Calcul intégral 201-SN3-RE (ancien 201-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Les astuces d'intégration que l'on n'apprend pas toujours (201-SN3-RE, ancien 201-NYB)

La série sur les techniques d'intégration couvre les quatre méthodes du plan de cours : substitution, parties, fractions partielles, substitutions trigonométriques. Celle-ci existe pour la question suivante, celle qui arrive en fin d'examen : que faire quand aucune des quatre ne marche ? Ses quinze exercices corrigés de calcul intégral 201-SN3-RE (ancien 201-NYB) couvrent l'astuce du roi, la substitution de Weierstrass t=tan⁡x2t=\tan\frac{x}{2}, la parité et la périodicité, la substitution hyperbolique, les formules de réduction et les intégrales de Wallis, l'intégration par parties avec le facteur 11 invisible et l'intégration par parties cyclique, les règles de Bioche et l'intégrale d'une fonction réciproque.

La réponse tient dans une idée que le cours n'énonce presque jamais : une intégrale définie peut se calculer grâce à une symétrie du DOMAINE, sans qu'on sache trouver de primitive. C'est le principe de l'astuce du roi (exercice 1), de la substitution x↦1xx\mapsto\frac{1}{x} (exercice 8), et du problème de synthèse (exercice 10), où ∫0πxsin⁡3x dx\int_{0}^{\pi}x\sin^{3}x\,dx tombe en une ligne.

À la fin de la série, vous savez rationaliser une fraction en sinus et cosinus par Weierstrass (exercice 2) ou, plus vite, par les règles de Bioche (exercice 11), remplacer une substitution trigonométrique par x=asinh⁡ux=a\sinh u (exercice 4), établir la récurrence In=n−1nIn−2I_{n}=\frac{n-1}{n}I_{n-2} des intégrales de Wallis (exercice 5), résoudre une intégration par parties où II revient des deux côtés (exercice 7), intégrer arcsin⁡\arcsin ou la réciproque de x3+xx^{3}+x par le rectangle complémentaire (exercice 12) et calculer ∫0π/2ln⁡(sin⁡x) dx\int_{0}^{\pi/2}\ln(\sin x)\,dx puis trois intégrales célèbres qui s'en déduisent (exercice 13). Deux problèmes de probabilité ferment la série : l'aiguille de Buffon et la mesure de π\pi (exercice 14), la distance moyenne entre deux points d'un cercle (exercice 15).

L'exercice 9 rassemble les pièges : une primitive appliquée à travers une asymptote, une substitution non monotone, x2\sqrt{x^{2}} pris pour xx, ln⁡x\ln x au lieu de ln⁡∣x∣\ln|x|. Le plus coûteux de tous, la substitution de Weierstrass appliquée sur un tour complet (exercice 2 d, repris par l'exercice 9), transforme une intégrale valant 2π3\frac{2\pi}{\sqrt{3}} en un zéro parfaitement convaincant.

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Ce chapitre fait partie de Calcul intégral 201-SN3-RE (ancien 201-NYB)
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Dérivées des fonctions trigonométriques, exponentielles et logarithmiques Calcul différentiel 201-SN2-RE (ancien 201-NYA)
  2. 2 Primitives et intégrale indéfinie
  3. 3 La décomposition des fractions rationnelles
  4. 4 Techniques d'intégration

Rappel de cours

  • • Astuce du roi : ∫abf(x) dx=∫abf(a+b−x) dx\int_{a}^{b}f(x)\,dx=\int_{a}^{b}f(a+b-x)\,dx. Elle ne calcule rien seule ; elle fournit une SECONDE équation en II.
  • • Weierstrass : avec t=tan⁡x2t=\tan\frac{x}{2}, on a sin⁡x=2t1+t2\sin x=\frac{2t}{1+t^{2}}, cos⁡x=1−t21+t2\cos x=\frac{1-t^{2}}{1+t^{2}} et dx=2 dt1+t2dx=\frac{2\,dt}{1+t^{2}}. Valable seulement sur un intervalle où tan⁡x2\tan\frac{x}{2} est continue, donc jamais à cheval sur x=πx=\pi.
  • • Hyperboliques : cosh⁡2u−sinh⁡2u=1\cosh^{2}u-\sinh^{2}u=1, (sinh⁡u)′=cosh⁡u\left(\sinh u\right)'=\cosh u, (cosh⁡u)′=sinh⁡u\left(\cosh u\right)'=\sinh u. Pour x2+a2\sqrt{x^{2}+a^{2}} poser x=asinh⁡ux=a\sinh u ; pour x2−a2\sqrt{x^{2}-a^{2}} poser x=acosh⁡ux=a\cosh u. Formes logarithmiques : argsinh⁡x=ln⁡(x+x2+1)\operatorname{argsinh}x=\ln\left(x+\sqrt{x^{2}+1}\right) et argcosh⁡x=ln⁡(x+x2−1)\operatorname{argcosh}x=\ln\left(x+\sqrt{x^{2}-1}\right).
  • • Wallis : In=∫0π/2sin⁡nx dxI_{n}=\int_{0}^{\pi/2}\sin^{n}x\,dx vérifie In=n−1nIn−2I_{n}=\frac{n-1}{n}I_{n-2}, avec I0=π2I_{0}=\frac{\pi}{2} et I1=1I_{1}=1. De plus InIn−1=π2nI_{n}I_{n-1}=\frac{\pi}{2n}.
  • • Symétrie du domaine : ∫0∞f(x) dx=∫0∞1x2f ⁣(1x)dx\int_{0}^{\infty}f(x)\,dx=\int_{0}^{\infty}\frac{1}{x^{2}}f\!\left(\frac{1}{x}\right)dx, et ∫1/aag(x)xdx=∫1/aag(1/x)xdx\int_{1/a}^{a}\frac{g(x)}{x}dx=\int_{1/a}^{a}\frac{g(1/x)}{x}dx.
  • • PIÈGE PERMANENT : une substitution doit être MONOTONE sur l'intervalle, et l'intégrande doit y être continu. Une réponse négative pour l'intégrale d'une fonction positive signale toujours l'un des deux.

Partie A : Replier les bornes, rationaliser, réduire (/50)

Exercice 1 : L'astuce du roi : replier l'intervalle sur lui-même

La substitution u=a+b−xu=a+b-x échange les deux bornes sans changer l'intervalle. Elle ne produit donc pas une primitive, mais une SECONDE expression de la même intégrale. Additionner les deux suffit souvent à tout faire tomber.

  • a) Démontrez que ∫abf(x) dx=∫abf(a+b−x) dx\int_{a}^{b}f(x)\,dx=\int_{a}^{b}f(a+b-x)\,dx.
  • b) Calculez I=∫0π/2sin⁡xsin⁡x+cos⁡x dxI=\int_{0}^{\pi/2}\dfrac{\sin x}{\sin x+\cos x}\,dx en posant J=∫0π/2cos⁡xsin⁡x+cos⁡x dxJ=\int_{0}^{\pi/2}\dfrac{\cos x}{\sin x+\cos x}\,dx.
  • c) Calculez ∫0π/2dx1+tan⁡2x\int_{0}^{\pi/2}\dfrac{dx}{1+\tan^{\sqrt{2}}x}. Commentez la disparition de l'exposant.
  • d) Calculez K=∫0πxsin⁡x1+cos⁡2x dxK=\int_{0}^{\pi}\dfrac{x\sin x}{1+\cos^{2}x}\,dx.
  • e) Généralisez : que vaut ∫0af(x)f(x)+f(a−x) dx\int_{0}^{a}\dfrac{f(x)}{f(x)+f(a-x)}\,dx pour toute ff continue et strictement positive sur [0,a][0,a] ?

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a)
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c)
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Réponses

  • a) u=a+b−xu=a+b-x : même intervalle, bornes échangées
  • b) I=JI=J et I+J=π2I+J=\frac{\pi}{2} : I=π4I=\frac{\pi}{4}
  • c) π4\frac{\pi}{4}, quel que soit l'exposant
  • d) K=π24≈2,467K=\frac{\pi^{2}}{4}\approx 2{,}467
  • e) a2\frac{a}{2} pour toute ff
a)

Posons u=a+b−xu=a+b-x, donc x=a+b−ux=a+b-u et dx=−dudx=-du. Quand x=ax=a, u=bu=b ; quand x=bx=b, u=au=a. Alors ∫abf(x) dx=∫baf(a+b−u)(−du)=∫abf(a+b−u) du\int_{a}^{b}f(x)\,dx=\int_{b}^{a}f(a+b-u)\left(-du\right)=\int_{a}^{b}f(a+b-u)\,du. Le nom de la variable étant muet, c'est bien la même intégrale. Géométriquement, on a retourné le graphe autour de la verticale x=a+b2x=\frac{a+b}{2}, ce qui ne change pas l'aire.

b)

Ici a+b=π2a+b=\frac{\pi}{2}, et sin⁡(π2−x)=cos⁡x\sin\left(\frac{\pi}{2}-x\right)=\cos x, cos⁡(π2−x)=sin⁡x\cos\left(\frac{\pi}{2}-x\right)=\sin x. L'astuce transforme donc II exactement en JJ : I=JI=J. Par ailleurs I+J=∫0π/2sin⁡x+cos⁡xsin⁡x+cos⁡x dx=∫0π/21 dx=π2I+J=\int_{0}^{\pi/2}\dfrac{\sin x+\cos x}{\sin x+\cos x}\,dx=\int_{0}^{\pi/2}1\,dx=\dfrac{\pi}{2}. De I=JI=J et I+J=π2I+J=\frac{\pi}{2} on tire I=π4I=\dfrac{\pi}{4}. Aucune primitive n'a été cherchée : c'est tout l'intérêt.

c)

11+tan⁡2x=cos⁡2xcos⁡2x+sin⁡2x\dfrac{1}{1+\tan^{\sqrt{2}}x}=\dfrac{\cos^{\sqrt{2}}x}{\cos^{\sqrt{2}}x+\sin^{\sqrt{2}}x}. En posant II pour cette intégrale, l'astuce du roi échange sin⁡\sin et cos⁡\cos et donne J=∫0π/2sin⁡2xcos⁡2x+sin⁡2xdxJ=\int_{0}^{\pi/2}\dfrac{\sin^{\sqrt{2}}x}{\cos^{\sqrt{2}}x+\sin^{\sqrt{2}}x}dx, avec I+J=π2I+J=\frac{\pi}{2} et I=JI=J par le même argument qu'en b. Donc I=π4I=\dfrac{\pi}{4}. L'exposant a disparu parce qu'il n'intervient jamais : seule compte la SYMÉTRIE sin⁡↔cos⁡\sin\leftrightarrow\cos de l'intervalle. La réponse serait la même avec l'exposant 17 ou π\pi, ce qui rend cette intégrale imbattable en examen à choix multiples.

d)

L'astuce avec x↦π−xx\mapsto\pi-x donne K=∫0π(π−x)sin⁡x1+cos⁡2x dxK=\int_{0}^{\pi}\dfrac{\left(\pi-x\right)\sin x}{1+\cos^{2}x}\,dx, puisque sin⁡(π−x)=sin⁡x\sin\left(\pi-x\right)=\sin x et cos⁡2(π−x)=cos⁡2x\cos^{2}\left(\pi-x\right)=\cos^{2}x. En additionnant les deux écritures : 2K=π∫0πsin⁡x1+cos⁡2x dx2K=\pi\int_{0}^{\pi}\dfrac{\sin x}{1+\cos^{2}x}\,dx. Cette dernière intégrale se fait par u=cos⁡xu=\cos x, du=−sin⁡x dxdu=-\sin x\,dx : elle vaut ∫−11du1+u2=[arctan⁡u]−11=π4+π4=π2\int_{-1}^{1}\dfrac{du}{1+u^{2}}=\left[\arctan u\right]_{-1}^{1}=\dfrac{\pi}{4}+\dfrac{\pi}{4}=\dfrac{\pi}{2}. Donc 2K=π⋅π22K=\pi\cdot\dfrac{\pi}{2} et K=π24≈2,467K=\dfrac{\pi^{2}}{4}\approx 2{,}467. Le facteur xx, qui rendait l'intégrale inabordable, a été éliminé par l'astuce.

e)

Notons II cette intégrale. L'astuce du roi avec x↦a−xx\mapsto a-x donne I=∫0af(a−x)f(a−x)+f(x) dxI=\int_{0}^{a}\dfrac{f(a-x)}{f(a-x)+f(x)}\,dx. En additionnant les deux écritures, les numérateurs se recombinent : 2I=∫0af(x)+f(a−x)f(x)+f(a−x) dx=∫0a1 dx=a2I=\int_{0}^{a}\dfrac{f(x)+f(a-x)}{f(x)+f(a-x)}\,dx=\int_{0}^{a}1\,dx=a, donc I=a2I=\dfrac{a}{2}, QUELLE QUE SOIT ff. Les questions b et c en sont deux cas particuliers avec a=π2a=\frac{\pi}{2}. Retenir la forme à reconnaître : un quotient dont le dénominateur est la somme du numérateur et de son reflet.

−11234561234milieu (a + b)/2f(x)f(a + b − x)

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Exercice 2 : La substitution de Weierstrass : rationaliser sinus et cosinus

Toute fraction rationnelle en sin⁡x\sin x et cos⁡x\cos x devient une fraction rationnelle en tt par t=tan⁡x2t=\tan\frac{x}{2}. C'est la seule technique du chapitre qui soit universelle. Elle est aussi, très souvent, la plus lourde, et elle cache un piège de continuité.

