Chimie, secondaire 5 à Montréal • Les gaz

Fiche de révision : les propriétés des gaz (chimie, secondaire 5)

Les lois des gaz sont les plus simples de toute la chimie de secondaire 5, et pourtant elles produisent le plus grand nombre de copies fausses. La raison est toujours la même : les conversions. Cette fiche traite exactement cela, à savoir quelle température, quelle unité de pression, quel volume molaire, et quelle loi selon ce que l'énoncé maintient constant.

Elle s'adresse aux élèves de chimie de secondaire 5. Le chapitre ouvre l'année et sert ensuite dans toute la stœchiométrie gazeuse : une conversion mal apprise ici se paie sur trois chapitres. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.

Le fil du chapitre

Les lois des gaz ne pardonnent rien à deux endroits : la température doit être en KELVINS et la pression dans la même unité que la constante RR. Presque tout ce qui se perd dans ce chapitre se joue avant le premier calcul, dans les conversions.

Ce chapitre fait partie de Chimie de cinquième secondaire

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

L'essentiel

Les conversions, avant toute chose

  • Température TOUJOURS en kelvins : T(K)=T(°C)+273T(K)=T(°C)+273. Aucune exception dans tout le chapitre.
  • Pressions équivalentes : 101,3101{,}3 kPa =760=760 mm Hg =1=1 atm. Choisissez une unité et convertissez tout dedans.
  • Constante des gaz parfaits : R=8,314R=8{,}314 kPa·L/(mol·K). Elle IMPOSE des kilopascals, des litres, des moles et des kelvins.
  • Volume molaire : 22,422{,}4 L/mol aux TPN (00 °C et 101,3101{,}3 kPa) et 24,524{,}5 L/mol aux TAPN (2525 °C et 101,3101{,}3 kPa).
  • 11=1000=1000 L, et 11 mL =0,001=0{,}001 L. Un volume en millilitres dans PV=nRTPV=nRT donne une réponse mille fois trop grande.
-300-250-200-150-100-5050100150200-55101520253035404522,4 L à 0 °C (TPN)zéro absolu : -273 °Ctempérature (°C)volume d'une mole (L)
Le volume d'un gaz est proportionnel à la température ABSOLUE, pas à celle en degrés Celsius : la droite ne passe pas par l'origine du graphique, elle coupe l'axe à 273-273 °C.

Écrivez la ligne de conversion AVANT le tableau de données. Un correcteur qui voit « T1=25+273=298T_{1}=25+273=298 K » accorde le point même si la suite se trompe.

Les quatre lois, rangées par ce qui reste CONSTANT

  • Température constante, loi de Boyle-Mariotte : P1V1=P2V2P_{1}V_{1}=P_{2}V_{2}.
  • Pression constante, loi de Charles : V1T1=V2T2\frac{V_{1}}{T_{1}}=\frac{V_{2}}{T_{2}}.
  • Volume constant, loi de Gay-Lussac : P1T1=P2T2\frac{P_{1}}{T_{1}}=\frac{P_{2}}{T_{2}}.
  • Rien de constant, loi générale : P1V1n1T1=P2V2n2T2\frac{P_{1}V_{1}}{n_{1}T_{1}}=\frac{P_{2}V_{2}}{n_{2}T_{2}}.
  • Un seul état décrit, avec des moles : loi des gaz parfaits PV=nRTPV=nRT.

Les quatre premières comparent DEUX états d'un même gaz et se passent de RR. La cinquième décrit UN seul état et exige RR. Cette distinction choisit la loi en une seconde.

Ce que la théorie cinétique explique

  • Un gaz est fait de particules très éloignées, en mouvement désordonné, dont les chocs sont parfaitement élastiques.
  • La PRESSION est la somme des chocs des particules sur les parois : plus de particules ou des chocs plus violents font monter la pression.
  • La TEMPÉRATURE absolue mesure l'énergie cinétique moyenne des particules. À 00 K, ce mouvement cesserait.
  • Comprimer le gaz rapproche les parois, donc multiplie les chocs par unité de surface : c'est la loi de Boyle vue de l'intérieur.
  • Le modèle du gaz parfait suppose des particules ponctuelles et sans attraction : il cesse d'être valable à haute pression et à basse température.

