Chimie des solutions 202-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : l'oxydoréduction et l'électrochimie (202-NYB)

Voici la série d'exercices corrigés de chimie du cours 202-NYB sur l'oxydoréduction. La partie A construit l'outillage : attribuer les nombres d'oxydation sans se faire piéger par les peroxydes et les hydrures, équilibrer une équation rédox par demi-réactions en milieu acide comme en milieu basique, monter une pile galvanique et en calculer la force électromotrice, relier E degré, delta G et la constante d'équilibre, appliquer l'équation de Nernst, et prévoir quelle espèce se décharge réellement lors d'une électrolyse en solution aqueuse. La partie B monte au niveau examen : un titrage rédox complet, la corrosion du fer avec le dimensionnement d'une protection cathodique, et l'accumulateur au plomb traité en problème de physique-chimie appliquée.

L'exercice 4 est celui qui donne son sens à tout le reste : les trois grandeurs EE^{\circ}, ΔG\Delta G^{\circ} et KK ne sont pas trois notions distinctes, ce sont trois écritures de la même information. Une pile de 1,10 V correspond à une constante d'équilibre de l'ordre de 103710^{37}, c'est-à-dire à une réaction totale : le voltmètre mesure en réalité une position d'équilibre.

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Ce chapitre fait partie de Chimie des solutions, 202-NYB
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (6 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1La mole et la quantité de matièreSecondaire 5 SN5
  2. 2Les propriétés de la matièreSecondaire 4 ST, Science et technologie
  3. 3La mesure au laboratoire, chiffres significatifs et incertitudesChimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
  4. 4Structure atomique et configuration électroniqueChimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
  5. 5Liaison chimique et géométrie moléculaireChimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
  6. 6Stœchiométrie, réactif limitant et rendementChimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)

Rappel de cours

  • Nombres d'oxydation : corps simple 0 ; ion monoatomique = sa charge ; OO vaut 2-2 SAUF dans les peroxydes où il vaut 1-1 ; HH vaut +1+1 SAUF dans les hydrures métalliques où il vaut 1-1. La somme vaut 0 pour une molécule, la charge pour un ion.
  • Oxydation = perte d'électrons = augmentation du nombre d'oxydation, à l'ANODE. Réduction = gain d'électrons = diminution, à la CATHODE. L'oxydant est réduit, le réducteur est oxydé.
  • Équilibrage par demi-réactions en milieu acide : équilibrer l'élément, puis OO avec H2OH_{2}O, puis HH avec H+H^{+}, puis la charge avec des électrons. En milieu basique, on termine en ajoutant autant de OHOH^{-} que de H+H^{+} des deux côtés.
  • Epile=EcathodeEanodeE^{\circ}_{\text{pile}}=E^{\circ}_{\text{cathode}}-E^{\circ}_{\text{anode}}, les deux potentiels étant lus comme des potentiels de RÉDUCTION dans la table. On ne multiplie JAMAIS EE^{\circ} par un coefficient stœchiométrique.
  • ΔG=nFE\Delta G^{\circ}=-nFE^{\circ} avec F=96500F=96\,500 C/mol. Réaction spontanée si E>0E^{\circ}>0, donc si ΔG<0\Delta G^{\circ}<0.
  • Lien avec l'équilibre : logK=nE0,0592\log K=\dfrac{nE^{\circ}}{0{,}0592} à 25 °C, ce qui découle de ΔG=RTlnK\Delta G^{\circ}=-RT\ln K.
  • Équation de Nernst à 25 °C : E=E0,0592nlogQE=E^{\circ}-\dfrac{0{,}0592}{n}\log Q. À l'équilibre, E=0E=0 et Q=KQ=K.
  • Électrolyse, lois de Faraday : q=Itq=It (coulombs), n(e)=qFn(e^{-})=\dfrac{q}{F}, puis la stœchiométrie de la demi-réaction donne la quantité de matière déposée.

Partie A : Nombres d'oxydation, équilibrage, piles et électrolyse (/50)

Exercice 1 : Les nombres d'oxydation et les deux exceptions

Le nombre d'oxydation est une convention comptable : on attribue les électrons de chaque liaison à l'atome le plus électronégatif. Deux exceptions font tomber la moitié des copies, et elles reviennent chaque session.

  • a) Déterminez le nombre d'oxydation du manganèse dans KMnO4KMnO_{4} et celui du chrome dans Cr2O72Cr_{2}O_{7}^{2-}.
  • b) Déterminez celui de l'oxygène dans H2O2H_{2}O_{2} et celui de l'hydrogène dans NaHNaH. Nommez l'exception dans chaque cas.
  • c) Déterminez celui du soufre dans S2O32S_{2}O_{3}^{2-} et celui du carbone dans CH3OHCH_{3}OH. Commentez le caractère moyen de la valeur obtenue pour le soufre.
  • d) Dans la réaction Zn+2H+Zn2++H2Zn+2H^{+}\rightarrow Zn^{2+}+H_{2}, identifiez l'oxydant, le réducteur, l'espèce oxydée et l'espèce réduite.

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Réponses

  • a) n(Mn)=+7n(Mn)=+7 dans KMnO4KMnO_{4} et n(Cr)=+6n(Cr)=+6 dans Cr2O72Cr_{2}O_{7}^{2-}
  • b) n(O)=1n(O)=-1 dans H2O2H_{2}O_{2} (peroxyde) et n(H)=1n(H)=-1 dans NaHNaH (hydrure)
  • c) n(S)=+2n(S)=+2, une MOYENNE entre un soufre à +5+5 et un à 1-1 ; n(C)=2n(C)=-2 dans CH3OHCH_{3}OH
  • d) ZnZn est le réducteur et il est oxydé ; H+H^{+} est l'oxydant et il est réduit

a) Dans KMnO4KMnO_{4} : KK vaut +1+1, chaque OO vaut 2-2 soit 8-8 au total, et la molécule est neutre. Donc +1+n(Mn)8=0+1+n(Mn)-8=0 et n(Mn)=+7n(Mn)=+7, la valeur maximale possible pour le manganèse. Dans Cr2O72Cr_{2}O_{7}^{2-} : 2n(Cr)+7(2)=22n(Cr)+7(-2)=-2, donc 2n(Cr)=+122n(Cr)=+12 et n(Cr)=+6n(Cr)=+6.

b) Dans H2O2H_{2}O_{2} : les deux HH valent +1+1, la molécule est neutre, donc 2(+1)+2n(O)=02(+1)+2n(O)=0 et n(O)=1n(O)=-1. C'est l'exception des PEROXYDES, où deux oxygènes sont liés entre eux. Dans NaHNaH : NaNa est un métal alcalin, il vaut +1+1, donc n(H)=1n(H)=-1. C'est l'exception des HYDRURES métalliques, où l'hydrogène est lié à un élément MOINS électronégatif que lui.

