une loi formellement identique à celle des gaz parfaits.

R = 8,314 kPa·L/(mol·K). Température du corps humain : 37 °C.

  • a) Calculez la pression osmotique d'une solution de glucose à 0,100 mol/L à 37 °C.
  • b) Le sérum physiologique est une solution de NaClNaCl à 0,154 mol/L. Calculez sa pression osmotique à 37 °C et comparez à celle du sang, voisine de 770 kPa.
  • c) Que se passerait-il si l'on perfusait de l'eau pure à un patient ? Et une solution très concentrée ?
  • d) Une solution contenant 1,00 g d'une protéine dans 100 mL exerce une pression osmotique de 2,50 kPa à 25 °C. Calculez la masse molaire de la protéine.
  • e) Calculez l'abaissement cryoscopique de cette même solution. Concluez sur la méthode à privilégier pour les macromolécules.
Voir la correction

a) π=iCRT\pi=iCRT avec i=1i=1 pour le glucose, non-électrolyte, et T=310T=310 K : π=1×0,100×8,314×310=258\pi=1\times 0{,}100\times 8{,}314\times 310=258 kPa, soit environ 2,5 atmosphères. Une pression considérable pour une solution aussi diluée.

b) Le NaClNaCl libère deux ions, donc i=2i=2 : π=2×0,154×8,314×310=794\pi=2\times 0{,}154\times 8{,}314\times 310=794 kPa. La valeur est très proche des 770 kPa du sang : c'est précisément pour cela que le sérum physiologique est préparé à cette concentration, dite ISOTONIQUE. On la retrouve exprimée en pourcentage massique sous la forme bien connue « NaCl 0,9 % ».

c) Avec de l'eau pure, la pression osmotique extérieure serait nulle alors que l'intérieur des globules rouges reste à 770 kPa : l'eau entrerait massivement dans les cellules, qui gonfleraient puis ÉCLATERAIENT, phénomène appelé hémolyse. Avec une solution trop concentrée, hypertonique, le mouvement s'inverserait : l'eau sortirait des globules, qui se ratatineraient, ce qu'on appelle la plasmolyse. Dans les deux cas les cellules sont détruites, ce qui rend le choix de la concentration vital au sens propre.

d) De π=CRT\pi=CRT avec C=nV=mMVC=\dfrac{n}{V}=\dfrac{m}{MV}, on tire M=mRTπV=1,00×8,314×2982,50×0,100=9,91×103M=\dfrac{mRT}{\pi V}=\dfrac{1{,}00\times 8{,}314\times 298}{2{,}50\times 0{,}100}=9{,}91\times 10^{3} g/mol, soit environ 9900 g/mol. Le facteur ii vaut 1 : une protéine globulaire ne se dissocie pas.

e) La molalité de la solution est d'environ 1,00/99100,100=1,01×103\dfrac{1{,}00/9910}{0{,}100}=1{,}01\times 10^{-3} mol/kg, d'où ΔTf=1,86×1,01×103=1,9×103\Delta T_{f}=1{,}86\times 1{,}01\times 10^{-3}=1{,}9\times 10^{-3} °C. Deux millièmes de degré : c'est très inférieur à la précision d'un thermomètre de laboratoire ordinaire, la mesure est donc impossible en pratique. La pression osmotique, elle, atteint 2,50 kPa, soit 25 cm de colonne d'eau, parfaitement lisible sur un simple tube gradué. CONCLUSION : pour les macromolécules, on mesure la pression osmotique ; la cryoscopie n'est utilisable que pour les petites molécules, dont les molalités sont mille fois plus grandes.

Partie B : Niveau examen (/18)

Exercice 5 : Le facteur de van't Hoff réel et l'appariement des ions

Les valeurs théoriques de ii supposent une dissociation totale et des ions parfaitement indépendants. Les mesures racontent une autre histoire, et l'écart est riche d'enseignements sur ce qui se passe réellement en solution.

