Chimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA) • Cégep à Montréal

Exercices corrigés : métaux, non-métaux et métalloïdes (chimie 202-SF1-RE, ancien 202-NYA)

Voici la série d'exercices corrigés de chimie générale sur les métaux, les non-métaux et les métalloïdes. C'est la partie du deuxième contrôle que l'on croit descriptive et que l'on découvre quantitative : elle demande de prévoir la charge d'un ion, la formule d'un composé, le sens d'un déplacement simple et la faisabilité d'une extraction. La partie A couvre les bases : situer les trois familles autour de l'escalier et donner les états physiques à 25 degrés, la liaison métallique et ce qu'elle explique, la tendance des métaux à former des cations, celle des non-métaux à former des anions, et la série d'activité. La partie B monte au niveau du contrôle : le pouvoir oxydant des halogènes, les semiconducteurs et leur dopage, l'identification de quatre éléments par leurs seules propriétés, et le trajet de la bauxite à l'aluminium.

Elle s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature, au devis révisé 202-SF1 comme à l'ancien 202-NYA, ainsi qu'aux élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de physique-chimie.

Le fil de la série tient en une phrase : la place d'un élément dans le tableau dit s'il donne ou s'il prend des électrons, et donc tout le reste, son état physique, sa conduction, la charge de son ion, sa force comme réducteur ou comme oxydant, et jusqu'au prix de son métal.

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Ce chapitre fait partie de Chimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (6 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1La mole et la quantité de matièreSecondaire 5 SN5
  2. 2La mesure au laboratoire, chiffres significatifs et incertitudes
  3. 3Structure atomique et configuration électronique
  4. 4Liaison chimique et géométrie moléculaire
  5. 5Stœchiométrie, réactif limitant et rendement
  6. 6Oxydoréduction, nombres d'oxydation et nomenclature

Rappel de cours

  • L'escalier part entre le bore et l'aluminium et descend vers le polonium. À gauche les métaux, à droite les non-métaux, sur les marches les six métalloïdes : bore, silicium, germanium, arsenic, antimoine, tellure.
  • Deux éléments seulement sont liquides à 2525 °C : le mercure, métal, et le brome, non-métal. Onze sont gazeux, et ce sont TOUS des non-métaux : HH, NN, OO, FF, ClCl et les six gaz nobles.
  • Liaison métallique : un réseau de cations baignant dans une mer d'électrons délocalisés. Elle explique la conduction, la malléabilité et la température de fusion, et elle n'est PAS directionnelle, d'où la déformation sans rupture.
  • Ce qui décide de la conduction n'est pas la présence de charges, mais leur MOBILITÉ. Le sel solide ne conduit pas, le sel fondu conduit très bien.
  • La conductivité d'un métal DIMINUE quand la température monte, celle d'un semiconducteur AUGMENTE. C'est le test décisif pour distinguer un métal d'un métalloïde.
  • Un métal perd ses électrons de valence pour prendre la configuration du gaz noble qui le PRÉCÈDE ; un non-métal en gagne pour prendre celle du gaz noble qui le SUIT. La charge se lit sur le numéro de groupe.
  • Le saut d'énergie d'ionisation dit où s'arrête la charge : la deuxième ionisation du sodium coûte neuf fois la première parce qu'elle casserait un coeur de gaz noble.
  • Série isoélectronique : à nombre d'électrons identique, le rayon DÉCROÎT quand le numéro atomique croît, parce que le noyau plus chargé resserre le même nuage. N3N^{3-} est presque trois fois plus gros que Al3+Al^{3+}.
  • Série d'activité, du plus réducteur au moins : KK, CaCa, NaNa, MgMg, AlAl, (C)(C), ZnZn, FeFe, PbPb, (H)(H), CuCu, AgAg, AuAu. Un métal déplace de ses composés ceux qui sont SOUS lui, jamais ceux qui sont au-dessus.
  • Au-dessus de l'hydrogène, le métal attaque les acides non oxydants. En dessous, il ne les attaque pas : un fil de cuivre ne fait rien dans l'acide chlorhydrique.
  • Au-dessous du carbone, le métal s'extrait au haut fourneau. Au-dessus, il faut l'électricité : c'est toute la différence entre le fer, connu depuis l'Antiquité, et l'aluminium, isolé en 1825.
  • Pouvoir oxydant des halogènes : F2>Cl2>Br2>I2F_{2}>Cl_{2}>Br_{2}>I_{2}, parce que l'électron capté est de plus en plus loin et de plus en plus écranté. Le pouvoir réducteur des ions suit l'ordre INVERSE.
  • Solide covalent : chaque atome lié à quatre voisins par des liaisons orientées. Très dur, très haut point de fusion, isolant à froid. Le silicium fond à 14141414 °C.
  • Dopage de type nn : un donneur à cinq électrons de valence, le phosphore, laisse un électron libre. Type pp : un accepteur à trois, le bore, laisse un trou qui se comporte comme une charge positive.
  • Recycler un métal ne coûte que sa fusion, parce qu'il est déjà au nombre d'oxydation 00. Le produire à partir du minerai coûte en plus de lui rendre ses électrons.

Partie A : Le tableau, les ions et la liaison métallique (/50)

Exercice 1 : Métaux, non-métaux, métalloïdes et les états physiques à 25 degrés

Un escalier part entre le bore et l'aluminium et descend jusqu'au polonium. À sa gauche les métaux, à sa droite les non-métaux, et sur ses marches les six métalloïdes.

MÉTAUX : ils cèdentNON-MÉTAUX : ils prennentl'escalier : B, Si, Ge, As, Sb, Teles six cases hachurées sont les métalloïdes
  • a) Classez le sodium, le silicium, le soufre, le germanium, le cuivre et le chlore en métal, métalloïde ou non-métal.
  • b) Nommez les six métalloïdes dans l'ordre où l'escalier les rencontre.
  • c) Donnez l'état physique à 25 °C et 1 atm du dihydrogène, du dibrome, du diiode, du mercure, du fer et du néon.
  • d) Quels sont les deux seuls éléments liquides à 25 °C et 1 atm, et à quelle famille appartient chacun ?
  • e) Onze éléments sont gazeux à 25 °C. Donnez-en la liste et concluez sur la famille à laquelle ils appartiennent tous.

