Chimie des solutions 202-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : l'oxydoréduction et l'électrochimie (202-NYB)
Voici la série d'exercices corrigés de chimie du cours 202-NYB, chimie des solutions, sur l'oxydoréduction et l'électrochimie. La partie A construit l'outillage : attribuer les nombres d'oxydation sans se faire piéger par les peroxydes et les hydrures (exercice 1), équilibrer une équation rédox par demi-réactions en milieu acide comme en milieu basique (exercice 2), monter une pile Daniell avec son pont salin et en calculer la force électromotrice (exercice 3), relier E∘, ΔG∘ et la constante d'équilibre (exercice 4), et prévoir quelle espèce se décharge réellement lors d'une électrolyse en solution aqueuse, surtension comprise (exercice 5).
La partie B monte au niveau examen : l'équation de Nernst et la pile de concentration, qui fonctionne avec deux électrodes du même métal (exercice 6), l'électrolyse et les lois de Faraday, de l'argenture au dépôt de cuivre (exercice 7), un titrage rédox complet du fer par permanganimétrie (exercice 8), la corrosion du fer avec le dimensionnement d'une anode sacrificielle pour la protection cathodique (exercice 9), et l'accumulateur au plomb comparé à l'essence en densité d'énergie (exercice 10).
L'exercice 4 est celui qui donne son sens à tout le reste : les trois grandeurs E∘, ΔG∘ et K ne sont pas trois notions distinctes, ce sont trois écritures de la même information. Une pile de 1,10 V correspond à une constante d'équilibre de l'ordre de 1037, c'est-à-dire à une réaction totale : le voltmètre mesure en réalité une position d'équilibre.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Nombres d'oxydation : corps simple 0 ; ion monoatomique = sa charge ; O vaut −2 SAUF dans les peroxydes où il vaut −1 ; H vaut +1 SAUF dans les hydrures métalliques où il vaut −1. La somme vaut 0 pour une molécule, la charge pour un ion.
•Oxydation = perte d'électrons = augmentation du nombre d'oxydation, à l'ANODE. Réduction = gain d'électrons = diminution, à la CATHODE. L'oxydant est réduit, le réducteur est oxydé.
•Équilibrage par demi-réactions en milieu acide : équilibrer l'élément, puis O avec H2O, puis H avec H+, puis la charge avec des électrons. En milieu basique, on termine en ajoutant autant de OH− que de H+ des deux côtés.
•Epile∘=Ecathode∘−Eanode∘, les deux potentiels étant lus comme des potentiels de RÉDUCTION dans la table. On ne multiplie JAMAIS E∘ par un coefficient stœchiométrique.
•ΔG∘=−nFE∘ avec F=96500 C/mol. Réaction spontanée si E∘>0, donc si ΔG∘<0.
•Lien avec l'équilibre : logK=0,0592nE∘ à 25 °C, ce qui découle de ΔG∘=−RTlnK.
•Équation de Nernst à 25 °C : E=E∘−n0,0592logQ. À l'équilibre, E=0 et Q=K.
•Électrolyse, lois de Faraday : q=It (coulombs), n(e−)=Fq, puis la stœchiométrie de la demi-réaction donne la quantité de matière déposée.
Partie A : Nombres d'oxydation, équilibrage, piles et électrolyse (/50)
Exercice 1 : Les nombres d'oxydation et les deux exceptions
Le nombre d'oxydation est une convention comptable : on attribue les électrons de chaque liaison à l'atome le plus électronégatif. Deux exceptions font tomber la moitié des copies, et elles reviennent chaque session.
a) Déterminez le nombre d'oxydation du manganèse dans KMnO4 et celui du chrome dans Cr2O72−.
b) Déterminez celui de l'oxygène dans H2O2 et celui de l'hydrogène dans NaH. Nommez l'exception dans chaque cas.
c) Déterminez celui du soufre dans S2O32− et celui du carbone dans CH3OH. Commentez le caractère moyen de la valeur obtenue pour le soufre.
d) Dans la réaction Zn+2H+→Zn2++H2, identifiez l'oxydant, le réducteur, l'espèce oxydée et l'espèce réduite.
