Chimie des solutions 202-SN2-RE (ancien 202-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Fiche de révision : oxydoréduction et électrochimie (202-SN2-RE, ancien 202-NYB)
L'électrochimie relie trois grandeurs qui disent la même chose sous trois formes : le potentiel E∘, l'énergie libre ΔG∘ et la constante d'équilibre K. Passer de l'une à l'autre est la moitié du chapitre; l'autre moitié consiste à équilibrer proprement des demi-réactions et à ne pas confondre les deux électrodes.
Cette fiche fixe les conventions de signe, donne les trois relations et leurs pièges, et rassemble les erreurs qui reviennent d'un examen à l'autre sur les potentiels, sur Nernst et sur les lois de Faraday.
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Le fil du chapitre
Un potentiel standard est une propriété INTENSIVE : il ne se multiplie jamais par un coefficient stœchiométrique. Doubler une demi-réaction double le nombre d'électrons, jamais la tension, et c'est l'erreur la plus fréquente de tout le chapitre.
•Corps simple : 0. Ion monoatomique : sa charge. O vaut −2 SAUF dans les peroxydes, où il vaut −1. H vaut +1 SAUF dans les hydrures métalliques, où il vaut −1.
•La somme des nombres d'oxydation vaut 0 pour une molécule et la CHARGE pour un ion polyatomique.
•OXYDATION : perte d'électrons, AUGMENTATION du nombre d'oxydation, à l'ANODE. Le réducteur est celui qui s'oxyde.
•RÉDUCTION : gain d'électrons, DIMINUTION du nombre d'oxydation, à la CATHODE. L'oxydant est celui qui se réduit.
•Anode et cathode se définissent par la RÉACTION, jamais par le signe : l'anode est négative dans une pile et positive dans une électrolyse.
Les électrons circulent TOUJOURS de l'anode vers la cathode dans le circuit extérieur. Le pont salin ne conduit pas d'électrons : il laisse passer des ions pour maintenir l'électroneutralité des deux compartiments.
Le moyen mnémotechnique qui ne trompe pas : anode et oxydation commencent tous deux par une voyelle, cathode et réduction par une consonne. Le signe, lui, change selon le dispositif.
Les trois écritures d'une même information
•Epile∘=Ecathode∘−Eanode∘, les deux potentiels étant lus comme des potentiels de RÉDUCTION dans la table.
•On ne multiplie JAMAIS E∘ par un coefficient : c'est une grandeur intensive, comme une température.
•ΔG∘=−nFE∘, avec F=96500 C/mol et n le nombre d'électrons ÉCHANGÉS dans l'équation globale équilibrée.
•logK=0,0592nE∘ à 25 °C, conséquence directe de ΔG∘=−RTlnK.
•Réaction spontanée si E∘>0, donc si ΔG∘<0, donc si K>1. Les trois critères disent exactement la même chose.
Les trois grandeurs se déduisent les unes des autres : connaître l'une, c'est connaître les trois. Une seule des trois, E∘, ne se multiplie jamais par un coefficient.
E∘ ne se multiplie pas, mais ΔG∘ si : c'est une grandeur extensive. C'est pourquoi on combine des demi-réactions en passant par les ΔG∘ quand les coefficients ne se simplifient pas.
Nernst, électrolyse et Faraday
•Hors des conditions standards : E=E∘−n0,0592logQ à 25 °C, avec Q écrit comme pour un équilibre, produits sur réactifs.
•À l'équilibre, la pile est usée : E=0 et Q=K. C'est exactement ce que dit la relation entre E∘ et K.
•Pile de CONCENTRATION : les deux couples sont identiques, donc E∘=0, et toute la tension vient du terme de Nernst.
•Électrolyse : q=It en coulombs, puis n(e−)=Fq, puis la stœchiométrie de la demi-réaction donne la quantité de matière déposée.
•Protection cathodique : on relie le métal à protéger à un métal PLUS RÉDUCTEUR, c'est-à-dire de potentiel plus NÉGATIF, qui se sacrifie à sa place.
Plus le potentiel est à DROITE, plus l'espèce oxydée du couple est un oxydant fort. Dans une pile, la cathode est toujours le couple le plus à droite, et l'anode celui le plus à gauche.