  • a) Démontrez les trois formules sin⁡x=2t1+t2\sin x=\dfrac{2t}{1+t^{2}}, cos⁡x=1−t21+t2\cos x=\dfrac{1-t^{2}}{1+t^{2}} et dx=2 dt1+t2dx=\dfrac{2\,dt}{1+t^{2}}.
  • b) Calculez ∫dx1+sin⁡x\displaystyle\int\dfrac{dx}{1+\sin x}, puis vérifiez le résultat en le dérivant.
  • c) Calculez ∫0π/2dx2+cos⁡x\displaystyle\int_{0}^{\pi/2}\dfrac{dx}{2+\cos x}.
  • d) Sur quel intervalle la substitution est-elle légitime ? Que se passe-t-il si on l'applique telle quelle à ∫02πdx2+cos⁡x\displaystyle\int_{0}^{2\pi}\dfrac{dx}{2+\cos x}, et quelle est la vraie valeur ?
  • e) Énoncez les trois raccourcis qui évitent Weierstrass, et dites quand chacun s'applique.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) sin⁡x=2t1+t2\sin x=\frac{2t}{1+t^{2}}, cos⁡x=1−t21+t2\cos x=\frac{1-t^{2}}{1+t^{2}}, dx=2 dt1+t2dx=\frac{2\,dt}{1+t^{2}}
  • b) −21+tan⁡x2+C-\frac{2}{1+\tan\frac{x}{2}}+C
  • c) π33≈0,6046\frac{\pi}{3\sqrt{3}}\approx 0{,}6046
  • d) Faux 00 ; vraie valeur 2π3≈3,628\frac{2\pi}{\sqrt{3}}\approx 3{,}628
  • e) Bioche : u=cos⁡xu=\cos x, u=sin⁡xu=\sin x, u=tan⁡xu=\tan x
a)

Avec t=tan⁡x2t=\tan\frac{x}{2}, les formules de l'angle double donnent sin⁡x=2sin⁡x2cos⁡x2\sin x=2\sin\frac{x}{2}\cos\frac{x}{2}. En divisant haut et bas par cos⁡2x2\cos^{2}\frac{x}{2} : sin⁡x=2tan⁡x2sec⁡2x2=2t1+t2\sin x=\dfrac{2\tan\frac{x}{2}}{\sec^{2}\frac{x}{2}}=\dfrac{2t}{1+t^{2}}. De même cos⁡x=cos⁡2x2−sin⁡2x2=1−tan⁡2x21+tan⁡2x2=1−t21+t2\cos x=\cos^{2}\frac{x}{2}-\sin^{2}\frac{x}{2}=\dfrac{1-\tan^{2}\frac{x}{2}}{1+\tan^{2}\frac{x}{2}}=\dfrac{1-t^{2}}{1+t^{2}}. Enfin dt=12sec⁡2x2 dx=12(1+t2)dxdt=\frac{1}{2}\sec^{2}\frac{x}{2}\,dx=\frac{1}{2}\left(1+t^{2}\right)dx, d'où dx=2 dt1+t2dx=\dfrac{2\,dt}{1+t^{2}}.

b)

∫dx1+sin⁡x=∫2 dt1+t21+2t1+t2=∫2 dt1+t2+2t=∫2 dt(1+t)2=−21+t+C=−21+tan⁡x2+C\displaystyle\int\dfrac{dx}{1+\sin x}=\int\dfrac{\frac{2\,dt}{1+t^{2}}}{1+\frac{2t}{1+t^{2}}}=\int\dfrac{2\,dt}{1+t^{2}+2t}=\int\dfrac{2\,dt}{\left(1+t\right)^{2}}=-\dfrac{2}{1+t}+C=-\dfrac{2}{1+\tan\frac{x}{2}}+C. Vérification : en dérivant, ddx[−21+tan⁡x2]=2⋅12sec⁡2x2(1+tan⁡x2)2=1+t2(1+t)2\dfrac{d}{dx}\left[-\dfrac{2}{1+\tan\frac{x}{2}}\right]=\dfrac{2\cdot\frac{1}{2}\sec^{2}\frac{x}{2}}{\left(1+\tan\frac{x}{2}\right)^{2}}=\dfrac{1+t^{2}}{\left(1+t\right)^{2}}. Or 1+sin⁡x=1+2t1+t2=(1+t)21+t21+\sin x=1+\dfrac{2t}{1+t^{2}}=\dfrac{\left(1+t\right)^{2}}{1+t^{2}} : le quotient obtenu est bien 11+sin⁡x\dfrac{1}{1+\sin x}.

c)

Pour x∈[0,π2]x\in\left[0,\frac{\pi}{2}\right], t=tan⁡x2t=\tan\frac{x}{2} va de 0 à 1. ∫0π/2dx2+cos⁡x=∫012 dt1+t22+1−t21+t2=∫012 dt2+2t2+1−t2=∫012 dt3+t2\displaystyle\int_{0}^{\pi/2}\dfrac{dx}{2+\cos x}=\int_{0}^{1}\dfrac{\frac{2\,dt}{1+t^{2}}}{2+\frac{1-t^{2}}{1+t^{2}}}=\int_{0}^{1}\dfrac{2\,dt}{2+2t^{2}+1-t^{2}}=\int_{0}^{1}\dfrac{2\,dt}{3+t^{2}}. D'où 23[arctan⁡t3]01=23⋅π6=π33=π39≈0,6046\dfrac{2}{\sqrt{3}}\left[\arctan\dfrac{t}{\sqrt{3}}\right]_{0}^{1}=\dfrac{2}{\sqrt{3}}\cdot\dfrac{\pi}{6}=\dfrac{\pi}{3\sqrt{3}}=\dfrac{\pi\sqrt{3}}{9}\approx 0{,}6046.

d)

La substitution exige que t=tan⁡x2t=\tan\frac{x}{2} soit continue, donc que x2\frac{x}{2} évite π2\frac{\pi}{2} : elle n'est légitime que sur un intervalle inclus dans ]−π,π[\left]-\pi,\pi\right[ modulo 2π2\pi. Sur [0,2π][0,2\pi], tt part de 0, tend vers +∞+\infty en x=πx=\pi, réapparaît en −∞-\infty et remonte à 0 : appliquer aveuglément la primitive 23arctan⁡t3\dfrac{2}{\sqrt{3}}\arctan\dfrac{t}{\sqrt{3}} donne F(2π)−F(0)=0−0=0F\left(2\pi\right)-F\left(0\right)=0-0=0. Or l'intégrande 12+cos⁡x\dfrac{1}{2+\cos x} est partout supérieur à 13\frac{1}{3} : l'intégrale vaut au moins 2π3\frac{2\pi}{3}. La vraie valeur, obtenue en coupant en x=πx=\pi et en doublant par symétrie, est 2π3≈3,628\dfrac{2\pi}{\sqrt{3}}\approx 3{,}628. Retenir : un zéro pour l'intégrale d'une fonction strictement positive n'est pas une erreur de calcul, c'est une erreur de DOMAINE.

e)

Ce sont les règles de Bioche, qui reposent sur l'invariance de l'expression f(x) dxf(x)\,dx. (1) Si f(−x)(−dx)=f(x) dxf(-x)\left(-dx\right)=f(x)\,dx, c'est-à-dire si ff est impaire, poser u=cos⁡xu=\cos x. (2) Si l'expression est invariante par x↦π−xx\mapsto\pi-x, poser u=sin⁡xu=\sin x. (3) Si elle est invariante par x↦π+xx\mapsto\pi+x, poser u=tan⁡xu=\tan x. Weierstrass ne sert que lorsque AUCUNE des trois ne s'applique, comme pour 12+cos⁡x\dfrac{1}{2+\cos x} : c'est un dernier recours, pas un premier réflexe, car il produit souvent des fractions partielles pénibles là où un u=cos⁡xu=\cos x aurait suffi.

Exercice 3 : Parité, symétrie et périodicité : tuer une intégrale en une ligne

Avant tout calcul, trois questions : l'intervalle est-il symétrique ? l'intégrande est-il pair ou impair ? est-il périodique ? Une réponse positive fait souvent disparaître l'intégrale entière. Une réponse positive donnée trop vite la fait disparaître à tort.

  • a) Énoncez les deux règles pour ∫−aa\int_{-a}^{a} selon la parité, et démontrez celle du cas impair.
  • b) Évaluez ∫−11x31+x4 dx\int_{-1}^{1}\dfrac{x^{3}}{1+x^{4}}\,dx et ∫−22(x5sin⁡x+x2)dx\int_{-2}^{2}\left(x^{5}\sin x+x^{2}\right)dx en identifiant la parité de CHAQUE terme.
  • c) Un élève affirme que ∫−11dxx\int_{-1}^{1}\dfrac{dx}{x} vaut 0 par imparité. Que penser de cet argument ?
  • d) Montrez que ∫0πf(sin⁡x)dx=2∫0π/2f(sin⁡x)dx\int_{0}^{\pi}f\left(\sin x\right)dx=2\int_{0}^{\pi/2}f\left(\sin x\right)dx pour toute ff continue, puis appliquez à ∫0πsin⁡4x dx\int_{0}^{\pi}\sin^{4}x\,dx.
  • e) Si gg est TT-périodique, montrez que ∫aa+Tg=∫0Tg\int_{a}^{a+T}g=\int_{0}^{T}g, puis calculez ∫010π∣sin⁡x∣dx\int_{0}^{10\pi}\left|\sin x\right|dx.

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Réponses

  • a) Paire : 2∫0a2\int_{0}^{a} ; impaire : 00
  • b) 00 ; intégrande pair, non nul
  • c) Faux : 1x\frac{1}{x} n'est pas intégrable sur [−1;1][-1;1]
  • d) 3π8\frac{3\pi}{8}
  • e) 2020
a)

Si ff est PAIRE, ∫−aaf=2∫0af\int_{-a}^{a}f=2\int_{0}^{a}f. Si ff est IMPAIRE, ∫−aaf=0\int_{-a}^{a}f=0. Démonstration du cas impair : ∫−aaf=∫−a0f+∫0af\int_{-a}^{a}f=\int_{-a}^{0}f+\int_{0}^{a}f. Dans la première, posons u=−xu=-x : elle devient ∫0af(−u)du=−∫0af(u)du\int_{0}^{a}f\left(-u\right)du=-\int_{0}^{a}f\left(u\right)du. La somme est donc nulle. L'hypothèse cachée, et c'est elle qui fait la question c, est que ff soit INTÉGRABLE sur [−a,a][-a,a].

b)

x31+x4\dfrac{x^{3}}{1+x^{4}} est impaire (numérateur impair, dénominateur pair) et continue : l'intégrale vaut 0. Pour la seconde, attention : x5x^{5} est impaire et sin⁡x\sin x est impaire, donc leur PRODUIT est PAIR. Et x2x^{2} est pair. L'intégrande est donc entièrement pair, et ∫−22(x5sin⁡x+x2)dx=2∫02(x5sin⁡x+x2)dx\int_{-2}^{2}\left(x^{5}\sin x+x^{2}\right)dx=2\int_{0}^{2}\left(x^{5}\sin x+x^{2}\right)dx, qui n'a aucune raison d'être nul ; le terme x2x^{2} contribue à lui seul 2⋅83=1632\cdot\frac{8}{3}=\frac{16}{3}. L'erreur classique consiste à voir x5x^{5} et à conclure « impair » sans regarder le facteur suivant.

c)

L'argument est faux. La fonction 1x\frac{1}{x} est bien impaire, mais elle n'est PAS intégrable sur [−1,1][-1,1] : elle n'est pas définie en 0, et les deux moitiés ∫01dxx\int_{0}^{1}\frac{dx}{x} et ∫−10dxx\int_{-1}^{0}\frac{dx}{x} divergent respectivement vers +∞+\infty et −∞-\infty. L'intégrale n'existe pas ; écrire ∞−∞=0\infty-\infty=0 n'est pas un calcul. On peut définir une valeur principale de Cauchy égale à 0, mais c'est un objet différent, qu'il faut nommer. Règle : la parité ne dispense jamais de vérifier la continuité sur tout l'intervalle.

d)

Posons u=π−xu=\pi-x sur [π2,π]\left[\frac{\pi}{2},\pi\right] : du=−dxdu=-dx, les bornes deviennent π2\frac{\pi}{2} et 0, et sin⁡(π−u)=sin⁡u\sin\left(\pi-u\right)=\sin u. Donc ∫π/2πf(sin⁡x)dx=∫0π/2f(sin⁡u)du\int_{\pi/2}^{\pi}f\left(\sin x\right)dx=\int_{0}^{\pi/2}f\left(\sin u\right)du : les deux moitiés sont égales, d'où le facteur 2. Le graphe de sin⁡\sin est en effet symétrique par rapport à la verticale x=π2x=\frac{\pi}{2}. Application : ∫0πsin⁡4x dx=2∫0π/2sin⁡4x dx=2⋅3π16=3π8\int_{0}^{\pi}\sin^{4}x\,dx=2\int_{0}^{\pi/2}\sin^{4}x\,dx=2\cdot\dfrac{3\pi}{16}=\dfrac{3\pi}{8}, la valeur 3π16\frac{3\pi}{16} venant des intégrales de Wallis de l'exercice 5.

e)

Posons φ(a)=∫aa+Tg\varphi(a)=\int_{a}^{a+T}g. Alors φ′(a)=g(a+T)−g(a)=0\varphi'(a)=g\left(a+T\right)-g\left(a\right)=0 par périodicité, donc φ\varphi est constante et vaut φ(0)=∫0Tg\varphi(0)=\int_{0}^{T}g. Application : ∣sin⁡x∣\left|\sin x\right| est π\pi-périodique, et ∫0π∣sin⁡x∣dx=∫0πsin⁡x dx=[−cos⁡x]0π=2\int_{0}^{\pi}\left|\sin x\right|dx=\int_{0}^{\pi}\sin x\,dx=\left[-\cos x\right]_{0}^{\pi}=2. L'intervalle [0,10π][0,10\pi] contient exactement 10 périodes, donc ∫010π∣sin⁡x∣dx=10⋅2=20\int_{0}^{10\pi}\left|\sin x\right|dx=10\cdot 2=20. Sans la valeur absolue, la même intégrale vaudrait 0 : c'est le même piège qu'à l'exercice 9 de la série sur les coordonnées polaires.