c) Dans S2O32S_{2}O_{3}^{2-} : 2n(S)+3(2)=22n(S)+3(-2)=-2, donc 2n(S)=+42n(S)=+4 et n(S)=+2n(S)=+2. Cette valeur est une MOYENNE : dans le thiosulfate, les deux soufres ne sont pas équivalents, l'un est au degré +5+5 et l'autre à 1-1. Le nombre d'oxydation étant une convention de comptage, seule la somme a un sens ici. Dans CH3OHCH_{3}OH : n(C)+3(+1)+(2)+(+1)=0n(C)+3(+1)+(-2)+(+1)=0, donc n(C)=2n(C)=-2.

d) Le zinc passe de 0 à +2+2 : il PERD des électrons, il est donc OXYDÉ, et c'est le RÉDUCTEUR. L'hydrogène passe de +1+1 à 0 : il GAGNE des électrons, il est donc RÉDUIT, et H+H^{+} est l'OXYDANT. Piège de vocabulaire classique : l'oxydant est celui qui est réduit, et le réducteur est celui qui est oxydé. Vérification du bilan : le zinc cède 2 électrons, deux ions H+H^{+} en captent 1 chacun, le compte est bon.

Exercice 2 : L'équilibrage par demi-réactions, en milieu acide puis basique

La méthode des demi-réactions ne demande aucune intuition : elle demande de respecter un ordre. Élément, puis oxygène avec H2OH_{2}O, puis hydrogène avec H+H^{+}, puis charge avec des électrons. Le passage en milieu basique se fait à la toute fin, jamais au début.

  • a) Équilibrez en milieu acide : MnO4+Fe2+Mn2++Fe3+MnO_{4}^{-}+Fe^{2+}\rightarrow Mn^{2+}+Fe^{3+}.
  • b) Vérifiez votre équation par un bilan de charge des deux côtés.
  • c) Équilibrez en milieu basique : MnO4+IMnO2+IO3MnO_{4}^{-}+I^{-}\rightarrow MnO_{2}+IO_{3}^{-}.
  • d) Pourquoi ne peut-on pas laisser des ions H+H^{+} dans l'équation finale d'une réaction en milieu basique ?

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  • a) MnO4+5Fe2++8H+Mn2++5Fe3++4H2OMnO_{4}^{-}+5Fe^{2+}+8H^{+}\rightarrow Mn^{2+}+5Fe^{3+}+4H_{2}O
  • b) +17+17 de chaque côté, et 1 MnMn, 4 OO, 8 HH, 5 FeFe : l'équation tient
  • c) 2MnO4+H2O+I2MnO2+2OH+IO32MnO_{4}^{-}+H_{2}O+I^{-}\rightarrow 2MnO_{2}+2OH^{-}+IO_{3}^{-}, charge 3-3 de chaque côté
  • d) À pH 13, [H+]=1013[H^{+}]=10^{-13} mol/L : une espèce absente ne peut pas figurer en quantité stoechiométrique

a) Demi-réaction de réduction : le manganèse passe de +7+7 à +2+2, il capte 5 électrons. On écrit MnO4Mn2+MnO_{4}^{-}\rightarrow Mn^{2+}, on équilibre l'oxygène avec 4 H2OH_{2}O à droite, l'hydrogène avec 8 H+H^{+} à gauche, puis la charge : MnO4+8H++5eMn2++4H2OMnO_{4}^{-}+8H^{+}+5e^{-}\rightarrow Mn^{2+}+4H_{2}O. Demi-réaction d'oxydation : Fe2+Fe3++eFe^{2+}\rightarrow Fe^{3+}+e^{-}. Pour égaliser les électrons, on multiplie la seconde par 5. Bilan : MnO4+8H++5Fe2+Mn2++4H2O+5Fe3+MnO_{4}^{-}+8H^{+}+5Fe^{2+}\rightarrow Mn^{2+}+4H_{2}O+5Fe^{3+}.

b) À gauche : (1)+8(+1)+5(+2)=1+8+10=+17(-1)+8(+1)+5(+2)=-1+8+10=+17. À droite : (+2)+4(0)+5(+3)=2+15=+17(+2)+4(0)+5(+3)=2+15=+17. Les charges sont égales, et les atomes le sont aussi : 1 MnMn, 4 OO, 8 HH, 5 FeFe de chaque côté. Ce bilan de charge est le contrôle le plus rapide qui existe sur une équation rédox : faites-le systématiquement.

c) Réduction : le manganèse passe de +7+7 à +4+4, soit 3 électrons. En milieu basique on écrit directement MnO4+2H2O+3eMnO2+4OHMnO_{4}^{-}+2H_{2}O+3e^{-}\rightarrow MnO_{2}+4OH^{-}. Oxydation : l'iode passe de 1-1 à +5+5, soit 6 électrons : I+6OHIO3+3H2O+6eI^{-}+6OH^{-}\rightarrow IO_{3}^{-}+3H_{2}O+6e^{-}. On multiplie la première par 2 pour avoir 6 électrons de part et d'autre : 2MnO4+4H2O+6e2MnO2+8OH2MnO_{4}^{-}+4H_{2}O+6e^{-}\rightarrow 2MnO_{2}+8OH^{-}. En additionnant et en simplifiant les 6OH6OH^{-} et 3H2O3H_{2}O communs : 2MnO4+H2O+I2MnO2+2OH+IO32MnO_{4}^{-}+H_{2}O+I^{-}\rightarrow 2MnO_{2}+2OH^{-}+IO_{3}^{-}. Contrôle de charge : à gauche 21=3-2-1=-3, à droite 21=3-2-1=-3.

d) Parce qu'en milieu basique la concentration de H+H^{+} est négligeable : à pH 13 elle vaut 101310^{-13} mol/L. Faire figurer H+H^{+} comme réactif reviendrait à affirmer qu'une espèce pratiquement absente participe en quantité stœchiométrique, ce qui est chimiquement faux même si l'équation reste formellement équilibrée. La technique consiste donc à équilibrer d'abord en milieu acide si c'est plus commode, puis à ajouter à CHAQUE membre autant de OHOH^{-} qu'il y a de H+H^{+}, à recombiner H++OHH^{+}+OH^{-} en H2OH_{2}O, et enfin à simplifier les molécules d'eau en excès.