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Réponses

  • a) Métaux : sodium et cuivre. Métalloïdes : silicium et germanium. Non-métaux : soufre et chlore
  • b) Bore, silicium, germanium, arsenic, antimoine, tellure
  • c) Gaz, liquide, solide, liquide, solide, gaz
  • d) Le mercure, métal, et le brome, non-métal
  • e) HH, NN, OO, FF, ClCl et les six gaz nobles : onze, tous non-métaux

a) Sodium : métal, groupe 1, tout à gauche. Silicium : métalloïde, il est sur l'escalier. Soufre : non-métal. Germanium : métalloïde, juste sous le silicium. Cuivre : métal de transition. Chlore : non-métal, groupe 17. La règle de lecture est purement géographique, et c'est ce qui la rend fiable : on repère l'escalier, puis on regarde de quel côté on est.

b) Bore, silicium, germanium, arsenic, antimoine, tellure. Ce sont les six éléments dont les propriétés hésitent entre les deux familles : ils ont l'éclat d'un métal et la fragilité d'un non-métal, et surtout une conductivité intermédiaire qui fait toute l'industrie électronique. Le polonium et l'astate sont parfois ajoutés selon les auteurs, mais les six à retenir sont ceux-là.

c) Dihydrogène : gaz. Dibrome : liquide. Diiode : solide, il sublime facilement mais il est bien solide. Mercure : liquide. Fer : solide. Néon : gaz. Remarquer la descente du groupe 17 : le dichlore est gazeux, le dibrome liquide, le diiode solide. Les forces de London augmentent avec la taille de la molécule, et cela suffit à faire changer d'état trois fois dans une même colonne.

d) Le mercure, qui est un métal, et le brome, qui est un non-métal. Un seul de chaque côté de l'escalier. Deux quasi-liquides méritent une mention parce qu'ils fondent dans la main sans être liquides à 2525 °C : le gallium fond à 29,829{,}8 °C et le césium à 28,528{,}5 °C. La question se pose donc toujours à une température donnée, jamais dans l'absolu.

e) Les cinq non-métaux HH, NN, OO, FF, ClCl et les six gaz nobles HeHe, NeNe, ArAr, KrKr, XeXe, RnRn, soit onze. Conclusion : ils sont TOUS des non-métaux, et aucun métal n'est gazeux à 2525 °C, le plus volatil étant encore le mercure qui reste liquide. La raison tient à la nature de la liaison : un métal est un réseau de cations dans une mer d'électrons, structure collective qu'il faut beaucoup d'énergie pour disperser, alors qu'un non-métal forme de petites molécules discrètes que de simples forces de London suffisent à séparer.

Exercice 2 : La liaison métallique et les propriétés physiques des métaux

Modèle de la mer d'électrons : dans un métal, chaque atome cède ses électrons de valence à l'ensemble du cristal. Il reste un réseau de cations fixes baignant dans un nuage d'électrons libres de circuler dans tout le solide.

  • a) Expliquez pourquoi un métal conduit le courant électrique, alors qu'un cristal de chlorure de sodium solide ne le conduit pas.
  • b) La conductivité d'un métal DIMINUE quand la température monte. Expliquez.
  • c) Un métal frappé au marteau s'aplatit, un cristal ionique frappé au marteau éclate. Expliquez la différence par la nature de la liaison.
  • d) Les températures de fusion du sodium, du magnésium et de l'aluminium valent 9898 °C, 650650 °C et 660660 °C. Expliquez la progression.
  • e) Donnez, pour ces trois métaux, le nombre d'électrons délocalisés par atome et la charge du cation du réseau.

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Réponses

  • a) Les électrons délocalisés sont mobiles ; les ions du sel solide sont bloqués
  • b) Les cations vibrent davantage et gênent les électrons déjà libres
  • c) Liaison non directionnelle : le métal se déforme, le cristal ionique se clive
  • d) 9898, 650650 puis 660660 °C : la charge du cation domine, +1+1 puis +2+2 puis +3+3
  • e) 11, 22 et 33 électrons ; Na+Na^{+}, Mg2+Mg^{2+}, Al3+Al^{3+}

a) Dans le métal, les électrons de valence n'appartiennent plus à un atome en particulier : ils sont délocalisés sur tout le cristal et se déplacent dès qu'on applique une différence de potentiel. Dans le chlorure de sodium solide, les porteurs de charge existent bien, ce sont les ions Na+Na^{+} et ClCl^{-}, mais ils sont BLOQUÉS aux noeuds du réseau. D'où la nuance à retenir : le sel solide ne conduit pas, alors que le sel fondu ou dissous conduit très bien, parce que ses ions sont alors libres de bouger. Ce n'est donc pas la présence de charges qui décide, c'est leur mobilité.

b) Les électrons sont déjà libres et déjà en nombre fixe : chauffer n'en libère pas davantage. En revanche l'agitation thermique fait vibrer plus fort les cations du réseau, qui deviennent autant d'obstacles sur le trajet des électrons. Plus il fait chaud, plus les collisions sont fréquentes, donc plus la résistance augmente. C'est exactement le comportement inverse de celui d'un semiconducteur, où chauffer libère de nouveaux porteurs : ce contraste sera repris à l'exercice 7, et il est le test le plus sûr pour distinguer un métal d'un métalloïde.

c) La liaison métallique n'est pas DIRECTIONNELLE : un cation est attiré par la mer d'électrons dans toutes les directions à la fois. Si un plan d'atomes glisse sur son voisin, chaque cation retrouve exactement le même environnement, et le métal se déforme sans se rompre : c'est la malléabilité et la ductilité. Dans un cristal ionique au contraire, chaque ion est entouré d'ions de charge OPPOSÉE. Un glissement d'un demi-motif met soudain face à face des ions de même charge, la répulsion l'emporte et le cristal se clive net. Un métal se plie, un sel casse, et la différence tient entièrement à cette alternance de charges.

d) Ce qui tient un métal, c'est l'attraction entre les cations et la mer d'électrons, donc deux choses : la charge du cation et le nombre d'électrons versés au nuage. Le sodium ne cède qu'un électron et ne laisse qu'un Na+Na^{+} : l'attraction est faible, il fond à 9898 °C, si bas qu'on le coupe au couteau. Le magnésium en cède deux et laisse un Mg2+Mg^{2+} : l'attraction est bien plus forte, 650650 °C. L'aluminium en cède trois, 660660 °C. Le saut énorme entre le sodium et le magnésium, puis le palier entre le magnésium et l'aluminium, disent que la charge compte plus que le simple compte d'électrons, le cation d'aluminium étant aussi plus petit et plus enfoui.

e) Sodium : 11 électron délocalisé par atome, cation Na+Na^{+}. Magnésium : 22 électrons, cation Mg2+Mg^{2+}. Aluminium : 33 électrons, cation Al3+Al^{3+}. Le nombre d'électrons cédés est simplement le nombre d'électrons de valence, donc le numéro de groupe pour les trois premières colonnes : 11, 22 et 1313 qui donne 33.

