Chimie des solutions 202-SN2-RE (ancien 202-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : la solubilité et le produit de solubilité (202-SN2-RE, ancien 202-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés de chimie du cours 202-SN2-RE (ancien 202-NYB) sur la solubilité et le produit de solubilité. La partie A construit l'outillage : écrire un Ksp pour n'importe quelle stœchiométrie et passer dans les deux sens entre constante et solubilité molaire, l'effet d'ion commun, le quotient ionique comparé au Ksp pour prévoir une précipitation, et la précipitation sélective de deux sels d'un même ion. La partie B monte au niveau examen : la dissolution par formation d'un ion complexe, où la constante globale est le produit du Ksp et de la constante de formation, les hydroxydes amphotères qui se dissolvent aux deux extrémités de l'échelle de pH et dont on calcule le minimum de solubilité, l'influence du pH sur les hydroxydes, l'adoucissement industriel d'une eau dure et le dosage gravimétrique d'un sulfate.

Le reste du chapitre est une application directe du principe de Le Chatelier à un équilibre hétérogène. L'exercice 3 installe le réflexe du quotient ionique, en n'oubliant pas la dilution du mélange, et l'exercice 4 montre comment un simple écart de KpsK_{ps} permet de séparer deux ions à plus de 99 % : c'est le fondement de l'analyse qualitative et du dosage de Mohr.

Cette série existe aussi en anglais →

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Ce chapitre fait partie de Chimie des solutions 202-SN2-RE (ancien 202-NYB)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (10 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 La mole et la quantité de matière Secondaire 5
  2. 2 Les transformations chimiques Secondaire 5
  3. 3 La vitesse de réaction Secondaire 5
  4. 4 L'équilibre chimique Secondaire 5
  5. 5 Les solides peu solubles et Kps Secondaire 5
  6. 6 La mesure au laboratoire, chiffres significatifs et incertitudes Chimie générale 202-SN1-RE (ancien 202-NYA)
  7. 7 Liaison chimique et géométrie moléculaire Chimie générale 202-SN1-RE (ancien 202-NYA)
  8. 8 Stœchiométrie, réactif limitant et rendement Chimie générale 202-SN1-RE (ancien 202-NYA)
  9. 9 La cinétique chimique
  10. 10 L'équilibre chimique

Rappel de cours

  • • Équilibre de dissolution : pour AmBn(s)⇌mAn++nBm−A_{m}B_{n}(s)\rightleftharpoons mA^{n+}+nB^{m-}, on a Kps=[An+]m[Bm−]nK_{ps}=\left[A^{n+}\right]^{m}\left[B^{m-}\right]^{n}. Le solide n'apparaît JAMAIS dans l'expression.
  • • Solubilité molaire ss (mol/L) : concentration du sel dissous à saturation. ABAB : Kps=s2K_{ps}=s^{2}. AB2AB_{2} ou A2BA_{2}B : Kps=4s3K_{ps}=4s^{3}. A3B2A_{3}B_{2} : Kps=108s5K_{ps}=108s^{5}.
  • • Comparer deux KpsK_{ps} n'a de sens que pour des sels de MÊME stœchiométrie. Sinon, il faut calculer les deux solubilités.
  • • Effet d'ion commun : ajouter un des ions déplace l'équilibre vers le solide et FAIT CHUTER la solubilité. On repart du KpsK_{ps} en fixant la concentration de l'ion commun.
  • • Quotient ionique QQ : même expression que KpsK_{ps}, mais avec les concentrations réelles. Q<KpsQ<K_{ps} : pas de précipité, la solution est insaturée. Q=KpsQ=K_{ps} : saturée. Q>KpsQ>K_{ps} : il précipite jusqu'à revenir à KpsK_{ps}.
  • • Quand on mélange deux solutions, les concentrations sont DILUÉES par le volume total avant tout calcul de QQ.
  • • Effet du pH : un sel dont l'anion est basique (OH−OH^{-}, F−F^{-}, CO32−CO_{3}^{2-}, S2−S^{2-}) est d'autant plus soluble que le milieu est acide, car H+H^{+} consomme l'anion et tire l'équilibre vers la droite.

Partie A : Ksp, solubilité et effet d'ion commun (/50)

Exercice 1 : Du produit de solubilité à la solubilité molaire

La relation entre KpsK_{ps} et la solubilité molaire ss dépend entièrement du nombre d'ions libérés. Écrire l'équation de dissolution AVANT toute chose est la seule façon de ne pas se tromper.

Données à 25 °C : Kps(AgCl)=1,8×10−10K_{ps}(AgCl)=1{,}8\times 10^{-10} ; Kps(PbI2)=7,1×10−9K_{ps}(PbI_{2})=7{,}1\times 10^{-9} ; Kps(Ca3(PO4)2)=2,0×10−29K_{ps}\left(Ca_{3}(PO_{4})_{2}\right)=2{,}0\times 10^{-29} ; Kps(Ag2CrO4)=1,1×10−12K_{ps}\left(Ag_{2}CrO_{4}\right)=1{,}1\times 10^{-12}. Masse molaire de AgClAgCl : 143,3 g/mol.

  • a) Écrivez l'équation de dissolution et l'expression de KpsK_{ps} pour AgClAgCl, PbI2PbI_{2} et Ca3(PO4)2Ca_{3}(PO_{4})_{2}.
  • b) Calculez la solubilité molaire de AgClAgCl, puis exprimez-la en grammes par litre.
  • c) Calculez la solubilité molaire de PbI2PbI_{2} et celle de Ca3(PO4)2Ca_{3}(PO_{4})_{2}.
  • d) Kps(Ag2CrO4)K_{ps}\left(Ag_{2}CrO_{4}\right) est environ 160 fois plus PETIT que Kps(AgCl)K_{ps}(AgCl). Lequel des deux sels est le plus soluble ? Calculez, puis expliquez le résultat.

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Réponses

  • a) Kps=[Ag+][Cl−]K_{ps}=[Ag^{+}][Cl^{-}], [Pb2+][I−]2[Pb^{2+}][I^{-}]^{2} et [Ca2+]3[PO43−]2[Ca^{2+}]^{3}[PO_{4}^{3-}]^{2} : le solide n'y figure jamais
  • b) s=1,34×10−5s=1{,}34\times 10^{-5} mol/L, soit 1,92×10−31{,}92\times 10^{-3} g/L, environ 1,9 mg par litre
  • c) s(PbI2)=1,21×10−3s(PbI_{2})=1{,}21\times 10^{-3} mol/L et s(Ca3(PO4)2)=7,14×10−7s(Ca_{3}(PO_{4})_{2})=7{,}14\times 10^{-7} mol/L (Kps=108s5K_{ps}=108s^{5})
  • d) Le chromate, 6,50×10−56{,}50\times 10^{-5} mol/L contre 1,34×10−51{,}34\times 10^{-5} : trois ions par unité, donc Kps=4s3K_{ps}=4s^{3}
a)

AgCl(s)⇌Ag++Cl−AgCl(s)\rightleftharpoons Ag^{+}+Cl^{-}, donc Kps=[Ag+][Cl−]K_{ps}=\left[Ag^{+}\right]\left[Cl^{-}\right]. PbI2(s)⇌Pb2++2I−PbI_{2}(s)\rightleftharpoons Pb^{2+}+2I^{-}, donc Kps=[Pb2+][I−]2K_{ps}=\left[Pb^{2+}\right]\left[I^{-}\right]^{2}. Ca3(PO4)2(s)⇌3Ca2++2PO43−Ca_{3}(PO_{4})_{2}(s)\rightleftharpoons 3Ca^{2+}+2PO_{4}^{3-}, donc Kps=[Ca2+]3[PO43−]2K_{ps}=\left[Ca^{2+}\right]^{3}\left[PO_{4}^{3-}\right]^{2}. Le solide n'entre jamais dans l'expression : son activité vaut 1.

