Exercice 1 : Les lois simples et la loi combinée
Avant Dalton et avant la théorie cinétique, tout le chapitre tient dans une seule relation entre deux états d'une même quantité de gaz : . Les lois de Boyle-Mariotte, de Charles et de Gay-Lussac n'en sont que des cas particuliers, obtenus en gelant l'une des trois variables.
On prend kPa·L/(mol·K) et 1 atm = 101,3 kPa.
- a) Une bouteille de plongée rigide de 12,0 L contient de l'air à 20 265 kPa (200 atm) et 20 °C. Oubliée au soleil, elle atteint 55 °C. Calculez la nouvelle pression. Quelle loi particulière avez-vous appliquée, et pourquoi le volume ne joue-t-il aucun rôle ?
- b) Un ballon météo souple emporte 25,0 m³ d'hélium au sol, où la pression vaut 101,3 kPa et la température 20 °C. À 20 km d'altitude, la pression n'est plus que de 5,5 kPa et la température de °C. Calculez le volume du ballon à cette altitude.
- c) Vérifiez le résultat de b) en calculant la quantité de matière d'hélium au sol puis en altitude par la loi des gaz parfaits. Que doit-on retrouver, et pourquoi ?
- d) Un élève refait le calcul de a) en gardant les températures en degrés Celsius. Quelle pression trouve-t-il ? Expliquez pourquoi l'échelle Celsius est inutilisable ici, alors qu'elle convient très bien pour une différence de température.
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Réponses
- a) kPa, soit 224 atm : loi de Gay-Lussac, le volume se simplifie
- b) m³, soit 14 fois le volume au sol
- c) 1040 mol dans les deux cas : le ballon est fermé
- d) 55 729 kPa, soit 550 atm : un rapport de températures exige des kelvins
a) Le récipient est rigide, donc et la relation se réduit à : c'est la loi de Gay-Lussac. Avec K et K, on obtient kPa, soit 224 atm. Le volume n'intervient pas parce qu'il se simplifie de part et d'autre : seule compte sa constance, pas sa valeur. Une hausse de 35 °C fait donc grimper la pression de 24 atmosphères, ce qui explique la consigne de ne jamais laisser une bouteille au soleil.
b) Ici les trois grandeurs changent, il faut la loi combinée : m³. Le ballon gonfle donc d'un facteur 14. Les deux effets jouent en sens contraire : la chute de pression multiplie le volume par 18,4 tandis que le refroidissement le divise par 1,31 ; la pression l'emporte de très loin. C'est pourquoi un ballon météo est lâché à moitié vide et finit par éclater en altitude.
c) Au sol : mol, en convertissant les 25,0 m³ en 25 000 L. En altitude : mol. On retrouve exactement la même valeur, et c'est bien ce qu'on doit obtenir puisque le ballon est fermé : la quantité de matière est conservée. C'est d'ailleurs la démonstration de la loi combinée, qui n'est rien d'autre que l'écriture de à deux instants pour un même . Ce contrôle par la quantité de matière est la meilleure façon de vérifier un exercice de loi combinée.
d) Avec les degrés Celsius, il trouverait kPa, soit 550 atm : la bouteille exploserait. L'erreur est majeure parce que le rapport n'a rien à voir avec le rapport réel . La raison est que les lois des gaz font intervenir un RAPPORT de températures, et un rapport n'a de sens que sur une échelle dont le zéro est le vrai zéro, c'est-à-dire le kelvin. Sur l'échelle Celsius, le zéro est arbitraire : dire qu'il fait deux fois plus chaud à 20 °C qu'à 10 °C n'a aucun sens physique. En revanche, une DIFFÉRENCE de température est identique dans les deux échelles, puisque le décalage de 273 s'annule : c'est pourquoi une capacité thermique peut s'écrire indifféremment en J/(g·°C) ou en J/(g·K).