Chimie, secondaire 5 à Montréal • Thermochimie

Fiche de révision : l'aspect énergétique des transformations (chimie, secondaire 5)

La thermochimie de secondaire 5 tient en quatre formules, et pourtant les copies s'y perdent, parce que l'essentiel n'est pas dans les formules mais dans les SIGNES et dans le choix de la bonne formule au bon moment. Cette fiche traite exactement cela, du sens physique du signe du delta H jusqu'aux règles de manipulation de la loi de Hess.

Elle s'adresse aux élèves de chimie de secondaire 5. Le chapitre est celui qui revient sous forme de laboratoire noté, avec un calorimètre et une courbe de température : trois des pièges de cette fiche s'y trouvent réunis. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.

Le fil du chapitre

Le signe du ΔH\Delta H n'est pas décoratif : négatif, le système CHAUFFE son environnement ; positif, il le refroidit. La seconde source d'erreurs est de mesurer l'énergie d'activation depuis le mauvais niveau, alors qu'elle se compte toujours à partir des RÉACTIFS.

Ce chapitre fait partie de Chimie de cinquième secondaire

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

L'essentiel

Le signe, et ce qu'il raconte

  • EXOTHERMIQUE : la réaction LIBÈRE de l'énergie, le milieu se réchauffe, et ΔH<0\Delta H<0.
  • ENDOTHERMIQUE : la réaction ABSORBE de l'énergie, le milieu se refroidit, et ΔH>0\Delta H>0.
  • Sur un diagramme : ΔH=Ep(produits)Ep(reˊactifs)\Delta H=E_{p}(\text{produits})-E_{p}(\text{réactifs}), donc le signe se lit sur la position relative des deux plateaux.
  • L'ÉNERGIE D'ACTIVATION se mesure toujours depuis le niveau des RÉACTIFS jusqu'au sommet, et elle est POSITIVE dans les deux cas.
  • Énergie d'activation inverse : Ea(inverse)=Ea(directe)ΔHE_{a}(\text{inverse})=E_{a}(\text{directe})-\Delta H.
EXOTHERMIQUE : ΔH < 0ENDOTHERMIQUE : ΔH > 0EaΔHEaΔHprogression de la réaction
Le ΔH\Delta H se lit entre les deux PLATEAUX et porte un signe ; l'énergie d'activation se mesure toujours depuis les RÉACTIFS jusqu'au sommet, et elle reste positive dans les deux cas.

Le repère qui ne trompe jamais : un flacon qui devient CHAUD au toucher contient une réaction exothermique, donc un ΔH\Delta H NÉGATIF. C'est contre-intuitif, et c'est pour cela qu'on le vérifie à chaque fois.

Les quatre formules de chaleur

  • Chaleur SENSIBLE, la température change : q=mcΔTq=mc\Delta T, avec ceau=4,19c_{eau}=4{,}19 J/(g·°C).
  • Chaleur LATENTE, la température ne change PAS : q=mLq=mL, avec Lfusion=334L_{fusion}=334 J/g et Lvaporisation=2260L_{vaporisation}=2260 J/g pour l'eau.
  • Calorimétrie : qreˊaction=qeauq_{r\acute{e}action}=-q_{eau}. Ce que la réaction perd, l'eau le gagne.
  • Chaleur molaire : ΔH=qreˊactionn\Delta H=\frac{q_{r\acute{e}action}}{n}, en kJ/mol. La division par nn n'est jamais facultative.
  • Un résultat en joules se convertit en kilojoules en divisant par 10001000, jamais l'inverse.

Chaleurs massiques utiles, en J/(g·°C) : glace 2,092{,}09, eau liquide 4,194{,}19, vapeur 2,032{,}03. La glace et la vapeur chauffent deux fois plus vite que l'eau liquide, à énergie égale.

Les trois façons d'obtenir un ΔH\Delta H sans le mesurer

  • LOI DE HESS : additionner des équations connues jusqu'à obtenir l'équation cible, en additionnant leurs ΔH\Delta H.
  • Inverser une équation change le SIGNE de son ΔH\Delta H ; la multiplier par un facteur multiplie son ΔH\Delta H par ce facteur.
  • ÉNERGIES DE LIAISON : ΔH=E(liaisons briseˊes)E(liaisons formeˊes)\Delta H=\sum E(\text{liaisons brisées})-\sum E(\text{liaisons formées}). Briser coûte, former libère.
  • ENTHALPIES DE FORMATION : ΔH=ΔHf(produits)ΔHf(reˊactifs)\Delta H=\sum \Delta H_{f}(\text{produits})-\sum \Delta H_{f}(\text{réactifs}), avec les coefficients.
  • L'enthalpie de formation d'un corps simple dans son état standard vaut ZÉRO, par convention.