b)

À saturation, [Ag+]=[Cl−]=s\left[Ag^{+}\right]=\left[Cl^{-}\right]=s, donc Kps=s2K_{ps}=s^{2} et s=1,8×10−10=1,34×10−5s=\sqrt{1{,}8\times 10^{-10}}=1{,}34\times 10^{-5} mol/L. En grammes : 1,34×10−5×143,3=1,92×10−31{,}34\times 10^{-5}\times 143{,}3=1{,}92\times 10^{-3} g/L, soit environ 1,9 mg par litre. Le chlorure d'argent est bien un sel « insoluble » au sens des tables, mais pas rigoureusement insoluble.

c)

Pour PbI2PbI_{2} : [Pb2+]=s\left[Pb^{2+}\right]=s et [I−]=2s\left[I^{-}\right]=2s, donc Kps=s(2s)2=4s3K_{ps}=s(2s)^{2}=4s^{3}. Alors s=7,1×10−943=1,21×10−3s=\sqrt[3]{\dfrac{7{,}1\times 10^{-9}}{4}}=1{,}21\times 10^{-3} mol/L. Pour Ca3(PO4)2Ca_{3}(PO_{4})_{2} : [Ca2+]=3s\left[Ca^{2+}\right]=3s et [PO43−]=2s\left[PO_{4}^{3-}\right]=2s, donc Kps=(3s)3(2s)2=27s3⋅4s2=108s5K_{ps}=(3s)^{3}(2s)^{2}=27s^{3}\cdot 4s^{2}=108s^{5}. Alors s=2,0×10−291085=7,14×10−7s=\sqrt[5]{\dfrac{2{,}0\times 10^{-29}}{108}}=7{,}14\times 10^{-7} mol/L. Attention au coefficient : oublier le 108 change le résultat d'un ordre de grandeur.

d)

Ag2CrO4(s)⇌2Ag++CrO42−Ag_{2}CrO_{4}(s)\rightleftharpoons 2Ag^{+}+CrO_{4}^{2-}, donc Kps=(2s)2(s)=4s3K_{ps}=(2s)^{2}(s)=4s^{3} et s=1,1×10−1243=6,50×10−5s=\sqrt[3]{\dfrac{1{,}1\times 10^{-12}}{4}}=6{,}50\times 10^{-5} mol/L. Or AgClAgCl n'atteint que 1,34×10−51{,}34\times 10^{-5} mol/L : le chromate d'argent est près de CINQ FOIS PLUS soluble, alors que son KpsK_{ps} est 160 fois plus petit. La raison est la stœchiométrie : Ag2CrO4Ag_{2}CrO_{4} libère trois ions par unité dissoute, donc KpsK_{ps} varie comme s3s^{3} et non comme s2s^{2}, ce qui écrase la valeur numérique de la constante. RÈGLE : on ne compare deux KpsK_{ps} directement que si les deux sels ont la même formule générale.

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Exercice 2 : L'effet d'ion commun

Ajouter à la solution un ion déjà présent dans le solide déplace l'équilibre de dissolution vers la gauche. C'est le principe de Le Chatelier appliqué à un équilibre hétérogène, et l'effet est souvent spectaculaire.

Données : Kps(AgCl)=1,8×10−10K_{ps}(AgCl)=1{,}8\times 10^{-10} ; Kps(CaF2)=3,9×10−11K_{ps}\left(CaF_{2}\right)=3{,}9\times 10^{-11}.

Le schéma ci-dessous représente les quatre solutions saturées.

AgCl(s)eau pureAgCl(s)NaCl0,10 mol/LCaF₂(s)eau pureCaF₂(s)Ca(NO₃)₂0,050 mol/L
  • a) Calculez la solubilité de AgClAgCl dans une solution de NaClNaCl à 0,10 mol/L. Comparez à sa solubilité dans l'eau pure.
  • b) Justifiez, par le principe de Le Chatelier, le sens de la variation observée.
  • c) Calculez la solubilité de CaF2CaF_{2} dans l'eau pure, puis dans une solution de Ca(NO3)2Ca(NO_{3})_{2} à 0,050 mol/L.
  • d) Dans le calcul de a, on a négligé les ions Cl−Cl^{-} provenant de la dissolution du AgClAgCl lui-même. Justifiez que cette approximation est légitime.

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a)
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Réponses

  • a) s=1,8×10−9s=1{,}8\times 10^{-9} mol/L, soit environ 7500 fois moins que dans l'eau pure
  • b) Le système consomme l'ion ajouté en reformant du solide : déplacement vers la gauche, à Ksp inchangé
  • c) s=2,14×10−4s=2{,}14\times 10^{-4} mol/L dans l'eau, 1,40×10−51{,}40\times 10^{-5} mol/L avec l'ion commun : 15 fois moins
  • d) L'apport vaut 1,8×10−61{,}8\times 10^{-6} % du chlorure présent : parfaitement négligeable
a)

L'ion commun est Cl−Cl^{-}, imposé à 0,10 mol/L par le NaClNaCl, qui est totalement dissocié. À saturation, [Ag+]=s\left[Ag^{+}\right]=s et [Cl−]≈0,10\left[Cl^{-}\right]\approx 0{,}10. Alors Kps=s×0,10K_{ps}=s\times 0{,}10, d'où s=1,8×10−100,10=1,8×10−9s=\dfrac{1{,}8\times 10^{-10}}{0{,}10}=1{,}8\times 10^{-9} mol/L. Dans l'eau pure, ss valait 1,34×10−51{,}34\times 10^{-5} mol/L : la solubilité est divisée par environ 7500.

b)

L'équilibre est AgCl(s)⇌Ag++Cl−AgCl(s)\rightleftharpoons Ag^{+}+Cl^{-}. En ajoutant Cl−Cl^{-}, on augmente la concentration d'un produit ; le système réagit en consommant ce produit, donc en déplaçant l'équilibre vers la GAUCHE, c'est-à-dire vers la formation de solide. Il se dissout donc moins de sel : la solubilité diminue. Noter que KpsK_{ps}, lui, n'a pas changé : seule la répartition entre les deux ions a changé.

c)

Dans l'eau pure : CaF2(s)⇌Ca2++2F−CaF_{2}(s)\rightleftharpoons Ca^{2+}+2F^{-}, donc Kps=4s3K_{ps}=4s^{3} et s=3,9×10−1143=2,14×10−4s=\sqrt[3]{\dfrac{3{,}9\times 10^{-11}}{4}}=2{,}14\times 10^{-4} mol/L. Dans Ca(NO3)2Ca(NO_{3})_{2} à 0,050 mol/L, l'ion commun est Ca2+Ca^{2+} : [Ca2+]≈0,050\left[Ca^{2+}\right]\approx 0{,}050 et [F−]=2s\left[F^{-}\right]=2s. Alors Kps=0,050×(2s)2=0,20s2K_{ps}=0{,}050\times(2s)^{2}=0{,}20s^{2}, d'où s=3,9×10−110,20=1,40×10−5s=\sqrt{\dfrac{3{,}9\times 10^{-11}}{0{,}20}}=1{,}40\times 10^{-5} mol/L : environ 15 fois moins.

d)

La dissolution apporte s=1,8×10−9s=1{,}8\times 10^{-9} mol/L de Cl−Cl^{-}, à comparer aux 0,10 mol/L déjà présents. L'apport représente 1,8×10−61{,}8\times 10^{-6} % du total : totalement négligeable devant la précision des données. L'approximation « [ion commun]≈\left[\text{ion commun}\right]\approx concentration ajoutée » est donc légitime, et elle l'est chaque fois que ss est petit devant la concentration imposée. Elle cesserait de l'être si l'ion commun était très dilué, auquel cas il faudrait résoudre l'équation complète.

