Chimie générale 202-SN1-RE (ancien 202-NYA) • Cégep à Montréal
Exercices corrigés : les gaz et la théorie cinétique (202-SN1-RE, ancien 202-NYA)
Le chapitre des gaz du secondaire s'arrête à la loi des gaz parfaits. Au cours de chimie générale 202-SN1-RE (ancien 202-NYA) du cégep, trois questions s'ajoutent, et ce sont elles qui font l'examen : que se passe-t-il quand plusieurs gaz partagent le même contenant (loi de Dalton et pressions partielles), à quelle vitesse les molécules se déplacent-elles réellement (théorie cinétique, vitesse quadratique moyenne, distribution de Maxwell-Boltzmann, loi de Graham), et à partir de quand la loi des gaz parfaits cesse-t-elle d'être vraie (équation de van der Waals, facteur de compressibilité) ?
À la fin de la série, vous savez appliquer la loi combinée et ses cas particuliers, Boyle-Mariotte, Charles et Gay-Lussac (exercice 1), calculer une vitesse quadratique moyenne (exercice 3), comparer des vitesses d'effusion jusqu'à l'enrichissement de l'uranium (exercice 4), corriger une pression par van der Waals (exercice 5), identifier un gaz par sa masse volumique (exercice 6), faire la stœchiométrie d'un airbag et la pression après réaction dans un récipient rigide (exercice 7), lire les trois vitesses de Maxwell-Boltzmann et l'échappement atmosphérique (exercice 8), et calculer un facteur de compressibilité et la température de Boyle (exercice 9).
L'exercice 2, sur la collecte d'un gaz sur l'eau, contient le piège le plus rentable du chapitre : un gaz recueilli par déplacement d'eau est toujours HUMIDE, et oublier de retrancher la pression de vapeur d'eau fausse le résultat de 2 à 3 %, sans jamais donner de valeur absurde. Le dernier exercice applique la loi de Dalton à la plongée sous-marine et au Nitrox, où le résultat est franchement contre-intuitif.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Constantes : R = 8,314 kPa·L/(mol·K) ; 101,3 kPa = 1 atm = 760 mm Hg ; T(K) = T(°C) + 273. Volume molaire 22,4 L/mol à TPN (0 °C et 101,3 kPa).
•Loi combinée : pour une quantité de gaz fermée, T1P1V1=T2P2V2. Boyle-Mariotte (T constante), Charles (P constante) et Gay-Lussac (V constant) n'en sont que des cas particuliers. Les températures sont TOUJOURS en kelvins, parce que ces lois font intervenir un rapport de températures.
•Loi des gaz parfaits : PV=nRT. Masse molaire d'un gaz : M=PVmRT, et masse volumique ρ=RTPM.
•Loi de Dalton : la pression totale est la somme des pressions partielles, Ptot=∑Pi. Chaque pression partielle vaut Pi=xiPtot, où xi est la FRACTION MOLAIRE.
•Collecte sur l'eau : le gaz recueilli est saturé de vapeur d'eau, donc Pgaz=Patm−Pvap(T). La pression de vapeur ne dépend QUE de la température.
•Théorie cinétique : l'énergie cinétique moyenne ne dépend que de la température, Ek=23RT par mole. Vitesse quadratique moyenne vrms=M3RT, avec R = 8,314 J/(mol·K) et M en kg/mol.
•Loi de Graham : à même température, v2v1=M1M2. Le gaz LÉGER effuse le plus vite.
•Gaz réels, équation de van der Waals : P=V−nbnRT−V2an2. Le terme en b corrige le volume propre des molécules, le terme en a corrige les attractions.
•Stœchiométrie des gaz : à T et P fixées, les volumes de gaz sont proportionnels aux quantités de matière, donc les coefficients de l'équation se lisent directement en volumes. Dans un récipient rigide, la pression ne dépend que du nombre TOTAL de moles gazeuses, quelle que soit leur nature.
•Distribution de Maxwell-Boltzmann : vp=M2RT<vmoy=πM8RT<vrms=M3RT. Chauffer ou alléger le gaz décale la courbe vers la droite et l'aplatit ; l'aire sous la courbe vaut toujours 1.
•Facteur de compressibilité : Z=nRTPV, égal à 1 pour un gaz parfait. Z<1 signale la domination des attractions, Z>1 celle du volume propre des molécules. Le coefficient du premier ordre en P s'annule à la température de Boyle TB=Rba.
Partie A : Lois des gaz, pressions partielles, cinétique et effusion (/50)
Exercice 1 : Les lois simples et la loi combinée
Avant Dalton et avant la théorie cinétique, tout le chapitre tient dans une seule relation entre deux états d'une même quantité de gaz : T1P1V1=T2P2V2. Les lois de Boyle-Mariotte, de Charles et de Gay-Lussac n'en sont que des cas particuliers, obtenus en gelant l'une des trois variables.
On prend R=8,314 kPa·L/(mol·K) et 1 atm = 101,3 kPa.
Le schéma ci-dessous représente les deux situations.
a) Une bouteille de plongée rigide de 12,0 L contient de l'air à 20 265 kPa (200 atm) et 20 °C. Oubliée au soleil, elle atteint 55 °C. Calculez la nouvelle pression. Quelle loi particulière avez-vous appliquée, et pourquoi le volume ne joue-t-il aucun rôle ?
b) Un ballon météo souple emporte 25,0 m³ d'hélium au sol, où la pression vaut 101,3 kPa et la température 20 °C. À 20 km d'altitude, la pression n'est plus que de 5,5 kPa et la température de −50 °C. Calculez le volume du ballon à cette altitude.
c) Vérifiez le résultat de b) en calculant la quantité de matière d'hélium au sol puis en altitude par la loi des gaz parfaits. Que doit-on retrouver, et pourquoi ?
d) Un élève refait le calcul de a) en gardant les températures en degrés Celsius. Quelle pression trouve-t-il ? Expliquez pourquoi l'échelle Celsius est inutilisable ici, alors qu'elle convient très bien pour une différence de température.