Les trois méthodes donnent le même résultat parce que le ΔH\Delta H ne dépend que des états initial et final, jamais du chemin. C'est précisément ce qu'énonce la loi de Hess.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Donner une enthalpie positive à une réaction qui chauffe

2 points, systématiquement, et parfois toute la conclusion

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La dissolution fait passer l'eau de 2121 à 2828 °C, donc elle a gagné de l'énergie : ΔH=+46,7\Delta H=+46{,}7 kJ/mol. »

Ce qu'il faut écrire

« L'EAU a gagné de l'énergie, donc la RÉACTION en a perdu : qreˊaction=qeauq_{r\acute{e}action}=-q_{eau} et ΔH=46,7\Delta H=-46{,}7 kJ/mol, exothermique. »

Pourquoi : Le ΔH\Delta H décrit le SYSTÈME chimique, pas le thermomètre. Le thermomètre monte précisément parce que le système a donné son énergie au milieu.

2. Mesurer l'énergie d'activation depuis le bas du graphique

toute la question, 4 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le sommet est à 180180 kJ sur l'axe, donc Ea=180E_{a}=180 kJ. »

Ce qu'il faut écrire

« Les réactifs sont à 100100 kJ et le sommet à 180180 kJ : Ea=180100=80E_{a}=180-100=80 kJ. On mesure toujours DEPUIS les réactifs. »

Pourquoi : L'axe vertical d'un diagramme énergétique n'a pas de zéro absolu : seules les DIFFÉRENCES ont un sens. Lire une valeur brute sur l'axe revient à donner un sens à une origine arbitraire.

3. Utiliser la formule de la chaleur sensible pendant un changement d'état

toute la question, 5 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Pour faire fondre 11 g de glace à 00 °C : q=1×4,19×0=0q=1\times 4{,}19\times 0=0 J. »

Ce qu'il faut écrire

« Pendant la fusion la température NE CHANGE PAS : c'est de la chaleur latente, q=mL=1×334=334q=mL=1\times 334=334 J. »

400800120016002000240028003200-40-2020406080100120140fusion : 334 Jvaporisation : 2260 Jla température ne bouge PASchaleur fournie à 1 g d'eau (J)température (°C)
Pendant un changement d'état, la température ne bouge PAS : les deux paliers consomment 334334 J puis 22602260 J par gramme sans que le thermomètre monte d'un degré.

Pourquoi : L'énergie de la fusion sert à casser les liaisons qui maintiennent le réseau cristallin, pas à agiter davantage les molécules. Le thermomètre ne bouge donc pas, alors que l'énergie entre bien.

4. Oublier de diviser par la quantité de matière

toute la question, 4 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La réaction a dégagé 58415841 J, donc ΔH=5841\Delta H=-5841 kJ/mol. »

Ce qu'il faut écrire

« ΔH=qn=58410,125=46727\Delta H=\frac{q}{n}=\frac{-5841}{0{,}125}=-46\,727 J/mol =46,7=-46{,}7 kJ/mol. Une enthalpie s'exprime PAR MOLE. »

Pourquoi : La chaleur mesurée dépend de la quantité qu'on a fait réagir ; l'enthalpie de réaction, elle, est une caractéristique de la réaction. La division par nn est ce qui fait passer de l'une à l'autre.

5. Inverser une équation sans changer le signe de son enthalpie

toute la question de Hess, 6 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« J'ai besoin de la réaction dans l'autre sens, donc je retourne l'équation et je garde ΔH=286\Delta H=-286 kJ. »

Ce qu'il faut écrire

« Inverser une équation INVERSE le signe : ΔH\Delta H devient +286+286 kJ. Décomposer l'eau coûte exactement ce que sa formation libère. »

Pourquoi : L'énergie ne se crée pas : si une réaction en libère, la réaction inverse doit en coûter autant, sinon on pourrait fabriquer de l'énergie en faisant l'aller-retour.