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Réponses
a)n(Mn)=+7 dans KMnO4 et n(Cr)=+6 dans Cr2O72−
b)n(O)=−1 dans H2O2 (peroxyde) et n(H)=−1 dans NaH (hydrure)
c)n(S)=+2, une MOYENNE entre un soufre à +5 et un à −1 ; n(C)=−2 dans CH3OH
d)Zn est le réducteur et il est oxydé ; H+ est l'oxydant et il est réduit
a)
Dans KMnO4 : K vaut +1, chaque O vaut −2 soit −8 au total, et la molécule est neutre. Donc +1+n(Mn)−8=0 et n(Mn)=+7, la valeur maximale possible pour le manganèse. Dans Cr2O72− : 2n(Cr)+7(−2)=−2, donc 2n(Cr)=+12 et n(Cr)=+6.
b)
Dans H2O2 : les deux H valent +1, la molécule est neutre, donc 2(+1)+2n(O)=0 et n(O)=−1. C'est l'exception des PEROXYDES, où deux oxygènes sont liés entre eux. Dans NaH : Na est un métal alcalin, il vaut +1, donc n(H)=−1. C'est l'exception des HYDRURES métalliques, où l'hydrogène est lié à un élément MOINS électronégatif que lui.
c)
Dans S2O32− : 2n(S)+3(−2)=−2, donc 2n(S)=+4 et n(S)=+2. Cette valeur est une MOYENNE : dans le thiosulfate, les deux soufres ne sont pas équivalents, l'un est au degré +5 et l'autre à −1. Le nombre d'oxydation étant une convention de comptage, seule la somme a un sens ici. Dans CH3OH : n(C)+3(+1)+(−2)+(+1)=0, donc n(C)=−2.
d)
Le zinc passe de 0 à +2 : il PERD des électrons, il est donc OXYDÉ, et c'est le RÉDUCTEUR. L'hydrogène passe de +1 à 0 : il GAGNE des électrons, il est donc RÉDUIT, et H+ est l'OXYDANT. Piège de vocabulaire classique : l'oxydant est celui qui est réduit, et le réducteur est celui qui est oxydé. Vérification du bilan : le zinc cède 2 électrons, deux ions H+ en captent 1 chacun, le compte est bon.
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Exercice 2 : L'équilibrage par demi-réactions, en milieu acide puis basique
La méthode des demi-réactions ne demande aucune intuition : elle demande de respecter un ordre. Élément, puis oxygène avec H2O, puis hydrogène avec H+, puis charge avec des électrons. Le passage en milieu basique se fait à la toute fin, jamais au début.
a) Équilibrez en milieu acide : MnO4−+Fe2+→Mn2++Fe3+.
b) Vérifiez votre équation par un bilan de charge des deux côtés.
c) Équilibrez en milieu basique : MnO4−+I−→MnO2+IO3−.
d) Pourquoi ne peut-on pas laisser des ions H+ dans l'équation finale d'une réaction en milieu basique ?
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Réponses
a)MnO4−+5Fe2++8H+→Mn2++5Fe3++4H2O
b)+17 de chaque côté, et 1 Mn, 4 O, 8 H, 5 Fe : l'équation tient
c)2MnO4−+H2O+I−→2MnO2+2OH−+IO3−, charge −3 de chaque côté
d)À pH 13, [H+]=10−13 mol/L : une espèce absente ne peut pas figurer en quantité stoechiométrique
a)
Demi-réaction de réduction : le manganèse passe de +7 à +2, il capte 5 électrons. On écrit MnO4−→Mn2+, on équilibre l'oxygène avec 4 H2O à droite, l'hydrogène avec 8 H+ à gauche, puis la charge : MnO4−+8H++5e−→Mn2++4H2O. Demi-réaction d'oxydation : Fe2+→Fe3++e−. Pour égaliser les électrons, on multiplie la seconde par 5. Bilan : MnO4−+8H++5Fe2+→Mn2++4H2O+5Fe3+.
b)
À gauche : (−1)+8(+1)+5(+2)=−1+8+10=+17. À droite : (+2)+4(0)+5(+3)=2+15=+17. Les charges sont égales, et les atomes le sont aussi : 1 Mn, 4 O, 8 H, 5 Fe de chaque côté. Ce bilan de charge est le contrôle le plus rapide qui existe sur une équation rédox : faites-le systématiquement.
c)
Réduction : le manganèse passe de +7 à +4, soit 3 électrons. En milieu basique on écrit directement MnO4−+2H2O+3e−→MnO2+4OH−. Oxydation : l'iode passe de −1 à +5, soit 6 électrons : I−+6OH−→IO3−+3H2O+6e−. On multiplie la première par 2 pour avoir 6 électrons de part et d'autre : 2MnO4−+4H2O+6e−→2MnO2+8OH−. En additionnant et en simplifiant les 6OH− et 3H2O communs : 2MnO4−+H2O+I−→2MnO2+2OH−+IO3−. Contrôle de charge : à gauche −2−1=−3, à droite −2−1=−3.
d)
Parce qu'en milieu basique la concentration de H+ est négligeable : à pH 13 elle vaut 10−13 mol/L. Faire figurer H+ comme réactif reviendrait à affirmer qu'une espèce pratiquement absente participe en quantité stœchiométrique, ce qui est chimiquement faux même si l'équation reste formellement équilibrée. La technique consiste donc à équilibrer d'abord en milieu acide si c'est plus commode, puis à ajouter à CHAQUE membre autant de OH− qu'il y a de H+, à recombiner H++OH− en H2O, et enfin à simplifier les molécules d'eau en excès.