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Réponses
a)P2=22686 kPa, soit 224 atm : loi de Gay-Lussac, le volume se simplifie
b)V2=350 m³, soit 14 fois le volume au sol
c)1040 mol dans les deux cas : le ballon est fermé
d)55 729 kPa, soit 550 atm : un rapport de températures exige des kelvins
a)
Le récipient est rigide, donc V1=V2 et la relation se réduit à T1P1=T2P2 : c'est la loi de Gay-Lussac. Avec T1=20+273=293 K et T2=55+273=328 K, on obtient P2=P1T1T2=20265×293328=22686 kPa, soit 224 atm. Le volume n'intervient pas parce qu'il se simplifie de part et d'autre : seule compte sa constance, pas sa valeur. Une hausse de 35 °C fait donc grimper la pression de 24 atmosphères, ce qui explique la consigne de ne jamais laisser une bouteille au soleil.
b)
Ici les trois grandeurs changent, il faut la loi combinée : V2=V1P2P1×T1T2=25,0×5,5101,3×293223=25,0×18,42×0,761=350 m³. Le ballon gonfle donc d'un facteur 14. Les deux effets jouent en sens contraire : la chute de pression multiplie le volume par 18,4 tandis que le refroidissement le divise par 1,31 ; la pression l'emporte de très loin. C'est pourquoi un ballon météo est lâché à moitié vide et finit par éclater en altitude.
c)
Au sol : n=RTPV=8,314×293101,3×25000=1040 mol, en convertissant les 25,0 m³ en 25 000 L. En altitude : n=8,314×2235,5×350450=1040 mol. On retrouve exactement la même valeur, et c'est bien ce qu'on doit obtenir puisque le ballon est fermé : la quantité de matière est conservée. C'est d'ailleurs la démonstration de la loi combinée, qui n'est rien d'autre que l'écriture de TPV=nR à deux instants pour un même n. Ce contrôle par la quantité de matière est la meilleure façon de vérifier un exercice de loi combinée.
d)
Avec les degrés Celsius, il trouverait P2=20265×2055=55729 kPa, soit 550 atm : la bouteille exploserait. L'erreur est majeure parce que le rapport 2055=2,75 n'a rien à voir avec le rapport réel 293328=1,12. La raison est que les lois des gaz font intervenir un RAPPORT de températures, et un rapport n'a de sens que sur une échelle dont le zéro est le vrai zéro, c'est-à-dire le kelvin. Sur l'échelle Celsius, le zéro est arbitraire : dire qu'il fait deux fois plus chaud à 20 °C qu'à 10 °C n'a aucun sens physique. En revanche, une DIFFÉRENCE de température est identique dans les deux échelles, puisque le décalage de 273 s'annule : c'est pourquoi une capacité thermique peut s'écrire indifféremment en J/(g·°C) ou en J/(g·K).
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Exercice 2 : La loi de Dalton et le gaz recueilli sur l'eau
Dans un mélange, chaque gaz se comporte comme s'il était seul : il exerce la pression qu'il aurait en occupant tout le volume. La pression totale n'est que la somme de ces contributions, pondérées par les fractions molaires.
Le schéma ci-dessous représente le mélange de a) et le montage de c).
a) On enferme 2,00 g d'hélium et 8,00 g de dioxygène dans un ballon de 5,00 L à 25 °C. Calculez les deux pressions partielles et la pression totale.
b) Calculez la fraction molaire de l'hélium et vérifiez qu'elle redonne bien sa pression partielle.
c) On recueille du dihydrogène par déplacement d'eau : 250 mL à 22 °C, sous une pression atmosphérique de 101,3 kPa. La pression de vapeur d'eau à 22 °C vaut 2,6 kPa. Calculez la masse de H2 recueillie.
d) Quel écart relatif commet un élève qui oublie la correction de vapeur d'eau ? Pourquoi cette erreur est-elle difficile à détecter ?
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Réponses
a)n(He)=0,4996 mol et n(O2)=0,2500 mol ; 247,6 kPa, 123,9 kPa, total 371,5 kPa
b)x(He)=0,6665, et 0,6665×371,5=247,6 kPa
c)P(H2)=98,7 kPa, n=1,006×10−2 mol, soit 20,3 mg
d)+2,6% : une erreur parfaitement plausible, donc invisible
a)
Il faut d'abord convertir : T=25+273=298 K. Quantités de matière : n(He)=4,0032,00=0,4996 mol et n(O2)=32,008,00=0,2500 mol. Chaque gaz occupe seul les 5,00 L : P(He)=5,000,4996×8,314×298=247,6 kPa et P(O2)=5,000,2500×8,314×298=123,9 kPa. La pression totale est leur somme : Ptot=371,5 kPa. Noter que l'hélium, deux fois plus léger, donne deux fois plus de pression à masse quatre fois plus faible : c'est la quantité de MATIÈRE qui compte, jamais la masse.
b)
x(He)=0,4996+0,25000,4996=0,74960,4996=0,6665. Alors P(He)=x(He)×Ptot=0,6665×371,5=247,6 kPa : on retrouve bien la valeur de a. Les deux chemins sont équivalents, et le second est plus rapide quand la composition est donnée en pourcentages.
