Chimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA) • Cégep à Montréal

Exercices corrigés : les gaz et la théorie cinétique (202-SF1-RE, ancien 202-NYA)

Le chapitre des gaz du secondaire s'arrête à la loi des gaz parfaits. Au cégep, trois questions s'ajoutent, et ce sont elles qui font l'examen : que se passe-t-il quand plusieurs gaz partagent le même contenant, à quelle vitesse les molécules se déplacent-elles réellement, et à partir de quand la loi des gaz parfaits cesse-t-elle d'être vraie ?

L'exercice sur la collecte sur l'eau contient le piège le plus rentable du chapitre : un gaz recueilli par déplacement d'eau est toujours HUMIDE, et oublier de retrancher la pression de vapeur d'eau fausse le résultat de 2 à 3 %, sans jamais donner de valeur absurde. Le dernier exercice applique la loi de Dalton à la plongée sous-marine, où le résultat est franchement contre-intuitif.

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Ce chapitre fait partie de Chimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (7 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1La mole et la quantité de matièreSecondaire 5 SN5
  2. 2Les propriétés des gazSecondaire 5 SN5
  3. 3Les propriétés de la matièreSecondaire 4 ST, Science et technologie
  4. 4La mesure au laboratoire, chiffres significatifs et incertitudes
  5. 5Structure atomique et configuration électronique
  6. 6Liaison chimique et géométrie moléculaire
  7. 7Stœchiométrie, réactif limitant et rendement

Rappel de cours

  • Constantes : R = 8,314 kPa·L/(mol·K) ; 101,3 kPa = 1 atm = 760 mm Hg ; T(K) = T(°C) + 273. Volume molaire 22,4 L/mol à TPN.
  • Loi combinée : pour une quantité de gaz fermée, P1V1T1=P2V2T2\dfrac{P_{1}V_{1}}{T_{1}}=\dfrac{P_{2}V_{2}}{T_{2}}. Boyle-Mariotte (TT constante), Charles (PP constante) et Gay-Lussac (VV constant) n'en sont que des cas particuliers. Les températures sont TOUJOURS en kelvins, parce que ces lois font intervenir un rapport de températures.
  • Loi des gaz parfaits : PV=nRTPV=nRT. Masse molaire d'un gaz : M=mRTPVM=\dfrac{mRT}{PV}, et masse volumique ρ=PMRT\rho=\dfrac{PM}{RT}.
  • Loi de Dalton : la pression totale est la somme des pressions partielles, Ptot=PiP_{tot}=\sum P_{i}. Chaque pression partielle vaut Pi=xiPtotP_{i}=x_{i}P_{tot}, où xix_{i} est la FRACTION MOLAIRE.
  • Collecte sur l'eau : le gaz recueilli est saturé de vapeur d'eau, donc Pgaz=PatmPvap(T)P_{gaz}=P_{atm}-P_{vap}(T). La pression de vapeur ne dépend QUE de la température.
  • Théorie cinétique : l'énergie cinétique moyenne ne dépend que de la température, Ek=32RT\overline{E_{k}}=\frac{3}{2}RT par mole. Vitesse quadratique moyenne vrms=3RTMv_{rms}=\sqrt{\dfrac{3RT}{M}}, avec R = 8,314 J/(mol·K) et M en kg/mol.
  • Loi de Graham : à même température, v1v2=M2M1\dfrac{v_{1}}{v_{2}}=\sqrt{\dfrac{M_{2}}{M_{1}}}. Le gaz LÉGER effuse le plus vite.
  • Gaz réels, équation de van der Waals : P=nRTVnban2V2P=\dfrac{nRT}{V-nb}-\dfrac{an^{2}}{V^{2}}. Le terme en bb corrige le volume propre des molécules, le terme en aa corrige les attractions.
  • Stœchiométrie des gaz : à TT et PP fixées, les volumes de gaz sont proportionnels aux quantités de matière, donc les coefficients de l'équation se lisent directement en volumes. Dans un récipient rigide, la pression ne dépend que du nombre TOTAL de moles gazeuses, quelle que soit leur nature.
  • Distribution de Maxwell-Boltzmann : vp=2RTM<vmoy=8RTπM<vrms=3RTMv_{p}=\sqrt{\dfrac{2RT}{M}}<v_{moy}=\sqrt{\dfrac{8RT}{\pi M}}<v_{rms}=\sqrt{\dfrac{3RT}{M}}. Chauffer ou alléger le gaz décale la courbe vers la droite et l'aplatit ; l'aire sous la courbe vaut toujours 1.
  • Facteur de compressibilité : Z=PVnRTZ=\dfrac{PV}{nRT}, égal à 1 pour un gaz parfait. Z<1Z<1 signale la domination des attractions, Z>1Z>1 celle du volume propre des molécules. Le coefficient du premier ordre en PP s'annule à la température de Boyle TB=aRbT_{B}=\dfrac{a}{Rb}.

Partie A : Lois des gaz, pressions partielles, cinétique et effusion (/50)

Exercice 1 : Les lois simples et la loi combinée

Avant Dalton et avant la théorie cinétique, tout le chapitre tient dans une seule relation entre deux états d'une même quantité de gaz : P1V1T1=P2V2T2\dfrac{P_{1}V_{1}}{T_{1}}=\dfrac{P_{2}V_{2}}{T_{2}}. Les lois de Boyle-Mariotte, de Charles et de Gay-Lussac n'en sont que des cas particuliers, obtenus en gelant l'une des trois variables.

On prend R=8,314R=8{,}314 kPa·L/(mol·K) et 1 atm = 101,3 kPa.

  • a) Une bouteille de plongée rigide de 12,0 L contient de l'air à 20 265 kPa (200 atm) et 20 °C. Oubliée au soleil, elle atteint 55 °C. Calculez la nouvelle pression. Quelle loi particulière avez-vous appliquée, et pourquoi le volume ne joue-t-il aucun rôle ?
  • b) Un ballon météo souple emporte 25,0 m³ d'hélium au sol, où la pression vaut 101,3 kPa et la température 20 °C. À 20 km d'altitude, la pression n'est plus que de 5,5 kPa et la température de 50-50 °C. Calculez le volume du ballon à cette altitude.
  • c) Vérifiez le résultat de b) en calculant la quantité de matière d'hélium au sol puis en altitude par la loi des gaz parfaits. Que doit-on retrouver, et pourquoi ?
  • d) Un élève refait le calcul de a) en gardant les températures en degrés Celsius. Quelle pression trouve-t-il ? Expliquez pourquoi l'échelle Celsius est inutilisable ici, alors qu'elle convient très bien pour une différence de température.