Exercice 3 : La pile galvanique : anode, cathode et tension

Une pile Daniell sépare les deux demi-réactions dans deux compartiments reliés par un fil et un pont salin. Les électrons circulent dans le fil, les ions dans le pont : sans le pont, la pile s'arrête en une fraction de seconde par accumulation de charge.

Données à 25 °C : E(Zn2+/Zn)=0,76E^{\circ}\left(Zn^{2+}/Zn\right)=-0{,}76 V et E(Cu2+/Cu)=+0,34E^{\circ}\left(Cu^{2+}/Cu\right)=+0{,}34 V, toutes concentrations à 1,0 mol/L.

VZnCuanode (−)cathode (+)Zn2+Cu2+pont saline− →
  • a) Écrivez les deux demi-réactions, identifiez l'anode et la cathode, et donnez l'équation globale.
  • b) Calculez la force électromotrice standard de la pile.
  • c) Donnez la notation conventionnelle de la pile, et indiquez le sens de circulation des électrons dans le fil.
  • d) Dans quel sens migrent les anions du pont salin ? Justifiez par un raisonnement de neutralité électrique.
  • e) Après un certain temps de fonctionnement, comment ont varié la masse de chaque électrode et la couleur de la solution de droite ?

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  • a) Cathode Cu2++2eCuCu^{2+}+2e^{-}\rightarrow Cu, anode ZnZn2++2eZn\rightarrow Zn^{2+}+2e^{-}, bilan Zn+Cu2+Zn2++CuZn+Cu^{2+}\rightarrow Zn^{2+}+Cu
  • b) E=0,34(0,76)=1,10E^{\circ}=0{,}34-(-0{,}76)=1{,}10 V, et l'on ne multiplie jamais un potentiel par nn
  • c) ZnZn2+Cu2+CuZn\,|\,Zn^{2+}\,||\,Cu^{2+}\,|\,Cu ; les électrons vont du zinc vers le cuivre dans le fil
  • d) Les anions migrent vers l'anode, à gauche, pour compenser les Zn²⁺ formés
  • e) Le zinc maigrit, le cuivre grossit, et la solution bleue pâlit

a) Le couple de potentiel le PLUS ÉLEVÉ subit la réduction : c'est Cu2+/CuCu^{2+}/Cu. Cathode (réduction) : Cu2++2eCuCu^{2+}+2e^{-}\rightarrow Cu. Anode (oxydation) : ZnZn2++2eZn\rightarrow Zn^{2+}+2e^{-}. Équation globale, obtenue en additionnant, les électrons se simplifiant : Zn+Cu2+Zn2++CuZn+Cu^{2+}\rightarrow Zn^{2+}+Cu.

b) Epile=EcathodeEanode=0,34(0,76)=1,10E^{\circ}_{\text{pile}}=E^{\circ}_{\text{cathode}}-E^{\circ}_{\text{anode}}=0{,}34-(-0{,}76)=1{,}10 V. La valeur est positive, ce qui confirme que la réaction est spontanée dans le sens écrit. Remarque essentielle : bien que les deux demi-réactions aient été écrites avec 2 électrons, on ne multiplie PAS EE^{\circ} par 2. Le potentiel est une grandeur intensive, une énergie PAR charge, il ne dépend pas de la quantité de matière.

c) Par convention, l'anode s'écrit à gauche et la cathode à droite, la double barre représentant le pont salin : ZnZn2+(1,0 mol/L)Cu2+(1,0 mol/L)CuZn\left|Zn^{2+}(1{,}0\text{ mol/L})\right|\left|Cu^{2+}(1{,}0\text{ mol/L})\right|Cu. Dans le fil, les électrons vont de l'ANODE vers la CATHODE, donc du zinc vers le cuivre, comme l'indique la flèche de la figure. Le courant conventionnel, lui, circule en sens inverse.

d) Dans le compartiment de gauche, l'oxydation produit des ions Zn2+Zn^{2+} : ce compartiment tend à devenir positif. Dans celui de droite, la réduction consomme des Cu2+Cu^{2+} : il tend à devenir négatif. Pour rétablir la neutralité, les ANIONS du pont salin migrent vers le compartiment ANODIQUE, c'est-à-dire vers la gauche, et les cations vers la cathode. Retenir : les anions vont vers l'anode, ce que le vocabulaire rend facile à mémoriser.

e) L'électrode de zinc se DISSOUT, sa masse diminue. L'électrode de cuivre se recouvre de cuivre métallique déposé, sa masse AUGMENTE. Dans le compartiment de droite, les ions Cu2+Cu^{2+}, responsables de la couleur bleue caractéristique, sont consommés : la solution PÂLIT progressivement. Ces trois observations sont le contrôle expérimental le plus simple du sens de fonctionnement d'une pile, et elles constituent une question de laboratoire classique.

Exercice 4 : Trois écritures d'une même information : E°, ΔG° et K

Le potentiel standard, l'enthalpie libre standard et la constante d'équilibre décrivent la même chose sous trois angles : le voltmètre, l'énergie disponible, et la position finale de l'équilibre. Les relier est l'objectif central du chapitre.

On reprend la pile Daniell, E=1,10E^{\circ}=1{,}10 V, avec F=96500F=96\,500 C/mol, R=8,314R=8{,}314 J/(mol·K) et T=298T=298 K.

  • a) Calculez ΔG\Delta G^{\circ} de la réaction Zn+Cu2+Zn2++CuZn+Cu^{2+}\rightarrow Zn^{2+}+Cu, en kJ/mol. Que signifie son signe ?
  • b) Calculez la constante d'équilibre KK de cette réaction.
  • c) Interprétez l'ordre de grandeur obtenu : que reste-t-il de Cu2+Cu^{2+} à l'équilibre ?
  • d) Une réaction rédox a E=0,25E^{\circ}=-0{,}25 V avec n=2n=2. Est-elle spontanée dans le sens écrit ? Et dans le sens inverse ? Calculez son KK.