Mesures d'abaissement cryoscopique à 0,100 mol/kg : NaClNaCl donne 0,3480{,}348 °C ; MgSO4MgSO_{4} donne 0,2250{,}225 °C. Rappel : Kf=1,86K_{f}=1{,}86 °C·kg/mol.

  • a) Calculez le facteur de van't Hoff expérimental du NaClNaCl et comparez à sa valeur théorique.
  • b) Faites de même pour le MgSO4MgSO_{4}.
  • c) Pourquoi l'écart est-il beaucoup plus grand pour MgSO4MgSO_{4} que pour NaClNaCl ?
  • d) Dans quel sens évolue ii quand on DILUE la solution ? Justifiez.
  • e) Un étudiant mesure i=0,98i=0{,}98 pour l'acide acétique à 0,100 mol/kg. Or l'acide acétique libère un H+H^{+}. Que révèle cette valeur ?
Voir la correction

a) De ΔTf=iKfm\Delta T_{f}=i\,K_{f}\,m on tire i=ΔTfKfm=0,3481,86×0,100=1,87i=\dfrac{\Delta T_{f}}{K_{f}\,m}=\dfrac{0{,}348}{1{,}86\times 0{,}100}=1{,}87. La valeur théorique est 2 : la dissociation semble donc incomplète à hauteur de 6 %.

b) i=0,2251,86×0,100=1,21i=\dfrac{0{,}225}{1{,}86\times 0{,}100}=1{,}21, contre une valeur théorique de 2 également. L'écart est ici bien plus important, de près de 40 %.

c) À cause de l'APPARIEMENT DES IONS. En solution, un cation et un anion peuvent rester associés le temps de quelques collisions, formant une paire qui se comporte comme UNE seule particule au sens colligatif. La force de cette association suit la loi de Coulomb, donc le produit des charges. Pour NaClNaCl, les charges sont +1+1 et 1-1, produit 1. Pour MgSO4MgSO_{4}, elles sont +2+2 et 2-2, produit 4 : l'attraction est quatre fois plus forte, et les paires bien plus nombreuses. Le nombre de particules réellement indépendantes chute donc davantage.

d) ii AUGMENTE vers sa valeur théorique quand on dilue. En effet, en diluant, les ions sont en moyenne plus éloignés les uns des autres, l'énergie d'attraction électrostatique entre deux ions donnés diminue, et les paires se défont. À dilution infinie, ii tend exactement vers la valeur théorique. C'est la raison pour laquelle les lois colligatives sont énoncées comme des lois LIMITES, valables pour les solutions diluées, et pourquoi les tables donnent souvent ii en fonction de la concentration.

e) La valeur i=0,98i=0{,}98, très proche de 1, révèle que l'acide acétique est un acide FAIBLE : il ne se dissocie que très peu, de l'ordre de 1 %, et reste donc presque entièrement sous forme moléculaire CH3COOHCH_{3}COOH. Chaque molécule dissoute ne compte alors que pour une seule particule, d'où i1i\approx 1. La mesure colligative constitue ainsi une méthode indépendante pour distinguer un électrolyte fort d'un électrolyte faible, et même pour calculer un taux de dissociation : ici αi1=0,02\alpha\approx i-1=0{,}02, soit 2 %, ce qui rejoint l'ordre de grandeur obtenu par le KaK_{a} au chapitre des acides et bases.

Exercice 6 : Problème : l'antigel et le dessalement par osmose inverse

Deux applications industrielles des propriétés colligatives, l'une qui exploite l'abaissement du point de congélation, l'autre qui force l'osmose à fonctionner à l'envers.

Éthylène glycol C2H6O2C_{2}H_{6}O_{2} : masse molaire 62,07 g/mol, masse volumique 1,11 g/mL, non-électrolyte. Eau de mer : concentration totale en ions voisine de 1,10 mol/L.

