Quand faut-il mettre des préfixes comme di ou tri dans un nom ?
Seulement entre deux non-métaux. Dans un composé ionique, les charges des ions imposent une seule formule possible, donc préciser le nombre serait redondant et compté comme une faute. Entre deux non-métaux au contraire, rien n'impose de rapport : le carbone et l'oxygène donnent aussi bien le monoxyde que le dioxyde. Le test tient en une question : y a-t-il un métal dans la formule ? Si oui, pas de préfixe.
Un nombre d'oxydation est-il la vraie charge de l'atome ?
Non, sauf pour un ion monoatomique comme l'ion sodium ou l'ion chlorure. Partout ailleurs c'est une convention comptable : on fait comme si chaque liaison covalente était entièrement ionique, en attribuant ses deux électrons à l'atome le plus électronégatif. La preuve qu'il ne s'agit pas d'une charge réelle est qu'il peut être fractionnaire, comme le carbone du propane. Sa seule fonction est de repérer qui a cédé et qui a reçu des électrons.
Comment savoir si une réaction est une oxydoréduction ?
On calcule les nombres d'oxydation de chaque élément des deux côtés, et on regarde si l'un d'eux a changé. Deux cas se tranchent sans calcul : un déplacement simple en est toujours une, car un corps simple y apparaît ou disparaît, et un double déplacement n'en est jamais une, car les ions échangent leurs partenaires sans changer de charge. Une synthèse ou une décomposition demandent en revanche la vérification, car elles peuvent être l'un ou l'autre.
Pourquoi l'équilibrage du cuivre dans l'acide nitrique résiste-t-il ?
Parce que l'azote y joue deux rôles à la fois. Sur les huit molécules d'acide nitrique consommées, deux seulement sont réduites et finissent en monoxyde d'azote ; les six autres traversent la réaction sans changer de nombre d'oxydation et se retrouvent en ions nitrate autour du cuivre. L'équilibrage par inspection ne voit pas cette séparation, alors que la méthode des nombres d'oxydation la rend visible immédiatement.
Pourquoi une combustion incomplète est-elle dangereuse ?
Parce que le carbone ne monte qu'au nombre d'oxydation deux au lieu de quatre : l'oxydation est inachevée et le produit formé est le monoxyde de carbone au lieu du dioxyde. Deux conséquences en découlent. Une partie de l'énergie chimique reste enfermée dans ce gaz au lieu d'être libérée, ce qui fait chuter le rendement. Et le monoxyde de carbone, incolore et inodore, se fixe sur l'hémoglobine bien mieux que le dioxygène. La cause unique est le manque d'air, et le remède est la ventilation.
Comment retrouver le nom d'un oxyanion que je n'ai pas appris ?
On mémorise seulement l'ion de référence de la colonne, celui dont le nom finit en -ate, avec sa formule. Le reste se déduit par une règle unique : un oxygène de moins transforme -ate en -ite, deux de moins ajoutent le préfixe hypo-, et un de plus ajoute le préfixe per-. Pour le chlore, en partant du chlorate, on obtient ainsi le chlorite, l'hypochlorite et le perchlorate sans rien apprendre de plus, et chaque oxygène retiré fait baisser le nombre d'oxydation de deux unités.