L'antigel du radiateur, comparé au sel de déglaçage
On dissout 250 g d'éthylène glycol (M=62,07 g/mol, non-électrolyte) dans 1,50 kg d'eau. Déterminer la molalité de la solution, sa température de congélation et sa température d'ébullition.
Quelle masse de chlorure de sodium (M=58,44 g/mol) faudrait-il dissoudre dans la même masse d'eau pour obtenir le MÊME abaissement du point de congélation ? Commenter.
Données : Kf=1,86 °C·kg/mol, Kb=0,512 °C·kg/mol.
Étape 1
n(glycol)=62,07250=4,03 mol.
Pourquoi
On sort des grammes dès la première ligne, comme dans tout le chapitre précédent. Les lois colligatives ne connaissent que des quantités de matière.
Étape 2
Molalité : b=1,504,03=2,69 mol/kg, la masse de 1,50 kg étant celle du SOLVANT seul.
Pourquoi
La mention explicite du solvant seul vaut un point et évite l'erreur qui consiste à diviser par 1,75 kg, la masse de la solution complète.
Étape 3
L'éthylène glycol est une molécule neutre qui ne se dissocie pas : i=1.
Pourquoi
Le facteur i se justifie, il ne s'affirme pas. Ici la justification tient en cinq mots, mais elle sépare une copie complète d'une copie qui a deviné.
Étape 4
ΔTf=iKfb=1×1,86×2,69=4,99 °C, donc Tf=0−4,99=−4,99 °C.
Pourquoi
L'écart n'est pas la réponse : la question porte sur la température. Le passage de l'un à l'autre est une soustraction, et c'est l'endroit exact où les copies s'arrêtent trop tôt.
Étape 5
ΔTb=1×0,512×2,69=1,38 °C, donc Tb=100+1,38=101,38 °C.
Pourquoi
Même molalité, même facteur i, mais une constante presque quatre fois plus petite et un signe opposé : c'est le rappel que les deux effets ne sont pas symétriques.
Étape 6
Pour le sel, i=2, donc la molalité nécessaire vaut b=2×1,864,99=1,34 mol/kg, soit n=1,34×1,50=2,01 mol et m=2,01×58,44=118 g.
Pourquoi
Le facteur 2 divise par deux la molalité nécessaire, et la masse molaire plus faible la divise encore. Le sel est donc doublement plus efficace, à masse égale, que le glycol.
Étape 7
Comparaison : 118 g de sel font le travail de 250 g de glycol, soit deux fois moins de masse pour le même effet.
Pourquoi
C'est la conclusion que la question attend : le classement des solutés ne suit ni la masse ni la masse molaire seule, mais le produit du facteur i par le nombre de moles.
Étape 8
Commentaire : on utilise pourtant le glycol dans les radiateurs, parce que les ions du sel corrodent les métaux du circuit, et le sel sur les routes, où le contact avec le métal est bref.
Pourquoi
La chimie colligative dit ce qui est le plus efficace, elle ne dit pas ce qui est utilisable. Cette nuance est presque toujours le dernier point de la question.
Étape 9
Vérification : ΔTbΔTf=1,384,99=3,62, à comparer à KbKf=0,5121,86=3,63.
Pourquoi
Ce rapport ne dépend ni de la molalité ni du soluté : il vérifie donc les deux calculs d'un coup, sans refaire aucune multiplication.
Conclusion rédigée
« La solution de glycol est à 2,69 mol/kg : elle gèle à −4,99 °C et bout à 101,4 °C. Le même abaissement de congélation s'obtiendrait avec seulement 118 g de chlorure de sodium, deux fois moins en masse, parce que le sel libère deux particules par unité formulaire. »
L'erreur classique sur cet exercice : Diviser par 1,75 kg, la masse de la solution, au lieu de 1,50 kg. On obtient b=2,30 mol/kg et une congélation à −4,28 °C : l'écart de 0,7 °C est assez petit pour ne pas alerter et assez grand pour coûter toute la question.