Chimie générale 202-SN1-RE (ancien 202-NYA) • Cégep à Montréal
Fiche de révision : Oxydoréduction, nombres d'oxydation et nomenclature
Cette fiche de révision couvre l'oxydoréduction et la nomenclature inorganique en chimie générale du cégep : nommer les composés ioniques, moléculaires, les acides et les hydrates, calculer un nombre d'oxydation, reconnaître une oxydoréduction parmi les cinq types de réactions, équilibrer par bilan d'électrons et traiter une combustion.
Le fil : un nombre d'oxydation n'est pas une charge réelle, c'est une comptabilité d'électrons, et c'est cette comptabilité qui nomme les composés comme elle équilibre les réactions. C'est pour cela qu'elle peut être fractionnaire, et c'est pour cela qu'elle suffit à équilibrer une équation que l'inspection ne sait pas traiter.
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Le fil du chapitre
Un nombre d'oxydation n'est pas une charge réelle, c'est une comptabilité d'électrons. C'est cette comptabilité qui nomme les composés comme elle équilibre les réactions.
Nommer un composé : trois familles, trois méthodes
•IONIQUE BINAIRE, un métal et un non-métal : l'anion d'abord, terminaison -ure, sauf l'oxygène qui donne oxyde, puis le cation. AUCUN préfixe de nombre, jamais : les charges fixent les indices.
•Métal à charge variable : notation de Stock, la charge en chiffres romains entre parenthèses. FeCl3 est le chlorure de fer(III), Cu2O l'oxyde de cuivre(I).
•IONIQUE POLYATOMIQUE : l'ion garde son nom, et passe entre parenthèses dès qu'il y en a plus d'un. Ca(NO3)2 est le nitrate de calcium.
•MOLÉCULAIRE, deux non-métaux : préfixes grecs obligatoires, mono di tri tétra penta hexa hepta. Le mono- s'omet sur le premier élément nommé, jamais sur l'oxygène : monoxyde de carbone, dioxyde de carbone.
•Une formule ionique est toujours la formule EMPIRIQUE du réseau : on croise les charges, puis on SIMPLIFIE. CaO, jamais Ca2O2.
À gauche un réseau d'ions, où la formule n'est qu'un rapport : pas de préfixe. À droite deux molécules distinctes du même couple d'éléments : seul le préfixe les sépare.
Test en une seconde pour choisir la méthode : y a-t-il un métal dans la formule ? Oui, pas de préfixe. Non, des préfixes.
Les séries oxygénées et les acides
•Série d'un même élément : l'ion de référence prend -ate, un oxygène de moins donne -ite, deux de moins donne hypo- plus -ite, un de plus donne per- plus -ate.
•Chlore : ClO− hypochlorite, ClO2− chlorite, ClO3− chlorate, ClO4− perchlorate. Chaque oxygène retiré fait baisser le nombre d'oxydation de DEUX unités, de +7 à +1.
•Acides : un anion en -ure donne un acide en -hydrique, un anion en -ate donne un acide en -ique, un anion en -ite donne un acide en -eux.
•Sulfate donne sulfurique, sulfite donne sulfureux : une seule lettre dans le nom pour un oxygène dans la formule. C'est le piège le plus rentable d'un contrôle.
•Hydrate : le point de CuSO4⋅5H2O n'est pas une multiplication, mais l'eau compte dans la masse molaire. Chauffé jusqu'à masse constante, le sel devient anhydre.
Chaque oxygène ajouté fait monter le chlore de deux unités. Les noms en -ite donnent des acides en -eux, en orange ; les noms en -ate des acides en -ique, en bleu.
Les deux repères à mémoriser par colonne sont l'ion en -ate et sa formule. Les trois autres se déduisent en ajoutant ou en retirant des oxygènes, sans rien apprendre de plus.
Le nombre d'oxydation et le bilan d'électrons
•Les règles s'appliquent DANS L'ORDRE : corps simple 0 ; ion monoatomique, sa charge ; fluor toujours −1 ; oxygène −2 sauf peroxydes et fluorures ; hydrogène +1 sauf hydrures métalliques ; la somme vaut 0 dans un composé neutre et la CHARGE dans un ion.