Exercice 3 : La pile galvanique : anode, cathode et tension
Une pile Daniell sépare les deux demi-réactions dans deux compartiments reliés par un fil et un pont salin. Les électrons circulent dans le fil, les ions dans le pont : sans le pont, la pile s'arrête en une fraction de seconde par accumulation de charge.
Données à 25 °C : E∘(Zn2+/Zn)=−0,76 V et E∘(Cu2+/Cu)=+0,34 V, toutes concentrations à 1,0 mol/L.
a) Écrivez les deux demi-réactions, identifiez l'anode et la cathode, et donnez l'équation globale.
b) Calculez la force électromotrice standard de la pile.
c) Donnez la notation conventionnelle de la pile, et indiquez le sens de circulation des électrons dans le fil.
d) Dans quel sens migrent les anions du pont salin ? Justifiez par un raisonnement de neutralité électrique.
e) Après un certain temps de fonctionnement, comment ont varié la masse de chaque électrode et la couleur de la solution de droite ?
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Réponses
a)Cathode Cu2++2e−→Cu, anode Zn→Zn2++2e−, bilan Zn+Cu2+→Zn2++Cu
b)E∘=0,34−(−0,76)=1,10 V, et l'on ne multiplie jamais un potentiel par n
c)Zn∣Zn2+∣∣Cu2+∣Cu ; les électrons vont du zinc vers le cuivre dans le fil
d)Les anions migrent vers l'anode, à gauche, pour compenser les Zn²⁺ formés
e)Le zinc maigrit, le cuivre grossit, et la solution bleue pâlit
a)
Le couple de potentiel le PLUS ÉLEVÉ subit la réduction : c'est Cu2+/Cu. Cathode (réduction) : Cu2++2e−→Cu. Anode (oxydation) : Zn→Zn2++2e−. Équation globale, obtenue en additionnant, les électrons se simplifiant : Zn+Cu2+→Zn2++Cu.
b)
Epile∘=Ecathode∘−Eanode∘=0,34−(−0,76)=1,10 V. La valeur est positive, ce qui confirme que la réaction est spontanée dans le sens écrit. Remarque essentielle : bien que les deux demi-réactions aient été écrites avec 2 électrons, on ne multiplie PAS E∘ par 2. Le potentiel est une grandeur intensive, une énergie PAR charge, il ne dépend pas de la quantité de matière.
c)
Par convention, l'anode s'écrit à gauche et la cathode à droite, la double barre représentant le pont salin : ZnZn2+(1,0 mol/L)Cu2+(1,0 mol/L)Cu. Dans le fil, les électrons vont de l'ANODE vers la CATHODE, donc du zinc vers le cuivre, comme l'indique la flèche de la figure. Le courant conventionnel, lui, circule en sens inverse.
d)
Dans le compartiment de gauche, l'oxydation produit des ions Zn2+ : ce compartiment tend à devenir positif. Dans celui de droite, la réduction consomme des Cu2+ : il tend à devenir négatif. Pour rétablir la neutralité, les ANIONS du pont salin migrent vers le compartiment ANODIQUE, c'est-à-dire vers la gauche, et les cations vers la cathode. Retenir : les anions vont vers l'anode, ce que le vocabulaire rend facile à mémoriser.
e)
L'électrode de zinc se DISSOUT, sa masse diminue. L'électrode de cuivre se recouvre de cuivre métallique déposé, sa masse AUGMENTE. Dans le compartiment de droite, les ions Cu2+, responsables de la couleur bleue caractéristique, sont consommés : la solution PÂLIT progressivement. Ces trois observations sont le contrôle expérimental le plus simple du sens de fonctionnement d'une pile, et elles constituent une question de laboratoire classique.
Exercice 4 : Trois écritures d'une même information : E°, ΔG° et K
Le potentiel standard, l'enthalpie libre standard et la constante d'équilibre décrivent la même chose sous trois angles : le voltmètre, l'énergie disponible, et la position finale de l'équilibre. Les relier est l'objectif central du chapitre.
On reprend la pile Daniell, E∘=1,10 V, avec F=96500 C/mol, R=8,314 J/(mol·K) et T=298 K.
a) Calculez ΔG∘ de la réaction Zn+Cu2+→Zn2++Cu, en kJ/mol. Que signifie son signe ?
b) Calculez la constante d'équilibre K de cette réaction.
c) Interprétez l'ordre de grandeur obtenu : que reste-t-il de Cu2+ à l'équilibre ?
d) Une réaction rédox a E∘=−0,25 V avec n=2. Est-elle spontanée dans le sens écrit ? Et dans le sens inverse ? Calculez son K.