c)
Le gaz recueilli sur l'eau est saturé en vapeur : la pression mesurée est celle du mélange. Donc P(H2)=101,3−2,6=98,7 kPa. Avec T=22+273=295 K et V=0,250 L : n=RTPV=8,314×29598,7×0,250=1,006×10−2 mol. La masse vaut m=1,006×10−2×2,016=2,03×10−2 g, soit environ 20 mg.
d)
Sans la correction, il utiliserait 101,3 kPa et trouverait n=1,033×10−2 mol, soit un écart de +2,6 %. L'erreur est difficile à détecter parce que le résultat reste parfaitement PLAUSIBLE : bon ordre de grandeur, bonnes unités, aucune valeur absurde. Seule la relecture de l'énoncé, où figurent les mots « recueilli sur l'eau » et une pression de vapeur donnée pour rien, peut la révéler. RÈGLE : si une pression de vapeur d'eau est fournie dans l'énoncé, c'est qu'elle doit servir.
Exercice 3 : La théorie cinétique : à quelle vitesse vont les molécules ?
La pression d'un gaz vient des chocs de ses molécules sur les parois. La théorie cinétique relie cette image microscopique aux grandeurs mesurables, et elle donne un résultat surprenant : la vitesse des molécules d'air est du même ordre que celle du son.
Ici R = 8,314 J/(mol·K) et les masses molaires sont en kg/mol.
Le schéma ci-dessous représente les deux gaz à la même température.
a) Calculez la vitesse quadratique moyenne de l'hélium et celle du dioxygène à 25 °C.
b) Vérifiez que le rapport des deux vitesses ne dépend que des masses molaires.
c) Calculez l'énergie cinétique moyenne par mole à 25 °C. Est-elle la même pour les deux gaz ? Justifiez.
d) Par quel facteur la vitesse quadratique moyenne est-elle multipliée si l'on double la température absolue ? Et si l'on double la pression à température constante ?
Voir la correction
Réponses
a)vrms(He)=1363 m/s et vrms(O2)=482 m/s
b)2,83=32,00/4,003 : le facteur 3RT se simplifie
c)Ek=3716 J/mol, la MÊME pour tout gaz parfait à 298 K
d)2≈1,41 si T double ; rien du tout si P double
a)
vrms=M3RT avec M en kg/mol. Pour l'hélium, M=4,003×10−3 kg/mol : vrms=4,003×10−33×8,314×298=1,857×106=1363 m/s. Pour le dioxygène, M=32,00×10−3 kg/mol : vrms=0,032007433=482 m/s. Une molécule de O2 file donc à près de 1700 km/h à température ambiante.
b)
v(O2)v(He)=4821363=2,83. Par ailleurs, M(He)M(O2)=4,00332,00=7,99=2,83 : les deux coïncident. En effet, dans le rapport 3RT/M1÷3RT/M2, le facteur 3RT se simplifie, et seules les masses molaires subsistent. C'est exactement la loi de Graham.
c)
Ek=23RT=23×8,314×298=3716 J/mol, soit 3,72 kJ/mol. Cette valeur est la MÊME pour les deux gaz, et pour tout gaz parfait : l'énergie cinétique moyenne ne dépend que de la température. C'est d'ailleurs la définition microscopique de la température. Les molécules légères compensent leur faible masse par une plus grande vitesse, de sorte que le produit 21mv2 reste identique.
d)
Comme vrms∝T, doubler la température absolue multiplie la vitesse par 2≈1,41, et non par 2 : il faudrait QUADRUPLER T pour doubler la vitesse. Doubler la pression à température constante ne change RIEN à la vitesse : vrms ne dépend que de T et de M. Comprimer un gaz augmente la FRÉQUENCE des chocs, pas leur violence individuelle. C'est le contresens le plus fréquent du chapitre.
Exercice 4 : L'effusion de Graham, de l'hélium à l'uranium
L'effusion est le passage d'un gaz à travers un trou minuscule. Comme la vitesse dépend de la masse molaire, les gaz légers s'échappent plus vite : c'est le seul procédé qui sépare des isotopes sans réaction chimique.
Le schéma ci-dessous représente les deux gaz, chacun devant un trou minuscule.
a) Combien de fois l'hélium effuse-t-il plus vite que l'hexafluorure de soufre, à même température ?
b) Un ballon de fête gonflé à l'hélium se dégonfle en un jour, alors qu'un ballon gonflé à l'air tient une semaine. Expliquez par ce chapitre.
c) Un gaz inconnu effuse 2,92 fois plus LENTEMENT que l'hélium. Déterminez sa masse molaire et proposez une identité.
d) Calculez le rapport des vitesses d'effusion des deux isotopes de UF6. Commentez la difficulté industrielle de l'enrichissement de l'uranium.
Voir la correction
Réponses
a)L'hélium effuse 6,04 fois plus vite que SF6
b)2,69 fois plus vite que l'air, et un atome petit et monoatomique
c)M=34,1 g/mol, soit le sulfure d'hydrogène
d)1,00430, soit 0,43% par passage : des milliers d'étages en cascade
a)
v(SF6)v(He)=M(He)M(SF6)=4,003146,06=36,49=6,04. L'hélium effuse donc environ six fois plus vite.
b)
Deux effets se conjuguent, mais le principal est celui-ci : l'hélium, de masse molaire 4,003 g/mol, effuse 29,0/4,003=2,69 fois plus vite que l'air, dont la masse molaire moyenne est 29,0 g/mol. Il traverse donc les pores du latex bien plus rapidement. S'y ajoute le fait que l'atome d'hélium est monoatomique et très petit, ce qui facilite encore son passage. Un ballon à l'hélium perd ainsi sa portance en un jour environ.