Les questions de raisonnement demandent presque toujours d'expliquer une loi PAR les chocs. Une réponse qui se contente de citer la formule ne rapporte rien.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Laisser des degrés Celsius dans une loi des gaz

toute la question, 5 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le gaz passe de 2020 °C à 4040 °C à pression constante, donc son volume DOUBLE. »

Ce qu'il faut écrire

« V2V1=T2T1=313293=1,068\frac{V_{2}}{V_{1}}=\frac{T_{2}}{T_{1}}=\frac{313}{293}=1{,}068 : le volume n'augmente que de 6,86{,}8 %. »

Pourquoi : Une échelle de température n'est proportionnelle que si son zéro est le vrai zéro. Le zéro Celsius est arbitraire, celui des kelvins ne l'est pas : c'est l'arrêt du mouvement des particules.

2. Utiliser 22,4 L/mol à température ambiante

2 à 4 points, et une réponse fausse de 9 %

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 2,02{,}0 mol de dioxygène à 2525 °C occupent 2,0×22,4=44,82{,}0\times 22{,}4=44{,}8 L. »

Ce qu'il faut écrire

« À 2525 °C, le volume molaire est 24,524{,}5 L/mol : 2,0×24,5=49,02{,}0\times 24{,}5=49{,}0 L. Le 22,422{,}4 ne vaut qu'à 00 °C. »

Pourquoi : Le volume molaire dépend de la température et de la pression. Retenir les deux valeurs avec leurs conditions vaut mieux que d'en retenir une seule et de l'appliquer partout.

3. Mélanger les unités de pression avec la constante des gaz parfaits

toute la question, et la réponse est 7,5 fois trop grande

Ce qu'il ne faut pas écrire

« P=740P=740 mm Hg, V=2,0V=2{,}0 L, T=298T=298 K, donc n=740×2,08,314×298=0,597n=\frac{740\times 2{,}0}{8{,}314\times 298}=0{,}597 mol. »

Ce qu'il faut écrire

« RR est en kPa·L/(mol·K), donc je convertis d'abord : 740×101,3760=98,6740\times\frac{101{,}3}{760}=98{,}6 kPa, puis n=98,6×2,08,314×298=0,0796n=\frac{98{,}6\times 2{,}0}{8{,}314\times 298}=0{,}0796 mol. »

Pourquoi : La constante RR porte ses unités dans son énoncé. Toute grandeur qui entre dans PV=nRTPV=nRT doit être exprimée dans ces unités là, sans exception.

4. Appliquer la loi de Boyle alors que la température a changé

toute la question, 5 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le gaz passe de 2,02{,}0 L à 1,01{,}0 L pendant qu'on le chauffe : P2=2P1P_{2}=2P_{1}. »

Ce qu'il faut écrire

« La température n'est pas constante, la loi de Boyle ne s'applique pas. J'utilise la loi générale : P1V1T1=P2V2T2\frac{P_{1}V_{1}}{T_{1}}=\frac{P_{2}V_{2}}{T_{2}}. »

12345678910-404080120160200240280320360400440V divisé par 2 : P doubléeP V = 200 kPa·L partoutvolume V (L)pression P (kPa)
À température constante, halver le volume DOUBLE la pression : la relation est une hyperbole et non une droite, et le produit PVPV reste égal à 200200 kPa·L en tout point.

Pourquoi : Chacune des trois lois simples porte une condition dans son énoncé. Vérifier cette condition prend deux secondes et évite d'utiliser une loi hors de son domaine.

5. Confondre la pression partielle et la pression totale

toute la question, 4 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le mélange est à 150150 kPa et contient trois gaz, donc chacun exerce 150150 kPa. »

Ce qu'il faut écrire

« Loi de Dalton : Ptot=P1+P2+P3=150P_{tot}=P_{1}+P_{2}+P_{3}=150 kPa. Chaque pression partielle vaut Pi=xiPtotP_{i}=x_{i}P_{tot}, où xix_{i} est la fraction molaire. »

Pourquoi : Chaque gaz d'un mélange se comporte comme s'il était SEUL dans le récipient. La pression totale est la somme de ces contributions, pas la valeur commune à chacune.