−3−2−1123−6−5−4−3−2−112345aire +aire −

Exercice 4 : Les fonctions hyperboliques : la substitution que la table cache

L'identité cosh⁡2u−sinh⁡2u=1\cosh^{2}u-\sinh^{2}u=1 joue pour x2+a2\sqrt{x^{2}+a^{2}} le rôle que 1+tan⁡2=sec⁡21+\tan^{2}=\sec^{2} joue pour la substitution trigonométrique, mais sans jamais produire de ln⁡∣sec⁡u+tan⁡u∣\ln\left|\sec u+\tan u\right| à retraduire. C'est presque toujours la route la plus courte.

  • a) À partir de cosh⁡u=eu+e−u2\cosh u=\frac{e^{u}+e^{-u}}{2} et sinh⁡u=eu−e−u2\sinh u=\frac{e^{u}-e^{-u}}{2}, démontrez cosh⁡2u−sinh⁡2u=1\cosh^{2}u-\sinh^{2}u=1 et donnez les dérivées des deux fonctions.
  • b) Démontrez que argsinh⁡x=ln⁡(x+x2+1)\operatorname{argsinh}x=\ln\left(x+\sqrt{x^{2}+1}\right).
  • c) Calculez ∫dxx2+9\displaystyle\int\dfrac{dx}{\sqrt{x^{2}+9}} par x=3sinh⁡ux=3\sinh u, puis comparez le trajet avec celui de la substitution x=3tan⁡θx=3\tan\theta.
  • d) Calculez ∫03x2+9 dx\displaystyle\int_{0}^{3}\sqrt{x^{2}+9}\,dx.
  • e) Quelle substitution hyperbolique convient à x2−a2\sqrt{x^{2}-a^{2}}, et pourquoi ne peut-on pas l'utiliser sur tout R\mathbb{R} ?

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  • a) cosh⁡2−sinh⁡2=1\cosh^{2}-\sinh^{2}=1 ; sinh⁡′=cosh⁡\sinh'=\cosh, cosh⁡′=sinh⁡\cosh'=\sinh
  • b) argsinh⁡x=ln⁡(x+x2+1)\operatorname{argsinh}x=\ln(x+\sqrt{x^{2}+1})
  • c) ln⁡(x+x2+9)+C\ln(x+\sqrt{x^{2}+9})+C, sans triangle
  • d) 92[ln⁡(1+2)+2]≈10,33\frac{9}{2}\left[\ln(1+\sqrt{2})+\sqrt{2}\right]\approx 10{,}33
  • e) x=acosh⁡ux=a\cosh u, branche x≥ax\geq a seulement
a)

cosh⁡2u−sinh⁡2u=(eu+e−u)2−(eu−e−u)24=4eue−u4=1\cosh^{2}u-\sinh^{2}u=\dfrac{\left(e^{u}+e^{-u}\right)^{2}-\left(e^{u}-e^{-u}\right)^{2}}{4}=\dfrac{4e^{u}e^{-u}}{4}=1. En dérivant les définitions : (sinh⁡u)′=eu+e−u2=cosh⁡u\left(\sinh u\right)'=\dfrac{e^{u}+e^{-u}}{2}=\cosh u et (cosh⁡u)′=eu−e−u2=sinh⁡u\left(\cosh u\right)'=\dfrac{e^{u}-e^{-u}}{2}=\sinh u. Noter l'absence de signe moins, contrairement au cas trigonométrique : c'est ce qui rend ces substitutions si confortables.

b)

Posons x=sinh⁡u=eu−e−u2x=\sinh u=\dfrac{e^{u}-e^{-u}}{2} et E=euE=e^{u}. Alors 2x=E−1E2x=E-\dfrac{1}{E}, soit E2−2xE−1=0E^{2}-2xE-1=0. La résolution donne E=x±x2+1E=x\pm\sqrt{x^{2}+1}, et comme E=eu>0E=e^{u}>0 alors que x−x2+1<0x-\sqrt{x^{2}+1}<0, seule la racine positive convient : eu=x+x2+1e^{u}=x+\sqrt{x^{2}+1}, donc u=ln⁡(x+x2+1)u=\ln\left(x+\sqrt{x^{2}+1}\right).

c)

Avec x=3sinh⁡ux=3\sinh u, dx=3cosh⁡u dudx=3\cosh u\,du et x2+9=3sinh⁡2u+1=3cosh⁡u\sqrt{x^{2}+9}=3\sqrt{\sinh^{2}u+1}=3\cosh u, positif sans discussion de signe. L'intégrale devient ∫3cosh⁡u3cosh⁡u du=u+C=argsinh⁡x3+C=ln⁡(x+x2+9)+C′\int\dfrac{3\cosh u}{3\cosh u}\,du=u+C=\operatorname{argsinh}\dfrac{x}{3}+C=\ln\left(x+\sqrt{x^{2}+9}\right)+C'. Par la voie trigonométrique x=3tan⁡θx=3\tan\theta, on obtient ∫sec⁡θ dθ=ln⁡∣sec⁡θ+tan⁡θ∣+C\int\sec\theta\,d\theta=\ln\left|\sec\theta+\tan\theta\right|+C, puis il faut reconstruire le triangle rectangle pour retraduire sec⁡θ=x2+93\sec\theta=\frac{\sqrt{x^{2}+9}}{3}. Même résultat, deux étapes de plus, et une intégrale de sécante à connaître par coeur.

d)

Avec x=3sinh⁡ux=3\sinh u : quand x=0x=0, u=0u=0 ; quand x=3x=3, sinh⁡u=1\sinh u=1 donc u1=ln⁡(1+2)u_{1}=\ln\left(1+\sqrt{2}\right). L'intégrale devient ∫0u13cosh⁡u⋅3cosh⁡u du=9∫0u1cosh⁡2u du\int_{0}^{u_{1}}3\cosh u\cdot 3\cosh u\,du=9\int_{0}^{u_{1}}\cosh^{2}u\,du. Avec cosh⁡2u=1+cosh⁡2u2\cosh^{2}u=\dfrac{1+\cosh 2u}{2}, une primitive est u+sinh⁡ucosh⁡u2\dfrac{u+\sinh u\cosh u}{2}. En u1u_{1}, sinh⁡u1=1\sinh u_{1}=1 et cosh⁡u1=2\cosh u_{1}=\sqrt{2}, d'où ∫03x2+9 dx=92[ln⁡(1+2)+2]≈10,330\displaystyle\int_{0}^{3}\sqrt{x^{2}+9}\,dx=\dfrac{9}{2}\left[\ln\left(1+\sqrt{2}\right)+\sqrt{2}\right]\approx 10{,}330.

e)

Pour x2−a2\sqrt{x^{2}-a^{2}} on pose x=acosh⁡ux=a\cosh u, car cosh⁡2u−1=sinh⁡2u\cosh^{2}u-1=\sinh^{2}u. Mais cosh⁡u≥1\cosh u\geq 1 pour tout uu réel : cette substitution ne peut atteindre que x≥ax\geq a. Elle est donc réservée à la branche DROITE du domaine ∣x∣≥a\left|x\right|\geq a ; pour x≤−ax\leq -a, il faut poser x=−acosh⁡ux=-a\cosh u, ou traiter la question par symétrie. De plus x2−a2=a∣sinh⁡u∣\sqrt{x^{2}-a^{2}}=a\left|\sinh u\right|, et on choisit u≥0u\geq 0 pour lever la valeur absolue. C'est la même précaution que pour x=asec⁡θx=a\sec\theta, avec un calcul plus léger derrière.

Exercice 5 : Formules de réduction et intégrales de Wallis

Quand un exposant entier nn apparaît, on ne cherche pas une primitive : on cherche une relation entre InI_{n} et In−2I_{n-2}. Une intégration par parties suffit, et la récurrence fait le reste. Les intégrales de Wallis In=∫0π/2sin⁡nx dxI_{n}=\int_{0}^{\pi/2}\sin^{n}x\,dx en sont le modèle.

  • a) Par intégration par parties sur sin⁡nx=sin⁡n−1x⋅sin⁡x\sin^{n}x=\sin^{n-1}x\cdot\sin x, démontrez que In=n−1nIn−2I_{n}=\dfrac{n-1}{n}I_{n-2} pour n≥2n\geq 2.
  • b) Donnez I0I_{0} et I1I_{1}, puis calculez I2I_{2} à I6I_{6}.
  • c) Écrivez la forme close de InI_{n} selon la parité de nn, et expliquez pourquoi π\pi n'apparaît que dans un cas sur deux.
  • d) Démontrez que InIn−1=π2nI_{n}I_{n-1}=\dfrac{\pi}{2n}, et vérifiez-le sur n=3n=3.
  • e) Établissez la formule de réduction de ∫0∞xne−xdx\displaystyle\int_{0}^{\infty}x^{n}e^{-x}dx et calculez sa valeur.

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  • a) In=n−1nIn−2I_{n}=\frac{n-1}{n}I_{n-2}
  • b) π4\frac{\pi}{4}, 23\frac{2}{3}, 3π16\frac{3\pi}{16}, 815\frac{8}{15}, 5π32\frac{5\pi}{32}
  • c) π\pi pour nn pair seulement
  • d) I3I2=π6I_{3}I_{2}=\frac{\pi}{6}
  • e) Γn=nΓn−1=n!\Gamma_{n}=n\Gamma_{n-1}=n!
a)

Posons u=sin⁡n−1xu=\sin^{n-1}x et dv=sin⁡x dxdv=\sin x\,dx, donc du=(n−1)sin⁡n−2xcos⁡x dxdu=\left(n-1\right)\sin^{n-2}x\cos x\,dx et v=−cos⁡xv=-\cos x. Le terme tout intégré [−sin⁡n−1xcos⁡x]0π/2\left[-\sin^{n-1}x\cos x\right]_{0}^{\pi/2} est nul aux deux bornes. Il reste In=(n−1)∫0π/2sin⁡n−2xcos⁡2x dxI_{n}=\left(n-1\right)\int_{0}^{\pi/2}\sin^{n-2}x\cos^{2}x\,dx. En remplaçant cos⁡2x\cos^{2}x par 1−sin⁡2x1-\sin^{2}x : In=(n−1)(In−2−In)I_{n}=\left(n-1\right)\left(I_{n-2}-I_{n}\right), soit nIn=(n−1)In−2nI_{n}=\left(n-1\right)I_{n-2} et In=n−1nIn−2I_{n}=\dfrac{n-1}{n}I_{n-2}.

b)

I0=∫0π/2dx=π2I_{0}=\int_{0}^{\pi/2}dx=\dfrac{\pi}{2} et I1=∫0π/2sin⁡x dx=1I_{1}=\int_{0}^{\pi/2}\sin x\,dx=1. Puis I2=12I0=π4I_{2}=\frac{1}{2}I_{0}=\dfrac{\pi}{4}, I3=23I1=23I_{3}=\frac{2}{3}I_{1}=\dfrac{2}{3}, I4=34I2=3π16I_{4}=\frac{3}{4}I_{2}=\dfrac{3\pi}{16}, I5=45I3=815I_{5}=\frac{4}{5}I_{3}=\dfrac{8}{15}, I6=56I4=5π32I_{6}=\frac{5}{6}I_{4}=\dfrac{5\pi}{32}.

c)

Pour n=2mn=2m pair : I2m=2m−12m⋅2m−32m−2⋯12⋅π2I_{2m}=\dfrac{2m-1}{2m}\cdot\dfrac{2m-3}{2m-2}\cdots\dfrac{1}{2}\cdot\dfrac{\pi}{2}. Pour n=2m+1n=2m+1 impair : I2m+1=2m2m+1⋅2m−22m−1⋯23⋅1I_{2m+1}=\dfrac{2m}{2m+1}\cdot\dfrac{2m-2}{2m-1}\cdots\dfrac{2}{3}\cdot 1. La récurrence descend de deux en deux : elle aboutit à I0I_{0} si nn est pair, à I1I_{1} s'il est impair. Comme I0=π2I_{0}=\frac{\pi}{2} contient π\pi et I1=1I_{1}=1 n'en contient pas, seuls les indices pairs héritent de π\pi. La parité de l'exposant décide donc de la nature du résultat, ce qui est une bonne façon de contrôler une réponse : ∫0π/2sin⁡7x dx\int_{0}^{\pi/2}\sin^{7}x\,dx ne peut pas contenir π\pi.

d)

