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Chimie, secondaire 5 à Montréal • Aspect énergétique

Exercices corrigés : problèmes de thermochimie (chimie 5)

Voici une série d'exercices corrigés de chimie de secondaire 5 sur les problèmes de thermochimie, calibrés sur le niveau réel des évaluations à Montréal. La théorie du chapitre tient en quelques formules ; la difficulté réelle est ailleurs, dans les situations à plusieurs étapes où il faut décider quelle chaleur va où, et ne pas oublier que le calorimètre lui-même en absorbe.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

Rappel de cours

  • Chaleur sensible : q=mcΔTq=mc\Delta T, la température CHANGE. Chaleur latente : q=mLq=mL, la température NE CHANGE PAS pendant le changement d'état.
  • Chaleurs massiques, en J/(g·°C) : glace 2,092{,}09 ; eau liquide 4,194{,}19 ; vapeur 2,032{,}03. Chaleurs latentes de l'eau, en J/g : fusion 334334 ; vaporisation 22602260.
  • Dans un calorimètre isolé, la somme des chaleurs échangées est nulle : ce que l'un perd, les autres le gagnent. Le calorimètre lui-même compte s'il a une capacité thermique non négligeable.
  • Capacité thermique d'un calorimètre : CC, en J/°C, sans masse au dénominateur. La chaleur qu'il absorbe vaut q=CΔTq=C\Delta T.
  • Une enthalpie de réaction s'exprime PAR MOLE. Après avoir calculé la chaleur dégagée en joules, on divise toujours par la quantité de matière qui a réagi.
  • Énergie d'activation inverse : sur un diagramme énergétique, Ea(inverse)=Ea(directe)ΔHE_{a}(\text{inverse})=E_{a}(\text{directe})-\Delta H.

Partie A : Calorimétrie et changements d'état (/50)

Exercice 1 : La constante du calorimètre

Un calorimètre contient 100,0100{,}0 g d'eau à 22,022{,}0 °C. On y verse 50,050{,}0 g d'eau à 80,080{,}0 °C. La température d'équilibre mesurée est de 40,540{,}5 °C.

Donnée : chaleur massique de l'eau 4,194{,}19 J/(g·°C).

thermomètreagitateureauparois isolantes100,0 g d'eau à 22,0 °C + 50,0 g à 80,0 °C
  • a) Quelle température d'équilibre obtiendrait-on si le calorimètre n'absorbait aucune chaleur ?
  • b) Calculez la chaleur gagnée par l'eau froide, puis celle perdue par l'eau chaude.
  • c) Déduisez-en la capacité thermique du calorimètre.
  • d) Expliquez pourquoi négliger cette capacité fausse systématiquement les mesures dans le MÊME sens.
Voir la correction

a) Sans perte, toute la chaleur cédée par l'eau chaude irait à l'eau froide. Comme les deux masses sont de la même substance, la température finale est la moyenne PONDÉRÉE par les masses : T=100,0×22,0+50,0×80,0150,0=2200+4000150,0=41,3T=\dfrac{100{,}0\times 22{,}0+50{,}0\times 80{,}0}{150{,}0}=\dfrac{2200+4000}{150{,}0}=41{,}3 °C. La mesure réelle, 40,540{,}5 °C, est plus basse : de la chaleur est allée ailleurs.

b) Chaleur gagnée par l'eau froide : q=mcΔT=100,0×4,19×(40,522,0)=100,0×4,19×18,5=7752q=mc\Delta T=100{,}0\times 4{,}19\times(40{,}5-22{,}0)=100{,}0\times 4{,}19\times 18{,}5=7752 J. Chaleur perdue par l'eau chaude : q=50,0×4,19×(40,580,0)=50,0×4,19×(39,5)=8275q=50{,}0\times 4{,}19\times(40{,}5-80{,}0)=50{,}0\times 4{,}19\times(-39{,}5)=-8275 J, soit 82758275 J cédés.

c) L'eau chaude a cédé 82758275 J, l'eau froide n'en a reçu que 77527752 J. La différence, 82757752=5238275-7752=523 J, a été absorbée par le calorimètre lui-même, qui s'est réchauffé de 22,022{,}0 à 40,540{,}5 °C, soit 18,518{,}5 °C. Sa capacité thermique vaut donc C=52318,5=28,3C=\dfrac{523}{18{,}5}=28{,}3 J/°C. Noter l'unité : des joules par degré, SANS masse au dénominateur, puisqu'on caractérise un objet précis et non une substance.