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  • a) ΔG=nFE=212\Delta G^{\circ}=-nFE^{\circ}=-212 kJ/mol : réaction spontanée dans le sens écrit
  • b) logK=37,2\log K=37{,}2, soit K=1,6×1037K=1{,}6\times 10^{37}
  • c) Réaction totale : il resterait de l'ordre de 103710^{-37} mol/L de Cu2+Cu^{2+}, moins d'un ion par litre
  • d) ΔG=+48,3\Delta G^{\circ}=+48{,}3 kJ/mol, non spontanée dans le sens écrit ; logK=8,45\log K=-8{,}45, soit K=3,6×109K=3{,}6\times 10^{-9}

a) ΔG=nFE=2×96500×1,10=2,12×105\Delta G^{\circ}=-nFE^{\circ}=-2\times 96\,500\times 1{,}10=-2{,}12\times 10^{5} J/mol, soit 212-212 kJ/mol. Le signe négatif signifie que la réaction est SPONTANÉE dans le sens écrit, dans les conditions standards. La valeur représente le travail électrique maximal récupérable par mole de zinc consommée.

b) On peut passer par ΔG=RTlnK\Delta G^{\circ}=-RT\ln K, d'où lnK=nFERT=2123008,314×298=85,7\ln K=\dfrac{nFE^{\circ}}{RT}=\dfrac{212\,300}{8{,}314\times 298}=85{,}7, donc logK=37,2\log K=37{,}2 et K=1,6×1037K=1{,}6\times 10^{37}. Le raccourci du cours donne la même chose : logK=nE0,0592=2×1,100,0592=37,2\log K=\dfrac{nE^{\circ}}{0{,}0592}=\dfrac{2\times 1{,}10}{0{,}0592}=37{,}2.

c) Une constante de 103710^{37} signifie que la réaction est TOTALE au sens pratique du terme. En partant de concentrations de l'ordre de 1 mol/L, il resterait à l'équilibre une concentration de Cu2+Cu^{2+} de l'ordre de 103710^{-37} mol/L, soit très largement moins d'un ion par litre : la notion même de concentration cesse d'avoir un sens à cette échelle. Un potentiel de pile d'un peu plus d'un volt correspond donc déjà à une réaction complète, ce qui explique qu'aucune pile usuelle ne s'arrête « à mi-course ».

d) E=0,25E^{\circ}=-0{,}25 V est NÉGATIF, donc ΔG=2×96500×(0,25)=+48,3\Delta G^{\circ}=-2\times 96\,500\times(-0{,}25)=+48{,}3 kJ/mol est positif : la réaction n'est PAS spontanée dans le sens écrit. Elle l'est en revanche dans le sens INVERSE, pour lequel E=+0,25E^{\circ}=+0{,}25 V. Sa constante vaut logK=2×(0,25)0,0592=8,45\log K=\dfrac{2\times(-0{,}25)}{0{,}0592}=-8{,}45, donc K=3,6×109K=3{,}6\times 10^{-9} : très petite, ce qui traduit un équilibre presque entièrement déplacé vers les réactifs. On peut néanmoins forcer cette réaction en fournissant de l'énergie électrique : c'est exactement le principe de l'électrolyse.

E°(pile)ΔG°KΔG° = −nFE°ΔG° = −RT ln Kpositif = spontanenegatif = spontanegrand = spontaneune seule mesure suffit : les deux autres s'en deduisent,et les trois signes se lisent dans le meme sens

Exercice 5 : Électrolyse aqueuse : qui se décharge, et pourquoi pas l'autre

On électrolyse successivement du NaClNaCl FONDU, une saumure (NaClNaCl aqueux concentré) et une solution de CuSO4CuSO_{4}. Potentiels standards utiles : Na+/Na=2,71Na^{+}/Na=-2{,}71 V; 2H2O/H2+2OH=0,832H_{2}O/H_{2}+2OH^{-}=-0{,}83 V; Cu2+/Cu=+0,34Cu^{2+}/Cu=+0{,}34 V; O2/H2O=+1,23O_{2}/H_{2}O=+1{,}23 V; Cl2/Cl=+1,36Cl_{2}/Cl^{-}=+1{,}36 V.

  • a) Donnez les produits obtenus à chaque électrode lors de l'électrolyse du NaClNaCl fondu.
  • b) En solution aqueuse, quelle espèce se réduit à la cathode : Na+Na^{+} ou l'eau ? Justifiez par les potentiels, et concluez qu'on ne peut PAS préparer le sodium métallique par électrolyse d'une solution aqueuse.
  • c) Donnez les produits de l'électrolyse d'une solution de CuSO4CuSO_{4} aux deux électrodes.
  • d) À l'anode d'une saumure, les potentiels prédisent la formation de O2O_{2}. L'industrie obtient pourtant du Cl2Cl_{2}. Nommez le phénomène responsable et expliquez-le.
  • e) Écrivez le bilan global de l'électrolyse d'une saumure et nommez les trois produits vendus. Pourquoi ce procédé est-il l'un des plus gros consommateurs d'électricité de la chimie industrielle ?

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Réponses

  • a) Cathode Na++eNa(l)Na^{+}+e^{-}\rightarrow Na(l), anode 2ClCl2+2e2Cl^{-}\rightarrow Cl_{2}+2e^{-} : le procédé Downs
  • b) L'eau, à 0,83-0{,}83 V contre 2,71-2{,}71 V : aucun métal sous 0,83-0{,}83 V ne se dépose depuis l'eau
  • c) Cathode : dépôt de cuivre. Anode : 2H2OO2+4H++4e2H_{2}O\rightarrow O_{2}+4H^{+}+4e^{-}, le sulfate étant inoxydable
  • d) La SURTENSION : le dégagement de O2O_{2} à quatre électrons est cinétiquement lent, celui de Cl2Cl_{2} non
  • e) 2NaCl+2H2OCl2+H2+2NaOH2NaCl+2H_{2}O\rightarrow Cl_{2}+H_{2}+2NaOH : chlore, hydrogène et soude, payés en électricité

a) Il n'y a que deux ions présents : à la cathode Na++eNa(l)Na^{+}+e^{-}\rightarrow Na(l), à l'anode 2ClCl2(g)+2e2Cl^{-}\rightarrow Cl_{2}(g)+2e^{-}. Le sodium métallique est bien produit, parce qu'aucune espèce plus facile à réduire n'est présente : c'est le procédé Downs, et c'est la seule voie industrielle vers le sodium.

b) L'eau. À la cathode, l'espèce qui se réduit est celle dont le potentiel de réduction est le PLUS ÉLEVÉ, car c'est le meilleur oxydant : 0,83-0{,}83 V pour l'eau contre 2,71-2{,}71 V pour Na+Na^{+}, soit près de deux volts d'écart. L'eau se réduit donc en H2H_{2} bien avant que le sodium n'ait la moindre chance. Et à supposer même qu'un atome de sodium se forme, il réagirait immédiatement avec l'eau. Toute électrolyse aqueuse est ainsi bornée par l'eau elle-même : aucun métal de potentiel inférieur à environ 0,83-0{,}83 V ne peut être déposé depuis une solution aqueuse.