0,10,20,30,40,5246810eau pure : s = 1,3 × 10⁻⁵ mol/LNaCl à 0,10 mol/L : s = 1,8 × 10⁻⁹ mol/Lenviron 7500 fois moins[Cl⁻] déjà présent (mol/L)−log s

Exercice 3 : Le quotient ionique : y aura-t-il un précipité ?

Pour savoir si un mélange précipite, on compare le quotient ionique QQ au KpsK_{ps}. Le piège n'est presque jamais dans la comparaison : il est dans la DILUTION que provoque le mélange, oubliée une fois sur deux.

Donnée : Kps(PbCl2)=1,7×10−5K_{ps}\left(PbCl_{2}\right)=1{,}7\times 10^{-5}.

Le schéma ci-dessous représente le mélange du a).

100 mLPb(NO₃)₂0,010 mol/L+100 mLNaCl0,010 mol/L200 mLde mélangeprécipité ?
  • a) On mélange 100 mL de Pb(NO3)2Pb(NO_{3})_{2} à 0,010 mol/L et 100 mL de NaClNaCl à 0,010 mol/L. Calculez les concentrations APRÈS mélange.
  • b) Calculez QQ et concluez : y a-t-il précipitation ?
  • c) Reprenez les deux questions avec des solutions à 0,20 mol/L chacune.
  • d) Un élève qui oublie la dilution utilise directement 0,010 mol/L dans le cas a. Quel QQ trouve-t-il, et sa conclusion change-t-elle ? Que retenir ?

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) Chaque solution est diluée par 2 : [Pb2+]=[Cl−]=5,0×10−3[Pb^{2+}]=[Cl^{-}]=5{,}0\times 10^{-3} mol/L
  • b) Q=1,25×10−7<KpsQ=1{,}25\times 10^{-7}<K_{ps} : solution insaturée, pas de précipité
  • c) [Pb2+]=[Cl−]=0,10[Pb^{2+}]=[Cl^{-}]=0{,}10 mol/L et Q=1,0×10−3>KpsQ=1{,}0\times 10^{-3}>K_{ps} : il précipite
  • d) Il trouve 1,0×10−61{,}0\times 10^{-6}, huit fois trop ; la conclusion tient ici, et c'est ce qui rend l'erreur dangereuse
a)

Le volume total est 100+100=200100+100=200 mL, donc chaque solution est diluée d'un facteur 2. [Pb2+]=0,010×0,1000,200=5,0×10−3\left[Pb^{2+}\right]=\dfrac{0{,}010\times 0{,}100}{0{,}200}=5{,}0\times 10^{-3} mol/L, et de même [Cl−]=5,0×10−3\left[Cl^{-}\right]=5{,}0\times 10^{-3} mol/L. Les ions spectateurs NO3−NO_{3}^{-} et Na+Na^{+} n'interviennent pas.

b)

Q=[Pb2+][Cl−]2=5,0×10−3×(5,0×10−3)2=1,25×10−7Q=\left[Pb^{2+}\right]\left[Cl^{-}\right]^{2}=5{,}0\times 10^{-3}\times\left(5{,}0\times 10^{-3}\right)^{2}=1{,}25\times 10^{-7}. Comme Q=1,25×10−7<Kps=1,7×10−5Q=1{,}25\times 10^{-7}<K_{ps}=1{,}7\times 10^{-5}, la solution est INSATURÉE : il n'y a pas de précipité, tout reste dissous.

c)

Avec 0,20 mol/L, après dilution par 2 : [Pb2+]=[Cl−]=0,10\left[Pb^{2+}\right]=\left[Cl^{-}\right]=0{,}10 mol/L. Alors Q=0,10×(0,10)2=1,0×10−3Q=0{,}10\times(0{,}10)^{2}=1{,}0\times 10^{-3}. Cette fois Q>KpsQ>K_{ps} : il y a PRÉCIPITATION de PbCl2PbCl_{2}, et elle se poursuit jusqu'à ce que le produit des concentrations redescende à 1,7×10−51{,}7\times 10^{-5}.

d)

Sans tenir compte de la dilution, il calcule Q=0,010×(0,010)2=1,0×10−6Q=0{,}010\times(0{,}010)^{2}=1{,}0\times 10^{-6}, soit huit fois la vraie valeur. Ici la conclusion ne change PAS, car 1,0×10−61{,}0\times 10^{-6} reste inférieur à KpsK_{ps} : l'erreur passe inaperçue. C'est précisément ce qui la rend dangereuse. Avec un exposant 2 sur [Cl−]\left[Cl^{-}\right], oublier une dilution par 2 fausse QQ d'un facteur 23=82^{3}=8, et il suffit que le vrai QQ soit un peu en dessous du KpsK_{ps} pour que la conclusion s'inverse. RÈGLE : recalculer toutes les concentrations sur le volume TOTAL avant d'écrire QQ.

Exercice 4 : La précipitation sélective

Deux anions en solution, un seul réactif ajouté goutte à goutte : celui qui exige la plus faible concentration de réactif précipite en premier. Si l'écart est assez grand, on peut séparer les deux ions presque complètement.

Une solution contient Cl−Cl^{-} à 0,010 mol/L ET CrO42−CrO_{4}^{2-} à 0,010 mol/L. On y ajoute lentement du nitrate d'argent. Données : Kps(AgCl)=1,8×10−10K_{ps}(AgCl)=1{,}8\times 10^{-10} ; Kps(Ag2CrO4)=1,1×10−12K_{ps}\left(Ag_{2}CrO_{4}\right)=1{,}1\times 10^{-12}.

Le schéma ci-dessous représente l'expérience.

Cl⁻ : 0,010 mol/LCrO₄²⁻ : 0,010 mol/LAgNO₃(aq), lentement
  • a) Calculez la concentration minimale de Ag+Ag^{+} nécessaire pour commencer à précipiter AgClAgCl.
  • b) Faites le même calcul pour Ag2CrO4Ag_{2}CrO_{4}. Attention à l'exposant.
  • c) Lequel des deux sels précipite en premier ?
  • d) Au moment précis où le second sel commence à précipiter, quelle fraction du premier anion reste-t-il en solution ? La séparation est-elle efficace ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) [Ag+]=1,8×10−8[Ag^{+}]=1{,}8\times 10^{-8} mol/L
  • b) [Ag+]=1,1×10−10=1,05×10−5[Ag^{+}]=\sqrt{1{,}1\times 10^{-10}}=1{,}05\times 10^{-5} mol/L
  • c) AgClAgCl précipite en premier, il exige près de 600 fois moins d'argent
  • d) [Cl−]=1,72×10−5[Cl^{-}]=1{,}72\times 10^{-5} mol/L, soit 0,17 % : plus de 99,8 % du chlorure a précipité
a)