d) Parce que le calorimètre absorbe TOUJOURS de la chaleur, jamais l'inverse. Si l'on néglige sa capacité, on attribue à l'eau froide toute la chaleur cédée par l'eau chaude, donc on surestime ce que l'eau a reçu, ou l'on sous-estime la température atteinte. Dans une mesure d'enthalpie de réaction, cela conduit systématiquement à SOUS-ESTIMER la chaleur dégagée, donc à trouver un ΔH\Delta H moins négatif que la réalité. L'erreur est donc biaisée, pas aléatoire : elle ne se compense pas en répétant l'expérience, et c'est exactement pourquoi on étalonne le calorimètre avant de s'en servir.

Exercice 2 : La chaleur de neutralisation

On mélange 50,050{,}0 mL d'acide chlorhydrique à 1,001{,}00 mol/L et 50,050{,}0 mL d'hydroxyde de sodium à 1,001{,}00 mol/L, tous deux à 21,021{,}0 °C. La température monte à 27,727{,}7 °C.

On suppose que la solution a la masse volumique et la chaleur massique de l'eau, et que le calorimètre absorbe une chaleur négligeable.

  • a) Écrivez l'équation de la réaction et calculez la quantité de matière d'eau formée.
  • b) Calculez la chaleur dégagée par la réaction.
  • c) Déduisez-en l'enthalpie molaire de neutralisation.
  • d) La valeur tabulée est 57,3-57{,}3 kJ/mol. Commentez l'écart et donnez deux causes plausibles.
Voir la correction

a) HCl+NaOHNaCl+H2OHCl+NaOH\rightarrow NaCl+H_{2}O, ou en forme ionique nette H++OHH2OH^{+}+OH^{-}\rightarrow H_{2}O. Les deux réactifs sont en quantités égales, n=1,00×0,0500=5,00×102n=1{,}00\times 0{,}0500=5{,}00\times 10^{-2} mol chacun : aucun n'est limitant, ils se neutralisent exactement. Il se forme donc 5,00×1025{,}00\times 10^{-2} mol d'eau.

b) La masse totale de solution vaut 50,0+50,0=100,050{,}0+50{,}0=100{,}0 mL, soit 100,0100{,}0 g avec l'hypothèse de l'énoncé. L'élévation de température est ΔT=27,721,0=6,7\Delta T=27{,}7-21{,}0=6{,}7 °C. Donc q=mcΔT=100,0×4,19×6,7=2807q=mc\Delta T=100{,}0\times 4{,}19\times 6{,}7=2807 J. C'est la chaleur ABSORBÉE par la solution, donc la chaleur DÉGAGÉE par la réaction.

c) L'enthalpie s'exprime par mole. Comme la réaction dégage de la chaleur, elle est exothermique et ΔH\Delta H est négatif : ΔH=28075,00×102=56140\Delta H=\dfrac{-2807}{5{,}00\times 10^{-2}}=-56\,140 J/mol, soit 56,1-56{,}1 kJ/mol. L'étape à ne pas rater est cette division : oublier de ramener à la mole donne une valeur en joules qui n'a rien d'une enthalpie molaire.

d) L'écart avec 57,3-57{,}3 kJ/mol vaut 1,21{,}2 kJ/mol, soit environ 22 %, ce qui est excellent pour une manipulation scolaire. Deux causes plausibles, et toutes deux tirent dans le même sens. D'abord le calorimètre, supposé parfait, absorbe en réalité un peu de chaleur, ce qui fait sous-estimer qq ; l'exercice 1 a montré qu'une capacité de quelques dizaines de joules par degré suffit à expliquer un tel écart. Ensuite la solution n'est pas de l'eau pure : sa chaleur massique réelle est légèrement inférieure à 4,194{,}19, et sa masse volumique légèrement supérieure à 1,001{,}00 g/mL. On pourrait ajouter les pertes vers l'air pendant le mélange. Aucune de ces causes n'est une erreur de l'élève : ce sont les limites du montage, et les nommer fait partie de la réponse attendue.

Exercice 3 : La courbe de chauffage, de la glace à la vapeur

On chauffe 50,050{,}0 g de glace initialement à 20,0-20{,}0 °C jusqu'à obtenir de la vapeur à 120,0120{,}0 °C, sous pression normale.

