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Chimie des solutions 202-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : l'oxydoréduction et l'électrochimie (202-NYB)

L'oxydoréduction est le seul chapitre de 202-NYB où une erreur de comptage d'électrons se propage jusqu'au bout sans jamais donner de résultat visiblement absurde. D'où la discipline de ce chapitre : nombres d'oxydation d'abord, demi-réactions ensuite, bilan de charge vérifié systématiquement.

L'exercice 4 est celui qui donne son sens à tout le reste : les trois grandeurs EE^{\circ}, ΔG\Delta G^{\circ} et KK ne sont pas trois notions distinctes, ce sont trois écritures de la même information. Une pile de 1,10 V correspond à une constante d'équilibre de l'ordre de 103710^{37}, c'est-à-dire à une réaction totale : le voltmètre mesure en réalité une position d'équilibre.

Rappel de cours

  • Nombres d'oxydation : corps simple 0 ; ion monoatomique = sa charge ; OO vaut 2-2 SAUF dans les peroxydes où il vaut 1-1 ; HH vaut +1+1 SAUF dans les hydrures métalliques où il vaut 1-1. La somme vaut 0 pour une molécule, la charge pour un ion.
  • Oxydation = perte d'électrons = augmentation du nombre d'oxydation, à l'ANODE. Réduction = gain d'électrons = diminution, à la CATHODE. L'oxydant est réduit, le réducteur est oxydé.
  • Équilibrage par demi-réactions en milieu acide : équilibrer l'élément, puis OO avec H2OH_{2}O, puis HH avec H+H^{+}, puis la charge avec des électrons. En milieu basique, on termine en ajoutant autant de OHOH^{-} que de H+H^{+} des deux côtés.
  • Epile=EcathodeEanodeE^{\circ}_{\text{pile}}=E^{\circ}_{\text{cathode}}-E^{\circ}_{\text{anode}}, les deux potentiels étant lus comme des potentiels de RÉDUCTION dans la table. On ne multiplie JAMAIS EE^{\circ} par un coefficient stœchiométrique.
  • ΔG=nFE\Delta G^{\circ}=-nFE^{\circ} avec F=96500F=96\,500 C/mol. Réaction spontanée si E>0E^{\circ}>0, donc si ΔG<0\Delta G^{\circ}<0.
  • Lien avec l'équilibre : logK=nE0,0592\log K=\dfrac{nE^{\circ}}{0{,}0592} à 25 °C, ce qui découle de ΔG=RTlnK\Delta G^{\circ}=-RT\ln K.
  • Équation de Nernst à 25 °C : E=E0,0592nlogQE=E^{\circ}-\dfrac{0{,}0592}{n}\log Q. À l'équilibre, E=0E=0 et Q=KQ=K.
  • Électrolyse, lois de Faraday : q=Itq=It (coulombs), n(e)=qFn(e^{-})=\dfrac{q}{F}, puis la stœchiométrie de la demi-réaction donne la quantité de matière déposée.

Partie A : Nombres d'oxydation, équilibrage et piles (/32)

Exercice 1 : Les nombres d'oxydation et les deux exceptions

Le nombre d'oxydation est une convention comptable : on attribue les électrons de chaque liaison à l'atome le plus électronégatif. Deux exceptions font tomber la moitié des copies, et elles reviennent chaque session.

  • a) Déterminez le nombre d'oxydation du manganèse dans KMnO4KMnO_{4} et celui du chrome dans Cr2O72Cr_{2}O_{7}^{2-}.
  • b) Déterminez celui de l'oxygène dans H2O2H_{2}O_{2} et celui de l'hydrogène dans NaHNaH. Nommez l'exception dans chaque cas.
  • c) Déterminez celui du soufre dans S2O32S_{2}O_{3}^{2-} et celui du carbone dans CH3OHCH_{3}OH. Commentez le caractère moyen de la valeur obtenue pour le soufre.
  • d) Dans la réaction Zn+2H+Zn2++H2Zn+2H^{+}\rightarrow Zn^{2+}+H_{2}, identifiez l'oxydant, le réducteur, l'espèce oxydée et l'espèce réduite.
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a) Dans KMnO4KMnO_{4} : KK vaut +1+1, chaque OO vaut 2-2 soit 8-8 au total, et la molécule est neutre. Donc +1+n(Mn)8=0+1+n(Mn)-8=0 et n(Mn)=+7n(Mn)=+7, la valeur maximale possible pour le manganèse. Dans Cr2O72Cr_{2}O_{7}^{2-} : 2n(Cr)+7(2)=22n(Cr)+7(-2)=-2, donc 2n(Cr)=+122n(Cr)=+12 et n(Cr)=+6n(Cr)=+6.