•Un nombre d'oxydation n'est la charge réelle que pour un ion MONOATOMIQUE. Ailleurs c'est une convention comptable : les deux électrons de chaque liaison vont à l'atome le plus électronégatif. Il peut donc être fractionnaire, et il n'est alors qu'une moyenne.
•Oxydé signifie que le nombre d'oxydation MONTE, donc perte d'électrons. Réduit signifie qu'il descend, donc gain. L'OXYDANT est celui qui se fait réduire, le RÉDUCTEUR celui qui se fait oxyder.
•Dans toute oxydoréduction, le nombre d'électrons perdus ÉGALE le nombre gagné. C'est cette égalité qui équilibre les équations que l'inspection ne sait pas traiter.
•Un oxydant peut n'être réduit que partiellement dans son propre composé : sur 8HNO3, 2 seulement sont réduites, les 6 autres restant des nitrates spectateurs.
Les six règles dans leur ordre de priorité. On descend, on s'arrête à la première qui s'applique, et les exceptions des règles 4 et 5 sont les seules à mémoriser.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Mettre un préfixe de nombre sur un composé ionique
1 point par nom, et le correcteur comprend que la logique n'est pas acquise
Ce qu'il ne faut pas écrire
« CaBr2 : c'est du dibromure de calcium. »
Ce qu'il faut écrire
« C'est le bromure de calcium. Les charges Ca2+ et Br− imposent l'indice 2 : le dire serait redondant. »
Pourquoi : Un préfixe n'existe que là où il apporte une information. Entre un métal et un non-métal, la neutralité fixe une seule formule possible ; entre deux non-métaux, rien ne la fixe, et CO comme CO2 existent. D'où la règle de tri : un métal dans la formule, pas de préfixe.
2.Écrire la formule ionique sans la simplifier
1 point, et toutes les masses molaires calculées ensuite
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Oxyde de calcium : Ca2+ et O2−, je croise les charges, donc Ca2O2. »
Ce qu'il faut écrire
« On croise PUIS on simplifie : le rapport le plus simple est un pour un, donc CaO. »
On croise les charges, puis on simplifie : Ca2O2 n'existe pas, c'est CaO. Pour Al3+ et O2−, Al2O3 est déjà le rapport le plus simple.
Pourquoi : Une formule ionique décrit un RÉSEAU, pas une molécule : il n'existe pas d'entité Ca2O2 isolée, seulement un cristal où l'on compte un calcium pour un oxygène. La formule est donc toujours empirique, et la simplification n'est pas une coquetterie.
3.Confondre les suffixes -ique et -eux
1 à 2 points, et une confusion de réactif en laboratoire
Ce qu'il ne faut pas écrire
« H2SO3 : c'est de l'acide sulfurique. »
Ce qu'il faut écrire
« SO32− est le sulfite, en -ite, donc l'acide est en -eux : acide sulfureux. C'est H2SO4, dérivé du sulfate, qui donne l'acide sulfurique. »
On passe par l'anion : sulfate donne sulfurique, sulfite donne sulfureux. Un oxygène de moins dans la formule, une lettre de moins dans le nom.
Pourquoi : Un oxygène de différence dans la formule, une lettre de différence dans le nom. Le moyen de ne jamais se tromper est de passer par l'anion : on nomme l'anion d'abord, puis on applique -ate donne -ique, -ite donne -eux.
4.Appliquer la règle de l'oxygène sans regarder les exceptions
l'exercice entier, puisque tout le bilan d'électrons en dépend
Ce qu'il ne faut pas écrire
« H2O2 : l'oxygène est à −2, donc les deux hydrogènes devraient valoir +2 chacun. »
Ce qu'il faut écrire
« Les règles s'appliquent DANS L'ORDRE, et l'hydrogène passe avant : 2(+1)+2x=0 donne x=−1. C'est un peroxyde, l'oxygène y est à −1. »
Dans l'eau, l'oxygène prend les électrons de ses deux liaisons avec H : −2. Dans le peroxyde, la liaison O–O ne donne d'électron à personne : chaque oxygène est à −1.