Exercice 3 : La tendance des métaux à former des cations

Un métal atteint la configuration du gaz noble qui le PRÉCÈDE en perdant ses électrons de valence. Énergies d'ionisation du sodium : première 496496 kJ/mol, deuxième 45624562 kJ/mol.

  • a) Donnez la charge de l'ion formé par le sodium, le magnésium, l'aluminium, le potassium et le calcium.
  • b) Donnez la configuration électronique de l'ion magnésium et le nombre d'électrons qu'il porte.
  • c) Le fer donne Fe2+Fe^{2+} et Fe3+Fe^{3+}. Écrivez la configuration de Fe3+Fe^{3+} à partir de celle du fer, [Ar]3d64s2[Ar]3d^{6}4s^{2}, et dites ce qui la rend particulièrement stable.
  • d) Calculez le rapport entre la deuxième et la première énergie d'ionisation du sodium, et expliquez ce rapport.
  • e) Prévoyez la formule du composé formé entre l'aluminium et l'oxygène, puis entre le potassium et le soufre.

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Réponses

  • a) +1+1, +2+2, +3+3, +1+1, +2+2
  • b) 1s22s22p61s^{2}2s^{2}2p^{6}, dix électrons, la configuration du néon
  • c) [Ar]3d5[Ar]3d^{5} : la sous-couche dd exactement à moitié remplie
  • d) 9,209{,}20 : la deuxième ionisation casserait le coeur de néon
  • e) Al2O3Al_{2}O_{3} et K2SK_{2}S

a) Sodium Na+Na^{+}, magnésium Mg2+Mg^{2+}, aluminium Al3+Al^{3+}, potassium K+K^{+}, calcium Ca2+Ca^{2+}. La charge est le nombre d'électrons de valence, donc le numéro de groupe pour les colonnes 1, 2 et 13. On perd les électrons, on ne les gagne jamais : c'est la définition même d'un métal.

b) Le magnésium est 1s22s22p63s21s^{2}2s^{2}2p^{6}3s^{2}. En perdant ses deux électrons 3s3s, l'ion devient 1s22s22p61s^{2}2s^{2}2p^{6}, soit exactement la configuration du néon, avec 1010 électrons pour 1212 protons. Attention à l'erreur d'écriture la plus fréquente : on retire les électrons de la couche EXTERNE, la 3s3s, pas de la couche interne.

c) Le fer est [Ar]3d64s2[Ar]3d^{6}4s^{2}. On retire d'abord les deux électrons 4s4s, qui sont les plus externes malgré l'ordre de remplissage, ce qui donne Fe2+Fe^{2+} en [Ar]3d6[Ar]3d^{6}. Un électron 3d3d de plus donne Fe3+Fe^{3+} en [Ar]3d5[Ar]3d^{5}. Sa stabilité particulière vient de cette sous-couche dd exactement à MOITIÉ remplie, cinq orbitales portant chacune un électron célibataire de même spin : c'est la même raison qui explique l'anomalie du chrome dans le tableau des configurations, et c'est pourquoi les sels de fer(III) sont si répandus.

d) 4562496=9,20\dfrac{4562}{496}=9{,}20. Le premier électron arraché est l'unique électron 3s3s, seul sur sa couche, mal retenu : cela coûte peu. Le deuxième doit être arraché au coeur de néon, une couche complète et très proche du noyau : le sodium devrait alors casser une structure de gaz noble, ce qui coûte plus de neuf fois plus. Ce saut brutal EST la raison pour laquelle le sodium s'arrête à +1+1 et n'existe jamais en Na2+Na^{2+} : la chimie suit le point où l'énergie explose.

e) Aluminium et oxygène : Al3+Al^{3+} et O2O^{2-}. Il faut 22 aluminiums pour 33 oxygènes afin d'atteindre +6+6 et 6-6, donc Al2O3Al_{2}O_{3}. Potassium et soufre : K+K^{+} et S2S^{2-}, il faut deux potassiums, donc K2SK_{2}S. La méthode est toujours la même : trouver la charge par la colonne, croiser, simplifier si possible. Ici aucune simplification n'est nécessaire, mais elle le serait pour le calcium et l'oxygène, où Ca2O2Ca_{2}O_{2} doit devenir CaOCaO.

Exercice 4 : La tendance des non-métaux à former des anions

Un non-métal atteint la configuration du gaz noble qui le SUIT en captant des électrons. Rayons ioniques, en ångströms : N3N^{3-} 1,46 ; O2O^{2-} 1,26 ; FF^{-} 1,19 ; Na+Na^{+} 0,95 ; Mg2+Mg^{2+} 0,65 ; Al3+Al^{3+} 0,50.

  • a) Donnez la charge de l'ion formé par le fluor, l'oxygène, l'azote, le chlore et le soufre.
  • b) Combien d'électrons portent l'ion oxyde et l'ion nitrure, et de quel gaz noble ont-ils la configuration ?
  • c) Les six ions de l'énoncé sont isoélectroniques. Expliquez pourquoi leur rayon décroît alors que leur nombre d'électrons ne change pas.
  • d) Donnez le rapport entre le rayon de l'ion nitrure et celui de l'ion aluminium, et commentez.
  • e) Prévoyez la formule du composé formé entre le magnésium et l'azote, puis entre le calcium et le chlore.