c) Cathode : Cu2+Cu^{2+} a le potentiel le plus élevé (+0,34+0{,}34 V contre 0,83-0{,}83 V pour l'eau), donc Cu2++2eCu(s)Cu^{2+}+2e^{-}\rightarrow Cu(s), un dépôt de cuivre métallique. Anode : l'ion sulfate SO42SO_{4}^{2-} a son soufre déjà au degré maximal +VI+VI et ne peut plus être oxydé; c'est donc l'eau qui s'oxyde : 2H2OO2+4H++4e2H_{2}O\rightarrow O_{2}+4H^{+}+4e^{-}. C'est le principe de l'affinage électrolytique du cuivre.

d) La SURTENSION (ou surpotentiel). Les potentiels standards sont des grandeurs thermodynamiques : ils disent ce qui est favorable, pas ce qui est rapide. Le dégagement de O2O_{2} met en jeu quatre électrons et la formation d'une liaison oxygène-oxygène, une cinétique lente qui exige en pratique une tension supplémentaire de plusieurs dixièmes de volt. Le Cl2Cl_{2}, lui, ne demande que deux électrons et se libère avec une surtension faible. Sur une anode bien choisie, l'ordre réel s'inverse et c'est le chlore qui sort. La thermodynamique donne la course, la cinétique désigne le vainqueur.

e) Cathode : 2H2O+2eH2+2OH2H_{2}O+2e^{-}\rightarrow H_{2}+2OH^{-}; anode : 2ClCl2+2e2Cl^{-}\rightarrow Cl_{2}+2e^{-}. Bilan : 2NaCl+2H2OCl2+H2+2NaOH2NaCl+2H_{2}O\rightarrow Cl_{2}+H_{2}+2NaOH, les ions Na+Na^{+} restant spectateurs et se retrouvant avec les OHOH^{-} formés. Les trois produits vendus sont le dichlore, le dihydrogène et la soude caustique. Le procédé est vorace parce qu'une électrolyse ne se contente pas d'orienter une réaction : elle FORCE une transformation dont le ΔG\Delta G est positif, et l'énergie électrique fournie doit au minimum couvrir ce ΔG\Delta G, majoré de toutes les surtensions et des pertes ohmiques. On paie ici en électricité ce que la réaction refuse de donner spontanément.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : L'équation de Nernst et la pile de concentration

Hors des conditions standards, le potentiel dépend des concentrations. L'équation de Nernst le quantifie, et elle mène à un objet contre-intuitif : une pile qui fonctionne alors que les deux électrodes sont faites du même métal.

On garde E=1,10E^{\circ}=1{,}10 V pour la pile Daniell, à 25 °C.

  • a) Écrivez l'expression de QQ pour Zn+Cu2+Zn2++CuZn+Cu^{2+}\rightarrow Zn^{2+}+Cu. Pourquoi les solides n'y figurent-ils pas ?
  • b) Calculez la tension de la pile lorsque [Zn2+]=0,100\left[Zn^{2+}\right]=0{,}100 mol/L et [Cu2+]=0,00100\left[Cu^{2+}\right]=0{,}00100 mol/L.
  • c) La tension a-t-elle augmenté ou diminué par rapport à EE^{\circ} ? Justifiez par Le Chatelier avant tout calcul.
  • d) On construit une pile dont les deux compartiments contiennent du Cu2+Cu^{2+}, à 0,0010 mol/L à gauche et 1,0 mol/L à droite, avec deux électrodes de cuivre. Calculez sa tension et identifiez l'anode.
  • e) Que vaut la tension d'une pile quand elle est « à plat » ? Quelle relation lie alors QQ et KK ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Q=[Zn2+][Cu2+]Q=\frac{[Zn^{2+}]}{[Cu^{2+}]} : les solides ont une activité de 1
  • b) Q=100Q=100 et E=1,100,0592=1,041E=1{,}10-0{,}0592=1{,}041 V
  • c) Elle a diminué : QQ a été multiplié par 100, le système est plus près de l'équilibre
  • d) E=0,0888E=0{,}0888 V, soit environ 89 mV ; l'anode est le compartiment DILUÉ
  • e) E=0E=0 et Q=KQ=K : une pile à plat est une pile arrivée à son équilibre

a) Q=[Zn2+][Cu2+]Q=\dfrac{\left[Zn^{2+}\right]}{\left[Cu^{2+}\right]}. Les solides ZnZn et CuCu n'y figurent pas parce que leur activité vaut 1 : la concentration d'un solide pur ne varie pas, sa masse volumique étant fixée. C'est exactement la même convention que pour un équilibre hétérogène de solubilité.

b) Q=0,1000,00100=100Q=\dfrac{0{,}100}{0{,}00100}=100, donc logQ=2\log Q=2. Alors E=E0,0592nlogQ=1,100,05922×2=1,100,0592=1,041E=E^{\circ}-\dfrac{0{,}0592}{n}\log Q=1{,}10-\dfrac{0{,}0592}{2}\times 2=1{,}10-0{,}0592=1{,}041 V.

c) La tension a DIMINUÉ, de 1,10 V à 1,04 V. On pouvait le prévoir sans calcul : par rapport aux conditions standards, la concentration du réactif Cu2+Cu^{2+} a été DIVISÉE par 1000, tandis que celle du produit Zn2+Zn^{2+} n'a été divisée que par 10. Le rapport QQ a donc augmenté d'un facteur 100. Le système est donc plus proche de son équilibre qu'en conditions standards, il lui reste moins de « force motrice », et la tension mesurée est plus faible. Une pile qui se décharge voit ainsi sa tension baisser continûment jusqu'à zéro.

d) Ici les deux couples sont identiques, donc E=0E^{\circ}=0 : toute la tension vient de la différence de concentration. La réaction spontanée est celle qui tend à ÉGALISER les deux concentrations : le cuivre se dissout du côté dilué et se dépose du côté concentré. L'ANODE est donc le compartiment DILUÉ, à 0,0010 mol/L. Avec Q=[Cu2+]dilueˊ[Cu2+]concentreˊ=0,00101,0=103Q=\dfrac{\left[Cu^{2+}\right]_{\text{dilué}}}{\left[Cu^{2+}\right]_{\text{concentré}}}=\dfrac{0{,}0010}{1{,}0}=10^{-3} : E=00,05922log(103)=0,0296×(3)=0,0888E=0-\dfrac{0{,}0592}{2}\log\left(10^{-3}\right)=-0{,}0296\times(-3)=0{,}0888 V, soit environ 89 mV. Faible mais parfaitement mesurable : c'est le principe de l'électrode de pH.

e) Une pile à plat a une tension NULLE : E=0E=0. L'équation de Nernst donne alors 0=E0,0592nlogQ0=E^{\circ}-\dfrac{0{,}0592}{n}\log Q, donc logQ=nE0,0592=logK\log Q=\dfrac{nE^{\circ}}{0{,}0592}=\log K, c'est-à-dire Q=KQ=K. Une pile à plat n'est donc pas une pile « vide » : c'est une pile dont la réaction a ATTEINT SON ÉQUILIBRE. C'est le lien conceptuel le plus important du chapitre, et il justifie a posteriori la relation entre EE^{\circ} et KK établie à l'exercice 4.