6. Multiplier une équation sans multiplier son enthalpie

toute la question de Hess, 5 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Je double l'équation pour ajuster les coefficients, mais ΔH\Delta H reste 286-286 kJ. »

Ce qu'il faut écrire

« Doubler l'équation double l'enthalpie : ΔH=2×(286)=572\Delta H=2\times(-286)=-572 kJ. Deux fois plus de matière libère deux fois plus d'énergie. »

Pourquoi : Une enthalpie de réaction est écrite POUR les coefficients de l'équation qui l'accompagne. Changer les coefficients sans changer l'enthalpie casse cette correspondance.

7. Croire qu'un catalyseur change l'enthalpie de réaction

3 points de raisonnement

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le catalyseur abaisse la barrière, donc la réaction libère plus d'énergie. »

Ce qu'il faut écrire

« Le catalyseur abaisse l'ÉNERGIE D'ACTIVATION, donc la réaction va plus vite, mais les deux plateaux ne bougent pas : ΔH\Delta H est inchangé. »

brisées2652 kJformées3450 kJ0500100015002000250030003500combustion du méthane : les liaisonsbilan : 2652 - 3450 = -798 kJ/mol
Briser des liaisons COÛTE de l'énergie, en former en LIBÈRE : la combustion du méthane rend 34503450 kJ pour 26522652 dépensés, d'où un bilan de 798-798 kJ/mol.

Pourquoi : Le ΔH\Delta H ne dépend que des états initial et final. Le catalyseur ne change que le CHEMIN entre les deux, donc la vitesse, jamais le bilan énergétique.

8. Ne chauffer que le soluté dans un calcul de calorimétrie

toute la question, et la réponse est 40 fois trop petite

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On dissout 5,005{,}00 g de soluté dans 200,0200{,}0 g d'eau, donc q=5,00×4,19×6,8q=5{,}00\times 4{,}19\times 6{,}8. »

Ce qu'il faut écrire

« C'est toute la SOLUTION qui se réchauffe : m=200,0+5,00=205,0m=200{,}0+5{,}00=205{,}0 g, donc q=205,0×4,19×6,8=5841q=205{,}0\times 4{,}19\times 6{,}8=5841 J. »

Pourquoi : La chaleur dégagée se répartit dans l'ensemble du liquide du calorimètre. Certains énoncés simplifient en ne comptant que l'eau, mais il faut alors que l'énoncé le dise explicitement.

Quelle méthode choisir

Quelle formule de chaleur utiliser

Regardez ce que fait la TEMPÉRATURE pendant l'étape considérée, et ce que l'énoncé fournit comme données.

  • Si la température CHANGE, sans changement d'état q=mcΔTq=mc\Delta T, avec la chaleur massique de la phase concernée

    Exemple : 11 g d'eau liquide de 00 à 100100 °C : q=1×4,19×100=419q=1\times 4{,}19\times 100=419 J

    attention à changer de cc quand on change de phase : 2,092{,}09 pour la glace, 4,194{,}19 pour l'eau, 2,032{,}03 pour la vapeur

  • Si la température NE CHANGE PAS, fusion ou vaporisation q=mLq=mL, chaleur latente

    Exemple : fondre 11 g de glace coûte 334334 J, le vaporiser en coûte 22602260

  • Si on mesure au CALORIMÈTRE et on cherche l'enthalpie qeau=mcΔTq_{eau}=mc\Delta T, puis qreˊaction=qeauq_{r\acute{e}action}=-q_{eau}, puis ΔH=qreˊactionn\Delta H=\frac{q_{r\acute{e}action}}{n}

    Exemple : 58415841 J absorbés par l'eau pour 0,1250{,}125 mol donnent 46,7-46{,}7 kJ/mol

  • Si on donne les ÉNERGIES DE LIAISON ΔH=E(briseˊes)E(formeˊes)\Delta H=\sum E(\text{brisées})-\sum E(\text{formées})

    Exemple : 26523450=7982652-3450=-798 kJ/mol pour la combustion du méthane

  • Si on donne une TABLE d'enthalpies de formation ΔH=ΔHf(produits)ΔHf(reˊactifs)\Delta H=\sum \Delta H_{f}(\text{produits})-\sum \Delta H_{f}(\text{réactifs}), coefficients compris

    Exemple : les corps simples y comptent pour zéro

Un problème de courbe de chauffage combine plusieurs branches : découpez-le en étapes, une par segment de la courbe, et additionnez les chaleurs à la fin.