La suite Jn=nInIn−1J_{n}=nI_{n}I_{n-1} vérifie Jn+1=(n+1)In+1In=(n+1)⋅nn+1In−1⋅In=nInIn−1=JnJ_{n+1}=\left(n+1\right)I_{n+1}I_{n}=\left(n+1\right)\cdot\dfrac{n}{n+1}I_{n-1}\cdot I_{n}=nI_{n}I_{n-1}=J_{n} : elle est CONSTANTE. Or J1=1⋅I1I0=π2J_{1}=1\cdot I_{1}I_{0}=\dfrac{\pi}{2}. Donc nInIn−1=π2nI_{n}I_{n-1}=\dfrac{\pi}{2}, c'est-à-dire InIn−1=π2nI_{n}I_{n-1}=\dfrac{\pi}{2n}. Vérification pour n=3n=3 : I3I2=23⋅π4=π6I_{3}I_{2}=\dfrac{2}{3}\cdot\dfrac{\pi}{4}=\dfrac{\pi}{6}, et π2⋅3=π6\dfrac{\pi}{2\cdot 3}=\dfrac{\pi}{6}. C'est cette identité, jointe à InIn−1→1\frac{I_{n}}{I_{n-1}}\to 1, qui donne le produit de Wallis π2=∏m≥14m24m2−1\dfrac{\pi}{2}=\prod_{m\geq 1}\dfrac{4m^{2}}{4m^{2}-1} et l'équivalent In∼π2nI_{n}\sim\sqrt{\dfrac{\pi}{2n}}.

e)

Notons Γn=∫0∞xne−xdx\Gamma_{n}=\int_{0}^{\infty}x^{n}e^{-x}dx. Par parties avec u=xnu=x^{n} et dv=e−xdxdv=e^{-x}dx : Γn=[−xne−x]0∞+n∫0∞xn−1e−xdx=nΓn−1\Gamma_{n}=\left[-x^{n}e^{-x}\right]_{0}^{\infty}+n\int_{0}^{\infty}x^{n-1}e^{-x}dx=n\Gamma_{n-1}, le terme tout intégré étant nul par croissance comparée. Comme Γ0=∫0∞e−xdx=1\Gamma_{0}=\int_{0}^{\infty}e^{-x}dx=1, la récurrence donne Γn=n!\Gamma_{n}=n!. On vient de démontrer que la factorielle est une intégrale : c'est le point de départ de la fonction Gamma, qui prolonge n!n! à des arguments non entiers.

24681012140,511,52I₀ = π/2Iₙ = ((n − 1)/n) Iₙ₋₂

Partie B : Ruses de calcul, symétries du domaine et pièges (/50)

Exercice 6 : Le facteur 1 invisible : l'intégration par parties déguisée

Une fonction seule, sans produit apparent, se prête pourtant aux parties : il suffit de la voir comme le produit d'elle-même par 1, et de choisir dv=dxdv=dx. Le réflexe vaut pour toutes les fonctions dont on connaît la dérivée mais pas la primitive : logarithmes et fonctions réciproques.

  • a) Énoncez le principe, et dites à quelle famille de fonctions il s'applique.
  • b) Calculez ∫arctan⁡x dx\displaystyle\int\arctan x\,dx et ∫arcsin⁡x dx\displaystyle\int\arcsin x\,dx.
  • c) Calculez ∫ln⁡(x2+1)dx\displaystyle\int\ln\left(x^{2}+1\right)dx, puis vérifiez par dérivation.
  • d) Établissez la formule de réduction de ∫(ln⁡x)ndx\displaystyle\int\left(\ln x\right)^{n}dx et calculez ∫(ln⁡x)2dx\displaystyle\int\left(\ln x\right)^{2}dx.
  • e) Calculez ∫ln⁡(x+x2+1)dx\displaystyle\int\ln\left(x+\sqrt{x^{2}+1}\right)dx.

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  • a) ∫f=xf−∫xf′\int f=xf-\int xf' : logarithmes et réciproques
  • b) xarctan⁡x−12ln⁡(1+x2)+Cx\arctan x-\frac{1}{2}\ln(1+x^{2})+C ; xarcsin⁡x+1−x2+Cx\arcsin x+\sqrt{1-x^{2}}+C
  • c) xln⁡(x2+1)−2x+2arctan⁡x+Cx\ln(x^{2}+1)-2x+2\arctan x+C
  • d) x(ln⁡x)2−2xln⁡x+2x+Cx(\ln x)^{2}-2x\ln x+2x+C
  • e) xargsinh⁡x−x2+1+Cx\operatorname{argsinh}x-\sqrt{x^{2}+1}+C
a)

On écrit f(x)=f(x)⋅1f(x)=f(x)\cdot 1 et on pose u=f(x)u=f(x), dv=dxdv=dx, donc v=xv=x : ∫f=xf(x)−∫xf′(x) dx\int f=xf(x)-\int xf'(x)\,dx. Le procédé est payant chaque fois que f′f' est ALGÉBRIQUE alors que ff ne l'est pas, ce qui est exactement le cas des logarithmes et des fonctions trigonométriques réciproques. Le cas ∫ln⁡x dx=xln⁡x−x\int\ln x\,dx=x\ln x-x est traité dans la série sur les techniques d'intégration ; les suivants en sont les variantes.

b)

Pour arctan⁡\arctan : u=arctan⁡xu=\arctan x, du=dx1+x2du=\dfrac{dx}{1+x^{2}}, v=xv=x. Alors ∫arctan⁡x dx=xarctan⁡x−∫x dx1+x2=xarctan⁡x−12ln⁡(1+x2)+C\int\arctan x\,dx=x\arctan x-\int\dfrac{x\,dx}{1+x^{2}}=x\arctan x-\dfrac{1}{2}\ln\left(1+x^{2}\right)+C. Pour arcsin⁡\arcsin : du=dx1−x2du=\dfrac{dx}{\sqrt{1-x^{2}}}, d'où ∫arcsin⁡x dx=xarcsin⁡x−∫x dx1−x2=xarcsin⁡x+1−x2+C\int\arcsin x\,dx=x\arcsin x-\int\dfrac{x\,dx}{\sqrt{1-x^{2}}}=x\arcsin x+\sqrt{1-x^{2}}+C. Dans les deux cas, l'intégrale restante se fait par une substitution immédiate.

c)

u=ln⁡(x2+1)u=\ln\left(x^{2}+1\right), du=2x dxx2+1du=\dfrac{2x\,dx}{x^{2}+1}, v=xv=x : ∫ln⁡(x2+1)dx=xln⁡(x2+1)−∫2x2x2+1dx\int\ln\left(x^{2}+1\right)dx=x\ln\left(x^{2}+1\right)-\int\dfrac{2x^{2}}{x^{2}+1}dx. Or 2x2x2+1=2−2x2+1\dfrac{2x^{2}}{x^{2}+1}=2-\dfrac{2}{x^{2}+1}, dont une primitive est 2x−2arctan⁡x2x-2\arctan x. Donc ∫ln⁡(x2+1)dx=xln⁡(x2+1)−2x+2arctan⁡x+C\int\ln\left(x^{2}+1\right)dx=x\ln\left(x^{2}+1\right)-2x+2\arctan x+C. Vérification : en dérivant, ln⁡(x2+1)+2x2x2+1−2+2x2+1=ln⁡(x2+1)+2x2+2x2+1−2=ln⁡(x2+1)\ln\left(x^{2}+1\right)+\dfrac{2x^{2}}{x^{2}+1}-2+\dfrac{2}{x^{2}+1}=\ln\left(x^{2}+1\right)+\dfrac{2x^{2}+2}{x^{2}+1}-2=\ln\left(x^{2}+1\right).

d)

Avec u=(ln⁡x)nu=\left(\ln x\right)^{n} et dv=dxdv=dx : du=n(ln⁡x)n−1dxxdu=n\left(\ln x\right)^{n-1}\dfrac{dx}{x} et v=xv=x, donc ∫(ln⁡x)ndx=x(ln⁡x)n−n∫(ln⁡x)n−1dx\int\left(\ln x\right)^{n}dx=x\left(\ln x\right)^{n}-n\int\left(\ln x\right)^{n-1}dx. L'exposant baisse d'une unité à chaque tour, et la récurrence s'arrête sur ∫dx=x\int dx=x. Pour n=2n=2 : ∫(ln⁡x)2dx=x(ln⁡x)2−2∫ln⁡x dx=x(ln⁡x)2−2(xln⁡x−x)=x(ln⁡x)2−2xln⁡x+2x+C\int\left(\ln x\right)^{2}dx=x\left(\ln x\right)^{2}-2\int\ln x\,dx=x\left(\ln x\right)^{2}-2\left(x\ln x-x\right)=x\left(\ln x\right)^{2}-2x\ln x+2x+C.

e)

La fonction est argsinh⁡x\operatorname{argsinh}x, dont la dérivée est 1x2+1\dfrac{1}{\sqrt{x^{2}+1}}. Avec dv=dxdv=dx : ∫argsinh⁡x dx=xargsinh⁡x−∫x dxx2+1=xargsinh⁡x−x2+1+C\int\operatorname{argsinh}x\,dx=x\operatorname{argsinh}x-\int\dfrac{x\,dx}{\sqrt{x^{2}+1}}=x\operatorname{argsinh}x-\sqrt{x^{2}+1}+C, la dernière intégrale se faisant par w=x2+1w=x^{2}+1. Vérification : la dérivée vaut argsinh⁡x+xx2+1−xx2+1=argsinh⁡x\operatorname{argsinh}x+\dfrac{x}{\sqrt{x^{2}+1}}-\dfrac{x}{\sqrt{x^{2}+1}}=\operatorname{argsinh}x. Le résultat a exactement la même forme que ∫arcsin⁡\int\arcsin, ce qui n'est pas un hasard : les deux fonctions sont réciproques de fonctions dont la dérivée est algébrique.

Exercice 7 : Le système de deux intégrales et l'équation où I apparaît des deux côtés

Certaines intégrales ne se calculent pas isolément, mais par paires : deux intégrations par parties produisent deux équations liant II et JJ, et il ne reste qu'un système linéaire. Dans d'autres cas, c'est II elle-même qui réapparaît, et l'équation se résout en une ligne.

  • a) Posons I=∫excos⁡2x dxI=\displaystyle\int e^{x}\cos 2x\,dx et J=∫exsin⁡2x dxJ=\displaystyle\int e^{x}\sin 2x\,dx. En dérivant excos⁡2xe^{x}\cos 2x et exsin⁡2xe^{x}\sin 2x, écrivez deux relations entre II et JJ.
  • b) Résolvez le système et donnez II et JJ.
  • c) Retrouvez II en une ligne par ∫e(1+2i)xdx\displaystyle\int e^{\left(1+2i\right)x}dx, en prenant la partie réelle.
  • d) Évaluez ∫0πexcos⁡2x dx\displaystyle\int_{0}^{\pi}e^{x}\cos 2x\,dx.
  • e) Calculez ∫0π/4ln⁡(1+tan⁡x)dx\displaystyle\int_{0}^{\pi/4}\ln\left(1+\tan x\right)dx en utilisant tan⁡(π4−x)=1−tan⁡x1+tan⁡x\tan\left(\frac{\pi}{4}-x\right)=\dfrac{1-\tan x}{1+\tan x}.

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  • a) I−2J=excos⁡2xI-2J=e^{x}\cos 2x et 2I+J=exsin⁡2x2I+J=e^{x}\sin 2x
  • b) I=ex(cos⁡2x+2sin⁡2x)5I=\frac{e^{x}(\cos 2x+2\sin 2x)}{5}, J=ex(sin⁡2x−2cos⁡2x)5J=\frac{e^{x}(\sin 2x-2\cos 2x)}{5}
  • c) Partie réelle de e(1+2i)x1+2i\frac{e^{(1+2i)x}}{1+2i}
  • d) eπ−15≈4,428\frac{e^{\pi}-1}{5}\approx 4{,}428
  • e) πln⁡28≈0,2722\frac{\pi\ln 2}{8}\approx 0{,}2722
a)

ddx[excos⁡2x]=excos⁡2x−2exsin⁡2x\dfrac{d}{dx}\left[e^{x}\cos 2x\right]=e^{x}\cos 2x-2e^{x}\sin 2x. En intégrant les deux membres : excos⁡2x=I−2Je^{x}\cos 2x=I-2J. De même ddx[exsin⁡2x]=exsin⁡2x+2excos⁡2x\dfrac{d}{dx}\left[e^{x}\sin 2x\right]=e^{x}\sin 2x+2e^{x}\cos 2x donne exsin⁡2x=J+2Ie^{x}\sin 2x=J+2I. On dispose donc du système I−2J=excos⁡2xI-2J=e^{x}\cos 2x et 2I+J=exsin⁡2x2I+J=e^{x}\sin 2x.

b)

De la seconde équation, J=exsin⁡2x−2IJ=e^{x}\sin 2x-2I. En reportant dans la première : I−2exsin⁡2x+4I=excos⁡2xI-2e^{x}\sin 2x+4I=e^{x}\cos 2x, donc 5I=ex(cos⁡2x+2sin⁡2x)5I=e^{x}\left(\cos 2x+2\sin 2x\right) et I=ex(cos⁡2x+2sin⁡2x)5+CI=\dfrac{e^{x}\left(\cos 2x+2\sin 2x\right)}{5}+C. Puis J=exsin⁡2x−2ex(cos⁡2x+2sin⁡2x)5=ex(sin⁡2x−2cos⁡2x)5+CJ=e^{x}\sin 2x-\dfrac{2e^{x}\left(\cos 2x+2\sin 2x\right)}{5}=\dfrac{e^{x}\left(\sin 2x-2\cos 2x\right)}{5}+C. Contrôle par dérivation de II : ex(cos⁡2x+2sin⁡2x)+ex(−2sin⁡2x+4cos⁡2x)5=5excos⁡2x5=excos⁡2x\dfrac{e^{x}\left(\cos 2x+2\sin 2x\right)+e^{x}\left(-2\sin 2x+4\cos 2x\right)}{5}=\dfrac{5e^{x}\cos 2x}{5}=e^{x}\cos 2x.