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Réponses
a)ΔG∘=−nFE∘=−212 kJ/mol : réaction spontanée dans le sens écrit
b)logK=37,2, soit K=1,6×1037
c)Réaction totale : il resterait de l'ordre de 10−37 mol/L de Cu2+, moins d'un ion par litre
d)ΔG∘=+48,3 kJ/mol, non spontanée dans le sens écrit ; logK=−8,45, soit K=3,6×10−9
a)
ΔG∘=−nFE∘=−2×96500×1,10=−2,12×105 J/mol, soit −212 kJ/mol. Le signe négatif signifie que la réaction est SPONTANÉE dans le sens écrit, dans les conditions standards. La valeur représente le travail électrique maximal récupérable par mole de zinc consommée.
b)
On peut passer par ΔG∘=−RTlnK, d'où lnK=RTnFE∘=8,314×298212300=85,7, donc logK=37,2 et K=1,6×1037. Le raccourci du cours donne la même chose : logK=0,0592nE∘=0,05922×1,10=37,2.
c)
Une constante de 1037 signifie que la réaction est TOTALE au sens pratique du terme. En partant de concentrations de l'ordre de 1 mol/L, il resterait à l'équilibre une concentration de Cu2+ de l'ordre de 10−37 mol/L, soit très largement moins d'un ion par litre : la notion même de concentration cesse d'avoir un sens à cette échelle. Un potentiel de pile d'un peu plus d'un volt correspond donc déjà à une réaction complète, ce qui explique qu'aucune pile usuelle ne s'arrête « à mi-course ».
d)
E∘=−0,25 V est NÉGATIF, donc ΔG∘=−2×96500×(−0,25)=+48,3 kJ/mol est positif : la réaction n'est PAS spontanée dans le sens écrit. Elle l'est en revanche dans le sens INVERSE, pour lequel E∘=+0,25 V. Sa constante vaut logK=0,05922×(−0,25)=−8,45, donc K=3,6×10−9 : très petite, ce qui traduit un équilibre presque entièrement déplacé vers les réactifs. On peut néanmoins forcer cette réaction en fournissant de l'énergie électrique : c'est exactement le principe de l'électrolyse.
Exercice 5 : Électrolyse aqueuse : qui se décharge, et pourquoi pas l'autre
On électrolyse successivement du NaCl FONDU, une saumure (NaCl aqueux concentré) et une solution de CuSO4. Potentiels standards utiles : Na+/Na=−2,71 V; 2H2O/H2+2OH−=−0,83 V; Cu2+/Cu=+0,34 V; O2/H2O=+1,23 V; Cl2/Cl−=+1,36 V.
a) Donnez les produits obtenus à chaque électrode lors de l'électrolyse du NaCl fondu.
b) En solution aqueuse, quelle espèce se réduit à la cathode : Na+ ou l'eau ? Justifiez par les potentiels, et concluez qu'on ne peut PAS préparer le sodium métallique par électrolyse d'une solution aqueuse.
c) Donnez les produits de l'électrolyse d'une solution de CuSO4 aux deux électrodes.
d) À l'anode d'une saumure, les potentiels prédisent la formation de O2. L'industrie obtient pourtant du Cl2. Nommez le phénomène responsable et expliquez-le.
e) Écrivez le bilan global de l'électrolyse d'une saumure et nommez les trois produits vendus. Pourquoi ce procédé est-il l'un des plus gros consommateurs d'électricité de la chimie industrielle ?
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Réponses
a)Cathode Na++e−→Na(l), anode 2Cl−→Cl2+2e− : le procédé Downs
b)L'eau, à −0,83 V contre −2,71 V : aucun métal sous −0,83 V ne se dépose depuis l'eau
c)Cathode : dépôt de cuivre. Anode : 2H2O→O2+4H++4e−, le sulfate étant inoxydable
d)La SURTENSION : le dégagement de O2 à quatre électrons est cinétiquement lent, celui de Cl2 non
e)2NaCl+2H2O→Cl2+H2+2NaOH : chlore, hydrogène et soude, payés en électricité
a)
Il n'y a que deux ions présents : à la cathode Na++e−→Na(l), à l'anode 2Cl−→Cl2(g)+2e−. Le sodium métallique est bien produit, parce qu'aucune espèce plus facile à réduire n'est présente : c'est le procédé Downs, et c'est la seule voie industrielle vers le sodium.
b)
L'eau. À la cathode, l'espèce qui se réduit est celle dont le potentiel de réduction est le PLUS ÉLEVÉ, car c'est le meilleur oxydant : −0,83 V pour l'eau contre −2,71 V pour Na+, soit près de deux volts d'écart. L'eau se réduit donc en H2 bien avant que le sodium n'ait la moindre chance. Et à supposer même qu'un atome de sodium se forme, il réagirait immédiatement avec l'eau. Toute électrolyse aqueuse est ainsi bornée par l'eau elle-même : aucun métal de potentiel inférieur à environ −0,83 V ne peut être déposé depuis une solution aqueuse.