La précipitation commence quand QQ atteint KpsK_{ps}. Pour AgClAgCl : [Ag+][Cl−]=Kps\left[Ag^{+}\right]\left[Cl^{-}\right]=K_{ps}, donc [Ag+]=1,8×10−100,010=1,8×10−8\left[Ag^{+}\right]=\dfrac{1{,}8\times 10^{-10}}{0{,}010}=1{,}8\times 10^{-8} mol/L.

b)

Pour Ag2CrO4Ag_{2}CrO_{4} : [Ag+]2[CrO42−]=Kps\left[Ag^{+}\right]^{2}\left[CrO_{4}^{2-}\right]=K_{ps}, donc [Ag+]2=1,1×10−120,010=1,1×10−10\left[Ag^{+}\right]^{2}=\dfrac{1{,}1\times 10^{-12}}{0{,}010}=1{,}1\times 10^{-10} et [Ag+]=1,1×10−10=1,05×10−5\left[Ag^{+}\right]=\sqrt{1{,}1\times 10^{-10}}=1{,}05\times 10^{-5} mol/L. L'exposant 2 est la seule difficulté : c'est lui qu'on oublie, et il change le résultat de plusieurs ordres de grandeur.

c)

AgClAgCl exige 1,8×10−81{,}8\times 10^{-8} mol/L, Ag2CrO4Ag_{2}CrO_{4} exige 1,05×10−51{,}05\times 10^{-5} mol/L, soit près de 600 fois plus. C'est donc AgClAgCl, le chlorure d'argent, qui précipite EN PREMIER, bien qu'il ait le plus grand KpsK_{ps} des deux : encore une fois, la stœchiométrie décide.

d)

Le second sel commence à précipiter quand [Ag+]=1,05×10−5\left[Ag^{+}\right]=1{,}05\times 10^{-5} mol/L. À cet instant, le chlorure restant vérifie encore l'équilibre du AgClAgCl : [Cl−]=Kps[Ag+]=1,8×10−101,05×10−5=1,72×10−5\left[Cl^{-}\right]=\dfrac{K_{ps}}{\left[Ag^{+}\right]}=\dfrac{1{,}8\times 10^{-10}}{1{,}05\times 10^{-5}}=1{,}72\times 10^{-5} mol/L. Rapporté aux 0,010 mol/L de départ, il reste 0,170{,}17 % du chlorure, donc plus de 99,8 % a été précipité avant que le chromate ne commence. La séparation est excellente. C'est le principe du dosage de Mohr : le chromate sert d'indicateur, et l'apparition du précipité rouge de Ag2CrO4Ag_{2}CrO_{4} signale que tout le chlorure est consommé.

10⁻¹⁰10⁻⁸10⁻⁶10⁻⁴10⁻²[Ag⁺] (mol/L)AgCl commence1,8 × 10⁻⁸Ag₂CrO₄ commence1,05 × 10⁻⁵entre les deux seuils, seul AgCl précipite :il reste 0,17 % du Cl⁻ quand Ag₂CrO₄ apparaît

Exercice 5 : Le chemin inverse : de la solubilité mesurée au Ksp

Au laboratoire, on mesure qu'un litre d'eau saturée dissout 2,40×10−32{,}40\times 10^{-3} g de sulfate de baryum BaSO4BaSO_{4} (M=233,40M=233{,}40 g/mol) et 2,16×10−22{,}16\times 10^{-2} g de chromate d'argent Ag2CrO4Ag_{2}CrO_{4} (M=331,74M=331{,}74 g/mol).

Le schéma ci-dessous représente les deux solutions saturées.

1 L d'eau saturée2,40 × 10⁻³ gde BaSO₄ dissous1 L d'eau saturée2,16 × 10⁻² gde Ag₂CrO₄ dissous
  • a) Calculez le KpsK_{ps} du BaSO4BaSO_{4}.
  • b) Calculez le KpsK_{ps} du Ag2CrO4Ag_{2}CrO_{4}. Attention à la stœchiométrie.
  • c) En chauffant, la solution saturée de BaSO4BaSO_{4} en dissout davantage. Quel est le signe de l'enthalpie de dissolution, et qu'advient-il de la valeur du KpsK_{ps} ?
  • d) On ajoute une deuxième cuillère de BaSO4BaSO_{4} solide dans la solution saturée. Qu'arrive-t-il à la concentration des ions ? Reliez votre réponse à l'expression du KpsK_{ps}.
  • e) Le BaSO4BaSO_{4} est avalé par les patients comme produit de contraste en radiologie, alors que l'ion Ba2+Ba^{2+} est un poison. Calculez la concentration d'ion baryum libre dans le tube digestif et expliquez le principe de sécurité.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) s=1,028×10−5s=1{,}028\times 10^{-5} mol/L et Kps=1,06×10−10K_{ps}=1{,}06\times 10^{-10}
  • b) s=6,51×10−5s=6{,}51\times 10^{-5} mol/L et Kps=4s3=1,10×10−12K_{ps}=4s^{3}=1{,}10\times 10^{-12}
  • c) Dissolution endothermique, ΔH>0\Delta H>0, et KpsK_{ps} AUGMENTE avec la température
  • d) Rien ne change : l'activité d'un solide pur vaut 1, le solide en excès n'est qu'un réservoir
  • e) 1,03×10−51{,}03\times 10^{-5} mol/L, soit 1,4 mg/L : la concentration est plafonnée par le KpsK_{ps}
a)

s=2,40×10−3233,40=1,028×10−5s=\frac{2{,}40\times 10^{-3}}{233{,}40}=1{,}028\times 10^{-5} mol/L. La dissolution BaSO4(s)⇌Ba2++SO42−BaSO_{4}(s)\rightleftharpoons Ba^{2+}+SO_{4}^{2-} donne un ion de chaque par unité dissoute, donc Kps=s2=(1,028×10−5)2=1,06×10−10K_{ps}=s^{2}=(1{,}028\times 10^{-5})^{2}=1{,}06\times 10^{-10}.

b)

s=2,16×10−2331,74=6,51×10−5s=\frac{2{,}16\times 10^{-2}}{331{,}74}=6{,}51\times 10^{-5} mol/L. Ici Ag2CrO4(s)⇌2Ag++CrO42−Ag_{2}CrO_{4}(s)\rightleftharpoons 2Ag^{+}+CrO_{4}^{2-} : chaque unité dissoute libère DEUX ions argent, donc [Ag+]=2s[Ag^{+}]=2s et [CrO42−]=s[CrO_{4}^{2-}]=s. Kps=(2s)2(s)=4s3=4(6,51×10−5)3=1,10×10−12K_{ps}=(2s)^{2}(s)=4s^{3}=4(6{,}51\times 10^{-5})^{3}=1{,}10\times 10^{-12}. Oublier le coefficient 2 (dans la concentration ET dans l'exposant) est l'erreur la plus fréquente du chapitre : elle fausse ici le résultat d'un facteur 4.

c)

Si chauffer dissout davantage, c'est que l'équilibre de dissolution se déplace vers la droite quand on apporte de la chaleur : d'après Le Chatelier, la dissolution consomme de la chaleur, elle est donc ENDOTHERMIQUE, ΔHdiss>0\Delta H_{diss}>0. Et puisque la composition à l'équilibre change réellement, c'est la CONSTANTE elle-même qui a changé : KpsK_{ps} augmente avec la température. C'est la seule perturbation qui modifie un KpsK_{ps}; toutes les autres (ion commun, pH, complexant) déplacent l'équilibre sans toucher à la constante.