Manipuler une équation dans la loi de Hess

Comparez chaque équation fournie à l'équation cible, espèce par espèce, et demandez-vous ce qu'il faut lui faire.

  • Si l'espèce est du bon côté, avec le bon coefficient garder l'équation telle quelle, ΔH\Delta H inchangé

    Exemple : rien à faire, c'est le cas le plus rare

  • Si l'espèce est du MAUVAIS côté de la flèche INVERSER l'équation et changer le SIGNE de ΔH\Delta H

    Exemple : 286-286 kJ devient +286+286 kJ

  • Si le coefficient n'est pas le bon MULTIPLIER l'équation par le facteur voulu, et multiplier ΔH\Delta H par le même facteur

    Exemple : doubler l'équation donne 2×(286)=5722\times(-286)=-572 kJ

    un facteur fractionnaire, comme un demi, est parfaitement licite ici

  • Si une espèce apparaît des deux côtés après addition elle se simplifie : c'est un intermédiaire, et c'est le signe que le montage est bon

    Exemple : si rien ne se simplifie, une des équations n'a pas été retournée

Traitez les espèces qui n'apparaissent QUE dans une seule équation en premier : elles ne laissent aucun choix, et elles fixent les manipulations des autres.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Une mesure calorimétrique

Quand l'utiliser : L'énoncé décrit un calorimètre, donne une masse d'eau et deux températures.

  1. 1 Relever ΔT=TfinaleTinitiale\Delta T=T_{finale}-T_{initiale} en respectant l'ordre, et dire si le milieu s'est réchauffé ou refroidi.
  2. 2 Calculer la chaleur reçue par l'eau : qeau=mcΔTq_{eau}=mc\Delta T, avec la masse de TOUTE la solution.
  3. 3 Écrire la phrase de transfert : « la chaleur reçue par l'eau vient de la réaction, donc qreˊaction=qeauq_{r\acute{e}action}=-q_{eau} ».
  4. 4 Calculer la quantité de matière du réactif étudié.
  5. 5 Diviser : ΔH=qreˊactionn\Delta H=\frac{q_{r\acute{e}action}}{n}, et convertir en kJ/mol.
  6. 6 Conclure en donnant la valeur AVEC son signe et en nommant le caractère exothermique ou endothermique.

Phrase de conclusion

« La dissolution est exothermique, avec ΔH=46,7\Delta H=-46{,}7 kJ/mol. »

Le piège : Sauter la phrase de transfert et écrire directement le signe moins. Sans elle, le correcteur ne peut pas distinguer un raisonnement d'une recopie de formule, et le point de signe est perdu.

Barème : 1 point pour ΔT\Delta T signé, 1 point pour la masse de solution, 1 point pour la phrase de transfert, 1 point pour la quantité de matière, 1 point pour la division, 1 point pour la conclusion nommée.

Une application de la loi de Hess

Quand l'utiliser : L'énoncé fournit deux ou plusieurs équations avec leur ΔH\Delta H et demande celui d'une équation cible.

  1. 1 Écrire l'équation CIBLE en haut de la copie et l'encadrer.
  2. 2 Pour chaque équation fournie, dire ce qu'on lui fait et pourquoi : « j'inverse la deuxième pour placer le dioxyde de carbone à gauche ».
  3. 3 Réécrire chaque équation manipulée avec son ΔH\Delta H corrigé, en montrant le calcul du signe et du facteur.
  4. 4 Additionner les équations, barrer les espèces qui se simplifient, et vérifier qu'on retombe exactement sur la cible.
  5. 5 Additionner les ΔH\Delta H corrigés.
  6. 6 Conclure avec le signe et l'unité.

Phrase de conclusion

« En inversant la deuxième équation et en doublant la première, la somme redonne l'équation cible, d'où ΔH=393\Delta H=-393 kJ/mol. »

Le piège : Additionner les enthalpies avant d'avoir vérifié que la somme des équations redonne la cible. La vérification par simplification est ce qui garantit tout le reste.