c)

∫e(1+2i)xdx=e(1+2i)x1+2i=ex(cos⁡2x+isin⁡2x)(1−2i)5\int e^{\left(1+2i\right)x}dx=\dfrac{e^{\left(1+2i\right)x}}{1+2i}=\dfrac{e^{x}\left(\cos 2x+i\sin 2x\right)\left(1-2i\right)}{5}, après multiplication par le conjugué. La partie réelle du numérateur est ex(cos⁡2x+2sin⁡2x)e^{x}\left(\cos 2x+2\sin 2x\right), donc I=ex(cos⁡2x+2sin⁡2x)5I=\dfrac{e^{x}\left(\cos 2x+2\sin 2x\right)}{5}, et la partie imaginaire donne JJ au passage. Une seule intégrale, faite comme une exponentielle ordinaire, remplace deux intégrations par parties : c'est l'argument le plus convaincant en faveur de la notation complexe, et il fonctionne pour tout ∫eaxcos⁡bx dx\int e^{ax}\cos bx\,dx.

d)

∫0πexcos⁡2x dx=[ex(cos⁡2x+2sin⁡2x)5]0π\displaystyle\int_{0}^{\pi}e^{x}\cos 2x\,dx=\left[\dfrac{e^{x}\left(\cos 2x+2\sin 2x\right)}{5}\right]_{0}^{\pi}. En x=πx=\pi : cos⁡2π=1\cos 2\pi=1 et sin⁡2π=0\sin 2\pi=0, d'où eπ5\dfrac{e^{\pi}}{5}. En x=0x=0 : 15\dfrac{1}{5}. Le résultat est eπ−15≈4,428\dfrac{e^{\pi}-1}{5}\approx 4{,}428.

e)

Notons II cette intégrale et appliquons l'astuce du roi avec x↦π4−xx\mapsto\frac{\pi}{4}-x : I=∫0π/4ln⁡(1+1−tan⁡x1+tan⁡x)dx=∫0π/4ln⁡21+tan⁡x dxI=\displaystyle\int_{0}^{\pi/4}\ln\left(1+\dfrac{1-\tan x}{1+\tan x}\right)dx=\int_{0}^{\pi/4}\ln\dfrac{2}{1+\tan x}\,dx. En séparant le logarithme : I=∫0π/4ln⁡2 dx−∫0π/4ln⁡(1+tan⁡x)dx=π4ln⁡2−II=\displaystyle\int_{0}^{\pi/4}\ln 2\,dx-\int_{0}^{\pi/4}\ln\left(1+\tan x\right)dx=\dfrac{\pi}{4}\ln 2-I. Donc 2I=π4ln⁡22I=\dfrac{\pi}{4}\ln 2 et I=πln⁡28≈0,2722I=\dfrac{\pi\ln 2}{8}\approx 0{,}2722. C'est l'exemple le plus frappant du chapitre : la primitive de ln⁡(1+tan⁡x)\ln\left(1+\tan x\right) n'est pas élémentaire, et pourtant l'intégrale définie tombe en trois lignes, uniquement parce que II réapparaît de l'autre côté du signe égal.

Exercice 8 : La substitution qui échange x et son inverse

Le changement x↦1xx\mapsto\frac{1}{x} envoie ]0,∞[\left]0,\infty\right[ sur lui-même et échange ]0,1[\left]0,1\right[ avec ]1,∞[\left]1,\infty\right[. Comme l'astuce du roi, il ne calcule rien seul : il fournit une seconde écriture de la même intégrale, et c'est l'addition qui conclut.

  • a) Montrez que ∫0∞f(x) dx=∫0∞1x2f ⁣(1x)dx\displaystyle\int_{0}^{\infty}f(x)\,dx=\int_{0}^{\infty}\dfrac{1}{x^{2}}f\!\left(\dfrac{1}{x}\right)dx lorsque les deux intégrales convergent.
  • b) Déduisez-en que ∫0∞ln⁡x1+x2 dx=0\displaystyle\int_{0}^{\infty}\dfrac{\ln x}{1+x^{2}}\,dx=0.
  • c) Montrez que ∫0∞dx(1+x2)(1+xn)=π4\displaystyle\int_{0}^{\infty}\dfrac{dx}{\left(1+x^{2}\right)\left(1+x^{n}\right)}=\dfrac{\pi}{4} pour tout nn réel.
  • d) Calculez ∫1/22arctan⁡xx dx\displaystyle\int_{1/2}^{2}\dfrac{\arctan x}{x}\,dx.
  • e) Calculez ∫0π/2ln⁡(sin⁡x)dx\displaystyle\int_{0}^{\pi/2}\ln\left(\sin x\right)dx par une symétrie du même esprit.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) x=1ux=\frac{1}{u} : même domaine
  • b) I=−II=-I, donc 00
  • c) π4\frac{\pi}{4} pour tout nn
  • d) πln⁡22≈1,089\frac{\pi\ln 2}{2}\approx 1{,}089
  • e) −π2ln⁡2≈−1,089-\frac{\pi}{2}\ln 2\approx-1{,}089
a)

Posons x=1ux=\dfrac{1}{u}, donc dx=−duu2dx=-\dfrac{du}{u^{2}}. Quand x→0+x\to 0^{+}, u→+∞u\to+\infty ; quand x→+∞x\to+\infty, u→0+u\to 0^{+}. Alors ∫0∞f(x) dx=∫∞0f ⁣(1u)(−duu2)=∫0∞1u2f ⁣(1u)du\int_{0}^{\infty}f(x)\,dx=\int_{\infty}^{0}f\!\left(\frac{1}{u}\right)\left(-\frac{du}{u^{2}}\right)=\int_{0}^{\infty}\dfrac{1}{u^{2}}f\!\left(\dfrac{1}{u}\right)du. Le domaine est GLOBALEMENT INVARIANT : c'est toute la force du procédé.

b)

Avec f(x)=ln⁡x1+x2f(x)=\dfrac{\ln x}{1+x^{2}} : 1x2f ⁣(1x)=1x2⋅−ln⁡x1+1x2=−ln⁡xx2+1=−f(x)\dfrac{1}{x^{2}}f\!\left(\dfrac{1}{x}\right)=\dfrac{1}{x^{2}}\cdot\dfrac{-\ln x}{1+\frac{1}{x^{2}}}=\dfrac{-\ln x}{x^{2}+1}=-f(x). La formule de a donne donc I=−II=-I, soit 2I=02I=0 et I=0I=0. Une intégrale qui n'a aucune primitive élémentaire est calculée sans qu'on ait rien intégré : la contribution de ]0,1[\left]0,1\right[, où ln⁡x<0\ln x<0, compense exactement celle de ]1,∞[\left]1,\infty\right[.

c)

Notons II l'intégrale. Avec f(x)=1(1+x2)(1+xn)f(x)=\dfrac{1}{\left(1+x^{2}\right)\left(1+x^{n}\right)}, on a 1x2f ⁣(1x)=1x2⋅x21+x2⋅xn1+xn=xn(1+x2)(1+xn)\dfrac{1}{x^{2}}f\!\left(\dfrac{1}{x}\right)=\dfrac{1}{x^{2}}\cdot\dfrac{x^{2}}{1+x^{2}}\cdot\dfrac{x^{n}}{1+x^{n}}=\dfrac{x^{n}}{\left(1+x^{2}\right)\left(1+x^{n}\right)}. Donc I=∫0∞xn dx(1+x2)(1+xn)I=\displaystyle\int_{0}^{\infty}\dfrac{x^{n}\,dx}{\left(1+x^{2}\right)\left(1+x^{n}\right)}. En additionnant les deux écritures, le facteur 1+xn1+x^{n} se simplifie : 2I=∫0∞dx1+x2=[arctan⁡x]0∞=π22I=\displaystyle\int_{0}^{\infty}\dfrac{dx}{1+x^{2}}=\left[\arctan x\right]_{0}^{\infty}=\dfrac{\pi}{2}, donc I=π4I=\dfrac{\pi}{4}, indépendamment de nn. C'est le pendant exact de la question c de l'exercice 1.

d)

L'intervalle [12,2]\left[\frac{1}{2},2\right] est lui aussi invariant par x↦1xx\mapsto\frac{1}{x}, et dxx\dfrac{dx}{x} se transforme en −duu-\dfrac{du}{u}, les bornes s'échangeant. Donc I=∫1/22arctan⁡1xx dxI=\displaystyle\int_{1/2}^{2}\dfrac{\arctan\frac{1}{x}}{x}\,dx. En additionnant, et puisque arctan⁡x+arctan⁡1x=π2\arctan x+\arctan\dfrac{1}{x}=\dfrac{\pi}{2} pour x>0x>0 : 2I=π2∫1/22dxx=π2ln⁡4=πln⁡22I=\dfrac{\pi}{2}\displaystyle\int_{1/2}^{2}\dfrac{dx}{x}=\dfrac{\pi}{2}\ln 4=\pi\ln 2. D'où I=πln⁡22≈1,089I=\dfrac{\pi\ln 2}{2}\approx 1{,}089.

e)

Notons I=∫0π/2ln⁡(sin⁡x)dxI=\displaystyle\int_{0}^{\pi/2}\ln\left(\sin x\right)dx. L'astuce du roi donne I=∫0π/2ln⁡(cos⁡x)dxI=\displaystyle\int_{0}^{\pi/2}\ln\left(\cos x\right)dx. En additionnant : 2I=∫0π/2ln⁡(sin⁡xcos⁡x)dx=∫0π/2ln⁡sin⁡2x2 dx=∫0π/2ln⁡(sin⁡2x)dx−π2ln⁡22I=\displaystyle\int_{0}^{\pi/2}\ln\left(\sin x\cos x\right)dx=\int_{0}^{\pi/2}\ln\dfrac{\sin 2x}{2}\,dx=\int_{0}^{\pi/2}\ln\left(\sin 2x\right)dx-\dfrac{\pi}{2}\ln 2. Dans l'intégrale restante, posons u=2xu=2x : elle vaut 12∫0πln⁡(sin⁡u)du\dfrac{1}{2}\displaystyle\int_{0}^{\pi}\ln\left(\sin u\right)du, et par la symétrie de sin⁡\sin autour de π2\frac{\pi}{2} (exercice 3 d) cela fait 12⋅2I=I\dfrac{1}{2}\cdot 2I=I. On obtient donc 2I=I−π2ln⁡22I=I-\dfrac{\pi}{2}\ln 2, soit I=−π2ln⁡2≈−1,089I=-\dfrac{\pi}{2}\ln 2\approx-1{,}089. L'intégrale est impropre en 0, mais convergente, et le résultat est négatif comme il se doit puisque sin⁡x≤1\sin x\leq 1 sur l'intervalle.

12340,20,40,60,811,21/3131/(1 + x²)

Exercice 9 : Les cinq pièges qui coûtent le plus de points

Chacune des cinq situations suivantes produit un résultat parfaitement présentable et parfaitement faux. Les repérer vaut mieux que connaître une technique de plus : ce sont elles qui font la différence entre 80 et 95 à un examen final.