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Réponses

  • a) P2=22686P_{2}=22\,686 kPa, soit 224 atm : loi de Gay-Lussac, le volume se simplifie
  • b) V2=350V_{2}=350 m³, soit 14 fois le volume au sol
  • c) 1040 mol dans les deux cas : le ballon est fermé
  • d) 55 729 kPa, soit 550 atm : un rapport de températures exige des kelvins

a) Le récipient est rigide, donc V1=V2V_{1}=V_{2} et la relation se réduit à P1T1=P2T2\dfrac{P_{1}}{T_{1}}=\dfrac{P_{2}}{T_{2}} : c'est la loi de Gay-Lussac. Avec T1=20+273=293T_{1}=20+273=293 K et T2=55+273=328T_{2}=55+273=328 K, on obtient P2=P1T2T1=20265×328293=22686P_{2}=P_{1}\dfrac{T_{2}}{T_{1}}=20\,265\times\dfrac{328}{293}=22\,686 kPa, soit 224 atm. Le volume n'intervient pas parce qu'il se simplifie de part et d'autre : seule compte sa constance, pas sa valeur. Une hausse de 35 °C fait donc grimper la pression de 24 atmosphères, ce qui explique la consigne de ne jamais laisser une bouteille au soleil.

b) Ici les trois grandeurs changent, il faut la loi combinée : V2=V1P1P2×T2T1=25,0×101,35,5×223293=25,0×18,42×0,761=350V_{2}=V_{1}\dfrac{P_{1}}{P_{2}}\times\dfrac{T_{2}}{T_{1}}=25{,}0\times\dfrac{101{,}3}{5{,}5}\times\dfrac{223}{293}=25{,}0\times 18{,}42\times 0{,}761=350 m³. Le ballon gonfle donc d'un facteur 14. Les deux effets jouent en sens contraire : la chute de pression multiplie le volume par 18,4 tandis que le refroidissement le divise par 1,31 ; la pression l'emporte de très loin. C'est pourquoi un ballon météo est lâché à moitié vide et finit par éclater en altitude.

c) Au sol : n=PVRT=101,3×250008,314×293=1040n=\dfrac{PV}{RT}=\dfrac{101{,}3\times 25\,000}{8{,}314\times 293}=1040 mol, en convertissant les 25,0 m³ en 25 000 L. En altitude : n=5,5×3504508,314×223=1040n=\dfrac{5{,}5\times 350\,450}{8{,}314\times 223}=1040 mol. On retrouve exactement la même valeur, et c'est bien ce qu'on doit obtenir puisque le ballon est fermé : la quantité de matière est conservée. C'est d'ailleurs la démonstration de la loi combinée, qui n'est rien d'autre que l'écriture de PVT=nR\dfrac{PV}{T}=nR à deux instants pour un même nn. Ce contrôle par la quantité de matière est la meilleure façon de vérifier un exercice de loi combinée.

d) Avec les degrés Celsius, il trouverait P2=20265×5520=55729P_{2}=20\,265\times\dfrac{55}{20}=55\,729 kPa, soit 550 atm : la bouteille exploserait. L'erreur est majeure parce que le rapport 5520=2,75\dfrac{55}{20}=2{,}75 n'a rien à voir avec le rapport réel 328293=1,12\dfrac{328}{293}=1{,}12. La raison est que les lois des gaz font intervenir un RAPPORT de températures, et un rapport n'a de sens que sur une échelle dont le zéro est le vrai zéro, c'est-à-dire le kelvin. Sur l'échelle Celsius, le zéro est arbitraire : dire qu'il fait deux fois plus chaud à 20 °C qu'à 10 °C n'a aucun sens physique. En revanche, une DIFFÉRENCE de température est identique dans les deux échelles, puisque le décalage de 273 s'annule : c'est pourquoi une capacité thermique peut s'écrire indifféremment en J/(g·°C) ou en J/(g·K).

24681012-10-551015202530P (kPa)V (L)T plus hauteT plus bassechaque isotherme est une hyperbole : P V reste constant

Exercice 2 : La loi de Dalton et le gaz recueilli sur l'eau

Dans un mélange, chaque gaz se comporte comme s'il était seul : il exerce la pression qu'il aurait en occupant tout le volume. La pression totale n'est que la somme de ces contributions, pondérées par les fractions molaires.

Masses molaires : HeHe 4,003 g/mol ; O2O_{2} 32,00 g/mol ; H2H_{2} 2,016 g/mol.

  • a) On enferme 2,00 g d'hélium et 8,00 g de dioxygène dans un ballon de 5,00 L à 25 °C. Calculez les deux pressions partielles et la pression totale.
  • b) Calculez la fraction molaire de l'hélium et vérifiez qu'elle redonne bien sa pression partielle.
  • c) On recueille du dihydrogène par déplacement d'eau : 250 mL à 22 °C, sous une pression atmosphérique de 101,3 kPa. La pression de vapeur d'eau à 22 °C vaut 2,6 kPa. Calculez la masse de H2H_{2} recueillie.
  • d) Quel écart relatif commet un élève qui oublie la correction de vapeur d'eau ? Pourquoi cette erreur est-elle difficile à détecter ?

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Réponses

  • a) n(He)=0,4996n(He)=0{,}4996 mol et n(O2)=0,2500n(O_{2})=0{,}2500 mol ; 247,6 kPa, 123,9 kPa, total 371,5 kPa
  • b) x(He)=0,6665x(He)=0{,}6665, et 0,6665×371,5=247,60{,}6665\times 371{,}5=247{,}6 kPa
  • c) P(H2)=98,7P(H_{2})=98{,}7 kPa, n=1,006×102n=1{,}006\times 10^{-2} mol, soit 20,3 mg
  • d) +2,6%+2{,}6\,\% : une erreur parfaitement plausible, donc invisible

a) Il faut d'abord convertir : T=25+273=298T=25+273=298 K. Quantités de matière : n(He)=2,004,003=0,4996n(He)=\dfrac{2{,}00}{4{,}003}=0{,}4996 mol et n(O2)=8,0032,00=0,2500n\left(O_{2}\right)=\dfrac{8{,}00}{32{,}00}=0{,}2500 mol. Chaque gaz occupe seul les 5,00 L : P(He)=0,4996×8,314×2985,00=247,6P(He)=\dfrac{0{,}4996\times 8{,}314\times 298}{5{,}00}=247{,}6 kPa et P(O2)=0,2500×8,314×2985,00=123,9P\left(O_{2}\right)=\dfrac{0{,}2500\times 8{,}314\times 298}{5{,}00}=123{,}9 kPa. La pression totale est leur somme : Ptot=371,5P_{tot}=371{,}5 kPa. Noter que l'hélium, deux fois plus léger, donne deux fois plus de pression à masse quatre fois plus faible : c'est la quantité de MATIÈRE qui compte, jamais la masse.

b) x(He)=0,49960,4996+0,2500=0,49960,7496=0,6665x(He)=\dfrac{0{,}4996}{0{,}4996+0{,}2500}=\dfrac{0{,}4996}{0{,}7496}=0{,}6665. Alors P(He)=x(He)×Ptot=0,6665×371,5=247,6P(He)=x(He)\times P_{tot}=0{,}6665\times 371{,}5=247{,}6 kPa : on retrouve bien la valeur de a. Les deux chemins sont équivalents, et le second est plus rapide quand la composition est donnée en pourcentages.

c) Le gaz recueilli sur l'eau est saturé en vapeur : la pression mesurée est celle du mélange. Donc P(H2)=101,32,6=98,7P\left(H_{2}\right)=101{,}3-2{,}6=98{,}7 kPa. Avec T=22+273=295T=22+273=295 K et V=0,250V=0{,}250 L : n=PVRT=98,7×0,2508,314×295=1,006×102n=\dfrac{PV}{RT}=\dfrac{98{,}7\times 0{,}250}{8{,}314\times 295}=1{,}006\times 10^{-2} mol. La masse vaut m=1,006×102×2,016=2,03×102m=1{,}006\times 10^{-2}\times 2{,}016=2{,}03\times 10^{-2} g, soit environ 20 mg.

d) Sans la correction, il utiliserait 101,3 kPa et trouverait n=1,033×102n=1{,}033\times 10^{-2} mol, soit un écart de +2,6+2{,}6 %. L'erreur est difficile à détecter parce que le résultat reste parfaitement PLAUSIBLE : bon ordre de grandeur, bonnes unités, aucune valeur absurde. Seule la relecture de l'énoncé, où figurent les mots « recueilli sur l'eau » et une pression de vapeur donnée pour rien, peut la révéler. RÈGLE : si une pression de vapeur d'eau est fournie dans l'énoncé, c'est qu'elle doit servir.

