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Chimie générale 202-NYA • Cégep et complément québécois à Montréal

Exercices corrigés : les gaz et la théorie cinétique (202-NYA)

Le chapitre des gaz du secondaire s'arrête à la loi des gaz parfaits. Au cégep, trois questions s'ajoutent, et ce sont elles qui font l'examen : que se passe-t-il quand plusieurs gaz partagent le même contenant, à quelle vitesse les molécules se déplacent-elles réellement, et à partir de quand la loi des gaz parfaits cesse-t-elle d'être vraie ?

L'exercice 1 contient le piège le plus rentable du chapitre : un gaz recueilli par déplacement d'eau est toujours HUMIDE, et oublier de retrancher la pression de vapeur d'eau fausse le résultat de 2 à 3 %, sans jamais donner de valeur absurde. L'exercice 6 applique la loi de Dalton à la plongée sous-marine, où le résultat est franchement contre-intuitif.

Rappel de cours

  • Constantes : R = 8,314 kPa·L/(mol·K) ; 101,3 kPa = 1 atm = 760 mm Hg ; T(K) = T(°C) + 273. Volume molaire 22,4 L/mol à TPN.
  • Loi des gaz parfaits : PV=nRTPV=nRT. Masse molaire d'un gaz : M=mRTPVM=\dfrac{mRT}{PV}, et masse volumique ρ=PMRT\rho=\dfrac{PM}{RT}.
  • Loi de Dalton : la pression totale est la somme des pressions partielles, Ptot=PiP_{tot}=\sum P_{i}. Chaque pression partielle vaut Pi=xiPtotP_{i}=x_{i}P_{tot}, où xix_{i} est la FRACTION MOLAIRE.
  • Collecte sur l'eau : le gaz recueilli est saturé de vapeur d'eau, donc Pgaz=PatmPvap(T)P_{gaz}=P_{atm}-P_{vap}(T). La pression de vapeur ne dépend QUE de la température.
  • Théorie cinétique : l'énergie cinétique moyenne ne dépend que de la température, Ek=32RT\overline{E_{k}}=\frac{3}{2}RT par mole. Vitesse quadratique moyenne vrms=3RTMv_{rms}=\sqrt{\dfrac{3RT}{M}}, avec R = 8,314 J/(mol·K) et M en kg/mol.
  • Loi de Graham : à même température, v1v2=M2M1\dfrac{v_{1}}{v_{2}}=\sqrt{\dfrac{M_{2}}{M_{1}}}. Le gaz LÉGER effuse le plus vite.
  • Gaz réels, équation de van der Waals : P=nRTVnban2V2P=\dfrac{nRT}{V-nb}-\dfrac{an^{2}}{V^{2}}. Le terme en bb corrige le volume propre des molécules, le terme en aa corrige les attractions.

Partie A : Pressions partielles, cinétique et effusion (/32)

Exercice 1 : La loi de Dalton et le gaz recueilli sur l'eau

Dans un mélange, chaque gaz se comporte comme s'il était seul : il exerce la pression qu'il aurait en occupant tout le volume. La pression totale n'est que la somme de ces contributions, pondérées par les fractions molaires.

Masses molaires : HeHe 4,003 g/mol ; O2O_{2} 32,00 g/mol ; H2H_{2} 2,016 g/mol.

  • a) On enferme 2,00 g d'hélium et 8,00 g de dioxygène dans un ballon de 5,00 L à 25 °C. Calculez les deux pressions partielles et la pression totale.
  • b) Calculez la fraction molaire de l'hélium et vérifiez qu'elle redonne bien sa pression partielle.
  • c) On recueille du dihydrogène par déplacement d'eau : 250 mL à 22 °C, sous une pression atmosphérique de 101,3 kPa. La pression de vapeur d'eau à 22 °C vaut 2,6 kPa. Calculez la masse de H2H_{2} recueillie.
  • d) Quel écart relatif commet un élève qui oublie la correction de vapeur d'eau ? Pourquoi cette erreur est-elle difficile à détecter ?
Voir la correction