  • a) Un élève écrit ∫−11dxx2=[−1x]−11=−1−1=−2\displaystyle\int_{-1}^{1}\dfrac{dx}{x^{2}}=\left[-\dfrac{1}{x}\right]_{-1}^{1}=-1-1=-2. Que vaut réellement cette intégrale ?
  • b) Il calcule ∫−11x2dx\displaystyle\int_{-1}^{1}x^{2}dx en posant u=x2u=x^{2}. Pourquoi la substitution est-elle illégitime ?
  • c) Il affirme que ∫−22x2 dx=[x22]−22=0\displaystyle\int_{-2}^{2}\sqrt{x^{2}}\,dx=\left[\dfrac{x^{2}}{2}\right]_{-2}^{2}=0. Corrigez.
  • d) Il écrit ∫dxx=ln⁡x+C\displaystyle\int\dfrac{dx}{x}=\ln x+C et en déduit ∫−2−1dxx=ln⁡(−1)−ln⁡(−2)\displaystyle\int_{-2}^{-1}\dfrac{dx}{x}=\ln\left(-1\right)-\ln\left(-2\right). Corrigez et donnez la valeur.
  • e) Rédigez la liste des vérifications à faire AVANT d'écrire la moindre primitive, et dites laquelle aurait détecté chacune des quatre erreurs ci-dessus ainsi que celle de l'exercice 2 d.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Diverge : 00 est intérieur
  • b) u=x2u=x^{2} non monotone ; 23\frac{2}{3}
  • c) x2=∣x∣\sqrt{x^{2}}=|x| : 44
  • d) ln⁡∣x∣\ln|x| : −ln⁡2≈−0,693-\ln 2\approx-0{,}693
  • e) Continuité, monotonie, signe des racines, domaine, vraisemblance
a)

La fonction 1x2\dfrac{1}{x^{2}} n'est pas définie en 0, qui est INTÉRIEUR à l'intervalle : le théorème fondamental ne s'applique pas, car il exige la continuité sur tout [−1,1][-1,1]. Il faut couper : ∫01dxx2=lim⁡ε→0+[−1x]ε1=lim⁡(−1+1ε)=+∞\displaystyle\int_{0}^{1}\dfrac{dx}{x^{2}}=\lim_{\varepsilon\to 0^{+}}\left[-\dfrac{1}{x}\right]_{\varepsilon}^{1}=\lim\left(-1+\dfrac{1}{\varepsilon}\right)=+\infty. L'intégrale DIVERGE. Le signal d'alarme était immédiat : l'intégrande est strictement positif, une réponse négative est impossible.

b)

La substitution u=x2u=x^{2} n'est pas MONOTONE sur [−1,1][-1,1] : elle décroît puis croît, et n'est donc pas injective. Formellement, du=2x dxdu=2x\,dx impose dx=du2x=du±2udx=\dfrac{du}{2x}=\dfrac{du}{\pm 2\sqrt{u}}, avec un signe qui change en 0 : on ne peut pas écrire une seule intégrale en uu. La sortie correcte est de couper en 0 et de traiter chaque moitié, ou plus simplement d'utiliser la parité : ∫−11x2dx=2∫01x2dx=23\displaystyle\int_{-1}^{1}x^{2}dx=2\int_{0}^{1}x^{2}dx=\dfrac{2}{3}.

c)

x2=∣x∣\sqrt{x^{2}}=\left|x\right|, et non xx. La primitive x22\dfrac{x^{2}}{2} est celle de xx, pas celle de ∣x∣\left|x\right|. Correctement : ∫−22∣x∣dx=2∫02x dx=2⋅2=4\displaystyle\int_{-2}^{2}\left|x\right|dx=2\int_{0}^{2}x\,dx=2\cdot 2=4. Là encore, une fonction positive ne peut pas avoir une intégrale nulle sur un intervalle non dégénéré. La règle A2=∣A∣\sqrt{A^{2}}=\left|A\right| est aussi celle qui impose les valeurs absolues dans les longueurs d'arc.

d)

La primitive de 1x\dfrac{1}{x} est ln⁡∣x∣\ln\left|x\right|, valable séparément sur ]−∞,0[\left]-\infty,0\right[ et sur ]0,∞[\left]0,\infty\right[. Sur [−2,−1][-2,-1], où x<0x<0 : ∫−2−1dxx=[ln⁡∣x∣]−2−1=ln⁡1−ln⁡2=−ln⁡2≈−0,693\displaystyle\int_{-2}^{-1}\dfrac{dx}{x}=\left[\ln\left|x\right|\right]_{-2}^{-1}=\ln 1-\ln 2=-\ln 2\approx-0{,}693. Le résultat est négatif, ce qui est correct : l'intégrande est négatif sur tout l'intervalle. Écrire ln⁡(−1)\ln\left(-1\right) n'a aucun sens dans les réels.

e)

Liste de contrôle. (1) L'intégrande est-il CONTINU sur tout l'intervalle fermé ? Sinon, l'intégrale est impropre et il faut passer par une limite ; cette question détecte l'erreur a. (2) Toute substitution envisagée est-elle MONOTONE sur l'intervalle ? Cette question détecte l'erreur b et, surtout, celle de l'exercice 2 d, où tan⁡x2\tan\frac{x}{2} explose en x=πx=\pi. (3) Ai-je une RACINE ou une valeur absolue dont j'ai supposé le signe ? Question qui détecte l'erreur c. (4) Ma primitive est-elle valable sur l'intervalle CONSIDÉRÉ, en particulier pour ln⁡∣x∣\ln\left|x\right| ? Question qui détecte l'erreur d. (5) Enfin, contrôle de vraisemblance : le SIGNE du résultat est-il compatible avec celui de l'intégrande, et l'ordre de grandeur avec la longueur de l'intervalle multipliée par une valeur typique ? Cette dernière question, qui prend cinq secondes, aurait attrapé les cinq erreurs.

Exercice 10 : Problème de synthèse : la formule qui élimine le facteur x

Toutes les astuces de la Partie A convergent vers une identité unique, valable pour toute fonction ff continue : ∫0πx f ⁣(sin⁡x)dx=π2∫0πf ⁣(sin⁡x)dx\displaystyle\int_{0}^{\pi}x\,f\!\left(\sin x\right)dx=\dfrac{\pi}{2}\int_{0}^{\pi}f\!\left(\sin x\right)dx. Elle supprime le facteur xx, c'est-à-dire précisément ce qui rendait l'intégrale inabordable.

  • a) Démontrez cette identité.
  • b) Retrouvez en deux lignes la valeur de ∫0πxsin⁡x1+cos⁡2x dx\displaystyle\int_{0}^{\pi}\dfrac{x\sin x}{1+\cos^{2}x}\,dx, calculée à l'exercice 1 d.
  • c) Calculez ∫0πxsin⁡3x dx\displaystyle\int_{0}^{\pi}x\sin^{3}x\,dx.
  • d) Calculez ∫0πx dx1+sin⁡x\displaystyle\int_{0}^{\pi}\dfrac{x\,dx}{1+\sin x}, en réutilisant la primitive de l'exercice 2 b.
  • e) Rédigez l'arbre de décision complet de la série : devant une intégrale définie qui résiste aux quatre techniques du cours, quelles questions poser, dans quel ordre, et quel exercice illustre chacune ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Roi avec x↦π−xx\mapsto\pi-x : 2I=π∫0πf(sin⁡x)dx2I=\pi\int_{0}^{\pi}f(\sin x)dx
  • b) π24\frac{\pi^{2}}{4}
  • c) 2π3≈2,094\frac{2\pi}{3}\approx 2{,}094
  • d) π\pi
  • e) Techniques du cours, puis symétries, réduction, systèmes, Bioche, hyperboliques, contrôles
a)

Appliquons l'astuce du roi avec x↦π−xx\mapsto\pi-x. Comme sin⁡(π−x)=sin⁡x\sin\left(\pi-x\right)=\sin x, l'argument de ff est inchangé : I=∫0π(π−x)f ⁣(sin⁡x)dx=π∫0πf ⁣(sin⁡x)dx−II=\displaystyle\int_{0}^{\pi}\left(\pi-x\right)f\!\left(\sin x\right)dx=\pi\int_{0}^{\pi}f\!\left(\sin x\right)dx-I. Donc 2I=π∫0πf ⁣(sin⁡x)dx2I=\pi\displaystyle\int_{0}^{\pi}f\!\left(\sin x\right)dx et I=π2∫0πf ⁣(sin⁡x)dxI=\dfrac{\pi}{2}\displaystyle\int_{0}^{\pi}f\!\left(\sin x\right)dx. Tout repose sur le fait que sin⁡\sin est symétrique par rapport à x=π2x=\frac{\pi}{2} : la formule serait FAUSSE avec cos⁡\cos à la place de sin⁡\sin.

b)

Ici f(s)=s1+(1−s2)=s2−s2f(s)=\dfrac{s}{1+\left(1-s^{2}\right)}=\dfrac{s}{2-s^{2}} convient, car 1+cos⁡2x=2−sin⁡2x1+\cos^{2}x=2-\sin^{2}x : l'intégrande est bien de la forme x f ⁣(sin⁡x)x\,f\!\left(\sin x\right). Donc K=π2∫0πsin⁡x1+cos⁡2x dx=π2⋅π2=π24K=\dfrac{\pi}{2}\displaystyle\int_{0}^{\pi}\dfrac{\sin x}{1+\cos^{2}x}\,dx=\dfrac{\pi}{2}\cdot\dfrac{\pi}{2}=\dfrac{\pi^{2}}{4}, la valeur π2\frac{\pi}{2} ayant été obtenue par u=cos⁡xu=\cos x à l'exercice 1. Deux lignes au lieu de cinq.

c)

∫0πxsin⁡3x dx=π2∫0πsin⁡3x dx\displaystyle\int_{0}^{\pi}x\sin^{3}x\,dx=\dfrac{\pi}{2}\displaystyle\int_{0}^{\pi}\sin^{3}x\,dx. Par la symétrie de l'exercice 3 d, ∫0πsin⁡3x dx=2∫0π/2sin⁡3x dx=2I3=2⋅23=43\displaystyle\int_{0}^{\pi}\sin^{3}x\,dx=2\int_{0}^{\pi/2}\sin^{3}x\,dx=2I_{3}=2\cdot\dfrac{2}{3}=\dfrac{4}{3}, où I3I_{3} vient des intégrales de Wallis. Donc le résultat est π2⋅43=2π3≈2,094\dfrac{\pi}{2}\cdot\dfrac{4}{3}=\dfrac{2\pi}{3}\approx 2{,}094. Trois astuces de la série s'enchaînent en une seule ligne.

d)

Avec f(s)=11+sf(s)=\dfrac{1}{1+s} : ∫0πx dx1+sin⁡x=π2∫0πdx1+sin⁡x\displaystyle\int_{0}^{\pi}\dfrac{x\,dx}{1+\sin x}=\dfrac{\pi}{2}\displaystyle\int_{0}^{\pi}\dfrac{dx}{1+\sin x}. La primitive trouvée à l'exercice 2 b est −21+tan⁡x2-\dfrac{2}{1+\tan\frac{x}{2}}, licite ici car tan⁡x2\tan\frac{x}{2} reste continue sur [0,π[\left[0,\pi\right[ et tend vers +∞+\infty en π\pi. En x→π−x\to\pi^{-} la primitive tend vers 0, et en x=0x=0 elle vaut −2-2 : l'intégrale vaut 0−(−2)=20-\left(-2\right)=2. Donc ∫0πx dx1+sin⁡x=π2⋅2=π≈3,142\displaystyle\int_{0}^{\pi}\dfrac{x\,dx}{1+\sin x}=\dfrac{\pi}{2}\cdot 2=\pi\approx 3{,}142. Noter que la borne π\pi est ici une limite et non une valeur : c'est exactement la précaution qui manquait à l'exercice 2 d.

e)

ARBRE DE DÉCISION. (0) D'abord les quatre techniques du cours : substitution, parties, fractions partielles, substitution trigonométrique. Si l'une aboutit, ne cherchez pas plus loin. (1) L'intervalle est-il SYMÉTRIQUE et l'intégrande pair ou impair ? Exercice 3. (2) L'intégrande est-il PÉRIODIQUE, l'intervalle contenant un nombre entier de périodes ? Exercice 3 e. (3) Le remplacement x↦a+b−xx\mapsto a+b-x redonne-t-il une expression liée à l'intégrande, notamment par échange de sin⁡\sin et cos⁡\cos ou par la présence d'un facteur xx isolé ? Exercices 1 et 10. (4) Le domaine est-il invariant par x↦1xx\mapsto\frac{1}{x}, avec un facteur dxx\frac{dx}{x} ? Exercice 8. (5) L'intégrande contient-il un EXPOSANT ENTIER nn ? Cherchez une formule de réduction. Exercice 5. (6) L'intégration par parties fait-elle réapparaître l'intégrale de départ, ou une seconde intégrale du même type ? Résolvez le système. Exercice 7. (7) L'intégrande est-il une fraction rationnelle en sin⁡\sin et cos⁡\cos ? Essayez d'abord les trois règles de Bioche, puis Weierstrass. Exercice 2. (8) Y a-t-il un x2±a2\sqrt{x^{2}\pm a^{2}} ? Les hyperboliques sont plus courtes que le triangle. Exercice 4. (9) Enfin, à chaque étape : continuité, monotonie de la substitution, signe sous les racines. Exercice 9.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Les règles de Bioche : u = cos x, u = sin x ou u = tan x

Devant une fraction en sin⁡x\sin x et cos⁡x\cos x, on regarde ce que devient l'expression f(x) dxf(x)\,dx quand on remplace xx par −x-x, par π−x\pi-x ou par π+x\pi+x. Si elle est inchangée, on pose respectivement u=cos⁡xu=\cos x, u=sin⁡xu=\sin x ou u=tan⁡xu=\tan x. Weierstrass ne sert qu'en dernier recours.

  • a) Vérifiez que sin⁡3x2+cos⁡xdx\frac{\sin^{3}x}{2+\cos x}dx est invariante par x↦−xx\mapsto -x, puis calculez ∫sin⁡3x2+cos⁡xdx\int\frac{\sin^{3}x}{2+\cos x}dx.
  • b) Calculez ∫0π/2dx1+cos⁡2x\int_{0}^{\pi/2}\frac{dx}{1+\cos^{2}x} par u=tan⁡xu=\tan x, en justifiant ce choix.
  • c) Calculez ∫cos⁡x dxsin⁡x(1+sin⁡x)\int\frac{\cos x\,dx}{\sin x\left(1+\sin x\right)} après avoir identifié l'invariance.
  • d) Un étudiant calcule ∫0πdx1+cos⁡2x\int_{0}^{\pi}\frac{dx}{1+\cos^{2}x} avec la primitive trouvée en b) et obtient 00. Où est l'erreur, et quelle est la vraie valeur ?
  • e) Montrez qu'aucune des trois règles ne s'applique à ∫dxsin⁡x+cos⁡x\int\frac{dx}{\sin x+\cos x}, puis calculez cette intégrale sans Weierstrass en écrivant sin⁡x+cos⁡x=2sin⁡(x+π4)\sin x+\cos x=\sqrt{2}\sin\left(x+\frac{\pi}{4}\right).