Données, en J/(g·°C) : glace 2,092{,}09 ; eau liquide 4,194{,}19 ; vapeur 2,032{,}03. Chaleurs latentes, en J/g : fusion 334334 ; vaporisation 22602260.

20406080100120140160-40-2020406080100120140fusionvaporisationq (kJ)T (°C)
  • a) Identifiez les cinq étapes du chauffage et dites, pour chacune, s'il s'agit de chaleur sensible ou latente.
  • b) Calculez l'énergie de chaque étape.
  • c) Calculez l'énergie totale et exprimez-la en kilojoules.
  • d) Quelle étape domine, et de combien ? Reliez votre réponse aux paliers de la figure.
Voir la correction

a) Étape 1, réchauffer la glace de 20-20 à 00 °C : chaleur SENSIBLE, la température monte. Étape 2, fondre la glace à 00 °C : chaleur LATENTE, la température reste fixe. Étape 3, réchauffer l'eau de 00 à 100100 °C : sensible. Étape 4, vaporiser l'eau à 100100 °C : latente. Étape 5, réchauffer la vapeur de 100100 à 120120 °C : sensible. Sur la figure, les deux paliers horizontaux correspondent exactement aux deux étapes latentes.

b) Étape 1 : q=50,0×2,09×20,0=2090q=50{,}0\times 2{,}09\times 20{,}0=2090 J. Étape 2 : q=mLf=50,0×334=16700q=mL_{f}=50{,}0\times 334=16\,700 J. Étape 3 : q=50,0×4,19×100,0=20950q=50{,}0\times 4{,}19\times 100{,}0=20\,950 J. Étape 4 : q=mLv=50,0×2260=113000q=mL_{v}=50{,}0\times 2260=113\,000 J. Étape 5 : q=50,0×2,03×20,0=2030q=50{,}0\times 2{,}03\times 20{,}0=2030 J. Attention à ne pas utiliser ΔT\Delta T dans les étapes latentes : il vaut zéro, et la formule mcΔTmc\Delta T donnerait 00, ce qui est absurde puisqu'il faut au contraire beaucoup d'énergie.

c) Total : 2090+16700+20950+113000+2030=1547702090+16\,700+20\,950+113\,000+2030=154\,770 J, soit environ 154,8154{,}8 kJ.

d) La VAPORISATION domine très largement : 113000113\,000 J sur 154770154\,770, soit 7373 % de l'énergie totale. À elle seule elle coûte plus de cinq fois plus que le chauffage de l'eau de 00 à 100100 °C. La figure le rend visible : le palier de vaporisation est de loin le plus long, et le palier de fusion, pourtant lui aussi latent, paraît court à côté. La raison physique est qu'il faut vaincre complètement les forces intermoléculaires pour séparer les molécules, alors que la fusion se contente de leur rendre la mobilité. C'est aussi pourquoi une brûlure à la vapeur est bien plus grave qu'une brûlure à l'eau bouillante : la vapeur restitue ces 22602260 J/g en se condensant sur la peau.

Exercice 4 : Comparer deux carburants

On compare l'éthanol et l'essence, assimilée à de l'octane pur.

Données : éthanol C2H5OHC_{2}H_{5}OH, M=46,07M=46{,}07 g/mol, ΔHcomb=1367\Delta H_{comb}=-1367 kJ/mol, masse volumique 0,7890{,}789 g/mL. Octane C8H18C_{8}H_{18}, M=114,23M=114{,}23 g/mol, ΔHcomb=5470\Delta H_{comb}=-5470 kJ/mol, masse volumique 0,7030{,}703 g/mL.

29,747,923,433,7éthanolessenceéthanolessencekJ par grammeMJ par litre
  • a) Calculez le contenu énergétique de chaque carburant PAR GRAMME.
  • b) Calculez-le PAR LITRE.
  • c) Quel volume d'éthanol faut-il pour libérer autant d'énergie qu'un litre d'essence ?
  • d) Un conducteur qui passe à l'éthanol constate que sa consommation aux 100 km augmente d'environ 40 %. Est-ce cohérent ? Que faudrait-il comparer en plus pour juger de l'intérêt de l'éthanol ?
Voir la correction

a) On divise l'enthalpie molaire par la masse molaire. Éthanol : 136746,07=29,7\dfrac{1367}{46{,}07}=29{,}7 kJ/g. Octane : 5470114,23=47,9\dfrac{5470}{114{,}23}=47{,}9 kJ/g. L'essence est donc environ 1,61{,}6 fois plus énergétique par gramme. La raison chimique est visible dans les formules : l'éthanol porte déjà un atome d'oxygène, il est donc partiellement oxydé au départ, et il reste moins d'énergie à libérer en le brûlant.