b) Dans H2O2H_{2}O_{2} : les deux HH valent +1+1, la molécule est neutre, donc 2(+1)+2n(O)=02(+1)+2n(O)=0 et n(O)=1n(O)=-1. C'est l'exception des PEROXYDES, où deux oxygènes sont liés entre eux. Dans NaHNaH : NaNa est un métal alcalin, il vaut +1+1, donc n(H)=1n(H)=-1. C'est l'exception des HYDRURES métalliques, où l'hydrogène est lié à un élément MOINS électronégatif que lui.

c) Dans S2O32S_{2}O_{3}^{2-} : 2n(S)+3(2)=22n(S)+3(-2)=-2, donc 2n(S)=+42n(S)=+4 et n(S)=+2n(S)=+2. Cette valeur est une MOYENNE : dans le thiosulfate, les deux soufres ne sont pas équivalents, l'un est au degré +5+5 et l'autre à 1-1. Le nombre d'oxydation étant une convention de comptage, seule la somme a un sens ici. Dans CH3OHCH_{3}OH : n(C)+3(+1)+(2)+(+1)=0n(C)+3(+1)+(-2)+(+1)=0, donc n(C)=2n(C)=-2.

d) Le zinc passe de 0 à +2+2 : il PERD des électrons, il est donc OXYDÉ, et c'est le RÉDUCTEUR. L'hydrogène passe de +1+1 à 0 : il GAGNE des électrons, il est donc RÉDUIT, et H+H^{+} est l'OXYDANT. Piège de vocabulaire classique : l'oxydant est celui qui est réduit, et le réducteur est celui qui est oxydé. Vérification du bilan : le zinc cède 2 électrons, deux ions H+H^{+} en captent 1 chacun, le compte est bon.

Exercice 2 : L'équilibrage par demi-réactions, en milieu acide puis basique

La méthode des demi-réactions ne demande aucune intuition : elle demande de respecter un ordre. Élément, puis oxygène avec H2OH_{2}O, puis hydrogène avec H+H^{+}, puis charge avec des électrons. Le passage en milieu basique se fait à la toute fin, jamais au début.

  • a) Équilibrez en milieu acide : MnO4+Fe2+Mn2++Fe3+MnO_{4}^{-}+Fe^{2+}\rightarrow Mn^{2+}+Fe^{3+}.
  • b) Vérifiez votre équation par un bilan de charge des deux côtés.
  • c) Équilibrez en milieu basique : MnO4+IMnO2+IO3MnO_{4}^{-}+I^{-}\rightarrow MnO_{2}+IO_{3}^{-}.
  • d) Pourquoi ne peut-on pas laisser des ions H+H^{+} dans l'équation finale d'une réaction en milieu basique ?
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a) Demi-réaction de réduction : le manganèse passe de +7+7 à +2+2, il capte 5 électrons. On écrit MnO4Mn2+MnO_{4}^{-}\rightarrow Mn^{2+}, on équilibre l'oxygène avec 4 H2OH_{2}O à droite, l'hydrogène avec 8 H+H^{+} à gauche, puis la charge : MnO4+8H++5eMn2++4H2OMnO_{4}^{-}+8H^{+}+5e^{-}\rightarrow Mn^{2+}+4H_{2}O. Demi-réaction d'oxydation : Fe2+Fe3++eFe^{2+}\rightarrow Fe^{3+}+e^{-}. Pour égaliser les électrons, on multiplie la seconde par 5. Bilan : MnO4+8H++5Fe2+Mn2++4H2O+5Fe3+MnO_{4}^{-}+8H^{+}+5Fe^{2+}\rightarrow Mn^{2+}+4H_{2}O+5Fe^{3+}.

b) À gauche : (1)+8(+1)+5(+2)=1+8+10=+17(-1)+8(+1)+5(+2)=-1+8+10=+17. À droite : (+2)+4(0)+5(+3)=2+15=+17(+2)+4(0)+5(+3)=2+15=+17. Les charges sont égales, et les atomes le sont aussi : 1 MnMn, 4 OO, 8 HH, 5 FeFe de chaque côté. Ce bilan de charge est le contrôle le plus rapide qui existe sur une équation rédox : faites-le systématiquement.