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Réponses

  • a) 1-1, 2-2, 3-3, 1-1, 2-2
  • b) Dix électrons chacun, la configuration du néon
  • c) Le nombre de protons croît de 77 à 1313 pour les mêmes dix électrons
  • d) 2,922{,}92 : presque un facteur trois à cortège identique
  • e) Mg3N2Mg_{3}N_{2} et CaCl2CaCl_{2}

a) Fluor FF^{-}, oxygène O2O^{2-}, azote N3N^{3-}, chlore ClCl^{-}, soufre S2S^{2-}. La charge est le nombre d'électrons qu'il MANQUE pour atteindre huit électrons de valence, soit 1818 moins le numéro de groupe. Le groupe 17 gagne un électron, le groupe 16 en gagne deux, le groupe 15 en gagne trois.

b) L'oxygène a 88 électrons et en gagne 22 : l'ion oxyde en porte 1010. L'azote en a 77 et en gagne 33 : l'ion nitrure en porte 1010 lui aussi. Tous deux ont donc la configuration du néon, 1s22s22p61s^{2}2s^{2}2p^{6}, la même que FF^{-}, Na+Na^{+}, Mg2+Mg^{2+} et Al3+Al^{3+}. Six ions différents, un seul cortège électronique : c'est la définition d'une série isoélectronique.

c) Parce que le nombre de PROTONS, lui, change. N3N^{3-} a 77 protons pour 1010 électrons : le noyau est en sous-effectif, il retient mal un nuage trop grand pour lui, qui gonfle. Al3+Al^{3+} a 1313 protons pour les mêmes 1010 électrons : le noyau tire beaucoup plus fort et resserre le nuage. Entre les deux, le rayon décroît régulièrement à mesure que le numéro atomique monte. La règle à retenir : dans une série isoélectronique, le rayon décroît quand ZZ croît, et c'est le seul cas où l'on compare des rayons sans se soucier de la période ni du groupe.

d) 1,460,50=2,92\dfrac{1{,}46}{0{,}50}=2{,}92. Pour un cortège électronique rigoureusement identique, le rayon varie donc presque d'un facteur trois selon la charge du noyau. Cela dit deux choses : un anion est toujours plus gros que l'atome dont il vient, un cation toujours plus petit, et l'écart est loin d'être marginal. C'est d'ailleurs ce qui permet à un petit cation comme Al3+Al^{3+} de se glisser entre de gros anions dans un réseau cristallin.

e) Magnésium et azote : Mg2+Mg^{2+} et N3N^{3-}. Il faut 33 magnésiums pour 22 azotes afin d'atteindre +6+6 et 6-6, donc Mg3N2Mg_{3}N_{2}, le nitrure de magnésium, qui se forme d'ailleurs quand on brûle du magnésium à l'air en même temps que l'oxyde. Calcium et chlore : Ca2+Ca^{2+} et ClCl^{-}, donc CaCl2CaCl_{2}.

N³⁻1,46O²⁻1,26F⁻1,19Na⁺0,95Mg²⁺0,65Al³⁺0,50dix électrons pour les six, mais pas la même charge nucléairerayon ionique (Å) : plus le noyau tire fort, plus le nuage se resserre

Exercice 5 : La série d'activité et le déplacement simple

Série d'activité, du plus réducteur au moins réducteur : KK, CaCa, NaNa, MgMg, AlAl, ZnZn, FeFe, PbPb, (H)(H), CuCu, AgAg, AuAu. Un métal déplace de ses composés tout métal situé SOUS lui, et lui seul. Masses molaires : FeFe 55,85 ; AgAg 107,87.

  • a) Les réactions suivantes ont-elles lieu ? Zn+CuSO4Zn+CuSO_{4} ; Cu+ZnSO4Cu+ZnSO_{4} ; Mg+HClMg+HCl ; Cu+HClCu+HCl.
  • b) Écrivez les équations équilibrées de celles qui ont lieu.
  • c) Une lame de fer plongée dans une solution de nitrate d'argent se couvre d'un dépôt. Écrivez l'équation.
  • d) Calculez la masse d'argent déposée si 2,002{,}00 g de fer réagissent complètement.
  • e) Pourquoi trouve-t-on de l'or à l'état natif dans la nature, alors que l'aluminium ne s'y trouve jamais ?

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Réponses

  • a) Oui, non, oui, non
  • b) Zn+CuSO4ZnSO4+CuZn+CuSO_{4}\rightarrow ZnSO_{4}+Cu et Mg+2HClMgCl2+H2Mg+2\,HCl\rightarrow MgCl_{2}+H_{2}
  • c) Fe+2AgNO3Fe(NO3)2+2AgFe+2\,AgNO_{3}\rightarrow Fe(NO_{3})_{2}+2\,Ag
  • d) 7,737{,}73 g d'argent, soit près de quatre fois la masse de fer
  • e) L'or est en bas de la série, aucun oxydant naturel ne l'attaque ; l'aluminium est tout en haut

a) Zn+CuSO4Zn+CuSO_{4} : OUI, le zinc est au-dessus du cuivre, il le déplace. Cu+ZnSO4Cu+ZnSO_{4} : NON, c'est exactement la réaction inverse, elle ne se fait pas. Mg+HClMg+HCl : OUI, le magnésium est au-dessus de l'hydrogène, il attaque donc les acides. Cu+HClCu+HCl : NON, le cuivre est sous l'hydrogène, et c'est pourquoi un fil de cuivre ne fait rien dans l'acide chlorhydrique alors qu'un clou de fer y bouillonne.

b) Zn+CuSO4ZnSO4+CuZn+CuSO_{4}\rightarrow ZnSO_{4}+Cu : le zinc passe de 00 à +2+2, le cuivre de +2+2 à 00, deux électrons échangés, le sulfate reste spectateur. Mg+2HClMgCl2+H2Mg+2\,HCl\rightarrow MgCl_{2}+H_{2} : le magnésium passe de 00 à +2+2, l'hydrogène de +1+1 à 00, et il faut deux acides parce que chaque hydrogène ne capte qu'un électron.

c) Le fer est au-dessus de l'argent, il le déplace : Fe+2AgNO3Fe(NO3)2+2AgFe+2\,AgNO_{3}\rightarrow Fe(NO_{3})_{2}+2\,Ag. Le coefficient 22 vient du bilan d'électrons, le fer cédant deux électrons et chaque ion argent n'en captant qu'un. Le dépôt gris qui pousse en aiguilles sur la lame est de l'argent métallique, et la solution vire au vert pâle du fer(II).