N₂ : 60 kPax = 0,60O₂ : 28 kPax = 0,28H₂O : 12 kPax = 0,12total100 kPachaque gaz occupe TOUT le volume :sa pression partielle est sa fraction molaire fois le total

Exercice 3 : La théorie cinétique : à quelle vitesse vont les molécules ?

La pression d'un gaz vient des chocs de ses molécules sur les parois. La théorie cinétique relie cette image microscopique aux grandeurs mesurables, et elle donne un résultat surprenant : la vitesse des molécules d'air est du même ordre que celle du son.

Ici R = 8,314 J/(mol·K) et les masses molaires sont en kg/mol.

  • a) Calculez la vitesse quadratique moyenne de l'hélium et celle du dioxygène à 25 °C.
  • b) Vérifiez que le rapport des deux vitesses ne dépend que des masses molaires.
  • c) Calculez l'énergie cinétique moyenne par mole à 25 °C. Est-elle la même pour les deux gaz ? Justifiez.
  • d) Par quel facteur la vitesse quadratique moyenne est-elle multipliée si l'on double la température absolue ? Et si l'on double la pression à température constante ?

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Réponses

  • a) vrms(He)=1363v_{rms}(He)=1363 m/s et vrms(O2)=482v_{rms}(O_{2})=482 m/s
  • b) 2,83=32,00/4,0032{,}83=\sqrt{32{,}00/4{,}003} : le facteur 3RT3RT se simplifie
  • c) Ek=3716\overline{E_{k}}=3716 J/mol, la MÊME pour tout gaz parfait à 298 K
  • d) 21,41\sqrt{2}\approx 1{,}41 si TT double ; rien du tout si PP double

a) vrms=3RTMv_{rms}=\sqrt{\dfrac{3RT}{M}} avec MM en kg/mol. Pour l'hélium, M=4,003×103M=4{,}003\times 10^{-3} kg/mol : vrms=3×8,314×2984,003×103=1,857×106=1363v_{rms}=\sqrt{\dfrac{3\times 8{,}314\times 298}{4{,}003\times 10^{-3}}}=\sqrt{1{,}857\times 10^{6}}=1363 m/s. Pour le dioxygène, M=32,00×103M=32{,}00\times 10^{-3} kg/mol : vrms=74330,03200=482v_{rms}=\sqrt{\dfrac{7433}{0{,}03200}}=482 m/s. Une molécule de O2O_{2} file donc à près de 1700 km/h à température ambiante.

b) v(He)v(O2)=1363482=2,83\dfrac{v(He)}{v\left(O_{2}\right)}=\dfrac{1363}{482}=2{,}83. Par ailleurs, M(O2)M(He)=32,004,003=7,99=2,83\sqrt{\dfrac{M\left(O_{2}\right)}{M(He)}}=\sqrt{\dfrac{32{,}00}{4{,}003}}=\sqrt{7{,}99}=2{,}83 : les deux coïncident. En effet, dans le rapport 3RT/M1÷3RT/M2\sqrt{3RT/M_{1}}\div\sqrt{3RT/M_{2}}, le facteur 3RT3RT se simplifie, et seules les masses molaires subsistent. C'est exactement la loi de Graham.

c) Ek=32RT=32×8,314×298=3716\overline{E_{k}}=\dfrac{3}{2}RT=\dfrac{3}{2}\times 8{,}314\times 298=3716 J/mol, soit 3,72 kJ/mol. Cette valeur est la MÊME pour les deux gaz, et pour tout gaz parfait : l'énergie cinétique moyenne ne dépend que de la température. C'est d'ailleurs la définition microscopique de la température. Les molécules légères compensent leur faible masse par une plus grande vitesse, de sorte que le produit 12mv2\frac{1}{2}mv^{2} reste identique.

d) Comme vrmsTv_{rms}\propto\sqrt{T}, doubler la température absolue multiplie la vitesse par 21,41\sqrt{2}\approx 1{,}41, et non par 2 : il faudrait QUADRUPLER TT pour doubler la vitesse. Doubler la pression à température constante ne change RIEN à la vitesse : vrmsv_{rms} ne dépend que de TT et de MM. Comprimer un gaz augmente la FRÉQUENCE des chocs, pas leur violence individuelle. C'est le contresens le plus fréquent du chapitre.

Exercice 4 : L'effusion de Graham, de l'hélium à l'uranium

L'effusion est le passage d'un gaz à travers un trou minuscule. Comme la vitesse dépend de la masse molaire, les gaz légers s'échappent plus vite : c'est le seul procédé qui sépare des isotopes sans réaction chimique.

Masses molaires : HeHe 4,003 ; SF6SF_{6} 146,06 ; 235UF6^{235}UF_{6} 349,03 ; 238UF6^{238}UF_{6} 352,04 g/mol.

  • a) Combien de fois l'hélium effuse-t-il plus vite que l'hexafluorure de soufre, à même température ?
  • b) Un ballon de fête gonflé à l'hélium se dégonfle en un jour, alors qu'un ballon gonflé à l'air tient une semaine. Expliquez par ce chapitre.
  • c) Un gaz inconnu effuse 2,92 fois plus LENTEMENT que l'hélium. Déterminez sa masse molaire et proposez une identité.
  • d) Calculez le rapport des vitesses d'effusion des deux isotopes de UF6UF_{6}. Commentez la difficulté industrielle de l'enrichissement de l'uranium.

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Réponses

  • a) L'hélium effuse 6,04 fois plus vite que SF6SF_{6}
  • b) 2,69 fois plus vite que l'air, et un atome petit et monoatomique
  • c) M=34,1M=34{,}1 g/mol, soit le sulfure d'hydrogène
  • d) 1,004301{,}00430, soit 0,43%0{,}43\,\% par passage : des milliers d'étages en cascade

a) v(He)v(SF6)=M(SF6)M(He)=146,064,003=36,49=6,04\dfrac{v(He)}{v\left(SF_{6}\right)}=\sqrt{\dfrac{M\left(SF_{6}\right)}{M(He)}}=\sqrt{\dfrac{146{,}06}{4{,}003}}=\sqrt{36{,}49}=6{,}04. L'hélium effuse donc environ six fois plus vite.

b) Deux effets se conjuguent, mais le principal est celui-ci : l'hélium, de masse molaire 4,003 g/mol, effuse 29,0/4,003=2,69\sqrt{29{,}0/4{,}003}=2{,}69 fois plus vite que l'air, dont la masse molaire moyenne est 29,0 g/mol. Il traverse donc les pores du latex bien plus rapidement. S'y ajoute le fait que l'atome d'hélium est monoatomique et très petit, ce qui facilite encore son passage. Un ballon à l'hélium perd ainsi sa portance en un jour environ.