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) u=cos⁡xu=\cos x : cos⁡2x2−2cos⁡x+3ln⁡(2+cos⁡x)+C\frac{\cos^{2}x}{2}-2\cos x+3\ln(2+\cos x)+C
  • b) u=tan⁡xu=\tan x : π22≈1,111\frac{\pi}{2\sqrt{2}}\approx 1{,}111
  • c) u=sin⁡xu=\sin x : ln⁡∣sin⁡x1+sin⁡x∣+C\ln\left|\frac{\sin x}{1+\sin x}\right|+C
  • d) Faux 00 ; vraie valeur π2≈2,221\frac{\pi}{\sqrt{2}}\approx 2{,}221
  • e) 12ln⁡∣tan⁡(x2+π8)∣+C\frac{1}{\sqrt{2}}\ln\left|\tan\left(\frac{x}{2}+\frac{\pi}{8}\right)\right|+C
a)

Par x↦−xx\mapsto -x : sin⁡3(−x)2+cos⁡(−x) d(−x)=−sin⁡3x2+cos⁡x(−dx)=sin⁡3x2+cos⁡xdx\frac{\sin^{3}(-x)}{2+\cos(-x)}\,d(-x)=\frac{-\sin^{3}x}{2+\cos x}(-dx)=\frac{\sin^{3}x}{2+\cos x}dx : invariante, donc u=cos⁡xu=\cos x. On écrit sin⁡3x dx=(1−u2)sin⁡x dx=−(1−u2)du\sin^{3}x\,dx=(1-u^{2})\sin x\,dx=-(1-u^{2})du, et ∫u2−1u+2du\int\frac{u^{2}-1}{u+2}du. La division donne u2−1u+2=u−2+3u+2\frac{u^{2}-1}{u+2}=u-2+\frac{3}{u+2}, d'où u22−2u+3ln⁡∣u+2∣\frac{u^{2}}{2}-2u+3\ln|u+2|, soit cos⁡2x2−2cos⁡x+3ln⁡(2+cos⁡x)+C\frac{\cos^{2}x}{2}-2\cos x+3\ln(2+\cos x)+C.

b)

Par x↦π+xx\mapsto\pi+x, cos⁡2\cos^{2} est inchangé et dxdx aussi : on pose u=tan⁡xu=\tan x. Alors cos⁡2x=11+u2\cos^{2}x=\frac{1}{1+u^{2}} et dx=du1+u2dx=\frac{du}{1+u^{2}}, donc dx1+cos⁡2x=du(1+u2)+1=duu2+2\frac{dx}{1+\cos^{2}x}=\frac{du}{(1+u^{2})+1}=\frac{du}{u^{2}+2}. Quand xx va de 00 à π2\frac{\pi}{2}, uu va de 00 à +∞+\infty : [12arctan⁡u2]0+∞=π22≈1,111\left[\frac{1}{\sqrt{2}}\arctan\frac{u}{\sqrt{2}}\right]_{0}^{+\infty}=\frac{\pi}{2\sqrt{2}}\approx 1{,}111.

c)

Par x↦π−xx\mapsto\pi-x : cos⁡(π−x)=−cos⁡x\cos(\pi-x)=-\cos x, sin⁡(π−x)=sin⁡x\sin(\pi-x)=\sin x et d(π−x)=−dxd(\pi-x)=-dx, les deux signes moins se compensent : invariante, donc u=sin⁡xu=\sin x, du=cos⁡x dxdu=\cos x\,dx. On obtient ∫duu(1+u)=∫(1u−11+u)du=ln⁡∣sin⁡x1+sin⁡x∣+C\int\frac{du}{u(1+u)}=\int\left(\frac{1}{u}-\frac{1}{1+u}\right)du=\ln\left|\frac{\sin x}{1+\sin x}\right|+C.

d)

La primitive 12arctan⁡tan⁡x2\frac{1}{\sqrt{2}}\arctan\frac{\tan x}{\sqrt{2}} n'est pas définie en x=π2x=\frac{\pi}{2}, où tan⁡x\tan x explose : elle vaut 00 en 00 et en π\pi, d'où le faux 00. Or l'intégrande est partout supérieur à 12\frac{1}{2} : l'intégrale vaut au moins π2\frac{\pi}{2}. On coupe en π2\frac{\pi}{2} ; les deux moitiés sont égales (l'intégrande est symétrique par rapport à π2\frac{\pi}{2}), donc la vraie valeur est 2×π22=π2≈2,2212\times\frac{\pi}{2\sqrt{2}}=\frac{\pi}{\sqrt{2}}\approx 2{,}221.

e)

Par x↦−xx\mapsto -x : −dxcos⁡x−sin⁡x\frac{-dx}{\cos x-\sin x}, différent. Par x↦π−xx\mapsto\pi-x : −dxsin⁡x−cos⁡x=dxcos⁡x−sin⁡x\frac{-dx}{\sin x-\cos x}=\frac{dx}{\cos x-\sin x}, différent. Par x↦π+xx\mapsto\pi+x : dx−sin⁡x−cos⁡x\frac{dx}{-\sin x-\cos x}, différent. Aucune règle. Mais sin⁡x+cos⁡x=2sin⁡(x+π4)\sin x+\cos x=\sqrt{2}\sin\left(x+\frac{\pi}{4}\right), donc l'intégrale vaut 12∫csc⁡(x+π4)dx=12ln⁡∣tan⁡(x2+π8)∣+C\frac{1}{\sqrt{2}}\int\csc\left(x+\frac{\pi}{4}\right)dx=\frac{1}{\sqrt{2}}\ln\left|\tan\left(\frac{x}{2}+\frac{\pi}{8}\right)\right|+C, avec ∫csc⁡t dt=ln⁡∣tan⁡t2∣\int\csc t\,dt=\ln\left|\tan\frac{t}{2}\right|. Le coefficient vaut 12≈0,707\frac{1}{\sqrt{2}}\approx 0{,}707.

Exercice 12 : Intégrer une réciproque sans la connaître : le rectangle complémentaire

Soit ff continue, strictement croissante et dérivable sur [0;a][0;a], avec f(0)=0f(0)=0. L'aire sous la courbe de ff et l'aire « à gauche » de la courbe, entre la courbe et l'axe des ordonnées, remplissent exactement le rectangle [0;a]×[0;f(a)][0;a]\times[0;f(a)]. La figure du corrigé montre le cas g(x)=x3+xg(x)=x^{3}+x sur [0;1][0;1].

La figure ci-dessous représente la situation.

xyaf(a)∫ f∫ f⁻¹y = f(x)
  • a) Démontrez que ∫0af(x) dx+∫0f(a)f−1(y) dy=a f(a)\int_{0}^{a}f(x)\,dx+\int_{0}^{f(a)}f^{-1}(y)\,dy=a\,f(a), par le changement de variable y=f(x)y=f(x) suivi d'une intégration par parties.
  • b) Appliquez la formule à f=sin⁡f=\sin sur [0;π2]\left[0;\frac{\pi}{2}\right] pour calculer ∫01arcsin⁡y dy\int_{0}^{1}\arcsin y\,dy.
  • c) Calculez ∫0e−1ln⁡(1+y) dy\int_{0}^{e-1}\ln(1+y)\,dy en choisissant la bonne fonction ff.
  • d) La fonction g(x)=x3+xg(x)=x^{3}+x est strictement croissante, mais sa réciproque n'a pas de formule simple. Calculez pourtant ∫02g−1(y) dy\int_{0}^{2}g^{-1}(y)\,dy.
  • e) Calculez g−1(10)g^{-1}(10), puis ∫010g−1(y) dy\int_{0}^{10}g^{-1}(y)\,dy.

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  • a) ∫0af+∫0f(a)f−1=a f(a)\int_{0}^{a}f+\int_{0}^{f(a)}f^{-1}=a\,f(a)
  • b) π2−1≈0,5708\frac{\pi}{2}-1\approx 0{,}5708
  • c) 11
  • d) 54\frac{5}{4}
  • e) g−1(10)=2g^{-1}(10)=2 ; intégrale 1414
a)

Dans ∫0f(a)f−1(y) dy\int_{0}^{f(a)}f^{-1}(y)\,dy, posons y=f(x)y=f(x) : dy=f′(x) dxdy=f'(x)\,dx, f−1(y)=xf^{-1}(y)=x, et yy allant de 00 à f(a)f(a) correspond à xx allant de 00 à aa. L'intégrale devient ∫0ax f′(x) dx=[x f(x)]0a−∫0af(x) dx=a f(a)−∫0af(x) dx\int_{0}^{a}x\,f'(x)\,dx=\left[x\,f(x)\right]_{0}^{a}-\int_{0}^{a}f(x)\,dx=a\,f(a)-\int_{0}^{a}f(x)\,dx, ce qui donne la formule. La figure en donne la lecture : les deux aires se complètent dans le rectangle.

b)

a=π2a=\frac{\pi}{2} et f(a)=1f(a)=1 : ∫01arcsin⁡y dy=π2×1−∫0π/2sin⁡x dx=π2−1≈0,5708\int_{0}^{1}\arcsin y\,dy=\frac{\pi}{2}\times 1-\int_{0}^{\pi/2}\sin x\,dx=\frac{\pi}{2}-1\approx 0{,}5708. Aucune intégration par parties sur l'arc sinus n'a été nécessaire.

c)

ln⁡(1+y)\ln(1+y) est la réciproque de f(x)=ex−1f(x)=e^{x}-1, strictement croissante avec f(0)=0f(0)=0 et f(1)=e−1f(1)=e-1. Donc ∫0e−1ln⁡(1+y) dy=1×(e−1)−∫01(ex−1) dx=(e−1)−(e−2)=1\int_{0}^{e-1}\ln(1+y)\,dy=1\times(e-1)-\int_{0}^{1}(e^{x}-1)\,dx=(e-1)-(e-2)=1.

d)

g(1)=2g(1)=2, donc a=1a=1 : ∫02g−1(y) dy=1×2−∫01(x3+x) dx=2−(14+12)=54\int_{0}^{2}g^{-1}(y)\,dy=1\times 2-\int_{0}^{1}(x^{3}+x)\,dx=2-\left(\frac{1}{4}+\frac{1}{2}\right)=\frac{5}{4}. On a intégré une fonction dont on ne connaît aucune expression : seules comptaient ses valeurs aux bornes.

e)

g(2)=8+2=10g(2)=8+2=10, donc g−1(10)=2g^{-1}(10)=2. Alors ∫010g−1(y) dy=2×10−∫02(x3+x) dx=20−(4+2)=14\int_{0}^{10}g^{-1}(y)\,dy=2\times 10-\int_{0}^{2}(x^{3}+x)\,dx=20-(4+2)=14. Contrôle de vraisemblance : la valeur moyenne de g−1g^{-1} sur [0;10][0;10] vaut 1,41{,}4, entre 00 et 22, et plus proche de 22 puisque g−1g^{-1} monte vite au début puis s'aplatit.

0,20,40,60,811,21,40,511,522,5∫ g = 3/4∫ g⁻¹ = 5/4(1 ; 2)

Exercice 13 : Trois intégrales célèbres ramenées à celle de ln sin

L'exercice 8 a établi ∫0π/2ln⁡(sin⁡x) dx=−π2ln⁡2\int_{0}^{\pi/2}\ln(\sin x)\,dx=-\frac{\pi}{2}\ln 2, et l'exercice 7 a établi ∫0π/4ln⁡(1+tan⁡x) dx=πln⁡28\int_{0}^{\pi/4}\ln(1+\tan x)\,dx=\frac{\pi\ln 2}{8}. Ces deux résultats en contiennent beaucoup d'autres, que l'on obtient sans chercher une seule primitive.

  • a) Calculez ∫0π/2ln⁡(cos⁡x) dx\int_{0}^{\pi/2}\ln(\cos x)\,dx.
  • b) Calculez ∫0π/2ln⁡(tan⁡x) dx\int_{0}^{\pi/2}\ln(\tan x)\,dx.
  • c) Par une intégration par parties, calculez ∫0π/2xtan⁡x dx\int_{0}^{\pi/2}\frac{x}{\tan x}\,dx. Traitez soigneusement le terme de bord en 00.
  • d) Calculez ∫01ln⁡(1+x)1+x2 dx\int_{0}^{1}\frac{\ln(1+x)}{1+x^{2}}\,dx par le changement de variable x=tan⁡θx=\tan\theta.
  • e) Calculez ∫0πxln⁡(sin⁡x) dx\int_{0}^{\pi}x\ln(\sin x)\,dx à l'aide de l'identité de l'exercice 10.