d) n(Fe)=2,0055,85=3,581×102n(Fe)=\dfrac{2{,}00}{55{,}85}=3{,}581\times 10^{-2} mol. L'équation donne 22 argents par fer : n(Ag)=2×3,581×102=7,162×102n(Ag)=2\times 3{,}581\times 10^{-2}=7{,}162\times 10^{-2} mol. Masse : 7,162×102×107,87=7,737{,}162\times 10^{-2}\times 107{,}87=7{,}73 g. Le dépôt pèse donc près de quatre fois la masse de fer consommée, ce qui n'a rien de paradoxal : on échange des moles, pas des grammes, et l'argent est deux fois plus lourd par mole tout en étant deux fois plus nombreux.

e) Parce que l'or est tout en bas de la série : il est si mauvais réducteur qu'aucun oxydant présent dans la nature, ni le dioxygène de l'air, ni l'eau, ni les acides ordinaires, ne parvient à lui arracher ses électrons. Il reste donc au nombre d'oxydation 00, c'est-à-dire à l'état métallique, depuis sa formation. L'aluminium est à l'opposé, tout en haut : il cède ses électrons au moindre contact avec le dioxygène, et il n'existe sur Terre qu'à l'état d'oxyde ou de silicate. Ce qu'on appelle un métal noble n'est rien d'autre qu'un métal trop bas dans cette série, et l'exercice 10 montrera ce que coûte de remonter l'aluminium.

KCaNaMgAl(C)ZnFePb(H)CuAgAule plusréducteurle moinsréducteurl'hydrogène : au-dessus, le métalattaque les acidesle carbone : au-dessous, le métals'extrait au haut fourneauun métal déplace ceux qui sont SOUS lui

Partie B : Pouvoir oxydant, métalloïdes et extraction des métaux (/50)

Exercice 6 : Le pouvoir oxydant des halogènes

Le pouvoir oxydant décroît en descendant le groupe 17 : F2>Cl2>Br2>I2F_{2}>Cl_{2}>Br_{2}>I_{2}. Un halogène déplace donc de ses sels tout halogène situé SOUS lui.

  • a) Les réactions Cl2+2KBrCl_{2}+2\,KBr et Br2+2KClBr_{2}+2\,KCl ont-elles lieu ? Écrivez celle qui a lieu.
  • b) Comment reconnaît-on le produit formé, à l'oeil, dans l'eau puis dans le cyclohexane ?
  • c) Le difluor est si oxydant qu'il attaque l'eau : 2F2+2H2O4HF+O22\,F_{2}+2\,H_{2}O\rightarrow 4\,HF+O_{2}. Identifiez l'oxydant et le réducteur, puis vérifiez le bilan d'électrons.
  • d) Expliquez pourquoi le pouvoir oxydant décroît quand on descend le groupe.
  • e) Classez les ions FF^{-}, ClCl^{-}, BrBr^{-} et II^{-} par pouvoir RÉDUCTEUR décroissant, et dites lequel est le seul à être oxydé par l'ion fer(III).

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Réponses

  • a) Oui pour la première : Cl2+2KBr2KCl+Br2Cl_{2}+2\,KBr\rightarrow 2\,KCl+Br_{2} ; non pour la seconde
  • b) Orangé dans l'eau, orange dans le cyclohexane pour le dibrome ; violet pour le diiode
  • c) Oxydant le difluor, réducteur l'oxygène de l'eau, et 4=44=4 électrons
  • d) L'électron capté est plus loin du noyau et plus écranté
  • e) I>Br>Cl>FI^{-}>Br^{-}>Cl^{-}>F^{-}, et l'iodure est le seul oxydé par le fer(III)

a) Cl2+2KBrCl_{2}+2\,KBr : OUI, le dichlore est au-dessus du dibrome, il le déplace. L'équation s'écrit Cl2+2KBr2KCl+Br2Cl_{2}+2\,KBr\rightarrow 2\,KCl+Br_{2} : le chlore passe de 00 à 1-1, le brome de 1-1 à 00, deux électrons échangés, le potassium reste spectateur à +1+1. Br2+2KClBr_{2}+2\,KCl : NON, c'est l'inverse, elle ne se fait pas.

b) Dans l'eau, le dibrome formé donne une teinte orangée à jaune-brun, d'autant plus soutenue qu'il est concentré. Le test décisif est l'ajout de cyclohexane, solvant apolaire non miscible : on agite, on laisse décanter, et l'halogène passe dans la phase organique supérieure parce qu'il est apolaire lui aussi. Le dibrome y donne un orange franc, le diiode un violet très caractéristique, et c'est ce violet qui signe l'iode sans ambiguïté. Un composé apolaire se dissout dans un solvant apolaire : la règle de solubilité fait ici tout le travail analytique.

c) Le fluor passe de 00 dans F2F_{2} à 1-1 dans HFHF : il est RÉDUIT, c'est l'OXYDANT. L'oxygène passe de 2-2 dans l'eau à 00 dans O2O_{2} : il est OXYDÉ, c'est le RÉDUCTEUR, ce qui est remarquable puisque l'oxygène est d'ordinaire l'oxydant de service. Bilan : 44 atomes de fluor gagnent 11 électron chacun, soit 44 électrons captés ; 22 atomes d'oxygène perdent 22 électrons chacun, soit 44 électrons cédés. 4=44=4, le bilan ferme. Le fluor est le seul élément capable de faire jouer ce rôle à l'oxygène de l'eau, et c'est ce qui en fait l'oxydant le plus puissant de toute la chimie.

d) Oxyder veut dire ici capter un électron, et la capacité à le faire dépend de la force avec laquelle le noyau peut attirer cet électron supplémentaire. En descendant le groupe, on ajoute une couche à chaque période : l'électron capté se place de plus en plus loin du noyau, et il est de plus en plus ÉCRANTÉ par les couches internes. L'attraction effective faiblit donc, et le pouvoir oxydant avec elle. C'est exactement le raisonnement qui fait décroître l'affinité électronique et l'électronégativité dans la même colonne : une seule cause, trois tendances.

e) L'ordre s'inverse : I>Br>Cl>FI^{-}>Br^{-}>Cl^{-}>F^{-}. C'est une conséquence logique et non un fait à mémoriser en plus : si le difluor capte les électrons avec avidité, l'ion fluorure les rend avec une répugnance égale ; l'oxydant le plus fort a le réducteur conjugué le plus faible. L'iodure est donc le meilleur réducteur des quatre, et c'est le seul que l'ion fer(III) parvienne à oxyder, selon 2Fe3++2I2Fe2++I22\,Fe^{3+}+2\,I^{-}\rightarrow 2\,Fe^{2+}+I_{2}. La coloration brune qui apparaît alors est le diiode formé, et ce test sert à doser le fer(III) en laboratoire.