-6-4-2246-0.8-0.40.40.81.21.6E (V)log QQ = 1 : E = E°pente = −0,0592 / nune pile de concentration a E° = 0 :toute sa tension vient du terme en log Q

Exercice 7 : Électrolyse et lois de Faraday

En électrolyse, on impose le passage du courant pour forcer une réaction non spontanée. Le lien entre l'électricité et la matière est purement stœchiométrique : une mole d'électrons transporte 96 500 C.

Masses molaires : AgAg 107,87 g/mol ; CuCu 63,55 g/mol.

  • a) On argente une pièce dans un bain de Ag+Ag^{+} avec un courant de 2,50 A pendant 45,0 min. Calculez la charge totale, puis la quantité d'électrons.
  • b) Quelle masse d'argent se dépose ?
  • c) On remplace le bain par du Cu2+Cu^{2+}, à courant et durée identiques. Quelle masse de cuivre se dépose ? Pourquoi n'est-ce pas la même quantité de matière ?
  • d) Combien de temps faudrait-il, au même courant, pour déposer 5,00 g de cuivre ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) q=6750q=6750 C et n(e)=6,99×102n(e^{-})=6{,}99\times 10^{-2} mol
  • b) 7,55 g d'argent
  • c) 2,22 g de cuivre : deux électrons par atome, donc deux fois moins de moles
  • d) 6074 s, soit environ 101 minutes

a) La durée en secondes vaut 45,0×60=270045{,}0\times 60=2700 s. La charge est q=It=2,50×2700=6750q=It=2{,}50\times 2700=6750 C. La quantité d'électrons est n(e)=qF=675096500=6,99×102n(e^{-})=\dfrac{q}{F}=\dfrac{6750}{96\,500}=6{,}99\times 10^{-2} mol.

b) La demi-réaction est Ag++eAgAg^{+}+e^{-}\rightarrow Ag : un électron par atome, donc n(Ag)=n(e)=6,99×102n(Ag)=n(e^{-})=6{,}99\times 10^{-2} mol. La masse déposée est m=6,99×102×107,87=7,55m=6{,}99\times 10^{-2}\times 107{,}87=7{,}55 g.

c) La demi-réaction est maintenant Cu2++2eCuCu^{2+}+2e^{-}\rightarrow Cu : il faut DEUX électrons par atome. La charge étant la même, n(Cu)=n(e)2=3,50×102n(Cu)=\dfrac{n(e^{-})}{2}=3{,}50\times 10^{-2} mol, soit m=3,50×102×63,55=2,22m=3{,}50\times 10^{-2}\times 63{,}55=2{,}22 g. La même électricité dépose donc deux fois moins de moles de cuivre que d'argent : la charge de l'ion, et non sa masse molaire, commande le partage. C'est le contenu de la loi de Faraday, et c'est le point que l'énoncé teste.

d) Pour 5,00 g de cuivre : n(Cu)=5,0063,55=7,87×102n(Cu)=\dfrac{5{,}00}{63{,}55}=7{,}87\times 10^{-2} mol, donc n(e)=2×7,87×102=0,157n(e^{-})=2\times 7{,}87\times 10^{-2}=0{,}157 mol et q=0,157×96500=1,52×104q=0{,}157\times 96\,500=1{,}52\times 10^{4} C. Le temps vaut t=qI=151902,50=6074t=\dfrac{q}{I}=\dfrac{15\,190}{2{,}50}=6074 s, soit environ 101 minutes, un peu plus d'une heure et demie. Contrôle de cohérence : c'est plus de deux fois la durée initiale, ce qui est attendu puisqu'on veut plus du double de la masse déposée en c.

Exercice 8 : Le titrage rédox : doser le fer par permanganimétrie

On dissout 1,000 g d'un minerai de fer en milieu acide, tout le fer passant à l'état Fe2+Fe^{2+}. Le titrage exige 24,50 mL de KMnO4KMnO_{4} à 0,0200 mol/L. On donne E(MnO4/Mn2+)=1,51E^{\circ}(MnO_{4}^{-}/Mn^{2+})=1{,}51 V, E(Fe3+/Fe2+)=0,77E^{\circ}(Fe^{3+}/Fe^{2+})=0{,}77 V, M(Fe)=55,85M(Fe)=55{,}85 g/mol et M(Fe2O3)=159,69M(Fe_{2}O_{3})=159{,}69 g/mol.

  • a) Équilibrez la réaction de titrage en milieu acide.
  • b) Calculez la force électromotrice standard, puis logK\log K à l'aide de la relation logK=nE0,0592\log K=\frac{nE^{\circ}}{0{,}0592}. Que conclure sur le caractère quantitatif du dosage ?
  • c) Calculez la masse de fer dans l'échantillon et son pourcentage massique.
  • d) Exprimez le résultat en pourcentage de Fe2O3Fe_{2}O_{3}, forme sous laquelle les teneurs de minerai sont habituellement publiées.
  • e) Ce titrage se fait SANS indicateur coloré. Expliquez pourquoi, et dites ce qui se passerait si l'on dépassait l'équivalence d'une goutte.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) MnO4+5Fe2++8H+Mn2++5Fe3++4H2OMnO_{4}^{-}+5Fe^{2+}+8H^{+}\rightarrow Mn^{2+}+5Fe^{3+}+4H_{2}O, charge +17+17 des deux côtés
  • b) E=0,74E^{\circ}=0{,}74 V et logK=62,5\log K=62{,}5 : réaction totale, condition même du dosage
  • c) 0,1368 g de fer, soit 13,68 % du minerai
  • d) 19,56 % de Fe2O3Fe_{2}O_{3} : même mesure, autre unité de compte
  • e) Le permanganate violet est son propre indicateur ; une goutte de trop laisse un rose pâle persistant

a) Demi-réactions : MnO4+8H++5eMn2++4H2OMnO_{4}^{-}+8H^{+}+5e^{-}\rightarrow Mn^{2+}+4H_{2}O et Fe2+Fe3++eFe^{2+}\rightarrow Fe^{3+}+e^{-}. Pour égaliser les électrons on multiplie la seconde par 5 : MnO4+5Fe2++8H+Mn2++5Fe3++4H2OMnO_{4}^{-}+5Fe^{2+}+8H^{+}\rightarrow Mn^{2+}+5Fe^{3+}+4H_{2}O. Contrôle des charges : 1+10+8=+17-1+10+8=+17 à gauche, +2+15=+17+2+15=+17 à droite.