Dans une électrolyse aqueuse, l'eau elle-même est candidate aux deux électrodes : il faut comparer les potentiels avant de conclure qu'un ion se décharge, sans quoi on prédit des dépôts de sodium qui ne se produisent jamais.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Multiplier un potentiel standard par un coefficient stœchiométrique
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« On double la demi-réaction du cuivre, donc E∘ passe de +0,34 à +0,68 V. »
Ce qu'il faut écrire
« E∘ est une grandeur INTENSIVE : il reste +0,34 V. C'est n qui double, donc ΔG∘, mais jamais la tension. »
Pourquoi : Une tension ne dépend pas de la quantité de matière, comme une température ne dépend pas du volume d'eau. Deux piles identiques en série doublent la tension; doubler une équation, non.
2.Additionner les deux potentiels au lieu de les soustraire
toute la question, 6 points, avec une conclusion inversée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Epile∘=0,34+(−0,76)=−0,42 V, donc la pile ne fonctionne pas. »
Ce qu'il faut écrire
« Epile∘=Ecathode∘−Eanode∘=0,34−(−0,76)=+1,10 V : la pile de Daniell fonctionne parfaitement. »
Les deux potentiels de table se SOUSTRAIENT : l'écart entre le cuivre et le zinc vaut 1,10 V. Les additionner place la pile à −0,42 V, comme si elle ne fonctionnait pas.
Pourquoi : Les deux valeurs de la table sont des potentiels de RÉDUCTION. Comme l'anode subit en réalité une oxydation, il faut retrancher son potentiel, ce qui revient à changer le signe de sa demi-réaction inversée.
3.Identifier l'anode par son signe plutôt que par la réaction
3 points, et la moitié d'une question d'électrolyse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« L'anode est toujours la borne positive. »
Ce qu'il faut écrire
« L'anode est là où se produit l'OXYDATION, toujours. Elle est NÉGATIVE dans une pile et POSITIVE dans une électrolyse. »
Dans les deux dispositifs, l'anode est le lieu de l'OXYDATION et les électrons en partent ; seul son signe change, négatif dans la pile, positif dans l'électrolyse.
Pourquoi : Dans une pile, l'oxydation libère des électrons qui rendent l'électrode négative. Dans une électrolyse, c'est le générateur extérieur qui impose les signes, et il attire les anions vers son pôle positif, où ils s'oxydent.
4.Prendre le nombre d'électrons d'une seule demi-réaction
toute la question d'énergie, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La demi-réaction du fer échange 1 électron et celle du permanganate en échange 5 : je prends n=1. »
Ce qu'il faut écrire
« n est le nombre d'électrons ÉCHANGÉS dans l'équation globale équilibrée, c'est-à-dire après multiplication : ici n=5. »
Pourquoi : Le nombre n compte les électrons qui traversent réellement le circuit pour une avancée d'une mole de réaction. Il se lit sur l'équation globale, jamais sur une demi-réaction isolée.
5.Écrire le quotient de Nernst à l'envers
3 points, et une tension du mauvais côté de E∘
Ce qu'il ne faut pas écrire
« E=E∘−n0,0592log[produits][reˊactifs]. »
Ce qu'il faut écrire
« Q s'écrit comme toute constante d'équilibre : PRODUITS sur RÉACTIFS. Diluer les produits doit AUGMENTER la tension, ce qui donne le contrôle du sens. »
Pile de Daniell, n=2 : avec Q=100, E=1,04 V, sous E∘ (point vert). Le quotient inversé place la tension à 1,16 V, du mauvais côté de E∘ (point rouge).
Pourquoi : L'erreur est invisible en conditions standards, puisque Q=1 et logQ=0. Elle éclate dès qu'une concentration s'écarte de l'unité, et le sens physique la tranche immédiatement.
6.Donner −2 à l'oxygène dans un peroxyde
3 points, et une demi-réaction impossible à équilibrer
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Dans H2O2, l'oxygène vaut −2, donc l'hydrogène vaut +2. »
Ce qu'il faut écrire
« Dans un PEROXYDE, l'oxygène vaut −1 : 2(+1)+2(−1)=0, ce qui est cohérent. L'hydrogène reste à +1. »
Dans le peroxyde, les deux oxygènes sont liés entre eux : chacun vaut −1, et l'hydrogène reste à +1 comme dans l'eau.
Pourquoi : Un nombre d'oxydation de +2 pour l'hydrogène est impossible, celui-ci n'ayant qu'un électron. C'est le contrôle qui signale l'exception sans avoir à la connaître par coeur.