c) « Effuser 2,92 fois plus lentement » signifie v(He)v(X)=2,92\dfrac{v(He)}{v(X)}=2{,}92, donc M(X)4,003=2,92\sqrt{\dfrac{M(X)}{4{,}003}}=2{,}92 et M(X)=4,003×2,922=4,003×8,53=34,1M(X)=4{,}003\times 2{,}92^{2}=4{,}003\times 8{,}53=34{,}1 g/mol. Cette masse correspond au sulfure d'hydrogène H2SH_{2}S, dont la masse molaire vaut 34,08 g/mol. Vérification : 34,08/4,003=2,92\sqrt{34{,}08/4{,}003}=2{,}92. Piège de lecture : « plus lentement » place la masse inconnue au NUMÉRATEUR sous la racine ; une inversion donnerait M=0,47M=0{,}47 g/mol, valeur impossible puisque inférieure à celle de l'hydrogène.

d) v(235UF6)v(238UF6)=352,04349,03=1,00862=1,00430\dfrac{v\left(^{235}UF_{6}\right)}{v\left(^{238}UF_{6}\right)}=\sqrt{\dfrac{352{,}04}{349{,}03}}=\sqrt{1{,}00862}=1{,}00430. L'écart n'est que de 0,43 % par passage. Pour enrichir l'uranium naturel, qui contient 0,7 % de 235U^{235}U, jusqu'aux 3 à 5 % du combustible nucléaire, il faut donc enchaîner des MILLIERS d'étages d'effusion en cascade. C'est ce qui rend l'enrichissement techniquement lourd, énergivore et facile à détecter, un point qui a des conséquences géopolitiques directes. Les centrifugeuses modernes exploitent la même différence de masse, avec un rendement par étage meilleur.

Exercice 5 : Les gaz réels et l'équation de van der Waals

La loi des gaz parfaits suppose des molécules ponctuelles et sans interaction. Ces deux hypothèses tombent quand on comprime fortement ou quand on refroidit : l'équation de van der Waals corrige chacune séparément.

Pour le CO2CO_{2} : a=364a=364 kPa·L²/mol² et b=0,0427b=0{,}0427 L/mol.

  • a) Calculez la pression exercée par 1,00 mol de CO2CO_{2} dans 0,500 L à 300 K, selon la loi des gaz parfaits.
  • b) Refaites le calcul avec l'équation de van der Waals, puis chiffrez l'écart relatif.
  • c) Expliquez le rôle physique de chacun des deux termes correctifs, et dites lequel domine ici.
  • d) Dans quelles conditions la loi des gaz parfaits redevient-elle une excellente approximation ? Justifiez à partir de l'équation.

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Réponses

  • a) P=4988P=4988 kPa, près de 49 atm
  • b) P=3998P=3998 kPa, soit 19,9%-19{,}9\,\% : la loi des gaz parfaits surestime
  • c) +466+466 kPa pour le volume propre, 1456-1456 kPa pour les attractions, qui dominent
  • d) À basse pression et haute température, l'écart tombe sous 1 %

a) P=nRTV=1,00×8,314×3000,500=4988P=\dfrac{nRT}{V}=\dfrac{1{,}00\times 8{,}314\times 300}{0{,}500}=4988 kPa, soit près de 49 atmosphères.

b) P=nRTVnban2V2=8,314×3000,5000,0427364×1,000,5002=24940,45731456=54541456=3998P=\dfrac{nRT}{V-nb}-\dfrac{an^{2}}{V^{2}}=\dfrac{8{,}314\times 300}{0{,}500-0{,}0427}-\dfrac{364\times 1{,}00}{0{,}500^{2}}=\dfrac{2494}{0{,}4573}-1456=5454-1456=3998 kPa. L'écart relatif vaut 399849884988=19,9\dfrac{3998-4988}{4988}=-19{,}9 %. La loi des gaz parfaits SURESTIME donc la pression de près de 20 % dans ces conditions.

c) Le terme nbnb retranché au volume représente le VOLUME PROPRE des molécules : le volume réellement disponible pour se déplacer est plus petit que le volume du récipient, ce qui AUGMENTE la pression. Le terme an2V2\dfrac{an^{2}}{V^{2}} représente les FORCES ATTRACTIVES entre molécules : une molécule sur le point de frapper la paroi est retenue par ses voisines, elle frappe donc moins fort, ce qui DIMINUE la pression. Ici les deux corrections valent respectivement +466+466 kPa et 1456-1456 kPa : c'est le terme attractif qui l'emporte largement, ce qui est logique pour le CO2CO_{2}, molécule facilement liquéfiable donc à interactions fortes.

d) À BASSE pression et HAUTE température. À basse pression, le volume molaire Vn\dfrac{V}{n} est grand devant bb, donc VnbVV-nb\approx V ; et an2V2\dfrac{an^{2}}{V^{2}} devient négligeable devant nRTV\dfrac{nRT}{V} puisqu'il décroît comme 1V2\dfrac{1}{V^{2}} alors que le terme principal ne décroît qu'en 1V\dfrac{1}{V}. À haute température, l'énergie cinétique moyenne 32RT\frac{3}{2}RT devient grande devant l'énergie d'attraction, et les molécules se croisent trop vite pour être retenues. En pratique, aux conditions ambiantes et jusqu'à quelques atmosphères, l'écart est inférieur à 1 % : c'est pourquoi le secondaire peut ignorer complètement cette correction.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Identifier un gaz par sa masse molaire et sa masse volumique

La loi des gaz parfaits, réécrite avec la masse, devient un instrument d'analyse : mesurer une masse, un volume, une pression et une température suffit à identifier un gaz inconnu.

Masse molaire moyenne de l'air : 29,0 g/mol.

  • a) Établissez, à partir de PV=nRTPV=nRT, les expressions de la masse molaire MM et de la masse volumique ρ\rho d'un gaz.
  • b) Un échantillon gazeux de 0,887 g occupe 500 mL à 100 °C sous 98,0 kPa. Calculez sa masse molaire et proposez une identité.
  • c) Calculez la masse volumique de l'air et celle de l'hélium à 25 °C sous 101,3 kPa.
  • d) Déduisez-en la masse maximale que peut soulever un ballon de 10,0 L gonflé à l'hélium, en négligeant la masse de l'enveloppe.
  • e) Pourquoi un ballon gonflé à l'air chaud s'élève-t-il aussi, alors que sa composition est identique à celle de l'air ambiant ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) M=mRTPVM=\dfrac{mRT}{PV} et ρ=PMRT\rho=\dfrac{PM}{RT}
  • b) n=1,580×102n=1{,}580\times 10^{-2} mol et M=56,1M=56{,}1 g/mol : le butène
  • c) 1,186 g/L pour l'air, 0,164 g/L pour l'hélium, rapport 7,24
  • d) 11,861,64=10,211{,}86-1{,}64=10{,}2 g de charge utile
  • e) Chauffer divise ρ\rho par 1,27 : l'air chaud est 27 % moins dense

a) De PV=nRTPV=nRT et n=mMn=\dfrac{m}{M}, on tire PV=mMRTPV=\dfrac{m}{M}RT, d'où M=mRTPVM=\dfrac{mRT}{PV}. En divisant par le volume, la masse volumique ρ=mV\rho=\dfrac{m}{V} vérifie ρ=PMRT\rho=\dfrac{PM}{RT}. Cette dernière relation montre que, pour un gaz donné, la masse volumique est proportionnelle à la pression et inversement proportionnelle à la température absolue.