b) E=1,510,77=0,74E^{\circ}=1{,}51-0{,}77=0{,}74 V, avec n=5n=5 électrons échangés. logK=(5)(0,74)0,0592=62,5\log K=\frac{(5)(0{,}74)}{0{,}0592}=62{,}5, soit K1062K\approx 10^{62}. Une constante de cet ordre signifie que la réaction est totale à un degré qui dépasse toute mesure : c'est la condition même d'un dosage, où l'on suppose que chaque goutte ajoutée réagit intégralement avant la suivante.

c) n(MnO4)=(0,02450)(0,0200)=4,900×104n(MnO_{4}^{-})=(0{,}02450)(0{,}0200)=4{,}900\times 10^{-4} mol. La stœchiométrie 1 pour 5 donne n(Fe2+)=5(4,900×104)=2,450×103n(Fe^{2+})=5(4{,}900\times 10^{-4})=2{,}450\times 10^{-3} mol, soit m=(2,450×103)(55,85)=0,1368m=(2{,}450\times 10^{-3})(55{,}85)=0{,}1368 g. Le minerai titre donc 13,6813{,}68 % de fer.

d) Deux fers par Fe2O3Fe_{2}O_{3} : n(Fe2O3)=2,450×1032=1,225×103n(Fe_{2}O_{3})=\frac{2{,}450\times 10^{-3}}{2}=1{,}225\times 10^{-3} mol, soit m=(1,225×103)(159,69)=0,1956m=(1{,}225\times 10^{-3})(159{,}69)=0{,}1956 g, donc 19,5619{,}56 % de Fe2O3Fe_{2}O_{3}. Même échantillon, même mesure : seule l'unité de compte change, et c'est pourquoi une teneur de minerai doit toujours préciser la forme sous laquelle elle est exprimée.

e) Le permanganate est son PROPRE indicateur : l'ion MnO4MnO_{4}^{-} est violet intense, alors que Mn2+Mn^{2+} est pratiquement incolore. Tant qu'il reste du Fe2+Fe^{2+}, chaque goutte versée se décolore instantanément. Une goutte au-delà de l'équivalence n'a plus rien à réduire : le violet persiste et colore toute la solution en rose pâle. Ce virage est d'une netteté remarquable parce qu'il ne dépend pas d'une zone de pH mais de la disparition du réactif limitant, et il suffit d'une trace de permanganate en excès pour être visible.

Exercice 9 : La corrosion du fer et la protection cathodique

Potentiels standards : E(Fe2+/Fe)=0,44E^{\circ}(Fe^{2+}/Fe)=-0{,}44 V, E(Zn2+/Zn)=0,76E^{\circ}(Zn^{2+}/Zn)=-0{,}76 V, E(Sn2+/Sn)=0,14E^{\circ}(Sn^{2+}/Sn)=-0{,}14 V et E(O2+2H2O+4e/4OH)=+0,40E^{\circ}(O_{2}+2H_{2}O+4e^{-}/4OH^{-})=+0{,}40 V. On donne F=96485F=96\,485 C/mol, M(Zn)=65,38M(Zn)=65{,}38 g/mol.

  • a) Écrivez les deux demi-réactions de la rouille et calculez la force électromotrice de la corrosion du fer par le dioxygène dissous. La corrosion est-elle spontanée ?
  • b) Le fer galvanisé est recouvert de zinc, le fer-blanc d'étain. Calculez la f.é.m. du couple fer-zinc, puis celle du couple fer-étain, et déduisez lequel des deux métaux est oxydé dans chaque cas.
  • c) Une rayure profonde met le fer à nu dans les deux cas. Expliquez pourquoi le revêtement de zinc continue de protéger alors que celui d'étain AGGRAVE la corrosion.
  • d) Un oléoduc est protégé par des anodes sacrificielles en zinc débitant un courant total de 0,50 A. Calculez la masse de zinc consommée en un an.
  • e) Pourquoi parle-t-on de protection CATHODIQUE, et quelle est l'autre méthode employée quand on dispose d'une source électrique ?

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Réponses

  • a) E=0,40(0,44)=0,84E^{\circ}=0{,}40-(-0{,}44)=0{,}84 V : la corrosion est spontanée
  • b) 0,32 V pour fer-zinc (le zinc s'oxyde) et 0,30 V pour fer-étain (le FER s'oxyde)
  • c) Le zinc protège la rayure en se sacrifiant ; l'étain fait du fer une anode face à une grande cathode
  • d) 1,577×1071{,}577\times 10^{7} C, 163,4 mol d'électrons, soit environ 5,3 kg de zinc par an
  • e) On force la structure à être cathode ; avec une source, on emploie le courant imposé

a) Oxydation : FeFe2++2eFe\rightarrow Fe^{2+}+2e^{-}; réduction : O2+2H2O+4e4OHO_{2}+2H_{2}O+4e^{-}\rightarrow 4OH^{-}. E=0,40(0,44)=0,84E^{\circ}=0{,}40-(-0{,}44)=0{,}84 V, nettement positif : la corrosion du fer à l'air humide est spontanée, et le Fe2+Fe^{2+} formé s'oxyde ensuite en Fe3+Fe^{3+} hydraté, la rouille. C'est bien pour cela que le problème est universel et coûteux : la thermodynamique est du côté de la rouille.

b) Fer-zinc : le zinc a le potentiel le plus bas, c'est donc lui qui s'oxyde, et E=0,44(0,76)=0,32E^{\circ}=-0{,}44-(-0{,}76)=0{,}32 V. Fer-étain : cette fois c'est le FER qui a le potentiel le plus bas, donc c'est lui qui s'oxyde, avec E=0,14(0,44)=0,30E^{\circ}=-0{,}14-(-0{,}44)=0{,}30 V. Dans les deux cas la réaction est spontanée; seule l'identité du métal sacrifié change.

c) Tant que le revêtement est intact, les deux protègent également, par simple barrière physique. La rayure change tout, car elle crée une pile en court-circuit entre les deux métaux, en présence de l'électrolyte qu'est l'eau. Avec le zinc, c'est le revêtement qui devient l'anode et se dissout : le fer, devenu cathode, ne peut plus s'oxyder tant qu'il reste du zinc, et il est protégé PRÉCISÉMENT là où il est mis à nu. Avec l'étain, l'orientation s'inverse : le fer est l'anode, et il se corrode plus vite qu'il ne l'aurait fait seul, car il est désormais couplé à une grande surface cathodique d'étain. Une boîte de conserve intacte se conserve des années; rayée et humide, elle se perce en quelques semaines.