7.Équilibrer directement avec des ions hydroxyde en milieu basique
toute la question d'équilibrage, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le milieu est basique, donc j'équilibre les hydrogènes avec des OH− dès le départ. »
Ce qu'il faut écrire
« On équilibre TOUJOURS d'abord en milieu acide, avec de l'eau et des H+; puis on ajoute autant de OH− que de H+ DES DEUX CÔTÉS et l'on simplifie en eau. »
Pourquoi : La méthode en deux temps est mécanique et ne se trompe pas. Équilibrer directement en basique demande de deviner combien d'eau ajouter de chaque côté, ce que personne ne réussit sous la pression.
8.Croire qu'une pile de concentration ne peut pas fournir de tension
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Les deux compartiments contiennent le même couple, donc E∘=0 et la pile est morte. »
Ce qu'il faut écrire
« E∘=0 mais E=0 : toute la tension vient du terme de Nernst, E=−n0,0592log[concentreˊ][dilueˊ]. »
Même couple des deux côtés, donc E∘=0 ; la tension vient de l'écart de concentration. Le côté dilué est l'anode : le cuivre s'y dissout et tend à égaliser les deux compartiments.
Pourquoi : Le système tend à égaliser les deux concentrations, et ce transfert spontané est ce qui fournit le travail électrique. La pile s'arrête exactement quand les deux compartiments sont identiques.
9.Oublier la stœchiométrie des électrons dans une loi de Faraday
3 points, et une masse doublée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 0,0746 mol d'électrons ont circulé, donc 0,0746 mol de cuivre se sont déposées. »
Ce qu'il faut écrire
« Cu2++2e−→Cu : il faut DEUX électrons par atome, donc 0,0373 mol de cuivre seulement. »
Pourquoi : La quantité d'électricité donne des moles d'ÉLECTRONS, jamais directement des moles de métal. Le passage entre les deux se lit sur la demi-réaction, comme toute stœchiométrie.
10.Protéger un métal avec un métal moins réducteur
4 points sur la question de raisonnement
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Pour protéger une coque en fer, on la relie à du cuivre, qui est plus noble. »
Ce qu'il faut écrire
« Il faut un métal PLUS RÉDUCTEUR, de potentiel plus NÉGATIF, comme le zinc ou le magnésium : c'est lui qui s'oxyde à la place du fer. Le cuivre ferait exactement l'inverse et accélérerait la corrosion. »
Le métal de potentiel le plus BAS est l'anode et se dissout : relié au zinc, le fer est protégé ; relié au cuivre, c'est lui qui se corrode.
Pourquoi : Dans un couple de deux métaux en contact, c'est celui dont le potentiel est le plus bas qui joue le rôle d'anode et se dissout. Relier du fer à du cuivre fait du fer l'anode, donc la pièce sacrifiée.
Quelle méthode choisir
Quelle relation employer
La grandeur donnée et la grandeur demandée
Si deux potentiels de table, et l'on demande la tension → Epile∘=Ecathode∘−Eanode∘, sans jamais multiplier
Exemple : 0,34−(−0,76)=1,10 V
Si on demande l'énergie maximale ou la spontanéité chiffrée → ΔG∘=−nFE∘, avec n lu sur l'équation GLOBALE
Exemple : −2×96500×1,10=−212 kJ/mol
Si on demande la constante d'équilibre → logK=0,0592nE∘
Exemple : logK=37,2, donc K≈1,6×1037
Si les concentrations ne valent pas 1 mol/L → Nernst, E=E∘−n0,0592logQ
Exemple : 1,10−0,0296log100=1,04 V
Si on donne un courant et une durée → Faraday : q=It, n(e−)=Fq, puis la stœchiométrie de la demi-réaction
l'unité de q est le coulomb, donc le temps doit être en SECONDES
Les trois premières branches donnent trois expressions de la même chose. Une réaction spontanée a simultanément E∘>0, ΔG∘<0 et K>1 : si les trois ne concordent pas, il y a une erreur de signe.