d)

Rien ne change : les concentrations ioniques restent celles de la saturation. L'expression Kps=[Ba2+][SO42−]K_{ps}=[Ba^{2+}][SO_{4}^{2-}] ne contient aucun terme pour le solide, car l'activité d'un solide pur vaut 1 quelle que soit la quantité présente. Le solide en excès n'est qu'un réservoir : il garantit la saturation, il ne la renforce pas. Une cuillère ou un kilogramme donnent la même solution.

e)

La concentration d'ion baryum libre est celle de la saturation : 1,03×10−51{,}03\times 10^{-5} mol/L, soit environ 1,4 mg/L, une quantité infime, et surtout PLAFONNÉE par le KpsK_{ps} quelle que soit la masse ingérée. Le patient avale des centaines de grammes de solide, mais l'équilibre interdit à plus de quelques milligrammes par litre de passer en solution : le poison reste enfermé dans un solide que le corps ne dissout pas. Le principe de sécurité tient entièrement à la petitesse du KpsK_{ps}, et c'est pourquoi la confusion en pharmacie entre sulfate et CARBONATE de baryum, bien plus soluble et soluble en milieu acide de surcroît, a déjà tué.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Solubilité, pH et hydroxydes

Quand l'anion du sel est une base, le pH devient un levier sur la solubilité. C'est vrai des hydroxydes de façon évidente, et des sels d'acides faibles de façon moins évidente mais tout aussi utile.

Données : Kps(Mg(OH)2)=5,6×10−12K_{ps}\left(Mg(OH)_{2}\right)=5{,}6\times 10^{-12} ; Kps(CaF2)=3,9×10−11K_{ps}\left(CaF_{2}\right)=3{,}9\times 10^{-11} ; Ka(HF)=6,8×10−4K_{a}(HF)=6{,}8\times 10^{-4}.

Le schéma ci-dessous représente les deux suspensions du a) et du b).

Mg(OH)₂(s)dans l'eau pureMg(OH)₂(s)tampon à pH 9,00
  • a) Calculez la solubilité de Mg(OH)2Mg(OH)_{2} dans l'eau pure, puis le pH de la solution saturée.
  • b) Calculez sa solubilité dans une solution tampon à pH 9,00. Comparez.
  • c) Expliquez qualitativement, à l'aide des deux équilibres en jeu, pourquoi CaF2CaF_{2} est plus soluble en milieu acide qu'en milieu neutre.
  • d) AgClAgCl est-il, lui aussi, plus soluble en milieu acide ? Justifiez.
  • e) Le lait de magnésie est une suspension de Mg(OH)2Mg(OH)_{2} utilisée comme antiacide. Expliquez, avec ce chapitre, pourquoi il agit dans l'estomac tout en restant peu soluble dans le flacon.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) s=1,12×10−4s=1{,}12\times 10^{-4} mol/L, pOH=3,65pOH=3{,}65, donc pH=10,35pH=10{,}35
  • b) s=5,6×10−2s=5{,}6\times 10^{-2} mol/L à pH 9,00, soit environ 500 fois plus
  • c) L'acide consomme F−F^{-} pour former HFHF peu dissocié : la dissolution est tirée vers la droite
  • d) Non : Cl−Cl^{-} est la base conjuguée d'un acide fort, aucun second équilibre ne l'enlève
  • e) Peu soluble à pH neutre dans le flacon, il se dissout dans l'estomac à mesure que l'acide consomme les OH⁻
a)

Mg(OH)2(s)⇌Mg2++2OH−Mg(OH)_{2}(s)\rightleftharpoons Mg^{2+}+2OH^{-}, donc Kps=s(2s)2=4s3K_{ps}=s(2s)^{2}=4s^{3} et s=5,6×10−1243=1,12×10−4s=\sqrt[3]{\dfrac{5{,}6\times 10^{-12}}{4}}=1{,}12\times 10^{-4} mol/L. Alors [OH−]=2s=2,24×10−4\left[OH^{-}\right]=2s=2{,}24\times 10^{-4} mol/L, d'où pOH=−log⁡(2,24×10−4)=3,65pOH=-\log\left(2{,}24\times 10^{-4}\right)=3{,}65 et pH=14−3,65=10,35pH=14-3{,}65=10{,}35. Une suspension saturée est donc nettement basique.

b)

À pH 9,00, le tampon impose pOH=5,00pOH=5{,}00, donc [OH−]=1,0×10−5\left[OH^{-}\right]=1{,}0\times 10^{-5} mol/L, valeur FIXÉE indépendamment de la dissolution. Alors s=[Mg2+]=Kps[OH−]2=5,6×10−12(1,0×10−5)2=5,6×10−2s=\left[Mg^{2+}\right]=\dfrac{K_{ps}}{\left[OH^{-}\right]^{2}}=\dfrac{5{,}6\times 10^{-12}}{\left(1{,}0\times 10^{-5}\right)^{2}}=5{,}6\times 10^{-2} mol/L. La solubilité est multipliée par 500 environ. Abaisser le pH de 10,35 à 9,00 suffit donc à faire passer le magnésium de traces à une concentration appréciable. Sur un graphe de log⁡s\log s en fonction du pH, la droite a une pente de −2-2 : l'exposant 2 porté par [OH−]\left[OH^{-}\right] amplifie tout, et une seule unité de pH divise la solubilité par 100.

c)

Deux équilibres sont couplés : CaF2(s)⇌Ca2++2F−CaF_{2}(s)\rightleftharpoons Ca^{2+}+2F^{-} et F−+H+⇌HFF^{-}+H^{+}\rightleftharpoons HF. En milieu acide, H+H^{+} consomme les ions F−F^{-} pour former HFHF, qui est un acide FAIBLE donc peu dissocié. La disparition de F−F^{-} déplace le premier équilibre vers la droite, et il se dissout davantage de CaF2CaF_{2}. C'est encore Le Chatelier, appliqué cette fois en retirant un produit.

d)

Non. L'anion est Cl−Cl^{-}, base conjuguée de HClHCl qui est un acide FORT : Cl−Cl^{-} n'a donc aucune tendance à capter H+H^{+}, et aucun second équilibre ne vient retirer des ions chlorure. La solubilité de AgClAgCl est pratiquement insensible au pH. RÈGLE : l'effet du pH n'existe que si l'anion du sel est une base appréciable, c'est-à-dire s'il est la base conjuguée d'un acide faible.

e)

Dans le flacon, l'eau est presque neutre et Mg(OH)2Mg(OH)_{2} y est très peu soluble : le produit reste une suspension blanche stable, sans goût métallique marqué et sans risque de surdose. Dans l'estomac, le pH descend vers 1 à 2 : les ions H+H^{+} neutralisent les OH−OH^{-} selon H++OH−→H2OH^{+}+OH^{-}\rightarrow H_{2}O, ce qui retire un produit de l'équilibre de dissolution et fait dissoudre le solide au fur et à mesure. Le solide agit donc comme une RÉSERVE qui ne se libère qu'en présence d'acide, et qui s'arrête d'elle-même quand l'acide est neutralisé. C'est exactement le comportement recherché pour un antiacide : autorégulé par le pH.