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  • a) −π2ln⁡2≈−1,089-\frac{\pi}{2}\ln 2\approx-1{,}089
  • b) 00
  • c) π2ln⁡2≈1,089\frac{\pi}{2}\ln 2\approx 1{,}089
  • d) πln⁡28≈0,2722\frac{\pi\ln 2}{8}\approx 0{,}2722
  • e) −π2ln⁡22≈−3,421-\frac{\pi^{2}\ln 2}{2}\approx-3{,}421
a)

L'astuce du roi, x↦π2−xx\mapsto\frac{\pi}{2}-x, échange sin⁡\sin et cos⁡\cos : ∫0π/2ln⁡(cos⁡x) dx=∫0π/2ln⁡(sin⁡x) dx=−π2ln⁡2≈−1,089\int_{0}^{\pi/2}\ln(\cos x)\,dx=\int_{0}^{\pi/2}\ln(\sin x)\,dx=-\frac{\pi}{2}\ln 2\approx-1{,}089.

b)

ln⁡(tan⁡x)=ln⁡(sin⁡x)−ln⁡(cos⁡x)\ln(\tan x)=\ln(\sin x)-\ln(\cos x) : l'intégrale vaut −π2ln⁡2−(−π2ln⁡2)=0-\frac{\pi}{2}\ln 2-\left(-\frac{\pi}{2}\ln 2\right)=0. Autre lecture : le roi change tan⁡x\tan x en 1tan⁡x\frac{1}{\tan x}, donc ln⁡(tan⁡x)\ln(\tan x) en son opposé, et l'intégrale est égale à son opposée.

c)

u=xu=x, dv=cos⁡xsin⁡xdxdv=\frac{\cos x}{\sin x}dx, v=ln⁡(sin⁡x)v=\ln(\sin x) : ∫0π/2xtan⁡xdx=[xln⁡(sin⁡x)]0π/2−∫0π/2ln⁡(sin⁡x) dx\int_{0}^{\pi/2}\frac{x}{\tan x}dx=\left[x\ln(\sin x)\right]_{0}^{\pi/2}-\int_{0}^{\pi/2}\ln(\sin x)\,dx. En π2\frac{\pi}{2}, ln⁡1=0\ln 1=0. En 00, xln⁡(sin⁡x)≈xln⁡x→0x\ln(\sin x)\approx x\ln x\to 0 par croissance comparée. Le terme de bord est donc nul et l'intégrale vaut π2ln⁡2≈1,089\frac{\pi}{2}\ln 2\approx 1{,}089. L'intégrande lui-même ne pose pas de problème en 00 : xtan⁡x→1\frac{x}{\tan x}\to 1.

d)

x=tan⁡θx=\tan\theta, dx=(1+tan⁡2θ) dθdx=(1+\tan^{2}\theta)\,d\theta, et θ\theta va de 00 à π4\frac{\pi}{4} : ln⁡(1+x)1+x2dx=ln⁡(1+tan⁡θ) dθ\frac{\ln(1+x)}{1+x^{2}}dx=\ln(1+\tan\theta)\,d\theta. L'intégrale est exactement celle de l'exercice 7 : πln⁡28≈0,2722\frac{\pi\ln 2}{8}\approx 0{,}2722. C'est l'intégrale de Serret, redoutable sous sa première forme, immédiate sous la seconde.

e)

L'identité ∫0πx f(sin⁡x) dx=π2∫0πf(sin⁡x) dx\int_{0}^{\pi}x\,f(\sin x)\,dx=\frac{\pi}{2}\int_{0}^{\pi}f(\sin x)\,dx s'applique avec f=ln⁡f=\ln ; les intégrales sont impropres en 00 et π\pi mais convergentes, et la démonstration par l'astuce du roi reste valable. Par la symétrie de l'exercice 3 d), ∫0πln⁡(sin⁡x) dx=2×(−π2ln⁡2)=−πln⁡2\int_{0}^{\pi}\ln(\sin x)\,dx=2\times\left(-\frac{\pi}{2}\ln 2\right)=-\pi\ln 2. Donc ∫0πxln⁡(sin⁡x) dx=π2×(−πln⁡2)=−π2ln⁡22≈−3,421\int_{0}^{\pi}x\ln(\sin x)\,dx=\frac{\pi}{2}\times(-\pi\ln 2)=-\frac{\pi^{2}\ln 2}{2}\approx-3{,}421.

Exercice 14 : Problème : l'aiguille de Buffon et la mesure de π

Un parquet est fait de lames de largeur dd. On y lance au hasard une aiguille de longueur L≤dL\leq d. On note yy la distance du milieu de l'aiguille à la ligne la plus proche, uniforme sur [0;d2]\left[0;\frac{d}{2}\right], et θ\theta l'angle de l'aiguille avec les lignes, uniforme sur [0;π][0;\pi]. L'aiguille coupe une ligne exactement quand y≤L2sin⁡θy\leq\frac{L}{2}\sin\theta.

La figure ci-dessous représente la situation.

θydL
  • a) Chaque lancer est un point du rectangle [0;π]×[0;d2][0;\pi]\times\left[0;\frac{d}{2}\right]. Quelle région correspond au croisement ? Quelle est l'aire du rectangle ?
  • b) Calculez l'aire de cette région, en utilisant la symétrie du sinus par rapport à π2\frac{\pi}{2}.
  • c) Déduisez-en la probabilité de croisement, puis sa valeur pour L=dL=d.
  • d) Avec L=4L=4 cm et d=5d=5 cm, on lance l'aiguille 10001000 fois et on compte 509509 croisements. Quelle est la probabilité théorique, et quelle valeur de π\pi l'expérience fournit-elle ?
  • e) Un camarade mesure l'angle sur [0;2π][0;2\pi] et écrit l'aire de la région comme ∫02πL2sin⁡θ dθ\int_{0}^{2\pi}\frac{L}{2}\sin\theta\,d\theta. Qu'obtient-il, et comment corriger ? La probabilité change-t-elle ?

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  • a) Sous la courbe y=L2sin⁡θy=\frac{L}{2}\sin\theta ; rectangle πd2\frac{\pi d}{2}
  • b) Aire LL
  • c) P=2LπdP=\frac{2L}{\pi d} ; 2π≈0,6366\frac{2}{\pi}\approx 0{,}6366
  • d) P≈0,5093P\approx 0{,}5093 ; π≈3,143\pi\approx 3{,}143
  • e) 00 sans valeur absolue ; même probabilité avec
a)

La région de croisement est l'ensemble des points situés SOUS la courbe y=L2sin⁡θy=\frac{L}{2}\sin\theta, la zone colorée de la figure du corrigé. Le rectangle a pour aire π×d2=πd2\pi\times\frac{d}{2}=\frac{\pi d}{2}. Comme les deux variables sont uniformes et indépendantes, la probabilité est le rapport des aires.

b)

∫0πL2sin⁡θ dθ=2∫0π/2L2sin⁡θ dθ=L[−cos⁡θ]0π/2=L\int_{0}^{\pi}\frac{L}{2}\sin\theta\,d\theta=2\int_{0}^{\pi/2}\frac{L}{2}\sin\theta\,d\theta=L\left[-\cos\theta\right]_{0}^{\pi/2}=L. La courbe ne sort jamais du rectangle, puisque L2≤d2\frac{L}{2}\leq\frac{d}{2}.

c)

P=Lπd/2=2LπdP=\frac{L}{\pi d/2}=\frac{2L}{\pi d}. Pour L=dL=d : P=2π≈0,6366P=\frac{2}{\pi}\approx 0{,}6366. Un nombre π\pi sort d'une expérience où aucun cercle n'apparaît : c'est l'angle uniforme qui l'introduit.

d)

P=2×45π=85π≈0,5093P=\frac{2\times 4}{5\pi}=\frac{8}{5\pi}\approx 0{,}5093. L'expérience donne P≈5091000P\approx\frac{509}{1000}, d'où π≈8×10005×509=80002545≈3,143\pi\approx\frac{8\times 1000}{5\times 509}=\frac{8000}{2545}\approx 3{,}143. L'écart avec π\pi est d'environ 0,060{,}06 pour cent ; avec 10001000 lancers, l'incertitude typique est plutôt de 22 à 33 pour cent, et ce résultat est donc un peu chanceux.

e)

Il obtient 00, puisque le sinus est négatif sur ]π;2π[]\pi;2\pi[. Mais la condition de croisement porte sur la DISTANCE L2∣sin⁡θ∣\frac{L}{2}|\sin\theta| : l'aire correcte est ∫02πL2∣sin⁡θ∣ dθ=2L\int_{0}^{2\pi}\frac{L}{2}|\sin\theta|\,d\theta=2L, et le rectangle a une aire 2π×d2=πd2\pi\times\frac{d}{2}=\pi d. La probabilité vaut encore 2Lπd\frac{2L}{\pi d} : elle ne change pas, et le 00 du camarade venait d'une valeur absolue oubliée, le piège de l'exercice 3 e).

0,511,522,533,50,20,40,60,811,21,4croisementy = d/2y = (L/2) sin θ

Exercice 15 : Problème : la distance moyenne entre deux points d'un cercle

Un point AA est fixé sur un cercle de rayon RR, et un point MM est choisi au hasard sur ce cercle : l'angle au centre θ=AOM^\theta=\widehat{AOM} est uniforme sur [0;2π][0;2\pi]. On cherche la distance moyenne AMAM.

La figure ci-dessous représente la situation.

θOAMR
  • a) Montrez que AM2=2R2(1−cos⁡θ)AM^{2}=2R^{2}(1-\cos\theta), puis que AM=2R∣sin⁡θ2∣AM=2R\left|\sin\frac{\theta}{2}\right|.
  • b) Calculez la distance moyenne 12π∫02πAM dθ\frac{1}{2\pi}\int_{0}^{2\pi}AM\,d\theta, en multiples de RR.
  • c) Un étudiant prend θ\theta uniforme sur [−π;π][-\pi;\pi], écrit AM=2Rsin⁡θ2AM=2R\sin\frac{\theta}{2} et trouve une moyenne nulle. Expliquez et corrigez.
  • d) Calculez la moyenne de AM2AM^{2}, puis la moyenne quadratique AM2‾\sqrt{\overline{AM^{2}}}. Comparez à b).
  • e) Deux coureurs sont placés au hasard sur une piste circulaire de 400400 m. Quelle est la distance moyenne qui les sépare à vol d'oiseau ? Et le long de la piste, par le plus court chemin ?

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  • a) AM=2R∣sin⁡θ2∣AM=2R\left|\sin\frac{\theta}{2}\right|
  • b) 4Rπ≈1,273 R\frac{4R}{\pi}\approx 1{,}273\,R
  • c) Valeur absolue oubliée : fonction paire, même 4Rπ\frac{4R}{\pi}
  • d) AM2‾=2R2\overline{AM^{2}}=2R^{2} ; R2≈1,414 RR\sqrt{2}\approx 1{,}414\,R
  • e) ≈81,06\approx 81{,}06 m à vol d'oiseau, 100100 m sur la piste
a)

Loi des cosinus dans le triangle AOMAOM, isocèle de côtés RR : AM2=R2+R2−2R2cos⁡θ=2R2(1−cos⁡θ)AM^{2}=R^{2}+R^{2}-2R^{2}\cos\theta=2R^{2}(1-\cos\theta). Avec 1−cos⁡θ=2sin⁡2θ21-\cos\theta=2\sin^{2}\frac{\theta}{2} : AM2=4R2sin⁡2θ2AM^{2}=4R^{2}\sin^{2}\frac{\theta}{2}, et comme une distance est positive, AM=2R∣sin⁡θ2∣AM=2R\left|\sin\frac{\theta}{2}\right|.

b)

Sur [0;2π][0;2\pi], θ2∈[0;π]\frac{\theta}{2}\in[0;\pi] et le sinus est positif : la valeur absolue tombe. ∫02π2Rsin⁡θ2 dθ=2R[−2cos⁡θ2]02π=2R×4=8R\int_{0}^{2\pi}2R\sin\frac{\theta}{2}\,d\theta=2R\left[-2\cos\frac{\theta}{2}\right]_{0}^{2\pi}=2R\times 4=8R. Moyenne : 8R2π=4Rπ≈1,273 R\frac{8R}{2\pi}=\frac{4R}{\pi}\approx 1{,}273\,R.

c)

Sur [−π;0[[-\pi;0[, sin⁡θ2<0\sin\frac{\theta}{2}<0 : sans valeur absolue, la fonction est impaire et son intégrale sur l'intervalle symétrique est nulle. Avec la valeur absolue, 2R∣sin⁡θ2∣2R\left|\sin\frac{\theta}{2}\right| est PAIRE : 12π×2∫0π2Rsin⁡θ2 dθ=12π×2×4R=4Rπ\frac{1}{2\pi}\times 2\int_{0}^{\pi}2R\sin\frac{\theta}{2}\,d\theta=\frac{1}{2\pi}\times 2\times 4R=\frac{4R}{\pi}, la même valeur. Une moyenne nulle de distances positives est impossible : c'est le contrôle de signe qui l'aurait signalé.

d)

12π∫02π2R2(1−cos⁡θ) dθ=12π×2R2×2π=2R2\frac{1}{2\pi}\int_{0}^{2\pi}2R^{2}(1-\cos\theta)\,d\theta=\frac{1}{2\pi}\times 2R^{2}\times 2\pi=2R^{2}, l'intégrale du cosinus sur une période étant nulle. Moyenne quadratique : R2≈1,414 RR\sqrt{2}\approx 1{,}414\,R, plus grande que la moyenne 1,273 R1{,}273\,R, comme toujours : les grandes distances pèsent plus lourd une fois élevées au carré.

e)

2πR=4002\pi R=400 donne R=200π≈63,66R=\frac{200}{\pi}\approx 63{,}66 m. Distance moyenne à vol d'oiseau : 4Rπ=800π2≈81,06\frac{4R}{\pi}=\frac{800}{\pi^{2}}\approx 81{,}06 m. Le long de la piste, la distance par le plus court chemin est min⁡(s;400−s)\min(s;400-s) avec ss uniforme sur [0;400][0;400], dont la moyenne vaut 100100 m. La corde fait gagner en moyenne près d'un cinquième du trajet. La figure du corrigé trace AMR\frac{AM}{R} en fonction de θ\theta avec sa moyenne.

12345670,40,81,21,622,4AM/R = 2 sin(θ/2)moyenne 4/π
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