c)
« Effuser 2,92 fois plus lentement » signifie v(X)v(He)=2,92, donc 4,003M(X)=2,92 et M(X)=4,003×2,922=4,003×8,53=34,1 g/mol. Cette masse correspond au sulfure d'hydrogène H2S, dont la masse molaire vaut 34,08 g/mol. Vérification : 34,08/4,003=2,92. Piège de lecture : « plus lentement » place la masse inconnue au NUMÉRATEUR sous la racine ; une inversion donnerait M=0,47 g/mol, valeur impossible puisque inférieure à celle de l'hydrogène.
d)
v(238UF6)v(235UF6)=349,03352,04=1,00862=1,00430. L'écart n'est que de 0,43 % par passage. Pour enrichir l'uranium naturel, qui contient 0,7 % de 235U, jusqu'aux 3 à 5 % du combustible nucléaire, il faut donc enchaîner des MILLIERS d'étages d'effusion en cascade. C'est ce qui rend l'enrichissement techniquement lourd, énergivore et facile à détecter, un point qui a des conséquences géopolitiques directes. Les centrifugeuses modernes exploitent la même différence de masse, avec un rendement par étage meilleur.
Exercice 5 : Les gaz réels et l'équation de van der Waals
La loi des gaz parfaits suppose des molécules ponctuelles et sans interaction. Ces deux hypothèses tombent quand on comprime fortement ou quand on refroidit : l'équation de van der Waals corrige chacune séparément.
Pour le CO2 : a=364 kPa·L²/mol² et b=0,0427 L/mol.
Le schéma ci-dessous représente l'échantillon.
a) Calculez la pression exercée par 1,00 mol de CO2 dans 0,500 L à 300 K, selon la loi des gaz parfaits.
b) Refaites le calcul avec l'équation de van der Waals, puis chiffrez l'écart relatif.
c) Expliquez le rôle physique de chacun des deux termes correctifs, et dites lequel domine ici.
d) Dans quelles conditions la loi des gaz parfaits redevient-elle une excellente approximation ? Justifiez à partir de l'équation.
Voir la correction
Réponses
a)P=4988 kPa, près de 49 atm
b)P=3998 kPa, soit −19,9% : la loi des gaz parfaits surestime
c)+466 kPa pour le volume propre, −1456 kPa pour les attractions, qui dominent
d)À basse pression et haute température, l'écart tombe sous 1 %
a)
P=VnRT=0,5001,00×8,314×300=4988 kPa, soit près de 49 atmosphères.
b)
P=V−nbnRT−V2an2=0,500−0,04278,314×300−0,5002364×1,00=0,45732494−1456=5454−1456=3998 kPa. L'écart relatif vaut 49883998−4988=−19,9 %. La loi des gaz parfaits SURESTIME donc la pression de près de 20 % dans ces conditions.
c)
Le terme nb retranché au volume représente le VOLUME PROPRE des molécules : le volume réellement disponible pour se déplacer est plus petit que le volume du récipient, ce qui AUGMENTE la pression. Le terme V2an2 représente les FORCES ATTRACTIVES entre molécules : une molécule sur le point de frapper la paroi est retenue par ses voisines, elle frappe donc moins fort, ce qui DIMINUE la pression. Ici les deux corrections valent respectivement +466 kPa et −1456 kPa : c'est le terme attractif qui l'emporte largement, ce qui est logique pour le CO2, molécule facilement liquéfiable donc à interactions fortes.
d)
À BASSE pression et HAUTE température. À basse pression, le volume molaire nV est grand devant b, donc V−nb≈V ; et V2an2 devient négligeable devant VnRT puisqu'il décroît comme V21 alors que le terme principal ne décroît qu'en V1. À haute température, l'énergie cinétique moyenne 23RT devient grande devant l'énergie d'attraction, et les molécules se croisent trop vite pour être retenues. En pratique, aux conditions ambiantes et jusqu'à quelques atmosphères, l'écart est inférieur à 1 % : c'est pourquoi le secondaire peut ignorer complètement cette correction.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Identifier un gaz par sa masse molaire et sa masse volumique
La loi des gaz parfaits, réécrite avec la masse, devient un instrument d'analyse : mesurer une masse, un volume, une pression et une température suffit à identifier un gaz inconnu.
Masse molaire moyenne de l'air : 29,0 g/mol.
Le schéma ci-dessous représente l'échantillon de b).
a) Établissez, à partir de PV=nRT, les expressions de la masse molaire M et de la masse volumique ρ d'un gaz.
b) Un échantillon gazeux de 0,887 g occupe 500 mL à 100 °C sous 98,0 kPa. Calculez sa masse molaire et proposez une identité.
c) Calculez la masse volumique de l'air et celle de l'hélium à 25 °C sous 101,3 kPa.
d) Déduisez-en la masse maximale que peut soulever un ballon de 10,0 L gonflé à l'hélium, en négligeant la masse de l'enveloppe.
e) Pourquoi un ballon gonflé à l'air chaud s'élève-t-il aussi, alors que sa composition est identique à celle de l'air ambiant ?