c)
Cathode : Cu2+ a le potentiel le plus élevé (+0,34 V contre −0,83 V pour l'eau), donc Cu2++2e−→Cu(s), un dépôt de cuivre métallique. Anode : l'ion sulfate SO42− a son soufre déjà au degré maximal +VI et ne peut plus être oxydé; c'est donc l'eau qui s'oxyde : 2H2O→O2+4H++4e−. C'est le principe de l'affinage électrolytique du cuivre.
d)
La SURTENSION (ou surpotentiel). Les potentiels standards sont des grandeurs thermodynamiques : ils disent ce qui est favorable, pas ce qui est rapide. Le dégagement de O2 met en jeu quatre électrons et la formation d'une liaison oxygène-oxygène, une cinétique lente qui exige en pratique une tension supplémentaire de plusieurs dixièmes de volt. Le Cl2, lui, ne demande que deux électrons et se libère avec une surtension faible. Sur une anode bien choisie, l'ordre réel s'inverse et c'est le chlore qui sort. La thermodynamique donne la course, la cinétique désigne le vainqueur.
e)
Cathode : 2H2O+2e−→H2+2OH−; anode : 2Cl−→Cl2+2e−. Bilan : 2NaCl+2H2O→Cl2+H2+2NaOH, les ions Na+ restant spectateurs et se retrouvant avec les OH− formés. Les trois produits vendus sont le dichlore, le dihydrogène et la soude caustique. Le procédé est vorace parce qu'une électrolyse ne se contente pas d'orienter une réaction : elle FORCE une transformation dont le ΔG est positif, et l'énergie électrique fournie doit au minimum couvrir ce ΔG, majoré de toutes les surtensions et des pertes ohmiques. On paie ici en électricité ce que la réaction refuse de donner spontanément.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : L'équation de Nernst et la pile de concentration
Hors des conditions standards, le potentiel dépend des concentrations. L'équation de Nernst le quantifie, et elle mène à un objet contre-intuitif : une pile qui fonctionne alors que les deux électrodes sont faites du même métal.
On garde E∘=1,10 V pour la pile Daniell, à 25 °C.
a) Écrivez l'expression de Q pour Zn+Cu2+→Zn2++Cu. Pourquoi les solides n'y figurent-ils pas ?
b) Calculez la tension de la pile lorsque [Zn2+]=0,100 mol/L et [Cu2+]=0,00100 mol/L.
c) La tension a-t-elle augmenté ou diminué par rapport à E∘ ? Justifiez par Le Chatelier avant tout calcul.
d) On construit une pile dont les deux compartiments contiennent du Cu2+, à 0,0010 mol/L à gauche et 1,0 mol/L à droite, avec deux électrodes de cuivre. Calculez sa tension et identifiez l'anode.
e) Que vaut la tension d'une pile quand elle est « à plat » ? Quelle relation lie alors Q et K ?
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Réponses
a)Q=[Cu2+][Zn2+] : les solides ont une activité de 1
b)Q=100 et E=1,10−0,0592=1,041 V
c)Elle a diminué : Q a été multiplié par 100, le système est plus près de l'équilibre
d)E=0,0888 V, soit environ 89 mV ; l'anode est le compartiment DILUÉ
e)E=0 et Q=K : une pile à plat est une pile arrivée à son équilibre
a)
Q=[Cu2+][Zn2+]. Les solides Zn et Cu n'y figurent pas parce que leur activité vaut 1 : la concentration d'un solide pur ne varie pas, sa masse volumique étant fixée. C'est exactement la même convention que pour un équilibre hétérogène de solubilité.
b)
Q=0,001000,100=100, donc logQ=2. Alors E=E∘−n0,0592logQ=1,10−20,0592×2=1,10−0,0592=1,041 V.
c)
La tension a DIMINUÉ, de 1,10 V à 1,04 V. On pouvait le prévoir sans calcul : par rapport aux conditions standards, la concentration du réactif Cu2+ a été DIVISÉE par 1000, tandis que celle du produit Zn2+ n'a été divisée que par 10. Le rapport Q a donc augmenté d'un facteur 100. Le système est donc plus proche de son équilibre qu'en conditions standards, il lui reste moins de « force motrice », et la tension mesurée est plus faible. Une pile qui se décharge voit ainsi sa tension baisser continûment jusqu'à zéro.
d)
Ici les deux couples sont identiques, donc E∘=0 : toute la tension vient de la différence de concentration. La réaction spontanée est celle qui tend à ÉGALISER les deux concentrations : le cuivre se dissout du côté dilué et se dépose du côté concentré. L'ANODE est donc le compartiment DILUÉ, à 0,0010 mol/L. Avec Q=[Cu2+]concentreˊ[Cu2+]dilueˊ=1,00,0010=10−3 : E=0−20,0592log(10−3)=−0,0296×(−3)=0,0888 V, soit environ 89 mV. Faible mais parfaitement mesurable : c'est le principe de l'électrode de pH.
e)
Une pile à plat a une tension NULLE : E=0. L'équation de Nernst donne alors 0=E∘−n0,0592logQ, donc logQ=0,0592nE∘=logK, c'est-à-dire Q=K. Une pile à plat n'est donc pas une pile « vide » : c'est une pile dont la réaction a ATTEINT SON ÉQUILIBRE. C'est le lien conceptuel le plus important du chapitre, et il justifie a posteriori la relation entre E∘ et K établie à l'exercice 4.