c) Réduction : le manganèse passe de +7+7 à +4+4, soit 3 électrons. En milieu basique on écrit directement MnO4+2H2O+3eMnO2+4OHMnO_{4}^{-}+2H_{2}O+3e^{-}\rightarrow MnO_{2}+4OH^{-}. Oxydation : l'iode passe de 1-1 à +5+5, soit 6 électrons : I+6OHIO3+3H2O+6eI^{-}+6OH^{-}\rightarrow IO_{3}^{-}+3H_{2}O+6e^{-}. On multiplie la première par 2 pour avoir 6 électrons de part et d'autre : 2MnO4+4H2O+6e2MnO2+8OH2MnO_{4}^{-}+4H_{2}O+6e^{-}\rightarrow 2MnO_{2}+8OH^{-}. En additionnant et en simplifiant les 6OH6OH^{-} et 3H2O3H_{2}O communs : 2MnO4+H2O+I2MnO2+2OH+IO32MnO_{4}^{-}+H_{2}O+I^{-}\rightarrow 2MnO_{2}+2OH^{-}+IO_{3}^{-}. Contrôle de charge : à gauche 21=3-2-1=-3, à droite 21=3-2-1=-3.

d) Parce qu'en milieu basique la concentration de H+H^{+} est négligeable : à pH 13 elle vaut 101310^{-13} mol/L. Faire figurer H+H^{+} comme réactif reviendrait à affirmer qu'une espèce pratiquement absente participe en quantité stœchiométrique, ce qui est chimiquement faux même si l'équation reste formellement équilibrée. La technique consiste donc à équilibrer d'abord en milieu acide si c'est plus commode, puis à ajouter à CHAQUE membre autant de OHOH^{-} qu'il y a de H+H^{+}, à recombiner H++OHH^{+}+OH^{-} en H2OH_{2}O, et enfin à simplifier les molécules d'eau en excès.

Exercice 3 : La pile galvanique : anode, cathode et tension

Une pile Daniell sépare les deux demi-réactions dans deux compartiments reliés par un fil et un pont salin. Les électrons circulent dans le fil, les ions dans le pont : sans le pont, la pile s'arrête en une fraction de seconde par accumulation de charge.

Données à 25 °C : E(Zn2+/Zn)=0,76E^{\circ}\left(Zn^{2+}/Zn\right)=-0{,}76 V et E(Cu2+/Cu)=+0,34E^{\circ}\left(Cu^{2+}/Cu\right)=+0{,}34 V, toutes concentrations à 1,0 mol/L.

VZnCuanode (−)cathode (+)Zn2+Cu2+pont saline− →
  • a) Écrivez les deux demi-réactions, identifiez l'anode et la cathode, et donnez l'équation globale.
  • b) Calculez la force électromotrice standard de la pile.
  • c) Donnez la notation conventionnelle de la pile, et indiquez le sens de circulation des électrons dans le fil.
  • d) Dans quel sens migrent les anions du pont salin ? Justifiez par un raisonnement de neutralité électrique.
  • e) Après un certain temps de fonctionnement, comment ont varié la masse de chaque électrode et la couleur de la solution de droite ?
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a) Le couple de potentiel le PLUS ÉLEVÉ subit la réduction : c'est Cu2+/CuCu^{2+}/Cu. Cathode (réduction) : Cu2++2eCuCu^{2+}+2e^{-}\rightarrow Cu. Anode (oxydation) : ZnZn2++2eZn\rightarrow Zn^{2+}+2e^{-}. Équation globale, obtenue en additionnant, les électrons se simplifiant : Zn+Cu2+Zn2++CuZn+Cu^{2+}\rightarrow Zn^{2+}+Cu.

b) Epile=EcathodeEanode=0,34(0,76)=1,10E^{\circ}_{\text{pile}}=E^{\circ}_{\text{cathode}}-E^{\circ}_{\text{anode}}=0{,}34-(-0{,}76)=1{,}10 V. La valeur est positive, ce qui confirme que la réaction est spontanée dans le sens écrit. Remarque essentielle : bien que les deux demi-réactions aient été écrites avec 2 électrons, on ne multiplie PAS EE^{\circ} par 2. Le potentiel est une grandeur intensive, une énergie PAR charge, il ne dépend pas de la quantité de matière.