b) T=100+273=373T=100+273=373 K. D'abord n=PVRT=98,0×0,5008,314×373=1,580×102n=\dfrac{PV}{RT}=\dfrac{98{,}0\times 0{,}500}{8{,}314\times 373}=1{,}580\times 10^{-2} mol. Puis M=0,8871,580×102=56,1M=\dfrac{0{,}887}{1{,}580\times 10^{-2}}=56{,}1 g/mol. Cette valeur correspond au butène C4H8C_{4}H_{8}, de masse molaire 56,11 g/mol. On pourrait aussi songer au fer, mais le fer n'est évidemment pas gazeux à 100 °C : l'état physique fait partie de l'identification.

c) T=298T=298 K. Pour l'air : ρ=101,3×29,08,314×298=1,186\rho=\dfrac{101{,}3\times 29{,}0}{8{,}314\times 298}=1{,}186 g/L. Pour l'hélium : ρ=101,3×4,0038,314×298=0,164\rho=\dfrac{101{,}3\times 4{,}003}{8{,}314\times 298}=0{,}164 g/L. Le rapport vaut 7,24, exactement celui des masses molaires : à même pression et même température, les masses volumiques sont proportionnelles aux masses molaires, ce qui est la traduction directe de la loi d'Avogadro.

d) La poussée d'Archimède correspond à la masse d'air déplacé, soit 1,186×10,0=11,861{,}186\times 10{,}0=11{,}86 g. Le ballon contient déjà 0,164×10,0=1,640{,}164\times 10{,}0=1{,}64 g d'hélium. La charge utile maximale est la différence : 11,861,64=10,211{,}86-1{,}64=10{,}2 g. C'est peu : soulever un kilogramme exigerait près de 1000 L d'hélium, soit un ballon d'environ 1,2 m de diamètre.

e) Parce que ce qui compte pour la poussée n'est pas la composition mais la MASSE VOLUMIQUE. D'après ρ=PMRT\rho=\dfrac{PM}{RT}, à pression constante la masse volumique est inversement proportionnelle à la température absolue. En chauffant l'air de 20 °C à 100 °C, soit de 293 K à 373 K, on divise ρ\rho par 373293=1,27\dfrac{373}{293}=1{,}27 : l'air intérieur devient 27 % moins dense que l'air extérieur, et la poussée l'emporte. C'est le même principe qu'avec l'hélium, obtenu non pas en changeant MM mais en changeant TT.

Exercice 7 : La stœchiométrie des gaz et la pression après réaction

Dès qu'un gaz intervient dans une réaction, la loi des gaz parfaits devient l'outil de conversion entre la quantité de matière et les grandeurs mesurées. Dans un récipient rigide, c'est la quantité TOTALE de gaz qui fixe la pression, quelle que soit la nature des espèces.

L'airbag se gonfle par décomposition de l'azoture de sodium : 2NaN32Na+3N22\,NaN_{3}\rightarrow 2\,Na+3\,N_{2}. Masses molaires (g/mol) : NaNa 22,99 ; NN 14,01. On prend R=8,314R=8{,}314 kPa·L/(mol·K).

  • a) Quelle masse d'azoture de sodium faut-il pour gonfler un sac de 65,0 L à 25 °C sous 101,3 kPa ?
  • b) On brûle du méthane selon CH4+2O2CO2+2H2OCH_{4}+2\,O_{2}\rightarrow CO_{2}+2\,H_{2}O. À 150 °C et sous pression constante, quels volumes de dioxygène et de dioxyde de carbone correspondent à 10,0 L de méthane ? Le volume total du système varie-t-il ?
  • c) On introduit maintenant 0,100 mol de méthane et 0,300 mol de dioxygène dans un récipient RIGIDE de 2,00 L porté à 150 °C, et on enflamme. Calculez la pression avant réaction, puis la pression après réaction complète et retour à 150 °C. Commentez.
  • d) Donnez les pressions partielles de chaque espèce après réaction. On refroidit ensuite le récipient à 25 °C, température à laquelle l'eau se condense et où sa pression de vapeur vaut 3,2 kPa. Calculez la nouvelle pression totale et expliquez l'ampleur de la chute.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) n(N2)=2,658n(N_{2})=2{,}658 mol, M=65,02M=65{,}02 g/mol, soit 115 g d'azoture
  • b) 20,0 L de dioxygène, 10,0 L de dioxyde de carbone ; le volume total reste 30,0 L
  • c) 703 kPa avant ET après : le nombre de moles de gaz est conservé
  • d) 176, 176 et 352 kPa ; à 25 °C, 251 kPa seulement, soit une chute d'un facteur 2,8

a) Le sac contient du diazote : n(N2)=PVRT=101,3×65,08,314×298=2,658n\left(N_{2}\right)=\dfrac{PV}{RT}=\dfrac{101{,}3\times 65{,}0}{8{,}314\times 298}=2{,}658 mol. L'équation donne 3 mol de N2N_{2} pour 2 mol de NaN3NaN_{3}, donc n(NaN3)=23×2,658=1,772n\left(NaN_{3}\right)=\dfrac{2}{3}\times 2{,}658=1{,}772 mol. Avec M(NaN3)=22,99+3(14,01)=65,02M\left(NaN_{3}\right)=22{,}99+3(14{,}01)=65{,}02 g/mol, la masse vaut 1,772×65,02=1151{,}772\times 65{,}02=115 g. L'ordre de grandeur est le bon : un airbag réel contient une centaine de grammes d'azoture.

b) À température et pression constantes, les volumes de gaz sont proportionnels aux quantités de matière : les coefficients de l'équation se lisent directement en volumes. Pour 10,0 L de méthane il faut donc 20,0 L de dioxygène, et il se forme 10,0 L de dioxyde de carbone et 20,0 L de vapeur d'eau, puisqu'à 150 °C l'eau reste gazeuse. Le volume total passe de 10,0+20,0=30,010{,}0+20{,}0=30{,}0 L à 10,0+20,0=30,010{,}0+20{,}0=30{,}0 L : il ne varie pas. Ce n'est pas une coïncidence, c'est que la somme des coefficients gazeux vaut 3 des deux côtés de l'équation.

c) Avant réaction, ntot=0,100+0,300=0,400n_{tot}=0{,}100+0{,}300=0{,}400 mol et T=150+273=423T=150+273=423 K, d'où P=nRTV=0,400×8,314×4232,00=703P=\dfrac{nRT}{V}=\dfrac{0{,}400\times 8{,}314\times 423}{2{,}00}=703 kPa. Le réactif limitant est le méthane : 0,1001=0,100\dfrac{0{,}100}{1}=0{,}100 contre 0,3002=0,150\dfrac{0{,}300}{2}=0{,}150 pour le dioxygène. La réaction consomme 0,100 mol de CH4CH_{4} et 0,200 mol de O2O_{2}, et produit 0,100 mol de CO2CO_{2} et 0,200 mol de H2OH_{2}O. Après réaction, il reste 0,3000,200=0,1000{,}300-0{,}200=0{,}100 mol de dioxygène, plus 0,100 mol de CO2CO_{2} et 0,200 mol de vapeur d'eau, soit ntot=0,400n_{tot}=0{,}400 mol : exactement le même total qu'avant. La pression est donc INCHANGÉE, 703 kPa. C'est le résultat contre-intuitif de l'exercice : une combustion violente peut se dérouler dans un récipient rigide sans faire varier la pression une fois la température revenue à sa valeur initiale, simplement parce que le nombre de moles de gaz est conservé, comme le montrait déjà b).