Exercice 7 : Électrolyse et lois de Faraday
En électrolyse, on impose le passage du courant pour forcer une réaction non spontanée. Le lien entre l'électricité et la matière est purement stœchiométrique : une mole d'électrons transporte 96 500 C.
Masses molaires : Ag 107,87 g/mol ; Cu 63,55 g/mol.
a) On argente une pièce dans un bain de Ag+ avec un courant de 2,50 A pendant 45,0 min. Calculez la charge totale, puis la quantité d'électrons.
b) Quelle masse d'argent se dépose ?
c) On remplace le bain par du Cu2+, à courant et durée identiques. Quelle masse de cuivre se dépose ? Pourquoi n'est-ce pas la même quantité de matière ?
d) Combien de temps faudrait-il, au même courant, pour déposer 5,00 g de cuivre ?
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Réponses
a)q=6750 C et n(e−)=6,99×10−2 mol
b)7,55 g d'argent
c)2,22 g de cuivre : deux électrons par atome, donc deux fois moins de moles
d)6074 s, soit environ 101 minutes
a)
La durée en secondes vaut 45,0×60=2700 s. La charge est q=It=2,50×2700=6750 C. La quantité d'électrons est n(e−)=Fq=965006750=6,99×10−2 mol.
b)
La demi-réaction est Ag++e−→Ag : un électron par atome, donc n(Ag)=n(e−)=6,99×10−2 mol. La masse déposée est m=6,99×10−2×107,87=7,55 g.
c)
La demi-réaction est maintenant Cu2++2e−→Cu : il faut DEUX électrons par atome. La charge étant la même, n(Cu)=2n(e−)=3,50×10−2 mol, soit m=3,50×10−2×63,55=2,22 g. La même électricité dépose donc deux fois moins de moles de cuivre que d'argent : la charge de l'ion, et non sa masse molaire, commande le partage. C'est le contenu de la loi de Faraday, et c'est le point que l'énoncé teste.
d)
Pour 5,00 g de cuivre : n(Cu)=63,555,00=7,87×10−2 mol, donc n(e−)=2×7,87×10−2=0,157 mol et q=0,157×96500=1,52×104 C. Le temps vaut t=Iq=2,5015190=6074 s, soit environ 101 minutes, un peu plus d'une heure et demie. Contrôle de cohérence : c'est plus de deux fois la durée initiale, ce qui est attendu puisqu'on veut plus du double de la masse déposée en c.
Exercice 8 : Le titrage rédox : doser le fer par permanganimétrie
On dissout 1,000 g d'un minerai de fer en milieu acide, tout le fer passant à l'état Fe2+. Le titrage exige 24,50 mL de KMnO4 à 0,0200 mol/L. On donne E∘(MnO4−/Mn2+)=1,51 V, E∘(Fe3+/Fe2+)=0,77 V, M(Fe)=55,85 g/mol et M(Fe2O3)=159,69 g/mol.
a) Équilibrez la réaction de titrage en milieu acide.
b) Calculez la force électromotrice standard, puis logK à l'aide de la relation logK=0,0592nE∘. Que conclure sur le caractère quantitatif du dosage ?
c) Calculez la masse de fer dans l'échantillon et son pourcentage massique.
d) Exprimez le résultat en pourcentage de Fe2O3, forme sous laquelle les teneurs de minerai sont habituellement publiées.
e) Ce titrage se fait SANS indicateur coloré. Expliquez pourquoi, et dites ce qui se passerait si l'on dépassait l'équivalence d'une goutte.
Voir la correction
Réponses
a)MnO4−+5Fe2++8H+→Mn2++5Fe3++4H2O, charge +17 des deux côtés
b)E∘=0,74 V et logK=62,5 : réaction totale, condition même du dosage
c)0,1368 g de fer, soit 13,68 % du minerai
d)19,56 % de Fe2O3 : même mesure, autre unité de compte
e)Le permanganate violet est son propre indicateur ; une goutte de trop laisse un rose pâle persistant
a)
Demi-réactions : MnO4−+8H++5e−→Mn2++4H2O et Fe2+→Fe3++e−. Pour égaliser les électrons on multiplie la seconde par 5 : MnO4−+5Fe2++8H+→Mn2++5Fe3++4H2O. Contrôle des charges : −1+10+8=+17 à gauche, +2+15=+17 à droite.