Équilibrer une demi-réaction
Le milieu indiqué par l'énoncé, et l'ordre des opérations
Si milieu ACIDE → équilibrer l'élément, puis O avec H2O, puis H avec H+, puis la CHARGE avec des électrons
Exemple : MnO4−+8H++5e−→Mn2++4H2O
Si milieu BASIQUE → faire d'abord tout le travail en milieu acide, PUIS ajouter autant de OH− que de H+ des deux côtés et simplifier
Exemple : les H+ deviennent de l'eau, l'eau se simplifie
Si il faut combiner les deux demi-réactions → multiplier chacune pour égaliser le nombre d'électrons, puis additionner en simplifiant les électrons
Exemple : 5 fois le fer contre 1 fois le permanganate
Si on doute du sens spontané → comparer les deux potentiels : le couple de potentiel PLUS ÉLEVÉ subit la réduction
Exemple : le cuivre se réduit, le zinc s'oxyde
Si on ne sait pas quel élément change de degré → calculer les nombres d'oxydation de tous les éléments avant et après
un élément dont le nombre d'oxydation ne change pas est spectateur et ne figure dans aucune demi-réaction
L'ordre élément, oxygène, hydrogène, charge est mécanique et ne se discute pas. Vérifier à la fin que la charge totale ET le nombre de chaque atome sont identiques des deux côtés : deux contrôles indépendants.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Décrire complètement une pile
Quand l'utiliser : L'énoncé donne deux couples et demande la tension, l'équation, la spontanéité ou la constante.
1Lire les deux potentiels de RÉDUCTION dans la table, et désigner comme CATHODE le couple de potentiel le plus élevé.
2Écrire les deux demi-réactions dans le bon sens : réduction à la cathode, oxydation à l'anode, cette dernière étant l'inverse de la ligne de la table.
3Multiplier les demi-réactions pour égaliser les électrons, additionner, et lire n sur l'équation globale.
4Calculer Epile∘=Ecathode∘−Eanode∘, SANS multiplier les potentiels.
5En déduire ΔG∘=−nFE∘ et, si l'énoncé le demande, logK=0,0592nE∘.
6Conclure sur la spontanéité et vérifier la concordance des trois critères.
Phrase de conclusion
« Le couple du cuivre a le potentiel le plus élevé, il constitue donc la cathode : Epile∘=0,34−(−0,76)=1,10 V, avec n=2, d'où ΔG∘=−212 kJ/mol et logK=37,2 : la réaction est très largement spontanée. »
Le piège : Multiplier les demi-réactions ET les potentiels. Seules les demi-réactions se multiplient, parce qu'on égalise des électrons; les potentiels, eux, ne dépendent pas de la quantité de matière.
Barème : Typiquement 1 point pour l'identification des électrodes, 2 pour les demi-réactions, 1 pour l'équation globale et n, 2 pour la tension, 2 pour l'énergie libre et la constante.
Traiter une électrolyse par les lois de Faraday
Quand l'utiliser : L'énoncé donne un courant, une durée, et demande une masse déposée, un volume de gaz ou une durée nécessaire.
1Écrire la demi-réaction qui se produit à l'électrode considérée, et compter les électrons qu'elle échange.
2Convertir la durée en SECONDES, puis calculer q=It en coulombs.
3Calculer n(e−)=Fq avec F=96500 C/mol.
4Diviser par le nombre d'électrons de la demi-réaction pour obtenir la quantité de matière formée, puis convertir en masse ou en volume.
5Vérifier l'ordre de grandeur : un ampère pendant une heure dépose environ un gramme de cuivre, un peu plus ou un peu moins selon le métal.
Phrase de conclusion
« Le courant de 1,00 A pendant 2,00 h fournit q=7200 C, soit 0,0746 mol d'électrons; comme il en faut deux par atome de cuivre, il se dépose 0,0373 mol, c'est-à-dire 2,37 g. »
Le piège : Laisser la durée en heures. Le coulomb est un ampère-seconde, et l'oubli de la conversion donne un résultat trois mille six cents fois trop petit.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
La concordance des trois critères
Vérifier que E∘>0, ΔG∘<0 et K>1 vont ensemble. Un désaccord entre deux d'entre eux signale une erreur de signe.
Un E∘=+1,10 V avec un ΔG∘ positif : le signe moins de la relation a sauté.
Le potentiel jamais multiplié
Repasser sur le calcul et vérifier qu'aucun coefficient n'a touché à un E∘. Seuls n et les demi-réactions se multiplient.
Un E∘=+0,68 V pour le couple du cuivre : la demi-réaction a été doublée et le potentiel avec.