88,599,51010,51111,512−6−5−4−3−2−10tampon pH 9,00 : s = 0,056 mol/Leau pure : pH 10,35s = 1,12 × 10⁻⁴ mol/LpHlog s

Exercice 7 : Problème : adoucir une eau dure

Une eau dure contient des ions Ca2+Ca^{2+} qui forment des dépôts dans les bouilloires et les chauffe-eau. Un procédé d'adoucissement consiste à ajouter du carbonate de sodium, qui précipite le calcium sous forme de calcaire.

Une eau contient [Ca2+]=2,0×10−3\left[Ca^{2+}\right]=2{,}0\times 10^{-3} mol/L. Donnée : Kps(CaCO3)=4,5×10−9K_{ps}\left(CaCO_{3}\right)=4{,}5\times 10^{-9}.

Le schéma ci-dessous représente le traitement.

eau dure[Ca²⁺] = 2,0 × 10⁻³ mol/LNa₂CO₃(aq)
  • a) Écrivez l'équation de précipitation et l'expression du KpsK_{ps}.
  • b) Quelle concentration de CO32−CO_{3}^{2-} faut-il atteindre pour que la précipitation COMMENCE ?
  • c) La norme vise à ramener le calcium à 5,0×10−55{,}0\times 10^{-5} mol/L. Quelle concentration de carbonate faut-il maintenir à l'équilibre ?
  • d) Quel pourcentage du calcium initial a-t-on éliminé ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) CaCO3(s)⇌Ca2++CO32−CaCO_{3}(s)\rightleftharpoons Ca^{2+}+CO_{3}^{2-}, Kps=[Ca2+][CO32−]K_{ps}=[Ca^{2+}][CO_{3}^{2-}]
  • b) [CO32−]=2,25×10−6[CO_{3}^{2-}]=2{,}25\times 10^{-6} mol/L
  • c) [CO32−]=9,0×10−5[CO_{3}^{2-}]=9{,}0\times 10^{-5} mol/L, soit 40 fois plus que pour amorcer
  • d) 97,5 % éliminé, jamais 100 % : le produit des concentrations reste égal au Ksp
a)

Ca2++CO32−→CaCO3(s)Ca^{2+}+CO_{3}^{2-}\rightarrow CaCO_{3}(s), l'équilibre de dissolution s'écrivant CaCO3(s)⇌Ca2++CO32−CaCO_{3}(s)\rightleftharpoons Ca^{2+}+CO_{3}^{2-} avec Kps=[Ca2+][CO32−]K_{ps}=\left[Ca^{2+}\right]\left[CO_{3}^{2-}\right].

b)

La précipitation commence quand QQ atteint KpsK_{ps} : [CO32−]=Kps[Ca2+]=4,5×10−92,0×10−3=2,25×10−6\left[CO_{3}^{2-}\right]=\dfrac{K_{ps}}{\left[Ca^{2+}\right]}=\dfrac{4{,}5\times 10^{-9}}{2{,}0\times 10^{-3}}=2{,}25\times 10^{-6} mol/L. Une quantité minuscule suffit à amorcer le dépôt, ce qui explique qu'un calcaire se forme spontanément dans les eaux naturelles chargées en carbonate.

c)

À l'équilibre final, le produit doit toujours valoir KpsK_{ps}, mais avec le calcium abaissé : [CO32−]=4,5×10−95,0×10−5=9,0×10−5\left[CO_{3}^{2-}\right]=\dfrac{4{,}5\times 10^{-9}}{5{,}0\times 10^{-5}}=9{,}0\times 10^{-5} mol/L. Il faut donc environ 40 fois plus de carbonate que pour simplement amorcer la précipitation : le dernier calcium est toujours le plus coûteux à retirer, et c'est une propriété générale des équilibres de solubilité.

d)

Le calcium éliminé vaut 2,0×10−3−5,0×10−5=1,95×10−32{,}0\times 10^{-3}-5{,}0\times 10^{-5}=1{,}95\times 10^{-3} mol/L, soit 1,95×10−32,0×10−3=97,5\dfrac{1{,}95\times 10^{-3}}{2{,}0\times 10^{-3}}=97{,}5 % de la quantité initiale. Le procédé est donc très efficace, mais il ne peut jamais atteindre 100 % : tant qu'il reste du solide en contact avec l'eau, le produit des concentrations reste égal au KpsK_{ps}, et une trace de calcium subsiste nécessairement en solution.

Exercice 8 : Dissoudre l'indissoluble : les ions complexes

Le chlorure d'argent (Kps=1,8×10−10K_{ps}=1{,}8\times 10^{-10}) est réputé insoluble, et pourtant il se dissout dans l'ammoniaque. L'ion Ag+Ag^{+} y forme le complexe Ag(NH3)2+Ag(NH_{3})_{2}^{+}, de constante de formation Kf=1,7×107K_{f}=1{,}7\times 10^{7}.

Le schéma ci-dessous compare le solide dans l'eau et dans l'ammoniaque.

AgCl(s)dans l'eauAgCl(s)NH₃(aq) à 1,00 mol/L
  • a) Écrivez les deux équilibres en jeu, puis leur somme. Que vaut la constante de la réaction globale ?
  • b) Calculez cette constante globale KK.
  • c) Calculez la solubilité de AgClAgCl dans une solution d'ammoniaque à 1,00 mol/L.
  • d) Par quel facteur l'ammoniaque a-t-elle multiplié la solubilité du AgClAgCl ?
  • e) L'iodure d'argent (Kps=8,5×10−17K_{ps}=8{,}5\times 10^{-17}) ne se dissout PAS dans l'ammoniaque. Vérifiez-le par le calcul, et expliquez pourquoi le fixateur photographique employait le thiosulfate plutôt que l'ammoniaque.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) AgCl(s)+2NH3⇌Ag(NH3)2++Cl−AgCl(s)+2NH_{3}\rightleftharpoons Ag(NH_{3})_{2}^{+}+Cl^{-}, de constante K=KpsKfK=K_{ps}K_{f}
  • b) K=3,06×10−3K=3{,}06\times 10^{-3}, dix-sept millions de fois le KpsK_{ps} seul
  • c) Carré parfait : s1,00−2s=0,0553\frac{s}{1{,}00-2s}=0{,}0553, d'où s=0,0498s=0{,}0498 mol/L
  • d) Environ 3,7×1033{,}7\times 10^{3} : près de quatre mille fois plus soluble
  • e) K=1,45×10−9K=1{,}45\times 10^{-9} et s=3,8×10−5s=3{,}8\times 10^{-5} mol/L : le thiosulfate, lui, forme un complexe bien plus stable
a)

Dissolution : AgCl(s)⇌Ag++Cl−AgCl(s)\rightleftharpoons Ag^{+}+Cl^{-} (KpsK_{ps}). Complexation : Ag++2NH3⇌Ag(NH3)2+Ag^{+}+2NH_{3}\rightleftharpoons Ag(NH_{3})_{2}^{+} (KfK_{f}). Somme : AgCl(s)+2NH3⇌Ag(NH3)2++Cl−AgCl(s)+2NH_{3}\rightleftharpoons Ag(NH_{3})_{2}^{+}+Cl^{-}. Additionner deux réactions multiplie leurs constantes, donc K=KpsKfK=K_{ps}K_{f}.

b)

K=(1,8×10−10)(1,7×107)=3,06×10−3K=(1{,}8\times 10^{-10})(1{,}7\times 10^{7})=3{,}06\times 10^{-3}. Une constante encore petite, mais dix-sept millions de fois plus grande que le KpsK_{ps} seul : c'est tout le mécanisme du procédé. Le complexe agit comme une pompe qui vide la solution de ses ions Ag+Ag^{+} libres, et l'équilibre de dissolution, sans cesse tiré vers la droite, ne cesse de fournir.