c) Par convention, l'anode s'écrit à gauche et la cathode à droite, la double barre représentant le pont salin : ZnZn2+(1,0 mol/L)Cu2+(1,0 mol/L)CuZn\left|Zn^{2+}(1{,}0\text{ mol/L})\right|\left|Cu^{2+}(1{,}0\text{ mol/L})\right|Cu. Dans le fil, les électrons vont de l'ANODE vers la CATHODE, donc du zinc vers le cuivre, comme l'indique la flèche de la figure. Le courant conventionnel, lui, circule en sens inverse.

d) Dans le compartiment de gauche, l'oxydation produit des ions Zn2+Zn^{2+} : ce compartiment tend à devenir positif. Dans celui de droite, la réduction consomme des Cu2+Cu^{2+} : il tend à devenir négatif. Pour rétablir la neutralité, les ANIONS du pont salin migrent vers le compartiment ANODIQUE, c'est-à-dire vers la gauche, et les cations vers la cathode. Retenir : les anions vont vers l'anode, ce que le vocabulaire rend facile à mémoriser.

e) L'électrode de zinc se DISSOUT, sa masse diminue. L'électrode de cuivre se recouvre de cuivre métallique déposé, sa masse AUGMENTE. Dans le compartiment de droite, les ions Cu2+Cu^{2+}, responsables de la couleur bleue caractéristique, sont consommés : la solution PÂLIT progressivement. Ces trois observations sont le contrôle expérimental le plus simple du sens de fonctionnement d'une pile, et elles constituent une question de laboratoire classique.

Exercice 4 : Trois écritures d'une même information : E°, ΔG° et K

Le potentiel standard, l'enthalpie libre standard et la constante d'équilibre décrivent la même chose sous trois angles : le voltmètre, l'énergie disponible, et la position finale de l'équilibre. Les relier est l'objectif central du chapitre.

On reprend la pile Daniell, E=1,10E^{\circ}=1{,}10 V, avec F=96500F=96\,500 C/mol, R=8,314R=8{,}314 J/(mol·K) et T=298T=298 K.

  • a) Calculez ΔG\Delta G^{\circ} de la réaction Zn+Cu2+Zn2++CuZn+Cu^{2+}\rightarrow Zn^{2+}+Cu, en kJ/mol. Que signifie son signe ?
  • b) Calculez la constante d'équilibre KK de cette réaction.
  • c) Interprétez l'ordre de grandeur obtenu : que reste-t-il de Cu2+Cu^{2+} à l'équilibre ?
  • d) Une réaction rédox a E=0,25E^{\circ}=-0{,}25 V avec n=2n=2. Est-elle spontanée dans le sens écrit ? Et dans le sens inverse ? Calculez son KK.
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a) ΔG=nFE=2×96500×1,10=2,12×105\Delta G^{\circ}=-nFE^{\circ}=-2\times 96\,500\times 1{,}10=-2{,}12\times 10^{5} J/mol, soit 212-212 kJ/mol. Le signe négatif signifie que la réaction est SPONTANÉE dans le sens écrit, dans les conditions standards. La valeur représente le travail électrique maximal récupérable par mole de zinc consommée.

b) On peut passer par ΔG=RTlnK\Delta G^{\circ}=-RT\ln K, d'où lnK=nFERT=2123008,314×298=85,7\ln K=\dfrac{nFE^{\circ}}{RT}=\dfrac{212\,300}{8{,}314\times 298}=85{,}7, donc logK=37,2\log K=37{,}2 et K=1,6×1037K=1{,}6\times 10^{37}. Le raccourci du cours donne la même chose : logK=nE0,0592=2×1,100,0592=37,2\log K=\dfrac{nE^{\circ}}{0{,}0592}=\dfrac{2\times 1{,}10}{0{,}0592}=37{,}2.

c) Une constante de 103710^{37} signifie que la réaction est TOTALE au sens pratique du terme. En partant de concentrations de l'ordre de 1 mol/L, il resterait à l'équilibre une concentration de Cu2+Cu^{2+} de l'ordre de 103710^{-37} mol/L, soit très largement moins d'un ion par litre : la notion même de concentration cesse d'avoir un sens à cette échelle. Un potentiel de pile d'un peu plus d'un volt correspond donc déjà à une réaction complète, ce qui explique qu'aucune pile usuelle ne s'arrête « à mi-course ».