Pourquoi : Trois exceptions à connaître pour l'oxygène : 0 dans le corps simple O2, −1 dans un peroxyde, positif face au fluor, seul élément plus électronégatif que lui, d'où +2 dans OF2. L'hydrogène en a une : −1 dans un hydrure métallique comme NaH, où le métal ne peut que céder.
5.Oublier que la somme vaut la charge dans un ion
toute la suite du bilan, et une conclusion fausse sur le pouvoir oxydant
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Cr2O72− : la somme des nombres d'oxydation vaut zéro, donc 2x−14=0 et le chrome est à +7. »
Ce qu'il faut écrire
« La somme vaut la CHARGE de l'ion, soit −2 : 2x+7(−2)=−2 donne 2x=12 et x=+6. »
Pourquoi : La règle de somme a deux versions et l'on n'en retient qu'une. Le contrôle est immédiat : dans MnO4−, la bonne version donne +7, qui est le maximum du groupe 7, cohérent avec un oxydant puissant. La mauvaise donnerait +8, impossible pour un élément à sept électrons de valence.
6.Lire la formule sans lire la charge
1 point par espèce, et un classement d'oxydants faux dans la question suivante
Ce qu'il ne faut pas écrire
« ClO2 : c'est le chlorite, j'ai déjà calculé, le chlore est à +3. »
Ce qu'il faut écrire
« ClO2 est une molécule NEUTRE, le dioxyde de chlore : x+2(−2)=0 donne +4. C'est l'ion ClO2−, de somme −1, qui met le chlore à +3. »
Pourquoi : La même suite de lettres désigne deux espèces différentes selon l'exposant, et la règle de somme change avec lui : zéro pour la molécule, la charge pour l'ion. Le réflexe : écrire la somme visée AVANT de poser l'équation. Il vaut aussi pour NO2 et NO2−, +4 et +3, ou SO3 et SO32−, +6 et +4.
7.Déclarer une décomposition rédox sans calculer
2 points, et un bilan d'électrons inventé sur une réaction qui n'en a pas
Ce qu'il ne faut pas écrire
« CaCO3→CaO+CO2 : il y a rupture et formation de liaisons, donc c'est une oxydoréduction. »
Ce qu'il faut écrire
« On calcule des deux côtés : calcium +2, carbone +4, oxygène −2, avant comme après. Rien ne bouge, ce n'est PAS une rédox. »
Sous chaque espèce, ses nombres d'oxydation : la décomposition du calcaire ne change rien, celle du peroxyde fait descendre un oxygène et monter l'autre.
Pourquoi : On ne devine pas si une réaction est une rédox, on calcule. Deux types tranchent sans calcul, le déplacement simple qui en est toujours une et le double déplacement qui n'en est jamais une, mais une synthèse ou une décomposition demandent la vérification. Contre-exemple utile : 2H2O2→2H2O+O2 EST une rédox, et même une dismutation.
8.Inverser oxydant et réducteur
1 point à chaque fois, et la phrase de conclusion devient incompréhensible
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le zinc est oxydé, donc c'est l'oxydant de la réaction. »
Ce qu'il faut écrire
« Le zinc est OXYDÉ, il perd des électrons : c'est le RÉDUCTEUR. L'oxydant est l'ion cuivre, qui est réduit. »
Les électrons partent du zinc vers l'ion cuivre. Le zinc, qui les PERD, est oxydé : il est le réducteur. L'ion cuivre, qui les capte, est réduit : il est l'oxydant.
Pourquoi : Une espèce se nomme par ce qu'elle FAIT SUBIR à l'autre, pas par ce qu'elle subit. L'oxydant oxyde l'autre, donc il se fait réduire lui-même. La formulation qui ne trompe jamais : l'oxydant capte les électrons, et capter fait baisser le nombre d'oxydation.