Voir la correction
Réponses
a)M=PVmRT et ρ=RTPM
b)n=1,580×10−2 mol et M=56,1 g/mol : le butène
c)1,186 g/L pour l'air, 0,164 g/L pour l'hélium, rapport 7,24
d)11,86−1,64=10,2 g de charge utile
e)Chauffer divise ρ par 1,27 : l'air chaud est 27 % moins dense
a)
De PV=nRT et n=Mm, on tire PV=MmRT, d'où M=PVmRT. En divisant par le volume, la masse volumique ρ=Vm vérifie ρ=RTPM. Cette dernière relation montre que, pour un gaz donné, la masse volumique est proportionnelle à la pression et inversement proportionnelle à la température absolue.
b)
T=100+273=373 K. D'abord n=RTPV=8,314×37398,0×0,500=1,580×10−2 mol. Puis M=1,580×10−20,887=56,1 g/mol. Cette valeur correspond au butène C4H8, de masse molaire 56,11 g/mol. On pourrait aussi songer au fer, mais le fer n'est évidemment pas gazeux à 100 °C : l'état physique fait partie de l'identification.
c)
T=298 K. Pour l'air : ρ=8,314×298101,3×29,0=1,186 g/L. Pour l'hélium : ρ=8,314×298101,3×4,003=0,164 g/L. Le rapport vaut 7,24, exactement celui des masses molaires : à même pression et même température, les masses volumiques sont proportionnelles aux masses molaires, ce qui est la traduction directe de la loi d'Avogadro.
d)
La poussée d'Archimède correspond à la masse d'air déplacé, soit 1,186×10,0=11,86 g. Le ballon contient déjà 0,164×10,0=1,64 g d'hélium. La charge utile maximale est la différence : 11,86−1,64=10,2 g. C'est peu : soulever un kilogramme exigerait près de 1000 L d'hélium, soit un ballon d'environ 1,2 m de diamètre.
e)
Parce que ce qui compte pour la poussée n'est pas la composition mais la MASSE VOLUMIQUE. D'après ρ=RTPM, à pression constante la masse volumique est inversement proportionnelle à la température absolue. En chauffant l'air de 20 °C à 100 °C, soit de 293 K à 373 K, on divise ρ par 293373=1,27 : l'air intérieur devient 27 % moins dense que l'air extérieur, et la poussée l'emporte. C'est le même principe qu'avec l'hélium, obtenu non pas en changeant M mais en changeant T.
Exercice 7 : La stœchiométrie des gaz et la pression après réaction
Dès qu'un gaz intervient dans une réaction, la loi des gaz parfaits devient l'outil de conversion entre la quantité de matière et les grandeurs mesurées. Dans un récipient rigide, c'est la quantité TOTALE de gaz qui fixe la pression, quelle que soit la nature des espèces.
L'airbag se gonfle par décomposition de l'azoture de sodium : 2NaN3→2Na+3N2. Masses molaires (g/mol) : Na 22,99 ; N 14,01. On prend R=8,314 kPa·L/(mol·K).
Le schéma ci-dessous représente le récipient de c) avant l'étincelle.
a) Quelle masse d'azoture de sodium faut-il pour gonfler un sac de 65,0 L à 25 °C sous 101,3 kPa ?
b) On brûle du méthane selon CH4+2O2→CO2+2H2O. À 150 °C et sous pression constante, quels volumes de dioxygène et de dioxyde de carbone correspondent à 10,0 L de méthane ? Le volume total du système varie-t-il ?
c) On introduit maintenant 0,100 mol de méthane et 0,300 mol de dioxygène dans un récipient RIGIDE de 2,00 L porté à 150 °C, et on enflamme. Calculez la pression avant réaction, puis la pression après réaction complète et retour à 150 °C. Commentez.
d) Donnez les pressions partielles de chaque espèce après réaction. On refroidit ensuite le récipient à 25 °C, température à laquelle l'eau se condense et où sa pression de vapeur vaut 3,2 kPa. Calculez la nouvelle pression totale et expliquez l'ampleur de la chute.
Voir la correction
Réponses
a)n(N2)=2,658 mol, M=65,02 g/mol, soit 115 g d'azoture
b)20,0 L de dioxygène, 10,0 L de dioxyde de carbone ; le volume total reste 30,0 L
c)703 kPa avant ET après : le nombre de moles de gaz est conservé
d)176, 176 et 352 kPa ; à 25 °C, 251 kPa seulement, soit une chute d'un facteur 2,8
a)
Le sac contient du diazote : n(N2)=RTPV=8,314×298101,3×65,0=2,658 mol. L'équation donne 3 mol de N2 pour 2 mol de NaN3, donc n(NaN3)=32×2,658=1,772 mol. Avec M(NaN3)=22,99+3(14,01)=65,02 g/mol, la masse vaut 1,772×65,02=115 g. L'ordre de grandeur est le bon : un airbag réel contient une centaine de grammes d'azoture.
b)
À température et pression constantes, les volumes de gaz sont proportionnels aux quantités de matière : les coefficients de l'équation se lisent directement en volumes. Pour 10,0 L de méthane il faut donc 20,0 L de dioxygène, et il se forme 10,0 L de dioxyde de carbone et 20,0 L de vapeur d'eau, puisqu'à 150 °C l'eau reste gazeuse. Le volume total passe de 10,0+20,0=30,0 L avant la réaction (méthane et dioxygène) à 10,0+20,0=30,0 L après (dioxyde de carbone et vapeur d'eau) : il ne varie pas. Ce n'est pas une coïncidence, c'est que la somme des coefficients gazeux vaut 3 des deux côtés de l'équation.
c)
Avant réaction, ntot=0,100+0,300=0,400 mol et T=150+273=423 K, d'où P=VnRT=2,000,400×8,314×423=703 kPa. Le réactif limitant est le méthane : 10,100=0,100 contre 20,300=0,150 pour le dioxygène. La réaction consomme 0,100 mol de CH4 et 0,200 mol de O2, et produit 0,100 mol de CO2 et 0,200 mol de H2O. Après réaction, il reste 0,300−0,200=0,100 mol de dioxygène, plus 0,100 mol de CO2 et 0,200 mol de vapeur d'eau, soit ntot=0,400 mol : exactement le même total qu'avant. La pression est donc INCHANGÉE, 703 kPa. C'est le résultat contre-intuitif de l'exercice : une combustion violente peut se dérouler dans un récipient rigide sans faire varier la pression une fois la température revenue à sa valeur initiale, simplement parce que le nombre de moles de gaz est conservé, comme le montrait déjà b).