c)

Posons s=[Ag(NH3)2+]=[Cl−]s=[Ag(NH_{3})_{2}^{+}]=[Cl^{-}], avec [NH3]=1,00−2s[NH_{3}]=1{,}00-2s. Alors K=s2(1,00−2s)2=3,06×10−3K=\frac{s^{2}}{(1{,}00-2s)^{2}}=3{,}06\times 10^{-3}. Le membre de gauche est un carré parfait : en prenant la racine, s1,00−2s=3,06×10−3=0,0553\frac{s}{1{,}00-2s}=\sqrt{3{,}06\times 10^{-3}}=0{,}0553, d'où s=0,0553−0,1106ss=0{,}0553-0{,}1106s et s=0,05531,1106=0,0498s=\frac{0{,}0553}{1{,}1106}=0{,}0498 mol/L.

d)

Dans l'eau pure, s0=Kps=1,8×10−10=1,34×10−5s_{0}=\sqrt{K_{ps}}=\sqrt{1{,}8\times 10^{-10}}=1{,}34\times 10^{-5} mol/L. Le facteur vaut 0,04981,34×10−5≈3,7×103\frac{0{,}0498}{1{,}34\times 10^{-5}}\approx 3{,}7\times 10^{3} : près de quatre mille fois plus soluble.

e)

Pour AgIAgI : K=(8,5×10−17)(1,7×107)=1,45×10−9K=(8{,}5\times 10^{-17})(1{,}7\times 10^{7})=1{,}45\times 10^{-9}, donc s1,00−2s=1,45×10−9=3,80×10−5\frac{s}{1{,}00-2s}=\sqrt{1{,}45\times 10^{-9}}=3{,}80\times 10^{-5} et s≈3,8×10−5s\approx 3{,}8\times 10^{-5} mol/L : mille trois cents fois moins que le AgClAgCl, autant dire rien à l'oeil nu. Le KpsK_{ps} de l'iodure est si petit que même une constante de formation de dix millions ne suffit pas à le compenser. En photographie, il fallait dissoudre les halogénures d'argent NON exposés, dont le bromure et l'iodure : le thiosulfate a été retenu parce que son complexe Ag(S2O3)23−Ag(S_{2}O_{3})_{2}^{3-} a une constante de formation encore bien supérieure, assez grande cette fois pour l'emporter sur des KpsK_{ps} minuscules.

Exercice 9 : Les hydroxydes amphotères : un minimum de solubilité

L'hydroxyde d'aluminium se dissout à la fois en milieu acide et en milieu très basique. On donne Kps(Al(OH)3)=1,3×10−33K_{ps}(Al(OH)_{3})=1{,}3\times 10^{-33} pour Al(OH)3(s)⇌Al3++3OH−Al(OH)_{3}(s)\rightleftharpoons Al^{3+}+3OH^{-}, et K=40K=40 pour Al(OH)3(s)+OH−⇌Al(OH)4−Al(OH)_{3}(s)+OH^{-}\rightleftharpoons Al(OH)_{4}^{-}.

Le schéma ci-dessous représente les deux suspensions du b) et du c).

Al(OH)₃(s)tampon à pH 4,00Al(OH)₃(s)tampon à pH 12,00
  • a) Écrivez la réaction de dissolution en milieu acide et expliquez pourquoi un acide dissout un hydroxyde peu soluble.
  • b) Calculez [Al3+][Al^{3+}] dans une solution tamponnée à pH 4,00.
  • c) Calculez [Al(OH)4−][Al(OH)_{4}^{-}] dans une solution tamponnée à pH 12,00.
  • d) La solubilité totale est la somme des deux formes. Déterminez le pH où elle est MINIMALE, et la valeur de ce minimum.
  • e) Le traitement des eaux utilise l'alun, qui précipite Al(OH)3Al(OH)_{3} pour entraîner les particules en suspension. Pourquoi l'usine doit-elle contrôler le pH de très près, et que se passerait-il à pH 4 ou à pH 12 ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Al(OH)3(s)+3H3O+→Al3++6H2OAl(OH)_{3}(s)+3H_{3}O^{+}\rightarrow Al^{3+}+6H_{2}O : l'acide retire les OH−OH^{-}, la solution n'est plus saturée
  • b) [Al3+]=1,3×10−3[Al^{3+}]=1{,}3\times 10^{-3} mol/L à pH 4,00
  • c) [Al(OH)4−]=K[OH−]=0,40[Al(OH)_{4}^{-}]=K[OH^{-}]=0{,}40 mol/L à pH 12,00
  • d) Minimum en pH=5,50pH=5{,}50, et non là où les deux termes s'égalisent : la solubilité y vaut 1,7×10−71{,}7\times 10^{-7} mol/L
  • e) Sans flocon solide, pas de clarification : la fenêtre utile est pH 6 à 7, d'où la correction permanente
a)

Al(OH)3(s)+3H3O+→Al3++6H2OAl(OH)_{3}(s)+3H_{3}O^{+}\rightarrow Al^{3+}+6H_{2}O. L'acide ne s'attaque pas au solide directement : il consomme les ions OH−OH^{-} présents en solution. Leur disparition fait chuter le produit [Al3+][OH−]3[Al^{3+}][OH^{-}]^{3} sous la valeur du KpsK_{ps}, la solution n'est plus saturée, et le solide se dissout pour rétablir l'équilibre. Tout hydroxyde peu soluble est ainsi dissous par un acide : c'est Le Chatelier appliqué à l'ion commun retiré.

b)

À pH 4,00, [OH−]=10−1410−4=1,0×10−10[OH^{-}]=\frac{10^{-14}}{10^{-4}}=1{,}0\times 10^{-10} mol/L. Donc [Al3+]=Kps[OH−]3=1,3×10−331,0×10−30=1,3×10−3[Al^{3+}]=\frac{K_{ps}}{[OH^{-}]^{3}}=\frac{1{,}3\times 10^{-33}}{1{,}0\times 10^{-30}}=1{,}3\times 10^{-3} mol/L : l'aluminium est massivement en solution.

c)

À pH 12,00, [OH−]=1,0×10−2[OH^{-}]=1{,}0\times 10^{-2} mol/L. Le second équilibre donne directement [Al(OH)4−]=K[OH−]=(40)(1,0×10−2)=0,40[Al(OH)_{4}^{-}]=K[OH^{-}]=(40)(1{,}0\times 10^{-2})=0{,}40 mol/L : l'aluminium est de nouveau massivement en solution, mais sous forme d'ANION aluminate cette fois.

d)