9.Croire que toutes les molécules d'acide nitrique sont réduites
l'équilibrage entier, et un bilan qui ne ferme jamais
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 3Cu+8HNO3→… : huit azotes passent de +5 à +2, soit 24 électrons gagnés. »
Ce qu'il faut écrire
« Deux seulement finissent en NO et changent de nombre d'oxydation. Les six autres restent à +5 dans les nitrates : 2×3=6 électrons gagnés, ce qui égale les 3×2=6 perdus par le cuivre. »
Six électrons perdus, six gagnés. Le PPCM de 2 et de 3 donne directement les coefficients 3 et 2 ; le reste se déduit par l'hydrogène puis l'oxygène.
Pourquoi : L'acide nitrique joue DEUX rôles à la fois : oxydant pour les molécules qui se réduisent, simple acide apporteur de nitrate pour les autres. C'est cette double casquette qui fait échouer l'équilibrage par inspection, et c'est la méthode des nombres d'oxydation qui la rend visible.
Quelle méthode choisir
Comment nommer un composé inconnu
La formule, et la seule question de savoir si elle contient un métal
Si un métal à charge FIXE, groupes 1, 2, plus Al, Zn, Ag → anion en -ure ou oxyde, puis le nom du métal, sans préfixe ni chiffre romain
Exemple : K2S donne sulfure de potassium
Si un métal à charge VARIABLE, la plupart des métaux de transition → même chose, plus la charge du métal en chiffres romains, déduite de l'anion
Exemple : Cu2O donne oxyde de cuivre(I)
Si un ion polyatomique dans la formule → il garde son nom tel quel, et prend des parenthèses s'il y en a plusieurs
Exemple : Ca(NO3)2 donne nitrate de calcium
Si deux non-métaux seulement → préfixes grecs des deux côtés, le mono- omis sur le premier nommé
Exemple : N2O4 donne tétroxyde de diazote
Si un hydrogène en tête et une solution aqueuse → c'est un acide : -ure donne -hydrique, -ate donne -ique, -ite donne -eux
Exemple : H2SO3 donne acide sulfureux
Le tri se fait en regardant d'abord s'il y a un métal, puis un ion polyatomique, puis un hydrogène en tête : ces questions orientent vers l'une des cinq branches, et aucune des trois méthodes ne se mélange aux autres.
Cette réaction est-elle une oxydoréduction
Le type de la réaction, lu sur le schéma des réactifs et des produits
Trois cas tranchent sans calcul : un corps simple, un échange de partenaires, une combustion. Une synthèse ou une décomposition sans corps simple oblige à calculer.
Si un corps simple apparaît d'un côté ou de l'autre → c'est une rédox, sans calcul : un corps simple est à 0 et ne le reste pas
Exemple : Zn+CuSO4→ZnSO4+Cu
Si deux composés ioniques échangent leurs partenaires → ce n'est JAMAIS une rédox : chaque ion garde sa charge
Exemple : AgNO3+NaCl→AgCl+NaNO3
Si un composé réagit avec le dioxygène → c'est une combustion, donc toujours une rédox
Exemple : CH4+2O2→CO2+2H2O
Si une synthèse ou une décomposition sans corps simple → il FAUT calculer les nombres d'oxydation des deux côtés
Exemple : CaCO3→CaO+CO2 n'en est pas une
Les deux premières branches tranchent sans aucun calcul et couvrent la majorité des cas d'un contrôle. La dernière est celle où l'on perd des points, parce qu'on croit pouvoir deviner.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Équilibrer par la méthode des nombres d'oxydation
Quand l'utiliser : L'équilibrage par inspection échoue, en général parce qu'un élément joue deux rôles, comme l'azote de l'acide nitrique.
1Calculer les nombres d'oxydation de chaque élément des deux côtés et repérer les deux qui changent.
2Écrire pour chacun le nombre d'électrons échangés PAR ATOME, avec le sens, perdus ou gagnés.
3Prendre le plus petit commun multiple des deux nombres : c'est le nombre total d'électrons échangés.
4En déduire les coefficients de l'espèce oxydée et de l'espèce réduite, puis les reporter.