6. Croire qu'un gaz plus lourd occupe plus de place

3 points de raisonnement

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Une mole de dioxyde de carbone est plus lourde qu'une mole d'hélium, donc elle occupe plus de volume. »

Ce qu'il faut écrire

« Loi d'Avogadro : à mêmes température et pression, une mole de N'IMPORTE quel gaz occupe le même volume, 22,422{,}4 L aux TPN. Les molécules sont si éloignées que leur taille et leur masse ne changent rien. »

Pourquoi : Dans un gaz, le volume est occupé par du VIDE, pas par les molécules. C'est ce qui distingue radicalement un gaz d'un liquide ou d'un solide, où la taille des particules décide du volume.

7. Appliquer la loi des gaz parfaits à un gaz sous très haute pression

2 points sur une question de raisonnement

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La bouteille de plongée est à 2000020\,000 kPa, donc n=PVRTn=\frac{PV}{RT} donne exactement la quantité d'air. »

Ce qu'il faut écrire

« À cette pression, le gaz n'est plus parfait : le volume des molécules et leurs attractions comptent, et PVnRT\frac{PV}{nRT} s'écarte de 11. Le calcul ne donne qu'un ordre de grandeur. »

20040060080010001200140016000.40.60.811.21.41.6gaz parfait : PV/nRT = 1gaz réelpression (kPa)PV / nRT
La loi des gaz parfaits n'est exacte qu'à basse pression : au-delà de quelques centaines de kilopascals, le rapport PVnRT\frac{PV}{nRT} s'écarte nettement de 11.

Pourquoi : Le modèle du gaz parfait suppose des particules ponctuelles et sans interaction. Ces deux hypothèses tombent quand on comprime beaucoup ou quand on refroidit près de la liquéfaction.

8. Inverser un rapport dans la loi générale

toute la question, 4 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On chauffe le gaz, donc V2=V1×T1T2V_{2}=V_{1}\times\frac{T_{1}}{T_{2}}. »

Ce qu'il faut écrire

« On chauffe, donc le volume doit AUGMENTER : V2=V1×T2T1V_{2}=V_{1}\times\frac{T_{2}}{T_{1}}, avec T2>T1T_{2}>T_{1}, ce qui donne bien un facteur supérieur à 11. »

Pourquoi : Plutôt que de mémoriser l'ordre des indices, décidez du SENS attendu avant de calculer, puis placez le rapport qui donne ce sens. C'est infaillible et cela prend cinq secondes.

Quelle méthode choisir

Quelle loi des gaz utiliser

Comptez d'abord les ÉTATS décrits par l'énoncé, puis cherchez ce qui reste constant entre eux.

  • Si UN seul état, et l'énoncé parle de moles, de masse ou de masse molaire PV=nRTPV=nRT, avec R=8,314R=8{,}314 et tout en kPa, L, mol, K

    Exemple : n=98,6×2,08,314×298=0,0796n=\frac{98{,}6\times 2{,}0}{8{,}314\times 298}=0{,}0796 mol

    c'est aussi la voie pour identifier un gaz inconnu par sa masse molaire

  • Si DEUX états, la TEMPÉRATURE est constante Boyle : P1V1=P2V2P_{1}V_{1}=P_{2}V_{2}

    Exemple : 2,02{,}0 L à 100100 kPa comprimés à 1,01{,}0 L donnent 200200 kPa

  • Si DEUX états, la PRESSION est constante Charles : V1T1=V2T2\frac{V_{1}}{T_{1}}=\frac{V_{2}}{T_{2}}

    Exemple : de 293293 K à 313313 K, le volume croît de 6,86{,}8 %

  • Si DEUX états, le VOLUME est constant, récipient rigide Gay-Lussac : P1T1=P2T2\frac{P_{1}}{T_{1}}=\frac{P_{2}}{T_{2}}

    Exemple : une bouteille fermée chauffée de 293293 à 373373 K voit sa pression croître de 2727 %

    les mots « récipient rigide », « bouteille scellée » ou « bonbonne » annoncent cette branche

  • Si DEUX états et RIEN n'est constant loi générale : P1V1n1T1=P2V2n2T2\frac{P_{1}V_{1}}{n_{1}T_{1}}=\frac{P_{2}V_{2}}{n_{2}T_{2}}

    Exemple : ballon-sonde : 5,00×101,326,5×223293=14,65{,}00\times\frac{101{,}3}{26{,}5}\times\frac{223}{293}=14{,}6

Les trois lois simples sont des cas particuliers de la loi générale. En cas de doute, écrivez la loi générale et barrez les termes égaux : vous ne pouvez pas vous tromper de branche.