a) Il faut d'abord convertir : T=25+273=298T=25+273=298 K. Quantités de matière : n(He)=2,004,003=0,4996n(He)=\dfrac{2{,}00}{4{,}003}=0{,}4996 mol et n(O2)=8,0032,00=0,2500n\left(O_{2}\right)=\dfrac{8{,}00}{32{,}00}=0{,}2500 mol. Chaque gaz occupe seul les 5,00 L : P(He)=0,4996×8,314×2985,00=247,6P(He)=\dfrac{0{,}4996\times 8{,}314\times 298}{5{,}00}=247{,}6 kPa et P(O2)=0,2500×8,314×2985,00=123,9P\left(O_{2}\right)=\dfrac{0{,}2500\times 8{,}314\times 298}{5{,}00}=123{,}9 kPa. La pression totale est leur somme : Ptot=371,5P_{tot}=371{,}5 kPa. Noter que l'hélium, deux fois plus léger, donne deux fois plus de pression à masse quatre fois plus faible : c'est la quantité de MATIÈRE qui compte, jamais la masse.

b) x(He)=0,49960,4996+0,2500=0,49960,7496=0,6665x(He)=\dfrac{0{,}4996}{0{,}4996+0{,}2500}=\dfrac{0{,}4996}{0{,}7496}=0{,}6665. Alors P(He)=x(He)×Ptot=0,6665×371,5=247,6P(He)=x(He)\times P_{tot}=0{,}6665\times 371{,}5=247{,}6 kPa : on retrouve bien la valeur de a. Les deux chemins sont équivalents, et le second est plus rapide quand la composition est donnée en pourcentages.

c) Le gaz recueilli sur l'eau est saturé en vapeur : la pression mesurée est celle du mélange. Donc P(H2)=101,32,6=98,7P\left(H_{2}\right)=101{,}3-2{,}6=98{,}7 kPa. Avec T=22+273=295T=22+273=295 K et V=0,250V=0{,}250 L : n=PVRT=98,7×0,2508,314×295=1,006×102n=\dfrac{PV}{RT}=\dfrac{98{,}7\times 0{,}250}{8{,}314\times 295}=1{,}006\times 10^{-2} mol. La masse vaut m=1,006×102×2,016=2,03×102m=1{,}006\times 10^{-2}\times 2{,}016=2{,}03\times 10^{-2} g, soit environ 20 mg.

d) Sans la correction, il utiliserait 101,3 kPa et trouverait n=1,033×102n=1{,}033\times 10^{-2} mol, soit un écart de +2,6+2{,}6 %. L'erreur est difficile à détecter parce que le résultat reste parfaitement PLAUSIBLE : bon ordre de grandeur, bonnes unités, aucune valeur absurde. Seule la relecture de l'énoncé, où figurent les mots « recueilli sur l'eau » et une pression de vapeur donnée pour rien, peut la révéler. RÈGLE : si une pression de vapeur d'eau est fournie dans l'énoncé, c'est qu'elle doit servir.

Exercice 2 : La théorie cinétique : à quelle vitesse vont les molécules ?

La pression d'un gaz vient des chocs de ses molécules sur les parois. La théorie cinétique relie cette image microscopique aux grandeurs mesurables, et elle donne un résultat surprenant : la vitesse des molécules d'air est du même ordre que celle du son.

Ici R = 8,314 J/(mol·K) et les masses molaires sont en kg/mol.

  • a) Calculez la vitesse quadratique moyenne de l'hélium et celle du dioxygène à 25 °C.
  • b) Vérifiez que le rapport des deux vitesses ne dépend que des masses molaires.
  • c) Calculez l'énergie cinétique moyenne par mole à 25 °C. Est-elle la même pour les deux gaz ? Justifiez.
  • d) Par quel facteur la vitesse quadratique moyenne est-elle multipliée si l'on double la température absolue ? Et si l'on double la pression à température constante ?
Voir la correction

a) vrms=3RTMv_{rms}=\sqrt{\dfrac{3RT}{M}} avec MM en kg/mol. Pour l'hélium, M=4,003×103M=4{,}003\times 10^{-3} kg/mol : vrms=3×8,314×2984,003×103=1,857×106=1363v_{rms}=\sqrt{\dfrac{3\times 8{,}314\times 298}{4{,}003\times 10^{-3}}}=\sqrt{1{,}857\times 10^{6}}=1363 m/s. Pour le dioxygène, M=32,00×103M=32{,}00\times 10^{-3} kg/mol : vrms=74330,03200=482v_{rms}=\sqrt{\dfrac{7433}{0{,}03200}}=482 m/s. Une molécule de O2O_{2} file donc à près de 1700 km/h à température ambiante.