Exercice 7 : Métalloïdes, solides covalents et semiconducteurs dopés

Le silicium cristallise dans la structure du diamant : chaque atome est lié à quatre voisins par des liaisons covalentes orientées en tétraèdre. Il fond à 14141414 °C. Numéros de groupe : bore 13, silicium 14, phosphore 15.

  • a) Donnez le nombre d'électrons de valence du bore, du silicium et du phosphore, et le nombre de liaisons covalentes que forme chaque atome de silicium dans le cristal.
  • b) Expliquez pourquoi la conductivité du silicium AUGMENTE avec la température, alors que celle du cuivre diminue.
  • c) On dope le silicium au phosphore. Quel type de porteur de charge apparaît, et comment appelle-t-on ce dopage ?
  • d) On dope le silicium au bore. Même question.
  • e) Comparez conducteur, semiconducteur et isolant en donnant pour chacun un représentant et le sens de variation de la conductivité avec la température.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 33, 44 et 55 électrons de valence ; 44 liaisons par silicium
  • b) Chauffer libère de nouveaux porteurs dans le silicium, et gêne les porteurs libres du cuivre
  • c) Un électron en trop, porteur négatif : dopage de type nn
  • d) Un trou, porteur positif : dopage de type pp
  • e) Cuivre, elle diminue ; silicium, elle augmente ; soufre, elle reste nulle

a) Bore : 33 électrons de valence. Silicium : 44. Phosphore : 55. Pour les blocs ss et pp, le nombre d'électrons de valence se lit directement sur le numéro de groupe, moins 1010 à partir du groupe 13. Dans le cristal, chaque silicium forme 44 liaisons covalentes, une par électron de valence, ce qui sature exactement son octet et celui de ses voisins. Aucun électron ne reste disponible pour circuler : voilà pourquoi le silicium pur est un très mauvais conducteur à froid, et pourquoi il est si dur et fond si haut.

b) Les deux solides n'ont pas le même problème. Dans le cuivre, les électrons sont DÉJÀ libres et en nombre fixe : chauffer n'en ajoute aucun, mais fait vibrer les cations, qui gênent leur passage, donc la conductivité baisse. Dans le silicium, les électrons sont tous engagés dans des liaisons : il faut leur fournir assez d'énergie pour franchir la bande interdite et devenir libres. L'agitation thermique fait exactement cela, et de plus en plus à mesure qu'on chauffe. Le nombre de porteurs augmente alors beaucoup plus vite que la gêne, et la conductivité monte. Ce contraste est le test décisif pour trancher entre métal et métalloïde, et c'est aussi ce qui rend les composants électroniques sensibles à la température.

c) Le phosphore apporte 55 électrons de valence là où le réseau n'en attend que 44. Quatre servent aux liaisons, le CINQUIÈME reste sans emploi et se libère très facilement : il devient un porteur de charge NÉGATIF. On parle de dopage de type nn, et le phosphore est appelé donneur. Un atome de phosphore pour un million d'atomes de silicium suffit à changer la conductivité de plusieurs ordres de grandeur, ce qui explique les exigences de pureté extrême de l'industrie.

d) Le bore n'apporte que 33 électrons de valence pour 44 liaisons à former : il manque un électron, et ce manque, appelé TROU, se comporte comme un porteur de charge POSITIF. Quand un électron voisin vient combler le trou, il en laisse un derrière lui, et de proche en proche le trou se déplace dans le cristal comme le ferait une charge positive. On parle de dopage de type pp, et le bore est appelé accepteur. La jonction entre une zone nn et une zone pp est le composant élémentaire de toute l'électronique.

e) Conducteur : le cuivre, un métal ; ses électrons sont déjà libres, et la conductivité DIMINUE quand la température monte. Semiconducteur : le silicium, un métalloïde ; sa bande interdite est étroite, et la conductivité AUGMENTE avec la température, fortement. Isolant : le soufre ou le diamant, des non-métaux ; leur bande interdite est trop large pour que l'agitation thermique y change quoi que ce soit, et la conductivité reste pratiquement NULLE. Les trois familles du tableau périodique donnent donc les trois comportements électriques, et l'escalier des métalloïdes est exactement la frontière entre le premier et le troisième.

246810246810métal : elle baissesemiconducteur : elle monteisolant : elle reste nulletempératureconductivité

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chaque affirmation est à déclarer vraie ou fausse. Si elle est fausse, la correction attendue est la phrase juste, pas seulement le mot changé.

  • a) Tous les métaux sont solides à 2525 °C.
  • b) Un métalloïde conduit mieux le courant à chaud qu'à froid.
  • c) Dans la série d'activité, un métal déplace ceux qui sont au-dessus de lui.
  • d) Les ions N3N^{3-}, O2O^{2-}, FF^{-}, Na+Na^{+} et Mg2+Mg^{2+} ont tous dix électrons, donc le même rayon.
  • e) Le difluor est l'oxydant le plus puissant des halogènes.