d) Les pressions partielles se calculent par les fractions molaires : P(O2)=0,1000,400×703=176P\left(O_{2}\right)=\dfrac{0{,}100}{0{,}400}\times 703=176 kPa, P(CO2)=176P\left(CO_{2}\right)=176 kPa et P(H2O)=0,2000,400×703=352P\left(H_{2}O\right)=\dfrac{0{,}200}{0{,}400}\times 703=352 kPa. À 25 °C, la vapeur d'eau se condense presque entièrement : il ne reste en phase gazeuse que 3,2 kPa de vapeur, la valeur de saturation. Les gaz permanents, eux, restent au nombre de 0,100+0,100=0,2000{,}100+0{,}100=0{,}200 mol et donnent P=0,200×8,314×2982,00=248P=\dfrac{0{,}200\times 8{,}314\times 298}{2{,}00}=248 kPa. La pression totale vaut donc 248+3,2=251248+3{,}2=251 kPa, contre 703 kPa avant refroidissement. La chute d'un facteur 2,8 combine deux causes qu'il faut savoir distinguer : le refroidissement de 423 K à 298 K en explique un facteur 423298=1,42\dfrac{423}{298}=1{,}42, et la disparition de la moitié des moles gazeuses par condensation en explique un facteur 2. Le produit 1,42×2=2,841{,}42\times 2=2{,}84 redonne bien le rapport observé. C'est le même principe que la boîte de conserve qui s'écrase en refroidissant, et que la correction de pression de vapeur de l'exercice 2.

N₂H₂NH₃avant4 mol de gazN₂H₂NH₃apres2 mol de gaza volume et temperature fixes, la pression tombe de MOITIE

Exercice 8 : La distribution de Maxwell-Boltzmann et l'échappement atmosphérique

À une température donnée, les molécules d'un gaz n'ont pas toutes la même vitesse : elles se répartissent selon la distribution de Maxwell-Boltzmann, une courbe en cloche dissymétrique dont la traîne s'étend vers les grandes vitesses. Trois vitesses la caractérisent : la plus probable vp=2RTMv_{p}=\sqrt{\dfrac{2RT}{M}}, la moyenne vmoy=8RTπMv_{moy}=\sqrt{\dfrac{8RT}{\pi M}} et la quadratique moyenne vrms=3RTMv_{rms}=\sqrt{\dfrac{3RT}{M}}.

R=8,314R=8{,}314 J/(mol·K), MM en kg/mol. Masses molaires : N2N_{2} 28,02 g/mol ; H2H_{2} 2,016 g/mol. Vitesse de libération de la Terre : 1,12×1041{,}12\times 10^{4} m/s ; celle de la Lune : 2,38×1032{,}38\times 10^{3} m/s.

  • a) Calculez les trois vitesses caractéristiques du diazote à 25 °C. Montrez que leur ordre et leurs rapports ne dépendent ni du gaz ni de la température.
  • b) Décrivez comment la courbe se déforme quand on porte le diazote de 25 °C à 1000 °C, puis quand on remplace le diazote par du dihydrogène à 25 °C. Appuyez chaque affirmation sur un calcul de vrmsv_{rms}, et précisez ce qui reste invariant dans les deux cas.
  • c) La haute atmosphère est à environ 1000 K. Calculez vrmsv_{rms} du dihydrogène et du diazote à cette température, puis le rapport vlibvrms\dfrac{v_{lib}}{v_{rms}} pour chacun. Sachant qu'un corps céleste retient durablement un gaz lorsque ce rapport dépasse environ 6, expliquez pourquoi l'atmosphère terrestre contient du diazote mais quasiment pas de dihydrogène. Traitez ensuite le cas de la Lune.
  • d) Un verre d'eau laissé sur une table finit par s'évaporer complètement, bien qu'il soit à 20 °C et non à 100 °C. Expliquez à l'aide de la distribution, puis dites pourquoi c'est la traîne de la courbe, et non sa valeur moyenne, qui gouverne l'évaporation comme l'échappement atmosphérique.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) vp=421v_{p}=421, vmoy=475v_{moy}=475, vrms=515v_{rms}=515 m/s ; rapports 1,128 et 1,225, constants
  • b) 1065 m/s à 1273 K et 1920 m/s pour H2H_{2} ; l'aire sous la courbe reste 1
  • c) 3517 et 943 m/s ; rapports 3,18 et 11,9 : la Terre garde N2N_{2}, pas H2H_{2}
  • d) C'est la traîne, non la moyenne, qui gouverne évaporation et échappement

a) Avec M=28,02×103M=28{,}02\times 10^{-3} kg/mol et T=298T=298 K : vp=2×8,314×2980,02802=421v_{p}=\sqrt{\dfrac{2\times 8{,}314\times 298}{0{,}02802}}=421 m/s ; vmoy=8×8,314×298π×0,02802=475v_{moy}=\sqrt{\dfrac{8\times 8{,}314\times 298}{\pi\times 0{,}02802}}=475 m/s ; vrms=3×8,314×2980,02802=515v_{rms}=\sqrt{\dfrac{3\times 8{,}314\times 298}{0{,}02802}}=515 m/s. On a toujours vp<vmoy<vrmsv_{p}<v_{moy}<v_{rms}, et les rapports valent vmoyvp=82π=1,128\dfrac{v_{moy}}{v_{p}}=\sqrt{\dfrac{8}{2\pi}}=1{,}128 et vrmsvp=32=1,225\dfrac{v_{rms}}{v_{p}}=\sqrt{\dfrac{3}{2}}=1{,}225. Ces rapports sont des constantes numériques : le facteur RT/M\sqrt{RT/M} est commun aux trois expressions et disparaît dans les rapports. L'ordre s'explique par la dissymétrie de la courbe, dont la longue traîne vers les grandes vitesses tire la moyenne au-dessus du sommet, et tire plus fort encore la moyenne quadratique puisqu'elle pèse les vitesses par leur carré.

b) Chauffage de 298 K à 1273 K : vrmsv_{rms} passe de 515 à 3×8,314×12730,02802=1065\sqrt{\dfrac{3\times 8{,}314\times 1273}{0{,}02802}}=1065 m/s, soit une multiplication par 1273298=2,07\sqrt{\dfrac{1273}{298}}=2{,}07. Le sommet de la courbe se déplace vers la droite, la courbe s'aplatit et s'élargit fortement, et la traîne vers les grandes vitesses s'épaissit beaucoup. Remplacement par le dihydrogène à 298 K : vrms=3×8,314×2980,002016=1920v_{rms}=\sqrt{\dfrac{3\times 8{,}314\times 298}{0{,}002016}}=1920 m/s, presque quatre fois plus, conformément à 28,022,016=3,73\sqrt{\dfrac{28{,}02}{2{,}016}}=3{,}73. Là encore le maximum se déplace vers la droite et la courbe s'étale. Ce qui reste invariant dans les deux cas, c'est l'aire sous la courbe, qui vaut toujours 1 : elle représente la totalité des molécules. Une courbe qui s'élargit doit donc nécessairement s'abaisser, ce qui est la clé de lecture de toutes ces figures.