b) v(He)v(O2)=1363482=2,83\dfrac{v(He)}{v\left(O_{2}\right)}=\dfrac{1363}{482}=2{,}83. Par ailleurs, M(O2)M(He)=32,004,003=7,99=2,83\sqrt{\dfrac{M\left(O_{2}\right)}{M(He)}}=\sqrt{\dfrac{32{,}00}{4{,}003}}=\sqrt{7{,}99}=2{,}83 : les deux coïncident. En effet, dans le rapport 3RT/M1÷3RT/M2\sqrt{3RT/M_{1}}\div\sqrt{3RT/M_{2}}, le facteur 3RT3RT se simplifie, et seules les masses molaires subsistent. C'est exactement la loi de Graham.

c) Ek=32RT=32×8,314×298=3716\overline{E_{k}}=\dfrac{3}{2}RT=\dfrac{3}{2}\times 8{,}314\times 298=3716 J/mol, soit 3,72 kJ/mol. Cette valeur est la MÊME pour les deux gaz, et pour tout gaz parfait : l'énergie cinétique moyenne ne dépend que de la température. C'est d'ailleurs la définition microscopique de la température. Les molécules légères compensent leur faible masse par une plus grande vitesse, de sorte que le produit 12mv2\frac{1}{2}mv^{2} reste identique.

d) Comme vrmsTv_{rms}\propto\sqrt{T}, doubler la température absolue multiplie la vitesse par 21,41\sqrt{2}\approx 1{,}41, et non par 2 : il faudrait QUADRUPLER TT pour doubler la vitesse. Doubler la pression à température constante ne change RIEN à la vitesse : vrmsv_{rms} ne dépend que de TT et de MM. Comprimer un gaz augmente la FRÉQUENCE des chocs, pas leur violence individuelle. C'est le contresens le plus fréquent du chapitre.

Exercice 3 : L'effusion de Graham, de l'hélium à l'uranium

L'effusion est le passage d'un gaz à travers un trou minuscule. Comme la vitesse dépend de la masse molaire, les gaz légers s'échappent plus vite : c'est le seul procédé qui sépare des isotopes sans réaction chimique.

Masses molaires : HeHe 4,003 ; SF6SF_{6} 146,06 ; 235UF6^{235}UF_{6} 349,03 ; 238UF6^{238}UF_{6} 352,04 g/mol.

  • a) Combien de fois l'hélium effuse-t-il plus vite que l'hexafluorure de soufre, à même température ?
  • b) Un ballon de fête gonflé à l'hélium se dégonfle en un jour, alors qu'un ballon gonflé à l'air tient une semaine. Expliquez par ce chapitre.
  • c) Un gaz inconnu effuse 2,92 fois plus LENTEMENT que l'hélium. Déterminez sa masse molaire et proposez une identité.
  • d) Calculez le rapport des vitesses d'effusion des deux isotopes de UF6UF_{6}. Commentez la difficulté industrielle de l'enrichissement de l'uranium.
Voir la correction

a) v(He)v(SF6)=M(SF6)M(He)=146,064,003=36,49=6,04\dfrac{v(He)}{v\left(SF_{6}\right)}=\sqrt{\dfrac{M\left(SF_{6}\right)}{M(He)}}=\sqrt{\dfrac{146{,}06}{4{,}003}}=\sqrt{36{,}49}=6{,}04. L'hélium effuse donc environ six fois plus vite.

b) Deux effets se conjuguent, mais le principal est celui-ci : l'hélium, de masse molaire 4,003 g/mol, effuse 29,0/4,003=2,69\sqrt{29{,}0/4{,}003}=2{,}69 fois plus vite que l'air, dont la masse molaire moyenne est 29,0 g/mol. Il traverse donc les pores du latex bien plus rapidement. S'y ajoute le fait que l'atome d'hélium est monoatomique et très petit, ce qui facilite encore son passage. Un ballon à l'hélium perd ainsi sa portance en un jour environ.