d)
Les pressions partielles se calculent par les fractions molaires : P(O2)=0,4000,100×703=176 kPa, P(CO2)=176 kPa et P(H2O)=0,4000,200×703=352 kPa. À 25 °C, la vapeur d'eau se condense presque entièrement : il ne reste en phase gazeuse que 3,2 kPa de vapeur, la valeur de saturation. Les gaz permanents, eux, restent au nombre de 0,100+0,100=0,200 mol et donnent P=2,000,200×8,314×298=248 kPa. La pression totale vaut donc 248+3,2=251 kPa, contre 703 kPa avant refroidissement. La chute d'un facteur 2,8 combine deux causes qu'il faut savoir distinguer : le refroidissement de 423 K à 298 K en explique un facteur 298423=1,42, et la disparition de la moitié des moles gazeuses par condensation en explique un facteur 2. Le produit 1,42×2=2,84 redonne bien le rapport observé. C'est le même principe que la boîte de conserve qui s'écrase en refroidissant, et que la correction de pression de vapeur de l'exercice 2.
Exercice 8 : La distribution de Maxwell-Boltzmann et l'échappement atmosphérique
À une température donnée, les molécules d'un gaz n'ont pas toutes la même vitesse : elles se répartissent selon la distribution de Maxwell-Boltzmann, une courbe en cloche dissymétrique dont la traîne s'étend vers les grandes vitesses. Trois vitesses la caractérisent : la plus probable vp=M2RT, la moyenne vmoy=πM8RT et la quadratique moyenne vrms=M3RT.
R=8,314 J/(mol·K), M en kg/mol. Masses molaires : N2 28,02 g/mol ; H2 2,016 g/mol. Vitesse de libération de la Terre : 1,12×104 m/s ; celle de la Lune : 2,38×103 m/s.
La courbe ci-dessous donne la distribution des vitesses du diazote à 25 °C.
a) Calculez les trois vitesses caractéristiques du diazote à 25 °C. Montrez que leur ordre et leurs rapports ne dépendent ni du gaz ni de la température.
b) Décrivez comment la courbe se déforme quand on porte le diazote de 25 °C à 1000 °C, puis quand on remplace le diazote par du dihydrogène à 25 °C. Appuyez chaque affirmation sur un calcul de vrms, et précisez ce qui reste invariant dans les deux cas.
c) La haute atmosphère est à environ 1000 K. Calculez vrms du dihydrogène et du diazote à cette température, puis le rapport vrmsvlib pour chacun. Sachant qu'un corps céleste retient durablement un gaz lorsque ce rapport dépasse environ 6, expliquez pourquoi l'atmosphère terrestre contient du diazote mais quasiment pas de dihydrogène. Traitez ensuite le cas de la Lune.
d) Un verre d'eau laissé sur une table finit par s'évaporer complètement, bien qu'il soit à 20 °C et non à 100 °C. Expliquez à l'aide de la distribution, puis dites pourquoi c'est la traîne de la courbe, et non sa valeur moyenne, qui gouverne l'évaporation comme l'échappement atmosphérique.
Voir la correction
Réponses
a)vp=421, vmoy=475, vrms=515 m/s ; rapports 1,128 et 1,225, constants
b)1065 m/s à 1273 K et 1920 m/s pour H2 ; l'aire sous la courbe reste 1
c)3517 et 943 m/s ; rapports 3,18 et 11,9 : la Terre garde N2, pas H2
d)C'est la traîne, non la moyenne, qui gouverne évaporation et échappement
a)
Avec M=28,02×10−3 kg/mol et T=298 K : vp=0,028022×8,314×298=421 m/s ; vmoy=π×0,028028×8,314×298=475 m/s ; vrms=0,028023×8,314×298=515 m/s. On a toujours vp<vmoy<vrms, et les rapports valent vpvmoy=2π8=1,128 et vpvrms=23=1,225. Ces rapports sont des constantes numériques : le facteur RT/M est commun aux trois expressions et disparaît dans les rapports. L'ordre s'explique par la dissymétrie de la courbe, dont la longue traîne vers les grandes vitesses tire la moyenne au-dessus du sommet, et tire plus fort encore la moyenne quadratique puisqu'elle pèse les vitesses par leur carré.
b)
Chauffage de 298 K à 1273 K : vrms passe de 515 à 0,028023×8,314×1273=1065 m/s, soit une multiplication par 2981273=2,07. Le sommet de la courbe se déplace vers la droite, la courbe s'aplatit et s'élargit fortement, et la traîne vers les grandes vitesses s'épaissit beaucoup. Remplacement par le dihydrogène à 298 K : vrms=0,0020163×8,314×298=1920 m/s, presque quatre fois plus, conformément à 2,01628,02=3,73. Là encore le maximum se déplace vers la droite et la courbe s'étale. Ce qui reste invariant dans les deux cas, c'est l'aire sous la courbe, qui vaut toujours 1 : elle représente la totalité des molécules. Une courbe qui s'élargit doit donc nécessairement s'abaisser, ce qui est la clé de lecture de toutes ces figures.