b)
E∘=1,51−0,77=0,74 V, avec n=5 électrons échangés. logK=0,0592(5)(0,74)=62,5, soit K≈1062. Une constante de cet ordre signifie que la réaction est totale à un degré qui dépasse toute mesure : c'est la condition même d'un dosage, où l'on suppose que chaque goutte ajoutée réagit intégralement avant la suivante.
c)
n(MnO4−)=(0,02450)(0,0200)=4,900×10−4 mol. La stœchiométrie 1 pour 5 donne n(Fe2+)=5(4,900×10−4)=2,450×10−3 mol, soit m=(2,450×10−3)(55,85)=0,1368 g. Le minerai titre donc 13,68 % de fer.
d)
Deux fers par Fe2O3 : n(Fe2O3)=22,450×10−3=1,225×10−3 mol, soit m=(1,225×10−3)(159,69)=0,1956 g, donc 19,56 % de Fe2O3. Même échantillon, même mesure : seule l'unité de compte change, et c'est pourquoi une teneur de minerai doit toujours préciser la forme sous laquelle elle est exprimée.
e)
Le permanganate est son PROPRE indicateur : l'ion MnO4− est violet intense, alors que Mn2+ est pratiquement incolore. Tant qu'il reste du Fe2+, chaque goutte versée se décolore instantanément. Une goutte au-delà de l'équivalence n'a plus rien à réduire : le violet persiste et colore toute la solution en rose pâle. Ce virage est d'une netteté remarquable parce qu'il ne dépend pas d'une zone de pH mais de la disparition du réactif limitant, et il suffit d'une trace de permanganate en excès pour être visible.
Exercice 9 : La corrosion du fer et la protection cathodique
Potentiels standards : E∘(Fe2+/Fe)=−0,44 V, E∘(Zn2+/Zn)=−0,76 V, E∘(Sn2+/Sn)=−0,14 V et E∘(O2+2H2O+4e−/4OH−)=+0,40 V. On donne F=96485 C/mol, M(Zn)=65,38 g/mol.
a) Écrivez les deux demi-réactions de la rouille et calculez la force électromotrice de la corrosion du fer par le dioxygène dissous. La corrosion est-elle spontanée ?
b) Le fer galvanisé est recouvert de zinc, le fer-blanc d'étain. Calculez la f.é.m. du couple fer-zinc, puis celle du couple fer-étain, et déduisez lequel des deux métaux est oxydé dans chaque cas.
c) Une rayure profonde met le fer à nu dans les deux cas. Expliquez pourquoi le revêtement de zinc continue de protéger alors que celui d'étain AGGRAVE la corrosion.
d) Un oléoduc est protégé par des anodes sacrificielles en zinc débitant un courant total de 0,50 A. Calculez la masse de zinc consommée en un an.
e) Pourquoi parle-t-on de protection CATHODIQUE, et quelle est l'autre méthode employée quand on dispose d'une source électrique ?
Voir la correction
Réponses
a)E∘=0,40−(−0,44)=0,84 V : la corrosion est spontanée
b)0,32 V pour fer-zinc (le zinc s'oxyde) et 0,30 V pour fer-étain (le FER s'oxyde)
c)Le zinc protège la rayure en se sacrifiant ; l'étain fait du fer une anode face à une grande cathode
d)1,577×107 C, 163,4 mol d'électrons, soit environ 5,3 kg de zinc par an
e)On force la structure à être cathode ; avec une source, on emploie le courant imposé
a)
Oxydation : Fe→Fe2++2e−; réduction : O2+2H2O+4e−→4OH−. E∘=0,40−(−0,44)=0,84 V, nettement positif : la corrosion du fer à l'air humide est spontanée, et le Fe2+ formé s'oxyde ensuite en Fe3+ hydraté, la rouille. C'est bien pour cela que le problème est universel et coûteux : la thermodynamique est du côté de la rouille.
b)
Fer-zinc : le zinc a le potentiel le plus bas, c'est donc lui qui s'oxyde, et E∘=−0,44−(−0,76)=0,32 V. Fer-étain : cette fois c'est le FER qui a le potentiel le plus bas, donc c'est lui qui s'oxyde, avec E∘=−0,14−(−0,44)=0,30 V. Dans les deux cas la réaction est spontanée; seule l'identité du métal sacrifié change.
c)
Tant que le revêtement est intact, les deux protègent également, par simple barrière physique. La rayure change tout, car elle crée une pile en court-circuit entre les deux métaux, en présence de l'électrolyte qu'est l'eau. Avec le zinc, c'est le revêtement qui devient l'anode et se dissout : le fer, devenu cathode, ne peut plus s'oxyder tant qu'il reste du zinc, et il est protégé PRÉCISÉMENT là où il est mis à nu. Avec l'étain, l'orientation s'inverse : le fer est l'anode, et il se corrode plus vite qu'il ne l'aurait fait seul, car il est désormais couplé à une grande surface cathodique d'étain. Une boîte de conserve intacte se conserve des années; rayée et humide, elle se perce en quelques semaines.