Quelle unité choisir

Regardez si votre calcul fait intervenir RR ou un rapport entre deux états.

  • Si le calcul utilise R=8,314R=8{,}314 tout en kPa, L, mol et K, sans exception

    Exemple : 740740 mm Hg deviennent 98,698{,}6 kPa, 250250 mL deviennent 0,2500{,}250 L

  • Si le calcul est un RAPPORT entre deux états n'importe quelle unité de pression et de volume, pourvu que ce soit la MÊME des deux côtés

    Exemple : P1V1=P2V2P_{1}V_{1}=P_{2}V_{2} marche en mm Hg et en mL

    la température, elle, doit rester en kelvins même dans un rapport

  • Si le calcul utilise un VOLUME MOLAIRE vérifier les conditions : 22,422{,}4 L/mol à 00 °C, 24,524{,}5 L/mol à 2525 °C

    Exemple : 2,02{,}0 mol à 2525 °C occupent 49,049{,}0 L et non 44,844{,}8 L

  • Si l'énoncé donne une MASSE VOLUMIQUE en g/L M=ρ×VmolaireM=\rho\times V_{molaire} aux conditions données

    Exemple : 1,251{,}25 g/L aux TPN donne M=1,25×22,4=28,0M=1{,}25\times 22{,}4=28{,}0 g/mol, donc du diazote

La température fait exception à la règle des rapports : elle doit être en kelvins PARTOUT, y compris dans une simple proportion, parce que l'échelle Celsius n'a pas de vrai zéro.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Un problème de loi générale des gaz

Quand l'utiliser : L'énoncé décrit deux états d'un même gaz et en demande une grandeur manquante.

  1. 1 Dresser un tableau à deux colonnes, état 1 et état 2, avec PP, VV, TT et nn.
  2. 2 Écrire les CONVERSIONS sur une ligne à part : les kelvins d'abord, puis les unités de pression et de volume.
  3. 3 Nommer ce qui reste constant et en déduire la loi, en la citant par son nom.
  4. 4 Écrire la loi sous forme littérale, isoler l'inconnue, puis substituer.
  5. 5 Vérifier le SENS de la variation avant de conclure : chauffer dilate, comprimer augmente la pression.
  6. 6 Conclure par une phrase avec la valeur et l'unité.

Phrase de conclusion

« En s'élevant à 1010 km, le ballon voit son volume passer de 5,005{,}00 m³ à 14,614{,}6 m³, soit près de trois fois plus. »

Le piège : Sauter la ligne des conversions parce que « c'est évident ». C'est justement là que se produit l'erreur la plus fréquente du chapitre, et le point est perdu sans recours.

Barème : 1 point pour le tableau, 1 point pour les conversions écrites, 1 point pour la loi nommée, 2 points pour la résolution, 1 point pour la phrase.

Identifier un gaz inconnu

Quand l'utiliser : L'énoncé donne une masse et un volume, ou une masse volumique, et demande de quel gaz il s'agit.

  1. 1 Convertir toutes les données en kPa, L et K.
  2. 2 Calculer la quantité de matière par n=PVRTn=\frac{PV}{RT}.
  3. 3 Calculer la masse molaire par M=mnM=\frac{m}{n}, en g/mol.
  4. 4 Comparer aux masses molaires des gaz courants : 22 pour le dihydrogène, 44 pour l'hélium, 2828 pour le diazote, 3232 pour le dioxygène, 4444 pour le dioxyde de carbone.
  5. 5 Conclure en nommant le gaz ET en donnant sa formule.

Phrase de conclusion

« La masse molaire vaut 28,028{,}0 g/mol : il s'agit du diazote, N2N_{2}. »

Le piège : Répondre par une masse molaire sans nommer le gaz. La question demande une identification, et la moitié des points est sur le nom.

Barème : 1 point pour les conversions, 2 points pour la quantité de matière, 1 point pour la masse molaire, 1 point pour l'identification nommée.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Le ballon-sonde météorologique

Au sol, un ballon-sonde rempli d'hélium occupe 5,005{,}00 m³ sous une pression de 101,3101{,}3 kPa et à une température de 2020 °C.

À 1010 km d'altitude, la pression n'est plus que de 26,526{,}5 kPa et la température tombe à 50-50 °C.