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a)
b)
c)
d)
e)
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  • a) FAUX : le mercure est liquide à 2525 °C
  • b) VRAI : c'est la signature d'un semiconducteur
  • c) FAUX : il déplace ceux qui sont SOUS lui
  • d) FAUX : dix électrons mais pas le même nombre de protons, le rayon décroît
  • e) VRAI : il oxyde même l'oxygène de l'eau

a) FAUX. Le mercure est liquide à 2525 °C, et c'est justement ce qui lui a valu ses usages en thermométrie et en barométrie. Deux autres métaux fondent à peine au-dessus, le gallium à 29,829{,}8 °C et le césium à 28,528{,}5 °C : le gallium fond littéralement dans la main. La phrase juste : tous les métaux sont solides à 2525 °C sauf le mercure, qui est liquide.

b) VRAI. C'est même la signature d'un semiconducteur. Ses électrons sont engagés dans des liaisons covalentes et doivent franchir une bande interdite étroite pour devenir mobiles ; l'agitation thermique leur en donne les moyens, de plus en plus quand la température monte. Un métal fait exactement l'inverse, puisque ses électrons sont déjà libres et que chauffer ne fait que les gêner. Mesurer la conductivité à deux températures suffit donc à classer un échantillon inconnu.

c) FAUX, et le sens est inversé. Un métal déplace ceux qui sont SOUS lui dans la série, c'est-à-dire les moins réducteurs que lui. Le zinc déplace le cuivre, le cuivre ne déplace pas le zinc. Le moyen de ne jamais se tromper est de se rappeler le sens physique : le métal le plus réducteur est celui qui tient le moins à ses électrons, c'est donc lui qui les cède à l'autre. La phrase juste : un métal déplace de ses composés tout métal situé sous lui dans la série d'activité.

d) FAUX sur la conclusion, vrai sur la prémisse. Ils ont bien tous dix électrons, ce qui en fait une série isoélectronique, mais ils n'ont pas le même nombre de PROTONS : sept pour l'azote, huit pour l'oxygène, neuf pour le fluor, onze pour le sodium, douze pour le magnésium. Plus le noyau est chargé, plus il resserre le même nuage de dix électrons, donc le rayon DÉCROÎT régulièrement de N3N^{3-} à Mg2+Mg^{2+}, dans un rapport de plus de deux. La phrase juste : à cortège électronique identique, le rayon décroît quand le numéro atomique croît.

e) VRAI, et c'est plus fort qu'un simple record de famille. Le difluor est l'oxydant le plus puissant de toute la chimie ordinaire, au point d'oxyder l'oxygène de l'eau selon 2F2+2H2O4HF+O22\,F_{2}+2\,H_{2}O\rightarrow 4\,HF+O_{2}, réaction où l'oxygène, oxydant partout ailleurs, joue le rôle de réducteur. La cause tient en une ligne : le fluor est le plus petit des halogènes et le plus électronégatif des éléments, donc son noyau attire l'électron capté de plus près que tout autre.

Exercice 9 : Problème : identifier quatre éléments de la troisième période

Quatre éléments AA, BB, CC et DD appartiennent tous à la troisième période. AA est un solide mou, coupable au couteau, qui réagit violemment avec l'eau en dégageant un gaz inflammable, et dont l'oxyde donne une solution basique. BB ne conduit le courant qu'une fois chauffé et sert à fabriquer des puces. CC est un gaz jaune-vert qui décolore un indicateur coloré. DD est un solide jaune qui brûle avec une flamme bleue en donnant un gaz à odeur piquante.

Électronégativités : 0,93 ; 1,90 ; 2,58 ; 3,16. Masses atomiques : NaNa 22,99 ; SS 32,07 ; ClCl 35,45.

  • a) Identifiez les quatre éléments.
  • b) Attribuez à chacun son électronégativité et classez-les par valeur croissante.
  • c) Donnez la formule du composé formé entre AA et CC, puis entre AA et DD.
  • d) Calculez le pourcentage massique de AA dans chacun de ces deux composés.
  • e) Écrivez l'équation de la réaction de AA avec l'eau et montrez qu'il s'agit d'une oxydoréduction.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Sodium, silicium, chlore, soufre
  • b) 0,930{,}93, 1,901{,}90, 2,582{,}58, 3,163{,}16, donc Na<Si<S<ClNa<Si<S<Cl
  • c) NaClNaCl et Na2SNa_{2}S
  • d) 39,34%39{,}34\,\% et 58,91%58{,}91\,\%
  • e) 2Na+2H2O2NaOH+H22\,Na+2\,H_{2}O\rightarrow 2\,NaOH+H_{2}, avec 22 électrons échangés

a) AA est le SODIUM : mou, coupable au couteau, réagissant violemment avec l'eau en dégageant du dihydrogène, et donnant un oxyde basique, ce sont les quatre marques d'un métal alcalin, et le seul de la troisième période est le sodium. BB est le SILICIUM : conduction qui n'apparaît qu'à chaud, c'est un semiconducteur, donc un métalloïde, et l'usage en microélectronique lève le dernier doute. CC est le CHLORE : gaz jaune-vert, propriété décolorante, groupe 17. DD est le SOUFRE : solide jaune, flamme bleue, et le gaz à odeur piquante est le dioxyde de soufre.

b) L'électronégativité croît de gauche à droite dans une période, et les quatre éléments sont dans l'ordre sodium, silicium, soufre, chlore. Donc sodium 0,930{,}93, silicium 1,901{,}90, soufre 2,582{,}58, chlore 3,163{,}16. Classement croissant : Na<Si<S<ClNa<Si<S<Cl. Le seul point d'attention est de ne pas se fier à l'ordre de l'énoncé, qui donne les éléments dans le désordre.

c) AA et CC : Na+Na^{+} et ClCl^{-}, donc NaClNaCl, le chlorure de sodium. AA et DD : Na+Na^{+} et S2S^{2-}, il faut deux sodiums, donc Na2SNa_{2}S, le sulfure de sodium. Les deux sont des composés ioniques, ce qui est cohérent avec l'écart d'électronégativité : 3,160,93=2,233{,}16-0{,}93=2{,}23 pour le premier et 2,580,93=1,652{,}58-0{,}93=1{,}65 pour le second, tous deux au-dessus du seuil d'environ 1,71{,}7 qui sépare l'ionique du covalent polaire, le sulfure étant déjà à la limite.

d) NaClNaCl : M=22,99+35,45=58,44M=22{,}99+35{,}45=58{,}44 g/mol, donc 22,9958,44×100=39,34%\dfrac{22{,}99}{58{,}44}\times 100=39{,}34\,\%. Na2SNa_{2}S : M=2(22,99)+32,07=45,98+32,07=78,05M=2(22{,}99)+32{,}07=45{,}98+32{,}07=78{,}05 g/mol, donc 45,9878,05×100=58,91%\dfrac{45{,}98}{78{,}05}\times 100=58{,}91\,\%. Le sulfure est bien plus riche en sodium, ce qui n'a rien d'étonnant puisqu'il en contient deux par formule alors que le soufre est plus léger que le chlore.

e) 2Na+2H2O2NaOH+H22\,Na+2\,H_{2}O\rightarrow 2\,NaOH+H_{2}. C'est une oxydoréduction, et deux nombres d'oxydation le prouvent : le sodium passe de 00 à +1+1, il perd un électron par atome, soit 22 pour l'équation ; l'hydrogène de l'eau passe de +1+1 à 00 dans le dihydrogène, il gagne un électron par atome, soit 22 pour les deux atomes de la molécule formée. Bilan 2=22=2. L'oxygène, lui, reste à 2-2 de part et d'autre : il ne participe pas. La soude formée est ce qui rend la solution basique, et le dihydrogène dégagé est ce qui s'enflamme au contact de l'air, achevant de confirmer l'identification de AA.