b) On multiplie l'énergie par gramme par la masse volumique, en grammes par litre. Éthanol : 29,7×789=2340029{,}7\times 789=23\,400 kJ/L, soit 23,423{,}4 MJ/L. Octane : 47,9×703=3370047{,}9\times 703=33\,700 kJ/L, soit 33,733{,}7 MJ/L. L'écart se resserre un peu par rapport au a), parce que l'éthanol est plus dense, mais il reste large.

c) On cherche le volume VV tel que 23,4V=33,723{,}4\,V=33{,}7, donc V=33,723,4=1,44V=\dfrac{33{,}7}{23{,}4}=1{,}44 L. Il faut environ 1,441{,}44 litre d'éthanol pour remplacer un litre d'essence, soit 4444 % de plus.

d) Oui, parfaitement cohérent : une hausse de consommation d'environ 4040 % correspond très bien aux 4444 % calculés, l'écart s'expliquant par le fait que les moteurs modernes tirent un rendement légèrement meilleur de l'éthanol grâce à son indice d'octane élevé. Pour juger de l'intérêt de l'éthanol, l'énergie par litre ne suffit cependant pas. Il faudrait comparer le dioxyde de carbone émis PAR UNITÉ D'ÉNERGIE et non par litre, tenir compte du carbone absorbé par les plantes pendant la croissance de la biomasse, et surtout compter l'énergie dépensée pour produire le carburant lui-même, culture, transport et distillation comprises. C'est ce bilan complet, et non la seule enthalpie de combustion, qui détermine si un biocarburant est réellement avantageux.

Exercice 5 : La poche de froid instantanée

Une poche de froid de premiers soins contient 25,025{,}0 g de nitrate d'ammonium solide et une ampoule de 125125 mL d'eau. En pressant la poche, on brise l'ampoule et le sel se dissout.

Données : M(NH4NO3)=80,04M(NH_{4}NO_{3})=80{,}04 g/mol ; enthalpie de dissolution ΔHdis=+25,7\Delta H_{dis}=+25{,}7 kJ/mol ; la solution a la chaleur massique de l'eau, 4,194{,}19 J/(g·°C) ; température initiale 22,022{,}0 °C.

  • a) Le signe de ΔHdis\Delta H_{dis} est positif. Qu'est-ce que cela signifie, et pourquoi la poche refroidit-elle ?
  • b) Calculez la quantité de matière dissoute, puis la chaleur absorbée.
  • c) Calculez la température atteinte par la poche.
  • d) Pour obtenir 00 °C, faudrait-il plus ou moins de sel ? Calculez la masse nécessaire.
Voir la correction

a) Un ΔH\Delta H positif signifie que la dissolution est ENDOTHERMIQUE : le système absorbe de l'énergie. Cette énergie est prélevée sur le milieu immédiat, c'est-à-dire sur l'eau de la poche elle-même, qui se refroidit d'autant. Il n'y a donc aucune contradiction à ce qu'une poche refroidisse « toute seule » : elle ne crée pas de froid, elle prend de la chaleur à son propre contenu. Au niveau moléculaire, briser le réseau cristallin coûte plus d'énergie que l'hydratation des ions n'en libère.

b) n=25,080,04=0,312n=\dfrac{25{,}0}{80{,}04}=0{,}312 mol. La chaleur absorbée vaut q=n×ΔHdis=0,312×25700=8027q=n\times\Delta H_{dis}=0{,}312\times 25\,700=8027 J, soit environ 8,038{,}03 kJ prélevés sur la solution.

c) La masse de solution est celle de l'eau plus celle du sel dissous : 125+25,0=150125+25{,}0=150 g. La variation de température vaut ΔT=qmc=8027150×4,19=8027628,5=12,8\Delta T=\dfrac{-q}{mc}=\dfrac{-8027}{150\times 4{,}19}=\dfrac{-8027}{628{,}5}=-12{,}8 °C. La poche descend donc de 22,022{,}0 à 22,012,8=9,222{,}0-12{,}8=9{,}2 °C. C'est cohérent avec l'usage : une poche de premiers soins doit être froide sans geler les tissus.