d)
Une année vaut (365)(24)(3600)=3,154×107 s, donc Q=(0,50)(3,154×107)=1,577×107 C. Nombre de moles d'électrons : 964851,577×107=163,4 mol. Le zinc cède 2 électrons, d'où 2163,4=81,7 mol de zinc, soit m=(81,7)(65,38)=5,34×103 g, environ 5,3 kg par an. C'est ce dimensionnement qui fixe la taille des anodes et la fréquence de leur remplacement.
e)
Parce que le principe est de forcer la structure à jouer le rôle de CATHODE : une cathode reçoit les électrons et subit une réduction, donc elle ne peut pas s'oxyder, c'est-à-dire se corroder. L'anode sacrificielle fournit ces électrons en se consommant à sa place. Quand une source électrique est disponible, on emploie plutôt le courant imposé : un générateur injecte les électrons dans la structure et l'anode, inerte, ne se consomme presque pas. Même principe, mais on paie en électricité au lieu de payer en métal.
Exercice 10 : Problème : l'accumulateur au plomb et la densité d'énergie
L'accumulateur au plomb repose sur Pb(s)+PbO2(s)+2H2SO4→2PbSO4(s)+2H2O, avec E∘(PbO2/PbSO4)=+1,685 V et E∘(PbSO4/Pb)=−0,356 V. On considère une batterie de voiture de 12 V et 60 A·h. On donne F=96485 C/mol, M(Pb)=207,2 g/mol, M(PbO2)=239,2 g/mol.
a) Calculez la tension d'un élément, puis déduisez le nombre d'éléments montés en série dans la batterie.
b) Convertissez la capacité de 60 A·h en coulombs, puis en moles d'électrons.
c) Calculez les masses de plomb et de dioxyde de plomb consommées lors d'une décharge complète.
d) Calculez l'énergie stockée en mégajoules, puis la densité d'énergie de la batterie en supposant une masse totale de 15 kg. Comparez à l'essence, qui libère environ 44 MJ/kg.
e) Pourquoi l'écart calculé en d) n'est-il pas aussi rédhibitoire qu'il en a l'air pour un véhicule électrique ? Et pourquoi la densité de l'acide sulfurique sert-elle à mesurer l'état de charge ?
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Réponses
a)2,041 V par élément, donc six éléments en série pour les 12 V
b)Q=2,16×105 C, soit 2,239 mol d'électrons
c)232 g de plomb et 268 g de dioxyde de plomb, un demi-kilo de matière active
d)2,64 MJ et 0,176 MJ/kg, soit 250 fois moins que l'essence
e)Le rendement électrique corrige l'écart, et l'acide est un réactif : sa densité mesure l'avancement
a)
E∘=1,685−(−0,356)=2,041 V par élément. Six éléments en série donnent 6(2,041)=12,2 V : c'est exactement la tension nominale d'une batterie de voiture, et la raison pour laquelle le 12 V s'est imposé dans l'automobile.
b)
Q=(60)(3600)=2,16×105 C. En moles d'électrons : 964852,16×105=2,239 mol.
c)
La réaction échange 2 électrons pour une mole de Pb et une mole de PbO2 : n=22,239=1,119 mol de chaque. Donc m(Pb)=(1,119)(207,2)=232 g et m(PbO2)=(1,119)(239,2)=268 g, soit un demi-kilo de matière active consommée pour une seule décharge complète.
d)
E=(12,2)(60)=732 W·h, soit (732)(3600)=2,64×106 J =2,64 MJ. Densité d'énergie : 152,64=0,176 MJ/kg, à comparer aux 44 MJ/kg de l'essence : un facteur 250 en faveur du carburant. Le plomb est un très mauvais réservoir d'énergie par kilogramme, ce qui explique qu'aucune voiture électrique moderne n'en embarque pour la traction.
e)
Parce que la comparaison brute est trompeuse à deux titres. D'abord un moteur thermique ne convertit qu'environ 25 à 30 % de l'énergie du carburant en travail, contre plus de 90 % pour une chaîne électrique : l'écart utile est plutôt d'un facteur 80 que 250. Ensuite le plomb n'est pas la référence pertinente : le lithium-ion atteint environ 0,8 MJ/kg, cinq fois mieux, ce qui suffit à une autonomie routière. Quant à la densité de l'acide, elle est un indicateur d'état de charge parce que l'acide sulfurique est un RÉACTIF consommé par la décharge, et non un simple électrolyte spectateur : à mesure que la batterie se décharge, l'acide se transforme en eau et en sulfate solide, la solution s'appauvrit et sa densité chute. Un pèse-acide mesure donc littéralement l'avancement de la réaction.
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