Calculez le volume du ballon à cette altitude, puis la quantité d'hélium qu'il contient et sa masse. La masse molaire de l'hélium vaut 4,004{,}00 g/mol.

au sol5 m³P seule19,11 m³P et T14,55 m³05101520ballon-sonde : 5,00 m³ au sol, 14,6 m³ à 10 km
La chute de pression multiplierait à elle seule le volume par 3,83{,}8 ; le froid de la haute atmosphère en reprend un quart, et le ballon se stabilise à 14,614{,}6 m³.

Étape 1

Conversions : T1=20+273=293T_{1}=20+273=293 K et T2=50+273=223T_{2}=-50+273=223 K. Les pressions sont déjà en kPa, les volumes en m³ des deux côtés.

Pourquoi

Cette ligne s'écrit avant tout le reste. Ici les volumes peuvent rester en mètres cubes parce que la loi générale est un RAPPORT : seule la température exige une unité imposée.

Étape 2

La quantité d'hélium ne change pas, donc n1=n2n_{1}=n_{2} et la loi générale se réduit à P1V1T1=P2V2T2\frac{P_{1}V_{1}}{T_{1}}=\frac{P_{2}V_{2}}{T_{2}}.

Pourquoi

Le ballon est fermé : c'est ce qui autorise à barrer les moles. Le dire explicitement vaut un point, et c'est ce qui distingue ce problème d'un gonflage où nn change.

Étape 3

V2=V1×P1P2×T2T1=5,00×101,326,5×223293V_{2}=V_{1}\times\frac{P_{1}}{P_{2}}\times\frac{T_{2}}{T_{1}}=5{,}00\times\frac{101{,}3}{26{,}5}\times\frac{223}{293}.

Pourquoi

On écrit la formule sous forme de deux facteurs correctifs, un par effet. Chacun se contrôle séparément : la pression baisse donc le premier facteur doit dépasser 11, la température baisse donc le second doit être inférieur à 11.

Étape 4

Facteur de pression : 101,326,5=3,823\frac{101{,}3}{26{,}5}=3{,}823. Facteur de température : 223293=0,761\frac{223}{293}=0{,}761. Donc V2=5,00×3,823×0,761=14,6V_{2}=5{,}00\times 3{,}823\times 0{,}761=14{,}6 m³.

Pourquoi

Calculer les deux facteurs séparément est ce qui rend l'erreur impossible : un facteur de température supérieur à 11 sauterait aux yeux, alors qu'il passerait inaperçu noyé dans une seule fraction.

Étape 5

Quantité d'hélium, avec l'état au sol : V1=5,00V_{1}=5{,}00=5000=5000 L, donc n=PVRT=101,3×50008,314×293n=\frac{PV}{RT}=\frac{101{,}3\times 5000}{8{,}314\times 293}.

Pourquoi

Ici, et seulement ici, on passe aux litres : la constante RR l'exige. Utiliser l'état au sol plutôt que celui en altitude ne change rien puisque nn est constante, mais les nombres y sont plus sûrs.

Étape 6

n=5065002436=208n=\frac{506\,500}{2436}=208 mol.

Pourquoi

Contrôle immédiat : 50005000 L divisés par environ 2424 L/mol donneraient 208208 mol. L'accord avec le calcul complet confirme que ni le volume ni la pression n'ont changé d'unité en route.

Étape 7

Masse : m=nM=208×4,00=832m=n\,M=208\times 4{,}00=832 g, soit environ 0,830{,}83 kg d'hélium.

Pourquoi

L'ordre de grandeur est parlant : moins d'un kilogramme de gaz remplit cinq mètres cubes. C'est ce qui rend le ballon-sonde possible, et c'est un bon contrôle de plausibilité.

Étape 8

Vérification par l'état en altitude : n=26,5×145508,314×223=208n=\frac{26{,}5\times 14\,550}{8{,}314\times 223}=208 mol, identique.

Pourquoi

Recalculer nn à partir de l'autre état utilise le résultat V2V_{2} et boucle le problème : si les deux valeurs coïncident, c'est que V2V_{2} est juste.

Conclusion rédigée

« À 1010 km d'altitude, le ballon occupe 14,614{,}6 m³, soit près de trois fois son volume au sol, et il contient 208208 mol d'hélium, c'est-à-dire environ 832832 g. »

L'erreur classique sur cet exercice : L'erreur classique sur ce problème est de garder les degrés Celsius, ce qui donne un facteur de température de 5020=2,5\frac{-50}{20}=-2{,}5 et un volume NÉGATIF. L'absurdité saute aux yeux ici, mais elle passe inaperçue dès que les deux températures sont positives.