5Terminer par les éléments qui ne changent pas, hydrogène d'abord, oxygène en dernier, et vérifier élément par élément.
Phrase de conclusion
« Le cuivre passe de 0 à +2, il perd 2 électrons ; l'azote qui finit en NO passe de +5 à +2, il en gagne 3. Le PPCM vaut 6, d'où 3Cu et 2NO, puis 8HNO3 par l'azote et 4H2O par l'hydrogène. »
Le piège : Compter les huit acides nitriques comme réduits. Seuls les deux qui finissent en monoxyde d'azote changent de nombre d'oxydation ; les six autres traversent la réaction en gardant +5.
Barème : Typiquement 2 points pour les nombres d'oxydation, 2 pour les électrons échangés avec leur sens, 2 pour le PPCM et les deux coefficients, 2 pour la fin de l'équilibrage, 2 pour la vérification élément par élément.
Traiter une combustion, complète ou incomplète
Quand l'utiliser : Un hydrocarbure ou un composé organique réagit avec le dioxygène.
1Écrire les produits : CO2 et H2O si la combustion est complète, CO et H2O si elle est incomplète.
2Équilibrer le carbone, puis l'hydrogène, et garder l'oxygène pour la fin.
3Doubler tous les coefficients si l'oxygène tombe sur une demi-molécule.
4Vérifier le bilan d'électrons par les deux côtés : chaque O2 capte 4 électrons, et les carbones en cèdent autant.
Phrase de conclusion
« C3H8+5O2→3CO2+4H2O. Le carbone passe de −38 à +4, soit 20 électrons pour trois carbones, et les dix atomes d'oxygène en captent 20 : le bilan ferme. »
Le piège : Croire qu'un nombre d'oxydation fractionnaire est une erreur de calcul. C'est une moyenne, et elle est parfaitement utilisable pour un bilan global.
Barème : 1 point pour les produits corrects, 2 pour l'équilibrage, 1 pour le doublement quand il est nécessaire, 2 pour le bilan d'électrons vérifié des deux côtés.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
La somme des nombres d'oxydation
Elle doit valoir zéro sur un composé neutre et la charge sur un ion. On la recalcule sur la formule entière, indices compris.
Ca(NO3)2 : (+2)+2[(+5)+3(−2)]=(+2)+2(−1)=0.
L'égalité des électrons perdus et gagnés
Dans toute rédox, les deux comptes doivent coïncider. S'ils diffèrent, les coefficients sont faux, et l'erreur est presque toujours d'avoir compté des spectateurs.
3×2=6 perdus par les cuivres, 2×3=6 gagnés par les azotes réduits.
L'équilibrage élément par élément, oxygène en dernier
On recompte chaque élément des deux côtés. L'oxygène en dernier, parce qu'il apparaît dans le plus grand nombre d'espèces et révèle donc toutes les erreurs précédentes.
8×3=24 oxygènes à gauche, 3×6+2+4=24 à droite.
Le nombre d'oxydation maximal d'un élément
Il ne peut pas dépasser le nombre d'électrons de valence. Un résultat au-delà signale une erreur de règle, en général la somme faite à zéro au lieu de la charge.
+7 pour le manganèse du groupe 7 est son maximum ; trouver +8 est impossible.
La cohérence du nom et de la formule
On repart du nom trouvé et on réécrit la formule. Si l'on ne retombe pas sur celle de l'énoncé, le nom est faux.
Sulfure de potassium redonne K+ et S2−, donc K2S : on retombe bien.
L'exercice type décortiqué
Un sel identifié par sa masse molaire, puis suivi jusqu'à sa décomposition
Un sel ionique blanc de formule M(NO3)2 a une masse molaire de 164,10 g/mol.
Chauffé fortement, il donne 2M(NO3)2→2MO+4NO2+O2.
Masses atomiques : N 14,01 ; O 16,00 ; Ca 40,08 ; Mg 24,31.
Le nitrate inconnu chauffé dans le tube : il se décompose en un oxyde solide, en dioxyde d'azote roux et en dioxygène.