d) Il en faudrait PLUS, puisqu'il faut retirer davantage de chaleur pour descendre jusqu'à 00 °C, soit ΔT=22,0\Delta T=-22{,}0 °C. En négligeant l'effet de la masse ajoutée sur la masse totale, la chaleur requise vaut q=125×4,19×22,011522q=125\times 4{,}19\times 22{,}0\approx 11\,522 J pour l'eau seule, ce qui exige n=1152225700=0,448n=\dfrac{11\,522}{25\,700}=0{,}448 mol, soit m=0,448×80,0435,9m=0{,}448\times 80{,}04\approx 35{,}9 g. En tenant compte du fait que le sel ajouté augmente lui aussi la masse à refroidir, il en faudrait un peu plus encore, environ 3939 g. Remarque pratique : on ne peut pas augmenter indéfiniment la masse, car le nitrate d'ammonium a une solubilité limitée, et le sel non dissous n'absorbe aucune chaleur.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Loi de Hess à quatre équations

On veut déterminer l'enthalpie de la réaction C2H4(g)+H2(g)C2H6(g)C_{2}H_{4}(g)+H_{2}(g)\rightarrow C_{2}H_{6}(g), l'hydrogénation de l'éthylène.

On dispose de : (1) C2H4(g)+3O2(g)2CO2(g)+2H2O(l)C_{2}H_{4}(g)+3O_{2}(g)\rightarrow 2CO_{2}(g)+2H_{2}O(l), ΔH=1411\Delta H=-1411 kJ ; (2) C2H6(g)+72O2(g)2CO2(g)+3H2O(l)C_{2}H_{6}(g)+\frac{7}{2}O_{2}(g)\rightarrow 2CO_{2}(g)+3H_{2}O(l), ΔH=1560\Delta H=-1560 kJ ; (3) H2(g)+12O2(g)H2O(l)H_{2}(g)+\frac{1}{2}O_{2}(g)\rightarrow H_{2}O(l), ΔH=286\Delta H=-286 kJ.

  • a) Quelles opérations faut-il appliquer à chacune des trois équations ?
  • b) Vérifiez que la somme redonne bien l'équation cherchée, en montrant ce qui se simplifie.
  • c) Calculez l'enthalpie d'hydrogénation.
  • d) La réaction est-elle exothermique ? Interprétez le résultat en termes de stabilité.
Voir la correction

a) On veut C2H4C_{2}H_{4} et H2H_{2} à GAUCHE, et C2H6C_{2}H_{6} à DROITE. L'équation (1) a déjà C2H4C_{2}H_{4} à gauche : on la garde telle quelle. L'équation (3) a déjà H2H_{2} à gauche : on la garde aussi. L'équation (2) a C2H6C_{2}H_{6} à gauche alors qu'on le veut à droite : on l'INVERSE, ce qui change le signe de son enthalpie.

b) En additionnant (1) + (3) + l'inverse de (2), le membre de gauche contient C2H4+3O2+H2+12O2+2CO2+3H2OC_{2}H_{4}+3O_{2}+H_{2}+\frac{1}{2}O_{2}+2CO_{2}+3H_{2}O, et le membre de droite 2CO2+2H2O+H2O+C2H6+72O22CO_{2}+2H_{2}O+H_{2}O+C_{2}H_{6}+\frac{7}{2}O_{2}. Les 2CO22CO_{2} se simplifient de part et d'autre. L'eau : 3H2O3H_{2}O à gauche contre 2H2O+H2O=3H2O2H_{2}O+H_{2}O=3H_{2}O à droite, tout se simplifie. Le dioxygène : 3+12=723+\frac{1}{2}=\frac{7}{2} à gauche contre 72\frac{7}{2} à droite, tout se simplifie également. Il ne reste que C2H4+H2C2H6C_{2}H_{4}+H_{2}\rightarrow C_{2}H_{6} ✓.

c) ΔH=ΔH1+ΔH3ΔH2=(1411)+(286)(1560)=1411286+1560=137\Delta H=\Delta H_{1}+\Delta H_{3}-\Delta H_{2}=(-1411)+(-286)-(-1560)=-1411-286+1560=-137 kJ. L'enthalpie d'hydrogénation de l'éthylène vaut donc 137-137 kJ/mol, ce qui est très proche de la valeur tabulée de 137-137 kJ/mol.

d) Oui, la réaction est EXOTHERMIQUE, puisque ΔH<0\Delta H<0. Interprétation : l'éthane est plus stable que l'ensemble éthylène plus dihydrogène, et la différence de 137137 kJ/mol est libérée sous forme de chaleur. Chimiquement, on transforme une liaison double carbone-carbone, riche en énergie et réactive, en une liaison simple accompagnée de deux nouvelles liaisons carbone-hydrogène : le bilan est favorable. C'est exactement le principe de l'hydrogénation industrielle des huiles végétales, qui transforme des chaînes insaturées en chaînes saturées, plus stables et solides à température ambiante.