À savoir par cœur

  • T(K)=T(°C)+273T(K)=T(°C)+273, TOUJOURS, y compris dans un simple rapport.
  • 101,3101{,}3 kPa =760=760 mm Hg =1=1 atm. R=8,314R=8{,}314 kPa·L/(mol·K) impose kPa, L, mol et K.
  • Boyle si TT constante, Charles si PP constante, Gay-Lussac si VV constant, loi générale sinon.
  • 22,422{,}4 L/mol à 00 °C et 101,3101{,}3 kPa ; 24,524{,}5 L/mol à 2525 °C et 101,3101{,}3 kPa.
  • Loi d'Avogadro : à mêmes TT et PP, une mole de n'importe quel gaz occupe le même volume.
  • Loi de Dalton : Ptot=PiP_{tot}=\sum P_{i}, et Pi=xiPtotP_{i}=x_{i}P_{tot} avec xix_{i} la fraction molaire.
  • M=ρ×VmolaireM=\rho\times V_{molaire} : une masse volumique de 1,251{,}25 g/L aux TPN donne 28,028{,}0 g/mol.
  • Le modèle du gaz parfait tombe à haute pression et à basse température, quand les molécules se touchent et s'attirent.

Questions fréquentes

Pourquoi faut-il convertir en kelvins dans les lois des gaz ?

Parce que ces lois expriment des proportionnalités, et qu'une proportionnalité exige une échelle dont le zéro est un vrai zéro. Le zéro Celsius est arbitraire, c'est simplement la fusion de la glace. Le zéro kelvin, lui, correspond à l'arrêt du mouvement des particules. Sans conversion, doubler la température en Celsius donnerait un résultat qui n'a aucun sens physique.

Quand utiliser 22,4 litres par mole et quand utiliser 24,5 ?

Vingt-deux virgule quatre litres par mole vaut aux conditions normales, c'est-à-dire zéro degré Celsius et cent un virgule trois kilopascals. Vingt-quatre virgule cinq litres par mole vaut aux conditions ambiantes, soit vingt-cinq degrés Celsius et la même pression. Lisez la température de l'énoncé avant de choisir : l'écart entre les deux est de neuf pour cent.

Comment savoir quelle loi des gaz utiliser ?

Comptez le nombre d'états décrits. Si l'énoncé n'en décrit qu'un et parle de moles ou de masse, utilisez la loi des gaz parfaits. S'il en décrit deux, cherchez ce qui reste constant : la température donne Boyle, la pression donne Charles, le volume donne Gay-Lussac, et si rien n'est constant, utilisez la loi générale.

Est-ce qu'une mole de dioxyde de carbone occupe plus de place qu'une mole d'hélium ?

Non. Aux mêmes température et pression, une mole de n'importe quel gaz occupe exactement le même volume : c'est la loi d'Avogadro. Dans un gaz, l'essentiel du volume est du vide entre les molécules, et leur taille comme leur masse n'y changent rien. La molécule de dioxyde de carbone est bien plus lourde, mais elle n'occupe pas plus de place.

Qu'est-ce qu'une pression partielle ?

C'est la pression qu'exercerait un gaz s'il était seul dans le récipient. Dans un mélange, chaque gaz exerce sa propre pression partielle, indépendamment des autres, et la loi de Dalton dit que la pression totale est simplement la somme de toutes ces pressions. On calcule chacune en multipliant la pression totale par la fraction molaire du gaz concerné.

Quand la loi des gaz parfaits cesse-t-elle d'être valable ?

Elle repose sur deux hypothèses : les molécules sont ponctuelles et elles ne s'attirent pas. Ces deux hypothèses tombent quand on comprime beaucoup le gaz, parce que le volume des molécules devient comparable à celui du récipient, et quand on le refroidit près de sa liquéfaction, parce que les attractions deviennent sensibles. À pression et température ordinaires, le modèle reste excellent.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Les propriétés des gaz

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 10 exercices corrigés
  • 100 points
  • 150 minutes
Faire les exercices
Fiche précédente La mole et la quantité de matière Fiche suivante Stœchiométrie gazeuse et mélanges de gaz

Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

Voir aussi

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