  • a) Quelle masse d'éthylène glycol faut-il ajouter à 5,00 kg d'eau pour protéger un circuit de refroidissement jusqu'à 20,0-20{,}0 °C ?
  • b) Convertissez cette masse en volume. Le circuit contient 5,00 L d'eau : quelle proportion du mélange final le glycol représente-t-il ?
  • c) Calculez aussi le nouveau point d'ébullition du mélange. En quoi est-ce un second avantage pour un moteur ?
  • d) Calculez la pression osmotique de l'eau de mer à 25 °C. Que doit faire une usine de dessalement par osmose inverse ?
  • e) Pourquoi n'utilise-t-on pas de sel comme antigel de moteur, alors qu'il est bien moins cher et que son ii vaut 2 ?
Voir la correction

a) Le glycol est un non-électrolyte, donc i=1i=1. De ΔTf=Kfm\Delta T_{f}=K_{f}\,m on tire m=20,01,86=10,75m=\dfrac{20{,}0}{1{,}86}=10{,}75 mol/kg. Pour 5,00 kg d'eau : n=10,75×5,00=53,8n=10{,}75\times 5{,}00=53{,}8 mol, soit une masse de 53,8×62,07=3,34×10353{,}8\times 62{,}07=3{,}34\times 10^{3} g, environ 3,34 kg.

b) Le volume vaut 33371,11=3,01×103\dfrac{3337}{1{,}11}=3{,}01\times 10^{3} mL, soit 3,01 L. Le mélange final contient donc 5,00 L d'eau et 3,01 L de glycol, ce qui représente environ 38 % du volume total. On retrouve bien les proportions des antigels commerciaux, généralement vendus prêts à l'emploi entre 40 et 50 % de glycol.

c) ΔTb=Kbm=0,512×10,75=5,51\Delta T_{b}=K_{b}\,m=0{,}512\times 10{,}75=5{,}51 °C, donc l'ébullition a lieu vers 105,5105{,}5 °C au lieu de 100 °C, à pression atmosphérique. C'est un avantage direct : un moteur travaille à haute température, et un liquide de refroidissement qui bout formerait des bulles de vapeur, lesquelles isolent thermiquement et provoquent une surchauffe locale. Le glycol protège donc aux DEUX extrémités de l'échelle, contre le gel en hiver et contre l'ébullition en été. Le circuit étant de plus sous pression, la marge réelle est encore plus grande.

d) π=CRT=1,10×8,314×298=2,73×103\pi=CRT=1{,}10\times 8{,}314\times 298=2{,}73\times 10^{3} kPa, soit environ 27 atmosphères. Pour inverser le flux naturel de l'osmose et faire passer l'eau pure du côté salé vers le côté dessalé, l'usine doit appliquer une pression SUPÉRIEURE à cette valeur, en pratique 50 à 80 bars pour obtenir un débit exploitable. C'est ce qui rend le dessalement énergivore : on paie une pression, donc un travail de pompage, sur chaque litre produit.

e) Pour trois raisons, dont deux étrangères aux propriétés colligatives. D'abord et surtout, le sel est extrêmement CORROSIF pour les métaux du circuit, culasse en aluminium et radiateur en cuivre, ce que le glycol n'est pas. Ensuite, la solubilité du NaClNaCl plafonne autour de 6 mol/kg, ce qui, même avec i=2i=2, limite l'abaissement à environ 21 °C, correspondant au point eutectique déjà rencontré à l'exercice 3 : impossible de descendre plus bas, alors que le glycol, miscible en toutes proportions, le permet. Enfin le glycol lubrifie la pompe à eau, ce qu'une saumure ne ferait pas. La chimie du chapitre donne donc la moitié de la réponse ; la corrosion donne l'autre.

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur en chimie 202-NYA à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. Molarité, molalité et fraction molaire se confondent vite sous la pression de l'examen : on installe la méthode qui empêche l'erreur.

Site par Studio Squalli