Exercice 10 : Problème : de la bauxite à l'aluminium, un métal qu'on ne déplace pas

L'aluminium est le métal le plus abondant de la croûte terrestre, et pourtant il n'a été isolé qu'en 1825 et est resté plus cher que l'or jusqu'en 1886. Masses atomiques : AlAl 26,98 ; OO 16,00 ; FeFe 55,85. Dans la série d'activité, le carbone se place entre l'aluminium et le zinc.

  • a) Expliquez, à l'aide de la série d'activité, pourquoi l'aluminium n'existe jamais à l'état natif.
  • b) Le fer s'obtient au haut fourneau selon Fe2O3+3CO2Fe+3CO2Fe_{2}O_{3}+3\,CO\rightarrow 2\,Fe+3\,CO_{2}. Identifiez l'oxydant et le réducteur, et vérifiez le bilan d'électrons.
  • c) Expliquez pourquoi le même procédé au carbone ne fonctionne pas sur l'alumine Al2O3Al_{2}O_{3}.
  • d) Calculez le pourcentage massique d'aluminium dans l'alumine, puis la masse de bauxite, minerai à 50,0%50{,}0\,\% d'alumine, nécessaire pour produire 1,001{,}00 tonne d'aluminium.
  • e) Recycler l'aluminium ne consomme que 5%5\,\% de l'énergie de la production primaire. Expliquez ce chiffre en termes de nombres d'oxydation.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Il est tout en haut de la série : le dioxygène de l'air suffit à l'oxyder
  • b) Oxydant l'oxyde de fer, réducteur le monoxyde de carbone, et 6=66=6 électrons
  • c) L'aluminium est au-dessus du carbone : le carbone ne peut pas le réduire
  • d) 52,92%52{,}92\,\% d'aluminium, 1,891{,}89 t d'alumine, 3,783{,}78 t de bauxite
  • e) Il est déjà à 00 : on ne paie que la fusion, pas la réduction

a) L'aluminium est tout en haut de la série d'activité, parmi les métaux qui tiennent le moins à leurs électrons de valence. Il les cède au premier oxydant venu, et le dioxygène de l'air suffit largement. Tout aluminium métallique exposé s'oxyde donc immédiatement, et il n'existe sur Terre qu'au nombre d'oxydation +3+3, sous forme d'oxyde ou de silicate. L'or, à l'autre bout de la série, fait exactement l'inverse : aucun oxydant naturel ne l'attaque, il reste à 00, on le trouve en pépites. L'abondance d'un élément et la facilité à l'obtenir à l'état métallique sont deux questions sans rapport.

b) Le fer passe de +3+3 dans Fe2O3Fe_{2}O_{3} à 00 dans le métal : il est RÉDUIT, l'oxyde de fer est donc l'OXYDANT. Le carbone passe de +2+2 dans COCO à +4+4 dans CO2CO_{2} : il est OXYDÉ, le monoxyde de carbone est le RÉDUCTEUR. Bilan : 22 fers gagnent 33 électrons chacun, soit 66 électrons captés ; 33 carbones perdent 22 électrons chacun, soit 66 électrons cédés. 6=66=6, le bilan ferme, ce qui valide les coefficients. Tout le haut fourneau tient dans cette phrase : le carbone est assez réducteur pour arracher le fer à son oxyde.

c) Parce que l'aluminium est AU-DESSUS du carbone dans la série d'activité, alors que le fer est en dessous. Un réducteur ne peut arracher son oxygène qu'à un métal moins réducteur que lui : le carbone y parvient avec le fer, jamais avec l'aluminium. La réaction Al2O3+3CAl_{2}O_{3}+3\,C ne va pas dans le sens espéré ; c'est même la réaction inverse qui est spontanée, l'aluminium étant capable de réduire des oxydes que le carbone laisse intacts, ce qu'exploite la thermite. Il a donc fallu attendre un réducteur plus puissant que tout réactif chimique, le courant électrique, avec le procédé Hall-Héroult de 1886 : c'est précisément cette date qui fait s'effondrer le prix de l'aluminium.

d) M(Al2O3)=2(26,98)+3(16,00)=53,96+48,00=101,96M(Al_{2}O_{3})=2(26{,}98)+3(16{,}00)=53{,}96+48{,}00=101{,}96 g/mol. Pourcentage d'aluminium : 53,96101,96×100=52,92%\dfrac{53{,}96}{101{,}96}\times 100=52{,}92\,\%. Pour 1,001{,}00 tonne d'aluminium il faut 1,000,5292=1,89\dfrac{1{,}00}{0{,}5292}=1{,}89 tonne d'alumine, et comme la bauxite n'en contient que la moitié, 1,890,500=3,78\dfrac{1{,}89}{0{,}500}=3{,}78 tonnes de minerai. Presque quatre tonnes extraites pour une tonne de métal, et ce rapport ne tient compte ni de l'énergie ni des boues rouges du procédé Bayer.

e) Parce que le métal à recycler est DÉJÀ au nombre d'oxydation 00. Toute la dépense de la production primaire sert à rendre trois électrons par atome à un aluminium qui est à +3+3 dans son minerai, et c'est un travail que seule l'électricité sait faire, en grande quantité. Le métal usagé, lui, n'a plus d'électrons à recevoir : il suffit de le FONDRE, à 660660 °C, ce qui ne demande qu'une chaleur latente ordinaire. On paie un changement d'état au lieu d'une réduction, d'où le facteur vingt. C'est la conclusion de toute la série : la place d'un élément dans le tableau, puis dans la série d'activité, décide du prix de son métal autant que de sa chimie.

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