Exercice 7 : Le rendement d'un chauffe-eau

Un chauffe-eau au gaz naturel doit porter 150150 L d'eau de 10,010{,}0 °C à 60,060{,}0 °C. Le méthane brûle selon CH4(g)+2O2(g)CO2(g)+2H2O(g)CH_{4}(g)+2O_{2}(g)\rightarrow CO_{2}(g)+2H_{2}O(g), avec ΔH=890\Delta H=-890 kJ/mol.

Données : masse volumique de l'eau 1,001{,}00 kg/L ; chaleur massique 4,194{,}19 J/(g·°C) ; volume molaire 22,422{,}4 L/mol aux TPN.

  • a) Calculez l'énergie nécessaire pour chauffer l'eau.
  • b) Quel volume de méthane, mesuré aux TPN, faudrait-il avec un rendement parfait ?
  • c) Le rendement réel de l'appareil est de 8585 %. Quel volume faut-il réellement ?
  • d) Où passe l'énergie perdue ? Citez deux mécanismes et dites lequel domine dans un appareil à gaz.
Voir la correction

a) La masse d'eau vaut 150150 L ×1,00\times 1{,}00 kg/L =150=150 kg, soit 150000150\,000 g. L'élévation est de 50,050{,}0 °C. Donc q=mcΔT=150000×4,19×50,0=31425000q=mc\Delta T=150\,000\times 4{,}19\times 50{,}0=31\,425\,000 J, soit 3142531\,425 kJ ou environ 31,431{,}4 MJ.

b) Avec un rendement parfait, toute l'énergie de combustion sert au chauffage : n=31425890=35,3n=\dfrac{31\,425}{890}=35{,}3 mol de méthane. Aux TPN, cela représente V=35,3×22,4=791V=35{,}3\times 22{,}4=791 L de gaz.

c) À 8585 % de rendement, seule cette fraction de l'énergie atteint l'eau. Il faut donc brûler davantage : n=314250,85×890=41,5n=\dfrac{31\,425}{0{,}85\times 890}=41{,}5 mol, soit V=41,5×22,4=931V=41{,}5\times 22{,}4=931 L. L'écart avec le b) est de 140140 L, exactement les 1515 % gaspillés. Piège fréquent : diviser le RÉSULTAT par 0,850{,}85 au lieu de diviser l'énergie disponible, ce qui donne heureusement le même chiffre ici, mais seulement parce que la relation est proportionnelle ; dans un problème à plusieurs étapes, la place du rendement dans le calcul compte.

d) Deux mécanismes principaux. D'abord les GAZ D'ÉCHAPPEMENT : les produits de combustion, dioxyde de carbone et vapeur d'eau, quittent l'appareil encore brûlants et emportent leur chaleur avec eux. Ensuite les PERTES PAR LES PAROIS du réservoir vers l'air ambiant, par conduction et convection. C'est le premier qui domine très largement dans un appareil à gaz, et c'est pourquoi les chauffe-eau dits à condensation atteignent des rendements supérieurs à 9595 % : ils refroidissent les fumées jusqu'à condenser la vapeur d'eau, récupérant ainsi une partie des 22602260 J/g de chaleur latente calculés à l'exercice 3. Le lien entre les deux exercices n'est pas fortuit : c'est la même énergie.

Exercice 8 : Le diagramme énergétique et l'énergie d'activation inverse

Une réaction a une énergie d'activation directe de 120120 kJ/mol et une enthalpie de 45-45 kJ/mol.

La figure représente son diagramme énergétique. Toutes les questions se répondent en lisant le diagramme, sans autre donnée.