c) « Effuser 2,92 fois plus lentement » signifie v(He)v(X)=2,92\dfrac{v(He)}{v(X)}=2{,}92, donc M(X)4,003=2,92\sqrt{\dfrac{M(X)}{4{,}003}}=2{,}92 et M(X)=4,003×2,922=4,003×8,53=34,1M(X)=4{,}003\times 2{,}92^{2}=4{,}003\times 8{,}53=34{,}1 g/mol. Cette masse correspond au sulfure d'hydrogène H2SH_{2}S, dont la masse molaire vaut 34,08 g/mol. Vérification : 34,08/4,003=2,92\sqrt{34{,}08/4{,}003}=2{,}92. Piège de lecture : « plus lentement » place la masse inconnue au NUMÉRATEUR sous la racine ; une inversion donnerait M=0,47M=0{,}47 g/mol, valeur impossible puisque inférieure à celle de l'hydrogène.

d) v(235UF6)v(238UF6)=352,04349,03=1,00862=1,00430\dfrac{v\left(^{235}UF_{6}\right)}{v\left(^{238}UF_{6}\right)}=\sqrt{\dfrac{352{,}04}{349{,}03}}=\sqrt{1{,}00862}=1{,}00430. L'écart n'est que de 0,43 % par passage. Pour enrichir l'uranium naturel, qui contient 0,7 % de 235U^{235}U, jusqu'aux 3 à 5 % du combustible nucléaire, il faut donc enchaîner des MILLIERS d'étages d'effusion en cascade. C'est ce qui rend l'enrichissement techniquement lourd, énergivore et facile à détecter, un point qui a des conséquences géopolitiques directes. Les centrifugeuses modernes exploitent la même différence de masse, avec un rendement par étage meilleur.

Exercice 4 : Les gaz réels et l'équation de van der Waals

La loi des gaz parfaits suppose des molécules ponctuelles et sans interaction. Ces deux hypothèses tombent quand on comprime fortement ou quand on refroidit : l'équation de van der Waals corrige chacune séparément.

Pour le CO2CO_{2} : a=364a=364 kPa·L²/mol² et b=0,0427b=0{,}0427 L/mol.

  • a) Calculez la pression exercée par 1,00 mol de CO2CO_{2} dans 0,500 L à 300 K, selon la loi des gaz parfaits.
  • b) Refaites le calcul avec l'équation de van der Waals, puis chiffrez l'écart relatif.
  • c) Expliquez le rôle physique de chacun des deux termes correctifs, et dites lequel domine ici.
  • d) Dans quelles conditions la loi des gaz parfaits redevient-elle une excellente approximation ? Justifiez à partir de l'équation.
Voir la correction

a) P=nRTV=1,00×8,314×3000,500=4988P=\dfrac{nRT}{V}=\dfrac{1{,}00\times 8{,}314\times 300}{0{,}500}=4988 kPa, soit près de 49 atmosphères.

b) P=nRTVnban2V2=8,314×3000,5000,0427364×1,000,5002=24940,45731456=54541456=3998P=\dfrac{nRT}{V-nb}-\dfrac{an^{2}}{V^{2}}=\dfrac{8{,}314\times 300}{0{,}500-0{,}0427}-\dfrac{364\times 1{,}00}{0{,}500^{2}}=\dfrac{2494}{0{,}4573}-1456=5454-1456=3998 kPa. L'écart relatif vaut 399849884988=19,9\dfrac{3998-4988}{4988}=-19{,}9 %. La loi des gaz parfaits SURESTIME donc la pression de près de 20 % dans ces conditions.

c) Le terme nbnb retranché au volume représente le VOLUME PROPRE des molécules : le volume réellement disponible pour se déplacer est plus petit que le volume du récipient, ce qui AUGMENTE la pression. Le terme an2V2\dfrac{an^{2}}{V^{2}} représente les FORCES ATTRACTIVES entre molécules : une molécule sur le point de frapper la paroi est retenue par ses voisines, elle frappe donc moins fort, ce qui DIMINUE la pression. Ici les deux corrections valent respectivement +466+466 kPa et 1456-1456 kPa : c'est le terme attractif qui l'emporte largement, ce qui est logique pour le CO2CO_{2}, molécule facilement liquéfiable donc à interactions fortes.

d) À BASSE pression et HAUTE température. À basse pression, le volume molaire Vn\dfrac{V}{n} est grand devant bb, donc VnbVV-nb\approx V ; et an2V2\dfrac{an^{2}}{V^{2}} devient négligeable devant nRTV\dfrac{nRT}{V} puisqu'il décroît comme 1V2\dfrac{1}{V^{2}} alors que le terme principal ne décroît qu'en 1V\dfrac{1}{V}. À haute température, l'énergie cinétique moyenne 32RT\frac{3}{2}RT devient grande devant l'énergie d'attraction, et les molécules se croisent trop vite pour être retenues. En pratique, aux conditions ambiantes et jusqu'à quelques atmosphères, l'écart est inférieur à 1 % : c'est pourquoi le secondaire peut ignorer complètement cette correction.