d) E=0,25E^{\circ}=-0{,}25 V est NÉGATIF, donc ΔG=2×96500×(0,25)=+48,3\Delta G^{\circ}=-2\times 96\,500\times(-0{,}25)=+48{,}3 kJ/mol est positif : la réaction n'est PAS spontanée dans le sens écrit. Elle l'est en revanche dans le sens INVERSE, pour lequel E=+0,25E^{\circ}=+0{,}25 V. Sa constante vaut logK=2×(0,25)0,0592=8,45\log K=\dfrac{2\times(-0{,}25)}{0{,}0592}=-8{,}45, donc K=3,6×109K=3{,}6\times 10^{-9} : très petite, ce qui traduit un équilibre presque entièrement déplacé vers les réactifs. On peut néanmoins forcer cette réaction en fournissant de l'énergie électrique : c'est exactement le principe de l'électrolyse.

Partie B : Niveau examen (/18)

Exercice 5 : L'équation de Nernst et la pile de concentration

Hors des conditions standards, le potentiel dépend des concentrations. L'équation de Nernst le quantifie, et elle mène à un objet contre-intuitif : une pile qui fonctionne alors que les deux électrodes sont faites du même métal.

On garde E=1,10E^{\circ}=1{,}10 V pour la pile Daniell, à 25 °C.

  • a) Écrivez l'expression de QQ pour Zn+Cu2+Zn2++CuZn+Cu^{2+}\rightarrow Zn^{2+}+Cu. Pourquoi les solides n'y figurent-ils pas ?
  • b) Calculez la tension de la pile lorsque [Zn2+]=0,100\left[Zn^{2+}\right]=0{,}100 mol/L et [Cu2+]=0,00100\left[Cu^{2+}\right]=0{,}00100 mol/L.
  • c) La tension a-t-elle augmenté ou diminué par rapport à EE^{\circ} ? Justifiez par Le Chatelier avant tout calcul.
  • d) On construit une pile dont les deux compartiments contiennent du Cu2+Cu^{2+}, à 0,0010 mol/L à gauche et 1,0 mol/L à droite, avec deux électrodes de cuivre. Calculez sa tension et identifiez l'anode.
  • e) Que vaut la tension d'une pile quand elle est « à plat » ? Quelle relation lie alors QQ et KK ?
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a) Q=[Zn2+][Cu2+]Q=\dfrac{\left[Zn^{2+}\right]}{\left[Cu^{2+}\right]}. Les solides ZnZn et CuCu n'y figurent pas parce que leur activité vaut 1 : la concentration d'un solide pur ne varie pas, sa masse volumique étant fixée. C'est exactement la même convention que pour un équilibre hétérogène de solubilité.

b) Q=0,1000,00100=100Q=\dfrac{0{,}100}{0{,}00100}=100, donc logQ=2\log Q=2. Alors E=E0,0592nlogQ=1,100,05922×2=1,100,0592=1,041E=E^{\circ}-\dfrac{0{,}0592}{n}\log Q=1{,}10-\dfrac{0{,}0592}{2}\times 2=1{,}10-0{,}0592=1{,}041 V.

c) La tension a DIMINUÉ, de 1,10 V à 1,04 V. On pouvait le prévoir sans calcul : par rapport aux conditions standards, la concentration du réactif Cu2+Cu^{2+} a été DIVISÉE par 1000, tandis que celle du produit Zn2+Zn^{2+} n'a été divisée que par 10. Le rapport QQ a donc augmenté d'un facteur 100. Le système est donc plus proche de son équilibre qu'en conditions standards, il lui reste moins de « force motrice », et la tension mesurée est plus faible. Une pile qui se décharge voit ainsi sa tension baisser continûment jusqu'à zéro.