Étape 1
Ion nitrate : 14,01+3(16,00)=62,01 g/mol. Deux nitrates pèsent 124,02 g/mol.
Pourquoi
On isole la partie connue avant de chercher l'inconnue. La formule donne le nombre de nitrates, il n'y a rien à deviner.
Étape 2
Métal : 164,10−124,02=40,08 g/mol, soit le calcium. Le composé est le nitrate de calcium Ca(NO3)2.
Pourquoi
Le magnésium pèse 24,31, très loin : l'identification ne prête à aucune discussion. Contrôle gratuit, le calcium est du groupe 2 et donne bien Ca2+, la charge qu'exigent deux nitrates.
Étape 3
Nombres d'oxydation : calcium +2, oxygène −2, et dans le nitrate x+3(−2)=−1 donne l'azote à +5.
Pourquoi
La somme vaut la CHARGE de l'ion nitrate, −1, et non zéro. C'est l'erreur la plus fréquente sur les ions polyatomiques.
Étape 4
Vérification sur la formule entière : (+2)+2[(+5)+3(−2)]=(+2)+2(−1)=0.
Pourquoi
Le composé est neutre, la somme doit valoir zéro. Ce contrôle attrape toute erreur commise à l'étape précédente.
Étape 5
Dans la décomposition, l'azote passe de +5 à +4 dans NO2 : il gagne 1 électron, et ils sont 4, soit 4 électrons gagnés.
Pourquoi
On repère d'abord ce qui change. L'azote descend : il est réduit, donc l'oxydant.
Étape 6
L'oxygène passe de −2 dans le nitrate à 0 dans O2 : il perd 2 électrons, et ils sont 2, soit 4 électrons perdus.
Pourquoi
L'oxygène joue ici le rôle de réducteur, ce qui surprend toujours. Seuls les DEUX oxygènes qui finissent en dioxygène sont concernés, les autres restent à −2 dans l'oxyde.
Étape 7
Bilan : 4 gagnés et 4 perdus, l'égalité est vérifiée et les coefficients de l'énoncé sont donc corrects.
Pourquoi
C'est une rédox INTERNE, où l'oxydant et le réducteur sont deux éléments du même composé. Le calcium, lui, reste spectateur à +2 de bout en bout.
Étape 8
Pour 10,00 g de sel : n=164,1010,00=6,094×10−2 mol, et le rapport oxyde sur nitrate vaut 1.
Pourquoi
L'équation porte 2 et 2 : le rapport se simplifie, et il est inutile de traîner les coefficients.
Étape 9
M(CaO)=40,08+16,00=56,08 g/mol, donc m=6,094×10−2×56,08=3,417 g.
Pourquoi
La masse tombe à un tiers de celle de départ, ce qui est cohérent : tout l'azote et la majeure partie de l'oxygène sont partis en phase gazeuse.
Conclusion rédigée
« Le sel est le nitrate de calcium Ca(NO3)2. Sa décomposition est une oxydoréduction interne où l'azote, réduit de +5 à +4, gagne 4 électrons que l'oxygène, oxydé de −2 à 0, lui cède. À partir de 10,00 g de sel on obtient 3,417 g d'oxyde de calcium. »
L'erreur classique sur cet exercice : Déclarer que la décomposition n'est pas une rédox parce qu'aucun corps simple n'apparaît du côté des réactifs. Le dioxygène formé EST un corps simple, et il suffit à lui seul à garantir qu'un élément a changé de nombre d'oxydation.
À savoir par cœur
•Un métal dans la formule : pas de préfixe. Deux non-métaux : des préfixes.
•Charge variable : chiffres romains, déduits de l'anion dont la charge est fixe.
•Croiser les charges PUIS simplifier : CaO, jamais Ca2O2.
•-ate donne -ique, -ite donne -eux, -ure donne -hydrique.
•Un oxygène de moins dans un oxyanion : deux unités de nombre d'oxydation en moins.
•Les règles du nombre d'oxydation s'appliquent DANS L'ORDRE, et l'hydrogène passe avant l'oxygène.