c) À 1000 K : vrms(H2)=3×8,314×10000,002016=3517v_{rms}\left(H_{2}\right)=\sqrt{\dfrac{3\times 8{,}314\times 1000}{0{,}002016}}=3517 m/s et vrms(N2)=3×8,314×10000,02802=943v_{rms}\left(N_{2}\right)=\sqrt{\dfrac{3\times 8{,}314\times 1000}{0{,}02802}}=943 m/s. Les rapports valent 112003517=3,18\dfrac{11\,200}{3517}=3{,}18 pour le dihydrogène et 11200943=11,9\dfrac{11\,200}{943}=11{,}9 pour le diazote. Le diazote dépasse largement le seuil de 6 : la Terre le retient sans difficulté. Le dihydrogène est à 3,2, bien en dessous : une fraction non négligeable de ses molécules dépasse en permanence la vitesse de libération, et il s'échappe. C'est pourquoi le dihydrogène, pourtant l'élément le plus abondant de l'univers, est quasiment absent de notre atmosphère, tout comme l'hélium. Pour la Lune, 2380943=2,52\dfrac{2380}{943}=2{,}52 pour le diazote lui-même : même les gaz lourds sont sous le seuil, ce qui explique qu'elle n'ait aucune atmosphère. Le critère de rétention combine donc la gravité du corps et la masse molaire du gaz.

d) Dans un verre à 20 °C, la vitesse moyenne des molécules d'eau est très inférieure à celle qui correspondrait à l'ébullition, mais la distribution n'est pas une valeur unique : sa traîne contient à tout instant une petite fraction de molécules assez rapides pour vaincre les forces de cohésion du liquide et s'échapper de la surface. Ces molécules partent, les plus lentes restent, et le liquide se refroidirait s'il n'était réchauffé par la table et l'air, ce qui régénère aussitôt une nouvelle traîne. Le verre finit donc par se vider entièrement, simplement plus lentement qu'à 100 °C, où c'est toute la masse du liquide qui peut se vaporiser. La leçon commune avec c) est que ces deux phénomènes ne sont gouvernés ni par vpv_{p}, ni par vmoyv_{moy}, ni par vrmsv_{rms}, mais par la fraction de molécules située au-delà d'un seuil. Or cette fraction varie de façon extrêmement sensible avec la température : un léger réchauffement épaissit la traîne bien plus qu'il ne déplace le sommet. C'est le même raisonnement qui expliquera, en cinétique chimique, qu'une hausse de 10 °C puisse doubler une vitesse de réaction.

500100015002000-0.4-0.20.20.40.60.811.2300 K600 K1200 K (pointillé)en chauffant, le pic se DÉPLACE et s'APLATIT :l'aire, elle, reste la mêmevitesse (m/s)

Exercice 9 : Le facteur de compressibilité et la température de Boyle

Le facteur de compressibilité mesure d'un seul nombre l'écart au gaz parfait : Z=PVnRTZ=\dfrac{PV}{nRT}. Il vaut exactement 1 pour un gaz parfait, quelles que soient les conditions. Pour un gaz réel, il s'en écarte, et le sens de l'écart dit quelle imperfection domine.

On reprend le dioxyde de carbone de l'exercice 5, avec a=364a=364 kPa·L²/mol² et b=0,0427b=0{,}0427 L/mol, à 300 K et pour n=1,00n=1{,}00 mol. R=8,314R=8{,}314 kPa·L/(mol·K).

  • a) Calculez, par l'équation de van der Waals, la pression puis le facteur de compressibilité du dioxyde de carbone pour un volume de 5,00 L, puis de 0,500 L, puis de 0,100 L, puis de 0,0600 L.
  • b) Décrivez l'allure de ZZ en fonction de la compression et identifiez, dans chaque régime, lequel des deux termes correctifs de van der Waals l'emporte. Que signifie physiquement Z<1Z<1 ? Et Z>1Z>1 ?
  • c) Montrez qu'aux faibles pressions l'équation de van der Waals conduit à Z1+1RT(baRT)PZ\approx 1+\dfrac{1}{RT}\left(b-\dfrac{a}{RT}\right)P. Déduisez-en la température, dite température de Boyle, à laquelle un gaz réel se comporte comme un gaz parfait aux faibles pressions, et calculez-la pour le dioxyde de carbone.
  • d) La température de Boyle mesurée pour le dioxyde de carbone vaut environ 715 K, alors que votre calcul en donne davantage. Ce désaccord invalide-t-il le modèle ? Justifiez en rappelant ce que van der Waals suppose, et dites ce que le modèle prédit correctement malgré tout.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Z=0,979Z=0{,}979 ; 0,8010{,}801 ; 0,2860{,}286 ; 1,0361{,}036
  • b) ZZ descend sous 1 (attractions), passe par un minimum, puis dépasse 1 (volume propre)
  • c) TB=aRb=1025T_{B}=\dfrac{a}{Rb}=1025 K pour le dioxyde de carbone
  • d) Le modèle donne les bons comportements qualitatifs avec deux paramètres, pas les valeurs fines

a) On applique P=nRTVnban2V2P=\dfrac{nRT}{V-nb}-\dfrac{an^{2}}{V^{2}} puis Z=PVnRTZ=\dfrac{PV}{nRT} avec nRT=8,314×300=2494nRT=8{,}314\times 300=2494 kPa·L. Pour V=5,00V=5{,}00 L : P=24944,95736425,0=503,114,6=488,6P=\dfrac{2494}{4{,}957}-\dfrac{364}{25{,}0}=503{,}1-14{,}6=488{,}6 kPa, d'où Z=488,6×5,002494=0,979Z=\dfrac{488{,}6\times 5{,}00}{2494}=0{,}979. Pour V=0,500V=0{,}500 L : P=24940,45733640,250=54541456=3998P=\dfrac{2494}{0{,}4573}-\dfrac{364}{0{,}250}=5454-1456=3998 kPa, d'où Z=3998×0,5002494=0,801Z=\dfrac{3998\times 0{,}500}{2494}=0{,}801. Pour V=0,100V=0{,}100 L : P=24940,05733640,0100=4353036400=7129P=\dfrac{2494}{0{,}0573}-\dfrac{364}{0{,}0100}=43\,530-36\,400=7129 kPa, d'où Z=7129×0,1002494=0,286Z=\dfrac{7129\times 0{,}100}{2494}=0{,}286. Pour V=0,0600V=0{,}0600 L : P=24940,01733640,00360=144173101111=43062P=\dfrac{2494}{0{,}0173}-\dfrac{364}{0{,}00360}=144\,173-101\,111=43\,062 kPa, d'où Z=43062×0,06002494=1,04Z=\dfrac{43\,062\times 0{,}0600}{2494}=1{,}04.

b) En partant du volume le plus grand, ZZ vaut presque 1, puis il décroît nettement en dessous de 1 à mesure qu'on comprime, passe par un minimum, puis remonte brutalement et finit par dépasser 1. Dans le premier régime, la correction attractive an2V2\dfrac{an^{2}}{V^{2}}, qui varie en 1V2\dfrac{1}{V^{2}}, croît plus vite que la correction de volume propre, qui n'intervient qu'au travers de nbV\dfrac{nb}{V} : les attractions dominent. Un Z<1Z<1 signifie alors que le gaz est PLUS compressible qu'un gaz parfait, parce que les molécules s'attirent et occupent moins de place que prévu. Dans le second régime, le volume disponible VnbV-nb tend vers zéro et le terme répulsif explose : le volume propre des molécules domine, le gaz devient MOINS compressible qu'un gaz parfait, et Z>1Z>1. On ne peut pas comprimer indéfiniment de la matière condensée. Le minimum marque le point où les deux effets se compensent exactement.

