Exercice 1 : L'enthalpie de dissolution : réseau contre hydratation
Dissoudre un sel ionique se décompose en deux étapes imaginaires. On DÉTRUIT d'abord le réseau cristallin, ce qui coûte l'énergie réticulaire, toujours positive ; on HYDRATE ensuite les ions séparés, ce qui libère l'enthalpie d'hydratation, toujours négative.
, application directe de la loi de Hess.
Données, en kJ/mol : nitrate d'ammonium, réticulaire et hydratation ; chlorure de calcium, réticulaire et hydratation .
- a) Calculez l'enthalpie de dissolution du nitrate d'ammonium, en kJ/mol.
- b) Calculez celle du chlorure de calcium, en kJ/mol.
- c) Un sachet réfrigérant contient g de nitrate d'ammonium, de masse molaire g/mol, dans g d'eau à °C. Calculez la température atteinte, en °C, avec J/(g·K) pour l'ensemble.
- d) Les deux termes du cycle valent des centaines, voire des milliers de kilojoules, alors que leur somme vaut quelques dizaines. Quelle conséquence pratique cela a-t-il ?
- e) Prévoyez, sans calcul, le signe de pour le chlorure de lithium plutôt que pour le chlorure de potassium. Justifiez par la taille et la charge des ions.
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Réponses
- a) kJ/mol, endothermique
- b) kJ/mol, exothermique
- c) °C environ
- d) Une petite erreur sur un terme rend le bilan inutilisable : on mesure , on ne le calcule pas
- e) Plus exothermique pour le lithium : petit ion, donc hydratation plus forte
a) kJ/mol. Le terme réticulaire l'emporte de peu : la dissolution ABSORBE de la chaleur, et la solution refroidit. C'est le principe du sachet réfrigérant de pharmacie.
b) kJ/mol. Cette fois l'hydratation l'emporte, la dissolution LIBÈRE de la chaleur. Les deux termes sont trois à quatre fois plus grands que pour le nitrate d'ammonium, parce que l'ion calcium porte deux charges et qu'il y a deux ions chlorure par formule : l'énergie réticulaire croît avec le produit des charges.
c) Quantité de matière : mol. Chaleur absorbée : kJ, soit J. Cette chaleur est prise à l'ensemble, de masse g : °C. La température finale vaut donc °C. Le signe MOINS vient de ce que le système chimique prend la chaleur à la solution ; l'écrire à l'envers donne °C et un sachet chauffant, ce qui aurait dû alerter.
d) Conséquence : on ne calcule JAMAIS par ce cycle en pratique, on le MESURE au calorimètre. Une incertitude de sur l'énergie réticulaire du chlorure de calcium, soit kJ/mol, dépasse à elle seule le quart du bilan cherché. C'est le cas d'école du piège rencontré partout en laboratoire : une petite différence de deux grandes grandeurs ne se calcule pas, elle se mesure. Le cycle sert à COMPRENDRE le signe, pas à le prédire au kilojoule près.
e) L'ion lithium est beaucoup plus PETIT que l'ion potassium, pm contre pm, pour la même charge . La densité de charge, donc le champ électrique à sa surface, est bien plus grande : il organise davantage de molécules d'eau autour de lui et son enthalpie d'hydratation est beaucoup plus négative. L'énergie réticulaire augmente aussi quand l'ion rétrécit, mais moins vite, si bien que le bilan penche du côté de l'hydratation : vaut kJ/mol pour le chlorure de lithium contre kJ/mol pour le chlorure de potassium. La règle à retenir : PETIT ET CHARGÉ veut dire fortement hydraté.