246810-80-404080120160réactifsproduitsprogression de la réaction
  • a) Repérez sur le diagramme le niveau des réactifs, celui des produits et le sommet. Que représente le sommet ?
  • b) Calculez l'énergie d'activation de la réaction INVERSE.
  • c) La réaction inverse est-elle endothermique ou exothermique ? Quelle est son enthalpie ?
  • d) Un catalyseur abaisse l'énergie d'activation directe à 7070 kJ/mol. Que devient celle de la réaction inverse ?
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a) Le niveau des réactifs est le palier de gauche, pris comme origine à 00 kJ/mol. Le niveau des produits est le palier de droite, à 45-45 kJ/mol, plus bas puisque la réaction est exothermique. Le sommet, à +120+120 kJ/mol au-dessus des réactifs, représente le COMPLEXE ACTIVÉ : un arrangement instable, à mi-chemin entre réactifs et produits, où les anciennes liaisons sont partiellement rompues et les nouvelles partiellement formées. Ce n'est pas une espèce isolable, seulement un passage obligé.

b) La réaction inverse part des produits, situés à 45-45, et doit atteindre le même sommet, situé à +120+120. Il lui faut donc gravir 120(45)=165120-(-45)=165 kJ/mol. La formule générale est Ea(inverse)=Ea(directe)ΔHE_{a}(\text{inverse})=E_{a}(\text{directe})-\Delta H, ici 120(45)=165120-(-45)=165 kJ/mol. Le signe moins devant ΔH\Delta H est ce qu'on oublie : avec une réaction exothermique, l'inverse est TOUJOURS plus difficile.

c) Elle est ENDOTHERMIQUE. Son enthalpie est l'opposée de celle de la réaction directe, soit +45+45 kJ/mol : partir des produits stables pour remonter vers les réactifs coûte exactement ce que la réaction directe avait libéré. C'est une conséquence de la conservation de l'énergie, pas une règle à mémoriser séparément.

d) Le catalyseur abaisse le sommet, mais il ne déplace NI le niveau des réactifs NI celui des produits : l'enthalpie reste 45-45 kJ/mol. Le nouveau sommet est à +70+70, donc la nouvelle énergie d'activation inverse vaut 70(45)=11570-(-45)=115 kJ/mol. Les deux barrières ont donc baissé du même montant, 5050 kJ/mol, ce qui est exactement la raison pour laquelle un catalyseur accélère les deux sens de la réaction dans le même rapport et ne déplace pas l'équilibre. La différence entre les deux barrières, elle, reste égale à ΔH\Delta H : 165120=45165-120=45 avant, 11570=45115-70=45 après ✓.

Exercice 9 : Problème : dimensionner un chauffage d'appoint

Une pièce mal isolée perd 3,53{,}5 kW en continu par grand froid. On envisage de la chauffer au propane, C3H8C_{3}H_{8}, dont la combustion libère 22202220 kJ/mol.

Données : M(C3H8)=44,10M(C_{3}H_{8})=44{,}10 g/mol ; une bonbonne de camping contient 465465 g de propane ; rendement de l'appareil 8080 %.

  • a) Quelle énergie faut-il fournir en une heure pour compenser exactement les pertes ?
  • b) Quelle masse de propane cela représente-t-il, en tenant compte du rendement ?
  • c) Combien de temps une bonbonne tiendrait-elle ?
  • d) L'occupant envisage plutôt un radiateur électrique de 3,53{,}5 kW, à rendement 100100 %. Comparez les deux solutions sur le plan énergétique, puis nommez le facteur décisif que ce calcul ne dit pas.
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a) Une puissance de 3,53{,}5 kW signifie 35003500 joules par seconde. En une heure, soit 36003600 s, l'énergie vaut E=3500×3600=12600000E=3500\times 3600=12\,600\,000 J, c'est-à-dire 1260012\,600 kJ ou 12,612{,}6 MJ.

b) Avec un rendement de 8080 %, il faut brûler assez de propane pour que 8080 % de l'énergie libérée atteigne la pièce : l'énergie à produire est 126000,80=15750\dfrac{12\,600}{0{,}80}=15\,750 kJ. La quantité de matière vaut n=157502220=7,09n=\dfrac{15\,750}{2220}=7{,}09 mol, soit une masse m=7,09×44,10=313m=7{,}09\times 44{,}10=313 g de propane par heure.

c) Une bonbonne de 465465 g durerait 465313=1,49\dfrac{465}{313}=1{,}49 heure, c'est-à-dire environ une heure et demie. C'est très peu, et ce chiffre est le vrai enseignement du problème : une bonbonne de camping n'est absolument pas dimensionnée pour chauffer une pièce, seulement pour cuisiner.