c)
À 1000 K : vrms(H2)=0,0020163×8,314×1000=3517 m/s et vrms(N2)=0,028023×8,314×1000=943 m/s. Les rapports valent 351711200=3,18 pour le dihydrogène et 94311200=11,9 pour le diazote. Le diazote dépasse largement le seuil de 6 : la Terre le retient sans difficulté. Le dihydrogène est à 3,2, bien en dessous : une fraction non négligeable de ses molécules dépasse en permanence la vitesse de libération, et il s'échappe. C'est pourquoi le dihydrogène, pourtant l'élément le plus abondant de l'univers, est quasiment absent de notre atmosphère, tout comme l'hélium. Pour la Lune, 9432380=2,52 pour le diazote lui-même : même les gaz lourds sont sous le seuil, ce qui explique qu'elle n'ait aucune atmosphère. Le critère de rétention combine donc la gravité du corps et la masse molaire du gaz.
d)
Dans un verre à 20 °C, la vitesse moyenne des molécules d'eau est très inférieure à celle qui correspondrait à l'ébullition, mais la distribution n'est pas une valeur unique : sa traîne contient à tout instant une petite fraction de molécules assez rapides pour vaincre les forces de cohésion du liquide et s'échapper de la surface. Ces molécules partent, les plus lentes restent, et le liquide se refroidirait s'il n'était réchauffé par la table et l'air, ce qui régénère aussitôt une nouvelle traîne. Le verre finit donc par se vider entièrement, simplement plus lentement qu'à 100 °C, où c'est toute la masse du liquide qui peut se vaporiser. La leçon commune avec c) est que ces deux phénomènes ne sont gouvernés ni par vp, ni par vmoy, ni par vrms, mais par la fraction de molécules située au-delà d'un seuil. Or cette fraction varie de façon extrêmement sensible avec la température : un léger réchauffement épaissit la traîne bien plus qu'il ne déplace le sommet. C'est le même raisonnement qui expliquera, en cinétique chimique, qu'une hausse de 10 °C puisse doubler une vitesse de réaction.
Exercice 9 : Le facteur de compressibilité et la température de Boyle
Le facteur de compressibilité mesure d'un seul nombre l'écart au gaz parfait : Z=nRTPV. Il vaut exactement 1 pour un gaz parfait, quelles que soient les conditions. Pour un gaz réel, il s'en écarte, et le sens de l'écart dit quelle imperfection domine.
On reprend le dioxyde de carbone de l'exercice 5, avec a=364 kPa·L²/mol² et b=0,0427 L/mol, à 300 K et pour n=1,00 mol. R=8,314 kPa·L/(mol·K).
Le schéma ci-dessous représente l'échantillon que l'on comprime.
a) Calculez, par l'équation de van der Waals, la pression puis le facteur de compressibilité du dioxyde de carbone pour un volume de 5,00 L, puis de 0,500 L, puis de 0,100 L, puis de 0,0600 L.
b) Décrivez l'allure de Z en fonction de la compression et identifiez, dans chaque régime, lequel des deux termes correctifs de van der Waals l'emporte. Que signifie physiquement Z<1 ? Et Z>1 ?
c) Montrez qu'aux faibles pressions l'équation de van der Waals conduit à Z≈1+RT1(b−RTa)P. Déduisez-en la température, dite température de Boyle, à laquelle un gaz réel se comporte comme un gaz parfait aux faibles pressions, et calculez-la pour le dioxyde de carbone.
d) La température de Boyle mesurée pour le dioxyde de carbone vaut environ 715 K, alors que votre calcul en donne davantage. Ce désaccord invalide-t-il le modèle ? Justifiez en rappelant ce que van der Waals suppose, et dites ce que le modèle prédit correctement malgré tout.
Voir la correction
Réponses
a)Z=0,979 ; 0,801 ; 0,286 ; 1,036
b)Z descend sous 1 (attractions), passe par un minimum, puis dépasse 1 (volume propre)
c)TB=Rba=1025 K pour le dioxyde de carbone
d)Le modèle donne les bons comportements qualitatifs avec deux paramètres, pas les valeurs fines
a)
On applique P=V−nbnRT−V2an2 puis Z=nRTPV avec nRT=8,314×300=2494 kPa·L. Pour V=5,00 L : P=4,9572494−25,0364=503,1−14,6=488,6 kPa, d'où Z=2494488,6×5,00=0,979. Pour V=0,500 L : P=0,45732494−0,250364=5454−1456=3998 kPa, d'où Z=24943998×0,500=0,801. Pour V=0,100 L : P=0,05732494−0,0100364=43530−36400=7129 kPa, d'où Z=24947129×0,100=0,286. Pour V=0,0600 L : P=0,01732494−0,00360364=144173−101111=43062 kPa, d'où Z=249443062×0,0600=1,04.
b)
En partant du volume le plus grand, Z vaut presque 1, puis il décroît nettement en dessous de 1 à mesure qu'on comprime, passe par un minimum, puis remonte brutalement et finit par dépasser 1. Dans le premier régime, la correction attractive V2an2, qui varie en V21, croît plus vite que la correction de volume propre, qui n'intervient qu'au travers de Vnb : les attractions dominent. Un Z<1 signifie alors que le gaz est PLUS compressible qu'un gaz parfait, parce que les molécules s'attirent et occupent moins de place que prévu. Dans le second régime, le volume disponible V−nb tend vers zéro et le terme répulsif explose : le volume propre des molécules domine, le gaz devient MOINS compressible qu'un gaz parfait, et Z>1. On ne peut pas comprimer indéfiniment de la matière condensée. Le minimum marque le point où les deux effets se compensent exactement.