Partie B : Niveau examen (/18)

Exercice 5 : Identifier un gaz par sa masse molaire et sa masse volumique

La loi des gaz parfaits, réécrite avec la masse, devient un instrument d'analyse : mesurer une masse, un volume, une pression et une température suffit à identifier un gaz inconnu.

Masse molaire moyenne de l'air : 29,0 g/mol.

  • a) Établissez, à partir de PV=nRTPV=nRT, les expressions de la masse molaire MM et de la masse volumique ρ\rho d'un gaz.
  • b) Un échantillon gazeux de 0,887 g occupe 500 mL à 100 °C sous 98,0 kPa. Calculez sa masse molaire et proposez une identité.
  • c) Calculez la masse volumique de l'air et celle de l'hélium à 25 °C sous 101,3 kPa.
  • d) Déduisez-en la masse maximale que peut soulever un ballon de 10,0 L gonflé à l'hélium, en négligeant la masse de l'enveloppe.
  • e) Pourquoi un ballon gonflé à l'air chaud s'élève-t-il aussi, alors que sa composition est identique à celle de l'air ambiant ?
Voir la correction

a) De PV=nRTPV=nRT et n=mMn=\dfrac{m}{M}, on tire PV=mMRTPV=\dfrac{m}{M}RT, d'où M=mRTPVM=\dfrac{mRT}{PV}. En divisant par le volume, la masse volumique ρ=mV\rho=\dfrac{m}{V} vérifie ρ=PMRT\rho=\dfrac{PM}{RT}. Cette dernière relation montre que, pour un gaz donné, la masse volumique est proportionnelle à la pression et inversement proportionnelle à la température absolue.

b) T=100+273=373T=100+273=373 K. D'abord n=PVRT=98,0×0,5008,314×373=1,580×102n=\dfrac{PV}{RT}=\dfrac{98{,}0\times 0{,}500}{8{,}314\times 373}=1{,}580\times 10^{-2} mol. Puis M=0,8871,580×102=56,1M=\dfrac{0{,}887}{1{,}580\times 10^{-2}}=56{,}1 g/mol. Cette valeur correspond au butène C4H8C_{4}H_{8}, de masse molaire 56,11 g/mol. On pourrait aussi songer au fer, mais le fer n'est évidemment pas gazeux à 100 °C : l'état physique fait partie de l'identification.

c) T=298T=298 K. Pour l'air : ρ=101,3×29,08,314×298=1,186\rho=\dfrac{101{,}3\times 29{,}0}{8{,}314\times 298}=1{,}186 g/L. Pour l'hélium : ρ=101,3×4,0038,314×298=0,164\rho=\dfrac{101{,}3\times 4{,}003}{8{,}314\times 298}=0{,}164 g/L. Le rapport vaut 7,24, exactement celui des masses molaires : à même pression et même température, les masses volumiques sont proportionnelles aux masses molaires, ce qui est la traduction directe de la loi d'Avogadro.

d) La poussée d'Archimède correspond à la masse d'air déplacé, soit 1,186×10,0=11,861{,}186\times 10{,}0=11{,}86 g. Le ballon contient déjà 0,164×10,0=1,640{,}164\times 10{,}0=1{,}64 g d'hélium. La charge utile maximale est la différence : 11,861,64=10,211{,}86-1{,}64=10{,}2 g. C'est peu : soulever un kilogramme exigerait près de 1000 L d'hélium, soit un ballon d'environ 1,2 m de diamètre.

e) Parce que ce qui compte pour la poussée n'est pas la composition mais la MASSE VOLUMIQUE. D'après ρ=PMRT\rho=\dfrac{PM}{RT}, à pression constante la masse volumique est inversement proportionnelle à la température absolue. En chauffant l'air de 20 °C à 100 °C, soit de 293 K à 373 K, on divise ρ\rho par 373293=1,27\dfrac{373}{293}=1{,}27 : l'air intérieur devient 27 % moins dense que l'air extérieur, et la poussée l'emporte. C'est le même principe qu'avec l'hélium, obtenu non pas en changeant MM mais en changeant TT.