Les deux formes varient en sens opposés : [Al3+]=Kps[OH−]3[Al^{3+}]=\frac{K_{ps}}{[OH^{-}]^{3}} décroît quand [OH−][OH^{-}] augmente, tandis que [Al(OH)4−]=K[OH−][Al(OH)_{4}^{-}]=K[OH^{-}] croît. Au minimum, la dérivée de la somme s=Kps[OH−]3+K[OH−]s=\frac{K_{ps}}{[OH^{-}]^{3}}+K[OH^{-}] par rapport à [OH−][OH^{-}] s'annule : −3Kps[OH−]4+K=0-\frac{3K_{ps}}{[OH^{-}]^{4}}+K=0, soit [OH−]4=3KpsK=3(1,3×10−33)40=9,75×10−35[OH^{-}]^{4}=\frac{3K_{ps}}{K}=\frac{3(1{,}3\times 10^{-33})}{40}=9{,}75\times 10^{-35}, d'où [OH−]=3,14×10−9[OH^{-}]=3{,}14\times 10^{-9} mol/L, pOH =8,50=8{,}50 et pH =5,50=5{,}50. Piège : ce n'est PAS le point où les deux termes s'égalisent (pH 5,38), car le premier varie trois fois plus vite que le second. Au minimum, Kps[OH−]3=K[OH−]3\frac{K_{ps}}{[OH^{-}]^{3}}=\frac{K[OH^{-}]}{3}, et la solubilité vaut 43K[OH−]=43(40)(3,14×10−9)=1,68×10−7\frac{4}{3}K[OH^{-}]=\frac{4}{3}(40)(3{,}14\times 10^{-9})=1{,}68\times 10^{-7} mol/L. Entre pH 4 et pH 5,5, la solubilité chute donc d'un facteur près de huit mille : la fenêtre est étroite.

e)

Parce que la floculation ne marche que si l'aluminium est SOLIDE : c'est le flocon d'Al(OH)3Al(OH)_{3} qui piège les particules et sédimente. À pH 4 l'aluminium reste dissous en Al3+Al^{3+}, à pH 12 il repasse en solution sous forme d'aluminate : dans les deux cas il n'y a pas de flocon, la clarification échoue, et l'usine relargue en prime de l'aluminium soluble dans l'eau distribuée. Le procédé n'a de fenêtre utile qu'autour de pH 6 à 7, d'où la correction de pH permanente en tête de filière. La même chimie explique qu'on ne cuise pas un plat très acide ni très alcalin dans une casserole d'aluminium nu.

234567891011121314−9−8−7−6−5−4−3−2−10Al³⁺Al(OH)₄⁻termeségaux :pH 5,38minimum : pH 5,50s ≈ 1,7 × 10⁻⁷ mol/LpHlog s

Exercice 10 : Problème : doser un sulfate par gravimétrie

Pour doser le sulfate d'un échantillon de 1,000 g, on le dissout et on y ajoute un excès de BaCl2BaCl_{2}. Le précipité de BaSO4BaSO_{4}, filtré, lavé et séché, pèse 0,5820 g. On donne M(BaSO4)=233,40M(BaSO_{4})=233{,}40 g/mol, M(SO42−)=96,07M(SO_{4}^{2-})=96{,}07 g/mol, M(Na2SO4)=142,05M(Na_{2}SO_{4})=142{,}05 g/mol et Kps(BaSO4)=1,1×10−10K_{ps}(BaSO_{4})=1{,}1\times 10^{-10}.

Le schéma ci-dessous représente les deux étapes du dosage.

1,000 g d'échantillondissous+ BaCl₂ en excèsfiltré, lavé,séché0,5820 gprécipitéde BaSO₄
  • a) Écrivez l'équation de précipitation et expliquez pourquoi on ajoute le BaCl2BaCl_{2} en EXCÈS.
  • b) Calculez la masse de sulfate dans l'échantillon, puis son pourcentage massique.
  • c) En supposant que tout le sulfate provienne de Na2SO4Na_{2}SO_{4}, calculez la pureté de l'échantillon.
  • d) On a lavé le précipité avec 200 mL d'eau distillée. Estimez la masse de BaSO4BaSO_{4} perdue et l'erreur relative qui en résulte.
  • e) Un technicien propose de laver avec 200 mL de BaCl2BaCl_{2} à 0,010 mol/L. Calculez la perte dans ce cas. Quel inconvénient cette méthode introduit-elle malgré tout ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Ba2++SO42−→BaSO4(s)Ba^{2+}+SO_{4}^{2-}\rightarrow BaSO_{4}(s) ; l'excès rend la précipitation quantitative par ion commun
  • b) n=2,494×10−3n=2{,}494\times 10^{-3} mol, soit 0,2396 g de sulfate et 23,96 % en masse
  • c) 35,42 % de sulfate de sodium
  • d) 4,90×10−44{,}90\times 10^{-4} g perdus, soit 0,084 % : sous le seuil de 0,1 %
  • e) La perte tombe à 5,1×10−75{,}1\times 10^{-7} g, mille fois moins, mais le sel non volatil sèche avec le précipité
a)

Ba2+(aq)+SO42−(aq)→BaSO4(s)Ba^{2+}(aq)+SO_{4}^{2-}(aq)\rightarrow BaSO_{4}(s). L'excès de réactif précipitant sert à déplacer l'équilibre aussi loin que possible vers le solide : par effet d'ion commun, le Ba2+Ba^{2+} résiduel écrase la concentration de sulfate encore en solution. Une analyse gravimétrique n'est fiable que si la précipitation est QUANTITATIVE, c'est-à-dire complète à mieux que 0,1 %, ce qu'aucune réaction ne fait spontanément avec des quantités stœchiométriques.

b)

n(BaSO4)=0,5820233,40=2,494×10−3n(BaSO_{4})=\frac{0{,}5820}{233{,}40}=2{,}494\times 10^{-3} mol. Chaque mole de précipité correspond à une mole de sulfate, donc n(SO42−)=2,494×10−3n(SO_{4}^{2-})=2{,}494\times 10^{-3} mol, soit m=(2,494×10−3)(96,07)=0,2396m=(2{,}494\times 10^{-3})(96{,}07)=0{,}2396 g. Pourcentage massique : 0,23961,000=23,96\frac{0{,}2396}{1{,}000}=23{,}96 %.

c)

m(Na2SO4)=(2,494×10−3)(142,05)=0,3542m(Na_{2}SO_{4})=(2{,}494\times 10^{-3})(142{,}05)=0{,}3542 g, soit une pureté de 35,4235{,}42 %.

d)

L'eau de lavage se sature : s=Kps=1,1×10−10=1,05×10−5s=\sqrt{K_{ps}}=\sqrt{1{,}1\times 10^{-10}}=1{,}05\times 10^{-5} mol/L. Dans 200 mL, la perte est n=(1,05×10−5)(0,200)=2,10×10−6n=(1{,}05\times 10^{-5})(0{,}200)=2{,}10\times 10^{-6} mol, soit m=4,90×10−4m=4{,}90\times 10^{-4} g. Erreur relative : 4,90×10−40,5820=0,084\frac{4{,}90\times 10^{-4}}{0{,}5820}=0{,}084 %, en dessous du seuil de 0,1 % : acceptable, mais pas négligeable si l'on multipliait les lavages.

e)

Avec [Ba2+]=0,010[Ba^{2+}]=0{,}010 mol/L imposé, l'effet d'ion commun donne s=Kps[Ba2+]=1,1×10−100,010=1,1×10−8s=\frac{K_{ps}}{[Ba^{2+}]}=\frac{1{,}1\times 10^{-10}}{0{,}010}=1{,}1\times 10^{-8} mol/L : la perte tombe à 2,2×10−92{,}2\times 10^{-9} mol, soit 5,1×10−75{,}1\times 10^{-7} g, mille fois moins. L'inconvénient est qu'on lave désormais le précipité avec un sel non volatil : le BaCl2BaCl_{2} resté dans les pores sèche AVEC le précipité et s'ajoute à sa masse, ce qui surestime le résultat, précisément dans le sens inverse de l'erreur qu'on voulait corriger et d'une ampleur bien supérieure. En pratique on lave donc à l'eau, ou avec un électrolyte volatil qui part au séchage.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/chimie-nyb-solubilite-ksp. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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