Barème : 1 point pour la cible posée, 2 points pour les manipulations justifiées, 1 point pour la vérification par simplification, 1 point pour la somme, 1 point pour la conclusion.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

La chaleur molaire de dissolution au calorimètre

On dissout 5,005{,}00 g d'hydroxyde de sodium, de masse molaire 40,040{,}0 g/mol, dans 200,0200{,}0 g d'eau placée dans un calorimètre.

La température de la solution passe de 21,021{,}0 °C à 27,827{,}8 °C, valeur maximale atteinte.

La chaleur massique de la solution vaut 4,194{,}19 J/(g·°C) et on néglige la capacité thermique du calorimètre. Calculez l'enthalpie molaire de dissolution en kJ/mol.

1234567891011121820222426283021,0 °C27,8 °C : maximumΔT = 6,8 °Ctemps (min)température (°C)
On lit ΔT\Delta T entre la température initiale STABLE et le MAXIMUM atteint, ici 27,821,0=6,827{,}8-21{,}0=6{,}8 °C ; la lente redescente qui suit est la perte vers l'extérieur, pas la réaction.

Étape 1

ΔT=27,821,0=6,8\Delta T=27{,}8-21{,}0=6{,}8 °C. La solution s'est RÉCHAUFFÉE.

Pourquoi

On écrit la variation dans l'ordre final moins initial, et on la commente tout de suite. Cette phrase de trois mots est ce qui fixera le signe à la fin, et elle vaut un point à elle seule.

Étape 2

Masse de solution : m=200,0+5,00=205,0m=200{,}0+5{,}00=205{,}0 g.

Pourquoi

C'est la solution entière qui se réchauffe, pas seulement l'eau ni seulement le soluté. Certains énoncés autorisent à négliger le soluté, mais il faut alors qu'ils le disent.

Étape 3

qeau=mcΔT=205,0×4,19×6,8=5841q_{eau}=mc\Delta T=205{,}0\times 4{,}19\times 6{,}8=5841 J.

Pourquoi

La température change sans changement d'état : c'est de la chaleur sensible, donc q=mcΔTq=mc\Delta T. Le résultat est positif, ce qui confirme que la solution a bien REÇU cette énergie.

Étape 4

La chaleur reçue par la solution vient de la réaction, donc qreˊaction=qeau=5841q_{r\acute{e}action}=-q_{eau}=-5841 J.

Pourquoi

C'est la phrase de transfert, et c'est l'étape la plus sautée du chapitre. Sans elle, le signe moins qui apparaît ensuite ressemble à un hasard, et le correcteur ne le crédite pas.

Étape 5

n=mM=5,0040,0=0,125n=\frac{m}{M}=\frac{5{,}00}{40{,}0}=0{,}125 mol.

Pourquoi

On revient au réactif étudié, pas à l'eau. La quantité de matière est ce qui va transformer une chaleur mesurée en une grandeur caractéristique de la réaction.

Étape 6

ΔH=qreˊactionn=58410,125=46727\Delta H=\frac{q_{r\acute{e}action}}{n}=\frac{-5841}{0{,}125}=-46\,727 J/mol.

Pourquoi

La division par nn est ce qui fait passer d'une mesure de laboratoire à une propriété de la réaction. Sans elle, la réponse dépendrait de la quantité pesée ce jour-là.

Étape 7

Conversion : 46727-46\,727 J/mol =46,7=-46{,}7 kJ/mol.

Pourquoi

On divise par 10001000, jamais l'inverse. L'ordre de grandeur obtenu, quelques dizaines de kJ/mol, est celui d'une dissolution : c'est un contrôle gratuit.

Étape 8

Contrôle final : la solution a chauffé, donc la réaction est exothermique, donc ΔH\Delta H doit être NÉGATIF. Il l'est.

Pourquoi

Ce contrôle prend deux secondes et rattrape l'erreur la plus fréquente du chapitre. Il se fait à la fin, quand le signe est écrit, pas au moment où on le pose.

Conclusion rédigée

« La dissolution de l'hydroxyde de sodium est exothermique, avec une enthalpie molaire de ΔH=46,7\Delta H=-46{,}7 kJ/mol. »

L'erreur classique sur cet exercice : L'erreur classique sur ce problème est d'annoncer +46,7+46{,}7 kJ/mol en raisonnant que « l'eau a gagné de l'énergie ». C'est vrai, mais le ΔH\Delta H décrit le SYSTÈME chimique, qui en a perdu autant. La phrase de transfert est là pour éviter exactement cette confusion.