c)
On écrit Z=RTPV pour une mole avec P=V−bRT−V2a, soit Z=V−bV−RTVa=1−Vb1−RTVa. Aux grands volumes, 1−Vb1≈1+Vb, d'où Z≈1+V1(b−RTa). Comme V1≈RTP à cet ordre, on obtient bien Z≈1+RT1(b−RTa)P. Le coefficient de P s'annule lorsque b=RTa, c'est-à-dire à la température de Boyle TB=Rba. Pour le dioxyde de carbone : TB=8,314×0,0427364=1025 K. En dessous de cette température, le coefficient est négatif et Z commence par descendre sous 1 : c'est bien ce qu'on a observé en a) à 300 K. Au-dessus, le gaz est déjà dans le régime où le volume propre l'emporte et Z croît dès les basses pressions.
d)
Le désaccord est réel, l'ordre de grandeur est bon mais le modèle surestime d'environ 40 %. Cela n'invalide pas van der Waals, cela en délimite la portée. L'équation ne fait que corriger la loi des gaz parfaits par deux constantes ajustées : b suppose des molécules sphériques et incompressibles, et a résume toutes les attractions par un terme moyen unique, indépendant de la distance et de la température, ce qui est très grossier pour une molécule comme le dioxyde de carbone. Une équation à deux paramètres ne peut pas reproduire quantitativement une propriété aussi fine qu'une température de compensation. Ce que le modèle prédit correctement, en revanche, est essentiel : l'existence d'un minimum de Z, le fait que le régime attractif précède le régime répulsif, l'existence même d'une température de Boyle, la liquéfaction et le point critique, et le retour au gaz parfait à basse pression et haute température. C'est le propre d'un bon modèle physique de donner les bons comportements qualitatifs avec deux paramètres, quitte à laisser les valeurs numériques précises aux équations d'état empiriques.
Exercice 10 : Problème : la plongée sous-marine et la loi de Dalton
Sous l'eau, la pression augmente d'environ 1 atmosphère tous les 10 mètres. Les pressions partielles des gaz respirés augmentent d'autant, et deux d'entre elles deviennent dangereuses bien avant que le plongeur ne s'en rende compte.
L'air contient 21,0 % de O2 et 79,0 % de N2 en moles. On prend Patm=101,3 kPa en surface, et la pression totale à la profondeur d vaut P=101,3(1+10d) avec d en mètres. Le seuil de toxicité du dioxygène est fixé à 160 kPa de pression partielle.
Le schéma ci-dessous représente la situation.
a) Calculez la pression totale et la pression partielle de O2 pour un plongeur à 30,0 m.
b) À quelle profondeur, en respirant de l'air, atteint-on le seuil de toxicité du dioxygène ?
c) Le Nitrox 32 contient 32,0 % de O2. Refaites le calcul de b pour ce mélange.
d) Le Nitrox est présenté comme « plus sûr » que l'air. Votre résultat contredit-il cette affirmation ? Expliquez ce que le Nitrox améliore réellement.
e) Pour les plongées très profondes, on remplace l'azote par de l'hélium. Citez un avantage lié à ce chapitre et un inconvénient pratique.
Voir la correction
Réponses
a)P=405,2 kPa et P(O2)=85,1 kPa, bien sous le seuil
b)d=65,2 m
c)d=39,4 m, soit nettement MOINS profond qu'avec l'air
d)Le Nitrox protège de l'azote, pas de l'oxygène : plus longtemps, mais moins profond
e)L'hélium supprime la narcose mais refroidit, déforme la voix et fuit par effusion
a)
À 30,0 m : P=101,3(1+1030,0)=101,3×4,00=405,2 kPa, soit 4 atmosphères. La pression partielle du dioxygène vaut P(O2)=0,210×405,2=85,1 kPa. On est encore loin des 160 kPa : la plongée loisir à 30 m est sûre de ce point de vue.
b)
On cherche d tel que 0,210×101,3(1+10d)=160. Alors 1+10d=0,210×101,3160=21,27160=7,52, donc 10d=6,52 et d=65,2 m. C'est bien au-delà de la limite de la plongée loisir, fixée à 40 m pour d'autres raisons.
c)
Avec 32,0 % : 1+10d=0,320×101,3160=32,42160=4,94, donc d=39,4 m. La profondeur maximale est donc NETTEMENT PLUS FAIBLE qu'avec l'air ordinaire : 39 m au lieu de 65 m.
d)
Non, il n'y a pas de contradiction, mais l'affirmation demande une précision. Le Nitrox est plus sûr vis-à-vis de l'AZOTE, pas de l'oxygène. En remplaçant une partie du N2 par du O2, on abaisse la pression partielle d'azote à toute profondeur, ce qui réduit la quantité d'azote dissous dans les tissus, donc le risque d'accident de décompression et de narcose. En contrepartie, on augmente la pression partielle d'oxygène, et donc le risque de toxicité, ce qui IMPOSE une profondeur maximale plus faible. Le Nitrox permet ainsi de rester plus longtemps, mais moins profond : c'est un déplacement du risque, pas une suppression.
e)
Avantage : l'hélium est chimiquement inerte et surtout beaucoup moins soluble dans les tissus gras que l'azote, ce qui supprime la narcose et réduit la charge en gaz dissous. Inconvénient pratique lié à ce chapitre : sa très faible masse molaire, 4,003 g/mol, lui donne une conductivité thermique élevée et une vitesse moléculaire environ 2,6 fois plus grande que celle de l'azote, ce qui refroidit fortement le plongeur et déforme la voix. À cela s'ajoute son coût, et le fait qu'il s'échappe des bouteilles par effusion plus vite que tout autre gaz, exactement comme dans le ballon de l'exercice 4.
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