La charge et les atomes des deux côtés
Après un équilibrage, compter chaque élément ET la charge totale de part et d'autre. Deux contrôles indépendants qui prennent dix secondes.
Une équation où la charge vaut +2 à gauche et +7 à droite : les électrons n'ont pas été ajoutés.
Le sens de l'écart de Nernst
Diluer les PRODUITS doit augmenter la tension, diluer les RÉACTIFS doit la diminuer. Vérifier que le résultat va dans ce sens.
Une tension supérieure à E∘ alors qu'on a dilué un réactif : le quotient est écrit à l'envers.
L'ordre de grandeur d'une électrolyse
Un ampère pendant une heure fait passer environ 0,037 mol d'électrons, soit quelques grammes de métal au plus. Un résultat en kilogrammes est faux.
Un dépôt de 8,5 kg pour deux heures à un ampère : la durée, déjà en secondes, a été multipliée une seconde fois par 3600.
L'exercice type décortiqué
La pile de Daniell, de la tension à la masse de zinc consommée
On construit une pile en plongeant une électrode de zinc dans une solution de sulfate de zinc et une électrode de cuivre dans une solution de sulfate de cuivre, les deux compartiments étant reliés par un pont salin.
Déterminer l'équation globale, la tension standard, l'énergie libre standard et la constante d'équilibre. Calculer ensuite la tension réelle si [Zn2+]=1,00 mol/L et [Cu2+]=0,010 mol/L, puis la masse de zinc consommée si la pile débite 1,00 A pendant 2,00 h.
La pile de l'énoncé : zinc dans Zn2+ à 1,00 mol/L, cuivre dans Cu2+ à 0,010 mol/L, pont salin et voltmètre.
Étape 1
Le couple du cuivre a le potentiel le plus élevé : il se RÉDUIT, donc le cuivre est la CATHODE. Le zinc s'oxyde, il est l'ANODE. Demi-réactions : Cu2++2e−→Cu et Zn→Zn2++2e−.
Pourquoi
Le choix des électrodes se fait par comparaison des potentiels, jamais par habitude. La demi-réaction de l'anode est l'INVERSE de la ligne de la table, et il faut l'écrire pour éviter l'erreur de signe suivante.
Étape 2
Équation globale : Zn+Cu2+→Zn2++Cu, avec n=2 électrons échangés.
Pourquoi
Les deux demi-réactions échangent déjà deux électrons chacune : aucune multiplication n'est nécessaire, et n se lit directement sur l'équation globale.
Étape 3
Epile∘=Ecathode∘−Eanode∘=0,34−(−0,76)=+1,10 V.
Pourquoi
Les deux valeurs sont des potentiels de réduction : la soustraction traduit le fait que l'anode fonctionne à l'envers. Aucun coefficient n'intervient ici, même si l'équation en portait.
Étape 4
ΔG∘=−nFE∘=−2×96500×1,10=−2,12×105 J/mol, soit −212 kJ/mol.
Pourquoi
C'est ici que n intervient, et lui seul porte la multiplication. L'énergie libre, elle, est extensive : doubler l'équation la doublerait.
Étape 5
logK=0,0592nE∘=0,05922×1,10=37,2, donc K≈1,6×1037.
Pourquoi
Une constante de cet ordre signifie que la réaction est pratiquement totale : il ne reste plus d'ions cuivre mesurables quand la pile s'arrête.
Étape 6
Nernst : Q=[Cu2+][Zn2+]=0,0101,00=100, donc E=1,10−20,0592log100=1,10−0,059=1,04 V.
Pourquoi
Le quotient s'écrit produits sur réactifs, comme toute constante d'équilibre. Diluer le réactif Cu2+ fait BAISSER la tension, ce qui est le contrôle de sens attendu.
Étape 7
Faraday : q=It=1,00×7200=7200 C, donc n(e−)=965007200=0,0746 mol.
Pourquoi
La durée est convertie en secondes sur cette ligne même. Le coulomb valant un ampère-seconde, laisser les heures ferait une erreur d'un facteur 3600.
Étape 8
La demi-réaction du zinc échange DEUX électrons par atome : n(Zn)=20,0746=0,0373 mol, donc m=0,0373×65,38=2,44 g.
Pourquoi
Les moles d'électrons ne sont pas des moles de métal : la conversion se lit sur la demi-réaction, exactement comme une stœchiométrie ordinaire.