À savoir par cœur

  • EXOTHERMIQUE : le milieu chauffe et ΔH<0\Delta H<0. ENDOTHERMIQUE : le milieu refroidit et ΔH>0\Delta H>0.
  • ΔH=Ep(produits)Ep(reˊactifs)\Delta H=E_{p}(\text{produits})-E_{p}(\text{réactifs}), et EaE_{a} se mesure DEPUIS les réactifs jusqu'au sommet.
  • Ea(inverse)=Ea(directe)ΔHE_{a}(\text{inverse})=E_{a}(\text{directe})-\Delta H, et les deux sont toujours positives.
  • Température qui change : q=mcΔTq=mc\Delta T. Température qui ne change pas : q=mLq=mL.
  • ceau=4,19c_{eau}=4{,}19 J/(g·°C) ; Lfusion=334L_{fusion}=334 J/g ; Lvaporisation=2260L_{vaporisation}=2260 J/g.
  • Calorimétrie : qreˊaction=qeauq_{r\acute{e}action}=-q_{eau}, puis ΔH=qn\Delta H=\frac{q}{n} en kJ/mol. La division par nn n'est jamais facultative.
  • Hess : inverser une équation change le SIGNE, la multiplier multiplie le ΔH\Delta H par le même facteur.
  • Liaisons : ΔH=E(briseˊes)E(formeˊes)\Delta H=\sum E(\text{brisées})-\sum E(\text{formées}). Un catalyseur ne change JAMAIS le ΔH\Delta H.

Questions fréquentes

Pourquoi le delta H est-il négatif quand la solution se réchauffe ?

Parce que le delta H décrit le système chimique, pas le thermomètre. Si la solution se réchauffe, c'est que la réaction lui a donné de l'énergie, donc le système chimique en a perdu. Une perte s'écrit avec un signe négatif. Le repère à retenir est simple : un flacon chaud au toucher contient une réaction exothermique, donc un delta H négatif.

Comment lire l'énergie d'activation sur un diagramme énergétique ?

On la mesure toujours en partant du niveau des réactifs et en montant jusqu'au sommet de la courbe, celui du complexe activé. Ce n'est jamais la valeur brute lue sur l'axe vertical, car cet axe n'a pas de zéro absolu : seules les différences ont un sens physique. L'énergie d'activation est positive dans tous les cas, exothermique comme endothermique.

Quand utiliser la chaleur latente plutôt que la chaleur massique ?

Regardez ce que fait la température. Si elle change, utilisez la chaleur massique avec la formule masse fois chaleur massique fois variation de température. Si elle reste constante, c'est qu'un changement d'état est en cours, et il faut alors la chaleur latente, c'est-à-dire la masse multipliée par la chaleur latente de fusion ou de vaporisation.

Pourquoi faut-il diviser par le nombre de moles pour trouver le delta H ?

Parce que la chaleur mesurée au calorimètre dépend de la quantité de réactif utilisée ce jour-là, alors que l'enthalpie de réaction est une caractéristique de la réaction elle-même. La division par le nombre de moles transforme une mesure particulière en une grandeur universelle, exprimée en kilojoules par mole.

Que faut-il faire au delta H quand on inverse une équation dans la loi de Hess ?

Il faut changer son signe. Si une réaction libère deux cent quatre-vingt-six kilojoules, la réaction inverse en coûte exactement autant. Sinon, un simple aller-retour permettrait de fabriquer de l'énergie à partir de rien. De même, multiplier une équation par un facteur multiplie son enthalpie par ce même facteur.

Est-ce qu'un catalyseur change l'énergie libérée par une réaction ?

Non, jamais. Un catalyseur abaisse l'énergie d'activation, donc il permet à la réaction d'aller plus vite, mais il ne déplace ni le niveau des réactifs ni celui des produits. Le delta H, qui n'est que la différence entre ces deux niveaux, reste rigoureusement identique. Le catalyseur change le chemin, pas le bilan.

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Exercices corrigés : L'aspect énergétique des transformations

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 10 exercices corrigés
  • 100 points
  • 150 minutes
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