d) Sur le plan énergétique, le radiateur électrique est meilleur : à rendement 100100 %, il fournit exactement les 1260012\,600 kJ requis, contre 1575015\,750 kJ à produire pour l'appareil au propane, soit 2525 % de combustible en trop. Le facteur décisif que ce calcul ne dit pas est l'ORIGINE de l'énergie et son coût. Au Québec, l'électricité est très majoritairement hydraulique, donc peu émettrice et relativement bon marché, ce qui renforce nettement l'avantage du radiateur. Ailleurs, une électricité produite au charbon dans une centrale au rendement d'environ 3535 % inverserait complètement le bilan environnemental, malgré le rendement de 100100 % du radiateur lui-même. Un rendement d'appareil ne se juge donc jamais isolément : il faut remonter toute la chaîne énergétique.

Exercice 10 : Synthèse : suivre l'énergie d'un bout à l'autre

On brûle 1,001{,}00 mol de méthane pour chauffer 2,002{,}00 kg d'eau initialement à 15,015{,}0 °C, dans un montage dont le rendement est de 7575 %.

Données : ΔHcomb(CH4)=890\Delta H_{comb}(CH_{4})=-890 kJ/mol ; eau, chaleur massique 4,194{,}19 J/(g·°C), chaleur latente de vaporisation 22602260 J/g, ébullition à 100100 °C.

  • a) Quelle énergie la combustion libère-t-elle, et quelle fraction atteint réellement l'eau ?
  • b) Cette énergie suffit-elle à porter l'eau à ébullition ? Justifiez.
  • c) Toute l'eau restante est-elle vaporisée ? Si non, quelle masse l'est ?
  • d) Reprenez le calcul avec un rendement de 9595 %. La masse vaporisée augmente-t-elle proportionnellement ? Expliquez.
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a) La combustion libère 890890 kJ. Avec un rendement de 7575 %, l'eau reçoit 0,75×890=667,50{,}75\times 890=667{,}5 kJ, soit 667500667\,500 J. Les 222,5222{,}5 kJ manquants partent dans les fumées et les parois.

b) Porter 20002000 g d'eau de 15,015{,}0 à 100,0100{,}0 °C exige q=mcΔT=2000×4,19×85,0=712300q=mc\Delta T=2000\times 4{,}19\times 85{,}0=712\,300 J, soit 712,3712{,}3 kJ. Or l'eau n'a reçu que 667,5667{,}5 kJ : c'est INSUFFISANT. L'eau n'atteint donc pas l'ébullition, et la question c) devient sans objet dans sa forme naïve.

c) Non, rien n'est vaporisé, puisque l'eau n'atteint même pas 100100 °C. On peut calculer la température réellement atteinte : ΔT=6675002000×4,19=6675008380=79,7\Delta T=\dfrac{667\,500}{2000\times 4{,}19}=\dfrac{667\,500}{8380}=79{,}7 °C, donc l'eau monte de 15,015{,}0 à 94,794{,}7 °C. C'est le genre de question où la réponse attendue est de constater qu'une étape n'a pas lieu, et beaucoup d'élèves enchaînent mécaniquement sur la chaleur latente sans vérifier que l'ébullition est atteinte.

d) Avec 9595 % de rendement, l'eau reçoit 0,95×890=845,50{,}95\times 890=845{,}5 kJ. Le chauffage jusqu'à 100100 °C en consomme 712,3712{,}3 kJ, il en reste donc 845,5712,3=133,2845{,}5-712{,}3=133{,}2 kJ pour la vaporisation. La masse vaporisée vaut m=1332002260=58,9m=\dfrac{133\,200}{2260}=58{,}9 g, soit à peine 33 % des deux kilogrammes. La réponse à la question posée est NON, et c'est le point important : l'énergie utile n'a augmenté que de 2727 % en passant de 7575 à 9595 % de rendement, mais la masse vaporisée est passée de zéro à 5959 g, donc d'une augmentation infinie en pourcentage. La raison est qu'il existe un SEUIL : tant que l'eau n'a pas atteint 100100 °C, aucune vaporisation n'a lieu, et toute l'énergie supplémentaire va d'abord combler ce seuil. Les grandeurs à seuil ne varient jamais proportionnellement, et c'est exactement ce que la courbe de chauffage de l'exercice 3 rendait visible avec ses paliers.

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