•Peroxyde −1, face au fluor positif, hydrure métallique −1 : les trois exceptions.
•Somme nulle sur un composé neutre, égale à la CHARGE sur un ion.
•L'oxydant se fait réduire, le réducteur se fait oxyder.
•Dismutation : un élément part vers le haut ET vers le bas. Médiamutation : deux degrés convergent vers le même.
•Déplacement simple et combustion : toujours rédox. Double déplacement : jamais.
•Électrons perdus égale électrons gagnés : c'est ce qui équilibre l'équation.
•Combustion incomplète : le carbone s'arrête à +2, il reste de l'énergie et un gaz toxique.
Questions fréquentes
Quand faut-il mettre des préfixes comme di ou tri dans un nom ?
Seulement entre deux non-métaux. Dans un composé ionique, les charges des ions imposent une seule formule possible, donc préciser le nombre serait redondant et compté comme une faute. Entre deux non-métaux au contraire, rien n'impose de rapport : le carbone et l'oxygène donnent aussi bien le monoxyde que le dioxyde. Le test tient en une question : y a-t-il un métal dans la formule ? Si oui, pas de préfixe.
Un nombre d'oxydation est-il la vraie charge de l'atome ?
Non, sauf pour un ion monoatomique comme l'ion sodium ou l'ion chlorure. Partout ailleurs c'est une convention comptable : on fait comme si chaque liaison covalente était entièrement ionique, en attribuant ses deux électrons à l'atome le plus électronégatif. La preuve qu'il ne s'agit pas d'une charge réelle est qu'il peut être fractionnaire, comme le carbone du propane. Sa seule fonction est de repérer qui a cédé et qui a reçu des électrons.
Comment savoir si une réaction est une oxydoréduction ?
On calcule les nombres d'oxydation de chaque élément des deux côtés, et on regarde si l'un d'eux a changé. Deux cas se tranchent sans calcul : un déplacement simple en est toujours une, car un corps simple y apparaît ou disparaît, et un double déplacement n'en est jamais une, car les ions échangent leurs partenaires sans changer de charge. Une synthèse ou une décomposition demandent en revanche la vérification, car elles peuvent être l'un ou l'autre.
Pourquoi l'équilibrage du cuivre dans l'acide nitrique résiste-t-il ?
Parce que l'azote y joue deux rôles à la fois. Sur les huit molécules d'acide nitrique consommées, deux seulement sont réduites et finissent en monoxyde d'azote ; les six autres traversent la réaction sans changer de nombre d'oxydation et se retrouvent en ions nitrate autour du cuivre. L'équilibrage par inspection ne voit pas cette séparation, alors que la méthode des nombres d'oxydation la rend visible immédiatement.
Pourquoi une combustion incomplète est-elle dangereuse ?
Parce que le carbone ne monte qu'au nombre d'oxydation deux au lieu de quatre : l'oxydation est inachevée et le produit formé est le monoxyde de carbone au lieu du dioxyde. Deux conséquences en découlent. Une partie de l'énergie chimique reste enfermée dans ce gaz au lieu d'être libérée, ce qui fait chuter le rendement. Et le monoxyde de carbone, incolore et inodore, se fixe sur l'hémoglobine bien mieux que le dioxygène. La cause unique est le manque d'air, et le remède est la ventilation.
Comment retrouver le nom d'un oxyanion que je n'ai pas appris ?
On mémorise seulement l'ion de référence de la colonne, celui dont le nom finit en -ate, avec sa formule. Le reste se déduit par une règle unique : un oxygène de moins transforme -ate en -ite, deux de moins ajoutent le préfixe hypo-, et un de plus ajoute le préfixe per-. Pour le chlore, en partant du chlorate, on obtient ainsi le chlorite, l'hypochlorite et le perchlorate sans rien apprendre de plus, et chaque oxygène retiré fait baisser le nombre d'oxydation de deux unités.
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Exercices corrigés : Oxydoréduction, nombres d'oxydation et nomenclature
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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