d) Ici les deux couples sont identiques, donc E=0E^{\circ}=0 : toute la tension vient de la différence de concentration. La réaction spontanée est celle qui tend à ÉGALISER les deux concentrations : le cuivre se dissout du côté dilué et se dépose du côté concentré. L'ANODE est donc le compartiment DILUÉ, à 0,0010 mol/L. Avec Q=[Cu2+]dilueˊ[Cu2+]concentreˊ=0,00101,0=103Q=\dfrac{\left[Cu^{2+}\right]_{\text{dilué}}}{\left[Cu^{2+}\right]_{\text{concentré}}}=\dfrac{0{,}0010}{1{,}0}=10^{-3} : E=00,05922log(103)=0,0296×(3)=0,0888E=0-\dfrac{0{,}0592}{2}\log\left(10^{-3}\right)=-0{,}0296\times(-3)=0{,}0888 V, soit environ 89 mV. Faible mais parfaitement mesurable : c'est le principe de l'électrode de pH.

e) Une pile à plat a une tension NULLE : E=0E=0. L'équation de Nernst donne alors 0=E0,0592nlogQ0=E^{\circ}-\dfrac{0{,}0592}{n}\log Q, donc logQ=nE0,0592=logK\log Q=\dfrac{nE^{\circ}}{0{,}0592}=\log K, c'est-à-dire Q=KQ=K. Une pile à plat n'est donc pas une pile « vide » : c'est une pile dont la réaction a ATTEINT SON ÉQUILIBRE. C'est le lien conceptuel le plus important du chapitre, et il justifie a posteriori la relation entre EE^{\circ} et KK établie à l'exercice 4.

Exercice 6 : Électrolyse et lois de Faraday

En électrolyse, on impose le passage du courant pour forcer une réaction non spontanée. Le lien entre l'électricité et la matière est purement stœchiométrique : une mole d'électrons transporte 96 500 C.

Masses molaires : AgAg 107,87 g/mol ; CuCu 63,55 g/mol.

  • a) On argente une pièce dans un bain de Ag+Ag^{+} avec un courant de 2,50 A pendant 45,0 min. Calculez la charge totale, puis la quantité d'électrons.
  • b) Quelle masse d'argent se dépose ?
  • c) On remplace le bain par du Cu2+Cu^{2+}, à courant et durée identiques. Quelle masse de cuivre se dépose ? Pourquoi n'est-ce pas la même quantité de matière ?
  • d) Combien de temps faudrait-il, au même courant, pour déposer 5,00 g de cuivre ?
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a) La durée en secondes vaut 45,0×60=270045{,}0\times 60=2700 s. La charge est q=It=2,50×2700=6750q=It=2{,}50\times 2700=6750 C. La quantité d'électrons est n(e)=qF=675096500=6,99×102n(e^{-})=\dfrac{q}{F}=\dfrac{6750}{96\,500}=6{,}99\times 10^{-2} mol.

b) La demi-réaction est Ag++eAgAg^{+}+e^{-}\rightarrow Ag : un électron par atome, donc n(Ag)=n(e)=6,99×102n(Ag)=n(e^{-})=6{,}99\times 10^{-2} mol. La masse déposée est m=6,99×102×107,87=7,55m=6{,}99\times 10^{-2}\times 107{,}87=7{,}55 g.

c) La demi-réaction est maintenant Cu2++2eCuCu^{2+}+2e^{-}\rightarrow Cu : il faut DEUX électrons par atome. La charge étant la même, n(Cu)=n(e)2=3,50×102n(Cu)=\dfrac{n(e^{-})}{2}=3{,}50\times 10^{-2} mol, soit m=3,50×102×63,55=2,22m=3{,}50\times 10^{-2}\times 63{,}55=2{,}22 g. La même électricité dépose donc deux fois moins de moles de cuivre que d'argent : la charge de l'ion, et non sa masse molaire, commande le partage. C'est le contenu de la loi de Faraday, et c'est le point que l'énoncé teste.

d) Pour 5,00 g de cuivre : n(Cu)=5,0063,55=7,87×102n(Cu)=\dfrac{5{,}00}{63{,}55}=7{,}87\times 10^{-2} mol, donc n(e)=2×7,87×102=0,157n(e^{-})=2\times 7{,}87\times 10^{-2}=0{,}157 mol et q=0,157×96500=1,52×104q=0{,}157\times 96\,500=1{,}52\times 10^{4} C. Le temps vaut t=qI=151902,50=6074t=\dfrac{q}{I}=\dfrac{15\,190}{2{,}50}=6074 s, soit environ 101 minutes, un peu plus d'une heure et demie. Contrôle de cohérence : c'est plus de deux fois la durée initiale, ce qui est attendu puisqu'on veut plus du double de la masse déposée en c.

Voir aussi

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