c) On écrit Z=PVRTZ=\dfrac{PV}{RT} pour une mole avec P=RTVbaV2P=\dfrac{RT}{V-b}-\dfrac{a}{V^{2}}, soit Z=VVbaRTV=11bVaRTVZ=\dfrac{V}{V-b}-\dfrac{a}{RTV}=\dfrac{1}{1-\frac{b}{V}}-\dfrac{a}{RTV}. Aux grands volumes, 11bV1+bV\dfrac{1}{1-\frac{b}{V}}\approx 1+\dfrac{b}{V}, d'où Z1+1V(baRT)Z\approx 1+\dfrac{1}{V}\left(b-\dfrac{a}{RT}\right). Comme 1VPRT\dfrac{1}{V}\approx\dfrac{P}{RT} à cet ordre, on obtient bien Z1+1RT(baRT)PZ\approx 1+\dfrac{1}{RT}\left(b-\dfrac{a}{RT}\right)P. Le coefficient de PP s'annule lorsque b=aRTb=\dfrac{a}{RT}, c'est-à-dire à la température de Boyle TB=aRbT_{B}=\dfrac{a}{Rb}. Pour le dioxyde de carbone : TB=3648,314×0,0427=1025T_{B}=\dfrac{364}{8{,}314\times 0{,}0427}=1025 K. En dessous de cette température, le coefficient est négatif et ZZ commence par descendre sous 1 : c'est bien ce qu'on a observé en a) à 300 K. Au-dessus, le gaz est déjà dans le régime où le volume propre l'emporte et ZZ croît dès les basses pressions.

d) Le désaccord est réel, l'ordre de grandeur est bon mais le modèle surestime d'environ 40 %. Cela n'invalide pas van der Waals, cela en délimite la portée. L'équation ne fait que corriger la loi des gaz parfaits par deux constantes ajustées : bb suppose des molécules sphériques et incompressibles, et aa résume toutes les attractions par un terme moyen unique, indépendant de la distance et de la température, ce qui est très grossier pour une molécule comme le dioxyde de carbone. Une équation à deux paramètres ne peut pas reproduire quantitativement une propriété aussi fine qu'une température de compensation. Ce que le modèle prédit correctement, en revanche, est essentiel : l'existence d'un minimum de ZZ, le fait que le régime attractif précède le régime répulsif, l'existence même d'une température de Boyle, la liquéfaction et le point critique, et le retour au gaz parfait à basse pression et haute température. C'est le propre d'un bon modèle physique de donner les bons comportements qualitatifs avec deux paramètres, quitte à laisser les valeurs numériques précises aux équations d'état empiriques.

1002003004005006000.60.811.21.41.6gaz parfait : Z = 1Z < 1 : les forces ATTRACTIVES dominentZ > 1 : c'est le VOLUME PROPREdes molécules qui dominepression (atm)Z

Exercice 10 : Problème : la plongée sous-marine et la loi de Dalton

Sous l'eau, la pression augmente d'environ 1 atmosphère tous les 10 mètres. Les pressions partielles des gaz respirés augmentent d'autant, et deux d'entre elles deviennent dangereuses bien avant que le plongeur ne s'en rende compte.

L'air contient 21,0 % de O2O_{2} et 79,0 % de N2N_{2} en moles. On prend Patm=101,3P_{atm}=101{,}3 kPa en surface, et la pression totale à la profondeur dd vaut P=101,3(1+d10)P=101{,}3\left(1+\dfrac{d}{10}\right) avec dd en mètres. Le seuil de toxicité du dioxygène est fixé à 160 kPa de pression partielle.

  • a) Calculez la pression totale et la pression partielle de O2O_{2} pour un plongeur à 30,0 m.
  • b) À quelle profondeur, en respirant de l'air, atteint-on le seuil de toxicité du dioxygène ?
  • c) Le Nitrox 32 contient 32,0 % de O2O_{2}. Refaites le calcul de b pour ce mélange.
  • d) Le Nitrox est présenté comme « plus sûr » que l'air. Votre résultat contredit-il cette affirmation ? Expliquez ce que le Nitrox améliore réellement.
  • e) Pour les plongées très profondes, on remplace l'azote par de l'hélium. Citez un avantage lié à ce chapitre et un inconvénient pratique.

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Réponses

  • a) P=405,2P=405{,}2 kPa et P(O2)=85,1P(O_{2})=85{,}1 kPa, bien sous le seuil
  • b) d=65,2d=65{,}2 m
  • c) d=39,4d=39{,}4 m, soit nettement MOINS profond qu'avec l'air
  • d) Le Nitrox protège de l'azote, pas de l'oxygène : plus longtemps, mais moins profond
  • e) L'hélium supprime la narcose mais refroidit, déforme la voix et fuit par effusion

a) À 30,0 m : P=101,3(1+30,010)=101,3×4,00=405,2P=101{,}3\left(1+\dfrac{30{,}0}{10}\right)=101{,}3\times 4{,}00=405{,}2 kPa, soit 4 atmosphères. La pression partielle du dioxygène vaut P(O2)=0,210×405,2=85,1P\left(O_{2}\right)=0{,}210\times 405{,}2=85{,}1 kPa. On est encore loin des 160 kPa : la plongée loisir à 30 m est sûre de ce point de vue.

b) On cherche dd tel que 0,210×101,3(1+d10)=1600{,}210\times 101{,}3\left(1+\dfrac{d}{10}\right)=160. Alors 1+d10=1600,210×101,3=16021,27=7,521+\dfrac{d}{10}=\dfrac{160}{0{,}210\times 101{,}3}=\dfrac{160}{21{,}27}=7{,}52, donc d10=6,52\dfrac{d}{10}=6{,}52 et d=65,2d=65{,}2 m. C'est bien au-delà de la limite de la plongée loisir, fixée à 40 m pour d'autres raisons.

c) Avec 32,0 % : 1+d10=1600,320×101,3=16032,42=4,941+\dfrac{d}{10}=\dfrac{160}{0{,}320\times 101{,}3}=\dfrac{160}{32{,}42}=4{,}94, donc d=39,4d=39{,}4 m. La profondeur maximale est donc NETTEMENT PLUS FAIBLE qu'avec l'air ordinaire : 39 m au lieu de 65 m.

d) Non, il n'y a pas de contradiction, mais l'affirmation demande une précision. Le Nitrox est plus sûr vis-à-vis de l'AZOTE, pas de l'oxygène. En remplaçant une partie du N2N_{2} par du O2O_{2}, on abaisse la pression partielle d'azote à toute profondeur, ce qui réduit la quantité d'azote dissous dans les tissus, donc le risque d'accident de décompression et de narcose. En contrepartie, on augmente la pression partielle d'oxygène, et donc le risque de toxicité, ce qui IMPOSE une profondeur maximale plus faible. Le Nitrox permet ainsi de rester plus longtemps, mais moins profond : c'est un déplacement du risque, pas une suppression.

e) Avantage : l'hélium est chimiquement inerte et surtout beaucoup moins soluble dans les tissus gras que l'azote, ce qui supprime la narcose et réduit la charge en gaz dissous. Inconvénient pratique lié à ce chapitre : sa très faible masse molaire, 4,003 g/mol, lui donne une conductivité thermique élevée et une vitesse moléculaire trois fois plus grande que celle de l'azote, ce qui refroidit fortement le plongeur et déforme la voix. À cela s'ajoute son coût, et le fait qu'il s'échappe des bouteilles par effusion plus vite que tout autre gaz, exactement comme dans le ballon de l'exercice 4.

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