Étape 9
Vérifications : E∘>0, ΔG∘<0 et K≫1 concordent; la tension réelle 1,04 V est bien INFÉRIEURE à 1,10 V puisqu'on a appauvri le réactif.
Pourquoi
Trois contrôles indépendants, tous structurels : ils attrapent un signe perdu ou un quotient inversé sans qu'il soit nécessaire de refaire le moindre calcul.
Conclusion rédigée
« La pile de Daniell délivre 1,10 V en conditions standards, ce qui correspond à ΔG∘=−212 kJ/mol et à une constante d'équilibre de l'ordre de 1037. Avec des ions cuivre cent fois moins concentrés que les ions zinc, la tension tombe à 1,04 V, et un débit de 1,00 A pendant deux heures consomme 2,44 g de zinc. »
L'erreur classique sur cet exercice : Additionner les deux potentiels et trouver −0,42 V, puis conclure que la pile ne fonctionne pas. La pile de Daniell est pourtant l'exemple canonique d'une pile qui fonctionne : c'est le signe qui trahit l'erreur, pas la valeur.
À savoir par cœur
•Anode : OXYDATION, toujours. Négative dans une pile, POSITIVE dans une électrolyse.
•Epile∘=Ecathode∘−Eanode∘, et E∘ ne se multiplie JAMAIS.
•ΔG∘=−nFE∘ avec F=96500 C/mol et n lu sur l'équation GLOBALE.
•logK=0,0592nE∘ à 25 °C. Spontané : E∘>0, ΔG∘<0, K>1.
•Nernst : E=E∘−n0,0592logQ, avec Q en PRODUITS sur RÉACTIFS.
•Pile de concentration : E∘=0, toute la tension vient du terme de Nernst.
•Faraday : q=It en SECONDES, n(e−)=Fq, puis diviser par les électrons de la demi-réaction.
•O vaut −2 sauf dans les peroxydes (−1); H vaut +1 sauf dans les hydrures (−1).
Questions fréquentes
Faut-il multiplier le potentiel standard quand on multiplie une demi-réaction ?
Non, jamais. Le potentiel est une grandeur intensive, comme une température : il ne dépend pas de la quantité de matière. Ce qui se multiplie, c'est le nombre d'électrons échangés, donc l'énergie libre, qui est extensive. Doubler une équation double l'énergie disponible, pas la tension.
L'anode est-elle positive ou négative ?
Cela dépend du dispositif. L'anode est toujours l'électrode où se produit l'oxydation, c'est sa seule définition. Dans une pile, elle est négative car l'oxydation y libère des électrons. Dans une électrolyse, c'est le générateur qui impose les signes et l'anode devient positive. Il faut donc raisonner sur la réaction, jamais sur le signe.
Comment savoir quel couple se réduit dans une pile ?
Celui dont le potentiel standard de réduction est le plus élevé. Il constitue la cathode, tandis que l'autre couple fonctionne à l'envers et sert d'anode. La tension de la pile est alors la différence entre le potentiel de la cathode et celui de l'anode, et elle est nécessairement positive si l'on a bien choisi.
Que vaut le nombre n dans la relation entre l'énergie libre et le potentiel ?
C'est le nombre d'électrons réellement échangés dans l'équation globale équilibrée, après avoir multiplié les demi-réactions pour qu'elles s'accordent. Ce n'est pas le nombre d'électrons d'une seule demi-réaction prise isolément. Se tromper sur n fausse à la fois l'énergie libre et la constante d'équilibre.
Une pile de concentration peut-elle fournir du courant ?
Oui, même si son potentiel standard est nul. Les deux compartiments contiennent le même couple mais à des concentrations différentes, et le système tend spontanément à les égaliser. Toute la tension vient alors du terme de Nernst, et la pile s'arrête exactement lorsque les deux concentrations sont devenues identiques.
Comment protéger une pièce en fer contre la corrosion ?
En la reliant à un métal plus réducteur, c'est-à-dire de potentiel plus négatif, comme le zinc ou le magnésium. Ce métal devient l'anode et se dissout à la place du fer : on parle d'anode sacrificielle. Relier le fer à un métal plus noble, comme le cuivre, produirait l'effet inverse et accélérerait sa corrosion.
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Exercices corrigés : Oxydoréduction et électrochimie
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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