Exercice 6 : Problème : la plongée sous-marine et la loi de Dalton

Sous l'eau, la pression augmente d'environ 1 atmosphère tous les 10 mètres. Les pressions partielles des gaz respirés augmentent d'autant, et deux d'entre elles deviennent dangereuses bien avant que le plongeur ne s'en rende compte.

L'air contient 21,0 % de O2O_{2} et 79,0 % de N2N_{2} en moles. On prend Patm=101,3P_{atm}=101{,}3 kPa en surface, et la pression totale à la profondeur dd vaut P=101,3(1+d10)P=101{,}3\left(1+\dfrac{d}{10}\right) avec dd en mètres. Le seuil de toxicité du dioxygène est fixé à 160 kPa de pression partielle.

  • a) Calculez la pression totale et la pression partielle de O2O_{2} pour un plongeur à 30,0 m.
  • b) À quelle profondeur, en respirant de l'air, atteint-on le seuil de toxicité du dioxygène ?
  • c) Le Nitrox 32 contient 32,0 % de O2O_{2}. Refaites le calcul de b pour ce mélange.
  • d) Le Nitrox est présenté comme « plus sûr » que l'air. Votre résultat contredit-il cette affirmation ? Expliquez ce que le Nitrox améliore réellement.
  • e) Pour les plongées très profondes, on remplace l'azote par de l'hélium. Citez un avantage lié à ce chapitre et un inconvénient pratique.
Voir la correction

a) À 30,0 m : P=101,3(1+30,010)=101,3×4,00=405,2P=101{,}3\left(1+\dfrac{30{,}0}{10}\right)=101{,}3\times 4{,}00=405{,}2 kPa, soit 4 atmosphères. La pression partielle du dioxygène vaut P(O2)=0,210×405,2=85,1P\left(O_{2}\right)=0{,}210\times 405{,}2=85{,}1 kPa. On est encore loin des 160 kPa : la plongée loisir à 30 m est sûre de ce point de vue.

b) On cherche dd tel que 0,210×101,3(1+d10)=1600{,}210\times 101{,}3\left(1+\dfrac{d}{10}\right)=160. Alors 1+d10=1600,210×101,3=16021,27=7,521+\dfrac{d}{10}=\dfrac{160}{0{,}210\times 101{,}3}=\dfrac{160}{21{,}27}=7{,}52, donc d10=6,52\dfrac{d}{10}=6{,}52 et d=65,2d=65{,}2 m. C'est bien au-delà de la limite de la plongée loisir, fixée à 40 m pour d'autres raisons.

c) Avec 32,0 % : 1+d10=1600,320×101,3=16032,42=4,941+\dfrac{d}{10}=\dfrac{160}{0{,}320\times 101{,}3}=\dfrac{160}{32{,}42}=4{,}94, donc d=39,4d=39{,}4 m. La profondeur maximale est donc NETTEMENT PLUS FAIBLE qu'avec l'air ordinaire : 39 m au lieu de 65 m.

d) Non, il n'y a pas de contradiction, mais l'affirmation demande une précision. Le Nitrox est plus sûr vis-à-vis de l'AZOTE, pas de l'oxygène. En remplaçant une partie du N2N_{2} par du O2O_{2}, on abaisse la pression partielle d'azote à toute profondeur, ce qui réduit la quantité d'azote dissous dans les tissus, donc le risque d'accident de décompression et de narcose. En contrepartie, on augmente la pression partielle d'oxygène, et donc le risque de toxicité, ce qui IMPOSE une profondeur maximale plus faible. Le Nitrox permet ainsi de rester plus longtemps, mais moins profond : c'est un déplacement du risque, pas une suppression.

e) Avantage : l'hélium est chimiquement inerte et surtout beaucoup moins soluble dans les tissus gras que l'azote, ce qui supprime la narcose et réduit la charge en gaz dissous. Inconvénient pratique lié à ce chapitre : sa très faible masse molaire, 4,003 g/mol, lui donne une conductivité thermique élevée et une vitesse moléculaire trois fois plus grande que celle de l'azote, ce qui refroidit fortement le plongeur et déforme la voix. À cela s'ajoute son coût, et le fait qu'il s'échappe des bouteilles par effusion plus vite que tout autre gaz, exactement comme dans le ballon de l'exercice 3.

Voir aussi

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