d) Une année vaut (365)(24)(3600)=3,154×107(365)(24)(3600)=3{,}154\times 10^{7} s, donc Q=(0,50)(3,154×107)=1,577×107Q=(0{,}50)(3{,}154\times 10^{7})=1{,}577\times 10^{7} C. Nombre de moles d'électrons : 1,577×10796485=163,4\frac{1{,}577\times 10^{7}}{96\,485}=163{,}4 mol. Le zinc cède 2 électrons, d'où 163,42=81,7\frac{163{,}4}{2}=81{,}7 mol de zinc, soit m=(81,7)(65,38)=5,34×103m=(81{,}7)(65{,}38)=5{,}34\times 10^{3} g, environ 5,3 kg par an. C'est ce dimensionnement qui fixe la taille des anodes et la fréquence de leur remplacement.

e) Parce que le principe est de forcer la structure à jouer le rôle de CATHODE : une cathode reçoit les électrons et subit une réduction, donc elle ne peut pas s'oxyder, c'est-à-dire se corroder. L'anode sacrificielle fournit ces électrons en se consommant à sa place. Quand une source électrique est disponible, on emploie plutôt le courant imposé : un générateur injecte les électrons dans la structure et l'anode, inerte, ne se consomme presque pas. Même principe, mais on paie en électricité au lieu de payer en métal.

Fe²⁺/Fe -0,44 VZn²⁺/Zn -0,76 VAl³⁺/Al -1,66 VCu²⁺/Cu +0,34 VAg⁺/Ag +0,80 Vle zinc se sacrifieE° (V)un metal PLUS reducteur que le fer s'oxyde a sa place ;un metal moins reducteur, comme le cuivre, l'accelere

Exercice 10 : Problème : l'accumulateur au plomb et la densité d'énergie

L'accumulateur au plomb repose sur Pb(s)+PbO2(s)+2H2SO42PbSO4(s)+2H2OPb(s)+PbO_{2}(s)+2H_{2}SO_{4}\rightarrow 2PbSO_{4}(s)+2H_{2}O, avec E(PbO2/PbSO4)=+1,685E^{\circ}(PbO_{2}/PbSO_{4})=+1{,}685 V et E(PbSO4/Pb)=0,356E^{\circ}(PbSO_{4}/Pb)=-0{,}356 V. On considère une batterie de voiture de 12 V et 60 A·h. On donne F=96485F=96\,485 C/mol, M(Pb)=207,2M(Pb)=207{,}2 g/mol, M(PbO2)=239,2M(PbO_{2})=239{,}2 g/mol.

  • a) Calculez la tension d'un élément, puis déduisez le nombre d'éléments montés en série dans la batterie.
  • b) Convertissez la capacité de 60 A·h en coulombs, puis en moles d'électrons.
  • c) Calculez les masses de plomb et de dioxyde de plomb consommées lors d'une décharge complète.
  • d) Calculez l'énergie stockée en mégajoules, puis la densité d'énergie de la batterie en supposant une masse totale de 15 kg. Comparez à l'essence, qui libère environ 44 MJ/kg.
  • e) Pourquoi l'écart calculé en d) n'est-il pas aussi rédhibitoire qu'il en a l'air pour un véhicule électrique ? Et pourquoi la densité de l'acide sulfurique sert-elle à mesurer l'état de charge ?

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b)
c)
d)
e)
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  • a) 2,041 V par élément, donc six éléments en série pour les 12 V
  • b) Q=2,16×105Q=2{,}16\times 10^{5} C, soit 2,239 mol d'électrons
  • c) 232 g de plomb et 268 g de dioxyde de plomb, un demi-kilo de matière active
  • d) 2,64 MJ et 0,176 MJ/kg, soit 250 fois moins que l'essence
  • e) Le rendement électrique corrige l'écart, et l'acide est un réactif : sa densité mesure l'avancement

a) E=1,685(0,356)=2,041E^{\circ}=1{,}685-(-0{,}356)=2{,}041 V par élément. Six éléments en série donnent 6(2,041)=12,26(2{,}041)=12{,}2 V : c'est exactement la tension nominale d'une batterie de voiture, et la raison pour laquelle le 12 V s'est imposé dans l'automobile.

b) Q=(60)(3600)=2,16×105Q=(60)(3600)=2{,}16\times 10^{5} C. En moles d'électrons : 2,16×10596485=2,239\frac{2{,}16\times 10^{5}}{96\,485}=2{,}239 mol.

c) La réaction échange 2 électrons pour une mole de PbPb et une mole de PbO2PbO_{2} : n=2,2392=1,119n=\frac{2{,}239}{2}=1{,}119 mol de chaque. Donc m(Pb)=(1,119)(207,2)=232m(Pb)=(1{,}119)(207{,}2)=232 g et m(PbO2)=(1,119)(239,2)=268m(PbO_{2})=(1{,}119)(239{,}2)=268 g, soit un demi-kilo de matière active consommée pour une seule décharge complète.

d) E=(12,2)(60)=732E=(12{,}2)(60)=732 W·h, soit (732)(3600)=2,64×106(732)(3600)=2{,}64\times 10^{6} J =2,64=2{,}64 MJ. Densité d'énergie : 2,6415=0,176\frac{2{,}64}{15}=0{,}176 MJ/kg, à comparer aux 44 MJ/kg de l'essence : un facteur 250 en faveur du carburant. Le plomb est un très mauvais réservoir d'énergie par kilogramme, ce qui explique qu'aucune voiture électrique moderne n'en embarque pour la traction.

e) Parce que la comparaison brute est trompeuse à deux titres. D'abord un moteur thermique ne convertit qu'environ 25 à 30 % de l'énergie du carburant en travail, contre plus de 90 % pour une chaîne électrique : l'écart utile est plutôt d'un facteur 80 que 250. Ensuite le plomb n'est pas la référence pertinente : le lithium-ion atteint environ 0,8 MJ/kg, cinq fois mieux, ce qui suffit à une autonomie routière. Quant à la densité de l'acide, elle est un indicateur d'état de charge parce que l'acide sulfurique est un RÉACTIF consommé par la décharge, et non un simple électrolyte spectateur : à mesure que la batterie se décharge, l'acide se transforme en eau et en sulfate solide, la solution s'appauvrit et sa densité chute. Un pèse-acide mesure donc littéralement l'avancement de la réaction.

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